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Original subtitles

Je vous ecoute.

Code 6WW. Message urgent.

Je pense avoir identifie le Colonel.

Allo ?

Mlle Francoise ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Vous n'avez rien vu, rien entendu, et tout ira bien pour vous.

C'est clair, M. Touchard ?

Oui, oui. Tres clair.

Bonne nuit.

Jules ?

Jules ?

T'etais ou ?

- C'etait quoi, ce raffut ? - J'en sais trop rien.

Un pot d'echappement.

- "Un pot d'echappement" ? - Oui.

Qu'est-ce que t'as ?

- T'es tout pale. - Non, non. Ca va.

Allez... Allez, viens dormir.

J'essaierais bien de rattraper mon reve, moi.

Nadine ?

Mais qu'est-ce que...

Mon Dieu !

Je ne m'en sortirai pas, cette fois.

- C'est... C'est bon, de te revoir. - Nadine...

- Gilbert... - Oui, je vais l'appeler.

- Je vais l'appeler. - Non.

Tu vas t'en sortir. Nadine...

Reste avec moi. Attends. Nadine...

Nadine, non.

Nadine, non.

Et merde !

C'etait une sacree bonne femme.

La planque a Montreuil en 1943, tu te souviens ?

Sans elle, la moitie du reseau y passait.

Pourquoi elle est venue chez toi ?

Elle n'a pas eu le temps de me le dire.

J'aurais bien une petite idee.

Elle etait foutue et le savait, alors mourir dans tes bras...

- Quoi, "mourir dans mes bras" ? - Ne me prends pas pour un idiot.

- Elle etait dingue de toi. - Oh...

Ca m'a permis de la recuperer aux services secrets.

- Elle bossait sur quelle mission ? - Je peux rien dire. Tu le sais.

Je veux retrouver celui qui a fait ca.

Je t'ai propose le boulot plusieurs fois.

Tu m'engages, je le coince et je demissionne.

Ca te va, comme ca ?

Ca fait du temps

qu'on essaie de retrouver un type surnomme "le Colonel".

Un malin. Un vicieux.

Il a monte un reseau qui renseigne les Russes.

Et Nadine, dans tout ca ?

Engagee comme secretaire a l'Opera de Lille,

elle surveillait une danseuse,

Tatiana Pochenko, soupconnee d'etre proche du Colonel.

Tu l'as envoyee au casse-pipe ?

C'etait une sacrement bonne agent.

Oui. Mais maintenant, c'est une sacrement bonne agent morte.

Tu n'imagines pas les enjeux.

Non. Effectivement.

On risque une Troisieme Guerre mondiale.

Un genie a mis au point une arme nucleaire d'une portee phenomenale.

Cocorico, c'est francais, mais on a pas su garder le secret.

Il y a une taupe dans le labo. Tout a ete photographie.

Bravo, les gars.

On s'occupe de tout, Swan.

Laissons la police et la presse en dehors de ca.

Les microfilms seraient en France, mais plus pour longtemps.

Tatiana Pochenko se produit regulierement a Moscou, au Bolchoi.

Je parie que le Colonel l'utilise pour passer les documents.

Bienvenue aux services secrets, Swan.

Monsieur ! Monsieur !

Appelez du secours, vite !

Monsieur ! Monsieur.

Vous m'entendez ?

Ce salopard a accelere quand ce type traversait.

Hein ? Vous etes sur ?

Ma tete a couper !

Ne bougez pas. On s'occupe de vous.

C'etait quoi, comme voiture ?

Une Opel, une Kapitan. Mon frere a la meme en rouge.

La plaque ?

On ne la releve que dans les films.

Le chauffeur etait un homme, mais je peux pas en dire plus.

J'espere qu'il va s'en tirer. Au revoir.

Attendez, monsieur !

Monsieur, je suis la. Je suis avec vous.

Monsieur...

Monsieur Touchard.

Jules. Enchantee. Moi, c'est Alice.

C'est Alice.

Chagrin d'amour ?

Non. Rhume.

Dites-moi, Marlene,

vous vous y connaissez en danse classique ?

Si je m'y connais ?

Gamine, je ne revais qu'a ca : devenir un petit rat.

Je m'etais meme confectionne un tutu.

Vous auriez du me voir.

Je crois que j'ai garde une photo.

Non, ca ira. Merci, Marlene.

Maman ne voulait pas que je prenne de cours,

alors je m'entrainais toute seule dans ma chambre, devant la glace.

Bras en couronne, pouces rentres...

Oui. Merci, Marlene. C'est tres bien.

Dites-moi, Tatiana Pochenko, ca vous dit quelque chose ?

Vous plaisantez, commissaire ? C'est l'une des plus grandes.

A chaque fois qu'elle s'eleve dans les airs,

j'en ai les larmes aux yeux.

Oui.

Commissaire, un denomme Gilbert Loyson vient d'arriver.

Faites-le entrer.

- Et si vous alliez a la pharmacie ? - C'est inutile.

Je me soigne avec des plantes.

Bien. Allez-y quand meme. J'ai la gorge en feu, tout d'un coup.

Trouvez-moi quelque chose.

J'ai peut-etre...

Non, non, Marlene. A la pharmacie.

La pharmacie.

Merci.

Toujours decide a nous rejoindre et a coincer le Colonel ?

Plus que jamais.

Reste a nous faufiler discretement a l'Opera.

Il n'y a pas a tergiverser. Quelqu'un doit remplacer Nadine.

- Je t'ai dit... - J'ai une solution.

Mais...

Elle ne va pas du tout te plaire.

Dis toujours.

Tu te souviens de cette petite fete a la Liberation

avec les gens du reseau ? - Si je me souviens !

Attends... Tu ne veux tout de meme pas...

Si. C'est exactement a ca que je pense.

Je vais te le debusquer, ton Colonel.

Mais avant,

il faut que le commissaire Laurence disparaisse.

Que se passe-t-il ?

C'est le commissaire.

Mon Dieu ! Rien de grave, au moins ?

Une attaque foudroyante. Il est tombe d'un coup.

C'est ma faute ! Il me disait : "J'ai la gorge en feu."

Oh, commissaire !

Oh, pardon !

Pardon !

- Ecartez-vous. - Il va s'en sortir ?

Je vous en prie.

- Il se passe quoi ? - C'est affreux.

Sans ce rhume, j'aurais vu qu'il etait pas dans son etat normal.

Quoi ? Qui ?

Le commissaire a eu une attaque.

Quoi ?

Mon pere aussi a eu une attaque.

Il est reste en fauteuil jusqu'a la fin de ses jours.

Il ne me reconnaissait plus. C'etait affreux.

Arrete, s'il te plait, Marlene !

C'est un costaud, Laurence.

Je vais aller lui chercher des affaires.

Si jamais il se reveille.

Bien sur qu'il va se reveiller !

Avec qui je vais me disputer, sinon, moi ?

En plus, j'avais une affaire pour lui.

Hein ? Quelle affaire ?

Non, ben...

Ce matin, un type m'appelle au journal.

Il est concierge a l'Opera.

Il me dit qu'il a des revelations a me faire.

Je lui donne rendez-vous, j'attends,

et au moment ou il arrive, il se fait ecraser par un chauffard.

C'est tout ?

Non, bien sur que non. C'est pas tout.

Le chauffard l'a ecrase pour l'empecher de parler.

- Et il y a un temoin. - Il est ou ?

Alors oui... Euh...

Vous savez le point commun entre un concierge et un journaliste ?

Leur imagination debordante.

Le type etait vraiment mal en point. La, il doit etre refroidi.

Il s'appelle Jules Touchard.

Ben, on va se renseigner, Avril. On va se renseigner.

Je vais a l'hopital en attendant.

Dites a Marlene que je la tiens au courant.

Meme pas un mot, rien. A peine engagee, deja envolee.

- Inadmissible. - Elle vous comprend.

Comprendre ne suffira pas.

Il nous faut absolument une nouvelle secretaire pour demain.

Qu'est-ce qu'elle dit ?

Oui. Nous verrons.

Qu'est-ce qu'elle a dit ?

Elle nous envoie rapidement la perle rare.

"La perle rare" ?

La creme de la creme.

Il faut que je me calme.

Ca y est, je suis calme.

Ah, monsieur le directeur.

Le moment est peut-etre mal choisi,

mais j'ai verifie les comptes, et il y a quelque chose de bizarre.

Tu as raison, Eustache.

Le moment est tres mal choisi.

Il n'y a plus qu'a attendre la creme de la creme des secretaires.

Alors ?

Alors rien du tout.

Comment ca, rien ? Alice, je t'en prie.

J'ai failli tout casser, dans cet hopital a la con.

On voulait rien me dire. J'ai meme pas pu le voir.

Et le medecin tirait une drole de tronche.

Je crois que c'est pas bon du tout.

Oh, mon Dieu !

Oh, mon Dieu !

J'ai chiale comme une gosse, je te raconte pas.

C'etait un homme exceptionnel.

Non, mais arrete !

Jusqu'a preuve du contraire, il n'est pas mort.

On va se serrer les coudes et garder espoir.

Alice...

Une femme habite chez le commissaire.

- Quoi ? - Regarde.

Quand je pense qu'il y a une semaine, il me disait :

"Le seul etre avec qui je pourrais vivre, Marlene, c'est vous."

Et tu l'as cru ?

Oui, je l'ai cru.

Excuse-moi, je...

Oh, j'etouffe. Je vais aller prendre l'air.

Je vais repasser a l'hopital.

- Ca va aller, toi ? - Oui.

On va faire comme tu dis. On va etre fortes.

Excusez-moi de vous surprendre.

Je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un.

C'est que...

le commissaire...

Desolee de vous l'apprendre comme ca.

Il a eu une attaque.

Il est entre la vie et la mort.

Voila.

Je m'en vais.

- Desolee. - Non, Marlene.

Bon... C'est moi.

Non ! Marlene...

Allonge.

Remonte.

Et...

un, deux, trois...

Non, ne marque pas !

Plus d'expression !

Cours.

Allonge.

Je veux du sentiment ! Cours.

Plie.

Plie, plie. Change, change.

Non ! Non !

Non, ca ne va pas !

Non, tu marques.

Reste ! Change, change, reste !

Non. Preparation...

Et... voyage...

Et hop !

Non, on reprend.

On reprend du debut de la musique.

Debut des balances.

Et un, deux, trois...

Non, ne marque pas ! De l'expression, de l'emotion !

Sans la musique, Andre. Et...

Un, deux, trois... Non !

Je veux de l'emotion dans le bras.

- Du sentiment. - Mais que fais-tu, la ?

La question que j'allais te poser. Tu attends le public pour danser ?

- On reprend. - Niet. On ne reprend pas.

- Pardon ? - Tu vas d'abord t'excuser.

J'en ai marre, de ta facon de me parler.

Tu ne donnes rien en repetition ! Je me fous de ta technique, Tatiana.

Arrete de nous eblouir avec ta maitrise.

Tu es qui pour me parler comme ca ? Tu as danse ou ?

Les gens viennent me voir pour ma technique, pour ma maitrise.

Ils ne se sont jamais deplaces pour toi.

- Ou tu vas ? - Dans ma loge, attendre tes excuses.

Mais merde ! Merde !

Quelle peste !

Il a raison. Elle donne rien. Elle se rend pas compte de sa chance.

Que fait-on, M. Mallet ?

Joue-moi le plus lugubre des requiems que tu connaisses.

Je pourrais peut-etre...

Non, pas maintenant, mon petit.

Andre, on reprend a l'arabesque.

OK ?

Qu'y a-t-il ?

- Un probleme, M. Miller ? - Non, non.

Plutot mignon, le nouveau, hein ?

Lisa, des danseuses comme toi, il y en a des milliers.

Mele-toi de ce qui te regarde. C'est clair ?

Oui.

De quoi j'ai besoin ?

Je te paie pour que tu repondes toute seule a la question !

Excusez-moi, commissaire.

J'ai eu une de ces peurs.

- J'ai cru que vous etiez mort ! - Je suis desole, Marlene.

Je voulais pas me meler de vos affaires.

Chacun vit comme il veut.

L'important est que vous alliez bien. Le reste ne me regarde pas.

C'est pas ce que vous croyez.

J'avais un cousin... Je l'aimais beaucoup.

Il adorait porter mes vetements.

Marlene, j'ai besoin de vous.

Vous savez...

votre vie privee...

Ce n'est pas ca. Il s'agit de sauver le monde !

"Sauver le monde" habille en femme ?

Alice dit que les femmes sauveront le monde...

Marlene, je suis en mission. D'accord ?

Il faut jurer, pas un mot ! Surtout pas a cette fouine d'Avril.

Quoi ? Mais c'est impossible !

Vous n'imaginez pas son etat.

Jurez sur ce que vous avez de plus precieux !

Je n'ai pas grand-chose de precieux.

A part mon Bubulle.

Voila, c'est ca. C'est exactement ca.

Prenez exemple sur votre poisson rouge, Marlene.

Devenez votre poisson rouge. Imitez sa discretion. D'accord ?

En attendant,

je n'ai que quelques heures pour devenir une secretaire credible.

"Une secretaire" ?

Mais alors la, c'est impossible, a moins d'un miracle !

Vous n'avez rien d'une femme. Vous etes si...

Enfin...

Je veux dire...

Vous etes tres viril, quand meme.

Alors une secretaire...

Et il faut des annees, pour devenir une secretaire !

Eh bien, j'ai une nuit, Marlene.

Juste une nuit.

Franchement, vous etes sure que c'est indispensable ?

Ce sont ces details qui feront de vous une femme.

Par exemple, tres important, le sac a main.

Indispensable, le sac a main !

Il faut y mettre un maximum de choses et que vous n'y trouviez jamais rien.

Enervez-vous en disant : "Ou sont mes cles ?"

La, il n'y aura de doute pour personne,

vous etes bien une femme.

Voila. Le petit doigt... Soufflez.

Vous voulez mettre ces chapeaux ? Ou les avez-vous trouves ?

Ma mere est partie en vacances. J'en ai profite.

J'ai pris tout ce qui trainait.

J'ai pris ca aussi.

Quoi ? Ca ne me va pas ?

Vous voulez que je sois sincere ?

Bon. Ca va, j'ai compris.

Et la voix ?

- Dites bonjour, pour voir. - Bonjour.

Non.

Bon... jour. Bonjour.

Bonjour.

Bonjour.

- Il etait bien, ce dernier bonjour. - Je prefererais

dire au revoir et aller m'enterrer au Mexique.

Commissaire, ne vous decouragez pas. On va y arriver.

Evidement, reste a faire de vous une secretaire.

Pour cela, un petit test s'impose.

"Un petit test" ?

Nous irons au commissariat.

Bonsoir.

Avez-vous des messages pour ce pauvre commissaire Laurence ?

Non, Marlene. Rien du tout.

Merci.

Encore au bureau ?

- Votre maman, non ? - Non !

- C'est une amie. - Ah !

- Enchante. - Enchantee.

Ah, je vois. Une petite soiree entre copines ?

Si je vous invitais a boire un verre ?

C'est gentil, mais...

C'est hors de question !

On a des choses a se dire, des trucs de filles.

Tant pis.

- Salut, mes beautes. - Salut.

Viens, je vais te montrer mon bureau.

Votre "maman".

Regardez bien.

Je mets la feuille au centre, je tourne la petite roulette,

je souleve le petit "gluglu"...

La feuille dedans, je rebaisse... et voila.

Tres bien. C'est pas si complique.

- Bien. - Bien. Je dicte :

"La victime avait ete poignardee a plusieurs reprises

"avec le couteau de cuisine retrouve dans la buanderie."

Attendez, attendez.

Vous allez trop vite. Je ne dicte pas a cette vitesse.

Non. Vous, vous allez beaucoup plus vite que ca.

Mais on a oublie un detail essentiel.

Un prenom et un nom.

On ne sait pas comment vous vous appelez.

Regardez-moi.

Brigitte... Oui !

- Ca vous ira tres bien. - Non, pas "Brigitte".

Je deteste "Brigitte".

Que faites-vous la, Marlene ?

Je vous croyais a l'hopital.

Bonsoir, madame.

Mademoiselle.

- Brigitte n'est pas mariee. - Pardon. Mademoiselle.

Je ne vous derangerai pas longtemps. Pas de nouvelles du commissaire.

Ca commence a m'inquieter.

Bien. Je vous laisse, Marlene.

Brigitte... Si vous permettez que je vous appelle Brigitte.

Au revoir, M. le divisionnaire.

- Oh ! - Oh, mon Dieu !

Ne faites pas cette tete ! Tout ca est tres, tres positif.

- "Positif" ? - Oui.

Vous trouvez ?

On dirait un bouledogue bavant devant un os a moelle.

Si Tricard est tombe dans le panneau,

c'est reussi 5 sur 5.

Il y a quelqu'un ?

Mme Touchard ?

Mme Touchard ?

Criez, et vous etes morte.

- Ou sont les microfilms ? - Quels microfilms ?

J'ai un message de votre maman : son dos lui fait horriblement mal,

il fait froid dans son appartement a Moscou.

Elle a besoin de votre compassion. Et nous, des microfilms.

Un mot du Colonel,

et votre chere maman ne pourra plus jamais envoyer de cartes postales.

Pour qui vous travaillez ? Qui est le Colonel ?

Qui est le Colonel ? Vous repondez ou je tire ?

- C'est un metier, tuer quelqu'un. - Restez ou vous etes !

Vous n'avez aucune idee du merdier ou vous etes fourres.

Vous avez une bombe.

A votre place, je m'en debarrasserais vite fait, avant qu'elle n'explose.

N'oubliez pas :

laissez-vous guider par votre poitrine,

le reste suivra.

- Je n'y arriverai jamais. - Mais si !

Pensez a votre amie. Vous voulez la venger, oui ou non ?

Oui.

- J'ai tellement mal aux pieds ! - C'est normal.

C'est le metier de femme qui rentre.

Allez ! Je suis avec vous, commissaire.

On respire... et on y va !

- Prenez bien soin de ma voiture. - Oui.

Pas encore arrivee ?

Il n'est que moins le quart.

Je demande pas qu'elle soit aussi bien roulee que l'autre, mais...

au moins qu'elle soit ponctuelle.

Desole de revenir la-dessus,

mais quelque chose cloche dans les comptes.

Il manque 10 000 F.

"Il manque 10 000 F" ? Nouveaux ?

Oui. Je suis dessus depuis quelques jours.

Quelqu'un d'autre le sait ?

Bien sur que non. Qu'est-ce que je fais ?

Rien.

- Je ne vais pas... - Fermer les yeux ?

Ah ben si, Eustache. Tu vas fermer les yeux.

A moins que tu veuilles que je farfouille dans tes combines ?

Mais de quoi tu parles ?

Et tes coups de fil a Moscou ?

C'est pour le boulot.

En attendant, il est moins dix. Elle n'est toujours pas la.

Alors que la moindre des corrections serait d'avoir un peu d'avance. Non ?

Oui.

Merde !

C'etait qu'un bon a rien.

Voila la verite.

N'empeche, il etait bizarre, hier.

"Je fais des choses qui vont me rapporter de l'argent."

Tu parles !

Un trou dans la terre, que ca lui a rapporte, c'est tout.

N'empeche, ca va me faire un vide.

Bonjour.

Bonjour.

Je suis la nouvelle secretaire.

Excusez-moi, j'ai pris froid.

Etre malade le 1er jour, c'est pas terrible.

Et... elle a un nom, la nouvelle secretaire ?

Brigitte.

Vous pouvez m'appeler Brigitte.

Les bureaux sont au premier. Prenez le grand escalier.

Tres bien.

Merci.

- Bonjour. - Bonjour.

Excusez-moi.

Je suis Alice Avril, de La Voix du Nord.

Je voudrais voir le directeur.

Il ne recoit que sur rendez-vous. Il faut passer par sa secretaire.

Mlle Brigitte !

C'est pour vous.

Je vous remercie.

Bonjour. Excusez-moi.

Alice Avril, La Voix du Nord...

- On s'est pas deja vues ? - Je ne crois pas.

Excusez-moi, j'ai tres, tres mal a la gorge.

Vous pourriez m'arranger un rendez-vous avec votre chef ?

Je ne sais pas. Je ne crois pas que...

Oh, allez, on se decoince un petit peu !

Vous ne tremblez pas devant votre chef.

C'est-a-dire que c'est mon premier jour...

Eh ben, justement !

Les patrons, c'est comme les maris, il faut les mater des le debut,

sinon ils vous traitent comme une esclave.

Oui, enfin... C'est-a-dire...

Oh non ? Soumise et docile ?

Prenez-vous en main. On n'est plus au XIXe siecle.

Ca suffit, maintenant. Je vais etre en retard.

Non, mais attendez. Je vous laisse mes coordonnees.

Vous pouvez dire a votre patron que c'est tres, tres urgent ?

Non, mais c'est dingue.

Je vous ai deja rencontree.

On doit pas frequenter les memes lieux.

Ca, c'est sur.

J'aime les endroits distingues,

discrets, avec de la classe...

et du charme.

Bonne journee.

Sacre balai dans le cul.

Madame Touchard, c'est ca ?

Vous etes bien la femme de Jules Touchard ?

Vous accepteriez de repondre a des questions ?

Ce serait pour un article.

Et si vous aviez une photo.

Une photo de moi dans La Voix du Nord ?

Ca peut s'arranger.

Alors...

La nuit derniere, un bruit dans la rue m'a reveillee.

Un coup de feu, c'est sur.

- "Un coup de feu" ? - Oui.

Jules a du voir quelque chose.

Et c'est pour ca qu'on l'a tue.

Hein ? Tue ?

J'ai dit "tue" ?

C'est-a-dire...

Ce n'est peut-etre pas un accident, voila.

Le chauffeur l'a renverse expres.

Je suis desolee.

Vous cherchez quelque chose ?

Bonjour.

Excusez-moi, je crois que je me suis perdue.

Je suis la nouvelle secretaire. Je cherche le bureau de M. Latour.

Prenez le couloir a gauche, et montez les escaliers.

Merci beaucoup.

Je suis bien en face de Tatiana Pochenko ?

- Da ! - Oh !

Je reve de vous rencontrer depuis si longtemps.

- Je suis si vieille que ca ? - Non !

Non, ce n'est pas ce que je voulais dire.

Dites-moi, vous pourriez me signer un autographe pour une amie ?

Sinon elle ne me croira pas.

- Je suis pressee. - Ca prendra juste quelques secondes.

Elle s'appelle Marlene.

Ou est-ce que je l'ai mis ?

Je n'ai pas de stylo, zut.

En avez-vous un ici ?

J'ai toujours reve de voir la loge d'une etoile.

Franchement, je n'ai pas le temps.

Couloir a gauche. Bonne journee.

Bonne journee.

Que se passe-t-il, dans cette maison ?

La secretaire disparait, le concierge meurt ecrase...

A qui le tour ?

Ah, voila ! Ca y est, il est 9 h. Elle est en retard.

Alors la, ca commence bien.

Bonjour.

Mlle Delorme ?

Appelez-moi Brigitte.

Mettez vos affaires la, si vous voulez.

Rassurez-moi, Brigitte, vous n'allez pas disparaitre dans la semaine ?

Non.

Oh ! Chouette !

Voici votre bureau et voici notre directeur adjoint,

M. Miller.

Appelez-moi Eustache.

Enchantee.

Eustache Miller connait tous les secrets de la maison.

On va commencer par un petit tour du batiment.

Tres volontiers.

- Vous me suivez ? - Oui.

- Je ferme la porte ? - S'il vous plait.

Nous employons une quarantaine de personnes,

sans compter les artistes.

- C'est impressionnant. - N'est-ce pas ?

Les tournees, tout ca, les voyages a l'etranger...

- Vous allez souvent a Moscou ? - Moscou, une ou deux fois par an.

Quelle ville fantastique !

Enfin, j'imagine.

Et les Russes ?

Comment sont les Russes ?

Slaves.

Ah, voici Patrick Mallet, votre choregraphe du moment.

Plus pour longtemps. Je n'en peux plus, de Mlle Pochenko !

- La, elle ne veut plus repeter ! - Oh la la !

- Que se passe-t-il ? - J'ai envie de l'etrangler.

Tu vas nous etrangler tous. C'est elle qui remplit la salle.

Mais elle finira par la vider.

Tu mets ton orgueil de cote et tu vas t'excuser !

M'excuser ? Jamais de la vie ! Ce sera elle ou moi.

Ce sera elle.

Putain de saloperie de talon de merde !

Que se passe-t-il ? C'est quoi, ce bruit ?

Restez dans votre loge.

Au secours !

Il y avait quelqu'un dans sa loge. Il m'a bousculee et s'est enfui.

Que se passe-t-il, ici ?

Oh, mon Dieu !

Vous etes qui, vous, la ?

Alice Avril, de La Voix du Nord.

Je travaille souvent avec le commissaire Laurence.

Il me laisse prendre des cliches des scenes de crime.

Si j'etais vous, je ne laisserais entrer personne.

Une scene de crime doit rester vierge.

Pardon, mais de quoi elle se mele, la secretaire ?

Faites un raccord, votre rouge a levres s'enfuit.

Vous n'etes qu'une fouineuse. Vous n'avez rien a faire ici.

Je parle pas aux sous-fifres.

M. le Directeur,

le commissaire Laurence en personne fait appel a mes services.

Entre nous, la plupart du temps, c'est moi qui le mets sur la piste.

Ah ? Alors...

Qu'est-ce que vous foutez la ?

Je vous ai dit que j'avais une piste.

Si vous m'aviez ecoutee, elle serait peut-etre en vie.

Vous etes pire qu'une migraine.

Une migraine finit toujours par passer.

Ah ! C'est vous qui avez vu le suspect ?

Commissaire, moi aussi, je l'ai vu.

Vous, je vous interrogerai plus tard.

Ca s'est passe vite, mais...

il etait plutot grand, plutot jeune, plutot bel homme...

Avec les cheveux blonds et un complet marron.

- Avril ! - C'est possible.

Je peux y aller ? J'ai un cercueil a acheter.

- Ca coute bonbon, ce truc. - "Un cercueil" ?

Oui, un cercueil !

Le type renverse car il avait vu quelqu'un se faire tuer.

Si vous ecoutiez ce qu'on vous dit, vous gagneriez du temps.

- Encore un mot et je vous boucle. - Je peux partir ?

On va etablir un portrait-robot. Passez au commissariat.

Poignardee, sans aucun doute.

- Et le suspect ? - Quoi ?

Tu as pu l'identifier ?

Il avait tout du type caucasien, probablement un Russe.

Le Colonel ou un de ses hommes.

- Je te laisse, Gilbert. - D'accord.

Oui ?

Oui.

Comptez sur moi, monsieur. Je transmettrai. Merci.

Le flic vous attend pour vous interroger.

Decidement, pour un 1er jour, vous etes servie.

Ah oui !

C'est a vous, ca ? Je l'ai trouve par terre.

Oh, mon Dieu ! Merci, merci.

Gilles m'en aurait voulu pendant des semaines.

"Gilles" ?

- Mon fiance. - Ah ! Oui.

Merci.

- M. Latour ! - Non, pas de commentaire.

Quand on a besoin des journalistes pour remplir la salle,

ils sont injoignables, mais un meurtre...

- Vous annulez le spectacle ? - Je n'en sais rien.

Ce serait un desastre pour le ballet.

Merde, alors.

Je vous demande pardon ?

Non, excusez-moi.

Elle est a qui, cette voiture ?

A Patrick Mallet, notre choregraphe.

Et il l'a toujours ?

Oui. Elle est avec la mienne sur le parking.

La mienne est une Vedette.

Merci, merci beaucoup !

Elle est verte, ma Vedette.

- Excusez-moi. Pardon. - C'est moi.

- Ca va ? - C'est affreux, ce qui est arrive.

Oh oui ! Vous la connaissiez bien, Tatiana ?

Un peu. Ce n'etait pas le genre a se confier.

Une grande artiste que j'admirais.

Il parait que c'etait pas le grand amour, avec M. Mallet.

Les repetitions, c'est tendu.

En tout cas, elle devait susciter beaucoup de jalousie, non ?

Non.

Je sais pas. Il faut vraiment que j'y aille.

Ca, alors !

- Vous etes la nouvelle secretaire ? - Oui.

Depuis ce matin.

J'aurais prefere vous revoir dans d'autres circonstances.

C'est vous qui avez poursuivi le suspect dans les couloirs ?

Oui.

Vous etes tres courageuse, mademoiselle.

Vous avez risque votre vie.

Je suppose que vous n'avez pas reconnu cet homme.

- Non ? - Non.

Il faudra passer au commissariat pour le portrait-robot.

Vous pouvez profiter de ma voiture. Ensuite, je vous raccompagnerai.

C'est tres aimable a vous, commissaire.

C'est normal.

C'est horrible.

Oui, "c'est horrible".

Non, je veux dire...

J'ai souhaite qu'elle meure.

Elle vous parlait tellement mal.

- Maintenant, c'est arrive et... - Tu n'y es pour rien.

J'arretais pas de l'observer.

Je me disais : "Un jour, je serai comme elle."

Alors je m'entrainais, je m'entrainais, en esperant...

qu'elle se casse quelque chose pour vous dire :

"Je connais par coeur la choregraphie."

A quoi tu joues, la ?

Donnez-moi une chance.

C'est pas mal.

Pas mal du tout.

Ecoute...

J'en toucherai un mot a Latour.

Merci.

Merci.

- Commissaire. - Oui. Oh !

Il y a une Kapitan sur le parking.

Avril, des Opel sur un parking, il doit y en avoir un paquet.

- Oui, mais... - Commissaire, on vous demande.

Je vous demande un instant, tres chere.

- Non... - En meme temps, il n'a pas tort.

Des Opel sur un parking, il doit y en avoir des paquets.

Vous prenez sa defense, "tres chere" ?

Elle est noire, l'Opel.

C'est comme celle qui a tue le concierge volontairement.

Et devinez a qui elle appartient. A M. Mallet.

M. Mallet a tue le concierge ? Mais pourquoi ?

Si Tricard faisait son boulot, il le cuisinerait deja.

- Avec Laurence, ce serait different. - Ah bon ?

C'est quelqu'un de plus rigide.

Et de tres imbu de lui-meme.

Et tellement soupe au lait !

Mais c'est un type super.

Enfin...

Mine de rien, il m'a tout appris.

Oh, il donne tres envie de le rencontrer, ce commissaire.

Oui, ben, vous emballez pas.

- Il est entre la vie et la mort. - Je suis desolee.

Vous voulez un mouchoir ?

- Non, non. - Je vous ai pas fait trop attendre ?

Mais...

On n'est pas en porcelaine, Tricard.

Mieux vaut etre en porcelaine qu'en poil de herisson.

Grouillez-vous, Avril.

Le herisson est attendu au commissariat dans un quart d'heure.

Comme ca, vous n'etes meme pas fiancee ?

Je n'en reviens pas.

Ah, Brigitte ! J'adore ce prenom.

C'est un prenom qui a du caractere.

Du caractere, vous en avez, j'en suis sur.

- J'adore les femmes de caractere. - Attention !

Vous me faites perdre mes moyens.

Ne me dites rien.

Vous ne seriez pas Belier, vous ?

Vierge.

Brigitte...

Oui ?

Je vais etre direct.

Je me lance.

Accepteriez-vous une invitation a diner ?

En tout bien tout honneur.

- Commissaire... - C'est rapide, mais...

- Vous etes ravissante. - Commissaire votre main !

Excusez-moi.

- C'est l'emotion. Vous etes si... - La main sur le volant

et les yeux sur la route, ou je quitte ce vehicule !

Vous avez raison. Je merite d'etre gronde.

Je vous demande de nous conduire bien sagement jusqu'au commissariat.

- A vos ordres, Brigitte. - C'est bien.

Marlene.

- Salut. - Salut.

- Tu as des nouvelles de Laurence ? - Oui.

Non. Non.

Aucune.

Il va s'en sortir.

C'est un battant.

Et Tricard n'est pas arrive avec sa carpette de secretaire ?

Pardon ?

Je la sens pas, cette bonne femme, Brigitte.

Tricard doit la culbuter a l'arriere de sa voiture.

Quoi ?

Observe-la bien et dis-moi si elle ne te rappelle pas quelqu'un.

Merci, mademoiselle.

C'etait tres impressionnant.

Merci.

Effectivement, elle a quelque chose, mais...

Les spectateurs ont paye pour voir Tatiana Pochenko.

Et sans son nom sur l'affiche, ils vont vouloir etre rembourses.

Et dire... que tout etait vendu.

Tout depend comment on communique.

Une debutante qui remplace une etoile, c'est comme un conte de fees.

Et il y a eu un crime, et ca s'est passe ici.

Ca excite l'imaginaire, tout ca.

C'est horrible, ce que tu dis la.

Mais ca me plait.

Alors ?

- Ecoute, je suis desole. - Il a refuse, c'est ca ?

Ca aurait ete trop beau.

Non, ce que je veux dire, c'est que je suis desole,

mais il va falloir travailler dur. Je ne te laisserai rien passer.

C'est pas vrai. Oh, mon Dieu !

Non, excuse-moi, mais...

Quoi ?

Je ne voudrais pas qu'on s'imagine...

Ne vous inquietez pas, je vais essayer d'etre sage.

Je vais travailler une bonne partie de la soiree.

Si vous voulez qu'on repete,

je suis disponible totalement.

A n'importe quelle heure du jour et de la nuit.

Je dois y aller.

Alors, les yeux, plutot ceux-ci ou ceux-la ?

Je dirais plutot ceux-la. Encore que...

Mais pas du tout. Moi, je dirais ceux-ci.

- Il y a ceux-la. - Pas du tout.

- Non, pas du tout. - Bon.

- Les sourcils, on est d'accord ? - Non, non.

C'est pas du tout ca.

Brigitte, qu'en pensez-vous ?

- Vous voulez vraiment mon avis ? - Ah oui !

Tres bien. Dans ce cas, je dirais :

visage fin, teint mat, cheveux chatains,

lisses, machoire carree, comme celle-la.

Les sourcils epais, le nez long, legerement decentre vers la gauche,

les oreilles a grands lobes, les levres tres fines.

C'est celles-la. Tout a fait.

Les yeux bleus, tres bleus, tres percants.

- C'est tres bien. - C'est lui !

Tout a fait lui !

Comme il a l'air cruel !

Je confirme, c'est bien notre homme.

Je vous remercie, mesdames. Vous pouvez rentrer chez vous.

- Merci. Au revoir. - Au revoir.

Au revoir.

Brigitte a rate sa vocation. Elle aurait fait un excellent policier.

Vous vous connaissez ?

Oui, oui. On se connait depuis...

On va diffuser le portrait-robot.

- Brigitte, je vous reconduis ? - Non. Je rentre avec Marlene.

Je vous remercie.

Ah bon ?

Comme vous voulez.

C'est bizarre que tu ne m'aies jamais parle de ton amie.

C'est que...

On s'est retrouvees il n'y a pas tres longtemps.

On a frequente la meme ecole. N'est-ce pas, Brigitte ?

- L'ecole des bonnes soeurs. - "Les bonnes soeurs".

- T'as ete chez les bonnes soeurs ? - Ben oui !

C'est pour ca que je ne crois plus en Dieu.

Tu l'as eue, soeur Gertrud ?

Oh oui, bien sur. Soeur Gertrud !

Dites, Brigitte,

quand vous etiez petite, vous aviez deja des mains aussi...

Elles sont tres grandes, vos mains.

Alice !

Ce n'est pas charitable.

Brigitte a beaucoup souffert. Tout le monde se moquait d'elle.

N'est-ce pas, Brigitte ?

C'est du passe.

Et une grande main dans la figure fait bien plus mal qu'une petite.

Ma parole ! Elle me menace, la grande bringue ?

Vous savez a quoi vous me faites penser ?

A ces petits chiens, les roquets.

Ca fait du bruit, c'est moche, et ca s'enfuit quand on s'approche.

Qu'attends-tu ? Viens. Essaie de m'en coller une.

Mais avec plaisir.

Voyons, mesdemoiselles !

On n'est pas dans une cour de recreation.

Viens, Brigitte. On y va.

"Viens, Brigitte. On y va."

Ah, d'accord. Il n'y en a plus que pour elle ?

Il est jaloux, le chien-chien ?

Et quoi encore ?

Diner avec vous sera aussi poilant que de lire la Bible en suedois.

Je te souhaite du plaisir, Marlene.

Brigitte !

Ma chere Brigitte !

Pour me faire pardonner, je vous invite a diner.

Ne dites pas non tout de suite. Vous feriez de moi un homme desespere.

Eh bien, dans ce cas, je vous dirai non demain.

Bonsoir, commissaire.

Quelle torture, cette journee !

Et ces chaussures...

On devrait guillotiner les types qui inventent de telles chaussures.

Et ces regards....

Tous ces regards...

Et la main de Tricard sur ma cuisse. Vous vous rendez compte ?

Bienvenue dans le monde des femmes.

Si chaque homme passait une journee en robe et en talons,

cela changerait peut-etre quelque chose.

Rassurez-moi, tous les hommes ne sont pas comme Tricard.

Si, tous.

Sauf vous, bien sur.

C'est Avril ! Que fait-elle la ?

Marlene ?

Marlene, ouvre.

Je sais que t'es la.

Marlene !

- Ouvre la porte ! - Alice.

Je suis passee chercher des affaires pour le commissaire.

Encore ? Tu vas lui apporter toute sa garde-robe ?

- T'es toute seule ? - Oui.

C'est bizarre. Je vous ai vues entrer avec Brigitte.

- C'est parce que... - Arrete ! Arrete, Marlene !

Me prends pas pour une conne. Que se passe-t-il ?

Le moindre sourire dans vos yeux, sur vos levres,

et vous passerez le pire quart d'heure de votre vie.

C'est pas vrai...

C'est un cauchemar.

Vous vous etes foutus de ma gueule. Surtout toi, Marlene !

On joue pas avec le coeur des gens.

Non, mais regardez-vous ! Enfin...

C'est pitoyable. J'ai meme pas envie de rire.

Alors la moindre allusion a tout ceci et vous vous retrouvez au poste.

- Il s'agit de la surete de l'Etat. - Oui, c'est ca.

Quand je pense que vous realisez vos fantasmes avec nos impots !

Oui, c'est par plaisir que je porte ces chaussures, ces faux seins !

Tous les gouts sont dans la nature !

Pas un mot, pas une ligne, compris ?

Je croyais que vous etiez en train de mourir.

- Je vous le pardonnerai jamais. - C'etait pour sauver le monde.

Peut-etre, mais vous avez perdu une amie !

Alice !

- J'y vais aussi. - Attendez, Marlene.

- J'ai quelque chose a vous demander. - Quoi ?

On fait quoi, quand on a casse un talon ?

- Mlle Avril ? - Oui.

Nous avons quelques questions a vous poser.

On me l'avait jamais faite.

Ca y est. J'en etais sur.

- Quoi encore, commissaire ? - Ce maquillage me donne des boutons.

En revanche, j'aime beaucoup... la petite creme de nuit.

Oui.

Elle est tres legere, elle sent tres bon.

Quoi ?

Rien. Rien, commissaire.

- Ce doit etre Alice. - Oui, ben...

Eh ben, non.

Ah, Gilbert. Entre.

Salut, Swan.

Alors ?

Des nouvelles du type au complet marron ?

Tu peux parler devant Marlene.

Son poisson rouge se porte garant. N'est-ce pas ?

- Oui, commissaire. - On a la situation en main.

Il ne devrait plus nous echapper tres longtemps.

Quant au Colonel, on est certains que cette ordure travaille a l'Opera.

On epluche la vie de tous les employes.

Il doit etre aux abois, notre coco.

Sois prudent, Swan.

La loge de Tatiana a ete fouillee.

Le Colonel n'a pas encore recupere ce qu'il cherchait.

Si les Russes trouvent ces plans, les ricains vont se la jouer parano.

Ce serait l'escalade.

On aurait tous interet a s'enterrer dans son jardin.

Je n'ai pas de jardin, moi.

On a des droits, dans ce pays, merde !

Et toi, la...

le gorille !

Tu pourrais titiller le seul neurone qui se noie dans ton crane

et me dire ce que je fais la ?

Qui etes-vous ?

- Le grand mechant loup ? - Asseyez-vous, Mlle Avril.

Pas en face de types dont j'ignore le nom.

Asseyez-vous, j'ai dit.

Cooperez, et dans une heure, vous partez.

Morte ou vivante ?

Ca dependra de vous.

Hou... Je tremble.

Il ne s'agit pas d'un jeu.

Vous connaissez cette personne ?

Jamais vue.

Vous mentez.

Si vous le dites.

Vous l'avez suivie ainsi que la secretaire du commissaire

au domicile de ce dernier.

Vous etes entree dans l'immeuble.

Si vous avez les reponses, qu'est-ce que je fous ici ?

Donc vous la connaissez ?

Je l'ai croisee, mais je ne sais pas qui c'est.

Encore un mensonge !

"Secret d'Etat", vous savez ce que ca veut dire ?

Je peux vous garder ici, je peux vous faire disparaitre,

personne ne viendra vous reclamer.

Pour la derniere fois, qui est cette femme ?

Je ne sais pas.

Excellent, Mlle Avril.

Je pense qu'on peut vous faire confiance.

C'est quoi, ce charabia ?

Desole, je devais etre sur que vous n'alliez pas trahir le commissaire.

Vous etes libre.

C'est pas trop tot !

J'ai un article a ecrire pour l'edition de demain,

Le Fantome de l'Opera.

Rassurez-vous,

nous avons porte un article a La Voix du Nord de votre part.

Quoi ?

J'ai pas...

Vous n'avez pas le droit. Je vais porter plainte.

Vous m'entendez ?

Calmez-vous !

A moins que vous ne vouliez encore profiter de notre hospitalite.

Des vies sont en danger, dont celle du commissaire.

Il faut etre prudent.

Par ici.

Patrick.

Mon Dieu, j'etais si inquiete.

- Que se passe-t-il ? - J'ai entendu des coups de feu.

Quoi ?

Hier, je vous ai attendu. Je me suis endormie dans ma loge.

Et vers 3 h du matin, j'ai sursaute.

- J'ai entendu tirer. - Tu as vu quelque chose ?

Non. J'ai pas ose sortir.

- Le directeur. - Quoi, "le directeur" ?

Il a un flingue dans sa bibliotheque. Si ca se trouve, c'est lui.

- On previent la police ? - Surtout pas.

Il risquerait d'annuler le spectacle.

Viens, on va repeter.

Bonjour.

Alice, tu tombes bien.

- J'ai un truc a te dire. - Moi aussi.

Bravo. Formidable, ton article.

On a double le tirage.

Je suis fier de toi.

Jamais tu n'avais ecrit aussi bien.

Quels progres !

J'ai rendez-vous avec nos actionnaires.

Continue comme ca. Encore bravo !

"Conte de fees a l'Opera Une jeune releve le defi :

"Remplacer l'irremplacable Tatiana Pochenko."

Et rien sur le crime ?

Quelle bande de fumiers !

- Que faites-vous la ? - Vous m'avez fait peur.

On ne dirait pas une balle ?

Effectivement, oui.

Je ne sais pas comment vous dire ca, mais...

Je prefere vous prevenir.

Au commissariat, j'ai compris que vous etiez sur la liste des suspects.

Quoi ?

Votre voiture aurait servi a ecraser Touchard.

N'importe quoi !

La plupart du temps, elle reste ici.

N'importe qui peut l'utiliser et la remettre a sa place.

Qu'on me soupconne d'avoir tue Tatiana passe encore,

mais enfin, ce brave Touchard. - Je vous dis ce que j'ai entendu.

Merci, mademoiselle.

Pour la balle, voyez ca avec le directeur.

Oui.

Brigitte ?

Il faut changer le contrat de Lisa Bonfanti.

Vous avez la tous les contrats de la nouvelle production.

Pour le montant par representation, c'est moi qui remplis.

Bien sur.

Faites-moi ca au plus vite.

Oui, monsieur Latour.

Bonjour, Eustache. Ca va ? Bien dormi ?

Oui.

Secretariat de M. Latour, bonjour.

C'est Martine. La journaliste de La Voix du Nord veut vous parler.

Bien. J'arrive tout de suite.

- Aie ! - Ca va, Eustache ?

Oui, ca va. J'ai du me froisser un muscle dans la nuit.

J'ai une pommade miracle dans mon sac.

Ca va aller. Merci, Brigitte.

Bien. C'est vous qui voyez.

- Je dois fermer la porte ? - Oui, Brigitte. Merci.

Ah !

Alors la, vraiment merci.

- J'ai passe une soiree formidable ! - De quoi vous parlez ?

De vos copains. Je les retiens !

- On va en discuter dehors. - Oui, mais lachez-moi !

Vous n'etiez pas au courant ?

Avril, vous me faites confiance ?

Non.

Je vous jure sur la tete de ma mere que je n'y suis pour rien.

Vous la detestez, votre mere.

Oui. Bon.

J'ai besoin de votre aide.

Appelez le 15 33 88

et dites que des coups de feu ont ete tires cette nuit a l'Opera.

Un blesse se trouve probablement cache dans la loge de la concierge.

Il faut verifier. Je peux compter sur vous ?

- Pourquoi je vous aiderais ? - Je sais pas.

Pour la France.

Pour eviter une Troisieme Guerre mondiale.

Vous trouverez une raison, j'en suis sur.

Ou pour quelqu'un de bien qui vous a appris tout ce que vous savez.

Merci. Faites vite.

Je retourne travailler.

- Je vous deteste. - Oui. Moi non plus.

Alors, c'est vous, le Colonel ?

Ne bougez pas.

Je n'ai plus rien a perdre, de toute facon.

Je travaille pour les services secrets francais.

Et vous croyez que ca me rassure ?

Ce n'est pas moi, le Colonel.

Nous pensions que c'etait vous.

Ecoutez, si vous n'avez pas tue Tatiana...

Pourquoi j'aurais tue Tatiana ? C'etait ma soeur.

Nous vous mettrons sous haute protection.

Ah oui !

J'ai deja entendu ce genre de promesse.

Qu'est-ce que vous allez faire ?

Negocier ?

Avec le type qui a tue votre soeur ?

Donnez-nous les microfilms. Je vous jure qu'on aura cette ordure.

Pourquoi je vous ferais confiance ?

Vous avez perdu votre soeur.

Et moi, une amie tres chere.

Ces types-la, ils ne viennent pas negocier.

Non ! Attendez, non !

C'etait lui ou moi.

Eh bien, mission accomplie ?

Je ne crois pas.

Ce type etait le frere de Tatiana.

Il s'est fait tirer dessus en recuperant les microfilms.

On tient pas encore notre Colonel.

Oh, merde !

Alors ?

- Rien, pour l'instant. - Ou sont ces microfilms ?

Fais attention, Swan. Ca devient de plus en plus dangereux.

Vous touchez a ca, je crie.

Inutile. Je vous encourage meme a publier la photo.

On a trouve la concierge.

On l'embarque.

Je suis sur qu'elle sait quelque chose.

Bon, on reprend.

- Vous n'aviez jamais vu ce type ? - Non !

Il m'a mis son flingue sur le visage.

Alors ouais, je l'ai cache.

Pour le reste, je ne sais rien.

Le Colonel, ca ne vous dit rien ?

"Colonel", c'est un apero ?

C'est ca, foutez-vous de ma gueule.

Vous etes dans la mouise jusqu'au cou.

Crachez le morceau ou je vous fais tomber pour complicite.

De quoi ?

De meurtre et de divulgation de secret d'Etat.

Vous ne verrez plus la lumiere. Ca, faites-moi confiance.

Que fais-tu la ?

J'essaie de me mettre a sa place.

Sa place est dans un cercueil.

Elle ne m'en voudra pas d'avoir fouille.

Tu ne te rends pas compte de ce qu'on pourrait penser ?

Quoi ?

Tatiana Pochenko est morte et une inconnue reprend sa place.

Ca ressemble a un mobile, non ?

- Vous ne pensez pas que... - Je ne pense rien.

Quelques unes se feront un plaisir de t'imaginer en train de l'egorger.

Enleve-moi ce maquillage ridicule.

Tu danses bien, tu es charmante,

et en bossant, on arrivera a donner le change.

Mais tu ne seras jamais Tatiana Pochenko.

C'etait une sacree emmerdeuse, mais une danseuse exceptionnelle.

Unique.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Poussez-vous !

Vous espionnez tout le monde !

Occupez-vous de vos fesses ou je raconte des choses a la police.

- Je n'ai rien a me reprocher. - Ah oui ? Et la secretaire ?

Pas la nouvelle, l'autre. Celle qui a disparu.

Quoi, "la secretaire" ?

Je l'ai surprise en train de fouiller dans vos tiroirs.

Et le lendemain, envolee, la petite curieuse !

Etrange, non ?

Bonne journee.

On se refait une petite beaute, commissaire ?

Tout ceci est extremement serieux.

Tout ceci fait extremement mal.

Il a dit ca, mais...

Il est sur les nerfs.

Ca va s'arranger.

Attendez ! Lisa, s'il vous plait ! Lisa !

Allez ! Mais... Je vous en supplie !

Oh... Vous...

J'ai deux mots a vous dire.

Alors, c'est quoi, ce contrat ?

"Entre les soussignis..."

"La societe de l'Operi de Lille."

Il y a des "I" partout.

Hein ? La creme des cremes des secretaires ?

C'est une blague, oui !

Une gourde qui tape a la machine comme je danse Le Lac des cygnes !

Ca y est ?

Vous avez fini ? Le petit chef

est content ? Il s'est bien defoule ?

Bravo.

Quelle grande lecon de courage !

S'en prendre a une femme et l'humilier !

Tout ca parce que le petit chef est contrarie ?

Savez-vous ce que nous subissons, nous, les femmes ?

Les regards, les remarques, les petites mains aux fesses !

- Alors je... - Non, pas encore.

Mais ca n'allait pas tarder. J'en suis sure.

Nous nous connaissons depuis 2 jours et vous me traitez deja de gourde ?

Dire que nous ne pouvons pas ouvrir un compte en banque

sans demander l'accord de nos maris,

qu'il a fallu attendre 1945 pour voter !

Et vous venez m'asticoter avec un contrat mal tape ?

Ouvrez les yeux, M. Latour. Le monde a change.

Les hommes ont bien du souci a se faire

s'ils continuent a nous traiter comme des enfants !

Bravo.

Respect.

Je vous avais mal jugee.

Mon Dieu !

Que se passe-t-il ?

C'est ici.

Oh, mon Dieu !

Quelle horreur !

Tu tombes bien, tiens.

Prends la photo. Je peux pas.

Je savais que ce Mallet etait implique.

C'est etrange qu'un assassin laisse un cadavre...

plusieurs jours, comme ca,

enferme dans son propre coffre sans meme fermer a cle.

Excusez-moi.

Ce fichu rhume. Rhume !

Commencons par coffrer ce Mallet, et apres, on avisera.

C'est un coup monte ! On veut m'accuser.

- Emmenez-le. - Je vous dis que je suis innocent !

Pour vos fiches de paie, j'ai besoin d'une adresse.

Mettez 12 rue des Petits-Champs. Ca ira bien.

12 rue des Petits-Champs, c'est note.

Merci.

A demain, Eustache. Bonne soiree.

- Merci, Brigitte. - Je vous en prie.

Eustache Miller. Il se pourrait que ce soit lui.

Il grimacait de douleur, ce matin, en ramassant un dossier.

Si ca se trouve, c'est lui qui a tire sur le frere de Tatiana.

L'autre aurait riposte et l'aurait touche a l'epaule.

Qu'est-ce que c'est que ca ?

Mesdames, nous avons de la visite.

Je vous en prie.

Je suis bien 12 rue des Petits-Champs,

je ne me trompe pas ?

Non.

C'est bien ici qu'on prend les divisionnaires pour des cons ?

Pardon ?

Votre amie, cette tres chere Brigitte a declare

aujourd'hui etre domiciliee dans cet immeuble.

- C'est etonnant, non ? - Ah ! C'est-a-dire que...

- Oui. - Brigitte...

Oui ? Quoi, "Brigitte" ?

Brigitte n'est pas Brigitte. Enfin...

Brigitte n'est pas mon amie.

Comment ca ?

Brigitte est la soeur du commissaire Laurence.

Quoi ?

Dites-lui, Brigitte.

Ce n'est pas un crime que d'habiter chez son frere.

Non, ne vous fatiguez pas, Marlene.

J'en ai assez, de toute cette comedie.

Allez. Adieu, Brigitte.

Le commissaire Laurence est de retour.

Ca fait mal, hein ?

C'est parce que je passe la nuit avec un cadavre que tu vas etre jalouse ?

Non, c'est pas une femme.

Arrete.

Meme avec une belle paire de seins, un macchabee reste...

Vous m'avez foutu la trouille.

Bebe, je te laisse.

Moi aussi, je t'aime. Ciao.

Commissaire...

- Je pensais que vous etiez... - Mort ?

Dans le coma ?

Quelque chose dans le genre.

J'ai meme reve de vous.

Vous pratiquiez mon autopsie, j'imagine.

Qu'est-ce qu'il a dans le buffet, celui-la ?

Petit calibre sovietique a bout portant, comme vous voyez.

Ca fait du degat.

Il a ete tue avant-hier soir. Ca, a l'odeur, j'aurais pu le dire.

Glissant, vous n'avez rien de croustillant a me raconter ?

Un tatouage sur la hanche. Ca vous va ?

"Un tatouage sur la hanche" ?

Ca va, commissaire ?

Vous avez examine des cerveaux d'hommes et de femmes

tres attentivement, j'imagine. - Oui.

Avez-vous remarque une difference quelconque ?

Je dirais, mais cela n'engage que moi,

que le cerveau d'une femme est beaucoup plus... sexy.

Vous cherchez ca ?

Qui etes-vous ?

Commissaire Laurence.

Mais il y a quelques heures, vous m'appeliez encore Brigitte.

On est joueur, M. Latour ? On a des dettes ?

Rendez-moi mon arme. J'ai un permis.

Vous ne devinerez pas ou je l'ai trouvee.

Dans la bouche de votre associe, M. Miller.

Il voulait en finir avec la vie. Dans les toilettes.

Entrez, Eustache !

Mais enfin...

Eustache, explique-toi !

Son amant russe l'a quitte pour un choriste de l'Armee rouge.

Ca vous amuse, espece de sadique ? Vous voulez quoi, a la fin ?

Comme tout le monde, demasquer l'assassin de Tatiana.

C'est pas moi qui l'ai tuee.

- Ni moi. - Bien sur que non.

Sinon vous seriez deja en prison.

Commissaire Laurence, police criminelle.

Police ou pas, on n'entre pas comme ca chez les gens.

Bon, on continue.

Vous perdez votre temps. Ils ont tout retourne.

Oh... C'est tellement mignon !

- J'ai toujours reve d'avoir ca. - Qu'est-ce que ca fout la ?

J'ai jamais vu ce chausson.

Montrez-moi ca.

- Bravo, Marlene. - Je vous jure, je savais rien.

Mme Touchard, j'aurai besoin de vous.

Oh, trois fois rien. Juste un petit coup de fil a donner.

Salut, Gilbert.

Tu te souviens ?

C'etait le morceau prefere de cette pauvre Nadine.

Juste avant de mourir, elle m'a dit : "Gilbert".

J'ai pense qu'elle me demandait de t'appeler.

En realite, elle me donnait le nom de son assassin.

Le nom du Colonel.

Tu te rends compte de ce que tu es en train de dire ?

- Je l'aimais autant que toi. - Oui.

Sauf qu'elle a decouvert qui tu etais.

Tu l'as dit toi-meme.

Un malin,

un vicieux. - N'importe quoi !

Je n'ai rien a voir avec la mort de Nadine.

On a trouve un cadavre dans le coffre de la voiture du choregraphe.

Je ne l'ai pas reconnu tout de suite, mais... le tatouage,

la lettre A sur la hanche...

A comme "Apollinaire". Ca ne te rappelle rien ?

Evidemment que je me souviens.

Les survivants du reseau se sont fait tatouer a la Liberation.

Le type dans le coffre etait Franck,

ton grand copain Franck.

J'ai toujours pense que c'etait un malade.

Il t'aurait suivi jusqu'en enfer.

Ca prouve quoi ? Je ne l'ai plus vu depuis la fin de la guerre.

On verifiera, Gilbert. On verifiera. Mais c'est pas tout.

Il y a aussi... le journal de Serguei Pochenko.

Il avait tout consigne dans un carnet.

Il avait decouvert qui etait le Colonel,

et sa description est assez precise.

Tatiana voulait passer a l'Ouest

et negocier avec les services secrets francais.

Elle a signe son arret de mort. N'est-ce pas ?

Reste ou tu es.

J'espere que tu n'as pas fait ca pour l'argent.

Tu sais comment on a ete traites,

nous, les vrais resistants, apres la guerre :

comme de la merde.

Alors que les bourgeois et les collabos ont repris les commandes.

C'est pas pour ces profiteurs que je me suis battu.

Alors, quand les Russes sont venus me trouver, j'ai pas hesite.

Je regrette pour Nadine, mais c'est comme ca.

La guerre n'est pas finie.

Arrete avec tes conneries.

Ou sont les microfilms ?

Attention a ce que tu fais.

Je n'hesiterai pas a tirer.

Pas mal, comme cachette. Quoi de plus discret

qu'un chausson dans les bagages d'une danseuse ?

Vas-y. Lance-le jusqu'ici.

Et maintenant ?

Qu'est-ce que tu vas faire, Gilbert ?

Desole, Swan.

Tu salueras Nadine de ma part.

Si vous le tuez, il faudra me flinguer aussi !

- Moi aussi ! - Lachez cette arme !

Vas-y, tire.

Qu'est-ce que tu attends ? De toute facon, l'immeuble est cerne.

Tu t'en sortiras pas.

C'etait du bluff, le carnet ?

Vous l'avez trouve ou ?

Dans une papeterie. Pourquoi ?

Vous etes blesse ?

Une egratignure. J'ai l'habitude.

Mais la...

la, je suis blesse pour de vrai et profondement.

Vous vous etes bien moque de moi. Je vous en veux enormement.

- Monsieur... - C'est inutile.

- Ne vous laissez pas aller. - Mais oui, quand meme !

Vous avez sauve la vie de Laurence. Vous etes un heros.

Ah, vous tombez bien !

- C'est quoi, cette photo ? - Ce n'est pas votre meilleur profil.

- Je vous avais interdit... - Pendant l'enquete !

Elle est terminee.

Le nombre de ventes est inimaginable.

Je vais vous donner un titre plus racoleur :

"Le commissaire Laurence etrangle une obscure journaliste !"

Mais attendez !

Vous etes pas le seul qui a souffert !

Trahison pour trahison, vous voulez...

On vient d'apporter ce sac. Je crois que c'est a vous.

Ah, tout de meme.

C'est pas trop tot.

Merci beaucoup.

Ou est-ce que je l'ai mis ?

On ne retrouve jamais rien, dans ces sacs !

Bon sang, c'est pas vrai.

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien. - Rien. Rien, commissaire.

Sous-titrage : ECLAIR

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