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Original subtitles

Bouge pas ou je te brûle !

Allô. Ouais !

Un poulet, t'es sûr ?

Ouais.

Abattu de sang-froid ? La vache !

Ouais !

Je te rappelle.

- T'as eu confirmation ? - Oui, de la contrebande.

- La vache ! - C'est ce que j'ai dit !

Je file à la préfecture. Planche sur la nécro.

On tient un truc, mon Raoul ! On tient un truc !

Bonjour, commissaire.

Marlène ?

Oui.

- Que faisons-nous dans le noir ? - Dans le noir...

Rien.

Mais... il ne fait pas noir.

Je suis là. Coucou !

Je ne vous vois pas.

Mais si. Là !

Je ne vois rien.

Je ne vois rien du tout.

Pas de lésion apparente. Mais une cécité temporaire,

due à un trouble post-traumatique.

Un TPT, comme on dit dans notre jargon.

En gros, vous avez "vu la mort en face"

mais vous avez refoulé cette peur de mourir.

Cette peur a provoqué un traumatisme psychique,

qui est la cause de cette cécité.

C'est un cas assez rare.

En résumé, l'oeil voit, mais le sujet ne voit pas.

Les enfants, au goûter, maintenant, allez !

On se presse !

Allez, les enfants, au goûter !

Allez !

Luisa, lâche cette pomme. Allez !

Alors, Laurence...

Bonjour, mon petit. Non, ne bougez pas. Ne bougez pas.

Je suis dans la mouise. J'ai un meurtre d'enfant.

Oh, mon Dieu.

J'ai mis Perrin sur l'enquête.

Non, monsieur le divisionnaire, Perrin a 2 mains gauches.

Je sais, je sais. Mais je suis serré, là.

Que nous dit la médecine ?

Plus de peur que de mal.

Eh bien, à la bonne heure !

On attrapera ces salopards, foi de Tricard.

Le temps de signer mon billet de sortie et je suis sur pied.

Enfin, vous...

- Perrin a bien 2 mains gauches ? - Au minimum.

Alors ?

Bon. Ben... Eh bien, tout le monde sur le pont !

Je ne comprends pas. Que se passe-t-il, commissaire ?

Un chien d'aveugle qui a son permis de conduire.

Où je vais trouver ça, commissaire ?

Pas un chien d'aveugle proprement dit.

Un être humain avec 2 pieds, 2 jambes...

Ah, un être humain !

J'en connais un, moi, d'être humain.

Ah oui ? Qui ça ?

Ben, moi !

En plus, j'ai mon permis de conduire.

Oui, je sais.

Voilà !

Vous êtes prêt.

Allons-y.

Oui, Marlène. Je simule une entorse pour justifier votre aide.

- Vous boitillez drôlement bien. - Merci, Marlène.

En résumé, vous faites les yeux, et je fais le reste. D'accord ?

Faites demi-tour.

Et tout ce que vous voyez, je veux le savoir. D'accord ?

Bonjour, commissaire.

Pas trop vite. Pas trop vite, Marlène. Voilà, merci.

C'est bien.

Voilà.

Merci.

- Aïe ! - Attention.

- Oh zut, j'ai oublié mon sac. - Bon. Dépêchez-vous, Marlène.

Bien. Tenez.

Marlène, cette voiture n'est pas n'importe quelle voiture.

Elle exige du doigté, de la délicatesse.

La boîte de vitesse est d'origine. C'est un Stradivarius.

Alors entre la 2e et la 3e, double débrayage.

Après la 4e, vous lâchez la pression.

Allez-y.

Oh !

Vous pouvez vous arrêter, s'il vous plaît.

Vous pensiez quoi, Avril ? Que je tomberais dans le panneau ?

Ce parfum de jockey, je n'en connais qu'une qui s'en asperge.

Et vous allez faire quoi, sans moi ? Du stock-car ?

Vous avez le choix. Vous me gardez en chien d'aveugle,

ou je vous balance.

J'en suis capable, hein !

Je connais au moins 2 canards que ça intéressera.

Trouble post-traumatique.

C'est ça, non ?

Alors ?

Je lâche les chiens ou bien ?

Qu'est-ce vous attendez pour démarrer ?

Parfum de jockey ?

Non mais...

Mes respects, commissaire. Au nom de mes collègues et de tout le...

je vous souhaite un prom... prompt rétablissement. Commissaire.

Merci, Pages.

C'est une entorse, simplement, mais ça me touche beaucoup, merci.

Je vous décris ce qui se passe, là ?

Vous allez voir, je suis un radar. Vous allez être épaté.

Contentez-vous de me guider, Avril, d'accord ?

Me guider, c'est tout.

Nous sommes totalement bouleversés.

J'ai reçu de nombreux témoignages de sympathie, et en tant que maire,

je me dois de rassurer les parents, les grands-parents...

Commissaire, je vous en supplie, faites vite.

Je l'ai déjà dit à votre collègue, trouvez le meurtrier.

Pour la cohésion de notre ville.

J'ai besoin de la liste des personnes présentes à la kermesse.

Je vous la fais parvenir au plus vite.

Où étiez-vous, au moment des faits ?

J'étais au préau pendant toute la durée du goûter.

50 personnes pourront en témoigner.

Bien. Très bien.

Voilà, c'est là que Mme Arial a retrouvé la petite Luisa.

En revenant du goûter.

Et sinon, rien d'autre ?

Si. Enfin...

On vous écoute.

Luisa dans sa dernière composition,

a raconté avoir été témoin d'un meurtre.

Luisa !

- Qu'as-tu encore inventé ? - Mais j'ai rien inventé.

Caroline, lis-nous ce qui est écrit au tableau.

"Décrivez un événement grave dont vous avez été témoin."

Je n'ai pas menti ! C'est vrai.

Vous êtes toutes jalouses. J'ai vu un crime, et pas vous.

Une vedette de cinéma, en plus.

Chut.

C'est vous, les menteuses !

En même temps, Luisa inventait toutes sortes d'histoires.

Plus personne ne la croyait depuis longtemps.

Oui, la petite Luisa, je suis triste de devoir le dire,

était une petite fille assez antipathique.

Elle voulait qu'on l'aime.

Comme tout le monde.

Pas vous, commissaire ?

Moi, je l'aimais bien. J'adorais ses histoires.

Je me disais que plus tard, avec son imagination,

elle pourrait devenir une sorte de Françoise Sagan.

- Vous avez lu Bonjour tristesse ? - Peut-on savoir à qui on a affaire ?

- Miranda, monsieur le commissaire. - Enchantée.

C'est ma fille, ma fille unique.

Tu y crois, Miranda, à cette histoire de meurtre

dont Luisa aurait été témoin ?

Moi, une bonne histoire, j'y crois toujours.

Vous voyez, Laurence, je réfléchis là et je me dis,

si ça se trouve...

Alors ?

Je vous écoute, Avril. Les faits, juste les faits.

Deux hommes et une statue.

C'est un peu court.

Faudrait savoir !

- Marche. - Oh ! Merci.

Je l'ai dit.

Messieurs. Commissaire Laurence. Mlle Avril, ma...

collaboratrice.

Xavier Tremens, artiste sculpteur. C'est moi qui ai...

Et vous ?

M. Milou ? Il travaille pour la mairie. Il m'aide.

- Avril, c'est votre vrai nom ? - Vous avez assisté à la kermesse ?

Oui. Une demi-heure.

Par politesse envers Mme la maire parce que moi, les gosses...

Enfin, ça dépend. Pour les faire, je suis toujours partant.

C'est une proposition ?

Je ne vois nulle autre créature de rêve.

Oui.

Alors, dites-moi si je vous dérange.

Et vous, M... Milou ?

Je vous écoute.

Moi, je sais rien, moi....

On peut y aller ?

Bien. Décrivez-moi ce machin.

Ben, une statue.

Avec un socle assez conséquent.

C'est tout gris.

En forme de torche.

Rien d'autre ?

Euh... Ben, non.

- Je vous le refais en braille ? - Bon. Allez, à la niche !

Bon. Vous venez ?

La maman et le frère de la petite Luisa sont arrivés, avec un monsieur.

Ne hurlez pas, je ne suis pas sourd.

C'est vrai, vous êtes...

Bon. Faites entrer la mère.

- Le frère, je le verrai ensuite. - Oui.

Pourquoi pas ensemble ? Ce serait intéressant...

- Faites entrer, Marlène. - Oui.

Madame, monsieur, vous pouvez me suivre.

Mme Ortega et M. Petit.

Bonjour, commissaire.

- Bonjour, monsieur. - Commissaire. Vous êtes ?

Le Dr Petit, j'accompagne Mme Ortega,

qui a du mal à bien parler le français.

Hormis le dispensaire...

Vous avez créé une association pour aider les réfugiés,

et en l'occurrence, Mme Ortega et ses enfants, je sais.

Asseyez-vous.

Vous pourriez retirer vos lunettes par respect pour Mme Ortega

qui a perdu sa fille.

Je souffre d'une conjonctivite purulente. Je vous fais un dessin ?

S'il s'agit d'incommoder Mme Ortega avec des yeux injectés de pus,

je les enlève.

Une autre suggestion ?

Bien, les politesses d'usage étant faites,

venons-en à ma convocation.

Vous avez rapporté le devoir de votre fille :

"Décrivez un événement grave dont vous avez été témoin" ?

Son institutrice lui a déjà demandé,

mais elle ne l'a pas retrouvé dans ses affaires.

- Elle l'aura mis à la poubelle ? - Avril !

- Ou l'assassin l'a volé... - C'est insensé.

Mais vous êtes qui ?

Alice Avril.

Je suis la collaboratrice du commissaire.

Bien. Reprenons, s'il vous plaît.

Elle est convaincue que Luisa a été victime du racisme

qu'elle et ses enfants subissent depuis leur arrivée.

C'est une piste...

Taisez-vous ou je...

Je vous en prie.

Elle pense à une bande qui traîne dans le bourg,

avec à sa tête...

un abruti au nom prédestiné : Benoît.

Je crois que je...

Stop ! Rien !

Rien !

Docteur Petit, vous étiez présent à la kermesse ?

Oui, étant conseiller municipal d'opposition.

Ça fait partie de mes obligations.

Vous me rajoutez à la liste des suspects, commissaire ?

De toute façon, c'était une peste, Luisa,

une menteuse, une pleurnicharde. Tout le monde la détestait.

D'accord, d'accord.

Et...

"Benoît", ça te dit quelque chose ?

Je ne connais pas.

Je ne veux pas que tu traînes toute seule.

Avec ce qui se passe en ce moment...

- Où tu as mis ce collier ? - Je ne sais pas.

J'ai dû le perdre près de la piscine.

- Tu y faisais quoi ? - Mes exercices.

- C'est Tremens qui... ? - Maman ! "M. Tremens".

Je t'ai interdit de le voir.

Tu veux pas que je devienne une artiste.

Mais si, ma chérie. Je le veux.

Maman.

Je voulais pas te faire de peine.

M. Milou ! Entrez.

N'ayez pas peur.

Maman, et si on invitait M. Milou à dîner ce soir ?

On jouerait encore aux échecs.

Pas ce soir, je dois préparer ma semaine.

Une autre fois, M. Milou, avec plaisir.

On vous aime beaucoup, maman et moi.

Un jour, je ferai votre portrait.

Mister Milou by Miranda.

T'aurais pas vu mon collier ? Celui que Luisa m'avait prêté.

Bonsoir.

Et "Mordre la pomme", ça vous fait penser à quoi ?

Adam et Eve.

Précisez votre pensée.

Eve mord la pomme d'Adam.

Mordre la pomme, c'est... tomber amoureuse.

Bien. Bien, Marlène.

Tomber amoureux et succomber au plaisir charnel.

Oui.

Mais qui peut en vouloir à un enfant au point de le noyer ?

À part moi, bien sûr.

Vous cherchez quelque chose ?

- Un peu de vin ? - Volontiers.

Merci.

L'assassin a forcément eu accès au devoir de Luisa.

Et celui qui est en possession de ce devoir est soit l'assassin,

soit quelqu'un qui le protège.

Ou bien le fait chanter !

Ouvrez.

Quelqu'un a tué Luisa

parce qu'elle a peut-être été témoin d'un crime.

Mais Luisa avait une réputation de menteuse.

Ce meurtre est probablement sorti de son imagination.

Ouvrez.

En plus, si une vedette de cinéma avait été tuée, ça se saurait.

Ou alors...

Merci.

Quelqu'un lui a raconté cette histoire de meurtre.

Elle l'a repris à son compte

et a rajouté le coup de la vedette pour se faire mousser.

Mais qui a pu lui mettre tout ça dans la tête ?

Tu fais quoi, là, tête de troll ?

Viens, mon Milou, on va boire un coup.

Allez, fais pas le con, monte.

C'est bon, tu tiens, là ?

Hé, les gars ! Regardez qui j'amène.

Milou, avec nous !

Milou, avec nous !

Pose un cul. Pose un cul.

Alors qu'est-ce qui se passe, hein ?

Tu l'aimes plus, ton Benoît ?

On est potes, mon copain Milou !

Et ta blouse grise ? Elle est où ?

Je me disais, il a quelque chose de changé, mon copain Milou, là !

Il est tout nu sans sa blouse !

Chut !

Barre-toi, le pingouin, là !

On t'a vu !

Si tu reviens, je te fous une rouste. Voilà, allez, casse-toi !

Va bouffer ta paella.

Casse-toi ! Dégage !

Sale espingouin !

C'est mon papa qui m'a appris à jouer.

C'était un grand champion d'échecs, très grand.

Un jour, on est venu le chercher, il m'a dit : "Va te cacher, Milou !"

Il m'avait préparé une cachette, pour moi, sous la baignoire.

"Vladimir Rosenbaum", ils ont dit, "suivez-nous."

Ils l'ont emmené pour le championnat du monde d'échecs.

Moi aussi, un jour, j'irai au championnat du monde.

Papa, il me disait :

"C'est qu'il y en a, là-dedans !"

Ouais, t'en as là-dedans.

T'aimais bien la petite Luisa, hein ?

Elle te faisait bander, mon cochon. Tu peux tout me dire.

Raconte comment tu l'as tuée.

T'as enfoncé sa tête dans l'eau, et après ?

Raconte-moi, espèce de grand malade.

Oui... Oui...

Oui ?

Non, il n'est pas là. Il n'est pas trop du matin.

Très bien, je lui dirai. Au revoir.

C'est pour quoi ?

On m'a dit d'attendre là.

Je viens signaler que mon amie... ma meilleure amie,

Olga, Olga Semirov, elle a disparu.

Comment ça, disparu ?

- Depuis 2 semaines... - Attendez !

Reprenez.

Depuis 2 semaines.

Ce n'est pas son genre.

J'ai peur qu'il lui est arrivé quelque chose.

Vous avez une photo ?

La coupe Mylène Demongeot !

Mylène Demongeot ? Non ?

J'adore Mylène Demongeot. Ma tante l'a croisée une fois à Paris.

Elle habite Paris, ma tante.

C'est quoi, votre petit nom ? Et le grand aussi !

Svetlana Navratil.

Et mon amie, Olga Semirov.

Ah oui, quand même !

Est-ce que vous pouvez me les épeler ?

"Mme le maire de Steenwerck mise en difficulté par le Dr Petit."

En publiant cette interview, vous soutenez mes adversaires.

Petit m'attaque parce que je suis une femme.

Avant, ça ne serait pas passé.

Oui, mais du temps de votre mari,

les circonstances étaient différentes.

Les époques changent, Mme le maire.

Mme "la" maire, si ça ne vous dérange pas,

monsieur "le" rédactrice en chef.

3 jours qu'on ne t'a pas vue, t'as une excuse ?

Je suis sur un gros coup, là,

le meurtre de Luisa Ortega.

- Je peux t'avoir des infos. - Comment ça ?

Je peux rien te dire.

Secret des sources, tu vois ?

Non, tu joues pas dans la même catégorie.

- J'ai mis les meilleurs sur le coup. - Les meilleurs, mes fesses !

Tes fesses, quoi, Avril ?

Sinon, j'ai promis un papier à Dravignan, histoire de la calmer.

Tremens, qui a réalisé la statue en mémoire de feu son mari,

Dravignan Paul.

1 500 signes. Ça, c'est dans tes cordes, mon poussin.

Pas "mon poussin" !

"Sylvain Chassagne, tué par balle, non résolu.

"Maurice Berthelot, retrouvé noyé, non résolu.

"Pierre Pathaud, étranglé avec une chaussette."

C'est possible, ça ?

Ah oui, avec une chaussette de ski.

"Philippe Rozès, poignardé, non résolu."

Pas de jeune femme. Aucune vedette de cinéma.

Bonne nouvelle. Mylène Demongeot est toujours vivante !

"Je demande donc la démission de Mme Dravignan" !

C'est dégueulasse !

S'il avait affaire à un homme, il ferait dans son froc.

Mylène Demongeot ! Mais oui !

Qu'avez-vous ? Marlène ?

Voilà !

C'est quoi, ça ?

Une jeune femme, avec un accent des pays de l'Est,

est venue signaler la disparition d'Olga Semirov, c'est son nom.

Oui et quel rapport avec Mylène Demongeot ?

- Sa coupe de cheveux. - Exactement. C'est ça. Merci.

C'est peut-être elle, la vedette dont parle Luisa !

On se calme, là. Continuez, Marlène.

Ce matin, j'ai trouvé ici une femme avec un accent des pays de l'Est.

Son nom : Svetlana Navratil.

Sa copine, Olga Semirov, disparue depuis 2 semaines.

Elles ont fui leur pays il y a un an et demi

en passant le mur de fer, au péril de leur vie.

C'est Rideau de fer, Marlène.

Ah bon, vous êtes sûr ?

Oui, assez. Rien d'autre ?

Si. Olga voulait devenir mannequin.

La voilà, la vedette !

- Oui ? - Quelqu'un pour vous.

Un certain M. Milou. Il s'accuse du meurtre de la petite Luisa.

Mme Ortega a formellement reconnu ce collier.

C'est celui de sa fille, Luisa.

Que faisait-il chez vous ?

Luisa vous baladait avec ses histoires.

Vous la détestiez, toujours à se moquer de vous.

Ton père est un Indien, t'es un nazi,

et ta mère, la chèvre de M. Seguin. T'as du jus dans le crâne !

La goutte d'eau...

Le mot de trop, et hop, la tête dans la bassine !

Ni vu ni connu.

Monsieur Milou, c'est votre vrai nom ?

Mon papa m'appelait comme ça pour que je me sente important.

Juste une question, monsieur Milou.

Avez-vous déjà eu envie de tuer Luisa ?

Oui, bien sûr. Plein de fois... Plein de fois...

Avoir envie de tuer et le faire sont 2 choses différentes.

Moi, par exemple, j'ai toujours envie de tuer Mlle Avril, ici présente.

C'est moi.

Mais je ne le fais pas car ça ne se fait pas. Vous comprenez ?

- Il est barbouillé de maquillage. - Oui, merci.

Monsieur Milou.

Pourquoi êtes-vous maquillé de la sorte ?

C'est la copine de Benoît.

Benoît, c'est un bon pote à moi.

- Un bon pote ? - Ouais.

Un bon pote.

Je tiens à renouveler nos condoléances à la maman de Luisa,

et je remercie les services de police qui ont pu parvenir aussi vite

à l'arrestation de l'assassin.

Arrêtez votre langue de bois.

Vous savez que M. Milou n'a pas toute sa tête.

Milou a avoué son crime

et on sait que Luisa le martyrisait.

Que voulez-vous de plus ? Qu'il tue un autre enfant ?

C'est très beau, Xavier.

Plus beau que ce que j'avais imaginé.

Merci.

J'ai creusé... l'idée d'impureté.

Qu'est-ce que c'est ?

On peut se parler ?

Le conseil est terminé, non ?

Je vous écoute.

J'ai des éléments prouvant que les comptes de la mairie sont truqués

pour financer certaines dépenses non conformes.

C'est tout ?

- Renoncez à un nouveau mandat ou... - Vous me menacez ?

C'est donnant, donnant, Catherine. Laissez-moi la mairie et je...

Portez l'affaire devant les tribunaux.

On verra lequel des deux est le falsificateur.

Très bien. Très bien.

Donc nous réglerons ça dans les urnes.

Dr Petit, mon mari vous l'avait dit, et je vous le dis à nouveau,

vous ne serez jamais maire de Steenwerck.

Pas sûr, surtout depuis l'assassinat de Luisa.

Comme argument électoral, on a vu mieux.

Bonjour.

Y a quelqu'un ?

Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

Je te reconnais.

Je t'ai vue à l'école le jour de la mort de Luisa.

- T'es de la police ? - Euh... Je suis journaliste.

Je viens interviewer Xavier Tremens.

Je peux te dire plein de trucs sur lui, si tu veux.

Et Luisa, tu la connaissais bien aussi ?

Qui aurait pu lui en vouloir ?

Il est mon mentor. Grâce à lui, je serai une artiste.

Mentor, M-E-N-T-O-R, tu notes pas ?

Non, c'est bon.

Xavier dit que notre relation est dénuée de libido.

J'aime bien ce mot, pourtant.

Lib... ido. Et toi ?

Oui, j'aime bien aussi.

Maman le trouve puant.

Elle comprend rien à ma vie, elle voit pas...

la dimension cosmique des êtres.

Et toi, tu la vois ?

Quand je dessine, oui.

Si je faisais ton portrait,

t'apprendrais des choses sur toi que tu ignores.

Cette femme, tu la connais ?

C'est moi, en fait, que vous venez interviewer ?

Pas du tout.

Bonjour !

Alice Avril. Comme le mois d'avril.

Je viens pour l'interview, on vous a prévenu ?

- On s'est croisés... - Je me souviens bien.

Un minois pareil !

Tiens, c'est qui, cette déesse ? Une amie à toi ?

- Vous la connaissez ? - Non, qui c'est ?

Une amie. Elle a disparu, alors...

Une telle beauté n'est jamais perdue pour tout le monde. Une seconde ?

Bien sûr.

J'en suis là.

Je vois que t'as bien avancé, c'est bien.

Allez, je file.

Sinon maman va encore me faire tout un pataquès.

À mercredi.

- Je compte sur toi, hein ? - Oui.

Miranda a un don très rare.

Elle voit les choses derrière les choses.

Elle a encore besoin d'être guidée.

Le génie est fragile à cet âge-là, c'est un brin d'herbe.

Un moindre faux pas pourrait le faucher à jamais.

- Que puis-je pour vous ? - Euh... tout.

Enfin... pas du tout.

Vous faites quoi, Marlène ?

Laissez-vous faire.

C'est ma grand-mère qui m'a appris.

Vous croyez que ce M. Milou a pu noyer Luisa ?

C'est possible.

Les débiles comme lui, on sait jamais ce qu'ils ont en tête.

Et vous, vous pensez quoi ?

Non, moi, je ne sais plus quoi penser.

Quand on ne voit pas le visage des gens, on ne sait pas.

Et moi ?

Est-ce que ça vous est déjà arrivé, de savoir ce que j'ai en tête ?

Vous, c'est différent.

Vous êtes un livre ouvert, une cigarette sans filtre.

Sans filtre ?

Infiltration. À l'américaine.

Vous avez du bagout. Servez-vous-en.

Pourquoi Benoît a mis dans la tête de M. Milou qu'il avait tué Luisa ?

Glanez des infos. "Glaner", vous connaissez ? 2 syllabes.

Bien évidemment. Je connais que ça. J'adore.

Bien. Infiltrez la bande,

Marlène et moi, on reste en couverture.

Dans l'autre sens.

Marlène !

Les jumelles, dans l'autre sens.

J'ai le trac.

Ça va bien se passer.

C'est une sacrée aventure quand même, hein ?

Celle-là, laisse-la !

Juste une dernière. Voilà.

Tu vas être super !

Laurence, passez-moi un clope.

Ça vous écorcherait, de dire s'il vous plaît ?

Donnez-moi ça. Merci.

Hein ? Quoi ?

Oui.

Vous allez voir le bidule.

Alors...

Il y a 2 filles.

Il y en a une qui est frisée,

avec une marinière et un foulard orange.

Elle a des Creepers aux pieds ! Ma tante m'en avait offert

il y a 10 ans.

Elles étaient deux tailles trop grandes...

Oui, Marlène !

Oui.

Ça y est, elle leur dit bonjour.

Je crois que le chef,

c'est le rouquin.

On va faire les trophées de la semaine.

Les trophées de la semaine !

Chacun ramène un trophée, un truc de dingue, original.

Elle a compris.

Bon. Qui commence ? Tu veux, toi ? Vas-y.

Alors ?

Ça, c'est de la prise. Bravo. Sylvie, t'as un truc ?

Ouais.

Une mèche de cheveux de Mme Freulard !

Toi, t'as quelque chose à nous montrer ?

Alice farfouille dans...

sa chemise.

- Elle enlève son soutien-gorge. - Ah, parce qu'elle en porte ?

Allez, vos gueules, vos gueules.

Maintenant, c'est le clou du spectacle.

Une pomme ?

C'est pas n'importe quelle pomme !

Cette pomme, c'est celle que Luisa Ortega a mordue en mourant.

Oh !

Bravo ! Respect !

Bon. Qu'est-ce qu'ils font, là ?

Le chef mange une pomme verte.

Ah ! Il mange une pomme !

- Et passez la seconde, au moins ! - La seconde quoi ?

Infiltration à l'américaine !

Définition :

mener l'enquête en n'y voyant que couic !

Je vais vomir.

- Arrêtez-vous ! - Je m'arrête ou j'accélère ?

Stop !

Oh non !

Non, non, pas la banquette !

Pas sur la banquette...

Il y a quelqu'un ?

Il y a quelqu'un ?

Vous avez l'argent ?

C'est pas ce qu'on avait dit.

J'en veux plus, moi.

Sinon, je dis tout aux flics.

Ça ira pour cette fois.

Tu connais la guillotine ?

En général, ça se passe à l'aube.

On te donne une dernière cigarette et un verre d'alcool.

Pour les mineurs comme toi, ils sont gentils.

Ce serait plutôt... chocolat chaud,

tartines et confiture.

Ensuite, on pose sa tête sous la machine,

une sorte de fil à couper le beurre géant.

Et hop ! Schlack !

Coupé en deux.

Les racistes comme toi,

ça finit à la guillotine.

Si ça ne tenait qu'à moi, c'est pas la tête que je te couperais.

Mais à mon avis, t'en as pas.

Vous voulez vérifier ?

T'as bien déconné avec la petite Luisa.

"La sale espingouine", comme vous dites.

T'as voulu lui faire peur, elle est morte. Une sorte d'accident.

Et tu as saoulé Milou en lui fourrant dans la tête qu'il l'avait tuée.

J'y étais même pas, à votre kermesse.

Et la pomme, je l'ai cueillie sur le pommier de ma grand-mère.

Je vous comprends pas.

L'autre dingue de Milou est nickel en tueur de gamine, non ?

C'est lui qui l'a tuée. Et vous, vous devriez me remercier.

Alors, commissaire, vous me donnez ma médaille ?

Fous-moi le camp.

T'as compris ? Fous-moi le camp !

Toujours les mêmes cauchemars récurrents ?

Toujours.

C'est signe que ça travaille. Rien de nouveau, pas de lésion.

Vos yeux sont en parfait état.

Seul un choc psychologique pourrait vous rendre la vue.

Comme quoi ?

- Une grande émotion, par exemple. - Par exemple ?

Un coup de foudre. Une révélation. Ou une grande peur.

D'une manière générale,

il est très mauvais de garder ses émotions pour soi.

Au mieux, on fait une névrose...

- Vous me trouvez névrosé ? - Pas qu'un peu.

Non mais... Vous vous croyez où, Avril ?

Dans votre taudis ?

Si Sa Seigneurie veut se donner la peine.

Merci.

Entrez.

Enlevez-lui les menottes.

- Vous êtes sûr, commissaire ? - Enlevez-lui !

Merci, vous pouvez sortir.

M. Milou, vous êtes libre.

Je l'ai pas tuée, alors ?

Non. Vous ne l'avez pas tuée.

Vous êtes devenu complètement irresponsable ?

On a retrouvé le collier de la petite sur lui. Il a avoué !

Je vous préviens.

Si ce dingue remet ça,

je vous tiendrai personnellement responsable du carnage.

Et retirez ces lunettes de soleil, vous commencez à être ridicule !

"Personne ne comprend la décision.

"Les motivations restent incompréhensibles

"même pour la hiérarchie,

"qui n'a pas voulu..."

C'est assez incompréhensible, quand on y pense.

"L'enquête reprend donc à zéro, et d'après nos sources..."

Stop.

Vous avez marché sur quoi ?

Faites un pas en arrière.

Encore un.

Là ! Qui a marché sur quelque chose ?

Oh, oh ! Quelqu'un me répond ?

Moi. Je marche sur...

- C'est moi qui ai cassé un verre. - Chut ! Taisez-vous !

De minuscules morceaux de verre brisé.

- Et alors ? - "Et alors ?"

Quelqu'un a cassé quelque chose tout près de la classe

où Luisa a été noyée.

Traces de lutte, indice laissé par le tueur.

C'est une piste.

Marlène, convoquez l'institutrice.

Oui.

Vous n'aviez pas remarqué les bouts de verre dans le couloir ?

Non, j'avais pas remarqué.

Et ça prétend être reporter !

Tu vois, par exemple, cette silhouette ?

En moins de 2 traits, ici, là, j'ai suggéré le mouvement.

La magie du mouvement.

C'est cette magie que tu dois rechercher inlassablement, Miranda.

Allez, file, c'est l'heure.

- Je peux rester un peu ? - Non.

- Je suis bien avec toi. - Garde-les, si tu veux.

- Si maman les trouve ? - Elle les trouvera pas.

Tu es toujours d'accord pour qu'on ait des secrets ?

On est comme les doigts de la main, d'accord ?

- Comme les doigts de la main. - À la bonne heure.

Merci d'être venue. Asseyez-vous, madame.

Des bouts de verre dans le couloir, près de la classe du meurtre.

Vous avez une explication ?

Une explication très simple, commissaire. Un vase cassé.

Ah ?

Et ça s'est produit quand ? Pendant la kermesse ?

Au goûter. Mme Dravignan a laissé échapper un vase de ses mains.

Je me souviens d'un détail, peut-être anodin mais...

Mme le maire a sursauté.

Et je me suis dit que c'était pour ça qu'elle avait lâché le vase.

Elle a pu voir quelque chose.

Ou quelqu'un.

Et cette femme, vous la connaissez ?

Non.

Je ne connais pas cette demoiselle.

Elle la connaît, je l'ai vu dans ses yeux.

Ça a duré deux secondes, mais je l'ai vu.

Vous m'écoutez ?

- On va où ? - Allez !

- Vous êtes muet aussi ? - Vous parlez trop.

Bonjour !

Ben, il n'y a personne.

1, 2, 3,

4, 5, 6...

Fauteuil.

Merci, Avril. Vous pouvez aller m'attendre dehors.

Vous êtes sûr ?

Qu'est-ce qui vous amène, commissaire ?

Un événement dont vous avez oublié de me parler.

Lequel ?

Il a eu lieu avant la découverte du corps de Luisa.

- Je ne vois pas. - Vraiment ?

Si je vous dis "fleurs" ? "Vase" ?

Ça vous rafraîchit la mémoire ?

Ah oui, je me souviens maintenant.

Je changeais un vase de place, lorsqu'il m'a glissé des mains.

Mme Arial vous le confirmera. Elle m'a aidée à nettoyer.

Pourquoi ce vase vous a-t-il glissé des mains ?

Vous avez sursauté.

Quelque chose vous a surpris ?

Vous avez vu quelqu'un ?

L'assassin, par exemple ? J'aurais vu l'assassin ?

Non, je n'ai rien vu, commissaire. Et vous ?

Vous avez vu quelque chose ?

Qu'est-ce vous voyez là, par exemple ?

Une feuille de chou.

Bien vu, commissaire. La une de demain, on vient de me l'apporter.

Avec votre photo.

Très seyant avec vos lunettes.

"Scandale dans l'affaire du meurtre de la petite Luisa.

"Un commissaire de police aveugle dirige l'enquête.

"Que penser d'un commissaire

"qui fait passer sa carrière avant la protection des enfants ?"

C'est un irresponsable. Ou un fou, non ?

Qu'est-ce que vous en pensez, commissaire ? Ou les deux ?

Si on devait croire tout ce que la presse raconte...

Merci pour votre accueil.

Comptez sur moi pour faire votre publicité, commissaire.

Je vous jure que c'est pas moi qui ai balancé.

Ça va remonter très haut, cette histoire, croyez-moi !

Il y a de la révocation dans l'air.

Vous me décevez, Marlène.

Comment vous avez pu couvrir cette ânerie !

Vous lui direz que je reprends l'enquête en personne.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Comment il a pu berner son monde comme ça ?

Laurence ! J'ai pas vendu la mèche.

J'y suis pour rien.

Laissez-moi une chance de m'expliquer. Question d'honneur.

Ouvrez-moi !

Seul un choc psychologique pourrait vous rendre la vue.

Une grande émotion...

Une révélation ou une grande peur.

Avril !

Avril ! Avril, vous êtes encore là ?

Avril !

Avril...

Mais bon sang, Avril, levez-vous.

- Allez, on y va. - Hein ? Où ça ?

Vous vous arrêterez après l'église.

Ah bon ? On va faire quoi là-bas ?

Déposer un cierge ?

Bien. Arrêtez-vous !

Maintenant, faites exactement ce que je vais vous dire.

OK. Quoi ?

Promettez-moi.

Oui.

Promis, juré.

Bien. Sortez de la voiture et allez sur le bas-côté.

- Quoi ? - Faites ce que je vous dis.

Bien !

Maintenant vous fermez les yeux et vous comptez jusqu'à 100.

- C'est quoi, cette histoire de fou ? - Vous avez promis.

1, 2, 3, 4,

5, 6, 7, 8,

9, 10, 11, 12, 13,

14, 15, 16, 17, 18, 19...

Vous faites quoi, Laurence ?

Laurence !

Oui !

Ça va ?

C'est bien la 1re fois que je suis content de vous voir.

Vous, c'est la dernière fois que vous me faites ça.

Hein ?

Si j'attrape cet enfant de salaud...

Ah, ah, Tricard. Oui, toujours le même savon bon marché.

Que faites-vous là ?

M. le divisionnaire. On a trouvé ça dans la chambre du jeune.

Hop !

Enfin vous êtes...? Vous n'êtes pas...?

Pas quoi ?

Je ne comprends pas. J'avais l'impression...

Ne croyez pas tout ce que dit la presse.

Cet argent est la preuve d'un chantage qui a mal tourné.

Pablo Ortega a fait chanter l'assassin de sa soeur.

L'assassin que vous avez relâché !

Et voilà le résultat.

Ce dingue de Milou peut tuer un 3e enfant !

Vous avez 24 h pour mettre la main dessus. Compris ?

C'est si gentiment demandé.

- On fait quoi, là ? - Je ne sais pas.

Le courrier du coeur, du tricot, un peu de ménage ?

- Moi, j'ai un assassin à trouver. - Pas sans moi.

Je vais me gêner !

Vous me réservez au moins l'exclusivité ?

Vous m'oubliez, Avril.

Deux mots. M'oublier.

C'est joli ce que vous portez, Marlène. C'est nouveau ?

Merci. C'est une ancienne jupe que ma mère a raccourcie...

Excellente initiative.

Ah !

Vous n'êtes plus... Vous n'êtes plus...

Je dois m'asseoir, trop d'émotion !

Pas encore. Trouvez-moi les photos de tout le monde.

On va se rafraîchir la mémoire. Si vous voyez ce que je veux dire.

- Et Marlène, faites attention. - Quoi ?

Je vous ai à l'oeil.

Ah oui !

M. Milou ?

Milou ?

M. Milou ?

M. Milou ?

C'est toi, Milou ?

Faut pas me faire des peurs pareilles.

Ils me cherchent partout, on me croit coupable.

Je sais. Allez, viens.

Je vais te trouver une meilleure cachette.

Ça fait du bien, de mettre enfin des visages sur tous ces noms.

Vous ne m'aviez pas dit qu'elle était aussi jolie.

Tu es passée où, toi ?

Elle a peut-être déjà passé la frontière.

Quoi ?

Je disais si ça se trouve, elle a déjà passé la frontière !

C'est ce que vous allez faire !

Quoi ? Passer la frontière ?

Mais non, Marlène. Vérifier qu'Olga a bien passé la frontière.

Oui ? Du nouveau ?

Vous aviez raison. Pablo a été vu au dispensaire du Dr Petit.

- Trois témoins le confirment. - Merci.

Je vais rendre visite à ce bon docteur Petit.

Il a forcément croisé la route de cette charmante immigrée.

C'est à qui ? Ah oui, à vous. Venez, madame.

Excusez-moi, j'en ai pour 2 minutes.

Alors, madame ? Qu'est-ce qui...

Sortez, s'il vous plaît, j'ai des gens à soigner.

Pablo, le frère de Luisa, vous l'avez croisé récemment ?

On vous a vus vous disputer.

Il parlait mal à sa mère, j'ai dû intervenir.

Et Olga Semirov, ça vous parle ?

Je vous répondrai après ma consultation. Sortez.

Olga est une amie de Svetlana.

On a reçu les résultats du petit Giovanni... Pardon.

Commissaire Laurence.

Dr Petit.

Il y a un problème, chéri ?

Geneviève, ma femme.

Le commissaire cherche une certaine Olga.

Je lui disais que c'était un peu une tour de Babel, ici.

- Si vous saviez le nombre... - Je m'en souviens.

Olga Semirov et Svetlana Navratil, son amie.

Elles sont arrivées ici fin 57, début 58.

On leur a trouvé du travail et où loger.

Elles doivent voler de leurs propres ailes, maintenant.

C'est elle ?

Oui.

Oui. Je m'en souviens maintenant.

Elles arrivaient de Tchécoslovaquie, c'est bien ça ?

Ça va ? Alors ?

- Bien installées chez Mme Cabaret ? - Elle est très gentille avec nous.

Si vous avez besoin de quoi que ce soit...

Venez, je vous en prie.

C'est un ange, hein, Mme Cabaret ?

Pardon.

Ah, excusez-moi.

Bonsoir.

- Vous n'êtes pas seul ? - Qu'y a-t-il ?

Les douanes ont rappelé.

Et Olga Semirov n'a pas été signalée aux frontières.

Elle est toujours en France.

C'est une très bonne nouvelle.

Ou plutôt très mauvaise.

Demandez-leur aussi pour Svetlana. Elle aussi semble avoir disparu.

Le Dr Petit nous cache des choses.

- Bien ! Bonsoir, Marlène. - Bonsoir.

Elle a raison, Miranda, vous êtes...

"prespicace".

Perspicace.

C'est pas faux.

Échec.

J'ai pris l'habitude de fouiller dans les affaires de mon mari.

Je l'avoue, c'est uniquement par jalousie.

Car mon mari a pris l'habitude...

d'entretenir des relations coupables

avec certaines de nos protégées. Les plus jolies, bien sûr.

Jusqu'à présent, je fermais les yeux,

mais mon mari a eu...

la mauvaise idée de tomber amoureux, et ça, je ne pouvais pas le tolérer.

Et puis, vous connaissez ce mystérieux principe, commissaire.

On cherche une chose et puis... on en trouve une autre.

C'est bien cela que vous cherchiez, monsieur Laurence ?

Le devoir de la petite Luisa.

C'est intolérable. Pas d'appel d'offre !

Une dépense énorme pour la commune !

Ce projet artistique n'a pas sa place dans notre ville.

Alors je demande que le projet de M. Tremens soit abandonné.

Merci, M. Petit. D'autres objections ?

Nous allons procéder au vote.

Qui est pour le projet de M. Tremens ?

Veuillez m'excuser, j'ai un mandat d'arrêt du procureur.

Je vous demande de me suivre, monsieur.

Vous êtes accusé des meurtres de Luisa et Pablo Ortega.

Quoi ?

- Madame le maire. - Monsieur le commissaire.

"La police accuse le Dr Petit d'avoir tué sa maîtresse

"et d'en avoir fait disparaître le corps..."

"Une question demeure. Où est le corps d'Olga Semirov ?"

C'est qui ?

Allez vous faire voir, Laurence.

C'est moi qui aurais dû écrire cet article.

Vos excuses, vous savez où vous les mettre ?

Oui. Je vois à peu près.

Merci pour cet article très élogieux.

Je ne suis pas sûr de mériter tous ces lauriers.

C'est moi qui vous remercie.

On n'a pas toujours la chance de faire le portrait d'un artiste

de votre crampe.

Euh, trempe !

Trempe.

Vous êtes ravissante, ce soir.

Vous avez fait quoi, à vos cheveux ?

Mes cheveux ?

Un shampoing.

- Bien. Je vous laisse, alors. - Non, attendez. Revenez.

- Je peux ? - Oui, je vous en prie.

Excusez-moi pour le désordre, je n'attendais personne alors...

Ah, c'est... c'est très cosy.

Oui.

Outre qu'il m'a flatté, votre article est excellent.

Je sais reconnaître le talent.

Je vous prédis un grand avenir dans le journalisme.

Si les petits cochons ne me mangent pas.

Vous voulez boire quelque chose ?

Il me reste... de la soupe. J'ai du lait !

Si nous allions dîner dehors pour fêter ça ?

- Il faut que je me change. - Vous êtes parfaite comme ça.

Vous trouvez ?

Quelle conne, "vous trouvez ?"

Voilà !

Échec et mat.

On fait la revanche ?

Non, merci, pas ce soir. Vous êtes trop fort pour moi.

C'est qu'il y en a, là-dedans !

Merci.

C'est encore plus beau, la nuit.

Vous devez travailler la nuit, j'imagine.

Ça doit être magique.

J'aime bien la nuit.

Avec juste un quartier de lune.

"Ils étaient deux grandes personnes à se disputer,

"comme des chiffonniers, dit toujours ma mère.

"La vedette et deux autres."

"J'ai entendu les autres qui disaient :

"Où cacher le corps ? Ils étaient bien énervés.

"Où cacher le cadavre d'une vedette de cinéma ?

"Ils ont dit que la bonne cachette se trouve là où elle se voit,

"comme le nez au milieu de la figure."

Comme le nez au milieu de la figure.

Ah, je t'ai réveillé ?

J'avais soif.

T'as fouillé ?

- Quoi ? - T'as fouillé.

Hein ?

T'es flic, c'est ça ?

Tu crois me faire peur avec ta dégaine ?

Tu m'as prise pour une dinde ?

- Elle est où ? - Tu poses trop de questions.

Si on parlait de Miranda ?

Quoi, Miranda ?

Je vais y aller. J'ai les joues qui chauffent.

Tu me touches, t'es mort.

C'est qu'il y en a, là-dedans !

Milou ?

Allez, viens. On y va.

Xavier ?

Xavier, t'es là ?

Xavier, c'est moi, Miranda.

Xavier ?

C'est bien que tu sois là.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien, ma chérie, tout va bien.

Viens.

Ça va aller.

Ça va aller.

Qu'est-ce que vous faites, Laurence ?

Je vous ordonne d'arrêter ce cirque, tout de suite !

Vous m'entendez ?

- Pages ! - Oui, commissaire ?

Emmenez-moi ça.

"Où trouvez-vous l'inspiration ? Dans plein d'endroits.

"Il y en a un que j'affectionne, c'est le lieu de La Mare, à Goriot."

La Mare, Goriot...

Je connais la route, moi.

Ils sont où ?

Bon sang, Milou, ils sont où ?

Par là !

Miranda ?

Miranda ! Miranda !

Miranda.

Ça va, ça va. C'est moi.

Regarde-moi, ça va.

Mais vas-y !

Mais tire, espèce de malade !

Sors.

Ça va mieux ?

Vous pouvez me laisser seul avec elle, s'il vous plaît ?

Juste quelques minutes.

Tu sais, Miranda,

je pourrais t'inculper de non-dénonciation de malfaiteur.

Mais je ne le ferai pas.

Pourquoi tu n'as pas dénoncé Xavier Tremens ?

C'était au-dessus de tes forces, n'est-ce pas ?

C'était comme dénoncer tes parents.

Mais en racontant tout à Luisa, tu as soulagé ta conscience.

Tu savais qu'elle en ferait quelque chose, de ton histoire.

Et ça n'a pas manqué.

Elle s'est empressée de broder, comme toujours,

pour épater la galerie.

Elle a même rajouté le détail qui tue.

"La victime était une vedette de cinéma."

Une bonne histoire, on y croit toujours.

Seulement, il y a une personne qui va y croire dur comme fer.

Son assassin.

Et ça, tu ne l'avais pas prévu.

C'est bon, faites-les entrer.

Avril.

Tout est vrai dans cette copie.

Une seule chose diffère.

Dans la réalité, il y a 2 assassins. Tremens

et un mystérieux complice que Miranda n'a pas pu voir.

Était-ce vous, Dr Petit ?

Un soir, vous dînez au restaurant avec votre maîtresse,

la regrettée Olga.

Ce jour-là, vous croisez Tremens,

il la séduit et l'engage comme modèle,

ou l'inverse, peu importe,

puisqu'Olga vous quitte pour lui.

La jalousie...

Un mobile inusable. N'est-ce pas, Mme Arial ?

Vous êtes la première à avoir lu le devoir de la petite Luisa.

C'est vous qui la retrouvez morte.

Vous aussi qui, la première, réclamez le devoir à Mme Ortega.

Ça fait beaucoup de premières fois, non ?

Vous connaissiez les rapports ambigus que Miranda entretenait

avec M. Tremens.

Vous étiez prête à tout pour la sortir de ses griffes.

C'est plausible.

Et tout ce qui est plausible est envisageable.

N'est-ce pas, jeune homme ?

Mais le jour du meurtre, la kermesse est noire de monde.

Le meurtrier peut être n'importe lequel d'entre vous.

Je suis dans l'impasse.

Jusqu'au jour où... encore vous, Mme Arial,

venez porter à ma connaissance un détail qui nous avait échappé.

L'épisode du vase cassé.

Quelque chose vous a fait sursauter et vous l'avez lâché.

Quand je vous interroge à ce sujet, vous niez avoir vu quoi que ce soit.

Pourtant, Mme Arial est très convaincante.

J'en conclus que vous avez bien vu quelque chose ou quelqu'un.

Le meurtrier ?

Xavier Tremens ?

C'est vrai, pourquoi mentez-vous ?

Pour couvrir l'assassin. Mais pourquoi ?

Probablement parce que c'est mon amant, mademoiselle.

Effectivement. Xavier Tremens est bien votre amant.

On a retrouvé vos lettres enflammées.

Mais vous n'êtes qu'une de ses maîtresses.

"Mordre la pomme."

Toute cette histoire tourne autour de ça, mordre la pomme.

Quand vous avez vu Tremens la 1re fois,

vous êtes tombée folle amoureuse et vous avez mordu la pomme.

Comme d'autres ici.

- Ce n'est pas un crime ? - Non, ce n'est pas un crime.

Encore que...

C'est magnifique, Xavier, vraiment.

Quelle imagination !

Le talent est un mystère, n'est-ce pas ?

Et le plus étrange,

c'est que ça vous ressemble.

Étrange ?

Je dois prendre ça pour un compliment ?

Prenez-le comme vous voudrez.

Le champ était libre.

Tremens pouvait, grâce à l'argent, assouvir sa soif de reconnaissance.

Problème,

cette soif se double d'un besoin de séduire toutes les femmes.

Donjuanisme pathologique.

Il manipule ses conquêtes comme un marionnettiste de génie.

Revenons à l'histoire du vase.

La petite Luisa a dû se débattre et donc éclabousser son assaillant,

avant de mourir.

Et là, tout s'éclaire.

Les enfants, au goûter !

J'en suis maintenant persuadé, vous n'avez vu personne.

Vous avez juste cassé le vase pour justifier votre costume mouillé.

Et vous l'avez fait pour une simple et unique raison.

Tu peux pas me faire ça ! T'as pas le droit !

Qu'est-ce que tu fais ? T'es qui, toi ? D'où tu sors ?

Il est à moi ! Qui t'es, toi ?

Mais enfin !

Belle démonstration, mais vous n'avez aucune preuve.

M. Milou, on vous écoute.

Dites-leur ce que vous m'avez raconté l'autre soir.

Le matin de la kermesse, je passais la serpillière et...

Madame ! Luisa a raconté qu'elle a vu un meurtre.

Un meurtre ?

Oui, madame.

Donnant, donnant.

Tremens se débarrasse du corps d'Olga,

vous noyez la petite Luisa, persuadée qu'elle va parler.

Tremens se charge de Pablo.

Après sa mort, rien de plus facile que de cacher le devoir

au dispensaire du Dr Petit,

pour brouiller les pistes.

Du grand art, madame le maire.

Enfin... grand.

J'aurais pu tout gagner, et j'ai tout perdu.

C'est moi qui ai tué votre petite Luisa.

J'en suis profondément meurtrie.

Je l'ai fait par amour.

Ce n'est pas une excuse envisageable,

mais c'est la seule que j'aie à donner.

Mme Dravignan ! Pour La voix du Nord...

Qu'avez-vous à dire pour votre défense ?

S'il vous plaît.

Vous avez des regrets ? On peut vraiment tuer par amour ?

C'est ce que vous avez fait ?

Hé, les gars ! Ne vous fatiguez pas, j'ai tout là-dedans.

Bonne journée.

- D'où elle sort, celle-là ? - J'en sais rien.

Elles ont toutes mordu la pomme, c'est ça ?

À part vous, Marlène. À part vous.

Oui, mais moi, les pommes...

Ah !

Oui ?

C'est bien ça.

Très bien, je le préviens. Ce sont les douanes.

Svetlana Navratil a passé la frontière.

Elle a bien fait.

Un crime ? À Gravelines ?

Cette fois-ci, pas un mot à Avril, hein ?

Non.

Non, c'est pas possible !

Avril, non !

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