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... derrière le bus.
Nous, on est contre l'ouverture
de cette déchetterie nucléaire à Scanzano.
On est donc là...
Ca s'est passé à Scanzano Jonico,
le 23 novembre 2003.
Les habitants de Lucano s'étaient unis
et avaient gagné.
Deux choses qu'on voit rarement.
On se bat pour l'avenir de nos enfants.
On veut la vérité !
Les déchets nucléaires
de catégorie B et C disparaissent au bout de 20 000
et 150 000 ans !
On veut pas les avoir sous nos pieds,
sous nos terres !
On veut pas de tumeurs !
On veut pas de malformations !
Don Mariano, qui nous honore de sa présence,
était le héros de ce moment historique,
quand la Basilicate a refusé
qu'on enterre des déchets dans notre sol
et qu'on fasse de nous la poubelle de l'Europe.
Vous vous rendez compte
de la richesse de notre région ?
Pythagore enseignait tout près d'ici, à Métaponte.
L'histoire, c'est notre carte d'identité.
Elle nous permet de savoir qui nous sommes
et d'avancer avec assurance.
J'ai une question pour Don Mariano ?
Je t'en prie.
Est-ce qu'ils pourraient revenir pour mettre leurs déchets ici ?
Excellente question.
Tout dépendra de vous et de votre envie de vous battre.
En 2003, la menace venait du gouvernement
qui voulait empoisonner nos terres.
On ignore de quoi demain sera fait.
N'oubliez jamais que quand il y a de l'argent en jeu,
certains perdent la tête
et n'ont plus aucun scrupule.
Bonjour, Taccardi.
Festa Nunzio, né à Nova Siri, âgé de 22 ans.
Il les a fêtés hier.
- Qui a trouvé le corps ? - Un camionneur.
Il est avec le maréchal La Macchia.
Il est en train de l'asticoter.
- Mais j'ai rien fait, Maréchal. - Oui, j'ai compris.
Mais tu vas rester ici et répondre à la dame.
C'est tout !
Si tu l'ouvres encore, je t'arrête et je te menotte.
On a passé une mauvaise nuit, La Macchia ?
Mme Tataranni, je vous avais pas vue.
- Quand avez-vous trouvé le corps ? - Ce matin, à 7h.
Je m'étais arrêté uriner.
J'ai appelé les carabiniers.
Je savais pas que ce serait si long.
Ma marchandise va pourrir. Qui va me la payer ?
- Votre adresse ? - Je l'ai donnée.
Alors allez-y.
Merci, madame.
Comme vous avez dû le voir,
ce qui s'est passé ici est évident.
Suivez-moi.
Savez-vous ce que c'est ?
Le tampon de la discothèque Magna Grecia.
Vous le saviez, alors.
J'ai envoyé 2 hommes mener l'enquête là-bas.
Vous savez ce qu'ils ont découvert ?
Ce Festa s'est battu là-bas avec quelqu'un, hier.
Les jeunes d'aujourd'hui,
ils boivent et se droguent tous.
Le meurtrier l'a attendu ici, devant chez lui,
et lui a fait sa fiesta au Festa.
Vous en dites quoi, Taccardi ?
Pas grand-chose,
si ce n'est que la mort remonte à 5h au maximum.
Il était mort avant d'arriver là.
On ne l'a donc pas tué ici.
Il vit dans le coin ?
Oui, au bout de cette rue.
Allons-y.
La mère de Nunzio est tombée malade quand il était petit.
Sa maladie a duré longtemps.
Je me suis retrouvé avec le petit à élever.
J'étais pas prêt.
J'ai fait ce que j'ai pu.
Je sais que j'aurais pu faire mieux.
Je sais que j'aurais pu faire beaucoup mieux.
Son absence, ce matin, ne vous a pas inquiétés ?
Il rentrait souvent tard.
Parfois, il dormait même pas à la maison.
Vous avez rien remarqué d'étrange, dernièrement ?
Il était tendu ? Il s'était disputé avec quelqu'un ?
J'aimerais jeter un oeil à la chambre de Nunzio.
Suivez-moi.
Je suis désolée pour le bazar.
Ne vous inquiétez pas, j'ai l'habitude.
Il avait pas de vêtements chics à part ceux qu'il portait.
Votre beau-fils était étudiant ?
Il travaillait ?
Il a eu des rentrées d'argent
ou est-ce que ses vêtements
étaient un cadeau de son père ?
C'était des fringues de marque.
Mon mari n'est pas très vêtements de marque.
Et elle, c'est qui ?
Milena, sa petite copine.
Ils étaient ensemble depuis quand ?
Un an.
Ils se disputaient sans arrêt.
Mais ils s'aimaient.
Milena ?
Vous êtes qui ?
Enchantée.
Je suis la substitute du procureur, Tataranni.
Lui, c'est mon adjoint, Calogiuri. On peut entrer ?
Pour ?
Carmine ?
Nunzio.
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
J'aimerais te dire qu'il lui est rien arrivé,
mais ce serait mentir.
Je suis désolée.
Milena !
- Qu'est-ce qui se passe ? - Rien, grand-père !
Je sais que le moment est mal choisi,
mais j'ai des questions à te poser. Laisse-moi entrer.
Entrez.
Laisse-moi seule avec elle. Je vais lui parler.
Bonjour.
Bonjour.
Elle est morte de quoi, ta mère ?
D'un cancer.
Comme la mère de Nunzio.
Et comme tant d'autres dans la région.
Cette nuit, t'étais au Magna Grecia avec Nunzio ?
Oui.
Jusqu'à quelle heure ?
Je m'en souviens plus.
Jusqu'à 2 h, environ.
Quelqu'un t'a vue rentrer ?
A une heure aussi tardive ?
Vous me voulez quoi ?
C'est pas moi qui ai tué Nunzio.
Et c'est pas Carmine.
C'est qui, Carmine ?
Mon frère.
Vous savez...
Ici, les gens adorent les ragots.
Je pensais qu'on vous avait raconté des choses.
Je sais que ton frère s'est battu avec Nunzio devant la boîte.
Tu sais pourquoi ?
Milena fait tout, ici ?
C'est ma petite-fille qui fait tout.
Sa mère est morte il y a 2 ans.
Il ne reste plus qu'elle, son frère et moi.
Et son père ?
Son père travaille en Allemagne.
Vous aimez cuisiner ?
Oui, je me débrouille.
Je vois...
Vous êtes de l'autre bord.
Pardon ?
Rien, je pensais tout haut.
Vous prenez des produits pour égayer vos soirées ?
Qui t'a fait ça ?
Tu devrais me le dire avant que je l'apprenne autrement.
Tu attends quelqu'un ?
Bon,
si je comprends bien, ta mère est décédée,
tu cuisines pour tout le monde et quelqu'un te bat.
C'était Carmine ? Pourquoi il s'est enfui ?
Madame.
Les hommes de La Macchia veulent arrêter Carmine Amoroso.
Milena.
Je suis là pour t'aider.
Je suis là pour te protéger.
Ne te laisse pas berner.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je croyais qu'on devait interroger la fille.
Moi aussi, mais on doit aller voir une autre fille.
Je lisais le livre 8
d'Ab Urbe condita de Tite-Live
quand j'ai remarqué que les filles avaient disparu.
On les a cherchées partout.
C'est comme si le musée les avait englouties !
Et leurs portables sont éteints.
Madame, ce n'est plus possible.
Quand nos filles sont ensemble, elles sont ingérables.
Bea n'avait jamais fait ça, auparavant.
C'est une fille posée, insouciante.
Trop insouciante.
Oui, elle est insouciante et c'est tant mieux.
On est jeune qu'une fois.
Quand on peut lui faire plaisir, on le fait.
Valentina et elle ont sauté de joie
quand j'ai promis d'aller... Comment s'appelle ce chanteur ?
Madame.
Quel chanteur ?
Valentina vous a rien dit ?
Oui, le chanteur ! Si, elle m'a tout dit.
- Imma Tataranni ! Quel bonheur ! - Pino !
Ca faisait un bail !
Tu pouvais pas mieux tomber.
J'apporte une bonne nouvelle.
Je vous ai dit de pas vous inquiéter.
Vous auriez pas dû alerter leurs familles.
C'est des gamines. Vous auriez dû m'appeler en premier.
J'ai tout de suite deviné où elles étaient.
Aux toilettes handicapés.
C'est bon, vous pouvez venir.
Je vous assure qu'il ne vous arrivera rien.
Je vous félicite !
Viens, ma chérie.
C'est moi qui vous félicite, professeur.
Et comme vous trouviez le cours ennuyeux,
vous avez cherché un truc plus marrant à faire !
Et vous avez trouvé votre bonheur dans les toilettes.
Je me drogue pas ! J'y ai mis les bonbons
pour qu'ils fondent pas !
Je sniffe pas la menthe.
Faut pas non plus abuser des bonbons.
Et c'est quoi, cette histoire de concert ?
- Papa m'a autorisée. - Papa t'a autorisée ?
Je sais même pas qui est le chanteur !
T'aimes la trap, toi ?
Sûrement pas.
Mais t'aurais au moins pu me dire que tu voulais aller à ce concert.
"Achille Lauro".
- C'est lui ? - Oui.
Genre tu le connais ?
Hélas, oui.
- Pourquoi "hélas" ? - C'est une longue histoire.
Il plaisait à quelqu'un... Bref, paix à son âme.
J'ai retrouvé le saxophone
que j'avais quand j'étais petit.
Je vois que ça vous fait plaisir.
- Elle me prive du concert. - Elle le mérite pas.
A ses yeux, on est tous coupables.
Pour pas être interrogée, sa copine s'est planquée dans les toilettes
et ta fille l'a suivie.
Elle a aucun élément tangible.
"Elément tangible" ? Tu veux voir les preuves ?
Non, merci, on est pas au tribunal !
Bon, elle dit vrai.
Mais la prof en a après Bea.
Elle lui aurait encore mis une sale note.
C'est pour ça que t'es allée te promener ?
On parle de Bea !
T'as jamais aidé ta meilleure amie ?
Moi ?
Tataranni.
Comment tu traduis dunamai délaios ?
Tataranni !
Mesdemoiselles !
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien.
Imma.
- Ca va ? - Oui, ça va.
J'avais pas le temps d'avoir une amie.
T'iras pas au concert d'un type qui a un nom de bateau de croisière.
Si, je vais y aller, au concert ! Dis-lui, papa !
- Pietro ! - Papa !
Qui est ce type qui a un nom de bateau de croisière ?
Laisse tomber. Fais mumuse avec ton joujou.
Voici les dossiers que tu m'as demandés.
Guarini m'a appelée pour samedi.
- Samedi ? - Samedi !
La réunion des anciens élèves de la classe A.
On va faire ça chez Guarini. Elle veut savoir si tu seras...
Calogiuri. Heureusement que tu es là.
Madame, j'ai récupéré le dossier sur Nunzio Festa.
La Macchia a appelé de Nova Siri.
Il dit qu'il a cuisiné Carmine Amoroso,
le frère de Milena.
Il l'a cuisiné ?
C'est le mot qu'il a utilisé.
Apparemment, il a avoué plein de choses.
Le maréchal avait l'air de dire qu'il allait craquer.
Il veut prolonger la garde à vue.
On verra. Je veux l'interroger moi-même.
On se cotise pour les boissons. Désolée...
On va pas arriver les mains vides. Elle nous accueille.
Je pensais à une pizza
ou à une tarte salée.
Bon, je t'inscris.
Je vous inscris, madame.
Madame, vous devriez me féliciter.
L'affaire est réglée !
Ca alors !
Ce Carmine Amoroso
est un sacré c...
Un sacré nerveux, madame.
Il a été viré de l'usine où il travaillait
parce qu'il a mis un coup de poing à son contremaître.
C'est quoi, les nouveaux éléments ?
Les éléments...
Premièrement, il a fourni un faux alibi.
Deuxièmement, le fait qu'il ait tenté de s'enfuir...
En plus, il a résisté à son arrestation.
Et c'est quoi, le mobile ?
Le mobile... Les gens n'ont plus besoin de mobile.
Il suffit qu'un type vous soit antipathique...
Si c'était le cas, j'en aurais déjà tué plein.
Mais ne vous inquiétez pas, vous êtes pas sur la liste.
Pour l'instant.
La chance.
J'ai voulu m'enfuir
parce que je ne suis pas encore en règle.
Je livre des produits hors de la région.
Saucisses, oranges... Même les oignons.
Les oignons sauvages ?
Oui, il y a un vieux qui en trouve encore.
Bien.
Donc, pour éviter une autre amende,
dès que vous avez vu les carabiniers,
vous avez pris vos jambes à votre cou.
Et pourquoi vous vous êtes battu avec Nunzio ?
C'était pour Milena.
- Il jouait au dur avec elle. - Lui ?
Moi, je suis son frère.
Il y a aussi le couteau à cran d'arrêt
que vous avez jeté lors de votre fuite
et qu'on a récupéré.
Il y avait des taches hématiques dessus. Du sang.
Oui...
Je l'ai déjà dit au maréchal.
Je l'ai jeté
parce qu'on m'aurait dit que la lame était trop longue.
Avec la réputation que j'ai...
Pourquoi vous avez été licencié ?
On m'a interdit de prendre ma pause.
Parce que j'étais arrivé en retard...
de 5 minutes, madame !
Passons à votre alibi : Adele Cammarota.
Vous avez passé la nuit chez elle ?
Oui.
Je suis arrivé chez elle à 2 h.
Pourquoi elle nous dit le contraire ?
Je me demande pourquoi.
Je me le demande.
Parce que c'est une grosse pute ! Voilà pourquoi !
N'empire pas ton cas.
On se calme.
On est pas là pour juger de la vertu de madame.
Je prolonge la garde à vue.
Comme ça, vous pourrez réfléchir.
C'est complètement injuste, madame !
Dites quelque chose, Maître !
Putain de merde ! Fait chier !
Tu iras voir cette Cammarota.
J'ai l'impression que La Macchia
aime tirer des conclusions hâtives.
D'accord.
Je dois pas "me laisser berner" ?
Par qui ?
- Madame, vous allez où ? - Voir mon frère.
Maman !
C'est toi, Immacolata ?
Brunella n'est pas avec toi ?
Elle s'appelle Valentina et elle a des devoirs.
Elle viendra demain.
Maria !
Maria !
C'est qui, cette Maria ?
Personne, maman.
Personne.
Comment ça, c'est personne ?
C'est la surveillante.
Vous me l'avez imposée
car vous avez peur que je fiche le camp !
Quand ça t'arrange, t'as bonne mémoire.
Maria !
Immacolata.
Viens.
Donne ça à Brunella.
Et fais-le discrètement.
T'as compris ?
J'ai très bien compris, maman.
Tiens.
Qu'elle puisse s'acheter des chocolats.
Elle a toujours le nez dans ses bouquins.
Comme toi, quand tu étais petite.
Dis-moi, maman. Où est passée Maria ?
Elle est sortie acheter du lait.
Du lait ?
C'est quand qu'on va voir ton père au cimetière ?
Ah, oui !
Maria a laissé ça pour toi.
Elle est partie comme ça.
J'ai à peine eu le temps de la rattraper à l'arrêt de bus.
Elle va rester quelques jours pour me rendre service,
en attendant que je trouve sa remplaçante.
Oui.
Rendez-moi service, Don Mariano.
Aidez-moi à trouver une autre infirmière à domicile.
Merci beaucoup.
Tu veux quelque chose ?
C'est pas à vous que je parlais.
Merci encore, Don Mariano.
T'es obligée d'écouter mes appels ?
- Moi ? - Oui, toi !
Je voulais te dire que Guarini m'a appelée 3 fois
pour me dire de pas faire de tartes salées.
On pourrait faire un plat plus recherché,
une entrée.
A leur âge, elles jouent encore à la dînette.
La dînette.
Si tu cherches une infirmière, je peux t'aider.
C'est ton petit doigt qui te l'a dit ?
On a reçu les examens toxicologiques.
Nunzio Festa consommait de la kétamine.
- La drogue des satanistes. - D'où tu sais ça ?
Je l'ai vu à la télé.
Je sais qu'avec une belle gueule, on peut épater la galerie !
Mais vous devriez apprendre des anciens !
C'est compris ?
La Macchia.
Pour la soirée...
Fais l'effort de te coiffer.
Entrez !
J'exige une explication.
Je gère mon territoire depuis des années
et ce petit jeune croit qu'il va m'apprendre mon métier.
Premièrement, on est pas au collège !
C'est moi qui décide, ici !
Deuxièmement... quel est le problème ?
Le problème est qu'Adele Cammarota est une vraie grosse chaudasse.
Elle s'est tapé le pharmacien, le boucher
et même l'adjoint au maire.
- Et alors ? - Et alors...
Carmine n'est que le dernier amant
d'une longue, très longue liste.
Le mari cocu a tout appris
et l'a mise à la porte.
Si son père apprend qu'elle fait la putain,
adieu l'héritage et le magasin de vêtements qu'il lui a acheté.
C'est pour cette raison que...
cette dame n'a pas confirmé l'alibi de Carmine.
Bref, pourquoi vous m'avez envoyé votre adjoint ?
Moi, madame,
je me débrouille seul.
Autre chose ?
Je crois pas.
Je vous raccompagne pas.
Comme ça, toujours tout droit.
Au revoir.
C'est vrai, ce qu'il dit ?
- Oui, mais je... - Non, oublie-le, lui.
Ce qui m'intéresse,
c'est que l'alibi de Carmine est confirmé.
Oui, on a même le résultat des analyses du couteau.
Alors ?
C'est du sang de porc.
- Diana ! - Oui ?
Prépare l'ordonnance
de mise en liberté de Carmine Amoroso.
J'ai trouvé cette carte sur l'ordinateur de Nunzio.
C'est la carte topographique de Nova Siri.
Il y a des croix dessus,
mais j'ignore à quoi elles correspondent.
Très bien. Je vais accrocher la carte
pour y voir plus clair.
Et voilà.
Et ça, c'est quoi ?
Deux places de concert.
C'était sur son ordinateur.
Il les a achetées le jour de sa mort.
Il les a payées avec une carte rechargeable.
Vous savez, les cartes vendues par la poste.
C'est pour le concert d'Achille Lauro,
un chanteur à la mode chez les jeunes.
Je connais.
Il faut qu'on vérifie
s'il avait un compte caché quelque part.
On va aller à Nova Siri. J'ai une chose à vérifier.
Allez, viens ! Dépêche-toi !
On élague déjà, M. Festa ? Bonjour.
- C'est un amandier ? - Oui.
Vous vendez des amandes ?
- Je vous en offre, madame. - Merci.
J'imagine que vous n'êtes pas venue pour les amandes.
On a trouvé des substances psychotropes dans le sang de Nunzio.
Des drogues synthétiques.
Mon fils se droguait ?
Je veux savoir qui était Nunzio.
Vous pouvez peut-être m'aider.
Je peux juste vous dire qu'il a jamais voulu m'aider, ici.
Il disait à tout le monde qu'il voulait s'en aller.
Pour faire quoi ? Aucune idée.
Qui étaient ses amis ?
Les gosses qui traînent Place Troisi.
Ils traînent sur ce banc depuis qu'ils ont 13 ans.
Et il y a aussi sa copine, Milena.
Il ne s'était pas fait un nouvel ami, récemment ?
Il avait une nouvelle fréquentation.
On le surnomme Manolo. Il a un camping.
Un type solitaire.
Il aime se promener dans les champs. Je les ai déjà vus ensemble.
Je me demande de quoi ils parlaient.
Mais avec lui, j'avais pas le droit de poser des questions.
Vous savez, madame,
nos enfants finissent par changer. On n'arrive plus à les comprendre.
Je sais.
Ce qui ne change pas, c'est l'amour qu'on leur porte.
Tu es perdu, Calogiuri ?
C'est le GPS qui est perdu.
Pourquoi il plaît tant aux jeunes, cet Achille Lauro ?
- Je le trouve horrible. - Pourquoi ?
Regarde comme il est laid.
Je me demande juste pourquoi il plaît aux jeunes.
- C'est justement pour ça. - Pour quoi ?
Les jeunes s'intéressent toujours
aux choses qui plaisent pas à leurs parents.
- Ca marche à nouveau. - Allons-y, alors.
Moi, je le déteste pas.
Tu écoutes sa musique ?
Non, mais au moins, il nous aide à en savoir plus sur la victime.
Vous voulez des enfants, Maria Luisa et toi ?
Vous en voulez pas ?
On traverse une période de crise.
Elle dit que je la néglige trop.
Et elle a raison.
C'est ma faute, je te donne trop de travail.
Non, jamais de la vie, madame !
Je ne peux que vous remercier.
Et j'aime travailler avec vous.
C'est réciproque.
Vous désirez ?
- Manolo Pentasuglia ? - Oui.
Enchantée.
Tataranni, substitute du procureur au Parquet de Matera.
On peut vous parler ?
Oui.
Je vous en prie, suivez-moi.
Venez !
Pauvre Nunzio. C'est triste.
Il m'avait demandé du travail.
Le problème est que je ne sais pas dire non.
Pourtant, je roule pas sur l'or.
Il était bien, ici.
Il restait même après son travail.
Vous faisiez quoi ?
On profitait du silence.
Ou on entreprenait un voyage ensemble.
C'est vous qui lui donniez de la drogue.
Quelle drogue ?
Non, je ne touche plus à ces trucs.
C'est trop dangereux. Je dois ménager ma tension.
Je médite.
C'est comme ça que je voyage.
J'avoue qu'il m'arrive encore de fumer un joint de temps en temps.
C'est tout.
Je touche pas à ces drogues chimiques
qui vous crament le cerveau.
Comme la kétamine ?
Voilà. C'est pas pour moi, ce genre de trucs.
Et voilà.
Du karkadé.
Désolé, pas pendant le service.
Bois.
Le service ?
Allez-y, j'ai déjà mis le sucre. C'est bon.
Le karkadé fait du bien à la tuyauterie inférieure.
Ca draine.
Bois.
- C'est bon ? - Délicieux.
Nunzio avait envie de partir d'ici.
Ils veulent tous partir d'ici.
Moi aussi.
A l'âge de Nunzio, j'ai pas mal vadrouillé.
J'ai été en Inde.
Dans l'antique cité de Varanasi.
Devinez ce que j'ai découvert.
Que Matera est plus vieille que Varanasi de 10 000 ans.
Vous étiez où, le 21 octobre au soir ?
Vous voulez savoir si j'ai un alibi ?
J'étais ici.
Je sors jamais du camping
parce qu'il est autosuffisant.
Dans les champs, il y a les légumes.
Dans le lac, il y a les poissons.
S'il me manque quelque chose, les campeurs me l'apportent.
Je pense que ce soir-là, j'ai fait un de mes petits voyages.
En méditant ?
Toujours en méditant.
Quelqu'un peut en témoigner ?
Bien sûr.
Dharma
et Karma.
La petite soeur de Manolo était à l'école avec moi.
Son vrai nom est Emanuele Pentasuglia.
Sa famille était riche, mais il a tout dilapidé.
Au moins, il lui reste le Macondo.
Heureusement, il avait bien couvert ses arrières.
C'est quoi, son nom, déjà ?
Emanuele Pentasuglia.
Pentasuglia.
Emanuele Pentasuglia.
Tu devrais tenter le concours de l'école des sous-officiers.
Moi ?
Je vous l'ai déjà dit. Je suis pas fait pour les études.
La Macchia est loin d'être Einstein.
Madame.
Milena.
Milena, attends.
Devine qui a demandé la mise en liberté de ton frère.
Moi-même.
C'est bien de pouvoir compter
sur l'aide d'une représentante de la loi.
Tu fais du volley ?
Du kick-boxing.
C'était mon dernier cours.
Pourquoi ?
Ca ne m'intéresse plus, c'est tout.
C'est un sport où on donne des coups, non ?
Tu dois te défendre contre quelqu'un ?
Comment tu t'es fait cet hématome ?
Au gymnase.
Je peux y aller ? Je dois faire à manger.
Milena.
Je suis de ton côté. Parle-moi.
Dis-moi ce que tu sais.
Ce que je sais ?
Que la dernière fois, en boîte, Nunzio était méconnaissable.
Peut-être à cause de ses fringues
ou parce qu'il a payé sa tournée.
Il disait qu'il allait enfin partir.
Il t'avait jamais dit qu'il voulait partir ?
Si, tous ceux qui vivent ici le disent.
Tu veux vraiment pas savoir qui l'a tué ?
Bien sûr que si.
On dirait pas.
La dernière fois non plus.
On s'était disputés. Je lui en voulais.
Mais maintenant que la colère est passée,
il me manque.
T'as fait des progrès, chéri !
Grâce à la pratique.
Bravo.
- Et Valentina ? - Dehors. Elle rentrera plus tard.
Je veux parler à personne !
Mais qu'est-ce qui se passe ?
La prof ne veut plus que je sois à côté de Bea
car on a une mauvaise influence l'une sur l'autre !
C'est toi qui est derrière ça, avoue.
Je me mêle pas de la vie de tes profs !
Dis-moi la vérité ou j'appelle Bea pour le savoir !
L'autre jour, au musée,
Mme Todisco a dit qu'il valait mieux vous séparer.
Et toi ?
Moi, j'ai dit que j'avais rien contre.
Je le savais ! T'as jamais aimé Bea !
On était assises à côté depuis le primaire !
Tu te rends même pas compte de ce que t'as fait !
Papa, je la supporte plus !
Elle croit que son amitié avec Bea va durer éternellement.
Ca marche pas comme ça.
De Santis, tu veux aller à côté de Guarini ?
Diana, tu veux t'asseoir à côté de Guarini ?
Je vois mal d'ici.
- Tu vois mal quoi ? - Le tableau.
- T'arrives pas à bien lire ? - Voilà.
- Je fais quoi, moi ? - Pisicchio.
Va t'asseoir à côté de Tataranni.
Salut.
- Salut, Imma. - Salut, Pisicchio.
T'es contente d'être à côté de moi ?
J'ai fait ça pour lui éviter de souffrir.
Je sais.
Mais peut-être que pour ce genre de choses...
Il vaut mieux la laisser apprendre toute seule.
Diana a appelé.
Le dîner !
Elle t'attend pour 20 h.
J'ai pas eu le temps de préparer le gratin de pâtes.
Passe chez le traiteur.
Elles s'en rendraient compte, ces hyènes.
Je devrais leur donner des boulettes empoisonnées
faites maison.
En parlant de poison, les pâtes de ta mère sont au congélateur ?
Arrête de croire que ma mère veut t'empoisonner.
Elles sont pas périmées après 3 mois ?
Je sais pas.
Mais mieux vaut les jeter.
Imma !
- Ravie que tu sois venue. - J'allais pas rater ça.
Diana m'a dit qu'il risquait d'y avoir trop de tartes salées.
J'ai donc fait un gratin de pâtes au four.
- Il est congelée ! - Passe-le au micro-ondes.
- D'accord. - Salut.
- Salut ! Félicitations ! - A vous aussi.
Dire qu'elle parlait à peine italien
et maintenant, elle est substitute du procureur.
Il paraît que tout le monde la craint.
Elle a pas changé de style.
Elle a dû piquer sa tenue à l'infirmière de sa mère.
Et ses escarpins, on dirait des bonbonnières.
Tu te souviens de la rousse, Capezzoni ?
La fille "facile", on va dire. Celle qui était battue par son père.
Elle ne sort plus de chez elle.
Par contre, il paraît qu'Andriulli va divorcer.
J'ai appris que Depriede était morte.
La pauvre.
T'étais pas au courant ?
Elle faisait jamais de test de dépistage.
Excuse-moi, je vais me servir un verre.
Tu fais les tests de dépistage, toi ?
Toujours.
- Salut. - Salut ! Toi aussi, t'es venue ?
Salut.
Ca fait plaisir de te voir ! Salut !
- Diana. - Salut, Imma !
C'est gentil de la part de Guarini de nous avoir accueillis.
- Et elle s'est occupée du buffet. - Oui, c'est un ange.
Dis-moi, concernant le dossier Festa...
On a pas les mouvements bancaires.
Pitié, on va pas parler boulot. C'est la soirée des anciens élèves.
C'est pour ça que je pense au boulot.
D'ailleurs, on devait pas venir sans nos maris ?
Elles devaient pas le savoir.
Tu m'as dit ça pour pas être la seule sans homme.
Oui, j'avoue.
Ca va mal avec Giuseppe.
Il est resté à Udine avec l'autre.
T'as dit qu'il avait compris la leçon.
Je peux pas le contrôler s'il est loin, avec l'autre.
Enfin !
Regardez qui est là !
- C'est qui, ça ? - Marinella Bianchi, l'actrice.
Elle dit que Raoul Bova l'adore.
C'est elle qui dit ça ou Raoul Bova ?
Il y a Stella Pisicchio.
Quel honneur ! Il paraît qu'elle sort jamais.
Diana, où tu vas ? Reviens tout de suite.
Diana !
Ne me laisse pas seule.
- Imma ! - Salut, Stella !
Je suis contente de te voir.
Ca va ?
Il y a Marinella. Quelle carrière !
Oui, j'ai appris ça.
En même temps, elle a toujours été la plus belle.
Toi aussi, ça a l'air d'aller. Tu es resplendissante.
Toujours les mêmes problèmes.
Mes parents deviennent de plus en plus vieux
et moi, je suis seule.
Toi aussi, tu es célibataire ?
- Non, en fait... - C'était notre destin.
D'ailleurs, on a toujours été pareilles, toi et moi.
Oui...
Excuse-moi, je regardais ces vases...
Je savais pas que tu aimais l'archéologie.
C'est une de mes passions.
- C'est vrai ? - Oui.
- Excuse-moi un instant. - Je t'en prie.
- Tout va bien, Imma ? - Non.
Je regardais ces antiquités...
Leur place est au musée.
Mon mari les a héritées de son grand-père.
Et son grand-père a vécu sous l'empereur Auguste ?
T'étais moins sarcastique, avant. T'as la langue bien pendue.
Oui, elle a bien poussé.
Imma, viens chanter !
Chanter ? De quoi tu parles ?
J'essaie d'éviter que tu te ridiculises encore.
A tout à l'heure.
Pino !
Incroyable !
Tataranni !
Deux fois en une semaine !
Que me vaut cet honneur ?
A la réunion d'anciens élèves.
Tu y as survécu, je vois.
Si on veut.
J'étais chez une ancienne camarade de lycée
et j'ai vu des pièces qui devraient être au musée.
Pas forcément.
S'il y a un code dessus,
celui qui en a hérité peut le garder.
Je crois qu'il y en avait un.
Ca t'insupporte.
Quoi ?
Que certains aient tout sans lever le petit doigt.
Tu me connais bien.
Dis-moi, c'est des morceaux de vase ?
Ils sont convexes.
Et fragment plat,
avec des personnages en relief, c'est quoi ?
- Plat ? - Oui.
Comme ce morceau ?
- Celui-ci ? - Oui, exactement.
Je pense qu'il fait partie de la même pièce.
Ca s'appelle des pinakes,
des tablettes votives
du Temple de Proserpine, déesse du printemps.
- Ca a de la valeur ? - Une valeur inestimable.
D'un point de vue archéologique.
Ca ne rend donc pas riche ?
Je dirais pas riche.
Mais ça peut se vendre cher sur le marché noir.
Mais elles seraient bien mieux dans un musée.
On les trouve avec un détecteur de métaux ?
Bien sûr ! Un bip et c'est bon !
Avant, on fouillait sous les figuiers sauvages.
On suivait les porcs-épics qui utilisaient les cavités.
Imma...
c'était plus romantique, avant.
- Tellement plus romantique. - Merci, Pino.
Tu m'as été d'une aide précieuse.
Entre intellos, on se comprend.
- C'est ça. - Merci.
Bonne journée.
- A toi aussi ! - Merci !
Calogiuri,
je crois que Nunzio jouait au pilleur de tombes.
Reste à savoir si Manolo était de mèche.
Essaie de voir s'il y a des précédents à ce propos.
Je te rejoins au Parquet.
Jette aussi un oeil à la situation patrimoniale des Festa.
Père, fils et belle-mère.
A plus.
Loué soit le Seigneur.
Je vais acheter des fleurs et tu disparais !
J'ai eu peur.
Dis bonjour à ton papa.
Je sais pas qui est ce type.
Qu'est-ce que tu racontes ? C'est ton papa !
Non, maman ! Ce n'est pas mon papa !
J'ai dû me tromper.
Mais j'aimerais lui laisser quelques fleurs.
Ca te dérange pas ?
Bien sûr que non. Pour quelques fleurs...
Allons-y, maman.
FIN DE LA PREMIERE PARTIE
Adaptation : Mahdi Benfeghoul
Sous-titrage : HIVENTY
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