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Je n'aurais pas peint de murs dans une autre ville.
Ici, le climat et la lumi�re sont tr�s propices.
On se prom�ne,
on r�ve de Los Angeles,
ce qu'elle pourrait �tre,
ce qui s'y cache.
C'est ce qui inspire ces murs peints.
Ce qu'il y a dans ces peintures
est pr�sent � Los Angeles.
C'est �crit partout dans la ville.
Et s'il y a du r�ve l�-dedans,
c'est un r�ve collectif, plus que le mien.
Mes peintures refl�tent mes sensations d'enfant.
Face aux grands formats,
on se sent petit,
comme un enfant qui l�ve les yeux
vers ses parents.
Les hommes sont un peu machos.
Leur univers est �crasant, mena�ant.
Ils forment un gang, au centre.
Les femmes, plus sens�es, sont � l'ext�rieur,
protectrices.
Tr�s stables, tr�s sereines,
mais � l'ext�rieur.
Les femmes artistes sont marginales,
ici, et sans doute dans la plupart des cultures.
C'est une agence pour l'emploi.
Je devais peindre des ch�meurs,
mais j'ai peint des artistes,
plut�t que ceux qu'on dit sans emploi.
Je les ai faits aussi grands que le mur me le permettait.
Il mesure environ 7 m�tres.
Je crois qu'ils m�ritent cette dimension.
Pour moi, comme pour d'autres dans notre culture,
les artistes sont assez importants,
m�me si ce n'est pas vraiment
dans le sens habituel.
Je crois que cette dimension
repr�sente leur potentiel, ce qu'ils accompliront un jour,
peut-�tre dans cinq ans, dans dix ans...
ou jamais.
Je m'appelle Marta Chaffee.
Je m'appelle Alonzo Davis.
Je m'appelle Paul Czirban.
Je m'appelle Oliver Nolan.
Je m'appelle Eloy Torres.
Je m'appelle Wayna Kato.
Je peins des oiseaux et des c�urs
depuis que je suis enfant.
Les Black Panthers m'ont demand�
pourquoi je ne peignais pas de poings et de fusils.
Pour moi, il y avait une autre mani�re de peindre
et d'autres symboles n�cessaires,
m�me quand on est noir.
Je suis Larry Freeman,
directeur de l'�cole de Willobrook,
qui accueille environ 1 380 �l�ves.
Il y a un Caucasien, cinq Samoans.
Le reste, ce sont des Noirs.
La fresque que vous voyez
est l'�uvre de deux anciens �l�ves,
MM. Johnson Clifford et Wyatt.
Je leur ai seulement interdit les symboles violents.
Pas de poing dress�, de Noir en col�re,
ou de Chicano en col�re...
Johnson est un homme bien.
J'ai grandi dans ce quartier
et j'allais � cette �cole.
Je mangeais � cette cantine.
Je suis heureux de vous montrer mon travail d'adulte.
Il y a des choses int�ressantes dans cette �cole.
On fait beaucoup de peintures murales.
Par exemple, dans l'entr�e des toilettes
des gar�ons.
Et aussi
dans l'entr�e des toilettes des filles.
Richard Wyatt est un homme extraordinaire.
Je m'appelle Richard Wyatt Junior.
Je fais des images.
J'essaie d'�tre un artiste public.
Je peins ma famille ou les gens que je connais.
C'est difficile d'en parler. Ce que j'aime, c'est peindre.
- Comment tu t'appelles ? - Juliet.
Beaucoup croient qu'on se retrouve dans un gang
pour aller chercher la bagarre. C'est faux.
On grandit, on joue, on va � l'�cole avec d'autres gosses.
On devient vite un adolescent.
Apr�s, peut-�tre qu'il y a de mauvais coups.
Mais on fait partie d'un gang
juste parce qu'on est n� dans tel quartier.
J'ai peint �a parce que...
les gangs s'entretuent.
� ce que je sais, ici m�me,
deux types ont �t� tu�s.
Ce mural n'est pas d�coratif. J'ai voulu montrer
que nous sommes les descendants des Azt�ques,
des Mayas, des Tolt�ques.
Lui faisait partie du mouvement chicano.
Elle, c'est sa m�re.
Elle pleure parce qu'ils l'ont tu�.
Lui, c'est son fr�re. Il regarde par la fen�tre.
Il pense que la prochaine balle sera peut-�tre pour lui.
500 personnes ont �t� tu�es l'ann�e derni�re.
500 adolescents.
Pourquoi, je sais pas. On les a tu�s.
Ou ils avaient des probl�mes chez eux,
et ils se sont suicid�s.
On a peint ce mur-l�
parce qu'on a perdu beaucoup d'amis.
Mes fr�res du "barrio" ont �t� tu�s.
Ils sont tous morts.
Mon quartier s'appelle Hazard.
J'ai le blues du barrio
T�t le matin...
J'ai le blues du barrio
Et �a me prend toujours
Le matin, quand je vois la souffrance
�a me prend toujours quand je vois la souffrance
Dans mon ghetto de barrio
J'ai vu une m�re pleurer
Et elle m'a dit
Mon fils est mort, il n'avait que seize ans
Tu vois, mon ami
La guerre des gangs n'arrangera rien
Des fr�res s'entretuent
Ce qu'il nous faut, c'est �tre unis...
C'est le blues du barrio.
Mon nom ou mon surnom ?
Chava.
Ce "mural", c'est l'homme.
Et la fleur, les filles.
Toutes les filles de Californie...
C'est Judith Baca qui a organis� �a.
On a fait des esquisses, puis elle nous a laiss�s libres.
C'�tait bien de travailler avec elle.
Elle a �t� r�glo.
Je m'appelle Judith Francisca Baca.
Je suis peintre,
muraliste et �ducatrice.
J'ai peint des murs apr�s avoir r�alis�, � 23 ans,
que je n'avais jamais vu de Chicana dans un mus�e.
Il y aurait sans doute eu tr�s peu de chance
que je pr�sente mon travail dans les circuits officiels.
Alors, il m'a sembl� logique
de pr�senter mon travail aux miens.
J'ai r�uni des jeunes de diff�rentes communaut�s,
gangs et groupes ethniques,
pour qu'ils travaillent ensemble sur ce mural.
C'est un territoire neutre qui n'appartient � aucun gang.
Le g�nie militaire m'avait fait des propositions.
On a coop�r� avec le Contr�le des crues, la ville de L.A.,
et le service de protection des mineurs.
Tous les jeunes
ont d� remplir les conditions du tribunal des mineurs
et avoir �t� en prison au moins une fois
pour �tre accept�s sur ce projet.
Pour l'instant, 130 jeunes ont travaill� ici.
Ils ont tous �t� pay�s le SMIC,
3,10 dollars de l'heure.
Ils ont aussi �t� pay�s pour leurs recherches.
Enfin la prison m�ne quelque part !
C'est ce que disent les m�mes : "Le crime paie."
Ce mural retrace l'histoire de la Californie.
Mais l'histoire occult�e.
Les oubli�s : les Asiatiques, les Chicanos, les Noirs
et les femmes.
Au cours de nos recherches,
nous avons d�couvert qu'Edison, le grand inventeur,
�tait n� � Zacatecas, au Mexique.
Il s'appelait Thomas Alva Edison
et ses parents �taient mexicains.
On l'a repr�sent� avec la d�esse des Chichimecas.
Elle est moiti� femme, moiti� ma�s.
Elle lui chuchote le secret
de l'ampoule �lectrique
et du kin�toscope, qui a transform� l'industrie de L.A.
et a jou� un r�le d�cisif dans son d�veloppement.
C'est mon 2e mural, un hommage � Strother Martin,
mon acteur pr�f�r�, un m�chant.
Il inclut pour la 1re fois le motif du crochet.
Ce ch�le au crochet, mis � part les couleurs,
est celui que ma grand-m�re m'a fait.
Je l'ai utilis� pour contrebalancer
l'image n�gative de Strother Martin,
le "m�chant" de Hollywood.
Mon 2e mural "au crochet" repr�sente Lillian Bronson.
On l'appelle "La vieille dame de l'autoroute."
J'ai peint ce ch�le, fait aussi par ma grand-m�re,
car il me rappelle
une �poque o� on �tait fier
de faire des choses qui durent.
Il ne me semble plus que ce soit le cas.
Ce ch�le repr�sente quelque chose qui vivra plus longtemps
que la plupart des voitures qui passent sur l'autoroute.
Ce mural s'intitule
"La Sainte Trinit� et la Vierge".
D'habitude, il n'y a que le P�re,
le Fils et le Saint-Esprit.
J'ai ajout� la Vierge Marie.
Elle, c'est Jan Clayton,
la m�re la plus c�l�bre
de la t�l�vision, dans les ann�es 50.
C'�tait la m�re c�libataire d'un chien, Lassie.
On a trait� le Christ comme un chien.
Cette femme ressemble terriblement � ma m�re.
Voici la poche de la m�re.
Elle a la taille de la nacelle o� j'ai pass� 9 mois,
pendant que je peignais ce mur.
Du blanc, du blanc...
C'est comme si je nageais dans un oc�an de lait.
C'est Clayton Moore, symbole parfait de Dieu.
Il est le Justicier Solitaire, l'homme masqu�.
Il monte un cheval blanc et prot�ge les gens de l'Ouest.
C'est le cow-boy le plus c�l�bre en Am�rique.
Je n'aurais pas pu trouver
de mod�le plus parfait pour Dieu
que Moore, l'homme masqu�, sans son masque.
Aucun vivant n'a jamais vu le visage de Dieu
ni celui du Justicier Solitaire.
Je suis �vang�liste.
Voici le Christ. C'est Billy Gray.
C'�tait le fils du bon p�re dans une s�rie t�l�.
Ces mains sont les mains
d'un motocycliste am�ricain.
Elles sont puissantes, extr�mement grandes.
Ce sont les mains du Christ.
Apr�s tout, s'Il �tait vraiment Dieu fait homme,
ses mains devaient �tre tr�s grandes.
Le blue-jean, c'est l'uniforme am�ricain.
Peut-�tre que si le Christ r�apparaissait en Am�rique,
il porterait un jean.
Le corps, c'est celui de mon ami Paul,
qui est charpentier, comme l'�tait le Christ.
Ma chemise de l'arm�e que Paul portait
quand il posait pour moi.
La cravate de l'arm�e de l'air
que je portais � l'�poque.
Et cela nous conduit
� la t�te tr�s puissante du Christ,
avec sa coupe de cheveux virile.
Beaucoup trouvent ses yeux trop clairs.
Le regard du Christ les transperce
et cela les trouble.
� mon avis, c'est leur probl�me.
J'ai peint le Christ tel que je le vois.
Je m'appelle Wayne Alaniz Healy.
J'ai peint le mural qui est derri�re moi.
Il s'intitule "Fant�mes du barrio".
En g�n�ral, quand on montre des Chicanos � la t�l�,
dans les magazines ou les journaux,
c'est de mani�re n�gative.
Je voulais qu'ils se voient grands et forts,
et qu'ils soient fiers.
Je veux montrer
qui sont nos anc�tres.
Pourquoi ces cl�s ?
D�s qu'on entend le bruit des cl�s,
on se dit : "Oh, oh, le voil� qui arrive !"
Ici, � Ramona Gardens, vivent 610 familles.
99 % sont hispaniques
et 1 % sont noires.
Il doit y avoir environ 2 300 enfants.
J'aime beaucoup ce quartier
parce qu'il ressemble � celui o� j'ai grandi.
Ce mural d�peint l'�poque
de Glenn Miller,
du rock'n'roll...
"Blueberry Hill", Fats Domino...
Tout �a continue � vivre en nous.
Nos jeunes ont �t� influenc�s
par le mode de vie am�ricain.
Ils ont perdu leur tradition.
On essaie de leur transmettre cette culture.
Les murs peints
leur montrent en images l'histoire
de leur peuple.
Beaucoup de jeunes Chicanos
ne peuvent pas s'identifier � des Mexicains,
mais ils ne peuvent pas non plus
s'identifier � des Am�ricains.
Leur angoisse, leur douleur,
est bien r�elle.
Et les murs peints
l'expriment.
Ce mural, "Lire entre les lignes",
est mon �uvre la plus engag�e.
Il parle des �v�nements du Watergate.
Les t�l�phones branch�s sur table d'�coute.
Il montre l'espionnage de la CIA.
Il montre la t�l�vision
et le public captiv� par ce qui se passe.
Merci !
Je dois te refaire une beaut�.
Je m'appelle Lynn Carey, je suis chanteuse.
J'ai travaill� en France au d�but des ann�es 70.
J'ai chant� � l'Olympia avec Johnny Hallyday.
C'�tait merveilleux.
Pendant qu'Arthur peignait,
un costaud
qui faisait du jogging a regard�...
Qu'est-ce qu'il a dit ? Il a regard� la peinture et...
Il a dit :
"Alors, vous pensez
"que le monde appartient aux femmes ?
- "Quelle connerie !" - Il �tait f�ch�.
J'ai peint ce qui m'int�ressait.
Et c'est Lynn.
M�me trois secondes,
l'art s'est montr� � eux.
C'est la rue la plus laide du monde.
Elle avait besoin de quelque chose, regardez...
Des panneaux, des ordures...
Les gens, ici, ont besoin de beaut�.
Pendant que je peignais, on m'apportait des cadeaux.
On me disait : "L'�tat fait enfin quelque chose de bien."
La ville est assoiff�e d'art de qualit�.
Une for�t urbaine, c'est de l'art.
Comment je le sais ? Je me fie � ce que je sens.
Et je sens que c'est bien.
Je m'appelle Orlando Pellegrini.
Je fabrique et je vends des glaces.
J'ai fait faire cette fresque sur le mur de mon magasin.
Piazza Navona est une des places principales de Rome.
On s'y rencontre, on mange des glaces,
on regarde le ciel, on parle du temps qu'il fait.
Les glaces am�ricaines n'ont rien � voir
avec les glaces europ�ennes
et surtout celles de Rome, des "Tre Scalini".
Nous avons eu pas mal de succ�s.
Pour faire cette peinture, j'ai appel� un Italien.
Il est venu.
Il a pass� trois semaines sur ce mural.
Et moi, j'ai d�bours� 3 500 dollars.
C'est beaucoup
pour trois semaines de travail.
Mais je l'ai fait parce que j'aime la Piazza Navona.
J'y ai travaill� 10 ans, dont 6 aux "Tre Scalini".
Je m'appelle Cristiano Rimassa.
Mon travail pourrait s'appeler du surr�alisme symbolique.
J'ai peint un coin de Californie, comme un �cran.
C'est peut-�tre un effet optique.
Mais si on veut y voir un symbole,
c'est peut-�tre l'Europe derri�re l'Am�rique.
Je m'appelle Josine Ianco Starrels.
Depuis la pr�histoire, en peignant sur les murs,
des artistes expriment ce qu'ils ressentent.
Nous sommes derri�re la boulangerie.
Je m'appelle Esther Macias.
Je suis la tante de Willie Herron.
Willie Herron
est celui qui a fait la peinture, l�.
Il m'a dit que �a repr�sentait
des gens en d�tresse, emprisonn�s dans un mur,
des m�res
et des fr�res qui souffraient,
� cause de ce qui se passait ici,
� East L.A.
Je tiens une boulangerie.
Neuf hommes et cinq femmes
travaillent ici.
C'est moi qui les dirige tous.
C'est assez dur, parfois, mais je m'en sors.
On fait du pain mexicain.
Bonjour, Alfredo !
On fait des g�teaux au caf�, des brioches,
et 15 sortes de pain mexicain.
�a, je ne sais pas...
C'est ce qu'il voit dans sa t�te.
C'est pour �a qu'il l'a peint comme �a.
C'est tout ce que je peux vous dire.
Je lui ai rien demand� mais j'aime.
Oui, c'est tr�s joli.
C'est une tr�s jolie peinture.
Une belle sc�ne.
Willie a grandi dans la boulangerie.
Petit, il lavait les plateaux.
Il a commenc� en dessinant � la craie.
Je savais pas qu'il avait �a en lui.
J'ai grandi dans ces rues.
�crire sur les murs, c'�tait naturel.
Tout le monde �crivait son nom un jour o� l'autre.
Un soir, je suis rentr� � la maison
et j'ai vu mon fr�re �tendu dehors, dans une mare de sang.
Il avait seize ans.
Il avait �t� descendu par une bande rivale.
Il �tait l�, dans une mare de sang.
La bande venait de l'autre c�t� du pont.
Sur le chemin de l'h�pital,
j'ai rassembl� toutes ces images
et les pens�es qui me traversaient la t�te,
et j'ai d�cid�
que ma vengeance pourrait passer
� travers l'art.
Les murs, la musique, les performances...
Pour un type de dix-neuf ans,
c'�tait une mani�re diff�rente d'exprimer
la pression qu'on ressent � l'int�rieur.
J'ai vraiment connu la violence
au d�but des ann�es 70.
Beaucoup d'amis sont morts, et cela continue partout.
C'est donc un message toujours actuel
que j'ai choisi d'exprimer sous une forme artistique.
Je l'ai appel� "Le mur fissur�".
Jusqu'� pr�sent, la police ne m'a jamais
�t� b�n�fique.
La violence est une force tr�s n�gative.
Elle touche tout le monde
et elle fait mal.
La police est venue ici et a frapp� les gens.
Notre mural �tait un message adress�
aux n�tres et � l'ext�rieur.
Il parle de notre condition, de nos sentiments,
en tant que minorit� aux USA.
Je suis dans la rue, sans endroit o� aller
Je n'ai pas de foyer � L.A.
Un homme s'est approch�, m'a demand� mon nom
Je parlais pas sa langue et il m'a embarqu�
C'est �a le prix qu'il faut payer
Quand on vient aux USA ?
On vient travailler, on paie des imp�ts
Et la police de l'�migration nous vire � coups de pied
On m'a jet� dans un bus avec un aller simple
Expuls� pour avoir fait la plonge � L.A.
Regardant par la fen�tre, j'ai pens� qu'on �tait
Un million de clandestins et tous on aurait tort ?
C'est �a le prix qu'il faut payer
Quand on vient aux USA ?
Je sais pas pourquoi on peut pas rester
Gronk a foutu en l'air la fronti�re, hier !
Je r�ve qu'on cr�e ensemble
la plus grande galerie en plein air du monde.
On veut peindre environ 77 murs.
On en a fait 55, pour l'instant.
Dans mes r�ves, je tombe d'un �chafaudage.
Mais je ne suis jamais tomb�.
J'ai 38 ans et je suis ici depuis 8 ans.
On mettra sans doute 10 ans � terminer �a.
Apr�s, j'irai dans le d�sert ou dans les montagnes...
et adieu les murs !
Pourquoi ils sont blancs ?
Beaucoup de gens pensent
que le blanc �tait intentionnel.
Et �a leur pla�t comme �a.
� l'origine, elle devait porter une robe de mari�e
et lui, un smoking.
Il devait y avoir un contraste
entre la civilisation et le monde sauvage.
Messieurs, je m'appelle Carlos Ortiz.
Je suis le propri�taire du "Monarch Bridal Shop".
Une boutique de mariage.
Nous avons entre 50 et 75 mariages par semaine.
Comme nous sommes au deuxi�me �tage,
nous voulions une enseigne spectaculaire.
Carlos Ortiz est rest� seul sur le mur pendant deux ans,
avant qu'on trouve le mod�le de la mari�e.
Finalement, j'ai choisi ma fianc�e � l'�poque, Susan.
Je lui ai mis une robe de mari�e
et un bouquet dans la main.
C'est notre bague.
Le monde entier sait que c'est elle.
Aujourd'hui, je suis fier et reconnaissant envers Kent
d'avoir fait ce beau travail
� Los Angeles.
East L.A. !
On n'avait pas de murs peints avant qu'ils arrivent.
Ils ont apport� leurs murs peints,
leur esprit et leur �me.
C'est tr�s latin de peindre les murs.
Ils peignent tout : les trottoirs, les palissades,
les fa�ades, les cours, les toits, les sols...
C'est comme �a qu'ils vous disent qu'ils sont mexicains.
Je ris parce que j'ai grandi parmi eux.
Je suis une sorte de m�lange de Hollandais,
d'Espagnol, d'Indien, d'Anglais et de Juif !
Il m'a sembl� que vous �tiez fran�aise.
Mais je ne parle pas fran�ais. Je chantais, avant.
Alors je vais vous chanter une chanson.
Femme, si tu peux parler � Dieu
Demande-lui si parfois
J'ai cess� de t'adorer
� mer, miroir de mon c�ur
Quand j'ai vu tes larmes
Mon amour
Je t'ai cherch�e partout
Sans te trouver
Pourquoi vouloir tes baisers si tes l�vres
Ne veulent plus des miennes
Et toi
Qui sait o� tu iras
Quelles aventures tu vivras
Tu es si loin de moi !
Ces peintures repr�sentent...
d'abord...
les choses pour lesquelles ils luttent.
� part jongler, que faites-vous ?
J'�tais dans un cirque.
Maintenant, je suis dans un th��tre �vang�liste.
Nous cherchons � �vang�liser le monde,
� susciter un renouveau du christianisme.
Nous croyons en J�sus, fils de Dieu.
Nous voudrions que tous sachent
comme il est merveilleux de pouvoir compter sur Lui.
Et le ciel ?
Le ciel repr�sente pour moi la cr�ation.
La cr�ation que Dieu a cr��e pour nous.
Les myst�res du ciel sont l'�uvre de Dieu.
Hare Krishna !
Je m'appelle Sama Pria Dasse.
Cela signifie la servante
de Celui qui est l'�gal et le bien-aim� de tous.
Le ciel ?
C'est une partie de l'�nergie de Krishna.
De m�me que Dieu est dans tous les c�urs,
le ciel enveloppe tous les �tres.
C'est tr�s vrai. Dieu est dans tous les c�urs.
Vous aimez quel genre de musique ?
On est des missionnaires.
On aide les gens dans le monde.
Les gens nous font des dons.
Trois disques pour 5 dollars, c'est pas cher.
"La r�volte des femmes"
est un mural amovible.
Il doit faire le tour de la ville.
Il traite de la s�paration
entre le monde du travail et le monde de l'argent.
Je m'appelle Arno Jordan.
Je suis arriv� d'Autriche en 1951.
J'ai peint mon autoportrait
quand j'ai commenc� � travailler pour "Farmer John".
J'�tais plus jeune, comme vous le voyez.
C'�tait en 1968.
Il y avait un autre homme, Les Grimes,
qui a lanc� cette affaire en 1946.
Il y a travaill� jusqu'en 1967.
Puis il a eu un accident.
Il est tomb� d'un �chafaudage et s'est tu�.
Depuis ce temps-l�, je travaille sur ce mur.
�a a �t� beaucoup de travail.
J'utilisais cinquante litres de peinture
par semaine.
Combien y a-t-il de cochons peints ?
Je dirais 2 000.
Vous aimez les cochons ?
Pas particuli�rement.
Mais j'aime la viande de porc.
Quant � avoir un cochon
comme animal domestique, non ! Je pr�f�rerais un chien.
Vous mangez du porc ?
Du jambon avec les �ufs, le matin,
et parfois du r�ti de porc, des c�tes de porc grill�es.
Albert Brigg.
Je suis le chef de la s�curit� de l'emballage.
Combien de cochons entrent ici chaque jour ?
Entre 5 000 et 6 000.
Ils arrivent en train.
Ils marchent jusqu'aux enclos.
Il y en a des noirs, des rouges, des blancs,
des noirs et blancs...
Pas de roses ?
Non, pas de cochons roses.
C'est une id�e que tout le monde se fait.
Les porcs sont de diff�rentes couleurs, comme les vaches.
Merci.
J'ai peint ce mural en 1975,
� la demande du propri�taire du restaurant.
Malheureusement, le budget a �t� r�duit.
J'ai touch� 800 dollars.
Alors, il n'est pas aussi grand que pr�vu.
J'ai travaill� un mois, un mois et demi.
Il est un peu ab�m� par les intemp�ries,
mais il est encore bien.
On a trouv� le sujet
apr�s maintes discussions.
C'est une image
d'une vieille revue fran�aise, "La famille".
Je m'appelle Betty Brandelli.
Cette fresque date de 1973.
Elle a �t� financ�e par la municipalit� de L.A.
J'ai re�u 150 dollars
pour 5 semaines de travail.
Mon mari, Philip, n'est pas � mes c�t�s,
parce qu'il est mort en 1978.
C'�tait un personnage tr�s aim�.
Dans le bar, il y a des photos de quand il �tait boxeur.
C'�tait le paradis des ex-boxeurs, ici.
Il avait de l'argent,
une tr�s belle femme...
Il pouvait boire � volont� et inviter tous ses amis.
Vous ne voulez plus de moi ?
Je peux r�cup�rer ma veste ?
Mes lunettes ?
Je suis fascin� par la r�alit� et l'illusion,
et la diff�rence entre les deux.
Souvent, une chose qui semble tr�s ordinaire
peut, quand on change un peu la perspective,
devenir tr�s �trange,
avec plusieurs niveaux et des images dans l'image,
comme un jeu de miroirs.
J'essaie d'inciter les gens � s'arr�ter et � se demander
ce qu'ils sont en train de regarder,
qui ils sont et ce qu'ils font.
Amusez-vous bien !
Je m'appelle Doris Carrer.
Je travaille au Hula Club depuis treize ans.
J'ai pos� pour ces peintures il y a quatre ans.
J'�tais plus mince, comme tout le monde.
Je vais vous pr�senter mon patron. Joe ?
Oui, ma belle.
Voici l'homme qui me supporte depuis 13 ans.
C'est le patron le plus extra qu'on puisse r�ver.
C'est vrai, ch�rie.
J'ai pay� ce mural 600 dollars, en 1976.
Il est beau.
Regardez...
Sept belles filles travaillent ici.
�a, c'est juste un �chantillon.
Allez voir les autres.
Si celles-ci vous plaisent, entrez.
Il y a Gronk, Willie Herron,
Patsy Valdez et moi,
Harry Gamboa, fabricant d'illusion.
Pourquoi East L.A. br�le, comme les Chicanos
et nous ?
On devrait, couche apr�s couche,
d�truire notre histoire et cr�er � partir des cendres.
Fin 70 et d�but 80,
l'immobilier est devenu une religion
qui transforme en fanatiques des gens normaux.
Si je rep�re un mur,
je sais le jour m�me ce que je vais y peindre.
Le c�t� tr�s �ph�m�re de ces fresques
a un rapport avec l'envie de peindre ces sujets-l�.
Pour peindre des murals,
il faut accepter qu'ils passent, qu'ils soient mutil�s.
Le fait qu'ils changent fait partie de leur beaut�.
C'est une situation o� on n'a pas le choix.
C'est �a ou retourner dans le syst�me,
travailler pour les galeries.
�a changerait quoi si on les conservait ?
L'important �tait de produire une �uvre vitale
dans un milieu vivant.
L'important �tait de faire cette �uvre.
C'est ce qu'on voit
l�-bas.
Les gens regardent ce qu'ils ne voient pas.
Le tableau n'est pas un miroir litt�ral.
Il refl�te ce qui est toujours l�.
Le th�me g�n�ral, c'est le vide.
Le tableau est d�sert.
Je crois qu'il y a quelqu'un.
Je n'ai jamais vu personne.
C'est Venice apr�s l'holocauste nucl�aire.
Aucun survivant sur terre. C'est ce que �a raconte.
Je n'ai aucune sorte d'int�r�t
� pr�cher l'apocalypse,
ni � faire des connections magico-mystiques
avec la peinture,
m�me si mes �uvres ont repris
des th�mes proph�tiques
ou des visions d'apocalypse.
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