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NOTES DE TERRAIN :
BILAN DES MORTS ESTIMATION : 800 -> 1 000
FORCES ARMÉES GOUVERNEMENTALES
ENTENDU : "ON A L'ORDRE DE TUER TOUT LE MONDE"
DÉCAPITATIONS, ASSASSINATS, IMMOLATIONS
UNE SEULE FEMME SURVIVANTE, ?? HOMMES SURVIVANTS
FRONT FARABUNDO MARTÍ DE LIBÉRATION TENTATIVE DE PROTECTION
LES VILLAGES LOS TORILES, JOCOTE AMARILLO
BILAN DES MORTS ACTUEL 1 000 -> 1 200
UN MEMBRE DU BATAILLON ATACATL : "JE NE VEUX PAS TUER D'ENFANTS"
ILS ONT ABATTU LES FEMMES ET LES ENFANTS
LES VILLAGEOIS SONT ACCUSÉS DE COLLABORATION AVEC LES GUÉRILLAS (FMLN)
INCRUSTÉS + GUÉRILLEROS//FACTION DISSIDENTE CAMPESINOS ET FMLN
MISSION DE RECONNAISSANCE SECRÈTE DESTRUCTION DE DOCUMENTS
DANGER : FORCES GOUV. NOUS ONT DÉCOUVERTS
À ENVOYER VIA TELEX DIARIO, +/- 2 JOURS
1982, DÉPARTEMENT DE MORAZÁN, SALVADOR
Des faits marquants viennent de se dérouler.
D'abord, j'ai voulu savoir qui.
Qui préférait l'argent à la vie ?
L'acier et le plomb au sang et à l'âme ?
Qui avait ignoré...
les vivants ?
Qui avait laissé la distance et la différence décider
quel homme laisser se vider de son sang
et quel homme évacuer vers la sécurité ?
Quel va-t-en-guerre ?
Quel profiteur ?
Quel sans cœur, quel inconscient ?
Et ensuite...
Ensuite, j'ai voulu savoir pourquoi.
On croyait que le temps, c'était de l'argent.
L'argent venait si on trouvait le temps.
Avancer vite. Réserver la suite royale, les téléphones multilignes,
le service de chambre au 1, le voiturier au 2,
le service premium, départ à 9 h, retour à 13 h.
Avoir toutes les données.
Établir une liaison vers Prague, organiser des téléconférences.
Vendre AlliedSignal, acheter Cyprus Minerals, déjouer le système.
Se brancher au cycle des infos,
recevoir les dépêches de suite, faire la sourde oreille au caquet.
Entre temps, on larguait les cargaisons.
Entre temps, on perdait de l'infrastructure,
des systèmes obsolètes,
on perdait une gravité essentielle.
L'apesanteur semblait alors l'option la plus sûre.
L'apesanteur semblait être l'option qui nous permettrait
de gagner le combat contre la montre et contre l'affect.
Mais...
ce n'était pas le cas.
Je vois maintenant que la montre tournait.
Je vois maintenant que ce n'était pas de l'apesanteur,
mais plutôt ce que le Manuel Merck décrit curieusement à la page 1513
de sa 15e édition, comme une dépression réactionnelle prolongée,
une réaction de deuil
face au départ d'un environnement familier.
Je vois maintenant
que l'environnement qu'on quittait...
...était celui de la richesse.
Je ne l'avais pas vu alors.
Ça aurait dû nous alerter.
On aurait dû le comprendre.
Tout du long, il y avait des indices,
des pistes qu'on aurait dû prendre en note, comprendre,
passer au peigne fin pour vérifier leur pertinence.
On avançait vite.
On voyageait léger.
On était plus jeune.
J'étais plus jeune.
Je préfère ne pas en parler,
mais on fera notre enquête.
Mais ce qu'on a été obligé de faire dans ce domaine
est clairement justifié.
Le commerce avec le gouvernement japonais est compliqué, mais pour faire court,
nous espérons simplement qu'avec le passage
d'un système clairement libéral
à un système conservateur,
le Japon s'écartera de sa tendance nationaliste...
- Salut. - ...pour un système
en phase avec le libre-échange avec l'Amérique.
Pas seulement nous,
mais le Canada, aussi.
J'ai loupé quoi ?
Rien, jusque là.
Ça ne me surprend pas du tout.
Le printemps semble être la saison idéale pour parler aux Japonais.
Les cerisiers en fleur, les temples du Mont Fuji.
On appelle ça la diplomatie.
...j'ai le sentiment que c'est la direction actuelle.
Une dernière question.
L'Atlantic Post, à vous.
Oui, merci. Elena McMahon.
M. le secrétaire, concernant le Pacifique,
où, pour vous citer, "on a perdu du terrain,"
que pensez-vous des rumeurs
affirmant que le CIA pose des mines dans les ports du Nicaragua ?
Washington a-t-il le moindre contrôle sur ces opérations ?
Je ne souhaite pas commenter.
Pas de commentaire sur le but de ces opérations ?
N'est-ce pas curieux
d'ignorer le blocage de couloirs de navigation majeurs
quand on dit vouloir favoriser le commerce ?
Posez cette question aux Contras.
Sauf votre respect, le président a déclaré à la télévision, je cite :
"Je suis aussi un Contra."
Écoutez...
Il semblerait que leur but soit d'interrompre
les échanges commerciaux avec le pays.
À la demande de Washington ?
Là encore, je ne peux pas vous répondre.
Mesdames, messieurs, nous sommes à court de temps.
Merci de votre participation, M. le secrétaire.
Merci d'avoir donné de votre temps pendant le déjeuner.
Merci à tous pour vos questions.
Le roi de l'esquive.
Sauvé par le gong, oui.
Notre invité spécial sera le secrétaire général des Nations Unies.
Merci à tous d'être venus.
Même pas en rêve, Treat. Jamais.
D'accord, mais il nous faut un scénario.
Une histoire ?
On sait tous les deux ce qui se passe.
Encore une manigance qu'ils veulent que je gère à leur place.
Le Nicaragua est un cancer sur notre propre territoire.
Il doit être amputé, tout simplement.
Le vent a tourné.
Quelques fuites d'informations pour répandre
l'idée que nous sommes un facteur de stabilisation
seraient positives, tant qu'on garde le contrôle dessus.
Cette opération va se retourner contre quelqu'un
et je refuse que ce soit moi.
Débrouillez-vous.
Votre vote n'est pas inutile.
Allez voter !
Et encouragez les autres...
- Salut, ma grande. - Salut.
Comment était l'enterrement ?
Ce n'était pas vraiment un enterrement.
J'ai été chez ton grand-père,
il m'a montré une urne avec les cendres de grand-mère.
Tu étais triste ?
Oui, j'étais un peu triste.
"Un peu" ? Pourquoi pas vraiment triste ?
J'ai beaucoup pensé à toi.
Pour rester positive.
Ah bon ?
Comment ça ?
À quel point tu ressemblais à ta grand-mère.
Ton sourire, tes yeux.
Ça m'a redonné le moral.
J'aurais aimé venir.
Vraiment ?
Oui.
Tu fais quoi ?
Le lechón de Versailles me manque.
Moi aussi, ma belle.
Tu sais quoi ?
Je te ramènerai du vrai lechón de La Havane dès que j'aurai un poste.
D'accord. McMahon !
Oui, dans une heure.
McMahon, dans mon bureau, maintenant.
Ferme la porte. Assieds-toi.
Ça a été, l'enterrement de ta mère ?
- Ça va, merci. Du nouveau ? - Tant mieux.
Le bureau d'Amérique centrale ne va pas réouvrir.
D'après qui ?
- S'il te plaît... - Merde, Stewart !
J'essaie de convaincre tout le monde
depuis notre départ il y a deux ans.
On a identifié des douilles, retrouvé des pistes d'atterrissage.
Ce matin, ma source au Congrès...
- Qui n'a encore rien fait. - Il va agir.
- Je t'en prie. - Il est fiable.
J'ai parlé à Schultz des mines au Nicaragua, il se faisait dessus.
Si j'arrive à faire ça ici, imagine sur le terrain.
- Tu vas bosser sur la campagne. - Non !
D'autres peuvent le faire. Joanne ?
Une entorse.
Et Chris ?
Il remplace Joanne.
Je m'en fiche, envoie un pigiste.
Tu ne peux pas m'évincer comme ça.
Je dois paralyser tout le bureau.
Le paralyser ?
Nos articles sur l'Amérique centrale sont considérés comme trop gentils.
D'après qui ?
Entre nous, Grant est passé ce matin.
Le Congrès met la pression.
Évidemment, on veut les dénoncer.
C'est le but, non ?
En l'état, c'est eux qui ont le dernier mot.
Tu sais que Grant fréquente des businessmen,
des politiciens, des lobbyistes, il ne va pas couper les ponts.
Parfois, c'est juste du business.
Pas seulement, il y a des vies en jeu. On ne peut pas l'ignorer.
Ça sonne depuis mon arrivée.
- Tu as parlé à Stewart ? - J'arrête.
Toi aussi, non ?
Dis-moi que tu pars.
Je prends des vacances.
Bon sang, Alma, il a paralysé tout le bureau.
Tu sais combien de mois de vacances j'ai accumulés en trois ans ?
C'est terrible.
Je t'en prie.
Tu penses vraiment que je vais démissionner ?
La situation évolue, nous aussi.
La seule différence, c'est qu'on aura moins de paperasse.
Réfléchis.
Couvrir la campagne te rapproche du centre des opérations.
Tu prends des avions, tu as accès à certaines pièces.
McMahon.
Allô ?
Pardon de te déranger, j'ai essayé de joindre ta mère
mais son connard de petit copain refuse de me la passer.
Il ne peut pas, rappelle-toi.
Je suis dans le coin.
Tu peux me rejoindre dans la demi-heure ?
Je suis au bureau.
C'est fou, justement là où je t'appelle.
J'ai des délais à respecter.
Disons 5h30.
Retrouve-moi au Madison.
Papa, je...
Cette politique est un désastre.
Une "politique" ?
Continue ton baratin.
C'est quoi, ton problème ?
Aucun problème.
Papa ?
Tapettes !
Pas du tout.
Je vois que...
tu as adopté le style local.
Tu t'adaptes facilement, tu sais ?
Comme ta mère.
Allons, Ellie.
Viens faire la fête avec moi.
Tu fais la fête ?
Je suis sur un gros coup, le coup de ma vie.
Si ça marche, j'aurai un héritage à te laisser.
Eh, mon pote. Tu prends quoi ?
Un vodka-tonic.
Demande de l'Absolut.
Dans ces bars de tapettes,
ils te refilent de la sous-marque
que tu payes trop cher.
Un whisky et un verre d'eau.
Fais péter les amandes.
Laisse les céréales aux tarlouzes.
Tu vois ça tous les jours ?
Les mêmes connards en costard-cravate
qui se lèchent le cul pendant que tu prends des notes ?
Je ne sais pas comment tu fais.
C'est quelque chose qui t'a échappé quand tu es parti.
- C'est bas. - Non.
Je vais t'expliquer.
Comment je fais ? Voyons voir.
D'abord, j'ai fini le lycée,
vingt ans après que tu aies quitté maman.
J'ai étudié à l'université du Nevada tant que j'ai pu,
vu que mon père démissionnaire ne voulait pas me dire sa profession
pour la demande de bourse.
Qu'est-ce que tu as dit quand je t'ai retrouvé ?
"Import-export" ?
Non, "logistique."
Quoi d'autre ?
J'ai eu un enfant aussi.
On se voit encore, donc c'est une réussite.
Un cancer du sein.
J'y ai survécu.
Pour le reste...
J'ai eu une carrière.
Un divorce, un déménagement.
Globalement, je m'en suis bien sortie.
Alors l'ex-membre de fraternité à la table 22,
je ne le calcule même plus.
J'ai d'autres problèmes. Merci, Dick.
C'est pas trop tôt.
À ta réussite.
Ma Ellie.
Et aux grandes décisions.
Tu viens de rater mon associé. Tu le connais, Epperson.
Ça me dit rien.
Mais si, souviens-toi.
Maxie. Bref...
Je gère une cargaison au triple tarif.
Quel genre de cargaison ?
Le même que d'habitude.
Tu n'as pas changé.
Comment va ma petite Cathy ?
Elle va bien, très bien.
Elle est toujours exilée au nord ?
C'est un pensionnat avec des écuries et un amphithéâtre grec.
N'exagère pas.
Avec mon travail, c'était la meilleure option.
Des nouvelles de ta mère ?
Je l'appelle souvent,
et son dealer de mec refuse de me la passer. Quel con.
Je dis : "Laisse-moi parler à Kitty."
"Tu ne peux pas."
"Passe-la-moi, connard."
Et tu sais ce qu'il fait ?
Il raccroche.
- Papa... - Tu le crois, ça ?
Tu te souviens que je t'ai dis le mois dernier
- que j'allais en Californie ? - Pourquoi ?
Pour aller voir ton mari, le rentier ?
Ex-mari, mais non.
Pour te dire que j'allais à un enterrement, tu as oublié ?
On en a parlé.
Quelqu'un est mort ?
Qui ça ?
Quand je l'ai connue...
Je ne l'oublierai jamais.
C'était un rayon de soleil.
Au Floridita, à La Havane, en 1952.
Bon sang, on s'était éclaté.
Ma Catherine. Ma belle Kitty.
Ma Kit-Cat.
Maman racontait que vous preniez les crevettes à l'ail tous les jours.
C'est vrai.
Avant la révolution, quand La Havane était une vraie ville.
Bon sang.
Elle est partie.
Les affaires reprennent.
On va pouvoir s'éclater.
Allez, Ellie.
Fais-moi un sourire.
Allez.
Une autre tournée.
Pas pour moi.
De la discrimination positive ?
Non, j'étais première de ma classe.
Tu peux te mettre là.
J'adore ça.
Pete, monte le son !
Ouais !
Jensen, gros porc !
Ouais, c'était moi !
Quatre ans de plus !
Quatre ans de plus !
RÉÉLISONS REAGAN
Quatre ans de plus ! Quatre ans de plus !
C'est de ça que je suis venu vous parler.
On t'aime, Ronnie !
Lincoln a dit qu'il fallait se défaire du passé
pour sauver notre pays.
Ce qu'on a fait il y a quatre ans.
On a changé les choses.
Merci à tous.
Concernant l'avenir, vous n'avez encore rien vu.
Merci.
Tout le monde a un verre ?
Joyeux anniversaire Helena !
CINCINNATI, OHIO
Il faut savoir que cette courageuse et noble dame
se distingue par ses nombreux services rendus
à la communauté et à son pays.
Rien d 'étonnant à ce qu'elle passe son anniversaire avec nous
à cette collecte de fond pour Reagan.
Helena, à toutes ces années de service dévoué
et aux quatre prochaines années avec Reagan !
George ?
George, voici...
la jeune femme que je voulais te présenter.
Elle s'appelle comme moi.
- Elena. - Helena.
Helena !
Elle travaille au...
Oui, je sais.
Vous vous connaissez, très bien.
Ce n'est pas vraiment le moment.
Elle écrit sur mon œuvre de charité préférée
et le travail qu'ils ont accompli.
Un complément humanitaire à nos reportages sur la campagne.
Ma chérie...
Elle veut juste passer un peu de temps à ta table, pour le contexte.
Je lui ai dit que tu en serais ravi.
Finissez votre gâteau.
Merci.
En parlant de charité,
une petite question sur l'aide...
Sans commentaire, merci. Au revoir.
- Aucun... - Sans commentaire.
- Juste une question... - Merci.
- Au revoir. - Juste un commentaire ?
M. le secrétaire n'est pas disposé à répondre aux questions.
Vous devez prendre rendez-vous
auprès de son bureau pour lui parler.
Bon anniversaire à Helena.
- Merci. - C'est remarquable.
Elle a pu traverser El Mozote
avec l'aide de la moitié du FMLN.
AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Elle brûle la chandelle par les deux bouts.
Tout ce qui s'est passé là-bas, elle l'a noté.
Massacres, assassinats, élections truquées,
toutes les infos de A à Z.
Téméraire et assidue, on peut le dire.
Toujours un coup d'avance.
Le simple fait qu'elle enquête sur le conflit
reflète une instabilité qui permet
de justifier notre intervention.
Treat, si vous pensez que McMahon nous aide malgré elle à justifier
notre intervention militaire, je vous en prie...
Si je peux me permettre, monsieur.
Le sénateur s'excuse de n'avoir pas pu venir.
Mais je vous assure, en tant que responsable des affaires étrangères,
que je saurai gérer la situation.
Cela étant,
je pense qu'il vaut mieux écarter les acteurs extérieurs pour l'instant.
Nous ne voulons pas compromettre nos décisions
en nous adressant à la presse.
Vous voyez pourquoi on l'a choisie.
Un porte-voix qu'on n'a pas besoin de brandir.
M. le secrétaire, si on pouvait revenir sur notre décision...
Assurez au sénateur que vous faites en sorte
que nos alliés à Antigua
et dans toutes les Antilles soient irréprochables.
L'initiative du Bassin des Caraïbes doit être mise entre des mains...
expérimentées.
Bien, ce sera tout.
Mes amitiés au sénateur.
M. le secrétaire...
HOUSTON, TEXAS
UN AIR DE FAMILLE ? ARRÊTEZ TOUT.
Tu viens prendre un verre ?
Aux frais de Mike.
Brave fille.
REAGAN-BUSH LES TEXANS PEUVENT LEUR FAIRE CONFIANCE
Merci de t'être libéré si vite, Gus.
Belle journée pour des drapeaux.
En effet.
Comme toujours.
Qui n'aime pas les pom-pom girls et Hank Williams ?
Junior.
- Pardon ? - Hank Williams Jr.
C'est pas la même espèce.
Tu comparerais un rocher à la montagne dont il vient ?
- Vu comme ça... - Non, jamais.
Tous le bœufs ne peuvent pas être des taureaux.
Qu'est-ce qui t'amène ?
Comme tu m'avais aidée à identifier ces douilles...
1982.
Salvador.
En provenance du Missouri.
Des LC80, standards de l'OTAN, c'est ça ?
C'est ça.
- Qu'est-ce que tu m'amènes ? - Ça.
Des caisses de munition. Du surplus militaire.
Des 45 millimètres.
Des caisses de traceurs.
Pour des M16.
C'est qui ?
Je l'ignore.
Ça vient de la Garde nationale ?
Je les ai reçues comme ça. La Garde nationale ?
Les forces spéciales du Texas, de l'Alabama
et de la Louisiane ont déclaré du surplus.
C'est ce qu'on a là.
De l'équipement, des cartouches, toutes subventionnées.
Ça ne va pas rester là.
On l'envoie à des usines d'armement pour les vendre.
Un ami a envoyé le sien en Floride.
À Fort Lauderdale, Miami.
Ce camp militaire dont je te parlais.
Si ça ne reste pas en Floride, ça part où ?
Ça part sans doute dans les pays où tu as enquêté.
Au Honduras,
au Costa Rica.
Près du Nicaragua.
Pour soutenir les Contras ?
Contras, sandinistes...
Je ne vois pas la différence.
Ça n'est pas important.
Qui dirige tout ça ?
"Dirige" ?
Un singe derrière un volant ne "dirige" rien.
Oh non.
Si tu veux voir un singe conduire,
mets-ta ceinture
et suis les bananes.
Pourquoi tu es toujours la dernière à rendre tes sondages ?
Le New York Times,
le Chicago Tribune,
le Philadelphia Inquirer,
et probablement la dépêche de l'équipe de foot du lycée du Connecticut
ont publié les sondages de la Californie avant nous.
Le dernier numéro du Denver Post
contient un article sur Zsa Zsa Gábor à Bel Air.
C'est à moins de 3 kilomètres.
Sa collecte de fonds à Bel Air n'est pas un scoop.
Pas comme les surplus militaires envoyés aux Contras.
Prometteur en période de campagne, non ?
Des violences au Nicaragua sponsorisées par le gouvernement ?
Typiquement américain, très présidentiel, un vrai scoop.
Je veux mes sondages, c'est ton boulot.
Des graphiques, des camemberts, des chiffres.
Je ne veux pas découvrir les sondages d'Orange County dans le Michigan Gazette.
On s'en fiche des sondages d'Orange County.
- Mes sondages. - Vraiment ?
Mon Dieu, tu es sérieux.
Notre cow-boy de président est empêtré dans quatre ans de magouilles
mais les sondages ne le montrent pas.
- Tout comme... - C'est pour toi.
...le fait que je n'étais pas sur la liste.
J'ai failli rater l'avion.
Je ne te paie pas pour exprimer ton opinion.
Je suis rédac-chef. Rassemble les chiffres,
laisse tomber les tropiques.
Inscris-moi sur la liste de presse
et tu auras tes foutus sondages à temps.
McMahon.
Depuis quand ?
Il va bien ?
Non.
Je ne peux pas, j'enverrai quelqu'un.
Dis-moi que tu n'as pas lâché la campagne présidentielle.
J'avais pas le choix.
Il n'a que moi. Il n'a pas de femme, pas d'autres enfants.
D'un coup, j'étais dans l'avion.
Je n'ai compris qu'en arrivant ici.
Alors...
Fais ce que tu as à faire, dis à Stewart...
Dis-lui ce que tu veux.
Je suis à Miami jusqu'à... Je ne sais pas.
Je te remplacerai, prends ton week-end.
Repose-toi.
Allons, Alma.
Je peux écrire ce genre de papier dans mon sommeil, jusqu'en novembre.
Mais là, je...
Je ne peux pas.
Considère que je démissionne.
Ça n'a pas l'air d'aller.
Je vais te rejoindre.
Non, s'il n'était pas dans les vapes, je ne t'appellerai même pas.
Je n'ai rien mangé depuis 28 heures.
Je veux juste...
Code violet, code violet.
Bon sang !
Sortez-moi de là.
Monsieur...
- Epperson ! - M. McMahon.
- Où sont mes chaussures ? - Papa.
Sortez-moi de là.
- Je dois partir ! - Ça va aller.
- Je dois y aller, Kitty. - Non.
- Attends. - Putain, Epperson.
L'enfoiré, il avait dit trois mille par 69.
Maintenant, il me dit que les prix
- ont chuté à deux. - Du calme.
Ça ne va pas.
Il va tout foutre en l'air.
- J'en avais besoin. - Ça va aller.
Kitty...
Papa, c'est...
C'est moi, Elena.
- Ellie ? - Oui, Ellie.
Quelqu'un m'attend.
- Je dois le voir. - Écoute.
Écoute-moi.
Tu n'as pas les idées claires.
Tu n'es pas en état de te lever.
Tu risques de te blesser.
Tu dois le faire.
Faire quoi ?
Je t'en ai parlé.
Je t'ai parlé du marché.
Tu dois trouver le Kitty Rex.
Ton bateau ?
Bon sang, Ellie.
Bon sang.
Comment faire ?
Je vais m'en occuper.
Il n'est pas là.
Vous êtes sa fille ?
3K ITAL VALMARA 69
Il m'avait dit trois mille par 69.
Maintenant, il me dit que les prix ont chuté à deux.
Je suis sur un gros coup, le coup de ma vie.
- Quel est le produit ? - Le même que d'habitude.
Prenez votre temps, sans vous presser.
Pouvez-vous me dire le nom du président actuel ?
J'ai compris.
Je suis censé dire "Hoover"
et là, on m'enferme dans un hospice. J'ai compris, OK.
La roue de la fortune.
Herbert Hoover,
Franklin Delano Roosevelt, Harry S. Truman,
Dwight David Eisenhower, John Fitzgerald Kennedy,
Lyndon Baines Johnson, Richard Milhous Nixon,
Gerald Machin, celui qui trébuchait tout le temps,
Jimmy Machin, le cul béni,
et le dernier en date,
que je suis censé avoir oublié.
Cette andouille de Reagan.
Excellent, monsieur.
Vous méritez un prix.
Le prix serait que vous partiez.
Je ramène les papiers.
À quoi tu joues ?
J'ai monté ce business à crédit.
Il y a cinq, dix ans, je n'aurais jamais pris un tel risque.
Rester clean.
C'est mon credo.
Mais là, c'est trop gros.
J'ai appelé mes contacts,
d'ici jusqu'à Chicago,
pour ce dernier coup.
Un million de beaux dollars en chèques de voyage.
Ça paraît improbable, mais c'est vrai.
Je sais ce que je dis, je suis sensé.
J'ai besoin que tu cherches un certain Max Epperson.
Ça s'écrit E-P-P...
Oui, dans la région de Tampa.
Cherche dans le sud de la Floride.
Américain ?
Je sais même pas s'il existe.
Un million de dollars.
Je dois en rendre la moitié aux crétins qui m'ont avancé, mais...
Ça complique ma situation.
Tu vois dans quel pétrin je suis.
Que tu le fasses ou non,
je leur dois 500 000 de toute façon.
Bon sang.
J'enverrai peut-être des photos.
Elena ?
Tout est arrangé.
Elena ? Allô ?
Mon père est dans la merde.
Je t'en prie, vas-y.
Contacte mon gars.
Je dois retrouver un de ses amis demain.
Tu as son nom ?
Non, mais si je ne t'ai pas appelée d'ici 13 h...
Si j'ai pas de nouvelles d'ici-là,
je vole ton identité,
j'écris ce papier à ta place
et je te remercie dans mon discours au Pulitzer.
Je t'adore.
Je sais.
Courage, ça peut pas être pire que le Salvador.
PORT DE RICKENBACKER, KEY BISCAYNE, FLORIDE
Où qu'on aille dans cette ville,
on peut avoir la monnaie sur 1 000 dollars.
Vous attendez quelqu'un ?
Vous, je crois.
Avant tout, comment va Dick ?
Ça doit être dur de se retirer d'un tel coup.
Il va mieux, je lui transmettrai.
Non, ne lui dites pas que j'ai demandé.
Avant que j'oublie,
en cas de besoin,
appelez-moi d'abord.
D'accord ?
Voici ma carte.
C'est un bipeur.
De quoi j'aurais besoin ?
De plein de choses, mais ne vous en faites pas.
Faites juste votre boulot.
C'est-à-dire ?
C'est à dire rejoindre l'aéroport en taxi.
Prenez un taxi, pas votre voiture.
Soyez au Pan Am Clipper Club à midi pile.
Compris ?
Ne soyez ni en avance ni en retard.
Soyez pile à l'heure.
Vous vous rendrez ensuite à la réception.
Demandez Michelle.
La blonde, pas la latino.
L'autre, Delia, ne me connaît pas.
Et là, vous demanderez...
M. Gary Barnett.
Bien sûr, bienvenue.
Mettez-vous à l'aise.
Je peux voir votre carte du club ?
- Je l'ai vue. - Signez ici.
Je vous en prie, madame. Par ici.
Qui est ce Gary Barnett ?
Pas d'inquiétude, il vous reconnaîtra.
Faites vous discrète, qu'on ne vous remarque pas.
Très bien, donc c'est oui.
OK, dans ce cas...
Maintenant...
Je suis venu de San Salvador exprès pour ce marché.
On perd toute crédibilité aux yeux du client.
C'est pas rien, 92 millions de dollars, M. Lee.
Non, non.
M. Lee ?
Les passagers sont priés de se rendre au quai d'embarquement numéro quatre
pour procéder aux contrôles de douane
pour le vol British European Airways numéro 422 à destination d'Amsterdam.
Pardon, mademoiselle.
Vous ne pouvez pas rester ici.
Mais Michelle...
Ce club est réservé aux membres.
Vous allez devoir partir.
Par ici.
Vous vous êtes faite remarquer.
Par qui ?
Par la personne qu'il ne fallait pas.
C'est qui ?
Je pense que vous me baladez.
Vas ici, vas là, parle à machine, assieds-toi.
Toutes ces conneries de mafieux
- me font pas rire. - Ellie ?
Tu peux demander à ma baby-sitter de me servir un whisky ?
Alors quoi ?
Vous vendez des surplus militaires
à des révolutionnaires du dimanche à des prix exhorbitants ?
Et alors, bordel ?
C'est du vu et revu, tout ça.
C'est dans toutes les pages du Miami Herald.
Ça tient sur une microfiche, le vrai scoop,
c'est que vous n'avez rien d'important.
Vous n'êtes personne, une anecdote de l'histoire.
Jouez à la guerre tout seul, j'ai à faire.
Ellie ?
- Ellie ? - Je dois m'allonger.
Vous ne pouvez pas être récompensé
pour votre mode de vie pervers.
Je ne suis pas contre accorder des droits civiques aux homosexuels.
Chacun doit avoir le droit de vivre...
Pourquoi êtes-vous à ce point en colère contre le Nicaragua ?
- Qu'est-ce que tu fous ? - Papa !
- Tu es sorti ? - Oui.
Où est l'infirmière ?
Tu n'es pas censé conduire !
Je suis censé aller à l'hospice, c'est ça ?
Tu veux un verre ?
Je l'ai renvoyée.
C'était même pas une vraie.
Bon sang...
Tu m'as foutu la trouille.
C'est quoi, ça ?
Si tu t'intéressais un peu à ce que je faisais...
Si tout se passe comme prévu,
je pourrai me la couler douce,
prendre le Kitty Rex jusqu'à Largo
et passer mes journées à pêcher,
à traîner dans les bas-fonds,
à me taper des jeunes veuves...
- Papa. - C'est pas vraiment
ce que j'avais prévu à la base,
mais c'est mieux que rester ici,
à vieillir.
Bon.
J'ai tout arrangé avec Seldow.
Tu n'as plus qu'à te rendre là-bas
et à faire l'échange à ma place demain.
Je t'en prie.
Ellie...
Dieu merci.
Tu as eu des nouvelles de ta mère ? Ma jolie Kitty.
Ma Kit-Cat.
Elle devrait m'appeler plus souvent.
- C'est pas ce qui était prévu. - Ah non ?
Vous me dites d'y aller, j'y vais.
- Vous m'avez baladée. - Évidemment.
Je vous connais pas.
Je suis censé vous faire confiance parce que le vieux vous envoie ?
Ça marche pas comme ça.
Je n'aime pas ces méthodes.
Vous les aimez pas ?
Vous les aimez pas ?
Je vais vous dire :
vous êtes pas là pour critiquer un resto.
"Je n'aime pas ça."
Vous voyez ces boîtes ?
C'est votre cargaison.
Il y a un inventaire ?
Tout est là, ils savent ce qu'ils achètent.
Si on vous dit qu'il manque un truc,
c'est faux.
Envoyez-les se faire foutre.
OK ? Assurez-vous juste
de ne rien lâcher des yeux
jusqu'au paiement.
Dick a parlé d'un million.
Qui paie ? Qui compte ? Quel est votre rôle ?
Quelqu'un viendra pour vous.
Pas besoin d'en savoir plus.
Soyez au terminal J
à minuit, seule,
prête à embarquer et à conclure le marché.
Point barre.
Vous postillonnez.
Et ça vous plaît.
Pourquoi tu prends un sac ? Tu ne restes pas.
Tu livres, tu récupères l'argent
et tu repars, c'est le marché.
- Ils ne diffusent pas Cheers ? - Fais-la sortir.
Vous permettez ?
C'est pas une infirmière.
Celle qui vient le matin, oui.
Elle, c'est une baby-sitter qui vole mes pompes.
- OK... - Ne laisse personne te persuader
de rester là-bas, d'accord ?
Si quelqu'un te cherche, dis-lui.
Dis-lui quoi ?
Dis-lui... Bon sang...
Que tu es...
Qu'il aura affaire à Max Epperson.
Et appelle-moi, promets-le.
OK, je t'appellerai.
J'oublierai pas.
Vous devez être ma passagère.
La première classe.
Rien que pour vous.
On se croirait à Noël.
Ça fait de vous la mère Noël.
Voyons si j'ai été sage. Ouvrez.
- Quoi ? - Ouvrez-en une.
Pour voir le contenu.
Ouvrez-la, vous.
Ça ne marche pas comme ça.
J'ai tout mon temps, donc...
À vous de voir.
Ouvrez.
Le fameux fusil ArmaLite numéro 15 de Colt.
Conforme aux normes.
D'où vous sortez ça ?
Silencieux à trois branches, fibre de carbone à impact élevé,
comme dans les magazines.
Ça ira.
Une Valmara 69.
Merci, mère Noël !
Paladin, Paladin Où te mènes tes pas ?
Paladin, Paladin Loin de chez toi
"Tu voyageras l'arme à la main" C'est écrit dans ton destin
On se dépêche ?
Un chevalier sans armure sur une terre sauvage
Son arme de mercenaire Répond au vent qui l'appelle
Ce soldat de fortune s'appelle...
C'est le plus beau des Noëls !
Vingt mètres d'impact !
C'est bon ?
Réglons les comptes.
- C'est réglé, merci. - Non, non.
Votre nom ?
J'ai pas demandé le vôtre.
Vous n'avez pas à le savoir.
Eh, quelqu'un est censé me payer !
Bon courage.
C'est mon paiement ?
Je vous emmène, je vous ramène. C'est mon contrat.
Mon paiement ?
- C'est bon ? - Merde !
On dirait qu'on vous a eu.
Et vous aussi, on ne part plus.
Je vous l'ai dit, c'est mon contrat.
Je m'occupe ni de la livraison ni des passagers.
Vous avez 2 minutes.
Vous deviez me payer.
Qui a bien pu oublier de me le dire ?
Si je ne reviens pas avec l'argent,
on va se demander pourquoi.
Qui va se le demander ?
Vous savez bien.
Je veux un nom.
Epperson.
Max Epperson ?
Qu'est-ce qu'on fait ici ?
Vous, rien.
Ce que je fais ne vous regarde pas.
Si on vous demande, vous attendez Jones.
Je peux vous photographier ?
Magnifique.
OK, merci.
Tu n'avais qu'un seul boulot.
Tu as sorti le bétail de son champ.
C'est toi qui l'a amenée ici,
tu ferais mieux d'arranger ça.
Qu'est-ce que tu fais ?
Ton nom ?
Un nouvel ami ?
La passe !
Jones, tu nous présentes pas ta nana ?
C'est toi, la nana.
Vous bossez pour Epperson ?
Oui.
Et tout se passe bien ?
Très bien.
C'est pas ce qu'on dit.
J'essaie juste de passer le temps.
Qui vous envoie ?
Personne. Et vous ?
On devrait peut-être s'arrêter.
On peut continuer.
On pourrait discuter.
Roulez, merci.
Une pause nous ferait du bien.
Epperson m'attend à San José.
Vous pensez qu'on se soucie de vous là-bas ?
Je parie que personne ne sait que vous êtes là.
C'est top secret ?
Voyons la réalité en face.
Premièrement,
vous ratez votre avion.
Deuxièmement...
Personne ne vous attend.
Personne à l'aéroport et personne à San José, soyons honnêtes.
Troisièmement...
Et merde !
Vous allez gentiment sortir de la bagnole.
Vous savez vous en servir, miss robe de soirée ?
Sortez de là.
OK.
Sortez de la voiture.
Allez.
Sortez de la voiture.
Fermez la portière.
Et reculez.
Vous pensez aller loin ?
Vous avez pas idée.
Alma, c'est moi.
Qu'est-ce que tu as sur Epperson ?
Il est cinq heures du matin.
Tu sais s'il a été à Managua ?
Merde.
Je m'attendais pas à un quiz.
Est-ce qu'il a un lien
- avec le Costa Rica ? Il est américain ? - Je...
Je n'ai rien trouvé
sur ce Max Epperson, rien du tout.
Comme s'il n'existait pas.
Ton père s'est peut-être trompé de nom ?
Non, Jones connaissait ce nom.
C'est qui, Jones ?
Tu es où, exactement ?
L'avion a atterri... je ne sais pas, quelque part au Nicaragua.
J'ai conduit sept heures.
Tu as conduit ? Tu es où ?
À San José, au Costa Rica.
La cargaison était immense.
Des mines, des armes antipersonnel.
Ils n'ont pas payé en argent, mais en cocaïne.
Tout ça finance autre chose.
Ce type, Jones,
je pense qu'il bosse pour les sandinistes.
Il joue dans les deux camps, ça n'a pas de sens.
Je sais.
Je suis restée sur un coup de tête,
mais je veux remonter cette piste.
Dick n'était pas au courant.
Si j'étais rentrée, il aurait tout perdu.
Je t'enverrai les infos.
Écoute,
un des pigistes à Miami a trouvé quelque chose
en faisant des recherches sur Epperson.
Un certain Bob Weir.
Dick ne m'en a pas parlé.
Apparemment, ce Weir a le don de s'impliquer dans les grands événements.
Il était au Guatemala quand Árbenz a été renversé.
Il était à Managua quand Somoza a été renversé.
Et tu te rappelles le raid
à San Salvador ?
Le rédac-chef et cinq journalistes assassinés.
Devine qui était le dernier à passer la porte ?
Weir est de la CIA ?
Peut-être, c'est peut-être un agent ou une de leurs sources.
On ne sait pas.
Personne n'a d'infos sur lui.
Il a un visage qu'on ne remarque pas.
Tout ce qu'on sait,
c'est que s'il est là,
c'est généralement la fin d'une ère.
Et devine qui est au Costa Rica ?
Pas mal pour un quiz de 5 h du matin.
Je serai prudente.
Tu peux contacter Dick pour moi ?
- Dis-lui que je rentre demain. - OK.
Merci.
Et votre passeport.
Pour en faire une copie.
Merci.
Voici vos clés.
Tout est bon.
- Le ménage. - Non merci.
Tu as sorti le bétail de son champ.
Si on vous demande, vous attendez Jones.
Tu viens de rater mon associé, Epperson.
Je n'ai rien trouvé sur Max Epperson, rien du tout.
Ton père s'est peut-être trompé ?
Allô ?
Il y a quelqu'un ?
Allô ?
Allô ?
Vous voulez pas me parler.
Comment vous saviez ?
Si vous n'étiez pas dans l'avion, c'est que vous étiez là.
Un femme blanche
en plein San José
la nuit, seulement deux hôtels en ville...
Pas besoin d'être détective pour vous trouver.
Détendez-vous, on dirait votre père.
Laissez-moi vous poser une question.
Moi, j'ai une question.
Qui était votre homme, en Floride ?
C'était pas des chèques de voyage.
Je sais que vous n'agissez pas seul.
Calmez-vous, McMahon.
Détendez-vous un peu.
L'argent arrive, d'accord ?
Ce n'est pas comme acheter une glace.
Il y a de la paperasse.
Ces types ne font pas dans la paperasse !
Vous savez qui aime la paperasse ?
Les invités surprise de la brigade des stups.
C'est quoi déjà, l'adresse ?
De ce garage sans aucun outil ?
C'est bien 1665 Southwest, 17éme rue ? Vous êtes ouverts tard ?
Ce n'est pas moi qui décide.
Je veux que mon père ait son dû.
Et un billet retour dès demain.
Restez dans l'hôtel.
On vous contactera.
Il faut penser aux alternatives.
On peut favoriser la démocratie
quitte à se salir les mains
ou se retirer et laisser l'autre faire sa loi.
Dans ce cas précis, "l'autre"
ce sont les sandinistes ?
C'est le socialisme.
"L'autre nom du communisme."
Et donc...
à votre connaissance,
est-il possible
que certains vols...
certains vols humanitaires non déclarés
puissent quitter discrètement une ville du sud des États-Unis
avec une livraison secrète...
à destination de San José ?
Des vols qui, bien sûr,
n'atterrissent pas
à San José et échappent littéralement aux radars
pour fournir des armes aux forces armées Contras ?
Non.
Ça ne pourrait pas arriver.
Ou du moins, si vraiment cela arrivait,
ce serait à l'insu de nos agences d'espionnage.
Donc oui ou non ?
Ces vols existent-ils ou non ?
Nous ne surveillons pas ce genre d'activité.
Un membre de votre administration aurait-il un intérêt là-bas ?
Bien évidemment, nous y avons un intérêt.
Merci beaucoup de m'avoir reçue aussi rapidement.
Non, c'est pour moi.
Vive les femmes libres.
Je peux vous citer comme source à la Maison-Blanche ?
Non, merci.
CARTE D'EMBARQUEMENT SAINT-JOHN'S, ANTIGUA
Tout s'est bien passé ?
Un taxi, madame ?
Oui ?
Merci.
Et votre passeport.
On vous contactera.
Merci.
Vous pensez aller loin ?
Au suivant.
Au suivant.
Veuillez avancer.
La raison de votre séjour ?
Des vacances.
Combien de temps ?
Il y a deux jours.
On m'a dit que je n'avais pas besoin de passeport, mais...
J'ai une carte de touriste, je l'ai donnée à la douane.
Mademoiselle !
Mademoiselle !
Vous avez oublié votre sac.
Non.
- Mais si ! - Non.
C'est une erreur.
- Prenez-le. - Non !
- C'est pas à moi. - Si !
- Non. - Montrez-moi.
Il y a une étiquette.
Je m'appelle Meyer.
Regardez l'étiquette.
- C'est votre sac. - Non.
Dick McMahon.
Ce n'est pas mon sac, je m'appelle Meyer.
M. McMahon n'est plus ici.
Il a fait une rechute.
Comment ça, une rechute ?
On l'a hospitalisé.
Quoi ?
Où était l'infirmière ?
On était censé le surveiller.
- Ce service a été annulé. - Par qui ?
À la demande de sa fille.
Non, il y a erreur.
OK, écoutez-moi.
Dans quel hôpital est-il ?
- De la famille ? - Oui.
- Lien de parenté ? - Je suis sa belle-fille.
Pas sur la liste.
Dites-moi dans quel hôpital on l'a envoyé !
"Treat Austin Morrison, ambassadeur,
diplômé de l'Université de Californie
et du National War College.
Nommé second lieutenant de l'armée américaine.
Marié.
Treat Austin Morrison, fils unique, depuis le suicide de sa sœur,
de parents de la classe ouvrière.
Marié à Diane Waring.
Veuf.
Un jeune veuf.
L'homme qui allait devenir
le représentant de l'Amérique dans les situations les plus tendues."
Tout dépend d'où vous voulez démarrer votre histoire.
Une préférence ?
Beaucoup tirent un plaisir mystique
d'événements s'étant produit il y a 40 ans
ou 45 ans.
Des histoires larmoyantes d'enfants incompris par leur mère
ou rejetés à l'école, mais...
Je n'aime pas ressasser tout ça.
Non qu'il y ait du mal à ça.
Je ne trouve ça ni complaisant,
ni misérabiliste.
Mais je n'aime pas ça.
Je ne le fais pas.
Peu importe où ça commence.
Vous avez raison.
Ce qui compte,
c'est la suite.
Quelle sera la prochaine phrase ?
Aucune, Berquist veut qu'on annule.
Berquist est fait...
pour le législatif.
Le mieux qu'il puisse espérer serait d'être député.
Pas sénateur, personne ne l'aime.
Un député sur 435, c'est tout ce qu'il peut espérer.
Mais vous...
Vous êtes taillé pour l'exécutif, Treat.
Pour ce bureau,
ou un autre encore plus grand,
j'en fais le pari.
Ne vous mêlez pas de ses projets.
S'ils ne vous profitent pas.
Je pense que le projet de Berquist
vous profitera d'une façon inattendue.
Laissez-le se salir.
Il ne sera jamais qu'un député sur 435.
Vous serez le numéro un.
Souvenez-vous...
Vous, moi, Berquist.
On mange tous dans le même plat.
Mais vous devriez...
préférer la cuillère.
Pour racler les bords.
Pas de restes.
On ne néglige rien.
C'est quoi, votre hôtel ?
Mon hôtel ?
Oui, le Ramada ?
- Le Royale Caribe, l'InterCon ? - Le Ramada.
On a abandonné notre vraie vie.
Je suis censée m'y faire parce que je suis ta fille, mais non.
- Cat... - Non.
Qu'est-ce qu'il y avait à Malibu qui te manque ?
On avait la plage à côté.
Et un jacuzzi, et un court de tennis.
Quoi d'autre ?
On avait trois voitures.
Très bien.
Un jacuzzi, un court de tennis, trois voitures, c'est ça la vraie vie ?
Non.
Désolée, ma puce. Ce n'est pas ce que je...
J'avais mon père, merci bien.
BIENVENUE À L'AMBASSADEUR
JOYEUX 4 JUILLET !
McMahon, Elena. Je vous avais appelé.
Noix de coco fraîche !
Noix de coco fraîche !
MCMAHON RICHARD, 64 ANS, DÉCÉDÉ À L'HÔPITAL
Votre badge ?
Joyeux 4 juillet. Votre badge ?
Joyeux 4 juillet.
Joyeux 4 juillet.
Demain matin, il sera trop tard.
Je dois parler à quelqu'un.
J'ai besoin d'un passeport pour rentrer.
Désolé, nos bureaux sont fermés pour le pique-nique du 4 juillet.
C'est en ce moment ?
- Oui. - Je peux voir quelqu'un ?
Non, pas de rendez-vous aujourd'hui.
Pas besoin de rendez-vous pour parler à quelqu'un pendant un pique-nique.
En théorie, oui, mais il vous faut un passeport.
Très bien.
Qu'est-ce que je vous sers ?
Un whisky-soda, s'il vous plaît.
J'allais partir.
Trop tard.
Votre dernier repas ?
Merci.
Vous avez vu les nouvelles ?
J'ai eu un scoop d'un ami concernant une femme que personne ne connaît.
Départ non déclaré du pays,
bref séjour à San José,
passage de la douane d'Antigua avec un faux passeport.
C'est fascinant.
Vous êtes prêt à rendre tout cela public ?
Déjà fait.
Par Guerrero, une journaliste de l'Atlantic Post.
Vous êtes de mèche.
J'ai perdu de vue ma cible habituelle...
C'est normal pour vous, d'être à la traîne ?
D'attendre que quelqu'un comme moi
soit dans le pétrin pour que la situation
semble tout à coup urgente ?
Au point qu'il faille vous en mêler
et laisser votre secrétaire prendre les messages ?
Peut-être.
À quel autre journaliste confier des infos top secrètes,
si ce n'est vous ?
Une reporter de Washington avec une éthique,
capable de couvrir la campagne électorale
tout en livrant des munitions en Amérique du Sud ?
Il y a un article à faire.
Vous trouvez ?
Comme si les barbouzes dans votre genre lisaient.
Pas très malin de vous être montrée ici.
Dans un monde parfait, on ferait tous des choix parfaits.
Dans le vrai monde, on fait de vrais choix.
Ce n'est pas un jeu à somme nulle.
Ce n'était pas votre thèse à la dernière conférence
du conseil des affaires étrangères ?
Vous y étiez ?
J'étais sur beaucoup de sujets avant que mon bureau soit paralysé
et que je sois reléguée à couvrir ce cirque
et à écrire de la propagande sur du fumier d'éléphant.
Bien vu.
Parlons...
d'autres événements intéressants.
Dick McMahon est mon père.
J'ai pris sa place dans un avion fantôme à Fort Lauderdale le 29 juin,
à 1h20 du matin.
Un gros avion Lockheed rempli de flingues,
de munitions, de mines, de C-4, assez pour prendre Managua.
J'ai trafiqué ouvertement.
Sans être payée.
Sans protection, sans plan.
Un jeu où on ne me laissait pas jouer.
Une guerre secrète.
Maintenant, j'ai un passeport bidon et pas de billet retour.
Ça, je le sais.
Mais pourquoi êtes-vous encore là ?
Partie pour l'argent.
Restée pour le scoop.
Bien essayé.
Partie pour mon père, restée pour l'article.
C'est mieux.
Très bien.
Partie sans raison.
Et restée...
Restée parce que j'étais perdue.
Je sens que ça recommence.
J'étais...
Ma relation...
avec ma fille, Catherine, s'essoufflait.
Et je savais que...
si je m'éloignais d'elle...
je m'éloignerais de tout, je...
m'enfuirais.
Ce que je veux savoir...
c'est ce que vous faites là.
Votre rôle dans tout ça.
Si ce n'est...
mettre de l'huile sur le feu.
Je croyais que c'était toi.
Je croyais que c'était toi.
Celui qu'on avait envoyé pour me tuer.
Je t'attendais.
Diane avait une cicatrice aussi.
Avant sa mort.
"Le regard embrumé..."
Bla, bla.
"Galions aux feux des Caraïbes..."
Bla, bla, bla.
"Le regard embrumé vers le Paradis."
Diane adorait la poésie.
Alceste.
Amoureuse de la mort et revenue des enfers.
Demain.
Quoi, demain ?
On part demain.
JOYEUX ANNIVERSAIRE L'AMÉRIQUE
- Allez. - Quoi ?
- Donnez. - Non.
- C'est la deuxième fois. - Rendez-le-moi.
Non. Allez !
- Non. - Si.
- Non ? - Vous...
Je peux le vendre ?
- Non. - Laissez-moi.
Chalatenango.
- J'y crois pas. - La deuxième fois.
Au moins, quand on empale un vampire,
- il crève. - Eh !
- C'est l'heure de partir. - Ouais.
- Bonne soirée. - À plus.
Tu viens demain ?
- Non. - Rendez-le-moi.
Elena !
Les clients sont priés de rester dans leur chambre jusqu'à nouvel ordre.
Vos compatriotes ne le sont plus.
Vous ne devriez plus être là.
Vous ne pouvez pas me dire qui vous êtes, comment vous savez ça ?
Les balles parlent d'elles-mêmes, non ?
Laissez-nous passer !
Laissez-nous !
Laissez-nous, mes frères !
Laissez-nous passer !
Vous ne comprenez pas ?
Ils devaient appâter votre père avec une grosse somme.
Une paie d'un million de dollars.
C'est un vieux à moitié fou,
- en pleine crise. - Non.
C'est un homme qui a prouvé par le passé
qu'il se fichait d'où atterrissait sa marchandise.
Il est bien placé pour jouer le mauvais rôle
dans ce qu'ils ont planifié.
"Un trafiquant d'armes tué dans un attentat aux Caraïbes."
Et alors ?
À qui il manquerait ?
À qui ?
À vous ?
Dossier clos.
Fini, terminé.
Mais vous...
Vous, Elena,
avez pris sa place.
Et il faut quand même clore le dossier.
Tous ces petits...
détails rassemblés pour les archives doivent tomber dans l'oubli.
Avec votre nom en dernier.
Le passeport, il...
La passeport n'était là que pour vous garder dans le jeu.
Vous auriez pu prendre l'avion et repartir.
Le passeport n'aurait pas été valide à votre arrivée
et vous auriez été arrêtée.
Ou plutôt secourue par les autorités,
raison de plus pour repartir.
Mais non.
Vous êtes encore là.
Ce sujet, c'est tout ce qui me reste.
Vous savez...
qui sont les victimes cachées de la guerre du Vietnam ?
Les journalistes...
qui n'ont jamais oublié.
Eh, Jones !
La voie est libre.
Vous pouvez rester.
Il y a un téléphone là-bas.
Un jour ou deux.
Je vais essayer de trouver un bateau.
On est censé survivre aux histoires.
Ici Guerrero.
- C'est moi. - Elena ?
Appelle le père de Catherine, Wynn,
dès qu'on aura raccroché.
Dis-lui d'aller la chercher au pensionnat.
Pas d'envoyer quelqu'un,
mais d'y aller en personne.
Et qu'elle reste avec lui jusqu'à mon retour.
OK. Ellie...
Dick est mort.
Je sais.
Ils l'ont hospitalisé le lendemain de ton départ, je n'ai pas pu le voir.
Je ne savais pas si je devais te contacter ou si c'était risqué.
Je suis désolée Elena. Écoute...
D'après mes sources, il y aurait un espion français là-bas
qui enquêterait sur le même sujet.
Je ne connais pas son nom,
mais il pourrait te fournir un visa pour te sortir d'ici.
Les choses s'accélèrent, ici.
La tentative d'assassinat à l'InterCon...
- J'y étais. - Je sais.
Je sais, on est tous inquiets pour toi.
Mais ça va aller.
L'armée envoie des renforts.
L'armée était déjà là avant la tentative d'assassinat.
Ils l'avaient prévue.
Et savaient que j'y étais.
D'une pierre, deux coups. Dossier clos.
Quoi ?
La date de la mort de Dick sur mon passeport.
OK, calme-toi.
"Un trafiquant d'armes tué dans un attentat."
Vous avez pris sa place.
Allô ? Elena ?
Elena ? Allô ?
Elena !
Elena !
Elena !
Il y a deux choses que tu dois savoir.
Premièrement, tu dois retourner à Malibu.
Ton père va venir te chercher.
Ne pars avec personne d'autre, compris ?
Et deuxièmement...
je t'aime.
Je sais que parfois on se dispute, mais...
Je pense que tu sais
qu'on se dispute parce que je veux que tu sois heureuse.
Que tu ne gâches pas ta vie.
Ni ton talent.
Que tu ne confondes pas celle que tu es et celle qu'on voudrait que tu sois.
Je te sens hocher la tête.
Je t'aime plus que tout ma Kit-Cat.
OK.
Tout est prêt, un chauffeur arrive.
Il s'appelle Paul, il t'attend.
Personne ne saura.
J'ai contacté le consulat, tu seras bientôt rapatriée.
En cas de soucis, ne viens pas ici.
C'est trop dangereux.
C'est moi qui viendrai.
Je peux vous aider ?
Bonjour.
Je m'appelle Elise Meyer.
La fameuse Elise de Miami, hautement recommandée ?
Venez, vous allez commencer maintenant.
Qui aimerait traîner en ville avec des marins machos
quand on peut côtoyer le Paradis ?
Ce boulot n'est pas compliqué.
Tous les jours, à 10 h du matin,
sans exception,
vous irez chercher des fruits au marché.
Il y a plus près.
Non, au marché, merci bien.
Des goyaves chez le marchand à l'entrée.
Achetez les journaux à la petite dame deux rues plus loin.
Achetez-les tous.
J'aime me tenir informé.
Tout doit être prêt quand nous recevons des invités.
Et... laissez-moi réfléchir.
Voici notre cuisinière, Evelina.
Elle arrive toujours à 5 h
et s'occupe du dîner, vous n'aurez pas à le faire.
Occupez-vous juste du rangement.
Je lave les chaises ?
C'est vrai, vous êtes douée.
Vous connaissez ?
Musique de Gary Geld, livret de Peter Udell et Ossie Davis.
C'est exquis.
Je préfère la version de Melba Moore.
Melba Moore était très sous-estimée.
Pas de critiques.
Bref, vous devriez être occupée jusqu'à 14 h tous les jours.
Sans raccourci possible. Pas de raccourcis.
Après ça, vous êtes libre.
C'est pas magnifique ?
Quoi de plus beau que ça ?
Prenez la journée.
Pour vous installer.
Allez-y doucement avec le générateur.
Pas besoin de lumière tous les jours.
Je ne l'alimente qu'une fois par semaine et c'est bien assez.
Elise, c'est l'happy hour !
J'arrive !
Joyeuse happy hour !
C'était compliqué.
J'en aurais, des histoires.
Je ne vais pas citer de noms, mais...
Si je vous donnais les noms,
vous les reconnaîtriez tous.
Puis j'ai été à Haïti.
J'ai adoré.
J'étais plus ou moins célibataire, là-bas.
Juste un homme du monde.
J'ai ouvert les premiers,
et à ma connaissance les derniers,
bains publics gay de luxe de tout Port-au-Prince.
Encore une fois, pas de noms,
mais mes clients étaient de grands traders de Wall Street,
des acteurs majeurs de l'industrie du cinéma,
des agents, des cadres, des gros bonnets.
De tous les pays où j'ai vécu...
je pense que...
ça aurait pu être mon pays.
Mais j'ai pris peur quand on a accroché des cadavres de poulets à ma porte.
Je ne suis peut-être pas la plus futée des folles,
mais quand je vois un poulet mort,
je sais ce que ça veut dire.
Je comprends le message.
Pas de poulet.
Pas de vaudou.
Pas de Port-au-Prince.
Alors, j'ai fini ici.
Bob m'a aidé à m'installer.
Notre hôtel était un succès.
On était complet tous les week-ends.
On avait lancé un commerce florissant avec l'Europe.
Mais quelques coups d'État et bombardements plus tard,
les touristes ont commencé à se faire rares.
Après plusieurs avertissements du gouvernement, on en est là.
Pourquoi être resté ?
Que faites-vous ici ?
Je pourrais vous poser la même question.
Dans mon cas, je...
je pense que je suis resté parce que...
j'ai un certain attachement au plaisir.
Dites à Evelina de dresser la table pour trois.
Mon ami va passer.
Qui ça ?
L'ami dont je vous avais parlé.
Bob ?
Non.
Mon autre ami.
Soyez gentille, resservez-moi.
Ce n'est pas comme si
le panneau "chambres libres" me coûtait cher en électricité.
Je te le répète, je connais des gens qui peuvent t'aider.
Des gens que tu as déjà croisés.
Vas-y, prends une chambre.
Remplis-la de ce que tu veux.
Du punch ?
Laissez ça sur le bord, Elena.
Remplis-la, vide-la, je m'en fiche.
Je veux ma part.
File-moi un peu de ce carburant colombien de temps en temps et je serai gentil.
Je te l'ai dit, on a déjà fait ça...
...par le passé.
Je peux t'offrir un avenir.
MILICES SANDINISTES
Elise !
Elise !
Et merde.
Evelina !
Lavez vos chaises, Elise.
En cas de soucis, ne viens pas ici. C'est dangereux.
C'est moi qui viendrai.
Elle sait quelque chose ?
Tu lui as tout dit ?
Bien sûr que non.
N'y vas pas trop fort.
Le bétail doit rester dans son champ.
...tu as sorti le bétail de son champ.
Tu viens de rater mon associé. Tu le connais, Epperson.
- Ça ne me dit rien. - Mais si.
Eh, Maxie !
Dépêche-toi de faire griller la bouffe.
Salut, Ellie.
Ces étincelles ne te brûleront pas.
Elles sont froides.
C'est comme s'il n'existait pas.
On a trouvé un certain Bob Weir.
Bob m'a installé ici.
S'il est là,
ça marque généralement la fin d'une ère.
Elise ?
C'est vous ?
Elle reviendra.
Il est ici.
Bob Weir.
Merde. Entre.
Au-delà des océans...
gorgés de sel et de poissons...
tu penses qu'il y a quoi ?
Je pense qu'il n'y a rien là-bas, rien du tout.
L'avion sera là à 8 h demain.
Un véhicule banalisé t'y conduira.
Il est à nous, donc sûr.
Je dois rester le temps que les choses se tassent.
Dit l'agent secret en s'enfonçant dans les flammes.
L'Easy Rider de la géopolitique,
trop cool pour la presse.
Arrête. Quelle journaliste tu fais.
Pure manipulation.
Je te récupère dans la crique à 6 h.
Avec tes notes et la vidéo.
Sinon, tout est foutu.
Ils n'ont pas pu les trouver ?
Je les ai planquées.
Bien.
Je serai chez nous avant la rentrée.
"Chez nous" ? Où ?
Là où tu seras, Cat.
Je t'appelle demain avant d'embarquer.
Demain quand ?
Probablement vers 3 h chez toi.
Je serai là.
Tu le promets ?
Oui.
Je le promets.
Je t'attendrai.
Veuillez raccrocher et réessayer.
Si vous avez besoin d'aide, raccrochez et contactez votre opérateur.
Pour passer un appel, veuillez raccrocher et réessayer.
Si vous avez besoin d'aide, raccrochez et contactez votre opérateur.
Des faits marquants se sont déroulés.
D'abord, j'ai voulu savoir qui.
Qui préférait l'argent à la vie ?
L'acier et le plomb au sang et à l'âme ?
Quel va-t-en-guerre ?
Quel profiteur ?
Quel sans cœur, quel inconscient ?
Elena ?
Et ensuite...
Ensuite, j'ai voulu savoir pourquoi.
Demain.
Demain, quoi ?
Demain, on part.
La suspecte s'est tournée vers moi,
a sorti une arme
et m'a blessé à l'épaule.
J'ai tiré à mon tour.
Ce tir lui a été fatal.
Je pense...
qu'elle se savait fichue.
Vous savez...
on pense gérer la situation.
Et on se rend compte qu'on ne gère absolument rien.
Même si ça tient debout,
ça ne la ramènera pas.
Par ici, s'il vous plaît.
Certains diraient qu'elle voulait de la thune.
D'autres, qu'elle a été prise dans les phares.
Je pense qu'Elena McMahon a été prise dans les phares.
L'eau lui dépassait la tête.
LE TRAFIC DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE
PAR ELENA MCMAHON ET ALMA GUERRERO
Ses motivations ?
Ce genre de tragédie n'a pas de réponse.
C'est juste une issue malheureuse.
La dernière que j'aurais voulue.
Des faits marquants se sont déroulés.
Mais on avançait vite.
On voyageait léger.
On était plus jeune.
J'étais plus jeune.
"On fait partie
du brouillon de l'histoire," comme on disait.
De simples détails.
Et pourtant...
Malgré tout...
Adaptation : Marie Valerio
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