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L'OPINION PUBLIQUE
Au public.
Pour éviter tout malentendu,
je tiens à annoncer
que je n'apparais pas dans ce film.
C'est le premier drame sérieux
écrit et réalisé par moi.
Un petit village en France.
Marie St. Clair, femme marquée par le destin,
victime d'un foyer malheureux.
"Je suis enfermée."
"Je dois te voir ce soir, Marie,
"à propos de nos projets pour demain."
Tout en faisant des plans d'avenir,
ils reviennent chez elle.
"Nous serons à Paris à midi,
"et avant le soir, nous serons mariés."
"Il a fermé la fenêtre."
"Votre fille a été enfermée hors de chez elle."
"Il te fournira peut-être un lit pour la nuit."
"Ne te donne pas la peine."
"Viens chez moi. Ma mère t'abritera pour la nuit."
"Je vais demander à maman de faire ton lit."
"Je t'en prie, ne la réveille pas."
"Je ne sais pas quoi faire."
"Ne t'inquiète pas, ma chérie,
"demain nous oublierons toutes ces larmes."
"Je veux te voir, seul."
"Fais sortir cette femme de la maison !"
"Comment cela ?
"Je vais appeler maman, elle comprendra."
"Elle a été enfermée hors de chez elle, voilà tout."
"Je ferais mieux de m'en aller."
"Il y a un train pour Paris à minuit 15.
"Nous pouvons le prendre."
"Achète les billets. Je rentre faire ma valise."
"Fais vite."
"Père, ils sont décidés à se marier.
"Pourquoi ne pas nous y résoudre ?"
"Je ne veux jamais le revoir."
"Il a un peu d'argent ?"
"Je t'en prie, dis-lui au revoir avant qu'il s'en aille."
"Jean, dis au revoir à ton père."
"Vite, le médecin !"
"Jean, tu n'es pas encore parti ?"
"C'est toi, Marie ?"
"Une chose affreuse est arrivée.
"Nous devons remettre notre départ."
"Un instant."
Un an plus tard, à Paris,
ville magique où la fortune est volage
et où les femmes jouent avec les vies...
Pierre Revel, un bon vivant
dont les caprices ont fait et détruit
la carrière de plus d'une femme.
Marie St. Clair, passée de son triste village
au gai Paris.
"Le célibataire le plus riche de Paris."
"Qui est-ce ?"
"Une des vieilles filles les plus riches de Paris."
"Et l'homme avec elle ?"
Pierre Revel étudie l'art culinaire
tout comme il fait un art de sa vie.
"Ces mouchoirs parfumés empestent ma cuisine."
Des truffes au champagne.
Les truffes sont déterrées par les porcs.
Un mets délicat pour les porcs et pour les gentlemen.
Le lendemain, de bon matin.
L'appartement de Marie St. Clair.
Fifi, une amie,
jeune et vive, menant la vie de la jeunesse.
"Marie, quelle paresseuse !"
"Allons, lève-toi. Passer sa vie au lit !"
"Pourquoi es-tu levée si tôt ?
"Je ne me suis pas couchée."
Le cabinet de travail de Pierre Revel.
Fiançailles annoncées
Un mariage qui unira deux grosses fortunes
"Cela ne va-t-il pas compliquer les choses ?"
"L'autre dame."
"Appelez-la."
"Qui ?"
"L'autre dame."
"Bonjour, ma chérie. Je te retrouve ce soir à dîner ?"
"Mais bien sûr."
"Elle ne sait pas encore."
Paulette, une autre amie.
"Marie a vu ça ?"
"Enfin, c'est la vie."
"Ne t'en fais pas, ma chérie.
"Tout finira par s'arranger."
"Inutile, Pierre. Je ne peux pas sortir ce soir."
"Je suis trop déprimée."
"Tu ne t'en fais pas pour ça, au moins ?"
"Cela ne change rien pour nous.
"Tout continuera comme avant."
"Comment peux-tu dire ça ?"
"Je te verrai demain, quand tu seras de meilleure humeur.
"Bonsoir."
Ce soir-là, au quartier latin.
"Marie, je suis dans l'atelier d'un ami.
"Pourquoi ne pas nous rejoindre ?"
"Que se passe-t-il ?"
"Juste une petite fête tranquille, avec quelques amis."
"Tu trouveras facilement.
"L'atelier sur la gauche, ou la droite, je ne sais pas."
"Eh bien."
Le temps transforme les intimes en étrangers,
et le formalisme dissimule leurs vraies émotions.
"Comme vous êtes belle."
"Je vois que tu es devenu un véritable artiste."
"Alors c'est entendu, tu vas peindre mon portrait ?"
"Voici mon adresse.
"Si tu passes demain, nous réglerons les détails."
Le lendemain matin.
"Voici la robe dans laquelle je voudrais être peinte."
"Jean, de qui es-tu en deuil ?"
"De mon père."
"Quand est-il mort ?"
"La nuit où tu es partie."
"Offrez-en à Monsieur, dans la pièce à côté."
"Pourquoi t'expliquer ? Tu ne comprendrais pas."
"Tu conclus trop vite. Je comprends parfaitement."
"Tu es trop malin."
"Mais sois prudente."
"Alors, ce sera la robe argentée ?"
Avec le passage des jours, le portrait allait vers sa finition.
"Tu n'es pas fatigué ?"
"Tu as promis de ne pas regarder le tableau
"avant qu'il soit fini."
"Pourquoi faire revivre le passé ?"
"Je te connaissais mieux, alors."
"Je t'aime, Marie, en dépit de tout, je t'aime."
"Nous pouvons nous marier et recommencer notre vie."
Marie St. Clair a un problème en tête :
le mariage ou le luxe ?
"Rien à faire, ce n'est pas une vie."
"Ce n'est pas une si mauvaise vie : tu as tout ce que tu veux."
"Pas tout."
"Pauvre petite femme."
"Le problème, c'est que tu ne sais pas
"ce que tu veux vraiment."
"Je veux un vrai foyer, des enfants, et un homme qui me respecte."
"Tu ne me prends jamais au sérieux."
"Allons, qu'est-ce qui ne va pas ?"
"Je suis très malheureuse.
"Qu'est-ce que la vie m'apporte ? Rien."
"Pourquoi cette crise de nerfs ? Qu'est-ce que ça veut dire ?"
"Que nous devons nous séparer."
"Qui est-ce ? Ce jeune peintre ?"
"Peu importe qui c'est.
"Il m'aime et il va m'épouser."
"Tu l'aimes ?"
"Oui !"
"Menteuse."
"Je l'aime."
"Je te verrai demain soir, au dîner."
"Tu ne me reverras jamais."
"Très bien, téléphone-moi à l'occasion."
Un problème éternel. Mère et fils.
"D'accord, je ne l'épouserai pas. Arrête d'insister."
"Cela me serait égal, mais ce genre de femme..."
"Je te l'ai dit, je ne l'épouserai pas."
"Je ne pense qu'à ton avenir."
"Oui, tu penses à mon avenir quand il concerne le tien."
"Pourquoi être si bouleversée ?"
"Tu es trop crédule, maman.
"Je ne l'épouserais pas, bien sûr."
"Mais tu le lui as demandé."
"Oui, dans un moment de faiblesse."
"Tu as peut-être raison. C'était un moment de faiblesse."
"Ne sois pas ridicule."
Ce soir-là, Pierre Revel se console avec l'amie de Marie.
"Pierre est là avec Paulette."
"Et elle dit qu'elle est l'amie de Marie."
"A l'appartement de Mademoiselle. Je rentre à pied."
Et ce soir-là, Marie se console.
"Il est toujours dehors, madame."
"Thérèse, appelle-le."
"Appelez-la."
"Tu as appelé ?"
"Non, c'est toi ?"
"Arrêtons ces bêtises. Quand te reverrai-je ?"
"Tu ne m'aimes plus."
"Demain soir, pour le dîner ?"
"Entendu. Bonne nuit, ma chérie."
Le lendemain matin.
"Ma chérie, j'ai tant de choses à te raconter."
"Tu sais qui était avec Pierre hier soir ?
"Cette garce de Paulette."
"Et elle se dit ton amie, cette hypocrite..."
"Ne dis pas un mot sur hier soir."
"Il veut que je dîne encore avec lui ce soir,
"mais je m'inquiète pour Marie."
"Tu ne sais pas ce qu'elle dit !
"Elle dîne encore avec lui ce soir."
"A quelle heure dînons-nous ce soir, mon chéri ?
"A sept heures et demie."
"Tu es sûr que tu n'es pas pris ?"
"Il faut que je me sauve."
"Au revoir, ma chérie."
Les heures passent.
Le remords et le désespoir décident du sort de Jean Millet.
"Tu as l'air fatigué, mon chéri. Ne rentre pas tard."
"Je ne sais pas laquelle de tes humeurs m'amuse le plus."
Marie, je dois te voir pour la dernière fois.
"Mort."
"Votre fils a eu un grave accident.
"Préparez-vous au pire."
"Quel âge avait votre fils ?"
"Habitait-il à Paris ?"
"Où est votre maîtresse ?"
"Elle est allée à l'atelier de votre fils."
Le temps guérit les blessures,
et l'expérience montre que le secret du bonheur
se trouve dans le service des autres.
"Maman, voici Père !"
"Je vois que votre famille compte un nouveau membre."
"Jeune femme, quand allez-vous vous marier
"et avoir des enfants à vous ?"
"Au fait, qu'est devenue Marie St. Clair ?"
Traduction : B. Eisenschitz
Sous-titrage : L.V.T. - Paris
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