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ou l'art et la mani�re d'assaisonner les chefs
- Vous �tes ? - Loretta ?
M. Vandeveer, je peux vous expliquer.
- Trop tard, vous �tes renvoy�e. - M. Vandeveer !
Ouvrez-moi la porte, Loretta, puis, prenez-la !
Merci, gras-double !
Beecham ! Beecham !
Beecham, pourquoi faut-il vous appeler 3 fois ?
Je suis l�.
Je vous avais dit de faire d�guerpir Loretta.
Une fid�le employ�e.
J'ai trouv� du beurre de cacahou�te dans ses affaires.
Pas de gobelet en carton ici.
- De cacahou�te ! - Vous fouilliez ses affaires ?
Skeffington, quel est cet attirail ?
Un projet pour la couverture de janvier.
Cette monstruosit� ferait je�ner un boa constrictor affam�.
Je veux de la viande rouge, jeune b�otien,
sinon je vous renvoie � vos photos d'identit� !
Tout simplement charmant, mon petit.
J'en rajouterais une lichette au sommet.
Beecham,
retirez une �toile � Chez Auguste.
Depuis le d�ner d'hier, je produis plus de gaz que le Moyen-Orient.
- M. Vandeveer. - Quoi, Bussingbill ?
J'ai eu une illumination pour le Sp�cial P�ques.
Que diriez-vous de recr�er
le menu de la C�ne ?
Pauvre illumin�.
C'est assur�ment, Bussingbill,
la suggestion la plus indigeste, vulgaire et macabre
que j'aie eu l'infortune d'entendre.
Que me r�servez-vous d'autre ?
Les recettes gourmandes des rescap�s des Andes ?
Que diable J�sus a pu manger, ce soir-l� ?
Si c'est plus exotique que du pain azyme au fromage frais,
on lui consacrera une double page.
Je ne tol�re aucune bo�te de conserve !
Laissez-moi go�ter, Soong.
Prenez une lettre pour la reine. Formule habituelle :
"Plaise � Votre Majest�
"d'�tre assur�e que j'ai fait l'impossible
"pour �laborer un repas des plus exquis,
"dans l'espoir qu'apr�s 40 ann�es,
"mon p�re sera enfin pardonn�
"d'avoir pr�sent� Wallis Simpson
"� feu votre oncle.
"Si vous souhaitez m'adresser un gage de gratitude,
"je me permets de sugg�rer la Barbade.
"Je demeure votre humble et fid�le patati, patata."
- Un pur d�lice. Qu'�tait-ce ? - Mon d�jeuner.
Je m'en doute, mais encore ?
Articulez.
Patte de canard au beurre de cacahou�te.
Il est bient�t 11 h, et vous voyez le m�decin � 11 h 15.
D�commandez, je me sens immortel !
Il n'emp�che, Mumbala a amen� la voiture.
E�t-il amen� le Queen Elizabeth 2, d�commandez.
Quid de mon caf�-brioche ?
Je ne supporte pas un matin sans brioche.
Dans la voiture, monsieur.
- Tout doux, Lumumba. - Ce n'est pas son nom.
� une syllabe pr�s.
Cessez de maugr�er.
Pourquoi n'a-t-il pas rempli mon flacon ?
Et regardez, plus aucun fruit sec.
Ils vous sont interdits.
Fadaises ! Des kilos de noisettes n'ont jamais tu� personne.
Le restaurant v�g�tarien sur Oxford Street
est l'emplacement id�al pour le vaisseau amiral.
J'en ai pour une minute.
OK, m'sieur.
Seule question : le v�g�tarien acceptera-t-il de vendre ?
Salut !
Un Am�ricain, je parie.
Vous d�sirez ?
Le plat du jour, lait caill� au falafel.
Sans fa�on. Je passais juste vous saluer.
- Chouette cambuse. - Merci beaucoup.
On va �tre voisins, j'ai achet� � c�t�.
Ah bon ?
Eh oui ! Le Burger de Pete le Ranger.
100 % viande.
Piti�, pas si fort.
La bonne viande, fiston, des Longhorn de chez moi !
Et je suis Pete le ranger !
Salut.
Salut, la compagnie !
Salut, ma p'tite dame !
Oui, toutes nos b�tes sont abattues sur place.
Elles sont quoi ?
Abattues sur place. Une garantie de fra�cheur :
"Votre burger du jour �tait encore sur pattes, ce matin."
J�sus, Marie, Joseph.
Ne vous bilez pas, fiston, on va insonoriser.
Vous n'entendrez pas le maillet.
Pas un seul crac.
Salut, ma p'tite dame.
On sera donc voisins ?
H� oui. �a sera-t-y-pas gentil ?
Bon, je filoche.
Quand je serai install�, venez...
tailler une bavette !
Relax, je vous passerai tablier et bottes.
� la revoyure, cow-boy.
Et bonne route !
R�ponse : oui.
Posez donc cela sur un gu�ridon.
Rappliquez, Lumumba. Oh, hisse !
Sortez-moi sans m'�carteler !
Maximilian, merci infiniment d'�tre si ponctuel.
"M. Vandeveer".
Je refuse toutes familiarit�s
� quiconque ayant trifouill� mon rectum.
- Allons bon. - M�me si l'exp�rience vous a plu.
� votre guise...
M. Vandeveer.
J'ai h�las de f�cheuses nouvelles. Peut-�tre...
vaudrait-il mieux que nous...
parlions seul � seul.
Faites, nous sommes seuls.
Suis-je sot.
Bon...
j'ai examin� vos r�sultats.
Si vous �tiez votre pardessus ?
Pourquoi ? Votre diagnostic va h�ter les beaux jours ?
M. Vandeveer, vous n'�tes pas en bonne sant�.
Sinon je consulterais ma fleuriste.
Dr Deere, combien de temps il me reste ?
Tout d�pend de vous.
Tant que ce n'est pas de vous.
M. Vandeveer,
vous souffrez de la goutte,
de la maladie du foie gras,
d'un ulc�re du duod�num,
d'une colopathie spasmodique,
d'un souffle au coeur,
et d'une grave calcification des art�res.
Et ce, parce que vous �tes gros comme un troupeau d'�l�phants.
Si vous ne perdez pas sans tarder
la moiti� de votre poids, vous mourrez dans 6 mois.
Docteur, inutile de me m�nager.
Vu l'�normit� de l'enjeu, vous arriverez � r�duire...
R�duire quoi ?
J'ai forg� mon destin � la force de la fourchette.
Je suis une oeuvre d'art,
cr��e par les plus grands chefs du monde.
Chaque bourrelet, un coup de pinceau,
chaque capiton, un sonnet,
chaque menton, un concerto.
Bref, Dr Maboul, je ne suis ni plus ni moins
qu'un chef-d'oeuvre.
Si vous ne changez pas radicalement votre alimentation,
vous �tes condamn�.
Dr Folamour,
avec tant de fruits d�fendus,
aurai-je encore go�t � la vie ?
Venez, Beecham.
Adieu, je ne vous reverrai plus.
J'en ai bien peur, M. Vandeveer.
- Maintenant, au Royal Grill. - Pour quoi faire ?
Y d�jeuner, un concept fascinant.
� 11 h 30 ?
Pour savoir l'heure, j'aurais regard� Big Ben.
Vous avez entendu le m�decin !
Bien que suisse, Louis Kohner est le meilleur chef d'Angleterre.
Je ne ferai plus bombance chez lui quand l'un de nous sera mort.
Au Royal Grill, Lumumba.
Et vite, avant que je tombe d'inanition.
Merci.
�a, je m'en occupe.
- Martha ! - Herman !
- Vous �tes mon chauffeur ? - Par ici.
La Lufthansa prie tous les passagers du vol LH49 pour Hanovre
d'aller en salle d'embarquement.
Vous avez pris la bonne route ?
Londres est � l'oppos�.
� quoi vous jouez ? Je veux sortir !
Chauffeur !
All� ?
Vous m'entendez ?
Non, je dois chuchoter. On m'a kid...
Le pompon.
- Alors, Max ? - Louis, de l'art, du grand art.
Un quintette de Schubert pour le palais.
Les hu�tres poch�es au champagne, une exp�rience divine.
Le carr� d'agneau, une d�couverte insoup�onn�e.
Fromage.
C'est la b�casse la plus cr�ative que j'aie mang�e.
Du fromage ?
Grand Dieu, non, je dois me surveiller.
Dans ce cas, venez voir.
Bernardo.
Il vous reste le plaisir des yeux.
Et maintenant, qu'en dites-vous ?
Splendides. D'o� viennent-ils ?
De Trafalgar Square.
Max, ils viennent d'o�, � votre avis ?
De chez Mme Fortescue, enfin !
Ses pigeons sont sans pareils au monde.
Je compte sur vous.
Quand Sa Majest� aura go�t� votre pigeon en cro�te,
� moi la pairie
qui m'est pass�e sous le nez, l'an dernier.
Tourne quand tu incorpores le beurre !
Nom d'un chien, je te l'ai d�j� dit !
Encore merci, Max, de m'avoir choisi pour ce banquet.
Vous et moi allons triompher, sans oublier Natasha.
Je ne l'ai jamais vue. Comment est-elle ? Fantastique ?
Natasha ?
Une p�tissi�re hors pair.
�a va de soi. Mais est-elle app�tissante ?
Navr�, mon gaillard.
Boulotte, quinquag�naire, et une t�te de flan.
L'acc�s est interdit.
Auguste, quel bon vent ?
Parlez-moi autrement.
Esp�ce de meule de fromage moisi.
C'est mieux. Vous me saviez ici ?
Vous d�jeunez chaque jour dans cette porcherie.
Louis, vous connaissez Auguste Grandvilliers.
Comment ce... sac poubelle fran�ais est-il entr� ?
Navr�, j'ai tout essay�.
Sauf la balle dans le genou.
Comment avez-vous pu causer ma perte ?
Que me vaut cette pantomime ?
Ceci.
Votre immonde feuille de chou.
"Le repas le plus fabuleux du monde"
pr�par� par les 4 meilleurs chefs.
Mais sans Auguste Grandvilliers.
Pourquoi sans Auguste Grandvilliers ?
Parce que j'ai choisi la cuisine la plus fabuleuse,
pas la plus surfaite.
Qu'est-ce que vous y connaissez ? Salet� de... critique !
Vous n'avez jamais rien cuisin�.
Inutile de savoir pondre pour reconna�tre un oeuf pourri.
De l� � choisir un Suisse, qui fait du schnitzel ?
Auguste, je n'ai pas choisi Louis
pour son schnitzel, mais son pigeon.
Son pigeon ?
Son pigeon est une infamie.
Je ne servirais pas son pigeon � mon chat.
Je crache sur son pigeon !
Tu as os� cracher sur mon pigeon ?
Moi, c'est sur toi que je crache !
Ta tambouille a un go�t de bouse !
Mon lapin,
retourne en France !
T'es malade !
Sur ma foi, je te tuerai !
Cingl�, va.
Virez-moi �a.
Je te tuerai !
Vous en dites quoi ?
Des champignons ? Pas mauvais, pour la saison.
- Bonjour, Nat. - C'est toi !
J'aurais pr�f�r� la traite des Blanches.
Un mari a pas le droit de voir sa femme ?
Ex-mari, ex-femme,
et ex-cuse-moi d'avoir un rendez-vous important.
Oui, j'ai appris la nouvelle. Bravo.
Cette salle mythique t'accueille. Je t'envie.
- Je te rapporte un cendrier, OK ? - J'ai un truc � te montrer.
Robby, �a s'appelle un kidnapping.
� la hauteur, bien s�r, de tes glorieux exploits,
tel l'adult�re. N'oublions pas l'adult�re.
Des galipettes avec sa secr�taire, c'est pas un adult�re.
- C'est de la st�no ? - J'ai d�j� oubli� son pr�nom.
Vikki avec 2 K et z�ro soutif.
Bouge tes fesses, que je te montre un truc.
Tu pers�v�res dans la malbouffe ?
Tu mijotes quoi, burger de poulet ?
Omelette.
Artificielle, d�shydrat�e, en VPC ?
Aux oeufs frais !
J'ouvre une cha�ne de franchis�s en Europe :
Londres, Paris, Rome, Venise,
Copenhague et, j'esp�re, Bruxelles.
Bien jou�. La m�me invasion qu'Hitler.
T'en dis quoi ?
J'ex�cre tout dans ce projet.
Donc, si je ne m'abuse, il va encore te rapporter gros.
Exact, t'as jamais �t� fan des pr�c�dents.
Ton concept ethnique avait de l'audace.
O� en sont "Les Bretzels de Rachel" ?
Vendus � Columbia Industries pour 3 millions de dollars.
- Et ta cha�ne de soul food ? - "Les Entrailles du bon Dieu" ?
- �a donne envie. - Vendue aussi. Quatre millions.
L�, ce sera "La Maison du cholest�rol" ?
Approche.
Cette fois, je me suis surpass�.
Pr�te ?
"Cot Cot Cot".
- "Cot Cot Cot" ? - Oui.
Et tu feras une Big Codette ?
� faire glousser les poulettes.
Avec toi, le monde serait une vaste pizz�ria en plastique pastel.
Et ? Le monde raffole de la pizza.
Sauf le tien, fait de vins fins, d'aromates et de petites �toiles.
Mais le monde r�el, avec 4 gosses et 1,89 $ pour les nourrir.
Tu veux combattre la pauvret� ?
T�te d'oeuf ! 1,89 $ ne rime pas avec cochonnerie.
Une bonne omelette est facile � faire.
Je cherche justement un grand chef pour le cahier des charges.
On arrive enfin au pourquoi du comment !
Pardon ?
- Tu ne m'imaginais pas... - T'es folle ?
J'ai 20 noms en t�te avant le tien.
Je n'accepterai jamais ce job. Jamais de la vie.
Navr� d'en avoir parl�.
Parole de scout, je recommencerai pas.
Ma derni�re offre : pas de pr�sence en cuisine ou ailleurs.
Juste ta photo au mur, en t-shirt, tout sourire.
Pourquoi pas Vikki, sans t-shirt.
Dis oui ou non, mais arr�te tes sarcasmes.
- Pourquoi tu l'as pas emp�ch�e ? - De quoi ?
D'utiliser ma cuisine.
Toujours aussi ravissante.
Vil flatteur ! Vous m'aviez promis une suite.
N'essayez pas de m'embobiner.
Venez, la reine n'attend pas !
Vous l'avez �pous� sans mon aval.
Et le jour o� vous l'avez quitt�, je vous ai envoy� un cadeau.
Il a d� vous inspirer intens�ment, ce bouffeur de glaces � l'eau.
Est-il n� d'un ut�rus, comme nous tous,
ou d'un sachet de flan instantan�, pr�t � l'emploi ?
D�corez encore un tantinet ici, et gare au pourtour.
Dites donc, le chef royal !
Vous appelez �a des champignons ?
C'est de la merde ! De la merde en bo�te !
Vous m'avez appel�, Louis ?
En 30 ans, je n'ai jamais vu de fongus aussi r�pugnant.
Un peu de sang-froid.
Les champignons de l'Empire sont r�put�s.
Mais quel Empire ? Vous avez tout perdu.
Oui, comme on dit : "Trop de cuisiniers..."
Je m'en fous, �a reste de la merde !
Certes, mais bien accommod�s...
J'aurais d� faire le march� moi-m�me.
Vous �tes la vraie Natasha O'Brien ?
Max m'a d�crit une grosse mochet�.
C'est dr�le, il m'a parl� d'une tantouse.
Vous m'excitez comme une b�te.
Rien que votre odeur m'enivre :
framboise, vanille, amande !
- Fred. - C'est bon.
Vos bras brillent de sueur.
Les bras en sueur me rendent fou.
Beecham. Le tableau de chasse se remplit ?
M. Ross, �a faisait longtemps.
C'est rien de le dire. Comment va ?
M. Ross est l�.
Vous pouvez entrer.
- C'est ce qu'il a dit ? - Pas exactement.
Est-ce le roi du taco ?
Salut, Max.
Comment va votre temple du flasque-food ?
Du fast-food, Max.
Mille fois d�sol�.
Combien de ch�rubins sans m�fiance empoisonn�s cette semaine ?
Mais vous avez encore engraiss�. On dirait un dirigeable !
- Vous avez vu un m�decin ? - Et il me donne 5 min � vivre.
Cette conversation sera donc br�ve.
Je ne demande pas plus.
- Quelle nouvelle abomination ? - L'omelette.
En balles de ping-pong crev�es ?
Qui respectera les r�gles d'hygi�ne.
Une omelette qui a de l'hygi�ne. Elle se lave les mains au savon ?
Voyons, je donne au consommateur ce dont il a envie !
Balivernes. Vous lui donnez du nitrate,
du phosphate et du glutamate.
Vous empoisonnez le prol�taire.
Gros hypocrite, vous vous fichez du prol�taire.
Vous ne lui jetteriez pas un cro�ton pour gaspacho.
Votre esp�ce va dispara�tre.
Je ne le sais que trop. Venez-en au fait.
J'y viens : il me faut un chef aux manettes. Des id�es ?
Navr�. Je dirige un magazine, pas une maison close.
Ravi aussi de vous avoir vu.
Essayez peut-�tre Louis Kohner.
Il est � Buckingham, � courtiser votre femme.
Oups, navr�. Votre ex-femme.
Nous y voil� : vous la voulez pour vous tout seul.
�videmment.
Vous avez savour� son corps, mais moi, ses meringues,
ses souffl�s, ses p�tisseries, ses entremets.
C'est une artiste, je lui ai offert une toile vivante.
Vous, la simple perspective de se reproduire.
Les lamentations du chapon.
Je vais suivre votre conseil et appeler Kohner.
Le consomm� a �t� envoy�. C'est � vous, Louis !
Et merde. Hors de mon chemin !
Ouvrez le four ! Et plus vite que �a !
- La pique ! - Tenez.
OK. Sortez-les.
Sortez-les tous. Et que �a saute !
Natasha, pr�tez-moi main-forte.
Apportez la gel�e liquide.
Natasha, mon ange, coulez la gel�e � l'int�rieur.
O� est le cresson ?
Il me faut le cresson !
Le cresson !
Faites attention !
Ne brisez pas la queue. Ni la cro�te. Plus vite !
- Le parfum est divin. - Normal. C'est divin !
Vite, �a ne doit pas refroidir.
Passez-lui le cresson.
Vite, plus vite !
Ils doivent �tre aussi beaux que bons.
Tels des pigeons dans les verts p�turages.
De vrais tableaux impressionnistes.
Kandinsky, Fernand L�ger, Matisse, vous voyez.
On y est.
Voil�.
C'est magnifique.
F�licitations, chef.
Ne restez pas plant�s l� ! Envoyez !
Vite, avant que �a refroidisse !
�a se sert chaud !
Minute ! Je suis s�r d'avoir oubli� un ingr�dient.
Pigeon, cro�te, porc, faisan, perdrix.
Truffes. Ai-je mis les truffes ? Oui.
Bacon, oie, cognac... Qu'ai-je oubli� ?
Mis�re, plus le temps de les refaire.
Enlevez !
Natasha, rassurez-moi !
Vous piquerez votre crise apr�s. � moi de jouer.
Enlevez !
Mesdames...
Madame et messieurs,
une certaine dame adresse � tous ses remerciements.
Louis, Natasha,
Sa Majest� vous demande dans la salle � manger.
Elle tient � vous remercier en personne.
Comme c'est bon !
Oh l� l� !
Louis !
Tu fais �a si bien.
Doucement, moins vite.
- Encore. - Tu aimes ?
Encore. Encore !
Mais oui, tu aimes. Tu es ma source d'inspiration.
Tu es incroyable, divine.
J'adore te regarder.
Garce, tu m'as mordu !
J'ai pas pu me retenir, c'est si bon.
On a fait des �tincelles, au Palais.
Toi et moi, on forme un duo d'enfer.
Tu fais quoi ?
Je te sauce.
J'aime. J'aime. J'aime tellement.
Je vais bien avec le rouge ?
Oui. � la perfection.
Tiens. La becqu�e.
Personne ne me sait ici, c'est pour toi.
All� ?
C'est pour toi.
Nat, c'est moi.
Robby. Comment tu m'as retrouv�e ?
C'est simple, quand deux cuistots se rencontrent...
Minute, papillon.
Pour ta gouverne, on est assis, tout habill�s,
et on �change des recettes en grignotant.
- Tu me crois ? - Totalement.
- Tu as tort, on batifole. - Je vois.
Tu appelles pour ?
Te dire au revoir avant Bruxelles.
Au revoir.
� mon retour, allons au resto...
Ton invitation tombe tr�s mal. Au revoir.
Une derni�re petite chose, si �a te d�range pas.
Demande � Kohner d'�tre consultant pour "Cot Cot Cot".
Mon ex te propose d'�tre consultant pour sa cha�ne de restos d'omelette.
Plut�t crever.
Plut�t crever, qu'il a dit.
Rendors-toi, il n'est que 7 h et demie.
7 h et demie, �a n'existe pas.
La journ�e commence � 9 h.
Je vais allumer mes fourneaux.
Le petit-d�jeuner sera pr�t � ton r�veil.
Un petit-d�jeuner de r�ve.
Miam.
Miam-miam.
Bonjour, Pattenrond.
Tu as attrap� une souris ?
Tu auras ton petit-d�jeuner dans une minute.
Un peu de patience.
Quelle bonne odeur !
J'ignore ce que c'est, mais j'en veux !
Je peux aider, Louis ?
Presser les oranges, faire le caf� ?
�a sent le cuit !
Un chou�a trop, m�me !
Mlle O'Brien.
Veuillez vous asseoir.
Inspecteur principal Blodgett,
et ce dadais est le brigadier Doyle.
Mlle O'Brien,
en ouvrant la porte du four et en voyant M. Kohner,
qui, d'apr�s l'autopsie, �tait cuit comme un r�ti,
qu'avez-vous pens� ?
Rien. J'�tais trop boulevers�e pour penser.
Pensiez-vous savoir qui avait fait le coup ?
Serait-ce quelqu'un de la brigade de M. Kohner ?
- J'en doute. - Et pourquoi ?
Il �tait � cheval sur la cuisson de la viande.
Mlle O'Brien,
connaissez-vous Auguste Grandvilliers ?
Un pr�tendu chef fran�ais.
De nom, oui.
Il a eu une altercation avec M. Kohner, assez violente.
D'apr�s les t�moins, il l'aurait m�me attaqu�.
Au couteau.
Voil� une piste prometteuse.
Oui. Mais impossible de mettre la main sur ce lascar.
Peut-on supposer que vous avez pass� la nuit ici ?
On le peut.
Y avait-il une tierce personne en votre compagnie ?
On n'�tait que deux.
Des appels t�l�phoniques ?
Pas que je me...
Oui, Mlle O'Brien ?
Quelque chose vous revient, on dirait.
Rien d'important.
Permettez-moi d'en juger.
Il y a eu un appel, mais pour moi.
De qui ?
Qui vous a appel�e, Mlle O'Brien ?
Aucun int�r�t.
- Dites-moi qui ! - Robert Ross.
Robert Ross, mon ex-mari.
Sachez que... je n'agis pas ainsi par plaisir.
Mon oeil !
Vous trouvez �a jouissif, la mort, le crime,
votre num�ro de ca�d. Vous seriez pas flic, sinon.
Peut-�tre bien,
en tout cas, M. Ross nous int�resse.
Je le trouve m�me fascinant.
Oubliez. Il est � Bruxelles.
D'o� son appel.
Bonjour. Apparemment,
Natasha O'Brien est ici. Robert Ross.
M. Ross, l'homme providentiel.
Nat ! Je te cherchais. J'ai appris la nouvelle.
T'�tais pas � Bruxelles ?
Je suis pas parti, panne d'oreiller.
Ils te soup�onnent pas, j'esp�re.
Non, plus maintenant.
�a va jaser au Palais. Adieu la pairie,
bonjour l'exil.
Salut, tout le monde. Nat !
Fouillez-le.
Quel que soit votre t�moignage, je me m�fie.
Merci. Mais dixit Agatha Christie, il faut des preuves.
Quel tordu irait cuire de la chair humaine ?
Vous tout crach�, Max.
Vous �tes ridicule, �a ne peut �tre moi.
Seul un dilettante cuisinerait un produit helv�tique � 230 degr�s.
Bon sang, cette trag�die ne vous attriste pas un peu ?
Je suis an�anti par le chagrin.
O� d�jeuner, d�sormais ?
- Vous ne l'appr�ciiez pas ? - Si !
J'aurais appr�ci� Attila s'il avait r�ussi des quenelles.
Beecham, r�servez � Mlle O'Brien
un vol pour Venise dans la journ�e.
Venise ? Minute, je n'ai aucune envie d'y aller.
Mais si, chaton, tout le monde en r�ve.
Vous �tes cens�e interviewer Fausto Zoppi.
Piti�, envoyez quelqu'un d'autre.
Taratata. Interviewez-le, d�gotez la recette
et rapportez-moi un divin homard.
M. Vandeveer.
Encore dans mes pattes ? R�servez l'avion, au trot !
- Et une chambre au Danieli. - Une suite.
Et un aller-retour en premi�re classe.
Hors de question que j'aille � Venise !
Refusez, chaton, et votre r�putation en p�tira :
je clamerai que votre cr�me fouett�e m'a donn� des h�morro�des.
Je ne jurerais pas du contraire.
Trop vieux. Le poisson doit �tre frais.
Il doit �tre... plus que frais.
L'intention de ma cuisine
est de faire ressortir la saveur du produit.
Ma sauce n'est pas dissimulation, mais r�v�lation !
- Signore Zoppi... - Fausto.
- Vous venez souvent ? - Chaque jour.
Zoppi ne garde pas ses homards plus d'un jour.
Apr�s, ils souffrent, et �a modifie la texture de la chair.
Ce n'est rien.
Un,
deux, trois, quatre, cinq...
J'ignorais tout �a.
Et alors ? Je le sais, c'est l'essentiel.
Que vous dire de plus, si ce n'est que vous �tes magnifica ?
Quel est ce l�gume ?
De la cicoria.
Bas les pattes, butor !
- Qu'y a-t-il ? - Il m'a pinc�e.
Ce n'�tait pas lui.
Un homard, alors ?
- C'�tait moi. - Vous ?
�videmment.
Daigneriez-vous m'expliquer
pourquoi l'Italien pince � qui mieux mieux ?
Pour �valuer la qualit�.
On tapote un melon. On palpe un chou.
On pince une femme.
La femme passe apr�s le chou, signore Zoppi ?
Je vous en prie, appelez-moi Fausto.
Vous savez pour Kohner, j'imagine.
Madonna, quelle trag�die ! J'adorais cet homme.
Je suis fantastico au lit. Fantastico !
- Dites-moi, signore Zoppi... - Fausto.
Fausto, pourquoi ne pas manger dans votre restaurant ?
Je suis ferm� le mardi midi,
pour aller faire le tour de la competizione.
Aujourd'hui, mon grand ami Giancarlo Montebianchi.
Vous ne mangez rien.
Mettre ce qui sort de ses fourneaux dans ma bouche ?
Zoppi ne mange que la cuisine de Zoppi.
- Pourquoi avoir tant command� ? - Pour simuler une faim de loup.
J'ai un corps fantastique.
Tu vas adorer me caresser.
Allez-y, reprenez, Fausto.
J'en �tais o� ?
Vous parliez de votre corps.
Oui, �a me revient. Mon corps...
Mon corps.
Mon corps allong� contre le tien.
Ils sont faits l'un pour l'autre.
Vous entendre est fantastique, Fausto.
J'embrasserai tes seins, tel le soleil qui embrasse...
la rougissante pomodoro.
- Pomodoro ? - Tomate.
- Merci. - De rien.
Et quand, d'un g�missement, tu me supplieras d'arr�ter...
�a alors !
Vous ne seriez pas Fausto Zoppi ?
- Vous me connaissez ? - Qui ne conna�t pas Zoppi ?
La perle rare dans un oc�an de faiseurs de p�tes.
Le meilleur chef d'Italie.
Le seul !
Quelle chance inou�e de tomber sur vous !
Alors, j'ouvre une cha�ne de...
Vous permettez ?
On �tait en pleine conversation intime.
Allez-y, reprenez, Fausto.
Viens dans ma cuisine � 17 h, cet apr�s-midi.
Je te pr�parerai mon homard, et ensuite...
Ensuite, je te ferai l'amour 6 fois.
Quel festin !
� 17 heures.
D'abord, le travail, et apr�s, il miracolo.
Si cette crevette fait �a 6 fois,
�a sera un pur miracolo.
S'il finit pas, moi, j'ai les crocs.
Sacr� sketch, vraiment.
L'Italien est tout feu tout flamme.
Toi ! Qu'est-ce que tu fous ici ?
J'esp�rais que tu parles de moi � ton nouveau pote.
Demande-moi au lieu de t'incruster.
Son l�cher de niaiseries m'a interrompu.
"Antipasti, zuppa, pasta, pesche, carne et... dolce."
Tr�s po�tique.
Me dis pas que t'as gob� ses conneries ?
Peut-�tre.
Et t'iras chez cet avorton faire 6 fois crac-crac.
Crac-crac ?
Peut-�tre.
Quoi ?
On est d�j� quittes apr�s ta nuit avec... Kohner.
Quittes ? Je suis libre, tu ne l'�tais pas.
J'ai le droit de voir qui je veux.
Ras-le-bol, sors de ma vie !
Dans ce cas, peut-�tre.
Tu vas o� ?
F�liciter le cuistot.
Fausto ?
Vous �tes l� ?
Ne m'en voulez pas de manger.
L'occasion �tait trop belle.
Vous �tes qui ?
Pardon.
Capitaine Boromeo Ravello, police de Venise.
Vous vous appelez ?
Natasha O'Brien.
Vous �tiez... proche du signore Zoppi ?
On a fait connaissance ce matin,
je suis chef, moi aussi.
Il devait me pr�parer sa sp�cialit� de homard...
et il est mort avec ses homards.
Le malheureux ne savait pas respirer sous l'eau.
Qui a d�couvert le corps ? Appel� la police ?
Le serveur, Palmezzi.
Et si c'�tait lui, le tueur ?
Simple vol de poissons pour sa famille.
Peut-�tre que Zoppi l'a surpris,
que �a a tourn� au vinaigre...
Non. Il d�testait bien trop Zoppi pour le tuer.
Comment �a ?
Mlle O'Brien, en Italie,
avoir quelqu'un � d�tester, c'est comme avoir quelqu'un � aimer.
On ne tue pas apr�s des ann�es de haine.
On tient trop � l'�tre ex�cr�.
Dites-moi o� vous �tiez cet apr�s-midi.
Pourquoi ? Vous me soup�onnez ?
La seule personne que je ne soup�onne pas, c'est moi.
Permettez.
Initiales : RR.
Mlle O'Brien,
je suis tent� de vous croire totalement innocente de ce meurtre.
Chouette !
- � un d�tail pr�s. - Je retire.
Le meurtre de Kohner.
Autre chef c�l�bre, retrouv�, lui, dans son four,
apr�s une folle nuit avec une belle cuisini�re am�ricaine.
Une affaire peu banale.
Imaginez ma surprise quand la belle cuisini�re am�ricaine
atterrit dans la cuisine d'un autre chef c�l�bre,
lui aussi assassin�.
J'imagine tr�s bien.
�a coule de source :
j'ai fait New York-Londres pour tuer Kohner,
puis, Londres-Venise pour tuer Zoppi.
- Sauf erreur, vous avez un mari. - Ex-mari.
O� est-il ?
Alors, Mlle O'Brien ?
Je n'en sais rien. � Bruxelles, je crois.
- Rappelez-moi son nom. - Rob...
Bobby. Bobby Ross.
� Bruxelles.
D'apr�s le rapport d'enqu�te, vous aviez...
pass� la nuit avec Louis Kohner.
Comptiez-vous r�it�rer avec Fausto Zoppi ?
�a ne regarde que moi, non ?
Tr�s bien.
Changeons de sujet.
Mlle O'Brien...
Mlle O'Brien,
�a vous dirait...
de passer la nuit avec moi ?
�a r�pond � votre question ?
Parfaitement.
R�jouissez-vous, je vous crois innocente du meurtre de Zoppi.
Tiens donc.
Si vous l'aviez tu�, vous auriez saut� dans mon lit.
� ce point ?
Oui. 94 affaires d'affil�e, et pas une seule erreur.
94 femmes ?
Je teste les hommes diff�remment.
Sur 94 suspectes,
les 37 ayant accept� ma proposition
�taient toutes coupables.
Sauf une.
Qu'est-elle devenue ?
Ma femme.
Signorina O'Brien, t�l�phone.
Merci.
All� ?
C'est moi. Je viens d'apprendre pour Zoppi.
- Tu n'as rien ? - O� est-ce que tu es ?
� Paris. Rejoins-moi dare-dare.
Salut, Nat. Remonte dans le taxi.
- Qu'y a-t-il ? - Je t'expliquerai.
Dans la suite royale. Au Pr� Catelan.
Allez, vite !
O� va-t-on ?
- � ma petite r�union. - Pardon ?
Le meilleur chef d'Angleterre, refroidi,
idem, d'Italie :
le meilleur de France a forc�ment du souci � se faire.
J'ai donc r�uni tout le gratin.
Je sens confus�ment un lien entre Kohner et Zoppi.
Ils ont �t� tu�s � la mani�re de leur plat signature.
Oui, mais il y a autre chose.
Les 6 plus illustres ma�tres-queux de France.
� mon avis, �a va pas �tre de la tarte.
Robby, c'est... Marcel ?
- Vous avez bonne mine. - D�licieuse surprise.
Robert Ross, Marcel Massenet.
Le cr�ateur du veau Massenet, un artiste.
Massenet ? C'est un immense plaisir.
Marcel, on discutera apr�s. J'ai une proposition...
Robby, l�che-le.
Permettez-moi de cuisiner pour vous ce soir.
Ce soir ? C'est que...
Ce soir ! Qui sait le temps qu'il me reste.
- Comment �a ? - Le tueur.
Je suis � l'�vidence le prochain sur la liste.
Peut-�tre pas.
Ce sera peut-�tre un autre.
Quel autre ?
Un des gugusses ?
Je me demande m�me ce qu'ils font l�.
Enchant�...
Fran�ois Chappemain. Vous devez m'aider.
C'est moi, le plus menac�. Vu ma sp�cialit�.
Foies de volaille en brochette flamb�e.
Voil� !
Pour les autres,
mourir en boeuf ou en lapin, ce n'est pas la mer � boire.
Mais moi, je serai embroch�
et pass� � la flamme.
L'horreur, vous imaginez un peu ?
Excusez-moi.
Jean-Claude !
Ma petite Natasha !
Mon artichaut, que je te regarde.
Toujours aussi radieuse,
voire un brin plus affriolante.
Tu m'as terriblement manqu�.
Toi aussi.
Qui est-ce ?
Robert Ross, mon ex-mari.
Votre sauveur potentiel.
C'est Jean-Claude Moulineau.
Son canard au sang est l�gendaire.
Il a des mains de magicien.
Je vois �a.
Il m'a tout appris. J'avais 20 ans � peine.
La fois o� j'avais trop mis de cr�me de tartre dans ma p�te
et j'�tais englu�e...
Bon, on s'y met s�rieusement ou quoi ?
Robby a raison. On papotera apr�s.
Apr�s ?
Pour moi, il n'y aura pas d'apr�s.
Je vais mourir.
Mais tout compte fait, nul n'en est plus digne que moi.
Mes fun�railles feront passer Louis Kohner pour un tocard.
- Tu m'avais jamais parl� de lui. - Robby !
Non, raconte-moi.
Un pas de plus, et...
comme on dit, adieu Berthe.
- C'est lui ! - Qui ?
L'homme vu � Venise 2 fois. Il suivait Zoppi, c'est le tueur !
Moi ? Quelle ineptie.
Je suis Auguste Grandvilliers,
la prochaine victime.
L'entrec�te � la Mirabeau ?
En personne.
Ce que cet homme fait d'une simple pi�ce de boeuf
est prodigieux.
Il la mitraille ?
�a ? C'est pour l'assassin.
Il ne m'aura pas si facilement.
Voyons, vous avez agress� Louis et vous �tiez � Venise.
Oui. La faute � votre ami, le cochon ob�se.
Max ?
L'imb�cile les trouvait plus dou�s que Grandvilliers.
Il l'a m�me �crit
dans sa ridicule gazette.
Alors, j'ai d�cid� de r�v�ler au grand jour
leur imposture.
J'ai donc entrepris de les suivre,
comme leur ombre :
t�t ou tard, ils auraient fait un faux pas.
De la margarine au lieu du beurre,
du jus de viande en bo�te.
Et j'en aurais �t� t�moin.
Mais ils sont morts.
Et je suis le prochain. Mais je suis par�.
Rangez-moi ce machin !
Peut-on enfin commencer ?
Approchez, messieurs. Le but est de vous sauver la vie !
Merci.
Commen�ons par nous demander qui �a peut �tre. Des id�es ?
Quelqu'un qui d�teste la cuisine.
Mais qui la d�teste � ce point ?
Voyons, un serveur !
Pourquoi le tueur n'a pas commenc� par un Fran�ais ?
Quitte � occire des chefs, il faut commencer par un Fran�ais !
Tr�s juste ! Preuve qu'on a affaire � un zinzin.
S'il vous tue, oui.
Qu'en savez-vous ? �corcheur de lapinous...
Moi, je ne cong�le pas mes foies de volaille.
Venez-vous de m'accuser,
devant tous ces gens,
de congeler mes foies de volaille ?
Oui.
Le voici ! L'assassin !
Vous d�passez les bornes, du chnoque !
�a suffit ! Arr�tez vos enfantillages !
Il nous faut agir.
Elle a raison, prenons les choses en main.
Mais comment ? On ne sait rien.
Au contraire. On sait quand le tueur frappe.
Quand ?
La victime est toujours seule en cuisine.
Moi, je dis :
"Qu'il vienne", et je l'accueillerai !
Rangez ce machin � la fin !
Je devrais...
Je crois qu'on devrait pr�venir la police.
Pour dire quoi ?
Que chacun redoute d'�tre tu� pour une raison inconnue
par un illustre inconnu ?
Comment �a, un inconnu ?
� mon avis,
l'assassin est parmi nous, � l'instant m�me.
La situation est comique, pas vrai ?
Quelqu'un va trucider le roi de la cuisine fran�aise.
Mais dites-moi, mes amis, qu'y a-t-il de pire ?
�tre tu�,
ou �chapper au couperet ?
Le d�ner est servi, M. Vandeveer.
Quel est le menu ?
De la sciure ?
110 grammes de caviar, 169 calories.
11,5 centilitres de champagne,
Taittinger 1970, 100 calories.
110 grammes de gibier r�ti, 143 calories.
Tant que �a ?
Une asperge, 19 calories.
11,5 centilitres de vin rouge, Roman�e-Conti 1966,
80 calories.
Une coupe de fraises et 3 centilitres de kirsch,
136 calories.
Soit pour le repas, un total de 647 calories.
Ce r�gime ferait mourir de faim un �cureuil.
Vous fermez ? Je ne resquille pas !
Une derni�re chose.
Encore un chef d'assassin� ?
Qui est-ce donc ? Uncle Ben's ?
Le fr�re du signore Zoppi
compte sur vous pour les obs�ques � Venise, demain.
Je dirige un magazine ou les pompes fun�bres ?
Dites que je suis accabl� de chagrin,
dites que des gitans m'ont enlev�.
Dites...
Dites que j'y serai. Faites-moi transiter par Paris
et dites � Moulineau de pr�parer un canard au sang,
deux canards, pour la matin�e.
Vous vous rappelez le but de votre r�gime ?
Je m'octroie une pause !
Combien avez-vous perdu ?
Ce ne sont pas vos oignons.
5 kilos et demi.
�a commence � se voir.
5 kilos et demi.
Plus que 65.
Coiffez-moi,
puis, passez-moi Mlle O'Brien � Venise.
Elle est � Paris, monsieur.
En compagnie de M. Ross, petit d�tail.
Il n'est certes qu'un insignifiant d�tail.
Tu as f�ch� Zoppi ?
Je lui ai propos� le job, il a dit : "No, grazie".
- La police a trouv� ton stylo. - Elle sait qu'il est � moi ?
Dis donc, tu me soup�onnerais pas ?
- All� ? - O� est Natasha ?
Tr�s bien, merci, Max, et vous ? Devine.
Bonjour, Max.
Chaton, n'oubliez pas
votre pr�sentation de mercredi pour la bo�te � idiots.
De quoi parlez-vous ?
Vous p�tissez � la t�l�vision !
Deux chefs ont �t� assassin�s.
Je suis peut-�tre la prochaine victime.
Cessez de vous complaire dans vos r�veries macabres.
Et ramenez vos miches � Londres.
Vous n'avez pas le monopole du deuil.
Avec le tr�pas de Louis et de Zoppi,
j'ai perdu l'exacte moiti� du repas le plus fabuleux du monde !
J'ai trouv�, Robby.
Le lien entre Kohner et Zoppi.
Je sais qui sera la prochaine victime.
Nat, de quoi tu parles ?
Du repas le plus fabuleux du monde.
Notre �dito du mois dernier. Quatre services :
pigeon de Louis, homard de Zoppi et canard au sang de Moulineau.
Moulineau ?
C'est lui, le prochain !
Le tueur suit scrupuleusement le menu, et...
par cons�quent...
- Robby, je suis le dessert ! - Quoi ?
Plus que Moulineau, et apr�s, bing, la p�tissi�re !
Moins vite, veux-tu.
Qui respecte ce menu ? Max ?
Pourquoi Max ?
C'est lui qui vous a choisis au d�part.
Non, je penche pour Grandvilliers.
Pourquoi lui ?
Il n'avait pas �t� retenu.
Pr�venons vite Moulineau.
All� ?
Ici Auguste Grandvilliers.
Il y a quelqu'un qui essaie d'entrer.
- O� �tes-vous ? - Dans ma cuisine.
On vous avait dit de ne pas...
M. Grandvilliers ? All� ?
- Quoi ? - Vite !
M. Grandvilliers ?
Bizarre. Il est o�, � ton avis ?
Sa sp�cialit� est l'entrec�te, la viande de boeuf.
Punaise, il a �t� mis � griller.
O� peut-il �tre ?
Que fait-on de la viande de boeuf ? Voyons, le boeuf...
Le boeuf ! On le suspend !
C'est pas vrai !
Il est vivant.
Trouve-moi de quoi monter dessus.
Pas trop de casse. Le tueur lui a flanqu� un bon coup.
Et l'a laiss� mourir de froid.
C'est horrible !
Tu t'es tromp�e, c'est pas lui.
Toi aussi : ce n'est pas Max depuis Londres.
Moulineau ayant �t� �pargn�, rien � voir avec le menu.
Tu d�croches la timbale, l�.
Et moi, Grandvilliers.
Vous pr�f�rez avec ou sans ketchup ?
- Sans. - Merci.
� la tienne.
Allons danser.
Dis, ma jolie, si tu revenais ?
D�sol�e, j'ai mis trop de temps � �tre heureuse pour y renoncer.
Tu insinues que c'est ma faute, ce qui nous est arriv� ?
Ce jour-l�, la cuisini�re n'�tait pas moi.
Avoue que tu partais souvent.
Pour tes �missions snobinardes par monts et par vaux.
Moi, j'avais pas droit � tes petits plats.
Tu ne les appr�cies m�me pas.
Berk, la quiche lorraine au petit-d�j' !
C'est mieux que tes salet�s sucr�es.
Va pour du lard et des oeufs.
C'est �a, la quiche, nigaud.
M'en fous, je veux rien de fran�ais au petit-d�j'.
Je veux du ricain.
Je veux une femme � la maison quand je rentre.
Et des enfants !
Pour la �ni�me fois, je n'�tais pas pr�te.
T'�tais trop occup�e.
Toi aussi. Tu n'�tais jamais l� quand je voulais te parler.
Moi, jamais l� ? C'est toi !
Quand j'�tais l�, tu �tais au travail.
J'aurais d� faire quoi, fermer boutique ?
�a aurait sauv� la plan�te de l'acn�.
Hilarant. Je suis pli� de rire !
Tu l'as entendue ? Il �tait toujours trop occup�.
C'est lui qui l'a dit. Tu comprends rien.
R�jouis-toi, je soutiens le mari.
Mais moi, l'�pouse.
Personne n'est oblig� d'avoir des enfants.
Maintenant qu'on les a, on en fait quoi ? On les rend ?
- Si seulement ! - Stop !
Bonne nuit, Rob. � demain matin.
Tu peux venir ? Un dr�le d'oiseau a oubli� ses habits.
- Ils sont � moi. - Je confirme.
C'est ta chambre ?
On dirait bien.
Et je suis cens�e dormir o� ?
Dans le lit, j'imagine.
Tu es un petit fut�, ma parole.
Tu me crois trop inqui�te pour remarquer que tu dors sur moi ?
- Je veux ma chambre. - Y en a pas.
Ah bon ? L'h�tel n'a plus qu'un seul lit avec toi dedans ?
- Y a un congr�s. - Toujours optimiste.
La r�ception ?
Ici, la suite de M. Ross. Je veux une chambre seule.
Plus aucune ?
Merci.
Ils sont de m�che, avoue.
Quel est le probl�me ? On a dormi 5 ans ensemble.
- D'accord. Pourquoi pas. - T'es s�rieuse ?
Naturellement. Chacun restera de son c�t�.
- Pas de mamours ? - Interdits.
Z'�tes une coriace, ma p'tite dame.
Max. Vous �tes en retard !
J'�tais ponctuel, c'est l'avion qui avait du retard.
- Vous avez lu le journal ? - Dans le taxi.
Dire que m�me un timbr� choisit ce vieux birbe de Grandvilliers
comme �tendard de la cuisine fran�aise.
- On touche le fond. - Oh que oui.
Si quelqu'un a gagn� le droit d'�tre zigouill�, c'est vous !
Merci, Max. Merci infiniment.
Venez, on a du pain sur la planche.
R�gle d'or, vous devez prendre un tout jeune caneton.
�g� de 6 semaines.
Pas un jour de plus.
Et il doit provenir du village d'Yvetot, en Normandie.
De nulle part ailleurs.
Et il doit �tre tu� par suffocation.
Afin de ne pas perdre une goutte de sang.
C'est primordial.
Puis, il est r�ti entier
de 18 � 20 minutes.
18 � 20 minutes.
Ensuite, vous levez les filets
tr�s, tr�s, tr�s fins.
Les filets.
Et maintenant, mon cher Max,
go�tez comme �a fond en bouche !
Non, hors de ma vue.
- Qu'est-ce qui cloche ? - Je fais r�gime.
Vous ? Je n'en crois pas mes oreilles.
Mes gueuletons sont en train de me tuer, para�t-il.
Non, donnez.
Une splendeur.
Une splendeur, tout simplement.
Je ne peux r�sister au fin du fin, tel votre fabuleux canard.
Ou encore,
l'extraordinaire pigeon de Louis.
L'id�e de ne plus jamais le d�guster me rend tout chose.
Et ma Natasha,
la plus dangereuse d'entre vous.
Ses desserts sont assur�ment l'oeuvre du d�mon !
Je sais qu'aucun de vous ne me voulait du mal.
Vous ignoriez me tuer � petit feu !
Mais Max, je vous assure...
Nous ne...
En voil� assez. Poursuivez.
Tr�s bien...
Une fois toute la viande enlev�e,
d�coupez la carcasse.
Et vous n'aurez pas oubli�
de laisser le coeur pour la cuisson.
Car bien s�r, le coeur
regorge de sang.
Puis, disposez les morceaux dans la presse � canard.
Voil�.
Un soup�on de bouillon de canard.
Refermez aussit�t.
Le pressage a �videmment pour but d'en extraire
le suc vital.
Bonjour !
�a t'arrive de frapper ?
- Je pourrais manger un �l�phant. - On progresse.
J'ai une patate d'enfer !
J'ai r�v� ou tu es sorti dans la nuit ?
J'ai fait un jogging, ce matin. Rien de tel apr�s un bon gros dodo.
- J'avoue, je suis bluff�e. - Par quoi ?
Tu as tenu parole.
- Fastoche. Du billard. - �a ne t'a pas d�rang� ?
D�rang�, moi ? Tu plaisantes ?
Cette nuit a �t� la pire de toute mon existence.
Tu l'as cherch�.
Combien tu as pay� les r�ceptionnistes ?
- 20 dollars. - 20 ?
Je vaux que 20 petits dollars la nuit ?
Non ! La semaine. La nuit, �a ferait que...
Je te frotte le dos ?
Tu sais encore ?
C'est comme le v�lo.
Tu n'en trouves aucune qui craque pour ton charme particulier ?
Je cherche activement, crois-moi.
Dis-leur que tu frottes super bien le dos.
Je n'excelle pas avec le premier dos venu.
Il en faut un super beau pour que je frotte � la perfection.
Un souci ?
Aucun. Absolument aucun.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Robby, sors de mon bain !
Sauv�e par la sonnette.
Inspecteur Henri Salp�tre, police judiciaire.
Et le brigadier Flamiste.
- Un petit accident ? - Pardon ?
Non, une tache rebelle.
Je vois. Pouvons-nous entrer ?
On a d�j� dit tout ce qu'on savait sur Grandvilliers.
Grandvilliers ?
On ne s'int�resse pas � Grandvilliers.
- Pourquoi ? - Aucun int�r�t, voyons.
On a voulu le tuer.
Il a voulu se tuer, nuance.
- Quoi ? - Ou plut�t...
Il a fait croire qu'on avait voulu le tuer.
Il a tout avou�.
Une histoire de r�putation.
Dont le sens exact m'�chappe encore.
Mademoiselle O'Brien, je suppose.
Enchant�.
O� �tiez-vous tous deux vers 7 h 30, ce matin ?
- Je... - Nous �tions ici.
- Pouvez-vous le prouver ? - Que s'est-il pass� ?
�a tombe sous le sens :
Moulineau a �t� assassin� en cuisine.
Mais... Comment �tes-vous au courant ?
C'�tait son tour.
Son tour ?
Il est mort comment ?
Le cr�ne concass� dans une presse � canard.
Comme c'est aimable � vous d'�tre l�.
Merci de votre pr�sence.
Pauvre Jean-Claude, quelle terrible trag�die.
Son chef de rang, Vincent, va vous placer.
Vous �tes deux ?
Je ne l'oublierai jamais.
Auguste, comme c'est aimable � vous d'�tre l�.
Trop aimable.
Toute la bande est l�, et m�me l'inspecteur Lafouine.
Comme les Anglais et les Italiens nous soup�onnent,
les Fran�ais aussi, logique.
Le tueur est ici, tu crois ?
J'esp�re que lui aussi se tape cette corv�e.
Un grand chef a rendu l'�me
avant la fin du repas.
Quels sont les ingr�dients de la personnalit�
d'un Jean-Claude Moulineau ?
Une tasse de charme,
un kilo de talent,
deux cuill�res de sensibilit�,
une d'insouciance...
Tu la connaissais bien ?
Qui �a ?
La prochaine victime,
Natasha O'Brien.
La regrett�e d�funte.
McDonald's conna�t-il les burgers ?
Que pr�f�rais-tu chez elle ?
J'aimais tout chez elle.
Et j'adorais son app�tit de vivre.
Quoi, ma jolie ?
Je vais mourir.
- �pouse-moi. - J'ai d�j� donn�.
Alors, �pouse-moi une 2e fois.
Comme �a, je pourrai h�riter.
Pauvre con, va.
Je t'aime, Nat.
Normal...
Les esp�ces en p�ril ont toujours la cote.
Vu ma sp�cialit�, qu'est-ce qui m'attend :
�tre fouett�e, battue ou congel�e ?
- Mon Dieu ! - Quoi ?
Londres ! Mon �mission culinaire !
Il me faut un taxi.
Inspecteur, pourriez-vous nous d�poser � l'a�roport ?
D'accord ? �patant !
Vite, Nat, monte. Te cogne pas la t�te.
Mettez la gomme, merci.
- Max ! - Mon ange.
- Quel bonheur ! - Cela va de soi, chaton.
Apr�s si pi�tre compagnie, des fourmis rouges vous raviraient.
J'ai pas mon bisou ?
Je n'ai plus confiance qu'en Robby et vous.
Je ne fraie gu�re avec quelqu'un
qui fait chanter ses c�r�ales en versant du lait dessus.
N'ayez crainte, je veillerai soigneusement sur vous.
Vous allez loger chez moi,
pour plus de s�curit�.
Et mes pr�paratifs pour demain ?
On fera tout �a ici, ce soir.
Une joyeuse tambouille dans ma cuisine. Rien qu'� deux.
Nous sommes trois.
Le rabat-joie.
Merveilleux. Absolument merveilleux.
J'ai peine � croire que ces meurtres soient li�s � mon magazine.
Quelqu'un chercherait � vous nuire ?
Qui vous d�testerait � ce point ?
Comment me d�tester ?
Vous avez le temps ?
Non, c'est totalement impossible.
� chaque No�l, je donne mes restes de quiche aux pauvres.
Soyez s�rieux pour une fois !
Voyons, avez-vous d�j� go�t� ma quiche ?
M. Vandeveer, M. St. Claire est l�.
- Bienvenue, M. St. Claire. - M. Vandeveer.
Natasha, venez que je vous pr�sente.
C'est le Monsieur Gastronomie de l'�mission.
Mlle O'Brien.
Je suis un fervent admirateur.
Nul ne comprend si bien le jaune d'oeuf que vous.
� part les poules.
Comme vous dites.
M. St. Claire, celle-ci va dans le premier cong�lateur.
Et celle-l�, dans le deuxi�me. Ne confondez pas.
Aucun risque, M. Vandeveer. Et la troisi�me ?
Elle reste ici, avec moi. C'est mon p�ch� mignon.
D'accord, entendu.
Rendez-vous aux studios demain, Mlle O'Brien.
Enfin, cessez de la tripoter ! Ce n'est pas une boule de bowling !
�tez vos sales pattes. Elle est � moi !
Quel pignouf vous faites.
Venez, je devrais d�j� �tre au lit.
Vous �tes s�rement �puis�e, comme moi.
Je vous ouvre.
J'ai mis un bazar �pouvantable.
Ne vous tracassez pas, nos lutins feront le m�nage.
Allez, vous deux ! Zou !
Le dernier couch� est une omelette pourrie.
Le soleil est lev�.
Je suis toujours vivante ?
�a en a tout l'air.
Comme c'est bon.
Tu n'es pas � Bruxelles ?
Je ne pars plus.
Comment �a ?
Et ta cha�ne de restos ?
D�sormais, je me consacre enti�rement � toi.
C'est gentil.
�a aussi, c'est gentil.
Robby.
Oui, ma jolie ?
C'est un adult�re de faire l'amour avec son ex-mari ?
Pas encore debout ?
Tiens, bonjour, Max !
J'avais dit de le faire castrer quand il �tait encore temps.
Et il porte ma robe de chambre !
Habillez-vous en vitesse, votre �mission vous attend.
- Elle n'ira pas. - Quoi ?
- Quoi ? - Je prive tout le monde de dessert.
Savez-vous le mal que j'ai eu � organiser ce tralala ?
On nous attend.
Y compris le tueur.
Elle n'ira pas en cuisine tant qu'il sera dans la nature.
- �a me pla�t bien. - C'est abracadabrant.
Je vous ferai prot�ger par la police.
Je r�quisitionnerai la Navy, si n�cessaire.
D�sol�, Max.
Ils vont me rendre fou.
Beecham, avez-vous une cuisini�re sous la main ?
M�me une gargoti�re. Voire la femme du Capitaine Iglo.
Pourquoi ?
Parce que cette reine de l'ingratitude, Natasha O'Brien,
s'imagine digne d'�tre liquid�e.
Elle me fait faux bond.
Quoi ?
Qu'avez-vous dit ?
Cessez vos singeries, vous deux.
Je ne vous paie pas suffisamment.
Combien est-ce que je vous paie ?
C'est bien suffisant.
Vous attendez le d�luge ?
Vite, habillez-vous !
Ils ont �pingl� le meurtrier !
Beecham vient d'avoir l'inspecteur Blodgett.
- C'est qui ? - Auguste Grandvilliers.
Il a fait des aveux complets : il crevait de jalousie.
Apr�s vous quatre, il comptait me tuer aussi.
All�luia, c'�tait moins une.
- Vous savez ce que �a veut dire ? - Quoi ?
Je peux partir � Bruxelles.
Bienvenue au "Festin ambulant".
Aujourd'hui, notre invit�e exceptionnelle
est Mlle Natasha O'Brien.
Avec un dessert qu'elle a r�alis� tout r�cemment
pour Sa Majest� la Reine.
- Ne partez pas. - Je n'en raterai pas une miette.
... Mlle O'Brien.
Merci beaucoup. Bonjour.
On me demande toujours pourquoi je suis cuisini�re,
et je r�ponds : "Toutes les femmes font la cuisine,
mais moi, je suis pay�e pour."
Comme je le disais � Sa Majest�, l'autre jour.
Je vous propose de br�ler les �tapes
pour voir le produit fini.
Vous voulez bien me suivre ?
� quoi elle joue, cette n�nette ?
Bref. Suivez-la, cam�ra 1.
Cam�ra 4 :
2e cong�lo, gros plan sur la 2e bombe.
�a va �tre � vous.
... Et voici le r�sultat.
La bombe Richelieu.
�a alors, les trous que j'ai faits.
Y a eu �change.
- Pardon ? - Demi-tour pour UK-TV, pleins gaz !
Je vous r�serve une surprise,
ce dessert s'ach�ve sur une explosion de saveurs.
Une bombe ?
Vous �tes s�r ?
Aveux de Grandvilliers ou pas, j'en suis certain.
Quels aveux ? Personne n'a rien avou�.
Vous avez appel� chez Vandeveer.
Je n'ai appel� chez personne, promis.
La vache, c'est Max.
Intervenez : �a va exploser d�s qu'elle fera flamber l'alcool.
D'abord, clarifier les oeufs.
Voici ma technique pr�f�r�e.
Quelle horreur. C'est totalement d�bectant.
Cam�ra 3, zoom pour un gros plan visage.
� vous, la 3.
Par piti�, cocotte !
Inspecteur principal Blodgett.
Passez-moi l'�mission culinaire, c'est urgent.
Studio 3.
Pr�parez-vous, la 4.
- Ne quittez pas. - � vous, la 4.
Pr�t, cam�ra 2, plan 48 :
gros plan sur la cr�me fouett�e.
All� ?
C'est Scotland Yard.
Nom de Dieu, j'ai l'antenne.
- Une urgence, dit-il. - Retenez-moi.
J'allais payer ce PV, je le jure.
Arr�tez l'�mission imm�diatement. Ce truc...
L'arr�ter ? D'o� vous sortez �a ?
Le truc qu'elle pr�pare... c'est une bombe.
�videmment, triple andouille.
Tordant.
La 4, sur la bombe.
T'es malade ?
Le type de "La Cam�ra invisible"
me jette sur le divan pour me d�shabiller...
- L'�mission culinaire ? - Un instant. Madame �tait avant.
- C'est tr�s important. - Moi aussi.
Si c'�tait pas "La Cam�ra invisible", c'�tait qui ?
Je l'ignore.
"La Cam�ra invisible", ce n'est pas nous.
C'est qui ?
Consultez le programme.
Avec ma veine, �a sera pas diffus�.
L'�mission culinaire ?
Au 2e �tage.
Quoi que dise le r�alisateur, souriez.
Oui, maman.
Arr�tez !
Reprenez la pose.
Comme promis, l'explosion de saveurs finale.
Il vous faut de la framboise, une liqueur divine.
Moi, trop occup�e ?
Henry, vous n'�tiez jamais l� quand je voulais vous parler.
Moi ? D�sol�, Pamela,
c'est vous qui n'�tiez jamais l�.
Quand j'�tais l�, Henry, vous �tiez au travail.
J'aurais d� faire quoi, d�missionner ?
Vous �tes qui ?
O� est l'�mission culinaire ?
Virez-moi cet abruti du plateau, bon Dieu !
Excusez-moi, l'�mission culinaire est o� ?
Barrez-vous !
Je file.
Nigel ! C'est quoi, ce tournage ?
J'�tais dans le r�le, l�.
T'excite pas.
Apprends d�j� � donner la r�plique...
Et je verse la framboise chauff�e
dans la couronne.
Et � la base.
La 3.
L'�mission culinaire, c'est o�, nom d'une pipe ?
Au 2e �tage.
Mais on y est, au 2e �tage !
Je comprends. En Am�rique, c'est le 2e �tage,
mais en Angleterre, le 1er.
Votre 1er �tage �tant appel� ici "rez-de-chauss�e".
Votre 3e �tage est donc notre 2e, si vous me suivez.
Je peux vous r�expliquer...
Et voici le moment tant attendu.
Fais pas �a, pour l'amour du ciel !
Baissez-vous, �a va p�ter !
T'es dingue ou quoi ?
Je comprends pas.
Pauvre tar� ! Vous avez perdu la boule !
Ma parole... tu m'as sauv� la vie.
On dirait bien.
Qui a mis une bombe dans la bombe ?
Max. C'est Max !
Le salaud, il est o� ?
Il s'est envol� !
Laissez. Laissez, j'ai dit !
Maximilian Vandeveer, vous �tes en �tat d'arrestation.
Pour meurtre.
Je doute qu'il ait entendu.
Dites-moi pourquoi vous avez fait �a, je vous en prie.
N'allez pas croire que c'�tait de gaiet� de coeur.
Alors, pourquoi ?
La faute �... ce satan� r�gime.
Voyez-vous...
j'�tais incapable de vous r�sister, � vous quatre.
Louis,
Zoppi,
Moulineau,
et votre sublime...
dessert.
En somme, trois hommes sont morts
pour votre r�gime ?
C'est monstrueux, Max.
Je suis bien d'accord, chaton. Vraiment monstrueux.
- M. Vandeveer... - La ferme, Beecham.
Fermez-la. Fermez votre clapet !
Je n'�tais digne d'aucun de vous.
Vous �tiez des cr�ateurs, et moi, simple d�gustateur.
Vous m'�tiez ch�re, Natasha.
J'ai le hoquet.
Il est mort, je crois.
�a vous �tonne ?
Bon, eh bien, c'est r�gl�.
Affaire close, il a tout avou�.
Il n'a rien avou�.
Maximilian Vandeveer �tait doux comme un agneau.
Il n'avait rien � voir l�-dedans.
Hol�...
C'�tait l'homme le plus remarquable au monde.
Raffin�,
courageux, incorruptible.
Tellement brillant et spirituel.
Tellement sensible.
Je ne pouvais le laisser mourir.
Mais il a fini par d�couvrir que c'�tait moi.
Il m'a demand� de le retrouver ici.
Il m'a oblig�e � m'asseoir
et � tout regarder.
Il a dit...
qu'il jetait l'�ponge
puisque ses h�ros �taient morts � cause de lui.
Que la vie ne valait pas la peine d'�tre v�cue,
s'il ne pouvait plus savourer ses mets pr�f�r�s.
Que pouvais-je faire d'autre, Mlle O'Brien ?
J'�tais oblig�e de tous vous tuer,
voyez-vous,
avant que vous ne le tuiez.
Je n'avais pas le choix.
- Pr�te, ch�rie ? - Fin pr�te.
Robert, acceptez-vous de prendre cette femme pour �pouse,
et promettez-vous des omelettes faites uniquement de produits frais
et de v�ritable beurre
jusqu'� ce que la mort vous s�pare ?
Oui.
Et vous, Natasha,
promettez-vous
de rester fid�le � ses omelettes simples,
d'un prix raisonnable,
et de ne pas en faire des quiches
jusqu'� ce que la mort vous s�pare ?
Oui.
Je vous d�clare unis
par les liens du mariage.
Vous pouvez embrasser le chef, enfin, la mari�e.
Ce divorce ne pouvait que retomber comme un souffl�.
Adaptation : Claudia Faes
Sous-titrage : ECLAIR
Pour ARTE GEIE : Anne-Caroline Paquet
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