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Zulu
All� ?
Oui.
Oui ?
Non, d�sol�e, je ne prends plus aucun patient.
Je suis s�re que votre cas est particulier, mais...
Non, ce n'est pas une question d'argent.
Je comprends, mais je vous l'ai dit, �a n'a rien � voir avec l'argent.
Le Dr Van Rocie ?
Oui, c'�tait mon professeur.
Quel est le nom de la patiente ?
Je peux vous joindre � quel num�ro ?
Tr�s bien.
Je vous contacterai.
DOCTEUR ALESANDER VAN ROCIE
Bonsoir. Je cherche � parler au Dr Van Rocie.
C'est � propos d'une de ses patientes, Ver�nica De la Serna,
qui m'a �t� envoy�e.
Merci de me rappeler au num�ro qui s'affiche sur votre t�l�phone.
ALESANDER VAN ROCIE PSYCHOLOGUE
CHEVILLES
Bonsoir. Vous devez �tre Ver�nica.
Bienvenue.
D�sol�e, j'ai un probl�me aux yeux.
Les lumi�res vives me font mal.
Votre voyage a d� vous fatiguer. Nous commencerons demain.
Je peux vous pr�parer quelque chose � manger.
Vous avez faim ?
FRANCINE RIVERS THE LAST SIN EATER
Asseyez-vous.
- Vous n'aimez pas le divan ? - �a a co�t� combien ?
Pardon ?
Vous �tes visiblement une psy exp�riment�e.
Ils ont d� payer le paquet.
Cela vous d�range qu'on me paie pour vous soigner ?
Vous gagnez votre vie en interrogeant les gens,
mais vous ne r�pondez pas � une question simple.
Combien ?
Dix fois mon tarif habituel.
Quelle franchise !
Je trouve que c'est la meilleure fa�on d'entamer une relation.
Apr�s tout...
je ne vous connais pas.
Et vous non plus.
Si, on se conna�t.
Vous �tes la psy narcissique
qui pense pouvoir gu�rir tout le monde de leurs lamentables maladies.
Et moi, la patiente qui a d�sesp�r�ment besoin de votre aide.
Vous avouez donc avoir besoin d'aide.
� vous de me le dire.
- Vous avez lu mon dossier. - Non, malheureusement pas.
Le m�decin qui vous traitait n'a pas r�pondu � mes appels.
Si nous reprenions depuis le d�but ?
OK.
Pourquoi avoir choisi la psychologie ?
Normalement, c'est moi qui pose les questions.
- Mes questions vous d�rangent ? - Non.
Mais je ne proc�de pas comme �a.
Comment proc�dez-vous ?
J'essaie d'�tablir un lien avec mon patient
en lui posant des questions basiques.
De quel genre ?
- Quels sont vos passe-temps ? - Mes passe-temps ?
Je n'avais pas entendu ce mot depuis l'�cole primaire.
Que voulez-vous que je dise ?
J'aime courir dans la cour,
me curer le nez...
jouer au docteur.
Qu'aimeriez-vous faire plus tard ?
Je ne sais pas.
J'h�site entre astronaute et jongleuse professionnelle.
Quelle est votre mati�re pr�f�r�e ?
Vous �tes s�re que tous ces dipl�mes sont � vous ?
Vous avez l'air d'une d�butante.
� quelle fr�quence vous masturbez-vous ?
Je peux ?
Vous pensez que c'est un jeu.
Nos vies enti�res ne sont qu'un jeu.
Nous ne sommes que des pions que l'on manipule.
Et qui vous manipule ?
Nous sommes tous manipul�s par nos propres esprits.
Pas seulement moi.
Vous croyez que votre esprit vous manipule comme s'il vous �tait �tranger ?
Qu'est-ce qu'il y a de dr�le ?
Les psys croient n'importe quelle connerie du moment qu'ils peuvent vous cataloguer.
Je vous propose un march�.
Si vous r�pondez � une derni�re question pour vous-m�me,
comme si je n'�tais pas l�,
j'allume votre cigarette et c'est fini pour aujourd'hui.
D'accord.
�a me va.
Mais choisissez bien votre question.
De quoi avez-vous r�v� cette nuit ?
�a, c'est une bonne question.
Je fais le m�me r�ve toutes les nuits.
J'ai huit ou neuf ans.
Je cours dans les bois.
Il y a un chasseur.
Je ne le vois pas, mais je sais qu'il est l�.
J'entends un coup de feu.
Puis le cri d'un animal.
Alors, je vais voir.
La b�te g�mit.
C'est un chevreuil.
Il souffre.
J'essaie de ne pas le regarder, mais je n'y arrive pas.
Il faut que je le voie.
�a me pla�t.
Les fleurs se tachent du sang qui coule de son cou.
Le chasseur s'approche.
Je ne reconnais pas son visage.
Il repr�sente quelqu'un que j'ai connu autrefois.
J'essaie de prot�ger le chevreuil.
Mais il me pousse
et lui passe la cha�ne autour du cou.
C'est toujours l� que je me r�veille.
Mais je ne me r�veille pas apeur�e.
Ou triste.
Mais excit�e.
Et j'ai envie de me toucher.
Patiente : Ver�nica De la Serna. Vingt-cinq ans.
Envoy�e suite � une th�rapie inachev�e par le Dr Alesander Van Rocie.
Je n'ai pas pu obtenir � ce jour son dossier m�dical.
La patiente pr�sente une certaine r�sistance � la th�rapie.
Ses r�ponses sont g�n�ralement assez vagues.
Pourtant, ses r�ponses sont rapides
et intelligentes.
Le sujet fait un r�ve r�current qui pourrait �tre li�, ou pas,
� un ou plusieurs traumatismes survenus durant l'enfance.
Ce r�ve, o� la mort est pr�sente,
d�clenche un dysfonctionnement causant une excitation sexuelle...
Qu'est-ce qu'on mange, ce soir ?
On n'entre pas comme �a sans frapper � la porte.
Vous devez me demander la permission pour acc�der
aux pi�ces qui ne sont pas communes.
Je n'entrerais jamais dans votre chambre sans votre autorisation.
Je ne pensais pas vous faire si mal en braquant la lampe torche sur vous.
Il faut que la lumi�re soit plus vive.
Vous n'aimez pas les champignons ?
Autrefois, certains m�decins asiatiques
pensaient que les champignons constituaient une grande source d'�nergie
et �taient capables de pr�venir le vieillissement.
Aujourd'hui, j'aimerais que nous tentions autre chose.
Vous allez me montrer des fiches avec des papillons noirs ?
Quelque chose comme �a.
Je vais vous dire des mots.
R�pondez par le premier mot qui vous vient � l'esprit.
Mais pour que �a fonctionne, nous ne devons pas nous regarder.
Lumi�re.
Soleil.
Obscurit�.
Lune.
Famille.
Le premier mot auquel vous pensez, sans r�fl�chir.
Religion.
�glise.
- Amiti�. - M�fiance.
- Montagne. - Cabane.
For�t.
Vert.
Famille.
Sexe.
Satisfaction.
P�ch�.
Plaisir.
Douleur.
Plaisir.
D�sir.
Interdit.
Caresse.
Maman.
Nudit�.
Douleur.
Masturbation.
Culpabilit�.
- Culpabilit�. - Famille.
Rem�morez-vous votre enfance.
Quelle image voyez-vous quand vous pensez � votre famille ?
Un psy est cens� poser des questions qui situent le patient dans le pr�sent.
Vous en savez beaucoup sur la psychologie.
Vous n'�tes pas ma premi�re analyste.
- Cela vous d�range de parler du pass� ? - Non, mais il y a peu � en dire.
�loignons-nous du pr�sent, un instant.
Quel est votre premier souvenir de votre m�re ?
Nous avions une maison � la campagne, quand j'�tais petite.
Une maison dans la for�t ?
Pas loin.
Vous alliez parfois � la chasse avec votre m�re ?
Non, jamais.
Qu'est-ce qu'il y a dans l'abri ?
Concentrez-vous.
� quand remonte votre dernier s�jour dans cette maison ?
Je devais avoir huit ou neuf ans.
Pourquoi n'y �tes-vous plus all�es ?
Je ne sais pas.
Et votre p�re, o� �tait-il ?
Je ne l'ai jamais connu.
- Il est parti quand j'�tais b�b�. - Comment l'avez-vous v�cu ?
Je ne l'ai pas v�cu. Il n'�tait pas l�, c'est tout.
Votre m�re s'est remari�e ?
Quand l'avez-vous vue pour la derni�re fois ?
Je ne sais plus.
Quel est votre dernier souvenir d'elle ?
Les s�jours � la maison de campagne.
Vous me cachez quelque chose.
Nous cachons tous quelque chose.
Y compris � nous-m�mes.
Bonjour, j'aimerais parler au Dr Van Rocie
� propos de la patiente Ver�nica De la Serna.
J'ai besoin qu'il me rappelle au plus vite. Merci.
Qu'est-ce que vous faites ?
Je voulais regarder � l'int�rieur.
Faites voir.
Venez, il faut d�sinfecter �a.
Je vous avais dit de demander.
Il n'y a pas grand-chose � faire, par ici.
S'il vous faut quelque chose, demandez-moi, m�me si je suis occup�e.
� quand remonte votre derni�re s�ance avec le Dr Van Rocie ?
C'�tait il y a un mois. Pourquoi ?
Vous n'avez rien � faire dans cet abri.
Vous verrouillez la porte d'un simple cabanon
et vous vous attendez � ce que je vous r�v�le tous mes secrets ?
Quelle dr�le de relation, non ?
Une relation de psychologue � patient.
Rien de plus ?
Voil�.
Vous voyez, il n'y a rien d'int�ressant.
Vous faites pousser des champignons.
Et apr�s, vous me demandez quels sont mes passe-temps ?
C'est le passe-temps le plus bizarre que j'aie jamais vu.
La culture du shiitake est une vraie discipline.
Elle n�cessite beaucoup de patience et de d�vouement.
La b�che dans laquelle sont plant�es les chevilles
doit �tre morte pour que le champignon puisse pousser.
Dans un sens, la vie rena�t de la mort.
Pourquoi ne pas les planter dehors ?
- Parce qu'ils n'aiment pas la lumi�re. - Nous ne sommes pas si diff�rentes.
Comment �a ?
Moi aussi, je pr�f�re l'obscurit�.
Cueillons-en quelques-uns.
- Que faites-vous ? - Aujourd'hui, c'est moi qui interroge.
Je vais vous poser quelques questions basiques.
Bon, que voulez-vous savoir ?
Quels sont vos passe-temps ?
Cultiver les champignons, mais vous le savez d�j�.
Votre mati�re pr�f�r�e, � l'�cole ?
Vous voulez vraiment savoir �a ?
� quelle fr�quence vous masturbez-vous ?
De qui r�vez-vous la nuit ?
- Ver�nica... - De moi ?
Qu'y a-t-il, docteur ?
Dans une relation de psychologue � patient,
le th�rapeute n'a pas le droit de se laisser aller � ses �motions.
Allons manger. Nous continuerons plus tard. D'accord ?
- Venez. - Vous ne portez pas d'alliance.
- Comment ? - Vous ne portez pas d'alliance.
Vous n'en avez pas m�me la trace.
- Vous n'avez jamais �t� mari�e ? - Non, jamais.
Nous aurons une conversation plus s�rieuse apr�s manger.
S�rieusement, pourquoi ne vous �tes-vous jamais mari�e ?
Vous �tes une psychologue de renom, intelligente,
jolie.
Cela vous d�range que je vous trouve jolie ?
Il n'y a pas de mal � cela.
Certaines femmes n'aiment pas qu'on le leur dise.
� quand remonte votre dernier rapport sexuel...
avec un homme ?
La premi�re fois qu'une femme m'a fait un cunnilingus,
j'ai joui imm�diatement.
C'est un plaisir qui n'a rien � voir
avec la p�n�tration masculine.
Il n'y a rien de plus intime au monde
que d'�tre excit�e sexuellement par une autre femme.
De sentir sa peau sur votre peau.
Je pense que le d�ner est pr�t.
Patiente : Ver�nica De la Serna.
La deuxi�me s�ance de th�rapie
a r�v�l� des r�sultats pr�liminaires int�ressants.
Un diagnostic pr�coce pourrait indiquer
que la patiente a �t� victime d'un �v�nement traumatique
responsable d'une �ventuelle amn�sie dissociative sp�cifique
qui lui aurait permis d'�vacuer ce traumatisme de sa m�moire.
Ce blocage paraissant assez consid�rable,
une m�thodologie diff�rente pourrait s'av�rer n�cessaire
pour acc�der � ces souvenirs.
Laissez-vous porter par le son du m�tronome.
Vous sentez votre corps...
s'enfoncer dans le canap�...
tandis que votre respiration
vous aide � plonger dans un sommeil profond.
Vous sentez � pr�sent chaque muscle de votre corps
se d�tendre compl�tement,
en commen�ant par vos pieds.
Puis en remontant par vos jambes...
vos parties g�nitales...
votre abdomen...
votre poitrine.
Vos bras commencent � s'all�ger.
Maintenant, vos mains.
Pour finir par votre nuque...
et votre t�te.
Votre corps est compl�tement relax�
et vous pouvez entrer dans un �tat de sommeil profond.
Je vais compter � rebours � partir de dix.
Quand j'arriverai � z�ro,
vous serez compl�tement endormie.
Dix,
neuf,
huit,
sept,
six,
cinq,
quatre,
trois,
deux,
un,
z�ro.
Nous allons nous concentrer sur le mot "famille".
O� �tes-vous, Ver�nica ?
Dans les bois.
Pr�s de la maison o� j'allais avec maman.
Prenez conscience des sensations de ce lieu.
Des images.
Des sons.
Qu'y a-t-il autour de vous ?
Des arbres.
Des fleurs.
J'entends le vent qui souffle.
O� se trouve la maison ?
Derri�re moi.
Loin.
Votre m�re est avec vous ?
Oui.
Elle coupe des fleurs.
Elle m'appelle.
Une fois que vous avez rejoint votre m�re, observez-la.
Comment elle est habill�e.
Si elle porte un objet particulier.
Son parfum.
Autorisez-vous � vous d�placer
vers un autre endroit, un autre espace.
Que voyez-vous ?
Il y a un pont.
Qu'y a-t-il de l'autre c�t� ?
Je ne sais pas.
On dirait que votre subconscient essaie de vous prot�ger de quelque chose.
C'est un entrep�t.
Qu'y a-t-il � l'int�rieur ?
Je ne sais pas. Je ne veux pas entrer.
Pourquoi ?
Parce que �a me fait peur.
Vous vous en sortez tr�s bien, Ver�nica.
Ma voix va vous accompagner pas � pas.
Allons d'abord jusqu'au seuil.
Encore un pas.
Encore un et nous voil� dans l'entrep�t.
Que voyez-vous ?
Ver�nica, qu'y a-t-il � l'int�rieur ?
Ver�nica, qu'y a-t-il � l'int�rieur de l'entrep�t ?
Je ne veux pas.
Tu sais que je t'aime beaucoup.
On va jouer � un jeu qui pla�t beaucoup � maman.
Je ne veux pas.
Mais elle m'y oblige.
Ver�nica, �coutez ma voix.
Ma voix va vous aider � sortir de cette exp�rience.
Je vais compter � rebours.
� z�ro,
vous serez compl�tement r�veill�e.
Dix, neuf,
huit, sept,
six,
cinq, quatre,
trois, deux,
un, z�ro.
Bonsoir. J'essaie de joindre le Dr Van Rocie.
Non, pas pour une consultation, pour une question professionnelle.
Une de ses patientes m'a �t� envoy�e et j'ai besoin...
Comment �a, introuvable ?
Il est parti en vacances ?
Il a disparu ?
Depuis quand ?
Vous avez du miel ?
Vous m'avez dit de vous demander, s'il me fallait quelque chose.
Vous saviez que certaines gu�pes produisent aussi du miel ?
Leurs nids sont compos�s d'essaims,
comme les abeilles.
La diff�rence, c'est que les abeilles n'ont qu'une seule reine
alors que les gu�pes en ont plusieurs.
Les abeilles sont tr�s organis�es
alors que chez les gu�pes, c'est un peu le bazar.
Et pourtant, leur miel est bien meilleur.
Ce sont des gu�pes mellif�res. On dirait un nom de maladie.
Mais pas du tout.
- "Mellif�re" signifie... - Qu'elles produisent du miel.
Oui.
Vous saviez qu'il peut �tre toxique pour les humains ?
C'est un miel moins sucr�,
mais c'est justement le pi�ge,
car comme on n'est jamais satisfait,
on en veut toujours plus.
Patiente : Ver�nica de la Serna.
La s�ance d'hypnose a donn� des r�sultats concluants.
Il est �vident que la patiente a �t� abus�e sexuellement par sa m�re
� un tr�s jeune �ge.
La date du premier viol reste inconnue.
Il est probable que cela se soit r�p�t� r�guli�rement,
ce qui expliquerait l'amn�sie dissociative.
Il est �galement probable que la patiente ait d�velopp�
un trouble dissociatif � tendances sadiques.
Un traitement m�dicamenteux pourrait s'av�rer n�cessaire.
Vous lisez beaucoup, non ?
Moi, je ne lis pratiquement jamais.
Mais j'aime beaucoup les romans d'horreur.
Misery de Stephen King est un de mes pr�f�r�s.
Celui-ci a l'air int�ressant.
The Last Sin Eater.
Quoi ?
The Last Sin Eater
de Francine Rivers.
- C'est bien ? - O� est le marque-page ?
Quel marque-page ?
Ce livre �tait sur le chevet de mon lit et avait un marque-page.
O� est-il ?
Je ne sais pas de quoi vous parlez.
Vous m'avez vue. Il �tait sur l'�tag�re.
J'en ai assez, de tout �a.
Vous l'avez pris cette nuit ?
Je ne suis jamais entr�e dans votre chambre.
Ver�nica, �a ne marche pas.
- Comment ? - Exactement.
Apr�s ce qui s'est pass� hier,
le mieux serait que je t'envoie consulter un confr�re.
L'hypnose, c'�tait votre id�e.
Je n'ai jamais autant progress� avec les autres docteurs.
- Je ne parle pas de �a. - De quoi parlez-vous, alors ?
Tu fais �a � tous tes psychologues ?
Quoi ?
Qu'est-il arriv� au dernier ?
Comment �a ?
Le Dr Van Rocie. Il a disparu.
- Disparu ? Je n'en savais rien. - Arr�te de mentir !
Je ne mens pas.
Quelle co�ncidence qu'il ait disparu
juste au moment o� il a mis fin � ta th�rapie. Pourquoi ?
- Je ne sais pas. - Que s'est-il pass� ?
- �a ne marchait pas. - Pourquoi ?
- Il me traitait comme une enfant. - Et tu n'aimes pas �a ?
Vous me faites mal.
Et donc ?
Il n'a pas su te satisfaire, alors tu as pris les choses en main ?
Vous insinuez que je suis li�e � sa disparition ?
Peut-�tre. � toi de me le dire.
Tu as peut-�tre oubli�.
� supposer que tu fasses r�ellement un blocage.
Vous devenez folle.
Il est temps que tu partes.
Je n'avais pas l'intention de rester.
Vous �tes encore plus dingue que moi.
Vous et vos putains de champignons.
� quoi sert donc la psychanalyse ?
Comment peut-on pr�tendre aider un patient � r�soudre ses probl�mes
quand on n'arrive pas � r�gler les siens ?
Une fois plant�s, les champignons poussent dans l'�corce de l'arbre.
Ils se d�veloppent et � maturit�, on les r�colte.
C'est facile d'identifier une faille dans un processus ordinaire.
Mais comment l'identifier en plein chaos ?
Les �gyptiens pensaient que l'intelligence venait du c�ur.
Puis Platon a sp�cul� que le cerveau �tait la part rationnelle de l'�me,
mais Aristote l'a contredit en avan�ant
que le c�ur est au centre de toute intelligence
et que le cerveau ne sert qu'� temp�rer le sang.
Breuer lui-m�me
n'acceptait pas qu'un patient tombe amoureux de lui.
Il devait alors abandonner la th�rapie.
Des ann�es plus tard, Freud a repris ce que Breuer n'avait pas vu :
que toute n�vrose hyst�rique repose sur un d�sir sexuel enfoui.
D'apr�s Freud, la libido est une entit� vivante.
C'est le plaisir qui nous pousse � vivre.
Mais c'est aussi Freud qui a argu� que malgr� cela,
nous avons tous un d�sir inconscient de mourir.
Une professeure nous a racont�
que quand elle �tait enfant,
son grand-p�re �tait mort dans un violent accident de voiture.
Sa grand-m�re, qui d�pendait totalement de lui,
ne parvenait pas � se remettre de ce traumatisme.
Alors, elle commen�a inconsciemment
� porter les v�tements de son mari.
� parler comme lui.
Se comporter comme lui.
La nuit,
elle dormait sur le c�t� du lit qu'il occupait autrefois.
Quand elle fut enterr�e, des ann�es plus tard,
il fallut lui mettre les habits du grand-p�re.
Elle l'avait demand� express�ment dans son testament.
Par cons�quent,
elle savait bien ce qu'elle faisait...
mais elle l'a fait quand m�me.
Vous connaissez l'all�gorie de la caverne, de Platon ?
Platon la d�crit comme une caverne dans laquelle un groupe d'hommes,
prisonniers de naissance,
sont encha�n�s par le cou et les jambes
de telle sorte que la seule chose qu'ils peuvent voir
est un mur au fond de la caverne.
Juste derri�re eux se trouve un couloir o� br�le un feu.
C'est la seule issue vers l'ext�rieur.
Dans le couloir circulent des hommes qui portent des objets
dont les ombres sont projet�es sur le mur par le feu.
Ces ombres sont tout ce que les prisonniers peuvent voir.
Ainsi, ces ombres...
sont leur seule v�rit�.
Leur unique r�alit�.
Mais qu'adviendrait-il si l'un de ces prisonniers �tait lib�r�
et si une fois sorti de la caverne, il pouvait voir le monde tel qu'il est ?
Au d�but, le soleil lui br�lerait les yeux.
C'est impossible. Tu es...
Mais une fois habitu� � la lumi�re, il se rendrait compte
que tout ce qu'il avait vu jusqu'alors n'�tait qu'une ombre,
un simple reflet de la r�alit�.
L'all�gorie se termine quand le prisonnier d�cide de retourner
lib�rer ses amis encore prisonniers.
Mais ils se moquent de lui, comme s'il �tait fou.
Platon explique qu'ils seraient pr�ts � le tuer
pour pouvoir continuer � vivre dans leur mensonge.
Leur monde d'ombres.
Qu'as-tu fait au Dr Van Rocie ?
Vous ne comprenez pas.
Vous n'�tes pas mieux que ces prisonniers
capables de tuer pour pouvoir continuer de vivre dans le mensonge.
- O� est le Dr... - Le Dr Van Rocie !
Van Rocie.
Le c�l�bre Dr Van Rocie.
Quel est votre nom ?
Votre nom, c'est quoi ?
Vous aimez les anagrammes ?
Une psychologue de votre envergure devrait �tre assez intelligente
et donc capable de d�chiffrer une anagramme.
L'anagramme de votre nom.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Quel est votre nom ?
Mon nom ?
Quel est votre nom ?
Mon nom...
Votre nom ?
Il me faut mes lunettes.
Quel est votre nom ?
Arr�tez de vous mentir. Vous �tes Ver�nica de la Serna.
Votre m�re, Sofia de la Serna, a abus� de vous quand vous �tiez petite.
Depuis, vous �tes excit�e d�s que vous r�vez
de ces cha�nes.
Tout s'est pass� ici.
� cet endroit tr�s pr�cis.
Il n'y a aucun miroir, dans la maison. C'est bizarre, non ?
Mais le monde n'arr�te pas d'exister juste parce que vous fermez les yeux.
Tu n'existes pas.
Vous n'aimez pas les champignons ?
Non. C'est vous qui n'existez pas.
Vous �tes une invention de mon subconscient.
Vous ressemblez seulement � quelqu'un...
que j'ai connu autrefois.
Tu es Ver�nica de la Serna.
Tu es n�e le 18 septembre 1987.
Tu as 25 ans.
All� ?
Oui.
Oui ?
D�sol�e, je ne prends plus de patients.
Je suis s�re que votre cas est particulier, mais...
Non, ce n'est pas une question d'argent.
Je comprends, mais je vous l'ai dit, �a n'a rien � voir avec l'argent.
Le Dr Van Rocie ?
Oui, c'�tait mon professeur.
Quel est le nom de la patiente ?
Je peux vous joindre � quel num�ro ?
Tr�s bien. Je vous contacterai.
Sous-titres : Cynthia Piaud
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