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LE BAGARREUR SOLITAIRE
Belle comme la lune et les roses Dans sa robe l�g�re et blanche
J'ai dans� avec un ange toute la nuit
Elle �tait jeune et belle Un ruban dans les cheveux
Et sur les joues une touche de rose
Une touche de rose sur les joues Une touche de rouge sur les l�vres
Une touche de bleu dans les yeux De la couleur des cieux
Une touche de rose Une touche de rouge
Une touche de bleu Aussi pur que son amour
Je serai au paradis Quand je serai son mari
Quand elle sera dans mes bras
Dans sa maison toute proprette Elle fera des petits pas
Et partout, une touche de rose
Une touche de rose sur les joues Une touche de rouge sur les l�vres
Une touche de bleu...
Une touche de rose sur les joues Une touche de rouge sur les l�vres
Une touche de bleu dans les yeux De la couleur...
Pas un geste, vieux!
Dire qu'on doit d�cider de vous tuer ou pas.
�a nous pla�t pas trop non plus.
Qui �tes-vous?
Lije Hawkes. Elle, c'est ma femme, Kiri, et mon neveu, Yancey.
Hawkes?
Mon nom vous d�range?
Je veux bien en changer.
Vous ne pensez pas qu'on m�rite de voir ceux qui veulent nous tuer?
Si on se montre, on risque de pas vous tuer.
On vous offre un whisky?
Et baissez votre joujou qui pointe dans la mauvaise direction.
Une minute. Je connais cette voix.
Vous m'avez jou� un sacr� tour!
Tu ferais mieux de t'asseoir, Lije. Tu as eu une de ces frousses.
Vous avez du pot d'�tre en vie.
Tu ne sais m�me pas viser. Il faudrait se trouver sous ton nez.
T'as bien grandi, toi.
�a te fait quel �ge?
J'en sais rien. Oncle Lije a utilis� tous ses doigts et ses orteils.
O� t'�tais, tout ce temps?
On a vu des contr�es o� personne n'a encore mis les pieds,
des montagnes si hautes qu'on voyait tout le Wyoming jusqu'� Salt Lake City.
Tu voyais loin, toi?
� 80 kilom�tres.
Ses yeux n'ont pas fini de grandir.
On a trouv� mille fourrures, vous auriez donn� votre m�re pour �a.
- Mille? - Plus ou moins.
Disons huit cents.
Cinq cents.
Une fourrure de plus ou de moins... C'est du premier choix.
Je vous les montrerai chez Ogilvie.
On n'ira pas au comptoir. On est sur le d�part.
Pour la Californie.
La Californie? On chasse quoi, l�-bas?
On veut des fermes.
Vous quittez les montagnes?
La chasse, c'est fini. Il faut aller trop loin pour trouver des fourrures.
Mais le trappeur est libre.
Libre de mourir de faim, sans les bisons.
Viens avec nous, Lije. On plantera des graines.
Quand je partirai � l'ouest, c'est que j'aurai perdu un grain.
Et toi? Y a de la terre � prendre, et pas assez de main-d'�uvre.
Tenez.
Il a tourn�, votre whisky.
Partons avant de nous retrouver so�ls dans un champ de navets.
Kiri!
Kiri.
La Californie, c'est �a? La Californie.
Tu les as entendus? Qu'ils y aillent.
D�j�, il faudrait qu'ils y arrivent.
Des fermiers! Tu as entendu. J'ai toujours su
que c'�taient des culs-terreux.
Doucement, ma belle. Tout doux.
Tout doux. Tout doux, Sal.
- Qu'est-ce qu'elle a? - Elle en a assez de t'entendre crier.
Et � raison.
Tu leur as dit qu'on n'a tu� que cinq cents castors en deux ans.
- C'est la v�rit�. - C'est quand m�me blessant.
En 1840, j'ai chass� cinq mille fourrures en une seule saison.
Et c'�tait seulement...
� l'�poque, �a grouillait de castors.
On n'avait qu'� se servir. Des millions.
On ne se privait pas.
Bon sang.
Il n'y aura pas assez de trappeurs au comptoir
pour descendre un baril de bourbon.
- Je boirai avec toi, si tu veux. - Tu es trop jeune pour boire.
Et en plus, �a a un go�t infect.
Voil� Sal qui recommence. Elle me rend nerveux.
Si on n'avait pas tu� autant de castors � l'�poque... J'en sais rien.
Si tu veux devenir fermier...
ne te g�ne pas.
Fermier? Pourquoi �a?
T'es un adulte, � pr�sent. Tu vas vouloir te marier.
J'y pense pas.
Tu es vigoureux. �a viendra.
On verra bien.
Il faut de l'argent pour se marier.
Si tu �tais d�j� all� en ville, tu le saurais.
Les femmes aiment les belles choses.
Certaines exigent m�me une maison avec des fen�tres!
La Bible dit: "O� vous irez, j'irai." Si une fille m'aime, elle me suivra.
Peut-�tre. Mais la Bible ne parle pas de nous deux.
- Et si elle ne m'aime pas? - Je ne l'aimerai pas.
Je vais aller voir Sal. Elle ferait tourner la t�te � mon fusil.
Du calme, ma belle. Tout doux.
Tout doux, Sal.
Oncle Lije!
Bien vis�, petit.
Vraiment, c'est le plus joli tir que j'aie jamais vu.
Il va mourir, tu crois?
Lije.
- Comment il va? - Comme hier soir.
Je vais le veiller.
Tu l'as veill� toute la nuit.
Il y a longtemps, j'�tais jolie.
Les trappeurs voulaient m'avoir... sans m'�pouser.
Lui m'a �pous�e.
C'est � moi de le veiller.
J'ai faim!
Bon sang, ce que j'ai faim.
Cet ours m'a fait sauter mon d�ner.
Dis bien � Ogilvie que je veux du vrai whisky.
- Tu te rappelleras? - C'est mis sur la liste.
Ne la perds pas.
Tu peux rester une semaine, si tu veux. Le steak d'ours, �a me va.
Tu veux quelque chose, Kiri?
Yancey.
Elle aime les surprises. Ram�ne-lui une babiole.
- M. Ogilvie, arr�tez! - Je commence � peine!
Ca suffit.
�a suffit, M. Ogilvie.
J'aurais d� le tuer. Un vaurien. Regardez.
Ce vaurien est arriv� cette nuit avec un chariot plein de gosses
et un baril de tord-boyaux.
Il en a vendu aux Indiens dans mon dos et ca les a rendus fous.
- Ils ont br�l� votre comptoir? - Sans le vouloir.
Ils chantaient et dansaient...
La couverture de l'un d'entre eux a pris feu.
On n'a jamais rien vu br�ler si vite.
Quand je l'ai vu tourner autour, j'ai eu des envies de meurtre.
- �a ne changerait rien. - Mais je partirais plus tranquille.
Vendre du tord-boyaux � des Indiens...
Je leur donnais toujours le meilleur bourbon.
Un dollar le gallon.
- Au revoir, jeune homme. - Au revoir? Vous allez o�?
Je retourne � la civilisation. Chicago, Illinois.
Hue!
II me faut des provisions! O� vais-je vendre ces fourrures?
� Casper. � l'�picerie g�n�rale.
Casper?
Bonjour.
Je vous remercie. Il m'aurait r�duit en bouillie.
Je m'appelle Stocker. Ben Stocker, du Kentucky.
Vous connaissez?
On avait une ferme.
D�truite par les pluies. Alors on est all�s dans l'Ohio.
C'�tait la s�cheresse. Dites, ce sont des fourrures?
Puis, dans l'lowa, j'ai vendu de la nourriture pour b�tail.
Mais je me suis bless� au dos... Maintenant, on va dans l'Oregon.
J'esp�re ouvrir une �picerie l�-bas.
Ce sont de jolies fourrures. Vous allez les vendre o�?
� Casper.
C'est � deux jours de cheval. Vous partez quand?
Demain, pour que les mules se reposent.
Je pourrais vous �viter ce voyage. Vous aimez l'alcool de qualit�?
Je ne bois pas.
Je comprends. � moins d'avoir quelque chose � f�ter.
J'ai de l'alcool...
- Je ne bois pas, j'ai dit. - Ne vous vexez pas.
J'essaie de faire affaires.
Ce sont vraiment des fourrures de premier choix.
Vous n'�tes pas mari�, dites?
- C'est quoi, votre nom, d�j�? - Je ne l'ai pas dit.
C'est pas grave.
Mon gars, l'affaire est faite. Rosalie!
Rosalie!
Ma...
Rosalie... Je d�teste m'en s�parer,
mais pour la moiti� de vos fourrures, vous aurez une belle �pouse.
Une �pouse?
Bien s�r. Elle cuisine, elle coud,
elle laboure, et elle est jolie quand elle est propre.
Approche-toi, qu'il te voie.
Vous voyez? Elle cause pas beaucoup.
Elle mange pas beaucoup non plus. Vous en dites quoi? D'accord?
- Mais on ne se marie pas comme �a! - Pourquoi pas?
II faut de l'amour, d'abord.
L'amour?
Elle est bien bonne.
Qui vous a racont� �a?
�a ne vous regarde pas.
- Croyez-moi, c'est du pipeau! - Ne me touchez pas.
Attendez une minute.
Je me suis peut-�tre tromp�.
La moiti� de ces fourrures, c'est trop.
- Je veux bien n�gocier. - Allez-vous-en.
Non, piti�. On va s'en aller. On partira avant ce soir.
Ne me frappez pas. Je suis malade.
J'ai mal au dos.
Les gens comme vous ne devraient pas avoir d'enfants. D�gagez.
J'ai l'habitude des coyotes.
- Et je les tue. - Je n'�tais pas en train de voler.
Je promets. Mon chariot est pr�t � partir.
Non, piti�. Ne tirez pas.
Je voulais emprunter quelques fourrures pour ma femme.
Elle n'en a jamais eu, j'ai pens� que �a lui ferait plaisir d'avoir...
quelques... fourrures.
- Pour votre femme. - �a alors. Vous �tes incroyable.
Si un jour vous avez besoin de quoi que ce soit, dites-le-moi.
D'accord?
Pas un geste!
Que faites-vous ici?
Rosalie, c'est �a?
Qu'est-ce que vous faites ici?
Je pr�pare le petit-d�jeuner.
Pour quoi faire? Et votre famille?
J'ai saut� du chariot quand ils dormaient.
C'est la plus grande b�tise qui soit.
Votre p�re va revenir vous tanner le cuir.
Il aurait raison.
Il sera content d'�tre d�barrass� de moi.
Pourquoi?
Papa vous a menti...
Arr�tez de parler si bas.
Papa vous a menti. J'ai un gros app�tit.
En tout cas, vous n'�tes pas tr�s loquace.
Mais si, je...
Quand je n'ai pas peur.
Alors arr�tez d'avoir peur, d'accord? Regardez-moi.
Regardez-moi!
Dites-moi pourquoi vous �tes revenue.
Il m'aurait �chang�e au premier venu...
Allez-y, parlez.
� Casper, je trouverai du travail, je n'aurai pas � �pouser un inconnu.
Si vous voulez bien m'emmener.
� Casper? Je ne peux pas faire �a.
- Pourquoi? - J'ai des choses � faire.
Vous allez m'encombrer.
Retournez aupr�s de votre famille. Allez.
�coutez-moi.
Je n'admire pas votre p�re, mais vous �tes sa fille.
S'il le faut, je vous ram�nerai moi-m�me.
Je n'irai pas.
Tr�s bien. Comme vous voulez. Restez ici toute seule, alors.
�a m'est �gal. Compl�tement �gal.
Ne me regardez pas comme �a.
Arr�tez!
Je ne peux pas vous emmener. Je n'ai jamais emmen� une fille.
Qu'est-ce que je ferais de vous? Et en plus, vous �tes affreusement sale.
Le b�b� a mang� notre savon.
�a ne m'int�resse pas. Je dois �tre revenu dans une semaine...
Arr�tez de me regarder comme �a.
Ne restez pas l�. Allez donc pr�parer le petit-d�jeuner.
Je n'ai jamais rien entendu d'aussi joli.
Qui vous a appris � jouer?
Mon oncle Lije. On joue tous les soirs.
Ca doit �tre merveilleux. On n'�coute pas de musique.
Vous ne chantez pas?
Non, papa n'aime pas qu'on chante... Sauf � la messe, peut-�tre.
J'�couterais de la musique sans arr�t. Je ne sais pas pourquoi.
La musique est le vin des �mes assoiff�es.
Je l'ai lu dans un livre.
Vous savez lire, aussi?
Un peu.
J'ai lu la Bible, Le Voyage du p�lerin et lvanho� deux fois.
Il y a de belles choses, dans les livres.
J'aimerais tant savoir lire.
Vous pourrez apprendre.
J'aimerais beaucoup.
Ce n'est pas facile. Oncle Lije m'a appris sur les bo�tes � tabac.
Vous pourriez m'apprendre?
- Je crois, avec du temps. - Peu importe le temps que �a prend.
Il faut se lever t�t pour �tre � Casper avant midi.
Vous �tes d�j� all� dans une grande ville?
Moi non plus. Je serai trop occup� pour m'occuper de vous.
- Vous savez o� trouver du travail? - Je demanderai aux gens, comme papa.
Je l'imagine mal chercher du travail.
Un jour, il l'a fait, mais il s'est fait prendre en train de voler un cheval.
Et si on n'avait pas pleur�, ils l'auraient pendu.
Ca a d� �tre terrible.
Terrible. On avait vraiment besoin de ce cheval.
Bienvenue � Casper 4 juillet, F�te nationale
C'est bruyant, leur f�te.
Eh bien dites donc, c'est pas rien.
Quoi donc?
II y aura un rod�o, un bal, un concert...
M�me un carnaval. De vraies festivit�s.
- Je n'ai jamais vu �a. - Moi non plus.
Ca doit �tre amusant.
Vous savez quoi?
Quand j'aurai vendu mes fourrures et que vous serez plac�e,
j'irai peut-�tre voir �a.
En ce jour de f�te nationale, nous devons nous battre...
Ca alors.
�a, c'est une ville.
Le grand territoire du Wyoming appartient aux �tats-Unis.
Votez pour Jack Spear, messieurs dames.
Quelle foule.
Votez pour Jack Spear. Il se battra contre ces vauriens de Washington!
Les gens sont �l�gants, pas vrai?
- Vous pouvez arranger vos cheveux? - Pourquoi?
On dirait que vous vous �tes roul�e par terre.
Ne revenez pas avant l'ouverture.
Je suis d�sol�, madame. Vraiment d�sol�.
Esp�ce de vaurien.
Venez, les gars.
Il cherche les ennuis.
Rentre.
Regardez ce qui arrive!
Bonjour.
- Bonjour. - Vous cherchez quelque chose?
- Tout � fait. L'�picerie g�n�rale. - Quoi?
- L'�picerie g�n�rale. - Pardon? J'entends mal.
L'�picerie g�n�rale, elle est o�?
Sous votre nez.
Faut venir d'un trou pour tomber dans ce panneau.
Vous m'avez bien eu.
C'est ma facon de vous souhaiter la bienvenue.
- D'o� vous venez? - Des montagnes, dans l'ouest.
J'aurais dit du sud.
- Je n'y suis jamais all�. - Pourquoi?
- Pourquoi j'irais? - Pour ca.
Yancey, attention!
Elle vous a bien eu, la petite. Elle �tait bonne, celle-l�.
Merci pour votre accueil.
L'�picerie, c'est l�...
Sachez qu'un homme ne doit jamais s'en prendre � une femme, m�me � elle.
- C'est compris? - Oui.
Paul?
II va y avoir du grabuge.
- �cartez-vous! - Chip, il n'est pas arm�.
Je veux juste le raccourcir un peu. Il est mouill�!
Attrapez-le!
Laissez-les se battre.
Attrapez-le!
Allez, �a suffit. Arr�tez, �a suffit.
Tirez-vous.
Ca suffit maintenant.
Tu m'as entendu, Chip?
- J'ai un truc � finir. - Tu veux que je te baigne, moi?
Attendez une minute, sh�rif.
J'attends.
On ne m'a jamais fait �a.
Tes parents auraient mieux fait de le faire.
Du balai.
Ces jeunes ivrognes... D�sol�. Ma ville est plut�t paisible.
- Ca va? - Je ne les comprends pas.
- Montrez-moi ce poignet. - Vraiment pas.
Vous ne connaissez pas les cow-boys.
Ils partent plusieurs mois et reviennent dans tous leurs �tats,
en qu�te de jolies filles. Ils ne sont pas m�chants.
Lui, si.
Il n'a pas le regard d'un homme.
Chip? Ce n'est pas un homme. Pas encore.
C'est un ivrogne arm� d'un revolver � deux sous.
Pourquoi vous les autorisez?
Ce n'est pas interdit par la loi.
C'est pas raisonnable. Y a pas d'animaux dangereux ici.
Il pourrait tirer sur quelqu'un, c'est honteux.
Vous saignez beaucoup?
- Ce n'est rien. Marcy d�sinfectera. - Marcy?
Marcy Howard.
Elle a suivi la bagarre, elle s'inqui�tait pour vous.
Elle est � l'int�rieur. Entrons.
Non, �a ira. Je dois vendre mes fourrures pour repartir.
Vous ne restez pas pour la f�te?
�a plaira � votre petite dame.
On voyage ensemble, c'est tout.
Elle cherche du travail.
Vous ne trouverez rien aujourd'hui. Tout est ferm�.
Merci beaucoup pour ce que vous avez fait.
Dommage que vous ne restiez pas.
Les gens sont trop mal �lev�s pour moi. Excusez-moi.
Merci de l'avoir aid�.
- Qu'est-ce qu'il y a, Paul? - Ces deux-l�...
Lui ne conna�t rien au monde.
Et elle ignore � quel point elle est jolie.
Jolie? Cette fille?
Oui, cette fille-l�.
Tu es pr�te? lls m'attendent.
Ch�rie!
Attendez une minute, jeune homme.
J'ai des fourrures � vendre. Vous �tes M. Forbes?
On est ferm� pour la fanfare.
On est ouvert, M. Forbes.
Tr�s bien, jeune homme. Faisons vite.
Faites le tour du magasin.
Regardez d'o� vous �tes. Pas le temps.
Prenez votre temps.
Je devrais �tre en position.
Examine ces fourrures.
J'imagine la t�te d'oncle Lije si je portais �a.
- Yancey... - Il ne me reconna�trait pas.
- Vous pouvez rester un peu? - Jeune homme!
Jeune homme, ce sont de belles peaux de castor, mais �a se vend mal.
Deux dollars la livre, �a irait?
Je vous fais confiance.
- Elles sont en parfait �tat... - Il a dit oui. P�se-les.
D'abord, d�duisez mes provisions.
Lard, haricots blancs, bougies, whisky, tabac...
- Amenez-la demain, d'accord? - Je pars aujourd'hui.
Je dois aller rejoindre la fanfare.
Nous allons la pr�parer ensemble. Continuez de regarder.
- M. Forbes, je vous prie. - Ils ont besoin de moi.
- Je joue le premier solo du concert. - M. Forbes.
Regardez �a.
Trop fine pour prot�ger du vent, trop l�g�re pour r�sister aux buissons
et quasiment transparente.
- Qui voudrait �a? - Moi.
Vous voulez s�rement des toilettes pour ce soir.
- Pour quoi faire? - Vous n'irez pas au bal comme �a?
Nous n'irons pas du tout.
Nous voudrions des rubans.
Nous sommes ferm�s.
Des rubans, tu parles. Comme si elles en avaient besoin.
Vous voulez essayer des robes?
Celle-ci est tr�s jolie, n'est-ce pas?
Du caf�, des bougies...
du bon whisky...
C'est �crit de l'autre c�t� aussi...
Vous �tes trop jeune pour du whisky.
Je le barre.
M. Forbes?
Qui est cette fille?
- Celle qui parle au sh�rif. - Marcy Howard.
Elles travaillent chez Ma Ransome. M�me elles ont droit � un jour de cong�.
- Elle est promise? - Quoi?
- C'est l'amie du sh�rif? - Ils sont bons amis.
- Ils sont fianc�s? - Non, elle travaille au dance hall.
Elle n'appartient � personne.
Une lampe � p�trole...
deux couvertures...
Et la fanfare qui commence...
- M. Forbes. - Oui?
Pour choisir un costume, il me faudrait combien de temps?
- Trop longtemps. - Pas du tout. C'est du pr�t-�-porter.
Laissez vos affaires ici.
On habille aussi la demoiselle?
II vaut mieux. Elle ne trouvera jamais de travail, sinon.
- H�, les gars! - M. Forbes!
- Vous faites quoi? - Je vais vous frotter le dos.
- Sortez d'ici. - Je le fais pour mes fr�res.
Je ne suis pas votre fr�re!
Yancey!
Allez-y, dites-le.
Vous �tes superbe.
Superbe?
Oh que oui.
Vous trouvez?
Bien s�r. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi beau.
C'est vrai que je ne suis pas si mal.
Vous pouvez m'aider � nouer �a?
- Qu'est-ce que c'est? - Mme Forbes appelle �a un corset.
- � quoi �a sert? - A tenir.
- � tenir quoi? - Elle ne l'a pas dit.
Les femmes portent de ces choses...
Qu'avez-vous fait?
Fait?
Oui. Vous �tes tellement... propre.
Ma robe vous pla�t?
Oui, vous �tes jolie.
Vraiment?
- Juste une chose. - Quoi?
Vous devriez enlever ce corset.
Ca fait des bourrelets.
Voici cinq dollars. Faites-en ce que vous voulez.
- O� allez-vous? - Je veux aller avec vous.
Pas question.
C'est ma premi�re f�te foraine et je ne veux pas d'un pot de colle.
- Ne me regardez pas comme �a. - Je ne vous d�rangerai pas.
Trouvez quelque chose � faire.
Cessez de me regarder comme �a.
Bonjour.
- Je suis Ma Ransome. - Enchant�.
- Elle cherche du travail? - Du travail?
Oui, c'est vrai. Entrez.
Elle s'appelle Rosalie. Rosalie, voici Mme Ransome.
- Elle ne cause pas beaucoup. - C'est mieux.
Mais elle cuisine et elle fait le m�nage.
Elle n'aura pas tant de travail. Pas chez moi.
- O� ca? - Au dance hall. Vous le connaissez?
Je l'ai vu de l'ext�rieur, mais c'est merveilleux.
Vous voyez? Tout est arrang�. Bonne chance. Travaillez bien.
Ravi d'avoir fait votre connaissance.
Laissez-le.
C'est vrai que tu es jolie.
- Quel est ton nom de famille? - Stocker. Rosalie Stocker, Mme Ransome.
Mes filles m'appellent Ma. Alors appelle-moi Ma.
Qui est plus rapide? L'�il ou la main?
H�, vous! Vous! Approchez. Vous.
H�, l'ami! Vous! Approchez.
Je vais vous montrer quelque chose.
Juste une seconde.
Vous voyez ce petit pois ordinaire?
Dites-moi o� il est.
- Pourquoi? - C'est un petit jeu.
C'est un v�ritable test de la vue r�alis� pour le bien du public.
Regardez bien.
Alors, o� est-il?
Comment vous avez fait?
J'ai de bons yeux.
- Que faites-vous ici? - Rien.
- Je vous ai dit de ne pas me suivre. - Oubliez cette jolie fille.
Vous avez tout l'apr�s-midi.
Je vais vous dire.
Je vous parie cinq dollars que vous ne r�ussirez plus.
- Je ne peux pas. - Pourquoi pas?
Vous perdriez.
C'est tr�s gentil de votre part, mais c'est l'argent de mon patron.
Sa femme est tr�s riche.
Dans tous les cas, je suis pay�. Alors?
Ca ne vous co�tera rien?
Pas un centime, croyez-moi.
Posez votre billet.
- Je dois vous parler. - Pas maintenant.
- Ce travail... - Vous l'avez eu?
- Je commence ce soir, mais... - Ne le d�rangez pas.
Il d�pensera ses gains pour vous.
C'est parti. Vous la voyez? Vous ne la voyez plus.
Je m�lange... Voici, voil�. �a y est. Choisissez.
Je l'avais dit.
Vous avez de bons yeux, mais vous savez ce qu'on va faire?
Je parie cent dollars.
- Cent dollars? - Cent dollars. Vous les avez?
Oui, mais c'est une grosse somme.
Ne vous en faites pas. Le patron,
M. Grady, est un homme g�n�reux.
Il aime d�penser son argent pour faire plaisir aux autres.
Il dit: "Quand on perd de l'argent, on reconna�t ses amis." Alors?
Si vous le dites.
Ma Ransome dit que je dois danser et bavarder avec n'importe quel client.
Simple courtoisie.
D�p�chez-vous, il va changer d'avis.
- Et je dois �tre gentille avec eux. - O� est le probl�me?
�a ne vous emb�te pas?
Pourquoi �a m'emb�terait? Pourquoi n'allez-vous pas vous amuser?
Vous �tes un chic type. Un vrai.
� pr�sent, ne le quittez pas des yeux. C'est parti.
Je tourne, je tourne. En haut, en bas. Voici, voil�.
O� est-il?
II n'est pas ici... ni l�... ni l�.
Il est forc�ment l�.
Non, et vous le savez.
- Vous cherchez les ennuis? - Non, monsieur.
Alors choisissez une coquille. Laquelle?
Je vous ai vu le cacher.
Vous m'avez vu? Vous m'accusez de tricher?
Non, monsieur,
s'il n'est ni l�-dessous ni dans votre main, o� est-il?
H�, Rube!
- O� sont les gar�ons? - Une bagarre!
Essaie de r�gler �a rapidement. J'attends ici.
- Doucement. - Sh�rif! Yancey est l�-dedans!
- Le montagnard? II n'est pas parti? - Non, il est l�-dessous.
Naturellement. Reculez.
On arr�te tout.
S�parez-vous. Allez.
Dispersez-vous.
Allez.
C'est termin�.
Bonjour, sh�rif.
Je vous donne du travail.
�a, c'est s�r.
Que s'est-il pass�?
Les hommes civilis�s ne peuvent pas s'emp�cher de devenir violents.
Cet homme a trich� et vol� l'argent de Yancey.
H�, vous! Approchez.
Nous n'avons rien fait de malhonn�te.
Je l'ai vu!
Cet argent?
Cent dollars sont � lui.
Le reste est � moi.
Vous n'en aurez pas besoin pendant trente jours.
- Trente jours? - Sh�rif, allez-y doucement.
Je vous avais pr�venu, Grady. Je veux qu'on soit r�glo.
C'est mon beau-fr�re. Ma femme me tuera.
Alors vous lui tiendrez compagnie.
Venez porter plainte.
- Je ne veux pas qu'on les emprisonne. - Ils ont tent� de vous voler.
C'est inutile.
J'ai lu un jour: "Qui vole ma bourse vole une chose sans valeur."
Vous entendez?
Bon. Vous avez de la chance, cette fois.
D�guerpissez.
Repartez tant qu'il vous reste un peu d'argent.
- Je vous dois beaucoup. - Je ne fais que mon travail.
Sh�rif...
J'ai encore besoin d'aide. Cette fille, Mlle Howard...
- J'aimerais la rencontrer. - Qu'est-ce qui vous en emp�che?
Vous n'avez pas besoin de moi. Elle est tr�s sympathique.
- Vous en �tes s�r? - Oui, allez-y.
Cessez de me suivre, vous voulez bien? Tenez.
Allez voir l'homme qui met sa t�te dans la gueule d'un lion.
Je vous fais visiter, si vous voulez. Ce sera avec plaisir.
Mlle Howard!
Enchant�. Permettez-moi de me pr�senter.
Qui est cette fille?
- Rosalie Stocker. - O� Paul l'emm�ne-t-il?
Le sh�rif? Faire un tour, j'imagine.
Mlle Howard, attendez.
Mademoiselle, attendez une minute!
Comment vous pouvez aller si vite dans cette robe?
- Je n'ai pas fini de me pr�senter. - Laissez-moi.
- Quoi? - Vous �tes sourd? Allez-vous-en!
Je ne comprends pas. Le sh�rif vous disait sympathique.
Il a dit ca? Vraiment?
Dites-lui que c'est mon jour de cong�, que je le passe avec qui je veux
et certainement pas avec un coureur de jupons, compris?
Un coureur de jupons? Moi?
Allez chasser ailleurs. Je ne suis pas d'humeur badine.
- O� est l'homme � l'�toile? - Je l'ignore et je m'en fiche.
- Tu vas boire ca tout seul? - Bien s�r que non.
Doucement, mon grand.
Je croyais que c'�tait fini avec lui.
Doucement, ma grande. On a tout l'apr�s-midi.
Pas tr�s impressionnant, n'est-ce pas? Jamais vu un lion aussi docile.
- Oui, monsieur. - Ne m'appelez pas monsieur. C'est Paul.
Approchez, le spectacle est continu.
Sh�rif?
Vous faites entrer la jeune dame?
On y va?
Vous ne vous amusez pas beaucoup. Vous voulez rentrer en ville?
�a m'est �gal.
Dites... Je sais o� voler une voiture.
Si le sh�rif ne m'attrape pas.
C'�tait une blague.
�a m�rite bien un petit sourire.
C'est mieux.
O� est Marcy? Elle est partie o�?
Elle a fil�, c'est tout.
Elle a vid� ta bouteille.
Te laisse pas abattre. Allons-y.
- Il faut que je la trouve. - Reviens.
Laissez-le partir.
Mademoiselle?
Mademoiselle?
- Vous allez bien? - Encore vous.
Allez-vous-en.
Je voulais vous remercier d'avoir envoy� le sh�rif � mon secours.
Merci beaucoup.
Mais je vous avoue que...
j'avais envie de vous conna�tre.
Vous �tes la plus belle chose que j'aie jamais vue.
J'esp�re que vous ne...
Mademoiselle?
Vous avez meilleure mine.
Vous �tes tr�s gentil.
Vous savez pourquoi?
Parce que je suis �goiste.
Je pr�f�re vous avoir pour moi tout seul.
J'aime voir le vent souffler dans vos cheveux,
le soleil �clairer votre peau...
la couleur de vos yeux surpris.
Comme maintenant.
Ils sont d'un brun banal.
J'ai les meilleurs yeux du comt�.
Et je ne vois rien de banal. Ce que je vois est tr�s beau.
Bonsoir.
Comment vous sentez-vous?
Encore un peu dans les vapes.
- Quelle heure est-il? - Il fait nuit.
Reposez-vous, vous �tes fatigu�e.
Plut�t so�le. Compl�tement so�le.
Vous m'avez veill�e tout ce temps?
Vous m'avez aid�, Mlle Howard.
Mlle Howard?
Pourquoi �tes-vous si poli?
Je ne peux pas vous appeler Marcy. Mais j'en serais honor�.
Vous... pensez vraiment ce que vous dites?
Bien s�r.
- Pourquoi ce baiser? - Comment vous vous appelez, d�j�?
Yancey Hawkes.
Yancey, vous n'imaginez pas � quel point �a fait du bien.
Ici, personne ne pense � �tre poli.
Je ne comprends pas... pas avec vous.
Quoi?
Je quitte � peine ma montagne. Je connais mal les m�urs des villes.
La derni�re fois que quelqu'un m'a fait �a, c'�tait ma m�re.
Pas pour une gueule de bois.
C'�tait quand?
II doit y avoir cent ans.
Le bal commence.
Je suis en retard au travail.
Merci.
Qu'arriverait-il si vous n'alliez pas travailler?
Rien, pourquoi?
Accompagnez-moi au bal.
Ici?
C'est impossible.
� cause de moi? Vous pouvez le dire.
Non, ce n'est pas �a. J'adorerais y aller avec vous, mais...
- Les femmes, en ville... - Oui?
Elles ne sont pas tr�s... gentilles avec moi.
Je r�agirais pareil, face � une femme comme vous.
Il n'y a rien � craindre.
Je n'ai pas peur. Je fais ce que je veux.
Seulement...
Je r�ve de faire ca depuis que je vous ai vue.
Ce n'est rien. Vous avez bien fait.
Au revoir, Yancey.
- Je n'irai pas sans vous. - Pourquoi?
- Je ne sais pas danser. - Quelqu'un vous apprendra.
�coutez. J'ai de tr�s grands pieds.
J'aimerais une cavali�re qui n'a peur de rien.
Remonte l�-dessus.
C'est mieux?
Tournez-vous.
Parfait.
Magnifique.
- Tu la coudras demain, Della. - Ce soir.
Ce soir? Della ne peut pas coudre et cuisiner en m�me temps.
Elle n'a qu'� cuisiner... et toi, coudre.
- Je n'ai pas cousu depuis vingt ans... - Della.
Prends tout le temps qu'il faudra. Je veux un d�ner sp�cial, d'accord?
Oui, monsieur Paul. Comptez sur moi.
Merci.
Superbe.
Incroyable. Une soir�e importante.
Rien n'est pr�t et je dois faire de la couture.
Remonte l�-dessus, que je voie ce que je dois faire.
Qu'y a-t-il?
Je ne sais pas. �a ne semble pas convenable.
Ce qu'elles sont gourdes, parfois...
Tu te rends compte de la chance que tu as?
Non, tu ne te rends pas compte. Regarde-toi bien. Regarde.
Tu t'habillerais comme ca si tu devenais bonne?
� ton avis?
Certainement pas. M�me en travaillant toute ta vie.
Je ne pensais pas travailler toute ma vie.
Que pensais-tu faire, alors?
J'esp�rais me marier, un jour.
Vraiment? Avec qui?
Alors? Avec qui? Quelqu'un a demand� ta main?
Et si personne ne le fait? Tu y as pens�?
�coute. Les filles qui travaillent pour moi s'en sortent bien.
Elles ont un pourcentage sur chaque verre vendu, au bar.
C'est tout ce que je demande. De les faire boire.
Peu importe comment.
Les plus fut�es font des �conomies.
Et si elles sont assez b�tes pour vouloir un mari,
elles peuvent le trouver toutes seules.
C'est mieux?
Mais je n'ai jamais pouss� personne � boire.
Tu apprendras.
Pose la bouteille et remets tes yeux dans ta t�te.
Tu vois?
C'est facile de se faire offrir un verre.
Ceci est pour toi.
De la part du patron.
Sa r�serve personnelle.
Je pensais que c'�tait vous, la patronne.
Pas vraiment. C'est Paul, le vrai patron.
Un, deux, trois. Un, deux, trois...
- Comment je m'en sors? - Tr�s bien.
- Un, deux, trois... - J'ai compris, je crois.
Quand je raconterai � oncle Lije que j'ai dans�, vous savez ce qu'il dira?
- Aucune id�e. - "Tu aurais d� ramener cette fille!"
II parle comme �a.
Qu'est-ce que je pourrais lui r�pondre?
Dites-lui...
que c'est une fille de la ville qui ne veut pas partir.
Jamais?
Pas elle.
J'esp�re vous faire changer d'avis.
Venez, vous �tes pr�t pour un vrai plancher.
Comptez.
- Un, deux, trois. Un, deux, trois... - Dans votre t�te.
C'est un scandale. Un scandale. Viens.
Quel est le probl�me? Pourquoi tout le monde s'en va?
J'ai essay� de vous pr�venir. Partons.
Qu'ils nous regardent nous amuser, s'ils veulent.
- Yancey... - Montrons-leur ce qu'ils ratent.
Si vous ne revenez pas avec moi, je sais ce qu'oncle Lije dira.
"Si cette fille est comme tu le dis, tu es fou de ne pas aller la chercher."
- Vous ne feriez pas �a? - Si vous insistez pour rester...
- Vous ne pouvez pas faire �a. - Alors venez.
- On ne s'enfuit pas comme �a. - J'ai �t� malade.
- Mais tu vas mieux, maintenant. - La dame est avec moi.
La dame?
Vous avez entendu? La dame!
- Je t'en prie. - Tu ne lui as pas dit?
II est b�te, mais pas � ce point. Ce n'est rien qu'une coureuse...
J'en ai assez de vous.
Donnez-lui une arme.
Chip, non.
Personne ne veut lui donner d'arme?
Richie!
Donne-lui ton flingue.
Chip. Je viens avec toi. Tout de suite.
Non, vous n'irez pas.
Tu l'as entendu. Richie, d�p�che-toi.
- Il vous tuera. - Elle a raison.
Mon revolver n'est pas mouill�.
Donne-lui.
Prends-le.
Quoi? Tu as peur?
Ramasse-le.
Ramasse, j'ai dit.
Tu ferais mieux de le prendre.
Prends-le!
Si tu avances, tu l'auras cherch�.
Je t'ai donn� ta chance.
Vous avez entendu?
Je te pr�viens...
Tu l'as cass�e!
Tu l'as cass�e!
Une main ne sert pas juste � tenir une arme.
- Allons-nous-en. - Il doit s'excuser, d'abord.
Toujours en train de chercher des histoires, d�vergond�e.
Se m�ler aux honn�tes gens...
Elle ne m�rite pas qu'on la traite avec correction.
Elle loue ses services au dance hall. Elle vend sa compagnie...
au premier qui la paie. Demande-leur!
C'est vrai.
Vous devriez l'emmener ailleurs.
Vous m�riteriez le fouet pour l'avoir amen�e.
Sa place n'est pas ici.
D�vergond�e!
Marcy, attendez.
Je ne voulais pas y aller. Vous �tiez tellement t�tu...
Ce qu'ils ont dit... Je n'y crois pas.
Qu'ils aillent tous au diable.
J'ai toujours pens� que tout avait une explication...
mais si un homme vous aimait, vous ne partiriez pas.
- Vous resteriez ici. - �pargnez-moi vos sermons.
Je n'en ferai pas.
Mais ca me d�sole.
�a vous d�sole? Au nom de quoi?
Vous n'avez aucune id�e de ce que c'est. �a vous d�sole...
Retournez dans vos montagnes m�rir un peu.
C'est peut-�tre ma faute. J'aurais d� vous pr�venir.
Elle a raison. Je n'ai rien � faire ici.
Les poules du dance hall ne sont pas des filles convenables.
Le dance hall?
J'ai envoy� Rosalie l�-bas. Je vais la chercher.
Une minute. Bartell ne sera pas content.
Bartell?
Paul Bartell, le sh�rif. Le dance hall est � lui.
Vous ne finissez pas?
- Je n'aime pas le go�t, M. Bartell. - C'est cens� vous r�chauffer.
Je n'en veux plus, non plus.
Vous regarder me fait le m�me effet.
Je n'aime pas tellement votre regard. Vous n'avez m�me pas l'air d'entendre.
Si, j'entends. Vous dites des choses tr�s gentilles...
Vous les croyez?
- Je ne sais pas. - Je ne sais pas non plus.
Je ne suis pas s�r d'aimer ce que je ressens envers vous.
Vous ne voyez pas, n'est-ce pas?
- Si, je vois. - C'est dr�le.
Les femmes savent toujours.
Elles ont de l'intuition, comme un bon tireur.
J'ai toujours cru les duper.
Ma Ransome vous a parl� de moi?
Elle a dit que cet endroit �tait � vous.
Vous savez ce que c'est?
Vous me croyez aussi pourri que votre p�re?
J'ai vu ce que les femmes font aux hommes.
J'ai vu ma m�re tromper mon p�re... puis l'abandonner avec deux enfants.
Ca a d� �tre dur de ne pas avoir votre maman.
J'adorais la mienne.
Vous aimez ce montagnard?
Vous avez tort. Il en a pr�f�r� une autre.
Vous l'oublierez.
Vous �tes peut-�tre juste ce qu'il me faut.
L'�tage est priv�.
- Je vous offre un verre en bas. - Laissez-moi passer.
Ne cherchez pas d'ennuis.
- Je vais l'emmener loin d'ici. - Elle travaille.
- Que s'est-il pass�? - Je vais chercher Rosalie.
On est venus vous en emp�cher. Vous ne pouvez pas attaquer Paul.
Qui d'autre le fera? Vous?
C'est la g�chette la plus rapide de la ville.
Personne n'est � la hauteur.
Pour faire la loi, ici, il suffit de savoir tuer?
On n'aime pas ce lieu, mais on a besoin de lui.
Avant lui, on ne pouvait m�me pas aller � l'�glise le dimanche.
C'�tait une ville dangereuse.
Et que dites-vous � l'�glise? Qui remerciez-vous pour votre s�curit�?
C'est assez pr�s.
Pas d'imprudence.
Je veux emmener Rosalie.
Et si je vous dis qu'elle sera tr�s bien?
Pas l�-dedans.
Elle ne sera pas comme les autres. Vous avez ma parole.
Je prendrai soin d'elle.
Elle n'a pas sa place ici.
Une seconde.
Vous feriez mieux de m'�couter.
Comment vous pouvez diriger un lieu pareil?
M�me les animaux traitent mieux leurs femelles.
Ces endroits ont toujours exist�.
Ils existeront toujours.
Pas sans des ordures comme vous.
Vous refusez d'�couter et vous ne voyez rien.
Je vous pr�viens, je suis arm�.
- Faites-la sortir ou j'entre. - Attendez.
Un pas de plus et... je serai oblig� de vous tuer.
Ce n'�tait pas le moment de rater.
Allez chercher de l'aide. Vite!
Personne ne me rafistolera, cette fois.
Vous n'allez pas mourir.
C'est impossible. Je ne peux pas tuer un �tre humain.
Personne ne peut rien faire?
Ce n'est pas votre faute.
C'est la faute de notre �poque.
Rosalie.
Ne croyez pas un mot de ce que j'ai dit.
C'aurait �t� avec vous comme avec toutes les autres.
Vous �tes plus jolie, c'est tout.
Bien plus jolie.
Bien vis�, jeune homme.
Yancey.
Je ferais mieux de me mettre en route.
On vous doit de l'argent.
On a r�examin� les fourrures, elles valent trois dollars la livre.
Je n'en veux pas. C'est d�j� gentil d'engager Rosalie.
Au revoir, Rosalie. Travaillez bien.
Vous ne voulez pas rester?
On va fermer le dance hall.
�a serait plus facile avec vous.
C'est l'homme qui fait le lieu. J'ai appris �a.
Vous nous avez donn� un bon coup de pouce.
De quoi �tre fier.
Je n'aime pas la fa�on dont je l'ai fait.
Je ne suis pas pr�s de l'oublier.
Rentrez, ils doivent avoir besoin de vous.
Mme Forbes vous apprendra � lire et � �crire.
Un jour, vous pourrez m'�crire.
Arr�tez.
C'est inutile.
Vraiment.
Ne me regardez pas comme �a.
J'ai une longue route � faire et j'ai juste envie de rentrer.
Vous avez entendu?
Ne me regardez pas comme �a.
J'ai dans� avec un ange toute la nuit
Elle �tait jeune et belle Un ruban dans les cheveux
Et sur les joues une touche de rose
Une touche de rose sur les joues Une touche de rouge sur les l�vres
Une touche de bleu dans les yeux De la couleur des cieux
Une touche de rose Une touche de rouge
Une touche de bleu...
Une touche de bleu Aussi pur que son amour
Je serai au paradis Quand je serai son mari
Quand elle sera dans mes bras
Dans sa maison toute proprette Elle fera des petits pas
Et partout, une touche de rose
Et partout, une touche de rose
Une touche de rose sur les joues Une touche de rouge sur les l�vres
Une touche de bleu dans les yeux De la couleur des cieux
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