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Yoruba
Zulu
Une production Dream Factory et Rosem Films
Producteurs : Nai An et Sylvain Bursztejn
Avec Qin Hao, Chen Sicheng, Tan Zhuo,
Wu Wei, Jiang Jiaqi et Zhang Songwen
Un film de Lou Ye
Viens, on va pisser.
NUITS D'IVRESSE PRINTANI�RE
Je t'aime.
Tu les as avec toi ?
�a ne va pas ?
C'est rien. Allons plut�t par l�.
Tu ne devrais pas regarder ces photos.
Alors, j'arr�te.
Tu veux que je continue la filature et les photos ?
Appelle-moi en cas de besoin.
Tu as une petite amie ?
Comment tu le sais ?
En fait, Wang Ping se d�brouille tr�s bien.
Aucune femme ne pourrait le deviner.
Mais moi, je sens bien que �a cloche.
On se voit lundi.
Tu sais quel �ge j'ai ?
Allez, r�ponds.
Vingt... sept ?
Dix-sept ans.
N'importe quoi.
Mais si, c'est vrai.
Le haut de mon corps a 27 ans,
et le bas, 17 ans seulement.
Je t'assure.
C'est pas une blague !
Vraiment ?
Viens v�rifier.
- Fais voir. - Regarde.
Nanjing en mars, peu apr�s le jour du r�veil des insectes.
Des brioches farcies, merci.
Patron, M. Zhou est l�.
- Qu'est-ce qu'il veut ? - Je n'en sais rien.
Il nous a pay�s ?
Wang Ping est dans la librairie.
Je lui apporte son repas, je r�cup�re les clefs et je rentre.
Surveille-le bien.
J'y vais, salut.
- Lin Xue, vous voil�. - Xiao Li.
Wang Ping !
Ah, tu es l�.
Tiens, prends.
- Les clefs ? - Elles sont sur la table.
Merci.
- Tout va bien ? - Oui.
- Tu as mang� ? - Oui, � l'�cole.
Vous y allez, Lin Xue ?
Bonne journ�e.
Li Jing, tu vas o� ce soir ?
Je rentre chez moi.
On d�ne ensemble ? Au m�me endroit que d'habitude.
Et apr�s, je te ram�ne.
Voil�.
Xiao Wu, apporte-lui de l'eau !
D'accord.
M. Ming, �a vous pla�t ?
C'est chaque fois meilleur.
Vous me flattez, M. Ming.
Xiao Mei, prends bien soin d'eux.
- Encore un plat ? - �a va, c'est assez.
Je mange dehors avec un client.
Je finis et je rentre. Qu'y a-t-il ?
C'est bon, j'arrive. D�s que j'ai fini, je rentre.
On fait comme �a ?
Je te raccompagne pas, tu es s�re ?
Une petite urgence, je dois y aller.
Tiens, tu prendras �a avec toi.
Bon, j'y vais.
Qiang, je m'en vais.
Pourquoi tu es l� ?
J'�tais tout pr�s. J'en ai profit� pour passer.
Attends-moi un instant.
Je t'ai manqu� ?
Un client risque d'entrer.
"Nuits d'ivresse printani�re" de Yu Dafu.
"Le fruit de mon dur labeur,
"des 5 premiers kuai re�us,
"j'en ai d�j� d�pens� 3. En comptant le kuai qui me restait,
"une fois pay� mon logis, ne restent que des centimes.
"Que puis-je faire ?
"Mettre ce mis�rable manteau au clou ?
"Je crains qu'on n'en veuille pas.
"Mettre fin � ma vie ?
"Seul le courage m'aura manqu�.
"Que ces mots me hantent encore
"prouve � l'�vidence
"que ma force d'�me n'est pas compl�tement �puis�e.
"Aujourd'hui, le conducteur du tram,
"comment m'a-t-il insult� ?
"Chien jaune".
"Chien jaune", quel joli terme !
"Mes pens�es s'encha�nent � b�tons rompus
"pour finalement n'aboutir � rien
"qui puisse me sauver de mon extr�me pr�carit�."
Qu'est-ce que tu envoies ?
Je r�ponds � un message.
- � qui ? - J'ai presque fini.
� qui tu r�ponds ?
Arr�te.
On danse ?
Le mieux... c'est que tu la rencontres.
Juste un repas entre amis,
rien d'officiel.
Allons manger, on en parlera apr�s.
Tu ne veux pas la voir ?
Fais un effort.
- Je pr�f�re ne pas la voir. - Pourquoi ?
Cette histoire ne regarde que nous deux.
Je n'ai pas envie de complications.
Je pensais juste,
si elle pouvait te consid�rer comme un proche,
ce serait tellement plus facile.
Tu ne trouves pas ?
Et comment tu me pr�senterais ?
J'y vais.
Prends le parapluie !
Garde-le avec toi.
All� ?
Je sais comment te pr�senter.
On dira qu'on �tait ensemble � l'universit�.
Tu avais deux ann�es de plus
et on travaillait au journal de la fac.
On vient juste de se revoir.
Qu'en penses-tu ?
Je dirai qu'en fl�nant dans la librairie, je suis tomb� sur toi.
�a marche. Donc, on garde cette version ?
Sois tranquille.
Tu promets ?
Ne t'inqui�te pas.
Parfait ! Bye-bye.
Luo Haitao.
En face, au 2e �tage, tu vois ? La fen�tre du milieu.
Viens l�, on voit mieux.
Celui en blanc ?
Non, de l'autre c�t�, en v�tements sombres.
Voici le planning du voyage.
All� ?
Lin Xue.
Tu es encore � l'�cole ?
Je suis occup�e � l'ext�rieur.
Ce soir, on d�ne ensemble avec mon ami d'universit� ?
Je t'en avais parl�.
- Je passe te prendre � l'�cole. - D'accord.
S'il vous pla�t !
Si vous voulez voyager, je vous fais un prix.
Vous �tes venu seul ? Et votre petite amie ?
Le probl�me, c'est qu'il en a plusieurs.
N'importe quoi.
C'est bon ici. Buvons un peu de vin.
� quoi veux-tu boire ?
T'inqui�te pas, s'il boit trop, je le raccompagnerai.
Wang Ping...
Profitez du d�ner. Je vais chez mes parents.
Bon, d'accord.
Je vous laisse, excusez-moi.
Tu ne manges plus ?
Elle m'a regard� bizarrement.
Comment �a ?
Tu n'as rien remarqu� ?
Quand je suis arriv�, j'ai lu dans ses yeux
qu'elle me connaissait d�j�.
Quelle imagination !
Et comment te conna�trait-elle ?
Tu fais quoi, l� ?
Et �a, c'est quoi ?
Qui a pris ces photos ?
Bravo !
Tu m'as fait suivre !
Tu l'as cherch�, et tu t'en prends � moi ?
Qu'est-ce qui te prend ?
Tu me fais une sc�ne ? De quel droit oses-tu ?
Tu m'�coutes ou quoi ? Tu sais ce que tu es ?
Une fille, passe encore ! Mais un gar�on !
Arr�te de fumer !
Tu n'es qu'un malade !
T'arr�tes !
Pourquoi tu me frappes ? Pourquoi ?
Comment peux-tu me frapper ?
Mes parents te respectent. De quel droit oses-tu me frapper ?
Tu veux tout d�truire ?
Tu veux tout d�truire ? Tu veux tout casser ?
R�ponds-moi !
J'�touffe ici.
Si on allait sur l'�le ?
Dis-moi o� tu es.
Dans le supermarch� pr�s de chez moi. Je fais des courses.
Je te rejoins.
Pas la peine. Attends-moi. Je passe te chercher.
Bon, d'accord. Je t'attends � la porte.
Serre-moi tr�s fort.
Mademoiselle, un renseignement ?
Pas besoin.
Qui cherchez-vous ?
- Lui ! - De quoi s'agit-il ?
- Mlle Xu, c'est pour moi. - D�gage !
Allons parler � c�t�.
- Pourquoi pas ici ! - C'est un bureau.
Je ne divorcerai jamais de Wang Ping !
De toute fa�on, vous ne pourriez pas �tre ensemble !
Ne lui t�l�phonez plus jamais !
Et plus de messages ! Vous n'avez pas honte ?
Foutez-moi la paix !
De quel droit troublez-vous notre vie ? D�gage !
Vous savez ce qui s'est pass� ?
Je vous pr�viens. Je ne veux plus jamais vous voir !
Si vous osez r�appara�tre, je vous fais la peau !
Vous �tes inconscient ou quoi ? Mais vous �tes un homme !
Chers amis, la musique nous l'annonce,
notre spectacle va commencer.
Chers artistes et h�tesses, pr�parez-vous !
Nous vous souhaitons une belle soir�e romantique au Club Zhongtian.
Cul sec ?
� vous de choisir.
Jiang Cheng, je sais que vous avez une bonne descente.
Voici votre verre, et le mien.
Allez, cul sec !
Tu as un nouveau petit ami ?
D'apr�s toi ?
- Eh ben quoi ? - On vient de se s�parer.
Merci � tous d'�tre avec nous ce soir.
D'abord, je voudrais vous pr�senter un invit� sp�cial,
bien connu chez nous,
Jiang Cheng, pr�sent ici ce soir !
Tr�s chers amis, applaudissons-le bien fort. Merci !
Baissez un peu la musique.
Qu'on m'apporte un micro, merci.
Je disais, Jiang Cheng...
Vous avez d� �tre tr�s occup�, on ne vous voyait plus au Club.
Qu'est-ce qui nous vaut l'honneur de votre visite ce soir ?
Vous me manquiez.
Je vous manquais ? Oh, le coquin !
Ce soir, on va pas vous emb�ter.
On a juste une petite faveur � vous demander.
Nous faire un num�ro sur sc�ne.
Assez de discours, faisons la f�te !
Mes chers amis,
pour encourager Jiang Cheng � nous chanter quelque chose,
merci de le soutenir par vos applaudissements.
Vous savez, Jiang Cheng est dans notre club
une figure renomm�e, un artiste c�l�bre.
� pr�sent, j'invite...
Pr�pare-toi � monter sur sc�ne.
Le coin de tes l�vres,
� peine retrouss�,
est si glamour
que j'en reste � jamais captif...
O� es-tu ? Je veux te voir. Il faut qu'on se parle. Wang Ping.
O� �tais-tu ? Deux jours que tu ne d�croches pas.
Je me sens si mal.
Je n'ai plus rien � te dire.
Que dis-tu ? Comment as-tu pu changer � ce point ?
Tu as eu un probl�me ? Dis-le-moi. On va trouver une solution.
Non, rien. Tu devrais me conna�tre.
�a va trop loin.
Tu ne peux pas me forcer.
Je viens te voir, d'accord ? O� es-tu ? Sinon...
Si t'as rien d'autre � dire, je raccroche.
S'il te pla�t, ne raccroche pas. Je vais t'attendre chez toi.
Pas la peine, je ne rentrerai pas.
Prenons le temps de parler. Il n'y a rien de grave.
Je dois �tre avec toi. Je ne peux pas...
Seul, je n'y arriverai pas. Si tu savais comme j'ai mal.
- Tu as fini ? - J'en peux plus.
On peut raccrocher ?
Non, je t'en prie. Je dois te voir.
J'ai plus de batterie.
Ne raccroche pas.
�a va pas ?
Du calme, mon pote.
On va boire un coup ailleurs ?
On se conna�t ?
C'est ce type-l� !
Allez, les gars !
Rentrons et allons boire, c'est mon anniversaire !
Ces cons-l�, ils plaisantent pas !
Partons, c'est nul ici.
On va boire un coup ailleurs. Je t'invite.
T'es s�r ? Tu m'avais l'air cuit.
Tu me sous-estimes.
O� veux-tu aller ?
�a m'est �gal.
Alors suis-moi.
Tu habites o� ?
Je te ram�ne.
Si tu veux dormir l�, je te laisse.
Je n'ai pas encore fini. Qu'y a-t-il ?
All� ?
Non.
On ne re�oit pas bien ici. Juste un instant.
All�, salut, c'est moi.
O� se voit-on ?
All� ?
Je suis dehors.
Je vais rentrer.
Je ne vais pas tarder.
Ne m'attends pas. Couche-toi.
D'accord.
Entrez.
Patron, voici Li Jing.
Assieds-toi.
Que fais-tu l� ? Laisse-nous.
Excusez-moi.
Tu es fatigu�e ?
Non, �a va.
Je t'ai fait venir pour faire une pause.
Li Jing.
Peut-�tre que je vais fermer cette usine.
Pourquoi ?
Le march� de la copie et des contrefa�ons
va peu � peu dispara�tre.
Je vais ouvrir une nouvelle usine avec des amis pas loin d'ici.
On va produire de vraies marques.
Je me demandais...
Tu n'aimerais pas venir m'aider l�-bas ?
Tu viendras ?
Patron ! Alerte rouge !
Les flics sont dans l'usine !
- On a les permis, non ? - Pas les nouveaux ouvriers.
T'es un homme mort, Tao. Tu ne m'as rien dit !
Je pensais que tout �tait r�gl�.
Tu vas me faire plonger.
On peut pas les payer ?
Essaye ! Dis aux nouveaux de fuir !
D�p�che-toi !
Laissez tout, fuyez !
Li Jing !
Rends-moi service. Cet argent, garde-le pour moi.
Le moment venu, tu iras voir Qiang. Je viendrai t'y retrouver.
Cache-le dans ton sac. Laisse tes affaires.
La porte de derri�re. Tout droit ! Vite !
Vite, pressez-vous !
All� ?
Qu'y a-t-il ?
Je suis avec un ami... � Xinjiekou.
Comment �a ?
On en reparlera. Appelle-moi d�s que tu arrives.
Je te laisse. Je dois y aller.
Non, ne pars pas. J'ai dit que je vous pr�senterais.
Laisse tomber. Une autre fois.
Non, attends ! D'ici une minute, elle sera l�.
Patiente un peu.
Tu faisais quoi avant ?
J'�tais �tudiant, je n'ai jamais travaill�.
Je te jure.
J'ai un truc � te demander.
Quoi donc ?
Tu me pr�tes ton appart pour une nuit ?
Pourquoi ?
T'as pas entendu au t�l�phone ? Elle est � la rue ce soir.
Juste une nuit.
Et moi, je dors o� ?
T'as pas un lit au bureau ?
Pourquoi tu l'invites pas chez toi ?
J'ai qu'une pi�ce et en plus un colocataire.
C'est pas pratique. Allez, une nuit.
C'est qui ?
- O� tu vas ? - Je vais chez le coiffeur.
Tu as d� t'�clater cette nuit, hein ?
Tu te prends pour la r�incarnation de David ou quoi ?
Xiao Mei, n'oublie pas d'�teindre les lumi�res.
Ferme bien la porte.
J'y vais. Sois � l'heure demain.
Li Jing.
Comme tu es jolie aujourd'hui !
Comment �a se passe pour M. Ming ?
Ah oui, M. Ming...
J'ai un contact.
Et puis... j'ai appel� ceux qui pourraient l'aider.
Mais il faut encore patienter un peu.
Je te pr�viendrai.
Qiang, tu ne peux pas le laisser tomber.
M. Ming t'a toujours soutenu. Tu es le seul � pouvoir agir.
Il m'a toujours aid� et sans lui, j'aurais jamais eu ce restaurant.
Tu sais que je ne suis pas un �go�ste.
Mais, vois-tu, la situation n'est pas si simple.
En plus, il faut de l'argent et aussi, de bonnes relations.
Ces gens-l�, ils ne font rien sans rien.
Et aussi, il y a le fait que...
cette affaire, elle est tr�s d�licate.
Tu vois ce que je veux dire, non ?
De toute fa�on, je pense...
Qu'est-ce qui te prend, Li Jing ?
Ce soir, je reste. Je peux dormir sur le sofa ?
Tu viens de quitter ta copine et tu dragues d�j� un homme ?
Tu peux pas vivre sans moi ? Sers-toi de tes mains !
Arr�te !
Je suis en train de te parler.
Tu fais �a � tous les mecs ?
Quasiment.
Je te dis la v�rit�. Alors pourquoi tu t'�nerves ?
Que ressens-tu pour moi ?
Tu parles trop.
T'es venu pour me baiser, non ? Alors, fais-le !
Tu as bais� sur ce lit avec Li Jing. �a me d�go�te.
� quoi tu penses ?
� rien.
Un instant... Et je te raccompagne.
Et ensuite ?
Je dois me rendre � Suqian.
Et si... j'y allais avec toi ?
All� ?
Je ne suis pas � la maison.
Je t'expliquerai plus tard.
Le m�andre des lotus sur l'�tang est submerg� par les feuilles.
"Une barque nous m�ne dormir au c�ur des lotus.
"Leur parfum ent�tant envahit nos r�ves.
"Perles pr�cieuses,
"�toiles dans l'azur c�leste,
"ou V�nus �mergeant du bain,
"une brise l�g�re nous enivre de leur subtile fragrance.
"Comme si de ces pagodes lointaines les bribes d'un chant indistinct
"faisaient fr�mir leurs feuilles et leurs p�tales.
"Sous l'entrelac dense et serr� des feuilles..."
Professeur Lin, pourriez-vous sortir un instant ?
"... surgit le fil d'une onde �meraude,
"la pulsation du courant
"dissimul� � notre regard, invisible,
"ravive leur fr�missement."
M. Ming, vous avez des plans pour l'avenir ?
J'en ai pas encore.
Qui sait si c'�tait de la chance ou de la malchance ?
L'usine a ferm�. Pourquoi ne pas m'envoyer Li Jing ?
Je veux dire... puisqu'elle se retrouve sans emploi,
elle pourrait travailler ici.
Li Jing,
M. Ming n'a plus d'usine.
Je t'offre un travail.
En plus, toi qui aimes tant les hu�tres.
Tu peux compter sur moi.
Prends le temps d'y r�fl�chir.
Bon app�tit, M. Ming.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
C'est rien, excusez-nous ! Tout va bien !
Li Jing !
Wang Ping est mort.
Si on t'interroge, on se conna�t pas.
Je vais t'envoyer le dernier paiement. Lin Xue.
Votre correspondant est d�j� en ligne.
Merci de le rappeler ult�rieurement.
Qu'est-ce qui se passe ?
Voil� le nombre d'inscrits pour Hainan.
J'ai d�missionn�.
Attends-moi un instant.
- All� ? - Luo Haitao... o� es-tu ?
Tu me manques tellement.
Je peux venir te voir ?
Ces jours-ci, elle n'a pas le moral.
Et si on l'emmenait avec nous ?
�a t'ennuie ?
Pourquoi �a m'ennuierait ?
Eh bien quoi ? Tu ne me reconnais pas ?
�a te pla�t ?
Le temps de l'efflorescence touche bient�t � sa fin.
C'est comme �a que tu lui prends la main ?
Cet �clat de rire m'�voque
Ces fleurs qui furent miennes
Et qui dans chaque recoin de ma vie
Fleurirent en silence pour moi
J'ai toujours cru que pour toujours
Je resterais pr�s d'elle
� pr�sent que nous sommes s�par�s,
�gar�s dans l'immensit� du monde,
Elles ont d� s'ab�mer
O� sont-elles ?
Chacun va son chemin
Jusqu'au bout du monde...
... de la m�me mani�re qu'elles ont �t� emport�es par le vent,
Et dispers�es � l'horizon.
Certaines histoires restent inachev�es
Il vaut mieux les oublier
Avec l'effet du temps, que reste-t-il de ces humeurs
Et comment �tre s�r de leur authenticit� ?
� pr�sent, les herbes folles ont d�j� tout recouvert
Pas une fleur n'a subsist�
Comme il est bon de pouvoir au moins t�moigner
De la pl�nitude de votre efflorescence pass�e
Elles se sont toutes ab�m�es
O� sont-elles ?
Ainsi, va, tout s'en va...
Je vais acheter des cigarettes.
Vous avez besoin de quelque chose ?
Li Jing !
Je n'aurais jamais d� venir avec toi
et encore moins amener Li Jing avec nous.
Eh bien, va-t'en !
Qu'est-ce que tu dis ?
T'es s�rieux ?
Ferme-la ! Va-t'en.
Casse-toi !
Casse-toi !
Je n'ai aucun go�t pour l'errance.
J'ai manqu� l'amour qui m'�tait destin�.
Les fleurs, elles, savent toujours quand elles doivent fleurir.
Laisse �a.
Allons d�ner dehors, d'accord ?
Comme tu veux.
Un tatouage ?
�a te pla�t ?
C'est tr�s beau.
Va vite te changer et on sort d�ner.
D'accord.
"Elle refuse cet ouvrage mais le sort l'y force
"Je voudrais trouver un travail,
"mais rien ne vient,
"que les travaux de force.
"Ah... mais mes faibles bras
"seront-ils assez forts pour tirer un pousse-pousse ?
"Mettre fin � ma vie ?
"Seul le courage m'aura manqu�.
"Que ces mots me hantent encore
"prouve � l'�vidence que ma force d'�me
"n'est pas compl�tement �puis�e.
"Aujourd'hui, le conducteur du tram,
"comment m'a-t-il insult� ?
"Chien jaune",
"chien jaune", quel joli terme !
"Mes pens�es s'encha�nent � b�tons rompus
"pour finalement n'aboutir � rien
"qui puisse me sauver de mon extr�me pr�carit�.
"� entendre la sir�ne de l'usine,
"ce serait minuit qui sonne...
"Je me suis mis debout.
"J'ai enfil� le manteau en haillons que j'avais enlev�.
"J'ai souffl� la chandelle
"et je suis sorti pour une promenade.
"Les gens des bas quartiers dorment d'un sommeil tranquille.
"Dans les b�timents �trangers de la ruelle Rixin d'en face,
"quelques �choppes ont gard� leurs enseignes allum�es.
"Le son d'une balala�ka
"et les notes cristallines d'une m�lodie plaintive
"r�sonnent dans l'air frais de la nuit profonde et calme
"jusqu'� mon oreille.
"Sans doute, des jeunes filles russes en exil
"vendent ici leurs chants pour survivre.
"Le ciel est couvert de l�gers nuages gris blanc
"qui ressemblent � des corps d�compos�s.
"Lorsqu'ils se d�chirent, on aper�oit � peine deux �toiles.
"Dans le sombre qui entoure ces �toiles,
"�merge la couleur du ciel
"comme s'il contenait une tristesse infinie.
"Le 15 juillet 1923"
Tu �coutes ?
Je vais te le relire.
Les nuits d'ivresse printani�re sans espoir comme celle-ci,
je les passe � errer dehors jusqu'� ce que le ciel blanchisse.
Yu Dafu. 1923
Adaptation : Sandrine Chenivesse
Sous-titrage : C.M.C.
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