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Au commencement, il y avait le Ciel et la Terre,
qui était verdoyante.
Les sols étaient fertiles,
les vastes forĂȘts contenaient des millions d'arbres.
Et c'était bien.
Il y avait toutes sortes d'arbres.
Des sapins gigantesques,
des chĂȘnes puissants,
des séquoias imposants et des pins odorants.
On pouvait marcher des heures sous les arbres,
sans savoir s'il faisait jour ou nuit.
Mais c'était il y a longtemps.
Avant l'invasion et l'infestation.
Et les termites.
Nous avons été frappés par la misÚre.
Nous, humains, peuple élu de la Terre,
sommes devenus esclaves.
En avant !
Je me demandais...
Quoi encore, docteur ?
Y a-t-il autant de médecins aujourd'hui
qu'avant notre départ ?
Pourquoi ?
Je pense à la théorie de l'offre et de la demande.
S'ils sont plus nombreux, je dois facturer moins.
Mais s'ils sont moins, je peux facturer ce que je veux.
Il n'y a pas de médecin ici.
Dans ce cas, je vais ĂȘtre trĂšs demandĂ©.
La civilisation a été détruite.
Sinon, ils auraient établi un contact radio.
Tout a disparu, c'est clair.
Pendant nos 40 ans de sommeil cryogénique,
le monde a été anéanti et on va tous mourir.
Tu t'es levée du pied gauche !
La ferme, lieutenant. Respire un coup.
Continue, doc.
La combi de vol te va Ă ravir. Je te l'avais dit ?
Pas ces 20 derniÚres années.
Tu es superbe. Et j'attendrai pas 20 ans pour te le redire.
J'ai un torticolis.
Tu as dĂ» dormir de travers.
Je te manipulerai.
- J'en Ă©tais oĂč ? - L'offre et la demande.
Le voilĂ reparti !
Dans le futur, on aura tous un vaisseau spatial dans le garage.
Et on sera tous diplÎmés en médecine.
Tout le monde en saura plus que toi.
LĂ , tu dis quoi, docteur ?
J'en dis que mes services vont valoir de l'or.
En fait, les ostéos seront plus recherchés que les généralistes.
Moi, je pense qu'on vivra dans un monde utopique,
dont je serai le grand guĂ©risseur suprĂȘme.
Tu doutes de mes capacités ?
En fait, je me fous de ce que tu penses.
Rien ne se passe jamais comme prévu.
Et ca vaut aussi pour tes théories.
A mon avis,
l'air qu'on respire est totalement irradié.
Ce soir, on sera morts.
T'es rigolote, toi.
De toute facon, dans ce monde utopique,
je serai le guĂ©risseur suprĂȘme. Mes honoraires seront exorbitants,
je vais éradiquer la maladie, tout le monde sera ravi.
Ce qui m'amÚne à ma théorie suivante.
Je sens que l'avenir s'annonce interminable.
Boucle-la, docteur.
Portland n'est pas au milieu des bois ?
Je croyais ca, aussi.
Je vous l'avais dit ! Qu'est-ce qui tue les arbres ?
Les radiations. C'est sûr.
Le cancer arrive.
Je le sens. Ma peau me brûle.
- Pourquoi t'as fait ca ? - J'ai rien fait.
Allez, on avance.
C'est quoi, ca ?
L'utopie.
On se casse.
Ils ont des drĂŽles de tenues.
Je suis le capitaine Chuck Burkes, de l'US Air Force.
Bonjour.
T'as dit quoi, lĂ ?
Bonjour. On vient en amis.
Il a recommencé.
Et comment !
On sait pas d'oĂč vous venez, dans ces tenues,
mais vous nous parlez pas. Jamais !
Avancez.
Reculez !
On se bouge !
Nous avions pratiquement perdu espoir.
Nous n'avions plus de raison de croire.
Mais tout ça était sur le point de changer.
Car le docteur était apparu,
venu du désert pour soigner les blessures de l'humanité.
Pour nous apprendre Ă nous dresser, tels des hommes.
Pour nous libérer.
Allez, on se bouge !
T'es sourd ?
On s'arrĂȘte.
T'en as combien ?
Dix-huit.
Ils sont chétifs.
Ils ont traversé Portland. Qu'ils empilent le bois !
Ceux-lĂ ont des tenues bizarres.
Ils doivent venir d'un autre secteur.
Un autre secteur ?
C'est bon, ca. On est en veine.
Allons prévenir les termites.
Ou est-ce qu'on attend ?
Ils vont pas nous arracher la tĂȘte.
Tu leur fais rien avant notre retour.
EmmĂšne-les et mets-les au boulot.
C'est parti, esclaves ! On y va.
Allez !
Si vous arrĂȘtez de bosser, ca bloque tout
et je me fais taper dessus. Vous aussi.
Au boulot !
Allez ! Au boulot !
On se bouge !
Allez !
Enlevez les masques, maintenant.
Dites-moi. Qui ĂȘtes-vous ?
Je répÚte :
dites-moi qui vous ĂȘtes.
Et vous ?
Moi ? Je suis le chef de ce secteur.
Le chef ? Mais vous n'ĂȘtes mĂȘme pas humain !
Non, et je n'en ai vraiment pas envie.
De quel secteur venez-vous ? Répondez vite.
Je viens du Michigan.
C'est un secteur assez éloigné.
Et vous ?
De l'Oregon. On est dans l'Oregon.
Vous n'ĂȘtes pas des terriens.
De quelle planĂšte venez-vous ?
VoilĂ . Vous comprenez mieux, lĂ ?
Oui, c'était amusant.
Je veux des réponses, et maintenant.
Que se passe-t-il ? Que faites-vous ?
Il ne respecte pas ses supérieurs,
comme tous les humains sont censés le faire.
Ce n'est pas tolérable. En aucun cas.
C'est notre mets favori, aprĂšs le bois.
Ne nous tentez pas.
D'oĂč venez-vous ?
On est astronautes.
On rentre de 40 ans dans l'espace, oĂč on a installĂ© une sonde.
Oui, on l'a passée sur le chemin,
mais on ne s'est pas arrĂȘtĂ©s.
Travaillez sérieusement et vous vivrez.
C'est votre seul choix.
Allez !
Vous venez vraiment de l'espace, pas d'un autre secteur ?
Par Jupiter, c'est mieux qu'un autre secteur.
On a assuré.
Oui, on sera peut-ĂȘtre mĂȘme promus.
Vous ĂȘtes au service des aliens contre les hommes ?
- Bien sĂ»r. - C'est mieux qu'ĂȘtre esclave.
Mais ca aide Ă rien, ca fait empirer les choses.
Si vous n'ĂȘtes pas la solution, vous ĂȘtes le problĂšme.
La ferme !
Entrez lĂ -dedans.
On fait quoi, maintenant ?
On devient leurs amis, on les met en confiance.
Bien vu.
Comment ?
On va se présenter.
Tu t'en sors bien. Ils t'adorent.
On va s'installer prĂšs du feu le plus gros.
S'ils s'en vont, on aura au moins le feu.
C'est déjà mieux.
On peut s'asseoir ?
Vous ĂȘtes dĂ©jĂ assis.
Tu t'appelles comment ?
Jeff. Et vous ?
Moi, c'est Ivan et elle, Kelly.
Vous voulez quoi ?
Manger, ce serait bien.
Y a plus rien.
Vous ĂȘtes d'oĂč ?
On est astronautes.
On revient de l'espace. On y a passé 40 ans.
La sonde.
Oui. Tu sais ca ?
C'est écrit sur vos uniformes.
Je me souviens de cette mission.
J'étais jeune.
C'était avant l'invasion.
L'invasion date de quand ?
Ăa fait vingt ans.
Je suis un des rares Ă avoir encore une notion du temps.
Pourquoi ils sont lĂ ?
Le bois.
Ils sont lĂ pour le bois ?
Ăa a la valeur de l'or ou du diamant, pour eux.
Il doit pas y en avoir chez eux.
Ils le vendent cher lĂ -bas. La loi de l'offre et de la demande...
Je connais cette théorie, elle est excellente.
Tout tourne autour du bois. Qui l'eût cru ?
Ils le mangent, aussi.
- Qui c'est ? - Alex, un gosse brillant.
Il a un crayon et du papier. Je lui ai appris à écrire.
Vas-y, montre-leur.
Il a perdu un doigt aujourd'hui,
ca le rend timide.
Pourquoi les doigts ?
Si on essaye de s'enfuir, ils nous prennent un doigt.
Si t'en perds encore, tu vas te gratter avec une cuillĂšre.
Quand j'en aurai perdu assez, je pourrai plus bosser.
Ensuite, t'es mort.
Montre-moi ta main.
Vas-y, montre-la-lui.
Les aliens ont installé des camps un peu partout dans le monde.
Ils sont en train d'abattre tous les arbres de la planĂšte.
Sans en replanter.
C'est arrivé comment ?
Avant d'arriver, ils ont lùché des bombes à neutrons.
Ăa a tuĂ© les gens, pas les arbres. Ensuite, ils ont atterri.
Ils ont tué tout le monde, sauf ceux qu'ils ont mis au boulot
dans les scieries.
Je suis le plus vieux, ici.
Quel Ăąge ?
Dans les 35 ans.
C'est rare de vivre aussi vieux.
On tient pas le choc.
Moi, j'aime bosser.
Ăa conserve.
Une vraie fontaine de jouvence.
Et l'espoir, alors ?
L'espoir ? Bien sûr.
On a un jour de congé par mois
et double ration un dimanche sur deux.
C'est le jour oĂč ils rendent grĂące au Termite GĂ©ant dans le ciel.
Je parle de l'espoir de liberté.
Le Président est en vie.
Quel Président ?
- Des Etats-Unis. - Je t'en prie !
C'est la vérité. Tous ses hommes, aussi.
Il veut dire les sénateurs.
Ils se sont réfugiés dans un abri à la montagne.
Ils forment une armée d'esclaves en fuite
pour organiser une révolte.
Et vous attendez depuis quand ?
Depuis les bombes et l'Úre des ténÚbres.
20 ans !
Si Demsky arrive, il prend son temps, en tout cas !
Parle pas comme ca. Tu blasphĂšmes.
C'Ă©tait mĂȘme pas un bon PrĂ©sident.
Ces Républicains !
Mais il est vivant et il va nous libérer.
Liberté !
20 ans, c'est long. On devrait pas l'attendre.
Je suis d'accord.
On devrait creuser un tunnel.
On va se relayer, ca ira vite.
Comment on fait pour avoir des gants ?
On attend que quelqu'un meure
et on prend les siens.
Ăa devrait pas ĂȘtre long.
Charmant.
On lĂšve et on pose !
On se bouge !
Activez-vous !
On arrĂȘte pas de bosser !
Allez !
Vous approchez pas.
Laissez-le !
C'est pas votre problĂšme.
Toi !
Va préparer le corps.
Vous deux, avec moi !
C'est triste de tomber aussi bas !
Au boulot, on se remue !
Toi ! Dis au chef
qu'il va y avoir Ă manger.
ArrĂȘtez de faire semblant !
On continue.
On bosse !
Mettez-moi ca lĂ .
Liberté !
On bosse !
Liberté !
Tu fais ce que tu veux de tes doigts.
- Super ! - Bienvenue Ă bord.
Tu fais quoi ?
- Ils sont mortels ? - Comme tout le monde !
On doit faire vite.
Attrapez-les !
Les lĂąchez pas !
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Expliquez-moi.
On se sépare.
LĂ -bas !
Bien joué.
Elle va pas aller bien loin.
Allez !
C'est quoi, ce...
Ils sont morts, c'est sûr.
Par ici !
- On se connaĂźt ? - Je ne pense pas.
C'est bizarre. Tu en es certain ?
Oui, Ă moins que tu n'aies au moins 50 ans.
Je m'appelle Bizzy.
Et moi, Ivan.
Alex.
Merci de nous avoir sauvés.
Vous arrivez de la scierie ?
Pourquoi cette tenue bizarre ?
Il vient de l'espace.
Un extraterrestre ?
J'en ai l'air ?
Non.
Je suis terrien. Je suis médecin.
C'est quoi, un médecin ?
Tu sais pas ce que c'est ?
J'aide les gens.
C'est mignon.
Suivez-moi.
Elle a jamais vu de mĂ©decin ! Je serai le guĂ©risseur suprĂȘme.
Bizzy, tu nous amĂšnes quoi ?
C'est un médecin.
Il a l'air d'arriver de l'espace.
Il se trouve que je viens de l'espace.
Il dit qu'il vient de l'espace.
Ce type croit qu'il vient de l'espace.
C'est bon, j'ai compris. Je viens de l'espace. Merci.
Je suis le lieutenant Hood, D.O. Et vous ?
Isaac.
Chef de la Vallée de la Liberté.
Enchanté.
- Tu fais quoi ? - Je te salue.
Tu viens vraiment de l'espace ?
Absolument. Mission Sonde pour la NASA.
Les chasseurs de prime ont pris une femme dans cette tenue.
Elle allait bien ?
Elle était inconsciente, mais elle respirait.
Heureusement.
D.O., ca veut dire quoi ?
Docteur en ostéopathie.
Tu soignes les animaux ou les gens ?
L'ostéopathie s'intéresse à la reproduction des limaces.
Ah oui ?
J'ai toujours adoré les limaces. Elles font comment ?
TrĂšs soigneusement.
Je rigole.
L'ostéopathe soigne les gens. Je te montre ?
Retourne-toi.
Détends-toi.
Inspire.
Expire.
Inspire.
Expire.
Merci.
C'est parfait.
Je t'envoie la note.
Venez me voir si vous avez un souci.
ConsidĂ©rez-moi comme le guĂ©risseur suprĂȘme.
La VallĂ©e de la LibertĂ© accueille tous les humains, d'oĂč qu'ils soient.
Tu peux finir tes jours en paix, ici.
Attends. Mon amie est Ă la scierie.
Je dois la sortir de lĂ .
Le peuple de la Vallée ne se bat pas.
Nous vivons en paix avec tout.
Pas les aliens et les chasseurs de primes.
Nous sommes un des derniers bastions humains.
Nous ne faisons pas de vagues.
Inutile d'en faire, on est dedans.
Votre Président s'appelle comment ? Kempsky ?
C'est une ruse !
Le Président Demsky est arrivé aprÚs la mission Sonde.
Vous étiez dans l'espace quand il a été élu.
Assez, le vieux ! Je dois avoir deux fois ton Ăąge.
A la scierie, tous les esclaves parlent de lui. OĂč est-il ?
Il rassemble une armée d'esclaves
dans les monts Cascade.
C'est une légende. Il est mort avec les autres.
Mais non, le Président est en vie.
J'ai parlé à un type qui a connu quelqu'un qui l'a vu.
Il est en vie.
Le Président est en vie.
Le Président est en vie !
Les monts Cascade, c'est pas loin. Je vais partir le retrouver.
Pourquoi pas ?
Les chasseurs de prime te tueront.
C'est une bonne raison.
Tous des lopettes ! Ils m'arrĂȘteront pas.
Tu te feras tuer !
Vous ĂȘtes une bande d'optimistes, vous !
Je m'en fous, j'ai rien Ă perdre.
Soit je retrouverai le Président,
soit je prouverai qu'il n'existe pas.
Mais s'il existe,
je reviendrai avec son armée
et on affrontera les aliens.
On libérera mon amie et tous les esclaves de la scierie.
Vous vous croyez libres, ici. Mais c'est faux.
C'est juste une cage plus grande.
Qui m'accompagne dans ma quĂȘte ?
Moi.
Moi aussi.
Au moins deux d'entre vous sont courageux.
Mais on devait se marier.
Il y a plus important. Tu vois pas ?
Le médecin a été envoyé pour nous mener au Président.
Je pense pas, moi. Il va te mener Ă ta perte !
On verra Ă notre retour.
On peut passer la nuit ici ?
Bien sûr.
Merci.
Content de vous revoir, les gars.
Elle était carrément mieux avant.
On était obligés de la tabasser, avec tous ces termites.
Je me la serais bien faite.
Elle va se rétablir et on se la fera tous les deux.
Dites donc, vous y ĂȘtes pas allĂ©s de main morte.
Les termites mataient.
Son pote de l'espace et elle ont buté un termite.
Je savais pas qu'on pouvait.
Moi non plus. Ils sont mortels, comme nous.
Ăa fait dĂ©gouliner de la morve verte.
Viens.
OĂč suis-je ?
En sécurité, avec nous.
OĂč est Ivan ?
Il s'est enfui. Avec Alex.
Heureusement !
Personne n'avait tué de termite avant.
Ăa fait rĂ©flĂ©chir tout le monde.
J'ai vu le doc tuer un termite.
Nous partßmes donc sur les traces du Président.
Mais certains n'avaient pas la foi.
Nous trois étions convaincus qu'il était là -haut.
Tant de morts...
Allez, esclaves ! On se bouge !
Bizzy, ton couteau.
Achevez-moi vite !
On n'a pas de désinfectant, je suppose.
De l'alcool, peut-ĂȘtre ?
- Alcool de patate ? - Ăa ira.
C'est du velours !
Bois ca.
Ăa tuera la douleur.
Tu me fais boire pour me poignarder ensuite ?
Je suis sadique. Allez, bois !
C'est pas si mauvais.
On le maintient. Alex, les mains. Bizzy, les pieds.
- Tu vas faire quoi ? - L'opérer.
Ăa veut dire quoi ?
Tu verras.
Arrache-moi le doigt. Tous les doigts, mĂȘme !
Je bosserai Ă la scierie.
VoilĂ , t'es comme neuf.
Tu veux le garder en souvenir ?
Tu vas pas me tuer ?
Il est médecin, il va te soigner.
Médecin ? Mais ca n'existe plus !
Eh si !
Et j'en suis un.
T'es aussi un peu astronaute ?
Sans doute, oui.
On y va !
Nettoie la plaie et ca ira.
Attends ! Vous allez oĂč ?
- Trouver le Président. - Il est en vie.
Il va tous nous libérer.
C'est ce qu'on nous a dit. On va le trouver.
Je peux venir ?
Oui. Tu t'appelles comment ?
Tyler.
OĂč est passĂ© ton Tippecanoe ?
Il y a longtemps, un Président nommé Tyler avait...
Laissez tomber. Tu peux marcher ?
Je pĂšte la forme.
Allez, c'est parti !
Il me plaĂźt, celui-lĂ . Allons faire connaissance.
Salut !
On ne bouge plus !
Vous voulez quoi ?
Faire connaissance.
Vous voulez mon poisson.
On veut bien le partager.
En échange de quoi ?
Notre amitié.
Tiens donc ! Que faites-vous ici ?
On cherche le Président.
Le Président ?
Il est mort.
T'en es sûr ?
Non. T'es sûr qu'il est vivant ?
Non, mais on va le découvrir.
Le Président est vivant !
On peut arrĂȘter de scander des conneries ?
Vous n'ĂȘtes plus des esclaves,
vous ĂȘtes libres. Agissez comme tels !
Je veux en ĂȘtre. J'aime comme tu parles.
Et puis, j'ai pas de balles.
Quant au poisson, servez-vous, y en a plein la riviĂšre.
J'en pĂȘche, mais j'aime pas ca.
Je suis Bob.
Bienvenue Ă bord.
Faut que j'arrĂȘte de faire ca.
Allumons un feu et mangeons du poisson !
Tant de choses dans ce monde
que je prenais pour acquises, maintenant que je ne les ai plus,
elles me manquent.
Quoi, par exemple ?
Il y avait des restaurants qu'on traitait de gargotes.
Un petit dej bien gras et un café coûtaient 9,99 $ .
La serveuse passait quatre fois te demander si ca allait
et aprÚs, elle oubliait le café.
Ou alors, je zappais sur toute la bande FM
Ă la recherche d'une bonne chanson sans jamais en trouver.
Et aussi le basket.
Mon équipe ne passait jamais les qualifs.
Et les séries télé pourries.
Tu regrettes d'ĂȘtre ici ?
Je sais pas.
Mais rien ne se passe jamais comme prevu.
Je tombe enfin amoureux,
du moins j'en ai l'impression...
Je m'échappe et elle se fait prendre.
J'ai toujours voulu ĂȘtre mĂ©decin.
Gamin, je regardais les séries médicales à la télé
et je me disais que je voulais devenir comme eux.
C'est quoi, la télé ?
C'est pas tes oignons.
Mes notes étaient trop nulles, alors je suis entré dans l'Air Force.
J'espérais piloter des jets,
mais bien sûr, mes notes étaient trop nulles.
Heureusement, j'ai pu faire ostéo.
Bien sûr, les généralistes
se foutaient des ostéos, les prétendus charlatans.
Là , je me suis engagé dans la mission Sonde débile,
parce qu'aucun vrai médecin ne voulait partir 40 ans.
J'espérais revenir en héros dans un monde meilleur.
Mais non.
Parfois, je me dis
que Dieu ou le destin sont cruels,
parce que quoi qu'on veuille,
on ne l'obtient jamais.
D'ailleurs, j'ai aussi une théorie là -dessus.
Si on revient les mains vides, on va avoir des problĂšmes.
Je veux pas traßner ici. C'est truffé d'ennemis.
Un chasseur de primes s'est fait tuer l'autre jour.
Quel trouillard ! Ce ne sont que des esclaves.
Ăa bouge dans les arbres.
Je vais aller voir.
N'y va pas !
Je sais que vous ĂȘtes lĂ !
Sortez ou je vous fais sauter la cervelle !
J'ai dit sortez !
Tu m'as tué !
Tu m'as tué !
Tu m'as tué !
Je te laisserai pas mourir, mĂȘme si tu le mĂ©rites, traĂźtre !
TraĂźtre ? A quoi ?
A l'humanité.
Je te suis pas.
C'est bien le problĂšme.
J'ai une proposition Ă te faire.
Je te sauve la vie si tu lĂąches les aliens pour nous suivre.
Comment tu vas me sauver ?
Je peux. Marché conclu ?
Oui, bien sûr. Marché conclu.
Pourquoi tu le fais ?
C'est un sale chasseur de primes.
C'est un homme. Or l'homme est capable de changer.
Bizzy, tu as de l'alcool ?
Si le doc le dit, alors c'est vrai.
Je trinque Ă ca.
Sur ordre du médecin.
On va pas pouvoir grimper.
Quelqu'un a une idée ?
Qui ĂȘtes-vous ?
Des amis, humains comme vous.
Ah oui ?
Tu vois,
je suis Ă peine humain et vous ĂȘtes pas mes amis.
On peut le devenir.
Si je t'Ă©clate la tĂȘte, tu seras encore mon ami ?
Tu vas pas me tirer dessus.
Ah non ? Qu'est-ce qui te fait croire ca ?
Je le sais.
T'as pas mĂȘme un peu peur ?
Pas mĂȘme un peu.
Je suis Ivan.
Je suis médecin.
C'est quoi ?
Je soigne les gens.
Des types de ton genre m'ont examiné quand j'étais gosse.
Ăa m'a rien fait.
Médecins ou guérisseurs ?
Ils disaient que Dieu guérissait à travers eux.
C'est ce que je pensais.
Vous venez faire quoi ?
On cherche le Président.
Le Président ? Pour quoi faire ?
Il bùtit une armée pour affronter les aliens et libérer l'humanité.
Le Président est vivant !
Sans blague.
Tu saurais des choses sur lui, par hasard ?
Tout dépend du Président que vous cherchez.
C'est pas forcĂ©ment le mĂȘme.
Le nĂŽtre, c'est Demsky.
Oui, je sais oĂč il se trouve.
Ah oui ?
Je vous emmĂšne.
Ensuite, on s'engagera ensemble.
Les chars et les obusiers de l'armée du Président
sont cachés là .
Toc, vous avez regardé !
Ohé, Demsky, montre-toi ! T'as de la visite.
"Ohé, Demsky" ? Vous faites du bowling ensemble ?
Elle est bonne. T'es un marrant.
Mais c'est quoi, le bowling ?
A qui tu nous as vendus, cette fois,
espĂšce de nabot difforme ?
Je t'emmerde, vieux con. Va chercher Demsky.
Tu ne me donnes pas d'ordres. Je suis le sénateur de New York.
C'est qui, ca ?
T'es plus rien, maintenant. Alors va chercher Demsky.
Si seulement ils votaient aussi vite !
Alors voilĂ .
Toute la bande de Washington.
Sénateurs, députés, juges.
Regarde-les.
Une bande de rats aux petits yeux rouges.
Ils me supplient pour un bout de viande.
Je t'en prie ! C'est qui, le chef, maintenant ?
- Ta gueule, nabot ! - Je t'emmerde !
M. le Président,
cette créature immonde a amené des intrus de l'extérieur.
Vous avez fait la mission Sonde ?
Oui, monsieur.
Qu'est-ce qu'ils ont ?
C'est grĂące Ă la Sonde...
qu'on est en vie.
Le signal qu'elle a envoyé nous a permis de nous réfugier.
Ravi que tous nos efforts n'aient pas été vains.
Mon groupe d'esclaves en fuite et moi voulons rejoindre votre armée.
Mon armée ?
Celle qui va affronter les aliens dans la révolte.
La révolte ? Quelle révolte ?
Celle que vous dirigez,
l'espoir d'un grand nombre d'esclaves.
Je ne dirige aucune révolte. En fait, je ne dirige rien du tout.
Mais ces gens croient en vous.
J'y peux rien.
Menez-les Ă la victoire.
On ne peut pas vaincre ces...
cette vermine dégoûtante.
On ne peut pas les affronter.
Vous avez essayé ?
Vous les avez vus, au moins ? On n'a aucune chance.
J'en ai tuĂ© moi-mĂȘme. Ils peuvent mourir comme nous.
Bruyamment et en crachant de la morve verte.
Ăa partira jamais, ca.
Tu nous avais pas dit que tu avais tué un alien.
C'est rien. Il suffit d'une pierre ou d'une flĂšche.
J'ai pris un foret Ă bois.
M. le Président, c'est le moment.
Ce sera sans moi.
Toutes mes forces y sont passées.
Je n'ai plus de jus. C'est fini pour moi.
Ecoutez.
La femme que j'aime est prisonniĂšre Ă la scierie.
Je dois la sortir de lĂ .
Si vous ne voulez pas vous battre, tant pis pour vous.
Moi, j'y crois.
Je vais continuer Ă me battre. Qui m'aime me suive !
Cette révolte a besoin d'un chef. Si ce n'est pas vous, ce sera moi.
Liberté pour tous les humains ! Liberté !
Liberté !
D'accord, j'ai changé d'avis. Tous ensemble. Liberté !
Qu'est-ce que tu fais ? Retourne bosser.
Je te préviens...
Tous les deux, rattrapez-le.
Il se croit oĂč ?
Les autres, bossez ! Qu'est-ce que vous regardez ?
AprÚs avoir cru que le Président nous mÚnerait à la victoire,
il ne nous restait plus qu'Ă rentrer.
Docteur,
bonne chance avec la révolte.
- A plus. - Tu ne viens pas ?
Non, je t'ai emmenĂ© lĂ oĂč j'ai promis.
Indubitablement. Merci.
Avant de partir, laisse-moi t'aider.
Je n'ai pas de matériel, mais je peux te soulager.
Non, j'ai déjà essayé.
Permets-moi.
Détends-toi.
Inspire.
Expire.
Tu vois ? T'es mĂȘme pas petit. Trop grand pour ĂȘtre un nain.
Merci. Merci, docteur.
C'est rien. Enchanté de t'avoir connu.
A un de ces jours !
Attends.
Je peux venir ?
- Tu as dit que... - S'il te plaĂźt.
Bien sûr. Content de t'avoir parmi nous.
Rassemblez-vous !
Mais leurs rĂȘves, leur espoir, leur foi...
Ils sont infondés.
On a des nouvelles du Président.
Le Président est bien en vie.
Le Président est vivant !
Il est vivant, mais il n'y a ni armée ni révolte.
Mais il est censé nous libérer !
Non, car il ne dirige plus rien. Ce sont ses mots.
Désolé de vous dire ca,
mais le Président est un vieillard qui ne fait rien.
Il pourrait tout aussi bien ĂȘtre mort.
Et la liberté, alors ?
Elle ne viendra que si les hommes se battent pour elle.
Rien à espérer du Président.
Vous n'avez que vous-mĂȘmes.
L'armée des rebelles, vous l'avez devant vous.
Nous sommes prĂȘts Ă nous battre.
Si vous voulez en ĂȘtre, c'est le moment.
On n'est pas assez nombreux.
Si un homme est prĂȘt Ă se battre pour ce qui est juste,
ca suffit.
Mais tant que vous attendrez ici la liberté,
vous resterez des esclaves.
La libertĂ© ne vient qu'Ă ceux qui sont prĂȘts Ă se battre.
Qui se joint Ă nous ?
Vous ĂȘtes mon peuple. On a besoin de vous.
C'est ridicule.
On n'est vraiment pas assez nombreux.
Je vais Ă la pĂȘche.
Tu as raison, fuis.
Je serai l'armée à moi tout seul, s'il le faut.
Je suis revenu dans un monde de lĂąches.
Je préfÚre mourir au combat que cautionner tout ca.
Kelly.
Il faut que tu t'en sortes.
Occupe-toi de tes oignons, petit !
Qu'est-ce qui se passe ?
Il vient de violer Bizzy.
J'ai voulu l'arrĂȘter, mais j'ai pas pu.
C'est vrai ?
Quoi ? Elle a l'habitude, c'est une esclave.
On fait comme ca, dans le coin.
Pas ici.
Vous croyez que vous sortez du lot.
Mais vous ĂȘtes des esclaves.
Demain, vous serez morts.
Ăa changera quoi ?
Maintenant, on est libres. On a des rĂšgles
et on se traite avec respect.
Va te faire foutre.
Je vais de ce pas Ă la scierie leur dire oĂč vous ĂȘtes.
Connard, t'as oublié quelque chose.
Tu te prétends médecin. T'es censé soigner les gens.
Je le suis.
Mais ta bĂȘtise est incurable. ProblĂšme rĂ©solu.
Essayez de dormir.
On a une rude journée, demain.
Je suis désolé.
PrĂȘts !
Visez !
Feu !
Chargez !
Ivan !
Repliez-vous !
Repliez-vous !
Tous à l'intérieur !
Laissez-moi entrer !
Chargez !
Heureuse que tu sois en vie.
Tuez-les !
Qu'est-ce qu'on en fait ?
On n'a qu'Ă les tuer, ces salauds !
On les balance au feu !
On les coupe en morceaux pour nourrir les poissons !
Demandons au docteur.
Vous ĂȘtes nombreux Ă vivre vos premiers instants de libertĂ©.
Ce n'est pas le moment d'exécuter qui que ce soit, alien ou humain.
Alors on en fait quoi ?
A vous de voir. Vous ĂȘtes humains, comme nous.
Vous pouvez vous engager, si vous ĂȘtes sincĂšres.
Qu'ils y songent. Mettez-les dans la maison du gardien.
Allez ! On obéit au docteur !
Quelle sagesse !
Je suis le guĂ©risseur suprĂȘme.
C'est ca, le guĂ©risseur suprĂȘme.
Monsieur le GuĂ©risseur SuprĂȘme.
Il a dit qu'on vaincrait et on l'a fait.
Le docteur sait de quoi il parle.
Regardez-moi, il m'a guéri.
Il nous a menés jusqu'au Président.
Le Président est vivant !
Le Président ? C'est juste un petit vieux
assis dans son fauteuil.
Un lĂąche !
C'est pour ca que le docteur a pris les rĂȘnes.
Il a choisi de ne pas tuer ce salaud de chasseur de primes.
C'est un homme juste. Moi, je l'aurais buté illico.
Hier soir, il a tué un type qu'il avait sauvé avant.
Il donne la vie, mais peut aussi la prendre.
Quand il est sorti du désert,
j'ai vu une étoile filante en plein jour.
C'était un signe divin.
C'est la fin de nos tourments.
C'est l'avĂšnement du paradis sur Terre.
Cachez-vous, préparez-vous à contre-attaquer !
Humains, rendez-vous immédiatement !
N'essayez pas de nous rĂ©sister. Vous ĂȘtes vaincus.
Si vous aimez le bois, bouffez-en !
Attention !
Nous n'avions encore jamais fait face à une révolte armée.
Je vais devoir m'assurer
que ca ne se reproduise jamais.
Lequel d'entre vous
en est l'instigateur ?
Qui est votre chef ?
Si je n'obtiens pas de réponse,
je devrai vous tuer tous.
Parlez, maintenant.
C'est toi que je soupconne.
C'est moi le chef, merci.
- Toi ! - Non, c'est moi le chef.
- Non, c'est moi. - Non, moi.
C'est moi depuis le début.
Le chef, c'est moi.
- Non, c'est moi. - En fait, c'est moi.
- Non, c'est moi. - C'est moi le chef.
Vous ĂȘtes bien plus intĂšgres que je ne l'imaginais.
Je devrais tous vous tuer sans attendre.
Mais je vais m'en remettre Ă mon jugement.
C'est toi que je crois.
Je te condamne à la peine capitale, à effet immédiat.
Mon jugement était le bon.
C'est toi, leur chef.
C'est vrai, mais je ne serai pas le dernier.
Les humains se dresseront contre vous et vous tueront tous.
J'en doute fort, humain.
Tu es le semeur de trouble.
Par nature, les hommes sont timorés
et aptes Ă la soumission.
Tu es une exception.
Tuez-le maintenant.
PrĂȘts ! Chargez !
Docteur ?
On dirait que vous avez changé d'avis.
Oui, grĂące Ă vous.
Merci.
Vous ĂȘtes arrivĂ© Ă point nommĂ©.
Maintenant, permettez-moi d'aller m'allonger.
Que tout le monde se repose !
Demain, on attaque Ă nouveau.
Demain ? Déjà ?
Oui, déjà .
Le combat ne sera fini qu'aprĂšs la victoire.
Quand le dernier alien sera mort. Compris ?
Compris.
Bien.
Le médecin a dit
que vivre dans la Vallée,
c'était fuir la réalité au lieu de l'affronter.
Il avait raison.
Il a posé les mains sur moi et m'a guéri.
Il a extrait une balle de mes entrailles.
Sans lui, je ne serais plus lĂ .
Il m'a dit que j'avais le type canoë et c'est vrai !
C'est un homme trĂšs perspicace.
Quand je l'ai rencontré, je le connaissais déjà .
Il m'a fait prendre conscience que la vie vaut la peine d'ĂȘtre vĂ©cue
et qu'il faut se battre pour elle.
Vive le docteur !
Le docteur nous avait en effet libérés.
Le lendemain, nous passĂąmes Ă une autre scierie.
AprÚs une bataille acharnée, nous la libérùmes aussi.
Tout comme la suivante. Et celle d'aprĂšs.
Nous libérùmes toutes les scieries de la cÎte Pacifique Nord.
Et nous voici en route pour libérer la Californie.
Rien ni personne ne nous arrĂȘtera.
BientĂŽt, tous les hommes seront libres.
Et nous le devrons au docteur.
Notre libérateur.
Ou, comme on l'a surnommé au cours des batailles
qu'il a remportées sur les aliens...
l'Exterminateur SuprĂȘme.
Adaptation Vanessa de Mégret
Sous-titrage NICE FELLOW
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