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Invocation pour entrer dans la mosqu�e
Au nom d'Allah le Mis�ricordieux.
Lou� soit Allah, nous Lui demandons aide et pardon.
En Lui est notre foi.
Nous cherchons refuge aupr�s d'Allah contre le mal qui est en nous.
� musulmans, ce monde est �ph�m�re et il dispara�tra.
La fin des choses du monde annonce la fin de tout.
Le ramadan est le temps de faire retour � Allah,
de vous repentir de vos n�gligences,
de r�parer, et de vous exposer � la mis�ricorde de Dieu.
Combien seront sauv�s de l'enfer par Dieu...
Combien go�teront la mis�ricorde du Ciel...
Gardez votre je�ne du mensonge, de la m�disance,
de la luxure et du p�ch�, purifiez vos c�urs de la haine.
Efforcez-vous � l'ob�issance � votre Dieu, gardez-vous
des futilit�s et des interdits.
Que ce mois soit la saison du bien
et de l'�loignement du mal. � Allah, exalte l'Islam et les musulmans.
� Allah, rabaisse les idol�tres.
Allah nous guide dans le droit chemin.
Guide-nous parmi ceux que Tu as guid�s.
�pargne-nous parmi ceux que Tu as �pargn�s.
B�nis ce que Tu nous as accord�, prot�ge-nous du mal que Tu as d�cr�t�.
� Allah, exalte l'Islam et les musulmans.
Souvenons-nous de l'histoire de Julio.
Quand Julio Rivera fut assassin�,
le 1er juillet 1990,
m�me la police ne voulut rien faire.
L'affaire fut confi�e � un inspecteur qui �tait en vacances.
C'est ce qu'�tait pour eux la vie de Julio : une vie jetable.
Nous ne l'avons pas accept�.
Nous avons r�solu de nous d�fendre en organisant la communaut�.
Peu � peu, nous nous sommes unis,
nous avons travaill� et parl� avec la communaut�.
La communaut� latino en particulier, car...
Les assassins ont dit eux-m�mes
qu'il importait peu que Julio soit un gay ou un sans-abri.
Ils voulaient tuer quelqu'un de "diff�rent".
Ils ont trouv� Julio, qui �tait gay.
C'est ce rapprochement avec la communaut� latino
qui nous a permis de r�ussir, dans ce quartier,
la Queens Pride. J'affichais des avis de recherche
des tueurs, et des gens m'abordaient en espagnol :
"C'est pour Julio ?" � cause de ce rapprochement.
La premi�re ann�e de la Parade, la police �tait sur les toits.
La Parade �tait tr�s surveill�e.
Mais cette communaut� nous a accueillis par des applaudissements.
Ne l'oublions jamais. C'est ainsi qu'ann�e apr�s ann�e,
sur la route de la Parade, vous verrez des familles
de tous les pays : les Colombiens saluent le groupe colombien,
les �quatoriens saluent...
et me voil� embarqu� dans les nationalit�s.
Tout le monde va vouloir �tre mentionn�.
Dominicains, Asiatiques du sud, Bangladais,
Indiens, Colombiens,
Irlandais... en avant les Irlandais !
Italiens, Portoricains,
Juifs...
Hollandais...
Allemands...
Maldiviens, Maltais...
Tous veulent en �tre. Mais ce qui me touche le plus,
c'est de voir les jeunes.
Quand la Parade a �t� cr��e, il y a 22 ans,
certains d'entre eux n'�taient pas n�s.
Ils ont grandi avec la Parade, dans une communaut�
o� ils n'ont jamais connu ce pr�jug� ni cette haine,
de par la visibilit� LGBT.
Nous sommes tous li�s. Et je dis toujours
que Jackson Heights �tait le seul quartier
� pouvoir faire �a � l'�poque.
Car Jackson Heights est la communaut� la plus diversifi�e du monde.
Litt�ralement.
Ici, on parle 167 langues diff�rentes.
Nous sommes fiers de cette diversit�.
Soyons fiers de ce que nous avons accompli.
Le mouvement en marchant
Une personne voudrait savoir comment...
lui venir en aide.
Du fait qu'elle a les moyens.
Quel genre d'aide ?
Le mot m'�chappe...
Comment dit-on ? Pour aider financi�rement, ou...
Pour l'aider � immigrer ?
Pour l'aider � l�galiser...
Son statut de migrant ?
On ne peut soi-m�me aider quelqu'un.
Comment dit-on quand quelqu'un
se porte responsable d'un enfant ?
- Adopter ? - Genre adoption.
- Qui est la personne ? - C'est une amie.
Elle n'a pas d'enfant.
Elle a la nationalit� ?
Son mari a la nationalit�, et elle va bient�t l'avoir.
J'imagine que tu ne veux pas faire adopter ton fils.
Je ne trouve pas que la m�thode ait du sens.
Je doute que ton amie puisse l'aider.
La m�re est ici.
Je ne pense pas que �a puisse aider.
Les gens partent d'une bonne intention.
Ils disent "Je vais t'aider" parce qu'ils ont la nationalit�.
Mais on n'obtient pas comme �a un changement de statut.
Il y a peu de r�gularisations en ce moment.
Il faut remplir certains crit�res.
Je crois que ton id�e n'a gu�re de sens.
L'enfant pourra peut-�tre b�n�ficier des mesures pour les mineurs.
Je te laisse ce papier et cette liste.
Nous cherchons � h�berger notre Queens Center for Gay Seniors.
La semaine derni�re,
nous avons discut� l'hypoth�se
d'aller � Kew Gardens. Quelqu'un veut s'exprimer l�-dessus ?
Rester � Jackson Heights serait mieux, pour les transports en commun.
La station de m�tro a un ascenseur.
D'autres stations, comme Rego Park, n'en ont pas.
Ceux qui peinent � monter les escaliers
auront du mal � se rendre � un local situ� � Rego Park ou Woodside.
La station de Forest Hills a un ascenseur, mais c'est d�j� loin.
C'est ici qu'un homme a �t� tu� parce qu'il �tait gay.
Et nous avons ici deux institutions :
la Pride House, une organisation gay, et la Parade.
N'oublions pas la Parade. Elle dure un jour,
mais elle se pr�pare toute l'ann�e.
Et la pr�paration a lieu surtout � Jackson Heights.
Je trouve important de rester ici ne serait-ce que pour cette raison.
Et pour l'accessibilit� des transports.
Jackson Heights
a toujours �t� au c�ur
de la d�fense de la communaut� LGBT, non ?
� Forest Hills, Kew Gardens,
et m�me � Astoria, la population gay est plus importante
en termes de quartiers.
Mais beaucoup de choses ont pris naissance ici.
Ce n'est pas parce que je le connais, mais Danny Dromm a foment�...
ce n'est pas le bon mot...
c'est lui qui a organis� plein de groupes
bas�s � Jackson Heights, m�me quand il n'y vivait pas.
Gardons-le � l'esprit.
Forest Hills, Kew Gardens, c'est bien,
mais si on se disperse...
Rich a raison, il y a un ascenseur � Forest Hills et Kew Gardens.
Mais nous sommes mieux desservis ici.
Nous avons plus de m�tros,
des lignes de bus
desservent 74th Street...
Je ne sais pas bien
quels autres locaux sont envisag�s,
mais a-t-on �voqu� avec le directeur du Centre juif
une forme de semi-permanence ?
Je suis s�r qu'il serait bien dispos�,
et je sais que la synagogue a besoin d'argent.
Elle fait surtout fonction de foyer associatif.
Et si ce lieu devait fermer,
ce serait tragique.
Nous les aiderions autant qu'ils nous aideraient.
N�anmoins, c'est un lieu de culte. Il appartient
� la communaut� juive.
Je voudrais un espace � moi.
Je n'aime pas l'id�e de Kew Gardens. Certes, ils sont bien gentils
et tr�s polis, mais il y a l� beaucoup d'homophobes.
On vous regarde de haut... "Qui �tes-vous ?"
Mon espace, c'est un lieu o� je me sentirais chez moi,
au lieu de "passer" un jour de temps en temps.
Kew Gardens, c'est une fois par semaine ?
Deux fois.
C'est comme �a que je le sens.
Presque toute notre vie, nous avons, activement ou non,
combattu l'homophobie, et maintenant on arr�terait ?
Ce lieu ne sert pas uniquement de synagogue.
C'est une maison de quartier.
Des musulmans se r�unissent ici,
d'autres groupes... tout le monde se r�unit ici.
Certes, la Torah est l� et ceci est le sanctuaire.
Mais la part consacr�e au culte s'est r�duite.
Sans les associations ext�rieures,
y compris les groupes politiques et autres,
ce lieu ne survivrait pas. J'insiste l�-dessus.
En tant que maison de quartier, ce lieu dispara�tra
si des gens comme nous l'abandonnent.
Il y avait sur la 82e un des plus grands centres juifs
de cette zone.
On y �tait tr�s � l'�coute de tous...
y compris les non-juifs. C'�tait un lieu formidable.
Ils �taient tr�s � l'�coute de nous, des gays.
Sans eux, nous n'aurions pas...
ils ont eu de l'influence,
ils comprenaient. Et les rabbins �taient...
J'�tais membre du centre dans les ann�es 70.
Jamais rien du genre "Oh, tu es gay".
� l'�poque de la premi�re Parade...
en tout cas � une parade au d�but des ann�es 80,
toute la synagogue �tait l�.
Les parents...
c'�tait tr�s beau.
C'est pourquoi ils ne voulaient pas abandonner
la synagogue, mais ils n'avaient plus les moyens de l'entretenir.
Ils ont achet� le terrain du Sizzler
pour y b�tir une synagogue.
Et m�me avec moins de membres juifs, ils tiennent.
Et � nous, ils offrent aussi,
sans obligation religieuse,
un espace de participation.
Nous relevons de la Community House de Queens.
Nous sommes une organisation parmi d'autres qui cherchent des espaces.
D'autres groupes cherchent des lieux.
Je ne suis pas s�re que ce lieu puisse �tre retenu juste pour nous
sans tenir compte des autres groupes.
Je viens ici parce que je le veux.
Je ne pense pas en termes de m�tro ou de temps de trajet.
Je viens ici pour une raison, sans bien savoir...
laquelle... mais je reviens toujours.
Ce n'est pas une question de commodit�.
Je veux faire partie de ce qui existe ici.
Gardons � l'esprit
que nous sommes ici parce que nous voulons faire l'effort de venir.
Un gros fichier d'adresses n'est qu'un fichier,
mais un club, ce sont des gens.
On ne peut avoir un club dans un beau sanctuaire
ou le plus bel espace du monde pour trois personnes.
Je trouverais vraiment important
de prendre notre temps, en accord avec la Community House.
Comprenons bien que nous b�n�ficions d'une deuxi�me chance,
apr�s l'incendie...
Si nous voulons continuer,
nous devons �tre patients, compr�hensifs,
et rester unis de notre mieux.
On nous offre une seconde chance.
On n'a pas �a dans le Bronx.
Merci d'�tre tous venus aujourd'hui,
pour le club et pour Jackson Heights.
Pourquoi les colons combattaient-ils les Britanniques ?
Ils voulaient choisir leurs dirigeants.
� la question "Pourquoi voulez-vous devenir citoyen am�ricain",
que r�pondez-vous ?
Libert� d'expression.
- Libert� religieuse ? - C'est la D�claration des Droits.
Si l'examinateur vous demande
pourquoi vous voulez devenir citoyen am�ricain,
que direz-vous ?
Je ne comprends pas le bengali.
"Je veux voter."
"Je veux voter, vivre en d�mocratie, vivre libre".
Pourquoi voulez-vous la nationalit� ?
Juste pour voter.
Vous diriez : "Pour voter".
Je veux un passeport am�ricain.
Je veux un passeport am�ricain et voyager.
Voyager avec un passeport am�ricain.
La r�ponse la plus facile est : "Je veux voter".
Je crois. Parce qu'elle indique
que vous comprenez le processus d�mocratique.
Je voudrais ma libert� de religion.
"Je veux vivre dans un pays ayant la libert� de religion."
C'est une bonne r�ponse.
Et la libert� d'expression.
Vous citez la D�claration des Droits. Mais vous pouvez, c'est correct.
La D�claration des Droits est une autre question.
Mais c'est bien, �a montre que vous comprenez.
Dites ce que vous voulez.
Dites-le � votre mani�re.
Peut-�tre connaissez-vous Orlando Tob�n...
Orlando est sur la 84e, dans le petit centre commercial.
L�, tous les locataires ont re�u un avis d'�viction.
D'expulsion ?
Ils doivent quitter les lieux � la fin du mois.
Ils pensent que le propri�taire veut prendre...
- Un gros locataire. - Comme GAP.
Comme GAP.
Ils vont placer une grande entreprise
en virant les petits commer�ants.
De 5 � 7 familles vivent de mon affaire.
Si on virait 6 personnes, �a toucherait
pratiquement 18 personnes
qui vivent au Mexique ou ici, qui payent des loyers...
S'ils sont vir�s, de quoi vont-ils vivre ?
Du ramassage de canettes dans la rue ?
C'est ce qui va arriver, vu ce qui se passe.
� 45 ou 50 ans, personne ne t'embauche.
J'ai des employ�es de 38 ou 40 ans
qui ont �t� serveuses toute leur vie.
Je devrais dire � cette femme : "Je ne peux plus t'employer.
"Tu es trop �g�e, cherche ailleurs." Qui va l'embaucher ?
Serveuse toute sa vie.
Nous, on est contents que ces femmes nous servent.
Mais les grosses bo�tes ne veulent que des filles jeunes et jolies.
Le magasin GAP qui vient d'ouvrir fait 70 % de r�duction.
Pendant 3 jours apr�s l'ouverture.
Ton petit commerce...
Qui va vendre des v�tements, avec un GAP ici ?
Si une autre marque s'installe ici, on devra tous partir.
Pour aller o� ? Myst�re. Ce sera comme �...
Comment s'appelle l'endroit ? � Flushing.
College Point.
Tous nos petits commerces en ont �t� chass�s.
Ils essayent de s'en sortir, mais c'est impossible.
Il para�t que le parking a �t� vendu au proprio des Mets pour un dollar.
� Willets Point ?
Je ne sais combien d'hectares, 8 ou 9, pour un dollar.
Voyons si on me vend un appartement pour 10 dollars !
Le mall de Flushing
fera augmenter vos loyers ?
- Beaucoup ! - �a augmente sans cesse.
J'ai vu ces derniers mois
mon ami devenir triste.
Il dit qu'il ne dort plus, qu'il ne sait plus quoi faire,
s'il doit jeter l'�ponge...
Sa femme a m�me fait un AVC, et �a a failli...
�tre s�rieux.
Avec les factures � payer, sans savoir o� trouver l'argent.
C'est dur pour nous tous.
Nous devons nous organiser
pour mieux d�fendre nos droits et nos int�r�ts.
Nous parlons � tous les commer�ants de Roosevelt Avenue.
Beaucoup ne sont pas au courant...
Les gens ne savent pas ce qu'est un Business Improvement District.
J'en ai entendu parler il y a 6 mois, sur la 103e.
Ils parlaient de "Business Improvement District".
Mais je n'ai pas vraiment fait attention.
J'ai dit � ma femme : "Ils parlent des loyers,
"ils veulent les augmenter." � pr�sent que �a me concerne...
je vois ce que c'est. Je n'ai pas fait attention avant.
Ils ont mal fait leur campagne d'information des petits commer�ants.
Et puis, il y a ce scrutin...
Pour approuver le B.I.D., sans que ce soit un vrai vote.
Ils demandaient un vote.
Un vote d'approbation du B.I.D.
Si vous ne votez pas, �a compte pour un "oui".
"Comme vous voulez". Bien ou mal ?
- Si vous ne votez pas "non"... - On n'a pas vot�.
�a compte pour un "oui".
Autrement dit, on vote pour eux.
Si vous ne dites pas "non". Si vous ne renvoyez pas le bulletin.
Voil� un bulletin.
- Vous l'avez re�u ? - Oui.
C'�tait sur la 103e, et ils disaient...
Tu l'as re�u ?
Ma femme m'a dit : "Ch�ri, il faut faire quelque chose."
Parce que c'est devenu dur.
De plus en plus. Des commerces du quartier...
On est le seul qui reste.
Le Subway a ferm�.
Le salon de coiffure a ferm�. Le cin�ma a ferm�.
Que va devenir Mango Rico...
On sait pas.
C'est dur.
Le Vins et liqueurs ferme. Le restaurant qui est au coin,
l'Italien, il s'en va... Faute de bail.
Nous voulons vous aider � b�tir une alternative.
Que tous les patrons de petits commerces
s'organisent pour dire leur opposition
et leur volont� de contr�ler la situation.
C'est vous qui travaillez ici et qui faites vivre le commerce.
Eux se contentent d'encaisser les loyers.
Aujourd'hui, je parlais avec lui...
Il a dit : "Jimmy, si on poss�dait du terrain ici,
"on �conomiserait !"
Nos propri�taires attendent leurs ch�ques.
12 000, 9 000, 15 000 ? �a paye bien.
Ils investissent quoi ? Rien.
En cas de d�g�ts, les travaux sont pour nous.
En cas de dommages,
le bail pr�voit
que ce n'est pas au propri�taire de payer, c'est � nous.
Une fuite, c'est pour nous. Une lampe cass�e, c'est pour nous.
Ils d�pensent quoi ?
Tout �a parce qu'ils sont propri�taires...
Le bail est comme �a
et on l'a sign� en connaissance de cause.
Qu'on reste ou qu'on parte n'est pas leur probl�me.
Daniel Dromm, conseiller municipal
Nous sommes l� pour vous aider !
Josey, bureau du conseiller Dromm, j'�coute.
Le prestataire
qui va louer l'endroit, Samaritan Village,
fournira diff�rent services.
Ceux qui vivront l� auront acc�s
� des services de sant� ou m�me � des offres d'emploi.
Madame, je ne peux pas vous r�pondre,
parce que le financement...
Les �coles sont financ�es par la Ville et par l'�tat.
Le financement principal de la Pr�-Maternelle vient de l'�tat.
Le conseiller ne peut donc garantir
qu'il existera dans 2 ans.
Ceux qui gagnent plus de 300 000 $ par an.
Il ne m'appartient pas d'approuver ou non ce jugement...
Je crois qu'en fait...
Si vous souhaitez faire une r�clamation, je vous �coute.
Votre pr�nom ?
Ils ont emm�nag�. Il y a 36 familles, je crois.
Ils ne seront pas d�plac�s.
Comme je le disais, je ne crois pas
que la question soit l'existence d'un refuge pour sans-abris,
mais plut�t le nombre
de familles qui y seront.
J'admets avec vous que la communaut� aurait d� �tre impliqu�e.
Il y avait eu un pr�avis.
Mais dans ce cas,
la Ville a d�cr�t� un h�bergement d'urgence.
Nous avons �t� inform�s de ce refuge
pratiquement une heure avant
que les gens n'y entrent.
C'�tait un arr�t� d'urgence.
Comme je le disais, cette d�cision a �t� prise
sans le conseiller.
Ces refuges accueillent surtout des familles avec enfants.
Je ne suis pas vraiment en mesure d'en d�battre avec vous.
Si vous avez une r�clamation...
Vous m�sinterpr�tez totalement la loi f�d�rale,
mais nous pouvons d�battre...
Ces programmes sont principalement financ�s par le gouvernement f�d�ral.
Laissez-moi votre nom et vos coordonn�es, et je...
Pas une urgence du type catastrophe naturelle.
L'arr�t� vient du fait
qu'il n'y avait pas assez de place ailleurs dans la ville.
La Ville a pris un arr�t� d'urgence pour les h�berger rapidement.
Un arr�t� du maire.
J'admets votre r�action, mais sauf votre respect, je refuse
que des enfants soient renvers�s par des conducteurs distraits.
Je dirais qu'un gosse de 10 ans renvers� par un camion � ordures,
c'est bien un crime.
Et c'est horrible aussi.
Des mesures sont prises pour �viter aussi ce genre de choses.
Il n'�tait pas au courant de ce refuge.
Il a �t� inform� au moment o� les gens emm�nageaient.
D�sol�e que vous le voyiez ainsi...
Tant au niveau f�d�ral que municipal,
cela est garanti...
Garanti au niveau f�d�ral
par la Constitution des �tats-Unis, et au niveau municipal...
Ce sera un meeting avec conf�rence de presse.
Le conseiller sera l�, ainsi que des membres de la communaut�.
Le conseiller Dromm.
Je lui en ferai part.
Merci. Bonne journ�e.
Je suis l�.
- Ici Danny. - Et Katie.
- Pete Kelly. - Et Vinny.
Comment va ?
Katie, la parole est � vous.
Changement de district scolaire des secteurs 1458
et 1459.
Attendu que l'envoi d'�l�ves
hors de leur quartier pendant 3 ans perturbe
les liens nou�s de la maternelle au primaire.
Attendu que la loi de l'�tat sur l'�ducation n� 2590B3C13
pr�voit que le d�coupage scolaire pr�serve les quartiers et communaut�s.
Attendu que la loi de l'�tat sur l'�ducation 2590B3C14,
pr�voit que les districts scolaires refl�tent rationnellement
la g�ographie des services pr�vus et offerts
par la Ville de New York.
Attendu que la loi de l'�tat sur l'�ducation 2590B3C5
exige une perturbation minimale
des cursus en �l�mentaire, primaire, secondaire,
coll�ge et lyc�e.
Attendu que les familles des secteurs 1458 et 1459
vivent, votent, consomment, prient et se socialisent
dans le district 30 de Jackson Heights,
le conseil �ducatif local r�sout d'int�grer
les secteurs 1458 et 1459 au district scolaire 30.
De plus, le conseil �ducatif local demande � la rectrice
et au Conseil p�dagogique d'affecter les secteurs 1458
et 1459 au district scolaire 30.
Laissez-moi vous informer de ce que j'ai fait.
J'ai envoy� plusieurs courriels
� la rectrice et � son adjointe,
demandant une r�union sur le red�coupage de la carte scolaire,
en particulier � propos de ces 2 secteurs.
Mais depuis,
d'autres probl�mes de red�coupage sont apparus.
Dont celui des �coles de la ville o� existe de la s�gr�gation.
Il y aurait une fa�on de traiter...
par exemple en agrandissant les districts,
de traiter ces probl�mes, mais je ne veux pas tout m�langer.
Je me suis concentr� sur la question de ces 2 secteurs.
Ils disent �tre d�bord�s par le programme Pr�-Maternelle
et ne pas avoir le temps de traiter la question.
Ils veulent la traiter, mais ils ont besoin de temps.
Ils interpr�tent la loi
qui pr�voit un red�coupage tous les 10 ans,
non comme une "obligation" de red�couper,
mais comme une "possibilit� de" red�couper.
J'oublie le terme. "�ventualit�" ?
"�ventuellement."
Ils pensent que cela
les autorise � d�passer les 10 ans, qui sont un d�lai minimum.
Ils me disent � pr�sent
que si ce n'est pas fait en 2014, ils verront plus tard.
On pourrait peut-�tre commencer en septembre,
ce qui nous m�nerait � fin 2015.
Je ne sais pas comment ils voient �a.
Mais voil� le contenu de nos conversations et courriels.
Si le district 24 accepte cette r�solution,
l'�tape suivante serait
que les conseils �ducatifs locaux la pr�sentent
au Conseil acad�mique ?
Possible. Mais cela suppose
de d�clencher le processus dit
"protocole de r�ponse".
La motion est adress�e au bureau comp�tent,
et revient vers nous avec une r�ponse �crite.
M�me s'il y a un accord verbal, ils doivent
r�pondre officiellement.
Je vais v�rifier les protocoles pour voir comment �a marche,
mais je veux enclencher l'affaire.
Moi aussi. Est-il possible...
Quand est votre prochaine r�union mensuelle ?
Peut-on mettre �a � l'ordre du jour de ce mois-ci ?
Je vais voir �a. La r�union est le 19 juin.
Le 19 juin dans nos bureaux
de Queens Plaza.
Ils veulent bien faire mais je crains qu'ils n'exploitent le fait
de ne pas devoir red�couper
tous les 10 ans.
Cette latitude peut servir de pr�texte.
On ne fait rien, on repousse,
et nos gosses ont d�j� quitt� l'�cole !
Je ne veux pas de ce genre de pr�texte.
Si on sait qui d�clenche le protocole de r�ponse,
peut-�tre l'adjointe, on peut le faire avancer.
La rectrice est consciente du probl�me.
Elle le conna�t. Quand je lui en ai parl�,
elle �tait au courant de mes d�marches.
Je pense qu'elle veut que �a se fasse.
Si jamais
ce n'est pas r�gl� en octobre,
nous devrons passer � d'autres actions.
Un des motifs de la d�perdition
d'�l�ves de l'�cole publique
au profit de l'�cole priv�e et religieuse, est que les parents
ne veulent pas que l'enfant soit deux ans dans une �cole,
trois ans dans une autre, et retour au quartier.
Cela explique la fuite des cerveaux dans le quartier,
au profit d'autres �coles, ailleurs.
Si on pouvait y rem�dier,
bien plus de familles laisseraient leurs enfants dans le quartier.
C'est mon avis. Il faut anticiper.
Ces parents ne retireront pas leurs gosses de leurs �coles.
- Probablement. - Pour �viter l'interruption.
- C'est ce qui leur importe. - Il faut donc r�gler �a.
Ravi de travailler avec vous.
De m�me.
Vous �tes une congr�gation ? Du Texas ?
De l'Alabama.
Notre accent vous dit qu'on est du Sud ?
Qui conduit des pri�res ?
Nous toutes.
Puis-je vous demander un service ?
�a para�tra bizarre... mais je vais voir mon p�re,
qui est � l'h�pital et qui n'a plus que quelques jours � vivre.
Pourriez-vous... c'est bizarre de tomber sur vous.
Pouvez-vous dire une pri�re pour lui ?
- Comment s'appelle-t-il ? - Thomas Donahue.
Tout de suite ?
J'ai les mains sales !
Il a un cancer,
et nous savons qu'il va partir.
Il va en soins palliatifs mais on ne sait pas s'il tiendra.
Notre P�re, nous T'aimons et Te remercions
de Ta pr�sence car Toi seul r�pond � nos besoins.
Seigneur, nous sollicitons Ton intervention divine
pour cette famille. Pour que Thomas,
voie en Toi son Seigneur et son Sauveur.
Que son c�ur soit avec Toi, qu'il connaisse la paix
dans la certitude que Tu assures son �ternit�.
Seigneur, nous prions
pour la logistique le menant aux soins palliatifs.
Selon ses besoins, nous Te prions d'aplanir le chemin
pour les satisfaire. Nous �levons � Toi sa famille.
J'ai perdu un parent, et je sais
ce qu'une famille ressent, mon Dieu.
Gr�ce Te soit rendue pour le r�confort que Tu donnes.
Au nom de J�sus, Seigneur, r�conforte aujourd'hui cette famille.
Nous prions pour que cette famille voie Ton �uvre et Te loue.
Qu'elle voie Ta gloire. Au nom de J�sus. Amen.
Nous prierons encore pour lui.
Je peux vous embrasser aussi ?
Je vais y aller.
Dieu soit lou�.
Nous avons entendu dire
qu'il se passe des choses dans ce b�timent.
Dans ce centre commercial.
Et j'en suis victime.
Je dois abandonner un commerce que j'ai depuis 22 ans.
Je dois partir.
Ici, 50 commer�ants vont devoir partir.
Que vont-ils faire ?
Tout le monde se le demande. Si le centre ferme,
ils couperont l'�lectricit�...
D�j� les ordures ne sont plus ramass�es. Elles s'empilent l�-bas.
Sans �lectricit�, sans air conditionn�...
sans t�l�phone...
Ce sera trop dur. Nous devrons partir.
H�las, nous devrons partir.
Peut-�tre savez-vous que �a fait partie
d'une transformation de la ville.
Qui affecte des zones comme Brooklyn...
- Le Bronx. - Long Island City ?
Peut-�tre savez-vous
que notre groupe tente d'affronter ces transformations.
O� iront ceux qui n'auront pas les moyens de rester ici...
Les loyers sont horriblement chers.
Les loyers augmentent � des niveaux
insoutenables.
Avec le ph�nom�ne de loyers qui augmentent
et de locaux qui restent vides.
Les propri�taires attendent de pouvoir augmenter encore plus.
C'est une situation tr�s difficile.
Et il faut riposter.
Nous n'avons aucune repr�sentation politique.
Nos politiciens,
alors que nous avons lutt� pour qu'ils soient latinos,
nous font perdre la face.
Notre s�nateur a �t� arr�t� pour avoir vol� l'argent
des contribuables.
Ils ne viennent jamais ici, sauf au moment des �lections.
Notre repr�sentante au Conseil municipal,
Julissa Ferreras, on ne la voit jamais !
Notre �lu aupr�s de l'�tat de New York, Jos� Peralta,
on ne le voit jamais,
et il est impliqu� dans des scandales.
Nous sommes compl�tement abandonn�s.
Quant � nous les Colombiens d'ici,
notre repr�sentant au Congr�s colombien
est un voyou qui a �t� mis en examen !
Nous ne sommes pas repr�sent�s politiquement.
C'est � vous les jeunes, vous qui tenez les r�nes,
de nous sauver.
Questions � d�battre.
Primo : qui a d�j� eu
� passer la fronti�re avec des enfants ?
Combien ?
Trois.
Ensuite : qui a fait venir son enfant apr�s son arriv�e
aux �tats-Unis ?
Des enfants qui viennent ici apr�s vous.
Qui a cette exp�rience ?
Combien d'entre vous ?
- Deux. - Trois.
Avec quels risques ?
Qui nous raconterait son exp�rience ? Et ses motivations.
Je m'appelle Celia et je suis de l'�tat de Morelos, Mexique.
Je suis ici depuis bient�t 10 ans.
Pendant les trois premi�res ann�es, mes enfants �tudiaient au pays.
Mes deux a�n�s se sont mari�s.
� ce moment, la situation au Mexique �tait tr�s dure.
J'ai d'abord fait venir le mari de ma fille,
et on a d�cid� qu'elle nous rejoindrait.
Mais pendant ces trois ans, elle avait eu deux enfants.
J'ai fait venir mon gendre,
mais il s'est retrouv� bloqu� un mois � la fronti�re.
Les passeurs l'avaient abandonn�.
Apr�s un mois, je l'ai fait envoyer
dans un autre �tat frontalier pour qu'il puisse passer.
Il a travaill� un an ici, et ensuite,
on a d�cid� de faire venir ma fille
et leurs deux b�b�s.
Nous avons alors v�cu une situation tr�s p�nible,
que je ne souhaite � personne, moins encore � des enfants.
L'exp�rience a �t� vraiment dure.
Tr�s... d�primante.
Les deux enfants sont pass�s sans aucun probl�me.
Peut-�tre avaient-ils �t� drogu�s,
mais ils sont pass�s.
Au tarif de deux adultes.
J'avais peur qu'ils ne soient pas remis � mes s�urs,
qu'ils soient enlev�s.
Le risque existe.
On ne sait jamais � qui on a affaire.
Bref, je ne sais comment, ces enfants
sont pass�s, vu qu'ils ne marchaient pas.
Mais le probl�me, c'est que ma fille
s'est perdue dans le d�sert et qu'elle y est rest�e 15 jours.
Ses enfants �taient l�, mais le drame,
c'est qu'elle n'�tait pas avec eux.
En fait, les enfants sont pass�s d'abord.
Apr�s avoir fait passer les enfants, elle devait traverser � pied.
L� est arriv�e la Police des fronti�res,
qui a arr�t� ceux qu'ils attrapaient.
Elle a r�ussi � leur �chapper, avec une autre femme,
mais elles ont �t� abandonn�es dans le d�sert.
Une semaine passe puis une autre, sans nouvelles.
Les petits �taient au Texas.
Je n'avais aucun moyen de communiquer avec elle.
J'�tais d�sesp�r�e.
Les petits ne connaissaient pas mes s�urs,
qui sont ici depuis plus de 20 ans.
Ils ne les connaissaient pas...
c'�tait terrible pour ces enfants.
Dans le cas de ma fille...
C'est bien d'emporter de l'argent,
mais �a peut �tre une erreur : les coyotes prennent tout.
Et donc, en compagnie de la femme avec qui elle �tait perdue,
elle a march� et march� au hasard. Elles �taient abandonn�es.
Elle m'a dit qu'elles avaient
un portable qui n'avait presque plus de batterie.
Elles ont suivi une lumi�re qu'elles voyaient au loin.
Elles ont march�, sans eau, sans nourriture, sans rien.
Jamais je ne pourrai oublier les risques qu'elle a courus.
Elles ont tent� de joindre la famille de l'autre femme.
La ligne �tait coup�e faute de signal.
Nous, pendant ce temps, on �tait affol�s.
Le coyote qui l'avait fait passer disait :
"Ne t'inqui�te pas, elle est entre de bonnes mains."
Alors que je savais qu'elle �tait perdue !
Vous vous rendez compte
comment les coyotes mentent en disant que tout va bien
et qu'il ne faut pas s'inqui�ter.
Alors qu'elle �tait perdue
depuis des jours, sans pouvoir
la r�cup�rer. Personne n'est all� la sauver.
Les deux femmes marchaient, marchaient,
en se guidant � une lumi�re.
Elles souffraient le martyre � cause de la chaleur,
elles se d�shydrataient. Sans eau ni nourriture.
Elles ont long� des cl�tures qui �taient apparemment...
des sortes de pi�ges qui d�tectent les gens...
L� o� sort l'eau des moulins... je n'ai pas bien compris.
Elles ont aper�u un syst�me d'alarme.
"On s'est pas approch�es, on a vu que c'�tait un pi�ge."
Si vous approchez de l'eau,
le truc vous...
C'est un genre de pi�ge.
Elles ne se sont pas approch�es de ce point d'eau.
Elles ont d� continuer en souffrant de la soif.
Plus tard, une nuit, il a plu.
La pluie les a fait revivre.
Elles se sont mouill�es. Elles se sont mises
� recueillir de l'eau, � se baigner le visage et les l�vres,
et � se laver avec l'eau de pluie.
Mais les souliers pleins d'eau les emp�chaient de marcher.
Un d�sastre.
Ma fille raconte qu'elles voulaient appeler la famille de l'autre femme,
parce qu'il y avait un peu de signal.
Elles ont appel�.
Juste avant que le portable ne s'�teigne, �a a r�pondu.
La famille savait bien qu'elles �taient perdues,
et qu'il n'y avait qu'elles deux de perdues.
Elles ont appel� et �a a r�pondu.
Les parents ont demand� qu'elles indiquent o� elles �taient.
"Il n'y a rien, on est au milieu de nulle part."
"Regardez bien, cherchez un panneau, une maison..."
"Non, rien !"
"On ne peut rien vous dire, il n'y a rien."
Les parents de l'autre femme ont eu une intuition.
Ils ont dit : "Continuez � marcher.
"Continuez � marcher.
"On envoie quelqu'un.
"On envoie quelqu'un vous chercher et vous ramener."
Ils leur ont redonn� espoir.
Elles ont encore march� sans savoir o� elles allaient.
Et ma fille raconte
qu'elles ont vu la lumi�re au loin
devenir un peu plus grande.
- La m�me lumi�re ? - La m�me.
"On approchait de quelque chose, mais il fallait encore marcher,
"sans boire ni manger."
�videmment, elles �taient d�shydrat�es, malgr� la pluie.
Ma fille dit que la nuit, elles n'arrivaient pas � dormir
parce qu'elles avaient peur, si loin et perdues.
Elles ne fermaient pas l'�il � cause de la peur
de se savoir au milieu de nulle part.
Elles ont encore march�,
et elles �taient si mal en point
qu'elles ont perdu toute conscience du temps.
Quand elles revenaient � elles,
elles �taient prises de vertige.
La lumi�re �tait de plus en plus proche.
Ma fille a dit � l'autre : "Marchons encore un peu,
"on y est presque.
"On a vu cette lumi�re,
"et un panneau indicateur. On �tait sur une route.
"On a vu des voitures et on leur a fait signe.
"Rien." C'�tait une autre lumi�re.
"On est rest�es l�.
"Il y avait une sorte de cabane.
"On s'est cach�es derri�re sans bouger.
"On voyait juste le panneau et la lumi�re."
- C'�tait comme... - Des phares ?
Ce qu'il y a au bord des routes.
Un genre de lampe, mais pas un s�maphore...
Lampadaire.
La lumi�re paraissait loin parce qu'elle �tait petite.
- Mais en avan�ant... - Elle grandissait.
Une fois l�, elles n'ont plus boug�, cach�es derri�re la cabane.
Le portable avait un peu de signal, elles ont appel�.
Elles ont dit qu'elles �taient pr�s d'une route,
elles ont d�chiffr� les lettres du panneau
et mentionn� la cabane. Le mot cl�.
Les parents de l'autre fille perdue
ont envoy� quelqu'un en voiture
pour les r�cup�rer.
La voiture est arriv�e et les a emmen�es.
Mais je vous jure que �a a �t� terrible.
Combien de jours avant d'�tre r�cup�r�es ?
Quinze jours.
Deux semaines.
D�shydrat�es et affaiblies,
griff�es par les �pines,
pleines de poux...
Horrible.
Nos exp�riences sont toutes diff�rentes. Celle-l� est horrible.
Qui d'autre a eu ce genre d'exp�rience ?
Levez la main.
Qui a pass� la fronti�re ?
Plein de gens...
N'ayez pas peur, personne n'est de la police.
Personne n'est de l'Immigration. Nous sommes tous venus
en avion ou � pied, secs ou mouill�s,
mais tous �gaux.
Nous, on s'est mouill�s dans le Rio Grande.
Ceux d'avant s'�taient mouill�s dans l'Atlantique.
C'est la diff�rence.
Pain ! Pain ! Pain !
Tu en veux deux ? Un ?
On en a des petits, tu en veux ?
J'ai de ce pain-l� aussi.
Qui veut du pain ?
Un de plus.
J'ai des petits pains, qui en veut ?
On peut faire plus r�aliste, les ailes plus grandes,
plus visibles.
C'est mieux.
- Tu le veux o� ? - Sur le bras.
Du haut en bas ?
Un peu plus petit.
Tiens-toi droit.
Jusqu'� la manche ?
�a ferait dans les 400.
400 ou 500 dollars. Fini en deux s�ances.
Que serait Jackson Heights sans Joe ?
Je l'ai connu il y a 15 ans.
Il a �t� de toutes les activit�s du quartier.
Il est le maire de ce quartier,
il y est hautement respect�.
Je vois encore Joe � quatre pattes
en train de planter des fleurs,
ann�e apr�s ann�e.
L'autre chose que je sais de Joe, c'est qu'il est un homme de foi.
C'est un catholique profond�ment croyant,
engag� aupr�s de l'�glise Ste-Jeanne d'Arc,
il conna�t tous les pr�tres de Saint-Sacrement.
Et il aime sa foi.
Je crois que c'est sa foi, de bien des fa�ons,
qui le motive � faire le bien dans la communaut�.
Joe maintient ainsi la tradition
des r�unions de clubs, semaine apr�s semaine.
Le salaire est g�nial, non ?
Il le fait depuis 13 ans,
sans �tre pay�, uniquement � cause
de son amour pour les gens de cette communaut�.
Et �a, pour moi, c'est la foi en actes.
Mais Joe ne s'arr�te pas l�.
Il visite les malades � Regal Heights, il supporte ma m�re...
Elle me tuerait si elle m'entendait.
Il n'oublie personne dans le quartier.
Il m'appelle : "Danny, j'ai besoin que tu m'aides pour telle chose."
Nous sommes tr�s li�s, mais je dois dire
que le sommet de nos relations a �t� son mariage avec Nancy.
Je suis all� au mariage au Old Cavalier...
Joe incarne tant de belles choses de ce quartier...
Il tient bon.
Pour finir, je veux juste dire que je t'aime,
que le quartier t'aime
et qu'il ne serait pas si beau sans toi.
Joe Ricevuto, nous t'aimons, Dieu te b�nisse.
J'ai un cadeau pour toi.
Ne commence pas.
"Le Conseil municipal de New York et Daniel Dromm
"� Joseph Ricevuto, � l'occasion de son anniversaire,
"pour services rendus � la communaut� de Jackson Heights."
Joe, tu es �patant.
Nous esp�rons que tu continueras...
J'oubliais : il organise les petits d�jeuners,
les d�ners et les d�jeuners,
et la f�te de Saint-Patrick !
Et je dois dire que pour un Italien, il est bon en f�tes de Saint-Patrick.
Joe Ricevuto ! On t'aime. F�licitations.
Comment on parle en pleurant ?
Je veux remercier Danny. Toujours l� pour moi.
Danny �tait � mon mariage avec Nancy,
et aussi Bertie, Ivan... vos photos sont sur mes murs.
Je tenais � vous le dire.
Et voir tout ce monde ici, c'est...
Je suis sous le choc.
Merci beaucoup.
Joe, que dire ? Nous t'aimons, nous aimons Nancy,
merci pour tout ce que tu fais.
Pardon !
J'ai un mandat d'arr�t contre le maire !
Joe, o� �tes-vous ?
Viens l�, fais-moi un c�lin.
Tu es dans le p�trin !
Tu peux faire mieux. Embrasse-moi bien.
Voil� qui est mieux !
Il faut que je m'asseye.
Reviens ici !
Je prends le micro pour mieux me faire entendre.
Je ne suis pas du matin...
Vas-y, regarde bien.
Monsieur le Maire ?
Allez-y, matez.
Et enfin, Monsieur le Maire...
J'adore comment tu tiens ma matraque.
On l'applaudit !
J'�tais en retard, d�sol�e.
Ton "T�l�gramme chantant" de la part de tous ceux qui t'aiment.
Bravo ! Il a �t� bon !
Applaudissons-la !
Tout le monde suit du doigt ?
Allez-y, continuez.
Je vais au magasin, elle fait mes achats,
je lui passe ma carte de cr�dit et voil�.
On remonte, elle d�balle. "Voil� votre d�jeuner."
Elle me remet dans mon fauteuil.
C'est � peu pr�s tout.
Parfois, on voudrait
avoir le courage de se tuer, mais on ne le fait pas.
Nom d'un chien, j'ai 98 ans. Qu'est-ce que je fais l� ? Rien.
J'ai une amie, et �a, c'est bien.
Et je m'entends bien avec une autre femme.
C'est tout. Elles ne se fatiguent pas.
Si je les appelle pour leur parler 5 minutes, �a va.
Mais elles, elles ne m'appellent pas pour parler 5 minutes.
Je ne me plains pas vraiment. Je vide un peu mon sac.
Donnez-moi le secret de la long�vit�.
Dites-moi votre secret.
Qu'avez-vous fait dans votre vie ?
J'ai �t� heureuse jusqu'� la mort de mon mari.
C'est tout. On ne faisait rien, on a voyag� en Europe.
Votre fr�re, votre s�ur, ils ont v�cu vieux aussi ?
� cause de votre �ge. Je parle de votre �ge.
Il ne reste plus personne de ma famille.
Sauf vous ?
S'il reste quelqu'un, je ne le connais pas.
Vous devez avoir un secret.
Si je le d�couvre, je vous le dirai.
S'il vous pla�t. Je suis press�e.
Tout irait bien si ce n'�tait pour mon fichu pied.
Si je pouvais me d�placer...
Pas de secret ?
Aucun secret.
Pouvez-vous m'aider ?
Qu'en pensez-vous ?
Aucun secret. Si j'en d�couvre un,
je vous le dirai.
Je crois que je perds la voix.
J'ai perdu un �il.
Qu'est-ce que j'ai perdu d'autre ?
Vous avez perdu la voix ? J'ai perdu la cervelle !
La cervelle ?
Je me passerais de cervelle si je pouvais marcher.
L'ennui, quand on vieillit,
c'est qu'on ne peut plus rien faire
et que d'autres font pour vous.
C'est moche.
Vous avez deux options.
Soit vous vous r�jouissez d'avoir atteint cet �ge-l�,
soit vous �tes grincheuse et cafardeuse.
� vous de voir.
Je n'ai personne de gentil aupr�s de moi.
Il n'y a pas de gens gentils.
Ici, c'est bien. Vous me parlez.
Je ne parle � personne de la journ�e !
Je dis : "Je voudrais un caf�."
"Je vais d�jeuner."
On ne vous parle pas ?
Tr�s peu.
Seulement si je dis quelque chose.
Je n'entends jamais : "Je suis sortie hier et j'ai fait ci ou �a."
Et pour �a, vous les payez 2 000 $ par semaine.
Vous n'avez pas d'amies � inviter pour un caf�
et parler du pass� ?
Une seule.
Mais elle vient d'�tre grand-m�re.
Elle s'occupe de sa fille.
Elle a une famille.
Puisque vous �tes une dame riche, pourquoi ne payez-vous pas
des gens pour venir vous parler ?
On me t�l�phone pour dire : "Comment �a va ?"
On m'appelle tous les mercredis, le matin.
C'est le grand truc.
On ne m'appelle ni le jeudi
ni le vendredi.
On m'appelle le mercredi matin, vers 10 h 30 ou 11 h.
Tu parles !
Payez des gens pour vous distraire,
pour chanter ou raconter des histoires.
L'argent parle. Avec de l'argent, on ach�te plein de choses.
Avez-vous une id�e ?
Si vous �tiez � sa place,
� pr�s de 100 ans, avec de l'argent, que feriez-vous ?
Et avec toute votre t�te. Parce qu'elle est tr�s vive.
Que feriez-vous ?
Je veux une r�ponse.
Trouvez quoi et dites-le-moi.
Je paierais des amies pour venir.
Des dames, des jeunes femmes.
L'argent parle. Si vous payez,
vous pouvez tout avoir.
Tout.
M�me un amant.
Passez-moi l'expression.
Je suis pour !
J'abandonne.
Vous n'avez pas de voisins ?
Je n'ai que mes aides � domicile.
Les voisins ne viennent pas.
Ceux avec qui j'�tais amie sont morts.
Ils ne sont plus l�.
Les nouveaux ne sont pas amicaux. Ce sont des jeunes.
Je ne les int�resse pas.
Je connais
la dame d'� c�t� assez pour la saluer.
� Thanksgiving, on m'a envoy� de la nourriture,
elle l'a renvoy�e.
Elle n'aurait pas d� faire �a !
Bien s�r que non !
Elle aurait pu la prendre et ne pas la manger.
Je sais ce qu'ils devraient faire, mais ils sont idiots.
Ce n'�tait pas la chose � faire.
Je sais. Ce qu'ils font n'est pas bien.
Jackson Heights, �coute !
Nous sommes en lutte !
Jackson Heights, �coute !
Nous sommes en lutte !
- � qui sont les rues ? - � nous !
Homophobie ?
Dehors !
- Transphobie ? - Dehors !
Je n'entends pas ! Que voulons-nous ?
La justice !
Que voulons-nous ?
- La justice ! - Quand ?
Tout de suite !
Comment ?
En luttant, en cr�ant ! Pouvoir populaire !
Nous ne sommes pas un seul, nous ne sommes pas cent,
nous sommes des millions, comptez-nous bien !
Hier, ici, j'ai �t� discrimin�e comme transsexuelle.
Ils mettent la musique tr�s fort.
J'�tais avec une amie, qui est l�, elle aussi transsexuelle,
et nous voulions commander.
On a refus� de nous servir.
Comme la musique �tait trop forte, la serveuse
n'a rien entendu et nous a servi n'importe quoi.
On lui a demand� de baisser la musique, elle a refus�.
Elle a dit qu'elle ne nous servirait pas.
Elle sait que nous sommes des transsexuelles.
Parce qu'ici, nous sommes toujours trait�es diff�remment.
On les sent, ces choses.
Mon amie et moi avons �t� chass�es, discrimin�es.
On a appel� la police, mais la police nous a ignor�es.
C'est un lieu public o� nous avons tous le droit d'entrer
et d'�tre clients.
Que l'on soit noir, blanc, latino ou transgenre,
on a tous les m�mes droits.
Stop � la discrimination. Ce restaurant m'a discrimin�e.
Stop � la discrimination ! Stop � la discrimination !
Droits et pouvoirs du nouveau migrant
Les objectifs.
Salaire digne, respect de la journ�e de 8 heures.
Ce dont parlent les camarades.
Certains probl�mes affectent les journaliers.
Non seulement les employeurs payent mal,
mais en plus ils ne fournissent ni gants ni masques.
Ce qui occasionne des d�g�ts � la sant� des personnes.
Un des probl�mes les plus graves constat�s sur la 69e,
est que les employeurs font parfois travailler les gens
bien plus que 8 heures.
Un de nos objectifs est d'imposer la journ�e de 8 heures.
Nous avons tous besoin de travailler.
Il faut gagner un peu d'argent pour la famille.
Et les employeurs en profitent.
Les huit heures deviennent neuf,
ou neuf et demi...
Toujours plus. Et de mani�re draconienne.
Par exemple en �t�, on ne t'offre m�me pas un verre d'eau.
Tu travailles 6 ou 8 heures d'affil�e sans d�jeuner ni eau.
On voit des gens s'�vanouir.
J'ai vu plein de gens avoir ces probl�mes.
Au-del� de l'argent, c'est une question de traitement.
Bien des choses que je vois sur la 69e
sont de la discrimination. L'employeur
t'humilie, te m�prise,
te manque de respect.
Il y a aussi �a.
Dans nos r�unions avec d'autres organisations,
nous en avons conclu qu'il faut faire quelque chose.
Si on ne s'aide pas entre Latinos,
ou entre �tres humains...
Pour le dire de mani�re basique :
sommes-nous des humains, des extraterrestres, ou quoi ?
Nous constatons que nous nous maltraitons entre nous.
L'employeur peut �tre latino ou d'ailleurs.
Il ne s'agit pas de race, mais de sensibilit� humaine.
Et parfois, notre propre sang latino ne nous d�fend pas.
Le soutien viendra plus d'un Am�ricain.
Tr�s bien, mais il ne s'agit pas de racisme.
Tout simplement :
"Si la personne a travaill� 6 heures,
"donne-lui un verre d'eau."
Autre probl�me des journaliers :
des gens accident�s du travail sans avocat.
Ici, on nous aide.
Des avocats nous ont aid�s gratuitement, et nous ont fait
gagner des proc�s. Je suis � l'association
parce que �a vaut le coup. Soyons solidaires et nombreux.
- Pour faire plus. - Exact.
Quand sera-t-il pr�t ?
Pendant la Coupe du monde, monsieur ne travaille pas.
Je vous jure !
Il ne s'occupe que de football.
Il ne vient ni samedi ni dimanche. Il m'a dit :
"Dis aux clients
"que ce sera deux semaines apr�s le Mondial."
L'Enfant J�sus d'abord. L'argent, on verra.
J'ai mis une marque ici
pour qu'il ne se perde pas.
Je vais le ranger et je reviens.
Ventre, ventre...
Bras en l'air.
Lentement, lentement...
La police est cens�e nous prot�ger.
Plein de filles se plaignent
qu'en bas sur la 69e,
la police les harc�le beaucoup.
La police stationne m�me devant Lucho's.
Mais moi, je dis : pourquoi...
vu qu'on a ce groupe de soutien, et beaucoup d'autres,
pourquoi ne pas nous unir et �tre solidaires,
au lieu de nous plaindre ?
Nous pourrions aller au poste
et parler avec la police de ce qui se passe.
De pourquoi ils stationnent devant Lucho's.
Je n'y �tais pas, mais des filles m'ont dit qu'ils sont entr�s,
qu'ils ont fait allumer la lumi�re,
qu'ils les ont contr�l�es, et que depuis, ils les surveillent.
Ils les harc�lent. C'est du harc�lement.
C'est inacceptable.
- Ils y sont toujours ? - Oui !
C'�tait quand ?
On y �tait justement hier...
et le g�rant, au lieu de chercher une solution,
alors qu'il sait qu'existent des groupes,
ne traite pas la question comme il le devrait.
Parce qu'en fait, gr�ce � nous,
le bar marche bien.
Nous, nous voulons gagner notre vie.
Dans ce bar, nous y allons pour travailler,
pour en faire, disons, un lieu de distraction.
Mais la voiture de police est l�, plant�e devant.
Vous pourriez activer Copwatch. Vous savez ce que c'est ?
Cela suppose des volontaires parmi vous.
Tu expliques Copwatch ?
Il y a un groupe de soutien qui pratique le Copwatch.
On filme la police avec nos portables.
Par exemple, si quelqu'un est arr�t� et fouill� par la police sans motif,
nous sortons nos portables et nous filmons ce qui se passe.
Mais si par exemple jeudi,
toutes les filles sont l� et sortent les cam�ras,
pour filmer les policiers,
elles auront peur que la police les arr�te
parce qu'elles filment.
� quelle heure ?
�a commence apr�s 22 h, vers 23 h.
C'est injuste,
c'est du harc�lement policier, � mon avis.
D�s qu'on entre, le g�rant nous dit :
"Fais attention, la police est l�,
"ils vont fermer mon bar � cause de toi."
Le g�rant est bien plus inquiet
pour son club que pour nous
et notre s�curit�, et ce n'est pas normal.
Le patron de Lucho's veut parler avec vous
� propos de ce type de situation.
Il a dit : "Je ne veux pas
"que vous pensiez que je ne veux pas de vous au club."
C'est juste que l'�glise qui est � c�t�
aurait recueilli des signatures
parce que les trottoirs sont couverts de pr�servatifs usag�s.
Les erreurs de quelques-unes
n'ont pas � �tre pay�es par toutes.
Que l'on soit transgenre, gay ou autre
ne leur donne pas le droit de braquer la lumi�re
et de contr�ler qui est l� ou pas.
Faire �a, c'est une atteinte � la vie priv�e.
� l'ext�rieur, d'accord.
Mais � l'int�rieur, il faudrait faire attention...
Faire attention � quoi ?
�a se fait partout. La police choisit un bar quelconque,
ils entrent 5-10 minutes, allument, v�rifient que tout va bien.
La routine, je comprends. Mais rester gar�s l�,
toutes les nuits,
jeudi, vendredi, samedi et dimanche,
c'est pas normal.
C'est pour �a que nous devons...
Les filles ne sont pas assez b�tes pour faire l'amour dans la rue,
et finir en taule pour une pouss�e de chaleur.
Quand des filles se plaignent, je leur dis parfois :
"C'est de notre faute, parce qu'on n'�l�ve pas la voix.
"Si on se rassemble et qu'on s'unit toutes,
"on ira au commissariat parler de ce qui se passe."
Pour �a, il faut conna�tre le num�ro du commissariat comp�tent.
- Je ferai une photo. - Ce n'est pas n�cessaire.
Il suffit de relever le num�ro sur la voiture.
Autre chose � ajouter ?
Je remercie tous ceux et celles
qui m'ont accompagn�e au restaurant.
J'ai port� plainte aupr�s de Human Rights,
parce que je ne voulais pas rester les bras crois�s.
Jamais je ne suis entr�e dans ce restaurant
pour lui manquer de respect,
je n'ai jamais cri� ni rien.
J'attends la r�ponse de l'avocate
qui me repr�sentera peut-�tre apr�s avoir examin�
s'il s'agit ou non de discrimination.
Ils ne veulent pas voir
qu'il s'agit de discrimination.
Personne ne peut faire un refus de vente
alors qu'il n'est pas offens�,
et que tu entres l� comme n'importe qui...
En cliente. Ils n'ont aucun motif de refus.
Nous avons tous le droit d'entrer l�.
Nous nous arr�terons l� pour faire place � d'autres cas.
Bonjour � tous.
C'est magnifique.
Je suis Laura Newman
de "Queens plus s�r", un comit� de base.
Nous existons depuis 8 mois,
en r�action � des trag�dies survenues dans le quartier
impliquant des pi�tons tu�s ou bless�s.
Mais nous sommes tr�s fiers,
tr�s heureux et encourag�s,
par les am�liorations que nous constatons.
Nous en avons constat� sur Northern Blvd.
Nous avons une des premi�res zones � basse vitesse de la ville.
Nous avons d�j� le projet d'une autre,
qui serait une des premi�res
� Queens.
Cela r�chauffe le c�ur et nous rend
fiers de vivre dans une communaut� proactive
qui ne tol�re pas que meurent des innocents,
enfants, personnes �g�es, handicap�s, ou qui que ce soit.
Nous voulons ici exprimer
notre total soutien aux projets en cours
relatifs � la s�curit� sur Northern Blvd
et � la nouvelle zone � basse vitesse propos�e par Danny Dromm.
Notre soutien est total.
Ces premiers pas sont immenses.
Mais nous pensons que la force
de ces premiers pas annonce
la vision d'am�liorations plus importantes.
Notre quartier ne peut plus tol�rer de morts ou d'accidents de pi�tons.
Le projet Vision Z�ro
inclut am�nagement, �ducation et application de la loi.
Nous remercions les forces de l'ordre de leur superbe boulot
qui a permis d'augmenter
les arrestations de conducteurs, et diminu� les accidents.
Nous les remercions en sachant que l'am�lioration continuera
gr�ce � la volont� de la Ville et des citoyens new-yorkais.
Et notre communaut� est derri�re eux.
Le plus important pour le moment
est l'appui du comit� de quartier aux projets de Northern Blvd
et de 2e zone � basse vitesse.
Nous vous engageons � agir en ce sens pour sauver des vies.
Le mini-centre commercial est au d�bouch� de la 84e rue
sur Roosevelt Avenue.
Il y a l� 50 boutiques.
Autrement dit, 50 commer�ants.
Je ne sais si c'est le hasard...
en tout cas, nous sommes touch�s par le B.I.D.
Le propri�taire
a r�sili� les baux, ou plut�t, il n'a pas renouvel� les baux.
Et sans contrat de location, nous devons partir.
� ce jour, il ne reste que 10 commerces.
Et nous devrions partir � la fin du mois.
Autrement dit le 30 juillet.
Il serait "possible" que s'installe ici
une grosse entreprise. La rumeur parle
d'une petite succursale de Home Depot.
M�me si l'espace est �norme,
ce serait une "petite" succursale.
On a aussi entendu dire
que Dunkin' Donuts voudrait ouvrir ici un grand restaurant.
Nous voyons donc l� comment le B.I.D.
va nous affecter.
Nous serons d�plac�s, chass�s des lieux.
On dit que le proprio est en faillite,
qu'il ne rembourse plus ses emprunts,
mais nous trouvons tr�s curieux que cela advienne maintenant.
Je ne sais si vous avez vu que dans la 82e rue
a ouvert un magasin GAP, un grand groupe.
Il a absorb� 7-8 baux de magasins
qui ont d� fermer pour faire place au grand groupe.
D'autres groupes de ce genre vont venir
s'�tablir dans cette zone de Jackson Heights.
En r�alit�, je le r�p�te, je ne connais pas
le fond de l'affaire. Soit le proprio est en faillite,
soit il est possible...
qu'il pr�te la main
� ce contre quoi nous luttons,
� cette r�organisation.
Il n'y a rien � faire.
Nous avons parl� avec diff�rents avocats.
Nous avons fait des r�unions avec diverses personnes,
mais sans contrat de location, nous ne pouvons pas rester ici.
Autrement dit, nous devons h�las quitter les lieux.
Voil� ce que je suis venu vous exposer.
Voil� ce qui nous arrive.
Nous sommes les premiers affect�s parce qu'on veut nous chasser.
Ce seront 50 petits commerces qui auront ferm�.
Des questions ? Allez-y.
Pourquoi la majorit�, sachant qu'ils seraient
chass�s des lieux,
ne sont-ils pas all�s en justice ?
Ils ont d�pos� plainte � la Ville ? En justice ?
Nous avons examin� tout �a,
mais il n'y a rien � faire.
Nous vivons dans un pays capitaliste.
Un pays o� la propri�t� priv�e est sacr�e.
Le propri�taire a le droit,
� expiration de nos contrats de location,
d'augmenter le loyer autant qu'il veut
ou de nous refuser le renouvellement du bail.
Qu'ont dit les avocats ?
Les uns, que lutter serait une b�tise.
Que �a co�terait plus cher que de partir.
Un autre dit : "Je vous facture tant, et vous tenez jusqu'en f�vrier."
Mais tout �a est si lourd...
c'est �puisant,
de lutter tous les jours en sachant qu'on finira par �tre vir�.
Je pense que dans cette situation, si nous ne sommes pas unis,
si nous n'avons aucun...
aucun parapluie qui nous prot�ge tous,
nous serons tous expuls�s.
N'oubliez pas que Manhattan est plein.
Des entreprises et des gens riches convoitent Jackson Heights,
qui jusqu'ici ne les int�ressait pas.
Don Tobon, rappelez-nous depuis quand vous �tes ici.
Je travaille dans ce centre commercial depuis 22 ans.
Autre chose ?
Je voudrais vous dire
que nous devons vraiment rester unis.
J'aime beaucoup Jackson Heights, et j'esp�re
que nous autres petits commer�ants pourrons continuer � y travailler.
Qu'on ne nous change pas en un deuxi�me...
Nassau County, o� des gens riches nous �cartent,
sans que nous sachions o� aller.
La question est :
o� sont les comit�s de base ?
Les organisations communautaires ?
Que font-ils ? Que disent-ils ou pas ?
� cela s'ajoute un �l�ment important :
une vision globale de la ville.
Entre crise du logement et promoteurs priv�s,
qui profite de la situation ?
Voyez les quartiers pauvres comme Bushwick,
East Harlem et autres endroits o� les gens...
Williamsburg est un bon exemple.
C'�tait un quartier portoricain, riche de notre histoire,
qui a commenc� � changer,
entre crise du logement et gens ais�s qui peuvent payer plus.
Pour un logement o� une famille de 6 personnes paye 1 600 $,
un gringo peut payer 1 800 ou 2 000, sans probl�me.
C'est ce qu'ils exploitent,
c'est le d�but d'un projet plus large.
J'ai r�dig�
un expos� que je voudrais partager avec vous.
Il s'agit de ce que le B.I.D.
nous r�serve dans ses projets.
Des projets dont la majorit� d'entre nous ne sait rien.
C'est simple. Comment l'ai-je compris ?
Il se trouve que... avec l'aide de Dieu,
je suis ami avec un monsieur �g�, un Grec.
Il est dans ce domaine depuis des ann�es.
J'abr�ge.
Un jour, je l'ai interrog� sur le B.I.D.,
et il m'a dit : "Je connais
"un des membres du Conseil d'administration du B.I.D.
"depuis longtemps, car mon p�re connaissait son p�re."
J'ai dit : "Que pouvez-vous me dire de ces gens ?"
Il m'a dit que ces gens
sont ultra riches.
Qu'ils poss�dent beaucoup de biens.
Pas un ou deux immeubles, mais des rues enti�res � Manhattan,
� Brooklyn, dans le New Jersey.
En r�alit�...
ces gens sont
des investisseurs immobiliers.
Ils poss�dent d�j� presque tout Manhattan,
la plus grande partie de Brooklyn.
Personne ne peut plus toucher Brooklyn et Manhattan.
Long Island City, presque...
on ne touche plus. Astoria, pareil.
Qu'est-ce qui reste ?
Jackson Heights, Corona, Woodside, Sunnyside.
Et pourquoi ces quartiers sont-ils d�sormais...
comment dire...
Tr�s importants.
Rendez-vous compte : aujourd'hui, vivre � Manhattan,
� Brooklyn ou � Long Island City,
les quartiers les plus proches de Manhattan,
co�te une fortune.
Manhattan est ultra cher.
Les zones les plus proches de Manhattan sont Brooklyn,
le New Jersey, Long Island City, Astoria.
Ultra chers aussi.
Que reste-t-il ? Cette zone-ci.
D'ici, en 20 minutes � une demi-heure,
ligne 7 pour Manhattan.
Si bien que pour ceux qui travaillent � Manhattan
le choix est facile : un appartement...
M�me pas ! Un studio, un trou
co�te 2 500 $ � Manhattan ou Brooklyn.
Que faire ?
Ligne 7, une demi-heure...
Un appartement de 2 pi�ces co�te entre 1 500 et 2 000 $.
Pour eux, c'est rien.
Ces gens l'ont bien compris.
Vu qu'ils poss�dent d�j� tout en dehors de la zone o� nous sommes,
ils veulent s'emparer de ce quartier, de notre communaut�.
Quel est leur plan ?
En premier, les commer�ants.
Ils viennent nous voir et ils disent :
"On va embellir les rues,
"mettre des jolis lampadaires, repeindre,
"am�liorer la s�curit�, etc., etc.
"On va faire de la publicit�
"pour attirer de nouveaux habitants dans la communaut�.
"Vous aurez plus de clients,
"plus d'argent."
�videmment, vous acceptez. C'est tentant, non ?
"Mettez un oui." Comme avec monsieur...
Pas de "non", seulement "oui".
"On vous attirera du commerce."
Mais ils ne disent jamais clairement
� quel prix et � quel co�t.
Et si l'un de nous est assez malin pour demander :
"Combien �a co�tera ?"
"Du genre 1 200 � 1 300 $ par an."
Parfait, mais vous savez quoi ?
Ils ne disent pas que c'est pour la premi�re ann�e.
Et que �a augmentera d�s la deuxi�me ann�e.
Et sachez-le, personne...
personne ne peut rien y faire.
Quoi que vous disiez ou fassiez,
m�me si vous protestez, rien � faire.
D�s que le B.I.D. a pris effet, fini. C'est la loi, termin�.
Et ensuite ?
Disons que le B.I.D. a pris effet.
Les taxes immobili�res augmentent.
L'imp�t immobilier augmente.
Qui doit payer ces imp�ts ? Les propri�taires.
Mais le propri�taire...
Moi, je suis propri�taire ici.
Quand je vois mes imp�ts augmenter de 5 000 $ en 2-3 ans,
je fais quoi ?
Deux options :
je paye le suppl�ment,
l'augmentation.
Ou je la r�percute sur le loyer.
Et je dis � mon locataire, � celui qui loue le local :
"C'est comme �a. Paye ou va-t'en."
Et donc ? Nous autres petits commer�ants,
nous ne pouvons pas payer ce suppl�ment,
ce co�t en plus.
Parce que ce n'est plus comme il y a 20 ans.
� l'�poque, il suffisait d'ouvrir la porte du magasin...
Argent.
Que tu saches le m�tier ou pas,
quoi que tu vendes, tu gagnais de l'argent.
Il y avait moins d'imp�ts.
Je me d�p�che.
Et donc ?
Je transf�re ma charge additionnelle au locataire.
Et voil�, vous ne pouvez pas payer.
"D�sol�, Frank, impossible, je pars."
Vous partez. Me voil� avec un local vide.
Je n'ai plus de revenu, aucun argent ne rentre.
Mais la d�pense reste la m�me, et je dois la payer de ma poche.
Personne d'autre ne me la paye.
Et ensuite ? Je ne peux m�me pas louer
� une grande entreprise. Pourquoi ? Parce que comme il dit,
pour un petit Home Depot, il faut l'�quivalent de 50 locaux.
Ces locaux sont trop petits pour les grands groupes.
�a ne les int�resse pas.
Je me retrouve propri�taire d'un local vide,
trop cher pour un petit commer�ant,
et qui n'int�resse pas la marque, parce qu'il est petit.
Un an passe, puis deux.
Je paye de ma poche ces charges en plus
qui augmentent chaque ann�e. R�sultat ?
Je suis contraint de vendre
parce que je suis au bord de la faillite.
Et r�sultat...
Les gens du B.I.D., qui sont en fait
des g�ants de l'immobilier,
frappent � ma porte :
"Frank, vous voulez vendre
"votre immeuble ?"
Je vais dire "non" ?
Je dis "oui".
Combien ? Au rabais, parce que je suis pris � la gorge.
Je pense
qu'ils tentent d'�liminer
la classe moyenne des commerces
et des habitants de la zone. �a ne concerne pas que le commerce,
mais aussi la population. Pourquoi ?
Quand les taxes immobili�res sur les logements augmentent,
les gens ne peuvent plus payer les loyers.
Ils sont oblig�s de partir. �a laisse le champ libre � qui ?
� ceux qui ont plus d'argent, qui viennent d'ailleurs
pour vivre ici.
Le nombre de familles diminue,
et comme il l'a dit � propos de Long Island City,
les vieux immeubles sont d�molis.
Pour faire quoi ? Des copropri�t�s,
du luxe et du logement cher.
R�sultat ? Peu � peu,
ceux qui ont fait la communaut� de Jackson Heights et Corona...
Lui depuis 22 ans, moi depuis 23 ans,
vous qui �tes l� depuis plus de 10 ans,
nous avons fait de Jackson Heights ce qu'il est.
Ce sera d�truit. Il viendra des gens totalement diff�rents.
L'autre chose qu'ils veulent,
et qu'ils feront,
c'est �liminer toutes les charrettes...
- Les vendeurs ambulants. - De la rue.
Et il y en a plein sur la 95e rue, sur Junction, sur Roosevelt.
Tous ces gens-l� seront compl�tement �limin�s.
Parce qu'ils ne veulent pas que les riches, ceux de la haute,
voient ces choses.
Mais vous savez quoi ? Jackson Heights est...
Multiculturel.
Mais il ne s'agit pas de pays.
Il est latino. Comment ?
Gr�ce aux petits commerces et aux vendeurs...
- Aux vendeurs de rue. - Ambulants.
C'est ce qui fait de Jackson Heights ce qu'il est.
J'ai des clients... je finis.
J'ai des clients qui viennent de Westchester,
du Connecticut, du New Jersey,
de Long Island, de Montauk, des Hamptons,
qui me disent toujours :
"Nulle part ailleurs on ne trouve les magasins et les restaurants
"qu'on trouve � Jackson Heights.
"On vient ici parce que l'offre est unique.
"Ici, c'est authentique."
C'est ce que le B.I.D. d�truira.
Cela touche aussi les clients des petits commerces.
Vu l'heure et l'ordre du jour,
voyons comment organiser la journ�e du 24.
L'id�e est de montrer qu'il y a opposition dans la communaut�.
En haut lieu, les politiciens et le B.I.D.
tentent de montrer que tout le monde est bien inform�
et que la majorit� de la communaut� veut ce projet.
Ce n'est bien s�r pas ce que montrent nos observations,
et nous voudrions conna�tre votre avis.
Que faire le 24 ?
Et pas seulement le 24. Chaque jour et � chaque heure,
nous devons...
Notre grand probl�me est que 99 % des gens,
propri�taires et patrons de commerces,
ne savent pas ce qui les attend.
Ils ne savent rien du B.I.D. Ils n'en ont aucune id�e.
Nous recevons chaque jour des kilos de lettres,
de factures et de paperasse.
On en ouvre � peine la moiti� avant de tout jeter.
Mon propre p�re
qui a son commerce � deux pas du mien, pareil.
Les bulletins, il les a jet�s.
Il ne sait rien de ce qui se pr�pare.
C'est le cas de la majorit� des gens.
La premi�re chose � faire
est d'informer et de r�veiller
les commer�ants et les propri�taires de locaux.
Quand ils comprendront ce qui se pr�pare,
� quel prix et ce qui les attend, ils voteront "non".
Premi�re chose � faire :
�duquer tout le monde le plus vite possible.
Parce que je crois qu'il ne reste que 31 jours.
Un jour plus tard,
c'est fini, d�s que le B.I.D. a pris effet.
Nous devrions lancer une p�tition.
Destin�e non seulement � la communaut�,
mais aussi aux politiques.
S'ils sont responsables, ils doivent �tre punis aussi.
Le 24 juillet
est la seule chance qu'a la communaut�
de donner son avis sur le B.I.D.
Il est vital que ce jour-l�
nous allions tous � ce meeting pour prendre la parole.
Chaque personne n'aura que 2 minutes, mais c'est notre seule chance
de dire en face au B.I.D.,
et en pr�sence de la Ville,
que la communaut� est oppos�e au B.I.D.
D'o� la n�cessit� d'organiser cette journ�e.
Pour que vous puissiez exprimer votre opposition.
� cause du p�ch�,
le p�ch� originel et le p�ch� qui existe en ce monde,
nous avons une tendance, en tant qu'humains, � l'�go�sme.
Et l'�go�sme nous m�ne � des actes
excessifs,
que nous ne contr�lons pas.
Parce que nous cherchons
� combler un vide int�rieur.
Nous cherchons le bonheur
l� o� nous ne devrions pas le chercher.
Je prendrai deux exemples concrets,
parmi tant d'autres,
de la mani�re dont certains cherchent le bonheur
non sur la voie de Dieu comme le font les autres,
mais sur une voie � eux, qu'ils jugent meilleure.
Parce ce qu'ils se croient plus sages.
Plus sages que Dieu.
Un exemple connu de tous, directement
ou indirectement :
la drogue.
Combien de gens...
deviennent d�pendants de la drogue ? Ceux qui la vendent,
commettant un crime terrible,
profitent d'eux.
Ils disent : "Tu m'as l'air d�prim�. Tiens,
"prends �a
"et tu te sentiras mieux."
Sachant parfaitement que ce n'est pas le bon chemin,
ils prennent la drogue
et se sentent mieux...
passag�rement.
Pendant une heure, ils oublient leur existence,
ils sont dans un autre monde. Quand ils reviennent � ce monde,
ils retrouvent
leur probl�me et leur d�pression. Que font-ils ?
"Plus de comprim�s." �a commence l�.
Ils d�truisent ainsi leur vie
et la vie de ceux qui les aiment.
Chercher au mauvais endroit,
� l'oppos� du chemin que Dieu nous montre
ne m�ne nulle part.
Deuxi�me exemple : l'infid�lit�.
De l'homme ou de la femme.
Il n'y a pas ici que des hommes.
Il y a des femmes.
Le viol de la fid�lit� dans le mariage,
sachant que cela ne portera
qu'� une chose passag�re
avant le retour � la r�alit� et au vide int�rieur,
ne r�sout rien.
Nous savons que ce que nous faisons
est mal. Jamais nous n'atteindrons le bonheur.
Il y a un cimeti�re, � une rue d'ici...
Qui a �t�...
- N�glig�. - Abandonn�.
Sans pierres tombales.
Il est tr�s ancien.
D'apr�s ce qu'on dit,
si on creusait profond, on trouverait quelque chose.
Une st�le... mais tout est enfoui.
Danny a dit, � l'un des derniers meetings d�mocrates...
qu'il voulait en faire quelque chose.
- C'est compliqu�. - On ignore � qui c'est.
On le sait. Il reste une personne de la famille,
dans le New Jersey, qui ne veut rien en savoir.
Il ne veut pas en �tre responsable.
Et si la communaut� assumait cette responsabilit�,
on tomberait sur un probl�me juridique.
En �tant propri�taires, on en serait responsables � jamais.
Ce qui n'est pas...
Ce ne serait probablement pas bon pour le quartier.
On a assez � faire.
Et l'endroit est invisible.
Il n'est pas class� ?
Il existe une loi pour les cimeti�res historiques,
mais j'ignore comment �a marche pr�cis�ment.
C'est juste qu'on ne veut pas...
Le Groupe Embellissement de Jackson Heights
ne veut pas �tre responsable de ce terrain.
D'ordinaire, nous jardinons au pied des arbres,
dans les rues,
ou alors devant une �cole,
en collaborant avec l'�cole.
Ou comme pr�s de Junction Boulevard
sur, je crois, 34th Avenue,
la bande de terre le long du parking.
Le propri�taire du magasin nous a donn� son autorisation.
Mais ce n'est pas � nous. De m�me que l'aire de compostage
et les jardins le long du p�riph�rique
ne sont pas � nous.
C'est � l'�tat, au D�partement des transports.
Nous devons juste �tre couverts
par une assurance.
Depuis quand sait-on qu'il est l� ?
- Depuis toujours, je crois. - On a construit autour.
Litt�ralement.
Mais la responsabilit� juridique...
c'est d�licat.
C'est un cimeti�re familial ?
De la famille Leverage qui a donn� son nom � Leverage Street.
Ce qui remonte au 17e ou au 18e si�cle ?
- De quand date-t-il ? - Aucune id�e.
Aucune id�e.
Les cimeti�res sont pas mon truc.
Je tricote pour les vivants.
Quand j'�tais petite, � Brooklyn...
New Lots Avenue, il y a un vieux temple hollandais,
dont je suis s�re qu'il a �t� class�.
On adorait aller au cimeti�re qui �tait juste � c�t�,
avec des pierres tombales qui portaient les noms des rues.
Van Siclen, Van Sinderen...
Les rues prenaient la place des fermes d'autrefois.
� New Brunswick,
il y a des cimeti�res anciens.
Dans le parking d'un magasin...
quand j'�tais � la fac, c'�tait un Great Eastern,
un genre de magasin discount.
C'�tait un domaine.
Le propri�taire y avait �t� enterr�.
Quand le domaine a �t� vendu et le magasin construit,
ils n'ont pas pu d�placer les restes, faute d'avoir
retrouv� des descendants.
Ils ont construit le parking autour,
avec une petite barri�re.
Quand on entre, on peut voir la tombe.
C'est tr�s...
Il y a une s�pulture afro-am�ricaine � Lower Manhattan...
Qui a �t� d�couverte.
Mais cette tombe-l� �tait connue.
On savait qu'elle �tait l�, mais le corps n'a pu �tre d�plac�.
Sous tout lieu habit� de la Terre, un �tre humain est enterr�.
Tout a �t� b�ti sur la tombe de quelqu'un,
mais personne ne s'en souvient.
Au lyc�e, mon amie Judy, qui vivait � Harlem
et qui �tait bien plus avertie que moi,
me dit un jour...
Elle aimait "Ben Casey". � l'�poque,
on aimait soit "Doctor Kildare", soit "Ben Casey".
Elle, c'�tait "Ben Casey".
Elle me dit : "Il est gay".
"Comment tu le sais ?" Je savais � peine...
On ne savait pas grand-chose de tout �a � l'�poque.
Et elle avait raison.
M�me chose pour Tyrone Power, et pour...
Tu as vu "Le Capitaine de Castille" ?
J'ai lu le livre.
Le film �tait avec Tyrone Power et...
Ce c�l�bre acteur latino...
Cesar Romero dans le r�le de Cortez.
Il avait un merveilleux sourire de pirate.
Un large sourire avec plein de dents.
Voil� qu'ils tombent amoureux pendant le tournage du film.
Quand Tyrone a eu son infarctus, Cesar a �t� an�anti.
Qui le savait, alors ?
Ces grands "Latin lovers"...
Tyrone Power �tait irlandais, mais...
Cesar Romero, le "Latin lover".
Tous mes acteurs pr�f�r�s �taient gays.
Qu'est-ce que �a dit de moi ?
Joyeuse Pride !
Dieu nous a faits queer !
J�sus pardonne-t-il votre p�ch� ?
Cette parade est une c�l�bration
de la vie, une c�l�bration de la diversit�
et de l'inclusion dans notre ville.
C'est aussi l'occasion de nous souvenir
des enjeux de nos luttes.
Cette parade a lieu en m�moire de Julio Rivera
et rappelle l'absurde mort d'un �tre qui �tait tant aim�
de sa famille et de sa communaut�.
Nous honorons sa m�moire en luttant
contre l'intol�rance et le pr�jug�,
contre toute forme de violence envers la communaut� LGBT.
Je m'y engage : la Ville de New York est avec vous.
La police de New York est avec vous pour r�primer
l'intol�rance sous toutes ses formes.
Gr�ce � vos efforts,
l'�galit� se r�pand dans le pays comme une tra�n�e de poudre.
Nous sommes fid�les aux id�aux de ce pays.
Voil� qui est digne d'�tre f�t�. Bonne Pride � tous !
Je tiens � vous dire, Monsieur le Maire :
merci d'�tre parmi nous.
Aujourd'hui, vous entrez dans l'Histoire !
Vous �tes le premier maire, dans l'histoire de cette parade,
� d�filer avec la Queens Pride !
Danny Dromm, fondateur de la Queens Pride !
C'est mieux ?
�a lui �vite de se mouiller quand il fait pipi.
C'est pour l'air, contre les mauvaises odeurs.
�a sent bon.
J'ai un autre chihuahua.
Si je fais plus,
�a lui irritera la peau.
Je laisse comme �a,
mal coiff� mais confortable.
C'est bien, regardez.
Mon amour ! On me l'a chang� !
Il a son poil de b�b�.
Tant qu'il n'aura pas perdu son poil de b�b�, ce sera comme �a.
Quand il le perdra, sa fourrure s'am�liorera.
Bonjour. D�pistage VIH gratuit.
Un test ?
Test de VIH gratuit ?
Pr�servatifs gratuits ? Test gratuit ?
Pr�servatifs et test gratuits ?
Centre pour la Diversit�
Je pense, ou plut�t je devine, car je n'y �tais pas...
Cette jeune
transgenre afro-am�ricaine
marchait dans la rue avec deux amies
quand des types sont arriv�s.
Ils l'ont siffl�e, ils �taient visiblement attir�s.
Soudain, l'un d'entre eux
a r�alis� qu'elle �tait transgenre.
Je pense que s'il avait �t� seul, il aurait laiss� tomber.
Mais il a visiblement cru
que sa masculinit� et son h�t�ro-normalit�
�tant mises en cause, il devait r�agir
avec hostilit� sinon violence.
Et il l'a frapp�e au visage.
Il a frapp� si fort qu'elle est morte
des suites des coups.
�a s'est pass� devant un poste de police.
Incroyable mais vrai. Juste devant.
Dans ce type de situation,
je tendrais � dire que s'il avait �t� seul,
il l'aurait laiss�e tranquille.
Mais comme il �tait avec ses copains...
Qui lui disaient tous...
Qui s'y mettaient aussi.
Exactement.
Si l'un d'entre eux avait dit :
"Laisse tomber" ou un truc du genre,
il aurait peut-�tre laiss� tomber.
"C'est rien, simple erreur."
Mais ils ont pris l'autre direction.
Ils l'ont encourag�.
H�las, les rues ne sont pas s�res
pour nous.
Nous devons �tre tr�s prudentes,
attentives � l'environnement. Prendre des pr�cautions.
Je me sens moins expos�e ainsi.
- Comment �a, Victoria ? - En homme afro-am�ricain...
je suis expos�...
On ne me regarde pas quand je suis comme �a.
C'est mon personnage masculin qu'on regarde.
Int�ressant.
Ils changent de trottoir par peur de mon personnage masculin.
Personne ne se retourne sur moi en tant que femme.
Ils ont peur pour leurs sacs...
Tu es moins harcel�e par la police quand tu es en femme ?
Je suis peu harcel�e. Mon m�tier me prot�ge.
D�s qu'ils le d�couvrent, ils pensent que j'ai une cam�ra et ils fuient.
Les gens r�agissent diff�remment selon les quartiers
� ton personnage masculin ?
Si tu es dans un quartier noir ?
C'est diff�rent.
Moins � cause des gens que de mon comportement.
Je ne me comporte pas "en Noir".
Il en a toujours �t� ainsi pour moi, d�s le lyc�e.
Dans un quartier noir, je ne cadre pas.
Tu disais que tu t'inqui�tes de "cadrer" ou pas.
Je n'ai jamais cadr� avec aucun groupe.
�tre quelque part o� je ne cadre pas, c'est normal.
Il ne s'agit pas de cadrer... je n'ai jamais vraiment cadr�.
Il s'agit d'�tre aim�, ce qui est diff�rent.
Dans des groupes o� je ne cadrais pas,
je me sentais accept� et aim� en tant qu'individu.
Dans d'autres groupes en revanche...
o� je cadrais probablement plus,
on ne me trouvait pas "aimable".
Dans certains groupes, j'ai senti
que je n'�tais pas accept�, d'une fa�on ou d'une autre.
Je n'y suis plus retourn�.
J'aimerais �tre dans des groupes. C'est pourquoi je suis ici.
Je veux �tre dans un groupe, je veux une communaut�, des amis.
Et j'en ai.
Mais oui, c'est un souci. Que j'ai eu aussi.
Mais je me disais : "Bon...
"si je ne leur plais pas..."
J'ai essay� d'autres groupes,
et j'avais l'impression que personne
ne m'aimait, et alors...
je me suis �clips�. "Je n'irai plus".
Souvenons-nous de l'Holocauste.
Nous nous souvenons avec chagrin de la catastrophe
qui a emport� notre peuple en Europe,
ajoutant un chapitre sans pr�c�dent
� l'histoire de nos souffrances.
Nous pleurons 6 millions des n�tres
an�antis par des gens civilis�s
se comportant en barbares.
La cruaut� de Pharaon, Haman,
Nabuchodonosor et Titus
ne peut se comparer aux projets diaboliques
des tyrans modernes
dans leur dessein d'exterminer un peuple entier.
Le sang des innocents
qui ont p�ri dans les chambres � gaz
d'Auschwitz, de Bergen-Belsen,
de Buchenwald, Dachau,
Treblinka et Theresienstadt,
interpelle Dieu et l'humanit�.
Nous n'oublierons jamais le feu mis aux synagogues
et aux lieux d'�tude,
la destruction de livres saints et de rouleaux de la Torah,
la torture et le meurtre sadiques
de savants, de sages
et de ma�tres.
Ils ont tortur� la chair de nos fr�res et de nos s�urs,
mais ils n'ont pu �craser leur esprit,
leur foi ni leur amour.
Nous nous souvenons de nos fr�res
et de nos s�urs du ghetto de Varsovie
et d'autres lieux infernaux,
qui se soulev�rent bravement
et d�fi�rent leurs monstrueux adversaires.
Nous nous souvenons de l'h�ro�sme
de ceux qui, face � une force sans pr�c�dent et �crasante,
maintinrent la vie et la culture juives
et r�affirm�rent les valeurs juives
au c�ur m�me de l'asservissement et de la d�gradation.
Quand bien m�me nous pleurons,
nous nous souvenons de ces quelques pr�cieux �tres de compassion
d'autres fois et nationalit�s
qui, au p�ril de leurs vies,
sauv�rent certains d'entre nous.
En v�rit�,
les Justes de toutes les nations
ont leur part du monde � venir.
Seigneur,
souviens-Toi de nos enfants martyris�s.
Souviens-Toi de ceux qui donn�rent leur vie
pour la sanctification de Ton nom.
Avant de passer au point suivant, je vous rappelle
l'importance de la Carte d'identit� municipale pour laquelle nous luttons.
Il est �vident qu'elle va faciliter le passage � l'�tape suivante.
Sinon, nous resterons les esclaves de la m�me pauvret�.
La pauvret� est comme l'esclavage.
Ce n'est pas une fatalit� !
Elle peut �tre �limin�e par l'action humaine.
Je veux que vous manifestiez votre soutien,
et que vous r�fl�chissiez � ce qui vous sera dit ce soir.
Pour ce faire, monsieur va vous pr�senter
la Carte d'identit� de la Ville New York.
Juan Carlos.
Une question simple :
qui a entendu parler de la IDNYC ? Levez la main.
Vous �tes bien inform�s. Pour ceux qui l'ignorent,
c'est une campagne qui est en cours � New York
depuis plus de 2 ans.
Le processus a �t� long,
et assez complexe sous bien des aspects.
Mais je vous apporte une bonne nouvelle.
En quoi est-elle bonne ?
La semaine pass�e, nous avons n�goci� avec la Mairie
les aspects un peu difficiles
que le processus traverse,
au Conseil municipal.
Il s'agissait de savoir
ce que deviendraient nos donn�es personnelles
une fois en possession de la police.
Selon les accords avec la Mairie
et l'administration municipale, ces informations seront g�r�es
par le D�partement des ressources humaines et non par la police.
Ce qui est positif pour nous, car nous ne serons pas victimes
de la pers�cution polici�re
qui nous effraie si souvent.
Que va-t-il se passer � la suite de cet accord avec le Maire ?
Jeudi, le jeudi qui vient,
sera vot�e l'approbation de la IDNYC.
Qu'en pensez-vous ?
- C'est bien. - C'est tr�s bien !
On se sent comme quand la Colombie gagne un match de foot.
On est heureux !
Il y a de quoi se r�jouir.
Parce que cette carte d'identit� nous permettra
de vivre tranquilles dans notre ville.
De faire des d�marches, louer un logement,
aller � la biblioth�que ou dans tout b�timent public.
Si nous avons besoin de la police, nous pourrons l'appeler
sans craindre d'�tre arr�t�s.
C'est extr�mement important.
C'est aussi le premier pas
vers un projet plus vaste,
l'identit� au niveau de l'�tat de New York.
Voici ma question :
comment se passe la relation entre police et communaut� ?
Vont-ils continuer dans l'id�e de conserver
les donn�es personnelles ?
La semaine pass�e, on nous a dit
que la police pourrait conserver un certain temps
les donn�es personnelles.
Ce qui en a effray� beaucoup.
Par ailleurs,
la carte d'identit� aura-t-elle une validit� limit�e ?
Le point qu'elle soul�ve renvoie � une pr�occupation
de la communaut� : que la police conserve les dossiers.
Ce point a �t� n�goci� avec le Maire,
dans la mesure o� la police pourrait bloquer un projet de ce type.
Mais gr�ce � la comp�tence
d'organisations comme Make The Road New York,
il est entendu que ces informations
ne seront pas d�tenues par la police.
Elles seront g�r�es
par les Ressources humaines de la Ville.
C'est totalement diff�rent. Pour que la police
ait acc�s
� nos dossiers personnels,
il faudra l'ordonnance d'un juge.
En somme, aucun policier ne pourra dire :
"Je fais ce que je veux de ton dossier."
C'est pourquoi il est si important
que nous nous engagions en tant que communaut�
pour cette initiative.
Nous sommes d�termin�s � avoir une vie meilleure
individuellement et en tant que communaut�s.
Nous cherchons � d�velopper ici
l'unit� dans la diversit�.
La beaut� de notre travail ici est d'appartenir
� cette diversit�. Voyez la richesse
que repr�sentent tous ces pays.
La vari�t� des talents
qui se trouvent ici, les couleurs
et les cultures apport�es aux �tats-Unis,
nous devons en �tre fiers !
De ce que nous avons apport� aux �tats-Unis.
Qu'on ne nous dise pas :
"Ils sont venus prendre."
C'est le contraire. Nous donnons ici nos vies et notre sueur,
pour que cette nation progresse.
Soyons fiers de nous,
de notre travail,
et de tous nos pays.
C'est � cela que nous devons travailler !
Nous pouvons vous aider m�me si votre anglais est faible !
Vous �tes ici pour �tudier
Brooklyn,
afin de passer l'examen de taxi de la Ville de New York.
Bonsoir, Shema ? Bonsoir.
Ton m�tro a crev�, mon ami ?
En retard hier
et aujourd'hui,
en retard tous les jours.
Portable ? Un coup de fil, ch�ri ?
Assieds-toi.
Battery Tunnel.
� p�age ? Gratuit ?
Ou vous savez pas ?
- � p�age. - Comme le sais-tu ?
Tunnel toujours � p�age.
Mon Dieu ! Un shabashi pour lui.
Tunnel : toujours � p�age.
Tunnel ?
Facile � m�moriser. T pour tunnel,
T pour toll, p�age.
Pont ? Parfois � p�age, parfois gratuit.
Tunnel ? Toujours � p�age.
Une question, Pemba.
Qui paye le p�age ?
Client, chauffeur ou gouvernement ?
Client.
Un shabashi. Bien jou�, mon ami.
Qui paye le p�age ? Le passager. Qui paye ?
Pr�s du Battery Tunnel c�t� Brooklyn,
il y a un quartier.
Le comit� des licences adore le mot "quartier".
Si vous �tes nouveau, copiez le mot "quartier".
Copiez �a. "Quartier".
Temba ch�ri, comment dit-on "quartier"
en n�palais ?
Un shabashi. Excellent.
Comment dit-on en tib�tain ?
Comment dit-on en bengali, Monsieur Kashim ?
Un shabashi.
En ourdou ?
En fran�ais voisinage, en arabe mantaka.
Dans quel quartier sommes-nous ? Jackson Heights.
Jackson Heights est un quartier. Flushing est un quartier.
Astoria est un quartier. Sunnyside est un quartier.
Lisez une carte de Brooklyn, lisez une carte
du N�pal, ou une carte de Chine, je m'en fiche.
Sur toute carte, vers le nez est le Nord.
Voici le Nord.
En descendant vers les souliers...
Indra porte des souliers ou pas ?
Avec souliers ?
Des souliers rouges, merci.
Vers les souliers...
"soulier" commence par un "s" comme "Sud".
Sud.
La plupart des gens, je dirais 99 % des gens,
au Pakistan, au Bangladesh, en Inde, en Afrique,
mangent de la main droite.
Sans fourchette ni couteau.
99 % des gens engloutissent avec cette main.
Cette main sert � engloutir.
N'est-ce pas, M. Pemba ?
Engloutir avec un "e" pour "Est".
L�, c'est "Engloutir-Est".
Au N�pal, au Bangladesh, en Inde, au Pakistan, pas de papier toilette.
Orifice arri�re,
laver le caca, nettoyer l'orifice.
Orifice nettoy� avec cette main, "o" comme "Ouest".
Partout dans le monde, ceci est le nord, ceci le sud
ceci l'est et ceci l'ouest.
Pour vous, Dr Shema. Je vous connais.
Never Ever Smoke Weed. Ne jamais fumer d'herbe.
Tu te souviens ?
N-E-S-W. Compris ?
Points cardinaux.
� l'examen final,
cinq ou peut-�tre six questions concerneront
les 4 points cardinaux.
Vous devez conna�tre chaque carte
du Nez-Nord au Soulier-Sud,
d'Engloutir-Est � Orifice-Ouest.
Je vous donnerai une copie de ce dessin.
Placez
le dessin devant vous, et exercez-vous.
Une fois, deux fois,
trois fois, quatre fois, cinq fois,
six fois, sept fois,
huit fois, neuf, dix !
Exercez-vous. Quand le dessin est entr� l�,
vous passez
au dessin suivant. Compris ?
Plein de gens se contentent
de lire le dessin. C'est idiot.
Perte de temps.
La plupart des gens ne sont pas des g�nies. Croyez-moi.
Ils contemplent le dessin et ne retiennent rien.
La meilleure m�thode... J'ai fait des �tudes. Croyez-moi.
La meilleure m�thode, c'est d'�crire ce qu'on voit.
Besoin de papier ? J'en ai.
Encore plus ? Je vous en donne. Compris ?
Avan�ons.
Nouveaux cas. Deux minutes
pour les nouveaux cas.
J'en ai un.
Et ce camarade aussi.
Mon cas est simple. Je bossais pour une entreprise
en sous-traitance.
On nous avait dit que parfois, si on avait fini le travail,
apr�s le d�part des chefs, on pouvait s'en aller 5-10 minutes plus t�t.
Il y a 20 jours, je suis parti 12 minutes avant de finir.
Et j'ai �t� suspendu, en principe pour 3 jours.
Trois jours apr�s, on me dit : "Non, tu es d�finitivement licenci�."
Sans motif, sans justification.
Ni mon chef ni personne ne se plaignaient de moi.
Mon travail donnait apparemment satisfaction.
Je me suis retrouv� d�sarm�...
On se sent impuissant.
C'est moins l'emploi que le sentiment d'impuissance
� �tre licenci� sans raison
d'un emploi qui n'�tait pas pay� grand-chose.
Je ne sais pas...
c'est ce que je voulais vous dire. Franchement,
on en vient parfois � se demander
ce qu'est la r�alit� de ce pays.
O� est la v�rit�...
de l'id�e qu'ici, il y a de nombreuses libert�s.
Oui, beaucoup de libert�s qui permettent
de t'exploiter, de te maltraiter...
Personne ne t'�coute.
C'est ce que je ressens.
Sauf le respect d� � ceux qui ont pu avoir
d'autres exp�riences.
Je n'ai pas pens� : "J'ai mal fait,
"j'ai manqu� � mon devoir"... Non.
Au contraire, j'ai m�me regrett�
d'avoir si bien fait, tant je me suis senti maltrait�.
Quelle entreprise c'�tait ?
Une entreprise de nettoyage.
Je faisais du nettoyage.
Du nettoyage de bureaux.
D'ailleurs, ce n'est pas mon m�tier.
J'ai pris ce poste parce que je me suis retrouv� au ch�mage.
Mon vrai m�tier, c'est la peinture et le pl�tre.
J'ai accept� ce travail parce que...
comme on dit chez moi, "le besoin est un chien enrag�".
J'ai accept�.
Je m'y trouvais bien. Avec ceux pour qui je travaillais,
les gens de l'entreprise m�me,
tout allait bien, jamais une plainte.
Jamais un reproche.
Au contraire.
"Tu bosses bien, on n'a jamais eu quelqu'un d'aussi bien."
Et je me souviens que quand on m'a licenci�,
un camarade de travail m'a dit :
"Ils disent que tu es parti.
"Et non qu'ils t'ont suspendu."
Et impossible
d'aller les trouver pour dire :
"Je ne suis pas parti." C'est juste qu'un contrema�tre,
pour des raisons que j'ignore,
m'a suspendu. J'y �tais depuis 9 mois.
Pour entrer, il faut avoir un badge �lectronique.
Ils n'ont jamais voulu me donner de badge.
Tout �tait, j'imagine, bien calcul�.
Quand ce contrema�tre est arriv�, on a eu un hiver difficile.
On travaillait 16 � 18 heures � d�blayer la neige.
Mais on nous disait : "Rassurez-vous, l'�t� va venir,
"le travail sera moins p�nible."
Je crois que c'�tait une sorte de manipulation,
pour pouvoir dire apr�s : "Va-t'en."
Ce qui est arriv�. Tu t'en vas et c'est fini.
On ne discute pas.
Et on se sent vraiment impuissant. Je me sens...
Je ne sais pas.
Je ne trouve pas les mots.
Merci.
Je m'appelle Eduardo, je suis Mexicain.
Je suis l� parce qu'un ami m'a dit qu'il avait trouv� du soutien ici.
J'ai besoin de soutien aussi. J'�tais cuisinier dans une pizzeria.
Et j'�tais pay� au salaire minimum.
Je travaillais plus de 60 heures, jusqu'� 65 heures par semaine.
Certains coll�gues qui pouvaient partir t�t, me laissaient parfois
faire la fermeture.
Je trouve �a injuste.
C'est parce que je sais pas bien l'anglais ?
Je crois que c'est pour �a.
J'aimerais savoir si vous pouvez m'aider.
C'est tout.
Ne t'en va pas. Une question pour notre camarade ?
On te doit des salaires ?
On te doit des salaires ?
C'est juste que je travaillais plus de 60 heures.
Sans heures suppl�mentaires.
Alors que la semaine est de 40 heures.
Ils m'avaient promis des heures sup', mais rien.
Alors que je travaillais plus de 60 heures, 64 heures par semaine.
Par curiosit� : d'o� sont les patrons ?
Je me souviens pas.
Des Grecs ?
Vu que tu penses qu'� cause de ton anglais,
ils se sont mis � te surexploiter...
Te discriminer.
J'en d�duis qu'ils ne savent pas l'espagnol. D'o� sont-ils ?
C'est une "pizzeria romana italiana",
mais ils sont d'ailleurs, je sais pas d'o�.
Ils ont une religion o� ils prient...
Ils prient 3 fois par jour.
- Des musulmans ? - Musulmans.
Si vous permettez...
Maria, tu disais ?
Peu importe d'o� ils sont et de quelle couleur.
Qu'ils soient verts, jaunes ou rouges,
c'est de la discrimination et du vol de salaire,
quels que soient le pays et la langue,
qu'ils la parlent ou pas.
Nous rencontrons ici le monde entier.
Qu'importe que tu sois Chinois, Am�ricain,
Dominicain, Colombien, Argentin...
On a vu tous les pays, ici.
On voit des employeurs qui volent des salaires, y compris
aux travailleurs de leur pays.
Ou de leur famille.
M�me dans les familles, on voit du vol de salaire.
Alors, je vous en prie, inutile de...
Quand quelqu'un veut voler de l'argent
� un travailleur, peu lui importe.
Peu lui importe qu'il soit de son pays ou de sa famille.
S'il est d�cid� � gagner trois sous de plus
aux d�pens du travailleur, il le fera.
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