All language subtitles for Le meilleur reste à venir 2019

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian Download
ja Japanese Download
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal) Download
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Musique soul

...

Rires

...

... ...

Sonnette

...

...

On frappe � la porte.

�Qu� pasa?

- No pasa nada.

...

J'arrive !

... Sonnette

... ...

�a va,

on vous a entendus.

... ...

- Monsieur Montesiho.

- Ma�tre Lamsky ?

Vous m'envoyez pas un recommand� d'habitude ?

- Je vous en ai envoy� dix. Vous venez pas les chercher.

- C'est pas faux. C'est l'envie de vous revoir. Entrez.

- Pardon, mademoiselle.

Bonjour. Excusez-moi...

Vous n'avez pas de clignotant ? - Quoi ?

- On dit pas "quoi", on dit "comment".

- Quoi ? - Non, je...

- Oubliez �a. On dirait du Brancusi, mais c'est du toc.

Mais le fauteuil,

�a vaut un bras, �a.

Il veut pas un caf�, un th�, un soda ?

- Je vous suis depuis la Porte Dauphine.

Vous mettez jamais votre clignotant, c'est dangereux.

- D'o� tu me suis ?

- Enfin, je suis derri�re vous.

Attention � votre cendre. - C'est quoi, ton probl�me ?

- Papa, arr�te. C'est trop g�nant.

- In English, please. - Fuck off,

Dad... - Good!

- Stop !

Stop !

Faites arr�ter cette d�panneuse.

- On aurait d� traverser dans les clous.

Vas-y, mon ch�ri.

Julie !

Have a good week, darling.

Soupir

La porte s'ouvre.

- �a va, ma puce ?

�a s'est bien pass� ? - G�nial...

- Soyez raisonnable. Je vous promets qu'on va en prendre soin.

- Prends ton t�l�phone et appelle !

- All�, c'est moi.

- Je d�teste quand tu dis �a. *-Quand je dis quoi ?

- "C'est moi."

- C'est moi, je vais pas dire que c'est pas moi.

Souffle - Qu'est-ce que tu veux ?

*-Depuis quand Julie fait une f�te ?

- Depuis qu'elle a un anniversaire.

- Tu seras l� ?

- Oui... *-J'ai pas envie que ma fille

ait une exp�rience sexuelle minable avec un gamin qui n'a m�me pas le bac.

- Je vous jure que je saute, sur la t�te de mes enfants !

- Vous n'en avez pas.

- Raison de plus ! Ma m�re n'a plus que moi.

- Elle est d�c�d�e. - Je sais.

- Vous me faites peur.

- Cette voiture, c'est mon seul souvenir d'elle.

Jean-Christophe,

je vous en supplie.

Montesiho crie.

- Oh, putain !

- Non !

- M. Montesiho ! Oh, putain...

- Oh, putain...

- Oh, putain !

Musique majestueuse

...

Cris joyeux

- Allez, Saint-�tienne !

...

Indistinct

Il crie.

On est les meilleurs !

- NOTRE P�RE QUI �TES AUX CIEUX...

- Restez-y.

Rires

Non, non, non !

...

- Viens par ici, toi !

...

H� !

...

Cris joyeux

... ...

...

- Bonsoir, Mme Hernandez.

- Bonsoir. Ils ont toujours pas

r�par� le code. - Oui, j'ai appel� le syndic. Merci.

Pardon.

- Bouh ! Cri

Il rit.

- Ce que t'es con...

- Attends, attends !

- Qu'est-ce qui s'est pass� ? - Un d�m�nagement.

- Tu d�m�nages ?

- J'avais besoin d'espace. C'�tait charg�.

- Montre-moi.

Houl� ! Cri

Attends... C'est pas joli.

Je t'emm�ne � l'hosto. Viens. - Ah non !

Je vais pas � l'hosto.

- Il faut te faire recoudre et passer une radio.

- Fais-le, toi.

- J'ai pas fait �a depuis l'internat. Et j'ai pas le mat�riel.

Soupir - �a rend impuissant.

- Mais quoi ?

- Les radios, �a rend impuissant.

- Mais non, enfin...

Mille radios des testicules, �a rend �ventuellement impuissant,

pas une radio des omoplates. Viens.

Viens.

Un b�b� pleure.

- Je parie que tu connais le chef de service.

- Si tout le monde triche, �a va...

- T'es pas tout le monde. - Justement.

- Justement, quoi ? - Il faut donner l'exemple.

- � qui ? - C'est un principe, enfin !

- Un quoi ?

- Allez ! Bonsoir, madame.

- Carte vitale, s'il vous pla�t.

- Carte vitale...

J'ai une Gold, une Amex, une Black,

une carte

de piscine...

Je plaisante. Donne

ma carte vitale.

C'est lui qui l'a. Tu peux la donner ?

Madame n'a pas que �a � faire.

- Pardon, je...

Excusez-moi.

- C'est celle-ci. Merci. - Merci.

M. Dreyfus.

- Oui.

Vous avez une mutuelle ? - Mais �videmment !

Une mutuelle...

La mutuelle Bretagne Atlantique. �a vous donne pas envie de voir la mer ?

Mouettes

- Alors ?

- M�me pas une c�te f�l�e. 3 heures pour rien.

- Je vais me coucher. - Il est m�me pas 10h !

- T'as raison. Prenons un dernier mojito.

Rire - Attends, tu peux pas me faire �a.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Une bonne vanne comme �a, apr�s 20 ans, je suis pas pr�t.

- Bonne nuit, mon grand.

- Tu me raccompagnes pas ? - Ah non !

- J'ai quand m�me tr�s mal. - Bonne nuit !

Comme je l'ai dit, il y a une pr�valence

du bacille de Friedl�nder pendant la saison s�che.

Et c'est l'inverse pour le staphylocoque dor�.

- Excusez-moi.

- Oui ?

- Donc, il y a plus de staphylocoques pendant la saison des pluies ?

- Je l'ai dit, non ?

- Oui.

- Comment ? - Oui.

- Alors, pourquoi cette question ?

- Pour rien. Pardon.

- Pardon ? - Pour rien. Pardon.

- Mademoiselle, ai-je la r�putation d'�tre un professeur cool ?

- Pas trop.

Rires - Pas trop, non.

Alors, je vous redemande...

Pourquoi cette question ?

- Parce que lors de notre pr�sentation d'�pid�miologie,

le professeur Codaven nous a dit... - Je ne tiens pas le m�me discours

que le chef r�put� de ce service ?

Je vais vous dire une bonne chose.

Si un jour

vous avez la chance de travailler avec le professeur Codaven,

observez-le bien.

Notez tout ce qu'il dit,

tout ce qu'il fait.

Ainsi, le moment venu, quand vous serez face � un probl�me,

vous pourrez vous demander ce qu'il aurait fait, lui,

et faire exactement le contraire.

Rires Voil� mon conseil.

*-Re�u aujourd'hui � 13h34.

*-Bonjour, Docteur Dreyfus. C'est le docteur Cerceau.

*Vous avez fait une radio aux urgences.

*J'aimerais vous en parler. Si vous pouviez passer me voir.

*Merci.

Bonjour, Docteur.

- Arthur Dreyfus. - Thierry Cerceau. Pardon pour l'attente.

- Je vous en prie. Y a eu un souci avec ma carte vitale ?

- La carte vitale ? - Oui.

- Non, pas de probl�me avec la carte vitale.

- Ah, tant mieux !

Vous... - Venez, je vais vous expliquer.

J'ai fait mon stage de derni�re ann�e avec votre femme,

dans le service Tubiana � la Salp�. - Tr�s bien...

- Je vous ai demand� de venir

parce que j'ai examin� la radio de cette nuit.

Vous l'avez vue ?

- Non, non.

- On peut demander � Virginie d'�tre pr�sente.

- Virginie ?

- Comme elle est pas loin, elle pourrait...

- Non, non...

On a divorc� avec Virginie. - Ah ?

Comme vous portez l'alliance, j'ai pens�...

- Ah non �a, j'arrive pas �... la retirer.

Alors, on peut en venir au fait ?

- Oui, bien s�r.

Euh... Alors, voil�.

L'interne de radiologie s'est focalis� sur vos douleurs thoraciques,

l'h�matome, les c�tes f�l�es...

Mais il a pas fait attention au reste. Voil�. �a arrive.

- Le reste ?

- Je vais pas vous mentir... C'est pas bon.

La radio est pas bonne du tout.

- Pas bon...

pas bon ?

- Pas bon, pas bon.

- Ah, pas bon, pas bon...

Soupir

- Comme vous le voyez,

on a des ganglions,

des nodules pulmonaires l�, l� et l�.

- Attendez. Mais y en a par...

Y en a sur la pl�vre.

Mais y en a partout !

- Y a aussi un �panchement pleural l�.

Vous toussez ?

- Non.

- Vous avez des maux de t�te ?

- Non, non...

Des vomissements ?

- Apparemment, non.

- Vous fumez ?

- Comment ? - Je vous demande si vous fumez.

- Il a arr�t� depuis 20 ans, je crois.

Il est en pleine forme.

- D'accord.

Mais il est s�r d'avoir bien compris ?

- Soyez gentil.

- Oui.

- Combien de temps ?

- Vu la diss�mination, j'ai peur que...

la chimioth�rapie et l'op�ration ne servent � rien.

Mais on va tout faire pour �viter que la douleur s'installe.

- Il lui reste combien de temps ?

- On est m�decins, pas devins.

Si d�j� vous souffrez pas,

on peut esp�rer six mois.

Je suis d�sol�.

Musique triste

*Tonalit�

*... ...

*-Bonjour. Ici, C�sar. Laissez un message apr�s le bip.

*Bip !

*Non, pas celui-l�. Celui-l�. *Rire

*Bip

- C'est Arthur.

Tu peux me rappeler, s'il te pla�t ? Je t'embrasse.

...

C�sar, il faut que je te parle de quelque chose.

C�sar, il faut que je te parle de quelque chose.

Tu vas �tre �tonn�.

Les examens sont tr�s mauvais.

Ils sont pas bons du tout.

Je te pr�viens, c'est pas une tr�s bonne nouvelle.

C'est m�me une tr�s mauvaise nouvelle.

Les examens sont tr�s, tr�s mauvais.

Je te dis qu'ils sont tr�s mauvais.

Les examens sont tr�s mauvais.

Oui, C�sar, c'est grave. Un cancer, c'est grave.

Soupir

Sonnette

Putain...

...

...

- Pardon, pardon, pardon !

Soupir

J'ai crois� ta concierge.

Elle voulait plus me l�cher.

Il urine et soupire.

Elle a raison. Votre porte d'entr�e,

c'est n'importe quoi.

� quoi sert l'interphone, si c'est ouvert ?

- Oui, je sais. J'en ai parl� au syndic.

Chasse d'eau Soupir

- Si j'�tais riche, je ferais que pisser.

- Il faut que je te parle.

- Moi aussi.

C'est une nouvelle champagne ou une nouvelle vin blanc ?

Moi, c'est plut�t champagne. - Moi, c'est plut�t vin blanc.

- Merde... Mauvaise nouvelle ? - Oui.

- Bon, on va faire la mienne d'abord.

�a adoucira la tienne. Tu vas pas me croire.

T'es pas pr�t.

Je vais devenir papa.

- Hein ?

- Ben oui, un ! Pour deux, on verra apr�s.

C'est dingue, non ? Rire

Allez, viens !

�a t'en met un coup.

Je savais que �a te couperait en deux.

Faut que tu rencontres Lucia.

Bois ! C'est quoi cette gueule d'enterrement ?

Et toi ?

- Moi ? - Ta nouvelle.

C'est quoi ?

- C'est rien du tout. - C'est quoi, �a ?

- Rien, laisse. Pas aujourd'hui, j'ai pas envie.

- Fais voir. - Non, attends !

- Fais voir. - Je t'explique.

Euh...

Oh, si on en parlait demain ?

Rire

Qu'est-ce que... �a va ?

- Bon, �coute. Euh...

Tu, tu...

Tu...

Tu...

Tu... - Je quoi, putain ?

- Je peux parler, oui ?

C'est pas facile non plus, tu comprends ?

C'est difficile m�me.

- Je t'�coute. - Oui, bon ! J'en �tais o� ?

- � "Tu... Tu... Tu... Tu."

- Avant, j'avais dit autre chose.

- "Tu."

Non, t'as dit : "C'est pas facile."

- Ah voil�. C'est pas facile. Oui, voil�.

Bon... Voil�.

C'est... Je veux dire... Tu...

T'as toujours �t� le premier entre nous.

T'as toujours tout fait avant moi.

- Sauf les gosses.

- C'est vrai.

- Et les examens.

- Les examens ?

- Moi, j'ai toujours tout rat�,

donc franchement...

- C'est �a. Les examens ne sont pas bons.

- De quoi tu parles ? - Des carcinomes pulmonaires.

- Des quoi ?

- Des carcinomes pulmonaires.

- C'est pas un cancer ?

- Ben si.

- Non ?

- Si.

- Mais tu vas pas mourir ?

- Hein ?

- C�sar ?

Musique calme

...

Soupir

C�sar... Il faut que je te parle.

- J'en reviens pas. T'es tellement costaud, regarde-toi.

- �coute-moi.

- Je t'avais dit d'arr�ter de fumer, putain, merde.

- C'est pas le probl�me, tu sais.

- C'est pas juste.

- C�sar. - �a devrait �tre moi.

- Personne devrait �tre malade. C'est des conneries.

- Mais si, putain ! Bien s�r que si.

Moi, j'ai profit�, j'ai d�conn�.

Et toi, t'as jamais rien fait.

Tu bois pas, tu te drogues pas, tu baises pas.

Tu prends m�me pas l'avion. - Je baise un peu...

- Tu vois ce que je veux dire.

Tu te couches t�t, tu votes centriste,

t'as jamais truand� dans le m�tro.

T'as d�j� truand� ?

- Non. - Tu vois ?

C'est d�gueulasse. Au moment o� je vais avoir un gosse.

- C�sar, �coute-moi. Il faut que...

- Virginie et Julie savent ?

- Euh non.

- Y a que moi ?

- Euh oui.

- �a me touche.

- C'est rien.

- Non, �a me touche. �a doit pas �tre facile

� annoncer. - Ben non.

...

Soupir

- Mais on est forts.

Et on est ensemble.

OK ?

�a va aller.

- Madame Renou.

Excusez-moi, M. Dreyfus d'abord. Ce sera pas long.

- Excusez-moi.

- J'arrive.

Je t'ai dit quoi la derni�re fois ?

- Je dois te parler.

- �a concerne Julie ? - Mais non.

- Alors, on s'appelle. J'ai du boulot.

- C'est quelque chose de tr�s grave. - Ah oui ?

Quoi ? Julie a abus� du Nutella ? Tu dois prendre l'avion ?

- Mais non... �coute-moi deux secondes, Virginie.

- Y a plus de Virginie !

Pleure donc sur l'�paule de C�sar.

- Y a pas moyen de... - Arr�te !

Et arr�te avec l'anglais, tu vas rendre Julie tar�e.

(-Pas possible.) (-Si.)

Au revoir, M. Dreyfus.

(-C'est pas possible.) (-Si.)

Madame Renou, c'est � vous.

- Voil�. J'avais une question, mais c'est un peu compliqu�.

- Je ferai au mieux, mon fils.

- Vous pourriez ne pas m'appeler "mon fils" ?

Je m'entends tr�s mal avec mon p�re, et �a me...

- Comment voulez-vous

que je vous appelle ?

- Par mon pr�nom, ce sera bien.

- Qui est...

- Pardon... C�sar.

- Tr�s bien, C�sar.

Alors plut�t que "mon p�re", appelez-moi "Bernard".

- Ah, �a va pas �tre possible.

C'est le pr�nom de mon p�re, justement.

- Ne m'appelez pas, alors. C'est pas bien grave.

Quelle est votre question ?

- Voil�, j'ai un ami qui est tr�s malade.

Et j'aimerais prier pour lui.

Mais il est juif catholique.

Et moi, je suis juif juif.

Alors, je sais pas quel Dieu prier.

Le mien ou les siens ?

Je voudrais pas faire une bourde.

- Il n'y a qu'un seul Dieu, C�sar.

Si vous priez Dieu avec votre coeur, Dieu vous entendra.

- Y a qu'un seul Dieu, mais on est pas tous d'accord sur lequel.

- Votre ami est pratiquant ?

- Pas tellement. Je l'ai jamais vu dans une �glise

et il porte pas la kippa, m�me pour Kippour.

Alors, ashk�naze

communiste du c�t� du p�re, catho sud-ouest du c�t� de la m�re.

Donc, pas vraiment juif, mais juif quand m�me.

Pas vraiment circoncis.

- Et vous alors ?

- Moi ? Oui !

Moi, la totale.

- Non. Vous �tes pratiquant ?

- Moi ? S�farade de droite. Tr�s simple.

Un shabbat de temps en temps et tout le monde est content.

- Vous n'avez qu'� prier dans une �glise et une synagogue.

Dieu ne vous en voudra pas.

- Je veux pas qu'il pense qu'y a de la triche.

Genre, le type qui mise sur le rouge et le noir au casino.

- Dieu ne vous en voudra pas.

Il verra que vous faites au mieux pour votre ami.

- Vous �tes s�r ? - S�r.

- Vraiment ?

- Oui.

- OK.

C'est cool.

Vous �tes cool. - Oui...

- C'est vrai, franchement.

C'est cool.

- C'est cool, oui...

C'est cool...

Effectivement. - OK.

Alors...

Au revoir... monsieur.

Ah !

Aller � Lourdes, �a vaut le coup ou c'est too much ?

- Euh...

- C'est too much. C'est ce que je pensais.

Merci.

La porte claque.

Hola. �Qu� tal?

- Oh ! "C�sar�" ! - Qu'est-ce que tu fais l� ?

- C'est "C�sar�" !

Mi amigo.

- Pourquoi tu l'as laiss� picoler comme �a ?

Rire

- D�sol� d'avoir d�rang� Lucia,

je voulais te parler, tu comprends ? - On s'en fout.

- J'en peux plus. - Qu'est-ce qu'y a ?

- C�sar, il faut vraiment

que tu m'�coutes. - Je t'�coute. Vraiment.

- Je suis d�sol�.

Je suis vraiment d�sol�. Je sais pas ce qui m'a pris.

- �a va aller.

- Non, �a va pas aller du tout.

�a va pas aller du tout.

Enfin si. Moi, �a va.

Moi, �a va. Moi, je vais bien.

J'ai rien, moi. Moi, je vais bien.

C'est toi qui vas pas du tout.

- Je vais tr�s bien.

- Mais non, �a va pas !

- Mais si, je vais tr�s bien.

- Tu vas mourir, C�sar. C'est toi qui vas mourir.

Tu vas mourir. - C'est pas grave.

- Ben si, c'est grave.

Tu vas mourir quand m�me.

- D'accord.

- C'est �pouvantable.

- Pleure un coup, �a va aller. Allez !

T'en tiens une belle, hein ?

- Tu pleures pas, toi ?

- Si, je pleure. � l'int�rieur, mais je pleure.

Allez. Arthur pleure.

Musique douce

... ...

...

- Pour moi, maintenant, tout va bien.

J'ai pu reprendre la danse r�guli�rement.

Je suis en r�mission.

- C'est g�nial. - Tr�s bien.

Merci, Odile.

Bon, ben... � la semaine prochaine.

Brouhaha l�ger

... ...

- On se voit vendredi ?

- Oui, au revoir. - Au revoir.

...

- Bonjour.

- Bonjour.

Le prochain groupe est � 16 heures.

- C'est pas pour moi, c'est pour un ami.

- Dites-lui de venir.

- C'est un peu compliqu�.

Depuis hier, il dit qu'il est plus malade.

- Ah ?

- Alors, je fais quoi moi ?

...

- Arthur ?

Arthur ?

Codaven est arriv�. La r�union va commencer.

- J'arrive.

...

- Alors, on en est o� sur cette affaire ?

- Je me suis charg� de l'�tude comparative.

Pour la synth�se, il faut voir avec le Pr Chabert.

- Tr�s bien. - Malheureusement, c'est tr�s d�cevant.

Codaven soupire. - Vous savez ce qu'on dit :

"Des chercheurs qui cherchent, on en trouve,

"mais des chercheurs qui trouvent,

"on en cherche." Il rit.

...

...

- C�sar ?

- Tu rentres tard.

- Qu'est-ce que tu fous l� ? - Mon amie la concierge m'a ouvert.

Je m'installe ici. Je te quitte plus.

- Att... - Je veux t'accompagner.

�tre pr�sent.

Viens, je t'ai fait des cannellonis.

Gratin�s. Delicioso !

- Attends une seconde.

Et Lucia ?

Le b�b� ? Tu peux pas les laisser.

- Elle m'a vir�.

- Comment, de chez toi ?

- J'allais pas la mettre � la rue.

- Mais comment vous allez faire pour le b�b� ?

- Elle veut plus que j'adopte Pablo.

- Je comprends pas.

Elle �tait pas enceinte ?

- Non, pourquoi ? Tu la trouvais grosse ?

- Non, mais comme tu m'avais dit que...

Tu m'avais dit que t'allais �tre papa.

- Moi aussi, je croyais. Mais madame a chang� d'avis.

- Mais pourquoi ?

- Elle me trouve trop infantil.

Pas fiable, si tu pr�f�res. Mais on s'en fout.

L'important, c'est que je m'occupe de toi. - C�sar...

(Y a quelqu'un dans le salon.)

- Quoi ?

(-Y a une femme voil�e sur le canap�.)

- Oui, c'est Randa.

- Qui ? - Randa Ameziane.

Elle a eu un cancer.

Elle est musulmane, mais le voile, c'est � cause du cancer.

Elle est gu�rie.

Elle aide les autres � en parler. - Du voile ?

- Non. Du cancer.

- Mais pourquoi ? - Pourquoi quoi ?

- Pourquoi elle est assise dans le salon ?

- �a va te faire du bien de lui parler.

- J'en ai pas envie. - Je vous ai pr�par�

des cannellonis et de la salade. Bonne soir�e.

- Attends. Mais attends une seconde.

Attends ! Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Je vous laisse. - Hein ?

- Elle est super.

- Attends, attends.

Tu vas pas me laisser avec elle. Je la connais pas.

- Arthur, tu sais bien ce qui va se passer si je reste.

Je vais la faire rire, la baiser et tu seras comme un con.

- Je veux pas la baiser.

- Pourquoi ? Tu la connais pas.

- Mais justement ! Soupir

- Tu dis �a parce qu'elle est malade. Mais toi aussi.

Et elle, elle est gu�rie.

Envoie-moi un texto si �a se prolonge.

C�sar s'�loigne.

Il referme la porte.

- Oh, putain...

Musique cocasse

...

Bonsoir, madame.

- Bonsoir.

Randa.

- Arthur, enchant�.

Vous voulez boire

quelque chose ? - Non, merci.

- Asseyez-vous. - Merci.

- C'est gentil de vous �tre d�plac�e.

- Oh, c'est...

J'ai essay� de refuser, mais votre ami est t�tu.

- Oui, je sais.

Elle rit.

Euh, c'est...

En fait, c'est...

C'est un peu compliqu�.

C'est m�me tr�s compliqu�

� expliquer. Euh...

�a va sans doute vous para�tre fou, mais je ne suis pas malade.

- Vous n'�tes pas malade ? - Non.

C�sar me pense malade, mais je ne le suis pas.

C'est lui, le malade.

- Ah ? C'est C�sar qui a un cancer ?

- Oui. J'ai essay� de le lui dire, mais il ne m'a pas cru.

- Pourquoi C�sar pense que c'est vous qui �tes malade ?

- Parce que je le lui ai dit.

- Pourquoi vous lui avez dit avoir un cancer si vous n'en avez pas ?

- Je vous avais dit que c'�tait compliqu�.

Au moment o� j'allais le lui dire,

il m'a annonc� qu'il allait avoir un enfant.

Alors �a, �a m'a compl�tement pris de court.

J'ai... J'ai...

Je... J'ai... J'ai...

J'ai �t� trop long, je l'ai un peu emm�l�,

j'ai cherch�

les bons mots et je crois que je l'ai emm�l�.

Puis il s'est effondr�. - Il a pleur� ?

- Non, il s'est r�ellement effondr�.

Il est tomb� par terre. Il a eu un malaise.

L�. Exactement l�.

- � cause de son cancer.

- Non, � cause du mien.

- Attendez... Vous aussi, vous �tes malade ?

- Non, mais il l'a cru.

C'est simple ! J'�tais effondr� � cause de son fils,

pas de mon cancer, vu que c'�tait le sien.

Et lui,

il s'est effondr� � cause de mon cancer, car il pensait

que c'�tait le mien.

- Donc...

C�sar a un cancer et va avoir un fils.

- C'est �a.

Enfin non.

En r�alit�, non !

Il ne va plus avoir de fils. Finalement, �a ne se fait pas.

- Mais le cancer ?

- Il se fait compl�tement.

- D'accord.

D'accord.

J'ai compris, je crois.

- Je suis content. Je pensais pas avoir �t� tr�s clair.

- Non, non. C'est...

C'est simple. C'est...

C'est dur d'accepter la maladie.

C'est difficile de r�aliser que c'est r�el,

que �a vous arrive � vous et � personne d'autre.

Donnez-vous une semaine.

- Une semaine ?

- Oui.

- Pendant une semaine, je reste...

- Voil�.

- Y avait quelque chose que j'avais pas...

Donc, pendant une semaine, je reste compl�tement...

- Voil�. - Et apr�s...

Musique douce

...

- Arthur ?

- Je suis dans la chambre de Julie !

C'est l� que je t'installe.

...

- Alors ?

- Super, cette fille !

- Ah !

- �a m'a fait un bien fou de la voir. Je me sens...

Comment dire ?

Super l�ger.

(-Elle est partie ?)

- Oui. Mais elle m'a invit�e � une s�ance de groupe.

- Super ! Tu vas y aller ?

- Peut-�tre.

Peut-�tre. Et tu pourrais venir aussi.

- Ouais. Si tu veux.

- Je suis content que tu sois l�.

- Moi aussi.

- On va faire plein de trucs super.

- Tu m'as l'air bizarre. T'es s�r que tu l'as pas un peu bais�e ?

- Ce que t'es con ! Rire

- Tu veux faire

quoi, l�, tout de suite ?

- � part aller se coucher ?

- Oui. - Je sais pas. Et toi ?

- Aller manger un canard laqu� � Belleville.

- OK, OK. - Oui ?

On y va. - Demain soir.

- Pourquoi demain soir ?

- Parce que j'ai un rendez-vous demain matin, tr�s t�t.

- T'en as rien � foutre de ton rendez-vous.

Tu vas arr�ter de bosser.

- C�sar, je peux pas tout changer du jour au lendemain.

J'ai besoin de temps pour m'organiser.

- Tr�s bien. Organise-toi bien. Bonne nuit.

- OK, on ira.

Musique cocasse

...

- Dreyfus ! La porte claque.

C'est quoi, �a ?

- �a a �t� envoy� � tout le monde ?

- Vous vous foutez de ma gueule ?

- Je suis d�sol�, hein...

C'est... C'est... C'est pas moi qui ai �crit ce mail.

- C'est qui ? Les Russes ?

- Excusez-moi, enfin...

Vous m'avez vu faire des fautes d'orthographe ?

Jamais.

Regardez ici, par exemple.

"Tu n'es qu'un suce-boule."

"Boule" est au singulier. En g�n�ral, on suce des boules.

Donc, �a m�ritait un "s".

L�, "tu es inconp�tant". L'incomp�tence, le con

qui p�te. Le jeu de mots est ce qu'il est,

mais d�sol�, il fallait un "e", pas un "a".

L�, "face de..."

- �a va, �a va... J'ai compris.

Vous allez r�unir rapidement l'�quipe pour expliquer que vous avez �t� pirat�

et que vous ne pensez pas un tra�tre mot de ce torchon.

C'est clair ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Je comprends pas.

Vous ne me sanctionnez pas plus ?

Vous pouvez pas laisser passer �a. - Mais puisque c'est pas vous.

- �a vient quand m�me de ma bo�te mail.

- On va pas en faire une affaire, Dreyfus.

- Tr�s bien. - Vous comprenez.

- Oui, mais non.

Y a quand m�me �crit : "Codaven, tu n'es qu'un suce-boule.

"Face de slip. Raclette � merde." Deux fois.

- J'ai lu. - "�tron."

- J'ai lu. Merci.

Bon, on va

vous donner un bl�me. C'est bien.

- Oui, mais c'est pas suffisant.

- C'est pas suffisant ? Qu'est-ce que vous voulez ?

(-On peut pas faire moins qu'une mise � pied d'une semaine.)

- Une semaine ?

Mais comment je vais faire sans vous, moi ?

Hein ?

- Demandez � mon ex-femme.

Il para�t que c'est une lib�ration. Bon courage.

Merci beaucoup.

La porte s'ouvre.

Musique cocasse

Ronflements

...

...

...

...

C�sar crie.

- T'es malade ou quoi ? Putain ! - Suce-boules, �a prend un "s".

OK ?

- OK.

- On se le fait, ce canard laqu� ?

Rire

- Connard !

- �a prend un "d".

- T'as fini ? - Presque. Je mets ce que je veux ?

- �videmment. L�che-toi.

Je vais enfin conna�tre

les fantasmes les plus inavouables d'Arthur Dreyfus.

Tu te fous de ma gueule ?

- Ben quoi ?

- "D�couverte du vaccin contre la dysenterie bacillaire."

- Ben oui.

- "Remporter le prix Nobel, marcher

"sur la lune avec Julie." Toi qui prends pas l'avion.

- Tu m'as demand� d'�crire mes r�ves.

- Mais r�alistes.

- C'est plus des r�ves.

- Arthur, on a 3 mois. Je vais pas t'emmener sur la lune.

Tu veux faire quoi avant de mourir ? Des trucs qu'on peut

faire ensemble. - �a, c'est le maximum.

J'ai envie de faire quoi ? Je sais pas. Dormir � la belle �toile ?

Aller sur la tombe

d'Albert Schweizer. Relire Proust int�gralement,

avec l'autre p�riode aussi, Jean Santeuil.

Qu'est-ce que j'ai envie ?

- Acheter une corde pour me pendre.

- Mais pourquoi ?

J'ai des go�ts simples.

- Ils sont pas simples, ils sont nuls.

Relire Proust. T'as tout le temps � l'h�pital.

- T'es �trange.

Cette incapacit� � comprendre que lire...

Dans ta t�te, c'est perdre du temps. - Mais �a n'a rien � voir.

C'est pas un r�ve. C'est pas un truc qui est incroyable.

- C'est le plus grand r�ve. - Tu le fais tout le temps.

- Alors, vas-y. Mets ta liste, toi. Allons-y.

- Moi, c'est pas la liste des trucs que t'as faits la semaine derni�re.

- Bon, alors...

"Sauter en parachute. Conduire une Formule 1."

- J'ai jamais fait.

- "Nager avec un dauphin.

"Caresser un koala et un �l�phant.

"Faire l'amour sous une cascade.

"Faire l'amour avec des jumelles."

- Des soeurs, pas des...

- Hm... Tu pourrais peut-�tre

faire l'amour avec des jumeaux koalas

sous une cascade. Comme �a, crac, tu fais...

d'une pierre, deux coups.

- Quel con !

D�sol�

si avant de crever, je pr�f�re baiser que lire Proust.

- C'est une liste d'un ado de 15 ans.

J'ai beau �tre bienveillant, c'est 15 ans.

- C'est pas tr�s gentil. Pas tr�s gentil.

Mademoiselle !

T'as raison, on se mettra jamais d'accord.

On va faire fifty-fifty. - Quoi ?

- On choisit chacun un truc et l'autre est oblig� de le faire.

- Je ne prends pas l'avion.

- Ici, c'est pas la d�mocratie. Sinon, va � la CFDT.

- Je suis inscrit � la CFDT. - Putain !

Bon, c'est � toi.

Moi, j'ai choisi de bouffer des nems. Toi, tu veux faire quoi ?

Sans r�fl�chir !

- Retourner � Sainte-Croix.

- Super.

Sainte-Croix, putain ! Y a pas plus chiant que cette pension.

- Tu peux arr�ter de dire "putain" ?

- Pourquoi t'as envie d'aller l�-bas ?

- Je suis gar� de l'autre c�t�.

- Biarritz, c'est � 700 bornes.

- 780.

- File-moi dix balles. - Quoi ?

- File-moi dix balles.

- T'as pas encore fait faillite ? - Mais non !

- Si t'avais fait faillite, tu me le dirais ?

Soupir

- Chacun ses probl�mes, je vais pas me plaindre.

File-moi dix balles et on parle d'autre chose.

Musique douce

...

Come on.

- C'est quoi ? - Viens.

- Tu peux me dire ce qu'on fait ? - T'as choisi o� on va,

je choisis comment on y va.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- � ton avis ?

- Mais tu voles une caisse ?

- Mais non.

- Mais si !

- C'est la mienne.

- Pourquoi tu braques ta propre voiture ?

- Je l'ai laiss�e en garantie � mon cr�ancier.

- Oui. Donc, elle ne t'appartient plus.

- Techniquement, non. Mais sentimentalement...

- Pour la police... - Tu vas me l�cher, oui ?

C'est celle-l� que je veux. C'est � mon tour. C'est mon voeu.

OK ?

Putain... - Laisse-moi faire.

- Je vais y arriver.

- Tu sais pas d�boucher un �vier.

- Essaye si t'es si malin.

(-Me faire faire �a...)

Cliquetis

Allez, voil� !

Petit rire

- T'aurais d�

faire chirurgien.

- Je suis chercheur � l'Institut Pasteur.

- Quel g�chis !

- Est-ce que tu sais comment on prononce "Saab" en su�dois ?

- Non.

- Zob.

- Quoi ? Rire

- �a veut dire que tu conduis une Zob.

- Attention, c'�tait la Zob de ma m�re.

- Ah oui, tr�s freudien, en plus.

T'es cingl� ?

- �a va.

Tu vas mourir. Tu t'en fous.

- On est pas oblig�s de mourir cette nuit.

- Regarde, y a plus personne.

Musique douce

...

Rire

Je me demande comment on a pu devenir potes.

- T'as �t� attir� par mon c�t� extr�mement viril.

- Franchement, c'est fou. C'est fou qu'on soit amis.

On est absolument l'inverse.

- Oui, absolument l'inverse. On peut dire �a.

- Si on se connaissait pas, je nous verrais mal amis.

- Si on se connaissait pas, forc�ment.

- Tu vas r�p�ter tout ce que je dis ?

- C'est pas b�te ce que tu dis. Rire

- Tu vois ce que je veux dire.

- Et je vois ce que je veux dire.

...

- Tu les rends dingues, tes �l�ves ? J'en suis s�r.

- Ceci dit, je pense que j'aurais beaucoup de mal � �tre mon ami.

- Pourquoi ? - Je me fatiguerais.

- Tu me fatigues �norm�ment.

Rire

- Tu sais, quand Virginie est partie,

elle m'a dit une phrase terrible. Elle m'a dit :

"Je t'aime beaucoup,

"mais plus suffisamment pour te supporter."

La violence du truc !

"Je t'aime beaucoup, mais pas assez pour te supporter."

Je peux te dire que de recevoir �a,

apr�s 15 ans de vie commune,

�a m'a d�sesp�r�. J'ai �t� tr�s mal.

J'ai �t� consulter, voir un docteur.

Le docteur Chayevski, un psy, ou un psychiatre, je sais plus.

Et il m'a dit :

"Pour �tre aim�, il faut d'abord apprendre � se conna�tre."

- T'aurais �t� con de pas aller le voir. Et il t'a pris 60 euros ?

- 110. - Non ?

- Je dirais qu'au bout d'un mois,

j'en savais assez pour ne pas avoir envie d'en savoir plus.

Rire

Apr�s, je lui ai parl� de mes id�es suicidaires.

- Il t'a r�pondu quoi ?

- De payer les s�ances en avance.

...

- Non ? - Je te jure.

- Arr�te. - Je te jure.

- Arr�te. - Mais je te jure,

C�sar ! - C'est un g�nie.

- Oui, c'est un g�nie. C�sar rit.

Musique majestueuse

...

Conversation inaudible

... ...

...

... ...

...

- On arrive � Sainte-Croix.

- J'ai dormi combien de temps ?

- Tout le temps.

Un plomb.

J'en reviens pas que tu aies envie de revenir ici.

J'en reviens pas.

- Ah, c'est... Souffle

- La maison de la literie, putain.

- Je suis venu juste pour voir si le ch�ne �tait toujours l�.

Je sais pas, revoir le dortoir.

- Les terrains de foot.

Les salles de colle.

- Le bureau de monsieur Rassamian.

- Quel con, celui-l� !

Ils rient.

- Alors, on fait quoi ? - Comment �a, on fait quoi ?

La f�te.

La java. La bringue.

La nouba. La bamboche.

La tourn�e des grands ducs. La fiesta !

Musique entra�nante

Cinq ! Yes !

T'as gagn�,

abruti ! - J'ai gagn� ?

- Regarde.

- J'ai gagn� !

J'ai gagn� ?

...

- Tortue... tortue... tortue !

Cris joyeux

- Pas possible !

...

- Huit noir ! On a tout perdu.

Il rit.

... C�sar chantonne.

... Il rit.

...

Inaudible

...

Musique cocasse

...

- Qu'est-ce qui y a ?

- Rien. - Si, tu me regardes.

- Non ! - Ben si !

- T'es tr�s beau.

- Ah bon, tu trouves ?

- Ouais. Tu fais beaucoup plus vieux que moi,

mais avec le costard, �a le fait. - T'es gentil.

T'aurais pu nous trouver deux smokings diff�rents.

- Ils m'ont fait un prix, j'allais pas n�gocier.

- On a pas... Je sais pas.

T'as pas l'impression qu'on a l'air con ?

- Oui. Mais de cons bien habill�s.

�a fait toute la diff�rence.

- Je veux pas. Soupir

Je veux pas rentrer l�-dedans. - Allez !

- Non. Il est hors de question que je paye pour baiser.

- C'est pas des professionnelles, c'est des b�n�voles.

- Ah bon, c'est gratuit ?

- Tu payes, et apr�s, c'est buffet � volont�.

- Mais c'est glauque. C'est tr�s glauque.

- Pas du tout. C'est ludique.

Tu aimes le tennis ? Il acquiesce.

En tournoi, tu joues avec des gens

que tu connais pas, que t'as pas choisis.

Simple, double, double mixte.

- �a va, j'ai compris.

- C'est pareil, mais sans raquettes.

- Sans raquettes ?

Je me casse. - Oh !

Arthur, attends !

Ils ont peut-�tre des raquettes.

Ambiance piano-bar

...

Je voulais te faire gagner du temps.

Tu veux pas payer, tu veux pas de buffet gratuit... Je respecte.

Mais l�, il va falloir chasser. Tu sais encore ?

- T'inqui�te pas pour moi.

- T'as eu beaucoup de filles depuis Virginie ?

- Tu crois que je vais te parler de �a ?

- Le grand plaisir du sexe, c'est d'en parler.

- On a pas les m�mes go�ts et pas le m�me rapport aux femmes.

- Au moins, moi, j'ai des rapports.

Toi, j'ai l'impression que tu lances plus beaucoup de fl�ches.

- T'inqui�te pas pour moi.

Je me d�brouille mieux que tu crois.

- Ah oui ? Il acquiesce.

Beaucoup de fl�ches ?

- Pas mal de fl�ches.

- T'es pas rouill� ?

- Pas du tout.

- OK, montre-moi.

- Quoi ?

- Montre-moi. Drague-moi.

- T'es s�rieux ?

- Il n'y a pas de joker, mon poulet.

- Tr�s bien.

Apr�s vous, mademoiselle.

- Bonsoir. - Bonsoir.

- Alexandra, 24 ans.

- D�sol�. Vous �tes ravissante, mais vous �tes un peu jeune.

- Myriam, 57 ans.

- Directement 57 ? Y a pas moyen de...

- Bon...

M�lanie, 37 ans, divorc�e. Je bosse dans les ressources humaines.

Car j'ai de la ressource et j'aime l'humain.

- Arthur, 56 ans.

Je suis chercheur.

Car j'aime chercher et j'aime trouver.

- Vous avez un gros microscope ?

- Certains disent le plus gros d'Europe.

- Rien que �a !

Soupir

- Vous voulez boire quelque chose ?

- Vous me draguez, Arthur ?

- Non, non...

- Pourquoi tu dis non ?

Pourquoi tu t'excuses ? T'�tais bien.

Je commen�ais � �tre excit�. Mes petits t�tons pointaient.

�a mord, assume. Remonte le poisson.

- Laissez-moi p�cher � ma mani�re, M�lanie.

- Vous me draguez ?

- Non, je crois pas.

- Moi, je crois que si. - �a se voit tant que �a ?

- Jouons au docteur.

- D'accord.

Alors, laissez-moi vous glisser � l'oreille l'ordonnance.

- Oh oui !

Mais t'es con ?

- Ben quoi ? - �a va pas ?

- Mais vous dites que vos t�tons pointent.

Moi, j'y vais.

On dirait que �a a mordu � l'hame�on, grosse chaudasse.

Rire

Il tousse.

- Pourriez-vous �tre plus discrets ?

- Pardon ?

- Pourriez-vous �tre plus discrets ?

- Vous avez un probl�me avec les homos ?

- Pas du tout. Mais c'est une maison familiale.

Donc, euh... - Et le couple derri�re,

vous leur avez demand� de se tenir ?

- Non, mais �a n'a rien � voir. - Et pourquoi ?

- C'est-�-dire... - C'est-�-dire quoi ?

Allez-y, vite ! - C'est moins de...

- C'est moins quoi ?

- C'est juste plus...

- Parlez plus fort, j'entends pas.

Y a quoi ? J'entends pas.

- C'est bon, C�sar.

- Non, c'est pas bon. C'est pas bon du tout m�me.

C'est scandaleux.

C'est d�gueulasse.

Viens, ch�ri.

Puisqu'on ne nous d�sire pas ici, on se tire.

Ne t'avise pas de payer ni de laisser un pourboire.

Monsieur r�gale.

Salut, les cons !

- UN, DEUX, TROIS.

Rire

"In Between Days" (The Cure)

- Chat !

- Chat !

Cris joyeux

*...

Il tousse.

*...

Rire

Il tousse.

- �a va ?

�a va ?

...

Soupir

- J'ai trop tir�

sur la chevillette ce soir.

En voil� un qui a tout compris.

Il rit.

- C'est par l�. - Oui, par l�.

Euh...

Musique triste

... C�sar chantonne.

...

Musique triste

...

�coute �a.

Ils disent qu'il y a un mec en Inde, Dipankar Aman Kapoor,

qui fait des miracles avec le cancer. Il a sauv� Armstrong.

- Armstrong, l'astronaute ?

- Non, le trompettiste.

- Le trompettiste ? - Mais enfin... Le cycliste !

Il lui a fait gagner 5 Tours de France, il te fera peut-�tre gagner des ann�es.

Mais il est super, ce mec !

...

Soupir

O� tu m'emm�nes ? Sur la tombe de Pasteur ? Au mus�e du microbe ?

- Sois patient.

...

- Arthur.

- Hm ?

- T'as une bonne mine de merde, l�.

Tu veux pas que je conduise un peu ? - Non, �a...

�a me maintient �veill�.

- Tr�s rassurant.

Musique majestueuse

...

On va o�, l� ?

Qu'est-ce que...

Arr�te-toi.

- �coute, c'est � mon tour, C�sar.

- Arr�te cette bagnole !

- �coute-moi.

- Je retourne pas l�-bas.

J'y retourne pas ! - T'es dingue ?

Les pneus crissent.

...

Mais enfin, C�sar !

T'es compl�tement cingl� !

- Je retourne pas l�-bas.

- �a fait 20 ans. 20 ans, tu m'entends ?

- 20, 30, 40... J'en ai rien � foutre.

Tu crois qu'il a chang� ? Qu'il est devenu attentionn� ?

Qu'il va me faire un c�lin ? Qu'est-ce que tu crois ?

- Je ne le sais pas, mais personne ne le sait. Personne !

Pas toi, pas moi ! C'est ta seule famille.

- Y a pas de famille ! Y a personne, y a plus rien.

- C'est quand m�me ton p�re ! R�alise. Tu peux pas...

- Je peux pas quoi ?

- Tu ne peux pas rester dans cette situation.

- Je peux pas rester dans cette situation ?

Mais de quoi je me m�le, bordel ?

Je te fais des le�ons, moi ?

Je te parle de ta femme qui s'est barr�e y a 5 ans

et que tu attends comme un clebs ?

Et �a, tu vas la garder jusqu'� quand ?

- Tu veux jouer � �a ?

C'est le grand moment de v�rit� ?

Tu veux vider ton sac ?

- Peut-�tre bien.

- Vas-y, mon vieux.

- Tu me fais chier.

- D�j� ? Ah oui, c'est tout ?

Tu te barres. Comme d'habitude.

- Pardon ?

- J'attends comme un clebs, toi tu d�tales comme un lapin.

- Ah ? - Oui, tu d�tales devant tout.

Devant les responsabilit�s, ton p�re, l'amour, les femmes !

- Toi, tu me dis �a ? - Oui.

- Mais de quoi on parle ?

- T'as raison, je devrais dire les filles.

Les gamines, elles ne savent pas grand-chose.

Donc, elles t'admirent.

- OK.

Soupir

- Tu veux que je te dise ton probl�me ? T'es jaloux.

T'es frustr�.

Tu crois que tu donnes envie ? Tu fais piti�. Regarde-toi.

T'es tout seul.

Et y aura que moi � ton enterrement. Oui, que moi.

Que ce rat� de C�sar Montesiho. Tu parles d'une r�ussite.

Il dit plus rien, le prix Nobel ?

- T'es vraiment un sale con, C�sar.

- Le sale con, il t'emmerde.

Tu veux crever seul ? Ben, cr�ve seul.

Musique triste

...

Soupir

...

Vibreur

...

...

...

- Oui ?

*-C'est le sale con � l'appareil.

*Tu dors ?

- Plus maintenant.

*-Je suis d�sol�.

Soupir

Je pensais pas toutes les conneries que j'ai racont�es.

Tu sais �a ?

- Je sais.

Je sais.

- Comment je vais faire sans toi ?

Je vais pas y arriver tout seul.

- Moi non plus, C�sar.

*Moi non plus, tu sais.

*-T'as parl� � Virginie ?

*Tu lui as dit ?

- Non, pas encore.

*-Faut que tu lui parles.

- Oui, C�sar. Il faut que je lui parle.

Mais il faut qu'on parle tous les deux.

Tu m'entends ?

Il faut qu'on parle tous les deux.

*Tu es o�, l� ? Tu peux venir ?

- Non, �a va. T'inqui�te.

Je voulais juste t'embrasser, mais �a va.

*-T'es s�r ? - Non, c'est cool.

Allez, bonne nuit, mon pote !

Bonne nuit.

Soupir

Il hurle.

- Mais qu'est-ce que c'est ?

- Happy birthday.

- Hein ?

- Joyeux anniversaire.

J'ai lu sur internet qu'un chien aidait

� gu�rir. �a apporte

de la douceur et du bonheur.

Regarde ce toutou !

Avoue qu'il est mignon...

- Oui, effectivement. C'est tr�s gentil de ta part.

C'est adorable, m�me. Mais comment te dire ?

Je suis pas tr�s chien.

- Il s'appelle Napol�on.

Regarde ses yeux.

Ses yeux veulent tout dire.

- Ils te disent quoi ?

- Ils se demandent pourquoi tu n'ouvres pas tes paquets.

Je t'ai fait plein de cadeaux.

Avec ta carte bleue.

Musique m�lancolique

...

Inaudible

...

- Oui !

...

Je sais plus comment on envoie.

Rire

Je suis pas s�r d'aimer �a.

...

Inaudible

...

- D�tends-toi.

...

...

Bouh !

...

... ...

...

Il imite des aboiements.

...

- Respire. - Merde !

...

- �a va ?

- Ah, ma ch�rie, comment vas-tu ?

- Je vous d�range ?

- Pas du tout.

- C'est ton week-end.

- Je sais. J'en parlais avec C�sar, justement.

Le chien aboie.

- C'est quoi, �a ?

- C'est un chien.

- Vous avez picol� ou quoi ?

- Je coule une bielle, moi, avec ma tachycardie.

Je suis content de te voir. �a va ?

T'as tout, c'est OK ? - Salut !

- Attention.

Have a good week, darling!

- Merde, alors...

- �a va ?

Cool, t'as pens� au pain !

- Oui... J'arrive. - OK.

- Salut, ma ch�rie. �a sent le bouc ici.

- Salut, maman.

- �a a �t� avec ton p�re ?

- Oui, oui.

- Et... vous avez fait quoi ?

- Comme d'hab.

- Il a une nouvelle voiture ?

- Non, c'est � C�sar.

- Il fait quoi de la Volvo ?

- On la lui a embarqu�e � Biarritz.

- Il faisait quoi � Biarritz ?

- Si t'as des questions, tu lui poses. Le bouc va prendre une douche.

La porte claque.

L'eau de la douche coule.

...

*-Je l'ai caress� !

*Cri d'�l�phant *Arthur,

*je l'ai caress� !

*... *-D�marre ! Acc�l�re !

*...

*Il l'a eu ! (-Oh, putain !)

*Tonalit�

Docteur Lazare � l'appareil. J'aurais voulu parler au docteur Dreyfus.

Oui, c'est urgent.

Oui ?

All�, Sylvie ? Oui, �a va ?

Dis-moi, il est o�, Arthur ? J'arrive pas � le joindre.

Hein ?

Quoi ?

Suce-boules et raclette � merde ?

Non ?

Elle frappe.

- Bonj...

Bonjour. - Arthur ?

Soupir

Arthur !

Arthur !

Je l'appelle, mais il r�pond pas.

- Bonjour.

- Il est o� ?

- Il est � la fourri�re pour...

- Sa voiture, oui. Il se passe quoi ?

- Il se passe rien.

- Rien ? Il a �t� vir�, tu vis chez lui,

vous chassez l'�l�phant...

- L'�l�phanteau.

- Te fous pas de moi !

Qu'est-qui y a ?

- Mais rien, d�tends-toi. Tu veux un caf�, quelque chose ?

- Y a rien de grave, au moins ?

Soupir

C'est pas possible...

Soupir

Mais il va comment ? Il souffre ?

- Je sais pas.

Il est admirable.

Il se plaint pas, il dit jamais rien.

- Ah bon ?

- Il prend �a avec dignit�. Il est h�ro�que.

Vraiment. Personne peut se rendre compte de quoi que ce soit.

Il sourit tout le temps, il est...

Il est incroyable.

- Il est venu me parler. Il voulait me voir et j'ai...

Je l'ai foutu dehors. Quelle conne !

- Je suis s�r qu'il t'en veut pas.

- Tu crois ? - Bien s�r !

T'as �pous� un type incroyable.

- C'est plus mon mari, C�sar.

- Ben oui...

Mais tu l'aimes encore. - C'est le p�re de ma fille.

- Lui, il t'aime encore.

Soupir

Pour �a, franchement...

J'ai voulu lui pr�senter des filles...

Des femmes.

Enfin des... - Oui, j'ai compris.

- Parce que toi, t'es bien. T'es belle, et tout...

Mais l�, c'�tait du...

Du top niveau.

Non, top niveau. High level.

Genre...

De ouf ! Tu sais ce qu'il me dit ?

- Je sais pas. Quoi ?

- La seule personne avec qui je veux faire l'amour, c'est toi.

- Toi ?

- Non, toi. Pas moi.

- Ah !

- Toi, Virginie.

La seule qu'il veut baiser, c'est toi.

Dingue, non ?

- Oui, c'est dingue !

Elle rit.

T'es le mec avec le moins de tact que je connaisse.

- J'aurais aim� qu'on dise �a de moi.

- Oui, mais c'est toi.

Rire

Soupir

- Il va avoir besoin de toi. T'es la femme de sa vie.

- Oui mais c'est fini. Je suis avec Bertrand maintenant.

- Ouais, enfin... Si tu l'aimais tant que �a, on aurait pas...

- Non, arr�te.

Soupir

Je sais pas ce que je vais faire.

- Tu lui dis pas que je te l'ai dit, hein.

Parce que j'ai promis.

Aboiements

... - Je comprends pas, Virginie.

Faut que tu int�gres que je sois �tonn�.

- Bonjour.

- Ah, bonjour.

�a va ? - Oui. Et vous ?

- Je te rappelle.

- Dis bonjour � la dame.

On est all�s � Biarritz.

Pas toujours simple, mais...

�a lui a fait du bien de vous voir.

- Tant mieux.

Rire

- Bonjour.

- Bonjour. - �a me fait plaisir. Vous allez bien ?

- Moi aussi. Tr�s bien.

Je fais connaissance avec votre chien.

- Adorable.

- Il est tr�s mignon. Il vous ressemble beaucoup.

- Bon, je vais vous laisser.

Rire

- En tout cas, je suis ravie que vous ayez r�ussi � vous parler.

- Il me reste un ou deux trucs � dire, quand m�me.

- Enfin, trois ou quatre.

- Je dois y aller.

� bient�t.

- � bient�t.

- Bonne journ�e.

- C'�tait qui ?

- C'�tait Randa. - Non, au t�l�phone. C'�tait qui ?

- C'�tait Virginie.

Elle veut me voir.

- Elle t'a dit pourquoi ?

- Parler de Julie, j'imagine.

- Tu me promets que tu vas lui dire la v�rit� ?

- Si tu me promets d'aller voir ton p�re.

- Oh, tu vas pas recommencer !

- S'il te pla�t, sois gentil.

J'ai pas envie qu'on s'engueule, mais j'y tiens.

Tu comprends ? - Je vais r�fl�chir.

Y avait quelque chose, l�, non ?

Y avait du mojo dans l'air avec elle.

- Tu changes de sujet ? - Non, c'est toi.

Je me suis senti de trop. - Non.

- Si, Napol�on et moi, on s'est sentis de trop.

Aboiement

- Pardon. - Oh !

- D�sol�, je suis en retard. - Non, je suis en avance.

- Je te demande pardon.

�a va ?

- Oui. Oui...

Oui... - Tu es s�re ?

Parce que... - Oui, tout va bien.

Je suis juste fatigu�e, mais tout va bien.

- Tant mieux.

Petit rire

Tu voulais me parler de quelque chose ?

- Ah non, pas du tout !

Et toi ?

- Moi non.

Enfin... non.

Enfin... Comme tu m'avais appel�,

j'ai pens� que...

t'avais peut-�tre quelque chose

� me dire. - Ah oui ! Oui, excuse-moi...

Oui, oui. En fait, je voulais te parler.

- Hm...

- Euh oui. Je voulais...

Je voulais m'excuser pour l'autre jour.

- L'autre jour ?

- Quand je t'ai foutu � la porte

du cabinet. - Ah non !

C'est moi qui ai �t� impoli. Je suis arriv� � l'improviste.

T'as du travail.

- Non ! J'ai r�fl�chi, peut-�tre que tu venais...

pour me parler de quelque chose d'important,

et moi, je t'ai...

Et j'esp�re que si c'�tait important,

tu pouvais me...

Je veux que tu saches que je suis l�.

Et que...

que tu peux compter sur moi. - C'est tr�s gentil.

- Tu peux me dire. Je suis l�, Arthur.

Je sens que quelque chose va pas.

Je le sens. Parle-moi.

Arthur.

Parle-moi, je suis l�. Arthur.

- Je te pr�viens, c'est pas une tr�s bonne nouvelle.

- D'accord.

- C'est m�me une tr�s mauvaise nouvelle.

- D'accord.

- Il va falloir que tu sois forte.

- Je serai forte.

- Il va falloir que tu sois tr�s forte.

- Je serai tr�s forte.

- C�sar est malade.

- Hein ?

- Il est foutu.

- C�sar ?

- Oui.

- C'est pas toi ?

- Ben non.

- Tu vas pas mourir ?

- Ben non !

- T'es s�r ?

- Ben oui.

- Pourquoi il m'a dit �a ?

- Quoi, tu l'as vu ?

- Il m'a dit que t'allais mourir. J'en dors pas.

Pourquoi il m'a dit �a ? - C'est compliqu�.

- Arr�te de dire �a !

Musique cocasse Inaudible

... ...

- Attends. Virginie !

Arr�te.

- Si tu lui dis pas, je le ferai. - Ah oui ?

�a va lui apporter quoi ?

Moi, j'aurai la conscience tranquille. Mais lui ?

Il va savoir que c'est fini, que je lui ai menti.

Et �a va le tuer.

- Il est en train de mourir !

- Il a jamais �t� aussi bien.

Il est heureux, il est en harmonie. Il se sent utile.

- Il a le droit de savoir. - Mais �a va servir � quoi ?

�a va servir � quoi ? On ne peut pas le gu�rir.

Qu'est-ce qui l'attend ?

Je sais pas, moi... Les soins palliatifs,

une chambre d'h�pital avec personne comme visite.

J'essaye simplement d'aider.

- Arr�te de vouloir tout d�cider pour tout le monde !

Tu te rends compte ? Il a que toi, et tu lui mens.

- T'as jamais menti, toi, dans ta vie ?

Hein ?

- C'est pas ta vie, Arthur. C'est sa vie.

Musique triste

...

...

*"Time" (Pink Floyd)

*...

- C�sar ?

*...

C�sar ?

*...

C�sar ?

*...

*...

- Je suis ici, parce que je l'ai promis � Arthur.

Je lui ai promis de venir et de tout te dire.

- C�sar. - �coute-moi.

Ensuite, je remonte dans ma voiture...

Enfin, c'est m�me plus ma voiture.

Parce que j'ai plus rien.

Je suis plus rien.

J'ai absolument tout rat� dans ma vie.

T'avais raison, je suis un bon � rien.

Mais tu vois, �a va.

�a va bien.

Parce que je suis pas comme toi.

Et �a, tu vois,

c'est tr�s important pour moi.

Tu m'as appris qu'on pouvait tout avoir et rien valoir.

�a, au fond, je te le dois. Tu me l'as appris.

Comme tu m'as appris � perdre.

Parce que quand j'ai perdu la seule personne qui m'aimait, la seule,

celui qui �tait cens� me prot�ger, parce que j'avais quoi, merde, 10 ans.

Celui qui �tait cens� me prot�ger,

il m'a... il m'a quoi ?

Il m'a oubli�, en fait.

Arthur est malade. Il va mourir.

Mais sa fille, en pensant � son p�re, elle pourra �tre fi�re.

Elle pourra se souvenir de quelque chose.

Arthur est chiant avec elle.

Il est tout le temps sur son dos. Il lui prend la t�te.

Mais c'est un bon p�re, parce qu'il a peur pour sa fille.

Il a peur pour elle.

Toi, t'en as jamais eu rien � foutre.

Tu m'as toujours tout laiss� faire parce que t'en avais rien � foutre.

Longtemps, je t'ai souhait� du mal. Mais m�me �a, �a m'a pass�.

T'es plus qu'un lointain et mauvais souvenir.

Moi aussi, j'ai appris

� vivre sans toi.

Voil�. Je crois que je t'ai tout dit.

- J'ai du mauvais caf�.

Musique douce

...

- Je rentre, j'ai froid.

...

*-Vous avez un nouveau message.

*Bip

*-Bon, c'est moi. Je l'ai fait.

*Je lui ai parl�.

*T'avais raison, comme d'hab.

*Putain, ce que �a soulage.

*Soupir *Merci, mon pote.

*J'esp�re que toi aussi, tu l'as fait. On se rappelle.

...

Pas � l'approche

...

- Tu l'as eu ?

- Je lui ai laiss� un message. - C'est bien.

- Et Nicole ?

Rire - Nicole ?

Elle vit dans le Sud. Vers Arles, je crois.

- Ah, c'est con ! Elle �tait tellement sympa.

... - Arr�te !

- T'as personne ?

- Non, mais �a va.

L�o veille sur moi.

- Je peux pas rester. Faut que je m'occupe d'Arthur.

- Fais ce que tu as � faire.

- Mais je reviendrai.

- T'inqui�te pas pour moi.

Je suis content que tu sois venu.

- Je dois l'emmener en voyage.

Apr�s, je reviendrai.

- Si je peux t'aider...

Pour une fois.

- Bah si tu pouvais me passer un peu de bl�...

- Un peu, combien ?

- Un peu, beaucoup.

Rire

- T'as pas chang�.

- Mais o� on va l� ?

- Surprise.

- Mais...

On va pas prendre un avion, non ?

- Ben non.

- Je te pr�viens, je ne prends pas l'avion.

- Arr�te avec �a. Fais-moi confiance.

Allez !

Pardon. Excusez-moi.

- Excusez-nous. - Excusez-moi. Pardon.

Excusez-moi... Peut-on passer ? Mon ami a un cancer.

- Je vous en prie. - Merci.

- Arr�te de faire �a !

- De faire quoi ? - �a !

De dire que j'ai un cancer. C'est tr�s g�nant.

- Mais tu as un cancer.

- Ce n'est pas une raison, enfin.

�a me g�ne, moi.

Pardon, madame.

- Bonsoir, bienvenue.

- Pourriez-vous nous surclasser ?

Parce que mon ami a une maladie incurable.

- Je vais voir ce que je peux faire.

- J'ai pas dit cancer.

- Tu te fous de moi ?

Arr�te-toi !

- OK.

- Je ne monterai pas dans un avion. - Qui t'a parl� d'avion ?

- Tu te fous de ma gueule ? On vient de passer la douane.

- La business, c'est pas vraiment l'avion.

- Je rentre.

- Arthur.

Arthur !

Oh, putain...

Fais �a pour moi.

- On va o� ?

- Pas loin.

- O� ?

- J'ai eu un rencard avec l'Indien qui a sauv� Armstrong.

- En Inde ?

- Oui.

- Mais y a 12 heures de vol.

- Non ! 11 heures...

Allez, viens.

C'est mon dernier voeu. Je t'en supplie. Apr�s, on fait ce que tu veux.

On ira voir des monast�res, des mosqu�es.

On ira � des concerts baroques, on relira Proust en latin.

Je t'en supplie. Laisse-moi te donner une derni�re chance.

Laisse-moi te donner une derni�re chance.

Je t'en supplie.

Musique majestueuse

...

...

Brouhaha l�ger

...

Le guide passe nous chercher demain matin � 8 heures.

Faut pas �tre en retard. Les gens viennent de loin pour le voir.

- Il faut vraiment que je te parle.

Maintenant. - Dis pas que tu veux pas y aller.

- C'est pas �a. Il faut que je te dise un truc.

Mais il faut que tu me promettes que tu me pardonneras.

- OK.

- Tu me le jures ?

- Je te le jure, mais...

si tu me jures que toi aussi tu me pardonneras pour un autre truc.

- Ah bon ? Alors OK. - Non, pas OK.

Jure-le. C'est un gros truc.

- Moi aussi.

- Moi, c'est un tr�s, tr�s gros truc.

- Je te jure que moi, c'est plus gros.

- �coute.

Moi, c'est tellement gros que j'ai peur que tu te f�ches.

- Bon, OK. Je te pardonnerai.

- Jur� ? - Je te le jure.

- Dis : "Je te le jure." - Je te le jure.

- Bon...

Soupir

C'est pas facile.

Euh...

J'ai eu un truc avec Virginie.

- Quoi ?

- Vous �tiez s�par�s.

Mais tu me parlais tellement d'elle qu'elle a fini par me manquer.

On s'est crois�s dans un bar. On a beaucoup bu.

Elle �tait triste, j'allais pas tr�s fort.

On s'est consol�s.

Voil�.

- Vous avez couch� ensemble ?

- Pas vraiment. Enfin...

Un peu.

- Un peu ?

Un peu. Mais c'est arriv� qu'une fois.

Et vous �tiez s�par�s. Et on a beaucoup bu.

Elle �tait triste et j'allais pas

tr�s fort. Mais c'est arriv� qu'une fois.

- Oui, vous aviez beaucoup bu.

- Oui, beaucoup.

C'�tait...

- Oui, je comprends.

Bon... Ben, je te pardonne.

- Tu me pardonnes ? - Oui, je te pardonne !

- Comme �a ? Aussi facilement ?

- Non, c'est pas facile.

Mais je me mets � ta place. Je peux comprendre.

- Attends, attends...

Je te dis que j'ai saut� ta femme.

Et toi, tu t'en fous ?

- C'est pas le mot.

- Qu'est-ce que tu voulais me dire ?

C'est grave ?

- Oui.

- Quelqu'un est malade, quelqu'un va mourir ?

- Oui.

- Quelqu'un d'autre que toi ?

- Oui.

Il va falloir que tu sois fort.

- Je veux pas le savoir !

- Sois gentil. - Je veux pas le savoir.

�a fait deux ans que je porte ce secret, que je me d�teste.

Alors, je t'en supplie, laisse-moi en profiter.

- C�sar. - Non, on en parle demain.

Demain, demain.

J'ai pardonn� � mon p�re.

Mon p�re m'a pardonn�. Tu m'as pardonn�.

Je me suis jamais senti aussi l�ger. Laisse-moi en profiter.

On en parle demain apr�s Aman Kapoor.

Et pour l'instant, on profite.

Prends un peu de poulet.

- C�sar... - Tut-tut ! On en parlera demain.

On en parlera demain.

- Il est o�, le guide ?

- Devant. Tiens, il est l� !

- C'est l� ?

Merci beaucoup.

- Passe devant.

Inaudible

Chant hindou

...

Je peux savoir ce que tu fous ?

- Chut !

Ben, c'est pas Kapoor ?

(-Non. Kapoor, c'est l�.)

- O� ?

- L�.

...

- C'est un vrai m�decin ?

Dans un vrai h�pital ?

- J'allais pas te faire faire 7 000 km pour venir voir un mec qui fait du yoga.

Allez, go.

- Je me sens pas bien.

(-�a va bien se passer.) - Je vais mourir.

- On est l� pour �a. - Je t'ai dit

que je vais... - Arthur !

Arthur !

Help!

I need somebody. Help!

Musique myst�rieuse

...

�a va mieux, toi ?

- Je suis d�sol�.

Je suis tellement d�sol�.

- D�sol� de quoi ? T'es fou.

Attends, tu vas voir.

(Attends.)

Le docteur parle en hindi.

(En anglais) - M. Dreyfus. M. Montesiho.

- Enchant�.

- La situation est �trange.

Vraiment tr�s �trange.

Je n'ai jamais vu �a

en 20 ans de carri�re.

Et pourtant croyez-moi, on en voit des choses bizarres

dans ce pays.

- Mais... c'est bon ou c'est mauvais ?

- Bon et mauvais.

Votre cancer a mut�.

- Hein ?

- Votre cancer... Il a �volu�.

- Comment ?

- Il a chang�.

- J'ai un cancer ?

- Yes.

- Putain, tu vas pas recommencer.

- Mais c'est un cancer diff�rent.

Ce n'est plus un cancer des poumons...

Mais un m�lanome sur la jambe.

C'est tr�s s�rieux.

Il faut vous op�rer d'urgence.

- Un cancer de la peau ?

- Trois mois de plus et vous seriez mort.

- Il ne va pas mourir ?

- Avec une op�ration, il vivra.

- Oh, merci !

Oh, thank you!

- You're welcome!

- Thank you. Thank you!

Thank you!

Thank you!

- It's OK. Sit down.

- Vous �tes un magicien ! - Thank you.

C�sar rit.

Musique triste

- Je le savais !

Je savais que tu mourrais pas !

- C�sar !

C�sar !

...

C�sar, arr�te !

...

C�sar, arr�te !

Arr�te !

...

Inaudible

... ...

...

...

Bips

...

- L'op�ration s'est bien pass�e.

Ils ont pu tout retirer.

- Et C�sar ?

- Il va rappeler. T'inqui�te pas.

Laisse-lui un peu de temps.

Allez, repose-toi.

(Repose-toi.)

...

Musique triste

...

- J'avais besoin de cette r�union pour...

�couter, comprendre...

Et puis, me soutenir un peu moralement.

- Alors, Arthur...

J'ai �t� confront�,

par l'interm�diaire de Randa...

J'ai essay� de m'ouvrir et de comprendre,

comme vous.

Je comprends pas

comment j'ai pu faire �a.

- Vous avez eu peur.

...

Vous savez...

J'avais une super vie avant.

Hm...

Je voulais un gamin,

j'avais un boulot, un mec...

On �tait ensemble depuis dix ans.

Et on �tait sur le point d'acheter un appartement.

Et puis, y a eu le 4 novembre.

J'ai senti une boule dans mon sein gauche.

Et j'ai commenc� la chimio.

Je comprenais m�me pas ce qui m'arrivait.

Je comprenais rien.

Je voulais pas en parler.

Tout le monde me disait : "�a va aller, �a va aller."

Et c'est pas vrai.

�a a pas �t�.

Il est parti et je me suis retrouv�e seule.

- Je suis d�sol�.

- Ce que j'essaye de dire, c'est que vous...

vous, vous �tes rest�.

Vous avez tout l�ch� pour �tre avec C�sar.

Alors oui, vous avez menti,

vous avez fait n'importe quoi, mais...

mais vous �tiez l�.

Merci.

- Je vous d�pose ?

- Ben, je suis gar�e l�.

- Bon...

Alors, bonsoir.

- � bient�t.

- Bonne soir�e.

- Au revoir. - Au revoir.

Musique majestueuse

...

Bonsoir, Bernard.

C'est Arthur.

J'imagine que vous n'avez pas de nouvelles de C�sar.

Ce serait gentil de me rappeler quand vous pouvez.

Merci infiniment. Bonne soir�e.

...

...

- Bouge ! Attends, y a le chien.

Le chien g�mit.

Conversation inaudible

... ...

...

- "Comment

"Brasse-Bouillon surnomme-t-il sa m�re ?

"Caboche, Folcoche ou Potache ?"

- Brasse-Bouillon ?

C'est quoi, le film ? - T'as perdu.

- � moi ? Euh...

"Quel est le genre musical de pr�dilection de La Fouine ?

"Le rap, le slam ou le zouk ?"

- �a veut rien dire.

- Ben si. Le genre musical de pr�dilection.

Tu connais pas La Fouine ? - Non.

- Et Disiz La Peste ?

- C'est qui ?

Rire

- Du coup, tu sais pas ? - Non.

Sonnerie - Le rap.

Tu sais ce que c'est, le rap ? - Oui.

...

All� ? Bonsoir, Bernard.

C'est gentil de m'appeler.

*-Je voulais vous dire... Il est l�.

*Mais il ne veut pas vous voir.

- Oui, bien s�r.

*-Je suis d�sol�.

J'ai essay�, mais il ne veut rien entendre.

En m�me temps...

on peut le comprendre.

- Oui, je comprends.

Comment va-t-il ?

- �a va. Il est un peu fatigu�...

Mais ne vous inqui�tez pas. Je m'occupe bien de lui.

- Oui.

Merci beaucoup.

Merci pour votre coup de fil.

Bonne soir�e, Bernard.

Bonne soir�e. Merci beaucoup.

Musique triste

...

On frappe.

Bonjour, Randa.

- Bonjour, Arthur.

�a va ?

- Je viens d'avoir des nouvelles de C�sar. Je sais o� il est.

Je suis un peu perdu.

- Il vous a appel� ? Il va bien ?

...

Musique triste

...

Voiture � l'approche

... ...

...

Elle frappe.

- Si c'est pour un plan cul, �a risque d'�tre rapide.

- �a tombe bien, je suis press�e.

Il tousse.

...

Comment vous vous sentez ? ...

- Super.

Si vous �tes venue pour lui, vous perdez votre temps.

- La premi�re fois, � l'h�pital,

vous �tes venu me voir pour que j'aide Arthur.

Vous avez dr�lement insist�.

Il a pens� la m�me chose.

- Vous �tes vraiment belle, en fait.

- En fait ?

Merci.

- De rien.

Elle rit.

- Je sais que vous ne voulez pas que je parle de lui, mais il va mieux.

Vous lui avez sauv� la vie.

Je crois que s'il vous a menti,

c'�tait pour se prot�ger parce qu'il avait peur.

C'est pour vous qu'il avait peur.

Quand on aime quelqu'un, parfois, on porte la douleur sur soi.

On porte le sac.

M�me si c'est con et inutile.

- Il a tout g�ch�.

- � sa place, vous auriez dit la v�rit� ?

- Je sais pas...

Il tousse.

- Quand j'ai appris que j'�tais malade,

j'ai mis des semaines � le dire.

Et j'ai menti.

Tout le temps, � tout le monde.

- �a n'a rien � voir.

- Si.

Si.

Je savais qu'� la seconde o� j'allais prononcer le mot,

j'allais semer la tristesse et la d�solation.

Et c'est ce qui s'est pass�.

Il a...

Soupir Il a juste voulu gagner du temps.

- Moi, je crois qu'il en a perdu beaucoup.

Mais on n'est pas d'accord.

Il tousse.

...

J'ai cru que je l'avais sauv�.

�a, je peux pas lui pardonner.

- Je vais vous laisser.

Musique sombre

Soupir

...

Vous allez bient�t partir, vous le savez.

...

Ceux que vous aimez n'oublieront jamais ces moments.

Ce que vous allez faire va les accompagner toute leur vie.

...

- Merci, Randa.

Au revoir.

- Au revoir, C�sar.

...

Elle ferme la porte.

...

Musique majestueuse

Il tousse.

...

... ...

- Randa !

...

...

...

- Putain, C�sar...

C�sar...

- Bouh !

Il hurle.

Rire

Il tousse.

- Ce que t'es con ! Rire

- �a va ?

- Moi, �a va. C'est lui... - Pas trop.

- Faites un peu moins de bruit.

Merci.

Il tousse.

- T'es vraiment con.

Mais t'es vraiment con ou quoi ?

- T'aurais vu ta gueule.

Il rit.

Il tousse.

...

J'allais pas partir sans te dire au revoir, quand m�me.

- Excuse-moi.

Excuse-moi.

- Moi aussi, je t'aime.

Connard.

- Moi aussi.

Musique triste

...

"C�sar est n� en Alg�rie le jour de l'ind�pendance.

C'�tait un fils � papa

qui conduisait une mobylette,

collectionnait les petites amies

et avait eu de la moustache � 11 ans.

Il �tait nul en tout, mais ne doutait de rien.

Je n'�tais nul en rien, mais je doutais de tout.

Il �tait tout ce que je n'�tais pas, tout ce qui m'�nervait.

Et pourtant,

ce qui rend les amiti�s ind�fectibles,

c'est un sentiment qui manque � l'amour :

la certitude.

Or, ce 12 mai 1976,

le jour de notre rencontre, c'est exactement

ce que je ressentis.

Je me souviens encore de la premi�re phrase que tu m'as dite :

"Je sens qu'on va bien se faire chier."

�videmment, cette proph�tie �tait fausse.

On ne pouvait pas

se faire chier avec C�sar.

Il a v�cu toute sa vie comme s'il allait mourir demain.

Il est mort hier.

Il a toujours tellement �t� dans le pr�sent

que �a me para�t fou de parler de lui au pass�.

Il va falloir que je m'habitue.

C�sar a eu mille vies, mais aucune ne l'a rendu triste.

Il a vogu� sur l'existence, sans jamais �tre ab�m� par elle.

On dit qu'un ami, c'est quelqu'un

qui vous conna�t vraiment, mais vous aime quand m�me.

Il �tait insupportable, mais on ne pouvait pas ne pas l'aimer.

Il y a quelques mois, en allant � Biarritz,

t'as chant� du Gilbert B�caud,

� tue-t�te.

J'entends ta voix.

Alors maintenant, que vais-je faire ?

Vers quel n�ant glissera ma vie ?

Tu m'as laiss� la Terre enti�re.

Mais la Terre sans toi, c'est petit.

...

Merci.

...

- Merci.

Merci. - Merci, Bernard.

- Merci pour tout.

...

- � demain, ch�rie. � demain.

...

Merci.

...

- C'�tait tr�s beau, tr�s �mouvant. - Merci.

- Il m'a demand� de vous donner �a.

- Ah ? - Oui, vous devez la lire maintenant.

Il me l'a demand�.

- D'accord, je le ferai.

- � bient�t.

- � bient�t.

Musique folk douce

...

- Salut, mon pote.

Je regrette de pas avoir �t� l�. J'adore quand on parle de moi.

On s'est bien marr�s, quand m�me.

Qu'est-ce que c'est pass� vite...

Bon, j'ai un dernier truc � te demander.

Je sais que c'est le dixi�me, mais promis, apr�s, j'arr�te.

Je voudrais que tu nous rendes un service.

T'as devant toi la femme de ta prochaine vie.

Elle est super. Vous vous ressemblez.

Alors, voil� ce que tu vas faire...

Tu vas pas l'inviter, ni lui dire : "� bient�t. Merci pour tout."

On est plus en cinqui�me. Tu vas refermer cette lettre,

tu vas lui courir apr�s,

tu vas lui prendre la main et tu vas l'embrasser.

Comme �a, t'auras aussi un beau souvenir de cette journ�e.

Allez, fonce, connard.

Tu devrais d�j� �tre en train de courir.

...

- Randa !

- �a va ?

- Je voulais tout simplement vous dire...

Bonjour.

Arthur Dreyfus.

56 ans.

Je suis chercheur.

Parce que j'aime chercher et j'aime trouver.

Elle rit.

- Bonjour. Randa.

- Je peux vous offrir un verre ?

- Vous me draguez, l� ?

- �a se voit tant que �a ?

...

...

...

...

...

...

...

Sous-titrage : HIVENTY

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.