All language subtitles for Fleetwood Mac - Rumours

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Original subtitles

Emm�ne-moi l�-bas, Ken. Remm�ne-moi.

Allons-y.

Il y a eu beaucoup d'incarnations de Fleetwood Mac.

Celle que Rumours a instaur� a sans conteste �t� � l'origine

d'un large succ�s et d'une vaste production musicale.

La seule v�ritable ressemblance, celle avec Peter Green,

n'a pas v�cu longtemps.

Les succ�s au hit parade, les filles hyst�riques, tout cela,

on en �tait revenu, on �tait redescendus sur terre.

Puis nous sommes all�s aux U.S.A. et une p�riode exp�rimentale a commenc�.

Et c'est reparti.

Mick Fleetwood cherchait un studio pour enregistrer son nouvel album.

Je crois qu'il pressentait que Bob Welch allait quitter le groupe.

C'�tait le guitariste que j'ai remplac�.

Mais � ce moment-l�, Mick cherchait juste un studio.

Keith Olsen �tait l'ing�nieur du son sur Buckingham Nicks.

Keith voulait que Mick �coute un morceau,

simplement pour faire valoir ses qualit�s d'ing�nieur du son.

� la fin, Mick �tait non seulement convaincu par Keith,

mais aussi par ma guitare.

Mick revint et d�clara avoir trouv� un guitariste fabuleux.

Le choix d'une fille importait peu, on cherchait un guitariste avant tout.

On m'a demand� si je voulais int�grer le groupe.

J'ai poliment r�pondu que cela se ferait avec Stevie ou sans moi.

J'ai achet� l'int�grale de Fleetwood Mac le lendemain

et l'ai �cout�e en long et en large.

J'ai pris ma d�cision. Lindsey m'a demand� : "Que fais-tu ?"

J'ai dit : "Il y a quelque chose � faire."

Une fois en studio, il s'est pass� quelque chose...

je ne dirais pas de magique, mais une sorte de noyau...

On savait qu'on faisait quelque chose de bien.

Cette musique a de la valeur.

Les chansons de Stevie, de Chris et de Lindsey... toutes superbes.

Tout s'est pass� tr�s vite.

Stevie et moi avions beaucoup de chansons en stock.

Il nous fut donc ais�

de choisir ce qui s'harmoniserait avec le mat�riel de Christine.

Les voix se m�laient bien et nos styles d'�criture,

bien que tr�s diff�rents, se compl�taient.

Tout cela a permis le succ�s de l'album Fleetwood Mac,

le premier auquel Stevie et moi participions.

Rhiannon, le deuxi�me single, fut un gros succ�s .

Les gens se sont �cri�s : "Fleetwood Mac a un hit ? Mon dieu !"

L'album pr�c�dant Rumours commen�ait � bien marcher.

Au moment o� Rhiannon sortit, c'�tait devenu un hit.

De l'ordre de 3 ou 4 millions d'albums.

D'un coup, il n'�tait plus question de jouer pour le seul plaisir.

Nous avions une raison de faire vraiment du bon travail.

Pour Rumours, Lindsey a pris les choses en mains,

car il �tait celui qui, parmi nous tous,

se repr�sentait le mieux la musique.

Le reste du groupe �tait sp�cialiste du blues.

Il en tirait ses racines.

Mais le blues rel�ve plut�t du live, c'est un genre instinctif...

moins structur� que la musique pop.

Et Lindsey savait vraiment comment faire un disque.

Une fois � Sausalito pour enregistrer Rumours,

La machine �tait lanc�e.

Il y avait deux d�fis.

L'un musical,

puisqu'il fallait faire un nouvel album.

Le second �tait, que nous savions

qu'au niveau de nos vies priv�es, les ruptures �taient dans l'air.

Stevie et Lindsey formaient un couple � bien des �gards

bien qu'ils ne soient pas mari�s.

Et le mariage de John et Chris a vol� en �clats.

Pour ce qui est de ma vie priv�e, j'�tais en plein divorce.

Un semi-divorce. Je vivais avec quelqu'un.

Faut-il acheter une maison ou non ?

On s'est dit : "D'accord, on fait l'album � Sausalito."

Et j'ai pens� : "G�nial."

"On quitte L.A., on a une chance de se concentrer".

Nous �crivions sur nous-m�mes,

m�me si � l'�poque nous n'en avions pas conscience.

Nos chansons �voquaient nos relations personnelles

et les probl�mes qu'elles posaient.

Je crois que John a propos� le nom "Rumours",

parce que nous tenions chacun une sorte de journal sur les autres.

Cela nous est clairement apparu � l'�coute des chansons.

L'album pr�c�dent �tait g�nial. Les auteurs avaient des tas d'id�es.

On est donc partis enregistrer � Sausalito

et chacun commen�ait par jouer quelque chose.

Christine avait You Make Loving Fun en t�te, presque fini.

Elle avait ce super riff.

Mick et John ont dit :

"Attends, on prend les instruments !"

Ils ont donc jou�, et Lindsey s'est pr�cipit� sur sa guitare.

Christine et moi avions une sorte de base commune

bien qu'elle ait une formation classique et moi non

et qu'elle tire ses racines du blues.

Malgr� cela, notre sens de la m�lodie �tait proche,

� bien des �gards.

Nos impros � la guitare et au piano �taient superbes.

Elle commen�ait � jouer et je la suivais ou inversement.

Cette chanson parle de mon petit ami de l'�poque.

Il s'agit de notre �clairagiste, qui, � ce moment-l�,

n'�tait pas le bienvenu au studio.

Ses visites �taient souce d'ennuis. Il ne devait pas croiser John.

On s'est donc tr�s peu vus � cette p�riode.

Pourtant il y a eu quelques moments tr�s p�nibles

pendant les enregistrements.

Lorsque John et Chris ont rompu,

John et moi �tions toujours en voyage.

Je connaissais tr�s bien John et Chris.

Il y a d'abord le stress de la tourn�e, �tre loin de tout.

Lorsque l'on vit ensemble sans se quitter...

On voit les qualit�s et les travers des gens.

Et quant � Chris,

elle a eu trop souvent l'occasion de voir mes mauvais c�t�s.

Et malgr� tout son amour, elle en a eu assez.

Finalement elle a dit :

"Assez, je ne veux plus me trouver en pr�sence de cette personne."

Nous en avons parl�...

et avons pris une d�cision.

Mais en d�pit de toutes ces difficult�s,

nous n'avons jamais oubli�

que nous avions un projet musical � accomplir ensemble.

Ce n'�tait pas facile pour John. Pour Chris non plus.

Mais �tant moi-m�me un homme, je voyais la souffrance de John.

Aujourd'hui....

Nous sommes...

De bons amis, comme autrefois.

Mais � l'�poque, c'�tait vraiment l'horreur.

Parce que la personne que tu adores,

que tu aimes encore, te dit :

"Je veux que tu disparaisses de ma vie".

L'essentiel, c'�tait notre travail, la musique.

Il nous fallait accepter cela comme une situation malencontreuse.

C'�tait difficile de voir John triste.

� l'�poque, nous n'�changions pas un seul mot.

Stevie et Lindsey ne s'entendaient pas non plus,

mais se disputaient, alors que John et moi nous �vitions.

Mais parfois ils s'entendaient bien,

notamment lorsqu'ils �crivaient des chansons ensemble.

John et moi n'�crivions pas ensemble. On ne se parlait m�me pas.

Sauf pour les civilit�s du genre : "Ce morceau est en quel mode ?"

On a donc pass� six mois dans ce studio en s'�vitant.

C'�tait le studio de Sausalito, au milieu des ann�es soixante-dix.

Une �poque particuli�re, la fin du mouvement hippie.

Il y avait beaucoup de drogues, de gens excentriques.

Cette ville d�fiait la r�alit�, avec son studio au centre.

Tout �tait en bois, plut�t sombre.

Propice au travail cr�atif, mais sans fen�tres.

Sans soleil, on perdait la notion du temps.

Tous se sont plaints au d�but. Ils voulaient rentrer chez eux.

Mais Mick insistait pour qu'on change d'environnement,

qu'on ne puisse compter que sur nous-m�mes.

�a fait combien de temps, qu'on ne s'est pas vus ici ?

- �a fait 21 ans. - 21 ans.

- Ravie que tu aies surv�cu. - Merci, de m�me...

- On a tous surv�cu. - M�me toi, Ken.

Cela fait plaisir de te voir.

On n'�tait pas du tout s�rs de ce qu'allait devenir Rumours

Encore une fois, dans ce studio...

dans cette pi�ce minuscule...

il y avait cinq personnes au bord de la crise de nerfs.

Ce qui se jouait en priv�, notamment entre les couples,

a profond�ment influenc� la musique.

Je crois que cela a plu aux gens.

Si l'on regarde le succ�s dont a b�n�fici� Rumours,

je crois que cela va au-del� de la musique elle-m�me.

D'autres facteurs entrent en jeu, comme l'interaction entre les gens,

le groupe a prim� sur les membres pris s�par�ment.

C'�tait perceptible dans les dialogues qui se nouaient entre les membres.

Ils �voquaient des choses qui nous arrivaient vraiment.

Dreams a �t� �crite au cours d'une de ces nuits

o� je n'avais plus rien � faire.

J'allais dans un autre studio sur le site :

le Sly Stones Studio.

Lorsque je n'avais plus rien � faire, je prenais mon piano �lectrique,

mon crochet, mes magazines, mes livres et mon ouvrage.

Je restais l�-bas jusqu'� ce que l'on ait besoin de moi.

Un jour...

j'�tais assise sur le lit de Sly Stones, avec ses rideaux noirs...

Un lit fantastique !

Ce n'�tait pas ma chambre, alors je la trouvais fabuleuse.

C'est l� qu'une apr�s -midi, j'ai �crit Dreams.

J'ai tout de suite su que c'�tait sp�cial, j'avais confiance.

Je ne craignais pas l'avis du groupe. Cela leur plairait.

Voici ce que cela donnait

les premiers jours o� nous l'avons travaill�e.

Ici encore, on reconna�t John McVie � la basse.

Maintenant...

Et voici la signature John McVie et Mick Fleetwood.

C'est difficile de donner ses chansons � des gens

et de savoir qu'ils feront mieux que toi

parce qu'ils jouent de la guitare, du piano et �crivent des arrangements.

S'ils le font bien, c'est merveilleux.

� l'inverse, on regrette d'avoir donn� son morceau.

On se reproche de ne pas s'�tre suffisamment investi.

Lindsey avait une fa�on �tonnante

de toujours rendre mes chansons merveilleuses.

Quand il �tait content de mon travail.

Lors du mixage, on recherche l'�me de la chanson.

Elle sert de base et permet de voir ce qui marche ou non.

La chanson est construite autour.

On sait imm�diatement que c'est le c�ur du morceau.

Peu importe ce qu'�crivait Stevie, j'�tais un peu comme son �me soeur.

Je savais ce que je devais en faire.

Cela s'est toujours v�rifi�.

� la fin, je me sentais un peu en contradiction,

je ne savais plus si j'avais envie de le faire.

� certains moments, je n'�prouvais aucune envie de l'aider.

C'est difficile de le reconna�tre, mais telles �taient les difficult�s.

Dreams est un remarquable exemple d'un groupe qui fait du bon travail.

Quand Stevie et Lindsey �taient encore un duo et un couple,

elle pouvait enrouler sa voix autour de lui d'une fa�on incroyable.

Ils s'accompagnaient mutuellement. Une parfaite harmonie.

Quand ils ont rejoint le groupe, il y avait Christine

et ensemble, ils ont cr�� ce son incroyable.

Je trouvais cela fou,

car ils devaient se partager un micro

tous dans la m�me petite pi�ce, les uns en face des autres.

Cela a d� �tre tr�s difficile en cette p�riode de ruptures.

Malgr� tout, ils ont obtenu de telles harmonies.

Ici, nous avons

Chris et Lindsey

aux voix principales, Stevie aux deux d'accompagnement.

Certes, j'�tais le petit nouveau du groupe.

Mais aussi celui qui apportait de nouvelles id�es.

� l'�poque, John et moi nous accrochions souvent.

Je crois que j'avais souvent tort, mais il a aussi eu sa part.

Il m'a fallu longtemps

avant d'appr�cier l'approche de John.

Tu veux qu'on le refasse en entier ?

Je pr�f�rerais rentrer chez moi.

En tant que parolier,

Lindsey a son opinion et s'y tient.

Et moi, le bassiste, j'ai souvent dit : "On devrait faire cela".

Il est clair que nos opinions divergeaient souvent.

Mais ce n'�tait pas l'ego qui parlait.

C'�tait toujours dans le but d'am�liorer le morceau.

Lindsey savait exactement ce qu'il faisait.

Lorsqu'il faisait quelque chose, il savait toujours o� il allait.

De m�me, il savait si au final il avait atteint son but.

Parfois, il ressortait �puis�

de ce voyage qui lui importait tant.

Second Hand News fut

tout de suite pressenti pour �tre l'un des morceaux d'ouverture de l'album.

Le morceau lui-m�me a des influences

issues de la folk �cossaise et irlandaise.

Au d�but, en le travaillant,

nous nous sommes tenus rigoureusement � ce sch�ma.

Un genre de marche avec un tambour, quelque chose comme cela.

Mais nous ne voulions pas pour autant perdre l'�l�ment pop,

puisque ce devrait �tre le premier morceau d'un album pop.

On a donc opt� pour un rythme de danse,

tout en conservant ce cadre.

J'avais entendu Jive Talking des Bee Gees.

Je me suis inspir� de quelques �l�ments,

comme vous allez l'entendre.

Parfois il y a ceci :

Une chaise,

et un tambour plus "dansant"...

qui se substitue au rythme de marche.

Puis, � la place du solo de guitare auquel j'avais d'abord pens�,

nous avons estim� qu'une voix serait mieux, comme ceci :

Et avec la guitare.

C'est assez pr�cis�ment l'essence du morceau.

C'�tait tr�s spontan�, tr�s pur.

Ce qui finissait sur la bande son, c'�taient les �motions, sentiments.

Sans filtre, imm�diatement.

Mauvaise humeur ? Tant pis, on fait quand m�me la guitare.

Larmes ? Tant pis, on fait les percus. Et cela s'entend.

La machine �tait d�j� si bien lanc�e,

que la question d'une s�paration ne se posait pas.

Ni celle d'adopter une approche nouvelle.

Il fallait qu'on continue.

Pour y parvenir, on prenait nos sentiments,

par exemple les miens pour Stevie

et on les laissait dans un coin.

Puis on se remettait au travail tous ensemble, ignorant le reste.

Malheureusement, il fallait surmonter cela ensemble.

L'id�al aurait �t� de pouvoir partir, prendre du recul.

� un moment, nous sommes tous parvenus � surmonter cela.

� nous d�passer les uns les autres. Mais il a fallu du temps.

Je n'ai pas �t� �pargn�.

Mon meilleur ami avait une liaison avec ma femme Jenny.

Mais il restait mon ami et il l'est encore aujourd'hui.

C'est un type super et j'�tais content que si cela arrive,

ce soit lui plut�t qu'un autre.

Une situation bizarre.

Tout �tait confus. C'est comme cela qu'on a fait l'album.

John et moi avons r�ussi � rester de bons amis.

Le temps gu�rit les blessures. C'est un clich�.

Pour la bonne raison que c'est vrai.

Nous �tions toutes ces ann�es forc�s de travailler ensemble.

Il a fallu du temps pour se pardonner.

� pr�sent, je peux dire sereinement

que je le consid�re comme mon fr�re, un bon fr�re de surcro�t.

- Chris ? - Oui ?

Un sourire.

Voici la couverture de face.

Au dos figure l'incontournable photo de groupe.

Mais la dimension magique de ce c�t�,

l'apog�e parmi toutes les photos qui figurent sur cette pochette,

c'est cette s�rie de photos en haut,

prises lors d'une r�p�tition.

Stevie, approche ton visage de l'�paule de John.

Lorsque John s'est d�plac�

pour serrer Lindsey dans ses bras.

� cette �poque, personne ne s'entendait vraiment bien.

Il y avait des divorces.

On voit que Lindsey ne sait pas trop comment il doit r�agir,

Il n'y avait pas de mise en sc�ne.

John est all� spontan�ment vers lui et l'a pris dans ses bras.

J'ai continu� � prendre des photos � ce moment-l�.

Et Chris a fait de m�me avec Stevie.

Et le pauvre Mick s'est retrouv� seul.

Il avait l'air de se dire : "Tout le monde me laisse tomber".

La grande photo n'a rien d'exceptionnel, une parmi d'autres.

Mais celles-l� ont de la valeur. Elles expriment l'amour.

Tout comme celle-ci.

On l'entend toujours r�guli�rement � la radio.

Plus tard, on a ajout� des percussions.

Ici, on entend jouer Mick.

Je jouais de quoi ici ? Des cymbales, ou des cloches, je crois.

Comme dans la chanson The Move.

- Ce sont des maracas ? - Comme le cr�pitement d'un feu.

Les cymbales.

Cette partie �tait pour moi,

celle qui caract�risait le mieux la chanson.

L'�l�ment qui reliait toute la chanson.

Elle a bien failli ne pas figurer sur le disque.

Sans elle, ce morceau aurait manqu� d'un contrepoids n�cessaire...

D'un soutien pour les voix.

Elle introduit ici un �l�ment quelque peu d�routant.

On ne sait pas o� se situe le rythme, avant l'arriv�e du refrain.

C'est un peu la surprise.

Si l'on supprime cette partie, cela se remarque.

Je vais augmenter le son, pour que l'on entende la diff�rence.

Et maintenant :

Lindsey jouait de superbes s�quences mais j'ai d� l'arr�ter.

�coute John !

C'est un orchestre � lui tout seul. Il est remarquable.

C'est absolument magique.

Tu es une b�te, John !

Dreams sentait la fin, mais portait l'espoir que tout irait bien.

Au contraire de Go Your Own Way.

Cela m'a valu de nombreuses disputes avec Lindsey.

Dans mes chansons, je m'effor�ais d'�tre optimiste.

Je voulais voir la lumi�re au bout du tunnel.

Je n'invente pas d'histoires. Elles doivent �tre r�elles.

Gold Dust Woman

abordait le probl�me de la drogue.

Et comment s'en d�tacher. Il s'agissait de coca�ne.

Je n'y ai plus touch� depuis 1986,

Je peux donc en parler. Mais � l'�poque...

Je crois que cela a �t� la p�riode la plus �puisante de ma vie.

J'�tais choqu�e par le rythme extr�me qu'exigeait le rock.

Tant de travail, des journ�es si intenses...

C'�tait comme d'�tre � l'arm�e.

Tu devais �tre l� et m�me le plus t�t possible.

M�me lorsque tu n'avais rien � faire.

Gold Dust Woman �tait mon regard port� sur une personne

en crise dans sa relation amoureuse et qui prend des drogues...

Une personne qui tente de survivre et d'avancer.

Les chansons de Stevie �taient moins construites.

Cela nous permettait � nous musiciens d'�tre plus libres et inventifs.

En voici une bonne illustration.

C'est un morceau tr�s sombre.

Sa structure est tr�s souple.

Il est parfois un peu acerbe et cela m'�tait probablement destin�.

Voici ce qu'il contient :

Clavecin.

Dobro.

Fender Rhodes.

Guitare �lectrique.

Et voici la partie la plus audacieuse.

Je crois qu'on s'est un peu laiss� aller.

Je ne vois qu'une seule fa�on de l'expliquer.

Chacun en entrant ici ne pensait qu'� une chose :

l'amour de sa vie est en train de s'�crouler.

En principe, on n'est pas oblig� de voir cette personne le lendemain.

Nous, on passait 15 heures en studio. Tous tr�s �nerv�s.

Et apr�s dix heures de pause, cela recommen�ait.

Et c'�tait minuscule : un canap� pour trois et une chaise.

Au studio, il y avait toujours quelqu'un � qui parler.

Mais il y avait des portes qu'on h�sitait � franchir.

"Pas question que j'y aille !"

Parfois, c'�tait vraiment �trange.

Stevie et Christine louaient un appartement ensemble

qu'elles se partageaient � Sausalito, pr�s du port.

Je n'y suis jamais all�.

Pas une seule fois. Ce devait �tre interdit aux hommes.

Stevie et moi avions lou� un appartement.

En fait, c'�taient deux appartements situ�s dans le m�me b�timent.

Nous nous �tions beaucoup rapproch�es depuis la premi�re tourn�e.

� l'�poque, nous avions peu d'argent et partagions une chambre d'h�tel.

Nous sommes all�s � Sausalito pour faire Rumours

sans conna�tre personne l�-bas.

Nous n'avions que nous.

Ce n'est pas seulement que nous �tions tr�s li�es,

mais nous n'avions personne d'autre.

Nous n'avions que nous et nous �tions extr�mement proches.

Je me cachais dans sa chambre ou elle dans la mienne.

Souvent, John, post� dehors, se mettait � hurler son nom.

C'�tait �pouvantable.

Tous les mecs �taient log�s sur le site d'enregistrement.

Je pr�f�re taire tout ce qui s'est pass� l�-bas.

Nous avons v�cu des moments absolument dingues.

Il faut se replacer dans le contexte.

Tout �tait beaucoup plus dingue qu'aujourd'hui.

Le monde de la musique �tait tr�s extravagant.

On avait l'impression que tout �tait possible.

Il n'y avait pas de contrainte de budget.

Les drogues jouaient souvent un r�le.

Elles �taient presque une norme dans ce milieu.

Aujourd'hui, c'est devenu rare.

� l'�poque, on avait le sentiment d'aller � contre-courant.

De lutter contre l'ordre �tabli.

C'�tait avant que le secteur ne devienne commercial.

Jusqu'au milieu des ann�es 70, on croyait pouvoir tout faire.

� l'�poque, on ne pensait pas qu'on faisait quelque chose de mal.

Cela nous semblait...

correspondre � un style de vie.

Avec le recul, c'�tait stupide.

Mais � l'�poque... non.

C'�tait la norme, � ce moment-l�.

"Tu veux essayer ?" "Tiens, voil�." Mon Dieu.

La fin des ann�es 70 a �t� terrible. La pire p�riode pour nous.

C'est aussi l� que nous avons fait la meilleure musique.

Cela peut sembler �trange, mais c'�tait comme cela.

La souffrance, la drogue et l'argent,

les voitures et une vie dissolue...

Tout cela peut d�truire quelqu'un.

Les premiers temps � Sausalito, nous �tions nouveaux.

Je ne connaissais que Stevie et Lindsey.

Pareil pour Ken qui a eu l'id�e d'une plaisanterie.

Il y avait un sac que nous devions surveiller pendant qu'ils jouaient.

- Parfois, ils le r�clamaient. - Constamment.

C'est vrai. Ken devrait l'expliquer lui-m�me.

Nous �tions en plein enregistrement et anticipions la question :

"Tu peux apporter le sac ?"

Tout �tait pr�vu depuis longtemps, nous avions apport� un second sac.

Il �tait pos� l�. J'avais fait expr�s de le retourner.

Je l'ai donc soulev� par le fond et me suis d�plac� en disant :

"Tenez les gars, le voici". Il s'est d�roul� et tout est tomb�.

- Incroyable. - Ils tenaient leurs instruments...

- Sans voix. - "Mais... Ken !"

- "Arr�te !" - "Que fais-tu ?"

Et Ken jouait le parfait abruti.

Quand ils lui ont cri� dessus, il a r�pondu �nerv� : "Quoi, quoi ?"

Les affaires volaient et eux paniquaient.

Ils �taient vraiment en col�re. Jusqu'� ce que j'explose de rire.

Je n'en pouvais plus. Ils ont alors su que c'�tait un gag.

Fleetwood s'�tait vraiment �nerv�. Mick �tait furax, je crois.

Oui, John �tait vraiment fou de rage.

Never Going Back Again...

Voyons...

Si mes souvenirs sont bons...

C'�tait � un moment o� Stevie et moi �tions d�j� s�par�s.

C'�tait vers la fin de l'enregistrement de Rumours.

J'avais rencontr� une femme.

Cela n'avait rien de bien s�rieux,

mais cette histoire a mis un peu d'air dans mes voiles.

Elle m'a permis...

De me r�g�n�rer, de remonter la pente.

J'allais � nouveau de l'avant, ce dont je n'�tais plus capable.

C'est l'avantage de la musique.

Tu rentres contrari� dans le studio, ils te jouent un truc bien

et une partie de toi doit se r�jouir.

C'est gr�ce � cela que nous avons tenu.

La musique �tait assez bonne pour qu'on garde un �quilibre.

Pendant Rumours, on a tellement donn�

qu'il ne restait plus grand-chose de nous.

Nous enregistrions d'autres disques, mais au niveau physique...

Nous avons press� jusqu'� nos derni�res gouttes de cr�ativit�.

Rumours a �t� le plus extr�me.

Beaucoup de ces morceaux

ont �t� plus difficiles � jouer que ce que les int�ress�s en disaient.

C'�tait leur moyen de communiquer entre eux.

Mais John, lui, ne pouvait pas r�pondre puisqu'il ne chante pas.

Plus calme, un peu plus calme.

Christine McVie, Don't Stop.

Ici, elle leur demande d'aller plus lentement.

Ils se regardent, v�rifient s'ils ont le bon tempo.

Pr�t ? Un, deux, trois, quatre.

Don't Stop a un rythme shuffle. Elle a commenc� par jouer ce riff.

Mick accompagnait avec des cymbales.

Puis John est arriv� avec une superbe basse.

La victoire de Clinton pourrait annoncer le retour de Fleetwood Mac.

C'�tait grandiose d'apprendre que c'�tait sa chanson pr�f�r�e.

Nous �tions tous tr�s fiers.

Le plus fou, c'est que d�s la sortie de la chanson,

Clinton d�cida d'en faire la sienne

s'il atteignait son objectif.

C'est un hit, ou pas ?

Plus tard, elle a ajout� quelques lignes de pianos.

Et Lindsey une autre guitare.

Christine aurait pu �crire cette chanson dix ans plus t�t.

Il n'y aurait eu qu'une seule diff�rence :

l'absence de cette couche de cr�me au d�but.

Musicalement, cela allait plus loin qu'un rythme shuffle.

Pourtant, cela restait totalement naturel.

C'�tait une combinaison superbe et nous l'utilisions constamment.

Ils �taient tous autour du micro pour les voix de fond, employ�s inclus.

J'ai r�alis� durant les cinq ann�es pass�es,

que je devais commencer par �crire les paroles.

Depuis quelque temps, j'�cris beaucoup et sans difficult�.

Si j'ai un bout de papier sur moi, j'�cris ce qui me vient.

Dans ce domaine, je ne suis pas du tout organis�e.

Pour le reste oui, mais pas en ce qui concerne mes textes.

Je songe � les informatiser, mais je tra�ne.

Il y a des bouts de papier partout dans la maison.

Il me suffit de quelques paroles pour d�marrer aussit�t une chanson.

Songbird... fut un grand moment pour moi.

Ils �taient tous rentr�s chez eux.

Christine �tait la derni�re et composait une chanson : celle-l�.

Le micro �tait encore allum� et j'�coutais.

Je ne le connaissais pas. Magnifique.

Ce morceau n�cessitait l'acoustique d'une salle de concert.

J'avais enregistr� Joni Mitchell au Berkeley Community Theater.

C'�tait ton id�e ? Excellente.

C'�tait la meilleure salle pour enregistrer un live.

On a donc t�l�phon�, mais la salle n'�tait pas libre.

Ils nous ont sugg�r� le Zellerbach Auditorium.

Nous avons charg� les camions, command� les �quipements.

Deux micros ici, deux autres l�.

J'ai dit au technicien que je voulais trois spots vers le piano

et une douzaine de roses.

- Elle �tait subjugu�e. - Christine est une belle fille.

Je crois que cette chanson en dit long sur elle.

Nous voulions la faire en studio, puis une id�e nous est venue :

"Tu devrais faire comme Edith Piaf,

�tre seule sur une sc�ne vide pour chanter cette chanson."

Je vois que cela parle de tous et de personne.

C'est une sorte de petit hymne qui s'adresse � tout le monde.

Je dirais m�me que cela a quelque chose d'une pri�re.

Lorsque Chris �tait avec le groupe, elle jouait toujours ce morceau.

Mick et moi �tions souvent derri�re la sc�ne quand elle le jouait.

Et nous, des hommes adultes, pleurions � chaque fois.

Nous nous demandions

si le groupe allait se reformer.

Elle disait : "Tant que je ne suis pas forc�e de jouer Songbird."

Mick disait : "Si, il le faut."

Et elle : "Pourquoi ? Je ne veux plus pleurer."

J'ai demand� : "Quoi, toi tu pleures ?" Et elle l'a avou�.

Il �tait pr�vu que je sois seule sur sc�ne,

juste avec le piano, des roses, et une bouteille de champagne.

C'est ainsi que cela commen�ait.

Les enregistrements se prolongeaient jusqu'au lendemain 7 h,

puisqu'il fallait le faire en une seule prise.

Je suis heureux que Fleetwood Mac ait r�ussi � d�velopper une musique

qui, pour l'essentiel,

est int�ressante et a connu un certain succ�s .

Cela nous a permis de continuer.

L'arriv�e de Lindsey et Stevie est le r�sultat

d'une ouverture vers l'ext�rieur et d'un changement constant,

sans pour autant se perdre.

Et je me suis clairement impliqu� dans ce processus.

Mick �tait le papa, le "Grand Daddy".

Puis "Petit Daddy ", lorsque nous �tions inquiets pour lui.

Mais il est redevenu "Grand Daddy", "Le Grand Mick", plus que jamais.

C'est toujours gr�ce � lui que Fleetwood Mac a tenu.

C'est toute sa vie.

Quand j'y repense, ce ne fut pas sans mal.

Ma vie priv� en a beaucoup p�ti.

Au fond, j'ai tout sacrifi� au groupe.

Je ne le regrette pas, mais si l'on me pose la question,

je peux r�pondre que je suis vraiment all� trop loin.

Pour le groupe.

- Et tu le regrettes ? - Non.

Non. Enfin...

Si, je...

J'aurais aim� consacrer davantage de temps � mes enfants.

Cela, je le regrette.

Je crois que c'est ce qui lui tient le plus � c�ur.

Ce qu'il aime par dessus tout.

Sans le groupe, Mick ne va pas bien.

Pour lui...

Pour nous, il y a eu des moments

o� nous aurions �t� pr�ts � ne plus jamais nous revoir.

Il en allait autrement pour Mick.

Nous sommes sa famille.

- Avec peu on fait beaucoup. - Notre devise : Cr�er de l'espace.

Chris joue de l'orgue.

Je crois que Oh Daddy parle de moi.

C'est l'un de mes morceaux pr�f�r�s de Chris, une superbe chanson.

� l'�poque, j'�tais le seul du groupe � �tre p�re.

J'adore jouer et �tre entour� de gens.

�tant batteur, il me faut un groupe avec lequel jouer.

Sans groupe avec lequel jouer, je ne sers pas � grand-chose.

Il n'est donc pas �tonnant que je souhaite que cela continue.

C'est ce que j'ai toujours tent� de faire,

Avec l'aide des autres. J'ai totalement int�gr� ce r�le.

Peut-�tre est-ce une forme d'ins�curit�.

- Des castagnettes seules. - Les percussions.

Dans ce morceau, tu as toujours...

Int�gr� d'�tranges percussions.

Je n'aime pas voir que les choses se passent mal.

La confrontation n'est pas mon fort.

Il faut toujours que je trouve une solution au probl�me.

J'ai souvent entendu : "Mick, laisse tomber, cela n'ira pas."

Assez souvent, il y avait moyen que cela marche.

Mais parfois aussi au d�triment de ma vie priv�e,

de mon mariage,

du temps que je consacrais � mes enfants, et ainsi de suite.

Sans prendre en compte ma folie.

J'�tais vraiment compl�tement fou, excentrique...

Je n'�tais pas Keith Moon, mais ce n'�tait pas loin.

Cet effet... sonne super bien.

Mick est comme tous les autres dans ce milieu.

Tous mes amis devenus c�l�bres ont des regrets.

J'ai pay� le prix en renon�ant au mariage et aux enfants.

Pas de temps pour cela.

Le faire m'aurait oblig� � l�cher deux ans le groupe.

Et le groupe se serait s�par�. C'�tait donc hors de question.

On se retrouve dans une situation

qui nous isole, un peu comme dans un ut�rus.

Cela vaut aussi bien pour le studio que pour la tourn�e.

La seule fa�on pour vous de vraiment bien travailler,

C'est que quelqu'un prenne en charge tous vos besoins quotidiens.

On finit par d�velopper le sentiment d'�tre prot�g�.

Ce qui nous a fait rester ensemble, c'est la musique.

C'est seulement apr�s avoir �cout� chacun des diff�rents morceaux

que nous avons pris conscience de la qualit� de l'album.

Cela prenait le pas sur toute ambiance n�gative.

On se disait : "C'est vraiment bien."

On ne savait pas � quel point.

L'album blanc avait lui aussi �t� un succ�s .

Au d�part, nous ne savions pas ce que valait Rumours.

Nous savions seulement que nous pouvions en �tre tr�s fiers.

Nous aimions vraiment toutes les chansons qu'il contenait.

Je crois que nous �tions impressionn�s par cela.

Il nous a fallu un an pour faire Rumours.

Aujourd'hui, cela ne semble pas tr�s long.

Ce fut pourtant l'ann�e la plus intense de ma vie.

Je regrette que toutes nos chansons n'aient pas pu tenir sur l'album.

Chacun avait en moyenne trois morceaux :

Christine quatre, Stevie trois, Lindsey trois...

On �tait limit� � vingt-quatre minutes par face.

Oui, malheureusement. C'�tait avant les CD.

Puis il y a eu The Chain, auquel ils ont particip�.

Il y a notamment une chanson qui n'a pas pu rentrer sur le disque.

Tous les groupes avaient des morceaux en trop.

Mais nous avions termin� Silver Springs.

Elle devait figurer sur l'album. Mais il ne restait plus de temps.

Cela ne cadrait pas avec l'ordre des autres chansons.

C'est magnifique, repasse-la encore une fois.

Ici, on entend Stevie seule.

J'ai �crit Silver Springs en pensant � Lindsey.

Nous �tions dans le Maryland.

Il y avait ce panneau d'autoroute "Silver Springs, Maryland."

Le nom m'a plu.

Je choisis souvent pour titre des noms qui me plaisent.

C'est ainsi que je proc�de, lorsque cela sonne bien.

Pour moi, Silver Springs sonnait comme un endroit fabuleux.

"You could be my Silver Springs"

symbolise tout ce qu'il aurait pu �tre pour moi.

Sans doute la plus belle chanson jamais enregistr�e.

- Sortons-la de la bo�te. - Volontiers.

�coute cela.

Une fois enregistr�, c'�tait tr�s beau mais tr�s long.

Et je suis tr�s r�ticente � raccourcir mes morceaux.

R�duire une strophe revient � supprimer un chapitre de roman.

Le sens change et je suis m�contente.

Ils ont donc tent� de le couper pour que cela passe, mais sans succ�s .

Magnifique.

Formidable la fa�on dont joue Christine,

laissant � Lindsey assez d'espace pour sa guitare.

�coute ces chants.

- Superbe chanson. - Oui.

Quand on a dit � Stevie que cela n'allait pas, elle n'�tait pas ravie.

Je crois que j'�tais sur le site d'enregistrement � Los Angeles.

Mick m'a prise � part et m'a dit :

"Silver Springs ne sera pas sur l'album.

� la place, il y aura l Don't Want To Know.

Il faut que tu la chantes.

D�sol�, mais c'est comme cela."

Il se trouve que j'adore ce morceau. Je le chante aussi avec Lindsey.

C'�tait notre Everly Brothers � nous. Un vrai plaisir � chanter.

Quitte � remplacer Silver Springs, autant faire un bon choix.

Peu de gens avaient fait un album sur plus d'un an.

Peut-�tre Stevie Wonder avec Songs In The Key Of Life.

Personne ne nous avait pr�venus, car cela devait aller de soi.

Mais nous ignorions qu'� chaque fois qu'une bande

touche la t�te de lecture, cela cr�e un frottement audible.

La couche d'oxyde de la bande s'use.

Les aigus disparaissent les premiers, les cymbales par exemple,

toutes les hautes fr�quences...

C'est tr�s subtil, comme la torture chinoise des gouttes d'eau.

Apr�s quelques heures, les gouttes deviennent des pierres.

Le groupe, Lindsey en particulier, se demandait o� �taient les aigus.

C'�tait avant l'�re du num�rique.

Les bandes analogiques perdaient les aigus,

� chaque passage sous la t�te de lecture.

Et pendant des mois,

nous avons retravaill� et repass� ces morceaux.

Les aigus disparaissent lentement. On ne le remarque pas tout de suite.

Nous avons �cout� la copie de sauvegarde des percussions.

Le son �tait si clair, si �pur�

compar� � la bande sur laquelle on travaillait.

Nous avons compris qu'il fallait mettre le son de toutes les copies

sur tout ce que nous avions enregistr� depuis.

Nous avions syst�matiquement fait des copies des percussions.

M�me si ce n'�taient que des copies,

elles sonnaient mieux que les bandes originales.

� partir de l�, il a fallu tout transf�rer,

les chants, les guitares, la basse, absolument tout,

sur la "nouvelle" piste de batterie, sans mat�riel de synchronisation.

Il n'y avait pas encore de machine capable de synchroniser deux bandes.

Il fallait le faire manuellement.

Quelqu'un devait r�gler la vitesse de la bande � l'aide d'un VSO

et �couter les pistes de percussions des deux bandes dans un casque.

Il devait rep�rer le moment o� les deux �taient en phase,

juste avant qu'elles ne s'�loignent, puis les synchroniser manuellement.

Je ne m'imagine pas comment cela fonctionne,

mais apparemment, nous avons r�ussi et r�cup�r� nos percussions.

Ken synchronisait manuellement, en faisant tourner les deux bandes.

Avec son casque, il �coutait le tambour et le reste.

Les bandes �taient en st�r�o.

Lorsqu'elles �taient synchrones, on entendait le tambour au milieu.

Mais d�s qu'elles s'�loignaient, le son partait des deux c�t�s.

Il fallait alors intervenir manuellement

� l'aide du VSO, un appareil qui contr�le la vitesse des bandes.

Et s'assurer que la copie �tait synchronis�e avec l'original.

C'�tait tr�s difficile et pouvait prendre 14 heures.

Ces parties ont �t� enregistr�es un peu partout.

Au studio Criteria, � Miami, une autre chez Wally Heider's � L.A.

Toute notre attention s'est focalis�e sur les percussions.

� la fin, on a laiss� tomber tout le reste : la basse, la guitare.

Pour The Chain, tous les instruments furent enregistr�s en live :

basse, batterie et guitare principale.

Tout le reste a �t� enregistr� s�par�ment.

La plupart a �t� enregistr�e � L.A.

Nous avons commenc� par la fin.

John avait une partie de basse pour la fin.

Elle �tait superbe. On s'est dit : On devrait en faire une chanson.

The Chain est un morceau int�ressant.

La partie centrale existait d�j� et donne ceci :

Et cette partie allait jusqu'� la fin.

Mais il n'y avait pas de chanson.

Lindsey voulait absolument �crire seul ce morceau en entier.

Il refusait toute aide de notre part.

Mais il ne le finissait pas.

Il me restait une chanson du temps de Buckingham Nicks.

Cela allait parfaitement.

Je leur ai donc donn� ma chanson. Et cela allait bien.

Les textes de Stevie sont parfois vraiment obscurs.

Souvent, je ne voyais pas de quoi il s'agissait.

Mais pour elle, ils sont logiques et ont un sens.

Je me demandais souvent : "Mais o� veut-elle en venir ?"

En fait, peu importait car cela sonnait tr�s bien.

Le solo "hurlant" de Lindsey fut enregistr� en live � Sausalito.

Nous l'avons gard�. Tu te souviens ?

- Stevie avait ses paroles... - Et Lindsey annonce :

"On supprime deux couplets. On les retire."

Nous nous sommes m�me d�barrass�s des bandes,

en ne gardant que la batterie toute seule

et le solo de guitare de Sausalito.

Je ne voyais pas ce qu'il voulait.

- Il avait r�fl�chi. - Oui.

Un seul morceau de Lindsey

est devenu une chanson collective au groupe.

Tous y ont contribu� et le morceau a vir� de 180 degr�s.

C'est notre disque le plus important,

car il nous a permis de continuer de nombreuses ann�es apr�s .

Je crois que si nous ne l'avions pas fait,

le groupe se serait dissout beaucoup plus t�t.

Le groupe a toujours eu la priorit�.

Malgr� tout ce qu'il s'est pass�,

nous avons fait de la super musique.

On ne peut pas imaginer 5 personnes plus diff�rentes que nous.

C'est peut-�tre pour cela que c'�tait si particulier.

Quelque chose nous liait ensemble. L'alchimie �tait la bonne.

Appartenir � un groupe tel que Fleetwood Mac, c'est vivre un r�ve.

Cauchemars compris. Mais cela reste le maximum.

Si l'on est bon � quelque chose, on peut devenir encore meilleur.

On essaie de s'accrocher � son objectif, son travail.

C'est un v�ritable d�fi,

face � la folie qui entoure le monde de la musique.

Certains y parviennent, d'autres non.

Je ne dis pas que j'ai r�ussi,

mais j'ai toujours essay�.

Et un jour, on finit par se d�finir

au travers des choix que l'on a faits.

J'ai fait un retour dans le pass� et j'ai r��cout� Rumours r�cemment.

J'�tais sid�r�. Je ne l'avais pas �cout� depuis longtemps.

J'ai soudain compris pourquoi c'�tait si particulier.

C'�tait incroyable... Cela formait une unit� parfaite.

Totale.

Et je me suis dit : "J'adore cette partie de batterie."

Une chose est certaine :

nous avons fait Rumours il y a vingt ans.

C'est compl�tement fou. On veut repartir en tourn�e

et faire de la musique tous ensemble.

Et c'est fantastique.

Copyright � 2001 TITELBILD, Berlin Sous-titres : Eve Pariente e.a.

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