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Hier, ils ont branch� l'�lectricit� et le gaz.
Je t'avais dit qu'il arriverait aujourd'hui. En effet,
te voil� !
Salut, je m'appelle Siro Siri.
Michele, bonjour.
Voici mon amie, belle comme le jour. Michele, Chantal.
Il y a un type au troisi�me
qui tire sur tous les animaux.
Tu vois ces trous dans le mur ?
Ce sont des traces de balles.
�a suffit, j'en ai assez !
Ne me parle pas sur ce ton, je te l'ai dit mille fois !
Il faut mettre les choses au clair une fois pour toutes !
Bon, tu as raison.
Non, j'ai eu tort.
J'ai exag�r�, je l'admets.
Je te demande pardon. Tu es content ?
C'est moi qui ai tort. Pourquoi
tu te moques de moi ?
C'est vrai qu'il y a quelqu'un qui tire sur les animaux ?
Je n'ai vu personne.
Je viens d'arriver, alors...
Vous vivez ensemble ?
Et vous �tes mari�s ?
A quand le mariage ?
- On me l'a dit. - Quoi ?
Je dois apporter les �pinards.
Mais non, tu ne te souviens pas ?
Je dois te r�veiller. Ton premier jour d'�cole,
tu dois �tre � l'heure.
Tu es r�veill� ?
D�p�chons-nous.
Je peux m'en aller ?
- �a ira ? - �a ira.
Cher ami !
Je suis un peu en retard.
Bienvenue parmi nous !
D'autres diraient: dans notre famille !
Moi, je dis: dans notre tribu. Je dois rire ?
Vous voir me r�jouit.
Vous �tes jeune, non corrompu par l'institution,
pas encore atteint par la tristesse des cours,
la m�diocrit� des examens et l'ignoble farce des classements.
Vous �tes vierge, je le sens, je le devine.
J'ai un feeling infaillible pour ces choses. Alors ?
Je vais me plaire ici.
C'est certain.
Venez, que je vous montre notre cirque Barnum !
Don Limite, professeur Fame, le nouveau prof de math�matiques.
Voulez-vous boire quelque chose ?
C'est le professeur de musique ?
Non. C'est Edo, un esprit inexorable, un myst�re.
Quelle est la racine carr�e de 38 651 089 ?
6 217.
Vous voyez ? Bravo, Edo, continue � jouer.
Un vrai cerveau �lectronique.
Et dire qu'il ne sait ni lire ni �crire.
A sa fa�on, c'est un g�nie.
Il fait un peu de tout... c'est toujours beau mais inutile.
Comme les math�matiques: inutiles mais sublimes.
Le professeur d'histoire, remarquable.
Au dernier moment, Gino perd son emploi.
C'�tait en 1960 sous le gouvernement Tambroni,
lors des conflits � Reggio Emilia. 5 ou 6 hommes tu�s par la police...
Gino se sentait triste.
Il rencontre une belle fille et part avec elle en Sicile,
dans un petit village au coeur de la M�diterran�e.
Le soleil, l'amour...
l'iode, le corps.
Quand il rentre � Milan � la fin du mois,
il a, en poche, tout juste de quoi payer le bus,
mais aussi un feuillet...
sur lequel il a griffonn� quelques notes.
Les voici...
Quand tu es ici avec moi
Cette chambre
N'a plus de murs
Je vois des arbres
Des arbres � l'infini
Quand tu es ici tout contre moi
Le toit s'envole
N'existe plus
Je vois le ciel par-dessus nos t�tes
Restons toujours ensemble...
Vous n'�tes qu'un ignorant ! Ridicule et path�tique !
Dehors ! Sortez !
Silence, ou je vous fais tous consigner !
Venez ici, professeur.
Vous le savez, nous sommes pour le progr�s.
Mais que se passe-t-il ?
J'essaie de former ces jeunes gens.
Vous voyez !
Je vous l'ai d�j� dit: l'�cole ne doit pas former, mais informer.
C'est vrai, vous avez lu ici des po�mes d�di�s � votre femme ?
De petits sonnets...
sans pr�tention.
Directeur, renvoyez-le, nous ne voulons plus le voir.
Reprenez votre travail.
Et voici la perle, le joyau r�volutionnaire de notre �cole.
Un psychoth�rapeute, un psychologue.
Enchant�.
Les �l�ves ont s�rement besoin de lui.
A dire vrai, non.
Il est ici pour le corps enseignant, pour vous.
- Pour moi ? - Bien s�r, vous aussi.
Pour vous tous, ou plut�t, pour nous tous.
Except� le professeur Vassallo.
Oui, vous venez de le rencontrer...
Il ne veut rien savoir.
- Vous venez pour un rendez-vous ? - Je viens d'arriver.
Alors, voyez �a avec Edo, notre secr�taire. Au revoir.
Oh non... des fourmis !
Que dis-tu ? Arr�tons cette discussion.
Je veux qu'on me respecte !
Dis-moi la v�rit� !
Tu me dis la v�rit� ?
Je vous en prie, ne vous disputez pas.
Regarde-moi en face !
Arr�te, il nous regarde.
Je voudrais me faire faire un pull.
Bonjour. Je voudrais un pull, sport...
tr�s simple, mais il faudra me prendre les mesures car...
j'ai le sternum enfonc�, ce n'est pas facile.
Quoi ?
Le sternum enfonc�.
Tu vois...
Je peux venir un jour chez vous ?
La hauteur d'un homme est �gale � la distance entre ses bras.
D'ici � l�. Vous le saviez ?
Moi, je le savais.
- Depuis quand habitez-vous ici ? - Cinq ans.
- Pas d'enfants ? - Manquerait plus que �a !
Pourquoi ? Personne ne fait plus d'enfants !
- �a ne peut plus continuer ! - Bouge pas le bras.
J'ai compris. Vous vous �tes connus � l'�cole ?
Ah, ces histoires d'adolescents...
On grandit ensemble, on change...
Tu allais d�ner chez ses parents...
C'�tait pas � l'�cole.
Dommage. O�, alors ?
- A la plage. - Comment �a ?
- Il s'occupait des chaises longues. - Tu �tais plagiste ?
Cette ann�e-l�, pour me faire de l'argent.
Je comprends.
Et maintenant tu as un travail qui te satisfait...
Ce gris
me semble parfait.
Ce sera pr�t dans 2 semaines.
J'esp�re que vous aurez fait la paix, ce jour-l�.
- Je t'accompagne. - Non, c'est inutile.
Voyons, Lamberto...
L�onardo, Marco...
Maria, Marina, Marthe et Nicolas.
Marthe et Nicolas c�te � c�te ?
Ensemble ?
Pourquoi ?
Massimiliano et Aurora Giacomelli.
Marthe...
Pourquoi es-tu pr�s de Nicolas ?
Rencontr� � No�l, en 1980, chez Carlo avec Gabriella.
Est souvent avec son chien-loup place Mazzini.
Cherche toujours un logement.
A v�cu trois mois avec Anna, puis est retourn� chez sa m�re.
Nicolas devrait �tre � la lettre N...
All�, Marthe, �a va ?
Comment va Nicolas ?
�a fait un mois que je ne le vois pas.
Un mois, vraiment ? Tr�s int�ressant.
Il a pass� la nuit
chez toi ! Vous �tes plus que des amis !
Personne ne doit rien me cacher, personne !
- Il a raccroch�. - Qui c'�tait ?
Michele. Il est terrifiant.
Il ne nous laissera jamais en paix.
J'esp�re que vous aimez les maths
et que nous pourrons travailler ensemble sans probl�mes,
tout en r�solvant quelques probl�mes.
Faisons d'abord connaissance.
Des questions ? Ne soyez pas timides.
Je parle au nom d'un groupe pluridisciplinaire
qui �tudie les rapports
entre la science, l'art et la litt�rature.
Notre question concerne le carr� magique
du tableau d'Albert D�rer.
- La M�lancolie. - Oui, je vois bien.
A la Renaissance,
on disait que le carr� magique sur quatre lignes
pouvait �carter les sentiments de m�lancolie et de tristesse.
Ah oui ? C'est int�ressant. Donc...
Vous permettez ?
Le professeur nous a dit que D�rer
a sign� son tableau sous la date,
qui est 1514.
Vous me suivez ?
Nous voulons savoir comment on obtient toujours 34
sur chaque ligne, chaque colonne, chaque diagonale.
On obtient toujours 34 ?
Oui. Pouvez-vous l'expliquer ?
�a n'est pas le programme, il y en a que �a n'int�resse pas.
Si, �a nous int�resse.
�a vous int�resse...
Le jour de la rentr�e, ne vaut-il pas mieux s'acclimater...
Vous n'�tes pas oblig�, vous savez.
Comment �a va ?
- O� �tais-tu ? - J'ai fait quelques courses.
Pourquoi as-tu tard� ?
Je me suis arr�t�e en route.
Vous avez compris.
A l'infini, une droite
et une courbe se rejoignent.
Que fais-tu ?
Je change de place.
- Pourquoi ? - Comme �a.
Comme �a, par hasard ?
Oui, par hasard.
Ou par n�cessit� ?
Je ne sais pas. Je peux m'asseoir ?
Debout.
C'est quoi, la n�cessit� ?
Quoi ? Quelqu'un peut r�pondre ?
Je voulais me rapprocher du tableau.
C'est pour �a que j'ai chang� de place.
Qu'en dis-tu ?
Il voulait se rapprocher.
- De qui ? - Du tableau.
Alors, allez-y ensemble.
Au tableau ?
Non, chez vous. Au revoir.
D'ici, vous auriez pu tout voir.
- Oui, mais... - Mais vous n'avez rien vu.
Ces derniers jours,
pas de types curieux, d'all�es et venues inhabituelles,
de visites impr�vues, de cris, de disputes, de bruits ?
Rien de bizarre ?
Rien de bizarre, � mon avis.
Je descends avec vous.
Pourquoi toutes ces chaussures ?
Et toutes pareilles. Pourquoi ?
C'est vrai... pourquoi ?
�a vous regarde ?
Excusez-moi, la d�formation professionnelle.
Je monte voir vos voisins.
Bonne chance pour l'enqu�te.
Arr�te-toi un instant. Que fais-tu ?
Je pars.
Ah oui, o�, en vacances ?
C'est moi seule qui pars. On se quitte.
Nous en avons beaucoup parl�, c'est d�cid�.
Mais o� vas-tu ?
Chez des amis, le temps de trouver un chez-moi.
Mais c'est ici chez toi.
Ignazio...
Maria s'en va et �a te laisse froid.
Non, mais nous sommes d'accord.
J'avais m�me apport� des g�teaux !
Tu es gentil...
Et le mousseux ?
Il faut dire qu'avec tes week-ends en famille,
ta m�re et ta grand-m�re qui se m�lent de tout,
Maria a d� se sentir...
Encore tes id�es fixes !
Essaie de voir ce qui se passe r�ellement.
Et que se passe-t-il ?
On ne se supporte plus.
Neuf ans ensemble, c'�tait quoi, une erreur ?
Je t'en prie, r�fl�chis...
r�fl�chissez encore.
�a fait deux heures que je suis l�. J'en ai marre.
Continue. Tu es bizarre, tu es une curiosit�.
C'est inou�, lire Proust au milieu d'un lac sous une ombrelle !
C'est inou� parce que c'est con !
Ecoute, quelqu'un s'approchera s�rement, te parlera,
te demandera qui tu es, ce que tu fais l�.
Je te regardais, tu paraissais inqui�tant.
Attends, regarde.
- C'est une femelle ? - Oui, pourquoi ?
G�nial, c'est le destin ! Le mien est un m�le.
- Vous venez souvent ici ? - Tous les jours.
Qu'ils fassent connaissance. Ils auront envie...
peut-�tre de se marier.
Avez-vous l'heure, madame ?
17 h 20.
Mince alors ! C'est une montre � remontoir ?
La mienne est � quartz, elle marche si mal !
Puis-je vous raccompagner ? Je suis charmant.
C'est comme la vie, faut parfois la remonter !
Ne le prenez pas mal
mais je n'ai pas besoin de vous, je vais bien.
Je ne sais m�me pas pourquoi je suis venu.
Dites-le-moi, ce sera un bon d�but.
D�but de quoi ? C'est une fin. Au revoir.
Je dois �tudier,
pr�parer mon travail, mais chez moi...
je n'y arrive pas.
Pourtant, je dois travailler.
A l'�cole, au moins, j'y suis oblig�.
Chez moi, je me construirai un carcan
avec des horaires, des r�gles, des contraintes pour travailler.
Si vous le voulez, vous travaillerez.
On ne peut obliger personne.
C'est la chose la plus difficile.
Je m'attacherai � ma chaise et je le ferai,
pas pour devenir un de ces hommes solitaires mais courageux,
ind�pendants, efficaces, qui savent cuire des p�tes...
�a vous donne faim ? C'�tait une fa�on de parler.
Bref, voil� mon probl�me: je n'aime pas les autres.
Je vous l'ai dit. Donc...
Qui n'aimez-vous pas ?
La liste est longue !
Tenez, mon voisin...
il sort avec des filles de 40 ans plus jeunes que lui !
Peut-�tre que la peau d'une jeune fille, son corps,
sa fra�cheur, lui font de l'effet.
C'est sans appel, nous n'avons plus rien � nous dire.
A part son bureau, c'est aussi son logement ?
Il est mari� ?
J'ai encore un quart d'heure � prendre sur ma s�ance.
Vous n'allez pas le lui refiler !
Ce quart d'heure m'appartient !
Allez, montez...
Premier meeting � Urbino...
"La chanson italienne et l'�cole".
Tout le monde est l�.
La parole est au directeur, promoteur d'une initiative
que je qualifierais de fantastique !
Quelques recommandations.
N'oubliez pas votre carte personnelle
pour l'entr�e au Palais des sports.
Elle donne droit au self-service, � l'usage gratuit des toilettes et...
A un disque cadeau.
Un disque cadeau introuvable sur le march�:
Lucio Dalla qui chante
au festival de San Remo 1966:
"Paff-boum" !
Nous n'aurons qu'un arr�t de cinq minutes � Terni.
Ne vous �loignez pas du bus et n'importunez pas...
Les jeunes filles.
Repr�sentez dignement l'�cole Marilyn Monroe !
Dix filles pour moi
�a peut me suffire
Dix filles pour moi
Je veux oublier
Arr�tez !
Avec vous, notre programme de modernisation progresse.
Je l'ai dit � l'inspecteur: je veux...
de jeunes enseignants.
Je suis ravi de vous avoir dans notre tribu.
Bonjour. Toujours en retard ?
Je vous ai d�j� tout dit.
Pas tout. Que faisiez-vous chez Aurora Giacomelli...
le 7 ?
C'�tait pour un pull.
Ils s'entendaient bien ?
Je ne sais pas.
Demandez-le-lui.
Il dit oui. D'amour et d'accord !
C'est faux !
Vous ne m'aviez donc pas tout dit. �a n'allait pas ?
Non. Une fois, ils se sont disput�s.
C'est tout. Ils criaient...
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Ne me poussez pas � bout.
Vous me dites qu'un jour,
ces deux-l� ont eu quelques �clats de voix.
�a ne vous para�t pas normal ?
Non ! Pas du tout... Et puis, ils ne s'aimaient pas.
J'essaie de vous le faire comprendre.
Ah oui ? De quoi l'avez-vous d�duit ?
Je l'ai senti, pas d�duit.
Pas mal, pour un prof de maths.
Ils sont diff�rents, vous n'avez pas remarqu� ?
Vos lacets sont de couleurs diff�rentes.
Que c'est b�te ! �a ne vous arrive jamais ?
De faire des b�tises ?
Tr�s souvent.
La solitude. Ma femme aurait emp�ch� �a.
Ah, votre femme n'est pas...
On est s�par�s.
Vous vivez seul ?
�a m'int�resse. Vous faites le march� le matin ?
Vous d�nez chez vous ?
Presque toujours.
Et vos enfants, o� mangent-ils ?
Ils sont grands... ils sont partis.
Elle vous a quitt� ?
Votre femme.
Dites donc...
J'ai compris, �a fait onze ans... Vous la voyez ?
De temps en temps.
Aujourd'hui, elle vit seule ?
Je comprends.
Je m'excuse, j'ai �t� indiscret.
Mais non...
je n'avais jamais �t� interrog�, et avec tant d'insistance.
C'est que moi aussi, je vis seul.
Ah, vous voulez m'inviter � d�ner ?
C'est quoi, cette histoire d'ind�pendance ?
Personne n'est ind�pendant. Je le suis, moi ?
Pourtant, je vis seul.
Tu vas me chanter le couplet de la solitude ?
Quelle belle omelette !
Vous avez toujours v�cu ensemble.
Tu te rappelles quand vous parliez de cette maison de campagne...
on ne se serait jamais quitt�s...
on devait vivre tous ensemble...
R�ponds-moi, vous �tiez cingl�s ?
Je veux dire, vous �tiez s�rieux ?
Chacun est parti de son c�t�...
Mais ceux qui s'aiment ne doivent pas se quitter.
Toi et Ignazio...
Ecoute...
Ignazio ne t'a peut-�tre pas tout expliqu�.
Elle �tait sur le point de pleurer.
Je l'ai vue. Ne sois pas orgueilleux.
J'en suis s�r, si tu faisais le premier pas...
Pourquoi ? Tout va bien.
Non, tu aimes Maria et tu dois rester avec elle.
Moi aussi, j'ai besoin d'�tre un peu seul... d'avoir...
Toi ?
Seul, toi ?
Il y a une autre femme ?
Une autre femme... �a veut dire quoi ?
Si, �a veut dire !
Une amie. Y a rien d'exceptionnel.
Tu as fait l'amour ? R�ponds !
Mais non, �a fait peu de temps que...
Vous �tes encore amoureux, j'en suis s�r.
Elle aussi a un autre homme.
Ce n'est pas vrai !
Comment, je n'en savais rien ?
Toi et Maria...
R�ponds.
Dans une demi-heure... d'accord.
Non, n'apporte rien.
1968: r�p�tition g�n�rale de la destruction du monde.
Avant �a, nous vivions une �poque heureuse,
saine et pure, o� l'harmonie...
Claudia Cardinale.
La beaut�...
La Dino Ferrari.
L'intelligence collective...
L'�quipe de la Juventus.
L'homme dans sa perfection accomplie...
James Bond.
... ont atteint l'acm�,
le sommet de la culture occidentale.
Tu es ici ? Tu n'assistes pas � la conf�rence ?
Pas question. C'est pour les �l�ves, non ?
C'est que... tout le corps enseignant y assiste.
Pas vraiment.
On a m�me un psychologue. Tu le savais ?
Le directeur me l'a pr�sent�.
Tu vas le voir ?
Non, pourquoi ?
Ils y vont tous.
Pas tous. Tu y vas, toi ?
Moi, non ! Les coll�gues en disent du bien
mais je ne pense pas en avoir besoin.
Il n'y a pas une seule �dition fran�aise de...
Tes chaussures sont superbes.
Personne ne me l'avait dit.
C'est vrai, elles sont jolies.
Non, elles sont belles.
D'habitude, je n'aime pas les talons hauts.
Celles-ci...
Elles sont confortables.
J'aime beaucoup marcher.
Je sais.
Tu sais ?
Je l'ai senti.
Tu en veux ?
Tout est pour moi. Y en a 12 pour 100 g.
Ils ne durent pas longtemps.
C'est ton premier poste ?
J'�tais au coll�ge Albertelli.
Tu ne t'y plaisais pas ?
C'�tait trop loin de chez moi.
- O� habites-tu ? - Au 4e arr�t d'autobus.
Tu es mari�e ?
Des enfants ?
Tu vis seule ?
Avec tes parents ?
Une amie ?
Tu ne vis pas seule.
Non, je vis avec un homme.
Il a 32 ans,
un travail qui le satisfait,
il est tr�s gentil et tr�s discret.
C'est-�-dire ?
Il ne pose pas de questions.
Comment est-il, grand, petit,
beau, laid, maigre, gras ?
Vous �tes ensemble depuis longtemps ?
Je vois, c'est un homme tr�s s�rieux,
il sait choisir ses v�tements, ses relations...
Mais il a ses d�fauts.
Je suis s�r qu'il sort avec d'autres femmes,
mais se contente de les voir.
Heureusement.
Ne te moque pas de moi.
J'ai un don: � partir de petits d�tails insignifiants,
je peux construire...
Vous �tes monsieur Pioggia ?
Vous d�sirez ?
Votre femme voulait une encyclop�die.
Elle n'est pas l�, elle ne rentrera pas avant d�ner.
Bon, je l'attendrai.
Ah oui, voil�...
Vous �tes tr�s diff�rent de moi.
Vous �tudiez, travaillez, vous savez vous tenir chez vous.
C'est tr�s bien.
Et votre femme... ce n'est pas votre femme, mais...
Elle s'appelle Bianca.
Et... quand doit-elle rentrer ?
Je vous l'ai dit, tard ce soir.
Elle-m�me vous l'a dit ?
Bien s�r.
Pourquoi ? Elle vous dit tout ?
Oui, on se dit tout.
Ah bon. Vous n'avez pas de secrets.
Vous la voulez, cette encyclop�die ?
Non, je suis d�sol�. Je vous offre un verre.
Ah, parce que vous buvez aussi !
Oui... non... parfois, avec des amis.
Et vous avez appris � boire � votre femme !
Aha... vous faites la cuisine !
C'est quoi ?
Un rago�t d'agneau.
- Vous faites aussi le march� ? - Oui.
Je vois le genre, le boucher vous garde des morceaux de choix.
Quel mal y a-t-il ?
Apr�s vous, je n'ai droit qu'au second choix !
Et que faites-vous dans la vie ?
Attendez, je vais vous le dire... j'ai tout devin� de vous.
�a vaut mieux, j'en suis s�re.
Mais ne faisons pas comme les autres. C'est promis ?
Ils vont si bien ensemble.
Je ne pourrai jamais �tre comme eux.
Il n'y a rien d'autre � faire, n'est-ce pas ?
D'accord, mais on continuera � se voir ?
Non, il vaut mieux pas.
Peut-�tre plus tard.
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