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-Thérèse !
-Ça n'a pas commencé comme on l'a dit.
Elle n'a pas dit:"Je m'appelle Unetelle et j'habite…"
-Vous l'avez prise pour une nouvelle ?
-Oui.
On a compris qu'elle était le prof quand elle a pris sa place.
-Mon nom est Guénot. Professeur de français et de latin.
Asseyez-vous.
-Elle n'a rien dit d'autre de particulier ?
-Non. Je crois qu'on lui faisait peur.
Un peu.
Parce que c'était sa première classe.
Elle nous a donné une rédaction à faire.
-Pour éviter d'avoir à parler ? - Je crois, oui.
Je me rappelle, quand on s'est mis à écrire,
elle est allée s'asseoir au fond de la classe.
-Elle vous emmenait au bistrot après les cours ?
-Pas dans les premiers temps. -Et ça ?
-Ça, c'était à la fin du trimestre. On discutait…
-On devrait parler de fric dès la 6e.
-Il y a plus important. -Quoi ? Les femmes ?
-Non.
-Vous gagnez comme un contremaître ? -Qu'est-ce que ça peut te faire ?
-À peu près, oui.
-C'est quoi,
l'important ?
-Ce serait d'apprendre à dire la vérité.
-Ça, c'est vrai.
-Qu'est-ce qui t'en empêche ?
-Tout le monde.
-Que voudrais-tu dire ?
-Je n'ai jamais osé dire que j'admirais Louis XIV.
-Il faut oser.
-Et ça, c'est quand ?
-Ça, c'est un samedi soir.
Dans ce temps-là, mes parents n'avaient rien contre elle.
Quand elle nous emmenait le dimanche en balade,
comme on partait tôt le matin, je dormais chez elle.
-Avec votre sœur ? -Avec Sylvie, oui.
*Chanson en espagnol
-À table.
Patrick ? Marc ?
-Ils viennent, demain ? -Ils vont voir leur père.
-Il vient nous chercher quand ?
-Tout à l'heure.
-Après dîner ? -Qui.
Choisis ta place.
-On peut le laisser ?
-Si vous voulez.
-Chez nous, quand on mange, on n'a pas le droit.
-Ça, c'est Noël.
On est partis une semaine.
-Elle a emmené toute la classe ? -Non.
On était une dizaine.
Toujours les mêmes:
Jean-Luc, Thérèse, Marc…
Là, j'étais le prof.
-Vous comptiez plus que les autres, pour elle, à ce moment-là ?
-Je ne crois pas, non.
-Il y a un moment où vous êtes devenus plus familiers ?
-Oui. C'est là, à ce moment-là.
-Quand votre père mettait Lénine en vitrine ?
-Oui, au mois de mai.
-Elle venait vous chercher.
-Les bus étaient en grève. Elle passait me prendre.
Nous allions ensemble au lycée.
-LE POUVOIR DANS LA RUE !
LE POUVOIR DANS LA RUE !
LE POUVOIR DANS LA RUE !
LE POUVOIR DANS LA RUE !
-Qu'est-ce que c'est que ces tracts qu'elle a ?
-C'est mon père qui les fabriquait.
-Le type à droite, avec les lunettes ?
-C'est un drôle de comique. Un prof d'anglais.
On l'appelait "N'est-ce pas".
-Guénot avec nous.
-GUÉNOT AVEC NOUS ! GUÉNOT AVEC NOUS !
GUÉNOT AVEC NOUS ! GUÉNOT AVEC NOUS !
GUÉNOT AVEC NOUS !
À LA PRÉFECTURE ! À LA PRÉFECTURE !
À LA PRÉFECTURE ! À LA PRÉFECTURE !
À LA PRÉFECTURE ! À LA PRÉFECTURE !
À LA PRÉFECTURE ! À LA PRÉFECTURE !
LIBÉREZ ! LIBÉREZ !
LIBÉREZ l'EXPRESSION il LIBÉREZ l'EXPRESSION !
-Je peux me mettre avec vous ? -Venez là.
-LIBÉREZ L'EXPRESSION !
LIBÉREZ l'EXPRESSION il LIBÉREZ l'EXPRESSION !
L'AVENIR, C'EST NOUS !
L'AVENIR, C'EST NOUS !
L'AVENIR, C'EST NOUS !
L'AVENIR, C'EST NOUS ! L'AVENIR, C'EST NOUS !
-Vous vous souvenez de cette scène ?
-Quelle scène ? -La main.
-Oui.
-Et discrète, avec ça.
-Gérard n'est pas là ?
Il n'est pas malade ?
-Gérard ne descendra pas.
-Je ne comprends pas.
-Vous ne comprenez pas ? C'est pourtant pas difficile.
-Eh bien, dites.
-Il faut vous faire un dessin ? -Toujours, oui.
-C'est clair.
Laissez mon fils tranquille.
-Expliquez-moi pourquoi.
-Monsieur Leguen ! Ces tracts, ça y est ?
Bonjour.
Les syndicats sont d'accord. On vous attend.
-Je suis prêt. Voici. Lisez.
-En France, tout le monde parle.
-C'EST LA LUTTE FINALE
GROUPONS-NOUS ET DEMAIN...
-Vous êtes un peu à contre-courant.
-Par ta faute.
-Et celle de cette bonne femme.
-Qui s'empare de ta liberté, justement.
-Je peux m'en occuper seul, de ma liberté.
-Dignité ! Dignité !
-C'est ça !
-Dignité ! Dignité !
-Tout ça est ma faute.
J'aurais dû ne rien leur dire. -Non, Gérard.
Quand on se cache, on évite les questions.
C'est bon, les questions.
-Maman, tu me le prêtes ? -Bien sûr, mon chéri.
Votre père m'a fait penser à des choses que j'avais oubliées.
Mon âge, qui est presque le double du vôtre.
-Mon âge, votre âge.… Mais c'est idiot !
Regarde-toi.
Regarde-moi.
Ce n'est pas parce que mon père…
Tu avais le même âge la semaine dernière.
-Tu crois ?
-Il va falloir faire gaffe.
Nous irons voir tes parents. Nous leur dirons:
"Nous nous aimons. Trouvons une solution."
-Tu rêves ?
-Non. J'y tiens.
-Ils comprendront pas.
-Eh bien, on attendra. -On attendra quoi ?
-Qu'ils comprennent.
-On fait quoi, en attendant ? -Rien.
-On se verra plus ?
-Non, Gérard.
Qui est-ce ?
-Moi. -Je t'ai dit de ne pas venir.
-Ça fait trois jours. Ouvre. -Ne fais pas l'enfant.
-Ouvre ! -Non.
-Si !
-Ah ! Mais tu es fou !
Entre.
-Roger, n'oubliez pas, vous êtes l'aîné.
-Je n'oublierai pas.
Il n'est pas malade ?
-Rassure-toi.
-Juste un peu fou de temps en temps.
-Ah bon ? -Épileptique. C'est rien.
-Quoi ? -Il dit des bêtises.
-Allez, l'a
-Vos parents sont contents. -Pour eux, je voyais plus Danièle.
-Et le garçon, qui est-ce ?
-Un copain que j'avais racolé pour les vacances.
Laisse-moi faire.
-On va pas aller loin, comme ça. -T'occupe.
T'es pas fou, non ?
Pardon, c'est une erreur.
Merci.
Ça tient pas la route, ces bêtes-là.
Ça, ça tient la route.
On va dans le Midi. -Montez.
-Terrible.
Allez, passe.
-Pas bavards.
-Ben, on n'osait pas.
-Que faites-vous ?
-Moi ? -Non. Vous.
-La même chose que lui.
-C'est-a-dire ? -Dans la même classe.
-Oh, ben, ça alors.
-On est dans la même classe, mais pas dans le même lycée.
-Embrasse-moi.
-Je vais t'expliquer. On se connaît.
Gênes.
Portofino.
Florence.
Rome.
Ça a été des vacances terribles.
À part Roger.
-Il boudait ? -Oui.
Il voulait rentrer chez lui.
Danièle lui en a dit, ce jour-là.
On l'a mis dans le train, finalement. C'était génial.
Qu'est-ce qu'on était heureux.
Demain, j'aurai des choses à te raconter.
-C'est moi qui l'aurai voulu.
-Tu pourrais te lever.
Parle ! -Je n'ai rien à dire.
-Tu t'es foutu de nous et tu n'as rien à dire ?
-Qu'est-ce qui te met le plus en colère ?
Qu'on soit allés en vacances ou qu'elle m'ait raccompagné ?
-Je me fous de ses provocations.
Ce qui m'importe, c'est qu'elle t'ait appris à mentir.
-C'est toi qui me forces à mentir.
Si je t'avais dit qu'on partait ensemble,
tu m'aurais laissé partir ? Non. Alors ?
Tu préfères que je vive comme une bûche chez toi
ou que je vive comme avant ?
-Je veux que ce soit comme avant. Qu'elle cesse de te courir après.
-C'est moi qui lui cours après.
-Pauvre idiot.
Cette salope t'entortille. -Dis encore salope et je m'en vais.
-Si tu t'en vas, elle aura affaire à moi. Dis-lui.
Il y a des lois, en France. -Ben, dis donc.
Heureusement que la révolution de Mai a laissé tes lois debout.
Sans ça, tu serais emmerdé.
-La révolution n'a rien à voir avec vos saloperies.
Ne confondez pas vos crises de nerfs avec les vraies crises.
La liberté
n'est pas la licence.
Vous donnez à votre histoire une dimension qu'elle n'a pas.
C'est la révolution en chambre , que vous faites.
-Il va gagner. Il doit pas tomber en panne.
-Ça va ? -Allez, vas-y.
-Ils t'ont laissé tranquille ?
-Tout à fait tranquille.
C'est pour moi, tout ça ? -Qui.
-Elle est assez dure ? -Épatante.
Ça aussi ? -Qui.
J'espère qu'il est pas trop petit.
Ah, ça va. -Je peux l'essayer ?
Tu sais, quand tu es entrée, je pensais que demain matin,
nous partirons au lycée ensemble.
-Attendez, je reviens tout de suite.
Qu'est-ce qu'il y a ?
-Vous n'ignorez pas, chère madame,
l'estime que nous avons tous pour la qualité de vos travaux.
N'est-ce pas ?
Le poste d'assistante à la faculté auquel vous aspirez
vous sera certainement accordé, mais.…
N'est-ce pas ? Mais…
Il serait regrettable que votre carrière
ne soit... soit.…
-Brisée ?
-Soit gênée par votre vie personnelle.
N'est-ce pas ?
Il est certain que vous ne pourrez obtenir ce poste,
n'est-ce pas ? Que.…
qu'à la condition, n'est-ce pas, de…
-Dites.
-De rendre Gérard.
-Je ne l'ai pas pris !
Il est parti de chez lui sans me le dire.
Je ne l'attendais pas.
Je ne l'ai pas chassé, mais je ne l'ai pas pris.
-Ne vous fâchez pas. Ce n'est pas agréable pour moi.
J'essaie d'être… l'intermédiaire. -Et vous réussissez très bien.
Pour vous prouver que je ne veux pas séquestrer Gérard,
je vous promets d'obtenir de lui qu'il rentre chez ses parents.
-Très bien, madame. Je vous fais confiance.
-Je l'accompagnerai. -Pas la peine.
-Je l'accompagnerai à condition que M. Leguen me laisse parler.
-Je transmettrai.
-Vous viendrez. -Est-ce nécessaire ?
-Parfaitement.
Venez nous prendre à 20 h. Entendu ?
-Entendu, madame.
-Eh bien, tu viens ?
-Tu viens. -Non.
Elle, elle reste là.
-Alors je ne monte pas !
-Sors de cette voiture et rentre. Viens.
S'il rentre pas, sa mère en mourra.
Vous comprenez ? -Si elle ne monte pas, je monte pas.
-Pas de cœur !
-On s'en va.
-Venez, Gérard. -Pas tout seul.
-Votre mère vous le demande.
-Il ne rentre pas à cause de vous.
Vous voulez le détruire,
tout détruire.
-Laisse-nous parler. Laisse-la monter.
-Non !
-Gérard ! Gérard !
Quitte cette sorcière.
Regarde ce qu'elle fait !
-Ça suffit. On y va.
-Vous voulez pas le rendre !
-Gérard !
-Arrête, toi ! Arrête ! Démarre !
-Je vais te faire renvoyer du lycée.
-Les enfants ont été très sages. -À demain.
-À demain.
-Ils vont sûrement venir.
Sens comme je tremble.
Je n'ai jamais vu autant de haine.
Tu ne peux pas rester ici. Je ne sais pas ce qu'il faut faire.
-Il ne faut pas céder.
-Non, non. -Chut.
*Chanson en espagnol
Écoute…
-C'est ton père.
-Tu ne veux pas que j'y aille ? -Non.
-Maman !
Maman !
Maman ! Maman !
Maman !
Pourquoi tu ne vas pas ouvrir ? -C'est rien.
-Maman ! Maman !
-N'aie pas peur. Ça va passer.
-Quand vous aurez fini vos cochonneries, je reviendrai.
À tout à l'heure.
-Non.
-Jusqu'à présent, madame, j'ai fermé les yeux.
Je vous ai laissée appliquer vos méthodes:
le café, les sorties le dimanche, les réunions chez vous...
J'ai omis
de vous rappeler que vous étiez un fonctionnaire d'autorité.
L'autorité fait partie de votre fonction.
Jusqu'à présent, vous vous contentiez de la gaspiller.
Là, vous en abusez.
Vous n'hésitez pas à…
à loger chez vous un de vos élèves.
Cela, je ne le supporterai pas.
Il faut que vous partiez, madame.
Demandez votre changement.
-Je ne le demanderai pas.
Sanctionnez-moi si vous l'osez.
Ma vie privée ne regarde personne,
ne dérange personne.
J'ai d'excellents résultats. Mes élèves ne sont pas scandalisés.
-Et leurs parents ?
-Non plus.
-Vous croyez ? -Qui.
-Vous vous trompez, madame.
Voici une pétition signée par les parents de vos élèves.
Ils me demandent d'intervenir, d'arrêter le scandale.
Vous entendez ?
Le scandale.
Et je l'arrêterai. Je l'arrêterai !
-Qui est là ? -Mme Guénot.
-Vous êtes malade ?
-Ce n'est rien. Un étourdissement.
-Non, non, ne bougez pas. Je reviens tout de suite.
Madeleine ?
-Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu as ?
-Rien. Encore un coup de sonnette.
-C'est à cause de ce monsieur,
qu'on vous fait ces misères ?
-Oui.
J'en peux plus.
-Asseyez-vous.
Mme Guénot, pour raison de santé
ayant demandé son congé, je suis désormais
votre professeur de français.
Prenez votre Histoire de la littérature
page 335.
-Leguen, je ne dois pas vous laisser entrer.
-Pourquoi ? -Par ordre du proviseur.
Vous êtes renvoyé.
-Je laisse ça là.
-Pourquoi ?
-Mon père viendra la prendre.
-T'es chouette, comme ça. -C'était ça ou rien.
-J'ai dit à mon père que j'allais au stade.
-Il a signé la pétition ?
-Naturellement.
Tu penses: le règlement. -J'ai du pot,
ils me foutent la paix. Avec moi,
t'aurais pas eu d'emmerdes.
-Il n'y a que la moitié des parents qui l'ont signée.
-J'ai déjà compté. -C'est mon père qui a dû lancer ça.
-Oui. Il est venu.
-Chez toi aussi ?
-Non. Il a téléphoné.
-Allez dans la chambre.
-Je voudrais voir M. Gérard Leguen.
-C'est à quel sujet ? -À son sujet.
Je suis assistante sociale. -C'est moi.
-C'est vous ?
-Oui.
-Vous permettez ?
"Vivre, c'est aimer.”
C'est amusant.
Je vous dérange ?
Vous passez vos journées à écouter du Bach
en vous regardant ?
*Volume au maximum
Arrêtez, s'il vous plaît.
Merci.
Vous pensez bien - je l'espère du moins-,
que ça ne peut pas durer.
Vous êtes encore mineur.
Je vous conduis devant le juge qui trouvera une solution.
-Et si elle ne me plaît pas ?
-Eh bien, nous en chercherons une autre.
Vous venez ?
-J'arrive dans 5 min.
-Cinq minutes, pas plus.
Madame…
-Je me laisserai pas faire. -Tu ne peux pas refuser.
-Pourquoi ?
-Il faut que tu ailles au lycée.
-Le proviseur m'a lourdé sans raison. Qu'il me reprenne.
-Ton père n'acceptera pas. Il veut nous séparer.
-Je ne veux pas.
-La Toussaint est dans un mois. J'irai te voir.
-Et si c'est trop loin ?
-J'irai quand même.
-Promets-le-moi.
-Je te le promets.
-Je vous la confie.
-Rouen, c'est ici.
Et c'est là que vous irez.
Vous aimez la montagne ?
-J'adore.
-Qui était-ce ?
-Je ne l'ai jamais su, mais je me suis fait avoir.
Des juges, j'en ai vu, plus tard. Celui-là n'était pas un vrai.
-Qui était-ce, alors ?
-Un ami de mon père, sans doute.
-Auville ? -Présent.
-Adrian ? -Présent !
-Bertrand ?
Logier ?
Carpante ! -Présent.
-Caron ? -Présent.
-Combien de temps sans lettre ? -Cinq semaines.
-Mais vous lui écriviez ? -Moi, oui. Je me débrouillais.
-Ça, c'est le jour de la Toussaint ? -Qui.
Qu'est-ce que j'ai ?
-Tu as l'air furieux.
-Laisse-moi te toucher.
-Toi aussi, tu m'as manqué.
-J'ai pas reçu tes lettres, tu sais.
Ils me les ont toutes piquées. Je deviens dingue, là-dedans.
J'en ai marre, marre.
-Tu ne me souris plus ?
-Où es-tu descendue ? -Dans un énorme bistrot.
-On y va ? -Qui.
-Vos papiers. -Qu'est-ce qu'il y a ?
-Vos papiers !
Suivez-nous. -Pourquoi ?
-On vous expliquera.
Votre correspondant a été prévenu. Il va venir vous chercher.
-Pourquoi ? -Il représente votre père, ici.
-Quel cirque !
Tu ferais plaisir à mon père, s'il te voyait.
-J'ai honte.
-Tu n'as pas à avoir honte. C'est à lui.
Et à lui, aussi !
-Madame, les kilomètres ne vous font pas peur.
Vous êtes venue relancer… -Ça suffit.
Que voulez-vous ?
-Je veux que la volonté de votre père soit respectée.
-Je vais vous apprendre une bonne chose.
J'ai accepté de venir ici parce que Mme Guénot m'a promis de venir.
-Ça ne me regarde pas. -Si !
Je ne joue plus le jeu.
Je ne reste plus dans votre salle boîte.
-Vous devez y rester. La volonté de…
-Oh, mon père…
-Vos grossièretés m'indiffèrent.
Vous resterez ici.
Si vous avez de l'influence.… -Ah non !
Vous l'appelez au secours ?
-Finissons-en.
Ou vous rentrez au lycée,
ou ils vous reconduisent chez votre père.
-Reste jusqu'à Noël, je t'en prie.
-Soit.
Ne t'en va pas ce soir.
Tâche de dormir. -Toi aussi.
-À bientôt.
-Vous avez tenu combien de temps ? -10 jours.
-Qu'est-ce que c'est ? Une carrière ?
-Oui. Tout près de Rouen.
C'est Jean-Luc qui m'a trouvé ça. Une chance.
En Normandie, pour se planquer, il y a rien.
Je peux rester ici ?
-Aussi longtemps que tu veux. C'est abandonné.
T'as même un poêle.
-Je peux faire du feu ? -Bien sûr.
Il y a personne, je te dis. Qu'est-ce qui te manque ?
-Euh…. Une couvrante. -Ah ! T'as des allumettes ?
-Oui.
Du savon aussi, si tu trouves.
-Les flics vont te chercher ?
-Ça, j'en sais rien.
Et si tu veux mon avis, je m'en fous.
-L'eau est dégueulasse.
-Tâche de prévenir Danièle.
-OK. Je vais chercher la couvrante.
-Hé ! Deux, si tu peux.
Merci, Jean-Luc.
Tu préfères le jaune ou le bleu ?
-Le bleu.
Tu es fou.
-Va pour le bleu.
Tu me feras des rideaux, hein ? -Qui.
T'es complètement fou.
-"Fou" ? Non.
Je suis heureux.
Pas toi ?
-Si.
Je pense aux gendarmes.
-Lesquels ?
-Je te demande pardon.
Qu'est-ce que c'est ?
-Un chat. Tu connais ?
-Je suis devenue idiote.
Tout à fait idiote.
J'ai l'impression d'être espionnée. -Pas moi.
-Tu sais.…
Je ne peux pas vivre en cachette.
Il me faut le grand jour. -T'es pas bien, ici ?
-Promets-moi une chose.
-Quoi ?
-Que je ne reviendrai plus ici.
-La prochaine fois, nous irons au restaurant.
-"C'est pourquoi j'ai l'honneur de déposer
"cette plainte contre Mme Danièle Guénot,
"demandant qu'il soit fait application de la loi,
"et notamment des articles 354
"et suivants du Code pénal
"réprimant le délit de détournement de mineur.
"Signé: René Leguen."
-Messieurs dames.
Un coin tranquille ? -Une table bien en vue.
-Celle-ci vous convient ? -Oui.
-Vous saviez que votre père avait porté plainte ?
-Non. Évidemment.
-Comme ça, tu es bien ? -Qui.
-À découvert, tu ne te sens pas suivie ?
-Non. Je suis bien.
Il y a des gens. -"Des gens" ?
-Des gens qui approuvent qu'on soit ensemble.
C'est comme ça que j'aime vivre: devant tout le monde.
Donne-moi à boire.
Encore.
Encore.
Il y a cette scène dans un livre.
Un vieux chevalier qui rempli le verre de sa femme.
Comme elle l'a exaspéré,
il verse, verse.…
Et la belle nappe blanche est toute souillée de vin.
C'est beau, non ?
-Je t'exaspère ?
-Toi ? Non.
La vie qu'ils nous font mener, oui.
C'est si simple, d'être au soleil.
-Gérard !
Les flics te cherchent !
Les flics te cherchent.
-Il dépend de vous, madame, que notre entretien soit bref.
Où est Gérard ?
-Je ne sais pas.
-Pourriez-vous le savoir ? -Non.
-Je ne vous crois pas. -C'est pourtant vrai.
Je l'ai fait prévenir. Je ne sais pas où il est allé.
-Vous connaissez son âge ? -Vous l'avez vu ?
-Quelle question !
Je n'ai pas besoin de l'avoir vu pour savoir
qu'il est mineur.
-Pour moi, c'est un homme. Jeune.
Je l'aime.
-Je respecte votre amour.
-Vraiment ?
-Je ne vous reproche pas d'aimer Gérard,
je vous reproche de le ravir. -C'est flatteur.
-Inutile.
Je vous reproche de le ravir à ses parents,
de vous substituer à eux dans sa vie,
de contrecarrer leurs projets en le relançant.
-Il ne serait jamais allé à Chamonix si je n'avais pas promis de venir.
-Vous n'aviez pas à promettre. -Pourquoi ?
-Ça ne vous regardait pas. -Et s'il était resté ici ?
-Ça regardait ses parents.
Vous ne comprenez pas ? -Non.
-Pour ces raisons, vous ne deviez pas aller à Chamonix.
-Mais puisque j'avais promis.
-Vous ne deviez pas vous sentir liée par une promesse
que vous ne deviez pas faire.
-Mais c'est absurde !
-Inutile.
Je crois que le mois de Mai vous a tourné la tête.
-Nous y voilà.
-Tous les enfants se sont pris pour des hommes.
Mais la loi est restée la loi.
-C'est possible.
"La loi".… J'ai un code à moi pour les gens que j'aime.
-Tant pis pour vous. Inutile.
Avant de vous connaître, Gérard avait-il eu des…
Enfin, du moins, une expérience sexuelle ?
-Ça ne vous regarde pas.
-Répondez. -Non.
-Vous aimez la vérité.
-Trop pour la dire
à n'importe qui. -Je vous ordonne de vous calmer.
-Mesurez vos questions et je me calme.
-N'oubliez pas que vous êtes divorcée.…
et que vos enfants pourraient vous être retirés.
-Au nom de quoi ?
-Au nom de la loi, précisément.
Si, par votre conduite,
vous vous rendiez indigne de conserver vos droits.
-Laissez mes enfants tranquilles. -Allons, du calme.
Où est Gérard ? -Je ne sais pas.
-Bien.
Vos enfants.…
Qui s'occupe d'eux, quand vous êtes absente ?
-La femme de ménage.
-Pourrait-elle les garder
pendant… un certain temps ? -Je ne sais pas.
Peut-être.
-Pour le cas où je déciderais de vous arrêter,
préféreriez-vous confier vos enfants à l'Assistance publique ?
-Vous allez m'arrêter ? -Répondez !
-Non, je ne préfère pas l'Assistance publique.
-Ce matin, vous êtes entrée dans un bar.
Vous avez téléphoné à la gare
et vous avez demandé les heures des trains pour Paris.
Gérard est à Paris. -Je ne sais pas où est Gérard !
Je ne sais pas où est Gérard !
-S'il vous plaît.
Montrez-moi ce qu'il y a dans ces tiroirs.
Videz-le, s'il vous plaît.
Les autres.
Où sont les lettres de Gérard ? -Je ne les garde pas.
-Les dernières ? -Je ne les garde pas.
-Suivez-moi.
-Personne ne s'est jamais drogué ici.
-Ouvrez ce bureau. -Fouillez vous-même.
-Vous m'avez menti.
-Oui. Prenez tout ! Partez !
-Mais les dernières ne sont pas là.
-Où sont les dernières lettres de Gérard ?
Où est Gérard ?
Où est Gérard ?
-Ne pleurez pas. Vous avez du courage.
Je préviens vos parents ? -Ne les inquiétez pas.
Maman est trop malade.
Prévenez mon mari et puis…
Dites aux enfants que je reviens bientôt.
-Soyez forte. -Merci.
-Posez les doigts à plat.
L'un après l'autre.
Le pouce.
-T'es bien mieux comme ça.
-T'as drôlement maigri.
-C'est le régime d'Alfred.
-Tu marques trop ! -Comme une passoire.
-Vos affaires, dans le placard.
Votre paillasse: là-haut.
-Tu vas pas rester
debout toute la nuit ?
Couche-toi.
Monte.
-Tu veux que je t'aide ? -Toi, laisse.
Allez, donne.
Allez, monte.
Allez, monte.
-C'était le 1er de la classe. Elle l'a récompensé.
-Elle lui a foutu des bons points sur le cul !
-Elle lui a tout appris.
-Et à l'œil.
-Elle devrait me l'envoyer. J'aime bien la chair fraîche.
-Alors, tu viens ? Dépêche-toi.
-Voilà, voilà. J'arrive.
-Je m'en vais.
-Attends-moi, voyons.
Allô ? Oui ?
Où êtes-vous ?
Bien entendu.
-Oh, je m'en vais.
-Maman, je t'en prie. C'est…
Oui ?
Au palais, dans un quart d'heure.
Qu'est-ce que c'est ? -Je suis Gérard Leguen.
-Ah, c'est vous ?
Entrez, entrez.
-Promettez-vous de libérer Danièle, si je rentre chez moi ?
-Je vous le promets.
-Elle sortira aujourd'hui ? -Impossible.
-Demain ?
-Après-demain.
Quand le tribunal pour enfants désignera le juge
qui réglera vos différends avec votre famille.
-"Le tribunal pour enfants" ?
-Vous êtes mineur.
-Mon fils est fou, envoûté.… Complètement.
-Que souhaitez-vous ? Que je le fasse interner ?
-Qu'on le soigne, qu'on le guérisse, voilà ce que je veux.
Et malgré lui s'il refuse.
-Alors, il paraît que vous êtes envoûté.
Fou.
-Je ne crois pas.
-Travaille-t-il, en ce moment ?
-Non. Il ne fait rien.
Absolument rien.
-Mon père m'a fait renvoyer du lycée.
-Vous ne voulez pas reprendre vos études ?
-Mais si.
-Quelle serait la solution ?
Une chambre en ville ?
-""Une chambre en ville"” ? Ah non.
Pourquoi pas un studio et une villa sur la Côte ?
Il doit tout de même bien exister des centres de.…
Je sais pas, moi… D'observation.
-Puisque vous n'êtes pas fou,
le mieux serait peut-être.…
que vous acceptiez de le prouver.
-Comment je peux faire ?
-Dessinez-moi un arbre.
-N'importe lequel ? -Sauf un sapin.
-Et là, qu'est-ce que vous voyez ?
-Un type qui cherche à s'évader par une fenêtre.
À moins qu'il ne veuille rentrer.
C'est embêtant, de pas savoir ?
-Non.
-À l'avant ! À l'avant !
-Pourquoi t'es là ?
-Pour prouver que je suis pas fou. -À qui ?
-À mes vieux. -Merde, alors.
-Et toi ?
-Viol collectif. Récidive. Et bagnole.
-Et toi ? -Ben quoi ? Crève ta bulle.
Il s'est payé un chauffeur de taxi. -Il l'a tué ?
-Non, mais c'est tout juste.
-Je vais voir mon guérisseur.
-Votre"guérisseur" ? -Ils ont fait venir un psychiatre.
-Qu'est-ce qu'il a dit ? -Il avait presque fini son rapport.
J'étais pas malade, quoi.
-Bonne chance.
-Gérard Leguen ?
-Oui ? -Nous venons vous chercher.
-Monsieur Leguen.
-"Monsieur Leguen" ?
Ce ne sera pas long.
Il faut juste vous reposer. -Qu'est-ce que c'est, ici ?
Une maison de fou, hein ?
-Nous avons des malades, mais aussi des personnes fatiguées.
-Je ne suis pas fatigué.
Je ne suis pas malade.
Le psychiatre m'a dit que j'étais normal.
-Ce n'est pas l'avis du Dr Labouras.
-Je ne l'ai jamais vu. -C'est possible.
Mais il a certainement vu votre père.
Son rapport fait état de votre comportement familial.
-Oui, mais moi, il ne m'a pas examiné, moi !
Et c'est moi qu'on enferme. Alors je ne compte pas ?
C'est dégueulasse ! -Chambre 19.
-C'est quoi ?
-Des médicaments. -Vous en prenez ?
-Je ne suis pas malade. -Moi non plus.
-Comprenez qu'en refusant le soin,
vous donnez raison à ceux qui vous accusent.
Mais si vous suivez le traitement, tout se passera bien.
Avalez.
-La clinique des Bleuets ?
Je voudrais avoir des nouvelles de Gérard Leguen.
Leguen, oui.
Bon. Excusez-moi.
-Mais je suis sûr qu'il a été emmené par deux infirmiers.
-Inconnu.
-Il y en a encore une: Sainte-Agathe.
-Allô ? Qui ?
Monsieur Leguen ? Gérard Leguen ?
Nous n'avons personne de ce nom.
-Deux jours après, c'était devenu vrai.
-Comment êtes-vous sorti de votre chambre ?
-Par la porte.
L'infirmière avait oublié de fermer à clé. Une remplaçante.
-Mon chéri !
Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? -Je suis drogué à mort.
-Viens.
Viens.
-Oh, les vaches !
Où étais-tu ? -À Sainte-Agathe.
Tu sais, cure de sommeil.
Des piqûres… -Les salauds.
J'ai téléphoné à Sainte-Agathe.
-Tu penses.
Toi, raconte-moi la prison. -Non, demain.
La prison, c'est fini.
-Comment c'était ? Dégueulasse ? -Dégueulasse.
Tu as soif ? -Oui.
J'ai l'impression que j'aurai envie de dégueuler toute ma vie.
-Où sont les enfants ? -À la neige.
-Merde, c'est vrai, c'est Noël.
-Oui.
-C'est Noël.
J'ai la tête qui tourne. -Ne bouge pas.
-Approche-toi.
-Oh, c'est toi ! C'est toi !
J'ai cru que ça n'arriverait plus jamais.
-C'est toi aussi.
-Sans le mal qu'ils nous font, nous serions heureux.
Heureux.
-Tu sais, je peux pas rester ici.
-On va partir tout de suite, n'importe où.
-À la cabane ? -Où tu voudras.
Je vais m'habiller.
-Allô, René ?
Ton fils est chez moi.
-Je ne voulais pas rester chez Danièle.
Je ne voulais pas non plus repartir dans la nature.
J'étais trop crevé.
Alors je suis allé chez un ami de mes parents.
-Calme-toi.
Il en avait assez d'avaler leurs médicaments.
-Il est en traitement, nom de Dieu ! Tu sais ce que ça veut dire ?
T'es psychiatre ?
-Je te dis qu'il est tout à fait normal.
Écoute. Nous partons demain à la neige avec les enfants.
Il n'a qu'à venir.
-Non.
Sa sœur ne va pas en vacances, il ne mérite pas d'y aller.
-Alors on fait quoi ?
-Il n'a qu'à aller
chez son grand-père à Saint-Malo. -Tu veux ?
-Ça lui paraît pas une bonne idée.
*-Pas une bonne idée ?
Il ira à Saint-Malo ou à la clinique ! Tu entends ?
-Calme-toi, je t'en prie.
*-Sinon, je verrai le juge ! -Eh bien, vois le juge.
-Il est en vacances.
-Alors laisse-le venir avec nous.
-Non ! Non et non !
-D'accord, ça te regarde.
Mais la prochaine fois que tu défendras les libertés individuelles,
si quelqu'un te traite de salaud, ce sera moi.
Imbécile !
-La question de votre père est simple.
Êtes-vous capable
de renoncer à voir Mme Guénot ?
-Non.
-Vous entendez ? Il est incapable seul de prendre une décision.
-Je n'ai pas dit ça !
-Mais si, tu l'as dit.
Tu ne pourrais renoncer à cette femme qu'avec sa permission.
-Non.
Je ne veux pas renoncer à la voir.
-Est-ce que tu reconnais au moins que tu fais que ce qu'elle veut ?
-Non.
-Tu trouves normal son comportement ?
-Oui.
Tu ne crois pas qu'elle se conduit comme une hystérique ? Une pute ?
-Non ! Et si tu la traites de pute…
-Tu as traité ta mère de"connasse”".
-Mais… je n'ai jamais traité ma mère de connasse.
-Si.
-Mais non !
-Mais si.
-Merde !
-Cet enfant n'est pas dans son état normal.
-Il y en a pas de plus petite ?
-Déshabillez-vous.
-Ouvrez !
Ouvrez-moi !
Bande d'assassins !
-Taisez-vous, sinon…
-Vous me donnez à bouffer ?
-T'es calmé, maintenant.
-"Calmé" ?
-Veux-tu aller chez ton grand-père ?
À Saint-Malo ?
À Saint-Malo, tu sais bien…
Veux-tu y aller ? -Non.
-S'il faut que l'un de nous soit en prison, arrêtez-moi.
-Il n'est pas en prison. -C'est pire.
En prison, on ne drogue pas les gens. C'est une honte.
-Gérard subit un traitement qui lui a été prescrit par un psychiatre.
-Qui ne l'a pas examiné. C'est un abus de pouvoir.
-Gérard n'est pas de mon pouvoir.
Vous admettrez tout de même que son père a le droit
de le faire soigner.
-Oui, s'il était Malade.
Arrêtez-moi. -Je n'ai aucune raison de le faire.
-Je vous en prie. -Non !
-Encore ?
-C'est la seconde cure qui commence.
-Dites au directeur que je veux parler à mon père.
Et ma piqûre ?
Je crois que votre fils va tout à fait bien, maintenant.
-Je veux bien aller à Saint-Malo.
-Comme tu es fatigué.
-Et toi ? -Moi, j'attendais.
Qu'est-ce qu'il y a ?
-J'ai calé.
-Viens.
-C'était pire que la 1re fois, tu sais.
Je pouvais même pas foutre le camp.
Ils allaient recommencer.
Nouvelle cure.
Alors j'ai calé.
Je vais à Saint-Malo.
-Chez ton grand-père ? -Qui.
-Et tu es venu en plein jour ? Tu es fou !
-Mon père est en bas.
Il m'a donné 10 minutes.
-Pour en finir ?
Il faut plus se battre. Il faut attendre.
-Attendre en cachette ?
-Je te dirai où tu peux m'écrire.
-Je crois qu'il vaut mieux ne pas s'écrire.
Comme si nous dormions.
Il faut se reposer un peu.
Sauve-toi. Vite.
-Je t'aime, tu sais.
-Je sais.
Ce que j'ai à vous dire me fait beaucoup de peine.
Je ne veux plus que vous veniez me voir.
J'ai voulu prouver qu'on pouvait lutter contre la bêtise…
la laideur…
Je me suis cassé la gueule.
-Tu ne nous aimes plus ?
-Un cadavre ambulant qui aime, qu'est-ce que c'est ?
-Pourquoi tu ne veux plus
nous voir ?
-Je vous ai entraînés dans une aventure qui tourne à la catastrophe.
Alors.…
si vous pouviez m'oublier…
m'oublier tout à fait,
j'aurais moins de peine.
Faites comme si j'avais quitté Rouen.
Au revoir.
-J'ai 18 ans depuis hier.
Je peux te voir si je veux.
-Tu as encore posté une lettre.
-Comment le sais-tu ? -Je vois tout.
-Je prendrai un autre chemin.
-Non. Tu suivras la route que je t'ai fixée.
-Même pour aller au tennis ? -Tu n'iras plus.
-Pourquoi ?
-La mairie me cache le tennis. Tu peux jouer au basket.
-Tu as horreur du basket.
-Oui, mais avec ça, je vois le terrain comme si j'y étais.
-MON GRAND-PÈRE ET MA GRAND-MÈRE ONT l'HABITUDE DE COUCHER NUS
MA GRAND-MÈRE EST CARNASSIÈRE ELLE À MORDU PÉPÈRE AU CUL
-T'ennuie pas sans nous !
-Vos gueules !
-Surtout, te trompe pas de panier.
-Pour toi.
-Allô ? Oui ?
Gérard ! Où es-tu ?
À la gare ?
Bon. Je vais la prévenir. Ciao !
-Tu m'attendais plus ? -Non.
Si.…
Je ne sais pas.
-À quelle heure est ton train ? -Dans 2 heures.
-C'est mieux que 10 minutes.
-J'aurais dû tenir le coup. Rester en clinique.
Non-Tu es fou !
Je crois qu'on s'est gourés.
Ça ne sert à rien de renoncer et de céder.
-Comment est ta vie, là-bas ?
-Grotesque.
-Tu travailles ? -Non.
Pour qu'ils nous fichent vraiment la paix,
il faudrait passer de leur côté.
Il faudrait que je leur dise: "Danièle est une putain."
Alors là, ils seraient d'accord.
Tant qu'ils sentiront que je t'aime,
ils me lâcheront pas.
-Et si on se battait ?
Tu veux retourner à Saint-Malo ?
-Si j'étais libre, j'y retournerais pas.
-Mais tu es libre.
Ils te refoutront en prison.
-Peut-être.…. Peut-être pas.
Ça n'a pas d'importance.
Je veux que tu sois libre,
que tu choisisses ta vie.
-Tu en es sûre ?
-Oui.
Ils finiront peut-être par comprendre.
-Alors on se bat ?
-Oui.
-Jusqu'à ce qu'ils cèdent ? -Jusqu'à ce qu'ils cèdent.
-Ça voulait dire quoi,"se battre" ?
-Pour elle, que tout allait recommencer.
"Où est Gérard ?" Et encore la prison.
-Je reviendrai très vite. -Ne va pas trop loin.
-Ne vous inquiétez pas.
-C'est à cela qu'elle se préparait ? -À retourner en prison, oui.
-Les lettres de Gérard.
Ça vous ennuie pas de les garder ? -Non.
-Vous pourrez me l'apporter ? -Bien sûr.
-Pour mon mari.
-Et vos parents ? -Non, surtout pas.
Je voudrais tellement qu'ils n'en sachent rien.
Ah ! Toujours là ?
Excusez-moi d'être en retard.
-Ça alors ? -Qu'est-ce qui t'arrive encore ?
-La même chose. -T'as encore perdu ton Jules ?
-Cette fois-ci, je l'ai fait exprès.
-Qu'est-ce que t'as ?
-J'en ai marre, de travailler.
-T'avais qu'à pas vouloir.
-Tâche de te tenir tranquille.
-Hmm hmm.
T'es jalouse, toi ?
-Quoi ?
-Je te demandais si t'étais jalouse.
-T'as vu ses mains ? Elle a dû s'en taper, des piquouses.
Elle fera pas de vieux os.
-Moi, les camés, ça me débecte.
-Levez-vous !
Vous m'entendez ?
-Laissez-moi faire, vous voulez ?
-T'en as marre, hein ?
-C'est toi, le prof ?
-Oui.
Et toi ?
-Moi, je ne suis rien.
-Comment tu t'appelles ?
-On m'appelle"le Serpent”.
-Allez, viens.
Elles te font mal ? -Un peu.
-On ne peut pas te prendre par la main ?
Lève-toi toute seule.
-Tu veux ? -Oui.
-On est mal, debout.
-Salope !
Dégueulasse ! -Qu'est-ce qui te prend ?
-Putain !
-Tu m'emmerdes !
C'est Danièle que j'aime !
-Viens la défendre, si tu oses ! -Tais-toi.
Elle se fiche de toi. Je l'ai jamais touchée.
-Menteuse !
-Tu vas voir !
-Danièle ! Danièle !
-Taisez-vous ! Taisez-vous ! Vous êtes folles !
-Dites-vous que vous êtes une détenue politique.
-C'est vrai, ma sœur.
Mais généralement, les politiques sont avec les politiques.
-Sauf quand on veut les humilier.
-Si je pouvais changer de cellule… J'aimerais être seule.
-Je comprends bien. Je vais essayer.
-Tu verras, c'est bien. -Ça s'appelle comment ?
-Les Misérables.
-Ah.…
-Lis-en un peu, tu verras.
-Vachement pour nous.
T'es un vrai scout, toi.
Tu ramasses les camées et tu fais lire les putes.
Et t'aimes pas qu'on te le dise.
-Tu as raison.
Tu veux un livre ?
-Non. -Pourquoi ?
-Parce que.… tous les mecs qui écrivent sont des flics.
-Tu crois ?
-Je m'en fous.
-Assieds-toi.
-J'en ai marre.
Marre !
Marre, marre…
-Tu as mal ? -Manquer, tu sais pas ce que c'est.
-Je devine.
-Oh non, tu peux pas.
-Tu crois ?
Tu crois que rien me manque ?
-Mais tu crèves pas de ce qui te manque !
-T'en sais quoi ?
-C'est comme ça que vous gagniez votre vie ?
-Oui.
-Ça a duré ?
-Un mois à peu près.
-Je vais t'attendre, tu sais.
-Comment te sens-tu ?
-Heureuse.
-Où iras-tu, ce soir ? Rejoindre tes copains ?
-Où veux-tu que j'aille ?
-C'est vrai.
Mais si je partais avec toi…
tu irais quand même ? -Non.
Mais tu sors pas.
-Non, je sors pas. Alors.… tant pis.
Tâche de tenir le coup, au moins pour ce soir.
Tu me le promets ?
-Je te le promets.
Une dose. Rien qu'une.
À bientôt.
-J'ai voulu me prouver que je pouvais sauver quelqu'un.
Remplacer la drogue par la vie.
J'ai échoué.
J'avais plus confiance en moi.
J'ai perdu l'espoir.
-Alors ?
-Elle a pas de pot, avec ses élèves.
Elle sait les prendre, mais pas les garder.
-Eh bien ?
La bibliothèque. C'est l'heure.
-Non.
-Promenade.
Promenade !
-Je voudrais vous dire que je vais bien, que je résiste, mais non.
Je ne résiste plus.
C'est fait. Je suis devenue quelqu'un d'autre.
J'avais promis à Gérard de me battre.
Je ne sais plus pourquoi j'ai tenu ma promesse.
Si vous me revoyez un jour,
vous ne me reconnaîtrez plus.
-Où vas-tu ?
-Yvonne ! Yvonne !
Gérard est chez le juge.
-Gérard est d'accord pour rentrer chez vous.
À condition que vous retiriez votre plainte.
-Il n'en est pas question.
Si je retirais ma plainte,
tout recommencerait comme avant.
Non !
Gérard n'a pas de condition à mettre pour revenir.
Je trouve surprenant qu'il ose en poser.
-Sa réponse est non.
Qu'est-ce qu'on fait ?
-Je rentre.
-Bien. Gérard sera chez vous dans un quart d'heure.
-J'ai dit oui parce que si je rentre,
Danièle sera libérée.
-Ce n'est pas automatique.
-Je sais bien, mais.… si vous vouliez bien le demander.
-Tout ce que je puis faire, c'est le demander.
La décision de mettre Mme Guénot en liberté
dépend uniquement du juge d'instruction.
Vous n'avez pas le même juge.
-Quand je suis arrivée, la prison avait un sens pour moi.
Je me disais qu'ils comprendraient, que rien n'empêcherait notre amour:
ni leur obstination, ni notre fatigue.
Aujourd'hui, je ne sais plus pourquoi je suis ici.
Cette mise en liberté provisoire, je l'attends,
je l'espère… et, en même temps, j'en ai peur.
L'angoisse d'être dehors, espionnée à nouveau.
Refusé.
Le juge a refusé de me laisser sortir.
Pourquoi cet acharnement ?
Je ne comprends pas ce qu'ils veulent faire de moi.
Les autres savent pourquoi ils sont là.
C'est pour ça qu'ils peuvent rire.
Mais moi, je ne sais pas.
Tout s'embrouille. Et j'ai peur.
Même quand je dors, je n'oublie rien.
Ni la déchéance, ni l'angoisse,
ni l'avilissement.
Je ne serai jamais plus comme avant.
On me reconnaîtra,
mais je serai une autre.
-Qu'est-ce qui a décidé le juge à la libérer ?
-Rien, comme ça. -Au bout de combien de temps ?
-1 mois et demi.
-J'ai froid.
Où sont les enfants ? -Chez moi.
Ils ne savent rien. -C'est vrai ?
Si tu n'étais pas venu… -Tu vois bien que je suis là.
-Dis-moi.…
Promets-moi tout de suite.
J'ai besoin de savoir.
S'il m'arrivait quelque chose,
tu t'en occuperais ?
-Écoute, je suis leur père, tout de même.
-Non, promets-moi.
-Je te promets.
Il n'y a plus rien à craindre. -Oh si. Si.
-Monte.
Tu veux les voir maintenant ?
-Non.
Regarde.
-Oui ?
Oui, je sais. C'est très bien.
-Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit.
J'aurais voulu que vous n'en sachiez rien.
Je ne savais pas que les journaux en parleraient.
Maman le sait ?
-Non.
Ici, il fait très beau. Tu devrais venir.
Oui, je vais te la passer. Elle va mieux.
Elle se soigne bien.
As-tu besoin de moi ? Veux-tu que je vienne ?
-Non, ça ne servirait à rien.
C'est une simple formalité.
Je ne risque rien, puisque je n'ai rien fait.
Je n'ai rien fait de mal.
Rien dont j'aie à rougir. Tu me crois, toi ?
-Oui, je te crois.
Elle veut juste que tu sois heureuse.
Je te la passe.
-Il y aura beaucoup de monde. Moi, je n'irai pas.
-Il faut y aller, Danièle. -Non.
On va encore me demander si Gérard était vierge,
comment nous faisions l'amour,
où, quand, combien de fois…
Oh non.
Je ne peux plus supporter tout ce déballage.
Je ne comprends pas ce qu'on me reproche.
-Rappelez-vous ce dimanche soir, il n'y a pas longtemps,
quand vous rangiez vos affaires.
Vous étiez décidée à aller jusqu'au bout.
-Je suis déjà allée jusqu'au bout.
-C'était pas la peine de vous jeter en prison.
La prison, c'était pas le combat.
Le vrai combat, c'est demain qu'il commence.
Si vous fuyez, ils seront contents.
-Je comprends pas ce qu'on me reproche.
-Il s'agit pas de comprendre, demain.
Il faut gagner.
-Gagner ?
Vous croyez que c'est possible ? -Mais bien sûr.
Qu'allez-vous mettre ?
-Non, pas celle-là. Elle fait coupable.
Non.
Celle-ci ? -Pourquoi pas ?
-Je l'avais achetée pour l'agrégation.
-Et vous avez été reçue ?
-Oui. -Alors ?
-Je fais quoi ?
-Ne souriez pas. Descendez, je vais garer la voiture.
-Si c'était à refaire, vous le referiez ?
-Regardez-moi ! -Un petit sourire !
-Si vous êtes condamnée, que ferez-vous ?
-Gardes, faites évacuer la salle.
Dépêchons-nous.
Allons, dépêchons-nous.
Dépêchons-nous.
Allons, allons, dépêchons.
-Alors ? -C'est un huis clos.
-Les vaches.
-Pourquoi il y a tout ce monde ?
-C'est un professeur femme
accusée d'avoir aimé un de ses élèves.
-Comme s'il y avait pas assez d'hommes à Rouen. Pas vrai ?
-Les magistrats n'ont pas demandé à vous voir ?
-Non. Moi, je ne comptais pas.
Je n'étais rien.
-Verdict ? -Le jugement demain.
-Vous avez confiance ?
-Je ne peux rien vous dire.
-Alors ? -Horrible.
-Non, ça a été.
-Gérard est là.
-Avec tous ces photographes, ce serait de la folie.
-Au jardin des Plantes.
-Si on vous voit avec Gérard, tout ira mal.
Je ne vous conduirai pas au jardin des plantes.
-Vous êtes merveilleuse. -Pourquoi ?
-Vous avez pris la direction du jardin des Plantes.
-Tu m'aimes encore ? -Oui.
-Tu m'en veux pas ? -Non.
-Je n'aurais pas dû quitter Saint-Malo.
-Tu as fait ce que tu désirais faire. Voilà ce que je voulais.
-Le tribunal.
-Danièle Guénot, levez-vous.
Attendu qu'il est constant que Danièle Guénot
s'est rendue coupable,
dans le courant des années 1968 et 1969
-Rassurez-vous.
Si vous avez 1 an ou moins d'1 an avec sursis,
vous bénéficierez de l'amnistie, et ce sera comme un acquittement.
-C'est sûr ? -Absolument.
C'est utile d'avoir un nouveau président de la République.
-...par ces motifs,
déclare Danièle Guénot coupable du délit
de détournement de mineur,
délit prévu et réprimé par les articles
354 et suivants du Code pénal,
condamne la nommée
Danièle Guénot
à 1 an d'emprisonnement avec sursis.
-Amnistiée ! Oui, amnistiée !
-"Il fait beau. Embrasse maman. Antigone.”
"Antigone”, c'est la signature ? -Qui.
Sortez de là-dessous. Il fait beau.
-Il ne pleut pas ?
-Non. Il ne pleuvra plus jamais.
-Viens, maman. On sera très bien, tous les trois.
-Tu campes ?
-Moi, non. Eux, oui. -Vous ne partez pas ensemble ?
-Dans cette maison, il y a un jardin.
-Et.…. ? -Ils camperont dans le jardin.
Je les regarderai de mon lit.
I
C'est Gérard.
C'est vous ?
-Oui.
-Gérard ne viendra pas.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
-Ils ont fait appel.
-Qui ça,"ils” ? -Le procureur.
-Pourquoi ?
-Il ne veut pas que vous soyez amnistiée.
-J'ai rien fait. -Tu leur as fait peur.
-Il a raison.
Vous êtes ce qu'ils détestent le plus:
Mai qui continue.
-Rappelle-toi la bonne sœur:
tu es une détenue politique.
-En Mai, certains ont fait semblant d'approuver.
Ceux-là sont les plus féroces.
Pour vous envoyer au diable, à Marseille ou à Bayonne,
il leur faut une sanction. 13 mois avec sursis leur suffiraient,
mais il leur faut ce 13e mois.
-Ils ne l'auront pas ?
-Non, ils ne l'auront pas, mais à une condition:
que vous acceptiez de ne revoir Gérard
sous aucun prétexte avant le jugement.
Gérard est d'accord.
Il s'y est engagé.
Il veut que vous gagniez.
-C'est vrai ? -Je vous le jure.
-Il ne sait pas ce qu'il me demande.
-Vous tous, j'ai besoin de vous.
Il faut tout faire pour qu'ils ne se rencontrent pas.
-Si Danièle accepte.
-Oui.
-Alors nous le promettons.
-Oui.
-Oui.
-Oui.
-On part quand même en vacances ?
-Oui.
Au revoir, mes chéris.
-Tu viendras nous voir ? -Oui, bientôt.
Tu es le plus grand, tu me remplaces.
-Oui. -Au revoir.
-Au revoir ! -Au revoir !
-Pourquoi n'est-elle pas partie avec eux ?
-Pour faire une cure dans une maison de santé,
pour bien tenir le coup au moment du procès.
-Promettez-moi de vous soigner. -Qui.
-De vous soigner vraiment. -Là-bas, j'aurai que ça à faire.
-Dès que vous avez la date du procès, vous m'écrivez.
-Je me demande si j'ai bien fait de venir ici.
J'avais du courage, pourtant, quand je suis arrivée.
Je voulais retrouver mes forces.
Mais la volonté,
la bonne volonté,
suffira-t-elle ?
Je n'aurais jamais dû venir ici.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Je ne me repose pas.
L'angoisse monte, augmente…
sort de partout.
Je ne supporte pas la solitude.
J'ai toujours eu besoin des autres.
Des autres ici.
-Vous dormiez bien, pourtant.
-Au début, oui.
Maintenant, je ne dors plus.
Chaque fois que je ferme les yeux,
j'ai le cauchemar qui me reprend.
Toujours le même.
Un homme qu'on lynche.
C'est moi.
Et je n'arrive pas à mourir.
Pierre, mon mari,
j'ai besoin de toi encore une fois.
Si je perds mon procès,
si je suis vidée de l’Éducation nationale,
j'aurai juste de quoi vivre pour 6 mois,
à cause des impôts, du loyer, des frais de justice.
Je ne serai plus capable de nourrir les enfants.
Je compte sur toi pour eux,
s'il m'arrivait quelque chose.
On devrait pouvoir mourir naturellement.
En allant jusqu'au bout de l'angoisse,
on doit bien finir par tomber de l'autre côté.
Il suffit d'attendre.
-Ah non, Thérèse n'est pas là.
Non, elle est partie à Cahors. Son oncle est mort.
-Elle a des nouvelles de Danièle ?
-Je ne sais pas.
Elle rentre dimanche.
Oui, dimanche matin.
Au revoir.
-Ma petite Thérèse, Je n'en peux plus d'être ici.
J'ai décidé de partir.
J'arriverai samedi soir.
Je veux voir Gérard.
C'est ma dernière chance.
-Oui ?
-Le gardien n'est pas là ? -Non, je le remplace.
-Je suis Mme Guénot. Vous n'avez rien pour moi ?
-Non, rien.
-Une lettre ? Un message ? -Y a rien, madame.
-"Je veux voir Gérard.
"C'est ma dernière chance."
On ne peut pas tout lui refuser.
-Tu as donné ta parole.
-Cette pauvre femme n'en peut plus.
Il faut l'aider, voyons.
-Si Gérard va la voir, ça se saura. Et qui ira en prison ?
-Ils n'ont qu'à venir dîner ici.
-Tu veux bien ?
-Appelle son avocat. -Si tu crois qu'il est là un 15 août.
Allô ?
Oui ?
C'est Gérard.
Il faut que tu viennes dîner ce soir.
Oui.
Tu seras content.
Je vais la voir maintenant.
-Mon petit…
Danièle est morte.
-C'est vrai.
Elle s'est tuée.
-Avec le gaz.
-Où allez-vous ?
Vous êtes fou.
-Je veux la voir.
-Vous êtes de la famille ? -Je veux la voir.
-Mais qui êtes-vous ?
Son frère ?
Son mari ?
Venez.
Ne restez pas ici.
-Je voudrais que ce qui m'arrive serve à quelque chose.
Même si ça a l'air d'une catastrophe.
Même si ça a l'air décourageant.
Même si ça ressemble à une défaite.
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