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Bourrasques de vent
...
...
- Hé, toi !
Oui, toi. Viens là.
Mets-toi au repos.
Rentre.
il zippe la tente.
- Poursuivez, messieurs.
(En arabe) - Choisis.
...
Choisis.
- Oh !
Cris
Gémissements
...
- Choisis.
...
il crie.
- Je n'ai pas peur de mourir!
Hurlements
...
Je n'ai pas peur de mourir!
- Massue.
Fracas
Fracas
Couvrante.
- Toi, aide-moi.
...
*- Notre redressement se poursuit.
- Qu'est-ce que c'est ?
*- L'unité nationale est ressoudée.
- Hé, cinéma !
Baisse le son !
*- Pourtant devant la France...
- Des essais pour la projection de ce soir.
- Choisis.
*- ...celui de l'Algérie.
Car pour résoudre la question algérienne,
il ne suffit pas de rétablir l'ordre,
et de donner aux gens le droit de disposer d'eux-mêmes,
il faut traiter un problème humain.
Le sort des Algériens appartient aux Algériens.
- S'il te plaît ! Aie pitié ! Je vais parler!
- Ferme ta gueule, Walid !
Meurs comme un homme !
Meurs comme un homme !
- Tu parles ou tu meurs ?
- Je vais parler !
- Tu vas tout dire ?
Tout ?
- Traître !
Sale traître !
*- Tout sera fait
pour que le peuple algérien
ait la parole dans l'apaisement.
Coups de couteau Gémissements
La décision
ne sera que la sienne. Le soldat s'effondre.
Mais je suis sûr,
pour ma part, qu'il prendra...
Quelqu'un crie en arabe.
- Couchez-vous !
Mitraillettes
...
Mourad i?
Walid ?
Ça va?
- Ça va !
Reste dehors !
- On est sauvés, mon frère.
Mourad !
On est sauvés.
- Oui...
On est sauvés.
Ils rient.
...
Tu as supplié les Français ?
- Jamais de la vie.
Je leur disais n'importe quoi.
- Ecoute.
Tu meurs mais tu parles pas.
Tu m'entends ?
Tu m'entends ?
Tu meurs mais tu parles pas.
- Ça va de soi, Mourad.
Ça va de soi.
- Ça va de soi?
Coup de couteau Gémissement
...
Ça va de soi.
...
- Où est Walid ?
- Y a plus de Walid. - Comment ça ?
- Ça suffit.
Et les Français, ils sont tous morts ?
- Je t'en ai laissé un.
Le voilà.
- N'aie pas peur.
N'aie pas peur.
Crève.
Du calme.
Il agonise.
Musique inquiétante
...
Téléphone
...
...
(En flamand) - On ne te croit pas.
On s'en fout !
Personne n'est innocent.
Même pas tes enfants.
- C'est simple. Je pose une question,
tu réponds !
- Même pas tes enfants.
- On crèvera un œil à tes enfants.
Tu comprends ?
Pleurs et cris
...
- Tu veux jouer au con avec nous ?
C'est ce que tu veux ?
Téléphone
...
...
...
...
Quelqu'un approche.
...
- Allô ?
*- Soua Ly-Yang.
C'est madame Delignières.
La mère du colonel Simon Delignières.
- Bonsoir, madame. Le colonel Breitner est couché.
*- J'imagine bien.
Prévenez le colonel Breitner que je serai chez lui, demain matin.
- Oui, madame. *- Parfait.
Mme Delignières raccroche.
(En hmong) - Ouvre la porte.
Fais ce que je te dis.
Ouvre cette porte.
Ouvre cette porte !
- Pourquoi tu l'ouvres pas toi-même ?
Vas-y.
Colonel Breitner.
Va chercher tes clés.
il gémit.
- Soua.
Donne-moi la bonne clé.
...
il coupe le moteur.
Les cloches sonnent.
...
...
- Bonjour, colonel. Merci de me recevoir.
...
- Votre fils a aussi pu être fait prisonnier.
Les officiers supérieurs sont une bonne monnaie d'échange.
Je ne vois pas l'intérêt des rebelles de le tuer.
- Mon fils est mort, colonel Breitner.
Une mère peut ressentir ce genre de chose.
Musique intrigante
...
Plusieurs postes stratégiques pour notre armée
ont été attaqués ces dernières semaines.
Et vu l'audace
et l'efficacité des raids,
les rebelles étaient très bien renseignés.
Mon fils était au fait
de ces informations confidentielles.
Pour moi,
il a été torturé.
Et il a parlé.
...
La localisation du camp des rebelles est indiquée sur ces cartes.
- Si l'armée l'a localisé, pourquoi ne pas les frapper ?
- De Gaulle va rendre l'Algérie aux Algériens.
Pourquoi risquer d'autres vies françaises ?
Toutefois,
comme les crimes de ces barbares ne doivent pas être impunis,
dans moins de 6 jours,
le napalm aura tout brûlé.
Il ne restera que des cendres.
Et bien sûr,
plus aucune trace des restes de mon fils.
Je veux que vous alliez dans les Aurès-Nementcha
et que vous trouviez le corps
du colonel Simon Delignières.
Non, je ne vous demande pas de ramener son cadavre jusqu'ici.
Laissez-le en Algérie.
En revanche,
ramenez-moi quelque chose qui lui appartenait.
Quelque chose
que je pourrai mettre dans son cercueil.
- J'en ai fini avec la guerre,
madame.
- Vous êtes devenu français par votre sang versé, colonel Breitner.
Mais Soua Ly-Yang
bénéficie d'un titre de séjour
qui lui a été accordé
grâce aux relations des Delignières.
Et...
Je suppose
que vous ne voulez pas qu'elle soit expulsée du territoire.
Parce que...
VOUS savez
ce que les Vietnamiens lui feront dès qu'elle posera le pied sur leur sol.
- Soua Ly-Yang est une Hmong.
Comme son peuple, elle s'est battue pour la France.
Son père et son frère sont morts pour nous à Diên Biên Phu.
Au lieu de les remercier,
ce pays les a abandonnés.
- Colonel Breitner,
vous n'êtes pas français depuis très longtemps.
Alors,
laissez-moi vous préciser deux petites choses
à propos de vos nouveaux compatriotes.
Ils ont pour habitude de se coucher pendant l'Occupation.
Et de tondre les femmes à la Libération.
Et après,
après...
ils boivent.
Et ils oublient.
J'ai affrété un avion qui vous amènera demain à Alger.
Ne revenez pas les mains vides.
...
Appel du muezzin
...
- Voici vos laissez-passer sur le territoire.
- Et pour l'Arabe ?
- Un commando est sur ses traces.
Sa capture n'est qu'une question d'heures.
....
...
- Chère madame, monsieur...
J'ai...
l'immense
tristesse...
On frappe-
Entrez.
- Mes devoirs, mon général.
- Rompez, soldat.
Le soldat ferme la porte.
- Général ?
Mais sérieusement?
- Général de brigade.
Mais général quand même.
Bière ou soda ?
- Soda.
- Je ne sais pas pourquoi t'as accepté cette mission.
T'aurais mieux fait de t'abstenir.
Le merdier basané est pire que le merdier bridé.
- Pire que l'lndochine ?
Comment c'est possible ?
- C'est possible car c'est devenu aussi facile de tirer
que de ne pas tirer.
- C'est plus facile de tirer avec un Arabe en face ?
- Qu'est-ce qu'on ferait pas pour son pays ?
Coups de matraque sur les barreaux
- C'est un accueil étonnant de la part d'un soldat qui a tué son officier.
Je peux savoir pourquoi ?
- Vous le savez, mon colonel. Vous avez dû lire mon dossier.
- Alors, dis-moi,
ça valait le coup ?
- Mon capitaine n'aurait pas dû m'ordonner de tuer les enfants.
- Je t'ai posé une question.
Est-ce que ça valait le coup ?
- Non.
Ils ont quand même tué les enfants.
Ils m'ont forcé à regarder et à les enterrer avec les parents.
- Tu décides quoi,
sergent-chef ?
Tu viens avec moi pour une mission
ou tu attends ton exécution ?
- Si je viens avec vous,
faudra tuer des enfants ?
- Pas sous mon commandement.
...
Soldat Martillat !
- Rompez.
- Bien sûr que je suis volontaire.
N'importe quoi plutôt que de charrier de la merde.
- Ton père
est mort en héros, en Indochine.
T'es fils unique, tu aurais pu rester soutenir ta maman.
- Maman...
Je me suis engagé pour faire mieux que mon père.
- Faire mieux ?
En quoi ?
- Rentrer en héros, mais en vie.
- Là, tu as plus de chances de rentrer mort.
- Et alors ?
- Rien.
Autre chose.
Si, au cours de la mission, tu t'avises de désobéir à un seul de mes ordres,
tu reviendras pas finir ta peine.
Je te tuerai sur place.
...
- Attention pour les couleurs !
Envoyez !
Air militaire au clairon
...
- Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivé
(En arabe) Allez, chantez !
- ALLONS ENFANTS DE LA PATRIE
LE JOUR DE GLOIRE EST ARRIVÉ
- Ta gueule et baisse la tête !
- CONTRE NOUS DE LA TYRANNE
Une voiture approche. L'ÉTENDARD SANGLANT EST LEVÉ
L'ÉTENDARD SANGLANT EST LEVÉ
ENTENDEZ-VOUS DANS LES CAMPAGNES
MUGIR CES FÉROCES SOLDATS ?
ILS VIENNENT JUSQUE DANS VOS BRAS
ÉGORGER VOS FILS, VOS COMPAGNES !
- Lieutenant Terrail ?
- Oui.
- FORMEZ VOS BATTAILLONS
MARCHONS, MARCHONS
- Il est arrivé quoi,
à l'Arabe, là-bas ?
Tentative d'évasion ?
- Pire.
Refus de s'intégrer à la chorale.
Votre colis est là-bas.
Menotté au camion.
- Assia Bent Aouda ?
- Que veux-tu, soldat français ?
- Ton père et toi étiez spécialistes en explosifs ?
- C'était mon père, le spécialiste.
Il m'a tout appris sur les bombes.
Grâce à ses leçons, j'ai tué beaucoup beaucoup de Français.
- J'ai besoin de toi.
Pour une mission.
- Tu m'as prise pour qui ?
Une putain au service des Français ?
- Dis-moi, c'est ta mère, là-dessus ?
L'orage gronde.
Ton père et toi,
vous vous êtes donné du mal pour faire croire à sa mort.
Vous avez berné notre armée,
mais pas nos services secrets.
Ils ont retrouvé ta mère à Tunis.
Voilà le marché :
tu viens avec moi et ta mère vivra.
Tu refuses,
les parachutistes lui couperont la tête
et on te la livrera dans ta cellule.
Ça te fera de la compagnie jusqu'à la fin de la guerre.
Qu'est-ce que tu décides ?
- Sergent Ben Brahim,
préparez-vous à traduire.
- À vos ordres, mon lieutenant.
- Messieurs,
je suis très déçu.
Il traduit en arabe.
...
- Autant par votre manque d'entrain à chanter notre hymne national
que par vos piètres talents de choristes.
Il traduit en arabe.
- En plus,
j'ai vu l'un de vous cracher pendant la levée du drapeau.
Et ça,
c'est inadmissible.
Il traduit en arabe.
...
- En conséquence de quoi,
je me vois obligé d'oublier les conventions de Genève
relatives au traitement des prisonniers de guerre.
Il traduit en arabe.
...
- Ils ont compris ?
Il traduit en arabe.
Mitraillettes
Gémissement
L'orage gronde.
...
- Martillat!
J'ai besoin de toi.
Senghor, fais reculer la jeep.
Viens.
Il est temps de défaire ce que vous avez fait.
Ne les démine pas, marque leur emplacement.
Avec ça.
Musique douce
...
(En arabe) - Un.
Deux.
Trois.
Quatre.
...
- C'était pas plus simple avec un détecteur de métaux ?
- La spécialité d'Aouda et de son père, c'était les mines porcelaine.
Ils prenaient un vase ou un pot,
le remplissaient avec du verre pillé et du TNT, et l'enterraient.
Le détecteur de métaux n'aurait servi à rien.
(En arabe) - Quatre.
Cinq.
- Non, stop.
N'approche pas du 6, ma fille.
Marche sur le 7. Il porte bonheur.
...
Dieu te protège, ma fille bien-aimée.
- Merci, papa.
- Que Dieu te protège.
...
Explosion tonitruante
...
...
...
- Mon colonel, pourquoi on s'arrête ?
...
"lnutile de tirer, ils sont trop loin...
à présent.
"Allonsse...
"Allons plutôt chercher
"Nos che...
"Nos chevauxes...
"Chevaux.
"L'hypo..." Oh, là...
"L'hypothèse..."
Respiration haletante Musique grave
... ....
- Je peux avoir les jumelles, mon colonel ?
....
Mon dernier réflexe sera d'appuyer sur la détente.
Les fells seront avertis
et vous aurez perdu un soldat de confiance.
- Attends mon signal pour tirer.
- "Qu'il puisse s'agir de..." Oh, putain !
- Un village, 4 hommes.
Des pillards. On fonce et on les tue.
Musique inquiétante
...
Coup de feu
(En arabe) - Soldats ! Soldats !
...
Gémissements
...
- Tu fais quoi, Martillat ? - J'ai plus de balles.
Hurlement de douleur
Craquement
- Tu aurais pu l'achever avec l'arme à ta ceinture.
- Et merde !
- Tu sais ce qu'est la miséricorde, Martillat ?
- La miséricorde ?
Oui, mon colonel, je sais ce que c'est.
Quand j'ai signé, on m'a pas dit que je devais avoir pitié.
On m'a dit que je venais tuer des bicots.
Et rien que des bicots.
...
(En arabe) - N'ayez pas peur.
N'ayez pas peur.
- N'ayez pas peur, les enfants.
C'est un soldat français.
Aucune raison d'avoir peur.
Venez avec moi.
Allez.
Allez, avancez.
Allez.
Musique grave
...
Gémissement
...
...
Il rit.
- Je suis pas mort.
Pas encore...
...
- Comment tu peux tuer des enfants ?
- C'est facile, négro.
C'est pas les miens.
T'as compris, négro ?
Ce sont pas les miens !
- Ce ne sont pas les tiens ?
Ce ne sont pas les tiens ?
Fracas
....
- Ca va ?
T'as fini ?
...
Je comprends pas, ces gens, c'est leur peuple,
pourquoi ils leur font ça ?
- Colonel.
Ce ne sont pas des Algériens qui ont fait ça.
- Vu de ma jeep, ils n'avaient pas l'air français.
Là, il y a une propriété abandonnée
qui nous servira de bivouac pour la nuit.
- Et après ?
- Après, on marche.
(En hmong)
- Tu comptes faire le reste du chemin à pied ?
- On a pas le choix.
Les fells ont leur camp dans une gorge.
Avec l'écho, les jeeps s'entendraient trop.
- Et elle, tu comptes en faire quoi, après ?
- C'est un prisonnier de guerre. Je la rendrai aux autorités.
- Si elle survit, au moins, elle pourra retrouver sa mère.
- Ça m'étonnerait, sa mère est morte.
Les parachutistes qui l'ont repérée en Tunisie l'ont fait parler
et ils sont allés trop loin.
- Tu lui as promis.
- Promis ?
C'est l'ennemi.
- Tu lui as promis! - C'est l'ennemi.
Pas ma famille.
...
- Y a écrit quoi ?
- "Soldat français,
"aimer ton armée,
"c'est renier ta mère.
"Retourne dans ton pays la retrouver.
"Laisse l'Algérie aux Algériens.
"FLN vaincra."
- Sale race !
On les encule.
Sifflement
- Tu vérifies pas si elle est piégée ?
- Si, j'allais le faire, oui.
il souffle.
...
Il sanglote.
(En arabe) - Comment tu t'appelles ?
- Chahida.
- Chahida.
Qu'est-ce qui s'est passé, ici ?
Raconte-moi.
- Il faut que tu manges.
Demain, on marche.
- Et comment je fais ?
En fait,
tu es comme les harkis.
- C'est quoi, un harki ?
- Une ordure qui a trahi son pays
pour devenir le chien du colonisateur français.
- Ton père, c'était un harki aussi ?
- Mon père était un soldat et un moudjahid.
- Ton père était un soldat des Français
pendant la guerre contre les Allemands.
Il a même donné une jambe pour cette guerre.
Et il a reçu une médaille de la France.
- Qu'est-ce que tu cherches à me dire ?
- Les Français vous faisaient de la misère.
Les Allemands vous en ont jamais fait.
Pourquoi ton père a combattu pour les Français ?
- Mon père a fait ce qu'il croyait juste.
Et moi, je ne sers pas le soldat français.
Je suis pas sa boniche vietnamienne.
- Je suis pas vietnamienne.
Je suis hmong.
Nous sommes un peuple de montagnards.
Les Vietnamiens et les Chinois ne nous aiment pas.
On les a toujours combattus.
- Vous avez gagné quoi avec les Français ?
- Rien.
À la fin, ils nous ont abandonnés.
Mais Breitner n'a jamais fait ça.
Breitner est là pour moi,
et je suis là pour lui.
- Comme moi,
avec ma mère.
- Mange.
Musique dramatique
...
Voix mêlées en arabe
... ...
...
(En arabe) - Qu'est-ce qu'il y a, Mourad ?
- Il faut que je vous parle.
- Assieds-toi et parle.
- C'est qui sur la photo ?
- Mon père.
Engagé volontaire pour la Première Guerre.
En 1er régiment de tirailleurs sénégalais.
- Fais voir.
Ton père a la croix de guerre et la croix de Verdun ?
Ça se voit qu'il a fait le travail.
- Mon père est un homme très courageux.
- Mon père aussi était très courageux.
Et sa médaille, on l'a donnée à ma mère.
Le jour où on l'a enterré.
Le tien est en vie, c'est pas mal.
Tu crois que nos pères seraient fiers de nous ?
- Sincèrement, je crois pas.
Trop de sang d'innocents a coulé.
Les Arabes ne l'oublieront jamais.
- Beaucoup de sang français a coulé aussi.
Chez nous, personne oubliera, jamais.
- La seule chose qui ne mourra jamais, c'est cette guerre.
- Tu comprends ? Réponds !
Cris apeurés
...
Respiration haletante Musique grave
... ....
Il recrache.
....
Cris d'oiseaux
...
...
(En arabe) - Mohamed !
- Qu'est-ce que tu fais ?
- J'ai besoin d'aller dans l'eau pour mes pieds.
Ils me font mal.
- Tu te reposeras quand on sera arrivés.
Reste là, si tu veux.
Mais tu ne pourras compter que sur Dieu
POUF te ramener au camp.
...
- C'est les enfants qu'on a sauvés.
...
- 2 sentinelles, un seul silencieux.
- Je peux en dégommer un, mais l'autre donnera l'alerte.
- Faudrait tuer les 2 cibles en même temps.
- Vous avez un plan pour ça ?
Cris étouffés
- Chut, chut !
(En arabe) - N'aie pas peur.
N'aie pas peur.
Tu me reconnais ?
Personne ne va te faire du mal.
Mais...
tu ne dois pas crier.
Pas de bruit.
Tu comprends ?
Tu comprends ?
Vous pouvez retirer votre main.
...
- J'ai besoin de la gamine.
Comme appât.
On n'a pas le choix.
- Pourquoi, mon colonel ?
- Demain, l'aviation survolera la région pour lâcher des bidons spéciaux.
- Du napalm ?
- J'aime pas ça. - T'aimes pas quoi ?
Qu'on se serve d'une gamine pour finir la mission ?
Ou qu'on laisse le napalm brûler les autres ?
(En arabe) - Yasmine ?
Ali ?
Asma ?
- C'est toi qui t'es arrêtée à la rivière ?
Tu peux remercier Dieu de t'avoir montré le chemin.
- Toi, je ne t'ai pas vu dans mon village.
- Nasser.
Nasser.
- Miséricorde ? Tu parles !
...
...
- Soldats français !
Vous êtes encerclés !
Sortez les bras bien levés.
Ou les prochaines grenades ne feront pas que de la fumée.
(En arabe) - Mourad !
C'est toi ?
- À quoi tu joues, Aouda ?
- Qui est la sale putain qui m'appelle par mon prénom ?
- C'est Mourad Boukarouba.
Si vous voulez sortir vivants, je dois lui parler.
- Alors quoi, la pute ? T'as perdu ta langue ?
- Réponds-lui.
Mais Senghor comprend l'arabe.
Une mauvaise parole et tu meurs.
- Mourad !
Si mon père, Mohand Aouda, Dieu le garde, était là,
il te couperait la langue pour m'avoir parlé comme ça.
Rires
- Assia !
Ma nièce !
Qu'est-ce que tu fais avec les Français ?
- Je ne suis pas avec eux. Je suis prisonnière.
- C'est ton jour de chance, ma nièce.
Dis-leur qu'ils se rendent et on ne les tuera pas.
Soldats français,
vous avez ma parole.
- Ça vaut quelque chose, sa parole ?
- Mon oncle !
Ils se rendront seulement
si tu donnes ta parole d'Algérien.
- Dis-leur qu'ils n'aient pas peur.
Ils ont la parole d'un vrai Algérien.
Tu peux leur répéter.
- Maintenant sa parole vaut quelque chose.
Musique dramatique
...
Sifflement
...
- Chahida.
Comment tu vas ?
J'espère que tu ne leur as pas fait de mal.
Il serre les menottes.
Ça va?
Pas trop serré, soldat français ?
Il resserre les menottes.
il soupire.
Musique dramatique
...
Ordres en arabe
Ils se saluent.
Conversations
...
- Yasmine !
Ali !
- Ils t'ont eu, fils de pute ?
Ils t'ont eu, fils de pute ?
Cris
...
- La ferme !
- Ça suffit !
Pourquoi t'as frappé le nègre ?
- Écarte-toi.
- Arrête.
- Ce fils de pute, il a tué ma sœur,
mes nièces, les filles du village.
Les enfants, les femmes, les vieux !
Je vais le buter. - Arrête.
- Aujourd'hui, je vais crever sa race.
- Arrête, Youcef. - Je n'arrêterai pas !
Aujourd'hui, je le tue !
Je vais le tuer.
Compris ?
Je vais l'égorger !
- Arrête, mon frère.
Je t'ai compris.
- Je vais t'égorger, aujourd'hui.
- Ça suffit !
C'est quoi, ce bordel ?
Colonel Breitner, Soua.
Nous aurons une conversation en temps voulu.
Youcef.
Cet homme t'accuse d'avoir tué des femmes et des enfants.
Parmi les victimes, il y avait sa sœur et 2 de ses nièces.
Tu as fait ça ?
- Je n'ai pas tué d'enfants à Agouni Arous.
(En arabe) - Il ment.
- Tu as tué leurs parents.
Et aussi leurs grands-parents.
- Mon colonel,
les enfants...
- Quoi, les enfants ?
- Les enfants qui sont là-bas,
c'est grâce au sergent-chef qu'ils sont en vie.
- Je sais.
Mes hommes étaient sur les traces des attaquants.
- Alors ?
Vous lui devez ces vies-là.
Attendez.
Attendez !
Si je vous donne une information capitale,
ai-je votre parole que vous laisserez le sergent-chef en vie ?
- Vous avez ma parole d'officier français.
Mais prouvez que vous dites vrai.
- Dans le sac.
- Napalm.
- Exactement.
Demain, à l'aube.
- Vous savez ce qu'Albert Camus a déclaré ?
Il a dit: "Je crois à la justice,
"mais je défendrai toujours ma mère avant la justice."
Eh bien, moi, c'est pareil.
Je défends mes hommes avant la justice.
Toujours.
Youcef !
(En arabe) Tue-le.
- C'est bon, mon colonel.
C'est juste.
Coups de feu
Musique inquiétante
...
(En arabe) - Maintenant, tu l'enterres.
- Pourquoi je l'enterrerais ?
- Les Français ont enterré les gens de ton village.
Tu voulais rendre justice, creuse ce trou !
(En arabe) T'as compris ?
...
Qui est cette jeune femme ?
- La fille de Si Omar.
- Tu es donc Assia Bent Aouda.
...
Le nègre est parti avec dignité.
J'espère que vous ferez de même.
Très bien.
Détache-le.
...
Cris
...
(En arabe) Laissez-le.
C'est quoi, ça, colonel ?
- Vous aviez donné votre parole d'officier !
- Breitner, ouvrez les yeux.
Regardez sur quelle rive je me tiens.
Vous croyez que ma parole d'officier français a de la valeur ?
Mourad,
si le colonel se montre agressif,
coupe une main de la fille.
...
Cessez de me regarder et crachez ce que vous avez sur le cœur.
- Si vous me le permettez, mon colonel,
vous êtes une ordure qui a trahi son pays.
Et sa famille.
- Comment trahir mon pays puisque l'Algérie, c'est la France ?
Ma famille n'aime ses enfants
que quand ils meurent en héros pour la patrie.
Venez, nous devons trouver une solution pour que je n'aie pas à vous tuer.
Chanson douce en arabe
Mère, ne pleure pas
Mère, ne pleure pas
Tes enfants sont des lions
Ils veillent sur vous
Oh, mère
Nous ne mourrons que de nous agenouiller
Nous ne mourrons que de nous agenouiller
Face à l'ennemi qui nous colonise
Pour l'Algérie, nous serons martyrs
(En arabe) - Il était gentil.
Il m'a sauvé la vie.
- Il était gentil ?
Pour combien de mauvais ?
Il t'a sauvée
mais combien de nos frères il a tués ?
TU Y as pensé ?
Écoute.
Si tu dois pleurer,
pleure sur les tombes de ton père et ta mère.
Et des Algériens tués par les Français.
Tu as bien compris ?
- Lui, il m'a sauvée.
Ce ne sont pas les Français qui ont tué mes parents,
ce sont des Arabes.
- C'est vrai.
Ce ne sont pas les Français.
Et ce ne sont pas des Arabes non plus.
En fait,
ce sont des chiens.
- Tu as enterré le nègre.
Tu te sens mieux ?
(En arabe) Dis au colonel qui tu es.
Raconte-lui.
- La France, je l'ai aimée.
Beaucoup.
Ça,
c'est pour les remerciements.
Je me suis battu pour ton pays.
À Monte Cassino.
En Indochine, aussi.
Et je suis rentré dans mon village.
Blessé, peut-être,
mais sûr et certain
d'avoir gagné le droit d'être Français par le sang versé.
Les DOP m'ont torturé pendant 2 jours.
Le 3e,
ils ont appelé la caserne où je travaillais.
Ils m'ont libéré.
Et présenté des excuses.
Avant, je cirais les bottes des officiers français si bien
qu'ils pouvaient se voir dedans.
Aujourd'hui,
je tue les soldats français
pour faire couler leur sang
et me regarder dedans.
- Laisse-moi te dire une chose,
Youcef.
Quand on va à la guerre et qu'on perd,
on enlève pas sa chemise pour pleurer.
- Voyez-vous, colonel, c'est exactement
ce genre d'attitude qui nous a menés où nous sommes.
Ce mépris avec lequel on considère ces gens,
notre dégoût pour leur religion et leur culture,
et comme ça nous plaît pas, on les tue !
- On a fait les mêmes saloperies en Indochine, toi et moi.
- On ne s'en est pas privés.
Moi, car je suis Français de souche,
donc par devoir envers ma patrie,
et vous pour devenir un Français de papiers !
Sincèrement,
lequel de nous deux est le pire ?
Toutes ces horreurs pour quel résultat ?
Nous avons rendu ces gens aussi fous et barbares que nous !
Avouez que ça frise la consternation.
Que je sois de l'autre côté ne changera rien.
Nous avons vaincu, mais qu'avons-nous gagné ?
Je me suis sali et dégradé,
mais quitte à tuer et massacrer,
au moins, je fais ça du bon côté !
- Quand on fait de l'armée son métier,
on met son cœur de côté,
c'est le prix à payer,
colonel.
- Je vais vous faire une proposition honnête.
Et vous avez intérêt à l'accepter, Breitner.
Ou vous verrez de quoi je suis capable
quand je mets mon cœur de côté.
Un oiseau s'envole.
(En arabe) - Mon frère,
que fais-tu ici ?
Mon frère...
...
- Qu'est-ce qu'il y a, mon oncle ?
- Pourquoi t'as ramené les Français ici ?
- Je les ai pas ramenés,
ils savaient où vous trouver.
- Et tu les as laissés t'attraper ?
Tu n'as rien fait ?
Pourquoi ?
Pourquoi, ma nièce ?
Regarde-toi.
Regarde-toi !
Tu es belle, mais toute frêle.
Tu ne pouvais rien faire.
Viens dans mes bras.
Allez, viens.
Ce Français, Breitner,
il a pas laissé des soldats en renfort?
Sale putain ! Cri de douleur
Elle gémit.
On a interrogé les gamins.
Ils ont dit que vous étiez cinq.
Cinq, sale pute !
Et le cinquième,
il a un tatouage sur le visage.
Tu l'as oublié ?
Traîtresse...
Pourriture !
Hurlements
Traîtresse !
J'en ai pas fini avec toi,
pas encore.
Elle pleure.
Il siffle.
Allez, mes frères. Venez.
Allez.
Il les interpelle.
Rassemblez vos affaires.
Il faut qu'on parte avant l'aube.
Allez.
Dépêchez-vous !
Brouhaha
- Donnez ça à ma mère comme preuve
de la réussite de votre mission.
- Je ne peux pas.
- Prenez ça, emmenez Soua et partez.
(En arabe) Va chercher la niakoué !
...
Vous avez décidé ?
(En arabe) Coupe ses oreilles et égorge-la.
- Ne bouge pas, ne bouge pas !
Elle hurle.
Ne bouge pas.
- C'est bon, stop !
- Soyez plus clair.
- D'accord, j'accepte.
J'accepte !
- J'ai votre parole d'officier ?
- Vous avez ma parole d'officier.
- Eh bah voilà.
Relâche-la. Va chercher leurs affaires.
- Mon colonel.
Un gars de chez nous chez les bicots.
Qu'est-ce que tu fous là, toi ?
- Que se passe-t-il ?
- Elle nous a trahis.
Ils ont un homme en renfort. - Bien sûr!
On s'en fout, ils s'en vont.
Un problème avec ça, colonel ?
- Et toi, Youcef ?
Pas de problème avec ça ?
- Je n'ai pas trahi, moi.
- Khafir !
Toutes vos affaires,
armes comprises, sont dans le sac.
Preuve de ma confiance en votre parole d'officier.
Khafir et Youcef vous accompagnent jusqu'à la gorge.
Vous n'aurez pas de mal à rejoindre vos jeeps.
(En arabe) - Apporte l'arme.
- Regarde le Français que tu as aidé.
Il part et il te laisse.
- Avance.
Avance.
- Pour lui, tu vaux pas plus qu'une putain.
- Moi,
je vais mourir en Algérienne.
Mais toi...
tu vas vivre comme un chien
pour servir le Français qui te tient.
- Je suis le Français tant que ça sert ma guerre.
- Sale race.
Cris de douleur au loin
....
- Youcef.
...
Tu n'es pas censé te trouver ici.
Je t'avais donné un ordre précis.
- Je sais, mon colonel.
Hurlement au loin
Et là, vous comptez les laisser faire ?
- La mission est terminée.
- Vous savez encore ce que c'est, la miséricorde ?
- T'as dit quoi ?
- Vous savez ce qu'est la miséricorde ?
Vous m'avez dit ça quand j'ai tué le bicot.
- Je croyais que tu venais tuer des Arabes.
Qu'ils se massacrent entre eux, ça devrait te plaire.
- Non.
Je suis là pour faire mieux que mon père en Indochine.
Il aurait jamais laisse une femme se faire torturer.
- Tu crois avoir une médaille si tu sauves une fellaga ?
- Je crois rien, moi.
Je suis pas venu pour faire moins bien que mon père.
- Qu'est-ce que tu fais ?
(En hmong) - Elle nous a aidés. On lui doit ça.
Assia hurle au loin.
Musique dramatique
Assia a des difficultés pour respirer.
...
Conversation en arabe Respiration haletante
Elle gémit.
Quelqu'un parle en arabe.
- Mohamed ! Va chercher le colonel !
Musique inquiétante
...
Pourquoi tu es revenu, soldat français ?
Hein ?
Pour mourir ?
- Qu'est-ce que vous foutez encore là, Breitner ?
- Relâchez-la.
- Où sont Khafir et Youcef ?
Je ne vois pas Soua.
- Khafir et Youcef sont morts.
Cris
Musique grave
...
- Je ne me souviens pas que Soua savait tenir un fusil.
- Elle sait toujours pas.
C'est le tir d'un gars de chez nous.
Allez.
Avance encore Boukarouba.
La prochaine ira dans ta tête.
- Bien, colonel, bien !
Mourad, relâche-la.
(En arabe) Allez !
...
Gémissement
...
Elle gémit de douleur.
Musique grave
...
.... ....
Respiration saccadée
...
Gémissements
...
Respiration haletante
....
Gémissements
....
Coups de feu
Je n'en reviens pas, colonel.
Vous avez trahi votre parole d'officier pour ça !
Cris en arabe
Soua hurle.
(En arabe) - Personne ne bouge !
Celui qui tire, je le tue !
- Breitner! Colonel Breitner !
- Ça va, Soua.
(En hmong) Tout va bien.
...
J'ai plus de guerre à gagner.
Je suis plus bon à rien.
Même Assia...
J'ai pas été capable de la sauver.
Alors...
Mourir ici,
c'est encore ce que je peux faire de mieux.
Mais toi,
Boukarouba,
tu veux mourir ici ?
Avec moi ?
Ou t'as autre chose à faire ?
- Soldat français,
moi, j'ai encore une guerre à gagner.
Moi, j'ai un peuple à libérer!
Je peux pas mourir aujourd'hui.
- Alors...
Qu'est-ce que t'attends ?
(En arabe) - Mes frères, on part !
...
Il siffle.
Il donne un ordre en arabe.
...
Voix mêlées en arabe
...
Toi, viens avec moi.
Musique mélancolique
...
Moteurs d'avions
....
...
sanglots
Chant de " La Marseillaise" en arabe
....
Musique grave
....
Sous-titrage TITRAFILM
....
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