All language subtitles for Notre Dame (2019) Fr

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Original subtitles

Douce France de Charles Trenet sifflée

...

*-Une montée spectaculaire du chômage de 8 %, toujours en hausse.

*-L'ouragan Shirley qui sévit dans l'Est européen arrive en France.

*Des rafales de vent sont prévues à plus de 200 km/h.

*-De la grêle sur la promenade des Anglais : témoignages exclusifs.

*-Vigilance orange inondations, une crue attendue dans les Vosges.

*-Le lac d'Annecy totalement asséché : l'émotion des habitants.

*-Roland Garros, le tournoi de tennis,

*est reporté pour cause de pic de pollution dangereux.

*-Les moines thaïlandais diabétiques à cause d'offrandes sucrées.

*-Les Parisiens sont déprimés.

*-La Mairie de Paris lance donc...

*-...un grand concours pour réaménager le parvis de Notre-Dame,

*pour tous les diplômés d'architecture

*afin de réconcilier religion, république

*et tourisme.

...

*Radio *-Le 7-9.

*-Il reste 24 h aux architectes...

- C'est pas vrai ! Martial, réveille-toi.

- Quoi ? - Allez, debout.

- Pourquoi ? - Parce qu'il faut que tu partes.

Les enfants vont rien comprendre !

- Je suis leur père.

- Justement.

Allez, tiens !

Habille-toi.

*-... contiennent des résidus potentiellement toxiques...

- Allez, vite !

*...

Allez !

*...

Tes bottes.

Pousse. - Je pousse.

- Non, tu pousses pas. Pousse !

Bip de portable

- Un petit bisou quand même ? On est pas des chiens.

D'accord, j'ai connu mieux.

- On a dérapé. - Toutes les semaines.

- Ça doit plus arriver. C'est horrible.

- Sympa. Tu peux me dépanner de 50 balles ?

- Mais c'est pas vrai...

Il joue du piano. Chut !

J'ai que ça. Et tu me les rendras cette fois !

- Promis !

- Écoute. Ce soir, tu t'occupes des enfants. Françoise, c'est 16h30.

Je compte sur toi ? - Oui.

- Je peux pas, j'ai mes rendus à finir.

- Je t'aime. - Oui, bon, allez !

*Radio

*...

*-... le cancer de testicules des bébés existe...

- Maman.

Un bébé, ça n'a pas de cancer ?

- Faut croire que si.

- Salut. - SALUT.

- C'est injuste. - Y a mieux pour démarrer sa vie.

- Papa a dormi là ?

- Non. - J'ai cru entendre

sa voix. - Moi aussi.

- C'était un ami. - Ton petit ami ?

- Un ami que j'ai dépanné. - Dans ton lit ?

- Bon, j'ai pas à me justifier.

On peut dormir avec quelqu'un sans coucher avec lui.

- Comme avec nous.

- Voilà, exactement, c'est ça.

- Elle a un petit ami. - Non.

- Tu paries 5 euros ?

- Allez, dépêchez-vous !

Allez-y, allez-y.

Oh !

- C'est abusé.

- La vache !

Il est fou.

*-Toujours les grandes eaux en Ile-de-France,

*la mairie prolonge l'opération "Pieds au sec".

*Des bottes sont en libre-service...

- Allez ! - Oui, j'arrive.

- Maud, t'as mes perspectives pour Versailles ?

- Oui, tiens. - Merci.

Tiens. - Merci.

Salut.

- T'aurais dû demander plus. - C'est mieux que rien.

J'ai vu un type se prendre une claque dans le métro !

- Et moi, dans la rue. - Mais c'est dingue !

- T'as pu finir Notre-Dame ? - Non, j'ai pas le temps.

Et toi ? - Non, je suis pas diplômé.

- Ah bon ? - Ben non.

- Crayon !

C'est la dernière fois ! 9 h,

c'est pas 9h15 !

On verra ton contrat le mois prochain. - T'avais dit...

- Oui, je sais. Mais avec l'URSSAF et tout ça, c'est mieux.

- Ah. - OK ?

Et l'aire de jeux d'Aubervilliers ?

- J'ai fini la maquette.

- Et les plans ?

Demain matin sur mon bureau.

On dépose jeudi. - Je m'y mets.

Il siffle.

- Confisqué.

Y en a d'autres ?

Notre-Dame, c'est chez vous. Je vous paie pas pour faire fortune.

Tout le monde au boulot !

- Quel con.

Marteau-piqueur

...

C'est pas des conditions de travail... ...

...

Hé ! Oh !

Oh !

...

...

- Désolée, merci. Je te revaudrai ça.

- Dernière fois. Je suis leur tante, pas leur père.

- Tu pars déjà ? - Oui.

Je dois voir l'assos d'aide aux putes et je suis de garde.

Salut, les kids. - SALUT, COCO.

*Bip *-Reçu aujourd'hui à 19h39.

*-Blanche Ledru de la BNP. C'est mon 3e message.

*Vous êtes à découvert depuis plus d'un mois.

*Le compte joint, j'en parle pas. Faudrait le fermer.

*Rappelez-moi, c'est très préoccupant.

*Vous frôlez l'interdit bancaire. Votre chèque de 36 euros est refusé.

*Bip *-Reçu aujourd'hui à 19h47.

*-Maud, c'est moi. Désolé, je sais, j'ai pas assuré,

*mais je me suis disputé avec Sybille, elle est folle, je t'expliquerai,

*j'ai dû partir en Bourgogne. Embrasse les enfants, vous me manquez.

Pleurs de bébé

...

...

*-La gestion

*de la crise des migrants est insupportable,

*ce sont les mots de la maire de Paris,

*qui a transformé les appartements de fonction de la mairie

*en centres pour femmes et enfants réfugiés.

Musique classique

...

*Tonalité

*-Allô ? - Oui, Greg.

C'est moi. Je viens de finir. Je t'envoie une photo ?

*-Il est quelle heure ? Photo de quoi ?

- La maquette d'Aubervilliers.

*-Ah. Ah, mais...

*On t'a pas dit que l'agence du Riant a gagné ?

- Ah, mais on devait pas déposer jeudi ?

*-Ce que t'es naïve, Crayon.

*C'est ce qui fait ton charme. Allez, à demain. Hé... 9 h !

Elle soupire.

- C'est...

Musique classique

...

Tout ça pour rien.

...

Elle souffle.

Grondement

Musique douce

...

...

- On est sûrs pour la doudoune ? Il fait pas froid.

- Ça fait hiver. C'est une demande de la chaîne.

- N'importe quoi. - Tu transpires.

- Tu m'étonnes. - J'ai que la poudre de Nathalie.

- Allez, c'est bon. - Dans deux minutes !

- Je le sens pas, les gars.

- Je peux avoir de l'eau ? J'ai la gorge...

- Pas d'eau. - Pas d'eau ? OK.

Nous retrouvons Nathalie Simonet

en direct du parvis de Notre-Dame. Nathalie ?

Euh... Nathalie ?

*Grésillement

C'est ici qu'aura lieu le début des festivités.

*Voix saccadée

- ... en lançant cet appel d'offres pour réorganiser le parvis

autour d'une nouvelle station de métro.

Ce projet ambitieux espère réconcilier république, religion et tourisme.

Il est ouvert à tous les diplômés d'architecture.

Ce soir, la mairie révèlera le nom du lauréat, veille de Noël.

C'était Bacchus Renard en direct du parvis.

Vous pouvez m'appeler Nathalie.

- Oh !

Occupé !

- Je te le dis, il est trop tard pour avorter.

- C'est une blague ? - Non.

T'es à 4 mois.

- 4 mois ? C'est impossible. - Pourquoi ?

T'as fait vœu de chasteté ? - Non, mais...

Depuis Martial, y a rien eu.

- Tu couches avec lui ? - C'est fini.

- Tu as encore son piano ? - Il a un studio.

- Tu lui trouves toujours des excuses. On toque.

- Les Joncquart sont là pour la FIV.

- Fais-les patienter. J'arrive.

- T'es sûre que je peux pas avorter ? - Oui.

Elle souffle.

- Je dois le dire à Martial.

- Non ! Il va en profiter.

- C'est le père !

- Oui. Et alors ?

Sonnerie - Oui, Didier ?

*-La maire veut te voir. - La mère de qui ?

*-La maire de Paris. - La maire de Paris ?

Oh ! Ça va ?

- Vas-y, les gens sont à cran.

Discussions indistinctes

- Ah, la voilà.

- Maud Crayon.

Entrez, n'ayez pas peur.

Entrez, venez.

Félicitations. - Merci.

- Martin Guénaud, premier adjoint.

Vous avez une pièce d'identité ? - Oui, j'en ai même deux.

- Soyez fière, vous avez été choisie à la quasi-unanimité.

- Ah oui ?

- Mon enthousiasme a joué. - Merci. Pardon.

- Permis à Lille. - Oui, et mon bac aussi.

- Heureusement que vous avez signé. - Y avait pas de dossier.

- Pas de dossier, rien.

On a changé les piles.

- J'adore.

- "On" adore.

On adore.

- Guénaud, c'est à vous.

- Le budget dont vous disposez est de 121 millions d'euros.

- 121 millions ?

- Oui. On a une rallonge de dernière minute.

- Une petite rallonge

de dernière minute.

- Il est impératif

de respecter la date de livraison prévue pour juin 2023,

c'est important de tenir

le calendrier avant les élections.

- Hum... - C'est important.

Ne perdons pas de temps. Voici vos différents

rendez-vous.

Lundi : conférence sur le développement durable

et les nouveaux matériaux.

Mardi : rencontre

avec les associations de riverains qui ont leur mot à dire. Mercredi :

les experts.

Jeudi : comité de soutien

de réhabilitation

des monuments historiques.

Vous suivez ?

- Un verre d'eau ?

- Un verre d'eau ?

- Je veux bien, oui.

On frappe.

- Bonjour.

Bacchus Renard, journaliste. - Martin Guénaud, 1er adjoint.

- Bacchus...

Elle crie.

- Elle est fragile. J'espère qu'elle aura les épaules.

- Misogyne !

- Elle s'est évanouie. - Ça vous fait peur ?

- Laissez-moi faire, j'ai mon brevet de secourisme.

Raclement de gorge

Merde, mon carnet...

Ah... Si, je l'ai.

Maud Crayon.

Vous habitez Paris ?

- Oui.

- Ça vous plaît ?

- Oui, c'est une ville que je connais bien.

- Vous vivez seule ?

- Oui. Enfin, avec mes enfants.

- Vous avez des enfants ?

- Oui, j'en ai deux.

- Et comment

s'appellent-ils ?

- Françoise et Vincent. - Oh !

- Ils ont quel âge ? - Oh...

- 10 et 14 ans.

- On est pas rendus.

C'est une interview croisée. - J'y viens.

Maud Crayon, que dites-vous

des rumeurs sur des relations où vous auriez fait preuve de lâcheté ?

- Excusez-moi.

- Excusez-moi.

Maud... - T'es complètement fou.

- Comment tu peux rester impassible ?

- Tu rigoles ? Je me suis évanouie en t'entendant.

Que fais-tu là ? - Et toi ?

- Mon travail. - Moi aussi.

- T'es journaliste ? - Oui.

- T'es pas prof ? - Ça dépend.

- De quoi ?

- De quoi quoi ?

- T'as pas changé.

- Dorénavant, on va plus se quitter.

- Quoi ? - C'est moi qui couvre l'événement.

Ça va durer un moment.

- Raconte ! - C'est la maquette de l'aire de jeux !

- C'est ta maquette. - Mais...

- C'est ton projet. - Oui, mais...

- Donc t'as gagné le concours.

- Mais Didier, j'ai pas passé le concours.

- Comment c'est possible, ça ?

- Si je te le dis, tu me croiras pas.

- Tu vas dire quoi ? - La vérité.

- T'es folle ? Ça leur a plu.

- Ils vont remarquer. - Mais non. C'est quoi, le budget ?

- 121 millions.

- Donc 7 % de 121 millions, tu sais combien ça fait ?

- Non. - Ça fait ton salaire.

- Même avec la meilleure volonté, je peux pas porter ce projet.

- Pourquoi ? - Parce que.

- Mais pourquoi ?

- Parce que je suis enceinte !

- On en fait une dernière, regarde-moi

dans les yeux. C'est important, le regard.

Vas-y.

- Greg, je dois avancer seule.

Prendre mon envol

et monter mon agence avec Didier.

- Avec qui ? - Avec Didier.

- Avec Didier ? - Chut.

- Il nous a fait perdre le supermarché d'Evry !

- Ah bon ? - Oui.

- Oh...

Il est là. - Une dernière.

- J'y arriverai pas. - Si !

- Il me fait peur.

Il a pris une claque !

- Ça fait pas si mal.

- Oh ! - Le voilà.

La porte claque.

- Crayon, dans mon bureau.

Maud Crayon, gagnante du concours de la mairie de Paris...

C'est Aubervilliers, ça ?

Heureusement, les journalistes me tiennent au courant.

T'allais me le dire ?

- À ton retour. - Tu te fous de moi ?

Contractuellement, ce que tu fais appartient à l'agence.

- Comme j'ai jamais signé de contrat...

- Comment ça ?

- Ben non. - On va t'en faire un.

C'est pas grave

de m'avoir menti. Pas du tout grave du tout.

Y a trop de non-dits.

Le plus simple, c'est qu'on va s'associer et faire 50-50.

- Ah... - 50 % des 7 %...

- Mais...

- Tu pourras tout faire ici. Utiliser les ordis, la tireuse de plans,

les imprimantes, les tickets restos, la poubelle,

ouvrir la fenêtre... T'es chez toi ici. Les locaux, tout.

- En fait, je sais pas, parce que...

Je voulais peut-être prendre mon envol et monter une agence avec Didier.

- Parfait. Il va devenir ton salarié. Moi, je pouvais plus le garder.

- Euh... - Ça va, comme ça ?

- Y a le photographe d'Architecture Magazine.

- Fais-le entrer. - OK, j'y vais.

- Félicitations.

Je suis fier de toi, on va bien bosser.

Déclic

- 50 % de 7 % de 121 millions...

*-Qualité de l'air : 9 à 27 mois d'espérance de vie en moins à Paris.

*Une marche funèbre est organisée jusqu'au Père-Lachaise.

*-Allô, Maud ? - Je peux pas, je dors.

*-CRS : un concours facilité pour rendre la filière plus attractive.

- C'est le début d'une nouvelle vie pour Maud et d'une nouvelle histoire.

Ballade au piano

...

- Voilà, et une dernière ici.

...

Elle voit Bacchus tous les jours et chaque nuit, elle rêve de lui.

- C'est un premier prêt de 18 360 euros.

...

Cet amour de jeunesse qui surgit dans sa vie chamboulée...

- Tout arrive en même temps. - Pense-t-elle parfois.

...

Bacchus l'observe et l'interroge. Ça la trouble, mais elle répond.

- T'es bien née le 2 mars 1975 ? - Oui.

- Dans les Vosges ? - Oui.

- Mère infirmière, père commercial ? - Exact.

- Ton chien,

c'était Kiki. - Quelle mémoire !

- À propos, quand on dit "à ce soir" et qu'on vient pas,

ça veut dire quoi ?

- Je sais pas, je sais plus.

...

- Malgré la fatigue, la grossesse suit son cours.

Maud n'a rien dit à Martial qui n'est pas revenu depuis.

Elle enchaîne les rendez-vous.

- M. Koubir... - Je suis pas dedans.

On me voit maintenant ?

Maud est entrée

à l'agence en 2004. J'ai vu son potentiel direct.

Je l'ai senti. Je lui ai tout appris.

- Il va falloir lever le pied.

Non, Maud, il faut te reposer.

À grand pouvoir, grande responsabilité.

- Si grande que la mairie envoie ses meilleurs ingénieurs structures.

...

Même si elle ne sent pas toujours à la hauteur, Maud garde son cap.

- Désolée, ma chérie.

- Maman ? - Oui.

- Pourquoi les femmes font tout ?

On joue du piano.

Papa !

...

- Ça va, mon cœur ? - Ouais.

Maman, tu savais ? - Non, je savais pas.

- Bon, tu bouges pas, OK ?

- Ça va ? - Tu fais quoi ?

- Tu réponds jamais.

- Vous vous êtes disputés ? - Dès que je parle de toi, elle craque.

- Normal. Pourquoi tu parles de moi ? - Parce que tu comptes pour moi !

T'es la mère de mes enfants, tu me manques...

- Vincent t'a ouvert ?

- Oui, il est avec son aide aux devoirs.

- C'est pas vrai... Tiens. Change l'eau des poissons.

- Ils sont gros...

- La leçon est terminée.

Désolée, Léa, c'est pas contre vous. Vous êtes la 3e,

et l'année vient de commencer ! Mais c'est pas vrai !

Le père chante.

Oh... T'es privé de téléphone. - Qu'est-ce que t'as ?

Ça va, je fume pas, je me drogue pas.

J'ai juste payé Léa pour m'entraîner.

- Il a même pas le droit aux prostituées.

- Françoise... - Martial, dis un truc !

- Ça suffit ! Ça suffit, ça suffit. Votre mère a raison.

- C'est n'importe quoi. Des gnocchis et au lit. Je dois travailler.

- On mange des gnocchis ?

Je peux avoir mes oreillers ?

- Tiens.

Voilà. - Et un petit verre d'eau.

Merci. Un petit coussin ?

- T'es infernal.

- T'adores ça.

- 2 nuits, pas plus.

- Promis.

- Tu t'occupes des enfants.

- Selon les ingénieurs, ici, on est dans le gruyère.

- Ah. - Donc...

Donc il faut rapprocher la sortie du métro.

- Voilà, donc on rapproche.

- Il en faudra une deuxième. Là, y aura du débit.

C'est Notre-Dame, quand même.

- Avec Vigipirate, on peut pas engorger.

- Ben non. Donc une deuxième, allez.

- Ça peut marcher, quand même.

- Ça peut marcher.

- On y va ?

- Je vous ai dit aussi que ça tenait pas !

- On est sur du mou, du sacré mou.

- Justement, les fluides, ça va pas.

Et le bassin

pour la fontaine ?

- On pensait... En fait, c'était plus prévu ici, mais...

- C'est pour ça qu'il faut élargir.

- Oui. Alors, on élargit.

N'ayons pas peur du monumental, après tout, c'est Notre-Dame.

- On va être très lourd. - Avec deux sorties ?

- Ça fait deux sorties.

- Le vert, comme ça, c'est tendance.

- Élargir, ça a un coût. - Oui, parce que t'élargis,

t'élargis et à un moment... - Si on essaie pas...

- Ça peut marcher, là. Avec un truc un peu aérien...

- Ça commence pas à ressembler... - Ils savent ce qu'ils font.

- Léonard,

tu vas renforcer à l'acier ou à l'alu ?

- Du titane, un truc moderne.

- Tout est possible.

- Si ça rentre dans le budget, on peut faire une troisième sortie.

- Ah !

- Salut !

- T'as jamais repensé à moi ?

- Bien sûr que si.

- Attends.

Musique douce

...

C'est là que t'habites, alors ? - Oui.

À demain. - À demain.

...

Bonne nuit.

- Bonne nuit.

...

Gémissements

Tu m'as fait peur ! - Toi aussi !

- Qu'est-ce que tu fais là ? - Désolé, je dors mal dans le canapé.

- C'est pas une raison. On est séparés !

- Justement, j'ai réfléchi.

Depuis que je suis là, je vois bien...

Les enfants vont bien, ils dorment bien.

Ils mangent bien. - Quoi ?

- Les enfants.

- Quoi, les enfants ?

- Il faut que je m'installe ici. Pour eux, c'est mieux.

- Et Sybille ? T'en fais quoi de Sybille ?

- Je ferai une semaine sur deux. Voilà.

- Pourquoi il était

dans ton lit ? - Il dort mal dans le canapé.

Je suis soulagée de lui avoir dit. - Tu lui as rien dit.

- Il faut que je te parle.

J'ai rencontré quelqu'un, je suis très amoureuse

de lui, et...

J'attends un enfant de lui.

- C'est qui ?

- Didier, mon collègue.

J'ai dit que j'étais enceinte.

- De Didier.

N'importe quoi.

Pourquoi t'as inventé ça ?

- Si tu crois que c'est facile... J'arrive pas à le mettre à distance.

- Tu l'aimes encore ? - Non, je crois pas.

Sonnerie

- Mais de quoi t'as peur ?

Je crois que je fais un blocage. - C'est psychologique.

- Même psychologique, ça reste un blocage.

- J'ai déjà vu Didier ?

- Non, je pense pas. - Il est comment ?

- Pas grand, rond, des yeux intelligents.

- Hum...

Musique classique

...

- M. le préfet, content de vous rencontrer.

- Pareillement.

- Je suis la sœur de Maud. Ça va ? - Oui, oui.

- J'ai un beau projet à vous présenter.

- Pas de souci. - Concernant la Seine.

- Bon, tchin.

- Radio, presse, télé : ils sont tous là.

- Une souris vient de passer, là.

- Maud, n'oubliez pas :

votre conviction fait l'œuvre, toujours.

Un choix de ? - De cœur et de couleur.

- De cœur et de couleur. Raclement de gorge

Applaudissements

...

Bonsoir.

J'ai le regret de vous dire

que M. le président ne pourra pas être parmi nous.

- Putain... Il va peut-être arriver ? - Nous traversons une épidémie

de gastro-entérite qui a eu raison de son état.

J'en profite pour adresser

un message sanitaire : lavez-vous les mains.

Rires

Pour une grande Dame, un grand concours.

Nous avons reçu plus d'un millier de propositions.

Notre choix...

- Un petit verre d'eau, peut-être ?

- C'est un choix de cœur

et de couleur. Je suis fière,

nous le sommes tous ici à la mairie de Paris,

de vous présenter l'avenir

du parvis de Notre-Dame. Accueillez chaleureusement

Mlle Maud Crayon.

Applaudissements

...

Vous avez sûrement vu sous vos sièges de drôles de lunettes.

Le monde se modernise

et la ville de Paris aussi. Nous vous proposons donc

de découvrir le nouveau parvis, comme si vous y étiez,

en réalité virtuelle.

Bon voyage et à tout à l'heure.

Merci.

Applaudissements

...

- L'histoire de Notre-Dame est une véritable épopée.

Édifice religieux et patrimonial,

il lui faudra 182 ans pour être achevé.

Un nouvel épisode s'ouvre autour de la réhabilitation de son parvis.

Découvrez et plongez au c œur du projet de Maud Crayon,

lauréate du grand concours de la mairie de Paris.

- Une fontaine en titane érigée vers le ciel

fera le lien entre les ténèbres et l'au-delà.

Deux cellules translucides desserviront les sorties de métro.

Deux immenses escalators fonctionnant à l'énergie solaire

permettront le transfert de millions d'usagers dans la capitale.

L'eau sera redistribuée en continu

et passée par des filtres nettoyants assurant une hygiène parfaite

des conduits et un moindre coût d'entretien.

Petits cris

Les bassins seront entourés de capteurs sonores

qui feront jaillir l'eau des fontaines

au son des cloches de la cathédrale. ...

Cloches

...

- Mme la maire, le diocèse de Paris réclame des excuses.

Que répondez-vous ?

- Des excuses ? Je m'excuse.

Il parle en latin.

- Le projet de Maud Crayon a été qualifié d'obscénité du siècle.

*-On peut parler de scandale !

*-Une œuvre a déjà fait polémique. Beaubourg,

*la pyramide du Louvre...

*Il faut laisser le temps au temps.

Musique classique

- Pardon.

- What about the phallic aspect of this project?

- An out of proportion penis is not a penis anymore, it's art.

*-Ce projet est un échec pour l'architecture,

*la culture et la France.

*-Son projet a été sélectionné, alors pourquoi en arriver là ?

*-C'est de la pornographie aux portes de nos églises. La maire y a pensé ?

*Bip de message

*-La mairie te défend sur Inter. Dommage qu'elle soit aussi con.

*-Le problème de Maud Crayon concerne toutes les femmes. C'est du machisme.

*Notre monde est dirigé par des bureaucrates en cravate

*qui quand ils sont pas condamnés pour abus sexuel écrasent les femmes...

On frappe à la fenêtre.

- Viens.

Allez, viens.

OK.

Allez, viens, je te paie un verre.

- D'accord, mais juste un Perrier.

La même chose.

Elle rit.

- La même chose.

...

Pourquoi t'as pas eu des enfants avec moi ?

Attends. - C'est bon.

C'est bon...

- Oh...

Je me suis trompé de porte.

- Non.

- Vous êtes sûr ?

- Ben... oui.

C'est l'appart

de Maud.

- Ah.

- T'es qui ?

- Bacchus Renard, journaliste.

- Vas-y, là.

Je m'appelle Martial.

Salut. - Salut.

Là.

- Elle tient pas l'alcool.

Elle a jamais tenu.

- Ah si.

- Ah non.

- Ah si.

- Ah non, non, non.

- Ah, si si.

Elle gémit.

- Dans son état, c'est pas sérieux.

- Son état ?

- Eh ben, à cause... du bébé.

Elle est enceinte.

- Oui, oui, c'est pas sérieux.

C'est qui, exactement, Martial ?

- Le père de mes enfants. Je le dépanne.

- Ah. Et il dort où ?

- Sur le canapé.

- Et il dort nu ?

- De quoi tu m'accuses ?

- De rien. - Si.

D'avoir un amant. - Et alors ?

- C'est le père de mes enfants. - Il vit encore chez toi ?

- Il vit avec une femme en Bourgogne.

Ils se sont disputés, il a sous-loué son appart, donc je l'héberge.

- Pourquoi t'as pas dit que t'étais avec lui ?

- Je ne le suis plus.

- Et t'es pas enceinte ?

- Si. - De qui ?

- De lui. - Ah.

- Si ça te dérange, dis-le.

C'était pas prévu que je gagne, que je tombe enceinte

et c'était pas prévu que...

tu déboules dans ma vie. Maintenant, on fait quoi ?

- Je sais pas.

- C'est pour quand ? - Fin juillet.

- T'es enceinte de 6 mois ?

- Voilà.

- Mais vous vous êtes remis ensemble avec papa ?

- Ben... Non, en fait, c'est plus compliqué que ça.

Parfois, on est plus avec quelqu'un et on tombe enceinte de lui.

D'autres fois, on aimerait être enceinte de quelqu'un,

mais on est pas avec lui et on est déjà enceinte d'un autre.

Mais on est amoureuse de lui. De l'autre. Vous comprenez ?

- Euh... oui. - Ouais.

Pourquoi t'as pas de ventre ?

- Il sortira quand il voudra.

- Je suis sûr qu'il va naître le même jour que moi.

Cloches

...

Chants religieux

...

- Ils voient le mal partout, sauf chez eux.

- Hum, sauf chez eux.

...

- Il se passe quoi ? - Ils sont là depuis hier.

- Faut leur dire de partir ! - Attends... Allô ?

- Faut leur dire de partir. - Allez-y.

- Oui, allez-y. - Oui, j'y vais.

Excusez-moi ! Ouh ouh ?

...

Excusez-moi ?

Excusez-moi ?

Ouh ouh ! Sifflet

Madame. Excusez-moi, mais... Vous dérangez un chantier public.

- Non, madame. Nous prions.

- Pour quoi ?

- Pour que le projet de Maud Crayon ne voie jamais le jour.

- Malgré la débâcle, Maud se rend chaque jour chez Crayon et Cie

décidée à finir sa mission.

- "Nous venons, écrivains, peintres,

"sculpteurs, architectes, amateurs passionnés

"de la beauté jusqu'ici intacte

"de Paris, protester

"de toutes nos forces, de toute notre indignation,

"au nom du goût français méconnu,

"contre l'érection en plein c œur

"de notre capitale,

"de l'inutile et monstrueuse tour Eiffel."

1887 :

protestation contre la tour de M. Eiffel. Parmi les signataires :

Maupassant, Dumas, Prudhomme et j'en passe.

Même les meilleurs peuvent se tromper.

- C'est sur cette page-là et c'est plus dans cette zone-là.

Y en a un comme ça et là, c'est de part et d'autre...

Là, vous creusez.

*-Bacchus Renard. *Bip

- Bacchus, c'est encore moi. Rappelle-moi.

- Martial n'est jamais parti, contrairement à ce qu'il avait promis.

Le scandale s'amplifie. La mairie est forcée de suspendre le chantier.

- Oui, Bacchus, c'est encore moi.

Rappelle-moi.

- Avec l'interruption, Maud et Didier sont coincés.

- Crayon et Cie. - Les dettes s'accumulent.

- Oui, je sais. En fait, on attend une échéance.

- Maud est en rendez-vous.

- On a reçu votre facture, mais...

- Elle est occupée, elle vous rappellera.

- Recommandé. Au fait, je suis pas sûr de pouvoir continuer à vous aider.

- On a un contrat.

- J'ai signé un contrat ?

J'ai rien signé. En attendant,

solidaires jusqu'au bout.

- Quel gros con !

- Maud, plus seule que jamais, n'a aucune nouvelle de Bacchus.

- Tu vas le construire, ton phallus.

- C'est pas un phallus.

- J'ai toujours su que t'étais hyper cul.

- Pour en finir avec Martial, elle dit à Didier de dormir chez elle

et lui avoue tout.

- J'ai dit que l'enfant était de toi.

Voilà. Pour lui, on vit une grande histoire

et je suis amoureuse.

Viens.

- Didier accepte de passer une nuit chez Maud.

- Je pars quand tout le monde dormira. - D'accord.

- Qu'est-ce qu'il fait ?

- Il dort mal dans le canapé.

Merci.

- C'est la dernière fois.

- Ça va mal pour ta copine.

"Le 15 juin s'ouvrira le procès

"contre la gagnante du concours de la mairie de Paris,

"pour le réaménagement du parvis de Notre-Dame." Oh !

- Alors, les jambes...

Bon, il en a qu'une.

Ah non. C'est bon, il en a deux.

Il a un petit fémur.

- Ça veut dire quoi ? - Rien, il a un petit fémur.

Merde. Il bouge plus.

- Quoi ?

- Non, ça y est, rien, c'est bon.

Elle souffle.

- J'ai jamais rien compris à ces échographies.

- Regarde, là. Regarde bien, on voit le c œur.

- Non, je vois pas. - Mais si, regarde, là.

Tu vois ?

- Ah oui. - Écoute.

*Battements de cœur

*...

C'est un garçon.

*...

C'est beau.

*...

- Je l'avais mise là, je suis sûre.

*Bip

- Et le dossier, vous l'avez retrouvé ?

- Non, mais j'ai retrouvé celui des Béranger.

Ah, le voilà.

L'affaire Crayon et les articles des derniers jours.

- Ah oui.

Écoutez, j'ai bien étudié votre dossier et... c'est compliqué.

- Pourquoi ? - L'opinion est très défavorable.

Le peuple est contre vous.

Vous avez une mauvaise image. On ne vous aime pas.

On ne vous aime pas.

On ne vous aime pas.

- Ah...

- Il faut un angle d'attaque pour gagner.

Pour l'instant, on a rien de solide.

- C'est foutu ?

- Peut-être. Oui... Non !

Sonnerie

Oui ? *-Une 3e personne est là.

*Je la fais entrer ? - Vous attendez

quelqu'un ?

- Non.

- Désolé du retard.

Bacchus Renard.

Bonjour.

- Monique Delamour... Delatour.

- Jurisprudence Buren.

Une œuvre ne peut être attaquée

non achevée. - Vous aussi,

vous êtes avocat ? - Non.

J'ai fait un peu de droit.

Vous permettez ?

C'est parti.

*-Des cylindres auront suffi pour créer

*la polémique.

*Autour du chantier où Daniel Buren a installé son œuvre,

la discussion va bon train. M. et Mme Michu s'expriment.

*-Ils avaient qu'à laisser tel quel, c'est de l'argent gâché.

*-C'est pas fait pour ce cadre. C'est fâcheux

*pour M. Buren.

*-Buren aurait dû mettre de grandes palissades.

*Si on avait pu marcher dessus, ça aurait tout changé.

- Je comprends pas qu'on fasse des bittes d'amarrage comme ça.

*-Pénétrons avec Daniel Buren sur le chantier

*des 200 colonnes à propos desquelles on se déchaîne.

*Surtout depuis que les travaux ont été interrompus

*pour raisons administratives.

*Une interruption qui a déplu à l'artiste.

*-C'est comme si

*on entrait dans mon atelier et qu'on critiquait

*des œuvres non finies, qu'on les exposait,

*et qu'on les jugeait telles quelles.

*Ce travail n'est pas fini...

- Tu es venu pour quoi ?

- Pour l'architecture.

- Ah.

Musique douce

...

- Bacchus n'est pas revenu pour l'architecture.

En réalité, il est revenu pour Maud.

Pour ses yeux.

Pour son nez.

Pour ses pommettes.

- Maud, ton ventre.

...

- Ça y est !

Il a pris sa place.

- 1h30 pour le brouillon, 15 min pour le recopier,

26 min pour conversation téléphonique,

12 min de taxi, un pressing. - Un pressing ?

Pourquoi ?

- Pour sa robe d'avocat.

- Oui, t'as raison. Oh !

- Quoi ?

- 2 870 euros.

Regarde.

Donc trois heures et demie. 2 870 divisé par 3,5,

ça nous fait 800 euros de l'heure.

- C'est cher, les avocats.

- C'est pour ça que vous divorcez pas.

- Ils sont pas mariés. - Tata Coco a raison.

Coco. Je suis pas une marque de gâteau.

- Alors...

2 870 pour l'avocat, plus...

- Plus 984

de fournitures...

Plus 6 032 de loyer.

- 6 032... - Plus 3 600

de charges. - 3 600 plus

8 786 de salaires. Oh !

22 272 euros.

- Il reste quoi ?

- On a un découvert de 834 euros.

- C'est foutu.

Avec ma femme, j'ai un crédit sur le dos.

On va aller en prison !

- Je nous sortirai de là !

- Calmez-vous, Didier. Ça va aller. Il est timide.

- Ça va aller.

Qui parle de crédit ? On va gérer.

- On va faire quoi ?

- On pourrait coucher ensemble pour de l'argent. Se prostituer.

- Je pourrais filmer.

- Je me prostitue pas.

- Personne se prostitue. - Martine, la mère d'Hervé,

elle loue sa chambre aux touristes et ça rapporte.

Musique rythmée

...

- J'ai rendez-vous.

- Didier est marié.

- Je vais pas l'épouser. - Oh.

...

Sonnette

...

Sonnette

...

- Hé ! C'est Bacchus, l'ami avec qui elle dort sans coucher ?

- Ben, je sais pas.

- Et Coco, elle sort avec Didier ?

- Aucune idée.

Puisque tu me le demandes pas, voilà, je te le dis : j'ai une copine.

- T'es en couple ? - Ouais, depuis une semaine.

Pour de vrai, cette fois. - Stylé.

Bonne nuit.

- Allez, bonne nuit.

Musique douce

...

- Bacchus...

...

Bacchus... Bacchus !

Faut que j'y aille.

- Quoi ? - Faut que j'y aille.

- Moi aussi, moi aussi, faut que j'y aille.

- Aïe !

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien, il m'a mis un coup de pied.

Pardon.

Tiens, c'est pour toi.

- Tu veux m'arnaquer ? Il est pas signé.

Refusé.

Quand on dit "à ce soir" sans venir, ça veut dire quoi ?

- Ça veut dire qu'on a la trouille.

Notes à la guitare

...

Sonnette - Ah !

C'est Calinou86.

- Ah ouais, elle a raison. - Elle connaît par c œur.

- Papa !

Pourquoi t'as ton sac ? Donne.

- Tiens.

Merci, mon c œur.

Sybille veut faire une pause.

Ça va, fiston ? - Ça va.

Faut que tu signes mon bulletin. - Ah.

Il souffle.

Je peux prendre le dernier ?

Paroles indistinctes

...

...

... hyper bizarre.

...

...

Sonnette - C'est Calinou86, vas-y.

- Après, on a quoi ? - À 14h, y a

Ramsès62. - Ouais.

- À 16h, y a Monnell.

- Monnell. - Monnell72.

- Désolée pour le retard.

- Chérie, il faut que je fasse

les cartons.

Je vous laisse

faire, c'est mieux. - Oh, Didier.

- Oui, au revoir.

Allez. Bon, on y va !

- On attaque avec la jurisprudence Duren.

- Buren. Affaire Buren.

- Buren.

- Alors, ils vont répondre

que votre projet n'est pas

une œuvre d'art.

Mais ? - Un aménagement.

- Mais un aménagement urbain.

- Désolée, Martial a insisté, il est déprimé, il a peur d'être seul.

- Et là, on s'offusque.

Martial respire fort. Qui a le droit

de décréter ce qu'est une œuvre d'art ?

- Je suis mal. - Qu'est-ce

une œuvre d'art ? - J'étouffe.

- Oui. C'est quoi ? - Ma chérie.

Ma chérie. - Pourquoi il dit "ma chérie" ?

- L'habitude.

- Là, on les sèche !

- Elle m'angoisse. - L'architecture,

c'est de l'art, donc vous êtes

une artiste ! - C'est pas réglé. Y a un loup !

Il pleure.

...

- T'as un mouchoir ?

- Tiens. - Thank you.

- Ça va ?

Il se mouche fort.

...

- Je t'assure qu'il va partir.

Si c'est pas demain, après-demain. Sinon, c'est dans 2 jours, 3 jours.

Ou le jour d'après. Mais c'est imminent.

- Pourquoi tu lui parles pas ?

- J'y vais.

Ça va ?

- Sybille me quitte.

- Ah...

- Maud, je suis qu'une merde. J'ai plus rien...

- Mais non. - Je suis un incapable.

- Non ! - Mais si !

Embrasse-moi, je vais crever. - Arrête ! Tu arrêtes !

N'importe quoi ! Ressaisis-toi ! - Embrasse-moi.

- Non ! - Si !

- Martial, arrête ! - Je veux crever !

- Mais arrête !

- Je veux mourir.

- Martial ! Klaxon

- J'aurais aimé que tu retombes amoureuse de moi.

J'aurais aimé...

Voilà.

Musique douce

...

- Bacchus...

...

Bacchus...

...

"Bacchus, faire un pas à droite et vouloir reculer

"en faisant un pas à gauche est impossible,

"car l'espace dans le temps a changé.

"On ne retourne pas en arrière.

"Un retour est toujours un aller.

"Notre histoire commence.

"Pas comme dans l'escalier

"où je t'ai rencontré et où j'ai cru m'évanouir.

"Pas comme à la mairie,

"où je me suis évanouie pour de vrai.

"Mais ailleurs, dans un autre espace,

"un autre temps. C'est pour ça qu'elle commence."

Oh !

Vous ne l'arrêtez pas ? - C'est pas une attaque terroriste.

- C'est une agression !

- Se faire gifler, c'est comme se faire marcher dessus.

- Ah oui ?

Désolée pour vos pieds.

Elle crie.

Mais... Mais...

Laissez-moi !

- Votre mari est venu vous chercher.

- Bonsoir. L'étau se resserre autour de mon crayon... De Maud Crayon.

- Bacchus, on reprend. - J'y arrive pas avec ce froid !

On est le 24 avril ! Je peux avoir la doudoune ?

- Non, c'est pour le 20 h ! - Oh !

- On y retourne, allez !

- Bonsoir, l'étau se resserre.

D'après les sondages, les résultats seraient unanimes.

89 % des Parisiens seraient pour l'annulation

du chantier de Notre-Dame de ma vie.

De Paris. Voilà.

- Gifler des militaires en plein procès,

vous aimez vous mettre des bâtons dans les roues.

C'est par là.

- Non, Monique !

- Par là !

- Les travaux, entrepris dans la cour du Palais-Royal,

ne sont ni une décision administrative individuelle

dérogeant à des règles fixées par la loi ou le règlement,

ni une décision restreignant les libertés publiques,

ni une mesure de police, que, dès lors,

ladite décision n'avait pas à être motivée par application de la loi

du 11 juillet 1979,

considérant que l'autorisation

de M. le préfet

du 16 mai 1986,

portait sur la réalisation de l'ensemble de l' œuvre de M. Buren,

les tranchées, ainsi que les pompes, qui en étaient le complément nécessaire,

que la réalisation de l'autocommutateur

a été autorisée par un permis de construire distinct,

que la décision attaquée

n'est pas intervenue avant que les autorisations

nécessaires ne soient réunies,

il semble donc que le parallèle dressé par la défense

ne résiste pas à un examen, même élémentaire, de l'état du droit.

On ne peut donc pas invoquer la prétendue jurisprudence Buren

dans ce cas présent.

- C'est vrai ?

- Merde...

- Ça n'a pas l'air faux.

Ça n'a pas l'air faux.

- Là, là.

Commencez par ça, d'accord ? - OK.

Respiration forte

Qu'il...

- Oh !

Murmures

...

- Elle est morte.

...

La stagiaire pleure.

...

...

- Un an de stage, on s'attache.

- Oh, allez, allez.

- Clarisse, tu as pris ma robe ?

- Ah non, désolée.

- Je vais demander un ajournement. - Un ajournement ?

- Ah non. On va plaider.

Murmures

...

- La parole est à la défense.

Maître...

Il tousse.

- Maître Renard. Rires

- Sur un arbre perché...

- Silence !

S'il vous plaît.

Allez-y.

- J'aimerais,

si vous le permettez,

faire une...

Une expérience.

J'aimerais

que chacun

et chacune

regarde son voisin

ou sa voisine.

- Il fait quoi ? - Aucune idée.

- Et qu'il le gifle.

Vous avez peur.

Vous avez peur de mettre une claque et d'en prendre une.

Je ne peux pas vous blâmer.

Parce que moi aussi, j'ai peur. Je vis dans la peur depuis toujours.

On vit tous dans la peur.

Simplement parce qu'on est des êtres humains.

Musique douce

Mais Maud Crayon n'a pas eu peur.

- Il est amoureux. - Elle n'a pas eu peur

de faire une proposition moderne.

Oui, moderne.

Et en retour,

ma cliente reçoit quoi ? Une vraie claque ?

- Tu crois qu'il est célibataire ? - C'est sûr.

- Nous n'assistons pas au procès contre Maud Crayon,

mais bien au procès de la peur contre le changement.

Cette peur qui...

nous fige comme...

des gargouilles.

Alors, aujourd'hui,

je m'adresse à vous,

et je vous demande, n'est-il pas temps

de gifler

Notre-Dame ?

...

Êtes-vous sûrs qu'il n'est pas temps

de nous gifler collectivement

et de nous libérer ?

De nous libérer de nos chaînes. Oui, de nos chaînes...

- Suivez-nous. - De nos chaînes affectives,

culturelles et sexuelles !

Oui, sexuelles ! Je suis Bacchus Renard,

journaliste et je vous emmerde.

Murmures

...

Alarme générale

...

- Concernant l'attaque chimique, nous avons très peu d'informations.

C'est un gaz toxique de type B35. Aucune revendication n'a été formulée.

Le métro a été fermé.

Les gens se sont réfugiés dans les voitures, les cinémas...

C'est un état d'urgence, un état de peur.

- Donc, t'es avocate ? - Exactement.

- J'adore ce métier.

- Martial.

Martial, c'est pas Didier, le père de cet enfant.

- C'est l'avocat ?

- Non, c'est toi.

- Quoi ?

Je vais être papa ?

Cet enfant que tu portes...

il est de moi ?

- Oui.

On a eu l'enfant de la rencontre,

l'enfant de la réconciliation

et maintenant, l'enfant de la séparation.

- Maud, tu peux pas me faire ça. Pas maintenant.

- Si.

- Cet enfant, c'est le nôtre.

On l'a fait ensemble, on va l'avoir ensemble.

- Oui.

Ensemble, mais séparés.

- C'est fini, fini, alors ?

- Oui.

- Ça veut dire qu'on dormira plus dans le même lit ?

- Non.

- Y aura plus jamais de baisers ?

- Non.

- Plus de petit coussin ? Plus de petit verre d'eau ?

- Ben non.

- Tu me caresseras plus jamais les cheveux ?

On dormira plus jamais ensemble ?

On fera plus jamais l'amour ?

C'est ça ?

Mais c'est horrible.

C'est comme si on était morts.

Musique douce

- Un peu, mais on est vivants.

- Plus jamais Je ne te baiserai les pieds

Plus jamais Je ne t'embrasserai les yeux

Plus jamais Je ne toucherai tes cheveux

Plus jamais

Nous ne serons deux

- Plus jamais Ma tête dans le creux de ton cou

Plus jamais Je n'écouterai ton pouls

Plus jamais Ma joue tout contre ta joue

Plus jamais

Tu me chercheras des poux

- Plus de caresses sur tes fesses Ni la nuit ni le jour

- Plus de sueur

- NI DE PEUR PLUS JAMAIS

À JAMAIS POUR TOUJOURS

- Plus jamais Je ne te goûterai ta langue

Plus jamais

C'est nos deux bonheurs qui tanguent

- Plus jamais L'odeur de ta peau bronzée

Plus jamais Nos corps nus dans l'eau salée

- Plus jamais Ton sourire, ton air de chat

- Plus jamais Mes hanches, tout le tralala

- Plus jamais Les jambes en l'air, la tête en bas

Plus jamais

- Les hauts, les bas À tour de bras

- Plus de caresses - Sur tes fesses

- Ni la nuit - Ni le jour

- PLUS DE SUEUR

NI DE PEUR

PLUS JAMAIS À JAMAIS, POUR TOUJOURS

...

- Maud a quitté la rue Duperré.

Elle a rendu son piano à Martial et jeté le vieux canapé.

Elle s'est installée dans un 3-pièces avec une vue dégagée.

Quant à Bacchus Renard, comment dire...

Exercice illégal du métier d'avocat,

usurpation d'identité, quelques arriérés d'impayés...

Il était bon pour la prison ferme.

- Nathalie Simonet est en direct des Champs-Élysées.

*Voix saccadée

*...

L'attaque chimique

n'était qu'un accident de pressing.

C'est ici que les 45 kg de pigments de teinture rouge

se sont déversés dans les souffleries

se propageant dans les rues.

Plus de peur que de mal,

même si des Parisiens allergiques sont en quarantaine.

- Le calme est revenu dans Paris.

Le procès était fini et le verdict était sans appel.

L'audacieux projet de Maud Crayon

ne verrait jamais le jour.

- Tenez, c'est à vous qu'elle appartient.

- Oh, merci.

Vous savez, Maud,

les échecs, c'est comme l'adolescence ou la calvitie,

l'important, c'est de s'en remettre.

Je sais que je ne suis pas trompée.

On adore.

Musique douce au piano

...

- Attends, Coco, on va t'aider.

- Super, prends ça. - Ça.

- Voilà, et ça aussi.

Ils sont sympas.

Ils font quoi, pour les vacances ? - Ils vont en Bourgogne avec leur père.

...

- Première césarienne ? - Oui.

...

C'est chouette, non ? - Ah ouais.

...

Pleurs de bébé - Allez, on y va.

Faut préparer vos affaires, vous allez chez votre père.

- Maman, pourquoi on fait une semaine sur deux ?

- Parce qu'on a deux parents. - Exactement.

Sonnette de vélo

- T'arrêtes de vouloir me mettre le grappin dessus ?

- Allez, monte.

Musique jazz

...

...

...

...

...

...

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