All language subtitles for Uccellacci.e.Uccellini.1966.Pasolini

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Original subtitles

Pr�sente

I'absurde TOTO,

I'humain,

le fou,

le doux TOTO

dans le film

DES OISEAUX PETITS ET GROS

Racont�e par PIER PAOLO PASOLINI

avec I'innocent, le malin,

DAVOLI NINETTO

Trouv�s dans les rues du monde entier, les autres acteurs

Vittorio Vittori...

Dans la triste ronde,

dans I'heureuse ronde,

LUIGI SCACCIANOCE fut architecte

DANILO DONATI habilla

NINO BARAGLI monta et remonta

ENNIO MORRICONE composa

MARIO BERNARDO et TONINO DELLI COLLI photographi�rent

FERNANDO FRANCHI organisa

SERGIO CITTI, le philosophe, aida

Une petite troupe vagabondait

par les campagnes et les villages

En produisant, il risqua sa position

En dirigeant, il risqua sa r�putation

OU VA L'HUMANITE? BOF!

Extrait d'un entretien de MAO avec M. Edgard Snow.

Quand y a la lune, on n'attrape rien.

Qui te I'a dit? Pourquoi?

Les poissons se cachent. Faut attendre la mar�e haute.

�a d�pend de quoi, cette mar�e haute?

T'as d�j� vu les ordures que la mer d�pose sur la plage?

C'est d� � quoi?

La lune a une force de gravitation

qui fait monter la mer.

Papa, il est chouette le nouveau dentier de maman.

Je sais, moi, combien il m'a co�t�.

Ce sont pas des dents authentiques, comme avant.

Ce sont des dents de dents! Elle en raffole.

T'as vu...

Elle le cache dans le tiroir pour que p�p� le lui vole pas.

Au fait, t'as pens� � mettre du DDT dans I'�table?

- Non, j'ai oubli�. - Merde. Quel con!

C'est pas ma faute.

Ce matin, la folle s'est mise � poil sur le balcon.

Dommage, t'aurais d� voir �a.

J'en ai rien � foutre. Je pense � I'�table.

Ces pauvres vaches bouff�es par les mouches.

Un peu de conscience, que diable.

Elles ont pas arr�t� de se plaindre toute la nuit.

Un Cinzano et une limonade. Combien?

270.

Elle se fait pas sauter.

Va-t'en, avale ta limonade.

Tu veux apprendre?

Je pense bien.

Compte les pas, sinon t'apprendras jamais.

Allez... un, deux, trois...

et quatre.

Le car!

Dis-moi,

le matin, tu te coiffes avec un aspirateur?

RUE BENITO LA LARME Ch�meur

Papa, j'ai � faire, pas de blagues.

C'est bon...

Que s'est-il pass�?

Un mariage?

Qui c'�tait?

Le Martucci, qui avait ce tic � la bouche. Et sa femme.

Je vais voir mon copain. Je reviens dans cinq minutes.

Grouille-toi.

RUE ANTONIO AVALE-NOUILLES Eboueur.

RUE LILLO ARRACHE-DRAPS Enfui de chez lui � 12 ans

T'as I'air d'un avion!

Que viens-tu faire ici?

J'essayais la voiture d'un copain.

T'aurais vu, on a fonc�!

Mon pote avait une de ces trouilles.

Forc�ment, t'es dingue.

Pourquoi ces fringues?

Y a la f�te des Filles de Marie, � I'asile.

�a te va bien. Tu viens danser avec moi, dimanche?

Rien � foutre.

Si tu viens en bagnole...

Impossible. Mon copain doit la porter au garage

pour une r�vision. Apr�s, je repasserai par ici.

Tu me verras m�me pas.

On t'a vu avec une copine d'�cole.

Je I'ai rencontr�e par hasard. On a bavard�...

Oui, bavard�... dans le pr�. Elle me I'a dit.

Quel pr�? On est pass� par I� parce que...

il �tait tard, son p�re lui aurait cogn� dessus.

Tu comprends?

Salut, Nino.

Qu'est-ce qu'il y a?

Va-t'en, je ne veux plus te voir!

Tu me fais la bise?

Le carabinier a dit qu'ils �taient couverts de vomi.

Lui, sur le lit.

Elle, allong�e � I'entr�e, les mains tendues vers la porte.

Il me semble que la vie n'est rien.

C'est s�r.

La mort est si forte.

Quand quelqu'un meurt, tout ce qu'il avait � faire

il I'a fait.

Papa, je pense souvent � la mort.

Comment on fait pour mourir?

Tout doucement, on respire, on fait "ah"...

et puis, on s'arr�te?

Brusquement, on ne fait plus "ah"...

On s'en rend compte?

Comment on passe de vivant � mort?

Demande �a � un autre. J'ai d�j� �t� mort, moi?

Comme j'aimerais �tre un perroquet.

Je vivrais deux ou trois cents ans.

Un homme riche est mort.

Ci-g�t un homme plein aux as.

Le plus riche du cimeti�re.

Quel sale coup pour lui.

Il a de la chance, peu ont su qu'il �tait mort.

Ils �crivent: "Untel est mort. Au suivant. "

Pour un riche, mourir c'est payer ses dettes � la vie.

Il paie contre ce que la vie lui a donn�.

Le pauvre, lui, paie mais il n'a rien re�u.

Que fait le pauvre?

Il passe d'une mort � une autre mort.

O� allez-vous, mes amis?

O� allez-vous?

Que dis-tu?

J'ai rien dit.

Je dois avoir la berlue.

Vous voulez bien que je vous accompagne?

Mais, qui est-ce?

Papa, regarde... C'est le corbeau!

LE CHEMIN COMMENCE ET LE VOYAGE EST DEJA FINI!

�a ne vous ennuie pas, si je viens avec vous?

Non, �a nous fait plaisir, hein papa?

Puisqu'on va faire un bout de chemin ensemble,

dites-moi o� vous allez.

Nous allons I�-bas.

O�? C'est un peu vague. O� �a, I�-bas?

Euh... I�-bas.

- Je parie que je devine. - Devine.

Vous allez faire des photos du gamin

qui doit travailler chez Fiat.

�a, on I'a fait la semaine derni�re.

Alors, chez votre parrain pour le bapt�me de son fils.

Merde, il devine bien.

Hier, nous �tions � ce bapt�me.

Vous �tes un proph�te, ou quoi?

Un proph�te... si seulement c'�tait vrai.

Un proph�te ou un flic, ou I'un des deux.

Laissez-moi r�fl�chir. Voyons, voyons...

Vous demanderez � une chiromancienne

un rem�de pour Ninetto,

qui a le ver solitaire.

Il br�le, il br�le.

Pardon si j'insiste.

Vous ne voulez pas me dire o� vous allez?

On vous I'a dit. L�-bas.

Mais o�? A droite, � gauche, tout droit?

L�-bas, plus loin.

Je ne vous ai jamais vu par ici.

D'o� venez-vous? Qui �tes-vous?

Je viens de loin...

Mon pays s'appelle Id�ologie, j'habite la capitale,

la Ville du Futur, rue Karl Marx, au num�ro 70 fois 7.

Et nous, au Bourg de la Poubelle.

- Rue des Cr�ve-la-faim. - Au 23.

En bas du Mont des Clairs Egouts...

C�l�bre pour le martyre de Saint Analphab�te.

Que le... que le diable...

Le soleil commence � taper.

J'ai la cervelle qui br�le.

Si on s'arr�tait dans ce pr� pour faire la sieste.

Avance, salopard.

T'en as envie, toi aussi.

J'ai deux cors au pied, un sur le petit doigt,

et I'autre au gros orteil, qui me font souffrir I'enfer.

Quelle chance vous avez.

Quelle chance, mon �il. Avec la migraine que j'ai.

Quelle chance!

Pourquoi "quelle chance"?

Vous avez la chance de parcourir librement les rues

des faubourgs de la ville,

d'entrer le matin dans des gargotes avec de jeunes ouvriers,

d'embrasser des filles en costume d'ange,

de parler de vie et de mort, � tort et � travers.

Tandis que moi...

Vous n'avez pas de parents, de famille... rien?

Mes parents sont Sieur Doute et Dame Conscience.

Moi, par contre, je suis Ninetto,

fils de Toto I'Innocent et de Gr�ce la Simplette.

Votre innocence, votre simplicit� et votre fra�cheur

sont religieuses.

La religion est la force qui vous pousse en avant

sur votre chemin, que nul ne conna�t.

Que vous soyez paysans et ouvriers, qu'importe.

Ce chemin qui vous conduit loin

o� tous les chemins du monde se rencontrent.

A propos de religion, je voudrais vous conter une histoire.

Allez-y, je vous en prie.

Cela nous soulagera de cette longue marche sous le soleil.

Je peux?

L'histoire que je veux vous raconter

est I'�trange histoire des Grands et Petits Oiseaux.

Nous sommes en I'an 1200.

Toute ressemblance avec vos contemporains

n'est pas fortuite.

Vous qui ne voulez pas savoir,

qui vivez comme des assassins parmi les nuages,

comme des bandits et comme des fous dans le ciel.

Vous qui �tablissez vos lois en dehors des lois,

qui passez vos journ�es dans un monde aux pieds du monde,

qui ignorez le travail et dansez aux massacres des puissants.

Nous ne pouvons vous voir qu'� travers Dieu,

car notre regard s'est trop habitu� � notre vie

et ne peut plus discerner

votre travers�e dans le d�sert ou la brousse.

Avec notre parole, nous devons vous faire na�tre � nouveau

car vous t�moignez du Christ aux fid�les

avec votre all�gresse, et la force pure de votre foi.

Aussi, je vous charge, fr�re Cicillo et fr�re Ninetto

de continuer la pr�dication aux oiseaux.

Et il est juste que vous commenciez

par deux esp�ces tr�s distinctes:

les faucons, qui sont puissants

et les moineaux, qui sont humbles.

Lou� soit le Seigneur.

Que fais-tu avec cette fronde?

Jette-la et r�cite un Ave Maria.

Ces saints, ils ont de ces pr�tentions.

�a te semble facile de parler aux oiseaux?

C'est bien ce que je dis.

Tais-toi.

Quoi, il m'a pris pour un saint?

Avec une tronche pareille, un saint!

Qu'est-ce qu'elle a, ma tronche?

Fr�re Cicillo, pourquoi on n'irait pas

dire � Saint-Fran�ois

qu'on fait pas I'affaire, qu'il cherche ailleurs.

Je vais te donner une baffe.

Ou bien alors...

on va chez ces paysans, o� on a mang� cette fameuse ricotta.

On y bouffe, on y dort, et dans un mois:

"Fr�re Fran�ois, les oiseaux vous r�clament. "

Nous ne sommes pas des saints.

Nous sommes des hommes humains.

Mais, gr�ce au Seigneur, nous avons de la cervelle.

Ainsi, fr�re Cicillo et fr�re Ninetto

se mirent en route

pour �vang�liser les oiseaux.

Alors, comment leur parler?

A vous de jouer, et que Dieu vous aide.

Moi, je vous serai d'aucun secours. Je suis bon � rien.

Je vais faire un v�u.

Seigneur, donnez-moi la force de ne pas bouger d'ici

o� j'ai pos� mes genoux

avant d'avoir sanctifi� tous les faucons de ce rocher

et du monde, selon la volont� de Saint-Fran�ois.

Qu'est-ce qu'il fabrique?

C'est peut-�tre un Fr�re Champ�tre!

Tu viens espionner pour le Christ?

Les gars, on le d�culotte?

Ils m'engageraient comme pr�tre?

Je mange peu, tu sais!

Vous voulez lui foutre la paix? Allez-vous-en!

Vous avez fini?

Voici fr�re Marguerite.

Arr�tez, bon sang!

Vous devriez avoir honte. Venir agacer un saint.

Un saint! Un saint!

C'est �a, Saint Chicor�e.

Au secours, fr�re Cicillo!

Mince alors, ce que I'herbe a pouss�.

Nous appeler Fr�res Champ�tres, ils ont raison.

Rien que de la chicor�e.

Avec un peu de lierre

et des orties...

Je vais arracher les orties.

Tais-toi, va-t'en.

L'�t� arriva.

La saison des cigales, des orties...

des go�ters sur I'herbe, des tomates.

L'automne arriva.

L'hiver arriva.

Il ne neigea jamais autant que cette ann�e-I�.

Et la belle saison arriva � nouveau.

�a suffit, j'en ai marre. Je veux me tirer.

Qu'est-ce que je fous ici? Je sers � rien.

Je sais m�me pas parler aux gens, alors les oiseaux...

Je passe mon temps � regarder les mouches voler.

J'en ai marre!

Je rentre chez moi.

Je retourne chez ma m�re.

Fr�re Cicillo ne pouvait lui r�pondre

car apr�s un an de silence,

sa gorge s'�tait rouill�e.

Dites-moi, j'ai pas raison?

Pourquoi je devrais rester ici jour et nuit,

�t� comme hiver, sous le soleil et la pluie,

� me g�cher I'existence? Pourquoi?

Pour m�riter le Paradis, mon fils!

Je peux me reposer � I'ombre, � vos pieds?

Le Paradis...

J'ai trouv�!

Seigneur,

je te remercie. J'ai trouv�.

Faucons, venez, �coutez...

Venez, �coutez...

Qui �tes-vous?

Que voulez-vous?

Des cr�atures de Dieu,

qui voulons parler avec vous,

cr�atures de Dieu.

Dieu?

Qui est Dieu?

Le cr�ateur des cr�atures.

Pour quelles raisons

Dieu nous a-t-il cr��s?

Vous,

pourquoi avez-vous engendr�

vos enfants?

Alors, chacun de nous est Dieu.

N'exag�rez pas.

Un peu de consid�ration

et aussit�t ils deviennent arrogants.

Ce Dieu, que veut-il de nous?

L'amour!

L'AMOUR...

L'AMOUR!

Calme-toi, calme-toi.

Bigre, quelle fatigue. Mais on a r�ussi.

Je suis vraiment content, pour vous surtout.

Mais comment avez-vous fait?

Aide-toi et Dieu t'aidera.

Les saints,

ils peuvent tout avec la foi.

Mais je suis un homme, Nino, un homme humain...

Sais-tu ce que j'ai fait?

Je me suis dit: "Fr�re Cicillo,

"fais travailler tes m�ninges. "

Avec la foi on croit, avec la science on voit.

Vous en avez, dans la caboche.

Saint-Fran�ois a eu raison de vous choisir.

Il sera heureux quand nous lui raconterons tout �a.

Et si on allait faire la bringue!

On I'a bien m�rit�.

Allons jouer de I'orgue dans I'�glise

pour remercier le Seigneur.

Puis allons manger de la ricotta chez les paysans.

Leurs caves sont pleines de vin.

Ils nous offriront des soutanes.

Celles-ci sont us�es.

Alors, �a vous dit, fr�re Cicillo?

Celui qui sert le Seigneur est toujours press�.

Tu n'es qu'un parasite.

Avec les faucons, c'est fait.

Au tour des moineaux, � pr�sent.

Allons-y.

D'accord, fr�re Cicci, j'ai rien dit.

On va les convertir o�, ces moineaux?

L�-bas.

Faites que ce ne soit pas aussi dur que pour les faucons, Seigneur.

Cette fois-ci aussi,

je bougerai pas d'un pouce mes pauvres genoux

avant d'avoir sanctifi� les moineaux.

Esp�rons qu'ils ne seront pas...

t�tus, hein!

Que fait-il I�, s�ur Chiendent?

Je sais pas, s�ur Mis�re, et vous, s�ur Rapace?

Il doit satisfaire un besoin corporel, s�ur Chiendent.

Eh, p�p�, viens voir ici.

- Que voulez-vous? - Mais, que fait-il?

Il doit rester I� pendant un an.

Sur un figuier, les figues poussent en un an,

mais un fr�re, qu'est-ce qui lui pousse? La barbe?

Causez toujours. Cet homme est un saint.

Tu y crois, s�ur Chiendent?

J'en sais rien, s�ur Mis�re. Qu'en dis-tu, s�ur Rapace?

Quand il pleuvra, on verra s'il se mouille.

Il doit convertir les moineaux...

mais ailleurs, il a fait des miracles.

A Frattochie,

il a chang� le vin en eau parce qu'ils �taient saouls.

A Zagarolo, il a chang� I'eau en vin,

car ils aimaient boire.

A Sgurgola, il n'a rien chang�, car tout allait bien.

Dieu, donne-moi de la patience.

Gr�ce vous soit rendue.

Vous �tes un saint, fr�re Cicillo.

Dame Fortune, touchez-moi avec votre baguette magique.

Tu le veux vraiment?

Vraiment?

Une minute, Seigneur,

pardonnez ce que je vais faire.

Comme vous au Temple: quand faut y aller, faut y aller.

�a suffit.

�a y est, je suis pr�t.

Rendons gr�ce au Seigneur.

- Comment, aucun ne vient? - Tais-toi.

Ils ne r�pondent pas.

Ils ne r�pondent pas...

Ces sales b�tes.

La science, oui, la science.

C'est la foi qu'il faut avec vous, pas la science.

Je n'ai pas eu suffisamment la foi.

Seigneur, je n'ai pas eu suffisamment la foi.

Fr�re Cicillo, je peux jouer � la marelle?

Pourquoi vous me regardez?

�a fait deux ans que je ne joue pas.

Vas-y, mon fils, va.

De toute fa�on,

on est dans le p�trin, on en a pour un moment.

J'ai trouv�!

J'ai trouv�. A P�ques, tout sera termin�.

Les moineaux ne parlent pas en gazouillant.

Quelle andouille j'�tais!

Seigneur, pourvu que �a marche cette fois-ci.

Comment, donc, les moineaux parlaient-ils entre eux?

Quel langage Fr�re Cicillo avait-il appris

pendant ses longues m�ditations?

C'est simple: les moineaux communiquaient en sautillant.

Moineaux, venez, �coutez...

Venez, �coutez...

Qui �tes-vous, que voulez-vous?

Vous apporter la bonne parole.

On I'attendait depuis si longtemps!

Vraiment? Vous I'attendiez?

Oui, I'hiver surtout,

quand y a plus un seul grain � manger.

Quelle bonne parole attendez-vous?

Le millet et le grain en abondance.

Il me faudra �tre patient avec vous.

Qu'exige-t-elle, cette bonne parole?

Le je�ne.

Quoi? Qu'avez-vous dit?

Pas le je�ne je�ne...

pas mourir de faim.

Le sacrifice... I'amour.

Seigneur, I'amour.

L'amour...

L'amour!

L'AMOUR!

Mon bon Seigneur tout-puissant,

quelle joie de voir le soleil.

Et quelle joie de voir I'eau.

Ainsi, I'homme sale peut se laver.

Vous �tes content, hein, fr�re Cicillo?

Lou� soit le Seigneur pour cet �ne,

pour tous ces moutons

et ce berger.

Lou� soit le Seigneur

pour ce monde b�ni,

o� tout le monde peut vivre.

M�me ceux qui peuvent pas.

B�nie soit I'herbe fra�che, I'ortie, la chicor�e.

Que Dieu glorifie ceux qui la mangent.

Et maudits ceux qui meurent dans le p�ch�.

J'ex�cre leurs sinistres fun�railles.

Lou� soit le Seigneur pour le bonheur dans les c�urs.

Ses dons ne sont que roses

et fleurs.

Pourquoi?

Fr�re Fran�ois, nous avons converti les faucons.

Et les faucons adorent le Seigneur.

Nous avons �galement converti les moineaux.

Et les moineaux aussi, de leur c�t�,

adorent le Seigneur.

Mais entre eux, ils se massacrent.

Ils s'entre-tuent.

Que faire, si les faucons et les moineaux

ne peuvent s'accorder entre eux?

Que faire? On peut tout avec I'aide du Seigneur.

Comment �a?

Vous devez leur enseigner

ce qu'ils n'ont pas compris et que vous leur expliquerez.

Il faut changer ce monde, fr�re Cicillo.

Vous ne I'avez pas compris.

Un jour, un homme aux yeux bleus viendra dire:

"La justice est progressive

"et � mesure que la soci�t� progresse,

"la conscience de son imperfection s'�veille

"et les in�galit�s apparaissent,

"criantes et implorantes, qui affligent I'humanit�. "

Cette in�galit� entre classes, entre nations

n'est-elle pas la plus grave des menaces contre la paix?

Allez et recommencez, � la gloire du Seigneur.

Viens, Nino, on recommence tout.

Allons, mon fils, ne te d�courage pas.

Courage, allons...

Si vous avez des doutes ou �tiez distraits,

rappelons que le Corbeau est un intellectuel de gauche

d'avant la mort de Togliatti.

D�charge interdite

Et moi alors?

A I'assaut!

Propri�t� priv�e

Comment s'appelle celui qui est all� sur la lune?

Gagarine?

J'en sais rien, papa.

Regarde, la lune para�t si loin...

on dirait un r�ve.

Et pourtant, ils y vont... Tu la vois?

Il me semble que je suis seul � la voir.

Moi aussi, je la vois.

Je sais, je sais.

Salauds, voyous! Vous venez tous ici!

Un jour, je vous tirerai dessus!

C'est pas une d�charge ici!

J'en ai assez de voir les gens

faire leurs salet�s dans mon champ.

J'ai des filles, moi, et toutes jeunes.

Am�ne-les!

Il y a des lois contre ces choses. D�go�tants!

Je pourrais porter plainte.

On vous a mis de I'engrais, faut nous payer.

Eh bien, cet engrais, remportez-le chez vous.

Vous plaisantez, ou c'est s�rieux?

Je ne plaisante pas.

Reprenez ces salet�s.

Sinon?

Je vous crible de balles. S�verine, mon fusil!

Je vais vous flinguer!

La plaisanterie, �a va, mais maintenant, ras-le-bol.

S�verine, mon fusil!

Tire!

Pour un lopin de terre, �clata la guerre...

Vous prenez la fuite, vous avez la trouille, hein?

Au secours, maman!

Papa, cours!

Il fallait faire comme Gandhi!

Sortir votre mouchoir,

sagement y mettre votre caca, et I'emporter.

Laissant, plant� I�,

ce propri�taire avec sa propri�t�.

Il est temps d'en finir avec la guerre.

Nous devons lutter unis pour la paix.

Il n'y a personne?

Vous �tes tous morts? Ressuscitez!

Nom d'une pipe!

O� vous �tes-vous fourr�s, mis�rables?

Que diable foutez-vous I�-haut?

Vous ne r�pondez pas?

Taisez-vous, silence.

Parlez plus bas. Bonjour.

parlez plus bas pour pas r�veiller les enfants.

- A cette heure-ci? - Entrez.

Dors, il fait encore nuit.

Dors!

Vite, au fait...

L'argent, ou je confie I'affaire � un avocat

et advienne que pourra.

Regardez, Monsieur Marcello. Nous n'avons plus rien.

Soyez patient.

Nous vous avons donn� le cochon, et avant �a,

les matelas de laine et les tapis.

Mais cette fois-ci? Nous n'avons plus rien.

Des nids d'hirondelles � bouffer?

Les chinois!

Dors, il fait encore nuit. Dors.

C'est une bicoque. Mais avec le terrain autour,

nous r�cup�rerons notre argent.

Non, pas la maison!

Piti�, pas la maison! Pas la maison!

Eh bien, si, justement, la maison.

Dors, il fait encore nuit. Dors!

Quatre jours que je garde les enfants au lit sans manger,

que je leur dis qu'il fait toujours nuit.

Car s'ils se l�vent, ils voudront manger.

Que vais-je leur donner?

Je ne sais que vous dire, madame.

Je ne peux rien faire.

Priez la Sainte Vierge, pas moi.

"Buznes is buznes". C'est clair?

Ninetto, on s'en va.

Alors? Qu'avez-vous � dire, professeur?

Vous parlez quand �a vous chante? Soyez franc.

Moi, j'ai toujours raison.

Je ne vous dis pas: "Vous avez mal fait"

mais simplement:

"Attention, un plus gros poisson

"pourrait un jour vous manger. "

Le nid est � table.

Messieurs, excusez-nous...

pourriez-vous nous aider

� pousser cette Cadillac qui refuse d'avancer?

Vous me direz: "Vous �tes quatre, tous valides. "

Eh bien, non.

Celui-ci,

a les h�morro�des, sauf votre respect.

Celui-I�, voyez vous-m�me...

Madame, elle, n'a pas besoin de pr�sentations.

Quant au troisi�me...

monsieur est all� chez la manucure ce matin,

et ne veut pas s'ab�mer les mains.

D'accord, mais vite.

- Vas-y, Nino. - Ben toi aussi, papa.

Mal �lev�!

Faut la main du Seigneur pour la faire d�marrer.

De toute fa�on, merci pour votre collaboration.

Je me pr�sente:

Pasquale Belle Oreille.

Ciro le Chouchou.

Casiervierge.

Ourganda I'Inconnue.

Hannibal le V�g�tarien.

Et eux, �tre mes enfants petits...

Kitrinque-trinquepeu,

dit "Ki"

et Colgataugardol, dit "Col".

Vous avoir cors?

Ne m'en parle pas, mon bon n�gre!

Tu vois ceux qui marchent nu-pieds

sur des braises pour br�ler les Esprits de la Mort?

Ils font �a dans ton bled, je crois... Moi, c'est pire!

Moi avoir rem�de miraculeux.

Ne I'�coutez pas, ce rem�de-I�,

lui seul s'en sert.

Il garde cette cr�me jalousement.

Et il ne la c�de qu'� ceux qui peuvent payer.

Moi, je pourrais bien...

si c'est pas un vrai sacrifice.

Cinq mille.

Ils tomb�rent d'accord pour mille.

Des gens!

Que de gens!

ROME A BOUSILLE LE MONDE

On est en 2000, et ils font encore �a.

Eh, les pauvres!

Que se passe-t-il?

Je le savais.

Papa, cours, cours!

Elle va accoucher.

Foutez-lui une baffe.

Allez-vous-en, faut pas regarder.

De I'eau chaude!

A quoi �a sert?

Je sais, moi, � quoi �a sert.

De I'eau chaude!

Vite, de I'eau chaude!

Encore une bouche � nourrir! Vive Marie!

C'est une fille! Vive J�sus!

On applaudit la maman!

Maintenant, tu vas pas trouver la premi�re �glise venue,

et I'abandonner, hein?

Comment on va I'appeler?

Personne la voulait,

personne I'attendait, elle a voulu venir.

Qu'elle soit la Bienvenue!

Oui, oui, Bienvenue, Bienvenue!

Pourquoi vous riez?

Savez-vous ce qu'il y a dans cette bo�te?

Lisez!

Lire? Quarante ans que je lis plus.

Vas-y, lis.

Qu'est-ce qui est �crit sur la bo�te?

- Je pige que dalle. - Lis!

J'y comprends rien.

Aaantic... anticonceptionnelle.

Ils vous ont vendu

de la pommade anticonceptionnelle p�rim�e,

les pauvres bougres.

"Pauvres bougres"? Et vous riez des malheurs des autres?

�a veut dire quoi, cette pommade

antic... anticonceptive?

Vous ne savez pas? Combien d'enfants avez-vous?

Dix-huit, pourquoi?

Avec cette pommade,

vous auriez eu moins d'enfants.

Et pourquoi moins d'enfants?

Plus de la moiti� des �tres

qui composent notre humanit� �volu�e

est dans un �tat de souffrance ignoble et intol�rable.

Elle souffre litt�ralement de faim.

Ce sera toujours pire. Plus on fait d'enfants,

plus la faim augmente. Vous ne croyez pas?

Utilisez vos femmes avec plus de discernement.

Le cr�puscule, le cr�puscule des grands espoirs...

et ces magouilleurs sont laiss�s dans I'ombre

en compagnie de Rossellini et de Brecht, peut-�tre...

tandis que les ouvriers, dans ce cr�puscule

vont toujours de I'avant.

Les id�ologies sont pass�es de mode,

mais en voici un qui continue � parler

de quoi, on ne sait plus...

� des hommes qui s'en vont, on ne sait pas o�.

CONGRES DES DENTISTES DANTESQUES

Les femmes trouvent le Pr. Otto Volanten extraordinaire.

Mais en r�alit�, il a tir� tout son mat�riel

d'un ensemble d'�tudes sur Dante du Pr. Fred Efame

publi�es � Oxford depuis 1933.

Fred Efame est, entre autres, I'auteur du roman...

"Culottes sanglantes � Scotland Yard"

qui est � I'origine de tout James Bond!

Que d�sirez-vous?

Nous voudrions parler avec Monsieur.

Par ici, je vous prie.

Reste calme.

Reste serein et... bien �lev�, Nino.

Mais papa, d'un coup de dents, il me bouffe!

Tu ne comprends rien.

C'est une coutume du beau monde.

Qu'y trouves-tu de bizarre?

�a me regarde pas, le beau monde.

�a regarde ton p�re, donc �a te regarde.

Bonjour, monsieur.

Excusez-moi si je ne me l�ve pas, mais...

Vous �tes venu faire votre devoir, je pr�sume.

Nous sommes le 25,

I'extr�me limite de I'�ch�ance, si je ne m'abuse.

C'�tait bien mon intention.

Je vais vous expliquer.

Avec toute la neige qui est tomb�e,

j'ai deux hectares de choux qui ont gel�.

J'ai pas gagn� un sou.

Et cet imb�cile ici pr�sent,

tous les dimanches,

prenait le tracteur pour aller � la messe.

Mais comme il sait pas le conduire,

il est all� s'�craser contre une Fiat 600.

Et j'ai encore d� d�bourser.

Et puis, j'ai dix-huit enfants, vous savez.

Le seul qui pouvait m'aider,

I'idiot, a connu la vocation.

Il est devenu moine.

Monsieur,

cette b�te...

Je ne suis qu'un homme d'affaires,

je ne m'occupe que d'affaires.

Donnez-moi I'argent

ou vous irez en prison. C'est simple!

Tu as vu? Ta m�re et toi qui ne croyez pas

que je suis dans la merde.

Je suis confus, monsieur.

J'avais pr�par� un bouquet de roses pour Madame,

je I'ai oubli� � la maison.

Je I'apporterai une autre fois.

Ignorant!

Toujours les m�mes.

Rien ne pourra les changer.

O� allez-vous? C'est la course, � pr�sent?

O� allez-vous, bon Dieu!

Cours!

J'arrive!

Allez, cours, papa!

Attends!

J'arrive!

D�p�che-toi, papa. Cours, il va partir!

Tant pis...

Nous prendrons le prochain.

C'est un brave type, ce corbeau.

Je ne le croyais pas, mais t'as vu...

Il avait raison... tous des clowns!

Le seul mec sympa, c'est le barbu qui faisait: "ta, ta, ta".

Mais c'est aussi un oiseau de malheur.

Papa, quand j'irai � I'usine,

d�s la premi�re gr�ve, je retourne � la villa

et je tue ses chiens. �a lui apprendra.

Tu viendras aussi?

C'est s�r! Je viendrai, et...

Allons, Nino.

Je ne vous demande m�me plus o� vous allez.

La fin approche, et moi qui sais tant de choses,

cela, je ne le saurai jamais.

Le chemin commence

et le voyage est d�j� fini.

Que fais-tu?

Je regarde les hirondelles.

Comment t'appelles-tu?

Lune.

100 m�tres plus loin...

Au secours!

A�e, mon ventre! Qu'est-ce qui m'arrive?

Mon Dieu!

Ce n'est pas possible.

�a recommence.

J'ai mal au ventre!

�a fait glou, glou...

Je tiens plus! Je reviens tout de suite.

Eh, la brune!

Ah, Lune, quel effet tu me fais.

Allons I�-bas. Y a un endroit chouette.

O� I'herbe est coup�e.

�a sent si bon.

T'as mang� quoi � midi?

A vrai dire, on n'a pas encore d�jeun�.

Moi, j'ai mang� chez ma s�ur.

Du r�ti avec des �pinards.

Je te I'avais dit, tu sens ce parfum?

Ah, �a va mieux! Allez, on s'en va.

A�e, quelle douleur!

J'ai les boyaux en compote.

C'est vrai, papa,

cette sale bouffe nous a rendus malades.

Attendez-moi, je me d�p�che.

O� vas-tu, cr�tin, viens ici!

T'es sourde!

Eh, Lune, je suis son fils!

Je m'en doutais.

T'as une t�te d'enfant de ch�ur.

Putain, quels beaux nichons!

Elle peut se cacher, la "Marie-au-balcon".

Qui �a?

Une nana qu'on va voir, les copains et moi.

Elle est pas toute fra�che.

Elle a un bide gros comme �a.

avec une jambe maigre et I'autre �norme.

Et puis, elle a pas de nez.

Elle a des yeux et une bouche, mais le nez...

Je te fais rire?

J'aime �tre avec vous.

Avec ton p�re aussi, on a bien rigol�.

Tout va bien, professeur?

"Les professeurs,

"on les consomme � la sauce piquante. "

disait Giorgio Pasquali.

Mais celui qui les mange et les dig�re

devient en partie lui-m�me professeur.

Ah, je me sens mieux.

Allons-y.

Et ne mange plus ces saloperies,

�a te rend malade.

Il y aurait tant � dire � propos des putains.

Et le Corbeau se remit � parler, parler, parler...

Dieu, Famille, Patrie... Combien j'ai pu les contester.

Aujourd'hui, ce n'est plus la peine.

Ou, peut-�tre suis-je hors du coup.

Mon heure est pass�e.

Mes paroles tombent dans le vide.

M. Toto, je ne me lamente pas

de voir dispara�tre tout ce que je d�fendais.

Quelqu'un d'autre viendra reprendre mon flambeau

et le brandira bien haut.

Non, je pleure sur mon sort.

C'est humain, quand on sent qu'on ne compte plus.

Ma�tre, vous permettez?

J'ai un mot � dire � cet abruti. Avance!

Je vais le bouffer.

On se le bouffe.

Si c'est pas nous,

un autre le bouffera.

Et puis, je crois qu'il d�raille.

T'as raison... Quel emmerdeur!

Il se m�le de tout. Comment on va le bouffer?

A I'ancienne,

on jette I'�corce et on mange le fruit.

C'est si bon, les petits poissons.

Mes chers amis

Comme toujours

Elle finit ainsi Elle commence ainsi

Elle s'ach�ve ainsi Elle continue ainsi

Notre histoire

Des Grands et Petits Oiseaux.

Adaptation: Simon Mizrahi

Sous-titrage Titra Film Paris

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