All language subtitles for La Ciociara.1961.MULTI.1080p.Bluray.HEVC.DTS-HD MA AZAZE.french

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Original subtitles

- On nous bombarde ! - À l'abri !

Mettez-vous à l'abri !

Rosetta !

Rosetta...

Mon Dieu, elle va mourir.

Arnaldo, va chercher de l'eau.

Ma chérie...

Tu vas la chercher, oui ?

Rosetta...

Tenez.

Allez, bois, mon trésor.

C'est fini, ils sont partis. Ouvre les yeux.

Regarde-moi.

Ils sont partis. Bois.

Allez.

- Maman ! - Rosetta...

Ils sont partis, tu entends ?

Ne pleure pas, je t'en prie.

Je vais fermer le magasin et je vais l'emmener loin de Rome.

C'est terminé.

Ils sont partis.

Si j'étais un homme, je les tuerais tous, ces assassins !

- Je relève le rideau ? - Vas-y !

Je n'y arrive pas, c'est coincé.

C'est fini, on peut remercier le ciel pour cette fois.

Bon sang, il y a de la fumée là-bas.

Ma maison !

Qu'est-ce qu'ils ont fait ?

Il y a de la fumée près de Tiburtino.

Notre corniche s'est effondrée.

"Le roi a fait remettre au gouverneur de Rome

"la somme de 1 million de lires."

- Qui ça, le pape ? - Non.

"Le roi a fait remettre au gouverneur de Rome...”

"Le peuple, disait hier Carlo Sforza dans un discours réconfortant

"qui a profondément touché le cœur des Italiens,

"a supporté avec dignité et courage cette terrible épreuve.

"Le pape Pie XII a envoyé un télégramme au président Roosevelt."

Giovanni, il faut que tu m'aides.

Je dois sortir ma fille d'ici.

Assieds-toi.

Elle a le cœur fragile. Elle a failli mourir.

Où tu veux aller ?

Loin de Rome.

Ces saligauds reviendront. Ils ne respectent même pas le pape !

Tant mieux.

La guerre finira plus vite.

Tu es fou ! Avec tous les morts que ça fait !

Il attend quoi, Mussolini ?

J'attends de voir ce que va faire ce fou.

Il va devoir dire quelque chose.

II vous endort toutes avec son baratin.

Avant les bombardements, on ne pouvait pas se plaindre.

On gagnait bien sa vie.

Évidemment.

Je te donnerai les clés du magasin.

Tu pourras y jeter un œil, et chez moi aussi.

Si tu me fais confiance.

On fera un petit inventaire, entre amis.

Buonanni me reprendra ce qui est périssable.

Ça m'embête que tu partes.

Et toi, tu bouges pas ?

- J'ai pas d'argent. - Ça ne durera pas des mois.

Sans doute.

Va chez Covelli. Reviens dans 1 h.

- Pourquoi dans 1 h ? - T'occupe.

S'il arrivait quelque chose à Rosetta, je serais capable de tuer.

Tu tuerais qui ?

Je te fais perdre ton temps.

Tu peux tout me demander.

Je le sais. Tu étais un ami sincère de mon mari.

Pour ce salaud, je ne ferais rien.

Alors toi aussi, tu es un faux jeton comme tous les autres !

Tu semblais être son frère.

Parce que toi, qui le voyais jour et nuit,

tu l'aimais ?

Je l'avais épousé.

Mais tu ne l'aimais pas.

Tu me fais de la peine.

J'aurais voulu t'y voir ! Je dormais avec l'âne et les poules.

Je ne mangeais qu'une fois par jour.

Il est venu avec de l'argent et m'a dit :

"Je t'emmène à Rome."

J'ai épousé Rome, pas lui.

Comment c'est possible de rester avec un vieux ?

Ne m'y fais pas repenser. Paix à son âme.

Assieds-toi.

II me racontait un tas de choses sur toi.

- Qu'est-ce qu'il te racontait ? - Tout.

C'est pas vrai !

Un jour, on pêchait ensemble.

II me racontait comment tu étais faite.

Il se vantait, j'avais envie de le foutre à l'eau.

Ça faisait 2 ans que je n'étais plus avec lui !

T'étais avec qui ?

Arrête tes plaisanteries.

Quand on a une fille, on a autre chose à penser.

Alors...

t'en as jamais envie, toi ?

Ça, ce sont mes affaires.

Qu'est-ce que tu fais ?

C'est l'heure creuse.

Personne ne vient, à cette heure-ci.

Ferme si ça te fait plaisir, on voit que tu ne me connais pas.

Tu m'aimes bien un peu, non ?

Et ta femme ?

Celle-là...

Si une bombe lui tombe dessus, je t'épouse.

Arrête, Giovanni.

Giovanni, reste tranquille.

Giovanni, arrête !

- Tu t'es fait mal ? - Fiche-moi la paix.

- Où tu t'es fait mal ? - Là, un petit peu.

Là ?

Giovanni ?

Je ne veux pas que ma fille le sache. Compris ?

Je pourrais faire un malheur.

Tu regrettes, c'est ça ?

Sache que pour moi, rien n'a changé entre nous.

On est comme avant.

Allez, à demain.

Ne refais jamais ça !

Je n'appartiens à toi ni à personne ! C'est compris ?

Merci pour la bouteille.

N'oublie pas de changer la serrure rapidement.

Je l'ai déjà dit à Gaetano.

Parfait.

S'il y a du nouveau, je t'écris.

Pas moi. Je ne t'écrirai pas.

Pour écrire un mot, il me faut une page !

Mets seulement "bisous".

Tu pourrais venir nous voir, un dimanche ?

J'y ai déjà pensé. À bientôt.

Ciao !

Rosetta ?

Va t'asseoir.

Tu entends ? Ils chantent bien.

Fils de...

- Contre qui êtes-vous fâchée ? - Contre tous.

Moi, il y en a un seul à qui j'en veux.

- Qu'est-ce qu'ils chantent ? - Seulement de la musique sérieuse.

Ça flanque le cafard.

Savez-vous qui a le cafard ? Nous, les Italiens.

La pauvre petite n'a pas fermé l'œil de la nuit.

Que se passe-t-il ? Où on est ?

Aucune idée.

On comprend pas.

- Une bombe a démoli la voie. - Comment on va à Naples ?

Il faut compter 4-5 heures pour réparer. Peut-être plus.

On se fout de nous !

Remerciez le ciel que le train marche encore.

- Je ne remercie personne. - C'est vous que ça regarde.

Regarde, le mont Forcella.

- Où est Sant'Eufemia ? - Là-bas.

C'est incroyable !

On peut descendre ? On ira plus vite à pied.

- On peut descendre ? - Bien sûr.

On va devoir marcher longtemps. Ça ira ?

J'aime bien marcher.

- Vous me passez mes affaires ? - Oui, allez-y.

Viens.

Le sac ! Où est le sac ?

Tenez.

- Merci. - Je vous en prie.

Quand finira cette guerre ?

Je comprends rien !

Il dit que ça finira à Noël.

Encore 6 mois ? C'est long.

C'est à eux qu'il faut le dire.

Regarde comment on fait.

Bravo !

Attention !

Il faut que tu la sentes au milieu de ta tête.

Ne raidis pas le cou. Reste souple et dégagée.

Regarde.

Moi aussi, j'ai perdu l'habitude.

Au revoir !

Au revoir.

Au revoir.

- Pas méchants, ces Allemands. - Non.

Quelles belles filles vous êtes.

Vous plaisez à mes fils.

Prends ton baluchon avec du pain et du fromage.

Et prends du saucisson pour Luigi.

À quelle heure on part demain ?

À quelle heure tu peux partir avec la dame ?

Quand elle veut. Le mulet est déjà prêt.

Je vous fais un bon prix. La chambre est comprise.

J'ai pas vraiment le choix.

De quoi vous plaignez-vous ?

Je ne vous ai pas demandé de me payer d'avance.

- On vous connaît pas. - Ne vous en faites pas.

Et ça, vous connaissez ?

Jésus, Marie, Joseph.

Jamais vu autant d'argent.

Rosa, cette dame, c'est une banque !

Y a le Singe !

Qu'est-ce que tu cherches ?

- Vous le savez aussi bien que moi. - Du pain et du vin ?

Ne jouez pas à ça, je suis plus malin que vous.

Où sont vos fils ?

En Albanie. Ils font la guerre, tout le monde le sait.

Ils se battent pour le roi et Mussolini.

Regarde dedans.

Qui fait de la bicyclette ? Vicenzo ?

Mon pauvre mari n'a plus de souffle !

C'est moi qui en fais.

La future championne cycliste !

C'est qui ?

Elles viennent de Rome. Elles passent la nuit ici

et demain, elles vont à Sant'Eufemia.

Je leur ai donné un lit, on est des chrétiens.

Vous savez que vos fils sont des déserteurs.

Si on les attrape, ils seront fusillés.

Vous avez raison, il faut fusiller les déserteurs.

Allez, verse-leur du vin. Buvez, messieurs.

Buvez.

Qu'est-ce qu'on dit, à la capitale, madame ?

Il y pleut des bombes grosses comme ça.

Attendez encore un mois et vous verrez ce qui se passera.

- Tout ça sera fini. - Je l'espère.

Pourquoi vous ne restez pas à Fondi ?

Ici, vous trouverez à manger.

Mais à Sant'Eufemia, ils lâchent pas leur farine.

Je suis de là-bas, on me connaît.

On pourrait vous héberger à la milice, avec la petite.

- Vous donneriez un coup de main. - À la cuisine.

Je ne suis pas une domestique.

Servir la milice est un honneur.

Et toi, ça te dirait ?

Ou tu préfères aller vivre avec les chèvres ?

- Ça te dirait ? - Pour qui vous vous prenez ?

Calmez-vous ou je change de ton.

Comment ça "Je change de ton" ?

Regardez-moi ce crève-la-faim !

Vous allez voir !

C'est des braves filles, des fascistes.

- Elle mériterait d'être fusillée. - C'est une femme, on peut pas.

- Lâchez ce caillou. - Fais ce qu'il dit.

Maman...

Je pourrais vous forcer à venir. C'est la guerre après tout.

- Fais-lui comprendre. - Je la convaincrai.

Rosetta !

- On y va, il fait jour. - J'ai sommeil.

C'est pas vrai.

Ils vont revenir, j'en suis sûre. Je n'ai pas fermé l'œil de la nuit.

Rosetta !

Maman...

Allez, je vais t'aider à t'habiller.

Tiens !

Je n'aurais pas dû leur montrer cet argent.

Ils ont tous des têtes de voleurs.

Avec ça, on peut aller au bout du monde.

Dépêche-toi, ma chérie.

- Tu n'es jamais montée sur un mulet. - Non, jamais.

À ton âge, je les piquais pour les faire courir.

Où peut-on trouver deux mulets pour aller à Sant'Eufemia ?

Je ne sais pas. Les gens ne se déplacent plus.

Je paierai ce qu'il faut. La petite n'y arrivera pas, à pied.

Moi, je vais à Forcella chercher de l'huile.

Ils vont en direction de Rome.

- Au revoir. - Au revoir.

- Tu n'as pas peur, hein ? - Non. Ici, je n'ai pas peur.

Rosetta !

II voulait nous tuer !

- Pourquoi ? - Est-ce que je sais, moi ?

Allons-y.

- Passons de l'autre côté. - Le monsieur.

Ne le regarde pas, ma chérie.

- Toi, c'est Paride. - Ettoi, Cesira.

Toujours aussi mal rasé.

On ne gagne pas autant qu'à Rome.

Elle a fait fortune à Rome. Tu la reconnais ?

Luisa !

- Tu as un petit en route. - J'en ai déjà trois.

- Asseyez-vous, madame. - Prends ma chaise.

Merci.

- C'est ma nièce. - Enchantée.

On fête un triste anniversaire. Celui de mon mariage.

Tais-toi un peu !

Viens, ma chérie.

Je vous présente ma fille.

Tu sens cet air ? Ça donne envie de parler patois.

Tu as compris ?

Ça parle de quelqu'un qui ne reste jamais en place.

Chaque jour qui passe,

je cours portant mon cœur vers le grand marécage.

Où est ma tante ?

À Naples, avec sa fille.

- Et Armando ? - Il est mort.

Je suis née là.

Je loue la maison. J'attends des parents de Formia.

Il n'y a rien pour nous, pour un mois ?

On est entassés avec ces réfugiés qui arrivent.

Ça tournait mal, alors je suis venu ici.

Paride, prête ton atelier. Tu travailleras chez toi.

Ne te fais pas prier, on est parents après tout.

On l'est tous, ici.

Je ne retourne pas à Rome, ni à Fondi.

Ce matin, pour un peu, on y passait.

- Comment ça ? - Un avion a tué un cycliste.

Ici, vous êtes tranquilles.

On passe le temps entre amis et on mange.

- Les Anglais vont arriver. - Anglais ou Allemands, on verra.

- Qu'ils se dépêchent ! - C'est bien vrai.

Si les Allemands gagnent, je me tue.

Ils vous ont fait quoi ?

Personnellement, rien.

- Et alors ? - Laissons tomber la politique.

Mange un peu de pain. Et toi, chante.

Il connaît tout. Il a un petit orchestre à Fondi.

Pour nous, il joue gratis. Allez, Achille !

"Vivere".

Vivere sans jalousie

- Vous tenez un commerce ? - Et un beau !

- De quoi ? - D'alimentation.

Le monde ne change pas pour ceux qui sont dans l'alimentation.

Nous sommes collègues. Filippo De Libero,

je tiens une épicerie à Fondi.

On a besoin de nous. Tant que les Russes ne viennent pas.

- Pourquoi ? - Je vais te le dire.

Les Russes et le commerce, ça fait deux. Et la vie sans le commerce, c'est quoi ?

Comptable, tu parles d'or !

Et le pape ? Que pense-t-il de tout ça ?

Son discours d'hier était émouvant.

Ces criminels tuent des femmes et des enfants.

Et nos bombes à nous, elles ne tuent pas ?

- Vous l'avez voulue, la guerre. - Moi ?

Toi aussi.

- S'il n'y avait que moi. - Tu portes bien ton insigne.

- Et alors ? - Moi aussi, mais ça ne veut rien dire.

Joue, Achille.

Jouer n'y changera rien. Fallait y penser avant.

On dirait que t'es pas italien.

Pas si ça consiste à s'empiffrer pendant que les autres se font tuer.

Des porcs, voilà ce que nous sommes !

Ayons le courage de l'avouer.

Des porcs !

Mais pourquoi fais-tu toujours le trouble-fête ?

- II n'est pas méchant. - C'est vrai, madame.

Dieu merci, je suis là pour gagner la croûte.

- C'est un idéaliste. - Exactement.

Aussi, il se fait toujours avoir.

Je vous joue "Faccetta Nera”.

Belle Abyssinie

Attends un peu, on arrive

Je peux t'aider pour le ravitaillement.

Avant, on trouvait de tout ici. Il suffisait d'avoir de l'argent.

Plus maintenant.

Alors, si tu peux me trouver de la farine,

du maïs pour la polenta.

Des pois chiches, des haricots, des lentilles ?

- Combien ? - Les prix sont honnêtes.

Et puis du saindoux et de l'huile.

- L'huile, tu la verras en rêve. - Non, j'en ai encore.

Ne t'en fais pas, ils passent tous les soirs.

Pourquoi elles se lavent pas, ces deux-là ?

Elles ne piochent pas la terre.

Petite, j'avais une vie encore plus dure que la vôtre.

Votre terre était mauvaise.

On y récoltait que des cailloux.

Papa ?

J'ai un sac de noix qui en contient 60.

10 personnes en veulent une part égale.

Quelle opération je dois faire ?

C'est toi qui devrais nous l'expliquer.

Regarde ce morceau de pain. Si je veux t'en donner et en garder,

qu'est-ce que je fais ?

Sale cancre !

C'est pas sa faute !

Ils n'ont pas été à l'école cette année.

Quand ton oncle reviendra, il l'apprendra.

Tu peux l'attendre. Donne ça à ta mère.

Ils ne vont pas le lâcher.

- II est où ? - En Russie.

- Les femmes aiment les étrangers. - Y a pas d'hommes là-bas ?

- Un étranger, c'est mieux. - Peppino s'échappera.

Il peut pas l'abandonner.

Il est parti avant sa naissance.

Tu veux des caroubes ?

- C'était le repas des chevaux. - La guerre a tout changé.

Anto, viens voir les fusées !

Les fusées !

C'est beau. Ça me donne envie de prier.

Eh bien, prie, ma fille.

Je vous salue, Marie, pleine de grâce.

Je vous demande pardon. Je ne voulais pas vous offenser.

Ne vous en faites pas pour moi.

Mais qu'est-ce qu'ils veulent ?

Ils espionnent les Allemands.

- Ils nous voient aussi ? - Comme en plein jour.

Rassurant ! On est plus en sécurité nulle part.

Non, ça ne doit plus exister.

Et ce n'est que justice.

Vous voyez le mal partout. Vous avez des péchés à racheter ?

Qui n'en a pas ?

Moi, je n'en ai pas à me reprocher.

J'en ai peut-être commis un avant-hier.

Vous voyez ?

Pas un péché à donner sa peau pour le payer.

Et ces gamins, ils ont mérité ça ?

Tu commences à avoir des fesses de femme.

Madame, je voulais.

Michele !

Je ne savais pas, désolé.

Pas de quoi avoir peur, c'est une enfant.

Je venais vous proposer une promenade.

Essuie-toi, ma chérie.

Dites-lui que je m'excuse.

- N'y pensez plus, revenez plus tard. - Non, maman !

- Ne fais pas cette tête. - Je ne veux plus jamais le voir.

Il ne t'a même pas vue, crois-moi.

Il faisait trop sombre.

Il est un peu bizarre.

Son père a payé des études et se fait traiter comme un idiot.

Il dit des choses justes.

Qu'est-ce que tu sais de la vie, toi ?

Si tu me réponds comme lui, tu reçois une gifle.

Il fallait le voir courir !

Il ne faut pas le fâcher, son père a de tout.

Du jambon, des pâtes, et tout le reste.

C'est moi qui suis arrivée la première !

Tu cours vite. C'est quoi, ce livre ?

C'est de l'histoire. J'ai raté mon contrôle.

- Tu vas où, à l'école ? - Chez les sœurs.

Elles n'enseignent pas la vérité.

Pourquoi ?

Il dit que je ne dois plus aller chez les sœurs.

Il existe des écoles publiques.

Elle va à l'école la plus chère de Rome.

Plus on est riche, plus on s'accroche aux curés et aux sœurs.

Rosetta.

Que vas-tu lui mettre dans la tête ?

Pardonnez-moi, j'aime dire ce que je pense.

- Tu ne vas jamais à l'église ? - Moi ?

Il y a 3-4 ans, j'ai failli devenir prêtre.

- Tu dis ça sérieusement ? - Oui.

Pourquoi tu as changé d'avis ?

Je n'avais pas la vocation.

Ou plutôt je l'avais. C'est pour ça que j'ai renoncé.

- Rosetta ! - Laissez-moi.

- Ne sois pas fâchée. - C'est à cause de tes discours.

Rosetta est une sainte. Je ne suis pas digne d'être sa mère.

C'est faux. Vous êtes mieux que vous ne pensez.

- Et je suis quoi ? - Une commerçante.

Mais que le commerce n'a pas dégradé.

Le commerce est dégradant ?

- Vous êtes comme avant. - C'est-à-dire ?

- Une paysanne. - Et c'est un compliment ?

- Pour moi, c'en est un. - Et pourquoi ?

Les gens de la ville sont ignorants. Ils sont pourris jusqu'à la moelle.

Avec les paysans, on pourra repartir à zéro après la guerre.

- Qu'est-ce que ça veut dire ? - C'est eux qui feront le monde nouveau.

Aujourd'hui, ce sont les autres qui décident.

Tu te trompes. Les paysans ne changeront pas.

J'ai gagné de l'argent parce que je suis comme eux, oui.

Je ne fais confiance à personne. Un trèfle à 4 feuilles !

Ça te portera bonheur, tiens.

Bon sang...

J'aimerais tellement être à Rome en ce moment.

Tu ne fumes pas ?

Non.

Tu as une copine ?

Non.

Vraiment ? T'en as jamais eu ?

Non.

Un homme normal ne peut pas se passer de femmes.

Si je n'étais pas capable de faire un sacrifice,

je serais comme les autres, comme mon père.

Ça n'a rien à voir. On peut se priver de choses, mais pas de l'amour.

Petite, viens ici !

Qu'est-ce qu'ils veulent ?

- Que voulez-vous ? - Content de vous revoir.

Je demandais la route pour la Sella.

Par là, toujours tout droit.

C'est le fils de Filippo. Vous le reconnaissez ?

Un bien-pensant.

I sera content de ce qui vient d'arriver.

Dis-lui. Je veux voir la tête qu'il fera.

Dis-lui ce qui est arrivé.

- On ferait mieux d'y aller. - Dis-lui.

Vas-y.

Le Duce est en prison.

Ne dites pas de sottises.

Ils l'ont coffré comme un voleur. Lui qui a bâti l'empire.

Vous allez voir ce qui va arriver.

Vingt années de gloire envolées en un jour, en une heure.

Quelle bêtise il a faite, le Duce !

Il aurait dû tous vous tuer. On ne discute pas avec vous.

Pour vous, c'est ça qu'il faut !

- Maman ! - Baissez votre arme.

Laissez. Les Allemands régleront tout ça. On y va.

C'est donc vrai ?

Si c'est la vérité, je peux mourir heureux. Tire.

- Non ! - Il ne le fera pas.

Ils vous mèneront à coups de pied au cul.

Ils vous feront lécher la terre.

- Lèche la terre ! - Allons-nous-en.

Remercie le ciel qu'on ne soit pas rancuniers.

Allons-y.

Regarde, ils s'en vont.

Tu y crois ? Pour moi, c'est de la comédie.

C'est vrai, ils détalent.

Mais ça ne peut pas être vrai, enfin !

Une nouvelle vie commence pour nous.

On va pouvoir rentrer à Rome.

On peut aller où on veut, on est libres !

Je cours annoncer la nouvelle à mon père et aux autres !

Tu sais de quoi ça à l'air ? D'un grand bordel.

Excuse-moi, Rosetta.

Ça m'a fait plaisir d'apprendre qu'ils ont libéré le Duce.

Il a une femme et des enfants, lui aussi.

Comment vous le trouvez, le Duce, comme homme ?

Votre impression ?

II m'intimiderait.

Faire l'amour avec lui me glacerait.

Tu n'as qu'à éteindre.

- Pourquoi vous riez ? - Pour rien...

- Dis-moi. - On parlait politique.

- Faites-nous participer. - Regarde ton jeu.

Une minute...

Un as. Et toi, tu joues ou pas ?

Il a gagné le pli.

Entrez.

Ce sont des Anglais.

Ils ont besoin de notre aide.

Ils ont débarqué d'un sous-marin pour une mission.

Ça ne nous regarde pas.

Papa, tout ce qu'ils demandent,

c'est de se cacher ici quelques jours.

Si on les aide, les autres auront raison de protester.

Ils ne protesteront pas.

- Ils te fusilleront. - Et alors ?

On a des devoirs envers notre famille.

Si les Allemands l'apprennent, il y aura des dégâts.

Ils amèneront tout le monde en Allemagne.

Ils n'épargneront pas les enfants.

Tu n'en as pas.

Il ne faut pas penser uniquement à soi.

Tu as déjà remis ton insigne.

Venez, messieurs.

Michele ?

On pourrait leur donner du pain.

Morte de faim, cette bécasse donnerait son pain.

Allons-y, va.

- IIs filent en vitesse, après. - Tu es quelqu'un de bien.

C'est pas vrai.

- I! faut désinfecter. - Je suis habituée, avec le magasin.

Merci.

Ce vin doit être bon, c'est quelqu'un de gentil qui me l'a donné.

À l'Anglais.

À l'autre Anglais.

À Michele.

Une goutte pour Rosetta.

- Et à moi. - À la victoire.

- À la victoire. - Au monde nouveau.

Beaucoup espèrent qu'il sortira de grandes choses de tout ça.

Seulement, il faut d'abord battre les Allemands.

Très bon.

Buvons à la santé de Giovanni.

- À la santé de Giovanni. - À Giovanni.

Qui est-ce ?

- Encore un peu, maman. - Moi, j'ai déjà les oreilles en feu.

Beaucoup de bonnes choses en Italie.

Vous ne connaissez pas l'Italie.

Nous connaissons Léonard de Vinci, Michel-Ange.

Ce sont des morts.

Les vivants, vous ne les connaissez pas.

Regardez ces yeux.

Montre-leur tes jolis yeux. Des étoiles.

- Beaux. - Très beaux.

Si vous aviez débarqué dans le nord,

vous savez combien de ruines en moins il y aurait ?

Combien de beautés auraient été épargnées ?

Les généraux ont leurs raisons.

Ils donnent leurs ordres sans connaître ces yeux-là.

Demande-leur s'il faudra passer l'hiver ici.

Ils n'en savent pas plus que nous.

Nous ne voulons pas abuser de votre hospitalité. On y va.

Où vont-ils dormir ? Ils sont ici. Qu'ils restent.

Dans la montagne. On est d'attaque, maintenant.

Il y a des grottes dans la région.

- Merci beaucoup. - De rien.

- Merci. - Au revoir.

Merci beaucoup.

Au revoir, jolis yeux.

Je vais voir si la voie est libre.

Venez.

Débarrasse, je dois prendre l'air. Touche mon front.

Tu as drôlement chaud, maman.

Merci. Au revoir.

Je ne peux pas boire, ça me monte à la tête.

- Qui est Giovanni ? - Il y pense encore !

- Pourquoi veux-tu le savoir ? - Pour rien.

C'est un ami sur qui je peux compter.

Et. tu l'aimes, ce Giovanni ?

"Aimer" ?

Pourquoi ? Une veuve n'a plus le droit d'aimer ?

II a une femme et des enfants.

Ça te paraît juste, de rester jusqu'à la mort

avec une personne que tu n'aimes pas ?

Coucher avec quelqu'un qui te déplaît tous les soirs de toute la vie.

Viens là.

À dada sur mon bidet. Quand il trotte, il fait des pets

Quand il va sur la grande route il fait prout

- Bonne nuit, Michele. - Bonne nuit.

- Enfin ! - Les rats ne respectent rien.

Ils ont grignoté tous les livres. Même la Bible.

- Assieds-toi au milieu. - On n'est pas à l'église.

- Lis-nous une belle histoire. - Allez, on t'écoute.

Lis ce que tu veux.

Il y a de belles choses là-dedans.

Des histoires aussi belles que dans les romans.

Même plus belles.

Le récit de Jésus marchant sur les eaux. Non, la résurrection de Lazare.

Maman, viens là, tu seras mieux.

Il faut que je prépare le dîner.

- Qui est-ce ? - Le fils des nouveaux réfugiés.

- Sa mère est malade. - Elle les recueille tous.

On est devenus des chèvres, on mange de l'herbe.

- Pardon. - Ceux qui ont du blé le gardent.

- Ils le laisseraient pourrir. - Lis, Michele.

Les paysans enterrent leur farine.

Impossible de la trouver.

On ne trouve plus de sel. On devrait s'entraider.

- II faut s'entraider. - On est tous des Italiens.

Oui, on est italiens.

Lis, Michele.

"Il y avait un malade, Lazare de Bethanie,

"du village de Marie et de sa sœur Marthe.”

Vous auriez pu nous prévenir.

"Marie était celle qui avait oint le maître de parfum

"et lui avait essuyé les pieds avec ses cheveux.

"Lazare était malade."

Du pain.

"Les deux sœurs firent dire à Jésus :

"Maître, celui que tu aimes est tombé malade.

"En l'apprenant, Jésus dit :

"Cette maladie n'aura pas pour fin la mort,

"mais la magnification de Dieu

"parce que le fils de l'homme sera magnifié.

"Jésus aimait Marthe, sa sœur et Lazare."

- Je veux du pain. - Après. Sois sage.

"II resta 2 jours dans le lieu où il était."

Achille, tu arrives comme le Messie. Tu as l'huile ?

Non, c'était trop cher.

Elle augmentera encore. Il faut toujours acheter.

Une carte postale pour toi.

Et une lettre pour Cesira.

T'as entendu la radio ?

Le débarquement aurait raté à cause d'une femme.

Mais l'offensive ne va pas tarder.

J'ai les oreilles qui sifflent, c'est bon signe.

Madame Cesira, ça approche.

Tu sais qui est revenu ? Le fils de Battista.

Il s'est sauvé de Grèce.

- On en parle plus tard. - Au revoir.

Continue, Michele.

"II resta encore deux jours dans le lieu où il était.

"II dit à ses disciples : "Retournons en Judée."

"Ses disciples lui dirent :

"Maître, ils voulaient vous lapider et vous retournez là-bas ?"

"Jésus répondit :

"N'y a-t-il pas douze heures de jour ?

"Quand on marche le jour, on ne trébuche pas.

"On voit la lumière de ce monde, mais la nuit...”"

[Is ont voulu cambrioler la maison. T'entends, Rosetta ?

Heureusement, Giovanni dormait là-bas.

Ça, c'est un homme, un vrai.

On aurait pu être ruinées. Sa dote est dans l'armoire.

Vous savez ce que vous êtes ?

Vous êtes tous morts. Aussi morts que Lazare.

Avec votre farine, votre peur des voleurs et votre dote cachée,

le Christ lui-même ne pourrait pas vous ressusciter.

Michele !

- Que lui avez-vous fait ? - Rien.

Personne ne l'écoutait, maman.

Michele a raison.

Arrête-toi !

On peut savoir ce qu'on t'a fait ?

- Rien. - Tu nous as traités de morts !

Morts de faim si ça continue.

C'est moi qui suis mort.

À ton âge ?

Toi, au moins, quand tu as quelque chose à dire, tu le dis.

Moi, je n'ai plus le courage de le dire.

Tu es sincère, peut-être même un peu trop.

- Avec toi, je ne suis pas sincère. - Avec moi ?

Avec toi, oui.

Va-t'en, sale bête !

Il faudra que je vienne nettoyer ça.

Cette grille était déjà cassée quand j'étais petite.

Rentrons, il commence à pleuvoir.

Je t'aime, Cesira.

Avec tous les malheurs qu'on a, tu penses à ça ?

Je devais te le dire. Tu peux décider de ne plus me parler,

mais c'est la vérité.

Regarde ces idiots, ils sont venus voir le spectacle.

- Tu n'y penses pas, toi ? - Moi ?

Toi aussi, tu y penses.

Mais tu as quelqu'un d'autre dans la tête.

Non, j'ai ma fille et ça me suffit.

C'est décidé, on rentre chez nous.

Si tu veux, maman.

Ils ne bombardent plus là-bas. Ils se rapprochent d'ici.

C'est vrai.

Tu as maigri, il faut que tu manges.

À Rome, nous deux, on se débrouillera.

Tu as les jambes froides. Viens.

Pourquoi Michele ne vient plus nous voir ?

Je n'en sais rien.

- Il t'aime beaucoup, Michele. - Arrête...

II a raison, tu es tellement belle.

Il n'a que 25 ans.

Il ne faut jamais prendre un homme plus jeune que soi.

C'est le plus gentil, ici.

La gentillesse ne sert pas à grand-chose.

Tu sens ce courant d'air ?

Tu sais ce qu'il est ? Un subversif.

C'est quoi ?

Un homme bon, mais qui n'aime pas beaucoup travailler.

- II faudra lui rendre son livre. - II me l'a offert.

II ferait un bon mari.

Il n'a pas de vice. Si tu avais 3 ans de plus, ce serait bon !

Qu'est-ce que tu racontes ?

Il faudra bien y penser un jour.

Écoutez-la rire, cette grenouille !

- Cache-le, il est frais. - Merci.

Attention, cache-le. Papa ne doit pas le voir.

Tu me donnes un bout de pain ?

Tais-toi.

- Donne ! J'en veux... - Tais-toi !

Sois sage.

Evangelisti !

Evangelisti !

Tu me vends du fromage ?

Moi, c'est De Sanctis.

On m'a dit que tu t'appelais comme ça.

On appartient à la religion évangélique.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

On observe les préceptes de l'évangile.

Mais tu vends du fromage ?

Non, je n'en vends pas, mais je peux t'en trouver un.

Qu'est-ce qu'elle a ?

Elle fait ça parce qu'elle va pas tarder à mettre bas.

- ll est minuscule. - Tu en veux deux ?

- Combien ? - Mille, la pièce.

- C'est pas de l'or ! - C'est mieux, c'est du fromage.

L'or, ça ne se mange pas.

C'est l'évangile qui décide des prix ?

Ne le prends pas si t'en veux pas.

Pour ce prix-là, on avait une maison ily a un an.

Laisse-les. Si tu les prends au prix que je te fais,

tu vas m'en vouloir.

Si je te les vends à ton prix, c'est moi qui t'en voudrais.

L'évangile dit qu'il faut aimer son prochain.

- Tu es pire que les autres. - Calme-toi.

Tu veux un agneau pour Pâques ? On peut s'arranger.

Non, tu ne m'auras plus.

C'est bon.

C'est bon.

- Où peut-on trouver de la farine ? - Que veux-tu que je te dise ?

Si Rosetta tombe malade, j'irai la chercher avec un couteau.

Un de ces jours, on descendra avec des fusils chez les paysans.

Tous les réfugiés ensemble !

- Bien parlé ! - Dans ce cas, je me mettrais avec eux.

Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Il peut pas comprendre, il a pas d'enfants.

- Bel exemple à donner aux enfants. - Tu nous donnes des leçons ?

Mange aussi.

Elle a raison, retourne voir ta mère !

Si vous le faites, je vous tire dessus !

Je croyais que t'étais parti.

- Je pars bientôt. - Où?

- Dans le sud. - On ne te voyait plus.

Je t'accompagne à Fondi.

Si les Allemands te voient, ils te tireront dessus.

Un ami peut te ravitailler.

- I[ pourrait t'arriver quelque chose. - À toi aussi.

Tu ne me connais pas. Avant qu'un Allemand me touche...

C'est le comble, on leur laisse manger le blé !

Ils mangeaient le blé.

Vous, pas peur. Moi, pas Allemand.

- Vous êtes russe. - Russe, traitre.

Tu ressembles femme Ukraine. Yeux Ukraine, belle.

La route est sûre ?

Vous pouvez aller. Derniers jours pour les Allemands.

Et pour moi aussi.

Ce qu'il est beau ! C'est vraiment un Russe ?

Un déserteur.

On nous a jamais dit que les Russes étaient si beaux.

Excusez-moi ?

Vous savez où on peut acheter un peu de sucre, de farine ?

Des conserves, du miel, du sucre ? N'importe quoi, ce qu'on peut trouver.

Tu n'iras pas dire aux Allemands où je cache mes provisions ?

Je te le jure.

Tu sais ce que je leur ai dit ?

"Je n'ai rien.”

Et eux : "Ah, tu n'as rien ?"

Je peux vous donner mon lait.

Je n'en ai plus besoin. À qui le donner ?

Gaetano est mort. À qui je peux le donner ?

Vous le voulez ?

Qui veut du lait ?

Qui veut un peu de lait ?

Sauve-toi !

- D'où arrives-tu ? - De Sant'Eufemia. Mon père vous salue.

- Une amie, réfugiée aussi. - Je vous en prie, entrez.

Allez-y.

Par ici.

Ce sont de vieux amis.

Monsieur l'officier commande les batteries antiaériennes.

Michele !

- Cesira, une amie de la famille. - Asseyez-vous.

Servez-vous.

Je peux savoir comment vous vous êtes procuré ce pain ?

Un soldat nous en a fait cadeau. Il a eu un cadeau en échange.

En temps de guerre...

- Un échange, donc. - Exactement.

C'est formellement interdit. Qui est ce soldat ?

- Je vais préparer le café. - Je vais vous aider.

- Non, restez. Mangez. - Non, je viens vous aider.

Michele, mange un peu de gâteau.

Quel est votre métier ?

Je suis professeur.

De quoi ?

De lettres.

J'ai étudié la philosophie à Rome.

Vous comprenez pourquoi les Italiens prennent tout avec philosophie.

Non, je ne le comprends pas.

Beaucoup de choses m'étonnent. Vos différences de classe, par exemple.

Vous avez tout, et vos paysans n'ont rien.

On ne mange pas comme ça tous les jours.

Ma mère a cuisiné tout ça pour vous.

J'ai visité la campagne, hier.

Ils vivent comme des Nègres.

Vous ne les connaissez pas. Personne ne les y oblige.

Vous êtes l'élite de l'Italie ! Vous en êtes responsables.

Vous ne pourrez pas me faire taire avec un bon repas.

Je continuerai à dire la vérité !

Mon Dieu.

C'est difficile de les amadouer.

Il vient déjeuner tous les samedis.

Vous n'avez qu'à mettre du poison dans sa soupe.

Nous, les Allemands, détenons la vérité absolue.

Il a bu toute la bouteille. C'est toujours comme ça.

- Excusez-moi... - Mangez.

- Je peux prendre les restes ? - Allez-y.

- C'est qui ? - Il le fait toujours chanter.

Vous auriez un peu de sucre ?

Un peu de farine ?

Vous et Michele...

Le café !

- Vous le préparez ? - Bien sûr.

Vous avez la guerre dans le sang.

La guerre, cher monsieur,

c'est une expérience irremplaçable

sans laquelle un homme ne peut pas se dire un homme.

Je préfère être castré, dans ce cas.

Ce sont vos sentiments personnels.

On gaspille des soldats précieux sur le front italien.

Vous étiez battus d'avance.

Ne vous faites pas d'illusions.

Et mettez-vous bien une chose dans la tête.

Vous et vos compatriotes paierez pour vos erreurs.

Payer, et payer encore !

Et vos enfants paieront après vous.

Mais qu'est-ce qu'ils ont à voir, les enfants ?

On a vu la folle dehors, mais ça marchera pas.

Ne l'écoutez pas, c'est une femme.

- Allons nous abriter. - Ça va aller, maman.

Calmez-vous.

Que Dieu nous protège !

Mon Dieu, sauve-nous tous.

Avance, maman.

- J'ai peur... - Ne t'inquiète pas.

Seigneur.

Cesira !

J'y vois rien.

Mon Dieu !

Qu'est-ce que tu fais ?

Si Rosetta nous voyait, on aurait l'air bien...

Je vais te coiffer autrement. J'en ai marre de ces nattes.

J'aimerais bien me coiffer comme toi.

Je vais essayer. Tu as bien grandi depuis notre arrivée.

Je viens vous saluer. Je pars dans les montagnes.

- Comment y vas-tu ? - Je trouverai.

Fais attention.

Tu vas faire quoi ?

On trouve toujours quelque chose à faire.

- Au revoir, Rosetta. - Tu viendras à Rome ?

On verra. Je t'enverrai des livres.

- Tu as notre adresse ? - Je demanderai où habite Cesira.

Il y a des Allemands près de la meule. Ils s'enfuient !

Alors nous aussi, on va bientôt pouvoir partir.

Viens, Rosetta. Allons voir !

Donnez-nous quelque chose à manger.

Donnez-nous à manger !

Que voulez-vous qu'on vous donne ? On n'a plus rien, nous aussi.

Faites vite.

Ça devient sérieux. Va me chercher le pain.

On a besoin que quelqu'un vienne avec nous,

pour nous indiquer la route la plus courte.

Il faut qu'on passe vite de l'autre côté.

- Toi, viens. - Je ne suis pas de la région.

- Je ne connais rien, ici. - Non, rien.

Alors, toi.

Tout le monde vous le dira, je suis de Ceprano, pas d'ici.

On est tous des réfugiés.

De l'eau.

- Allez chercher de l'eau, vite ! - Va remplir une cruche.

Dépêche-toi !

Cours !

Donne-le-moi dans la main.

On est pas des chiens enragés !

Tu viens avec nous.

C'est mon fils, vous entendez ?

Il ne connaît pas les montagnes. Il lit, il écrit, il étudie.

C'est la vérité.

Si tu ne viens pas, je tire.

Prenez-moi.

Je connais. Je vous ferai passer de l'autre côté.

Je vais y aller.

Allons-y, il y a du chemin à faire.

Tu es trop vieux.

C'est lui qui viendra. C'est son devoir.

Ne vous inquiétez pas, je serai là avant la tombée de la nuit.

Au revoir, maman. Au revoir à tous.

Mon Michele !

Il va revenir, ne t'en fais pas.

Michele !

Michele, sauve-toi !

Avance.

Ça faisait deux nuits qu'on les entendait tirer.

Les Américains sont là !

Michele a compris la situation. Il a dû couper par la vallée.

Il nous attend à Fondi, j'en suis sûr.

- Vous croyez ? - Certainement.

Il aurait dû être de retour cette nuit.

Michele a dû penser

qu'en apprenant l'arrivée des Américains, on serait tous partis.

Serafino a pas attendu une minute.

- Allons-y. - Le mulet va porter vos valises.

On aura des nouvelles de lui, là-bas.

Dans quelques jours, vous serez à Rome.

Paride, viens !

- Luisa veut te voir. - Je reviens.

Reste avec elle, on se débrouillera.

Elle met toujours du temps à accoucher.

Il y en a qui naissent et il y en a qui meurent.

Michele est trop intelligent pour se faire avoir par ces Allemands.

Allons-y.

Cette fois, c'est fini !

Ce canon, il est allemand ou américain ?

Les Allemands sont déjà à Terracina. Si les Alliés continuent,

ils seront bientôt à Milan.

Quand pourra-t-on rentrer à Rome ?

C'est une question d'heures.

- II faut d'abord qu'ils nous libèrent. - Les Américains !

Les Américains !

Mademoiselle !

Mademoiselle !

- Madame Cesira. - Qu'est-ce qu'ils veulent ?

Il veut prendre vos jambes en photo.

- Etta sœur ? - Elle veut pas, désolé.

Des bonbons ?

Merci.

À moi !

- Maman. - Viens.

Impossible d'aller à Fondi.

Ils peuvent bombarder à tout instant. Il faut attendre que l'armée avance.

Nous sommes du village d'à côté. Nous prenons à gauche dans 100 m.

- Bonne chance. - Merci.

Que la Vierge vous protège.

Qu'est-ce qu'on fait ?

- Je veux savoir où est Michele. - Tu as raison.

Tu devrais venir avec nous.

Bonne chance.

- Maman, on y va ? - Où ça ? C'est la boucherie.

Vous allez vous faire tuer. Je retourne à Sant'Eufemia.

- Non, jamais. - On est partis trop vite.

Filippo, j'y vais. Au revoir à tous.

- Au revoir. - Bonne chance.

Au revoir.

Appuie-toi sur moi, Maria.

Appuie-toi.

Donnez des nouvelles de Michele.

Serafino est allé se fourrer sous les bombes.

Au revoir, madame.

- Au revoir, Rosetta. - Au revoir.

- Venez avec nous. - Non. Au revoir.

Allez, ma chérie. Lève-toi.

Passons par Ceccano, on sera plus vite à Rome.

On ne va pas mourir ici. Lève-toi !

Regardez-moi ça. Michele est ton père ? Ton frère ?

Lève-toi ou tu vas t'en prendre une.

Tu vas te remuer, oui ?

Dépêche-toi, Rosetta !

Je veux retourner à Rome, compris ?

Dépêche-toi !

Bon sang... Allez.

On y va.

On arrivera jamais à Rome.

Tu veux manger un morceau ?

Qui.

Tiens.

- C'est qui, ceux-là ? - Les Alliés, maman.

Viens, on va se mettre à l'ombre.

Je ne sens plus mes jambes.

- Tu veux te reposer un peu ? - Oui.

Allonge-toi.

- Je te l'enlève ? - Non.

Tu as vu ? Il ne faut pas rester ici.

Maman !

Ma fille chérie...

Tu te sens capable de marcher ?

Qui.

Vous savez ce qu'ont fait ces sauvages que vous commandez ?

Ce qu'ils ont osé faire dans un lieu sacré ?

Sous les yeux de la Sainte Vierge ?

Paix.

Oui, elle est belle, votre paix !

Vous avez abîmé ma fille pour toujours.

C'est pire que sa mort.

Non, je ne suis pas folle !

Regardez-la !

Regardez et dites-moi si je suis folle !

Voleurs ! Assassins ! Bande de salauds !

Rosetta !

Attends, je vais t'aider.

- Ça te fait très mal, ma chérie ? - Non.

Parle-moi, dis-moi quelque chose.

Que veux-tu que je te dise ?

On dirait que tu m'en veux, mon trésor...

Ne sois pas triste. Demain, on sera à la maison.

J'en suis sûre.

On passe la nuit ici et demain, on repart.

- Oh, tu sais... - Quoi "je sais” ? Tu me rends folle.

On a survécu à beaucoup de choses. On survivra à ça aussi.

N'en parle plus...

Viens, ma chérie.

Nos valises sont là-bas. On pourrait nous les voler.

Viens, Rosetta.

Allons-y.

Viens

Ily a un chemin dans les bois

Son nom n'a pas de mystère pour moi

Tu voudrais le connaître, hein ?

Viens, il y a un chemin dans le cœur

Où l'amour prend de l'ampleur

Pose ta tête sur mon épaule.

Ils vous ont fait quelque chose, ces Africains ?

Je vous ai dit que non.

Ce matin, ils ont saccagé la moitié de Vallecorsa.

S'ils touchent à ma sœur,

je fais un massacre. J'ai une mitraillette.

- Où pouvez-vous nous déposer ? - À la sortie de Fondi.

Ma mère peut vous héberger.

Je comptais aller par la Casilina.

Laissez les Américains passer. Après, vous serez tranquille.

Vous aimez danser ?

Vous arrivez encore à y penser ?

Et cette demoiselle, elle aime danser ?

T'aimes danser ?

Laissez-la. Elle n'a pas 13 ans.

Et alors ? Ma fiancée a 15 ans.

Les filles sont précoces par ici.

Ce soir, on va fêter la victoire !

Nous avons besoin de dormir.

J'ai pas envie de dormir. Je veux m'amuser.

Tu n'aimes pas chanter ?

Si.

Alors, chante !

Viens

Ily a un chemin dans les bois

Son nom n'a pas de mystère pour moi

Tu voudrais le connaître, hein ?

Allez, chante.

Viens

Ily a un chemin dans le cœur

Où l'amour prend de l'ampleur

Continue, ma belle !

Rosetta !

Que se passe-t-il ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Elle est peut-être allée à Fondi, chercher Michele.

Toute seule la nuit...

Elle a dû aller à Fondi.

Combien de temps pour Fondi ?

Je vais vous y mener. Il ne faut pas plus de 30 minutes.

Pourquoi ne m'a-t-elle rien dit ?

Allons voir Filippo. Il tient un magasin d'alimentation.

Je vais mettre mes chaussures.

Ils ont tué le fils de Filippo.

Ils ont trouvé son corps cette nuit.

Michele !

C'est vraiment Michele ?

Quelqu'un aurait vu les Allemands le tuer.

Sa mère est folle de chagrin.

Madame ?

Votre petite, elle est allée avec mon fils Florindo.

- Où? - Pas loin. Ils sont partis danser.

Mais où ?

Pas loin, j'ai dit.

Comment ose-t-il faire ça ?

Elle est si jeune. Je lui flanquerai un coup de couteau !

Si elle l'a fait, c'est que ça lui plaisait. Il l'a pas obligée.

Ma pauvre petite a la tête à l'envers.

Mais qu'est-ce que j'ai fait de mal, dis-moi ?

Elle va bientôt revenir, vous verrez.

Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Tu dormais.

Vous aviez prévu ça à l'avance.

- Hier soir ? - Oui.

Qui t'a donné ça ?

Florindo.

Que veux-tu en faire ?

Les mettre.

"Les mettre" ?

Qui.

Ne me réponds pas sur ce ton, tu entends ?

Tu ne mettras pas ces bas !

Tu ne les mettras pas !

Tu ne les mettras pas !

Je vais lui démolir la figure à ce saligaud !

Elle ne pleure même pas.

Quelle imbécile !

Michele avait raison.

On se cache...

Et regarde comment ça se passe.

Tu ne demandes pas ce qu'est devenu Michele ?

Michele est mort !

Maman...

Ma chérie...

Ma petite chérie...

Pardonne-moi.

Pardonne-moi.

Arrête de pleurer, Rosetta.

Viens là, ma chérie.

Arrête de pleurer, je t'en supplie.

Ne pleure plus.

Ne pleure plus.

C'est fini...

Mon enfant.

Rosetta.

Dors.

Ma chérie.

Dors.

Dors.

Dors.

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