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Cher Julian.
Comme tu peux le deviner par l'enveloppe,
je vis à San Francisco, maintenant.
J'écris au Julian que j'ai connu.
Le Julian qui pourra comprendre ce que je traverse.
Si je ne le fais pas, je deviendrai fou.
Je vais te raconter mon histoire chronologiquement,
pour que les choses soient claires.
Laisse-moi te raconter, Julian.
C'était un ange évaporé et androgyne,
comme tous les mecs qui m'ont fait craqué.
Baiser avec lui m'excitait de plus en plus,
alors que j'aurais dû me lasser.
ll gémissait,
j'allais jouir quand...
j'ai pris une bouteille et je l'ai frappé à la tête.
ll est tombé et a chié
sur mes jambes et par terre, ce qui m'a rendu furieux.
Je lui ai enfoncé le tesson dans le visage,
en appuyant et en le tordant.
Et je suis resté là, le regarder saigner à mort.
Je n'ai ni appelé la police, ni ressenti de la pitié.
Je fantasmais de tuer un mec
depuis si longtemps,
la vérité ne fut que plus graphique.
Je n'étais même pas surpris ou soulagé de tout ça.
- Conneries ! - Quoi ?
J'y crois pas.
ll écoute toujours de la musique lugubre,
met des bougies noires, mais c'est pas un tueur.
C'est même pas un bon écrivain.
Tu ne connais pas Dennis.
Mais toi oui, hein ?
Qu'est-ce que tu sous-entends ?
Rien.
Commençons au commencement,
ou ce qui a l'air d'être le commencement.
A 13 ans,
je passais des heures à la librairie.
Pete, le propriétaire,
me laissait feuilleter les magazines pornos,
tant que je restais discret.
- Salut, Dennis. - Salut, Pete.
J'ai cru qu'il me jetterait si je m'approchais du porno gay.
Mais non.
''La chair est de la chair'' était sa philosophie.
Ce n'est pas moi qui ai rendu ça plus sexe.
Je ne crois pas que Pete en avait après moi.
ll n'a jamais essayé quoi que ce soit.
ll commença à me montrer les nouveautés avant de les vendre.
Des dizaines de jeunes putes se faisant enculer
derrière de petits rectangles noirs.
Peu à peu, les rectangles ont disparu.
lls étaient attachés et fessés, simulant des cris.
Je baisais avec d'autres gamins à ce moment-là.
Aucun ne voulait être attaché.
Les choses devinrent plus violentes, le ''sexe normal'' disparut.
Je ne me suis pas plaint, au cas où Pete
me ferait découvrir
un nouveau monde encore plus sexe.
Dennis,
quel âge as-tu ?
18 ans.
Non, réellement.
Je sais pas.
15 ans ?
Seigneur...
J'ai des nouveautés,
mais je sais pas si tu pourras les supporter.
Tu pourras ?
Ouais, je peux.
Très bien.
Ça reste entre nous.
Si tu as des questions,
viens me les poser, O.K. ?
Bien sûr.
ll est à toi.
Je ne compris pas les photos, tout de suite.
Puis je réalisai qu'il était mort,
pas en train de rire ou de crier.
C'était comme si une bombe avait explosé en lui.
Je ne crus pas une seconde que c'était faux ou simulé.
Je ne voulais pas que ça le soit.
DEMENT
Dément !
Tu te souviens de notre dernière année de fac ?
Tu aurais baisé avec n'importe quel mec,
pour environ 50 dollars.
Parfois plus, si c'était plus hard,
ou si le mec était vieux ou moche.
ll n'y avait rien, ni personne que tu n'aurais pas fait,
tu encaissais un max.
Ça, et l'argent volé à mes parents,
nous payait la drogue et l'alcool,
et nous évitait presque tous les problèmes.
Alors, tu as aimé ?
J'étais O.K. ?
Je sais pas encore.
C'est quoi cette fête d'étudiantes ?
O.K., alors dis-moi,
si tu pouvais changer une chose me concernant ?
Tu parles trop.
Merci, je travaille là-dessus.
Disparais !
Salope !
Tu veux venir chez moi,
pour éponger ce que t'as pris ?
Je me suis déjà fait un mec ce soir.
Donne-moi ton numéro, au moins.
- 3, 5... - Attends.
Recommence.
3, 5,
PLANANT
Ça suffit !
Enfin,
Kevin était défoncé comme d'hab, ce qui pourrait être pire.
Tu réalises que tu pourrais interrompre quelque chose.
Que penses-tu de ton frère, Kevin ?
Je sais pas.
Me trouverais-tu sexy ?
Si tu étais une fille ?
Ou un pédé ?
Ou quoi que ce soit ?
Merde, Julian.
Je ne savais pas quoi faire,
j'étais hypnotisé par son cul.
Pervers.
Peut-être.
Kevin est grave,
mais il a un corps parfait.
Laisse tomber.
Je trouve qu'il est adorable.
C'est peut-être parce que je suis si défoncé, non ?
Je vais
appeler ce numéro.
Ce sera bien de se revoir.
Et puis merde...
Et putain, ne parle pas.
Merde.
C'était lui,
le gars des ''snuff photos'', vivant,
en quelque sorte.
C'est la partie qui m'énerve.
Je le voulais,
tout spécialement sa peau,
parce que c'est ce qui est disponible.
J'ai suffisamment baisé avec des mecs pour savoir
ce qu'un peu de peau peut dire d'une personne.
La mesquinerie de la peau m'enrage.
La plus grande récompense de la peau,
le sperme,
est seulement génial parce que c'est un message de l'intérieur.
Si nous avions pu l'ouvrir en deux,
nous le connaîtrions mieux que personne.
Et notre classement des odeurs corporelles ?
L'anus :
profond !
L'entrejambe :
surestimé.
Les mains :
sousestimé.
Les pieds :
sympa.
La bouche :
profond !
Les cheveux :
sousestimé.
Les dessous de bras :
trop flagrant !
Nous l'avions entre nos mains,
dans nos bouches.
Pas que nous sachions qu'en faire.
Probablement quelque chose de dingue.
Tremper nos mains dans ses boyaux
ou autre chose.
Sauf qu'il y aurait une odeur.
Forte et difficile à supporter.
Pisse, merde, sueur,
vomi, sang,
sperme,
tous mélangés.
Nous le mangerions et le boirions sans avoir la nausée.
Enfin, c'était mon rêve.
Rien que d'y penser me fait encore transpirer et trembler.
Si j'avais eu un couteau,
je l'aurais mis en pièces.
Ce type est dément.
Je devrais y aller.
J'ai oublié de te demander :
Si tu pouvais changer une chose chez moi,
ce serait quoi ?
J'aimerais que tu sois moins défoncé.
Oui, évidemment.
En dehors de ça ?
Non, rien. Rien de particulier.
Vraiment ?
Merci.
Est-ce que tu...
Tu as fait du porno ?
Oui, pourquoi ?
J'ai vu ces photos avant,
tu avais l'air mort dessus.
Tu les as vues ?
J'étais très jeune à l'époque.
Tu les as toujours ?
Non.
C'est dommage.
J'étais vraiment jeune et
elles étaient trop bizarres.
Tu te souviens comment ils ont fait ?
Non, j'étais sur le ventre.
Je faisais n'importe quoi
si quelqu'un était gentil avec moi.
Appelez-moi.
Quel âge a ce type, au fait ?
On s'en fout.
ll paye tout.
Je peux pas refuser.
En plus,
je ne suis jamais allé à Paris.
Putain, ce que tu es cliché.
Tiens.
Quelque chose pour te souvenir de moi.
Merci.
T'as intérêt à écrire.
Je voulais te donner ça.
lls sont à Kevin et ils sont très usagés.
Tu auras peut-être plus de chance avec lui.
Pervers.
Les palliatifs au Sida n'étaient pas encore en place.
Beaucoup de mecs de mon âge, ou plus jeunes, étaient séropositifs.
Malades.
Morts.
D'après la rumeur, Henry était parmi eux.
ll ignora la rumeur.
Quand on vous a cru mort depuis aussi longtemps que lui,
vous êtes habitué.
Ça nous économisera la gnôle et la parlotte.
J'étais en train de...
Laisse tomber.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi tu arrêtes ?
Désolé.
Seigneur !
Laisse tomber.
Appelle-moi.
Comme tu veux.
J'ai idéalisé la brutalité, le meurtre...
Je devrais le faire ou ne pas le faire.
Voir un psychiatre ou faire quelque chose,
parce que cela affecte
toute ma vie, maintenant.
Regarde, une carte postale de Julian.
C'est sympa.
J'ai rien reçu.
Chers parents et Kevin,
J'ai visité les musées,
maintenant, je ne vais plus qu'au cinéma.
Peutêtre étais-je amoureux de Paris au début,
maintenant, je suis juste affamé.
Julian.
Très évocateur.
Ton frère te manque ?
Oui, beaucoup.
Je passais de plus en plus de temps avec ton frère, Kevin.
ll avait cet effet violent sur moi.
Sa chambre était bizarre, vide.
ll disait que c'était pour pouvoir la décorer en pensée.
C'est devenu pratique pour moi, plus tard.
Nous prenions de la drogue et nous parlions.
ll a fini par avouer être amoureux de toi, Julian.
Je ne sais pas s'il s'est passé quelque chose entre vous.
Te connaissant, je suis sûr que si.
Ta mère m'a appelé pour me dire qu'elle était heureuse
de ma nouvelle amitié avec Kevin.
Elle m'avait écrit après ton départ.
ll semblait plus stable depuis qu'il me connaissait.
ll lui avait dit qu'il m'aimait autant que son frère.
Ce qu'elle trouva trop mignon.
J'ai pas attendu plus longtemps.
Après un mois,
je devais m'imaginer en train de le sauver
ou de le violer pour être encore intéressé.
ll ne l'a jamais su.
Si je devais décrire Kevin en un mot,
je dirais :
hystérique,
anxieux,
perturbé,
et très, très jeune.
J'ai essayé de le convaincre que je l'aimais,
ce qui était le cas selon ma définition un peu floue.
Ça n'était pas assez pour lui.
ll était une trop grande responsabilité à l'époque.
Alors, je suis parti à la recherche de cette star porno : Uhrs.
On pouvait le louer à l'heure.
J'ai arrangé un rendez-vous sans intention de le laisser partir.
Bien sûr, il est arrivé trop tôt,
ce qui a tout foutu en l'air.
Je veux tout savoir sur toi.
Mais pour ça,
je vais devoir te tuer,
aussi bizarre que ça puisse être.
Non.
Je fais ça souvent, baiser pour le fric.
Je viens de cet autre type.
C'est comme si j'étais un costume,
que quelqu'un d'autre,
quelqu'un qu'ils connaissent ou ont fabriqué,
porte.
La façon dont ils me regardent, est complètement différente.
C'est ce que tu veux ?
Non.
Tu peux me cracher dans la bouche ?
Non, j'embrasse pas les clients.
Non, je veux dire cracher.
Crache autant que tu peux.
O.K., vas-y.
Prêt ?
Merci.
Quoi que tu fasses, ne tire pas la chasse.
Tu penses à quoi ?
C'est compliqué.
C'est combien, la douloureuse ?
Pas besoin de chuchoter, ta femme n'est pas là,
et je ne marchande pas.
Prends tout.
T'es dur en affaires.
J'aime beaucoup tes vidéos.
Mais, on ne voit pas assez tes dessous de bras.
Retire ton T-shirt.
Tu n'utilises pas de déodorant ?
Je garde le pantalon ?
Oui.
Parfait.
T'es génial.
T'es en avance.
Désolé.
- Je pourrais revenir ? - Non !
Entre !
Nous allons juste parler cette fois.
Puisque je t'ai cerné,
physiquement au moins.
Mon prix est le même.
Bien sûr.
Tu disais la dernière fois, comment tu allais me tuer...
C'était le plan.
Mais je n'ai pas pris mes dispositions pour le réussir.
J'ai pris des notes.
Pourquoi tu ne transformes pas ça en histoire ?
Comme quand j'étais gosse.
Alors, je lui ai parlé d'Henry, des fausses ''snuff photos'',
et comment nous avons baisé plusieurs fois,
avant qu'il ne commence des pratiques
qu'à l'époque, je ne pouvais pas supporter.
Je n'ai plus revu Henry
jusqu'à ce que j'entende parler de lui dans les journaux.
C'est Gary,
donnez-moi une raison de rappeler.
Salut, c'est Henry.
Un ami m'a donné ton numéro et m'a dit que tu aimais tabasser les mecs
et ça me branche, alors,
appelle-moi, mon numéro, c'est...
Ne quitte pas.
O.K., continue.
Comme j'ai dit,
j'ai entendu dire que tu aimais tabasser les mecs.
Ouais...
Peut-être.
T'es comment ?
Je suis supposé ressembler presque exactement
à Montgomery Clift.
Sauf que je suis couvert de bleus,
excepté sur le visage.
Pourquoi quelqu'un qui ressemble à Montgomery Clift, et qui aime ça,
veut se retrouver amoché ?
Je sais pas.
Bonne réponse.
Tu veux un peu d'anti-douleur ?
J'ai un système nerveux bizarre
qui ne fonctionne pas bien.
Tant mieux.
Merci. A poil !
Au fait,
tu ne ressembles pas du tout à Montgomery
Clift.
Tu veux que je me mette contre ça ?
Bien deviné.
Je réfléchis.
Je peux aider ?
Pas vraiment.
C'est comme ça.
Je fantasme sur le fait de tuer des gens.
Mais d'habitude, quelque chose m'arrête.
Quoi que ce soit,
c'est pas le cas pour toi.
Je veux vraiment te tuer.
Ça n'a rien de romantique.
Ça me parait être
la chose à faire.
C'est très intéressant,
mais que veux-tu dire exactement ?
Ce que je viens de dire.
Je ne crois pas que tu devrais le faire.
Parce que je...
fais partie de ça, et je ne le veux pas vraiment.
Si je ne voulais pas,
ce serait une raison,
Mais ce serait la seule.
C'est bizarre,
il devrait y en avoir d'autres, non ?
Tu vas pas le faire, hein ?
Tu ne vas pas vraiment le faire ?
Dis-le, Gary.
Réponds-moi.
Tu sais que je vais te tuer.
J'y crois pas.
Bon Dieu, Gary !
Tu sais quoi ?
lls l'ont trouvé dans un jardin.
Démembré.
Pas de motifs apparents.
Des parties du corps manquent toujours.
Ça n'a pas été difficile de reconstituer la scène.
Je n'arrête pas de penser que j'ai tout raté.
J'aurais pu tuer Henry ou non.
Explorer avec lui.
Je ne veux pas réellement tuer quelqu'un.
C'est égoïste, je sais,
mais Henry partageait mes obsessions.
ll était consentant.
C'est comme si ma vie n'était qu'une série d'actes manqués.
Ecoute,
je t'ai appelé ici,
en rêvant de te tuer,
sans vrai plan.
C'est stupide, inutile,
et je commence à me répéter.
Voilà ton fric.
Tu ferais mieux de partir,
maintenant !
lNSENSlBLE
Faites semblant d'être saouls un moment, puis attaquez.
Ça va être crevant.
C'est mon tour ?
''URS à prendre''
Salut, Sampson.
La dernière fois, tu étais si défoncé
et tu étais si bizarre.
J'aurais dû aller aux urgences.
Fais chier.
Suis resté à me shooter et à regarder la TV.
Pissant le sang.
T'étais furax ?
Au début,
mais t'es trop mignon, donc, non,
plus maintenant.
A un de ces quatre.
Coupez !
C'est dans la boîte.
Attends un peu.
Je te payerai si tu restes.
Je tiens pas vraiment la forme.
T'inquiète,
j'en ai après ton petit cul.
Je ferais mieux de me laver.
Pas trop.
Uhrs semblait apprécier nos discussions.
J'ai commencé à lui écrire.
Les choses avaient changé depuis notre dernière rencontre,
et j'avais besoin de parler à quelqu'un.
Où sont les toilettes ?
Finissons-en.
Nous étions au sommet d'une pyramide aztèque.
Je tenais un couteau ou une pierre,
ou ce qu'ils utilisaient pour les sacrifices
au dieu qu'ils adoraient à l'époque.
Un peu guimauve, mais c'était vraiment arrivé.
Avoir le cœur arraché avec un couteau de pierre
ou être jeté d'une pyramide,
peut paraître romantique
mais je suis sûr que personne ne s'en est tiré.
Mais je n'arrive pas à maintenir ce genre d'illusion
très longtemps.
Pourquoi t'appellent-ils ''Finn'' ?
C'est comme ''Huckleberry Finn''.
Je l'ai précipité en enfer par la pensée.
Je lui ai enfoncé une main dans la gorge,
l'autre dans son cul
et je me suis serré la main à moi-même.
Ça a l'air drôle,
mais ça ne l'était pas.
C'est pour de vrai ?
Est-ce que ce gars est vraiment déjanté ?
Je présume.
J'ai toujours des michetons bizarres.
T'as baisé ce mec ?
Plus ou moins.
Et c'est un tueur ?
ll l'était pas.
Je crois pas de toute façon.
ll voulait mais ne pouvait pas.
Je sais pas,
je me suis jamais senti en danger.
Je sais pas ce que je dois faire.
Tu devrais garder le contact.
Comme ça, tu pourras le surveiller.
Et vendre l'histoire aux journaux.
ll faut garder ça.
Ça peut valoir cher, si c'est vrai.
Appelle-moi Nancy Drew, mais quel tueur
serait assez stupide pour écrire son adresse ?
ll veut peut-être se faire choper.
lls le veulent tous.
C'est trop psychologique,
trop banal.
ll est sûrement juste idiot.
ll faut qu'on sache.
Va le voir.
ll est pas là, il répond pas.
Qui a eu cette idée ?
Allô ?
Dératisation.
Laisse-moi faire.
Le show commence.
ll est très soigneux.
C'est un pédé.
Tu t'attends à quoi ?
Personne n'est aussi soigné.
Peut-être que c'est vrai.
Même pas un cendrier correct à voler.
Allons déjeuner.
Tu veux de l'argent ?
Tiens,
180 dollars.
Pourquoi tu retires pas ton pantalon
et tu me laisses pas te lécher le cul ?
Tu comprends ?
Ce sera pas long.
180 dollars.
C'est tout ce que j'ai.
Dis-moi si ça fait mal.
J'ai décidé de le tuer à ce moment-là.
C'est beaucoup plus long qu'on ne croit,
d'étrangler quelqu'un.
Ça vaut presque pas le coup.
De nouvelles révélations de l'oracle.
Vas-y, ouvre-la.
Non, attends.
Attends juste une seconde.
Dure journée au bureau ?
... problème en Amérique, aujourd'hui.
Cela affecte les jeunes et les vieux,
les handicapés et les casaniers.
L'homme qui a payé Uhrs pour coucher avec lui
aujourd'hui, était manifestement porteur du SlDA.
Uhrs a accepté de continuer
tant que l'homme utiliserait un préservatif.
Ce fut probablement sans risque.
Dis-le :
''Tue-moi, Dennis''.
Je l'ai ouvert en deux.
Comme un gosse avec un jouet.
Etudiant chaque organe gluant,
et toute cette moiteur et ces muscles,
jusqu'à ce qu'il ne soit plus
qu'un coquillage blanc géant
rempli de merde.
Je me sentais
comme si c'était fini.
Je sais tout ce que je voulais savoir,
et tous ces trucs prétentieux.
Je me sens si propre et asexué.
Mais...
chaque réponse entraîne une nouvelle question.
Le même bon vieux porno apocalyptique.
Cette fois, la victime est vraiment très jeune.
Je peux pas imaginer quelqu'un se branler sur cette merde.
Tiens !
J'en ai marre de cette merde de sexe et de mort.
Après avoir nettoyé, il devînt difficile de croire
que quoi que ce soit se soit passé.
Oui, j'avais les corps,
mais ils ne pouvaient rien me dire.
J'avais besoin de complices,
de témoins.
J'avais besoin d'aide.
Nous avons aussi étranglé quelqu'un.
- Vraiment ? - Ouais.
Quel bordel !
Pas comme dans les films.
Sans élégance.
Je préfère les armes à feu.
Non, ils sont trop bruyants.
Je préfère les couteaux,
c'est sanglant, mais silencieux.
Mais c'est tellement salissant, et sanglant
et odorant.
Ça dépend de la personne,
vraiment.
C'est pas si difficile,
quand vous aurez commencé.
Nous avons commencé, sinon on ne serait pas là.
Tu sais ce que j'ai appris ?
Seuls les malades mentaux se font prendre.
C'est leur cycle.
lls deviennent prévisibles.
C'est leur mode de fonctionnement.
Ce qui est stupide.
Ce sont des animaux.
Moi, personnellement, j'ai d'autres
raisons
et d'autres motivations.
Ah bon ?
Ouais.
- Vraiment ? - Oui, vraiment.
Comme quoi ?
Comme...
Tu sais de quoi je parle.
- Ah bon ? - Oui.
Qu'est-ce que tu vas faire du corps ?
Oui, pour le corps ? Que vas-tu faire ?
Rien.
Est-ce prudent ?
On peut le voir ?
Allons-y !
- C'est charmant. - Merci.
Où est-il ?
Au grenier.
Comme c'est gothique !
Des cadavres et
des toiles d'araignée.
Ça fait combien de temps ?
Deux jours.
Si ça fait deux jours, tu as foiré.
La décomposition.
Une odeur inimaginable.
Comme si les mots ne pouvaient pas
décrire l'expérience.
Je peux fumer ?
T'en veux une ?
Non, merci.
Tant mieux pour toi.
Je viens de recommencer.
Je sais même pas pourquoi.
Tu as deux possibilités :
fumer
ou non.
C'est trop restrictif.
Je te comprends.
Vraiment ?
Tu penses le garder ?
Non, même s'il était mignon.
Parce que nous connaissons un endroit parfait.
Nous pourrions t'en débarrasser.
Si c'est O.K. pour toi.
Nous pouvons revenir le chercher,
ou non.
Nous avons joint nos forces, cette nuit-là.
Nous nous sommes serrés la main.
Depuis, je suis devenu plus ingénieux.
lls avaient une approche logique.
Dénuée d'émotion.
DEMENTlEL
Une bière ?
Pas pour moi.
Bel endroit.
Pourquoi y a pas de meubles ?
C'est de sa faute.
Chez nous, c'est mieux. Nous aurions dû y aller.
J'ai besoin, avant quoi que ce soit,
de planer.
J'ai besoin de 50 dollars
- et deux sachets d'héroïïïne. - Nous te l'avons promis.
Je les veux maintenant.
- J'ai ma propre seringue ! - Tant mieux.
Vous êtes ensemble ?
Tu es sa copine ?
Je suis la copine de personne.
- Pourquoi ? - Je sais pas,
c'est plutôt bizarre.
C'est pas bizarre.
Une belle famille unie ?
- Non. - Mais si...
C'est désinfecté ?
C'est une neuve ?
ll me rappelait Sampson.
Je leur ai dit que je voulais le tuer.
Désormais, je pouvais exprimer ça sans aucun sentiment.
Jolies veines.
Merci.
Bordel, mec.
Reste cool.
ll est bien équipé.
O.K., Dennis ! Bien joué !
Tu avais raison.
- Tu es trop endormi. - ll est si léger.
Je le soulève.
Je vais le faire tourner.
O.K., tiens-toi à moi.
Tiens-toi à moi !
Ecoute.
Hé, mon ange.
Mon ange ?
Mon ange !
Retourne-le.
ll se réveille.
Je dois y aller.
Bien sûr que non.
Attendez, j'ai changé d'avis.
- Je dois y aller. - Quel est le problème ?
Ça suffit.
Je commençais à ressentir de la sympathie pour lui,
ce qui pourrait devenir un problème.
Me laisserais-tu
te baiser sans capote ?
Non !
Je dois y aller. Laissez-moi partir.
Je te laisse partir si tu me laisses te jouir dans le cul.
Ouais, O.K.
J'en ai rien à foutre.
Allez, baise-moi.
Allez.
Allez, baise-moi !
C'est ce que tu peux faire de mieux ?
Je vais aller chercher de la bière.
Ne le finissez pas sans moi.
Putain, dépêche-toi.
Un paquet de cigarettes.
Quelle marque ?
Celle-là. Deux paquets.
Et un briquet.
C'est tout ?
Vous avez des caméras ?
Non, nous n'avons pas de caméras.
Des caméras de surveillance ?
Non, je ne crois pas.
Pense au mystère
et à ta nouvelle importance pour les lecteurs de journaux.
Encore un coup de feu tiré dans la grande ville.
C'est bon, je peux y aller maintenant ?
J'ai raté quelque chose ?
Non.
ll t'a rendu de la monnaie ?
Non, je l'ai dépensée en cigarettes.
C'est le moment de le suspendre aux chevrons.
Quoi ?
Vous voulez que je me débatte plus ?
Que je supplie ?
Non.
ll est lourd.
Quel âge a-t-il ?
16 ans.
ll en a pas l'air.
C'est quand que tu t'es fait un gamin de 16 ans ?
T'aimerais le savoir !
Je le sais.
Ça fait rien, il a l'air jeune.
Ça fonctionne ?
Alors, mon mignon.
ll est si beau en vidéo.
Je veux l'ouvrir.
Le bas de son dos était incroyablement
maigre et pâle
Son cul était si petit et parfait,
il me rappelait Kevin.
Plus un prototype qu'un vrai cul.
ll fait une overdose ?
Je crois pas.
Tu fais une overdose ?
Tu fais une overdose ?
ll était encore plus beau,
comme le visage effacé d'un ange.
Je l'ai embrassé
suçant le jus de ses lèvres,
les mordant jusqu'à ce qu'elles saignent,
baisant sa gorge avec mes doigts.
Quand j'y ai enfoncé ma bite,
elle est ressortie couverte de sang.
Je l'ai giflé six ou sept fois.
Et je l'ai rebaisé,
ses lèvres et son nez saignaient.
J'ai frappé sa tête sur le sol,
jusqu'à ce qu'elle ne fasse plus de bruit,
et que ses cheveux soient devenus rouges.
J'ai léché chaque centimètre de son corps.
Pete m'a tendu le couteau.
J'ai fait une longue fente de sa gorge à son estomac.
Elle n'était pas assez profonde, j'ai recommencé plusieurs fois.
J'ai léché l'intérieur de la plaie.
C'était incroyablement riche.
Le sang coulait de cinq ou six endroits.
Je suis retourné à la coupure,
et elle s'est ouverte.
J'ai repoussé les côtés.
Sa poitrine se soulevait rapidement.
Ses entrailles faisaient plus science-fiction que je l'aurais cru.
Je comprends qu'elles doivent rester cachées.
Nous avons retourné le gamin,
et ses boyaux ont éclaboussé le sol.
Fergie ne pouvait plus s'arrêter de rire.
ll ne pouvait plus être en vie.
J'ai essuyé le sang de son cul du mieux que j'ai pu,
et je l'ai léché un moment.
Et ils ont frappé son corps,
je le sentais plus que je ne le voyais.
Mon Dieu, les gens sont de tels sacs à merde !
C'est tout ?
La caméra s'est arrêtée.
Je vais me nettoyer.
Je garde ça.
Non,
laisse-la ici !
A quoi tu penses ?
A Dennis, bien sûr.
S'il va venir nous chercher à la gare.
Si ce n'est pas insensé de le voir, vu les circonstances.
C'est sûrement pas sensé.
C'est quoi son problème ?
Sais pas.
ll doit y avoir plus à faire avec un mec, que de le baiser.
Quelque chose de totalement dément.
Appelle-moi s'il te plaît.
C'est bien du ''Dennis'', d'être en retard.
ll viendra pas.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je finirai par le savoir, dis-le-moi.
T'as couché avec lui ?
Pervers.
Allez Kevin, il avait envie de toi.
C'était pas comme ça.
Je sais pas ce que c'était.
Si je dois me sentir responsable, si c'est vrai.
J'aurais pas dû te laisser avec lui.
Trop tard.
Donc, tout est de ma faute ?
J'aurais pas dit mieux.
Dennis et moi sommes très semblables.
Nous voulons ce que nous ne pouvons pas avoir.
ll t'a fait du mal ?
Non.
Etais-tu amoureux de lui ?
Dégage !
C'était différent.
Très Dennis,
très différent.
Dennis, je le crois pas.
Ça faisait si longtemps.
C'est une merveilleuse œuvre de fiction.
J'ai un peu embelli
pour que ça reste intéressant.
Que penses-tu de l'endroit ?
C'est chouette.
C'est un peu dépouillé,
mais ça te ressemble.
Où est ce grenier dont on a tant entendu parler ?
Je dois admettre que c'était l'un de mes
enjolivements.
Un dont je ne suis pas
très fier.
Je sais que je casse l'ambiance
mais je peux faire une sieste ?
Kevin ?
Désolé de te déranger,
c'est juste que
parfois je me sens seul
et ils ne m'aident pas.
Je comprends ce que tu veux dire.
Attends,
tu es supposé être nu.
Tu ne voudrais pas voir plus bas.
ll est parti.
Parle-moi de lui.
Qui ? Dennis ?
ll était génial quand j'étais un gosse.
Je suis sûr qu'il a pas changé.
Etiez-vous amants ?
Tu peux dire ça.
Tu n'es pas convaincant.
ll est devenu distant
et brutal, sexuellement.
Manifestement.
Je m'en fichais, mais j'étais malheureux.
Dennis respectait mes fantasmes.
ll en avait des plutôt bizarres, lui-même.
C'est comme si Dennis était en quête de quelque chose.
Une quête stupide.
ll voulait tuer des gens pour avoir des réponses.
Mais les seuls qui ont obtenu des réponses
furent les gars assez stupides pour aller chez lui.
Je peux t'assurer que je suis plus intelligent maintenant.
Maintenant que je suis mort.
Quel est le verdict ?
Tu te rappelles notre amitié, de manière sélective.
Ou alors j'ai beaucoup changé.
Les trucs que nous faisions,
c'étaient des conneries de gosses drogués.
Je suis branché ''relations'', maintenant,
avec des aventures occasionnelles pour me garder en forme.
Tu te fous de moi, hein ?
Tu devrais t'entendre.
Tu t'es déjà écouté ?
Kevin pense que ta lettre, c'est de la connerie.
ll m'a tout dit pour votre flirt.
Je ne suis pas surpris.
Jaloux, peut-être.
De qui ?
C'est mon frère.
Ça efface tout, techniquement.
Tu as vraiment changé.
On gèle ici.
T'as bien dormi ?
Je présume.
Je vais appeler un gamin.
Quel gamin ?
Quelqu'un pour garder ton frère occupé.
Celui du train, tu te souviens ?
Qu'allez-vous faire ? Le tuer ?
ll arrive.
Entre à tes dépens.
lls t'attendent.
Tu es défoncé comme il le faut ?
Ouais, ça se voit ?
Ça te rappelle rien ?
lndéniablement.
ll est charmant.
Et si touchant.
Tu peux te déshabiller et te mettre sur le dos ?
Ou sinon !
Tu es si convaincant.
Tu te maintiens, Dennis ?
Bien sûr, absolument.
Confesse, trouduc.
Tu n'es pas John Wayne Gacy,
exact ?
Exact.
Je le savais.
Pourquoi ?
Si ce n'est pas une question trop compliquée.
Je sais pas.
Je pensais que vous m'aideriez à réaliser ça.
Alors ?
Puisque nous ne sommes pas intéressés par le meurtre.
Je ne sais pas.
J'espère ne pas t'avoir trop déçu, Kevin.
Que tu ne sois pas le tueur en série de ses rêves et fantasmes ?
Ta gueule, Julian !
Pourquoi tu bouges pas ? Je veux parler à Dennis,
vous aurez du temps pour vous rattraper.
Bien sûr.
Ben, salut !
J'appellerai avant de revenir.
Merci, Julian.
Je suis content que tu sois venu.
Je t'ai écrit.
Je ne les ai jamais envoyées.
Ce sont quoi ? Des lettres d'amour ?
J'ai besoin que tu m'aides pour quelque chose.
Sous-titres : TW pour OPTlMALE.FR
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