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Acte 1
Renzo et Luciana (Les mariés du dimanche )
Luciana, tu n'étais pas de service à 14 heures ?
J'ai changé d'horaire. Je vais chez le dentiste.
Encore ce type ! Il te suit ma parole !
Mais qui en voudrait ?
Un coursier !
- Il est pas mal. - Mais c'est un coursier.
Il nous suit toujours.
Toi tu fixes les gens et tu ris si on t'accoste !
Un jour ou l'autre, je trouverai quelqu'un.
Je veux pas finir comme Marta.
C'est-à-dire ?
Elle vit avec un type. C'est sa concubine.
Sa quoi ?
Sa concubine. Ils vivent ensemble sans être mariés.
Tu lis pas les journaux ?
Vive le concubinage ! Comme ça on ne la licencie pas.
Luciana, tu préfères être concubine ou attendre
de te marier ?
Je dois descendre, pardon...
Mais qu'est-ce que tu fais ?
J'ai eu du mal à l'emprunter cette voiture.
- Maman, et ça c'est quoi ? - Les fleurs d'oranger.
Papa ! Tu es un vrai trouble-fête.
Sans voiture on serait arrivés tard.
Ça aurait été beaucoup mieux, beaucoup mieux.
Tu es bien jolie !
Tu laisses la camionnette ici ? Si on la voit ?
Faut pas exagérer.
Il me semble que tout le monde me regarde.
Tu as fait faire les fentes comme je disais.
Tu as voulu un gilet et tu ne l'as pas mis ?
On meurt de chaud !
On aurait économisé 3000 lires !
Qu'est-ce qu'on attend ?
Me voici.
Vous êtes prêts ? Le curé attend.
Et tes deux témoins ?
Ils devraient être là.
Vous êtes sûrs que tout est en règle ? Le mariage est valide ?
Papa, ne recommence pas.
Bien sûr. Moi-même, comment j'ai fait ?
Je me suis marié à 22 ans et non aux 25 réglementaires.
Vous pouviez attendre.
Moi oui, ma mais femme...
Mais pas elle, grâce à Dieu.
Les voilà !
Attention... Les témoins ont été avertis ?
Le curé sait que Renzo est dans la même situation que moi.
- Inutile de parler de mademoiselle. - C'est justement pour elle !
Gino, on en a tant discuté !
L'église penserait qu'ils ne veulent pas d'enfants,
vu que le sacrement est invalidé s'il y a des réserves.
On met au moins une veste !
Luciana, voici Giuseppe Antonicelli
et Mario...
Mario comment ?
Je le dirai au curé, t'en fais pas.
Sûr qu'ils ne diront rien ?
Ça leur est égal. Ils habitent à l'autre bout de la ville.
On y va. Je bosse moi, après.
Beau mariage ! Vous devriez avoir honte.
Ils n'échappent même pas au boulot !
Je ne les comprends pas. Ils n'avaient qu'à attendre.
Et s'il arrive quelque chose ?
Tu vois qui pense à mal ?
Le mariage n'est pas valide, il y a restriction.
Papa n'est pas bien. Ça fait des mois qu'il rabâche ça.
Ce serait pas l'artériosclérose ?
C'est merveilleux.
Tu veux un cachet ?
C'est rien. Ça va passer.
C'est la glace que j'ai mangée.
Le chef comptable !
Vous avez changé votre horaire ?
Oui. Le dentiste...
A deux heures, il ne reçoit pas.
Je ne vais pas à la mutuelle mais chez un ami de mon père.
- Pourquoi ça ? - Il est bien.
La roulette vous fait peur ?
Oui, bien sûr.
Ah ces médecins, avec les femmes...
- Molaire ? - Pardon ?
Oui... une des grosses.
Voyons ça.
Très bien, continuez. A quelle heure vous finissez ?
A 19 heures.
Très bien.
- Fais gaffe, c'est le genre... - Flic.
Non, je sais ce que je dis. Pas vrai Marisa ?
Il fait l'abruti mais ça l'empêche pas de draguer.
Je te crois pas.
- Pourtant c'est vrai. - Selon qui ?
J'peux pas en dire plus mais c'est vrai.
- Demande à Pinuccia. - Pinuccia ?
Je sais rien. Mais fais gaffe à toi !
Comme si je l'attendais ! J'en rêve la nuit.
Pinuccia...
- J'y crois pas. Jure ! - Je te jure.
Vous n'allez pas au cinéma ?
Trop tard. Et je crois que papa...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien, rien.
Elle demande si on va au cinéma.
Allez-y. Moi, j'attends mes amis pour la belote.
Ce soir tu pouvais t'en passer.
Pourquoi ?
On renonce à notre chambre, et en plus à la belote !
Mais ce soir, tu pouvais aller chez les autres !
- Et pourquoi ? - Tu ne comprendras jamais rien !
Seigneur...
Quand tu es le seul l'homme de la maison,
voilà comment on te traite. Heureusement, tu es là.
Si on te questionne, réponds comme au gardien.
Qui croira que je suis un de vos pensionnaires ?
Ils disent qu'on coûte trop cher.
Arrête un peu. Toi, va ouvrir.
On fait ce qu'on veut chez soi !
Tu es un neveu de province, un point c'est tout.
Bonsoir !
- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.
Mal à l'estomac.
La glace de ce matin.
On sort ?
Mais tu es folle ?
Et alors ?
On va à côté ?
Oh non ! Je meurs de honte.
Alors vous deux, vous venez oui ou non ?
Pas de quoi rire petites imbéciles.
Bonsoir à tous, nous sortons.
- Ils se sont décidés ! - Evidemment...
Ils sont pas sortis, ils sont dans la chambre !
Bon sang ! Mes affaires !
Il vaut mieux que je les prenne maintenant.
Tu pars à quelle heure ?
Une heure avant elle.
Je laisse mes chaussures ici, je m'habille après toi.
Tiens, j'y pense...
Sinon ça va recommencer.
Marisa, les remèdes de papa. Donne-les-lui.
Vous n'allez pas dormir ?
Lili ne veut pas. T'as entendu ses cris ?
Elle dit qu'il y a de la boxe à la télé.
Je les déteste tous.
Je suis un imbécile.
J'aurais dû dire à Gigi de chercher une piaule et garder l'autre pour moi.
Ou en trouver une autre.
On serait mieux dans un meublé.
Mais ça coûte 20000 lires par mois.
Au moins pour les premiers jours.
On a très bien fait.
On est quand même ensemble. C'est l'essentiel.
Quand on aura payé les traites des meubles,
on pensera à l'appartement.
On la fera la lune de miel pendant les vacances.
C'est très chic de la faire après, tu sais ?
Et puis il y a les dimanches. Le dimanche...
Attends...
Quelle merveille !
Tu as mal ?
Non, j'ai la nausée.
La nausée ? Quel type de nausée ?
J'ai peur, tu sais.
Bon sang !
Mais ce n'est pas sûr.
T'as vraiment peur ?
Oui.
Tu l'as dit à ta mère ?
Tu es fou ? Ils pensent que je...
que nous...
Enfin, on s'est marié aujourd'hui.
Qu'est-ce que tu veux qu'ils pensent !
Mais si c'est ça, qu'est-ce qu'on va faire ?
Par pitié, n'en parlons pas. Au moins pas ce soir.
Oui, ouvre. J'allais te le demander. Un peu d'air.
Pourquoi vous n'ouvrez jamais ?
Que c'est bon !
Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Tu ne l'avais jamais vue ? - Non.
Des autres pièces on ne la voit pas. On s'habitue.
Et puis on a fait une affaire. 10% sur tous les produits.
Elle s'éteint quand ?
Jamais. C'est comme ça jusqu'au matin.
Luciana...
Lili veut à tout prix regarder la télé.
J'ai la prise !
Excusez-nous. Allez, dépêche-toi, viens.
Demain tu déplaceras la prise.
J'avais oublié que la télé était dans cette pièce.
On serait mieux dans un jardin public !
Ecoute, ne te fâche pas pour ces bêtises. Arrête !
Tu parles, et moi qui...
- Où es-tu ? - Je suis là.
Tu es plus petite qu'un frigo de 80 litres.
Allez, viens !
Ils ne t'énervent pas ?
On sort ?
Pour aller où ?
Pour rentrer tard.
Oui, oui ! On va danser !
C'est extra !
Quand on rentrera, personne ne s'en apercevra.
Ce sera beau de dormir ensemble.
Tu es bien ?
Oui... enfin...
Ne bois pas tant.
Tu parles, c'est de l'eau.
Elle pleure depuis une demi-heure.
- Ne les regarde pas. Curieuse ! - La pauvre...
- Elle doit avoir des ennuis. - Pense plutôt aux nôtres.
On a tellement de chance !
Tu parles d'une chance.
Pourquoi ? De quoi tu te plains ? Tu as bu ?
Non. Je pense à tes nausées.
On ne devait plus en parler ce soir !
Arrête ! C'est le quatrième. A 600 lires le verre...
Une rose ?
- Allez... - Jamais de fleurs comme ça !
Assez dépensé. Et puis il les a peut-être volées au cimetière.
N'importe quoi !
Cessez de jouer les grands ducs, compris ?
Oui madame la comtesse.
Tu seras comptable ! Gare à toi si tu sèches les cours.
Si tu permets, ce soir...
Juste ce soir. Dès demain, finies les vacances.
- On rentre ? - Il est tôt.
Tôt ? Presque minuit. Ils doivent tous dormir !
Bon sang !
C'est dingue ! Qu'est-ce qu'ils foutent ?
Ils ont dû laisser allumé.
Tu parles !
Ils doivent regarder la télé. Je vais leur téléphoner.
Pour dire ''Tous au lit, on ne peut pas dormir dans le parc'' ?
Tant qu'ils sont debout je monte pas. Compris ?
Je préfère rester ici.
Et alors ?
Alors...
- Sois sage... - Même pas ça ?
Dimanche, on prendra une chambre à l'heure.
Dimanche, quelle merveille !
Y a rien à voir, on est mariés !
Tu parles ! Dolce vita !
Mais oui, c'est bien vous !
- Bonjour. - Pas de roulette aujourd'hui ?
- Il n'est pas là ? - Qui ça ?
Le soi-disant dentiste.
Je vous jure que j'ai changé d'horaire pour aller chez...
Le dentiste. Pas pour la bagatelle ?
Non monsieur.
Vous n'avez ni fiancé ni petit ami ?
Il n'y aurait pas de mal à ça.
D'après mon contrat, je n'ai pas le droit de me marier.
Justement. Vous avez un fiancé ?
Non.
Pas de fiancé ?
Pas de petit ami ?
- Rien ? - Rien.
Regardez quelle jolie petite chose je vous amène.
Je vous présente Me Servadio,
et Mlle Simonetta Rosi.
Mademoiselle est une de nos meilleures employées.
Je vois.
Enrico, ne commence pas !
Je réponds de lui comme avocat,
pour le reste je ne garantis rien. Ne le ménagez pas !
Allons nous baigner.
Je viens de déjeuner. Et puis j'allais partir.
Attendez-moi.
Je me rafraîchis un peu.
Génial !
Eh bien au revoir.
- Mademoiselle, un instant ! - Je vous l'ai dit.
- Où allez-vous ? - Je dois y aller.
Je dois téléphoner à une amie. Je reviendrai après.
- Un ami ? - Une amie.
Je savais bien qu'elle me cachait quelque chose !
Regardez comme elle a rougi.
Je n'ai rien à cacher. Mais j'ai ce rendez-vous.
Vous êtes en voiture ?
Je vous accompagne ?
C'est très gentil à vous, je vais téléphoner.
Fais comme si de rien n'était. Suis-moi.
Pauvre Osvaldo. Aujourd'hui ceinture !
Oui, rien à faire ni avec Rita ni avec cette petite.
Fallait lui dire que t'étais pas seule !
Mais je ne l'ai pas dit parce que je suis bête.
Il se doute de quelque chose.
Dès le début il s'est mis à faire des allusions.
Tu ne le connais pas !
Il voulait te draguer tout simplement.
Lui ?
Que faire ? Impossible de trouver une chambre.
- Ils sont tous au lit, ma parole ! - On va où ?
On cherche une piaule ailleurs, ou on reste ici.
Et moi qui ai laissé la camionnette au parking.
Si l'autre la voit, je suis cuit.
Il manquait plus que ça !
Je vais la déplacer. Mais laisse-moi souffler.
On peut pas rester ici. Il va nous voir.
Et puis je dois aller reprendre mes affaires.
Salue-les, prends tes trucs et viens avec moi !
On perd complètement la boule !
Tu peux tout faire sauf te marier et être enceinte.
Mais je suis mariée et... que veux-tu que je te dise ?
Faire tout ça pour finir sous le nez de ce type ?
D'après toi, qu'est-ce qu'on doit faire ?
Je vais lui dire que je dois rentrer chez moi.
S'il m'accompagne, tant mieux. Et toi tu me précèdes.
Avoue que ça t'ennuie qu'il te voie avec un coursier ?
T'es trop bête. Fais ce que tu veux monsieur l'Intelligent.
Je vais te présenter !
Ne cours pas comme ça, attends.
Pas question ! Et tant mieux si on est dans la merde !
Te fâche pas Luciana, attends !
Calmons-nous.
Tu as sans doute raison.
On se retrouve à la maison.
Mademoiselle Luciana !
C'est dans la poche !
Compliments !
- Ne reste pas là. - Mais pourquoi ?
- Ne l'embête pas. - Je l'embête ?
Je t'ai dit de t'en aller !
Elle va revenir.
C'est drôle, elle ne nous a jamais causé de soucis.
Ah oui ?
Elle peut rester ici.
A moins qu'il lui soit arrivé quelque chose.
Ce qui va lui arriver, c'est deux bonnes gifles !
Une 1300 blanche. Tu crois que c'est elle ?
Luciana ne connaît personne avec une 1300.
Si, elle en connaît... Saloperie de lumière !
Il y a eu un malentendu ?
Tu ne lui aurais pas dit de rentrer par ses propres moyens ?
Tu es pire que papa ! Tu radotes.
Maman, j'ai faim !
On attend Luciana !
Je l'ai vue par la fenêtre de la cuisine.
Où tu vas ?
Gino, dis-lui.
Quoi donc ?
Renzo veut gifler Luciana.
Il a raison.
Vous avez voulu ce mariage ? Eh bien qu'il la gifle.
Toi alors !
Renzo, ne fais pas d'histoires !
- Où tu vas ? - Dehors, ou je te massacre !
Luciana, monte !
Renzo, où tu vas ? Arrête ! N'en fais pas un drame !
Il m'a dit qu'il me raccompagnait
et puis ''Allez, on va au lac !''
Impossible de l'arrêter.
Alors j'ai fait semblant de me sentir mal.
Je me tordais dans tous les sens.
Tu avais raison, et Marisa aussi. C'est vraiment un...
Allez, on va à la maison.
Un.
Deux.
Fais-moi au moins voir quel film c'est.
Les Vampires ! La barbe.
Avant ça te plaisait.
Plus maintenant.
Ne me dis pas que tu es jaloux ?
C'est génial de passer un dimanche tout seul à la maison.
J'avais peur.
J'étais énervée.
Tu es fou d'être jaloux de ce type !
Mais enfin, qu'est-ce qu'il veut ?
Je te l'ai déjà dit.
Mais même si c'était Marlon Brando,
j'en ai rien à faire.
Mon idole c'est toi.
Oui, ça se voit.
A force de dire que je me sentais mal, je me sentais vraiment mal.
Encore ?
Pas vraiment. Mais j'étais pas bien.
Ce n'est peut-être pas ça, je n'ai pas vraiment mal.
Et maintenant ?
Ça va.
On a bien fait de venir ici.
Enfin un peu seuls.
Porte-moi, le vampire va se désintégrer.
Quelle merveille...
Le tombeur !
- Comment va la santé ? - Bien, merci.
Tant mieux. J'ai appris que vous étiez souffrante.
En effet, hier je n'étais pas très bien.
La chaleur sans doute. Mais maintenant...
Qu'est-ce que vous avez ?
Jamais de vertiges ?
Non. Je ne crois pas.
Vous ne seriez pas dans un état ''intéressant'' ?
Au toucher je ne sens rien.
Mais vous pourriez en être au premier mois. Alors ?
Vous croyez ?
C'est à vous de me le dire.
Ça vous paraît-il possible ?
Je ne suis pas mariée.
Je sais. Mais ça ne veut rien dire...
Donc vous ne pensez pas être enceinte ?
Non, je ne pense pas.
J'aime mieux ça. Il peut s'agir d'un trouble passager.
Il a fait très chaud ces jours-ci.
Repassez dans une dizaine de jours.
Je vous ferai peut-être examiner par un collègue.
Vous savez que je dois signaler les cas de grossesse.
Oui. Mais du moment que je ne suis pas enceinte.
Bien. Vous ne me sembliez pas sûre de vous.
Repassez dans dix jours.
Si tout va bien on étudiera une petite cure, d'accord ?
Sachez cependant que je note ''A revoir dans 10 jours''.
Le 24 juillet.
En 10 jours on peut arranger bien des choses.
Tu viens déjeuner ?
J'ai pas envie.
Qu'est-ce qu'il y a ? Tu ne déjeunes pas ?
Je n'ai pas faim. C'est tout.
- Vous vous êtes encore disputés ? - Non.
Comment ça ''non'' ?
Elle doit être fatiguée.
Luciana n'a jamais rien eu.
Aujourd'hui elle s'est sentie mal à l'usine !
Pourquoi ces mystères ? Si elle se sent mal, qu'elle le dise !
Luciana s'est mis en tête qu'elle était...
Oui, enfin...
Je n'aime pas ces histoires-là.
Vous vous êtes donc mariés...
Marisa, fais une camomille pour Luciana.
Une camomille ? Elle est enceinte !
C'est comme ça. On va pas en faire une histoire, non ?
On est mariés. Et puis c'est même pas sûr.
Ce qui est sûr c'est que tu es un voyou
et un crétin.
Parce que maintenant adieu boulot, projets et tout et tout !
Attendons avant de nous fâcher.
Attendre quoi ? Et on peut savoir de combien ?
Si c'est ça...
un mois.
Bravo !
Je dis simplement que c'est une place de perdue.
Et une place comme ça, c'est rare.
Avec un enfant sur le dos ! Réfléchissez !
Si on pouvait faire quelque chose, bien sûr...
Ma chérie...
pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?
Tu as essayé les bains brûlants à la moutarde ?
Ou des bains de pieds brûlants ?
On va demander conseil à tante Attilia.
- Je ne suis pas enceinte ! - C'est vrai ?
Je m'étais trompée. On a eu peur pour rien. Tout va bien.
Il faudra faire attention.
Si tu savais comme je suis content !
Laissez-moi, espèce de crétin. Allez-vous-en !
Suis-moi !
- Et elle ? - Viens avec moi, vous aussi.
Monsieur, je plaisantais.
On ne se connaît pas. Même si on te vire.
Mieux vaut perdre ta paye. Tu auras tes indemnités.
Entrez mademoiselle.
C'est donc la première fois qu'il vous importune ?
Oui. Je ne l'avais presque jamais vu avant.
Je vous l'ai dit, je plaisantais. Je regrette.
Je ramassais les boîtes, elle passait...
Toi, tais-toi ! Tu es licencié !
Faites donc.
Si vous le licenciez, je démissionne.
C'est trop injuste.
Comment ? Vous ?
Permettez ! Je ne le connais pas.
J'admets qu'il a eu tort.
Je ne veux pas qu'on le renvoie comme ça. S'il a une famille...
Vous êtes trop bonne.
Tu auras tes indemnités et que je ne te revoie plus !
Et remercie mademoiselle de sa gentillesse.
Dehors !
Et vous ne vouliez pas que je le licencie !
Je vais faire en sorte qu'il ne trouve rien, ce voyou !
Ça lui apprendra. Je rédigerai ses références !
- Mais où courez-vous ? - Renzo, viens !
J'en ai marre !
Marre de m'empoisonner la vie !
Viens ici !
Vous savez, cher monsieur, ce voyou je le connais.
Je l'ai même épousé ! Licenciez-moi aussi.
Rester vieille fille pour vous lécher les bottes
ou vous accompagner le dimanche à la piscine ?
Dis-lui aussi !
On chômera pas longtemps. C'est pas les places qui manquent !
Et avec deux indemnités !
On a déjà une partie de l'appartement et on paye le frigo !
Le frigo peut attendre.
- Dehors ! - Volontiers !
Envoyez-moi Notarianni.
On a bien fait. Il suffisait d'un peu de courage.
En réalisant qu'avec deux indemnités on avait le logement,
j'ai cru mourir de joie.
- Quelle merveille ! - Tu verras, tout ira bien.
C'est bien toi !
C'est ce qui me semblait. C'était toi hier matin ?
Bien sûr. J'habite dans les nouveaux immeubles.
- Beaux logements. - Un peu loin du boulot.
Je ne travaille plus à l'usine. J'ai trouvé mieux.
Je suis veilleur de nuit. 6000 de plus.
6000 de plus ! Quel veinard !
- Tu peux dormir le jour ? - On s'habitue.
L'an prochain, je devrais être comptable.
Et ta femme ?
Pour elle aussi, ça fait loin du travail.
Elle se lève quand je me couche.
Elle te garde la place au chaud.
Eh oui.
Des enfants ?
Pas encore. On doit payer l'appartement et le reste.
Tu as raison. En somme tout va bien pour toi.
Oui, ça va.
- Il pleut ? - Plus maintenant.
Tant mieux.
Ils ont déjà allumé le chauffage !
Tu t'es renseigné pour les cours ?
J'y suis passé hier soir.
Rien à faire.
Le matin c'est à 8 heures. Tu te rends compte ?
Et l'après-midi ?
Ça commence trop tard.
Tu vas perdre une année.
J'espère que non.
Je travaillerai seul et avec des leçons particulières.
Je t'en prie mon amour.
Je sais, je sais. J'y pense.
Tout a si bien marché ! On a tellement de chance.
Dans deux ans tout sera payé.
- 23 mois, j'ai calculé... - Le savon s'il te plaît.
J'ai calculé aujourd'hui.
Encore mieux. Tu as compté les traites de la cuisinière ?
Oui, aussi.
Si on renonce aux vacances on finit en 20 mois.
On devait aller à Venise ?
Venise sera toujours là. Pensons à l'avenir.
Tu es fou ! Tu as vu l'heure ?
Il y a une fenêtre ouverte ?
J'ai ouvert un peu pour renouveler l'air.
Je vais refermer.
Dimanche on passe la journée au lit.
Quelle merveille.
A ce soir.
Attendez !
Les tentations du Dr Antonio FELLINI
Ah, comme j'aime Rome mes enfants.
Qu'on y est bien ! Quel plaisir de travailler ici !
Silence ! On tourne un film.
A Rome ça arrive tous les jours, partout !
Hercule, fais gaffe au Viking !
T'en fais pas, je m'en occupe.
Dans un clope, j'ai trouvé une aiguille.
Attrape, j'en peux plus !
Passe-la-moi. N'ayez pas peur madame.
Coupez !
Tirez la 5 et la 6 et apportez une autre bouteille de vodka !
Si je n'étais pas là
pour amuser tous ces gens, ce serait une catra...
une catra...
une ca-tas-trophe !
Il n'y a qu'un type qui m'en veut.
Le voilà.
D'ici on voit mieux.
Vous savez ce qu'il fait presque tous les soirs ?
Vous n'avez pas honte ? Espèce de licencieux !
Mariez-vous avant de faire ces choses-là.
Faites comme les éléphants
qui se cachent au fond de la jungle pour s'accoupler.
Saligauds ! Cochons !
Dévergondés !
Eteins ce phare !
Baisse-toi.
Quelle honte !
Pervertis !
- Encore lui. - N'y allez pas.
Je dois lui dire deux mots.
Vous aimez venir ici ? Vous voulez quoi ?
- Ce que je veux ? - C'est honteux !
C'est vous tous qui devriez avoir honte !
Ici c'est un lieu public, un parc promenade !
A Rome, phare de civilisation !
- Suburre est révolue ! - Je pensais être à Tokyo !
- Ce n'est pas un lupanar ! - Rentrez mettre une petite laine.
C'est dégoûtant !
Soyez des hommes, pas des bêtes en chaleur !
Très bien, je m'en vais ! Vous allez voir...
Monsieur l'agent, ils vont s'échapper.
Ils ne comprennent pas que c'est pour leur bien.
C'est pour leur bien que je le fais, rien que pour ça.
Le rideau ! Tout de suite ! Malheureux !
Rentrez chez vous ! Ne jetez pas vos sous pour ces saletés !
Complètement piqué, hein ?
Je vais vous montrer ce qu'il a fait l'an dernier.
Il y avait un cinéaste amateur suisse
qui a filmé toute la scène !
C'est là que commence notre histoire.
Un beau jour, M.Mazzuolo...
Une offrande pour les prisonniers ? Merci.
Une offrande pour les prisonniers ? Merci.
Un homme pieux, travailleur...
- Bonjour monsieur le directeur. - Bravo Mazzuolo !
Poussez-vous.
Tais-toi un peu !
Trois jours que ma rate me fait mal. Si c'était la radioactivité ?
- Merci de votre aide. - Madame, couvrez-vous !
- Mes amitiés à votre sœur. - Je n'y manquerai pas.
On recommence samedi. Nous nous voyons lundi ?
Mais regardez-moi ça !
Quel spectacle !
Des saloperies ! Ça ne s'expose pas et ça ne se vend pas !
Cher Mazzuolo, qu'est-ce qu'il y a ?
Regardez à quel point nous en sommes.
Des femmes partout, des cochonneries à rapporter chez soi !
Je ne fume pas. Des garçons, des filles...
Calmez-vous !
Me calmer ? Insolent avec ça !
Bravo Mazzuolo, je suis avec vous, je vous approuve !
1000 lires !
Bravo ! J'ai fait la même chose au kiosque d'Ostie.
Ça me calme. Donnez-moi ''Certitude'' et ''Histoire''.
Pour moi ''Le Flambeau''.
- Excusez cet éclat. - Je comprends.
Comment endiguer cette marée qui nous engloutira tous !
Ah, j'ai fini mon traité ''L'obscène et l'art''.
- Les obsèques ? - Non ! L'obscène...
Apportez-le-moi. Je le publie à la une !
Les gar... garçons sont... prr... prêts pour...
Les récompenses ? Excusez-moi, je décerne des récompenses.
Je suis avec vous. Vous êtes un citoyen modèle.
Articule ! Tu bafouilles. Tu es boy-scout ou pas ?
L'automne a fui déjà Et l'hiver s'en va
Et le printemps vainqueur nous met le rêve au cœur...
Garde-à-vous !
Rodolfo Sonego, pour avoir sauvé
le professeur M.Pia Zocchi d'une mauvaise chute
alors qu'elle allait franchir un pic
des Apennins : mention spéciale.
Sante Chimirri, pour avoir capturé un blaireau furieux
qui avait saccagé les réserves de notre camp d'hiver,
petit diplôme Baden Powel.
O.Martelli : médaille en argent massif pour avoir battu de 2 heures 20
le record 1960 du concours ''la nuit du silence''.
Les dangers du blaireau, les dangers de la montagne,
sont bien sûr des dangers,
mais il y en a un encore plus grand
parce que plus insidieux, plus sournois.
Vous vous demandez, mais quel est ce danger ?
Il y a un épisode de ma vie dont j'ai été le modeste héros.
Héros !
En 1913, j'avais quinze ans,
j'étais un des premiers scouts d'Italie, un des premiers,
et j'avais alors un ami, un ami très cher,
disparu l'an dernier en Orient, dans le Bang lointain...
Les Chinois l'ont gardé.
Un été, je fus invité chez l'une de ses tantes,
une femme que la nature
avait couverte de dons strictement matériels.
Par un après-midi suffocant,
elle décida de s'allonger dans notre chambre.
Cette... je le regrette pour mon cher ami...
cette infâme personne,
me croyant endormi,
se mit à se dévêtir.
Mais je ne dormais pas.
Un diabolique spectacle s'offrit à mes yeux !
Je fermai les yeux.
Rassemblement ! Rassemblement !
Formez les rangs !
Par ici !
Pardon, écartez-vous, s'il vous plaît.
Encore, encore !
Oui, comme ça, encore !
Ça va comme ça ! Arrête.
Un peu plus à droite.
Descends !
Venez voir.
Tu rêves ? La pompe à eau !
J'y vais.
Excusez mon père.
- Kinéma ? - Pas cinéma... lait !
Les femmes n'ont pas besoin de tête !
Allez les gars, venez !
C'est le meilleur morceau.
C'est quoi ça ?
J'sais pas...
''Buvez''...
Boire !
Vas-y !
De Angelis !
Le haut-parleur ! C'est à vous maintenant.
Silence !
Lancez notre refrain !
Le son !
Envoyez le play-back !
Donne-moi un ré.
Plus fort !
''Buvez plus de lait.''
A droite, oui !
Pressons ! Pressons ! Branchez la pompe à eau !
Tu baisses oui ou non ?
Buvez plus de lait !
Qui commande ici ? Descends !
Je préfère retourner à Milan !
Anita Ekberg ! Vive Anita !
Vous risquez de prendre du courant.
Oui, mais on se calme.
Donne tout le volume !
Veuillez m'excuser, juste un renseignement.
Ce panneau, vous le laissez ici ?
Pardon ? Je ne comprends pas.
C'est un lieu public fréquenté par des enfants, des vieillards.
D'après vous, on doit le mettre où ? Dans une cave ?
Jeune homme, écoutez-moi ! On vous a chargé de...
Moi je bosse. A plus tard !
L'eau, ça suffit !
Allez, plus haut !
Voilà, bouge plus !
Non, par là !
N'écoute pas cet imbécile !
Pourquoi cette mascarade ?
Emmenez les enfants, tout de suite !
Garde à vous ! Demi-tour gauche ! En avant marche !
On regarde droit devant soi !
- Vous, venez ici ! - Moi ?
J'ai déjà interrogé un de vos hommes. C'est vous le chef ?
Alors écoutez-moi bien.
On vous a chargés d'un travail. Vous le faites, je comprends ça,
mais enfin la morale...
Ce panneau est obscène.
Il suffit de le regarder !
Qu'est-ce qu'il a ?
Comment ça ? L'attitude, la robe, tout !
- Nous avons tous été des hommes... - J'arrive !
La pose est carrément érotique, voluptueuse... C'est scandaleux.
De plus j'habite là, là !
Et vous m'installez ce panneau juste devant mes fenêtres.
On est en règle. On est même payés pour ça...
Sachez que vous êtes complices d'un fait gravissime !
Vous devez faire quelque chose ! Couvrez-la, dissimulez-la.
Un bout de papier ici, un autre là. Je payerai s'il le faut.
Si on met une pièce ici ou là elle perd toute sa beauté.
Pour vous c'est de la beauté ?
Vous trouvez ça dégueulasse ?
Allons donc. On s'en va !
Un instant ! Messieurs les afficheurs !
Où allez-vous ?
Je vous ordonne de m'écouter ! Dites-lui de s'arrêter !
Vous ne pouvez pas le laisser comme ça !
Stop ! Je t'ordonne de t'arrêter !
J'ai téléphoné. On a enregistré ma réclamation il y a deux heures.
Vous pouvez annuler cette autorisation.
L'obscénité est partout. Doit-on la rendre publique, exalter le sexe ?
Elever des monuments aux putains ?
Pardon sénateur.
Comment est la pose de cette image ?
Obscène, croyez-moi, obscène, choquante.
Si vous permettez, je vous montre comment elle est.
Comme ça... elle est allongée,
jambes croisées, et avec tout, tout ça...
Tu m'agaces.
Bonjour à ta cousine !
J'exagère peut-être,
mais c'est pour vous décrire l'indescriptible.
Décolleté plongeant ?
Tous les attributs de la maternité exposés au soleil.
Je vous jure que je n'exagère pas.
Pardon.
Voilà, comme ça !
Les jambes ?
Nues, gigantesques !
J'occupe un appartement avec cinq fenêtres.
Les jambes les bouchent toutes les cinq !
Et le visage, le regard ?
Est-il trouble ? Provoquant ?
Il me faut tous les détails.
Est-il aguichant ?
Une expression bestiale.
Parce qu'il y a aguichant et aguichant...
L'aguichant qui met en appétit...
''à l'américaine'',
consistant à proposer un produit...
comme des fleurs, des sandwichs, des apéritifs,
des boissons...
Un genre
presque toujours innocent.
L'aguichant ''à la française'' est d'une tristesse,
d'une désolation décourageante, où le produit...
Asseyez-vous.
...où l'offre du produit, dis-je,
conçue par un art ruffian,
propose par exemple : ''Prenez l'apéritif'.
Je me souviens !
Alors qu'on fait allusion à autre chose.
Ou bien c'est : ''Goûtez les bonbons''...
et l'image suggère d'autres dégustations.
Naturellement.
Pour finir,
il y a l'aguichant ''à la turque''.
A la turque ?
Regardez cette malheureuse Stella Orionis !
La voici dans une attitude typique de l'Orient.
Ici, la femme tombe au niveau de l'animalité.
J'en avais une autre ? Qui l'a prise ?
Elles sont toutes chez vous.
Comme des bêtes, oui, comme des bêtes !
Oui, mais mon cas va bien plus loin.
C'est offense à une fonction sacrée, l'allaitement !
Même les bêtes ne font pas ça. Il faut interdire ce panneau.
Chaque heure qui passe accroît le préjudice moral !
Si ça ne tenait qu'à moi... Je suis entouré de lâches.
Mais petit à petit, petit à petit...
...un homme qui a ma confiance...
...dans les hautes sphères, bien sûr...
et surtout, Milan est d'accord.
En attendant, merci pour votre rapport clair, net, courageux.
Vous avez encore besoin de nous ?
Non, vous pouvez partir. Raccompagnez M.Mazzuolo.
- Au revoir messieurs. - Bravo !
Buvez plus de lait Le lait fait du bien
Le lait convient à tous les âges
Buvez plus de lait Produit italien
Remède souverain
A tous les âges
Les semaines passent et le scandale continue,
sans fin.
Le poison jaillit toujours de l'ignoble panneau
plus nocif que la plus nocive retombée radioactive.
De ma fenêtre, je vois le trouble gagner les passants.
Ça y est mon cher ?
Ils s'arrêtent, saisis d'un malaise...
interrompant leur promenade salutaire
et le rythme de leur activité quotidienne.
C'est pourquoi je me dois de crier tout haut : Assez !
Assez ! Assez !
Excusez-moi.
Sacristain !
J'ai rendez-vous avec Monseigneur.
Monsieur Mazzuolo.
Monseigneur se repose. Voyez avec ses secrétaires.
Voilà, ça se passe de commentaires.
Un scandale !
Veuillez noter la robe et surtout la pose.
Et puis tous ces gens !
Ce n'est pas l'heure, mais il y en a toujours, de tous âges !
Dommage que Monseigneur
ne puisse voir personnellement cette abomination.
Mais vous lui ferez votre rapport.
Ensuite, je suis sûr qu'il interviendra énergiquement.
Nous avions déjà réfléchi à cette image.
Bravo !
Au revoir.
Comment allez-vous procéder, qu'allez-vous...
C'est ça l'été romain ?
Quel fou ! Saute dans mes bras !
Qui tu veux ? Moi, elle, ou celle qui est là-haut ?
Les honnêtes gens, tous les purs,
tous ceux qui respectent l'intégrité des mœurs,
les valeurs humaines,
nous rejoignent pour crier leur dégoût !
En l'espace de quelques jours, l'abominable panneau,
la monstrueuse Circé, comme aux temps du Veau d'Or,
a rassemblé la corruption de toute une ville.
Vision horrible devant mes yeux !
Sarabande obscène !
Babylone ! Babylone !
Crains le feu du ciel !
On bouge plus ! Un sourire d'amour ! Ça y est !
Je défends la famille, les valeurs morales éternelles !
On étouffe ! On étouffe !
Je veux le scandale !
- Assez de licence ! - Rien ne vous arrête ?
Les flics ! Voilà les flics !
Oui, oui, je veux les flics ! Je les réclame !
Arrêtez-moi !
Je vous ordonne de m'arrêter ! Ça sera dans les journaux !
Moi, Mazzuolo, je préfère la prison
à cette liberté pourrie ! Pourrie !
Gaffe là-dessous, je le lâche !
Pourquoi on le couvre ?
C'est grâce à nous. Grâce au professeur Mazzuolo !
Pourquoi ?
C'était photographique.
Pornographique, idiote !
Il fallait le faire !
Antonio, si l'Italie avait 1000 hommes comme toi,
tout irait mieux.
Cette nuit, j'ai eu une autre vision.
Une rose, puis une petite voix qui me disait :
''Donatella, c'est bien...''
On s'en va, le spectacle est fini !
L'automne a fui déjà
L'hiver s'en va
Et le printemps vainqueur
Nous met les rêves au cœur...
Bravo ! Mais où avez-vous étudié le chant ?
Je vais vous confier un secret, même si Antonio se fâche.
C'est mon cher frère qui a cultivé en moi l'amour pour le chant,
pour l'art.
Si vous saviez comme il chante !
Donatella...
Et après, champagne ! Allez, régalez-nous !
D'accord.
- Je vous tourne les pages. - Je la sais par cœur.
Il sait tout par cœur.
Oh, que la brise est fraîche
Quel parfum de roses
Quel toucher vraiment délicat !
Non, n'insistons pas.
Qu'est-ce qu'il y a ? Chante !
Chante ou je me fâche !
Mazzuolo, ne nous privez pas d'un plaisir que seul l'art nous offre.
La timidité de l'ami Mazzuolo est connue...
Mazzuolo, qu'est-ce qu'il y a ?
Antonio, qu'est-ce que tu as ?
Réponds ! Qu'est-ce que tu as vu ?
C'est rien Antonio, calme-toi.
Juste un peu de dépression nerveuse,
c'est tout...
L'image du panneau,
elle était comment ?
Sœur Dorothée... Bienheureuse sœur Dorothée...
Allez à la fenêtre !
Regardez le panneau !
- Comment est-il ? - La pluie l'a découvert.
Elle fait ça ?
Pourquoi elle ferait ça ? Il est comme avant.
Allez vous coucher !
Au lit !
Qui est là ?
Qui c'est ?
Personne Antonio...
La peur est faite de rien. Il n'y a personne.
Inutile d'avoir peur si on a la conscience tranquille.
Inutile d'avoir peur.
Qui es-tu ?
Sémiramis, Cléopâtre, Thaïs ?
Qui que tu sois, esprit maléfique, vénéneux...
Va-t'en ! Sombre dans les abîmes du péché, va-t'en !
Je te l'ordonne, je te l'ordonne !
Va-t'en.
Très bien Antonio, ne te fâche pas.
Je m'en vais...
Enfin !
J'ai réussi à te chasser du monde des justes !
Maintenant, il faut que je rentre à la maison.
Arrête !
Tu me chatouilles.
Pourquoi si peur de moi monsieur Mazzuolo ?
Retourne dans ton panneau !
Je suis vivante professeur, vivante !
Quelle nuit magnifique !
Viens !
Jamais !
Viens avec moi !
Debout, debout tout le monde !
Comment peut-on dormir par une nuit pareille ?
Quel parfum !
Laisse-toi aller !
Monsieur le professeur !
Viens ici.
Parlons un peu.
Pourquoi tu es si méchant avec moi professeur ?
Me jeter des encriers sur la figure,
c'est pas bien.
Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?
Explique professeur, pourquoi ?
Si tant d'honnêtes gens s'égarent,
si le mal domine ce bas monde qui a soif de foi et d'espoir,
c'est de ta faute !
J'ai causé du tort à qui ? Je ne faisais rien.
J'étais là, comme un nuage. Quel tort peut-il causer ?
Prendre des formes que je n'ose qualifier !
Professeur, sénateur...
Arrête-toi !
- Soupez avec nous ! - St Georges, arrête ce monstre !
S'il entre dans la ville, en une seule nuit
deux millions d'âmes sont perdues !
Attends ! Arrête !
Au secours !
Ça t'ennuie d'être si petit ?
Encore toi ? Comment délivrer le monde de ta présence ?
Pauvre petite fourmi professeur.
Ecoute, je veux te parler en amie.
Mais où es-tu ?
Te voici !
Mais qu'est-ce que tu attends de moi ?
Ne te sauve pas.
Viens ici !
Je ne te ferai rien !
Rien qu'une petite caresse.
J'ai compris. Tu veux jouer ?
Sage... sois sage.
Tu es tout chaud...
Laissez-moi descendre, on parlera mieux, croyez-moi.
Calme-toi !
Je ne te fais pas de mal !
Tu es trempé !
Par pitié, déposez-moi, j'ai le vertige... mal au cœur !
Je vais te manger.
Mais non ! C'était pour rire !
Je ne peux pas mourir comme ça !
Vilaine ! Vilaine !
Je veux descendre.
Quelles jolies petites moustaches !
Et comme il crie ! Tu n'as pas honte, à ton âge !
Je me sens mal ! Quelle honte de mourir ici !
Sage... Repose-toi sur mon cœur.
Je ne veux pas !
- Je veux pas ! - Sois gentil...
Mon parapluie ?
Où est mon parapluie ?
Que font ces menottes ?
Mon parapluie est tombé. Je dois le chercher !
Mais il ne pleut pas !
Vous avez vu le Pr Mazzuolo ?
Mesurez vos paroles ! Vous ne savez pas qui je suis !
Ce parfum diabolique me monte à la tête.
Je me sens mal. Je vais me trouver mal...
Comme je suis bien...
Tante Irène...
Ma tante chérie... Je t'aimais tant...
Non ! Je ne veux pas !
Sorcière !
D'accord, je te descends.
Espèce d'antipathique !
Tu me laisses là ?
Tu ne sais dire que des méchancetés. Mal élevé !
Je voulais être ton amie, et toi...
Je veux descendre !
Ça va, j'ai compris.
Tu es vraiment méchant !
Merci ! Quelle prouesse !
Quel courage !
Tu en profites parce que tu es très grande !
Regarde qui est derrière toi !
Tonino, c'est moi !
Allez, on fait la paix !
Ne me touche pas !
Un petit bisou. Ici !
Jamais !
En voilà des manières !
Je t'ai fait enrager, hein ?
De tout mon cœur, je souhaite qu'il y ait du bon en toi.
Tu n'es peut-être pas totalement perdue !
Je l'espère.
Je pourrais t'aider à sortir de la boue.
La boue ?
Oui, je peux.
Je suis même prêt à le faire !
A dédier mon existence à ta rédemption !
Tu as besoin de moi, de quelqu'un.
Tu verras, ce sera très, très bien.
Comme frère et sœur...
Tu refuses ?
Tu refuses ton salut ?
Reste avec moi.
Reste avec moi pour toujours !
Tu veux combien ?
Je te donne tout ce que tu veux.
Tu es trop belle
pour être méchante.
Reste avec moi !
- Pour toujours ? - Oui, pour toujours.
Quelle barbe !
Si tu veux, une semaine à la rigueur.
Mon Dieu !
Mon Dieu, qu'ai-je fait ?
Tu allais me corrompre !
La prison des femmes ! Voilà ta place !
Police ! Brigade des mœurs !
Parmi les prostituées ! Police !
- Il n'y a personne ? - Tu me fais mal !
Oui ! Je veux te faire mal !
Ah oui ?
Toi, Sodome et Gomorrhe !
J'en ai ras-le-bol de toi, espèce de fourmi !
C'est toi
qui vois tout de travers, pauvre type !
Je serais une...
Qu'est-ce que c'est ?
Une putain ?
Tu n'imagines pas combien je peux être grande !
Je vais me déshabiller ici, devant toi.
C'était bien ce que tu voulais ? Allons-y !
Regarde mes bras nus.
Ils peuvent enlacer
cent mille hommes
et les serrer comme ça !
Quand je bouge une hanche,
ils sont tous aux anges !
Si je ferme un peu les yeux et que je regarde comme ça...
Un plaisir grand, grand
se glisse le long du dos.
Un plaisir aussi grand que la mort.
Reprends tes voiles infâmes !
Je peux te l'avouer maintenant.
Oui, je suis le diable !
Je suis venue ici
pour t'emporter avec moi !
Tu ne m'auras pas !
Personne ne peut m'arrêter !
Aide-moi à me déshabiller complètement.
Tu ne m'obligeras plus à toucher tes chairs impures !
Je ne veux pas les voir !
Viens !
Ne regardez pas vous autres !
Ne regardez pas !
Mais pourquoi pas ?
Levez-vous, sortez du cinéma !
Emmenez les femmes et les enfants ! Ne regardez pas !
Mais laisse-les regarder !
Maudite créature !
Liberté de regarder professeur !
Ne la regardez pas !
Laisse ça canaille, laisse !
Tu n'as pas honte ?
Regarde-moi ces caleçons ? Ceux de ton papy ?
Au secours !
Ça suffit ! Tu retournes dans ton panneau,
et je rentre chez moi. Mais restons-en là !
Maintenant, c'est à moi de me déshabiller.
Non, ne fais pas ça !
Gare à toi...
Je ne te laisserai pas faire !
Quel mal il y a à regarder une femme nue ?
Par pitié ! Avant qu'il soit trop tard.
Le moment est venu !
Tu n'oublieras jamais
ce que tu vas voir...
Regarde !
Et moi je te rayerai du monde, démon !
Jamais !
Pour la dernière fois !
Rends-toi !
Mon amour, mon amour !
Anita !
La mort est la vie quand la mort purifie...
- Vive Mazzuolo ! - Vive Mazzuolo, le libérateur !
La mort est la vie
quand la mort purifie...
Je suis contente de sa mort. Poussière !
Bravo Mazzuolo ! Bravo !
Tous mes compliments !
Au nom de toutes les mamans : merci !
C'est ainsi que le vrai Mazzuolo brise ses chaînes !
Ce n'est qu'un début, un premier pas.
Le lys sur le front et le mythe au cœur...
Vive Mazzuolo...
L'épilogue
de cette regrettable histoire de sexe et de corruption
va se jouer.
Descendez ce cadavre impie et clouez-le dans une caisse.
On l'ensevelira en un lieu secret
et personne ne fleurira sa tombe.
Arrêtez !
Vive Mazzuolo le libérateur !
Ne l'emportez pas ! Par pitié, mes chers amis !
Ne me l'emportez pas ! Elle est à moi !
Personne ne me touchera ! Ne la touchez pas !
C'est moi qui l'ai tuée, moi !
Ne l'emportez pas, elle doit rester ici !
Oui ma très belle, tu resteras toujours ici avec moi !
Allez-vous-en !
Allez-vous-en tous !
Allez-vous-en !
- Voici la seringue. - Dose entière ?
Double.
Le médecin est là.
Calmez-vous, ça va passer.
Du calme...
Il a passé toute la nuit ici. Attention, il mord !
Il est monté comment ?
Comment il a grimpé ?
Prêts ? On le descend ?
Vous ne l'avez pas bien arrimé !
Doucement !
Il va cogner dans le néon.
Voilà, il a cogné. Bravo !
Buvez plus de lait !
LE TRAVAIL VISCONTI
Allez, ne restez pas dans mes jambes !
Michel-Ange !
Michel-Ange ! Viens mon chien !
Bonsoir monsieur le comte.
Qu'est-ce que tu veux me dire ?
Antonio ! Qu'est-ce qu'il a à la tête ?
Il s'est gratté. C'est de la teinture d'iode.
Pauvre Michel-Ange.
On verra ça.
Laisse-moi passer.
Oui monsieur le comte...
L'avocat est parti ?
Il vous attend toujours au salon.
Quelle barbe !
Tous ces télégrammes !
- Eh bien ? - Rien...
Monsieur le comte a besoin de moi ?
Non. Tu peux y aller.
Je trouve que face
à cette prise de position de la presse...
Ottavio ! Il était temps. Comment vas-tu ?
Il m'a paru bon de convoquer certains collègues.
Le célèbre Berardelli qui fait autorité en civil.
Maître...
- Simone. - Enchanté.
Et mon plus précieux collaborateur,
le subtil, le sagace, l'indispensable...
Maître Alcamo.
Très heureux.
Excuse-moi.
Vu la gravité de la situation, j'ai préféré consulter...
Qui c'est celui-là ?
Qui ? Un des plus grands avocats de Milan.
Tous les journaux sont là,
classés par couleur politique. Tu les as lus ?
Dans l'avion. Voici les français, pleins de bêtises.
Pas tant que ça. Aussi il m'a paru bon...
- Allume la bibliothèque. - Tout de suite.
Mais où étais-tu ? Je t'ai cherché à Londres, à Paris.
- Où étais-tu ? - Ma foi...
- Ah bon ! - Plus tard..
Berardelli, je vous en prie...
passez à côté. Vous aussi Simone.
Vous aussi Alcamo.
Nous n'avons pas encore eu le temps de définir un plan d'action précis,
mais comme première mesure...
Maître Alcamo !
Nous sommes dans la bibliothèque !
Heureusement que tu as appelé ici, sans ça...
Tu savais que je te cherchais ?
Non. J'avais besoin d'argent.
A propos, s'il te plaît, passe des ordres...
- On verra après. - Quand tu voudras.
''Nous ne sommes que de bons amis'' dit le comte...
Qu'est-ce que je disais ?
Ce journal !
Dégoûtant !
Tu n'as vu que les journaux d'hier ! Il ne sait rien.
Donne-toi la peine de regarder ceux de ce matin,
tu verras, ça fait la une partout !
Regardez professeur. Le scoop du jour !
Bien sûr, j'ai déjà intenté un procès en diffamation
sur les conseils de Berardelli et Alcamo.
Mais tu te doutes que sans preuves...
Tu as eu tort !
Tu ne pouvais pas faire pire !
Tu pouvais faire taire les journaux avec de l'argent.
Qu'est-ce qu'il faut entendre ! On allait traiter.
Mais après la descente de police, la presse s'est déchaînée
et bien sûr les chiffres sont devenus exorbitants.
Je pouvais prendre sur moi de traiter de telles sommes ?
Tu veux savoir combien ?
Je ne veux rien savoir !
Il fallait demander l'argent à ma femme.
Tu tombes de la lune ! A ta femme ?
Pourquoi pas ?
C'est très simple ! Excuse-moi mais soyons clairs.
Elle est où ta femme ?
Comment veux-tu que je le sache ? Elle est où ?
Si tu permets, c'est moi qui voudrais savoir où elle est,
parce qu'elle a disparu.
Disparu ?
Tu vois bien !
Quoi ?
Tu ne réalises pas la gravité de la situation. Non, attends un instant.
Elle est sortie hier à 17 heures pour aller chez son coiffeur.
Depuis elle n'est pas rentrée.
Son père...
a appelé quatre fois.
Il a demandé qu'on dise à madame de le rejoindre à Burgenstock.
Cependant, à l'heure qu'il est,
elle n'est toujours pas arrivée dans la localité helvétique.
Je peux même t'assurer avec certitude
qu'elle n'a franchi aucune frontière
ni en voiture, ni en train, ni même en avion.
Cependant, compte tenu de mon inquiétude
avec l'aide des professeurs Berardelli et...
Alcamo, j'ai jugé opportun de m'adresser à la police.
A la police.
Nous sommes allés en personne au...
au commissariat central de Fate Bene Fratelli, où le...
commissaire, un homme très courtois,
a été très aimable.
A propos, on devait l'appeler. Excuse-moi un instant.
Pourquoi t'adresser à lui pour savoir où est ma femme.
Demande à Antonio, à Franz !
Enfin, ça ne se fait pas ! Un instant...
Tu ne vois pas combien c'est grave !
Si, je le vois ! J'ai même affaire à des génies. Tu permets ?
Fais donc, Antonio et Franz.
Allô ? La police judiciaire ?
Ici Maître... Zacchi.
Je voudrais parler au commissaire principal... Pizzi.
Pas là ? J'avais rendez-vous. Je rappellerai.
Calme-toi. Ne fais pas l'enfant.
Inutile d'ameuter les domestiques.
Il faut endiguer le scandale, pas le faire déborder !
Je vais donc demander à Antonio de nous apporter à boire.
Si au lieu de t'occuper de ma femme
tu avais fait taire ces saletés de journalistes...
Je l'ai fait pour cent raisons que tu devrais comprendre.
Primo, si tu permets, le facteur humain !
- Monsieur le comte a appelé ? - Oui. Ça fait une heure.
Demande à ces messieurs ce qu'ils souhaitent boire.
Il se peut que ta femme, jeune, étrangère,
ait pu être bouleversée par ce scandale !
Monsieur le comte...
Tout de suite monsieur le comte...
Tout de suite !
Ne te fais pas d'illusions, c'est un scandale !
- Tu devais l'empêcher ! - Moi ? Comment ça ?
J'espère t'éviter les conséquences.
- Impôts compris. - Tu parles.
Les impôts, les impôts...
Pour moi tu as perdu la raison !
- Vous buvez quelque chose ? - Non merci.
Merci. Un café.
Un café pour le professeur, un Martini pour moi.
Ben voyons ! Pourquoi pas un cocktail ?
Pour moi de l'eau plate avec beaucoup de glace.
C'est clair ? Ici il va en falloir...
de la glace !
Si nous avions pensé que...
Ne crie pas. S'il y a quelque chose que...
Du calme, restons dans le sujet.
La présence de ta femme est indispensable pour un motif précis.
Et le Pr Berardelli est d'accord avec moi.
Tout à fait d'accord mon cher maître.
Alcamo, Simone et moi-même on est du même avis.
Sa réaction immédiate aurait fait sensation.
Sa solidarité, ses démentis...
N'est-ce pas ? Mais là, rien du tout.
Sais-tu que ton beau-père a bloqué tous les comptes ?
Hier matin.
C'était son droit, non ? Malheureusement.
Or tous les biens sont au nom de ta femme,
en Suisse.
- Ce n'était pas pour les impôts ? - Bien sûr.
- Et alors ? - Et on a bien fait.
Mais on est à la merci de ton beau-père.
Tant que tout va bien, c'est parfait, n'est-ce pas Maître ?
Mais s'il s'agissait de divorce,
ce serait ch...
Dur à avaler. Pardon !
Du reste,
ton beau-père n'a pas complètement tort.
Un gendre mêlé à un scandale de call-girls à un million !
C'est le moins qui puisse arriver, moralité mise à part.
Outre l'argent,
l'attitude de ta femme m'inquiète. Ta femme dont on ne sait rien
et qui ne veut pas t'aider puisqu'elle a disparu.
La comtesse est dans sa chambre.
Dans sa chambre ?
Depuis quand ?
Juste après monsieur le comte.
Ces messieurs étant là, elle n'a pas voulu déranger,
elle est allée dans ses appartements.
Appelle la police Zacchi.
- Fais le malin ! - Demande-leur des nouvelles.
Ottavio, attends un instant. Où vas-tu ?
Chez elle. Vous la cherchiez, non ? Je vais lui parler.
C'est juste, parle-lui. On t'attend ici.
Tu sais quoi lui dire.
Attends-toi à trouver un être blessé, affligé, mais...
il faut une déclaration pour la presse.
Des sous ! Pour manœuvrer dans cette jungle...
Dans sa déclaration à la presse, elle exprime
son indignation...
Messieurs, je ferai de mon mieux.
Attends Ottavio. J'ai autre chose à te dire.
Ces call-girls ont mentionné ton nom aux interrogatoires.
- Tu en es sûr ? - Certain. Ça t'étonne ?
- Quelle tuile ! - Mon conseil : tout nier.
N'admets que le strict minimum si tu es forcé.
Mais méfie-toi ! Une épouse est toujours... tu sais bien.
Nous t'attendons.
On te fait confiance, hein ?
- Du calme et de la prudence ! - Laisse-moi !
Poupée...
Un petit instant chéri.
Où étais-tu ?
Je commençais à m'inquiéter.
Réponds-moi.
Tu as vu les journaux ?
Pardon ?
Ce ne sont que des mensonges, tu sais ?
Et à dire vrai, ça m'ennuie pour ton père.
Il prend toujours tout au sérieux.
En effet. Lui oui.
Justement.
Ce qui m'agace, mensonges à part, c'est le ton des articles.
Du type ''Veuve Joyeuse'', opérette.
C'est écœurant.
Alors...
Mais qu'est-ce que tu as ?
Rien.
Je veux que tu écoutes quelque chose. On parle après.
Je suis trop nerveux pour écouter de la musique.
Il ne s'agit pas de musique.
Attends...
Où tu étais hier et aujourd'hui ?
On t'a cherchée partout, tu sais ? Même la police.
Je me suis baladée.
J'ai vu un tas de choses.
J'ai réfléchi.
J'ai pris d'importantes décisions.
J'ai contemplé un mur pendant des heures.
Un grand mur blanc...
tout blanc.
C'est là que...
Ecoute :
''Je t'aime ô cyprès
''car ma mélancolie ressemble
à lui.''
C'est quoi ça ?
Une poésie, crétin.
C'est moi qui l'ai écrite.
Elle te plaît ? Dis-moi qu'elle te plaît.
Moi...
Je n'ai peut-être pas bien compris.
''Je t'aime ô cyprès car ma mélancolie ressemble à lui.''
L'idée est belle mais... il y a quelque chose qui ne va pas.
Tu ne peux pas écrire dans une langue que tu ne connais pas.
Ce ''ressemble à lui'' ne me paraît pas correct.
- Pourquoi ? - Parce que.
- C'est une poésie. - La grammaire a ses règles.
Qui seraient ?
J'oublie toujours la théorie. Mais ça ne va pas.
Tu crois que c'est le moment ?
Ecris en allemand mon cœur, ça ira mieux.
Non ! C'est ma langue mais je ne l'ai jamais étudiée.
J'ai étudié en France et en Angleterre.
Ecris donc en français ou en anglais.
Je sais bien mieux l'italien.
Elle m'est venue comme ça. La poésie relève de l'inspiration.
Comme ça, ça ne va pas.
Donc je n'ai pas de talent, il vaut mieux arrêter ?
Alors j'arrête.
Je regrette, j'y tenais beaucoup. Pour moi, pour toi, pour nous !
Il me semble que ça ne va pas mais... je n'y connais rien.
Je le sais.
Tu ne t'y connais qu'en call-girls.
Je t'ai dit qu'il n'y a rien de vrai dans tout ça. Presque rien.
Les avocats démentiront tout.
Le peu qui est vrai est sans importance.
Tu es trop intelligente pour ignorer la valeur des choses.
Justement. Jusqu'ici j'ignorais cette valeur.
Tu veux dire l'argent ? Ne va pas imaginer...
Je n'imagine pas. J'en suis sûre.
Les filles me l'ont dit.
Quoi ?
J'y ai passé tout l'après-midi d'hier. Qu'est-ce que tu crois ?
Mirella d'abord.
Lilli ensuite.
Elles sont encore en liberté.
J'en ai profité.
Je voulais savoir.
J'ai même parlé avec l'organisatrice... Imola.
C'est bien son nom ?
- Mais pourquoi... - Et pourquoi pas ?
Téléphone ! Vas-y !
Oui, Antonio.
- Oui ? - Ton père. De Burdenstock.
Dis-lui que j'arrive tout de suite.
Dis à mon beau-père que Madame arrive de suite.
Oui, Antonio, merci. Passez-le-moi.
J'ai un peu faim. Oui, chez moi. Merci.
Aussi pour monsieur le comte,
bien sûr.
C'est une machination politique.
Si tu parles, je n'entends rien !
Rien de précis à te dire mais je maintiens ma décision.
Je maintiens ma décision.
Tu m'as bien comprise ?
Et cette histoire de comptes bloqués ?
Bien papa. A plus tard !
Merci. Grosses bises.
Tu voulais lui parler ? Je regrette.
Pourquoi est-ce qu'il a donné l'ordre...
Papa t'embrasse.
C'est Antonio. Que doivent faire ces messieurs qui attendent ?
- Attendre ! - Attendre.
Il fallait dire à ton père qu'ici on a des tas d'ennuis.
Surtout ne lui réclame pas d'argent. Il est hors de lui.
Il n'admet pas que tu t'amuses à mes frais.
Mais qui s'amuse ici ? Et puis écoute...
A-t-on jamais fait le compte de ce qui est à toi ou à moi ?
Que ce palais est à moi, comme ces meubles, ces propriétés ?
Parce que tout ça ne rapporte rien.
Vendons. C'est toi qui veux les bijoux et les propriétés.
On s'est mariés pour ça, non ?
Inutile d'en parler maintenant.
Je ne donnerais pas l'ongle de mon petit doigt pour ça.
Pardon ?
Je te l'ai dit. J'ai pris des décisions très importantes.
Soit on se sépare comme voudrait papa...
C'est ça que veut ton petit papa chéri ?
Tu sais...
Il était très content de notre mariage, ça le flattait.
Mais il ne t'a jamais beaucoup aimé.
Il ne croit pas que tu sois un tourmenté.
Pour lui tu es ignorant et stupide.
Ah oui ?
Je suis vraiment ravi de l'apprendre !
Au fait, tu veux savoir ce que je pense de lui ?
- Inutile. Je le sais parfaitement. - Tant mieux.
Que veux-tu, papa est un homme simple, primaire.
Tu ne vas pas le lui reprocher ?
Pour lui, si on dépense 700000 lires pour coucher,
c'est pour s'amuser, pas parce qu'on s'ennuie.
Et tu dois le penser aussi toi qui me connais.
Je vais te dire comment tout ça a commencé.
C'est à cause de la vieille Imola.
Elle avait la trentaine quand j'étais tout jeune homme.
On a tous commencé comme ça.
Alberico, Giorgio, moi.
Puis les années ont passé, Imola a disparu.
Un jour, par hasard, on a su qu'elle avait refait surface.
On a donc eu très envie d'aller la voir.
Comme quand on va au grenier pour revoir les jouets
de nos jeux d'enfant. Tu me suis ?
Et les filles dans cette histoire ?
Enfin ! C'était pour faire un cadeau à la vieille !
Joli coup !
Tu lui donnais 700000 et elle passait 400000 aux filles.
Si c'était pour Imola, tu lui filais 300000 lires
en économisant les 400000 des filles dont tu te moquais.
Encore que j'en doute, parce que ce beau geste tu l'as fait...
onze fois.
De jolies filles d'ailleurs. Surtout, attends...
Tu l'admets. Elle te plaisait ?
Mais enfin, tu me fais une scène de jalousie ?
Mais tu es fou ?
Chacun de nous est libre de faire ce qui lui plaît.
Ce sont nos conventions.
En réalité, tu es marié avec papa. Tu vois bien ?
C'est lui qui est fâché...
- Qu'est-ce que c'est ? - Le dîner madame la comtesse.
Entrez Antonio.
Laissez tout là, c'est bien.
Franz, le champagne.
Madame la comtesse ne m'ayant rien dit, j'ai cru bon...
- C'est parfait. Très bien. - Merci madame la comtesse.
Maître Zacchi est...
C'est bon Antonio, je sais.
Un peu de patience chérie.
Zacchi est encore là.
Selon eux, tu devrais faire une déclaration à la presse.
Les avocats ?
Qu'ils déclarent ce qu'ils veulent.
Ça ne m'intéresse pas.
On les paie pour ça, non ?
Franz, encore un peu de champagne je vous prie.
Antonio, Franz, s'il vous plaît prenez les chats.
Descendez-les, nourrissez-les et préparez les paniers.
Il se peut que je parte cette nuit. Je les emmène.
Tu as faim ?
Franz, les chats...
Oui, les chats.
- Une chaise s'il vous plaît. - Oui madame la comtesse.
C'est le moment de s'occuper des chats ?
Bien sûr. Il y en a pour une minute.
- Franz ! Vous pouvez le faire seul ? - Je vais essayer.
- J'en ai un. - Et Matisse ?
Tout de suite.
Pas comme ça ! Je vais t'aider.
Tu fais mal à Matisse !
Et Van Gogh !
- Où est-il ? - Sous le lit sans doute.
Pauvres petits...
- Vite. - Là ?
Là ! Doucement...
Il risque de s'enfuir. Vite !
Les avocats attendent. Dis ce que tu comptes faire.
Tu parles de départ, de séparation.
Ils veulent que tu te déclares solidaire moralement
et matériellement.
J'ai parlé de séparation parce que je doute que tu approuves...
mes projets d'avenir.
Les call-girls ont été
une occasion pour moi de réfléchir à un tas de choses.
Réfléchir ? Mais réfléchir à quoi ?
Je veux me mettre à travailler.
Téléphone.
Vas-y trésor. Avec Matisse et Manet, comment je fais ?
Pour vous monsieur le comte.
Maître Zacchi.
Excuse-moi Zacchi mais... Oui, j'arrive.
Ma femme ?
Tout à fait compréhensive.
Elle a accepté...
dans les grandes lignes...
de faire cette déclaration.
Elle a été extraordinaire.
Bien sûr. Allô ?
Excuse-moi Zacchi... Une communication de l'extérieur.
Encore ton père, de Burdenstock.
Passe-le-moi.
Je ne peux encore rien te dire. On en reparle plus tard.
Ne t'inquiète pas. J'ai bien réfléchi.
Qu'est-ce que tu dis ?
Je suis sûre de m'en sortir.
Au revoir papa.
Mais qu'est-ce qu'il veut ?
On a fait un pari.
Cent millions !
Il est convaincu que je suis incapable de gagner ma vie.
Ça y est, Matisse a fait pipi.
Prenez ce chat et occupez-vous des autres.
Faites attention.
C'est terrible...
Eh oui, je dois repartir à zéro.
Comme si je n'avais que cette robe.
A la rigueur une propre.
Et toi, l'idée de te mettre à travailler ça ne t'amuserait pas ?
Tu trouves ça amusant ?
Le travail comme distraction est un concept dépassé.
Demande à Antonio.
Oui monsieur le comte.
Tu t'ennuies, pas vrai ?
Mais ce n'est certainement pas un ennui mortel.
Vous ne vous ennuyez pas au point d'être angoissé ?
Vous avez des petits soucis... pour le salaire.
Ah oui, le salaire. Madame la comtesse avait promis...
Chaque chose en son temps.
Vous pouvez disposer.
Pourquoi le questionner ? J'ai ma propre opinion.
Tu parles !
En tout cas, si Antonio s'ennuie
il ne figure pas à la une des journaux pour des saloperies !
N'importe quoi !
Ça manque de sel.
Si Antonio va traîner au bois avec une femme
et qu'il lui offre 500 lires, ça n'intéresse personne.
On n'en fera pas de gros titres... des titres...
à la une des journaux ! Alors que c'est la même chose.
C'est toi qui le dis.
La différence, c'est qu'après une journée de travail, s'il va...
Tu ne comprends vraiment rien. Et n'espère pas me décourager.
Je vais travailler. C'est décidé !
Ecrire, ça me plairait. Mais plus tard.
D'abord un métier plus vivant. Il y a mille jobs plus avantageux.
Encore ce téléphone !
C'est vous maître Zacchi ? Vous appelez d'où ?
Non ! Il attend toujours le malheureux !
Le professeur qui ?
Le pauvre !
Il doit mourir de faim !
Je l'ai déjà dit à Ottavio.
Déclarez ce que vous voulez.
La femme de chambre...
Un démenti ? Ne soyons pas trop ridicules.
Tout est vrai !
Bravo !
Tes avocats disent que c'est un tissu de mensonges !
Il veut te le faire croire pour te remonter le moral !
Vous me prenez pour une petite bourgeoise de province ?
D'ailleurs, même elles ont évolué. C'est fini tout ça.
Eh oui, c'est vrai.
On lit, on va au cinéma...
Tout le monde fait la même chose.
Aristocrates, intellectuels, les gamins de banlieues.
Mais oui. Sur ce point Ottavio a raison.
Inutile de me parler de scandale.
C'est très banal au fond, vous ne pensez pas ?
C'est ce que j'ai dit à mon père.
Vous disiez ?
Les comptes sont débloqués. Papa a très bien compris
qu'Ottavio doit plus que jamais éviter de faire des bêtises.
Payez donc ce qu'il y a à payer, et voilà !
Erminia, vous me faites couler un bain ?
Attention maître...
Désormais vous demandez l'argent à Ottavio.
Moi je ne retire plus un sou à la banque.
Je ne vis plus de rentes.
Eh oui, c'est comme ça.
Je me mets à travailler.
Oui, vraiment...
Dès demain. J'en suis ravie.
Non, ne dites pas ça.
Vous, il vous arrive de vous ennuyer ?
Non ! Pas jusqu'à l'angoisse ?
Vous voyez bien !
Non, croyez-moi. C'est parce que vous travaillez.
Excusez-moi un instant.
Prenez l'appareil s'il vous plaît.
Vous êtes encore là ?
Désolée, t'ai tellement à faire.
J'ai longuement réfléchi
avant de me décider.
Ne dites pas ça, je vous prie.
Il ne s'agit pas du tout d'un coup de tête.
Ottavio ?
Je ne sais pas.
On va sans doute se séparer.
Je vous redirai ce que j'ai dit, pour tenter d'y voir clair,
à cet homme de Sesto San Giovanni hier après-midi.
Un marchand de sodas rencontré au cours de mon vagabondage.
A vous d'expliquer ensuite à mon mari.
Où est mon mari ? Mais ici mon cher.
Je n'arriverais pas à lui faire comprendre mes problèmes.
Bien sûr, oui. Un instant.
Zacchi t'attend dans la bibliothèque.
Ne croyez pas qu'en me mariant
j'espérais abattre le mur de la non-communication.
Je savais que je resterai horriblement seule.
Je me suis mariée parce que le hasard a voulu que nos fortunes se marient.
Je respecte l'argent.
Je vais en faire ma raison de vivre et en gagner.
Pour être une femme ordinaire, avoir un métier concret
et de vrais soucis, comme les vôtres. Vous comprenez ?
Mais oui.
L'attirance physique
ne suffit pas à justifier un mariage.
Ça vient...
puis ça passe.
Pensez à tout et tenez-moi au courant.
Autrement je ne saurai plus rien.
Je n'aurai même pas de quoi m'acheter les journaux.
Donc ça s'arrange, non ?
Au moins côté famille.
C'est important, n'est-ce pas ?
''La famille est un chef-d'œuvre de la nature'' dit Santayana.
Sûr. Qui a dit ça ?
Je te le dirai après.
Ottavio, une petite signature sur cette petite délégation...
En prime, tu sauras qui était Santayana.
Inutile de... voilà. Merci beaucoup Ottavio.
Ça s'arrange !
A propos, les comptes sont débloqués ? Tu en es sûr ?
Maître Alcamo... nous sommes encore là.
Poupée me l'a dit. Venant de toi, je serais moins sûr.
Mais sache en tout cas que tu es un avocat de...
Ta femme m'a raconté des trucs étranges. Elle veut travailler ?
A quoi bon ?
Non pas que je la désapprouve,
ça pourrait même faire sensation.
J'en parlerai à la conférence de presse. Une chance pour toi.
Mais je t'en prie, reste auprès de ta femme.
Elle dit qu'elle se moque de tout ça.
Mais selon moi...
Il est bon, très bon qu'on vous voie beaucoup ensemble ces jours-ci.
Non ? Très cher, merci.
A la Scala, chez Biffi, à la première de Don Juan...
- Au revoir cher comte. - Merci de votre aide.
Cher Ottavio, je suis ravi pour toi.
C'est un gentil garçon au fond.
Un très gentil garçon.
Ça y est ?
Il voulait une signature...
Merci. Tu as été gentille, parfaite comme toujours.
Oui, je sais.
Ecoute. Il n'y a qu'une seule chose...
Aide-moi à m'essuyer.
Qu'est-ce que tu veux ?
Ecoute, il n'y a qu'une chose qui ne m'a pas plu.
Tu as dit à Zacchi qu'on s'était mariés par intérêt.
Sache ceci une fois pour toutes :
si tu ne m'avais pas plu,
je ne t'aurais pas épousée. Fusses-tu la fille de l'Aga Khan.
C'est gentil.
La fille de l'Aga Khan... Dès demain je serai
une dactylo.
Non, pas dactylo. Je ne sais pas taper !
Non, non ! Autre chose.
Hôtesse de l'air.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Pas ça. C'est même dangereux.
On sort tous les deux ?
Les avions tombent. Je ne suis pas folle !
On va au ''Rock'' ?
Comment ? Non. Je sors.
- Toute seule ? - Oui.
- Et voilà. - Et tu vas où ?
Je dois passer à la Scala.
Quelle idée ! La Scala ?
- J'ai rendez-vous avec Vally. - Vally ?
Mais ça ne t'intéresse pas mon ange.
C'est pour mes projets de boulot.
Qu'est-ce que Vally vient faire dans tout ça ?
Elle doit me présenter à Gianni.
Pour être mannequin ? Mets-toi plutôt à ton compte !
Il faut beaucoup d'argent et je n'en ai plus.
La ceinture s'il vous plaît.
Pardon.
- Il n'y a pas de quoi. - J'ai compris.
Bon, je sors tout seul.
Je vais au club.
Amuse-toi bien.
Ma brosse à cheveux Erminia.
Mes bijoux.
Ma toque, mon sac, s'il vous plaît.
Erminia, rangez tout et éteignez. Je rentrerai tard.
Bonne nuit madame la comtesse.
- Mettez tout chez moi. - Bien madame.
Bonsoir.
Franz ! Dites à Mario de sortir la voiture.
Laquelle madame la comtesse ? La Jaguar ?
Non. La Fiat 600. C'est moi qui conduis.
Très bien.
Tu ne devais pas sortir ?
Non, j'ai envie de lire.
On n'y voit rien !
Tu as oublié quelque chose ?
- Ça ne va pas ! - Quoi donc ?
Cette robe. Tu te rends compte ?
Regarde !
Mais pourquoi ?
J'ai l'air de quelqu'un qui cherche du boulot ?
Tu t'habillerais comment ?
Moi ?
Mais si tu vas à la Scala !
Je n'y vais pas pour écouter l'opéra !
Y es-tu jamais allée pour écouter
l'opéra chérie ?
Ecoute...
Je vais te conseiller.
Je me méfie...
Je suis très fort tu sais.
Alors, qu'est-ce que je devrais mettre d'après toi ?
Reste comme tu es... Tu es très bien.
Très mignonne, c'est vrai !
C'est ce qui compte quand on cherche du travail.
Tu ne comprends vraiment rien.
Tu juges comme s'il s'agissait de tes...
A propos, j'aimerais savoir une chose.
Chez ta chère vieille Imola,
si j'avais été parmi les autres filles,
moi aussi...
Qui tu aurais choisi ?
Attention !
C'est le jeu de la vérité.
Je t'aurais choisie.
Voyez-vous ça... Ça me fait plaisir.
Tu imagines la scène ? Moi là-bas, et toi...
c'est à mourir de rire.
Ils sortent, oui ou non ?
D'après moi ils ne sortent plus.
Arrête avec le champagne !
Eteins et ferme les volets.
Une goutte !
Je dois téléphoner.
Vas-y...
Toi et le téléphone...
Allô, Gina ?
Tu m'entends ? Je ne peux pas venir.
Les patrons devaient sortir, ils ont changé d'idée.
Allez, grouille ! Dépêche-toi !
Oui, d'accord, mais je ne peux pas.
Demain soir ?
D'accord.
Je t'amène au cinéma.
Qu'est-ce qui te prend ?
Ce n'est pas un baiser ! Tu triches.
Tu me fais rire.
Tu sais à quoi je pensais ?
D'après toi, combien de fois on a couché ensemble
depuis notre mariage ?
Je ne sais pas. Quelle question.
Ça fait treize mois. En comptant une moyenne de...
Attends.
Au moins cent cinquante fois.
150 quoi ?
Nous deux, ensemble.
Au tarif de tes amies, tu sais combien tu me devrais ?
Soixante millions !
De quoi m'acheter un duplex et ouvrir une boutique !
Tu es folle !
Tu as bien dit que tu m'aurais choisie.
C'est le prix net.
400000, sans le pourcentage d'Imola.
C'est trop facile.
Je ne veux pas faire de faux pas.
Il vaut mieux que je ne sorte pas.
Et puis je me méfie de Vally. Quant à Gianni, tu as raison.
Mieux vaut une boutique.
Antiquaire, tout le monde fait ça, c'est très facile.
Ou alors une galerie de peinture abstraite.
C'est nouveau ?
Chanel. C'est vieux. Je l'ai depuis un mois.
Jamais vue.
Parce que tu ne me regardes pas beaucoup.
Peut-être...
Mais maintenant je te vois.
Arrête. Ce n'est pas le moment.
Mais j'ai envie...
Une envie purement physique.
Tu sais quoi ? Va chez les filles de ton Imola.
Elles sont là pour ça, non ? C'est leur boulot.
Je ne veux que toi.
Alors paye-moi.
Quatre cents ou sept cents ?
Quatre cent mille.
D'accord ? Je suis honnête, non ?
A ta place je n'hésiterais pas.
Tu économises la commission.
Mais cet argent il faut le gagner.
- Lilli par exemple... - Je sais. Ne t'en fais pas.
Tu as appris où ? On peut savoir ?
Ça ne te regarde pas.
Viens ici, viens !
S'il te plaît, dis-le-moi !
Je me suis fait tout expliquer par Lilli.
Quoi ?
Je te paye, tu sais...
Je n'ai pas confiance mon cher.
On paye d'abord.
D'accord.
Qui ?
Mon père ?
Dites-lui que je ne peux pas lui parler...
parce que...
je suis en train de travailler.
S'il vous plaît, dites-lui aussi...
que j'ai déjà trouvé
un emploi.
Un emploi.
Merci.
Je peux entrer ?
LA LOTERIE DE SICA
Monsieur Turaz.
Vous me reconnaissez ?
Te voilà enfin !
Là où il y a des foires, on me trouve.
Donne-moi le bon numéro. A Rimini tu m'as roulé.
Cette fois-ci c'est la bonne. Je le sens.
Alors j'en veux deux. Le 90 et le 5.
6000.
T'as augmenté mon salaud !
C'est moins cher qu'un médicament. Si vous gagnez,
vous serez bien content !
Alors un autre, le 13. J'ai envie de me ruiner.
Vous n'auriez pas des amis, des gens comme il faut ?
Gigiasa !
- Pas trop jeunes. - Viens, tu vas te régaler !
Inutile de crier, c'est une affaire délicate.
Reste là. Je vais tout vendre.
Soyons très vigilants,
si on veut éviter de... Ta gueule Turaz !
Je ne suis pas une autruche mes amis !
Il a raison. Le journal dit pareil...
Il croit aux journaux !
La guerre menace. Inutile de nous le cacher.
A bas la politique de l'autruche. Je n'en suis pas une !
Pourquoi y aurait une guerre ? Ebo !
Tu crois qu'on va te demander ton avis ?
Le premier qui appuie sur le bouton écrase le monde.
Et quelle responsabilité vis-à-vis de l'Histoire !
Monsieur le vétérinaire, vous êtes un saint !
Assez de trucs sinistres ! Pour la rigolade, suivez-moi.
- Un peu de sérieux. - Alors, c'est quoi ?
Une loterie, un truc comme ça. Tirage ce soir.
Je perds toujours au jeu.
Les tombolas... Lis un peu le journal, ignorant !
Quand je le lisais, ça n'allait pas mieux pour autant.
Ebo ! Donne tes billets à ces messieurs.
C'est une affaire sérieuse, officielle,
jumelée au tirage du Loto. Le premier numéro...
Si le premier numéro est le 70 et que tu l'as, t'as gagné.
Et tu peux t'estimer verni de la tête aux pieds !
T'en pleureras de joie !
Moins fort je vous prie, je risque d'avoir des ennuis.
Alors 3000 lires.
- 3000 le tout ? - L'un !
C'est pas cher, juré.
- Demandez-lui... - On gagne quoi ?
La plus belle chose du monde. Et c'est quoi, Gigiasa ?
La plus belle chose c'est...
Plus bas, on va me pincer, j'ai une famille.
- Tu vends des billets ? - Bon sang, ne criez pas !
- Un instant. - Je suis pas une autruche !
Expliquez-leur discrètement.
- Il y a combien de numéros ? - 90.
Lui il vend 90 billets.
90 ! 90 par 3, ça fait 270 billets de mille !
- Tu l'as vue ? - Qui ?
Alors tais-toi ! Moi je l'ai vue.
Achète ton billet ! A 6 heures tu verras bien.
6 heures précises.
Soyez ponctuels.
Tu te mets devant ta télé et tu ouvres tes grandes oreilles.
Bari, non. Milan, non. Cagliari, non. Naples !
Le premier numéro qui sort à Naples est le gagnant.
On a choisi Naples parce qu'elle est de Naples.
Qui ?
Plus bas ! Expliquez-leur. On n'est pas des sauvages.
- Combien ? - Tout le carnet !
Si j'avais des sous, j'en laisserai pas un.
T'as raison ! On va voir la marchandise et on revient.
- Très bien, à plus tard. - Donne le 14.
- Alors combien ? - Le 13...
J'attends ici. Dites-leur : de la discrétion !
Je te les ramène. On va voir le produit !
Je vous en prie.
Bon sang ! Quels bouseux !
- Ils vont me faire pincer. 14... - Le 13.
- Vendu. - Misère !
Je peux vous donner le 16, le 17, le 18, le 20...
Bravo pour les pétards ! Vous êtes un champion...
Habitants de Lugo !
On vise les petits ballons ! Ça suffit les pétards.
Toujours mieux, toujours plus de plaisir !
On casse tout. On vise les petits ballons !
Ne poussez pas, il ne faut pas pousser les tireurs.
Gens de Lugo, donnez le bon exemple, les petits ballons !
Assez avec les pétards. Les petits ballons...
Allez messieurs, on coupe le fil de la bouteille.
Du mousseux de la maison Ferretti !
On coupe le fil... De plus en plus difficile !
On ne pousse pas.
Tire ici, et toi là !
Ma chérie !
Ça suffira ?
Trois chargeurs ? 2000 lires.
Merci monsieur !
On vise le petit ballon. Un coup, 10 lires.
Un chargeur monsieur ? Un chargeur ?
Je vais voir ce phénomène.
Pistolet ou carabine ?
Elle voudra jamais de vous !
Elle frime pour la police. Elle risque la taule.
Ils vous piquent vos sous, c'est une combine !
Je vous jure. Que je me torde de douleur si c'est pas vrai !
Et voilà des pétards !
Que Dieu la bénisse !
J'achète un, deux, trois, dix billets !
A quoi bon cette loterie ?
Avec 20 billets de mille, elle fait les pieds au mur.
Faux ! J'ai essayé. D'ici on ne voit que la tête. Venez.
Papa, va voir, va voir ce canon !
Allez les gars.
Suppose que tu gagnes et qu'elle dise :
''Tu me plais pas.''
Il gagne et elle dit : ''T'es trop petit.''
Toi tu es trop stupide !
Allons, on coupe le fil.
En prime une bouteille.
Du mousseux Ferretti.
Habitants de Lugo !
Un coup, 10 lires.
On applaudit le champion.
Une bouteille à gagner. Du mousseux Ferretti.
Maudite soit la...
Ces trucs-là, fais-les à ta sœur !
J'en ai pas.
Tant mieux pour elle.
Il me reste des carabines. 5000 lires !
- C'est cher. - Vérifie petite tête, quatre chargeurs !
On vise le petit ballon...
Zoé, sauve-toi, un taureau s'est échappé !
- Il me regarde... - Le rouge, enlève ton corsage !
Bravo Geno, t'es un as !
Reste comme ça Zoé !
On tire ou on s'en va !
J'ai le 13, le 5, le 90.
Salut.
Si on peut payer par traites j'en prends 20.
Pas possible. On s'en va demain. Un jour ici, un jour là.
C'est que ça coûte ! Deux journées de travail.
Choisis.
Bon sang, s'il sort... Fais-moi gagner et je vais pieds nus
jusqu'au sanctuaire de San Luca.
- C'est quand le gros lot ? - Cette nuit.
A la fermeture des baraques.
Qu'est-ce que tu en penses ?
On se met à deux. J'ai 1500 lires.
Pourquoi ?
Pas question. Je suis sûr
de gagner.
C'est pas par méchanceté. On ferait quoi ?
Pile ou face.
Allez Sarvel, la main sur le cœur !
D'accord. Tu chantes si bien. Allez, on le prend à deux.
Qu'est-ce que tu veux ?
Je pourrais participer ?
Va donc sonner tes cloches !
C'est pas pour toi, sacristain !
J'en ai rêvé cette nuit. Elle allait se coucher.
Elle retirait sa combinaison, mais il y en avait une autre.
Et moi je disais : ''Allez, enlève-la !''
Ça n'en finissait pas, toujours des combinaisons.
Elle en avait au moins vingt, trente !
Toujours des combinaisons !
La princesse Teodoli est partie sur son... yacht
pour les Baléares avec Rudi Crespi, Giacinta di Belmonte,
Maria Gonzales, la comtesse Spataro,
les marquis Paruta, le chevalier Orlandini,
le duc et la duchesse de Ponte Semolo,
Mina et Toto di Regalis, Giotto et Consuelo Barotti,
Crisna et Giulio di Monsant,
le comte di Caprari...
Celui-là il est plein de ''h'', regarde...
- C'est pas un ''b'' ? - C'est un ''h''.
Ça doit être un Turc.
Nadino di Orsando, Pupa et Cleo Rovesti, Gigi de Pria...
Tony Morgandis, la comtesse di Solemi, et Circa de Mak.
Ils seront de retour le mois prochain.
Le duc Minimo...
Dire que je n'ai jamais appris à lire.
Si j'étais allée à l'école !
Si tu t'y mets, en un jour tu écris ton nom.
Et après ?
Pour l'instant, je dois faire du fric.
Je veux mettre 6, 7 millions de côté,
même 8, et vive la liberté, j'épouse qui je veux.
Comme ces gens-là.
Des sous, beaucoup de sous
loués soient les sous
Les sous bien-aimés parce que...
si on a des sous, on vit comme...
Qu'est-ce que tu veux ?
Voir. Acheter les billets mais voir avant.
Tu m'as vue maintenant, tête à claques !
Allez, montre un peu tes jambes !
Tu veux pas aussi faire un meeting ?
Sois gentille, te fâche pas poupée !
Parle comme il faut ! ''Poupée'' !
- Ecoute la Napolitaine ! - ''Voir Naples et mourir...''
Enlève ton chapeau quand tu parles de Naples.
Coucher avec un mec pareil ! Je me fais bonne sœur.
Ils te font passer l'envie de ces loteries.
Wilma, c'est la dernière fois.
Putain de sous.
Je veux t'offrir un landau en soie rose.
Paye nos impôts.
Comment ils nous ont retrouvés ? On donne jamais d'adresse.
Dix ans d'arriérés !
Ne pense pas à ça, ça te fait du mal.
On te les rendra petit à petit.
On mettra les baraques à ton nom, le tir, tout.
Prends, profite...
et ne demande pas d'où ça vient.
Enfin, ils sont partis.
Ici on peut même pas mettre ce qu'on veut.
Un taureau a failli m'encorner !
Mon Dieu, si tu meurs, on est ruinés.
Cicci !
Faut pas qu'il naisse avec une envie de raisin.
Je viens de vendre les derniers billets.
- A qui ? - A deux...
A ces deux-là ?
Regarde-les avant ! Ils sont pas tous bons pour moi !
Pense un peu à les choisir !
J'ai du goût. Mais je ne suis pas une femme.
Pourvu que t'encaisses... Tu les vendrais à un assassin !
Je dois leur demander leur casier ?
Même à celui qui a brûlé les Juifs. Comment c'est son nom ?
J'ai oublié... ça finit par un ''n''.
Si l'un des deux gagne,
qu'est-ce qu'on fait ?
Tu couches avec eux et moi je file à Naples !
On a toujours été correct. On continue Zoé.
Ecoutez-le raisonner sur le dos des autres !
J'en ai assez !
A Riccione, on m'offre la direction de trois tirs.
Tu devrais me remercier. L'idée vient de moi.
Tu travailles gratis ? Et ton pourcentage ?
C'est pas facile de vendre ces billets. Ils sont chers.
A Rome c'est un million. C'était sur le journal.
C'est la capitale, un milieu distingué.
Ecoute-le. Il me dévalue !
Ne compte plus sur moi !
Tu es folle ? Comment on fera ? J'irai en taule !
Rends-les, débrouille-toi ! J'en ai marre !
Zoé, reste. Ne nous abandonne pas !
C'est de sa faute. Je suis pas son esclave !
J'veux pas finir comme ma mère.
Salut ! Ciao !
Je me sens mal !
Je plaisantais, je reste. Va chercher de l'eau.
Elle va faire une fausse couche.
Wilma, ouvre les yeux, souris !
Je t'achète une télé, mais ouvre les yeux.
Souris.
Ils vont tout séquestrer,
mettre les scellés.
Calme-toi...
On nous a même augmenté la taxe d'emplacement.
C'est quoi ça ?
Le loyer pour le tir.
Seize mille le mètre carré !
Bois Wilma, on va arranger ça,
ne t'agite pas.
Il faut pas faire peur au bébé.
On le sent bouger !
On le sent !
On le sent vraiment !
- Il reste des billets ? - Finis.
Comment va le taureau ?
Vous venez faire un tour ?
Je suis de service.
Ce soir alors, à la fermeture. On va à San Marino.
- J'aimerais bien. - Alors on y va.
Non, pas ce soir.
- Pourquoi ? - Parce que j'ai...
- J'ai à faire. - Quoi ?
Pourquoi je te le dirais ?
Dis-le-moi.
Charge ce pistolet, j'ai pas de temps à perdre.
- T'es pas obligé de rester. - Je paye !
- Et alors ? - Il a raison.
Vous l'entendez ?
Tu veux que je tienne la chandelle ?
Quand on paye on a tous les droits.
Ça va pas se passer comme ça !
Je vais me plaindre au maire. On n'est plus libre de tirer !
Tu veux tirer ?
Tire !
Dis, tu as un ami ?
Moi ?
Bon, alors ?
Cuspet !
Mais où tu étais ? Qu'est-ce que tu fais ?
Tu as oublié que tu devais sonner les cloches pour la procession ?
On a 60 billets sur 90. Le coq doit sortir de ce poulailler.
Celui qui gagne doit tout raconter aux autres. Tout !
Tout, de A à Z !
Ça y est ! C'est maintenant !
C'est Rome, ça nous concerne pas.
C'est long...
Ils sont lents !
Qu'est-ce qu'ils sont lents !
- Moi j'ai le 38 ! - Du calme, nous c'est Naples.
Premier numéro sortant : le 38.
Et fermez cette porte.
Dis à Cuspet de faire moins de bruit avec ses cloches.
Tu n'es qu'un voyou Turaz, tu vas mal finir.
Deuxième numéro sortant : le 22.
Vous avez lu le discours de Khroutchev ?
Pardon docteur.
- Quoi de neuf ? - Le loto mon père.
Si vous gagnez, pensez à votre curé.
- Je dois y aller. - Reste encore un peu.
Qu'est-ce qui se passe ?
Il t'a touché ici ?
Saloperie de...
Imbécile !
Tu tires où ?
Tire en l'air.
Alors je paye pas !
C'est Naples !
Premier numéro gagnant :
le 68.
Qui a le 68 ?
30000 lires pour le 68 !
35000 !
Attends !
Qui a gagné ?
Un type, le 68.
Qui c'est ? Comment il est ?
Un certain Formini,
dit ''Cuspet''. Il n'est pas beau,
mais c'est un brave garçon de l'église.
Qui a le 68 ?
Le 68 ? J'en sais rien.
Où est Ebo ? Où est la fille ?
- C'est pour les impôts ? - Mais non !
Je ressemble plus à ma mère qu'à mon père.
Oui... la bouche, le front.
- Elle est aussi belle que toi. - J'en ai d'autres.
Tout est en règle. Le gagnant existe,
en la personne de M.Formini dit Cuspet.
Le sacristain !
Regarde...
Le nez...
le tien est encore plus fin.
Tu vois celle-là ?
Elle est plus jolie, tu ne trouves pas ?
Tu as le 68 ?
- Le 68, vraiment ? - C'est l'âge de ma maman.
J'achète ton billet 35000 lires.
40000. Tu as gagné Cuspet.
Qu'est-ce que tu fais ? Aidez-moi !
42000 Cuspet.
Bonne nuit.
- Allez, on va danser. - Non. J'ai mal à la tête.
- Juste une danse, c'est là ! - Elle a mal à la tête.
Bonne nuit Geno. A demain.
Salut, bonne nuit.
- C'est chouette ! - J'ai mal à la tête.
Allez, viens.
On va danser...
Salut Geno, à demain.
Elle peut pas, elle a mal à la tête.
Juste un cha-cha-cha.
- Zoé ! - C'est comme ça...
Je vais te faire passer ton mal de tête.
Zoé, on y va.
Allez, on y va.
Débarrasse-toi de lui, fais-toi respecter.
Comment ? Il me lâche pas.
Mon Dieu... On a toujours été honnêtes.
- Et toi, qu'est-ce que tu veux ? - Juste une danse...
Je dois te laisser, salut !
Dans un quart d'heure...
il sera une heure ?
Une heure Mantozzi.
40000 lires, qu'est-ce que tu veux de plus ?
C'est moi qui t'ai appris la nouvelle.
Allez, il se fait tard, mon fils... une heure moins dix.
45000 !
Avec ça tu vas à Bologne et tu te prends une comtesse,
Parole de Turaz !
50000 !
Donne le billet !
Vas-y Cuspet. Il est tard !
Prends du bon temps !
Va au diable !
Au revoir Zoé. On se voit après...
T'es fou. C'est pas une femme pour toi, tu sais !
Et les sous ça compte. Réfléchis, accepte mon marché !
Inutile.
Il est fou celui-là ! Il a refusé 60000 lires.
Accepte une traite à trois mois et je t'offre 80000 lires.
Tu n'auras jamais autant de fric !
- Pense à ta mère ! - Pauvre vieille...
Tout passe. Tu le regretteras. Ecoute un ami.
La vie est longue Cuspet.
Sois prévoyant !
Tu viens de manger du choux, c'est lourd, tu vas y rester !
Tu es trop sensible, c'est trop nouveau pour toi !
- Regarde-moi cet imbécile ! - Cocu.
Qu'est-ce qu'il va en faire ?
Rien !
60000 !
80000 à trois mois !
Va au diable !
Va te faire voir !
Qu'est-ce qu'il s'imagine ? Pauvre idiot !
Imbécile !
Il est ridicule !
Il y avait Giorgio di Monet, Lina Montrésor,
Gaia Susandier, Mina de Antoni...
Entrez !
Bonsoir.
Ferme la porte.
Tu peux t'asseoir.
Soixante-huit.
Il est pas faux ?
J'ai un mal de tête...
Je suis désolé.
Eh, arrête !
Qu'est-ce que tu fais ? Arrête !
Tu veux t'arrêter !
Ils sont partis vers Bagnacavallo !
T'as vu une roulotte ?
Par là.
Courage papa ! Par ici !
Qu'est-ce qui t'a pris ?
Qu'est-ce que t'as ? Arrête !
Allez... T'es fou ou quoi ?
Pourquoi tu continues pas ? T'es fatigué ?
T'as mal aux mains ? Tu sens pas qu'elles puent l'écurie ?
Tu me prends pour qui ? Je suis une femme sérieuse, compris ?
Qu'est-ce que tu crois ? Mon père était sérieux.
Je suis libre, je vais avec qui je veux.
Si j'ai une dette, je la paye.
Merdeux ! Péquenot !
Sale péquenot !
Tu te prends pour qui ?
T'es jamais sorti de ton trou !
Cocu ! Tu seras cocu toute ta vie !
Compte sur moi !
Et toi ? Remue-toi ! T'es un homme ou quoi ?
Viens !
Viens ici, viens.
On va lui faire voir.
J'enlève même mes chaussures !
Remue-toi !
Mets-toi là !
Pourquoi on t'appelle Cuspet ?
C'est comme mon grand-père...
Tiens.
Prends les sous.
Prends tout et on n'en parle plus.
Comment ça ?
Tu sais compter ? T'en as jamais vu autant.
C'est une affaire.
Mais j'aurais le droit...
légalement...
Imagine tout ce que tu peux faire avec ces sous.
Souris-moi.
Souris.
Tu te fais remettre une dent
et tu prends un bon repas,
avec tout ce qu'il faut !
Café, glace, une fois par semaine, pendant un an !
Tu peux faire un cadeau à ta femme, à tes enfants.
J'ai pas de femme.
Et alors, c'est de ma faute ?
N'exagère pas. Au revoir Cuspet !
On... ne pourrait pas...
Quoi donc ?
On partage...
Je te donne quoi en échange ?
On peut voir ça.
Laisse tomber Cuspet.
Au moins...
Un baiser.
A Lugo...
- Je pourrais dire... - Quoi ?
Dis ce que tu veux.
Sinon ils vont se foutre de moi.
Bravo, Cuspet ! Viens là !
Tu nous as fait honneur !
T'as du rouge partout ! Elle t'a embrassé !
Il t'a bien eu Geno !
Prends, dépense et régale-toi
Ne demande pas d'où ça vient
Des sous, toujours des sous
qui tintent dans tes poches
Des sous, des sous ça guérit tout
Dans cette bataille de tous les jours
Si t'as des sous tu vivras comme un pacha
Et bien au chaud tu resteras
Tu es un héros !
Vous êtes des cochons, rien que des cochons !
Adelmina ! Dommage que tu sois trop vieille !
Cochons !
Vous n'êtes que des cochons !
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