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Zulu
...
Une femme parle en arabe.
- Nadia ?
- Tiens, Guillaume.
- Qui t'appelais ? - On m'a dit que t'étais un espion.
On m'a dit que tu recrutais des gens à Damas.
Des pauvres gens qui vont se faire arrêter.
- Allô, Henri ?
- Tu voulais me recruter, moi aussi ?
- Je me suis fait piéger. Je suis grillé.
Appelle les bureaux de Syrie.
Fermez les réseaux.
Qu'ils ferment, maintenant!
- Il faut que je parte. - En pleine nuit?
- Je préfère, je commence tôt demain.
Ruissellement de l'eau dans la douche
- T'as pas vu "L'Empire des sens"?
- Non.
- Une pute ?
- Une femme qui s'est engueulée avec son mec ?
- Qui a un avion à prendre ?
- Elle n'a pas de bagages.
- Elle avait pas l'air énervé.
- Elle avait pas l'air d'une pute.
- Bonjour.
C'est vos mouchards.
Je rentre. On se retrouve à la boîte.
Vous inquiétez pas, je passe par le sas.
Musique douce
- Admettons que les Algériens détiennent Cyclone.
Il a bu, il s'est dénoncé, il s'est trahi
ou un objet sur lui l'a trahi. Bref.
Il passe du commissariat à une cellule du contre-espionnage.
Les Algériens ont devant eux quelqu'un de ivre,
qui leur affirme travailler pour la DGSE.
Quelques heures plus tard, Cyclone a dégrisé.
Il se calme.
Et là, deux possibilités.
Soit il continue de se dénoncer, soit il s'arrête.
S'il continue, c'est une catastrophe, il donnera tout.
Où en est leur mise en sommeil? - On en a prévenus 3.
On a contacté le 4e qui s'est pas encore manifesté.
- Bien.
Donc, il donne les sources.
Et toutes les opérations auxquelles il a eu accès avant son départ.
Il a passé combien de temps à la DGSE ?
- 16 mois. - 16 mois.
16 mois d'accès à des données confidentielles.
Il donne les protocoles, les méthodes.
Pourquoi il ferait ça ?
C'est la question qu'on doit se poser.
Où se situe notre faute ?
Pendant le recrutement, la veille, l'entraînement?
A quel moment on a laissé passer ça ?
Un traître.
2e possibilité.
Il est sobre, il se rétracte. Il a dit ça pour faire l'intéressent.
Là, les Algériens sont sceptiques.
Ils veulent pas passer à côté d'un gros poisson. Enquête.
C'est là que la légende entre en jeu.
Ils enquêtent sur son travail. - On est nickel.
C'est une boîte de conseil financier,
vrais bureaux et vraie activité
avec de vrais clients.
- Et chez lui ? - C'est chez lui.
Vous êtes bien placé pour le savoir.
En entrant, on trouve que sa légende.
Il a une vraie vie.
- D'accord.
C'est là qu'il faut faire attention.
Faut pas que ce soit nous,
à travers notre agitation qui éveillions les soupçons.
Nos gens en place à l'ambassade font comme s'il n'y avait rien.
Quelque action suspecte confirmera qu'on a perdu un agent.
Ils savent?
- Oui.
- Qu'ils fassent comme s'ils savaient pas.
- OK.
- Je voudrais qu'on étudie la possibilité de l'enlèvement.
Son portable est au commissariat,
mais personne l'a vu sortir.
- Mais, vous croyez que...
- Je crois rien, mais je veux qu'on étudie la possibilité.
Je voudrais qu'on vérifie les cas
d'enlèvement à Alger.
Si ça s'est déjà passé, on peut pas l'ignorer.
D'accord ?
- Je résume.
Il vous a semés 2 fois, a cassé 2 mouchards,
il a dormi à l'hôtel et il s'est pas caché.
- Oui, et il avait pas l'air embêté qu'on l'ait localisé.
- Il était seul à l'hôtel?
- Ca, on sait pas.
Il y a beaucoup de va-et-vient.
Ca fait bar, aussi.
Si vous voulez qu'on fouille plus, y a pas de problème.
Mais ça devient de la surveillance.
On doit vérifier que personne
n'a repéré le bonhomme. Pour aller plus loin, faut le dire.
Je peux vous dire avec qui il baise,
combien de coups il tire, si la fille a ses règles,
si elle se fait enculer ou si elle met un doigt dans le cul.
Pas de problème, on sait faire.
- OK, OK.
Ben... Je vous dirai ça.
- Bonjour, j'ai rendez-vous avec M. Duflot.
Musique intrigante
Merci.
- Docteur Balmès ? Bonjour, posez votre badge.
Bonjour. Je suis Rim Belghiti.
Je suis la secrétaire de M. Duflot.
Venez.
Ca s'est bien passé à l'entrée ? - Oui.
Je me sens toute nue sans ma tablette...
- On peut pas entrer avec un ordinateur. Vous savez pourquoi ?
- Non. - On peut les activer à distance.
- Ah, d'accord.
- On s'habitue à être toute nue, vous allez voir.
Musique intrigante
Peu de gens prennent cet ascenseur.
C'est l'unique moyen d'accès.
Si on vous demande dans quel service vous travaillez,
pas la peine de le dire.
Tenez.
Allez-y.
BiP
Voilà, le service des clandestins. Le bureau des légendes.
Voilà votre bureau.
Avant, les veilleurs qui travaillaient 24 h sur 24
s'y reposaient, mais on l'a transformé en bureau pour vous.
Le soir, détruisez vos documents
dans la choucrouteuse ou alors...
vous les rangez dans cette armoire protégée par un code.
Rien ne doit traîner dans la poubelle.
La maintenance et le ménage n'ont pas le droit d'entrer.
Vous nettoyez votre bureau.
Tous les numéros sont là.
Porte, armoire, téléphone. - D'accord.
- Ah!
Une dernière chose.
Vous ne dites rien à personne.
Personne n'a à vous interroger.
Si quelqu'un pose une question, il ne sait pas.
C'est qu'il n'a pas le droit d'en connaître.
C'est comme ça qu'on dit. Le droit d'en connaître ou non.
- Comme le secret professionnel.
- Non, le secret-défense.
- Tu dors à l'hôtel, il paraît?
- Oui. - Seul?
- Pourquoi ?
- Tu peux me le dire.
- Ca dépend. C'est de la curiosité ou autre chose ?
Si j'étais l'objet d'une enquête, tu serais le 1er
à savoir si je dors seul.
Suis-je l'objet d'une enquête interne ?
- Pas encore, mais c'est étrange que tu tentes de les semer.
- Non, je les entraîne.
Ils m'ont trouvé, à ce que je sache.
- Tu les as pas aidés.
- Manquerait plus que ça.
- J'ai connu des histoires comme ça.
Hein ?
Des clandestins qui abandonnent pas leur légende.
En général parce qu'ils ont une vie de patachon.
Celui qui était au Kazakhstan avait une villa, il voulait pas rentrer.
L'Afghan a fait un an de dépression.
Si ça t'arrive, faut le dire.
J'ai pas besoin de ça en ce moment.
J'ai besoin de toi pour trouver Cyclone.
Pas de coup tordu maintenant.
- D'accord, j'attendrai.
- Je suis sérieux.
T'as du mal?
- Non, non, ça va.
J'ai besoin de temps pour m'acclimater.
Le divorce, ma fille...
Non, non, ça va.
On va trouver Cyclone, je vais m'occuper de la formation,
tu peux compter sur moi.
Laisse moi pépé et mémé sur le dos, si tu veux,
ça les entraînera.
On frappe.
- M. Duflot.
Y a la psy.
Il rit.
- Justement...
Bonjour, docteur. - Bonjour.
- Voici Guillaume Debailly,
notre nouveau directeur adjoint. - Bonjour.
Guillaume, le docteur Balmès, qui va s'occuper de nous tous.
Depuis l'affaire Cyclone, on va tous très mal.
Enfin, surtout lui.
Bien.
Vous ferez connaissance plus tard. J'ai besoin de vous.
- D'accord. - Ouvrez grand vos oreilles,
pas de questions, si on vous dit de faire,
vous faites sans demander pourquoi. Si on vous le dit pas...
- Je n'ai pas le droit d'en connaître.
- Exactement.
C'est le cloisonnement. C'est essentiel.
Vous ne savez pas tout,
donc vous pouvez pas tout dire.
Si je vous demande ce que ma cravate révèle de ma personnalité,
vous ne demandez pas pourquoi, vous répondez.
- Oui.
Ah!
Vous voulez avoir l'air sympa.
- Facile.
- C'est votre signature,
votre cravate, c'est vous. Votre côté rebelle, un peu.
- C'est tout ?
C'est un peu court.
- Elle est ridicule.
- A la bonne heure! La vérité, c'est le plus important.
Si vous ne savez pas, vous le dites.
C'est comme ça que vous gagnerez ma confiance.
- D'accord.
- Après vous.
- Tu peux pas imaginer, il m'énervait!
Je ne supportais plus son ricanement hautain,
qui d'habitude, me plaît.
La cortisone, c'est génial, pour travailler.
Mais tu t'engueules avec tout le monde.
Enfin bref.
Cava?
- Non.
- Qu'est-ce que t'as?
- Je m'en vais.
- Où?
- D'ici, je quitte la boîte.
- C'est-à-dire ?
- Je quitte la DGSE aujourd'hui.
- Quoi? Mais pourquoi?
- On m'a proposé une mission longue.
Je l'ai dit à mon copain. Il l'a mal pris.
Très mal.
Donc voilà.
Si je peux pas travailler, ça sert à rien.
- Il peut pas t'empêcher...
- Il m'empêche pas, ça le démolit.
De me savoir loin, longtemps, dans un endroit chaud.
J'ai vu que ça le détruisait.
- Il va se faire à l'idée. - Non.
Non, je sais que non. Je vais le perdre.
- Waouh !
Et tu vas faire quoi?
- Travailler dans une société d'ingénierie de la construction.
Musique intrigante
*- Me mettre en sommeil, ça veut dire quoi?
*- Ca veut dire que vous arrêtez tout.
Vous ne livrez plus rien. On ne communique plus.
Nous reprendrons contact. On n'existe plus.
*- Mais pourquoi?
*- C'est une mesure de prudence. *- De prudence ?
Je suis grillé ?
*- Non, pas du tout.
*- Pourquoi on arrête ?
Vous voulez pas me le dire ?
Y a un gros problème, c'est sûr.
*- Y a aucun problème.
On applique le protocole...
- Cyclone, notre clandestin en Algérie, a disparu.
Par mesure de sécurité, ses sources ont été mises en sommeil.
- Merci.
*- M. Jacques, mes collègues sont des militaires.
On les appelle les scorpions. A la moindre alerte, ils vous tuent.
*- Personne ne va vous assassiner.
*- Je demande à être exfiltré.
Sinon, je m'exfiltrerai moi-même.
- Docteur, dites-nous à quel point il est paniqué.
Si vous pensez qu'il l'est, on l'exfiltre.
On trouve un prétexte crédible pour le faire sortir d'Algérie
et ça nous coûte les yeux de la tête,
si vous pensez qu'il n'est pas si paniqué,
on lui dit de rentrer et de penser à autre chose.
Si vous vous trompez, il risque d'être exécuté.
Donc ?
A quel point est-il, à votre avis, paniqué ?
Alors ?
- Imaginez qu'on vous fasse une radio des poumons
et qu'on vous dise d'arrêter de manger de la viande.
- Quel est le rapport?
- C'est ce que vous demandez: "Quel est le rapport?"
Imaginez qu'on vous réponde : "Je préfère ne rien vous dire."
Comment vous réagissez ? Vous paniquez ou pas ?
- OK, on l'exfiltre.
- Bonjour.
- Bonjour.
Vous voulez du thé ? - Oui, merci.
Merci. - Alors, ces adieux ?
- Ca va.
- Je dois vous demander votre portable.
Vous avez amené votre passeport?
Comme vous avez un tampon israélien, vous le déclarerez perdu.
Vous en ferez faire un nouveau.
Vous avez séjourné en Israël ? - Oui, il y a un an.
- Qu'y faisiez-vous ?
- J'ai accompagné un ami dans un kibboutz.
- Où ça?
- Près du mont Carmel, dans la région de Haifa.
- Faut virer tout ça. Votre ami...
C'était votre petit ami ? C'est ce que vous avez déclaré.
- Ben oui... On a fini par sortir ensemble.
- Dans le kibboutz ? - Oui, mais ça n'a pas duré.
- Son nom ? - Svizigal.
- Svizigal.
Il vient de se marier dans le 12e
à une certaine Keren Mor.
- Qu'allez-vous faire ?
- On va faire le ménage.
Musique intrigante
- Bonjour. - Bonjour.
- Vous me suivez ? - Oui.
- Vous avez rencontré Marie-Jeanne, qui sera votre référent.
Vous êtes entre de bonnes mains.
Elle a été mon référent.
Vous vous sentez comment? - Impatiente.
- Impatiente de ?
- De commencer. - Commencer quoi?
- Ma mission. - Et elle commence quand ?
- Je sais pas.
- Elle commence maintenant. - Maintenant?
- Vous allez partir à Téhéran pour repérer des ingénieurs nucléaires.
Votre formation va vous permettre d'en approcher.
Vous ferez comment?
- Pour?
- Pour trouver un job en Iran.
- Je pensais que vous me le diriez.
- Faites-vous engager par cet homme.
Reza Mortazavi.
C'est le directeur du programme d'échange
dans le domaine des risques sismiques.
Tous les 2 ans, il repart avec un ingénieur français.
Il est à Paris depuis un mois,
à l'institut physique du Globe.
Vous allez vous y faire engager.
Puis vous faire repérer par ce Reza Mortazavi.
Et vous allez convaincre que vous êtes la meilleure pour partir.
Vous arriverez avec un officiel iranien. Y a pas mieux.
- Comment j'entre à l'institut physique du Globe ?
- Vous vous débrouillez.
- Et si j'y arrive pas ?
- A chaque fois, vous aurez la même réponse :
"Si vous n'êtes pas capable, rentrez et on s'oublie."
- Vous avez fait quoi, pour partir ?
- J'ai passé l'agrég pour entrer au lycée français à Damas.
Et j'ai dû apprendre l'arabe en un an.
- Colonel...
- La direction des opérations m'a appelé. Ils sont furieux.
Vous avez parlé à un de leurs agents ?
Vous pensiez qu'évoquer Félisse avec votre beau-frère
ne ferait pas de bruit?
Vous vouliez savoir quoi?
- Vérifier qu'il était dessus. - Pourquoi ?
Vous vous inquiétez pour lui ? - Non.
- Je ne peux rien vous dire. Mais je peux dire une chose :
elle vaut de l'or pour la D.O.
Ils étaient fous que votre Cyclone puisse la compromettre.
Ils refusent catégoriquement de l'annuler. catégoriquement.
On doit se démerder pour que Cyclone ne la balance pas.
Vous allez me faire plaisir.
Vous n'allez pas en rajouter.
D'ailleurs, vous ne pourrez pas.
A partir de maintenant, c'est le black-out
sur les communications avec Félisse.
Les familles de nos agents peuvent vous remercier.
Musique intrigante
- Votre Cyclone...
- Pour communiquer avec lui, on passe par mail.
On lui a créé une société de chasseur de têtes,
il envoie des mails.
- Il n'y a pas un risque qu'on les lise ?
- Si quelqu'un vérifie sa messagerie, il est grillé.
L'idée, c'est qu'il le soit jamais.
Il fait rien qui puisse le compromettre.
Il prend pas de photos, ne vole pas de documents...
Il travaille comme chasseur de têtes et envoie des rapports.
- OK.
- C'est le nuage téléphonique d'Alger, avec tous les portables.
A chaque seconde, des portables s'allument, s'éteignent.
Le satellite le capte, on se repasse le film et on étudie les mouvements.
Les mouvements correspondent au déplacement des masses.
De la banlieue au centre le matin,
et du centre vers la banlieue le soir.
Ensuite, on peut se concentrer sur un quartier
et étudier le nuage dans le détail.
Comme le quartier où traînent les salafistes.
On a réussi à reproduire le pattern,
le schéma qui correspond à l'activité de groupes terroristes
au moment de tel ou tel événement.
Chaque fois qu'il y a eu l'exécution d'un traître,
ça ressemble à ça.
Ici, le mouvement correspondant à un assassinat.
Et sur cet écran, celui qui correspond à un enlèvement.
Voilà.
Ca, c'est Alger il y a 3 jours.
Le jour où Cyclone a été arrêté.
Ici, donc...
les 2 patterns qui nous intéressent.
Il me reste qu'à passer le nuage et retrouver les modèles
qui correspondent.
- Vous m'avez pas dit pour Debailly ?
On reste sur lui ou non ?
- Je veux savoir où il dort.
- D'accord. Il sait qu'on sait ou pas ?
- J'aimerais qu'il sache pas, mais pas sûr que vous y arriviez.
Musique douce
- C'est quel mouchard ?
Il est à pied ? - C'est pas un mouchard.
C'est le GPS de son téléphone. Tant qu'il est allumé, c'est bon.
- Il est peut-être dans le métro ?
- Ceux qui se battent contre Bachar aujourd'hui,
me mettraient dans la terre, laisseraient dépasser ma tête
et inciteraient les passants à me lapider.
Je m'étais dit que c'était bien que tu sois parti.
Maintenant, ce ne serait plus possible.
C'est trop dangereux.
Je me demandais vraiment pourquoi tu restais.
Tu commençais à être mal vu avec ton club littéraire.
Je me disais que c'était pour moi.
Ca n'aurait pas pu durer longtemps et...
Et ça aurait pu très mal se finir.
Même ici, à Paris, faut faire attention.
Un téléphone sonne.
- Allô ? *- Je peux savoir où tu es ?
- Tu le sais pas ?
*- Descends.
- Qu'y a-t-il ?
- C'est mon éditeur.
Je lui ai dit qu'il me trouverait ici en cas d'urgence.
Il est possessif.
J'en ai pour 10 minutes.
Musique intrigante
Ca continue, alors ?
- Je veux être rassuré. - Localisation de mon portable ?
- Tu m'aurais répondu ? - Je l'ai laissé allumé.
- J'ai pas besoin de ça.
- Quoi, que je baise pas à la maison ?
- A la réception, ils te connaissent pas. Ton pseudo ?
- C'est celui
de la femme mariée qui m'attend. On va lui demander ?
Ca me dérange pas, ça va la surprendre, mais tant pis.
- On sort, plutôt.
- Tu me fais payer le sentiment d'insécurité du service ?
T'as peur de quoi?
- Est-ce que tout va bien ? - Oui !
- C'est tout ce que je veux savoir.
- Ca va.
- T'as pas le syndrome du clandestin ?
- C'est quoi ?
- Nous mettre en danger car on ne veut plus sa vraie vie.
- J'attends qu'on nous dise que Cyclone est aux mains de terroristes
ou qu'une de ses sources a été arrêtée
ou qu'une opération s'est mal passée par sa faute.
Ou alors, il est mort dans un fossé.
C'est ça, ma vraie vie. Tu t'attendais à quoi ?
- Je sais pas.
- Moi non plus.
- On reste là ?
- Ca se finit en eau de boudin, leur histoire.
- Décevant.
- Que voulait ton éditeur ?
- Il croit que j'écris ici. Ca le rassure.
- T'as dit que t'écrivais ?
Avec une pute ukrainienne ? - Oui.
- J'ai eu peur. - C'est pour ça qu'il est parti.
T'inquiète pas.
C'est la ville des amants, ici.
Un téléphone vibre.
- Mon éditeur...
Je dois y aller.
Musique intrigante
- C'est pas possible !
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Avec Rémi, on devait se parler.
Son pseudo Skype n'existe plus.
Non, mais regarde !
Vas-y, essaie.
C'est un bug ?
Si c'est un bug, tu peux faire quelque chose ?
- Je sais pas.
Elle soupire.
- T'es nul en informatique.
*- Allô ? - M. Gherbi ?
Ca fait des heures que j'essaie de vous joindre.
*- M. Jacques ? - On s'occupe de vous.
Ca se fera d'ici 48 h, le temps de s'organiser.
Et on revient vers vous.
*- J'ai plus besoin.
- Comment ça ?
*- Je vous laisse, l'embarquement pour Paris a commencé.
- Il a raconté à son supérieur que son frère était malade.
Qu'il devait s'occuper de sa famille.
Il faut aller le récupérer à l'aéroport.
- Et rendre son histoire vérifiable.
- Prends Balmès avec toi. - Pourquoi ?
- Pour qu'elle voie. - Quoi ?
- Comment ça se passe.
- A quoi elle sert?
- Elle peut apporter son expertise.
- Son expertise ? - Guillaume !
Je te colle la psy. Ca te pose un problème ?
Quelle psy te les a toutes fait détester ?
- C'est quoi, votre spécialité ?
- J'ai fait ma thèse en psychologie comportementale.
J'ai travaillé dans l'armée pendant 15 ans.
J'ai écrit un article sur le comportement au volant.
- Au volant?
En gros, ça disait quoi ?
- La conduite est un moment privilégié
pour l'analyse du patient.
- Vous vous foutez de ma gueule ? - Pas du tout.
Depuis qu'on roule, vous regardez dans votre rétro toutes les 3 s.
C'est excessif. Ca peut marquer diverses choses.
- Que je suis un conducteur prudent?
- Ou que vous souffrez d'hyper-vigilance chronique.
Comme beaucoup de soldats revenus de mission.
Ca concerne surtout les gens qui ont eu un pépin.
- Je n'ose plus regarder mon rétro, maintenant.
- Pardon. Regardez dans votre rétro, s'il vous plaît.
- C'est lui. - Merci.
Bonjour, monsieur.
- Oui ? - Said Gherbi ?
- Oui, c'est moi.
- Didier Vincent, médecin militaire.
Ma collègue, docteur Balmès.
C'est pour votre frère. - Qu'est-ce qu'il a ?
- Il a été arrêté à Alger. - Quoi ?
- Il est interrogé par le contre-espionnage algérien
qui le soupçonne de travailler pour les Renseignements français.
Il peut être arrêté pour trahison, le consulat nous a prévenus.
- Qu'est-ce qu'il a fait?
- Rien. Il a dû être dénoncé.
Mais il a pris peur et il est parti précipitamment
de son travail.
Il s'est comporté en coupable. - Quel con !
Il est incapable d'un truc pareil.
Espion, c'est ridicule.
Il resquille même pas dans une queue.
- Vous n'avez pas à nous convaincre. On pense que c'est faux, mais
il faut le sortir de là.
- Qu'est-ce que je peux faire ? - Vous pouvez
vous faire hospitaliser.
Votre frère a prévenu sa hiérarchie
qu'il venait à Paris car vous aviez un cancer.
- Ah bon ?
Alors quoi, j'ai fait une rechute ?
- Vous avez déjà eu un cancer ?
- Il y a 3 ans, oui.
Je vais devoir retourner à l'hôpital?
Musique intrigante
BiP
- Bonjour. - Bonjour.
- C'est pour ma mère. - Oui, sa carte vitale ?
Merci.
C'est quoi, ce truc ?
Sophie ? - Oui ?
- J'ai un problème.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? - Regarde.
- On dirait que c'est revenu.
C'est bon ? - Je ne sais pas.
Je vais te dire...
Oui.
Apparemment.
Ca marche.
- Vous vous installerez après. On part à l'hôpital.
- Pour quoi faire ?
- Votre frère est malade, non ?
- Mais c'était...
- Il plaisante.
- C'était pour voir si vous suiviez.
- Vous voulez pas faire une pause ?
- Vous allez me demander à quoi ça me fait penser ?
- Non, on finit toujours par voir la même chose.
- Une bite et des couilles.
- Voilà.
- Je trouve rien.
Rien du tout.
- Vous préféreriez trouver quelque chose ?
- Non, bien sûr.
Je Peux pas dire ça.
Mais ça voudrait dire que c'est pas ma faute.
Bon...
- Un suivi de tout le monde ? Des entretiens ?
- Oui, des séances.
- Non, vous êtes là pour vous occuper des clandestins.
Je prends le poisson. - La même chose.
Vous dirigez le service. Vous gérez 9 clandestins,
tous sont dévoués à la gestion de ces 9 clandestins.
Et vous en avez perdu un.
Vous croyez que ça n'aura aucun effet? Vous êtes des mères-poules.
- Vous exagérez.
- C'est déjà arrivé ?
- Quoi ? - De perdre quelqu'un comme ça.
- Non, je ne crois pas.
- Merci.
Je pense que ça va peser sur tout le monde. Ca pèse déjà.
La petite qui va partir, ça va rien lui faire de penser
qu'elle peut s'évaporer dans la nature ?
Même Debailly est nerveux, aux aguets.
- Ah bon ? - Oui, il n'est pas en confiance.
Il me donne l'impression d'être toujours en mission.
Musique intrigante
- C'est une convention. Vous serez en terrain favorable.
Il y aura les principaux acteurs du secteur. Compagnies,
bureaux d'étude, d'ingénierie, opérateurs de forage.
Votre cible : Anne Lebarbier.
47 ans, ancienne directrice de Symantech,
une société spécialisée dans les capteurs sismiques.
Elle dirige le département de sismologie de l'institut du Globe.
Vous devez décrocher une mission contractuelle auprès d'elle.
- Bonjour. - Bonjour.
- Merci.
- Vous avez vu le dossier ? - On a laissé un message.
- Merci beaucoup.
- J'aimerais son mail. - Je vous le donnerai.
- Elle a été formidable.
- Elle vous a appuyé ? - Bonjour.
- Sans elle, nos chercheurs partaient sans équipement.
- Elle restera pas, elle n'a rien à attendre de la convention.
Elle doit y faire une apparition politique.
La fenêtre de tir sera très petite.
- On teste un système...
Conversations mêlées
- Qu'attendez-vous ?
Une telle occasion se représentera pas. Ca prendrait des semaines.
Allons-y.
Madame Lebarbier ?
Excusez-moi. Je suis un des organisateurs de la convention.
La demoiselle me pose une question à laquelle je ne peux répondre.
Vous pourrez le faire à ma place.
Vous affrontez les forces telluriques,
vous pourrez poser des questions à Mme Lebarbier.
- Merci.
- Vous êtes dans la sismologie ? - Oui.
Je suis sortie de Polytechnique il y a 2 ans.
J'ai eu envie de changer d'air. J'ai travaillé pour une ONG
qui construit des maisons en zone à risque sismique.
J'y ai découvert ce domaine.
J'ai mis au point des tables vibrantes pour trouver
des réponses aux séismes dans la construction.
J'ai adoré la prévention sismique.
Donc j'ai décidé de me spécialiser en sismologie.
- Et quelle est votre question ?
- Pardon. J'ai été approchée par les gens de Geoscopia.
C'est... - Je connais.
- J'ai demandé à ce monsieur ce qu'il pensait d'eux,
si je devais considérer leur proposition.
Il m'a dit que vous pourriez me renseigner.
- Que voulez-vous faire à Geoscopia ?
- M'épanouir dans ma nouvelle spécialité.
- Ils font dans l'informatique.
- Un dernier détail.
Avant l'IPGP, elle dirigeait la société Geoscopia.
Elle a été débarquée pour des raisons stratégiques.
Elle s'est séparée d'eux en très mauvais termes.
- A la demande de M. Duflot, on fait
un bilan de votre état d'esprit depuis votre retour.
Dans la voiture, je vous ai trouvé anormalement nerveux.
- Avec Gherbi, j'étais nerveux aussi ?
- Non.
Il y avait une grande maîtrise, au contraire.
Quand vous relâchez le contrôle, vous pourriez faire remonter
une certaine anxiété.
Due à votre changement de vie.
Vous avez passé 6 ans à Damas ?
Sous couverture lourde ? - C'est ça.
- Comment vous appeliez-vous ? - Paul Lefebvre.
- Pendant 6 ans, on vous a appelé Paul Lefebvre.
Ca fait quoi de retrouver son vrai nom ?
- Je l'avais pas vraiment perdu.
- Bien sûr.
Ca fait quoi de ne plus être Paul Lefebvre ?
- Rien.
Le retour à la vie normale fait partie du métier.
- Très bien.
Pendant aussi longtemps, on se fait des amis, non ?
Vous avez eu une vie normale ? - Bien sûr.
- Que deviennent ces amis ?
- Ben on les quitte.
- On doit rompre les liens ?
- Oui, on s'efface progressivement.
On répond aux mails une fois de temps en temps.
On reste vague, distant.
On répond de moins en moins.
Et petit à petit, on répond plus du tout.
On disparaît. Et les gens vous oublient.
- C'est pas douloureux ?
- Douloureux... On n'est pas des machines.
- Vous avez rompu certaines relations assez fortes, j'imagine ?
- Vous vous y prenez mal.
- Comment ça ?
- Vous avez lu mon dossier.
Vous savez de qui on parle.
- Nadia El Mansour.
- Voilà.
- Comment on gère ça ?
- On gère, mal.
On en parle à son référent, on prend conseil. C'est dur.
- Y en a pour qui c'est plus facile ?
- Je sais pas.
- Cyclone a pu avoir du mal à gérer une relation ?
- Il aurait pu avoir une relation avec une personne qui
aurait pu avoir des doutes sur sa vraie activité.
- Ou il lui en a parlé car il se sentait en confiance.
- Ca aurait pu
arriver aux oreilles des mauvaises personnes.
- Eh oui.
Vous croyez que c'est ce qui lui est arrivé ?
Baisser la garde auprès de la mauvaise personne ?
- C'est une des options possibles.
Musique intrigante
- Je n'ai pas de Nadia El Mansour.
Mais allez voir au planning. 3e étage.
- Dans la Baltique ? - Oui.
- Je peux vous parler ?
Il se racle la gorge.
- Vite fait. Qu'est-ce qu'il y a ?
- En 1990, un agent anglais
est arrêté pour conduite en état d'ivresse.
Il est jamais sorti.
C'est une note du SIS demandant à la DGSE de le retrouver.
On l'a jamais retrouvé.
Le type a été repéré 5 ans plus tard.
Il était officier traitant pour les Renseignements algériens.
- Il travaillait pour l'Algérie ?
- Depuis le début.
C'était un agent double.
C'est comme ça qu'ils l'ont fait sortir du circuit. Voilà.
C'était aussi une méthode du KGB dans les années 1960.
- C'est un agent double depuis le début, c'est ce que vous dites ?
- El Mansour...
Chauvet...
El Mansour, oui, en salle 402.
C'est la salle de projection.
* Cris et détonations
- On fait une pause.
On se retrouve dans 15 minutes pour débattre du film.
- Bonjour.
Je cherche une personne qui assiste à vos conférences.
Nadia El Mansour.
- Nadia El Mansour.
Elle est inscrite. Dites-lui bonjour.
Elle n'est jamais venue.
Enfin si, le premier jour.
Elle s'est fait enregistrer.
Sinon, l'Unesco ne valide pas sa formation.
Depuis, plus rien.
J'espère qu'elle profite de Paris.
- Merci. - Au revoir.
Musique intrigante
- Les règles sont faites pour ça.
Pour ne jamais se dire: "Ca va aller."
Elles sont là pour vous protéger.
Vous, vos sources et la DGSE.
Quand on espère que ça va aller, il est déjà trop tard.
Vous avez enfreint la règle et vous avez perdu toute protection.
Vous vous soumettez à la loi de la peur, du soupçon, du doute.
- Oh!
- J'aurais pu rentrer à la boîte et dire à mon chef:
"j'ai fait une connerie."
Mais j'étais soumis à une autre loi, déjà.
Une loi que connaissent ceux qui vivent longtemps en clandestinité.
La loi de la toute-puissance.
Celle qui vous fait dire : "J'en suis capable."
Celle qui vous fait dire :
"Ca va aller parce que je suis capable de tout."
Musique intrigante
Sous-titrage TITRA FILM Paris
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