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Depuis 7 ans, les Grecs vivent sous le fardeau d'une dette écrasante.
L'élection d'un nouveau gouvernement
représente l'espoir de sortir de la prison qu'est la dette.
Si on gagne ces élections,
après des années de privation et d'oppression,
tout va changer.
Ils jouaient du tambour et nous dansions.
Si nous gagnons, nous jouerons et ils danseront.
Si nous gagnons,
nous ne paierons pas la dette et demanderons des dédommagements.
Les banques européennes ont joué d'énormes sommes d'argent et ont perdu.
Leur dette a atteint un billion.
Les gouvernements français et allemand
ont transféré 600 milliards de ces pertes
aux peuples européens.
Pour sauver les banques françaises, allemandes et grecques,
ils ont transféré 320 milliards
de leurs pertes
au peuple grec.
Ă€ payer par les Grecs :
320 milliards.
On va détruire l'oligarchie,
qui a monté un système de pouvoir
qui pille la force économique de notre société.
S'ils gagnent,
on les sort de l'Euro.
Un discours !
Le discours, après les résultats officiels !
L'Europe va voir qui nous sommes !
Une déclaration !
Plus tard !
La déclaration...
La déclaration
après le résultat officiel !
Plus tard !
Et maintenant ?
On fait quoi ?
Un gouvernement
avec des alliés pour changer le pays.
Quels alliés ?
Après la bénédiction, le Premier ministre prête serment.
Contrairement à la tradition de jurer sur l'Évangile,
il a simplement déclaré qu'il respecterait la constitution.
Communistes !
C'est là qu'on s'est trompés ?
Non. Vous avez gagné les élections.
Tu es ministre des Finances
et vous avez obtenu une majorité avec les nationalistes.
Quand tu étais à Washington,
on t'appelait "le Prince des ténèbres", avec mes élèves.
Prince !
J'ai eu de pires noms.
J'ai besoin de tes conseils.
Vous ĂŞtes des radicaux de gauche.
Ils feront tout pour vous détruire, vous et l'espoir que vous incarnez.
Les Allemands et leurs alliés vont vous asphyxier.
Une tragédie pour votre peuple.
Ça l'est déjà .
Ton plan ?
Faire des compromis,
sans se compromettre.
Vous avez promis d'effacer la dette.
Il y a les promesses et la réalité.
C'est-Ă -dire ?
Négocier, restructurer la dette, en effacer une partie,
et en finir avec l'austérité pour que l'économie reparte.
Ils ne laisseront pas faire.
Le Premier ministre me soutient.
Vos extrémistes ?
Ils suivent le Premier ministre.
Tu es un outsider
de la politique et du pouvoir,
un outsider fidèle à sa liberté.
Je deviens un insider,
mais je garde ma liberté.
Ma démission est prête.
Tu as gagné et tu signes ta défaite ?
La lettre m'aidera Ă sortir le pays de la prison qu'est la dette.
Tu restes un outsider.
Les insiders ne te pardonneront pas.
J'ai démissionné.
Ça fait 4 heures que je discute avec le Premier ministre.
Ça fait 6 mois que vous discutez sans qu'il comprenne.
Il ne comprend pas que...
Berlin veut nous punir
et l'obliger Ă se soumettre.
Il ne peut rien y faire.
Berlin, ou toute l'Europe ?
Tous.
Il pense qu'Angela est son amie, qu'elle le soutiendra,
mais elle ne cèdera rien.
Elle ne reculera sur rien.
Tu as tout fait pour l'aider.
Il n'a rien fait quand les siens t'attaquaient.
Tu avais raison.
Tu aurais dû démissionner.
Il m'a soutenu...
pendant longtemps.
On était d'accord. Il acceptait mes propositions.
Pour les Allemands,
les Français, les Italiens...
Ils ne savent pas qu'on veut renégocier.
Dans un esprit ouvert, constructif.
Mais avec fermeté.
Les Allemands veulent nous virer de l'Euro.
Dans leurs rĂŞves.
On y est, on y reste.
MĂŞme pas membre du Parti !
Et n'y adhère pas, tu seras broyé par les querelles.
Ceux qui ne sont pas d'accord avec mes choix
se taisent ou s'en vont !
Ils doivent comprendre nos objectifs.
Le programme du parti n'est pas celui du gouvernement.
- Il est là , le "sado-monétariste" ? - Pas encore.
Pourquoi le chef de la Troïka vient 2 jours après l'élection ?
3 jours, et il n'est pas le chef.
Pour annoncer le Grexit ?
Ou le coup de Chypre ?
Si c'est ça,
il y aura du sang aux guichets.
Depuis 5 ans, ils s'en foutent !
Ils sont lĂ .
Ils ? Ils sont plusieurs ?
On n'est pas Chypre.
On ne va pas toujours refuser leurs demandes.
On peut.
Et leurs conneries aussi.
Mes collègues.
Le président de l'Eurogroupe.
- Représentante grecque du FMI. - Enchanté.
Enchanté.
On revient.
Je souhaite
que nous ayons de bonnes relations de travail.
Mais je dois vous dire
que les méthodes de la Troïka sont contreproductives.
La Troïka n'est pas appréciée ici.
Pas vraiment.
Dites-moi,
quelles sont vos intentions vis-Ă -vis du MoU ?
Le Memorandum of Understanding, pour rembourser la dette.
Asseyez-vous.
Nous devons trouver un compromis
entre notre programme, validé par le peuple,
et votre MoU, qui a détruit notre économie.
Ça ne marchera pas.
Trouver un compromis n'est pas une option ?
Vous avez 15 jours pour accepter le MoU, avant l'Eurogroupe,
ou votre programme s'effondre.
Un ultimatum ! 3 jours après notre élection.
Le pays est ruiné et vous nous jetez de l'Euro !
- Je n'ai pas dit ça. - Vous l'insinuez !
Vous n'acceptez pas le compromis !
Votre MoU est indécent et impossible à tenir !
J'annonce aux médias que vous rejetez le MoU,
vous quittez l'Euro, l'économie s'effondre, le chaos...
Allons leur dire !
Attendez ! Leur dire quoi ?
Ce que vous voulez.
Je vais vous accueillir.
Bonjour.
Merci d'être là pour cette première rencontre
avec le président de l'Eurogroupe,
Ă qui je souhaite la bienvenue.
Je lui passe la parole.
Bonjour, mesdames et messieurs.
J'ai eu des rencontres constructives avec le gouvernement.
Je vous remercie pour votre accueil.
MĂŞme discours depuis 5 ans.
Un premier pas vers une future collaboration.
Excusez-moi.
Allez-vous coopérer servilement avec la Troïka,
comme vos prédécesseurs ?
Coopérer avec la Commission européenne...
avec la Banque centrale européenne et le FMI, oui !
Mais...
pas avec les bureaucrates et les méthodes humiliantes
qu'ils nous infligent depuis 5 ans.
C'est eux, la TroĂŻka.
Même le Parlement européen considère leurs décisions inappropriées.
Nous n'allons pas coopérer avec eux.
Vous venez de tuer la TroĂŻka.
Ils sont notre force.
Ils peuvent se retourner contre nous demain.
Si on les déçoit, si on les trahit.
Un jour on les décevra.
Pas forcément.
Ils en demanderont toujours plus,
on finira par les décevoir.
Bonjour.
Regarde.
Tout est fermé.
Fais quelque chose pour qu'ils rouvrent.
Ton ministère.
Tu m'as payé
avec le coup de pied aux couilles de la TroĂŻka !
Ne leur promets rien. C'est une bombe Ă retardement.
Ma valise !
Je connais votre problème. Prépare un décret pour les réembaucher.
Je le signerai Ă mon retour.
Dans 4 jours.
On attendra ici.
Réembaucher 300 femmes de ménage, signal négatif à la Troïka.
Ils s'y feront.
Le taxi est parti !
Avec mon costume de ministre !
Super !
Retrouvez-le !
Ça résume notre tragédie. On s'endette
pour acheter des voitures allemandes.
Prépare une note pour les remplacer par d'autres
adaptées aux ministres de gauche qu'on est censés être.
C'est plus du spectacle que de l'économie.
Du spectacle pour notre société du spectacle.
La Troïka appréciera.
C'est assez chaud ?
Oui, c'est un peu large.
Les Français ne font pas attention au style.
Les Anglais, par contre...
L'ascenseur monte directement au bureau du ministre.
Enchanté.
Appelle-moi Michel.
Votre accueil,
notre amitié de longue date, votre solidarité,
nous sont indispensables
pour sortir du MoU et négocier un nouveau contrat avec l'Europe.
J'ai présenté notre projet pour une restructuration de la dette,
une politique réaliste contre l'austérité,
des réformes contre la corruption et les privilèges de l'oligarchie.
J'ai développé toutes nos propositions pour sortir de la crise.
Michel trouvait ça parfait.
Vous m'avez invité et je suis venu.
Osborne m'a invité, je vais à Londres.
C'est une invitation ou une convocation ?
J'ai insisté, sans polémiquer,
sur les liens culturels entre nos pays.
La France, amie depuis deux siècles.
Je venais d'exposer au ministre les réformes envisagées.
J'ai poursuivi, d'un ton amical,
malgré l'humiliation que Michel nous infligeait
pour plaire Ă Berlin.
Que faites-vous ?
Vous dites une chose en privé et le contraire en public ?
Yanis,
tu dois comprendre.
La France n'est plus ce qu'elle était.
- Yanis ! - Emmanuel !
- Comment vas-tu ? - Bien et toi ?
Bien.
Michel t'a parlé de la France ?
Apparemment, elle n'est plus ce qu'elle était.
Ils sont tous obsédés par les difficultés.
Il faut imaginer une autre France,
une France qui réussit.
Oui.
Viens. Viens dans mon bureau.
Tu vas Ă Berlin ?
À Londres. Osborne m'a invité,
je vais en profiter pour rencontrer des hommes d'affaires.
Tout se passe Ă Berlin.
Berlin ne m'a pas invité.
Ils attendent que je m'invite.
Vous dépendez de Berlin.
Tu dois aller Ă Berlin.
L'Anglais moyen, comme ses dirigeants,
pense que l'Europe entrave le progrès.
Quant Ă la France,
elle s'accroche à l'Europe pour éviter la déchéance.
Que pensent-ils de nous ?
Du mal,
et aussi du mépris.
Le ministre Osborne a de l'estime pour vous.
Les Français ont dû vous déclarer leur amour, sans rien promettre.
Nous,
on ne vous aime pas,
surtout votre parti Ă courant variable
et votre programme économique, qui est...
un grand danger pour les marchés internationaux.
Nous n'allons pas intervenir
dans les affaires de l'Eurozone.
Je ne pensais pas que George, un Eurosceptique,
allait ĂŞtre si ouvert.
Il avait expliqué à la presse qu'il me recevait
car il pensait que notre crise mettait en péril l'économie mondiale.
Que puis-je pour vous ?
Il a promis de nous aider,
mais n'a rien fait,
sauf me préparer pour ma rencontre avec les financiers
et leurs attaques sauvages.
Sachez que ce sont des tueurs.
Merci Ă tous.
Merci.
Merci d'ĂŞtre venus.
Si vous venez défendre votre projet économique,
autant partir.
Il y aura une vente massive des actions et obligations !
ĂŠtes-vous pour les privatisations ?
Cela dépend des conditions et du prix.
Vendriez-vous le Parthénon ?
Ă€ bon prix ?
Le Parthénon appartient à toute l'humanité.
Nous avons été élus
pour gérer une banqueroute
que personne ne voulait admettre.
Mais l'Europe a fait un plan pour sauver la Grèce.
Pour sauver les banques allemandes et françaises.
Leur dette colossale a été transférée au peuple grec.
Que faites-vous de vos promesses électorales si populistes ?
Nous sommes conscients des réalités
et prĂŞts Ă des compromis,
Ă condition...
que l'esclavage de la dette prenne fin.
Je propose que notre dette soit ajustée au revenu national.
C'est la même méthode
que celle que vous utilisez Ă la City ou Ă Wall Street.
Pourquoi ne pas l'utiliser pour sauver la Grèce ?
Voici notre dette totale :
473 milliards.
Dans cette montagne de dette,
votre part est de 15 %.
Ma proposition est de restructurer
les 85 % de la TroĂŻka
et de ne pas toucher Ă vos 15 %.
Vous avez subi assez de coupes.
Je préfère ne pas faire de vous mes ennemis.
Et que ferez-vous
avec les 85 % ?
Je proposerai à la Troïka, aux institutions européennes,
d'ĂŞtre partenaires de notre croissance pour les 15 ans Ă venir.
Ça suffira pour les convaincre ?
Certainement pas.
Je proposerai l'arrêt de l'austérité.
Même votre ministre Osborne pense que les exigences sont démesurées.
Nous préconisons plutôt
un profond remaniement de l'État et des impôts
pour favoriser les investissements
et j'espère, les vôtres.
Quel succès !
Vous verrez les résultats.
Bonjour.
L'Institut Adam Smith adore vos déclarations.
Super !
Des gauchistes plébiscités par l'institut préféré de Thatcher !
Nos camarades seront fiers !
Allo ?
C'est quoi, ce manteau ridicule ?
Ma fille m'a déjà engueulé ! Laisse-moi.
Merci.
J'ai enregistré ceci.
Les valeurs grecques s'affolent.
Elles ont pris 11,2 %
dans l'espoir de la fin du bras de fer
entre les radicaux et leurs créanciers.
Les Allemands vous recevront avec respect.
Votre dette s'élève à 186 milliards
pour l'Union européenne,
29 milliards pour la BCE,
et 25 milliards pour le FMI,
sans parler des fonds que vos banques nous doivent.
Total, plus de 410 milliards.
Votre PIB a chuté de 250 à 175 milliards.
Plus 100 000, plus 250 000
plus 480 000,
plus 600 000.
La BCE ne peut plus garantir la confiance en vos banques.
Bienvenue, je suis responsable de votre sécurité.
Suivez-moi, je vous prie.
- Bonjour, M. le ministre. - M. l'ambassadeur.
On n'a pas besoin de gardes du corps.
Ordres du gouvernement allemand, M. le ministre.
L'annonce de Mario de ne plus garantir nos banques
a fait chuter notre bourse de 10 %.
Vous perdez l'acquis de Londres.
Bonjour, M. le ministre.
Quand me rendez-vous mon argent ?
Vous voilà enfin. Je vous écoute.
Votre Excellence...
Appelez-moi Wolfgang, je vous appelle Yanis.
Wolfgang...
Je suis ici pour travailler avec vous
pour en finir avec ce drame interminable qui porte préjudice à nos deux pays.
Mon Premier ministre vous assure
de notre attachement Ă l'Euro.
Nous proposons de négocier
afin d'aboutir Ă des compromis
acceptables pour vos créanciers et notre peuple.
Nous ne demandons pas de réduire la dette,
mais un ratio raisonnable entre la dette
et notre revenu national.
Nous travaillons contre l'évasion fiscale.
Londres a réagi...
Feu de paille.
Je ne veux pas discuter vos propositions.
Pour l'évasion fiscale, je peux envoyer 500 spécialistes
pour y mettre de l'ordre.
Vous avez déjà envoyé la Troïka.
Elle contrôle l'économie, dirige les ministres
et fait de la crise une tragédie.
L'Europe les a envoyés.
On ne financera pas votre généreux système social.
Un rĂŞve communiste.
Notre priorité est la survie de notre sécurité sociale.
Les économies peuvent se faire ailleurs.
Voici nos modestes propositions.
Pour les institutions.
Votre Excellence,
il est regrettable d'envoyer nos propositions
aux institutions, aux technocrates de la TroĂŻka,
et pas aux responsables politiques.
Les journalistes attendent.
Vous avez 12 jours avant l'Eurogroupe
pour revoir votre stratégie.
Je me suis entretenu avec mon collègue grec.
Au terme de ce cordial entretien,
nous sommes d'accord sur le fait
que nous ne sommes d'accord sur rien.
Même sur ça, nous sommes en désaccord.
Soit son pays rentre dans le rang,
soit il sort du rang.
Maintenant, je vous laisse monsieur le ministre.
Si on a bien compris,
c'est l'impasse ?
Le ministre a une position radicale.
La nĂ´tre l'est aussi,
nous devons tous faire des efforts
pour nous comprendre.
M. le ministre, pensez-vous
le faire danser au rythme du tambour ?
Il y a les discours électoraux et il y a les réalités sociales.
Mon pays vit une crise humanitaire
et l'Europe est en crise existentielle.
Nous devons collaborer
sans ĂŞtre dogmatiques.
Que pensez-vous du fanatisme grec anti-allemand ?
Vous le négociez aussi ? Ou vous l'éradiquez ?
Et le fanatisme allemand anti-grec ?
Nous devons arrĂŞter ces jeux stupides
qui engendrent la haine
et le racisme.
Notre gouvernement veut dialoguer,
négocier.
Mais ils ne veulent pas discuter ni négocier.
Nous sommes un peuple à la patience millénaire.
Avec le stoĂŻcisme dans le sang.
Cette crise est dangereuse pour nous tous.
Les Allemands savent bien oĂą peut conduire
une crise économique doublée d'humiliation nationale
et de désespoir infini.
Cela fait éclore l'œuf du serpent.
De retour à Athènes, j'irai au Parlement, où le 3e parti
n'est pas néo-nazi,
mais juste nazi.
Cette crise le nourrit.
Nous avons besoin de votre aide, monsieur.
L'aide du peuple allemand,
pour combattre la haine de l'autre
et retrouver une vie normale dans l'Union européenne.
Cela dépend de vous, M. le ministre.
Tenez bon.
Les Allemands ou Wolfgang ?
Tous.
Wolfgang organise notre sortie de l'Euro.
Ils nous attendent.
Dans un premier temps, la BCE
va asphyxier nos banques
en les privant de liquidités jusqu'à la fermeture.
Que proposes-tu ?
Il faut se préparer pour la réunion de l'Eurogroupe, où tout va se décider.
Et prévoir de remplacer l'Euro si on nous jette dehors.
OĂą en sommes-nous ?
À ta demande, je réunis une équipe
pour étudier un plan B.
- Si ça sort, c'est une bombe. - Ça ne sortira pas.
Ne parle que de Berlin.
Bien sûr.
Te voilĂ ! Bienvenue !
On baise Bruxelles.
Les Russes nous donneront des milliards.
Ils n'ont pas un radis, ce n'est pas une solution.
Résume ta tournée européenne.
La bourse l'a accompagné.
À l'aller, elle est montée, montée,
au retour, elle a baissé, baissé...
On s'en fout, de la bourse.
Résumons.
Tous exigent qu'on applique le MoU.
Le quoi ?
Le Mémorandum of Understanding signé par la droite.
Je ne savais pas qu'on l'appelait MoU !
- On ne va pas accepter ! - On est élus pour le combattre.
Wolfgang ne jure que par le MoU.
Ton Wolfgang sait qu'on est élus
et que ce pays n'accepte plus les diktats de Berlin ?
Beaucoup sont avec lui.
Les Français ? Les Anglais ?
Les Français... sont faibles.
Hollande aide un peu...
et rien Ă attendre des Anglais.
La Banque européenne ?
Ils nous coupent les liquidités
si on refuse le MoU.
Ta tournée a été un désastre.
La presse dit que Wolfgang t'a mouché et que tu l'as traité de nazi.
Mensonges, asseyez-vous.
Ce sont des attaques contre nous tous.
Bref...
Que proposes-tu ?
On dit merde Ă Bruxelles et on ne paie pas.
Et après ?
Après, ils viendront négocier.
Dans 12 jours, nous avons une réunion avec l'Eurogroupe.
Deux options.
Soit on signe le MoU et on est des gentils,
soit on reste intraitables
et on nous jette de l'Euro.
Conclusion.
Pour un accord satisfaisant avec l'Eurogroupe,
il est impératif qu'ils comprennent
qu'on est unis
et qu'on ne les craint pas.
Qu'on veut négocier.
Qu'on ira jusqu'au bout.
Ça retombera sur le Premier ministre.
Pire si on faiblit.
On peut ĂŞtre souple sans...
Si on est prĂŞts Ă se coucher,
ça sera un désastre.
Merci, Fénia.
Ces réunions doivent rester secrètes.
Il faut une évaluation avant la réunion de l'Eurogroupe,
où on risque d'être expulsés de l'Euro.
Dans 10 jours !
Je sais. Pas de temps.
Étudiez chaque cas
pour éviter la pénurie et si besoin créer...
une monnaie numérique puis papier.
Il faut agir dans le plus grand secret.
Si ça sort, c'est la panique.
On voulait licencier 2 000 docteurs,
puis 2 000 et encore 2 000.
Alors ils ont eu l'idée de faire grève.
On les a tous renvoyés d'un coup !
8 000 médecins licenciés.
Combien d'hôpitaux ont fusionné ?
On ne sait pas.
On n'a pas fait le compte.
On doit les réembaucher.
Beaucoup sont partis à l'étranger.
Combien ?
Plus de 3 000.
Le Premier ministre veut qu'on réengage les médecins
et qu'on rouvre les hĂ´pitaux.
Lister les réformes pour en finir avec les coupes d'austérité.
Les coupes d'austérité agressives.
On brade et l'oligarchie en bénéficie.
La Troïka nomme ça "Le Programme",
ça lui permet de tout vendre
sans contrôle de l'État.
Voici le responsable grec.
Que vendez-vous ?
Tout.
Tout ce qui appartient à l'État :
routes, terrains, plages,
immeubles, ports, chemins de fer,
aéroports
et plein d'autres richesses du pays.
C'est une vente, pas une liquidation.
C'est une liquidation et sans aucun effet.
VoilĂ pourquoi.
Cet argent paye la dette.
La TroĂŻka nous force Ă emprunter
pour payer la dette, créant ainsi plus de dette.
Ce déficit induit de nouvelles taxes
alors qu'on réduit salaires, retraites et aides.
Baisser les revenus
ralentit l'économie encore plus.
Donc moins de revenu national.
Ce qui entraîne de nouvelles dettes
pour rembourser les dettes.
Ce qui crée
une dette impossible Ă rembourser.
C'est un cercle vicieux, comme vous pouvez le voir.
Quoi que l'on vende,
ça ne changera pas la dette.
J'ai besoin d'études
pour chaque point. Commencez par les privatisations.
Kim suivra vos travaux.
Merci, et Ă plus tard.
Commençons par la Banque européenne.
Tu ne travailles qu'avec des étrangers.
Tu écoutes aux portes ?
Pas du tout.
Cette Eléna a travaillé avec la droite.
Le Premier ministre est au courant.
M. le ministre !
Sven, l'expert en taxes européennes.
- Enchanté. - Moi aussi.
Fais tout sauter Ă l'Eurogroupe !
No pasarán. Hasta la victoria siempre!
Ils t'attendent.
- Mais ils sont passés. - Quoi ?
Rien.
C'est lĂ !
La cravate !
Venez.
Par ici.
Bienvenue.
Nous sommes impatients de vous écouter.
Je suis sûre qu'on fera du bon travail.
Merci.
Nous allons commencer.
Merci d'ĂŞtre venus
à cette importante réunion.
Les représentants grecs,
messieurs les créanciers,
le FMI,
la BCE.
La Commission européenne et vos collègues,
les ministres des Finances,
sont impatients de vous écouter.
M. le ministre, vous avez la parole.
Soyez bref.
Merci, M. le Président.
Collègues...
Après 5 ans,
je comprends que le drame grec vous fatigue.
Le peuple grec est fatigué aussi.
Nous sommes ici pour négocier et gagner votre confiance
sans perdre celle de notre peuple.
Nous voulons
mettre de l'ordre dans nos finances
et faire des réformes
que nos prédécesseurs n'ont pas fait.
Certains regrettent la victoire de la gauche.
J'affirme que nous sommes des européanistes convaincus.
Je veux un terrain d'entente.
Je ne demande pas
d'effacer notre énorme dette
mais de la restructurer.
Nous voulons renégocier le MoU
pour mettre fin à l'austérité
qui empêche toute réforme dans le pays.
Les élections ne peuvent changer la politique économique.
Votre pays doit appliquer le MoU intégralement.
Les peuples changent d'avis.
L'Eurogroupe ne peut tout recommencer.
Ça serait la fin de l'Eurozone.
Pourquoi les élections, alors ?
Si le vote populaire est sans importance,
si on ne peut discuter du MoU...
Que faisons-nous ici ?
Interdisons les élections, tant qu'on y est.
Que faites-vous ?
Voici nos propositions
pour que chacun puisse voir qu'elles sont étayées.
10 minutes de pause.
ArrĂŞtez la distribution.
Je ne peux pas partager mes analyses sur le MoU avec vous ?
Le MoU est la raison de cette réunion.
Non !
Il faut informer les parlements,
sinon cette réunion s'arrête.
Il faut les écouter. Ils sont compétents.
On ne peut pas les écouter.
J'ai dit Ă la presse qu'on entendra ce qu'ils ont Ă dire.
Discours vides...
Du vent.
Narcissisme méditerranéen.
"Ignorance et arrogance", pour citer Mark Twain.
Président.
Les discussions commencent à peine, et déjà un communiqué ?
Pour en discuter !
Une flexibilité maximum sur le MoU. C'est parfait.
C'est un piège.
Ça dit "bonnes relations"
et interdit de toucher au budget soumis Ă la TroĂŻka.
Ça ne parle ni de restructuration, ni d'austérité.
Ce communiqué ne permet pas
de lier le MoU Ă notre mandat.
Hors de question de renégocier le MoU.
En toute bonne foi, je propose de parler d'un MoU "amendé".
Vous accepteriez un MoU "amendé" ?
Nous sommes prêts à accepter un MoU "amendé"
financièrement sain et socialement juste.
Le mot "amendé" après "MoU"
devra être accepté par le parlement allemand.
Je ne le défendrai pas.
Hors de question que notre Parlement
discute d'amendements Ă si court terme.
Vous avez compris ?
Il faudrait 2 à 3 semaines pour que les parlements décident.
On ne quitte pas cette salle sans un communiqué.
La BCE vous coupera les liquidités.
Sans cash, vos banques fermeront.
M. le Président, un ultimatum à ma première réunion ?
À cause de procédures parlementaires et de délais,
mes propositions pour sauver mon pays ne valent rien
parce que le MoU est le MoU !
Le MoU est ce qu'il est
et rien ne peut changer le MoU !
En tant que démocrate, je refuse cet ultimatum.
Vous ĂŞtes des cigales.
Après avoir tout gaspillé,
vous exigez que les fourmis payent pour vous.
Votre pays a menti, triché, gaspillé.
Nous ne sommes pas responsables des gouvernements précédents.
Vos salaires et vos retraites sont démesurés.
La Troïka les a réduits de 40 %.
C'est Ă mon peuple de payer vos folies ?
Le but de cette réunion est d'insulter un peuple et ses élus ?
Ă€ prendre ou Ă laisser !
Signeriez-vous "ajusté" au lieu de "amendé" ?
Vous avez déclaré que
pour redresser mon pays,
la dette devait diminuer et les taxes, baisser.
C'est plus qu'un MoU "ajusté".
Exact.
Mais la priorité est d'approuver ce communiqué
et de continuer les négociations.
Je conseillerai à mon Premier ministre d'accepter un MoU "ajusté"
pour résoudre la crise humanitaire.
Inacceptable !
"Crise humanitaire" est trop politique !
Rien n'est plus politique
que d'ignorer une tragédie humaine parce qu'elle est trop politique !
10 minutes de pause !
Qu'en penses-tu ?
Accepte "ajusté".
- Oui. - Ils vont fermer nos banques !
On a besoin de temps.
Retirez "crise humanitaire", ça ne passera pas.
"Ajusté" est important pour éviter l'implosion.
Notre parlement sera furieux si je cède dès le début.
Parlez-en Ă Wolfgang, il comprendra.
Je dois parler Ă mon Premier ministre. Il faut prolonger la pause.
Il y a un endroit calme.
Accepter le MoU ajusté est une reddition.
Nos alternatives ?
Il faut céder, ils fermeront nos banques !
Ils ne nous casseront pas à la première réunion.
C'est trop long.
Communiquer ainsi n'est pas normal.
Qu'est-ce qui est normal ?
Choisir entre fermer nos banques
ou plus d'austérité, qui anéantira notre pays ?
Excusez-moi !
J'ai mieux Ă faire qu'ĂŞtre en pause sans fin.
On gagne du temps. À plus tard.
On a gagné un peu de temps.
C'est un énorme gâchis.
Vous avez une dernière chance de signer.
Je signerai tout, mais avec la mention trop politique.
C'est l'impasse. Vous avez gagné un peu de temps.
Très peu.
Je suis trop vieux pour ces jeux-lĂ .
Votre plan est d'être expulsés de l'Euro ?
Non !
Mais on ne cédera pas sous la menace.
Vos banques fermées. Plus d'argent.
Comme le chantent les Beatles :
Money can't buy me love.
Les mesures de l'Eurogroupe ont provoqué des manifestations dans plusieurs pays
qui lui reprochent sa politique néocolonialiste.
Ce n'est cependant qu'un organisme
constitué de 19 ministres des Finances de la zone Euro.
Ton analyse de l'Eurogroupe ?
Sous le contrĂ´le de Wolfgang.
Ils essayent de te renverser
ou de créer le chaos et de nous en rendre responsables.
Ils se moquent de nous.
"Discours vides de sens,
"arrogance, narcissisme méditerranéen..."
C'est moi qu'ils visent.
François Hollande sent le danger,
je lui ai proposé une visite officielle.
Parle Ă Merkel.
Elle seule peut brider Wolfgang.
Le président de l'Eurogroupe.
Je vous attends.
Jeroen n'est qu'un ministre, il ne devrait pas le recevoir.
Il est président de l'Eurogroupe.
C'est une marionnette ou un marionnettiste ?
Merci de me recevoir.
Venez.
C'est pour le communiqué.
Je suis venu vous proposer, à la place de "amendé" ou "ajusté",
les mots MoU "mis à jour" ou MoU "modifié".
Ce que vous voulez.
Suivi de :
"pour aider Ă sortir de la crise humanitaire".
Alors je reviendrai avec une autre proposition.
Faites.
Faites donc.
Merci.
Il faudra lâcher du lest pour arriver à un accord.
Si tu leur permets de décider à qui parler, ils ne lâcheront rien.
Par ici.
Ils sont furieux, ça va être dur.
La Troïka, ce sont des idéologues de l'économie,
d'autant plus fanatiques qu'ils sont de médiocres économistes.
Ils représentent les dirigeants de la BCE,
le FMI
et la Commission européenne.
Ils se moquent des souffrances qu'ils causent.
Hausse de la TVA,
des taxes sur le tabac, l'alcool, le carburant,
les voitures et les loyers.
Deuxièmement,
recul de l'âge de la retraite à 67 ans.
Vous oubliez les expulsions pour non-paiement des traites.
Effectivement.
Voici les chiffres.
Les projets Ă valider :
baisse des salaires de 30 %
selon les catégories.
Vous les avez déjà baissés de 40 %.
Pour activer le remboursement de la dette,
il faut encore une baisse de 40 %.
Donc vous voulez baisser les salaires de 65 Ă 70 %.
Ça, c'était la dette initiale.
Il y a 5 ans, ceci était notre revenu national.
Grâce à la brillante politique que vous avez imposée,
notre revenu a diminué de 26 %.
Et la dette a augmenté de 6 %.
Nous ne sommes pas ici pour écouter vos critiques, monsieur.
Si vous persistez, nous arrêtons cette séance.
Le gouvernement précédent s'est engagé à vendre 14 aéroports de l'État.
Notre gouvernement va revoir cela.
Nous vous en informons, c'est tout.
Un consortium allemand
offre 1,2 milliard.
C'est un bon prix.
Une aumĂ´ne.
Pas d'autres acheteurs ?
C'est une société allemande sérieuse
qui va demander un prĂŞt Ă vos banques.
Un prĂŞt que vous, M. le ministre,
qui représentez l'État, allez garantir.
Vous voulez acheter nos aéroports avec notre argent ?
Vous pensez vraiment que je vais accepter ?
Sinon, quelqu'un de plus haut placé le fera.
Excusez-moi.
Va voir Pierre.
Mon article dans Le Monde a fait son effet.
C'est un projet de Juncker qui peut débloquer la situation.
Ok. Je te tiens au courant.
Bonjour.
Lis ça.
- Café ? - Oui, merci.
Le grand patron.
Je signe oĂą ?
Sérieusement ?
Absolument.
La réunion va très bien se passer.
Le Président est d'accord ?
Ça a été lu et relu.
Par Mario et Christine ?
Je viens d'en parler
avec Juncker, Mario, Christine
et Jeroen.
Et Wolfgang ?
Pas Wolfgang, mais quand il verra
qu'on est tous d'accord, il cédera.
Le Président donne son accord sans celui de Wolfgang ?
Fais-moi confiance.
Interviens le moins possible.
Ravi de ne rien dire.
Tu dois dire que tu es pour ce communiqué.
Allons voir le Président.
Venez.
Lisez et dites-moi ce que vous en pensez.
Même le mot "ajusté" a disparu.
Vous m'avez proposé un communiqué
que j'étais prêt à accepter.
Vous êtes commissaire de l'Union européenne,
pouvez-vous me dire quelle est la bonne version ?
Est-il possible de combiner certaines formules
- avec ceci ? - Non !
Tout ce qui pouvait être retenu l'a été.
Vous allez accepter ce texte,
qui est la contradiction du vĂ´tre ?
Je me range à l'avis du Président.
Rayez ce qui ne va pas.
Vous gâchez notre temps !
Vous torpillez les réunions
avec des exigences disproportionnées. Que du vent !
Nous sommes en Europe ici !
Votre position ne vous autorise pas Ă lever le ton !
Ni Ă ignorer mes propositions !
En tant que président, vous devez écouter les membres de l'Eurogroupe.
Si vous persistez, je rendrai cela public.
Je vous prie de m'excuser.
La tension est trop forte.
Ça arrive à tous.
La réunion devait commencer il y a 15 minutes.
Les retards favorisent les rumeurs négatives.
Prenez place.
La réunion de l'Eurogroupe n'a abouti à aucun accord concret.
D'autres ont suivi, longues et répétitives...
avec des discussions byzantines
que Jeroen favorisait
et des déclarations
pour convaincre le monde que l'Eurogroupe faisait tout
pour "sauver" la Grèce.
Ils font des propositions fantasques.
Portées par un gauchiste arrogant, piètre négociateur.
Mes efforts pour nier ou corriger cette image
ont été détournés contre nous et contre nos propositions.
Encore un article grotesque...
aucun rapport avec nos propositions.
Enchaînons.
Si vous nous provoquez, ça va mal finir.
Fin de la réunion.
Demain mĂŞme heure, mĂŞme lieu.
Wolfgang veut envoyer la TroĂŻka Ă Paris !
La Troïka n'est jamais allée à Paris.
Les attaques continuaient dans la presse.
Notre étiquette de gauchiste crédibilisait leurs mensonges.
M. le ministre,
vous refusez le MoU car vous ĂŞtes incapables de l'appliquer.
Non !
Ce MoU, que mĂŞme le Spiegel qualifie de...
"catalogue de cruautés",
contient des promesses impossibles Ă tenir.
Il a provoqué une tragédie humaine et une catastrophe économique.
J'ai eu Angela au téléphone. Elle a parlé au président.
Va à la réunion. Reste serein et ferme.
Gagne du temps.
Maintenant ou jamais.
Beaucoup ne veulent pas d'accord.
Ils veulent ridiculiser notre peuple et nous faire plier.
Reste fidèle à notre plan de 3 pages.
5 pages.
M. le Ministre, j'ai demandé une liste de réformes en 3 pages.
Il y en a 5.
M. le Président...
Outre mes propositions techniques,
je voudrais rappeler à cette assemblée
que 600 000 personnes n'ont pas reçu de salaire depuis 6 mois
et que des milliers de jeunes quittent notre pays.
On veut vos propositions, pas vos lamentations.
Ces 5 pages rappellent que nous restons insolvables.
Il est impossible de faire des réformes
tant que l'austérité continue
et que la dette n'est pas restructurée.
C'est Ă nos pauvres peuples de payer vos retraites faramineuses ?
La liste du ministre est assez complète pour servir de base à un accord.
Laissons ses propositions de dette
pour un autre moment.
Le ministre nous enfume avec ses propositions.
La dette doit être payée !
Une dette est une dette est une dette !
10 minutes !
Wolfgang et Angela sont en guerre. La victime sera Jeroen...
ou nous.
Il part aussi ?
Merci.
Je sais... Je comprends votre opposition
mais je pense
qu'un accord intermédiaire
mettrait fin Ă cette impasse.
J'apprécie votre geste.
Je ne suis pas votre ennemi.
Mais je n'accepterai aucun changement au MoU.
On ne change pas le MoU. C'est la seule base légitime
qui nous permettra de collaborer.
On reprend ?
Je pense qu'on devrait approuver cette liste.
D'accord avec Christine.
Pas d'accord.
- Vous avez votre majorité. - Je crois.
J'attends cet accord signé
avec les réformes dans 3 jours. Pas dans 5.
Quant au nombre de pages, pas de limite.
Un nouveau programme et nos banques sont ouvertes.
Dans l'esprit d'une "ambiguïté constructive".
La TroĂŻka, les institutions...
Nous sommes très insatisfaits de notre installation !
Vous avez un étage complet
au Hilton !
Cela sera réglé par nos supérieurs.
Nous voulons les dossiers des ports et des chantiers navals
pour les mettre en vente.
Vous ĂŞtes des fonctionnaires.
Vous exigez des documents du ministre ?
Comme d'habitude.
Désormais, faites vos demandes auprès de nos fonctionnaires.
C'est une décision idéologique, mes supérieurs ne comprendront pas.
J'expliquerai à vos supérieurs.
Sortez.
Si j'ai des questions Ă vous poser ?
Vous les poserez à mes équipes et je répondrai à vos supérieurs.
Je comprends.
Les institutions ne supportent pas d'être traitées ainsi.
La TroĂŻka, tu veux dire.
Ils ont un étage au Hilton.
Ça fait 5 ans qu'ils envahissent nos ministères. Ça suffit !
C'est dans l'accord intermédiaire.
Christine pense à leur sécurité.
100 policiers assurent leur sécurité jour et nuit.
Ton accord d'ambiguïté relative...
"D'ambiguïté constructive".
Plus de la moitié des députés ne le votera pas.
Avec l'autre moitié, plus l'opposition, ça passera.
Pas sans rétablir les salaires et les retraites
et stopper les privatisations.
C'est un accord intermédiaire, le premier pas
vers ce que nous voulons tous.
Commençons en refusant la dette.
La refuser n'est pas une position politique.
Message du président de l'Eurogroupe.
"Votre liste de demandes pour l'accord intermédiaire
"doit être compatible avec le MoU en vue d'une renégociation."
Wolfgang a repris les commandes.
Le Parlement ne votera pas un texte impliquant le MoU.
Va au Parlement leur expliquer.
Je peux le signer
sans passer par le Parlement.
10 ans de prison.
Je peux le signer moi ?
Non.
Seul le ministre signe pour l'Eurogroupe.
Je m'en occupe.
Le président du conseil d'État.
M. le Président, votre verdict ?
M. le Premier ministre,
une lettre du ministre aux créanciers
pour un accord
doit avoir l'aval du Parlement.
Votre conseiller m'a précisé
qu'il s'agit du prolongement d'un accord existant.
Une lettre comme celle-ci
créera un précédent.
Il faudrait un décret...
qui donne droit au ministre...
de signer.
Préparez le décret.
Wolfgang a repris les commandes. Tu devrais appeler Angela.
On dirait des enfants qui attendent le père Noël.
Il vient de l'aéroport en taxi, incognito.
Pourquoi ces mystères ?
Sûrement quelqu'un d'important qu'Angela protège.
Je ne sais pas.
Le Premier ministre ne sait pas qui c'est.
Il m'a dit : "Écoutez-le avant de parler."
Un homme de confiance ?
Tenez.
- Il y a du tarama ? - Je t'en ramène.
Quelqu'un avec des solutions.
Détendez-vous.
Bonsoir, bienvenue. Je suis Déa et...
Bonsoir.
Je suis heureux d'ĂŞtre lĂ , mĂŞme si je ne sais pas pourquoi.
Celui qui vous envoie a dĂ» vous le dire.
Je n'ai aucune idée de qui m'envoie.
Asseyez-vous.
J'ai trouvé un mot sur mon bureau. "Prenez le premier avion pour Athènes."
Vous buvez quelque chose ?
Pas pour l'instant.
Wims...
votre décision de revenir au MoU
annule toute notre avancée.
Seule la chancelière qui vous envoie peut débloquer la situation.
J'ignorais qu'Angela était au courant de ma venue.
Le retour au MoU signifie
de nouveaux impĂ´ts, des baisses des salaires, des retraites,
qui limiteront encore le pouvoir d'achat.
Ce qui entraînera la fermeture d'encore plus de commerces,
augmentera le chĂ´mage,
et réduira le pouvoir d'achat et nos recettes fiscales.
C'est un cercle vicieux.
Si ça ne change pas,
nous allons vers une régression pour les 10 prochaines années.
C'est un désastre politique. Que dire au peuple ?
Il nous a élus pour changer cela, pour lutter.
On a fait les 4/5 du chemin vers vous.
Faites un pas. Cédez sur quelque chose.
On n'avance pas si rien ne change !
Ça dépend de la Troïka, comme vous l'appelez.
Discutez avec eux.
Il jouait avec nous.
Angela l'avait envoyé pour fermer toute possibilité de dialogue.
Le dîner est servi.
Ça a l'air délicieux.
Votre tzatziki
est délicieux !
Wims savourait les plats avec un plaisir manifeste,
pendant que nous lui exposions nos craintes au sujet de nos banques.
Formidable !
Avec les doigts.
Il faut payer le FMI.
Piochez partout.
Prenez les fonds des caisses de retraites !
C'est déjà fait.
Les fonds de retraite, les fonds des universités,
tous les fonds possibles
ont été vidés par les gouvernements précédents,
pour obéir à la Troïka.
Ça a duré près de cinq heures,
sans qu'il ne fasse la moindre concession,
ni pour plus de démocratie dans l'Eurogroupe
ni pour un contrĂ´le accru de la TroĂŻka.
Notre insistance n'a abouti Ă rien.
Essayez de comprendre
ce que c'est que d'hériter
d'une crise gigantesque
sans expérience européenne.
Vous l'avez maintenant.
Votre ténacité a été remarquée à Bruxelles.
Ainsi que votre antagonisme face à vos collègues
qui n'ont ni votre expérience internationale,
ni votre talent pour débattre.
Est-ce un reproche ?
L'Eurogroupe doit être un lieu de débat libre.
La liberté est un concept essentiel pour nos démocraties.
Mais la liberté doit être encadrée par un système qui maintient l'ordre.
C'est très officiel et c'est trop tôt.
Ça commence.
Nous attendions la fermeture des banques
et elle l'invite en grande pompe.
Qu'est-ce qui se trame ?
Espérons qu'il ne va pas se faire avoir.
Le Premier ministre n'est pas une proie facile.
Angela Merkel, the soft power.
Opération de séduction pour étudier le caractère de l'invité.
Beau pardessus.
Elle veut changer l'image de son pays.
Je ne pense pas.
Elle n'a qu'une stratégie : diviser pour mieux régner.
La rencontre entre la chancelière et le Premier ministre
a duré 6 heures.
6 heures !
Attendons le résultat.
L'entente a été parfaite.
Les divergences sont importantes,
mais sa volonté de changement est claire.
Surtout après avoir lu tes 27 pages, sur lesquelles elle m'a félicité.
Tu la crois sincère ?
Elle lâche un peu pour prendre le maximum.
Sincère, pas sûr, pragmatique, sûrement.
Elle louvoyait. Et sais-tu ce qu'elle m'a dit ?
"Remplacez Yanis
"et les négociations pour le MoU iront beaucoup mieux."
Je lui ai dit : "D'accord,
"si vous remplacez Wolfgang."
Elle n'en a plus parlé.
Et quoi d'autre, Ă part les non-remplacements ?
Créer un groupe de discussions plus libre que l'Eurogroupe,
qui semble paralysé.
Jolie façon de nous diviser.
Toi et moi y introduirons nos idées.
Il y a bientôt une réunion de l'Eurogroupe à Riga.
Tes consignes ?
Ferme sur nos décisions
et sur tes 27 pages.
À Riga, la réunion est sans enjeu.
Notre correspondant Ă Riga.
À la réception en l'honneur des 19 ministres de l'Eurogroupe,
l'un d'eux était absent :
le ministre des Finances grec,
souvent critiqué pour sa ténacité en négociation
et son amour des médias.
Mais on y était ! Tous les deux !
Ta chambre est plus petite que la mienne.
Ils ont dĂ» m'y mettre pour la vue.
Ils m'ont mis très loin.
Que se passe-t-il ?
On est ensemble, on t'écoute.
J'ai parlé à Angela.
Tenez bon, ne lâchez rien.
Avançons dans notre planning.
Grèce.
Quel dommage d'avoir remplacé votre collaborateur, Yanis.
On doit continuer avec ce que l'on a.
On commence ?
Comme par le passé, votre gouvernement
doit collaborer avec la TroĂŻka
dans les domaines techniques et politiques.
Dossiers politiques aux ministres,
dossiers techniques aux fonctionnaires.
La Troïka doit retrouver sa pleine liberté d'action.
Avant votre élection, la Grèce était en bonne voie,
votre dette était gérable.
Elle ne l'est plus et le déficit augmente.
Votre dette est ingérable, il faut effacer des milliards !
Votre pays ne peut pas se redresser sans allégement de la dette.
Sans la TroĂŻka,
pas de réformes donc plus de liquidités.
Vos banques vont fermer
et vous sortirez de l'Euro.
Sans affecter l'économie des pays de l'Euro.
La sortie d'un seul pays de l'Euro
sera un séisme pour tous les autres.
Il y a une contradiction, Mario...
Ministre, attendez votre tour.
Nous voulons aider la Grèce
mais la Grèce ne veut pas d'aide.
Il est temps de parler des conséquences.
Nous sommes allés dans une mauvaise direction.
Je ne vois pas d'autre solution que le MoU.
Notre gouvernement fera tout
pour rester dans l'Union et dans la zone Euro
durablement.
M. le ministre,
vous devez donner carte blanche Ă la TroĂŻka,
ne plus légiférer sans l'accord de la Troïka
et oublier votre accord intermédiaire.
J'attends cet accord signé avec la liste des réformes
dans 3 jours, pas 5.
Quant au nombre de pages, pas de limite.
C'est tout pour aujourd'hui. La réunion est close.
Il semblerait que le ministre grec soit un amateur.
Est-ce exact ?
Notre discussion a souligné l'urgence de la situation.
Leur rigidité idéologique
ruine les négociations, ça leur coûtera cher.
Ne publiez pas ceci. Je le garde pour mon livre.
Leur ministre est hétérodoxe.
Pour monopoliser les médias, il veut dominer les débats.
Il faut l'exclure.
Il faut un Yanixit.
M. le ministre !
Vous les fuyez ? On vous traite de saboteur et d'amateur.
Je n'ai jamais fui.
Quand il s'agit du destin d'un peuple qui souffre,
on peut prendre du temps.
On vous dit isolé.
J'ai la confiance du Premier ministre et du peuple grec.
Ça me suffit.
Vous avez fui le dîner officiel à cause de leur hostilité ?
J'étais au dîner officiel hier.
Ce soir, je dîne avec mon équipe.
Serez-vous remplacé ?
J'ai la confiance de mon Premier ministre.
Merci beaucoup !
Il n'a pas voulu répondre et dit avoir été au dîner officiel.
On l'a surpris fuyant les ministres
et nos questions, en répondant à côté.
Il est isolé et incapable de se faire respecter.
Merci, Victor.
Mon lynchage public a commencé.
Si mon remplacement est nécessaire...
Nous sommes comme un pull tricoté.
Ils ont pris un fil et tirent dessus.
Ils veulent t'abattre pour m'abattre.
On est deux dans cette guerre.
Tu leur as bien résisté à Riga. La preuve.
Le président de l'Eurogroupe
veut ton remplacement.
On l'emmerde.
C'est ta faute. Fallait pas lui parler en direct.
Je vais lui dire de ne parler qu'Ă toi.
- Tu lui as dit ? - Non, j'ai du nouveau.
Il m'a appelé 2 fois.
Assis.
Le président de l'Eurogroupe m'a appelé. Il ne veut parler qu'avec Yorgos.
On n'acceptera pas tout, mais on ne peut pas toujours dire non.
Il semble qu'Angela
pense que Yanis et Wolfgang sont incompatibles.
Et cela
paralyse les négociations.
Je vais sacrifier Nicholas
pour le remplacer par Yorgos.
Yorgos est excellent.
Il plaît à Bruxelles. Il arrivera à des accords.
De capitulation.
Nicholas est un chercheur,
un intellectuel, un collaborateur,
mais pas l'homme pour des pourparlers complexes.
Efklis validait le choix de Yorgos
sans mĂŞme prononcer son nom,
alors qu'il le méprisait politiquement
et humainement.
Tu cèdes tout à la Troïka !
Non. Je gagne du temps
pour arriver Ă notre but.
Certains veulent faire passer le MoU.
- Ça ne passera pas. - Ça passera !
Catastrophe.
L'Eurogroupe, l'opinion publique, les médias européens,
tous sont contre nous !
Il nous faut un répit
et tu suivras tout ça de près.
En spectateur ?
En homme sur lequel je peux compter.
Assieds-toi.
140 000 personnes ont voté pour toi.
142 000 !
142 000 !
Pourquoi tu rigoles ?
Démissionner, c'est trahir leurs espoirs...
Les trahir serait de rester et de ne...
J'entends rien !
Les trahir serait de rester
sans tenir mes promesses.
Toujours le dernier mot !
On fait quoi ici ? C'est ça, ta surprise ?
On dîne avec des amis. Ça ne te fait pas plaisir ?
Si.
VoilĂ du vin, tant mieux !
Merci.
Qui veut du rouge ?
- Moi. - Moi aussi.
- Alors, qui commence ? - Servez-vous.
Je veux dire, qui veut m'expliquer
le but de cette sympathique
petite réunion qui ressemble à une conspiration ?
150 000 personnes ont voté pour toi...
- 142 000 ! - Bravo !
Tu as obtenu le plus de voix,
et tu veux abandonner avec une belle lettre.
Et du blabla à la télé.
C'est bien une conspiration.
Après toutes tes promesses de changement radical.
Une conspiration bien organisée.
Ils t'accuseront des échecs de l'Europe et de la Grèce.
C'est déjà le cas.
Les gars...
Plus de la moitié
des membres du gouvernement veulent signer le MoU.
Après avoir été élus
pour réduire la dette, en finir avec la rigueur
et le chômage, rétablir les salaires,
nationaliser les banques,
taxer les biens de l'Église...
Vous voulez quelque chose ?
Que voulez-vous ?
Parlez !
Qu'as-tu décidé ?
Il faut d'abord que je parle avec elle.
Elle ne parle pas politique.
- Pardon. - Non, entre.
Assieds-toi.
Viens.
Tu vas signer un nouveau programme d'austérité ?
Sakis et Yorgos croient qu'on aura un bon accord.
C'est une capitulation.
Ils croient qu'on obtiendra un allégement de la dette.
Plus tu fais de concessions,
plus ils t'en demanderont.
On a été élus pour sortir le pays de la pire austérité jamais imposée.
Sais-tu ce que veut dire
"rembourser 3,5 % d'excédent budgétaire pendant 10 ans" ?
Une crise permanente !
Excepté les pays pétroliers,
aucun pays n'affiche un tel excédent budgétaire pendant 10 ans.
Angela veut me voir.
J'ai besoin de toi. J'ai des décisions importantes à prendre.
Je pars à Bruxelles, rejoins-moi dès que tu peux.
Les services secrets pensent que tu t'es allié à Wolfgang
pour nous faire sortir de l'Euro.
Manos aussi.
Et toi, tu le crois ?
Moi, non.
Je t'attends Ă Bruxelles.
Kim ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
C'est donc ça, la grécité ?
L'unique chose que les Allemands ne peuvent pas nous prendre.
Alors ? Qu'est-ce que tu fais Ă Bruxelles ?
Dînons ensemble, j'ai à te parler.
Yanis... Je dois rejoindre Yorgos,
il est avec Wims et Costelo.
Tu vois la Troïka sans me prévenir ?
Yorgos et Sakis m'ont appelé pour les rejoindre d'urgence.
J'ai été piégé par les Grecs !
Le Premier ministre le sait ?
- Le Premier ministre. - Il ne veut pas être dérangé.
Je dois le voir. C'est urgent.
Yorgos ignore tes consignes et rencontre la TroĂŻka.
Il parle avec Wims !
ArrĂŞte avec Yorgos !
Tu m'as dérangé pour ça ?
Excuse-moi.
Yorgos n'a plus d'importance.
Je vais organiser un référendum. Toi seul le sais.
Un Grexit est hors de question.
Ne change rien Ă ton programme, je t'appelle pour la suite.
Je me suis arrangé pour voir Wolfgang en privé,
De la part des écoliers allemands.
J'ai promis de vous les offrir.
Du chocolat contre la dépression !
Vous devriez en prendre aussi car...
ce que j'ai Ă vous dire...
Notre économie s'effondre
Ă cause de vos blocages persistants.
Vous nous prĂŞtez de l'argent pour rembourser la dette,
et nous vous payons des intérêts.
Mario et sa BCE gagnent un milliard par an,
grâce à la dette grecque.
Quelle est la solution ?
Elle ne dépend que de vous.
Mais je vous la résume :
des réformes institutionnelles dans une économie revitalisée
par la restructuration de la dette.
La solution : signez le MoU ou sortez de l'Euro.
Je signe votre MoU
et 6 Ă 12 mois plus tard,
le pays sera dans la même impasse économique.
Votre Premier ministre doit accepter de sortir de l'Euro.
Provisoirement.
Votre chancelière a exclu cela.
Ce qui vous oblige Ă signer le MoU.
Votre Premier ministre songe à un référendum.
Ça n'est pas prévu.
Il y en aura un dans 2 semaines, ou 3 mois.
Pour rester ou non dans l'Euro.
Nous voulons rester dans l'Euro.
Alors votez Oui et signez le MoU.
Si vous votez Non,
ce sera le Grexit.
Wolfgang, faites-moi une faveur.
Vous ĂŞtes un insider en politique depuis 40 ans.
Je le suis depuis seulement 4 mois.
ArrĂŞtez de me dire ce que je dois faire
et donnez-moi plutĂ´t votre avis.
Si vous étiez à ma place...
vous signeriez le MoU ?
En tant que patriote...
non.
C'est mauvais pour votre peuple.
Vous n'allez pas vous en remettre.
Vous pensez que la zone euro
est insoutenable en l'état,
qu'il faut une union politique.
C'est juste.
Mais en attendant,
on doit imposer des règles
pour sauver l'Euro.
Vous servirez d'exemple pour discipliner les autres.
Votre Premier ministre parle souvent à ma chancelière.
Elle n'a rien Ă lui offrir.
C'est un choix simple : MoU ou Grexit.
Je suis pris comme l'espadon à l'hameçon.
Ils me tirent, ils me lâchent,
ils me tirent...
ils me lâchent.
Ce référendum va nous libérer.
Le référendum ne suffit pas.
On doit ĂŞtre prĂŞts pour la suite.
Ils veulent que tu partes.
La droite veut t'attribuer le désastre économique actuel.
J'ai tout fait avec ton accord.
Nous serons deux Ă la barre.
C'est moi et toute la gauche qu'ils veulent anéantir.
Wims pense que tu es éphémère.
Il se trompe.
C'est pour ça que je te veux à mes côtés.
J'ai décidé de faire un référendum.
Je rentre en informer le cabinet et le Parlement.
Vous deux restez ici pour l'Eurogroupe.
Secret total jusqu'Ă mon annonce officielle.
J'ai besoin de vous tous.
Un référendum... Pour le gagner ou pour le perdre ?
Si on le gagne, on sort de l'Euro ?
Le référendum est pour dire Oui ou Non au MoU.
Ils vont fermer nos banques.
Merkel m'a promis que non.
Un référendum, c'est fou !
Que faire après le référendum ?
Pourquoi un référendum ? Pour gagner ou perdre ?
L'annonce du référendum rend nos discussions caduques.
Nous continuons sans vous.
Le référendum est une affaire intérieure
qui n'affecte pas nos discussions.
On veut l'avis de notre peuple
sur nos débats.
Comment de simples gens peuvent décider
d'une question si complexe ?
Le peuple connaît-il vraiment ses intérêts ?
Nous croyons que notre peuple
peut penser et décider.
Nous demandons Ă la BCE, Ă Mario,
de prolonger nos crédits jusqu'au lendemain du référendum.
C'est le rĂ´le de la BCE.
Pas question !
La BCE n'a rien Ă voir avec la politique.
Mario, répondez.
Nous pouvons arrêter l'envoi des liquidités à tout moment.
Donc provoquer la fermeture de nos banques
et vous immiscer dans notre référendum.
Les prochaines réunions se feront sans vous.
Que disent les statuts ? Peut-on nous exclure ?
Avec ce référendum,
le peuple indiquera au Premier ministre la ligne Ă suivre.
Rompre ces négociations qui n'aboutissent à rien,
ou signer le MoU.
M. le ministre, l'Eurogroupe n'a pas de statuts,
pas d'existence légale.
Les décisions sont prises par le Président.
Vos décisions,
nos décisions,
ne sont pas légales,
elles sont arbitraires !
Nos décisions sont acceptées par tous les gouvernements !
On a besoin d'adultes dans cette salle.
Allo ?
J'arrive.
J'arrive.
J'arrive !
Si les banques ferment, c'est une belle publicité pour le Oui.
On signera le MoU.
Par pitié, rouvrez nos banques !
Pourquoi ne pas le signer ?
On serait enfin tranquilles !
Si elles ouvrent lundi puis ferment, faute d'espèces,
ça sera l'émeute.
Il y aura une grande manifestation, et nous y serons.
Nous, dans la rue ?
Le gouvernement ne descend pas dans la rue.
Ton idée de limiter les retraits à 60 par jour tient toujours ?
Oui.
- On tiendra jusqu'à quand ? - Jusqu'au référendum.
Très bien.
On met en place les 60 par jour.
Dis-moi.
On en est oĂą du plan B ?
On est prĂŞts.
Mais encore ?
Le passage Ă une nouvelle monnaie est douloureux, difficile.
On sera en position de faiblesse, mais on ne sortira pas de l'Euro.
Regardez ce qu'on a trouvé.
On a trouvé 16 milliards !
Il y a 3 ans, la BCE a transféré 16 milliards pour les distributeurs.
Les fonds sont dans différentes banques et la BCE les a oubliés.
Belle découverte, mais inutile.
Pourquoi inutile ?
Ça gardera les banques ouvertes.
C'est du vol. Ça appartient à la BCE.
Du vol ?
Si mon enfant meurt de faim, je peux voler du lait.
La gauche ne vole pas.
Pas après les abus des précédents gouvernements.
On peut nationaliser ces fonds au profit de notre peuple qui souffre.
Si nous voulons sortir de l'Euro, oui, on peut.
On ne va ni sortir de l'Euro, ni devenir des voleurs.
On met en route le plan des 60 par jour.
Après l'annonce du référendum,
la BCE a coupé les liquidités aux banques grecques,
qui ont fermé, créant une asphyxie financière.
Ces cons vont les faire voter Oui !
Ils ont raison car le Oui sauvera le pays
de la misère dans laquelle la gauche l'a plongé.
- Si le Oui gagne, je démissionne. - Le Oui, c'est "acceptez le MoU".
On doit continuer la lutte et ne pas laisser tomber.
Le Oui offre une solution.
Certains l'accepteront.
On ne remettra pas le pays Ă la TroĂŻka.
C'est la promesse du Premier ministre.
Et si le Non gagne ?
On nous sort de l'Euro, et personne ne veut ça.
Si le peuple est avec nous, ils n'oseront pas.
Si c'est le cas,
on crée une nouvelle monnaie et on continue à se battre.
C'était une façon de rappeler nos promesses au Premier ministre.
Je comprenais ses difficultés, ses peurs.
"Pris comme l'espadon." Cette image me hantait.
Le soir du référendum est arrivé,
tous les indicateurs donnaient le Oui gagnant.
Certains d'entre nous le désiraient.
Ce serait un alibi pour rester au pouvoir.
Dans moins d'une heure,
un séisme d'une magnitude imprévisible va frapper l'Europe.
Et on entrera
dans la prison de la dette éternelle.
Soumis à la brutalité de la Troïka.
Sauf si on a un Non.
Un Non massif.
Qu'importe le résultat, j'ai besoin de toi.
Manos pense
que je suis le frein qui empĂŞche tout accord.
Avec le Non, on imposera notre accord.
Ils vont chercher Ă te faire plier par tous les moyens.
Tous.
Une vision politique a besoin de temps.
Partir, c'est la mort du visionnaire
et de la vision.
Il est vrai
que la victoire du Oui serait une fin et une solution.
Si on démissionne, la gauche disparaît.
Si elle reste, elle fera une politique de droite.
Il vaut mieux qu'elle disparaisse
pour renaître un jour.
Maintenant, les résultats...
10,
9,
8,
7,
6,
5,
4,
3,
2,
1...
Le peuple a toujours raison, mĂŞme quand il se trompe.
On les a dépassés !
Je suis comme l'espadon pris à l'hameçon.
Les Allemands vont nous détruire.
Il est mégalomaniaque, il ne s'intéresse qu'à sa carrière !
L'austérité sera vaincue
par la croissance qu'elle va engendrer.
Ne démissionne pas, quoi que ça coûte.
Si on démissionne, c'est la prison pour nous deux.
Notre chancelière n'a rien à offrir à votre Premier ministre.
Si on gagne ? On sort de l'Euro ?
Changer de monnaie est douloureux.
On nous sort de l'Euro, et personne ne veut ça.
MoU ou Grexit.
Allo ?
La chancelière.
Allo ?
C'est un piège.
La chancelière et les chefs d'État attendent,
ils sont furieux de ta victoire au référendum.
Souriez !
Le Premier ministre a signé le MoU.
Le ministre des Finances a démissionné.
Le Parlement grec a voté à 73 % pour le MoU.
Le peuple a été renversé.
La crise continue...
Le peuple...
Le peuple survit héroïquement.
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CONVERSATIONS ENTRE ADULTES
Adaptation : Flora Pommellet-Papadakis
Sous-titrage : HIVENTY
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