All language subtitles for Cruel.Story.of.Youth.1960.720p.BluRay.x264-MELiTE

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Original subtitles

Une production SHOCHIKU

CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE

Producteur : Tomio IKEDA

Image : Takashi KAWAMATA

Musique : Riichiro MANABE

Avec :

Miyuki KUWANO Yusuke KAWAZU

Yoshiko KUGA Fumio WATANABE

Shinji TANAKA Kan NIHONYANAGI

Shinjiro MASUZAKI Toshiko KOBAYASHI

Écrit et réalisé par Nagisa OSHIMA

Vous m'emmenez ?

D'accord.

Mais vous allez où ?

Sugamo.

Ce n'est pas ma direction.

Mako,

celui-là, c'est bon.

Vous faites souvent ça ?

De temps en temps.

Pourquoi ? Il y a le métro.

On est mieux en voiture. Et c'est plus rigolo.

Au revoir.

C'est pas par là.

T'as pas faim ? Je connais un bon coin.

Bon...

Hôtel-Restaurant Sanno

Je préfère rentrer. On va me gronder.

Allez, viens.

- Ramenez-moi à la maison. - Allez, viens.

- Viens. - Laissez-moi.

Qu'est-ce qui se passe ?

Il devait me raccompagner et il m'a amenée ici.

Viens !

- Où ça ? - À la police.

Pas question.

Et si j'avais pas été là ?

- Tiens. - Salaud !

Émeutes en Corée du Sud

Le 19 avril,

une foule menée par des étudiants de Séoul et Ju Kwang

a manifesté

dans les rues principales

et s'est heurtée aux forces de l'ordre

provoquant des émeutes.

Salut !

Pourquoi tu m'as pas attendue ?

Tu étais en retard.

Quoi !

Tu croyais que je fumais ?

- T'as pas encore l'âge ? - De quoi ?

Trop jeune pour fumer, pour s'amuser ?

Tu te trompes. M'amuser, c'est pas mon genre.

Tu voulais seulement te balader ?

Et les hommes, le sexe, ça t'intrigue pas ?

Pas du tout.

Bon, je te crois.

Et ton attirance pour les riches ?

Pourquoi des gamines comme toi vont avec des vieux ?

À priori, ça a l'air innocent.

Mais ce type, s'il avait été plus malin...

À bas l'alliance nippo-américaine !

Ito !

C'est un ami. Il a rejoint l'Union des Étudiants.

On y va ? Maintenant qu'on a de l'argent à dépenser.

Aide-moi,

je ne sais pas nager.

- Tu feras ce que je veux ? - Non.

Tant pis pour toi.

Pourquoi tu ne veux pas ?

Pourquoi t'es venue, alors ?

Les hommes, le sexe, ça t'intrigue pas...

Tu vas voir !

Tu ne me hais pas ?

C'était pas pour t'amuser ?

D'abord, j'étais en colère,

mais pas seulement à cause de toi.

Alors, pourquoi ?

À cause de tout !

Tu m'as demandé pourquoi je suis venue.

D'abord, je ne voulais pas.

Pourquoi ?

J'avais honte à cause d'hier soir.

Alors...

Je voulais t'expliquer.

Et maintenant ?

Salut !

On était fatigués, alors on s'est reposés.

Bon. Par ici le loyer.

Mets-le sur ma note !

- Tu veux qu'on s'en aille ? - Non.

Merci.

On part dans une heure.

Ferme au moins la porte à clé.

Arrête !

C'est toi qui me l'as appris.

Tu vas avoir une cystite.

Je veux te demander quelque chose.

Quoi ?

Comment dire ?

Vas-y !

Tu m'aimes ?

Mais oui.

On se tire ?

Combien ?

T'as la forme, non ?

Tu viens juste de la draguer, non ?

- Tu vas te l'envoyer ? - C'est déjà fait.

T'es un rapide ! Alors, tu vas la jeter ?

Si on faisait affaire ?

Ça pourrait nous rapporter gros.

Quand est-ce qu'on se revoit ?

Téléphone-moi.

C'est le numéro de mon amie.

Elle s'appelle Yoko.

C'est pas la peine de me raccompagner.

Il reste du fric, prends-le.

Garde-le. Pour la prochaine fois.

- Je vais le dépenser. - Si tu veux.

Je te raccompagne.

Yuki !

M. Fujii m'a raccompagnée. Ma sœur aînée.

C'est très gentil de votre part.

Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Tu es toute trempée.

- Je suis tombée à l'eau. - Comment ça ?

J'ai été sur un hors-bord. Je me suis bien amusée.

Yoko, tu es sûre que personne ne m'a téléphoné ?

J'en suis sûre.

Ça fait déjà une semaine.

Qu'est-ce qu'il y a entre vous ? Allez, avoue.

Tu rentres ?

Bon, moi je reste par là.

À demain.

C'est fini entre nous.

Désolé, Kiyoshi m'a dit qu'il serait en retard.

Mais je sais où il est.

Tu es soulagée, non ?

Professeur, un appel pour vous.

Tu me reconnais ?

C'est moi, Makoto.

Pourquoi ne m'as-tu pas appelée ?

J'avais décidé de t'oublier.

Pourquoi ?

Comme ça.

Écoute, je sors avec une nana pas possible.

Une fille comme toi ne devrait pas fréquenter des mecs comme moi.

La nuit où je t'ai rencontrée, je venais de la quitter à l'hôtel.

Mais, voyons-nous une dernière fois.

Vaut mieux pas.

Il faut que je te voie.

Tu m'as dit que tu m'aimais.

Salut, c'est moi. Je le lui ai dit.

D'ailleurs, tu l'as bien amenée chez toi ?

Tu pensais la revoir, non ?

Je t'attends au Chat Noir.

Ce coup de téléphone t'inquiète, non ?

Évidemment.

Tu veux la revoir ?

Bien sûr.

Mais tu n'iras pas ?

Pourquoi ?

- Je m'en vais. - Ne pars pas.

Qui est-ce ?

- Il ne viendra pas. - Si, il viendra.

- On ne peut pas se fier aux hommes. - À moi, si.

Il vaudrait mieux que je rentre.

Tu restes encore ?

Tu ferais mieux de l'attendre chez lui.

Je la raccompagne.

Pas la peine.

En plus, je ne veux pas les déranger.

Tu peux y aller toute seule ?

Oui.

Dites, mademoiselle, où allez-vous ?

- On va danser ? - Non.

Sois pas rabat-joie. On sait qui tu es.

Viens avec nous.

Je ne sais pas danser.

- Mais je veux bien boire. - D'accord.

C'est parti.

À l'amitié !

Ces deux-là n'ont pas été sympa de t'abandonner.

Allez ! Cul sec !

Viens danser !

Qu'est-ce qui se passe ici ?

Tu veux nous la souffler ?

- Excusez-nous. - Attends !

Tu plaisantes ou quoi ?

- T'as trop bu, toi ! - Quoi ?

Arrêtez !

Faut payer pour foutre le bordel ici.

- Sortez, et réglez ça dehors ! - D'accord.

Alors ?

Bon, je serai l'arbitre.

Ordure !

Arrêtez !

Ça suffit.

Toi, l'étudiant, tu sais te battre...

Mais tu devrais larguer cette bande de paumés.

On arrête là.

D'accord ?

- Pas question. - Tu veux rire ?

Dis, l'étudiant, écoute.

Ce sont de petits macs qui se servent des femmes.

C'est bête qu'ils soient tombés sur ton amie.

Les affaires ne doivent pas être brillantes.

Si tu leur donnais du fric, ça pourrait s'arranger.

D'accord ?

Ça va.

Vous ferez pas de surenchères après ?

On promet.

- Combien on prend ? - Dix mille yen.

C'est un étudiant.

Alors, cinq mille.

Je ne les ai pas.

Porte-les demain soir au Chat Noir.

Bon.

C'est réglé. On y va.

Tu pars pas ?

Passez devant !

Pourquoi tu as fait ça ?

Pourquoi tu as recommencé ?

Pourquoi, dis ?

Tu ne m'aimes pas alors, pourquoi ?

- Dis-moi pourquoi. - Arrête !

Moi...

je t'aime.

Je ne veux pas que tu me fasses cela, puisque tu ne m'aimes pas.

Mais...

Comme je sais que je ne peux pas te résister,

je ne veux plus te revoir.

Tu te trompes si tu penses que je suis à ta disposition.

Je ne te reverrai plus jamais.

Je t'aime.

Menteur.

Je t'aime.

Menteur.

Je ne mens pas.

C'est vrai ?

L'autre jour, au bar, tu m'as menti.

Mais aujourd'hui, c'est vrai...

je crois.

Je ne pourrai plus te quitter !

Ça t'embête ?

Tu m'aimes ?

Oui, je t'aime.

Il faut que je rentre.

Chez toi ?

Pour prendre mes livres et filer aux cours.

J'essaierai de venir ce soir, sinon appelle-moi chez Yoko.

N'oublie pas, cette fois !

D'où viens-tu ?

Explique-toi !

Désolée.

Où as-tu passé la nuit ?

Je dirai rien.

C'est la première fois que ça se produit.

Tu devrais te fâcher.

Quand j'avais son âge, maman me grondait pour un simple retard.

Maintenant, papa laisse tout passer.

Je vais être en retard.

Et toi ?

Je reste ici. Elle doit s'expliquer.

Raconte tout à ta sœur. Elle m'en rendra compte ce soir.

Où vas-tu ?

À l'école.

Non, explique-toi d'abord.

Pourquoi ?

C'est cet étudiant ! Ce bon à rien !

J'ai appris qu'il t'avait croisée dans un drôle d'endroit ! Bravo !

Où en es-tu avec lui ? Explique-moi, je veux savoir !

Je n'ai pas envie.

Pourquoi devrais-je te le dire ?

Je vais sécher les cours. J'ai sommeil.

Makoto !

Entrez !

Tu ne rentres pas ?

Je rentrerai... quand j'en aurai envie.

Pas tout de suite.

Pourquoi ?

Parce que.

Je dis ça pour votre bien.

Vous devriez rompre avant qu'il ne soit trop tard.

Tu sais de quoi tu parles.

En effet.

Je croyais que tu n'avais pas le droit de sortir tard

quand tu étais jeune.

Bien sûr. Maman était très sévère.

Et papa lui-même aurait trouvé à redire.

Le monde n'était pas aussi tolérant qu'aujourd'hui.

Et pourtant, les jeunes s'amusaient bien malgré tout.

Tu t'es si bien amusée

que tu vas maintenant dans des hôtels louches avec des vieux.

Tu n'as pas voulu prendre de décisions.

Et toi, tu penses que tu vas réussir ?

C'est parce que tu étais lâche que tu as échoué.

Es-tu sûre que ton grand amour va durer ?

Ça ne marchera pas ! Tu crois que la passion est éternelle ?

- Je le crois. - Tu parles !

Vis ici avec lui. Tu verras si la passion survit.

Tu en auras vite assez. Et alors, il sera trop tard.

C'est vrai ! Tu ferais mieux de rentrer chez toi !

Non. Je vais vivre ici.

C'est décidé ?

Je viens de le décider.

Puisque c'est comme ça, désormais, tu te débrouilles !

Pas de problèmes !

Bon, alors. Au revoir !

Et les cours de demain ?

J'irai.

- D'accord ? - D'accord.

J'irai chercher mes affaires demain. D'accord ?

On t'a pas vu, alors on est venus.

J'allais y aller.

- T'es réglo. Tu me plais. - Allons boire un verre !

Prête-moi cette moto.

Tu as pu payer ?

Un prêt sur gages.

Tu n'aurais pas dû les payer.

- On va gagner du fric. - Comment ?

Tu te fais prendre en stop. Et moi, je te suis.

Au moment où le gars veut te draguer, je déboule,

et on lui fait cracher tout son fric.

- Super ! - T'es d'accord ?

- S'il ne me drague pas ? - C'est ton boulot.

S'il s'excite, je l'assomme.

OK.

Désolée. J'ai dû m'assoupir.

Oui, vous dormiez la bouche ouverte.

Vous exagérez !

Je crois qu'on m'a fait trop boire.

Qui ça ?

Des garçons.

- Je veux descendre ici. - Pourquoi ?

Je me sens vaseuse.

Je peux pas rentrer comme ça. Je dois me reposer un peu.

Où ça ?

Un salon de thé "jazzy".

Ce n'est pas un endroit pour vous.

Je ne connais rien d'autre.

Bon, je vous emmène.

- Je ne veux pas aller là. - Mais tu voulais te reposer !

Attendez !

Laissez cette jeune fille tranquille.

Vous m'accompagnez au poste ?

Je la ramène chez elle. Ça, c'est pour le taxi !

On appelle Mlle Makoto Shinjo.

Fais comme si tu n'avais rien entendu.

- Mako, tu vis avec un étudiant ? - C'est pas vrai.

Les rumeurs sont toujours fausses.

On m'a dit que vous viviez avec un étudiant,

alors j'ai convoqué votre sœur.

Elle m'a assuré que c'était sans fondement. Mais...

vous avez un petit ami ?

- Oui. - Ah bon ?

Asseyez-vous.

Ne vous attachez pas trop à lui.

C'est mieux que cela reste sans lendemain.

Ne prenez pas ça trop au sérieux, comme l'a fait votre sœur.

Yuki, ton aventure nous avait toutes vraiment passionnées.

Ne parle pas de ça !

Tu ne l'as plus jamais revu, Akimoto ?

Jamais !

De notre temps, les jeunes étaient trop timides.

On ne se donnait même pas la main.

J'en prends une.

Les filles, aujourd'hui, vivent tout de suite avec les garçons.

Faites attention !

C'est dur de supporter les "qu'en dira-t-on".

Mais, qui vous a raconté tout cela ?

Ça n'a aucune importance.

Je te remercie pour ta discrétion.

Ça fait deux mois qu'on ne s'est pas vues.

Tu m'étonnes. Tout va bien ?

D'une certaine manière, je t'envie.

Comment vivez-vous ?

J'ai rendez-vous avec Yoko. Au revoir !

C'est débile d'aller à cette manifestation.

Pourquoi tu ne penses pas plus à notre mariage ?

J'y pense aussi.

J'envie Mako.

Ils vivent dans cette chambre crasseuse...

mais ils s'aiment.

Je ne vais pas te laisser vivre dans un taudis.

C'est vrai ?

Tu pourrais t'installer chez moi quelque temps.

Je t'attendais.

Tu n'as pas l'air pressé.

Je suis Yoko. Je l'ai rencontré dans cette chambre.

Je suis Fujii. Quoi de neuf ?

Rien de spécial.

Mako sera un peu en retard.

Je sors acheter quelque chose.

Alors, Don Juan !

Pour un militant de l'Union des Étudiants, tu ne chômes pas !

Fais pas cette tête-là ! Allez, amuse-toi !

Au lieu de me sermonner,

pense plutôt à ton avenir !

Encore, Beethoven !

Et tes droits d'inscription ?

Quoi ?

Tu as payé les mensualités ?

Ouais.

C'est fait.

Bravo !

Comment t'as fait ?

C'est cette nana ? Je vois. Tu t'es bien débrouillé.

Je suis allé aux cours aujourd'hui.

On m'a donné un avertissement pour avoir séché.

C'est plus facile dans les collèges d'État, ils ne sont pas si sévères.

Et si je parlais à ta fiancée de ton ancienne passion ?

Tu vas pas faire ça ?

Ce serait dégueulasse !

On ne sait jamais. Je pourrais être indiscret.

- Bois. - Encore ?

Bon.

Ne le fais pas trop boire.

J'ai bu plus que lui. Je peux boire comme un trou.

Surtout quand c'est du bon whisky !

Mako, ton mec est teigneux.

Pourquoi tu as parlé ?

Je n'ai pas parlé.

Pourquoi tout le monde est au courant ?

Quelqu'un t'a peut-être vue avec lui.

Comment ont-ils su qu'on vivait ensemble ?

Si tu n'aimes pas les médisances, fallait pas te mettre avec moi !

Je ne t'ai jamais demandé de te tirer de chez toi.

Alors, c'est un peu trop tard pour t'en faire !

Ne le laisse pas s'acharner sur elle !

La pauvre, elle est à plaindre.

Elle n'a pas l'air heureuse.

Tu la connais bien... tu crois ?

Mako est contrariée. Foutez-lui la paix !

Tu es cruel !

J'emmène Mako à la maison. Elle peut rester avec moi.

Tu ne peux pas faire ça !

Ils vivent ensemble et ils s'aiment.

Laisse-les se débrouiller.

Tu es saoul ?

Je n'ai jamais autant bu.

Ne t'écroule pas chez moi. Debout !

Je lui dirai.

Quoi ?

Arrête, tu es sans cœur !

Mako, est-ce que Yoko est ton amie ?

Bien sûr, c'est ma copine.

Tu veux savoir quelque chose de pas joli ?

Vous avez l'air de bien vous entendre...

mais ton petit ami a une autre nana.

Elle est plutôt moche, mais enfin, c'est une femme.

Ton mec venait la baiser ici, dans ce lit.

Mako, est-ce que c'est vrai ?

Tu étais au courant ?

Ça aurait changé quoi ?

Tu le savais. Tu le savais !

Menteur !

Arrête !

Tu as eu tes règles ?

Non.

Arrête !

Si on sortait ?

T'as de l'argent ?

On en trouvera.

Encore ?

- Je ne veux pas. - Pourquoi ?

Parce que...

Allez ! Sois sympa.

Et si je refuse ?

OK, je te suis.

Qu'est-ce qui se passe ? Vous êtes bien silencieuse.

Vous étiez toute guillerette tout à l'heure.

Et maintenant, vous pleurez ! Qu'est-ce qui vous arrive ?

Désolée.

Ne vous excusez pas.

J'ai le cafard aujourd'hui.

Il vous est arrivé un malheur ?

Non, pas grand-chose.

Racontez-moi. Vous vous sentirez mieux.

Je ne peux pas le dire.

Je pourrais peut-être vous aider.

Désolée.

Je ne peux vraiment pas.

Vraiment ?

Je ne peux pas rester comme ça

à regarder pleurer une jolie fille comme vous.

Excusez-moi ! Je ne pleure plus.

Arrêtez-vous ici.

- Je descends ici. - Pourquoi ?

Si je rentre, je ne pourrai pas m'endormir.

- Je vais me distraire un peu. - Ici ?

Dans un café ou un salon de thé.

Vous ne devriez pas. Du moins, pas toute seule.

Je trouverai vite de la compagnie.

C'est encore pire.

J'ai envie de mourir ! C'est trop dur.

Je vais aller me saouler !

Dis donc...

- Venez me tenir compagnie. - Vraiment ?

Vous voulez bien écouter mon histoire ?

Tu ferais mieux de rentrer.

Emmenez-moi quelque part.

Non.

Bon alors, laissez-moi ici.

Attends.

Tu m'as demandé de te déposer chez toi.

Je ne peux pas te laisser ici.

Tu es fâchée ?

Non.

Tu bois toujours quand tu es triste ?

Parfois.

C'est pas bien. Moi, je bois seulement quand je suis heureux.

Ça me rend encore plus euphorique.

Et quand vous êtes triste ?

Jamais, ça rend la réalité encore plus noire.

Alors, que faites-vous ?

Je rentre chez moi et je pleure jusqu'à ce que je m'endorme.

Vous pleurez ?

Vous vous endormez en pleurant ?

Enfin... quand j'étais jeune.

Tu vois ! Tu vas déjà mieux.

- Merci beaucoup. - Bonne nuit.

Je vais pleurer jusqu'à ce que je m'endorme !

Très bien.

J'ai échoué.

C'est la première fois.

Pardon. Il n'a pas du tout marché.

Quel genre de type c'était ?

C'était un gentil bonhomme.

C'est vrai que je l'ai attendri mais il est bien plus gentil que toi.

Allez, monte ! On se tire.

Mais je suis arrivée chez moi.

Tu as oublié ?

Je vais dormir ici ce soir.

Ah oui ? Dormir tout seul de temps en temps, c'est aussi bien.

Qui est là ?

C'est Makoto.

Pourquoi tu rentres ?

Pas la peine de te mettre en colère.

Les jeunes, aujourd'hui...

Tu as les idées larges.

Pourquoi ne m'as-tu pas élevée de la même façon ?

- Les temps ont changé. - Tu parles !

Tu n'osais pas t'opposer à maman.

Tu te trompes. La vie était dure après la guerre,

et nous pensions que nous étions redevenus un pays démocratique,

que le sens des responsabilités

allait de pair avec l'indépendance retrouvée.

Mais aujourd'hui, que pouvons-nous répondre à cette enfant ?

Qu'avons-nous à lui offrir ?

Je t'ai juste demandé pourquoi tu étais rentrée.

Dire que tu as oublié ce que tu disais quand tu es partie !

Est-ce que M. Akimoto est là ?

Entrez.

Merci.

Yuki !

Je passais par là.

Je t'en prie.

Assieds-toi.

Tu as un moment ?

À cette heure-ci, ça va.

J'ai du temps devant moi.

Tu reçois les patients ici ?

Oui, on a arrêté les autres activités.

Y avait personne pour les reprendre.

Il n'y a que la clinique qui reste.

Au moins, tu continues à poursuivre ton idéal.

Parfois, je me le demande.

Akimoto, est-ce que tu m'as détestée ? Méprisée ?

C'est du passé.

C'est vrai,

nous avons voulu changer la société.

Mais...

Nous nous sommes fourvoyés.

Nous avons commis des erreurs.

On a essayé,

mais on n'a pas déplacé les montagnes.

Dans notre impatience, nous nous sommes blessés.

Je ne pouvais pas t'en vouloir de me préférer un homme plus âgé.

Pourquoi tu ris ?

Je pensais que je m'étais casée, mais en fait...

Docteur, un malade.

Arrête de dire "un malade".

Un patient.

Pourquoi ces chichis ?

Je pensais que tu étais fâché.

Qu'est-ce que tu racontes ?

T'es pas fâché pour hier soir ?

Mais non.

Pourquoi ?

Je comprends ton inquiétude.

Merci.

On dirait que j'attends "un heureux événement".

Tu as été voir un toubib ?

Il ne faut pas qu'il naisse.

Il faut qu'on s'en débarrasse.

Ça a raté, l'autre nuit. On retente le coup ?

On se sentira mieux.

C'est non.

Il faut bien qu'on paie le toubib !

Non, non, non !

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Tu es un monstre !

Vraiment ?

Vraiment.

Comment peux-tu ?

C'est ton bébé qui est en moi !

Malgré ça...

tu veux que d'autres hommes me regardent avec envie.

C'est odieux.

Ne le prends pas comme ça.

Je pensais que si on se payait un gogo, tu te sentirais mieux.

Je te l'ai pourtant dit hier.

Pour moi, c'est comme si j'étais une espèce de chose.

Tu ne comprends pas ?

Je ne veux plus le faire !

Bon, d'accord ! Calme-toi !

Tu ne comprends pas !

Je m'en vais !

Bon.

Revoyons-nous demain.

On en reparlera.

C'est mieux comme ça.

Tu seras chez toi ?

Bonsoir.

Vous attendiez une voiture ?

Montez, je vous raccompagne chez vous.

Pas aujourd'hui ?

Vous allez me dire de rentrer directement à la maison.

Pas nécessairement.

Alors, comment c'était de pleurer jusqu'à s'endormir ?

Ça a marché. Je me suis sentie mieux au réveil.

C'est parfait.

Ce soir, je veux boire.

Pour me sentir encore mieux.

Bien ! Je vous invite.

Mais je ne connais même pas votre nom.

Je m'appelle Horio.

Je suis encore plus heureuse.

Vous semblez avoir sommeil.

Un peu.

Vous voulez rentrer ? Il est tard.

J'appelle un taxi.

Je passe la nuit ici.

Vous pouvez aussi...

ou vous pouvez partir.

Qu'est-ce que vous préférez ?

Franchement,

j'aimerais que vous restiez.

Je vais téléphoner à mon fiancé.

Allô, c'est vous, madame ? C'est moi.

Ça fait longtemps.

Je peux vous voir demain ?

Je ne vois vraiment pas pourquoi je te reverrais.

Dis...

Pourquoi tu ne peux pas être plus gentil avec moi ?

Sois plus tendre, ou alors on ne se reverra plus.

S'il te plaît, chéri. Sois gentil.

J'ai besoin d'argent.

Pour quoi faire ?

Pour payer un avortement.

C'est non.

Qu'est-ce que tu fais ?

Ce sera pour mes services.

Quel culot !

Me taper du fric pour une autre avec qui t'as couché !

Je devine comment tu t'es comporté.

J'imagine ta réaction

quand elle t'a annoncé la nouvelle !

Tu ne peux pas nous comprendre ni elle ni moi !

Je sais de quoi je parle.

J'ai moi-même avorté à cause de toi.

Je suis sûre que c'était de toi !

Tu n'en as jamais parlé !

Je ne voulais pas que tu m'humilies par ton attitude !

Je ne voulais pas perdre mes illusions.

J'ai pensé qu'il valait mieux que je m'arrange toute seule.

Mais cette fille est sans défense.

Elle n'est pas endurcie comme moi !

Tu ne sauras rien faire d'autre que de la faire souffrir.

- Je la plains ! - Ta gueule !

Quoi ? Que viens-tu faire ici ?

Tiens.

C'est pour les frais.

Et puis...

prends ça.

C'est le plan pour trouver la clinique.

Après 20 heures.

Tu peux même y aller ce soir.

Sois raisonnable ! Je ne suis pas le seul responsable.

Si c'est comme ça, ce n'était pas la peine de te déranger.

En fait, j'ai couché avec un autre homme hier soir.

C'est vrai ?

C'est vrai.

Pourquoi tu as fait ça ?

Réponds !

Je ne sais pas. Peut-être pour oublier ma tristesse.

Tu es si cruel,

je pensais qu'un homme plus âgé serait plus gentil.

Quel genre de type ?

Il s'appelle Horio.

Il m'a dit qu'il s'appelait Horio.

C'est le mec de l'autre soir. Je l'ai rencontré par hasard.

Il était gentil,

et si tendre.

Mais je pensais toujours à toi.

Ça m'a vraiment perturbée.

Mais maintenant, c'est du passé.

Je vais me débarrasser du bébé.

C'est vrai !

Vous êtes M. Horio ? J'ai à vous parler.

À qui ai-je affaire ?

C'est pour hier soir.

Vous devez payer la fille.

Qui es-tu pour elle ?

Vous pensez vous en tirer comme ça ?

C'était donc un racket ?

C'était pas pour vos beaux yeux !

Bon.

Elle pleurait !

C'était du cinéma.

C'était à cause de toi ?

Si on allait boire un verre ?

J'ai faim. Allons plutôt manger.

- Arrêtez ! - Ta gueule !

Dis donc !

C'est toi ?

On brutalise ma nana.

Tu vas me le payer !

T'as essayé de me doubler, hein ?

Tu ne vois donc pas que c'est un merdeux ?

Espèce de brute !

Docteur.

Salut !

Il n'est pas trop tard ?

- Qu'est-ce qui t'amène ? - Tu travailles tard.

Je viens de terminer une petite opération.

Si on buvait ?

En souvenir du bon vieux temps.

À notre jeunesse perdue !

J'aimerais bien la retrouver !

Quoi ?

Je ne suis plus avec mon amant.

Pourquoi ?

Je veux repartir à zéro.

Ma petite sœur est comme j'étais.

Elle ne fait pas la même chose,

mais elle est en guerre contre la société.

Je veux redevenir comme ça.

Tu n'aurais pas une idée ?

Sans rêver au grand amour,

je voudrais au moins un travail intéressant.

Tu es la seule personne qui peut me guider.

Docteur, la malade de tout à l'heure...

Qu'est-ce que tu fais là ?

Mako s'est fait avorter ici.

Et toi, que fais-tu là ?

C'est mon ex-fiancée.

Mes patients me paient mal.

Je suis obligé de faire ce genre de boulot.

Elle se repose.

Reste là !

Quelle ironie ! Nous avons essayé de refaire le monde.

Nous étions tellement convaincus, tous les deux.

Et voilà où nous en sommes !

On n'y peut rien.

Le monde est pourri.

Il a ébranlé notre amour.

Au moins, nous avons pu le préserver pur et intact.

Nous avons fait éclater notre colère envers la société en manifestant.

Mais ce fut cause perdue.

Nous nous sommes blessés, séparés,

et en plus, nous avons dû admettre notre échec.

Ta sœur, au contraire,

se bat pour que ses désirs deviennent réalité.

Mais elle aussi va échouer.

C'est sûr.

Des trucs comme cet avortement, en fin de compte,

le monde le lui fera payer un jour.

Non, jamais !

Cette jeune fille

avait l'air désespéré.

C'est faux !

Nous ne sommes pas comme vous autres !

Si seulement c'était vrai !

Tout est foutu.

Non... ne m'enlève pas mes dernières illusions !

Et en plus, ne détruis pas leurs rêves.

Nous n'avons pas de rêves...

c'est pourquoi nous ne serons jamais comme vous.

Tu es bien sûr de toi !

Évidemment.

Je vais m'en aller.

Ne pars pas.

Ce soir, nous sommes témoins de notre deuxième défaite.

Buvons !

Ce n'est plus la peine de se revoir. Célébrons cette dernière nuit.

Tu es vraiment pénible !

Yuki,

cette femme est comme une épouse pour moi.

Je suis collé à elle pour la vie.

Au revoir.

Prends bien soin de ma sœur.

Ça va ?

Tu es donc venu.

Tu es venu me veiller ?

Il faut bien que je sois gentil parfois.

Je veux pas te perdre pour un vieux.

Idiot !

Comment te sens-tu ?

Je suis un peu dans les vapes.

Ça va aller.

Si on partait en voyage ?

T'as de l'argent ?

Ça me rappelle quand on a fait du hors-bord.

Au début, tu étais méchant.

Tu me persécutais systématiquement...

mais...

après, tu as été très tendre.

Maintenant, tu t'acharnes sur des mecs pour leur casser la gueule.

Je ne le ferai plus.

Pourquoi ?

Tu n'aimes pas ça.

C'est pour ça ?

Je reconnais que ça me plaisait.

Mais je me sentais aussi honteux.

J'avais horreur d'être l'outil de ce marché sordide.

C'est la faute des gogos.

Les femmes sont la cible de tous les désirs.

Ils veulent tous les avoir.

Prends soin de moi.

Ne t'inquiète pas.

Tu n'es pas fâché ?

Pas du tout.

Tu es vraiment un amour !

- M. Fujii ? Mlle Shinjo ? - Qu'y a-t-il ?

Vous êtes recherchés. Pour racket.

Avec M. Horio, j'ai passé du bon temps.

C'est tout. Ça n'a rien à voir avec Fujii.

Pourtant, M. Fujii l'a agressé.

Il a dit qu'il s'agissait d'un racket.

Que répondez-vous ?

On l'a fait très souvent. Il y a tellement d'imbéciles.

Vous ne pensez pas que c'était mal ?

Non.

Ce sont ces mecs qu'il faut accuser,

les séducteurs en bagnoles et pleins de fric.

Eux ne sont pas responsables.

Votre raisonnement est séduisant.

Mais il faut bien incriminer quelqu'un,

et vous avez employé la force inutilement.

C'est vrai.

Vous avez extorqué de l'argent.

Malgré vos théories, une chose est certaine. Vous aimez l'argent.

Ça permet d'acheter les vêtements,

la nourriture et même les avortements.

Comme vos victimes, vous la convoitiez.

Ça fiche en l'air votre discours foireux !

Cogner les gens, c'est tout ce qui vous intéresse.

Arrêtez de nier.

Je pense qu'il est temps que vous passiez aux aveux.

Une visite !

Salut !

Quoi ? Vous ici ?

Imbécile !

Voilà ce qui arrive quand on traîne avec des salopes.

Ton frère, mon mari, est en relations d'affaires avec Horio.

On lui a parlé.

On lui a demandé d'intercéder pour toi.

Alors, fais comme si tu regrettais.

Horio n'insistera pas si tu t'excuses.

Chéri...

j'aurais dû mieux m'occuper de lui.

Je veillerai à ce qu'il reste tranquille à la maison.

Je te le confie.

Tu leur as tout dit !

Ça ne fait rien. Je ne te reproche rien. C'est aussi de notre faute.

- On y va. - Un instant !

Tu es seul ? Vous n'êtes pas toujours ensemble ?

Monte.

Ta copine, qui a avorté à cause de toi, ne sort pas.

Elle va aller en maison de correction. C'est une mineure.

Comme ça, on n'en parle plus.

Pourquoi tu continues à m'emmerder ?

T'es gonflé.

Tu oublies que c'est moi qui t'ai sorti de là.

Enfin, tu as reconnu tes erreurs !

Quel changement dans ton attitude !

Je leur ai menti.

Sinon, ils ne m'auraient pas laissée rentrer.

Je ne pense pas avoir rien fait de mal.

Où vas-tu rentrer ?

Tu le sais bien. Salut !

- Pourquoi... - Viens.

Je reviens.

- Pas aujourd'hui. - Pourquoi ?

Où allez-vous ? Montez, je vous emmène.

Non merci.

Laisse-nous.

Je l'ai déjà vue, non ?

Elle m'a fait libérer. J'avais rien demandé.

- Quel pot de colle ! - On se tire.

Elle est quoi pour toi ?

Rien du tout.

Dire que j'étais prête à tout recommencer.

Elle nous suit.

Semons-la !

C'est formidable !

Merde, je suis fauché !

Toi aussi ?

Eh là ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Qu'y a-t-il ? - Ils sont fauchés.

- C'est combien ? - 360 yen.

J'ai pitié de toi. Je rentre. Appelle-moi !

Qu'est-ce qu'on fait ?

Je me le demande.

Qu'est-ce qu'on fait ?

T'as une idée ?

Et notre racket ?

J'ai dit aux flics que c'était pas un crime.

Mako, séparons-nous !

Qu'est-ce que tu dis ?

Ça vaut mieux.

Pourquoi ? Ne te laisse pas impressionner par l'arrestation.

Souviens-toi, tu m'as demandé de te protéger.

Je ne m'en sens pas capable.

Ce n'est pas vrai.

Tu as dit que les femmes étaient comme ça.

Pas seulement les femmes. Les hommes ne sont pas différents.

Pour nous,

on n'a pas le choix. On doit se vendre pour vivre.

Le monde est fait comme ça.

J'aurai beau me démener tout seul...

Mais on est deux.

Ensemble ou tout seul, c'est pareil.

Nous ne nous faisons que du mal.

Alors,

si tout doit capoter, autant essayer tout seul.

Non.

Même si on se remet ensemble, ça ne sera plus jamais pareil.

Il faut se quitter.

Non !

Tu m'aimes ?

Je t'aime.

Alors...

Non !

Bon.

Attends.

Tu veux vraiment...

Salut !

Je t'ai cherché.

Tu nous as foutus dans la merde.

Comment ça ?

La moto, tu te rappelles ? En fait, c'était une moto volée.

Mes deux copains sont en taule.

Petit fauché de merde, tu vas nous arranger ça, hein !

Je sais que t'as pas un rond. Prête-nous ta gonzesse !

Vous vous êtes bien débrouillés tous les deux. D'accord ?

Pas question !

Fais attention !

Qu'as-tu, ma belle ? Ça va pas ?

Où est-ce que t'habites ? Je te raccompagne.

Tu es bien calme.

Dis "stop".

- Arrêtez ! - Quoi ?

Si on s'arrêtait un peu ?

Non... laissez-moi descendre !

- Laissez-moi descendre ! - Quoi ?

- Pas encore. - Laissez-moi descendre !

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