All language subtitles for La.Fin.d.une.douce.nuit.(PAL).[www.asian-subs.net].fr.v1.01.2008.04.20

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LA FIN D'UNE DOUCE NUIT

Scénario : Kijû YOSHIDA, Yôichi MAEDA

Image : Tôichirô NARUSHIMA Décors : Masataka YOSHINO

Musique : Hikaru HAYASHI

Son : Hiroshi NAKAMURA Lumière : Akio TAMURA

Montage : Yoshi SUGIHARA

Avec :

Michiko SAGA Masahiko TSUGAWA

Hiroko SUGITA Teruyo YAMAGAMI

Reiko HITOMI Osamu TAKIZAWA

Takamaru SASAKI Sumiko HIDAKA

Jun HAMAMURA Kei SATÔ

Un film de Kijû YOSHIDA

Quel bleu...

C'est vraiment très bleu.

Je me demande si le ciel d'hiver était si bleu que ça avant...

On dirait un faux.

J'ai froid.

Tu n'as pas froid, toi ?

Serre-moi plus fort !

Nous deux, c'est fini maintenant.

Tout est fini.

Tu comptes rentrer à pied ? On en a au moins jusqu'à ce soir...

C'est vraiment embêtant. Y a l'autre qui m'attend.

Moi, ça me va. Je pourrai rester un peu plus longtemps avec toi.

C'est pas le moment de plaisanter !

Je vous dis de reculer !

C'est dangereux ! N'approchez pas !

Ça m'a tout excitée de voir ces flammes !

Je suis sûre que je vais en rêver cette nuit !

On ne peut toujours pas passer ?

Ça fait déjà une heure...

Fallait que ça arrive justement à cet endroit.

Eh ben ! On n'y est pas encore...

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Cette fille... Elle est vraiment très belle.

Tu les repères vite, dis donc.

Alors ? Tu vas pas la draguer ?

Tu es plutôt doué, non ?

Eh ! S'il te plaît.

- Un jus de fruit. - Oui.

C'est pas un peu convenu comme approche ?

- T'es la fille de la maison ? - Oui.

Ça doit pas être très amusant, ici.

Un de ces jours, ça te dirait d'aller en ville ?

Vous êtes ensemble, tous les deux, non ?

On ne peut pas dire, non...

- Il déprime parce que je me marie. - Exactement !

- Je me suis fait plaquer ! - Les restes, ça m'intéresse pas !

Les restes ?

Les restes, exactement.

- Tu pourrais me ramener chez moi ! - Plus le temps !

Tezuka !

Qu'est-ce que tu fais ?

Rien... Rien du tout.

Ne fais pas cette tête d'enterrement !

T'as de l'argent ?

Vendeur dans un grand magasin, ça paie pas.

Quel rabat-joie ! Allez, viens, je t'invite.

- Tu viens souvent ici ? - Ça fait 2 ou 3 fois.

- L'ingénieur en chef m'a emmené. - Vive l'université...

Rien à voir. Dans le pétrole, tout est automatisé.

Je me contente de surveiller les machines...

SAWA

- Qu'est-ce que vous prenez ? - Une bière.

Misa n'est pas là ?

Elle a arrêté. J'appelle quelqu'un d'autre ?

Non, je ne connaissais qu'elle.

Vous ne connaissez pas une fille qui voudrait travailler ici ?

Une belle fille qui voudrait travailler ici ? Non...

Pas forcément belle. Si elle a du caractère...

Moi, je connais quelqu'un...

Bonsoir !

- Il faut que je rentre... - Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est mon patron, là-bas.

C'est sa fille qui tient ce bar.

Elle vient parfois là où je travaille.

Qu'est-ce que ça peut faire ?

- Ils ne savent pas qui tu es... - Ça, c'est sûr...

Mais ça me rend nerveux.

C'est bien parce que c'est lui que j'ai du mal à le croire !

Elles ont l'air un peu petites. Vous devriez essayer celles-ci...

Tiens, tu emballes tout ça et tu l'apportes à la voiture.

- Pardon... - Quoi ? - Je connais une fille

qui serait heureuse de pouvoir travailler chez vous.

- Vous faites aussi l'entremetteur ? - Ce n'est pas ça...

Elle est assez spéciale, et elle manque d'argent...

- C'est bon. Amenez-la au Sawa. - Merci.

Alors, qu'est-ce que t'en as fait ?

Tu veux pas le dire ?

Tu crois qu'on gagne combien par jour ?

À bosser la nuit,

y a que les routiers... Ça fait pas des masses...

Celle qui bosse, c'est moi ! C'est pas toi, maman !

C'est pas normal de travailler ?

T'as presque 18 ans...

Bon, alors ? T'en as fait quoi ?

C'est pas la première fois, en plus.

Tu m'étonnes que les comptes tombent pas juste...

C'est pour un homme, c'est ça ?

C'est sûr que c'est pas ton genre...

Dis donc ! Se moquer de sa mère comme ça !

Et alors ? J'ai juste acheté des chaussures.

Des chaussures à 600 yens !

Tu vas où ? J'ai pas fini de parler !

- Tu m'écoutes ? - Tu racontes toujours la même chose !

Lâche-moi !

- Eh ! Tu viens faire un tour ? - Pas le temps !

Pas marrante, ta mère... À cette heure-ci, c'est génial !

Tu viens pas de te faire plaquer ?

C'est rien, cette fille. Allez, monte !

On va se faire une petite virée dans le coin !

Tu comptes aller encore loin ? Je veux rentrer !

Arrête-toi ! Tu m'as raconté n'importe quoi !

Laisse-moi descendre !

T'as qu'à sauter si tu veux.

Mais je suis pas sûr que tu t'en sortes !

Pourquoi tu m'amènes ici ?

Laisse-moi rentrer chez moi !

Alors ? Ça fait pas du bien ?

Quand je suis énervé, je viens toujours sur ce vélodrome.

Alors ? Ça te dit pas de travailler là-bas ?

C'est un bar de première classe !

Ce serait beaucoup mieux que cette cantine minable !

Je suis sûr qu'une fille comme toi aurait du succès.

Personne ne dira le contraire.

Alors ? Réponds !

Bien !

Je m'arrêterai pas tant que t'auras pas dit oui !

Descends.

C'est mon appartement.

Je peux pas t'amener là-bas avec la tête que t'as.

Allez !

Tu as un lavabo ici. Lave-toi la figure.

Ça te surprend que ce soit si sale ?

De toute façon, je vais partir d'ici très vite.

Et toi aussi. Dès que je gagne 20 000 par mois,

je déménage de l'autre côté de la rivière.

Allez ! Lave-toi la figure.

Entre.

Je te dis d'entrer !

- Lave-toi ! - C'est bon !

Je peux me débrouiller toute seule !

Après tu mettras ce rouge à lèvres.

Pas donné, ce rouge à lèvres. Je l'ai acheté exprès pour toi.

Je vais te croire !

Arrête de dire ça.

J'essaie de te rendre la vie un peu meilleure.

Dans la vie il faut de l'argent. Sinon tout le monde se moque de toi.

Qu'est-ce que tu espères faire de moi ?

Si tu crois que je vais me laisser avoir !

Tu comprends rien, toi.

Tu me crois à ce point en manque ?

Ne me fais pas rire.

Les pauvres comme toi se mouillent jamais.

Je vais me faire de l'argent en te plaçant dans ce bar.

M. Oka, vous buvez trop depuis quelque temps.

- La soirée commence à peine. - Ça va... Mettez-m'en un autre.

Je dis ça parce que vous n'êtes plus tout jeune...

Désolé... Dites donc Sawako, "Sawachan"...

Je vous ai prise dans les bras quand vous étiez grande comme ça.

Vous vous amusiez souvent avec mon petit Eiichi.

Je me souviens. C'est vraiment triste pour Eiichi.

Disparaître si brusquement.

Mais non, les morts sont bien plus heureux.

À mon âge, être obligé de se démener pour son entreprise !

Le travail ne marche pas bien ?

Oh, non...

- Vous auriez pu passer par-derrière. - Pardon.

Venez par là.

C'est elle...

Elle n'a pas l'air très décidée, mais...

- Belle fille. Ton nom ? - Harumi Nishimoto.

Harumi ?"Harumichan" ?

Quel joli nom ! Viens boire un verre.

M. Oka ! Je vous avais dit de vous calmer...

M. Oka ! C'est gênant.

Allez, réveillez-vous, M. Oka ! Si les autres clients vous voient...

Je vais lui faire prendre l'air.

Vous voulez bien le raccompagner ? C'est aux Fonderies Oka.

C'est le directeur.

Bien. M. Oka !

Allons-y !

Mettez-le simplement dans un taxi.

Quant à elle, elle commence dès ce soir.

Mais t'es qui, toi ?

- Tu m'amènes où comme ça ? - Je vous ramène chez vous.

Essayez de marcher !

Parce que tu sais qui je suis ?

Le directeur des Fonderies Oka ?

C'est ça ! Mais là, je suis fatigué...

J'ai trop bu...

- S'il vous plaît ! - Ah ! Entrez !

- Ça va ? - Le mieux est de le laisser dormir.

Allez chercher le futon.

Je suis vraiment désolée de vous causer tant d'ennuis.

- Ce n'est rien. - Prenez un thé avant de partir.

- C'est bon. Je vous remercie. - Mais non, je vous en prie.

Son penchant pour l'alcool pose quelques problèmes...

Il est âgé, maintenant... Je suis très inquiète quand il sort.

- Je vous comprends. - Vous travaillez avec lui ?

Moi ?

- J'étais juste dans le même bar. - Vraiment ?

Je vous en suis d'autant plus reconnaissante.

M. Oka disait tout à l'heure

que son travail lui cause des soucis.

Depuis la disparition de mon mari,

il gère l'entreprise tout seul malgré son âge.

M. Mishima, je suis sûr que vous prenez quelque chose.

Comment ça, quelque chose ?

Votre swing est toujours le même et vous êtes de plus en plus en forme.

Je suis de la vieille école :

alcool de vipère et douche écossaise !

Hondô me glissait qu'il n'y a rien de tel

que de prendre souvent le train ou le bus,

et de s'asseoir à côté d'une jeune fille.

Dans son cas, c'est un peu spécial.

Il n'y a donc vraiment rien à faire ?

On dirait bien...

De toute évidence, il réfléchit beaucoup trop pour ça !

- De quoi riez-vous comme ça ? - C'est une discussion sérieuse.

- Encore le travail ? - Des histoires de femmes !

Tu es bien effronté devant ta fille.

C'est bien comme ça que je t'ai élevée !

Je vais faire les présentations.

Harumi vient d'arriver aujourd'hui.

Une très belle jeune fille... Viens là !

- Où l'as-tu trouvée ? - C'est un de mes employés...

Je ne suis pas comme Hondô, mais c'est en effet très agréable

- d'être à côté d'une jeune fille. - Et moi alors ?

Impossible de s'attacher à vous : vous faites trop peur...

- Bonsoir ! - Qu'est-ce que tu fais là ?

À partir d'aujourd'hui je loge ici.

- Tu loges ici ? - Je ne connais pas d'autre endroit.

J'ai dit à la patronne que tu étais mon cousin.

Je te signale que tu vas être seule avec un homme.

- Comme si t'étais pas content... - Abrutie !

Je te préviens : y a qu'un seul futon.

Pas de problème... Tiens, demain j'accompagne la patronne

au golf de son père.

Ça y est, tu te prends pour une bourgeoise...

Du golf, tu parles...

Madame aimerait que tu passes au Sawa demain.

- Pour quoi faire ? - Elle voudrait te remercier.

C'est quoi ces sous-vêtements miteux ?

- Je t'en ramènerai du boulot. - Je t'en prends une...

Ça va pas ? C'est pas pour ça que je suis venue !

Attends... Je t'ai rendu service, non ?

Me touche pas ! T'as eu ton argent, non ?

Quand on habite seule chez un homme, faut bien s'y attendre.

Je vais crier !

Et votre implantation sur la 4e zone de remblai ?

C'est comme le golf : ça ne marche pas aussi bien que prévu.

On dit que les compagnies sidérurgiques tiennent la ville...

Effectivement. Mais pour vous, de toute façon,

l'important est que la population augmente.

Détrompez-vous :

pour nous aussi, il est très important

que ces contrats d'exclusivité vous reviennent.

- Tout cela est difficile... - Cela devrait bien se passer...

En affaires, contrairement au golf,

j'ai pour principe de ne pas perdre.

Je vous fais entièrement confiance.

Faire confiance aux gens est un peu dangereux.

Moi, c'est plutôt les capitaux qui me guident.

Très bien, je corrige :

j'ai entièrement confiance en vos capitaux !

C'est votre fille là-bas, dites-moi.

Mais qui donc est l'autre personne ?

Votre cure de jouvence.

Ma cure de jouvence ?

Père, tu devrais te ménager :

tu es un vieux tacot maintenant.

Ne sois pas si méchante !

M. Hondô, laissez-moi vous présenter Harumi, elle travaille chez moi.

- Elle est très mignonne. - J'étais sûre que vous diriez cela.

Avec un vieux comme moi, c'est un peu ennuyeux,

mais... ça ne vous dirait pas de faire une partie ?

Si ! Vous voulez bien m'apprendre ?

On dit que c'est bon pour le maintien.

Je me permets de vous abandonner...

C'est gelé !

Quelqu'un peu m'amener une serviette ?

- Elle est impossible... - Ce n'est rien !

J'ai l'impression de faire de la garde d'enfant.

N'est-ce pas de l'innocence ? Dire ainsi tout ce qu'on veut...

Bien, je dois vous laisser :

- j'attends un client de Nagoya. - Je rentre avec toi.

- Vous restez encore un peu ? - Je rentre moi aussi.

Mais non, je vous en prie. Mon père serait très heureux

que vous profitiez un peu de son chalet.

Bien entendu.

J'ai froid ! Je vais m'enrhumer ! Elle est bizarre cette salle de bains !

L'eau n'était pas assez chaude ?

C'est pas ça ! J'avais jamais utilisé de douche !

Quand j'ai ouvert le robinet, j'ai bondi : c'était brûlant !

Et quand j'ai ouvert l'autre, c'était de l'eau froide !

Les autres sont rentrés mais...

tu veux bien rester un peu ici ?

Ils sont rentrés ?

Le parfum des cheveux d'une jeune femme...

J'ai l'impression de rajeunir.

Quelle fille étrange... D'habitude,

elles disent clairement si ça leur plaît ou non...

- C'est Sawako qui t'a dit de rester ? - Non.

Je ne te dégoûte donc pas ?

Je ne sais pas.

Tu ne sais pas, hein...

- Non ! - Qu'est-ce qu'il y a ?

Je ne te demande pas grand-chose. Je suis âgé, tu sais...

Laisse-moi juste te tenir dans mes bras...

Alors finalement, c'est non ?

Vous pouvez entrer.

- Votre journée est déjà finie ? - Oui.

Vous... m'avez demandé de venir.

En effet. Je voulais vous remercier pour cette fille.

Passez-moi mon sac à main là-bas...

Je voulais vous demander...

Quelles sont vos relations ?

Nos relations ? Que voulez-vous dire ?

Elle dit que vous êtes cousins, mais je ne la crois pas. Amants ?

Absolument pas...

Quand on est aussi sûr de son charme,

on doit collectionner les aventures...

- Vous vous trompez. - Vous savez bien que non.

Je n'ai rien contre la prétention.

Mais ne comptez pas vous enrichir comme ça ici.

C'est la dernière fois. Allez, prenez.

Votre salaire est déjà bien suffisant, non ?

Qu'est-ce que vous regardez ? Vous pouvez rentrer chez vous.

Mme Oka ?

Ah ! C'est vous ? Je vous remercie encore pour hier soir.

- Vous cherchez un taxi ? - Oui, mais il n'y en a pas un seul.

À cette heure-ci, c'est un peu difficile.

C'est embêtant...

Voulez-vous boire un verre près d'ici ?

Ça ira plus vite d'appeler une compagnie de taxis. Je m'en occupe.

- Ici ? - Vous avez déjà mangé ?

- Non... - Bien, le temps que le taxi arrive.

Bonsoir. Par ici.

Qu'est-ce que vous prenez ?

Qu'est-ce que vous nous conseillez ?

Que diriez-vous de beignets de poulet ?

- Je vais prendre ça. - Moi aussi.

Nous prendrons aussi de la bière.

Après le repas, vous appellerez une voiture, s'il vous plaît.

- Je suis vraiment désolée. - Mais non, je vous en prie.

- Comment va M. Oka ? - Bien, je vous remercie.

Mon beau-père boit beaucoup. Ce n'est pas facile.

Le travail a l'air bien trop lourd pour lui...

Avec la nouvelle raffinerie, les fonderies doivent avoir

d'autant plus de travail.

Effectivement.

Excusez-moi, mais puis-je vous demander ce que vous faites ?

Vous et mon beau-père...

Non.

En fait, on ne peut pas parler d'entreprise...

Mes parents sont morts pendant la guerre,

et récemment il a fallu que...

Bref, j'essaie de démarrer dans l'immobilier.

- Vous êtes brillant pour votre âge. - Bien au contraire.

Comme je suis jeune, je bombe le torse

pour qu'on ne se moque pas de moi.

- Tu dors déjà ? - Arrête ! Tu pues l'alcool.

Eh ben ! T'as l'air de bonne humeur !

Allez ! Debout !

J'ai invité à dîner la veuve d'un chef d'entreprise, moi !

Imbécile ! T'as pas d'argent.

Tu veux rire ? J'ai plein d'argent !

Enfin... J'avais plein d'argent. Y a plus rien.

C'est pas comme ça que tu vas économiser.

La ferme ! Je te parle pas de 10 ou 20 000 yens !

Hein ! Moi ce que je vise, c'est un truc plus...

Grand comme ça !

Un truc comme t'en as jamais vu...

Moi, aujourd'hui, au golf,

quelqu'un a essayé de m'embrasser.

- Et alors ? - Je l'ai repoussé bien sûr.

Et alors lui, il m'a dit : "À mon âge, je peux plus rien faire.

"Laisse-moi juste te tenir dans mes bras."

Le pauvre ! Il avait l'air bien pourtant !

Comment il s'appelle, ce type ?

Il a dit qu'il s'appelait Hondô.

Hondô ?

Attends ! C'est un homme très important !

C'est le patron de la nouvelle raffinerie !

Il est si important que ça ?

Mais c'est la superstar de la ville !

Espèce d'abrutie ! Mets-toi avec lui !

Tu pourrais avoir tout ce que tu veux avec ce type !

- Alors, laisse-le t'embrasser ! - Je ne peux pas, il me dégoûte.

Mais c'est pas grave, ça !

Je te dis "Kyôsaku Hondô", et toi, ça ne te fait rien !

Putain !

Si tu m'écoutais,

tu irais directement chez lui !

Les femmes, y a vraiment rien à faire :

vous avez pas d'ambition !

Tu pourrais être tranquille pour le restant de tes jours !

Alors que je me donne un mal fou pour toi !

Abrutie !

Oh ! Tu m'écoutes, oui ou non ?

J'ai pas envie d'écouter tes histoires d'ivrogne !

Ne me touche pas ou je crie !

Je te préviens qu'avec ces cloisons, on entend tout de dehors !

Il faut vraiment que je trouve une maison digne de ce nom.

Vous, ici... ?

- C'est juste un petit boulot. - Dans un grand magasin ?

- C'est un pis-aller. - Un pis-aller ?

- C'est un peu bizarre... - Pas du tout.

Madame ! Je vous demande pardon.

Je l'avoue, j'ai menti pour l'agence immobilière.

Je ne suis que vendeur dans un grand magasin.

C'est donc ça ? Mais qu'est-ce que ça peut faire ?

Vendeur dans un grand magasin est un métier très honorable.

Je n'ai pas osé vous le dire. Je pensais

- que vous me mépriseriez. - Pas du tout.

Il ne fallait pas vous inquiéter.

- Je suis désolé. - Mais alors, l'autre jour,

le dîner était pour vous une dépense importante.

- Ce n'était pas grand-chose. - Mais si !

- Le mieux est que je vous rembourse. - À la place,

nous pourrions sortir ensemble un jour.

Vous avez une drôle de façon de parler.

Ce n'est pas ce que vous croyez.

Alors c'est d'accord, en guise de remboursement.

- Demain, le magasin est fermé. - Si tôt que ça ?

S'il vous plaît.

Bien. Cette ville est un peu trop bruyante.

Et si nous allions à Nagoya ? Ce sera plus agréable.

Qui c'est ?

Ah ! C'est vous, Madame ?

Ce n'est pas très propre ici.

- Vous vivez donc bien ensemble. - Non.

- On partage juste la même chambre. - C'est la même chose.

Je suis venue te parler de quelque chose.

Vous auriez dû me le dire quand je suis passée au Sawa.

C'est trop délicat pour en parler là-bas.

- De quoi s'agit-il ? - M. Hondô, l'autre jour au golf...

- On dirait que tu lui as plu. - C'est ce qu'il m'a dit.

M. Hondô vit seul depuis la mort de sa femme.

Il aimerait s'occuper de toi, comme sa fille...

- Sa maîtresse ? - Non...

Une sorte d'accessoire plutôt. Il est très seul...

- Je refuse ! - Pourquoi ?

J'ignore ce que tu penses de lui, mais c'est un homme remarquable.

Il a un appartement magnifique... Tu aurais tout ce que tu veux.

C'est hors de question.

Tout ça à cause de ton petit vendeur.

Tu ferais mieux de le quitter. Il n'a aucun intérêt.

Je le dédommagerai.

Cet homme n'est rien pour moi.

En fait, ce n'est pas mon cousin.

Il m'a amenée chez vous sans me demander mon avis.

J'ai pas les moyens de louer une chambre.

C'est pour ça que je suis là.

Ton histoire n'est pas très crédible.

C'est la vérité : dès qu'il tente de m'approcher, je crie !

Tu es vraiment une petite fille !

Tu crois aller loin avec ton vendeur ?

Dès qu'il aura obtenu ce qu'il veut,

il te flanquera à la porte.

Les Fonderies Oka datent d'avant la guerre...

- Comment marchent leurs affaires ? - La situation a l'air difficile.

Ma boîte devrait leur venir en aide très bientôt :

elles vont avoir l'exclusivité pour les cuves du complexe pétrolier.

- C'est un gros contrat. - Je vois.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce que tu as à voir avec tout ça ?

- Tu as acheté des actions ? - Non.

Je connais bien la veuve de l'ancien directeur.

Toi ?

Tu as des vues sur cette femme ?

Eh ! Arrête de te faire des idées.

C'est autre chose que les liftières du grand magasin.

Je ne suis pas comme toi. Ma vie n'est pas toute tracée.

Mon avenir n'est pas assuré comme le tien.

Je dois obtenir tout ça par mes propres moyens.

C'est si drôle que ça ?

Ris tant que tu veux...

C'est ton jour de repos, non ?

- Je sors. - Où ça ?

- Tu pourrais m'emmener au cinéma. - Impossible.

Je vais à Nagoya avec la veuve du directeur...

- La veuve du directeur ? - Exactement.

Enfin ! J'ai ramé pour y arriver.

- Prends exemple sur moi ! - T'es prêt à tout pour réussir ?

Oui ! Je veux de l'argent.

Tout le monde pense comme moi.

Pas moi : Hondô veut s'occuper de moi, mais j'ai dit non !

- Kyôsaku Hondô t'a dit ça ! - Eh oui. Mais je ne suis pas

- aussi cupide que toi ! - Abrutie !

- Pourquoi t'as fait ça ? - Je fais ce que je veux.

Tu fais ce que tu veux ? Avec ces belles paroles,

tu resteras toujours serveuse dans ta cantine minable.

- Viens ici ! - Qu'est-ce que tu fais ?

Je vais t'apprendre à réfléchir un peu !

À l'époque où il y avait des courses de vélo,

je venais souvent jouer ici.

Après j'étais fauché, mais en attendant,

je les faisais pédaler : "Plus vite ! Plus vite !"

Dans les gradins, je les engueulais :

"Bande d'abrutis !"

Je criais comme un dingue !

- Tu comprends ce que je veux dire ? - Pas du tout !

Descends ! Descends, je te dis !

Qu'est-ce que tu fais ?

Je ferai des tours jusqu'à ce que tu comprennes ! Pigé ?

- Ça y est, t'as compris ? - Non !

Abrutie !

- Ça y est ? - Non !

Abrutie !

Ça y est ?

Pardon de vous imposer la compagnie d'une vieille dame.

Mais non...

Que faites-vous dans la vie ?

Il dirige sa propre agence immobilière.

Ah oui ? Je n'aurais pas cru.

Enfin, c'est ce qu'il disait. Vous permettez que je lui raconte ?

- Quoi donc ? - Voyons !

Très bien, je ne dirai rien.

- Quoi donc ? Dis-moi ! - C'est trop drôle.

La façon dont nous nous sommes retrouvés ici !

Arrête de rire : je ne comprends rien du tout.

Alors : tu n'as pas envie de te remarier ?

Ce n'est pas que je n'y pense pas, mais...

Avec les enfants, je ne peux m'y résoudre.

Ce n'est pas une raison pour te sacrifier.

- Surtout à ton âge. - Ce n'est pas si important.

En fait, j'ai une petite idée...

- C'est quoi ton genre d'homme ? - Mon genre d'homme ?

Je n'ai pas particulièrement d'idéal.

À l'école, tu les aimais plutôt mignons...

- Tu as bien changé... - Je n'ai plus le même âge.

J'ai déjà parlé de toi à quelqu'un. Alors ?

- Je ne t'ai jamais dit de faire ça. - Tu peux au moins le rencontrer.

Surtout ne parlez pas de tout ça au beau-père de Masae.

- C'est bon ! - Je dois y aller.

- Moi aussi. - Vous ne voulez pas bavarder ?

Je suis désolée : ce soir, je vois des amies de lycée.

Je vous remettrai votre cadeau la prochaine fois.

Madame ! J'ai quelque chose à vous dire.

- À me dire ? - Si je ne vous parle pas,

- je ne serai pas tranquille. - Bien, je vous laisse.

Mais non !

Lâchez-moi !

Je vous lâcherai quand vous vous tiendrez tranquille.

Vous n'avez aucune idée de ce que c'est pour moi

de pouvoir venir à Nagoya avec vous !

J'étais tellement excité que je n'ai pas pu dormir.

- Des amies de lycée ! - Lâchez-moi.

J'ai été stupide, vraiment très stupide !

- Mais là, c'est trop ! - Taisez-vous !

Vous ne comprenez vraiment rien !

- Les gens nous regardent ! - Et alors !

Vous vous êtes bien moquée de moi !

Que voulez-vous ? Je ne comprends rien à vos absurdités.

C'est bon ! Je ne vais pas à cette soirée ! Lâchez-moi...

Mais ce que vous racontez, là,

- c'est n'importe quoi ! - Pourquoi ça ?

L'argent ! L'important, c'est l'argent !

Vous vous vantez d'être ingénieurs dans une raffinerie

mais vous aussi vous êtes exploités

par ces espèces de machines monstrueuses.

C'est vraiment triste de ne pas avoir d'argent !

Vous faites de beaux discours,

mais je me laisserai pas avoir, moi !

- Ce vieux dégueulasse ! - Lâche-le !

Ce vieux gâteux va bientôt clamser.

Je me laisserai pas avoir...

Je vais vraiment m'énerver ! Espèce de déchet !

Ça se gâte... Vous pensez que ça va aller ?

Ça finit toujours comme ça. C'est pénible.

Oka ne devrait pas se laisser aller comme ça.

Il est sinistre. Dès qu'il est ivre, il reste là à sourire...

De toute façon, maintenant, il ne peut plus rien faire.

Il ferait mieux d'accepter la fusion.

Vous vouliez me voir ?

- Tenez. - Pourquoi ?

Pour que vous quittiez cette fille.

- Vous parlez de Harumi ? - Exactement.

Ce n'est pas la peine. Cette fille n'est rien pour moi.

Ça vous aiderait bien pourtant.

Allez, prenez. Je n'aimerais pas que vous ayez des problèmes.

Vous vous paierez une fille si vous vous sentez seul.

Dans les parcs, vous en trouverez plein à bas prix.

Attendez ! Vous ne dites jamais merci ?

Ouais ! Les hommes changent !

Pigé ? Les hommes sont plus des hommes !

C'est des veaux ! Grillés au pétrole, les veaux !

Calmez-vous !

Dégage !

- Calmez-vous. - Tous des veaux !

Je vous en prie ! Vous devriez rentrer chez vous.

Allez, M. Oka ! Rentrons.

Ça va ?

Je vous raccompagne chez vous.

T'es qui, toi, hein ?

Toi aussi t'es un porc !

Allons-y.

Ça va aller ?

M. Oka ! Encore un effort !

Toi, t'es un bon garçon !

L'avenir de cette ville repose sur des jeunes comme toi !

Me faire venir à une heure pareille !

Que va penser la femme de chambre ?

Ne vous inquiétez pas pour ça !

Regardez ! Pendant que vous restez chez vous à ne rien faire,

le monde change autour de vous.

Vous ne voyez pas toutes ces nouvelles usines ?

Vous devez vous libérer !

Cela m'effraie. Je ne sais pas si tout cela est très convenable.

Bien sûr que oui !

Ne sommes-nous pas l'innocence incarnée ?

Nous ne nous sommes jamais donné la main.

Voilà...

Vous êtes une personne rare de nos jours.

Vous en faites un peu trop à votre tête...

Même quand je dors, le visage de mon mari...

Arrêtez ! Les morts sont les morts.

Vous devez penser à vous, maintenant !

C'est impossible.

C'est faux !

Arrêtez de vous mystifier !

Eh ! Ça fait longtemps, dis donc !

Tu es devenue très séduisante, ma parole !

Ça pose pas de problèmes pour le boulot ?

T'inquiète, c'est la pause de midi.

Alors ? Comment ça marche avec tonton Hondô ?

Il est très attentionné. Un vrai papa de film étranger.

T'es venue pour te vanter ou quoi ?

Pas du tout ! Tu viens t'amuser après ?

- J'ai du travail, moi ! - Les grands magasins

ont pas besoin de vendeur comme toi !

Tu l'as dit !

Tu veux frimer parce que t'es de bonne humeur ?

N'importe quoi ! Allez, viens !

Ou alors, c'est que je te manque !

Tu disais pas que tu voulais habiter de l'autre côté de la rivière ?

La maison des autres, ça m'intéresse pas !

- Non... - Fais-moi profiter de ton bonheur.

Arrête ! Ça me chatouille quand tu m'embrasses !

Il te dit quoi, Hondô, quand il t'embrasse ?

- C'est quoi cette question ! - Ça va !

- Allez, raconte ! - T'as tellement envie de savoir ?

"Harumi !

"Rien que de te serrer comme ça, je suis heureux.

"Le parfum des cheveux d'une jeune femme...

"Pourquoi est-ce si merveilleux ?"

C'est trop drôle !

Rien que d'imaginer sa tête quand il te dit ça,

j'ai envie d'éclater de rire !

Je l'ai jamais vu que de loin, ce type,

mais il faisait plutôt l'important !

Alors il parle comme ça ?

"Laisse-moi sentir tes cheveux !"

Un vrai chef-d'œuvre !

Tiens, moi aussi, laisse-moi sentir tes cheveux.

Quoi ? Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça ?

Qu'est-ce qui t'arrive d'un coup ?

Il a raison.

C'est merveilleux, le parfum des cheveux...

C'est peut-être lui.

- Tu étais avec quelqu'un ? - Oui.

Un habitué du Sawa. Je l'ai rencontré en faisant des courses.

Comme je m'ennuie toute seule,

- je l'ai obligé à venir ici. - Je m'appelle Tezuka.

Je vous en prie. Ne vous dérangez pas pour moi.

- Je dois y aller. - Mais non !

M. Hondô apprécie beaucoup la compagnie des jeunes gens.

C'est bien vrai. Je vous en prie, asseyez-vous.

Harumi, sers-nous donc un verre de cognac.

Bien.

Vous ne voulez pas vous asseoir ?

Quelle chance d'être si jeune.

Si vous saviez comme je vous envie.

Mais asseyez-vous, je vous en prie.

Où est-ce que vous travaillez ?

- Vous êtes dans le pétrole ? - Oui.

Je travaille aux Fonderies Oka.

Je suis chargé des questions techniques.

"Oka"... de Tokusaburô Oka ?

Il a beaucoup de problèmes avec ses employés actuellement.

- Oui. - Arrêtez de parler de travail !

Tu as raison. Je ne peux pas m'en empêcher.

Au contraire...

C'est une qualité tout à fait remarquable.

Vous essayez de me faire marcher.

Harumi ! Si nous invitions ce jeune homme à notre petite virée demain ?

Avec "Papa" tout est trop sérieux. Ce ne sera pas très amusant.

Je ne suis pourtant pas si guindé !

Vous pourriez porter tout ça, non ?

Ici, ça doit être mieux en été qu'en hiver.

- On doit pouvoir se baigner. - C'est bien mieux à cette période.

En été, les touristes ruinent le paysage.

Je suis bien d'accord avec vous.

Mais en été, les jeunes peuvent s'amuser plus facilement.

Moi, cette période me convient beaucoup mieux.

Je vous imagine bien en été...

N'y aurait-il pas chez vous un peu de jalousie ?

Vous avez deviné ! C'est exactement ça.

Comment s'appelle déjà ce monsieur des Fonderies Oka ?

- Tezuka. - Je vous en prie, prenez un verre.

Les Fonderies Oka ?

Ce monsieur y travaille comme ingénieur.

Lui ?

Vous vous êtes présenté comme ça ?

Vous mentez rudement bien.

Il est vendeur dans le grand magasin de mon père.

Je... Je devrais entrer aux Fonderies Oka très bientôt.

C'est pour cette raison.

C'était donc ça ! C'est sûr,

vous valez bien mieux qu'un emploi de vendeur !

- J'en parlerai au directeur. - Calmez-vous.

Harumi a dit ça sans penser à mal.

Bien sûr. C'était un peu triste de dire qu'il était vendeur.

Mais persister dans le mensonge lui ressemble assez.

Lui qui serait si mignon s'il parlait franchement.

Vous savez bien que les gens n'aiment pas dévoiler leurs secrets.

Quelle chance d'être jeune et en bonne santé !

Lui ? Il cherche juste à paraître moins honteux.

N'est-ce pas mignon ? Se mettre en colère pour ça.

C'est encore un petit garçon.

- Vous sortez, Madame ? - J'ai un peu trop bu.

Je vais prendre l'air quelques instants.

- Vous n'avez pas froid ? - Peu importe.

Vous me faites faire un tour ? J'ai envie de sentir le vent.

Vous êtes en colère ?

Pour quoi ?

Pour tout à l'heure.

Moi, vous savez,

j'ai l'habitude de ce genre de choses.

- Ça vous fait rire ? - C'est votre façon de faire.

Si vous croyez que je ne comprends pas.

Vous voulez de l'argent. Vous voulez devenir comme Hondô.

N'est-ce pas ? C'est écrit sur votre visage.

Hélas ! Vous n'arriverez jamais à rien.

Ah ! Comme c'est agréable !

Plus vite !

Que se passe-t-il ?

Que se passe-t-il ? Vous vous y connaissez en moteurs, vous ?

Un peu.

Un peu, ce n'est pas assez !

Vous croyez que ça va redémarrer ?

Si ça ne marche pas, vous serez obligé de nager.

- Un peu de patience. - De patience ?

Vous êtes sûr que vous vous y connaissez ?

Vous n'avez qu'à le réparer vous-même !

Comment osez-vous...

C'est vous qui l'avez arrêté !

Vous l'avez fait exprès !

Non !

- Vous avez tout prémédité ! - Restez assise !

- Vous n'avez pas l'air bien. - C'est la voiture...

Vous pouvez prendre votre soirée :

- le bar est fermé ce soir... - Ça va ?

- Ce n'est rien. - Mais vous avez l'air fébrile.

Sortez.

Vous êtes bien dure avec ceux qui prennent soin de vous.

Qui vous a dit d'entrer ?

- Sortez d'ici, tous les deux ! - Elle fait une crise d'hystérie.

- Sors d'ici. - T'as qu'à sortir, toi !

- Un homme seul avec une femme... - Sors d'ici.

Allez ! C'est Madame qui te le demande.

Demande-lui si tu ne me crois pas.

Je vous en prie, laissez-moi seule.

Pas question.

Je ne vous laisserai plus me jeter dehors comme avant.

Vous êtes vraiment une brute.

Exactement !

Une brute ! Et quand je vous vois, je n'ai absolument aucun scrupule !

Fini de faire la maligne maintenant !

Ça n'a pas eu l'air de vous déplaire, sur le bateau !

Vous et moi désormais, c'est plus comme avant !

Fini de se moquer de moi !

Vous êtes un lâche. Je ne vous laisserai jamais vous en vanter !

- Allez ! - Mais je vous dis que c'est fermé.

- Madame est malade. - À boire !

Sers-moi ce que tu veux, c'est pas grave !

- Ce n'est pas la question. - Mais... ! Tu vas me servir, oui ?

- Espèce de guenon ! - Ça suffit ! Appelle Jirô !

Appelle qui tu veux, moi, je bouge pas !

- Je bouge pas d'un pouce ! - Jirô !

Jirô !

M. Oka ? M. Oka !

- M. Oka ! - Il ne faut pas le bouger.

On dirait une rupture d'anévrisme.

Appelle un médecin !

Allô ? Je suis bien chez M. Oka ?

Pourrais-je parler à Mme Oka ?

Ah ! Madame ! C'est Tezuka.

Je suis dans un bar appelé le Sawa...

M. Oka buvait un verre, et il est tombé...

Oui, nous veillons sur lui...

Tu sais... J'ai pas réussi à fermer l'œil cette nuit.

J'ai réfléchi à tellement de choses...

Ça ne te ressemble pas...

Je suis une femme, tu sais...

Je crois que je suis amoureuse de toi.

Tu ne veux pas m'épouser ?

S'il te plaît... épouse-moi.

Je suis tellement seule...

Je ne serai pas une gêne pour toi...

Je peux être une bien meilleure épouse qu'on ne croie...

- Tu es sérieuse ? - C'est un peu froid comme réponse.

D'accord, marions-nous.

C'est trop drôle ! À se tordre de rire !

Tu parles sérieusement ?

N'importe quoi ! Ne me fais pas rire !

Comme si une femme pouvait se marier avec quelqu'un comme toi.

Tu crois que je vois pas que tu plaisantes ?

À ta tête, on dirait bien que non.

Tu avais l'air tellement content : tu allais enfin être riche !

Quelle femme pourrait être dupe d'une chose pareille !

Allez ! Je te donnerai quand même ton argent de poche.

La ferme !

Quel gamin ! Tu ferais mieux de te dépêcher d'aller travailler.

Me faire venir dans un endroit pareil...

Et si on nous voyait ? Nous avions convenu

de ne pas nous voir tant que mon beau-père serait alité.

À craindre le regard des autres, notre histoire ne va nulle part.

Nous ne pouvons plus reculer désormais.

Madame ! Prenez une décision !

Si vous ne vous décidez pas,

je vous quitte.

Vous demandez toujours l'impossible !

Que voulez-vous que je fasse...

Ce soir... Venez avec moi à Yûnoyama Onsen.

Je vous en prie ! Vous viendrez, n'est-ce pas ?

Alors, qu'est-ce qui t'amène ?

Je m'ennuyais trop, alors je suis venue.

Tu n'as absolument rien à faire ici.

Tu gaspilles ton temps. Moi, je ne vais jamais

- là où ça ne sert à rien. - T'as l'air plutôt de bonne humeur.

- Ben, écoute... - Tu as revu Madame depuis ?

- Ouais, je l'ai revue. - J'en étais sûre !

Mais vu les sommes dérisoires que j'en tire,

elle ne va pas me retenir très longtemps.

Comme c'est bizarre. Jusqu'ici, tu étais tout timide devant elle.

Elle ne joue plus la fille du directeur avec moi.

Je sais... L'autre fois sur le lac, il s'est passé quelque chose.

Oui, en effet.

Je me suis arrangé pour lui rabattre son caquet !

C'est quoi cette tête !

De toute façon, cette femme n'a plus aucune importance.

Mon rêve va enfin se réaliser.

Je suis P.D.G. ! Au pire, directeur de l'usine.

Encore cette veuve... Tu t'accroches toujours ?

Ouais. Je m'accroche très solidement.

C'est ça, ma méthode.

Les rêves d'un homme, plus ils sont grands, mieux c'est.

Et plus on est pauvre, plus il faut avoir d'appétit.

Pourquoi tu fais la tête ? T'es jalouse ?

Imbécile. Comme si on pouvait être jaloux de toi !

Enfin... Il faut que tu aies plus d'ambition.

Ne reste pas trop longtemps avec Hondô.

Tu peux rafler bien plus en le quittant.

- Trouve-toi un meilleur mari. - Merci !

C'est la dernière fois que je mets les pieds ici !

Si tu cherches un endroit où dormir, n'hésite pas à passer !

Je ne pourrai jamais oublier la première fois

où je suis allée avec toi à Nagoya.

Les gens nous regardaient.

Tout le monde nous regardait !

Plus tu me tires derrière toi,

et moins je me reconnais...

Ils nous regardent vraiment.

Tout le monde nous regarde.

Pourtant, je suis toute seule !

J'ai l'impression qu'il n'y a personne.

Je suis dans tes bras,

mais c'est étrange...

Serre-moi plus fort !

Pourquoi tu ne dis rien ?

Quelle angoisse...

Je parle toute seule.

J'ai l'impression que tu n'es pas ici.

J'ai l'impression que tu es loin.

Ce n'est pas possible.

Je veux marcher le plus loin possible,

le plus longtemps possible.

Quelle angoisse, sinon !

Quelle angoisse...

Ben alors, tu dors encore ! Y a vraiment rien à faire.

Y a que toi pour dormir encore avec un temps pareil !

Regarde ! Le soleil te fait un grand sourire !

Tu en fais du boucan, de si bon matin !

Qu'est-ce qu'il y a ? Le magasin est fermé ?

Le magasin ?

Qu'est-ce que j'en ai à faire ?

Je suis libre !

Pigé ?

Je me marie !

Avec la veuve.

Je vais enfin gravir les échelons des Fonderies Oka !

Cadre supérieur, directeur d'usine,

et enfin P.D.G. !

La dernière fois,

Kyôsaku Hondô était assis comme ça :

"Je vous en prie, asseyez-vous.

"Harumi, il doit y avoir du cognac.

"Sers-nous un verre, veux-tu ?"

Ensuite, il rit calmement :

"Désolé, je ne sais parler que de travail."

Je pourrai dire tout ce que je veux !

Je pourrai faire tout ce que je veux !

Le succès... Quelle chose magnifique !

C'est un plaisir très personnel.

Ouais !

Et un grand plaisir.

D'une grande richesse !

Alors ? On va s'amuser quelque part ?

On va fêter ça.

Moi, il y a quelques jours, je suis allée chez toi.

Tu sais pourquoi ?

Je me disais que je pourrais me marier avec toi.

Avec moi ?

Si je le quittais, Hondô me donnerait pas mal d'argent.

Vous êtes vraiment toutes pareilles !

Toi ! La veuve Oka !

L'autre, elle s'agrippait à mon cou, "Épouse-moi ! Épouse-moi !"

Je peux te dire que je rigolais bien dans mon coin !

J'avais tellement envie de rire que j'en pleurais presque.

C'est vraiment trop facile.

Je ne pensais pas que ce serait aussi facile de parvenir à mes fins.

Cela dit...

si je peux te parler franchement...

me marier avec toi

pour toucher l'argent de Hondô,

je n'en ai vraiment pas la moindre envie.

Mes ambitions sont autrement plus grandes.

Sors d'ici ! Sors d'ici !

- T'es jalouse... - Au contraire ! Je te déteste !

Tu me donnes envie de vomir ! Je te hais ! Va-t'en !

Donnez-moi tout !

C'est les derniers.

C'est vraiment digne de toi, cette façon de faire !

Si tu trouves ça injuste, pourquoi tu ne fais pas pareil ?

Impossible... J'en serais incapable...

L'autre fois, par exemple,

j'ai fait visiter l'usine à la fille du directeur :

j'avais déjà du mal à lui parler des machines !

L'université, ça sert à rien pour ça !

Mais toi, Tezuka, ça crève les yeux

que t'as un complexe d'infériorité envers les riches !

- Un complexe d'infériorité ? - Ouais !

Qu'est-ce que ça peut me faire d'avoir un complexe ou pas ?

Moi...

je veux de l'argent !

Je suis pas comme toi !

Moi, je suis obligé d'en passer par là.

Sinon je resterai toute ma vie vendeur dans un grand magasin !

Tout ce que je peux faire, c'est croire en moi !

Qu'est-ce que c'est bien, l'argent !

C'est vraiment bien :

que tu le dépenses ou pas, d'ailleurs !

Juste l'avoir contre soi...

Quelle sensation extraordinaire...

Le moindre petit mouvement...

T'as l'impression d'être libre !

C'est ça, l'argent...

- Rentrons ! - Non !

Je vais aller lui soutirer un cadeau d'adieu, à l'autre !

Faut pas faire ça !

C'est quelqu'un de ta boîte...

Qu'est-ce que t'es vulgaire !

Rentre chez toi !

Rentre chez toi...

Qu'est-ce que tu viens faire à cette heure-ci ?

Si je décide de te quitter,

et que je te demande de l'argent, qu'est-ce que tu feras ?

Quelle question saugrenue...

Ça n'a absolument rien de saugrenu !

Je savais très bien que ça finirait comme ça.

- Alors ? Tu feras quoi ? - Tu es bien impatient.

Tu ne m'as encore rien expliqué...

Tu dois connaître Masae Oka,

la veuve du directeur des Fonderies Oka.

Vous allez vous marier, n'est-ce pas ?

Les femmes, vous avez vraiment de l'intuition, hein !

Donc il faut que tu me donnes de l'argent...

Je te donnerai l'aumône,

puisque tu ne peux vivre que sur le dos des femmes.

Je m'en moque que toute la ville sache pour nous deux.

Je ne suis pas aussi mesquine.

Tu auras quand même de l'argent.

Mais pas pour que tu te taises.

Je te donnerai l'aumône, comme d'habitude.

Appelle ça comme tu veux, mais donne-m'en plein !

Tu es vraiment un idiot !

Tu comptes devenir riche grâce à ce mariage, n'est-ce pas ?

Toi aussi, dépêche-toi de te marier !

Ce sera moins difficile que de rester à regarder.

C'est sûr... Tu veux que je te raconte une histoire intéressante ?

Ça rapporte ?

Tu sais, l'entreprise des Oka

a été entièrement absorbée par la raffinerie.

M. Hondô l'a rachetée en prenant en charge

les nombreuses dettes de M. Oka.

Cela signifie que sa veuve n'a sûrement pas le moindre yen.

Il ne lui reste qu'à rentrer chez ses parents avec ses enfants.

Mais même aujourd'hui, il y a des jeunes gens remarquables :

se marier par pure compassion avec la veuve d'une famille ruinée !

Ah ! Ne pars pas sans ton aumône !

C'est bien comme ça que tu as toujours fait, non ?

Mais ne remets plus les pieds ici.

Ni au magasin d'ailleurs, puisque tu démissionnes.

Regarde ta situation actuelle : tu n'as aucune ressource.

Ce n'est pas tout : tu as un grabataire à charge,

et aussi tes enfants.

Personne ne penserait à se marier dans ces conditions !

D'ailleurs, moi non plus je n'ai rien.

Je ne suis rien qu'un vendeur de grand magasin.

Je vois très bien ce qui nous attend.

Tu vas sûrement me dire qu'il s'agit d'amour.

Mais encore faut-il en avoir les moyens !

Ceux qui n'ont pas d'argent, je les méprise.

J'ai trop souffert à cause de ça !

Absolument !

Les pauvres, ils n'existent même pas pour moi !

Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Je voulais te voir. - Va-t'en.

Je t'avais dit de ne plus venir ici.

Ne sois pas si dure.

Tiens, j'ai acheté ça pour toi.

Ne fais pas cette tête.

Moi aussi, quand j'ai de l'argent...

Hé ! Si on allait s'amuser quelque part ?

Pourquoi tu ne demandes pas à ta riche veuve ?

Celle-là, je l'ai larguée.

C'est ce que tu souhaitais, non ?

Je dois sortir. Rentre chez toi.

- Un rendez-vous avec Hondô ? - Non, quelqu'un d'autre.

Hondô, il est rentré à Tokyo.

Ah ! Il doit être triste...

Il t'a donné beaucoup d'argent ?

Tu ne sais vraiment parler que de ça. Rentre chez toi !

- Non, je ne rentre pas. - Bien, t'as qu'à rester ici.

Moi, je sors avec un ingénieur de la raffinerie.

- C'est qui ? - Qu'est-ce que ça peut te faire ?

En tout cas, un homme mieux que toi.

Attends ! Je t'en supplie ! N'y va pas !

Hein ? Reste avec moi, rien qu'aujourd'hui !

Hein ? Je sais plus quoi faire, moi.

Je t'en prie ! J'ai tout raté !

J'ai tout raté.

Quoi que je fasse, je le rate toujours.

N'importe quoi, je le rate.

Je peux pas.

Je pensais que je pouvais.

Je pouvais pas ne pas y arriver.

Mais je peux pas.

Je peux pas.

Hein ? Reste ici.

Je t'en supplie, reste ici.

Tu ne te comportes pas comme ça d'habitude...

Je ne suis pas le même que d'habitude

C'est vrai.

Je ne suis pas le même que d'habitude.

Allez, reste ici !

- Rien qu'aujourd'hui, reste ici ! - J'ai compris.

Tu restes... Tu restes vraiment !

Tu dis ça parce que tu veux mon argent, l'argent de Hondô !

Je t'assure que non ! Je suis sincère !

- Tu ne m'auras pas ! - Mais je te dis que !

C'est ça ! Je te connais !

Lâche-moi !

Ça fait du bien !

Quand on est énervé, la vitesse, ça fait vraiment du bien !

Tu sais, j'ai déjà fait de la moto dans un vélodrome désert.

C'était vraiment super !

Quand tu vas à toute vitesse, t'as l'impression d'entendre :

"Allez ! Allez !", des tribunes vides !

Je ne sais plus combien de tours j'ai fait !

Mais les vélodromes, c'est pas passionnant.

On tourne en rond, c'est tout.

C'est bien, la vitesse...

Vraiment !

Une automobile engagée sur la nationale

a fait une sortie de route à proximité du pont de Kasado :

les deux passagers ont été tués sur le coup.

J'étais sûre que c'était toi. Je savais que tu viendrais.

Rentre chez toi ! Je t'avais dit de ne plus revenir, non ?

Tu es ivre, n'est-ce pas...

Tu es venu pour montrer les dents ? Tu ne me fais pas peur.

Ou bien c'est parce que tu es au chômage :

tu n'as plus assez pour te payer à boire !

Non !

Tu n'as pas l'air de bonne humeur !

Ah ! J'y suis ! C'est à cause de la mort de cette jeune fille :

- tu as trop de chagrin ! - Non !

Non ? Alors tu es venu me voir peut-être ?

- Tu veux te réconcilier avec moi ? - Non !

Quoi que je dise, tu réponds non.

Je me demande bien comment je pourrais avoir tort.

T'as tort, c'est tout !

Je ne me suis jamais inquiétée.

J'étais sûre que tu reviendrais.

Évidemment, puisque tu veux de l'argent !

Quoi qu'il t'en coûte.

Tu es perdu sans une femme pour t'entretenir !

Allez, viens au premier...

Je vais te donner ton aumône, comme tu l'espérais !

Jirô ! Tu es mon petit gigolo !

C'est ça, mon petit gigolo !

Je prendrai bien soin de toi. Tu seras mon animal de compagnie !

FIN

Traduction : Mathieu Capel

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