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� une �poque, j'�tais cam� jusqu'aux yeux.
Oui, moi: Bob. Le petit gar�on � sa maman.
Ma bande d�valisait les drugstores.
On les avait tous faits sur toute la c�te nord-ouest,
des pharmacies ouvertes ou ferm�es.
Peu importait. � part la technique.
Mais il faut pas croire que c'�tait facile.
C'est pas �vident d'�tre un drogu�. Et encore plus de diriger une bande.
Dianne �tait ma femme.
Je l'aimais. Et elle, elle aimait la drogue.
On formait le couple id�al.
� chaque fois que je sortais du trou, je me remettais avec elle.
Rick �tait mon bras droit.
Il avait un pass� de criminel.
Son casier retra�ait son escalade du jeune d�linquant au petit braqueur.
Il �tait parfait.
Nadine �tait sa petite. Une vendeuse d�got�e pendant un de nos coups.
Un beau petit lot.
Pas de casier. Juste un sourire qui nous avait tous fait craquer.
J'�tais le chef incontest�.
Je portais la bande sur mes �paules comme si c'�tait mon propre enfant.
Mais je savais, au fond,
qu'on n'avait aucune chance.
La partie �tait perdue d'avance...
sans aucun doute.
Bonjour. J'adore votre chapeau.
M�DICAMENTS, COSM�TIQUES, PR�PARATIONS
- Vous en avez � la chlorophylle ? - Non, d�sol�.
Venez vite ! Une jeune fille a une crise.
D�p�chez-vous ! Elle a des convulsions.
Vite !
Elle pourrait avaler sa langue.
Regardez. Elle devient toute bleue.
Excusez-moi, je suis press�e. J'aimerais payer mon sirop.
Je reviens.
Mais attendez ! Elle commence � baver.
Envoyez une ambulance. Une jeune femme fait une crise d'�pilepsie.
- Alors, �a donne quoi ? - Couci-cou�a.
LAXATIF
Vous �tes s�re que �a va ?
On y va. Allez.
Grouillez-vous.
- Je vous ai pas dit de tra�ner. - T'as dit de marcher.
Oui, mais �a voulait pas dire de faire du l�che-vitrines.
Bon sang, Bob.
T'es oblig� de te piquer maintenant ? Attends qu'on soit rentr�s.
Tais-toi et conduis.
Vous avez vu la circulation ? Merde.
On est press�s. D�gage, connard !
Apr�s chacune de nos emplettes, on se d�fon�ait tous � fond.
Je riais int�rieurement en voyant des quantit�s �normes de Dilaudid
d�border litt�ralement de la cuill�re.
En p�n�trant dans ma veine, la drogue cr�ait un picotement
qui d�ferlait en moi jusqu'au cerveau pour exploser d�licatement
� la base de mon cou et monter rapidement
jusqu'� ce que je ressente un tel bien-�tre que le monde
me paraissait doux et agr�able.
Tout �tait merveilleux.
Ton pire ennemi n'�tait pas si m�chant.
Les fourmis dans l'herbe vaquaient � leurs occupations.
Dans une lueur rose, tout devenait possible.
Tu pouvais pas te planter. Tant que �a durait, la vie semblait merveilleuse.
Putain.
Va te faire foutre, mec. D�gage.
O� t'as eu ton putain de permis ?
Connard !
Bon. Soyez naturels. Comme si on rentrait de la messe.
Quelqu'un a vu mon briquet ?
Donc je travaillais pour ce type � Valdez.
Et j'ai eu la super id�e de...
Tu rajoutes de la boue et de l'eau.
- Nadine ? - La m�me chose que Rick.
�a m'�tonnerait.
- Pourquoi ? - Tu peux pas te shooter tout �a.
Donne-lui la moiti� d'un. Elle passera l'apr�s-midi aux chiottes.
C'est pas juste. J'ai particip�. Je veux la m�me chose que vous tous,
m�me si je prends pas tout en une fois.
�a ne marche pas comme �a, Nadine. T'as fait que dalle.
C'est moi qui prends tous les risques.
Et Dianne ? Elle a rien fait non plus.
Vraiment ?
C'est ce que tu crois ? Lui donne rien, Bob.
Fous-la dans le caniveau, l� o� on l'a trouv�e.
Non, non. Soyons r�glo.
Tu veux ta part ? Tu vas l'avoir.
Mais sache que je donne jamais une part enti�re � un apprenti.
Alors prends �a...
et casse-toi.
Nadine, prends ta moiti� de bleue, fais-toi un fixe et va gerber.
Pas de panique. Allez, Nadine. Ramasse la came.
Rick, prends ton arme et couvre-moi de la chambre.
C'est David. C'est rien. Qu'est-ce qui t'am�ne, David ?
J'aimerais te parler. Laisse-moi entrer.
- T'es tout seul ? - Oui.
Qu'est-ce que tu crois ? Que j'ai amen� ma grand-m�re ?
T'es un sale con, David.
C'est quoi ce d�lire, mec ? T'as p�t� les plombs ou quoi ?
Qu'est-ce que tu veux ?
- T'as de la marchandise ? - J'ai que dalle, minus.
J'allais justement passer chez toi voir si t'avais pas un peu de speed.
�a tombe bien, j'en ai.
Sans blague ?
Petit con.
Allez, Rick.
Alors comme �a, tu as du speed ? Quel genre ?
J'ai du cristal de Methedrine. C'est du premier choix.
J'ai plan� toute la nuit avec ce truc.
Go�te. C'est offert par la maison.
T'en as combien sur toi ?
Dix grammes.
Je vais parler � Dianne. Installe-toi et regarde la t�l�.
D'accord.
Ch�rie ! Le petit � c�t� dit qu'il a du speed.
Et alors ? Tu sais bien que �a te d�traque.
Je sais. Mais �coute, on est quoi ce soir ? C'est samedi soir.
On en prend, on se fait un fixe et apr�s, on se fait la pharmacie.
Tu sais, celle � c�t� de l'agence pour l'emploi.
Tu sais comment �a marche. C'est comme jouer aux d�s.
Si t'as la main chaude, tu joues. Sinon, t'arr�tes tout.
En ce moment, je suis si chaud que je br�le.
D'accord, mec.
Si t'es si chaud, qu'est-ce que t'attends pour me faire l'amour ?
- Tu sais de quoi je parle. - Oui, je sais.
T'as regard� Les Espions hier soir ?
Non, j'ai regard� Au-del� du r�el.
Je suis parti pour braquer. On a tout le temps de tirer un coup.
En plus, on a de la visite.
Tu crois que tu peux me trouver une t�l� ?
- Sans probl�me. - Couleur ?
Oui, mais tu me donnes quoi en �change ?
Je peux t'avoir du Valium. �a ne te ferait pas de mal.
- 10 milligrammes. 60 cachets. - C'est cool.
Bon, �coute.
Dis rien � Bob.
Je dirai rien. Je l'emmerde.
Bon, petit enfoir�. Parlons affaires.
T'aurais pas de la bleue ?
De la bleue ? Non. C'est tr�s dur � trouver en ce moment.
Par contre, j'ai de la bonne vieille morphine.
Quel genre ? Du sulfate de morphine ?
T'es fou ! J'arrive m�me pas � voir un stop quand je prends �a.
�a me fait voir double.
En plus, j'�change pas ma super came contre ta saloperie.
C'est tout ce que j'ai. Je peux te donner que �a.
Tu te fous de moi ?
Vous me prenez pour un con. Je suis pas encore d�bile.
David ? Dommage qu'on ait pas pu faire affaire.
D'accord, mec. Putain, je suis d�sol�.
- Je voulais pas dire tout �a. - �a va. C'est pas grave.
Tu me files combien de quarts de morphine pour mon speed ?
Je te file des sachets de neuf quarts parce que je suis de bonne humeur.
Et comme t'es un mec sympa, je te prends les dix grammes.
Les dix grammes ? �a marche. On a dit neuf par sachet, donc neuf fois dix...
�a fait 75.
Oui, 75. C'est �a.
�a fait 90, Bob.
Oui, Bob. �a fait 90.
Dis-moi, Bob. Tu veux combien pour elle ?
Combien de doses tu veux pour cette bombe ?
Mais pour qui tu me prends ? Un mac de bas �tage ?
J'ai jamais vu une telle violation des droits de la femme.
Simple curiosit�. Combien de doses tu serais pr�t � me donner pour elle ?
J'en sais rien.
Bas les pattes ou je te d�fonce la gueule !
C'est une furieuse.
�a suffit. Concluez votre petit march�.
- D�sol�. - Prends ta came et tire-toi.
On a plein de choses � faire.
D'accord. Excuse-moi. Tiens, Bob.
- C'est cool. - C'est cool. Merci.
Passez une bonne soir�e.
La prochaine fois que tu corriges mes maths pendant une n�gociation,
je te vends au premier monstre de foire que je trouve pour un paquet de bonbons !
T'as vu �a. Je suis hyst�rique.
D�sol�, Bob.
Faites un effort. C'�tait un col rond ou en V ?
C'�tait un corsage.
Je ne me souviens pas.
Dianne, t'as p�t� un plomb ou quoi ?
Qu'est-ce que tu fais ?
T'as sniff� de la colle ? On devrait �tre en train de bosser.
Je connais un h�pital sur la c�te. Un in�dit.
On y entre comme dans un moulin.
Je parie qu'ils ont de la coke. Ils en ont toujours de premier choix.
T'es dingue. On vient de faire notre meilleur coup depuis des mois
et toi, tu veux remettre �a.
Tu sais pas t'arr�ter.
�coute-moi.
Tu me connais. Je ne supporte pas ce rythme.
Allez. Emm�ne-moi dans la chambre et serre-moi dans tes bras.
Pour quoi faire ? On devrait d�j� �tre sur un autre coup.
- Je croyais que tu m'aimais. - On devrait...
Tu me baises jamais et moi, je conduis.
On devrait partir pour l'h�pital tout de suite
pour y �tre avant le lever du jour.
Ma ch�rie, je t'assure que tu vas halluciner en le voyant.
Je vois d�j� tous ces flacons de pilules que l'h�pital me r�serve.
Contre le mur !
- Contre le mur. - Je veux rien entendre. La ferme !
Fouillez la pi�ce d'� c�t�.
Allez, vous deux. Tournez-vous.
Je me disais "Bob s'est calm�." Et tu d�valises une nouvelle pharmacie !
- Arr�te ! - Tu m'attendais pas ?
- J'ai rien braqu� depuis des ann�es. - Tu parles !
Vous trouverez que dalle ici.
Laisse-moi appeler mon avocat. Il va s�rement arranger tout �a.
- J'ai une t�te de drogu� ? - Petit enfoir�.
C'est du joli. On dirait que tu te d�fonces � mort.
- T'as un mandat ? - Oui, j'en ai un.
Je l'ai tapiss� sur une de ces balles.
Si tu continues � me baratiner, je t'en ferai voir une de pr�s.
�a va, du calme. Vous avez d� lire trop de polars, les gars.
On dirait que tu comprends pas.
Touchez pas � mes clubs ! C'est des Ben Hogan.
Pas la peine de les bousiller !
- Tu joues au golf ? - Mon handicap est de huit.
Huit ? Mon cul. Tu joues o� d'abord ?
� Mayfield. Je l'ai fait en 75 l'autre fois.
Je fr�quente pas Mayfield. C'est pour les minables.
�a explique ton handicap.
Comment je vais jouer ? Ils ont cass� mes clubs.
Sois sympa !
Cassez-en encore deux et �pargnez les autres.
- �a te va ? - Merci.
Dianne, t'aurais pas encore b�tement planqu� la came
dans une bo�te de corn-flakes ?
Je ne vois pas de quoi tu parles, pauvre con.
- Elle a quel �ge ? Elle est majeure ? - 22. T'as 22 ans, pas vrai ?
J'ai 22 ans.
T'as de la chance.
OK, les enfants. Je vais vous expliquer.
Si vous nous dites o� est la came, vous vous �pargnez plein d'ennuis.
Par contre, si vous fermez vos gueules,
on d�monte toute la maison. Alors, vous pr�f�rez quoi ?
J'adore les flics.
Si on n'avait pas de super-flics comme Gentry,
la concurrence serait si dure qu'il resterait plus rien � voler.
Pas vrai ?
Bon.
Vous deux, prenez la caisse et trouvez un appart.
Dans le secteur ouest. On n'y a pas op�r� depuis un bail.
- On devrait y �tre peinards. - D'accord.
- Ne foirez pas. - Tu peux nous faire confiance.
Dianne et moi, on va chez ma m�re r�cup�rer quelques fringues.
Quelque chose de sympa.
Salut, maman.
Il manquait plus que �a. Mon drogu� de fils et sa nymphomane de femme !
Maman.
Maman.
Dis-moi ce que j'ai fait pour m�riter �a ?
D�s qu'on frappe � la porte, j'ai peur qu'on vienne m'annoncer ta mort.
Mort par overdose.
Abattu par un pharmacien ou renvers� par une voiture en fuyant la police.
Pourquoi moi ?
T'as toujours les fringues que j'ai laiss�es ici avant la taule ?
Je les ai jet�es. J'ai cru que t'y resterais.
Comment t'as pu croire �a ?
C'est un voleur et un drogu� et �a compte plus pour lui que moi.
Si tu le dis, maman.
Qu'il aille en prison. Il s'y pla�t. N'est-ce pas, Robert ?
Pourquoi vous nous d�testez tant ?
Qu'est-ce qu'on vous a fait ?
Je ne te d�teste pas, Dianne, et Robert non plus.
C'est la v�rit�, le bon Dieu m'en est t�moin.
J'�prouve de la piti� pour vous deux.
Vous �tes adultes,
mais vous agissez comme des gamins qui ne pensent qu'� s'amuser.
Tu ne peux pas t'amuser toute ta vie, Dianne.
- Il reste des choses � toi ? - Donne-les. J'en trouverai d'autres.
J'en doute pas. Tu les voleras.
APPARTEMENTS JOSEPHINE
Ta gueule !
Alors, c'est ici qu'on va habiter.
Oui, Bob.
Pourquoi �a s'appelle "Josephine" ?
Aucune id�e. L'agent immobilier s'appelle Dale.
"Josephine" �tait peut-�tre plus joli.
Pendant mon dernier trip d'acide, j'ai fait mon autoportrait.
D�lirant, non ?
Je vois d�j� les flacons de pilules qu'on trouvera � l'h�pital.
Voici nos cha�nes st�r�o du mois.
Nom d'un chien.
� propos, Bob. Tu serais d'accord si Rick et moi prenions un chiot ?
Pour pouvoir s'occuper de lui pendant que vous �tes partis ?
Non.
Pas de cl�bards ici.
- T'aimes pas les chiens ? - Pas de cl�bards, point final !
Raconte-leur ce qui est arriv� au dernier qu'on a eu.
T'as qu'� leur raconter toi-m�me.
J'ai pas envie d'en parler.
On avait un chien qui s'appelait Panda.
Un petit chiot absolument craquant.
Il suivait Bob partout o� il allait.
Bref. Un jour, la police nous poursuivait apr�s qu'on ait braqu�
un drugstore en ville.
Il est sorti de la chambre
et il m'a frapp�e avec une barre en fer.
Panda a saut� de la voiture et s'est enfui.
On l'a cherch� mais on �tait press�s.
�a craignait, il fallait qu'on se tire.
On a cru qu'il s'�tait fait �craser.
Mais pas du tout. La police l'avait r�cup�r�.
Ils ont appris qu'il �tait � nous. Ils l'ont suivi jusqu'� la maison.
Il les a men�s � nous.
Ils nous ont mis en prison...
et ils ont fait piquer le petit Panda.
Pour un poil brillant, des dents blanches et un temp�rament calme,
un seul choix s'impose.
Riche en ar�me. Sans c�r�ales...
Tu te rends compte de ce que tu nous as fait
en pronon�ant le mot "chien" ?
- Non. Quoi ? - Tu sais pas ?
Non. Dis-moi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Tu viens de nous jeter un mauvais sort pour un mois.
Notre chance vient de s'envoler par la fen�tre.
On a un calendrier pour noter la fin du sort ? Au fait, quel mois on est ?
Bon sang, Bob.
Tu nous as jamais dit de ne pas parler de chiens.
On a jamais parl� de chiens, Rick,
parce que le seul fait d'en parler nous aurait fil� la poisse.
Dis-nous, il y a d'autres sujets tabous qui pourraient nous damner ?
Il se trouve que oui.
On n'a qu'� en parler maintenant puisqu'on est bloqu�s pour un mois.
Les chapeaux.
Oui, les chapeaux.
Si jamais j'en vois un ici sur un lit, je fais ma valise.
- Je me tire. - Et moi avec.
- Pourquoi un chapeau ? - C'est comme �a, ma ch�rie.
Les miroirs aussi. Ne regarde jamais le dos d'un miroir.
�a pourrait affecter ton avenir parce que tu te vois � l'envers.
Non. En fait, tu vois ton �me.
Et tu ne la reconnais pas parce que tu ne l'as jamais vue.
�a peut figer ton avenir et �a, �a peut �tre bon ou mauvais.
En tout cas, il vaut mieux pas s'y risquer.
Mais le plus important, c'est le chapeau.
Un chapeau sur un lit, c'est la fin de tout.
�a annonce au moins 15 ans de malheur, voire la mort.
Je pr�f�re mourir qu'avoir la poisse pendant 15 ans.
D�tends-toi. Tu devrais aller t'allonger.
T'as pas arr�t�. Un mois de pause nous fera pas de mal.
Te laisse pas abattre par �a.
Parfois pas de chance, c'est une chance.
Pense aux fois o� on a crev� ou on est tomb�s en panne
et qu'on est arriv�s trop tard en maudissant le sort.
Chaque fois, �a a tourn� � notre avantage.
Tu vois ce que je veux dire ?
Merde, j'arrive pas � comprendre.
Je sais, de par mon exp�rience,
comment reconna�tre les signes...
Tu vas comprendre. C'est comme si celui qui tire les ficelles me disait:
"Allez, vas-y. Sers-toi."
"C'est l� pour �a, mon petit."
"Cette semaine, tout est gratuit. Je te dirai quand il faudra t'arr�ter."
"Tu verras les signes."
"Tout ce que t'as � faire, c'est chercher les signes."
Merde. Excuse-moi.
D�sol�, ma ch�rie.
Quoi de neuf ?
On entre, on met de la came dans leurs poches et on les embarque.
�a marche � tous les coups.
Je ne veux pas arr�ter Bob Hughes juste pour d�tention.
Il faudrait qu'on le prenne en flag
en rentrant d'un casse. Tu le sais.
- Qui c'est ? - Aucune id�e. T'attends personne ?
- Salut. - Je vous r�veille ?
Non.
- On ne dormait pas, n'est-ce pas ? - Je ne sais pas quoi penser.
J'ai vu un homme tr�s louche avec une �chelle
r�der sous la fen�tre de ma chambre.
Je ne fermerais pas l'�il de la nuit
en sachant qu'un obs�d� sexuel se balade en libert�.
Ne vous inqui�tez pas. On va aller voir tout de suite.
- Merci beaucoup. - On s'en occupe d�s qu'on peut.
Bonne nuit.
- Bonne nuit. - Au revoir.
Qu'est-ce qu'elle fait debout � deux heures du mat' ?
C'est Gentry.
Oui.
Je parie qu'il nous a suivis jusqu'ici.
L'enfoir�.
Oui.
On va devoir lui donner une petite le�on.
"Vous n'arr�terez jamais Bob Hughes pour d�tention de stup�fiants
parce qu'il a mis au point une combine avec son voisin."
"Il y a une corde entre leurs maisons."
"Bob lui envoie un signal quand il veut une dose."
"Le voisin lui fait passer, Bob se sert
et renvoie le reste de la marchandise pour vous emp�cher de la trouver."
Au revoir, papa.
- Je peux vous parler ? - Oui.
- Vous habitez l� ? - Oui.
Je suis votre voisin. �a ne me regarde pas, mais...
Tu penses qu'il y a quoi dans le sachet ? De la came ?
C'est s�rement pas son d�jeuner.
� deux heures du matin, je regarde par la fen�tre et je le vois.
Un gros d�gueulasse dans un grand imperm�able noir,
debout sur son �chelle en train de mater chez vous.
Il avait gliss� une main sous son imper.
De l� o� j'�tais, c'�tait �c�urant � voir.
- Je vais lui exploser les couilles. - Calmez-vous.
T'as vu comment ils se sont parl� ? Et leurs gestes ?
Ils trament quelque chose. Ils sont bien plus que voisins.
Oui, je vois �a.
J'ai cru un instant que le gros bal�ze allait sauter sur Hughes
et lui arracher les tripes.
J'aurais aim� voir �a !
Je sais ce que vous pensez.
"Qu'est-ce que Bob nous a encore concoct� ?"
Je vais vous le dire. Ce sera grandiose. Vous allez adorer !
- Tu vas o�, Dianne ? - Juste acheter des cigarettes.
D'accord, mais d�p�che-toi. Tu veux pas rater �a.
- Et toi, Rick ? - Je vais me chercher une bi�re.
Bon, mais ne viens pas te plaindre si tu rates tout.
Les voil�. Ils sont deux.
Venez. Approchez-vous !
C'est parti. Il y en a un sur l'�chelle.
J'esp�re qu'il va pas les rater.
�a y est. Le voisin sort de chez lui. Mon Dieu !
Il a pris un fusil !
Tu vas me le payer, obs�d� !
Quel spectacle !
Putain !
Bob, j'aimerais te parler de l'incident d'hier soir.
On a tout dit au flic charg� de l'enqu�te. On a rien � ajouter.
Halamer et Trousinski savent que tu les as pi�g�s
et je peux te dire qu'ils sont furax.
Je vais te donner un conseil.
Monte dans ta voiture et pars tr�s loin d'ici.
Pas si vite. C'est moi qui ai gagn� cette guerre, pas toi.
Alors me dicte pas tes conditions.
Tu devrais te trouver un poste de sh�rif dans un trou paum�
o� tes seuls soucis seront les poivrots du week-end et les m�mes � Halloween.
Alors, tu crois avoir gagn� ?
Relevez-le.
T'es qu'un junkie qui a failli faire tuer un de mes hommes.
Et d�s qu'il se sera occup� de toi, tout le monde t'oubliera.
L�chez-le.
Petite merde.
Tu veux un coup de main ?
Va te faire foutre.
N'oublie pas tes clubs. Travaille ton handicap.
Ne croyez pas qu'on se tirait parce que Gentry m'avait mis la pression.
On se cassait parce que �a tournait mal.
Le mauvais sort de Nadine �tait trop puissant.
Il �tait temps de changer de d�cor en partant en vadrouille.
Dianne avait envoy� la came par autobus
dans plusieurs d�p�ts de la c�te nord-ouest
pour pouvoir s'approvisionner en route.
On ne pouvait pas se permettre de se faire prendre avec la came,
alors notre plan de secours �tait un trou dans le plancher.
D�s que des gyrophares s'approchaient, le magot partait dans le trou.
Un probl�me, monsieur l'agent ?
Puis on allait au rendez-vous suivant
qu'on esp�rait atteindre en moins de 8 heures pour �viter d'�tre en manque.
M�me un ouvrier d�bord� est moins stress� et � cran que nous l'�tions
dans notre effort pour rester d�fonc�s.
On n'a pas lou� ce pick-up par n�cessit�.
Mais on passe plus inaper�us.
Comme il est immatricul� dans la r�gion, les gens penseront
qu'on est deux fermiers de sortie en ville avec une pute.
J'ai toujours r�v� d'�tre fermier.
Vous avez vu �a ?
- Quoi ? - Le vasistas.
Vous n'avez pas vu le vasistas ouvert ?
- Non. - C'est quoi, un vasistas ?
La voie est libre � l'arri�re.
Fais-moi la courte �chelle et rejoins-moi derri�re.
Pr�t ? Un, deux, trois.
Nadine, mets tout �a dans le pick-up.
Rick, viens jeter un �il sur les deux coffres. Tu les vois ?
Allez, on se casse.
Ta gueule.
Merde. C'est fini. T'as tout fait foirer.
Tu joues aux cartes ? Qui gagne ?
Qu'est-ce qu'elle a ?
Rien.
Coca��ne.
- Putain. - Qu'est-ce que c'est ?
C'est du Dilaudid en poudre.
Un flacon flambant neuf de 3,5 grammes de D en poudre.
Il devrait y en avoir un autre � moiti� plein dans le sac.
Vous le trouvez ?
Rick, t'as une id�e du prix d'un tel flacon ?
- Non. Combien ? - Ce petit flacon...
contient dans les 840 doses.
� 10 dollars la dose, �a fait 8400 dollars
de la meilleure marchandise pharmaceutique sur le march� !
Un vrai tr�sor ! � nous trois, on devrait tenir une semaine.
Je ferais mieux de le garder.
On dirait qu'on a d�jou� notre mauvais sort.
- On a bien fait de partir. - On se fait un fixe ?
Allez-y mollo. �a peut vous tuer.
Dianne, va chercher un verre d'eau.
Doucement.
Je sais o� on va planquer tout �a.
L�-haut.
On va ramasser toute la came,
se faufiler dans le conduit
et aller la cacher dans une autre chambre.
Allez, secoue-toi.
Bon, t'as d�conn�. Et alors ?
On va sortir une heure ou deux, mais on revient vite.
Qu'est-ce que ce connard a dit sur moi ?
Il n'a rien dit � ton sujet.
Il veut plus de moi, pas vrai ?
Et un jour, vous me d�poserez quelque part et ne reviendrez pas.
Mais de quoi tu parles ?
T'oublies qu'on est ensemble. Je t'abandonnerai jamais.
- C'est un gros porc ! - Tais-toi.
- Porc ! - Tais-toi. Arr�te.
Fais pas �a. Je t'en prie, Nadine.
On forme une bonne �quipe.
Pourquoi tu veux tout foutre en l'air ?
Je ne supporte plus leurs airs sup�rieurs.
Et toutes les conneries � propos des sorts. T'y crois pas, j'esp�re ?
�coute, j'en sais rien.
Il faut juste pas parler d'animaux ni poser de chapeau sur un lit. C'est tout.
C'est quand m�me pas compliqu�.
Je vais vous prouver qu'un chapeau sur un lit ne change rien.
Rick ! Viens, on y va.
T'aurais pas d� faire �a.
Sors avec eux ce soir. � votre retour, vous aurez la preuve.
� mon retour, je veux plus voir ce chapeau sur le lit. D'accord ?
Parfois, j'ai l'impression de parler � un mur. Fais chier.
Rick.
Sois pas trop violent. On veut juste cr�er une diversion, compris ?
- Je veux pas de bless�s. - D'accord, Bob.
- T'es pr�te ? - Oui.
Pr�parez-vous � mourir !
Du Demerol. Merde.
�a ne lui ressemble pas.
Bob est comme un lapin. Aller et retour, pas de d�tour.
Et je ne parle pas que des pharmacies d'h�pital.
TOILETTES DES FEMMES
Mme Robb est demand�e aux admissions. Mme Jane Robb.
Merde.
� mon avis, il ne viendra plus. On rentre ?
Ils l'ont eu.
Les salauds l'ont eu. J'en suis s�re.
Je le sens, au fond de moi.
Quelle bande de salopards.
Nadine ?
Mon Dieu.
Ch�rie ? Je suis rentr�.
Vous croirez jamais la gal�re qui m'est arriv�e cette nuit.
Qu'est-ce qui se passe ?
Qui a pos� ce chapeau sur le lit ?
C'est elle, Bob.
Elle ne l'a pas fait m�chamment.
Overdose.
O� elle a trouv� la came ? Elle a pris plus que deux doses.
Elle les mettait de c�t� ou quoi ?
- Qui lui a fil� �a ? - Qu'est-ce que c'est ?
Elle a d� le ramasser dans le pick-up
quand on a d�charg� les flacons.
La petite garce !
Bob ?
Je t'interdis de parler d'elle comme �a. Elle est morte.
Ne dis plus jamais de mal d'elle.
Rick.
Elle t'a doubl�.
Ta propre femme t'a piqu� ta part derri�re ton dos.
Elle a eu ce qu'elle m�ritait.
�coute, mon vieux.
C'est pas tout. Elle nous a jet� un sort qui risque de nous poursuivre longtemps !
Dans cet �tat, un d�c�s par overdose est plus grave qu'un meurtre.
Pour l'amour du ciel, virez-moi ce chapeau du lit !
T'es froide.
Putain, c'est pire que d'�lever des gosses
que d'essayer d'apprendre � un couple comme eux � voler.
Tu vois ce que je veux dire ?
Tous ces gamins.
Ce sont des enfants de la t�l�.
Depuis tout petits, ils voient des gens s'entretuer � la t�l�,
ils connaissent que �a.
Ils pensent que c'est l�gal. Que c'est ce qu'il faut faire.
Je sais, ch�ri.
Je suis si fatigu�.
Pauvre Nadine.
Ce n'�tait qu'une foutue m�me.
Quoi encore ?
- Bonjour. Vous �tes M. Hughes ? - Oui.
- Vous comptez partir aujourd'hui ? - Non. Pourquoi ?
Voil�. Nous avons pris un engagement pr�alable
en r�servant votre chambre pour aujourd'hui.
Aujourd'hui ?
- On doit partir ? - J'en ai bien peur.
Un congr�s de sh�rifs se tient en ville
et ils ont r�serv� toutes les chambres depuis trois mois.
Bien. Je peux vous rejoindre � l'accueil dans dix minutes ?
Donnez-moi dix minutes.
Je parie qu'on en conna�t quelques-uns.
Je ne peux pas le croire !
Un congr�s de sh�rifs, rien que �a.
�a aurait pu �tre un salon Tupperware.
Ou mieux encore, les pompes fun�bres.
Excusez-moi.
Il y a quelqu'un ?
Du nouveau ?
D�sol�. Vous auriez d� nous dire que vous vouliez prolonger votre s�jour.
�coutez. Mon associ� est clou� au lit avec les oreillons.
J'ai peur de le transporter. Il pourrait contaminer des gens.
D'apr�s le m�decin, il vaut mieux attendre demain. Allez.
Soyez sympa.
Enfermez-le. C'est lui, le meurtrier.
Coupable.
�a va pas �tre �vident de la sortir avec tous ces flics qui grouillent.
Je ne vais jamais r�ussir � faire mes ongles.
Nadine t'a vraiment fait flipper. C'est �a ?
Je vais te dire ce qui ne va pas.
J'ai peur qu'un gros lard de flic d�barque d'une minute � l'autre
et qu'il nous dise: "Dehors. Ici, c'est ma chambre."
Dianne.
Oui ?
Je t'aime.
Moi aussi, je t'aime.
Dianne ?
On a toujours le sac bleu ? Le grand.
Dianne ?
T'en fais pas. On va s'en sortir. On s'en sort toujours, pas vrai ?
Ch�rie ? D�p�che-toi. On va rater l'avion.
Bonjour.
Quelle journ�e !
Que dirais-tu de r�cup�rer la came,
de donner sa part � Rick et de lui dire adieu ?
Ne le sous-estime pas.
Pourquoi ? Qu'est-ce que tu manigances ?
Rien.
J'aimerais rentrer � la maison.
Suivre un traitement de m�thadone.
- D�crocher. - Tu plaisantes ?
Non, pas du tout.
Dianne,
je n'en peux plus.
Je refuse de me faire d�sintoxiquer.
Qu'est-ce que je vais devenir ?
T'as qu'� venir avec moi.
Non, merci. T'as jamais parl� de �a avant.
Et du jour au lendemain, tu dis que tu veux d�crocher.
Tu sais que j'en suis incapable.
�coute, Dianne. Fais ce que tu veux.
Prends tout ce qu'on a. Laisse-moi juste de quoi rentrer.
Prends la pelle. Je m'occupe d'elle.
Retourne dans le pick-up.
Allez !
Vous avez d�j� suivi une cure de d�sintoxication ?
Non.
Je vois. Depuis quand prenez-vous des drogues ?
Depuis toujours.
Ce n'est pas votre premi�re d�sintoxication ?
Non. Mais c'est ma premi�re cure de d�sintoxication � la m�thadone.
Quel �ge avez-vous ?
26 ans.
- Vous �tes mari� ? - Oui.
O� est votre femme ?
Aucune id�e.
Vous avez des enfants ?
Non.
Vous avez un emploi ?
Non.
Vous avez un num�ro de s�curit� sociale ?
Non.
Vous avez d�j� �t� condamn� par la justice ?
- Oui, plusieurs fois. - Pour quels d�lits ?
On vous a condamn� pour quoi ?
Vous voulez que je vous raconte ma vie ?
�coutez, madame. Je suis un junkie. J'aime la drogue et ce mode de vie.
Mais �a ne m'a men� nulle part.
Vous ne rencontrez pas des gens comme moi ici.
On n'est pas du genre � mendier de la came.
On la vole et si on se fait choper, on va en taule
et on d�croche tout seul dans une cellule capitonn�e.
Ne le prenez pas mal, Bob. Je ne voulais pas vous harceler.
Il nous faut ces informations. D�sol�e si vous trouvez �a inutile.
Avez-vous d�j� envisag� de devenir conseiller
pour aider d'autres toxicomanes � s'en sortir ?
Non.
Pourquoi pas ?
Ben, tout d'abord,
personne et je dis bien personne peut convaincre un toxico de d�crocher.
On peut leur parler des ann�es, mais un jour, ils rechuteront.
Si c'est pas avec la dope, c'est avec l'alcool.
Ou alors la colle. Ou l'essence.
Ou c'est une balle dans la t�te.
Mais il y aura forc�ment un truc.
Un truc qui les lib�re des contraintes du quotidien,
comme devoir lacer ses chaussures.
Tom, vous avez du courrier.
- Que Dieu vous b�nisse. - Merci.
P�re Murphy.
Salut, Tom.
Tiens donc !
Le petit voyou Bobby Hughes.
Quelle surprise de te voir apr�s tant d'ann�es.
Vous aussi, vous habitez ici ?
J'ai pas d'autre endroit o� aller.
L'�glise n'aime gu�re les vieux toxicomanes.
Une indiscr�tion en 1970 - tu �tais � l'ombre, je crois -
a �t� � l'origine de ma triste d�ch�ance.
� vrai dire, je me sens pas tr�s en forme en ce moment.
Tu as quelque chose sur toi ?
Non.
Je fais la cure de 21 jours. � la m�thadone.
Et vous ?
Bien s�r.
Moi aussi, je fais cette cure.
Mais parfois j'avance un peu mes prises. Tu vois ?
Et je soup�onne une infirmi�re accro de se servir sur mes doses.
Mais je n'en suis pas s�r.
Et si on allait s'approvisionner ?
Non.
Mais je peux vous tenir compagnie.
Cet arbre est une �uvre d'art.
Une v�ritable �uvre d'art.
Les autres aussi.
Regarde le tronc de cet arbre, l�-bas.
�a me rappelle un vieux toubib que je connaissais.
Son cabinet �tait dans cette rue. Ou alors dans celle d'apr�s.
Il avait une belle plume.
Tom connaissait ce quartier comme sa poche.
Je l'ai connu en �tant enfant de ch�ur.
Le bienveillant P�re Murphy, le plus grand toxico de la c�te.
Il partageait sa came avec nous. Il �tait tr�s g�n�reux.
Il avait toutes les qualit�s. De quoi lui �viter le purgatoire.
Il a d� s'en injecter pour un million de dollars.
On appelle �a une fraiseuse � bras articul�.
Tu choisis ta fraise et tu la fixes sur le mandrin.
Tu v�rifies qu'elle tient bien.
Cette manivelle abaisse le bras sur ta pi�ce. Tu le places sur le trou.
Cette manivelle permet de r�gler la pouss�e.
Celle-l� d�clenche la pouss�e.
Tu la mets l� et �a perce tout seul.
Si tu vas bosser d�fonc�, �a se verra.
�tre d�fonc�, c'est comme �tre so�I.
Si tu bois ou tu te d�fonces, ton patron ne sera pas dupe.
Il te virera et tu n'auras plus de revenus.
Alors tu devras trouver autre chose.
Tu seras oblig� de cambrioler, de voler et de revendre.
Et peut-�tre que tu tueras ton meilleur pote pour un fixe.
Tu t'enfonceras de plus en plus. C'est in�vitable.
Plus t'en prendras, plus bas tu tomberas.
Et un jour, t'auras atteint le fond.
Tu perfectionnes ta culture ?
Tu n'es pas parti longtemps. Que s'est-il pass� ?
Rien du tout.
Il para�t que tu te fais d�sintoxiquer.
Ne crois pas que �a emp�chera Trousinski de te faire la peau.
Franchement, j'y ai pas vraiment pens�.
Pour une fois, je ne viens pas te harceler.
Trousinski a �t� d�grad�. Il est � la circulation.
Il a prof�r� tellement de menaces qu'il va forc�ment se venger.
Et j'aimerais �viter �a.
Que dire ? J'ai trouv� un boulot.
Que s'est-il pass� sur la route ? O� est Dianne ?
Tu sais comment sont les femmes.
Elle a flash� sur un mec et a d�cid� de lui courir apr�s.
J'ai du mal � y croire.
Dianne et toi tra�nez ensemble depuis que vous �tes m�mes.
J'esp�re que tu garderas ton boulot.
Et que tu reviendras dans le droit chemin.
Prends soin de toi, Bob.
Ma femme est toujours dedans.
J'ai essay� de la convaincre. Rien � faire.
Je lui ai dit de venir. Mais elle pr�f�re vivre � sa fa�on.
Ce que je faisais, c'�tait de me servir � la source.
O� sont fabriqu�es les drogues ? Dans les drugstores.
Et si tu veux du fric, tu vas � la banque ?
"Ch�rie. Je passe � la banque et au drugstore. � tout � l'heure."
�a sert � rien de pleurer. Si tu veux de la came, il faut payer.
Donne-moi mon pognon, petit con.
O� est mon pognon, connard ?
Je t'ai d�j� pos� la question trois fois.
Allez. Dis quelque chose. T'as pas eu assez de coups ?
David ! Qu'est-ce que tu fous, mec ?
Pour qui tu te prends ? Ce m�me pleure.
Et alors ? C'est mes affaires.
Occupe-toi de tes oignons. �a ne te concerne pas.
Si, �a me g�ne.
- File. - �a va !
Putain !
- David, grandis un peu. - Je suis plus un gamin !
Connard.
Et toi, pourquoi t'as pas boug� ?
Qu'est-ce que t'as ? Je croyais... Je t'inviterai pas � d�jeuner.
Tom, vous m'avez racont� toutes ces histoires du temps
o� vous tendiez le bras entre les barreaux de la cellule
et le maton vous faisait un fixe de morphine.
Ils n'ont jamais fait �a pour moi.
Cette �poque est r�volue.
La drogue a �t� syst�matiquement montr�e du doigt et diabolis�e.
L'id�e qu'on puisse se droguer et �chapper � son horrible destin
leur �tait insupportable.
Je pr�dis que dans un avenir proche,
les politiciens de droite vont se servir de l'hyst�rie de la drogue
comme pr�texte
pour instaurer une organisation polici�re internationale.
Vu mon �ge, je n'assisterai pas � la r�solution du probl�me.
Vous savez, Tom ? Vous avez rat� votre vocation.
Vous auriez d� �tre philosophe.
Dans une autre vie, peut-�tre. Dans une autre vie...
GARE DE L'UNION
Qui c'est ?
Mon Dieu. C'est un vrai taudis !
Et elle est o�, ta gonzesse ? Pr�sente-la-moi.
Tu ne changeras donc jamais ?
Ben tiens. Pourquoi, je devrais ?
Je disais juste que t'�tais belle.
- Ah oui ? C'est �a. - Je t'offre une tasse de th� ?
Oui.
Alors, �a marche, ta cure � base de m�thadone ?
Couci-cou�a.
- J'ai un boulot. Je t'avais dit ? - Sans blague ? O� �a ?
- Dans un atelier d'usinage sur Western. - Ah oui ? Tu fais quoi ?
Je perce des trous.
Tu perces des trous ?
Je perce des trous dans lesquels on visse des boulons.
Ah oui ? �a te pla�t ?
� vrai dire, c'est plut�t chiant mais �a paie le loyer.
Alors t'es s�rieux. Tu vas continuer tout �a.
Oui.
Enl�ve ton manteau et reste un peu.
Non, je peux pas. On m'attend dans la voiture.
Je suis juste venue voir comment tu allais.
Tiens.
De la part de Rick et de toute la bande.
Au cas o� t'aurais envie de craquer de temps en temps.
Que s'est-il pass� ? Qu'est-ce qui t'a fait rentrer ?
C'�tait � cause de moi ?
Non. C'�tait pas � cause toi.
C'�tait la mort de Nadine et le sort qu'elle nous avait jet�.
J'ai paniqu� en voyant le parking rempli de voitures de flics.
J'ai compris que j'�tais cuit. Et je me suis mis � prier comme un fou.
"Mon Dieu, J�sus ou Lucifer, peu importe, ayez piti� de moi."
"Aidez-moi � sortir le cadavre de cette fille d'ici et � l'enterrer
pour ne pas finir ma vie en prison."
"Seigneur, si tu fais �a pour moi, je me rach�terai en rentrant chez moi,
en d�crochant, en trouvant un boulot et en menant une vie vertueuse.
Comme on s'en est tir�s,
j'ai tenu ma promesse. Et me voil�.
Tu comptes la tenir toute ta vie ?
Tu sais, m�me si on s'ennuie un peu en �tant honn�te, c'est pas si mal.
M�me cette petite piaule minable n'est pas si mal.
Je me r�veille certains matins
avec la sensation qu'un truc bien va m'arriver. Tu comprends ?
Je suis un mec normal avec un boulot normal et une piaule normale.
Et maintenant, je t'ai toi.
T'es dingue, Bob.
T'es vraiment dingue.
J'ai une id�e. Tu vas descendre
dire � tes amis que tu restes ici ce soir et tu viens
t'allonger avec moi un petit moment.
J'aimerais bien, Bob.
Mais j'ai un nouveau mec.
Je suis avec Rick. Tu vas rire. Je bosse pour lui.
Dire qu'on lui a appris le job et � pr�sent, c'est lui, mon chef.
La vie est parfois impr�visible, pas vrai ?
Oui.
Tu me connais, Bob.
J'ai �t� beaucoup de choses, mais jamais une tra�n�e.
Je dois y aller.
Dianne ?
�a m'a fait plaisir de te voir.
C'est vrai, t'es vraiment belle.
J'aimerais te reconqu�rir.
- Qui est l� ? - Tom, c'est Bob. Ouvrez-moi.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un cadeau.
J'en aurai plus besoin. J'ai fini ma cure alors...
- Un cadeau ! - Profitez-en.
- Je ne l'ai pas ouvert. - Voyons ce qu'il y a dedans.
Que Dieu te b�nisse, mon fils.
Ah, oui. �a...
C'est pour les blaireaux. Aucun int�r�t.
Mais �a...
400 milligrammes de Dilaudid.
Tu m�rites que le Seigneur soit indulgent avec toi.
O� tu l'as planqu�e, Bob ?
- Que voulez-vous ? - Ta came.
Si j'en avais, je vivrais pas dans ce taudis.
Je suis une cure � base de m�thadone et vous venez ici ? Je me marre !
Ta gueule. Je plaisante pas.
Tu l'auras voulu. On va te donner une petite le�on.
C'est toi, David ?
�coute, connard. J'ai arr�t� de me d�foncer.
C'est pas des conneries. J'ai d�croch�.
Tu devrais essayer. C'est bon pour l'�me.
T'es qu'un menteur.
O� tu l'as mise ? �a prend pas avec nous.
Dis-nous o� elle est, putain !
Se faire casser la gueule, �a vous forge le caract�re.
Je le savais au fond de moi. On peut �chapper au syst�me,
mais pas aux forces obscures qui se cachent sous la surface.
Celles qu'on appelle les superstitions.
Les f�es de mauvais augure.
Les chats noirs.
Les chapeaux sur les lits.
Les chiens et le mauvais �il.
Alors je me suis d�tendu et pour la premi�re fois de ma vie,
j'ai su ce qui allait arriver.
Putain ! Je vais tuer ce fils de pute.
Le prochain � qui on rendra visite sera s�rement plus bavard. T'es un coriace.
Mais ils ne le sont pas tous.
Je vais le tuer.
T'as entendu, Bob ?
Viens. On se tire.
Il va s'en sortir ? Laissez-moi lui parler.
Bob. Tu m'entends ?
Qui t'a fait �a ?
C'est Trousinski ?
Dis-moi qui t'a fait �a.
Le chapeau.
Le chapeau ? T'as dit "Le Chapeau" ?
Dis � Dianne...
de se m�fier du chapeau. Dis-lui.
D'accord, Bob.
- Le Chapeau t'a tir� dessus, c'est �a ? - Non.
C'est l'enfant de la t�l�.
Mais il �tait avec le Chapeau ?
Qui est le Chapeau ? Dis-moi pour que je pr�vienne Dianne.
CHAPEAU
Laisse tomber.
Je lui dirai moi-m�me.
On doit l'emmener.
Putain de vie.
On ne sait jamais ce qui va arriver.
C'est pour �a que Nadine a pr�f�r� en finir tout de suite.
Et que Dianne continue comme avant.
La plupart des gens ignorent ce qu'ils vont ressentir d'une minute � l'autre.
Mais un cam�, lui, le sait.
Il lui suffit de lire l'�tiquette sur les flacons.
Il faut savoir reconna�tre les signes.
Le chapeau sur le lit en �tait un. C'est pour �a que je n'ai pas peur.
J'ai pay� ma dette envers lui.
C'est dr�le. L'ironie du sort a voulu
que les flics m'escortent jusqu'� la plus grosse pharmacie de la ville.
J'�tais toujours en vie.
J'esp�re qu'ils m'emp�cheront de mourir.
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