All language subtitles for Copia de La Paloma (Große Freiheit Nr.7 AKA Great Freedom Nº 7) (Helmut Käutner) (1944) (BD rip 3.27GB x264) (VO)

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Original subtitles

LA FONDATION MURNAU présente

Cette version de "La Paloma" résulte du montage

de deux négatifs d'origine avec différents enregistrements.

En 1944, le film n'a été autorisé à sortir qu'à l'étranger.

Les copies d'exportation préservées

proviennent d'un négatif aujourd'hui disparu.

Le contenu du négatif original conservé aux Archives fédérales,

probablement destiné au marché allemand,

est le même que celui de la version d'exportation.

En 2017-2018,

le négatif original a servi de base à la restauration en 4K.

Deux bobines endommagées ont été remplacées par des positifs.

La source audio provient du négatif original.

Une copie tirée après-guerre a servi de référence couleur.

Große Freiheit Nr.7

¡A Jens Peersen le ha vuelto a dar fuerte, oye!!

Jens, j'aime comme tu parles de la mer !

Six, huit, dix... Le compte est bon.

Dis donc, qui t'a dévoilé le truc ?

Le truc ?

Ah bon !

Il y avait un truc !

Merci beaucoup !

Je me prépare pour le prochain tour !

Espèce de salaud.

Pousse-toi, l'amiral.

"Que les filles du port sont jolies !

Si belles, mais si peu fidèles !"

Donne-moi une fine.

Tu devrais chanter,

on a fait six tours sans intermède.

Comment va Jan ?

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Il manque l'ancre de secours sur le pont avant.

- Il est arrivé quelque chose ? - Oui !

Tu vas repartir en mer ?

Non, je pars régler une affaire pour mon frère.

Tu reviens ?

Où veux-tu que j'aille ?

Où vas-tu ?

Vous me cherchez ?

Bonjour !

En fait, je cherche Mlle Gisa Häuptlein.

Que voulez-vous à ma fille ?

Voyez-vous, j'arrive de Hambourg.

Je m'appelle Kröger.

- Kröger, de Hambourg ? - Oui.

Tiens !

Vous voilà.

C'est donc vous, l'ami de Gisa.

Et vous osez venir ici ?

Ne vous emballez pas, madame. Je ne connais pas votre fille.

Vraiment ?

Mais à Brême où Gisa rendait visite à ma soeur,

vous l'avez bien connue, non ?

Vous faites fausse route. Cet homme-là...

Vous avez profité d'elle avant de disparaître !

Vous l'avez plaquée. Espèce de saligaud !

Calmez-vous, madame Häuptlein.

Vous êtes plutôt nerveux dans la région.

C'est mon frère qui connaissait votre fille.

Si quelque chose ne collait pas entre eux,

vous auriez dû les laisser régler ça entre eux.

Jan !

Non, je suis son grand frère.

- Bonjour. - Et Jan ?

Son frère l'envoie. Il est trop lâche pour venir.

Il doit avoir besoin d'argent.

Je ne veux plus voir ces voyous de Kröger !

- Dites donc ! - Laissez, c'est inutile.

En voilà des manières.

Qu'est-il arrivé à Jan ?

Mon frère...

Il est mort.

Non.

Non !

Si.

Il y a deux jours.

De la malaria.

Un saligaud...

Mon frère n'était pas un saligaud, croyez-moi.

Il n'a pas eu de chance, ça peut arriver.

Et l'argent que vous lui avez prêté,

il me l'a donné pour vous le remettre.

Je lui ai promis de veiller sur vous.

Mais je vois que ce n'est pas nécessaire.

Vous avez un beau foyer...

Un foyer, M. Kröger...

- Si vous saviez ! - Hé bien ?

Je vis un enfer du matin au soir.

C'est terrible de vivre dans une petite ville.

Vous avez un enfant de mon frère ?

Non, ça non.

C'est encore une veine !

Mais vous devriez quitter cet endroit.

Pour aller où ?

Je vous emmène à Hambourg.

Hambourg ?

Je connais plein de gens, je vous trouverai un emploi.

Oui, mon petit. Vous pouvez compter sur moi.

Les Kröger ne sont pas des voyous !

Ne plus entendre de reproches, avoir enfin la paix !

Ce serait beau.

Mais je ne peux pas faire ça à maman.

La vie est dure depuis la mort de papa.

Bien.

Vous avez le temps de réfléchir. Je repars ce soir.

Si vous voulez me joindre,

Hannes Kröger, Hambourg, Grande Liberté.

C'est suffisant.

Au revoir.

Merci beaucoup, M. Kröger.

Et...

Pauvre petite.

Ce n'est pas bientôt fini avec ces saligauds ?

N'insulte pas Jan, maman.

Il est mort et je l'aimais bien.

Je devrais le remercier de t'avoir compromise !

Si tu entendais ce que disent les gens.

Dieu merci, ton père n'est plus là !

Ne le mêle pas à ça.

Il m'aurait comprise.

Ton père ?

Il t'aurait fichue dehors.

Notre fille amoureuse d'un marin !

J'ai honte.

Je te fais honte ?

Alors, ça !

Je ne savais pas, maman.

J'ignorais que l'opinion des gens comptait plus que ta fille.

Gisa ! Mon enfant !

Alors, mon petit ?

Où on va comme ça ?

A Hambourg.

Bravo !

On y est. Entre, mon petit.

Bon !

Je te fais le tour du propriétaire.

Alors, ici...

c'est mon petit boudoir.

Avec le portrait de mes parents.

Et près du banjo, la photo du capitaine du "Padoua".

- C'est un perroquet ? - Oui.

Il parle ?

Je le lui déconseille.

Et voici ma cabine.

Elle a essuyé pas mal de tempêtes.

Derrière, c'est la cambuse.

Cambuse ?

Est-ce que c'est...

Enfin...

Non, c'est la cuisine. Le reste, c'est en dessous.

Entendu.

Ne reste pas là, mets-toi à ton aise.

Je me lave vite les mains.

Bon.

- Vous allez quelque part ? - Je vais au turbin.

Mais demain matin, je serai là.

Sacrebleu.

Eh bien ?

- Qu'est-ce que tu as ? - Rien.

Je sais, va. Tu es un peu dépaysée.

Mais ne t'inquiète pas. Déchiré...

Tu vas t'habituer à moi. Et je vais m'habituer à toi.

Mais il faut te trouver un autre prénom, Gisa.

Gisa, ça ne dit rien aux Hambourgeois.

Ça vient de Gisela.

Padoua, ça devrait être un nom de fille.

- Ça doit commencer par un P. - Pourquoi ?

Parce que ça me porte bonheur.

Padoua, Pinnasberg,

St. Pauli, police...

Que penses-tu de Paloma ? La Paloma.

La Paloma ?

On dirait de l'espagnol et c'en est !

C'est la "colombe".

Je ne suis pas une colombe.

Tu es un petit oiseau.

Quand une colombe vient à bord du bateau,

c'est le signe qu'on approche du port.

Une si petite chose. Les marins ne lui font pas de mal.

Allons donc, Paloma !

J'y pense !

On n'a rien à manger !

- Vous ne dînez pas ? - Moi si, mais toi ?

- Ce n'est pas grave. - Tiens, Paloma.

Voici 5 marks,

Tu descends au rez-de-chaussée, au bistrot, le Billbraun.

Salue la tenancière, Mme Börgel, de ma part,

tu auras un festin de reine.

Je ne peux pas manger avec vous ?

A l'Hippodrome ?

C'est pas un endroit pour les petites filles !

"Le premier fut un marin

Il était couvert de tatouages

Il portait un pantalon bleu océan

Et je me suis sentie toute gênée

Il me prit la main

Me jura fidélité

Et me donna sa parole

Qu'il me donnerait toutes ses nuits

Et au matin, il repartit en mer

La première fois, ça fait très mal

On croit qu'on ne s'en remettra jamais

Mais le temps aidant, peu à peu

On s'y habitue !

Il me donna deux florins avant de partir

Et me dit tendrement :

Mon cœur, sois patiente,

Je serai bientôt de retour

Il m'a écrit une dernière fois

De Hong-Kong, c'est si joli là-bas !

Il m'aimerait toujours

Et je ne l'ai plus jamais...

revu

La première fois, ça fait très mal

On croit qu'on ne s'en remettra jamais

Mais le temps aidant, peu à peu

On s'y habitue !"

Encore une chope ?

Oui, j'ai encore un peu de place.

C'est détraqué !

Vous n'avez pas le coup de main, voilà tout !

Vous désirez ?

M. Kröger m'envoie acheter à manger.

Tiens donc !

Il veut encore quelque chose à manger !

Dans ce cas, servez-vous. Pour Monsieur Kröger.

- Imbécile. - Pardon.

La machine est généreuse. Une merveille.

Vous m'avez porté bonheur, mademoiselle.

Puis-je vous offrir à boire ?

Merci.

Attendez d'avoir goûté.

Je ne veux pas de bière.

Moi si. A la vôtre.

Emportez-la, M. Kröger en prend toujours.

Ah oui ? Bon.

Je vous dois ?

Je le mets sur sa note.

Bonsoir.

Bonsoir !

Au revoir !

Un vrai trésor, hein ?

C'est une traînée.

Qui sait où il l'a dénichée !

Je passe à la caisse, Anita !

Tu avais fière allure, tiens !

Tu veux donc mettre Anita sur la paille ?

- Tu m'as été fidèle ? - Autant que toi.

Attends, tu vas voir !

Et vous deux, toujours le grand amour ?

Il paraît !

Elle va te manger tout cru !

Ne l'écoute pas. Je n'aime que toi, mon roudoudou !

Une tournée de schnaps et de bière !

Il y a quelqu'un ?

J'apporte la malle et les affaires.

Vous voulez bien me signer le reçu ?

Tout est là, ça vient de l'hôpital du port.

Au revoir.

Je t'accompagne.

Je t'ai déjà dit que c'est impossible.

Je viens avec toi.

Non ! Arrête de bouger !

Très bien. Pardon. L'affaire est décidée.

C'est fini, terminé.

Je n'ai pas besoin de toi.

Mon Dieu qu'il est bête !

Tu crois peut-être que j'ai besoin de toi ?

Jens, sois raisonnable !

Les cheveux, c'est important.

Tu crois que j'ai besoin de toi ?

Si tu continues, je m'en vais.

Alors, je viens avec toi.

Mais il n'a pas besoin d'elle.

- Envoie-la-moi demain matin. - D'accord.

Si elle est honnête et travailleuse...

Je réponds de Gisa comme de moi-même.

Enchanté, Kröger.

"Rosamunde !"

Tous en piste !

Tu t'imagines que j'ai besoin de toi ?

Tu te trompes.

Je croyais que tu restais.

Oui, bien...

Je ne peux pas. J'ai un rendez-vous.

A cette heure ? Avec qui ?

Avec machin chouette !

- Pour affaires. - Je connais tes affaires.

Tu n'y connais rien !

"Jolie Rose, donne-moi ton cœur Sois gentille"

On ne me sert plus.

Tu as assez bu !

Assez ?

Tu t'imagines que j'ai besoin de toi ?

On ferme !

Tout contrevenant sera puni !

Tais-toi, Jacquot !

ENTRÉE DU PORT

Bonjour !

- Un paquet de cigarettes. - Déjà fini le travail ?

J'étais dans l'équipe de nuit.

Je rêve de mon lit.

Bonjour !

Tiens donc, M. Kröger !

Déjà levé ?

Je vous rapporte le pot de bière.

Je prendrais bien quelque chose de sucré...

Allez, je vais risquer une pièce.

Je prends du pain.

Et une tablette de chocolat à la framboise.

Je vois !

Vous ne voyez rien du tout.

La dame qui est venue hier chercher de la bière,

c'est une parente éloignée.

Cela vous suffit ?

Elle travaille à l'Hippodrome ?

Non, elle ne travaille pas à l'Hippodrome.

Si vous voulez le savoir,

elle est vendeuse, chez mon ami Wellenkamp.

Et voilà, fin de l'histoire.

Merci !

Bonjour.

Je voudrais une vareuse.

- Vous voyez, mademoiselle ? - Non.

- Je veux une vareuse. - Une quoi, je vous prie ?

- Une vareuse, mademoiselle. - Une v...

Un instant... M. Wellenkamp !

- Que désirez-vous ? - Une vareuse, non merci !

- Je voudrais une cravate. - Une cravate ?

Le présentoir est juste là. M. Wellenkamp ?

Qu'est-ce que ce sera ?

- Vous avez une vareuse ? - Bien sûr.

- Celle-ci vous plaît ? - Elle est jolie.

Vous ne me reconnaissez pas ?

Non.

Celle-ci va avec tout.

J'en veux une qui n'aille qu'à moi.

Navrée, nous n'avons pas la cravate que vous désirez.

- Qui parle de cravates ? - Moi !

Vraiment ? Dans ce cas...

Allons-y !

- Celle-ci vous plaît ? - Chacun ses goûts.

Soyez franche.

Affreuse !

C'est juste. Emballez-la.

3,85 marks...

Vous dépensez trop d'argent pour des sottises.

Vous feriez mieux de faire des économies.

Tant va la cruche à l'eau, etc.

Pas la peine de vous moquer d'une vieille bonne femme !

"Une vieille bonne femme", Mme Kaasbohm !

Regardez-vous !

Vous êtes une vraie jeune fille !

Vous n'avez aucune moralité, M. Stoltz.

Si, c'est le temps qui me manque.

Elle est belle. Mais vous en avez déjà 4.

Je ne la porterai pas.

- Pourquoi l'avoir achetée ? - Pour l'échanger.

- L'échanger ? - Oui.

Non, non, non...

Elle ne va pas non plus.

- A quoi doit-elle être assortie ? - A mon beau costume du dimanche.

Il est comment ?

Superbe !

De quelle couleur est-il ?

Je ne sais pas trop.

Il est plutôt gris.

Gris comment ?

Gris grisâtre.

- Clair ou foncé ? - Moi ? Clair, toujours.

- Alors, bordeaux. - Pas du vin, de la bière.

Très drôle ! Je parlais du costume.

Il est gris clair.

Je sais, mais le bordeaux...

Avec un costume gris clair, il faut du bordeaux.

Question de goût. Elle est trop foncée.

Le complet est plus foncé.

- Et celle-ci ? - Elle est trop claire.

Alors je vous propose la chose suivante :

repassez avec votre costume.

Non, impossible.

Je ne le porte que le dimanche, quand vous êtes fermé.

A mon tour de vous proposer quelque chose :

venez avec moi dimanche.

Comment ?

Oui, on pourrait se retrouver dimanche.

On irait au bal chez Sagebiel

et je vous montrerai mon costume en mouvement.

- Qu'en dites-vous ? - Rentrez vite chez vous.

Pourquoi ? J'ai le temps.

Moi pas.

Je passe vous prendre chez vous dimanche comme convenu.

Le temps à Hambourg !

On en a pour la journée.

Ce n'est pas grave, Hannes.

Je voulais te montrer le port.

Qu'est-il arrivé aux rideaux ?

Ils sont neufs ?

Oui, ils sont neufs.

Tiens donc.

Et la nappe ?

- Je ne l'ai jamais vue. - Elle est neuve aussi.

Tu l'as achetée ?

Elle te plaît ?

D'où vient l'argent ?

J'ai fait des économies.

Tu es toquée.

Dépenser tes sous pour moi, il n'en est pas question.

- Tu m'as bien acheté un lit. - C'est différent.

Tu ne pouvais pas continuer à dormir roulée en boule

sur le canapé.

Et il n'était pas cher.

Le tissu non plus, et j'ai tout cousu moi-même.

Chez Mme Börgel ?

Non, au magasin.

Mme Wellenkamp m'a prêté sa machine.

Tu t'entends bien avec les Wellenkamp.

Oui.

Et avec les clients, les hommes ?

Bien, ils sont parfois un peu insolents.

Mais je me débrouille.

Tes parents vivent ici ?

Ils sont morts.

Mon père est mort en mer, et ma mère lui a peu survécu.

Vous étiez plusieurs enfants ?

Non, juste mon frère et moi.

Les Kröger sont tous marins ?

Oui. On doit avoir ça dans le sang.

Tu es le seul à ne pas avoir pris la mer.

Comment ça ? Elle est bien bonne !

D'où tu tiens ça ?

- Je te croyais musicien. - Musicien ?

Oui, ou alors amuseur.

Je suis marin, bon Dieu !

Je sais que tu chantes en costume de marin, mais...

Je suis marin, nom de Dieu ! Je peux le prouver !

Si je voulais, je pourrais repartir demain !

Mais je ne veux pas.

Je ne pouvais pas savoir, Hannes.

Amuseur, c'est à mourir de rire !

J'ai navigué pendant 18 ans et je le prouve !

Tu crois que j'ai trouvé Jacquot au marché ?

Tiens, j'ai tous mes papiers là-dedans.

Ils montrent où je suis allé.

Mon livret maritime. Là, Hannes Kröger.

Premier voyage comme mousse, apprenti marin.

Sur l'"Elisabeth", Hambourg-Valparaiso-Glasgow.

Ici, matelot novice :

le trois-mâts "Borken", bâtiment norvégien.

Rotterdam-Bordeaux.

Là, de Brême à San Francisco.

Et tous mes voyages à bord du "Padoua".

Hambourg-Port Victoria aller-retour, etc.

Et aucune plainte.

Débarrasse-moi ça !

J'ai toutes mes affaires.

Toutes mes affaires. Regarde !

Toutes mes affaires de bord.

Tiens.

Mes bottes, un couteau...

C'est mangé aux mites.

- C'est ma vareuse. - C'est ça, une vareuse ?

Et ça, c'est quoi ?

- C'est quoi ? - C'est...

Ce ne sont que des souvenirs...

Ce sont des cartes postales spéciales...

Ce qu'il est joli !

C'était pour qui ?

Personne en particulier. Tu le veux ?

Je ne peux pas accepter.

C'est du vrai corail ?

Evidemment ! En direct des mers du Sud !

"Non, je ne pourrai jamais t'oublier

Toi, la fille des îles Samoa

Non, je ne pourrai jamais t'oublier !

Toi, la fille des Samoa

Il en a vu du pays, mon vieil accordéon.

C'est dur à jouer ?

Non, il suffit de savoir.

Tu veux essayer ?

Viens.

Une main ici, l'autre là. Voilà.

Joue quelque chose.

Bravo ! C'est quoi, cet air ?

Montre-moi comment faire.

Laisse-moi le tenir et mets tes mains dessus.

Tu danses bien !

"La nostalgie me porte loin vers l'horizon bleu..."

Pourquoi n'es-tu pas resté en mer ?

Tu ne peux pas comprendre.

Excuse-moi, Hannes. Je ne voulais pas te blesser.

Joue un air gai.

Je ne peux pas. Je dois aller au turbin.

Il reste une heure.

Je commence plus tôt.

Tu fais quoi ce soir ?

Du reprisage.

Dis, tu écoutes la radio de temps en temps ?

Oui, ça m'arrive.

Allume-la ce soir.

Pourquoi ? Il y a quelque chose de spécial ?

Non.

Mais je vais interpréter quelque chose, à la radio.

Dans le cadre de notre émission sur Sankt Pauli,

nous voici à l'Hippodrome rue de la Grande Liberté.

Un endroit que connaissent tous les marins du monde,

où ils viennent se détendre après leurs rudes voyages.

Hannes Kröger, le marin chantant, monte sur scène.

Le bruit cesse et il commence à jouer

l'air connu sur toutes les mers du monde :

"la Paloma".

"Il est un vent

qui m'attire vers l'océan

Ne sois pas triste, mon enfant,

Même si nos adieux sont déchirants

Mon cœur embarque

pour un voyage jusqu'à Formose

Ta douleur va s'estomper

Et qu'il sera doux de se retrouver !

La nostalgie me porte loin vers l'horizon bleu

L'océan en dessous La nuit étoilée au-dessus

Et devant, le monde où me pousse l'ouragan de la vie

Ne pleure pas mon enfant Vaines sont tes larmes

La Paloma, ohé !

Il faut bien que cela finisse un jour !

Seul l'amour et ses tendres souvenirs

Sur terre, me feront revenir

Mon épouse, c'est la mer

Et à elle seule, je puis être fidèle

Quand la tempête entonne son chant..."

Il fallait que vous mettiez ce costume par ce temps !

"L'océan est si bleu Et l'horizon si vaste

Mon regard embrasse l'univers lointain..."

Je me demande ce qu'il a.

Il ne chante pas comme d'habitude.

Pas du tout comme d'habitude !

"En route vers le cap Horn

A la grâce de Dieu..."

Quelque chose cloche.

C'est ta faute, tu te laisses trop faire.

Jens fait ce que je veux, et pas l'inverse.

Ce n'est pas la même chose.

Tu ne l'aimes pas, Jens.

"Un jour, tout cela sera du passé

Un jour, l'océan nous prendra pour l'éternité

Sans qu'aucun d'entre nous

n'espère un retour !

L'épouse du marin, c'est la mer

Et à elle seule, il restera fidèle !

Quand la tempête entonne son chant

Je sens naître en moi

une grande liberté !

Pour les marins, ohé !

La Paloma, adieu !"

Que cherches-tu ?

- Où tu as mis le "Padoua" ? - Le "Padoua" ?

Le cadeau de Jens et Fiete. Un bateau en bouteille.

Le voilà !

Pourquoi tu le planques ?

Si je veux m'en aller,

rien ne pourra me retenir.

Qu'est-ce tu as, Hannes ?

Tu n'es plus le même.

Je finis par en avoir marre à la longue :

amuser la galerie tous les soirs !

Je fais le mariole.

Hannes Kröger, le marin chantant.

Je suis quoi, ou qui, en fait ?

Un vulgaire racoleur... Voilà ce que je suis.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Tu voulais être ton propre chef.

- Mon propre chef ! - Et tu l'es.

Tu n'as plus à trimer pour les autres !

Tu as tout ce qu'il te faut. A manger, à boire, de l'argent.

Et tu m'as moi.

Il y a autre chose.

Je vois.

"Une" autre, tu veux dire !

- Je vois. - Mais enfin.

Quand on navigue sans gouvernail,

on finit par s'échouer.

Et pas de remorqueur pour te tirer de là !

Ce sont des pensées bien sombres.

La Grande Liberté m'a lessivé. Je suis une épave !

Tu es fou.

On peut parler comme ça,

quand on attend le grand pilote qui ne va plus tarder

à venir nous chercher.

Mais toi, tu peux partir le nez au vent !

Le nez au vent, c'est toi qui le dis.

J'ai trop de liens qui me retiennent à terre.

Largue les amarres avant qu'il soit trop tard !

Sinon tu finiras comme moi.

Reprendre la mer...

Juste au moment où...

Eh oui !

Alors, tu n'as plus besoin de la mer !

Achète une barcasse pour les touristes !

Une barcasse ?

Comment ça ?

- Il est malade ? - Oui, il est malade !

L'âne est malade ?

Formidable, cet endroit.

Le chanteur s'est carapaté et l'attraction est malade.

Si on était à Cologne...

Salut Werner !

Tu viens avec nous dimanche ?

Dimanche ? Non.

J'ai mieux à faire !

Mon ami Puhlmann a besoin de moi sur le port.

Il fait beau aujourd'hui.

Où allons-nous ?

Je vais te montrer l'Elbe.

Et après, on ira à Blankenese.

"Pour ma douce et moi, c'est le plus beau

De descendre l'Elbe en bateau"

On pourrait aller danser chez Sagebiel ?

Comment connais-tu cet endroit ?

Un client du magasin voulait m'y emmener.

Heureusement que je n'étais pas là.

Puhlmann ! Il y a urgence ?

Il faut que tu m'aides ! Mon guide m'a laissé tomber.

Je n'ai plus personne pour le Germania.

Tu peux faire la visite ?

C'est l'occasion de te montrer le port.

Pourquoi pas, Sagebiel peut attendre.

J'arrive !

Moi aussi.

Là, c'est le Kaiserspeicher.

L'horloge que vous voyez

ce n'en est pas une. C'est une jauge !

Par contre, la grosse boule

c'est une horloge, la "boule horaire".

Ou comme on dit ici, la "boule horreur".

C'est la montre des marins. Elle ne rentre pas dans la poche.

On en apprend des choses !

De ce côté, mesdames,

c'est la plus grande fabrique de poudre du pays.

Mieux vaut s'éloigner, hein.

On y fabrique de la poudre à lever !

Saletés de mouettes !

Les risques de la navigation !

Pas moyen de s'en préserver.

Que pensez-vous de mon costume gris ?

Bien sûr...

Sans cravate, il manque d'allure.

Ce cargo fait 500 tonneaux.

- De vin ? - Mais non, mademoiselle.

C'est sa contenance. Il contient des caisses de rhum.

A force de parler de tonneaux, j'ai la gorge sèche !

- Vous m'avez parlé ? - Non.

Vous avez dit "non", vous n'avez pas perdu la parole.

Vous pouvez dire "oui" ?

Vous êtes insolent.

Oui, autant qu'une mouette sur un chapeau.

A présent, le regard ravi se pose...

C'est le bouquet ! C'est trop fort.

Et l'apothéose de notre visite :

vous apercevez le port des voiliers.

C'est un fabuleux spectacle.

Voici le dernier bateau à voiles basé à Hambourg.

Le quatre-mâts le "Padoua".

De la compagnie F. Laeisz.

J'ai servi sur ce bâtiment d'exception.

J'ai passé des années à son bord.

Menteur !

Espèce de faux frère ! Descends voir !

Le dernier voyage Australie-Hambourg,

le "Padoua" l'a effectué en un temps record de 68 jours.

Vous passez le prochain dimanche avec votre parent éloigné ?

Sûrement.

Je vous attendrai à 15 h devant chez vous.

Sans cravate ?

Si le monsieur du fond veut bien écouter.

Je n'aime pas parler dans le vide !

Ici, sur Pinnasberg, le plus beau bâtiment d'Hambourg.

C'est mon immeuble.

Là-bas, c'est le chantier naval de Blohm et Voss.

Le plus grand du pays.

Tout Hambourg connaît la chanson des ouvriers du chantier.

"On est les rois de Hambourg

On travaille chez Blohm et Voss

De joyeux drilles, toujours impec

On chique le tabac et on a toujours soif

Le dimanche, sur notre trente-et-un

Une jolie fille au bras

Comme des lords au bal

On peut nous voir partout !"

Taisez-vous, on n'est pas à la chorale !

Mon galurin !

Attends un peu, mon garçon.

Si ces messieurs-dames veulent bien aller par là...

Je fais une petite manoeuvre.

Vous aurez une dernière vue sur le port.

Comment se fait-il que vous connaissiez la chanson ?

Je travaille sur le chantier.

Quoi ? Vous n'êtes pas marin ?

Moi ? Non !

Je n'ai pas le pied marin.

Gisa, viens voir !

Vous ne remettrez pas le costume gris dimanche prochain.

Si, justement !

Je vais aller danser dimanche.

- Une nouvelle petite amie ? - Pas encore, Mme Kaasbohm.

C'est pour dimanche !

Ce dimanche-ci, c'est impossible.

Je me faisais une joie d'aller enfin danser.

Ne sois pas triste.

J'ai un rendez-vous très important pour moi.

Et peut-être pas seulement pour moi.

A plus tard, petite. Paloma.

C'est notre dernier dimanche et on va chez Puhlmann ?

Je voulais fêter mon départ avec Margot.

Je fais un tour du port et vous jaugez le rafiot.

Je t'attends !

Tu vas acheter la barcasse ?

Peut-être.

Tu veux rester à terre ? Il nous en bouche un coin !

Quel toupet !

LA PLUS BELLE GUINGUETTE DE L'ELBE

Vous dansez très bien.

L'honneur vous en revient.

- On va très bien ensemble. - Vous trouvez ?

Oui, vous êtes pile à la hauteur de mes bras.

- C'est nécessaire ? - Obligatoire.

C'est quoi ?

Si on la faisait pondre ?

Vous ne résistez pas aux machines à sous.

C'est ce que répète toujours Mme Kaasbohm.

- Tenez. - Merci.

- Qui est Mme Kaasbohm ? - Ma logeuse.

Vous voulez faire sa connaissance ?

Non ?

Le reste n'est pas servi.

La bousculade du dimanche.

Vous venez ici tous les dimanches ?

Non, seulement de temps à autre.

Si on reprenait un verre ?

Non, je vais être soûle.

Ce n'est pas grave, je te raccompagne chez toi.

- "Te" ? - Oui.

Voilà ce qu'on a oublié : le verre de l'amitié !

Appelez-moi Mlle Gisa et je vous appellerai...

Comment tu... comment vous appelez-vous ?

Lapsus ! Alors, on se tutoie ou pas ?

Faites donc comme il te plaît.

Je m'appelle Georg Willem Stoltz.

Et moi, Gisela Sophie Häuptlein.

- C'est nécessaire ? - Primordial.

Réfléchis tranquillement

et donne-moi ta réponse.

On s'entendra sur le prix.

Entendu, Fritz.

Vous êtes toujours là ?

Le "Padoua" reprend la mer après-demain.

Vous vous êtes déjà réengagés ?

Faut renflouer les caisses.

Et puis, l'âne est malade...

Pauvre Margot !

- Quand part-il ? - A 7 heures.

Hannes, t'es pas dans ton assiette,

ça se voit comme le pif au milieu de la figure.

Elle s'appelle comment ?

Qui ça ?

Ne fais pas l'innocent !

Tu nous oublies, tu veux rester à terre...

Tu veux acheter une barcasse.

Il y a une histoire de jupons là-dessous !

Ne dites pas de bêtises.

Sois franc, Hannes,

tu veux te marier ?

Peut-être, oui.

Si elle veut de moi.

Tu lui as pas demandé ?

Non. C'est pas comme les autres fois.

Qui c'est ?

On la connaît ?

Elle n'est pas d'ici.

Elle arrive quand alors ?

Elle habite chez moi !

Il sait y faire !

Ce n'est pas ce que vous croyez.

Ce n'est pas une fille facile.

Paloma,

c'est autre chose.

- Comment elle s'appelle ? - Gisa !

Tu viens de dire Paloma.

Les oreilles, ça se lave !

Et à quoi elle ressemble, cette Gisa ?

- Elle est jolie ? - Très...

Travailleuse, ordonnée, soignée, sérieuse et tout.

Une fille honnête comme on n'en fait plus.

Tu nous en diras tant !

Si c'est comme ça...

Dommage !

Dommage, on ne verra pas cette Paloma.

- Comment ça ? - On repart après-demain.

- Vous voulez la voir ? - Un peu !

Alors, venez !

- Tu es pressé ? - Avance un peu.

Essuyez-vous les pieds !

Gisa ! J'amène de la visite.

Ne restez pas là !

Gisa ! Poussez-vous.

Gisa, tu n'es pas là ?

Elle a dû sortir.

Tiens, c'est pour toi.

"Ton dîner est sur le plateau dans la cambuse,

"je suis partie me promener avec un ami."

"Si on allait chez Sagebiel ? Je suis en bas.

Willem, sans cravate."

- Qu'est-ce que tu dis ? - C'est écrit de ce côté.

La blanche colombe, envolée...

Sagebiel !

On s'en va ?

Oui.

- L'addition. - Je reviens.

Alors ? Hein ?

C'est permis, ça ?

Hannes !

- Non ! - Je t'ai pas sonné, toi !

Garçon, l'addition !

Je voulais justement rentrer.

- Vous avez pris ? - Je paie ta commande.

Ici c'est moi qui paie !

Je vous laisse réfléchir.

Messieurs, il manque 6,20 marks.

Bas les pattes.

Gisa !

J'habite au 3, rue Steckelhörn.

- D'où tu connais ce lascar ? - Du magasin.

C'est pas un lascar, mais un gentil garçon.

Un fanfaron !

- Vous vous êtes vus souvent ? - Non.

Et la rencontre sur le bateau, c'était un hasard ?

Pour moi, oui.

- Ne mens pas ! - Arrête de hurler !

Tu veux que tout le monde nous entende ?

Qu'ils s'occupent de leurs oignons !

Nos affaires ne les regardent pas !

Tu as laissé la radio allumée.

Tu devais être pressée de sortir !

C'est ouvert !

Te voilà !

Que fais-tu ici ?

J'ai été surprise par la pluie.

Heureusement que j'avais tes clés !

Bonjour.

Mon Dieu, vous êtes trempée.

Voici Mlle Häuptlein, une parente éloignée.

- Et voici... - Anita Schröder.

C'est ma patronne.

On peut le dire comme ça !

Va vite te déshabiller, tu risques d'attraper un rhume.

Et j'ai besoin de mon chanteur.

Je vais faire un bon café.

- Je peux le faire. - Inutile. Je connais la maison.

Jens m'a tout dit, ça dure depuis longtemps ?

Gisa ? C'est la petite amie de mon frère !

Et tu l'as récupérée, ça reste dans la famille.

Pas d'insolence. Disparais de ma vue !

Où sont mes chaussettes ?

Reprisées et rangées dans l'armoire.

- Va mettre tes chaussettes. - Oui !

Voyez-vous cela.

Faut le prendre comme il est.

Vous êtes ici depuis longtemps ?

Depuis un mois.

Il est très gentil, au début.

Après, ça se gâte.

Vous êtes bien jolie.

Mais les marins sont durs à garder.

Hannes ne veut plus aller en mer.

C'est ce qu'il dit !

Il repartira un jour ! Je les connais !

Vous croyez qu'il va vous épouser ?

Vous auriez bien voulu, vous !

Moi avec un lascar pareil !

Hannes n'est pas un lascar.

C'est un homme droit, et comme il faut.

Il sait très bien ce qu'il fait.

Et moi aussi.

L'eau bout !

C'est pas encore assez chaud ?

Il faut qu'elle s'évapore ?

Tout à l'heure, dans l'escalier, je t'ai...

Je t'ai un peu crié dessus, Paloma.

Un peu, ça va encore.

Il faut que tu comprennes.

J'ai mes raisons.

Surtout maintenant que je sais que...

Tu veux bien boutonner mon corsage ?

Je reconnais que l'appartement est bien tenu.

Un nouveau service, de nouveaux rideaux, une nappe.

Mais vous êtes installée ici.

Moi, je ne faisais que passer.

Mais c'était joli quand même.

On peut parler d'autre chose ?

Il faut le laisser infuser.

Avez-vous déjà entendu Hannes chanter ?

Oui, à la radio.

A la radio, c'est pas pareil !

A l'Hippodrome, vous ne le reconnaîtriez pas.

Il ne veut pas que j'y aille.

Pourquoi ça ?

Mon cabaret n'est pas un bastringue !

Les clients viennent exprès pour Hannes.

Surtout les dames.

Tu vas arrêter !

La femme du consul, elle ne vient que pour toi.

Elle est folle de lui et veut le faire entrer aux Variétés.

On le boit, ce café ?

Je ne veux pas de café.

Pas de café, rien à manger.

Votre fiancée n'a pas voulu de vous ?

Fichez-moi la paix ! Je m'en vais.

Par ce temps ? Votre costume bleu va finir comme l'autre !

- Qu'avez-vous ? - Je n'aime pas prendre de veste !

"La première fois, ça fait très mal

On croit qu'on ne s'en remettra jamais

Mais le temps aidant, peu à peu

On s'y habitue"

- Il est dans son élément. - Il est transfiguré.

Je vous le dis, sa place est sur la Grande Liberté !

"Le premier fut un marin..."

La femme du consul.

"Il portait un pantalon bleu océan

- Salut ! - Bonsoir, Fiete !

- C'est une nouvelle ? - C'est Mlle Gisa.

C'est vous, Gisa ?

Je m'appelle Fiete Brinkmann.

Je suis un vieil ami de Hannes.

- Comment tu la trouves ? - Je vais la tuer...

La tuer de mes mains.

- Qui ? - Elle !

Comment tu t'appelles ?

Hein Ulm.

Hein ? C'est un beau nom.

Quand as-tu débarqué ?

S'il s'approche, je le tue.

Après, je vous montrerai l'âne.

- Il y a des ânes ici ? - Plus qu'il n'en faut.

- Où est-il ? - A l'écurie.

Il ne peut plus marcher, dommage, non ?

Il ne peut plus marcher ?

Je vais le faire trotter.

"Etre fidèle, dit-il, je peux tenter

Je n'ai jamais essayé une chose pareille

Si c'est un garçon, ce sera Johannes

Si c'est une fille, on l'appellera Marie

Il n'est pas venu au mariage

Au baptême, il n'était pas là

Alors, elle en a pris un autre..."

Ah voilà !

"A qui Johannes dit : papa !"

Et ça arrive dans les meilleures familles !

Tous avec moi !

Tu ne me dis pas bonsoir ?

Je veux pas indisposer ton copain.

- Qu'est-ce que tu as ? - Laisse-moi !

Hannes !

Il s'est approché !

Excusez, c'est une erreur.

Rentre à la maison, tu n'as rien à faire ici !

Vous êtes fous ?

C'est une erreur, je vous dis !

- On s'expliquera après. - J'y compte bien.

Ta mère va pas te reconnaître !

Qui ne risque rien...

Et t'auras le pif écrasé !

Plutôt ça que d'avoir le tien !

Police !

Venez, messieurs.

Je vais t'écrabouiller !

Quand as-tu débarqué ?

Attendez-moi !

Fiche le camp, Fiete ! Et arrêtez de brailler !

Que se passe-t-il, Kröger ?

Une petite fête de famille, monsieur l'agent.

Bien.

Faites en sorte que ça ne déborde pas à l'extérieur.

Tu vas laisser Gisa tranquille !

Je te la laisse volontiers !

Les traînées, très peu pour moi.

Espèce de salopard !

Tu dors, Gisa ?

Non.

Fallait pas que tu viennes à l'Hippodrome ce soir.

Je n'ai rien vu venir.

Je ne sais pas comment la bagarre s'est déclenchée.

Mais c'était peut-être le destin.

Je sais à quoi m'en tenir sur ce type.

C'est facile de salir la réputation d'une femme.

Il a fait ça ?

Il te prend pour une prostituée.

Non.

Il t'a traitée de "traînée de la Grande Liberté".

Ne te tracasse pas pour ça.

Peu importe.

Tu n'en as rien à faire de ce type.

Je suis là, moi.

Je voulais t'en parler depuis quelque temps.

Je quitte la Grande Liberté.

Ce n'est plus une vie, à force.

Avec Anita, c'est fini depuis longtemps.

Et les autres femmes,

ça va, ça vient comme ça peut.

Je ne suis qu'un homme après tout.

La femme du consul !

Elle veut me faire engager aux Variétés.

C'est mieux ainsi.

Si tu n'étais pas arrivée,

j'aurais repris la mer.

C'est plus fort qu'on ne croit.

Il y a eu la mort de mon frère.

Et puis toi.

Et là, tout a changé.

Naviguer le nez au vent, a dit l'amiral. Gisa.

Je vais acheter la barcasse, c'est certain.

Et tu verras comme la vie sera belle !

On réunira tes affaires et les miennes.

Et on se mariera.

Il y a une belle expression dans la marine marchande.

Bon vent, et bon voyage.

Adieu, camarades...

HANNES KRÖGER VISITES GUIDEES

PALAIS DE LA DANSE

Théâtre des Variétés.

Reprends la mer !

Reste avec moi !

Tu ne seras pas timonier !

Le nez au vent !

Reprends la mer !

Reste avec moi.

Tu ne seras pas timonier.

Le nez au vent.

Ne crains rien, Paloma.

Je reste avec toi !

3, rue Steckelhörn...

Qu'est-ce que tu as ?

Rien du tout...

J'ai dû rêver.

Rendors-toi, Gisa.

Tout ira bien.

Jens !

Je vais te dire :

notre Hannes est perdu pour la navigation.

Ce que l'amour peut faire d'un homme !

Je suis content de repartir demain.

Et alors, Jens, Fiete !

Bientôt 7 heures et vous n'êtes pas prêts ?

- Je reste à bord. - Que me chantes-tu là ?

Je reste à Hambourg. C'est encore mieux que Cologne.

Hambourg me sort par le nez.

Mettez tout ça là.

Vous habitez haut, dites donc.

Et encore, je ne suis pas gardien de phare.

Que se passe-t-il ? Un anniversaire ?

Vous êtes bien curieuse ! Tenez, 50 marks.

On peut demander, non ?

Ne vous inquiétez pas, Mme Börgel.

Allez en cuisine. Gisa va arriver.

Bonsoir, M. Wellenkamp. Je déballerai les vareuses demain.

Ne vous en faites pas, on a le temps.

Rentrez vite, il doit vous attendre.

Personne ne m'attend.

Dites, M Wellenkamp,

vous connaissez la rue Steckelhörn ?

Une demoiselle vous demande.

Quelle demoiselle ?

Je l'ignore, je ne l'ai jamais vue.

Passez une chemise, au moins.

Pourquoi ?

- Que fais-tu là ? - Il faut que je te parle.

Je t'en prie.

"Tu as de la chance en amour, Bel Ami

Chanceux avec les femmes, Bel Ami

Sans beauté, il faut du charme

Sans esprit, il faut pom pom...

Sans bravoure..."

"Tu tombes amoureux chaque jour

Tu donnes des baisers Sans jamais rester fidèle

Mais la femme qui t'aime..."

On peut pas se marier avec des portes si étroites !

Voilà !

J'ai cru que tu étais avec lui.

Je ne serais pas venue ici dans ce cas. Si ?

Non.

Tu n'as rien mangé !

Attends-moi là. Je reviens.

Madame Kaasbohm !

On pourrait avoir du rab ?

C'est votre nouvelle fiancée ?

Elle vous plaît ?

Vous m'en demandez trop.

Voyons voir...

Jeune homme.

Et l'autre anneau.

Où tu vas toi ?

"Maison du Marin", bonsoir.

Non, Hannes, elle est partie à 19 h.

Que veux-tu qu'il lui soit arrivé ?

Ce n'est plus une petite fille !

Elle aura fait une course.

Mais oui !

Elle m'a demandé la rue Steckelhörn.

Qu'y a-t-il M. Kröger ?

Rien du tout.

QUI OSE GAGNE

Ça a commencé quand pour toi ?

Attends voir.

C'était près du bandit manchot.

C'est quoi ?

La machine à sous, en bas de chez toi.

Tu te souviens ?

Cette fois-là, tu m'as bousculé.

Je t'ai trouvé odieux, tu étais si effronté !

Et pour toi, ça a commencé quand ?

Près d'une machine à sous.

- Mais tu viens de dire... - Pas celle du café !

A Blankenese.

Sagebiel, bien sûr.

Qu'on n'aille pas critiquer les machines à sous !

Redis-le encore une fois.

On ne le dit qu'une fois.

Je veux l'entendre encore.

Je ne le redirai pas.

Il est joli ! Qui te l'a donné ?

Il me vient de...

des mers du Sud.

- Demain, je déménage. - Tout près d'ici, alors.

D'ailleurs, demain me fait peur.

Tu crois peut-être que je t'oublierai demain ?

Non.

Non, c'est juste que...

J'ai peur de le blesser.

Pourquoi ? Il s'est passé quelque chose entre vous ?

Non.

Mais ces dernier jours, il était si différent.

J'ai eu l'impression que...

Je l'ai eu dès le début.

Il n'a jamais rien dit.

Alors, tu n'as rien à te reprocher.

Je me sens ingrate.

Pourquoi donc ?

Tu t'es occupée de lui.

On dirait que ça te coûte.

Ne dis pas de sottises !

Attends, j'ai quelque chose pour toi.

Tu voulais échanger ta cravate !

Trop tard ! Le costume est fichu !

Tu t'imagines que j'ai besoin d'elle ?

Comme si tu croyais que j'avais besoin d'elle !

Je n'ai pas besoin d'elle !

Au revoir.

- Où tu vas ? - Voir Margot.

Amène-toi !

Entrez !

"A quoi bon avoir une jolie fille

Quand d'autres

vont se promener !"

Sortez !

"Je la couvre de baisers

En hommage à sa beauté

Je la couvre de baisers..."

Assez !

Bande d'idiots.

Qu'est-ce qu'il y a ?

- Qu'est-ce qu'il a ? - Regarde !

Des bagues de fiançailles.

Hannes.

Laisse tomber.

Il faut que tu partes.

Si tu te réengageais avec nous ?

L'équipage est déjà au complet.

Non, justement !

Karl, le gars de Cologne, tu sais ?

Il veut rester à Hambourg s'il trouve un remplaçant.

D'un coup comme ça ?

Pourquoi ?

La vieille histoire.

Je vois, à cause d'une femme !

Non !

Je peux régler ça au téléphone avec le capitaine.

Repartir en mer ?

Repartir en mer...

"Là-bas on fête un mariage,

Mais cela m'importe peu

Car je suis marin..."

Bonsoir, grand-père.

Jens, qu'est-ce que t'as ?

Je pense encore à Margot.

T'es malade ou quoi ?

Ecoute, Jens.

Faut pas se faire...

Tu pleures ? A cause d'une femme ?

Laisse-la donc filer !

"Car je suis marin,

Et j'ignore tout de la fidélité"

Demain, tu seras en mer.

Et alors, tout sera différent.

"Voguer pour l'éternité

Sous les cieux brûlants"

Quand tu te retrouveras sur le pont,

et que le vent s'engouffrera dans les voiles...

Tout sera oublié.

Tu te souviens pas, Jens, de ce Noël-là ?

Rappelle-toi ce que notre capitaine avait écrit.

Dans notre calendrier, il avait noté :

"On ne pourrait croire tout ce qu'un homme peut oublier

quand il est homme !"

"Mon épouse, c'est la mer"

Quand on rentre chez soi après un long voyage,

alors peut-être a-t-on oublié

à quoi elle ressemblait.

Ou alors...

On en trouve une autre !

Si c'est ce qu'on veut.

"A quoi sert une couronne à l'empereur ?

A quoi sert l'argent à un marin ?

Car il n'existe rien de plus beau

Qu'une fille de Hambourg que l'on paie !"

Jens, avec nous !

Car il n'existe rien de plus beau

Qu'une fille de Hambourg que l'on paie !"

Deux, trois...

"Hammonia

ô Hambourg

Tu es d'une telle splendeur !

Ville de Hambourg sur l'Elbe..."

Hannes, j'ai ton paquetage. Mme Börgel avait la clé.

C'est bien.

Hannes repart en mer ?

A bord de notre "Padoua" !

Il remplace Karl. Le capitaine est d'accord.

Hannes !

C'était écrit, Anita.

Il faut repartir un jour.

Ne pleure pas, mon petit. Viens là !

Embrasse-moi.

Tu n'étais sûrement pas la pire de toutes.

Allons, en route !

"Et toi, mon trésor,

tu restes ici..."

Bon vent,

et bon voyage, les gars !

Conformation des sous-titres : Karina Films

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