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...intensifie la pression de la population.
Le Premier ministre a demandé des renforts militaires.
Le roi William ne devrait pas regagner la capitale.
Londres 2015
OĂč tu vas comme ça ?
J'ai un truc Ă faire...
OĂč tu vas comme ça ? On est cool.
Quoi ?
Tu veux te tirer ? Reste tranquille.
Pourquoi tu flippes ?
T'inquiĂšte pas.
On veut juste discuter, mec.
Tenez-le.
LĂąche-moi, mec !
LĂąche-moi !
6 heures plus tĂŽt
Ăa craint dans les rues aujourd'hui.
à Londres, la beauté cÎtoie la misÚre.
Chaque jour, tu risques ta peau.
N'empĂȘche...
ce sera peut-ĂȘtre moi le prochain.
C'est comme ça qu'on vit.
Il faut toujours ĂȘtre prĂȘt.
Il faut ĂȘtre malin et connaĂźtre les bons plans.
La violence.
C'est comme ça qu'on se fait comprendre.
Les gamins se battent et s'entretuent.
Si tu les fais chier, tu te fais éclater.
Lâenfance, c'est fini depuis longtemps.
Les keufs ont jamais rien fait pour nous.
Ils en ont rien Ă battre de notre quartier.
Les aides sociales ont été vendues aux bourges.
Les politicards ont tout privatisé.
On touche plus rien.
Pauvres et riches, chacun reste dans sa zone.
LâĂtat nous file plus rien. On doit se dĂ©merder.
Il vaut mieux que tu sois de notre cÎté.
Sinon,
t'es une victime.
C'est aussi simple que ça.
On m'appelle Junior. Y a pas plus rapide que moi.
Personne me rattrape.
Lui, c'est mon frĂšre, Rager.
Je l'aime bien.
On a pas connu notre pÚre, ça l'a endurci.
Je veux devenir comme lui. C'est le chef.
Moi aussi, je le serai un jour.
Sweet Boy, le gosse beau.
Il se prend pour un séducteur, bien gaulé et tout.
Il dit toujours n'importe quoi.
Je l'ai surnommé Biryani.
Lui, c'est Kickz. TĂȘte de Kebab, je l'appelle.
Notre chauffeur attitré.
Il passe sa vie Ă nettoyer ses pompes.
Craze. Il dit qu'il a fait l'armée. C'est du vent.
Il a juste joué à Call Of Duty 4.
Ăa l'a rendu un peu psycho.
Ăa, c'est dĂ©gueu. DĂ©gueu parce qu'il chie partout.
Il est con, ce clebs. Mais il nous suit partout.
Notre truc, c'est de faire du blé, de réussir à vivre.
On court aprĂšs le fric.
On s'appelle comme ça, les chasse-fric.
Rager et moi.
Ma mĂšre est morte quand j'avais 10 ans. Il a promis qu'il veillerait sur moi.
Il a toujours Ă©tĂ© malin, mĂȘme quand il traĂźnait avec les dingues.
Dingues et violents, en plus.
Il les a plaqués.
Le seul moyen de survivre depuis que le pays est parti en couille,
c'était de faire du bizness en vendant de la bouffe.
Pour pas que ça craigne trop, on a formé un gang
avec des mecs qui venaient de plusieurs quartiers.
Ă ce moment-lĂ ,
Sweet, Craze et Kicks ont été malins aussi.
Ils ont bien géré .. leurs potes crÚvent la dalle.
Ils doivent ça à Rager. C'est un frÚre pour eux.
On va pas chercher la merde
mais on se serre les coudes.
De la drogue et des guns, on en voit plus trop
depuis un certain temps.
De la bouffe. VoilĂ ce qu'on veut.
VoilĂ ce que tout le monde veut. De la bouffe.
Nous, on braque, on bute pas,
et on se fait pas buter non plus.
On dégotte la meilleure bouffe, ouais, mon pote !
Dégage, mec !
Chopez-le !
Ăa va, les gars ?
Tu me surprendras toujours.
On vit dans le tiers-monde et tu t'en tires.
Tu crois que c'est facile ?
Junior.
Tu es un magouilleur.
- Je fais du bizness. - Fais-moi voir.
Ton frÚre, ça va ?
Lequel ?
Ton vrai frĂšre.
Ăa va. Comme d'hab.
C'est bien. J'en voudrai d'autres.
Je te file 100.
- 200. - 400.
- J'ai que 200. - Alors salut.
- 300. - J'ai un plan.
400.
Et grouille-toi.
350.
C'est moi qui ai la meilleure bouffe.
A plus.
Sois prudent.
Approche.
Serviette.
Alors ?
350.
Il y a que 340.
J'ai acheté un truc.
- Quoi ? - Des bonbecs.
- Pris chez les Pakis ? - J'avais faim.
- Ăa te nique le bide. - Oui, mais c'est bon.
Viens voir.
Pour les potes.
On part quand alors ?
Du calme. On est loin d'ĂȘtre prĂȘts.
Tu avais dit "Cette année".
On partira cette année. Sois patient.
Jusqu'Ă quand ?
- Encore deux semaines. - Tu dis toujours ça.
Tu ramĂšnes trois fois rien.
- T'as vu ce qu'on deale ? - Alors vise plus gros.
Tu as qu'à aller au marché, toi aussi.
Non, j'aurai des embrouilles si j'y vais.
Y en a trop qui veulent ma peau. Je préfÚre rester képlan.
C'est moi le chef. Tu fais ce que je te dis.
Les Souljahz veulent nous faire concurrence.
Ils sont chelous. T'approche pas de leur cité.
Reste Ă distance.
On reste képlan.
Eux aussi. Personne sait oĂč se cache Tugz.
Ăa les empĂȘche pas d'agir alors ouvre l'Ćil.
C'est la guerre, dehors. C'est n'importe quoi.
Tu fais l'aller-retour, point barre.
Pigé ?
- Qu'est-ce qu'on attend ? - D'avoir assez de thune.
- On a ce qu'il faut. - Non, pas assez.
Il faut avoir tout prévu.
On s'en sortira.
Ah oui ?
Fais-moi voir comment tu t'en sors.
Allez, bouge.
Les potes viendront avec nous ?
- S'ils aiment le camping. - Ils ne voudront jamais.
T'es mon frangin mais ils comptent aussi. L'oublie pas.
Tu pares, ok ? PrĂȘt ?
- De quoi t'as peur ? - De rien.
Hésite pas.
Ăa doit taper ici, ok ?
C'est ça !
Encore. Plus fort !
LĂąche-moi, Rager.
Allez, lĂšve-toi.
Va nous chercher Ă bouffer, et pas qu'un peu.
Viens ici. Tu sais que je t'aime.
- T'es pédé ou quoi ? - Tais-toi.
Allez, bouge. Je veux te voir speeder.
Je vais plus à l'école.
Elles ont toutes fermé ou presque.
Je trace les plans, j'organise les casses.
C'est ça, mes devoirs.
Toujours Ă chercher de la bouffe.
ĂCONOMIE
POPULATION NOURRITURE
CRIMINALITĂ
HOMICIDES
Les jeunes traĂźnent tous dans la rue
mais Tugz, c'est un malade mental.
Ă ce qu'on dit,
il tabassait sa mĂšre.
Avec son gang, il veut faire la loi dans chaque cité.
Je dois l'éviter, point barre.
Tu en as mis du temps !
Ăa va ?
LĂąche-moi.
Apporte-moi cette boĂźte.
Dis-moi que tu reviens pas les mains vides.
Prends celle-lĂ aussi.
Tu pouvais pas le faire avant ?
Si, mais tu es un feignant.
Faut que je t'oblige Ă te remuer.
C'est lourd, hein ?
Je ferai de toi un vrai petit gangsta.
Alors, raconte.
C'est de la balle. Un camion, deux gardes.
- Avec des boissons ! - Salut, mec.
Yo, Kickz.
- Il nous faut quoi ? - Comme d'hab.
Il faudra assurer. Je le répÚte :
pas de morts, mĂȘme si on crĂšve la dalle.
T'inquiĂšte.
Je te l'ai toujours dit :
y en a lĂ -dedans.
Tu entends ça ?
On y va tous ensemble ?
- Gros, le camion ? - Normal.
- Gardes ? - Deux.
- Pas d'embrouille ? - J'ai tout prévu.
On sera peut-ĂȘtre pas seuls.
Vous savez quoi ?
- J'ai niquĂ© une meuf dans ce coin. - ArrĂȘte, sĂ©rieux.
- T'en as pas marre ? - Tu mens.
Et alors ? Je tire mon coup, moi.
Ăa suffit.
- On se barre par oĂč ? - C'est prĂ©vu.
Je sais pas... Je le sens pas, c'est foireux.
Craze.
RamĂšne-toi !
Allez !
Pourquoi vous me réveillez ?
- Vise les pompes. - C'est des TN.
- Des quoi ? - Tu sais leur prix ?
- Je m'en fous. - Fermez-la !
Déconnez pas.
Faut assurer, le camion est lĂ dans 30 min.
Viens, mon chien !
Putain !
Sois Ă ce que tu fais.
C'est peut-ĂȘtre notre seule chance de manger.
On entre, on sort,
et on fait fissa.
- Je conduis. - Non, moi, je conduis.
Fermez vos gueules.
Ăcoutez.
Toi, les portes.
Toi, les gardes.
Allez, on y va.
- Je conduis. - Non, c'est moi.
- Tu conduis tout le temps. - C'est moi le pilote.
C'est mon boulot.
Vous oubliez rien ?
Ăa.
Fermez vos gueules.
Vous faites trop de bordel, sérieux.
J'ai la dalle
Faut que je graille Ya que du poulet qui m'aille
C'est ça que je veux Du poulet ou de la volaille
Du poulet plein la bouche Marre d'avoir le ventre vide
De la sauce servie Ă la louche Pour me remplir le bide
Attendez !
Nique les condés.
- Y a que 2 gardes ? - Fais-moi confiance.
Je t'ai déjà déçu ?
- Je connais une meuf ici. - On s'en fout de tes meufs.
- On te voit jamais avec. - Toi non plus.
ArrĂȘte de mentir.
Ta gueule, puceau.
Demande Ă ta mĂšre si je suis puceau.
- Petit con. - Quoi ?
ArrĂȘte, mec, c'est mon frangin.
Fais-lui la leçon.
La seule bombe qu'il ait jamais vue, c'est moi.
Tu vois que t'es pédé.
Tu veux m'apprendre quoi, Biryani ?
Ăcoute, petite bite.
Draguer une meuf, ça s'apprend. Je te montre.
"Tu dois ĂȘtre fatiguĂ©e Ă force de me trotter dans la tĂȘte."
- Tu rigoles ? - Ăa marche toujours.
Il faut savoir bouger, aussi. Checke ça.
Tu te crois Ă Bollywood ?
C'est comme ça que tu bouges.
Vas-y, aboule la bouffe
Vas-y, aboule la bouffe
Du lait, du fromage, du riz plein la bouche
- Tu vois ? - N'importe quoi !
Accrochez-vous.
C'est comme ça que tu bouges.
C'est l'heure de bouffer
C'est l'heure de bouffer
Va bouffer un kebab. Matez un peu.
Ils ont des scooters pour se barrer plus vite.
Mais oui, Donny.
Ce serait top de tomber sur des Big Mac.
Si on réussit, je t'en trouverai un.
- Et un Filet-o-fish. - Tu délires.
Y en a un plein congélo.
Ils doivent ĂȘtre pĂ©rimĂ©s.
C'est congelé.
Ducon.
Ducon !
Ronald me manque.
Avec des frites aussi.
Vous emballez pas.
Tu te souviens des frites ?
Avec la mayonnaise de furieux dans les cheeseburgers.
C'était dans les Big Mac, crétin.
Joue pas sur les mots, trou Ă bite.
T'as vu ?
C'est comme ça que tu bronches.
Recommence et je t'éclate.
Tu parles ! T'as que dalle.
Pas de gun, pas de schlass, rien.
Rien qu'un clebs qui pue.
ArrĂȘte-toi lĂ .
Vous en avez mis du temps.
Salut, ça va ?
Putain !
Bon chien.
Dégage, connard !
C'est pas le gang de Tugz.
Tu sors, et vite !
Bien ouĂšj, les gars !
Les affaires reprennent.
- Y a de quoi bouffer ! - Je t'avais dit.
Les mecs !
C'est les Souljahz.
Ils sont nombreux.
D'oĂč ils sortent ?
On les éclate, allez !
- Tu en as parlé à qui ? - Personne.
Les gamins sont pas seuls. Y a des anciens aussi.
On est pas sur leur terrain.
Ils s'en foutent ! Ce qu'ils veulent, c'est la bouffe.
Quelqu'un leur a filé le tuyau pour le camion.
Tirons-nous avant de nous faire rincer.
- T'as un problĂšme ? - On se barre.
Bande de golios !
Junior, oĂč tu vas ?
Ăa va pas, non ?
Retourne Ă la planque, grouille !
C'est mon frangin ! T'es ouf ?
Défoncez-lui sa gueule !
C'était ma bouffe !
Ăclatez-le.
Je vais le buter.
Aujourd'hui. Je vais dans sa cité.
Et je le bute.
On devrait tous les buter.
Tous ces putain de Souljahz.
Ăa changera quoi ?
Je savais bien que c'était foireux.
On peut rien faire. On va tuer personne.
- Ils sont sans pitié. - C'était mon frÚre.
On le sait qu'il était ton frÚre.
C'était notre frÚre à tous. On a tous perdu quelqu'un.
Et aprĂšs ? Tu veux te venger ?
Tu vas faire quoi ? Tu t'es vu ?
Rien Ă voir. Ćil pour Ćil, merde !
- Ce sera la guerre. - Tant pis.
Vous délirez. Moi, je suis là pour le bizness.
Je suis pas un tueur.
Et c'est pas un gosse de 14 piges qui va me donner des ordres.
Tu veux quoi ?
Je veux qu'il crĂšve.
Allons voir Breezer.
Breezer et les Somaliens ? T'as craqué ?
Ils feront que dalle ! C'est Ă nous de nous venger.
Rager serait contre.
Il disait aussi qu'on devait protéger sa famille.
Je refuse de crever la dalle.
Je dois
le tuer.
Tu veux quoi ?
Je viens voir Breezer.
Breezer !
Breezer.
C'était le pote de Sweet Boy.
Il est trop chelou.
Il traĂźne avec des Somaliens.
Eux, ils me font flipper.
C'est pas des petits joueurs.
Suivez-moi.
- C'est quoi ? - Du khat, goûte.
- Drogue à mùcher - 100 fois plus forte que la skunk - Défonce assurée
Sweet Boy.
- Ăa va ? - Content de te voir.
Qu'est-ce qui t'amĂšne ?
Je suis en galĂšre.
- J'ai besoin d'aide. - Ah oui ?
- C'est pas ton genre. - Je sais.
Raconte.
Asseyez-vous.
- Tu connais Rager ? - Oui.
Il s'est fait buter.
Merde.
Par qui ?
Cet enculé de Tugz.
Tugz, l'enculé.
- Et alors ? - Junior veut sa tĂȘte.
Ăcoute, mec...
Ces Souljahz...
Parles-en aux anciens de la cité.
S'ils t'écoutent pas, tu pourras rien faire.
Sauf si tu veux la guerre.
Dans ce cas, tiens-toi prĂȘt.
- C'est tous des malades. - Pas ceux-lĂ .
Dis, Sweet Boy.
T'as rien Ă bouffer ?
J'ai rien sur moi, mec.
J'ai trop la dalle.
Avant, j'avais une pure caisse.
Ma meuf me faisait le thé et me pompait tous les soirs.
Tu parles, t'avais un BMX.
Qu'est-ce que t'en sais ?
J'avais tout, mec.
Fallait voir ça.
Aujourd'hui, je deale pour avoir des saucisses.
- Des saucisses de Clarpton ? - De Clapton !
- Peu importe. - Non, mec.
Trouvez-moi du porc frais.
Avant, on aurait pu,
mais on s'est fait braquer.
On fait quoi alors ?
Ăcoute.
Si tu persuades les anciens,
ils seront ravis d'éclater les morveux.
On doit savoir oĂč ils se planquent.
Parfois, faut se démerder.
Se venger soi-mĂȘme.
- OĂč tu vas ? - Tuer Tugz.
Pas sans nous.
Breezer connaĂźt un gars qui nous aidera.
On se casse.
- Viens ! - Allez, debout.
Putain.
Viens, dégueu.
Putain, Craze...
Beano et son paquet
Beano.
Le mec le plus barré que je connaisse.
Jamais vu personne
gagner un combat contre lui.
Il en veut Ă Craze
d'avoir quitté son gang.
Ă part le tuer, il peut rien faire.
Craze essaie juste de gagner sa vie.
Il sauve ses fesses en livrant Ă Beano des haricots en boĂźte.
C'est quoi, ça ?
Tu veux quoi ?
Du calme, Beano, tout va bien.
T'as de la bouffe pour nous ?
On peut voir ça demain ?
D'abord, on a besoin d'un service.
Tiens donc ?
Je cherche un connard : Tugz.
Dis-moi.
Qu'est-ce qui me retient de t'en coller une ?
Il a tué mon frÚre.
Ton frĂšre ?
Assis !
Mec.
Je vais vous raconter une histoire qui vous sera utile.
Ăcoutez bien.
Quand j'étais un petit merdeux comme vous,
gonflé à bloc,
je voyais Londres
comme une chatte géante
qui attendait...
qui attendait que je la baise.
Je me disais...
"Quand je serai grand, je montrerai Ă tous ces cons
"qui a des couilles ici."
MĂȘme si j'Ă©tais tout petit.
Tu sais,
toute action
entraßne une réaction.
Ăa s'appelle la thĂ©orie du chaos.
Reste Ă savoir si tu veux vivre dans le chaos
et si tu veux que tes actions aient une réaction.
J'appelle ça l'effet chenille.
Avec l'effet papillon, tu as un papillon
et il se fout un peu de l'effet qu'il peut avoir.
Sauf que ce papillon
qui bat des ailes,
sans mĂȘme le savoir,
il peut déclencher une tornade
de l'autre cÎté du globe.
Et ça, bonhomme,
ça lui reviendra dans la gueule.
Tout comme ce que tu fais aujourd'hui
te reviendra aussi dans la gueule.
Ecoute, Beano...
Assis, gamin !
Tu es trÚs mal élevé.
Petit merdeux !
Toi, ferme ta gueule !
Petit,
laisse personne t'emmerder,
mais va pas emmerder les autres.
Le papillon,
il glande en battant des ailes
et il sĂšme le chaos.
La chenille, elle reste dans son sac
et elle fait chier personne.
On voudrait bien.
On est comme toi.
Tiens donc ?
Je vous aime bien.
Mais lĂ , tout de suite,
Vous venez battre des ailes dans mon pub.
Votre gang, vos emmerdes, on en a rien Ă battre.
Ăa te concerne pas, eux non plus.
Ăa concerne mon frĂšre et moi.
J'ai besoin de ton aide.
Vous m'avez toujours filé de la bonne bouffe.
Je vais pas vous faire chier mais...
vous ĂȘtes quand mĂȘme lĂ ,
Ă me demander de vous balancer un p'tit gars.
C'est une insulte.
Alors...
Je me dis...
Laissons les chiens régler ça.
Balise pas, mec.
Ton clebs
nique le mien,
et je te dis oĂč est planquĂ© Tugz.
Mais...
Si ton clebs
se fait bouffer,
c'est moi qui l'achĂšve.
Mon cul, oui. Je refuse.
Je me suis mal exprimé.
Tu vois,
il s'agit pas de dire "Oui,
"ça me branche" ou "Non,"
"une autre fois."
C'est pas ça.
Il s'agit de dire "Oui, Beano, bien sûr."
Bats-toi avec moi et laisse mon chien tranquille.
Vous ĂȘtes plus des non-violents ?
Tu sais quoi ?
Mon chien va bousiller ton clebs. En piste !
Donne-moi ta veste ! DĂ©pĂȘche !
Un marché est un marché...
Bonhomme.
Je suis pas une balance.
Va chez Papa, le resto.
C'est par lĂ .
Je sais oĂč c'est. Venez.
Papa. Il est pas méchant.
Il se croit la star du quartier.
Il est plus tout jeune.
Kickz était son livreur.
Ăa marchait bien.
Depuis la crise, il vend du poulet frit.
Kickz le connaĂźt depuis longtemps
mais sans Rager, il aurait crevé de faim.
Dis...
T'es pas fatiguée ?
"Dis, t'es pas fatiguée ?"
- Tais-toi, morveux. - Quoi ?
Yo, Papa.
Kickz, mon pote !
Ăa va, les gars ?
Ăa vous dit, de la volaille ?
Tout frais, tout chaud. KFP.
Chez Papa
Ăa va, on a mangĂ©.
Ăa veut dire quoi, KFP ?
Comme KFC, mais avec du pigeon.
Putain, ça craint...
T'aimes pas ma cuisine ? Ăcris au ministre.
On cherche quelqu'un.
Qui ça, petit ?
- Il s'appelle Tugz. - Connais pas.
- Le gang des Souljahz ? - Peut-ĂȘtre.
Ăcoute, Papa.
Dis-nous ce que tu sais oĂč je t'arrache le dentier.
Doucement, gamin.
T'iras pas loin avec ton marteau.
De mon temps, on se battait Ă l'ancienne.
D'homme Ă homme. Ă mains nues.
Pour régler nos comptes.
Tu vois mes dents ? ĂclatĂ©es Ă 20 ans.
Je les ai ramassées et je les ai remises en place.
Et alors ?
Alors tu ferais bien de m'écouter.
Vous ĂȘtes mĂȘme pas des durs.
Tais-toi et fais Ă bouffer.
Ă quoi bon, la violence ?
Les jeunes d'aujourd'hui,
ça tue avant de savoir marcher.
AbrĂšge.
Je connais ces petits gars, ces Souljahz,
mais je sais pas oĂč ils crĂšchent, ni oĂč est ce Tigz...
- On perd notre temps. - Du calme.
Vous leur voulez quoi ?
Ils ont tué son frÚre.
Je sais oĂč trouver leurs putes.
Tu les baises ?
Gaffe Ă ta gueule, connard !
Une fois, elles m'ont barbé des couteaux.
Ce con de Pudge
a rien vu venir.
Elles se sont barrées et je leur ai collé au cul
jusqu'Ă leur squat.
Y en avait un paquet.
Elles sont oĂč ?
Elles squattent le vieux bus à impériale.
Ăa marche.
Billets !
10 livres pour vous quatre.
Je te connais, toi ?
Moi, je t'ai jamais vu.
Et pas d'embrouilles.
Elles sont oĂč, ces meufs ?
Quand elles monteront, je leur parlerai.
Elles résisteront pas à ça.
Tu dis n'importe quoi.
C'est ça.
Comme je dis toujours,
tu peux te faire tuer aujourd'hui.
Ou alors ça peut ĂȘtre toi, le tueur.
Quand tu perds un proche,
tout...
Absolument tout...
change.
J'arrive pas à pécho
J'arrive pas Ă pĂ©cho MĂȘme en montrant mes abdos
J'ai mĂȘme draguĂ© une mytho Elle m'a pris pour un blaireau
Connard.
Ferme ta gueule.
Merde.
Les chiennasses
Ils sont en haut, ces cons ?
- Les chasse-fric ! - On veut de l'aide.
- Les affaires marchent plus ? - Je te parle.
Et alors ?
Vous avez jamais tué personne !
On est contre la violence.
Pas nous, alors écrase.
T'es con.
On sait que vous cherchez Tugz.
Laisse tomber, meuf.
On veut trouver Tugz et ça te regarde pas.
Personne débarque dans mon bus
pour me dire ce qui me regarde ou pas.
Descendez ou on vous éclate.
Du calme, les meufs.
On veut juste des infos.
Y en a sûrement une parmi vous
avec qui il se vide les couilles.
Tu vas trop loin.
Allez vous faire mettre !
C'est des grosses vaches, putain !
Rager s'est fait buter et on a fait que dalle pour le défendre.
C'est dur, je sais, mais on devrait rentrer.
Rager était contre la violence...
Oui, et il est mort !
Je vais buter Tugz, avec ou sans vous.
Viens, c'est des fiottes.
Attendez, on vient !
On va pas le lĂącher ?
Attendez !
- Les mecs ! - LĂąche-nous.
- On veut vous parler. - On est cool.
Quoi ?
Du calme.
On veut t'aider.
- Tu cherches Tugz ? - Tu le connais ?
Tu en as parlé dans le bus
alors j'ai prévenu mes copines.
Moi, c'est Ree Ree. Ma sĆur, Tash.
Elle, c'est Lexy. Elle est pas bavarde.
Junior.
Craze.
Kickz. Moi, c'est Sweet Boy.
- Tu lui veux quoi ? - Il a tué mon frÚre.
Alors faut qu'on parle.
On t'appelle Tash parce que t'es une grosse tache ?
Redis ça et je vise tes couilles.
- Tu préfÚres pas me branler ? - Si je la trouve.
Tu pourrais me sucer mais t'es pas mon genre.
- Trop maigre. - On crĂšve tous la dalle.
T'es chez moi, ici.
Et tu kiffes, sale pute ?
EspĂšce de...
Va chier !
ArrĂȘte, sĂ©rieux.
Dis-nous oĂč est Tugz.
Nous aussi, on a un compte à régler avec lui.
- Il l'a bien cherché. - Tasha, tais-toi !
Il vous a fait quoi ?
Des tas de sales trucs.
- T'étais sa meuf ? - Non !
Je sortais avec son cousin, c'était cool.
Il m'a frappée
et je l'ai plaqué.
Ăa lui a pas plu.
Il en parlé à Tugz et voilà ce que j'ai gagné.
C'est pas trĂšs joli-joli.
EspĂšce de connard !
Ăa va, je suis lĂ .
Je suis là , on va faire ça ensemble.
Bon, vous avez fini votre pique-nique ?
Sérieux, je suis naze, j'ai faim...
et mes skets sont crades.
Quand vous voulez.
Allez, on se tire.
On est Ă l'abri nulle part.
Plus maintenant.
C'est la jungle.
Tous les jeunes se lĂąchent.
Les pétasses, les lascars, les rudies, les dealers.
Ils ont tous la haine.
C'est comme ça maintenant.
Attendez !
- On va se planquer ? - Il faut de l'aide.
Si on veut s'en prendre au gang de Tugz.
Qui va t'aider ? Tu t'es vue ?
Et toi, avec tes baskets. Elles datent de quand, 2005 ?
De 2006.
- Sérieux ? - Sérieux !
Vos gueules !
Mon frangin est mort, je vous rappelle.
ArrĂȘtez de vous prendre la gueule pour rien.
On s'en fout de son look.
J'en ai marre de vous voir déconner.
On rentre au squat pour trouver un plan.
C'est oĂč ?
C'est pas loin, fais-moi confiance.
Vous squattez ici ? OĂč vous trouvez votre thune ?
On s'en sort en vendant ce qu'on peut.
Qui a un kébri ?
Moi, j'ai ça.
J'ai la dalle.
On a rien Ă manger.
Mais on a...
du rhum cubain, les garçons !
Vas-y, file.
Qui va nous aider ?
- Tu connais les Originalz ? - Oui.
C'est tranquille.
C'est le gang de mon cousin. On ira les voir.
En attendant...
Putain, un bĂ©do. Ăa fait trop longtemps !
T'es sympa pour une pétasse.
Junior, pose-toi.
Ils ont un club. On bougera aprĂšs minuit.
OĂč tu vas ?
Junior !
Reviens, mec.
Putain, un iPod !
- Un touch ou un nano ? - T'as pas une Playstation ?
Je te dose Ă FlFA.
PES, mec.
- FlFA. - Non, PES !
On a pas de Playstation.
- FlFA. - Non, PES !
- FlFA. - PES !
On s'en fout.
Il est grave, ce mec.
Je vais tous vous crever !
Tu vas payer pour tes erreurs, trou du cul !
Cours, Junior !
Rager, oĂč tu es ?
Tugz !
Je vais t'Ă©clater la tĂȘte.
Non !
Me laisse pas tout seul, Rager !
Réveille-toi.
Allez, debout !
Kickz ?
LĂšve-toi, mec, faut y aller.
Faut y aller.
Kickz !
Kickz, lĂšve-toi !
Allez, tĂȘte de zob, debout !
On a des trucs Ă faire.
Putain, j'hallucine...
Ăa craint.
Je me serais jamais demandé
si j'Ă©tais prĂȘt Ă tuer un mec.
La vie,
c'est rien qu'une suite de questions relou.
PrĂȘt ou pas prĂȘt,
t'es obligé d'y répondre.
C'est pour quoi ?
On vient voir Whisper.
C'est qui, ça ?
- Va demander. - Dégage.
Vous ĂȘtes qui ?
C'est ses cousines, mec.
Alors magne-toi !
Je vais pas y passer la nuit.
File-lui du fric.
Foutez le bordel
et vos doigts finiront sur le grill de Reg.
Quelques rĂšgles.
Si j'apprends que vous mentez,
je vous ouvre la tĂȘte en deux.
C'est pigé ?
Autre chose, bande de cons.
- Pas d'arme, pas de chien. - Non mais sérieux !
Toi, ferme ta gueule.
Toi aussi.
Alors moi, je reste là avec Dégueu ?
Trop bien.
Super.
Whisper. Tout le monde connaĂźt ce nom.
Impassible. Blanc. Dealer.
Le seul, le vrai. C'est lui le chef.
Personne le fait chier. Personne fait rien sans lui dire.
Si je veux m'en prendre Ă Tugz, je dois avoir son accord.
Sinon, il me tuera en 2 temps 3 mouvements.
Tugz se planque et pour passer Ă l'action,
Whisper doit avoir une raison.
Tugz a tailladé sa cousine, ça devrait suffire.
C'est lui ?
Oui, c'est Whisper.
Il a quoi dans le cou ?
Il y a des années, un gang a voulu le tuer.
Ils ont déboulé chez lui, l'ont tailladé,
ont collé un gun dans la bouche de son bébé
et lui ont tout piqué.
Merde.
Il les a retrouvés
et il les a défoncés jusqu'au dernier.
Du poulet ? Il vient de JamaĂŻque.
C'est pas du pigeon ?
Non, c'est du vrai poulet !
Venez.
JamaĂŻcain, comme Bob Marley.
- Tu es africain, toi. - Tu déconnes ?
Parle, pour voir.
- T'as un accent africain. - Mon meilleur pote est africain.
C'est mon pote. On vient tous de lĂ .
Si je dis "eh eh", tu dis...
Tu prononces mal.
Tu vois ? Je t'avais dit, t'es africain !
On est tous africains. Tu veux du poulet, oui ou non ?
C'est mĂȘme pas du poulet.
- Touche pas. - Tout le monde y touche.
Pour mes cousines...
Je ferais n'importe quoi.
Elles sont cool.
Je ferais n'importe quoi.
Comme aller dresser des morveux.
Ces gamins avec qui tu t'es embrouillé,
Ă ce qu'on m'a dit,
ils ont franchi la ligne jaune.
Ăcoute-moi,
si tu veux te venger d'eux,
tu dois comprendre une chose.
Je veux bien envoyer mon gang
et leur casser la gueule,
mais...
Approche et écoute.
Approche.
Tu me devras quelque chose.
Tu me devras quelque chose pour ça.
Tout ce que je suis,
tout ce que j'ai réussi à faire,
je le dois
Ă une seule rĂšgle : un prĂȘtĂ© pour un rendu.
Avec moi, c'est toujours donnant-donnant.
Je veux t'entendre dire
que tu es sûr de toi.
Tu es sûr de toi ?
Oui, je suis prĂȘt Ă tout.
Je veux trouver Tugz.
Tu es sûr de vouloir faire ça ?
Vous inquiétez pas, je suis là .
On y croyait plus.
Pathétique...
Tais-toi. Je suis lĂ , non ?
Allons-y.
Il vient, ton cousin, sûr ?
T'inquiĂšte, il vient.
C'est pas trop tard pour reculer. On arrĂȘte tout.
Parce que j'ai un peu mal au bide.
Tais-toi.
Ăa rĂ©soudra rien. SĂ©rieux, on se barre.
On va le faire.
Junior, tu as pas envie de le faire.
Pas envie de crever comme Rager.
Je veux t'aider mais...
Tu l'aides pas. Laisse-le décider tout seul.
Alors on les plante et on se fait planter en retour ?
C'est pas ça. Il faut le faire, on le fait.
On a tous perdu un frĂšre.
Je peux pas te laisser faire ça.
Oublie les rĂšgles.
Je veux buter ce connard parce qu'il m'a pris mon frĂšre.
Il était tout ce que j'avais.
Non, mec. Tu nous as, nous.
ArrĂȘte de faire ta fiotte.
Si tu veux faire ta fiotte,
va faire ça ailleurs. On n'a pas besoin de toi ici.
Tasha, ça suffit.
Tugz est lĂ .
Allez, on y va.
Putain.
Ree Ree, oĂč est ton cousin ?
Il tiendra parole.
Il viendra.
On peut encore partir.
Non, c'est sérieux.
On n'a pas le choix et tu le sais.
On fait ça pour Rager.
Putain, c'est pas bon, ça.
Du calme, c'est mon cousin !
Tu es prĂȘt Ă mordre ?
Dégueu, reviens !
Quel con !
Tu joues dans ma cour, lĂ .
De quoi ?
Revenez !
Bande de fiottes.
Je t'adore, Whisper.
Ton pote, Junior.
Il m'en doit une.
OĂč est Junior ?
Junior !
Putain.
Je suis désolé, Rager.
J'aurais dĂ» faire quelque chose.
J'aurais dĂ» t'aider.
Je suis désolé.
Pourquoi tu es mort ?
J'aurais dĂ» t'aider.
Ăcoute,
mec, je regrette.
T'as tué mon frangin !
Je savais pas, mec.
C'est Ă moi de te tuer.
Non, mec.
Sérieux, déconne pas.
On peut s'arranger. Tu peux te joindre Ă nous.
On a de la thune.
Tu regrettes mĂȘme pas.
J'en ai rien Ă foutre de ton fric.
Je veux te tuer.
J'ai du blé.
Prends-le.
Me tue pas, c'est tout.
- Je regrette... - Tu regrettes que dalle !
ArrĂȘte de dire ça.
Tu sais quoi ?
Vas-y !
Viens me buter !
Tu sais quoi, mec ?
T'es un baltringue.
T'es une tĂȘte de cul.
T'es une putain de tĂȘte de cul.
T'es un putain...
de baltringue.
La violence, le moyen de se faire entendre.
Si t'es pas des nĂŽtres, t'es une victime.
Les gamins se battent et s'entretuent.
Si tu les fais chier, tu te fais éclater.
Lâenfance, c'est fini depuis longtemps.
Parfois, tu te dis
"Ăujourd'hui, je vais crever."
Mais si tu perds un proche,
ça peut ĂȘtre toi, le tueur.
Pour affronter la vie, il faut ĂȘtre fort.
Je veux ĂȘtre fort comme Rager. Qu'il soit fier de moi.
Je suis certain de deux choses.
Un .. sois fort et cours aprĂšs le fric,
ou tu crĂšveras de faim.
C'est aussi simple que ça.
Deux ..
cherche oĂč se planque la beautĂ©
si tu vis dans la misĂšre.
Tu piges ?
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