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Original subtitles

Gardes ! Ouvrez les portes !

Voici l'histoire de Justine

et des malheurs de la vertu.

JUSTINE DE SADE

- Pauvres enfants. - Pauvre Juliette.

Pauvre Justine.

Ont-elles �t� pr�venues ?

Faites venir Justine et Juliette.

Oui, ma M�re.

Justine ! Juliette !

Le M�re Sup�rieure doit vous parler.

Allez la voir imm�diatement.

Je me demande ce qui se passe.

On a rien fait de mal.

Parle pour toi ! Tu es trop bonne pour �tre vraie.

Faire le mal n'est pas dangereux tant qu'on est pas d�couvert.

Juliette !

Ne fais pas l'offusqu�e, C'est vrai !

Elles vivaient dans un couvent. Deux soeurs.

Totalement oppos�es dans leur apparence, leur caract�re

et leurs attentes.

En v�rit�,

les vertueux ne rencontrent que des ronces

quand les m�chants

ne cueillent que des roses.

Mes enfants, j'ai de bien tristes nouvelles.

Il y a une semaine, ses usuriers ont chass� votre p�re hors du pays

et hier, votre m�re en a p�ri de chagrin.

Vous devez �tre courageuses.

Vous voulez dire que nous sommes sans parents

ni fortune ?

Pas tout � fait.

Des amis de votre famille vous laissent � chacune cent �cus.

Une somme qui devrait vous aider dans cette �preuve.

- Quand aurons-nous l'argent ? - D�s � pr�sent.

H�las, ma pauvre enfant, ce ne sera pas suffisant

pour vous permettre de rester parmi nous.

Vous devez partir aujourd'hui.

Partir ? Mais o� irons-nous ?

Ne t'inqui�te pas,

j'ai une amie qui nous aidera.

N'oubliez pas ce que nous vous avons appris.

C'est promis, ma M�re.

La seule chose que j'ai apprise, C'est � m'occuper de moi

car personne ne le fera.

Allez, viens !

Par la Sainte Vierge, que vont-elles devenir ?

Oyez, citoyens ! Tout contrevenant � cette loi

sera puni de mort.

Il est accord� le droit � tous les mendiants et d�munis

de se loger

ou de franchir librement les murs de la ville.

Tout contrevenant sera publiquement fouett�,

emmen� � l'�chafaud et ex�cut�.

Puis-je vous aider, mesdames ?

Nous cherchons la maison de Madame de Buisson.

Sur votre droite.

Vous en �tes s�r ?

C'est l'une des maisons les plus r�put�es de Paris.

Qu'est-ce qu'il a voulu dire ?

Je suis bien chez Mme de Buisson ?

Oui, entrez donc, mes ch�ries.

Mesdames, deux nouvelles pensionnaires !

Un peu timides, mais �a passera.

Je m'appelle Juliette,

et voici ma soeur, Justine.

On dirait une vierge !

Je ne reste pas ici.

A ta guise, mais tu ne trouveras pas couche plus confortable.

Je m'en vais tout de suite.

Pourquoi, ma ch�re ? Ici, tu as la possibilit�

de rester vierge �ternellement.

En ce qui concerne les hommes, au moins !

Moi, j'�tais vierge toutes les nuits !

- Revenez. - Qu'elle parte.

Je suis d'accord, elle n'a pas sa place ici.

Une soupe, C'est tout ce que je demande.

Une soupe pour un pauvre aveugle.

Viens, ma jolie, je vais faire ton �ducation.

Laisse-la ! Tu vois pas que C'est une demoiselle ?

O� vas-tu, mon enfant ?

Je dois trouver un abri pour la nuit.

Tu as de l'argent ?

Cent �cus, mon P�re. C'est l� toute ma fortune.

Alors il faut en prendre soin. O� sont-ils ?

Ici, mon P�re.

Je les garderai pour toi.

Monsieur du Harpin se rend � l'�glise chaque matin.

Viens avec lui et je te les donne demain.

Il loge tout pr�s, sa maison est tr�s agr�able.

Une maison, mon P�re ?

De toute vertu.

Va, mon enfant, C'est au bout de la rue.

Merci mon P�re.

Que Dieu te garde.

Votre attention, Mesdames.

Pressons ! Claudine, apprends-lui les ficelles du m�tier.

Vas-y, ma belle.

Mesdames !

Qui va l� ?

Monsieur du Harpin ?

On m'a dit que vous pouviez me loger.

Vous pouvez payer ?

Oui, Monsieur.

C'est bon, alors, entrez.

Venez, venez.

Ca vous fera...

un �cu pour la nuit. Ca vous...

O� est l'argent ?

En s�ret� chez un abb�.

Il me le rendra demain � l'�glise.

Quel abb� ?

Il a dit que vous y alliez tous les matins !

Pauvre petit sotte !

Tu mens !

Non, je vous jure que non !

Mais, enfin... tu n'as pas d'agent !

On dirait que je n'ai pas d'argent,

- pas d'amis et pas de toit. - Ecoute.

Je n'ai pas de servante, alors peut-�tre qu'on peut

trouver un arrangement.

Je travaillerai.

C'est pas tout.

- Tu manges beaucoup ? - Non.

Du pain et de la soupe.

De la soupe !

Moi,

j'en mange une fois par semaine !

Ce sera du pain et de l'eau.

C'est tout.

Ca m'est �gal, pourvu que j'aie un toit.

Tu dormiras dans l'autre chambre.

Viens.

Voil�, C'est coquet, non ?

Tu aimes ?

Cette robe est bien trop belle

pour une servante.

Active-toi !

Mais...

j'en prendrai...

grand soin pour toi.

D�p�che-toi !

Sois pas farouche, fais voir le reste !

Tourne-toi.

Exquis.

Magnifique,

cette �toffe.

Ca va chercher

dans les 3 �cus.

Les hommes peuvent �tre insatiables.

Sais-tu les satisfaire ?

j'essaierai.

N'oublie pas ! A six heures demain matin,

la maison doit �tre impeccable,

et les escaliers briqu�s.

Sache que dans cette maison, il y a d'autres gens.

Des gens vaniteux.

Est-il donc vrai que la prosp�rit�

peut accompagner la plus mauvaise conduite

alors que le malheur

talonne sans r�pit la vertu ?

Combien de tourments Justine devrait-elle endurer ?

Son Innocence-m�me l'emp�chait d'appr�hender

les Infamies qui jalonnaient sa route.

Faites attention, voyons !

Je suis d�sol�e.

Mais qui �tes-vous ?

La nouvelle bonne, Monsieur.

Et quel est ton nom, petite dinde ?

Justine, Monsieur.

Je suis Monsieur Desroches, je loue le premier �tage.

Il doit �tre nettoy� tous les jours, compris ?

Parfois, le soir, il faut le nettoyer � nouveau.

Bien, Monsieur.

Dans ce cas, je te ferai appeler.

Bien, Monsieur.

Je veux aller ici, et l�, et l�

Tout autour du monde

Ma ch�re enfant...

Je veux aller ici, et l�...

- Approche. - Oui, Monsieur ?

Viens.

Dis-moi...

Est-ce qu'il te pla�t ?

Je le trouve magnifique.

Je me suis entretenu avec Monsieur du Harpin.

A ton sujet.

Nous avons convenu qu'� l'avenir, il serait plus commode...

que tu dormes � l'�tage.

Mais vous y dormez !

Justement !

Cette jolie babiole sera � toi.

Mais pas tout de suite !

Dans deux ou trois mois, disons.

Pas ici, ni ici...

Mais ici !

- Petit d�mon ! - L�chez-moi !

Reviens !

Que s'est-il pass� ?

Il voulait que je dorme avec lui !

Et pourquoi pas ?

Pauvre b�casse !

C'est pr�cis�ment mon plan !

L�-haut, il y a une bo�te

remplie de bijoux.

Voici mon plan.

La nuit, quand il se sera endormi, tu pourras

t'en emparer.

Petite garce !

Esp�ce de...

Pauvre sotte !

A vendre ! Jolie toilette ! En parfait �tat !

Ravissant, non ?

- Combien ? - 3 �cus et demi.

Combien m'en offrez-vous ?

Venez acheter cette magnifique toilette !

Garantie en parfait �tat !

Une affaire en or pour votre dame !

Vous ne trouverez pas mieux, C'est l'affaire du si�cle !

Pas 5, pas 4, mais 3 mis�rables �cus et demi !

Une superbe robe en parfait �tat !

Une affaire inesp�r�e ! La chance de votre vie !

Voici la maison.

Et voici la fille !

Viens par ici, toi.

Monsieur Desroches,

qu'est-ce qui vous am�ne si t�t ?

Eh bien, quand je suis rentr�, ce matin,

j'ai ouvert ma cassette et j'ai d�couvert

qu'une broche en or avait disparu.

Comment ?

Vous ne m'en tenez tout de m�me pas pour responsable ?

Pas vous, Monsieur ! Mais elle !

Hier, apr�s avoir bu le vin que vous m'avez servi,

j'ai dormi plus profond�ment que d'habitude.

Je devais dormir comme une souche

quand elle a nettoy� ma chambre.

C'est la seule qui aurait pu voler ma broche.

Je ne l'ai pas vol�e !

Voyez vous-m�me, Monsieur,

tout ce qu'elle poss�de

est sur son dos

et dans cette pi�ce

qui lui fait office de chambre.

Fouillez-la !

- Pas l�. - Ou bien dissimul�e.

Je vous arr�te pour vol.

La sentence encourue est la mort.

Je ne l'ai pas vol�e !

Emmenez-la !

Triste fin d'une vie de d�bauche.

Et je vais devoir trouver...

une autre bonne.

Eh, toi !

Par ici !

Bienvenue, tr�sor.

La pitance est triste mais pas la compagnie !

Tu comptes rester longtemps ?

Je ne sais pas.

Explique-moi ce qui t'am�ne ici.

- Tu respires l'innocence. - Mais je suis innocente !

On m'a accus�e injustement.

Je sais, ma ch�re.

A nous entendre, nous sommes toutes innocentes.

Enfin, toutes, sauf elle.

- Qui est-elle ? - On la nomme Dubois.

Cite-moi un crime.

N'importe lequel,

elle l'a commis.

Vol.

Avec violences.

D�tournement d'enfants.

Meurtre.

Prouv� une demi-douzaine de fois.

Sans preuve, une bonne douzaine.

Elle sera pendue haut et court demain matin.

Ils sont en train de construire l'�chafaud.

Il y aura foule demain, pour la voir tr�passer.

Des milliers de gens.

C'est ce que je veux pour moi.

Allons, C'est la derni�re nuit de Dubois !

C�l�brons !

Allez, Dubois, ouvre les festivit�s !

Que me voulez-vous ?

Je ne te veux rien.

j'ai besoin de toi, de ton aide.

Mais comment ? Elles disent que demain, vous...

Demain, rien du tout.

Je vais quitter cet endroit. Ce soir.

Et toi aussi.

Quatre hommes construisent l'�chafaud

qui m'est destin�.

Ce sont mes amis.

Ils ont pr�vu pour moi une sortie plus plaisante.

Et qu'attendez-vous de moi ?

Avant la tomb�e du jour,

ils vont allumer les torches dans la cour.

Il faudra que tu cries, de toutes tes forces, d'accord ?

Cela cr�era la confusion,

ils jetteront une corde au-dessus du mur

et salut la compagnie !

Toi et moi, entendu ?

Pourquoi moi ?

Parce que...

tu as l'air si innocente.

Petite voleuse !

Tu peux descendre, �a ira. Repose-toi.

Tu connais l'histoire des deux petits oiseaux ?

C'est un oiseau qui dit � l'autre : "Imb�cile" et...

t'es pr�t ?

Silence !

Au secours ! A l'aide !

Au feu ! II pleut des flammes !

A l'aide !

Au secours ! On va tous br�ler !

- C'est qui ? - Allez, filons !

Elle vient avec nous !

Va r�tir en enfer ! Elle vient avec nous !

- Vous attendez quoi ? - Filons !

Viens, Dubois, suis-nous !

Entre-temps,

Juliette profitait de son apprentissage.

Elle sentait que, n�e pour le crime,

au moins devait-elle aller au grand

et refusait toute limite � ses d�bauches.

C'est le m�me jeune homme.

Pourquoi est-il avec elle ?

j'avais sa pr�f�rence.

Quand il pouvait payer, ma ch�re.

La garce !

Dire qu'elle utilise notre argent !

Souviens-toi, la vertu ne m�ne qu'au d�sastre.

De m�me que la pauvret�, qui est � bannir.

Mais comment faire, si tu es jeune et impatiente ?

Mais par le crime, voyons.

Le pire est le mieux, d�ment r�compens�.

Fais ce que je te dis.

Des soldats t'attendent aux portes de la ville.

Quelles autres nouvelles de Paris ?

La prison a br�l�, 20 condamn�es ont p�ri.

Vous seules en avez r�chapp�.

C'est affreux !

Qu'est-ce qui est affreux ?

Qu'elles soient mortes ou que tu sois en vie ?

d'autres consignes ?

Vous voulez quoi ?

Que je vous la serve sur un plateau

comme un mets de choix ?

Hier, ils t'ont sauv� la vie.

Exprime-leur ta reconnaissance.

Je m'en vais.

Attendez !

On va lui donner le choix.

Alors, ma jolie...

Voici, devant toi

quatre beaux �talons,

tous d�sireux

d'obtenir tes faveurs.

Le choix est tien.

Qu'est-ce qu'on attend ?

Ca suffit !

Arri�re !

Pourquoi m'avoir sauv�e, si C'�tait pour �a ?

Comment, pour �a ?

Je connais des milliers de femmes � Paris

qui donneraient tout pour �tre � ta place.

De beaux grands gar�ons.

Eh bien.

Je te donne le choix.

Tu te joins � nous, tu deviens l'un de nous,

tu voles avec nous, tu combats avec nous,

tu vis avec nous et, s'il le faut, tu meurs avec nous.

Voil�.

Elle est de notre troupe.

Je l'y re�ois,

je l'y installe.

Ne lui faites point violence.

Et tenez-vous en respect.

Voyez vous-m�mes comme son innocence

peut nous �tre utile.

Servons-nous-en, ne la sacrifions pas � nos plaisirs.

C'est mieux pour les affaires.

- Elle est des n�tres. - t'as entendu la Dubois.

Si elle est � nous, qu'est-ce qu'on attend ?

Et pourquoi tu serais le premier ?

Et toi, alors ?

Ca suffit !

Arr�tez !

Toi, reste l�.

Je vais vous massacrer !

N'ayez pas peur.

Comment vous sentez-vous ?

Ne me touchez pas !

Que craignez-vous ?

Je ne vous ferai aucun mal.

O� suis-je ?

Qui �tes-vous ?

Je me nomme Raymond. Je suis passionn� de peinture.

Vous �tes chez moi, ici.

Je vis seul.

- Je suis l� depuis quand ? - 5 jours.

Jusqu'� hier, j'�tais inquiet pour vous.

Vous ne savez rien de moi.

Quel est votre nom ?

Justine.

Ca me suffit.

N'ayez crainte !

Vous m'avez fait peur. Je vais m'en aller.

Restez, je vous en prie.

Je n'ai pas le sou. Je ne peux pas vous payer.

Mais si.

Vous pouvez poser pour moi.

Ne bougez pas !

Raymond, le d�ner est servi !

Vous aimez ?

Oui, j'aime.

Vous vouliez me peindre.

Bien s�r que je veux vous peindre.

Mais aussi vous conna�tre.

Vous aimer.

Je ne vous veux aucun mal.

Vous avez d� tant souffrir.

Vous ne m'en parlez pas

mais je le vois dans vos yeux.

Je veux vous aimer v�ritablement.

Tendrement.

Vous n'avez plus rien � craindre, � pr�sent.

- Je dois partir ! - Pourquoi ?

- Il le faut ! - Justine !

- Pardon, Monsieur. - Que voulez-vous ?

Deux condamn�es se sont �vad�es il y a 8 jours.

- Condamn�es ? - Pour vol et meurtre.

Qu'y puis-je ? Elles ne sont pas ici.

Elles pourraient l'�tre � votre insu.

N'entrez pas !

Qui va l� ?

Qui est l� ? C'est l'une d'elles !

- Sauve-toi ! - A moi !

Attrapez-la !

Je t'aurai, Jasmin, tu ne peux pas fuir !

Je t'avais dit que je t'aurai !

Attends un peu.

Qui va l� ?

Mon joli. Qui es-tu et que fais-tu c�ans ?

Tu nous �piais ?

L�chez-moi !

- Je n'ai rien fait de mal ! - Ne mens pas !

- Tu nous �piais ! - Non !

Jasmin, viens voir

l'espion que voil�.

Tu as �t� jug�e coupable et condamn�e.

Et voici le verdict.

Je ne comprends pas.

Je suis le Chevalier de Bressac. Ces bois m'appartiennent.

j'aurais pu te tuer pour braconnage.

Mais j'ai d�cid� de te laisser la vie sauve

car tu pourrais m'�tre utile.

Tu es jeune

et tu as un certain air d'innocence.

A en voir ta mise,

tu fuis quelqu'un ou quelque chose. Peut-�tre les deux.

Bien.

Si tu sais m�riter ma confiance,

je peux t'offrir un toit

et un emploi.

Bonjour, Madame.

Suis-moi.

Tu sais, ma ch�re

tu n'es l� que depuis 3 mois

et je ne peux plus me passer de toi.

Merci, Madame.

Cette semaine � Paris,

tu m'as terriblement manqu�e.

Pourquoi refuses-tu de venir ?

Je suis d�sol�e, Madame.

Viens, Justine.

Tu vas m'aider � prendre mon bain.

Mon mari ne t'a pas molest�e pendant mon absence ?

- Il n'a rien essay� de plus ? - Non, Madame.

Naturellement.

Tu dois me confier tous tes secrets.

Souviens-toi,

nous devons tout partager.

Tout.

Que voulez-vous ?

Pas toi, ma ch�re. Simplement une faveur.

Votre femme va entendre !

- Elle est � c�t�. - Je sais.

C'est cette proximit� qui te rend si utile � mes desseins.

Mais en quoi ?

Tu l'ignores peut-�tre,

mais toute la fortune de la famille, tout cela,

les maisons de Paris, les miennes, en un mot, tout.

Tout appartient � ma femme.

Je ne poss�de que 5000 �cus l'an,

jusqu'� la mort de mon �pouse.

Chaque matin, � son lever,

tu lui apportes

une tasse de chocolat.

Ce serait l'affaire d'un instant d'agr�menter ce breuvage

d'un soup�on de cette poudre.

Souviens-toi que je t'ai �pargn�e.

Je te demande peu en retour.

Songes-y.

Il s'agit de votre femme !

Cela demande du courage.

Et si je refuse ?

Je lui dirai que tu projettes de l'assassiner.

Bonne nuit.

Fais de doux r�ves.

Dis-moi, miroir...

Qui saurait �tre plus belle que moi ?

Bonjour, Justine.

Bonjour, Madame.

Verse-moi mon chocolat.

Que se passe-t-il ?

Madame...

Qu'y a-t-il ?

Il s'agit de votre mari.

Mon mari ?

Qu'a-t-il fait ?

Il me demande de l'aider

� vous assassiner.

C'est une plaisanterie !

Il te fait marcher !

Il m'a donn� ceci, � verser dans votre chocolat.

C'est ridicule. Donne-moi �a. Regarde.

Cyril !

Vois comme il aime.

Je vous attendais.

Vraiment ?

Chaque apr�s-midi, je me permets de r�ver qu'un jour,

tout sera comme avant entre nous.

Je prends un bain, je m'�tends

et vous attend.

Pauvre Emily.

Je sais que pour cette raison, vous recherchiez d'autres plaisirs.

Mais � pr�sent,

je suis l�.

Et j'ai envie de vous.

Votre vin favori, et le mien.

Comme aux premiers jours.

Et si tout changeait, ce soir ?

Mon ami,

vous �tes fougueux � nouveau !

Parce que l'excitation N'a jamais �t� aussi intense.

Pourquoi ?

Je trouve stimulant de faire l'amour

� quelqu'un qui va bient�t mourir.

Qu'entendez-vous par l� ?

La mort vous guette, ma ch�re.

Vos joues p�lissent d�j�.

Vos yeux...

Vous avez bu mon vin ! Mon vin favori !

Garce ! Tra�tresse ! Criminelle !

Oh que si.

Le vin que mon �pouse a bu �tait empoisonn�,

elle est morte dans d'atroces souffrances

en pronon�ant ton nom.

Vous l'avez tu�e !

Qui te croira ?

Qui te croira avec le sceau du meurtre sur la poitrine ?

D�tache-la.

N'oublie pas,

toute la police de France est � ta recherche.

Cache-toi...

si tu le peux !

Debout !

Allez, d�guerpis !

Viens.

Pauvre Justine,

vou�e par la Providence � tomber entre les mains des cruels

et � en �tre la proie.

La Nature ne laisse pas entre nos mains

la facult� de commettre des crimes

qui iraient � l'encontre de ses besoins.

L'�quilibre doit �tre pr�serv�

et II ne peut l'�tre que par le crime.

En d'autres termes,

le crime est au service de la Nature.

Et dans cette m�me for�t o� Justine fuyait,

sa soeur Juliette s'appr�tait � recueillir

les fruits de son vice de pr�dilection.

Douce Juliette, ces derniers jours

nos crimes nous ont permis d'amasser une jolie fortune.

Ne crois-tu pas �galement que le vice est une d�lectation ?

Sans compter le profit qu'on en tire.

j'en suis convaincue.

Tu m'as bien appris.

Je ne pouvais r�ver meilleure �l�ve.

Que dirais-tu d'un bain ?

Nous sommes seules.

Charmante id�e.

Donne-moi la main.

Viens o� C'est plus profond.

Une jolie fortune gr�ce � toi,

que je ne veux pas partager.

Tu as tout pris dans la maison ?

Tout. Et Claudine ?

Elle nous a quitt�s.

Pour toujours.

- Bonjour. - Bonjour, Mademoiselle.

Pourrais-tu me dire

si C'est bien une �glise qu'on voit l�-bas ?

Non, Mademoiselle.

C'�tait un monast�re.

Le ch�teau Devois.

Est-il habit� ?

Par 4 hommes pieux qui disent

avoir abandonn� tous leurs biens terrestres

pour consacrer leurs jours

� l'�tude et la m�ditation.

Penses-tu qu'ils m'accueilleraient ?

Ces quatre hommes de vertu ne quittent jamais le ch�teau.

Mais vous pourrez parler au garde.

Merci.

Que voulez-vous ?

l'asile, Monsieur.

Vous �tes seule ?

Je n'ai personne au monde.

Je vous implore,

au nom des hommes qui vivent ici, laissez-moi rester.

Ayez piti� de moi.

Approche.

Ton nom ?

Justine.

Qu'est-ce qui t'am�ne ?

Monsieur,

j'ai subi toutes les cruaut�s, j'ai �t� d�pouill�e,

faussement accus�e, emprisonn�e,

agress�e, battue et pourchass�e.

- j'ai tout perdu. - Tout ?

Ne sois pas timide, r�ponds.

Es-tu toujours une fille de vertu ?

Dans ce cas,

sois la bienvenue

au ch�teau Devois.

Mon nom est Cl�ment.

Emmanuel, je te confie cette jeune femme.

Procure-lui des v�tements neufs,

et qu'elle se rafra�chisse le corps et l'esprit.

Tu te joindras � nous pour le d�ner ce soir

et tu feras la connaissance de nos h�tes,

ainsi que de notre ma�tre,

fondateur de notre confr�rie.

Merci de votre gentillesse.

Puis-je demander le nom de celui que je dois remercier ?

Il se nomme

Fr�re Antonin.

Nous avons une invit�e ?

Elle attend d'�tre cit�e.

Voici donc Justine ?

Approche, mon enfant.

Viens pr�s de moi.

Je te pr�sente tes nouvelles compagnes.

Olivia,

Emilia,

Infamies,

Florette.

Ainsi que les autre membres de notre confr�rie : Rapha�l,

Manuel,

Ezechiel

et Cl�ment.

Mes amis !

Nous �tions dans l'attente d'une nouvelle recrue

et la Providence nous a envoy� ce jeune

et d�sirable

fruit.

Tes compagnes sont arriv�es ici comme toi.

Seules et sans amis.

Elles n'ont qu'une occupation :

Nous servir de la mani�re qu'il nous plaira.

Pr�pare-toi � les rejoindre.

Saisissez-la !

On m'a dit que vous �tiez des hommes de bien

et que vous vous consacriez � la m�ditation

et � l'�tude !

C'est exact.

Et l'objet de notre �tude N'est autre

que la conqu�te du plaisir.

A l'aide !

La jouissance supr�me !

Notre cruaut� t'effare ? Pourquoi ?

Un plaisir partag� n'est pas

n�cessairement un plaisir accru.

Mieux,

nous ne nous pr�occupons que de notre propre plaisir.

Lui seul flatte notre ego.

Et plus nous satisfaisons notre ego et nos penchants,

plus ils demandent � l'�tre.

Ainsi progresse notre qu�te.

Encore et encore...

Peut-�tre...

Peut-�tre qu'elle est sans fin.

Qu'importe, nous la poursuivons.

Pour quoi ? Nous n'en savons rien.

Pour quoi ? Nous n'en savons rien !

Combien de temps ai-je dormi ?

Deux jours.

Le temps ne compte plus.

Depuis quand es-tu ici ?

On m'y a amen�e

il y a un an.

Il doit bien y avoir un moyen de s'�chapper.

C'est �vident.

De temps en temps,

des filles partent

et d'autres arrivent.

Comment partent-elles ?

Brusquement et sans laisser de traces.

On n'a plus jamais de nouvelles.

Peut-�tre sont-elles juste renvoy�es.

Apr�s ce qu'elles ont vu,

crois-tu que les moines leur laissent la vie sauve ?

Je voudrais mourir !

Ne perds pas espoir.

Quelle heure est-il ?

Il se fait tard.

Le jour va bient�t se lever.

Je t'ai fait appeler, Justine,

car je per�ois en toi

les signes d'une foi v�ritable.

Je crois

que je suis dans le vrai

et que vous �tes dans l'erreur. Si vous l'entendez ainsi.

Contemple, ma ch�re,

o� le chemin de la vertu t'a conduite.

Les agonies que tu as endur�es, les souffrances que tu as subies.

Si voil� les fruits de la vertu,

ne penses-tu pas

qu'ils repr�sentent pour toi

la jouissance ultime ?

Je ne comprends pas.

Vraiment ?

N'est-il pas possible que pour toi

la jouissance supr�me

r�side dans la souffrance ?

Mais,

si ce que vous dites est juste,

alors je suis la p�cheresse,

et vous, l'homme de vertu ?

Enfin !

Tu as compris !

Compagnons !

Ce soir, nous c�l�brons l'anniversaire de notre confr�rie.

Fr�re Antonin. Fr�re Antonin.

l'un de nous est parvenu, de fa�on fulgurante,

� atteindre l'essence m�me de notre philosophie.

Justine !

Pr�cis�ment.

Et pour cela j'ai d�cid� d'abr�ger son s�jour parmi nous.

Ce soir,

elle nous quitte

� jamais.

Mais, Fr�re Antonin...

Telle est ma volont�.

Fr�re Antonin.

Justine !

Il t'incombe d�sormais de conna�tre

l'ultime sacrifice de notre qu�te

du plaisir !

- Viens ! - Non !

- Justine, o� es-tu ? - Vous ne la retrouverez pas !

- Qu'y a-t-il, cocher ? - Une femme sur la route.

Des merveilles qui nous viennent d'Afrique !

Elles dansent, se tortillent...

Messieurs, vous quitterez vos �pouses.

Et Mesdames,

vous allez d�couvrir des choses jamais vues...

Vous allez voir...

Du calme, je vous prie ! Du calme, mes amis !

Le spectacle va commencer ! Veuillez prendre place !

Aubergiste !

- Monsieur ? - Une chambre pour la dame.

C'est jour de march�, je suis complet.

Voyez dans quel �tat elle est !

- Il y a bien mon parloir. - Allez.

Bien, Monsieur.

Pardon, Monsieur.

Toutes mes excuses.

j'ai des amis en ville.

Je reviendrai tr�s vite.

Raymond...

Je t'aime.

Bonjour.

Un de mes amis est venu avec une jeune femme.

Il m'a demand�

de prendre soin d'elle.

Vous avez fait vite. Elle est au parloir. Suivez-moi.

Ma ch�re.

Quelle joie de te revoir !

Ce sera tout. Vous pouvez disposer, je l'emm�ne.

Bien, Madame.

Comme on se retrouve !

L�chez-moi !

Tu n'es pas si candide, finalement,

N'est-ce pas ? Innocente petite voleuse !

Tu vas venir avec moi. Imm�diatement !

Mon Dieu.

Ton Dieu ? Quel Dieu ?

Le Mal existe sur Terre.

Si Dieu le permet, C'est qu'il est n�cessaire,

ou qu'il ne peut le combattre.

Ton Dieu de m'impressionne pas !

Viens avec moi.

Revoil� notre jeune amie.

Bonjour, ma ch�re.

Moi, je ne dirais pas non.

Allons, � vos places !

Vous ferez �a plus tard !

Debout !

Tu es si malade que tu ne peux travailler ?

Tu n'es plus une gamine.

D�shabille-toi comme les autres

et grimpe l�-dessus.

Comment va-t-elle ?

- Mais, elle est partie ! - Partie ?

Comment �a ?

Vos amis l'ont emmen�e !

Mes amis ? Mais ils sont ici !

Il y a d� y avoir erreur.

Je vous jure, C'est une erreur !

Il y a fort longtemps,

2 enfants furent enlev�s par des singes

et emmen�s dans la jungle.

Ils rejoignirent une tribu vivant au sommet d'une cascade

qui �tait tellement �lev�e

que le soleil N'y brillait jamais.

C'est pourquoi ils �taient blancs.

Et leur affreuse

descendance, la voici, Palamita !

On l'applaudit ! Je vais d�voiler...

Silence !

Vous n'avez pas tout vu, elle va se retourner,

pour vous montrer l'envers du d�cor.

Et vous constaterez que sa blancheur est sans taches.

Allons, Palamita ! D�voile-nous tes charmes !

Tourne-toi, catin !

C'est une meurtri�re !

- Venez ici. - Serviteur.

- Qu'y a-t-il ? - On a attrap� une criminelle.

Qui a-t-elle tu� ? Un roturier ?

Non, Excellence, la Marquise de n�ont.

Que se passe-t-il ?

Ils ont arr�t� une criminelle, une meurtri�re.

Je veux parler � cette femme. Seule !

C'est dangereux, ma mie.

Vous �tes ministre du Roi. Il n'y a pas de danger.

Halte ! Au nom du Roi !

Je suis le Comte de n�y !

Rel�chez la fille, je veux lui parler.

Pouvez-vous m'expliquer ?

Cette fille, C'est ma soeur !

Ma pauvre enfant,

tout ce que tu m'avais pr�dit t'est arriv�.

Alors que moi, laissant libre cours � mon vice,

je n'ai connu que le plaisir.

Jusqu'�...

Me voici ma�tresse d'un aristocrate fortun�,

ministre du Roi,

avec ma propre maison � Paris,

des terres dans tout le pays

et deux millions d'�cus en banque.

Mon exp�rience en ce monde m'a enseign�

que seuls les pervers

connaissent la prosp�rit�.

Et j'ai l'intention,

si le destin me pr�te vie,

de changer ma conduite.

Non, ma soeur !

Si C'est l� ta conclusion, tu as tort !

Ma vie dissolue s'est av�r�e st�rile.

Tu as connu mille souffrances, mais tu seras r�compens�e.

Tu vas demeurer avec nous � la campagne,

o� la paix et le bonheur t'attendent.

Le bonheur ?

Pauvre enfant.

Car en effet, le bonheur v�ritable

ne se trouve qu'au sein de la vertu.

Et si Dieu permet qu'elle soit pers�cut�e sur Terre,

c'est pour la d�dommager par les plus flatteuses r�compenses

dans le Ciel.

Adaptation : M�lanie de Truchis

Sous-titrage : DUBBING BROTHERS

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