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Original subtitles

"RETOUR AUX PHILIPPINES"

NOUS REMERCIONS CHALEUREUSEMENT POUR LEUR COOP�RATION

L'ARM�E, LA MARINE, LES MARINES, LES GARDE-C�TES AM�RICAINS

ET LE GOUVERNEMENT DU COMMONWEALTH DES PHILIPPINES

DONT L'AIDE A PERMIS DE R�ALISER CE FILM.

Ceci est une histoire vraie.

Ces �v�nements sont inspir�s d'incidents r�els.

Les personnages sont inspir�s de personnes ayant exist�.

MER DE CHINE - LUZON OC�AN PACIFIQUE

30 JANVIER 1945 - CAMP JAPONAIS DE PRISONNIERS DE CABANATUAN

Les gars, les Ricains sont l�.

N'y allez pas ! C'est un pi�ge des Japs !

Vous �tes l� depuis trois ans ! Tirez-vous de l� ! Foncez vers le portail.

- Les Ricains ! - Attrapez-le.

Venez, les gars !

Venez, allons au portail, les gars.

Vite. D�p�chez-vous de venir.

Tu vas au portail ? Viens.

Par ici. Venez. Allons au portail.

- D�p�chez-vous ! - Allez au portail.

Gardez les hommes � couvert. Allez.

- Ils arrivent, Capitaine. - Vite.

Venez. D�p�chez-vous. Avancez. Plus vite.

Allez, plus vite.

On envoie un homme d�s qu'on est � l'abri.

- D'accord. On s'occupera d'eux. - Bien.

Donnez-lui un coup de main.

- C'est le premier round. - Ils reviendront.

- Capitaine. - Oui ?

- Vous pouvez disposer. - D'accord.

- Jack. - Monsieur ?

On se replie.

Venez.

Les hommes que vous allez voir

sont les survivants de trois terribles ann�es

dans le camp japonais de prisonniers de Cabanatuan.

Emmet L. Manson, Lt de marine Worthington, Minnesota

Earl G. Baumgardner, Lt. de marine Yonkers, New York

Caporal des Marines Dennis D. Rainwater Paris, Arkansas

Adj. des Marines Eugene C. Commander, San Diego, Californie

Des centaines d'Am�ricains avaient �t� lib�r�s.

C'�tait une promesse pour l'avenir. Le monde entier allait �tre lib�r�.

Mais derri�re ce sauvetage, derri�re les triomphes � venir,

r�side une autre histoire : l'histoire de la r�sistance du peuple philippin.

Gr�ce � cette r�sistance, des milliers de vies am�ricaines allaient �tre sauv�es.

C'est de cette r�sistance que le G�n�ral Douglas MacArthur a dit :

"Ces patriotes mal arm�s

ont combattu l'ennemi pendant plus de deux ans. Leurs noms et leurs actions

seront � jamais grav�s dans le c�ur de nos deux peuples."

Voici l'histoire de cette r�sistance.

Elle commence � l'une des heures les plus sombres de notre histoire

sur l'�le fortifi�e de Corregidor.

Depuis deux semaines, les troupes philippines contr�lent le front du Bataan.

Depuis 10 jours et 10 nuits, elles essuient les attaques incessantes

des 200 000 hommes du G�n�ral Homma.

On ne le sait pas ?

Pourquoi combattre ? Ce n'est pas votre guerre. L 'Am�rique vous y a impliqu�s.

Pour chaque Am�ricain qui meurt au Bataan, sept Philippins sont tu�s.

L 'Am�rique vous a abandonn�s.

G�n�ral, selon vous, quelles sont nos chances de...

Recevoir de l'aide bient�t ? On ne peut pas parier l�-dessus.

� quoi sert la libert� lorsqu'on est mort ?

Philippins, pourquoi combattre ?

Regardez vers le large.

Vos lib�rateurs viennent vous rendre � vos maisons et vos �tres chers.

Philippins, regardez vers le large.

Scotty, quelque chose sur les troupes post�es � notre gauche ?

Rien. Mais on peut faire une reconnaissance a�rienne avant la nuit.

Oui, on a le temps. Mais pas d'avion. Il est en panne.

- Appelez le Colonel Madden. - Oui.

Philippins, pourquoi pourrir dans des terriers ?

Vous n'avez pas d'armes. Vous mourez de malaria par milliers.

- Vos maisons sont d�truites. - Col. Madden.

- Le Q.G. au t�l�phone. - D�posez les armes.

�pargnez votre patrie.

Col. Madden � l'appareil.

Ils attaquent toutes les heures, monsieur, comme d'habitude.

Joe, ils vont peut-�tre tenter quelque chose dans votre secteur.

Mettez cette compagnie d'�claireurs philippins en alerte

mais qu'ils ne passent pas � l'action � moins que la situation soit d�sesp�r�e.

- Que se passe-t-il ? - Si seulement je le savais.

- O� est le Cap. Bonifacio ? - Il est all� aux falaises.

- Colonel. - Oui ?

Cette femme, � la radio, c'�tait sa fianc�e.

Je sais.

- Roberts. - Oui.

Je vais sur la falaise. Je m'absente 10 minutes.

- Remplacez-moi. - Oui, monsieur.

Bonjour, Andr�s.

- Vous passiez par l�, sans doute. - Non, je veux vous parler.

Mettez-vous � l'aise.

- Une cigarette ? - Merci.

D�sol� de ne pas vous proposer mieux que ces cigarettes locales.

C'est tr�s bien.

J'en fume depuis des ann�es.

- Elles sont � mon go�t. - Tant mieux.

Je pr�f�rerais vous offrir un martini...

- Ne faites pas l'enfant. - Qu'entendez-vous par l� ?

Seul un enfant exposerait ses hommes et lui-m�me comme vous l'avez fait.

C'est dur quand la femme que vous aimez passe � l'ennemi,

- Mais ne laissez pas... - �a ne vous regarde pas.

C'est vrai. Mais risquer la vie de ces hommes, �a me regarde.

Si vous continuez, toute la compagnie sera d�truite.

On m�ne une sale guerre. On doit se battre correctement.

- Qu'attendez-vous de moi ? - Que vous agissiez en soldat.

N'oubliez pas que vous commandez une compagnie.

Leur vie est entre vos mains.

Qu'y a-t-il, Bernessa ?

Maj. McKinley, les comptes rendus du bataillon. Les Japs attaquent en masse.

Retournez aupr�s de votre compagnie. Maintenez-les en alerte.

Et ne faites rien avant de recevoir des ordres, compris ?

Oui, monsieur.

Au fait, pour vos actes de ce matin, je demande � ce que vous soyez d�cor�.

- Colonel. - Oui, Bernessa ?

Comment va le Capitaine Bonifacio ?

- Bien. On va devoir le surveiller. - Oui, monsieur.

Appelez McKinley.

Combien de munitions nous reste-t-il ?

Major McKinley � l'appareil.

Madden. Qu'est-ce que vous f�tez, l�-bas, le Nouvel An ?

- On tire � balles r�elles. - On tire sur de vrais Japs.

� ce train-l�, vous allez �puiser nos r�serves de 9 jours en 2 heures.

Ils sont plus nombreux que d'habitude. Ils arrivent par vagues.

Il n'y a pas tant de Japs que �a.

Monsieur, je vous sugg�re de venir voir par vous-m�me.

- Prenez ma place, Roberts. - Oui.

Je vais voir �a par moi-m�me.

Vous comprenez, monsieur ?

Ils font des passerelles sur les barbel�s avec leurs corps.

Une passerelle de morts.

- Vous allez bien ? - �a va.

Je ne savais pas qu'il y avait autant de Japs.

- O� est McKinley ? - La deuxi�me l'a touch�.

Tirons-nous d'ici !

- Comment �a va, Felipe ? - Bien, Colonel.

Philippins.

Ici votre compatriote, Dolici Dalgado.

Je vous parle avec mon c�ur.

L 'Am�rique doit-elle avoir votre sang ? D�posez les armes.

L 'empire du Japon attend de vous accueillir dans...

On n'a pas de munitions � gaspiller sur des haut-parleurs. Baissez-vous.

Paix, prosp�rit� et libert� vous attendent d�s la fin de cette guerre.

Vous ne devez pas vous battre. Les chances sont contre vous.

... envoyez plus d'hommes que ...

- Bonjour, Carlito. - Bonjour, Colonel.

... pr�parant cette guerre depuis des ann�es. Ils ne sont pas encore...

- Comment va votre bras ? - Bien, monsieur.

Faites-y attention. Je garde un �il sur votre guitare.

Merci, monsieur.

L 'arm�e du G�n�ral Homma se joindra � la bataille du Bataan.

Philippins, il n'y a pas d'honneur dans ce combat...

Comment appelle-t-on la m�daille que vous aurez pour votre action ?

Je vous l'�changerai contre un tir dans ce haut-parleur.

Non. On ne fait pas toujours ce qu'on veut. Je dois rendre des comptes � Corregidor.

- Pourquoi ? - Je ne sais pas.

Je passe le commandement au Colonel Roberts.

- Je peux vous accompagner ? - On a perdu le Major McKinley.

Vous vous chargerez de son bataillon.

Nous devons travailler avec eux.

Nous devons montrer que nous m�ritons leur aide.

Nous devons cesser cette guerre insens�e imm�diatement.

- Bonjour, Colonel. - La bouffe est arriv�e ?

- Oui, monsieur. - Bien.

Andr�s,

je connais chaque homme de cette unit� par son pr�nom.

- Je les connais depuis qu'ils sont petits. - Ne vous inqui�tez pas pour eux.

Vous avez votre vie et votre honneur.

Philippins, d�posez les armes.

- Colonel Madden au rapport. - Colonel.

- Bonjour. - Bonjour, Skinny. Content de vous voir.

- Asseyez-vous. - Merci.

- On va faire vite. - O� est le G�n�ral MacArthur ?

Comment �a se passe de votre c�t�, Joe ?

Plus de nourriture ne serait pas de trop.

On va manquer de chevaux et de mules, mais on va s'en sortir.

J'en suis s�r.

- Une am�ricaine. - La derni�re.

Vous me pr�parez � quelque chose.

- Allons-y. - Vous partez.

- O� ? - Organiser la r�sistance de la gu�rilla.

Et je laisse mes �claireurs ?

Vous ne pouvez pas me faire �a. J'ai pass� la majeure partie de ma vie...

Le Pr�sident a rappel� MacArthur en Australie.

Alors, je pense que je peux laisser les �claireurs.

Je n'ai pas besoin de vous dire ce que les gars du Bataan ont endur�.

Ils ont eu des probl�mes, surtout avec les avions.

Ils nous ont clou�s au sol, on est impuissants.

On doit se d�barrasser de cette vermine un � un.

Tout ce qu'on peut faire pour �ter la pression.

On fera de notre mieux.

- On n'a pas beaucoup de temps. - Et les hommes ?

Vous prendrez ce qu'il y a. Ils sont quelques-uns dans les collines, d�j�.

Des troupes et des �claireurs philippins qui ont �t� isol�s.

Des r�servistes qu'on n'a pas pu �quiper et quelques civils.

Voici une carte pour trouver un petit groupe pr�s de Balintawak.

Vous partirez en vedette de combat � minuit.

Je n'ai pas le temps de retourner voir mes hommes.

Non.

- Mon sergent est avec moi... - Oui, emmenez-le.

Une derni�re chose.

Vous avez une source d'informations que vous devrez garder � tout prix.

- Elle passe par Radio Manille. - Radio Manille ?

Oui, c'est la fille, Dolici Dalgado.

Elle a une langue de vip�re, mais �a aurait �t� diffus� de toute fa�on.

- Elle fait plus de mal que les armes japs. - De mal ?

C'est une de ses indications qui a permis � vos �claireurs

de rester � couvert et qui a sauv� tout le front.

La nuit derni�re, elle nous a avertis de l'arriv�e de Yamashita.

- Bonne nouvelle pour un de ses amis. - Joe,

personne n'est au courant de cela, en dehors de vous et moi,

depuis le d�part de MacArthur.

- �a doit rester entre nous. - Oui.

Vos ordres vous indiqueront comment la contacter.

Il est vital que la gu�rilla soit organis�e, au cas o�...

Vous n'aurez pas d'ennuis.

- Ce sont des gens formidables. - C'est vrai.

- Au revoir. - Au revoir, Skinny.

� bient�t.

� Son Excellence, le G�n�ral Homma, qui s'appr�te � conqu�rir le Bataan.

Merci.

Si le Chef des Renseignements peut se passer un instant de sa belle compagne,

je dois m'entretenir avec elle.

Je vous ai entendue � la radio, Mlle Dalgado.

Je suis tr�s impressionn� par votre bon sens.

Merci, Votre Excellence.

Vous �tes peut-�tre l'instrument

qui �pargnera � votre peuple de grands d�plaisirs.

- J'ai travaill� dur � cette fin. - Vous devez continuer.

La lib�ration de toutes les Philippines n'est qu'une question de jours.

- Esp�rons-le. - Entre nous, Mlle Dalgado,

nous autres, Japonais, consid�rons les Philippins

comme nos neveux et ni�ces.

Vous �tes isol�s de notre famille est-asiatique depuis trop longtemps.

Nous attendons de vous accueillir � nouveau parmi nous,

si vous vous conduisez bien.

- Nous serons sages, Votre Excellence. - J'en suis certain.

N'oubliez pas, nous sommes gentils

mais pas indulgents.

Nous n'h�siterons pas � ch�tier les rebelles.

Merci, Mlle Dalgado.

�COLE PUBLIQUE DE BALINTAWAK PANNEAU D'AFFICHAGE

Aujourd'hui, les troupes japonaises arriveront � Balintawak

et occuperont ce b�timent comme cantonnement.

Apr�s la r�union du matin, les cours seront annul�s jusqu'� nouvel ordre.

La troisi�me p�riode d'occupation, dite "am�ricaine",

a commenc� avec la bataille de la Baie de Manille

et prendra fin par un accord d'ind�pendance

le 4 juillet 1946.

Ce sont les principales phases de notre histoire.

Quelle fut la contribution de l'Espagne aux Philippines ?

Maria ?

Les Espagnols nous ont apport� la foi chr�tienne, la Sainte Vierge et les saints.

Tr�s bien. Les Espagnols nous ont apport� le Christianisme.

Qu'a apport� l'Am�rique aux Philippines ?

- Le soda. - Les hot-dogs.

- Le cin�ma. - La radio.

Le base-baIl !

Le premier de mes �l�ves a peut-�tre une meilleure r�ponse.

Se�or Bello.

L'Am�rique nous a appris que les hommes sont libres ou ne sont rien.

Depuis lors, nous marchons la t�te haute parmi les hommes.

Merci, Se�or Bello. Au d�but, les Philippins ne pensaient pas cela.

Ils ont r�sist� � l'occupation am�ricaine. Et qu'est-il arriv� ? Theresa ?

- Nous avons �t� vaincus. - Non.

Les Am�ricains ne peuvent pas nous battre.

Mon fr�re, Ramon, a battu tous les Am�ricains des �tats-Unis,

cat�gorie 53 kg.

Des faits, Maximo. Collons aux faits.

Je crois me souvenir que Ramon a perdu son combat du championnat.

On a �t� l�s�s.

Peut-�tre dois-je t'interroger sur un Philippin qui n'a pas �t� battu.

Quels furent les derniers mots du G�n. Del Pilar

� ceux qui l'abandonn�rent ?

"Je suis..."

"Je suis entour� de risques effrayants

"qui aurons raison de moi et de mes braves.

"Mais je suis ravi � l'id�e

"que je meurs en combattant pour mon pays ador�.

"Allez dans les collines et d�fendez-le jusqu'� la mort."

- Tout le monde est l� ? - Oui, monsieur.

On m'a dit qu'il y avait des �claireurs philippins parmi vous.

Caporal Cruz, 26�me Cavalerie, �claireurs philippins, au rapport.

Bien, Caporal. Quelqu'un d'autre ?

- D'o� venez-vous ? - Pour la plupart, de Balintawak.

Vous savez manier un fusil ?

- Seulement les bolos ? - Nos p�res les utilisaient.

Je le sais bien.

Vous comprenez qu'on va faire un boulot difficile pour des hommes entra�n�s.

On va faire sauter un d�p�t d'essence sur un a�rodrome japonais

� 80 km de Balintawak.

Il y aura entre 400 et 500 Japs sur le terrain.

- Combien ? - 400 ou 500.

Une bagatelle, comme on dit.

On part ce soir, � la nuit tomb�e.

�a devrait nous amener � l'a�rodrome demain, dans la nuit.

Jusqu'au coucher du soleil, le Sgt Bernessa vous donnera des instructions.

�coutez-le attentivement et faites exactement ce qu'il dit.

- � vous, Sergent. - Oui, monsieur.

�a va �tre dur ?

Un peu dur.

Dans ce cas, sentez ce rago�t.

Allez, sentez-le.

Vous avez d�j� senti quelque chose d'aussi bon ?

Jamais.

Dans ce cas, go�tez-le.

Eh bien, un vrai chef-d'�uvre, Bindle.

Ce sont les fruits de deux jours de mendicit�.

Ce qui prouve que rien ne se perd.

On peut me regarder et dire : "Bindle Jackson, clochard."

Mais sans 20 ans d'exp�rience sur la route, pourrais-je faire un tel rago�t ?

- Jamais. - Si seulement je pouvais tirer.

Colonel, d'un point de vue strictement scientifique,

quelles sont nos chances, selon vous ?

- De faire sauter le d�p�t ou de revenir ? - Les deux, surtout le dernier.

- Correctes. - Correctes ?

Vous ne diriez pas bonnes ?

Pas si vous voulez que je vous dise ce que je pense.

Tr�s int�ressant, non ?

Non pas que j'aie d'engagements particuli�rement urgents.

- Vous avez eu une bonne vie ? - Oui, Bindle.

Surtout ici, sur les �les.

- Et vous ? - Je ne peux pas me plaindre.

Vous savez, c'est le pire dans la guerre.

On rencontre quelqu'un, on apprend � le conna�tre,

et boum, on ne le revoit jamais.

On voit quelque chose mais on ne sait pas comment �a se termine.

�a serait bien de savoir comment tout �a va finir, hein ?

Oh oui.

Inclinez-vous devant l'officier japonais repr�sentant Sa Majest� lmp�riale !

Plus bas !

Mes amis orientaux, la main de Sa Majest� lmp�riale, l'Empereur,

a mis fin � votre domination

par cette race am�ricaine exploitante et arrogante.

Elle mettra ensuite fin � un syst�me d'�ducation

con�u pour vous transmettre un sentiment d'inf�riorit�.

Se�or Bello,

avancez-vous, s'il vous pla�t.

En tant que principal de cette �cole, affalez le drapeau.

Si vous ne le faites pas, vous serez pendu � sa place.

M�prisable...

- Pour la derni�re fois, Se�or Bello. - Affalez le drapeau.

Je vous parle au nom des hommes, femmes et enfants des �tats-Unis.

- Bien, Bernessa. - Oui, monsieur ?

- Mettons-nous en route. - Oui, monsieur.

Dispersez-vous.

Il �tait si petit. Un enfant fragile.

Il d�testait les Am�ricains parce que son p�re avait combattu avec Aguinaldo.

C'est Mlle Barnes.

Je lui ai donn� une pomme.

C'�tait la premi�re fois qu'il en voyait une.

Et on est devenus amis.

- Madame, asseyez-vous. - Non.

- Que s'est-il pass� ? - Les Japs sont � Balintawak.

Ce n'�tait pas un homme courageux.

Il �tait trop terrifi� pour parler.

Mais quand ils lui ont ordonn� d'affaler notre drapeau,

il s'est content� de secouer la t�te.

Alors ils l'ont pendu

dans la cour de l'�cole, en pr�sence de ses �l�ves.

C'�tait affreux � voir.

Je suis Mlle Barnes, l'institutrice.

- Qui �tes-vous et quel est votre grade ? - Colonel Madden, madame.

Colonel, hein ? Alors vous devez savoir ce qu'il faut faire.

En attaquant le village, je veux que vous vous occupiez du Capitaine japonais.

- C'est lui qui a donn� l'ordre. - Nous n'attaquons pas le village.

Vous �tes am�ricain ou pas ?

C'est votre drapeau qu'il a refus� d'affaler, pas le sien.

Le village est sur notre route.

La seule fa�on d'atteindre le d�p�t, c'est par surprise.

- Mais... - D�s qu'on aura attaqu� le village

toute la campagne sera en alerte.

Je pense aux 70 000 hommes du Bataan.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Vous avez raison.

Vous sugg�rez de ne pas venger ce crime ?

Nous nous battons pour les Philippines, pas pour la vengeance.

- Bernessa ? - Monsieur ?

- Nous partons imm�diatement. - Bien.

Restez ici. Il y a de quoi manger et des couvertures dans l'appentis.

- Occupez-vous d'elle jusqu'� notre retour. - C'est �a.

- Vous croyez que je vais rester ici ? - Vous ne pouvez retourner au village.

En outre, jeune homme, je ne suis pas habitu�e

� recevoir des ordres d'un freluquet en uniforme.

- Les hommes sont pr�ts. - Au revoir, Mlle Barnes.

Colonel,

vous ne retournez vraiment pas au village ?

Vraiment pas.

Alors je vais vous donner l'�pitaphe de Buenaventura Bello.

Un jour, vous reviendrez peut-�tre dans le village de Balintawak

pour l'inscrire sur sa tombe.

"Peu importe le lieu - cypr�s ou laurier ou lys blanc

"�chafaud ou plaine rase

"combat ou d�tresse du martyr"

Ces mots ont �t� �crits par Jos� Rizal, le plus grand h�ros des Philippines,

la nuit pr�c�dant son ex�cution par les Espagnols.

Souvenez-vous de ces mots. Portez-les dans votre c�ur

afin que partout o� l'on se bat pour la libert�, l'on puisse dire :

"Ci-g�t Buenaventura Bello,

"instituteur de Balintawak."

- Colonel ? - Oui ?

Quelles sont nos chances, maintenant ?

- Bonnes. - Bizarre. C'est aussi mon avis.

Arr�tez. On voit le Mont Mariveles.

On doit �tre � deux heures de l'a�rodrome.

S�parons-nous. V�rifiez vos montres.

- C'est le Mont Mariveles, n'est-ce pas ? - Oui.

On devrait entendre des coups de feu du Bataan.

Oui.

- Cruz ? - Oui.

Restez ici avec ce groupe, � couvert.

Je veux quatre hommes. On va jeter un �il.

�claireurs.

Aidez-moi.

- Bernessa. - Oui ?

- Postez des gardes. - Oui.

- Que s'est-il pass� ? - Le Bataan est tomb�.

Soixante-dix mille hommes. Comment est-ce possible ?

- On a perdu. - Les Japs nous ont eus.

La faim, la maladie nous ont eus, pas les Japs.

Pourquoi l'Am�rique n'a-t-elle pas envoy� de nourriture, de m�dicaments et d'aide ?

Vous pouvez peut-�tre encore partir. Il n'y a plus d'arm�e, ici.

Les combats auront lieu en Australie.

Il y aura peut-�tre des combats ici.

- Le peuple voudra peut-�tre se battre. - Oui. Le peuple se battra.

Contre les milliers de Japonais qui ont vaincu nos arm�es ?

On s'est d�j� battus ainsi. On n'a jamais �t� conquis.

Avec des bolos contre des mitraillettes ?

Si un instituteur peut mourir pour la banni�re �toil�e,

on peut se battre pour les Philippines.

On doit avoir un espoir. On ne peut pas mourir pour rien.

Vous vous souvenez du nom d'Andr�s Bonifacio ?

Oui, comme tous les Philippins.

S'il �tait vivant et appelait le peuple, r�pondrait-il ?

- Bonifacio est mort. - Mais son petit-fils est vivant

parmi ces prisonniers.

On pourra peut-�tre le trouver.

Pour vous, Capitaine.

- Bien, posez-le. - Non. Emmenez-le dans l'appentis.

Posez-le doucement. Il est tr�s malade.

Lequel d'entre vous se dit cuisinier ?

- Moi. - J'ai d'abord besoin d'eau chaude.

Puis de bouillon clair. Vous savez le faire ?

Ne dites pas oui si vous ne savez pas.

Bien. D�p�chez-vous. Maximo, apporte-de l'eau.

- Tu vois bien qu'ils ont soif. - Oui.

Cuisinier, ceci est une combinaison. Vous en avez d�j� vu avant.

- Oui, mais pas derni�rement. - Pr�parez vite le bouillon.

- Qui est-ce ? - Le petit-fils d'Andr�s Bonifacio.

Pas �tonnant que vous l'ayez port� si soigneusement.

Ces hommes vous attendent.

- D'o� venez-vous ? - Du Nord. Lingayen.

- Je suis venu me battre. - On vient de Batangas.

- On vient aussi se battre. - Bien. Il y aura des combats.

- Vous apportez des nouvelles ? - Les Japs ont pris le Bataan.

- Je sais. Et Corregidor ? - Ils n'ont rien dit � ce sujet.

Vous nous aiderez beaucoup si vous retournez � vos barrios

pour annoncer que la guerre n'est pas finie.

Et que le peuple doit se battre. On a besoin d'hommes.

On n'a pas d'armes.

- O� avez-vous eu �a ? - J'ai tu� un Jap.

Tuez-en d'autres et prenez leurs armes.

Quand vous aurez des hommes et des armes, envoyez vos chefs.

Vous saurez o� nous sommes.

Bonne chance.

- Merci. - Soyez prudents.

On va expulser les Japs. On va les chasser de Balintawak.

C'est s�r, Maximo.

Va au village et essaie de trouver des �ufs. N'oublie pas ces papiers. Vite.

Vous savez ce que cela signifiera pour le peuple ? Repr�sailles et terreur.

Cette guerre a toujours �t� totale.

Inutile de pr�tendre le contraire.

Vous ne pouvez pas leur imposer �a. Ils ont trop souffert.

Je vais faire en sorte que vous quittiez l'�le.

Vous ne pouvez pas m'y obliger. Mes enfants, mon travail sont ici.

Vous savez ce qu'ils font aux gu�rilleras ?

Si les femmes philippines l'endurent, moi aussi.

- Non, j'ai peur... - Par ailleurs,

quelqu'un doit s'occuper de lui. Jusqu'� ce qu'il aille mieux.

Nous verrons.

- Vous avez parl� d'une �pitaphe. - Oui.

Pr�parez-la. On entre dans Balintawak ce soir.

PEU IMPORTE LE LIEU - CYPR�S OU LAURIER OU LYS BLANC

�CHAFAUD OU PLAINE RASE COMBAT OU D�TRESSE DU MARTYR

Colonel Roberts ?

La derni�re fois que je l'ai vu, il �tait vivant.

Et Delfonso ?

Il �tait mal en point. Il est encore en vie.

Une rumeur dit que toute notre unit� sera emmen�e dans le m�me camp.

- Vous n'avez rien mang�. - D�sol�, je n'ai pas faim.

Vous ne reprendrez pas de forces si vous ne mangez rien.

Voici du vrai bouillon de poulet. Si vous saviez le mal qu'on se...

D�sol�, madame.

Je ne sais pas ce que je vais faire de lui.

- Vous avez vu Maximo ? - Il n'est pas encore revenu.

Je me demande ce qui lui est arriv�.

Et Jos� Lopez et Tomas Rinaldo, ils sont partis pour Balintawak hier.

Et ils ne sont pas revenus.

Il refuse de manger. Je ne comprends pas.

Il a v�cu des choses tr�s dures.

Oui, mais son pouls est normal, il n'a rien aux yeux. Quel est son probl�me ?

- Entre autres, une femme. - Une femme ?

Ce n'est pas le moment de penser � �a.

- Il doit arr�ter de penser � elle. - Ce n'est pas toujours facile.

On passe l'hiver � Palm Beach.

- � quoi faire ? - Se reposer.

- Vous avez-vu Maximo ? - Non.

- Et Jos� Lopez ou Tomas Rinaldo ? - Non.

Voyons. O� en �tions-nous ?

On se reposait � Palm Beach, Floride, �tats-Unis.

Oui. On passe l'hiver en Floride.

Puis on prend un train, un rapide, d'accord. On ne veut que le meilleur.

- On n'ach�te pas de billet pour ce train ? - Pour quoi faire ?

On est � New York � temps pour l'ouverture de la saison de base-ball,

- on va � quelques soir�es. - Dites, Joe...

- Oui ? - ... on travaille quand ?

- Jamais. - Je pense que je vais aimer les �tats-Unis.

O� �tiez-vous ? Mlle Grognon vous cherche.

D'accord.

Je connais un endroit � New York o� on fait des hot-dogs de 30 cm.

- De 30 cm de long ? - Ouais.

- Avec sauce et moutarde ? - La totale.

Tu dois te demander avec quel argent on les paiera.

Il y a des moyens de trouver de l'argent sans travailler. L�galement.

O� �tiez-vous ?

Voir un adulte parler ainsi devant ces gar�ons !

- Qu'est-ce que c'est ? - Une radio.

Une radio ?

Colonel, regardez, une radio.

- D'o� vient-elle, de Balintawak ? - Non, je l'ai vol�e aux Japs.

... alors les hommes, femmes et enfants de la r�gion seront tu�s.

Philippins, ne r�sistez pas.

Pour chaque vie japonaise le sang de 10 Philippins est vers�.

Soixante Philippins ont �t� ex�cut�s. Je vais lire la liste des noms

de ceux qui ont pay� de leur vie les r�cents troubles.

� Balintawak, pour le meurtre de quatre officiers japonais

40 Philippins ont �t� ex�cut�s.

Quarante hommes.

Tomas Rinaldo, 28 ans.

Felipe Luiz, 16 ans.

Juan Dios, 30 ans.

Pablo Quincaro, 19 ans.

- Ramon Cuenca, 35 ans... - C'est mon p�re.

Ils ont tu� mon p�re !

La guerre touche tout le monde.

Repose-toi un moment, puis nous te renverrons � Balintawak.

Ta m�re aura besoin de toi.

Mais je reviendrai. Vous avez dit que je pourrais.

Bien s�r.

... dans le Golfe du Mexique, des sous-marins

ont coul� deux vaisseaux am�ricains.

En Birmanie, les forces anglo-chinoises se retirent

en amont de l'lrrawaddy vers Bhamo.

La nuit derni�re, apr�s six jours de canonnades japonaises incessantes,

l'�le de Corregidor dans la Baie de Manille,

et les forts satellites, Hughes, Drum et Frank,

se sont rendus � 23 heures, sur les ordres du G�n. Jonathan Wainwright.

- Les nouvelles sont mauvaises. - Mauvaises.

On est vaincus, Joe.

Vaincus ? Quand une nation est-elle vaincue ?

Selon les manuels militaires, une guerre est finie quand les objectifs sont atteints.

Les �tats-Unis ont combattu votre grand-p�re.

- Les manuels avaient tort. - Vraiment ?

Vous avez combattu les Espagnols durant 300 ans...

Et les Am�ricains sont arriv�s.

Et une poign�e de r�volutionnaires, les Katipunan,

ont pris tout ce qu'on pouvait leur jeter.

Ils ont lutt� avec des bolos et des matraques.

Maintenant, les Japs sont l�.

Que serait-il arriv� si on n'avait pas combattu les Espagnols,

si mon grand-p�re n'avait pas fond� le Katipunan ?

- Vous seriez des esclaves. - Que sommes-nous ?

J'ai beaucoup r�fl�chi au cours de ces derniers jours.

Je me demandais pourquoi vous m'aviez sauv� parmi ces milliers de prisonniers.

- Vous n'avez pas pris le bon. - J'ai choisi Andr�s Bonifacio.

Je le sais. Vous voulez qu'il proclame que Bonifacio est de retour.

Aux armes, Philippins. Souvenez-vous du Katipunan.

Tuez les Japs, m�me si pour un Jap, dix ou vingt d'entre vous sont tu�s.

S'il n'y a plus d'hommes, les femmes et les enfants, en vain.

- En vain ? - Seuls, on est impuissants.

O� sont les navires de guerre am�ricains promis ?

O� sont les armes, les avions ?

Ils n'�taient pas au Bataan ni � Corregidor !

J'ignore pourquoi.

- Vous promettez qu'ils reviendront ? - Non.

Vous voulez que je les incite � plus de tueries !

C'est facile pour vous. Ce n'est pas votre peuple.

Ce n'est pas ce que je veux dire.

Je sais que vous �tes un meilleur Philippin que moi.

Vous auriez peut-�tre d� me laisser dans le camp.

On a support� trop de choses pendant ces derniers mois.

Oui.

Un homme a ses limites, ensuite, il perd quelque chose.

Je sais.

J'en ai trop vu.

On ne sait pas si les Am�ricains vont revenir ou non.

On doit avoir une raison de vivre pour demander aux autres de mourir.

Oui.

Au bout d'un moment, on perd quelque chose.

Vous �tes assez solide pour aller � Manille ?

- Vous vous d�barrassez de moi ? - Ne restez pas ici.

Je veux me battre.

Dans ce genre de guerre, on doit croire en ce pour quoi on se bat.

En allant � Manille, vous trouverez peut-�tre quelque chose

- qui vous fera changer d'avis. Alors ? - D'accord.

Je veux faire passer un message. J'y ai un contact.

On va vous trouver une aube.

Vous irez au chapitre des Dominicains. Demandez le prieur.

Dites que vous voulez confesser quelqu'un

... et interc�der pour l'�me d'Andr�s Bonifacio,

qui a quitt� ce monde.

Puisse-t-il se trouver en un lieu de paix et de lumi�re

par notre Seigneur et Sauveur, J�sus-Christ. Amen.

Vous venez de la part du prieur ?

- Andr�s. - Dolici ?

C'est toi, Dolici ?

Je croyais que tu �tais mort.

Andr�s, ils nous surveillent.

- Sois prudent. - Je veux te voir.

Non.

Il doit y avoir un endroit o� se parler et se voir.

- Dolici, tu es l� ? - Oui. Je r�fl�chis.

Il y a un petit parc derri�re l'�glise.

Attends quelques instants apr�s mon d�part. Je t'y retrouverai.

- Dolici. - Ch�ri.

Nous n'avons que peu de temps et je pleure.

Tu n'as pas du tout chang�.

Tu es telle que je t'ai vue en esprit des milliers de fois.

Si tu savais comme j'ai esp�r� ce moment.

Comme je voulais te serrer...

Pouvons-nous �tre seuls quelque part ?

O� ? Ils sont partout.

Peu importe. Je ne peux te quitter maintenant que je t'ai trouv�e.

Que pouvons-nous faire de bien, � pr�sent ?

Les Am�ricains reviendront peut-�tre un jour.

Alors je reviendrai avec eux.

Non. Nous n'attendons le retour de personne.

Nous ne voulons pas la libert� en cadeau,

mais comme un droit pour lequel nous nous sommes battus � mort.

- Je le tuerai s'il revient. - Je dois partir.

Tu g�ches notre bonheur. Viens avec moi.

- Tu es avec Madden ? - Oui, nous sommes � Balintawak.

Quand puis-je te revoir ? Quand puis-je revenir ?

Ne reviens jamais ici. Je pourrai peut-�tre venir � toi.

Nous devons nous battre.

- Vous �tes donc revenu ? - Oui. J'ai vu Dolici.

- Bien. - Vous saviez depuis longtemps ?

- Oui. - Pourquoi vous taire ?

J'aurais aim� savoir que la femme que j'aime n'avait pas trahi.

- J'avais des ordres. - Vraiment ?

Des ordres pouvant affecter chaque Am�ricain, chaque Philippin sur l'�le.

Ne me parlez pas des Philippins.

Parlez-leur de libert�, ils n'y r�fl�chissent m�me pas.

Ils vont, d�sarm�s, sous les tirs des mitraillettes.

Mais vous et moi sommes lucides.

Nous devrions calculer si nous avons une chance sur 1 million.

Mais non, vous et Dolici avez perdu la t�te.

Oui, nous sommes fous. Nous et 17 millions de Philippins.

- Pourquoi �tes vous revenu ? - Parce que je suis fou, aussi.

Je veux continuer � combattre les Japs, m�me si je sais que c'est dingue.

Ne vous m�prenez pas. Personne n'utilisera mon nom

pour encourager les gens � se tuer plus vite que ne le font les Japs.

Je vais rester et me battre, jusqu'� ce que Dolici me rejoigne.

Ensuite, nous partirons aussi vite que possible.

Bien, si c'est ainsi que vous le ressentez.

Nous ferons de notre mieux sans vous.

Mais entre dingues, je pense que nous vaincrons.

Quartier g�n�ral ZONE DU PAClFlQUE SUD-OUEST

Melbourne, Australie

Colonel Madden, �tats-Unis r�gion de Balintawak

avec organisation de gu�rilleros � grande �chelle.

En attente d'instructions.

Mais que se passe-t-il ?

Votre Excellence, nous ne trouvons pas l'ennemi.

Nous avons envoy� 100 hommes, ils ne voient rien.

Nous avons envoy� 10 hommes, ils ne sont pas revenus.

Nous avons organis� des repr�sailles, Votre Excellence.

Des repr�sailles.

Votre Excellence, laissez-moi d�missionner.

Un mort est inutile aux Japonais, quels qu'aient �t� ses efforts.

Ils sont venus dans ma chambre pendant mon sommeil.

Ils ont peint ceci sur mon oreiller. � c�t� de ma gorge.

C'est un signe de guerre. C'est mon ordre d'ex�cution.

Vous �tes en s�curit�. Vous aurez des sentinelles.

Je suis le Chef de la Police. J'avais quatre sentinelles.

- Vous �tes sous notre protection. - Protection ?

Avez-vous prot�g� le Maire de Legaspi ou le Commissaire de Malolos ou...

Six divisions � votre disposition

et vous n'avez pas pu prot�ger nos amis.

Vous ne pensiez qu'aux repr�sailles.

Envoyez-moi Mlle Dalgado.

Je garantis personnellement votre s�curit�. Au revoir.

Merci, Votre Excellence.

Ils auraient aussi bien pu me trancher la gorge.

Mlle Dalgado, dites au Colonel Coroki

pourquoi nous n'avons pas conquis le peuple philippin.

Je ne savais pas que...

Les gu�rilleros re�oivent l'aide et le soutien du peuple.

Nous voulons une r�ponse franche.

Nous n'avons aucun int�r�t � coop�rer avec les Japonais.

Un homme ob�it aux lois japonaises. Quand, au hasard, on l'abat,

son voisin se dit : "�a ne sert � rien d'ob�ir."

Autant mourir au combat.

Vous �tes un peuple conquis. Qu'esp�rez-vous, l'ind�pendance ?

Ce n'est pas une mauvaise id�e, Coroki.

Mlle Dalgado, Tokyo a gracieusement consenti

� donner l'ind�pendance � ses petits neveux et ni�ces.

Votre peuple verra les avantages qu'il y a � coop�rer avec nous.

Nous pourrons g�rer ces �les avec seulement deux divisions.

L'accord d'ind�pendance doit �tre une occasion impressionnante.

- Vous nous y aiderez, Mlle Dalgado ? - Ce sera un honneur, Votre Excellence.

Ce pourrait �tre une bonne id�e d'organiser les c�r�monies � Balintawak.

C'est le berceau de l'ind�pendance philippine.

Suggestion intelligente.

Le Colonel Coroki se chargera de tout.

Pour �viter toute interf�rence avec la c�r�monie,

je vous sugg�re de garder le lieu secret.

Nous voulons que ce soit une occasion m�morable, Colonel.

Ce sera une occasion m�morable, Votre Excellence.

Oui. Faites-en sorte que ce le soit.

Vraiment m�morable.

Vous pouvez trouver de la place pour �a.

- Capitaine, tout va bien � Balintawak. - Que leur as-tu dit ?

- Ce que vous m'aviez dit. - Dis-moi ce que tu as dit.

Je leur ai dit qu'il ne fallait rien faire pour faire fuir les Japs.

Chacun doit vaquer � ses affaires, faire ce que disent les Japs

et quand les tirs �clatent, tout le monde doit partir.

Tu leur as dit que les Japs promettaient l'ind�pendance ?

- Qu'ont-ils dit ? - Rien.

Bernessa, faites battre les tambours. Regroupez les hommes.

- Soldat Cuenca ? - Oui, monsieur ?

Vous avez accompli votre mission. Il m�rite une �toile rouge, Mlle Barnes.

Une �toile rouge, s�r.

Dans sa derni�re composition, il a �crit "libert�", "lib�rt�".

Colonel, un seul informateur suffira � en avertir les Japs.

Exact.

- Et alors ? - Rien. Je r�fl�chissais tout haut.

Je ne sais pas ce que je fais ici avec tout ce qui reste � faire.

Maximo, j'ai pr�par� des cours pour les enfants.

Dis-leur qu'ils doivent continuer � �tudier

et se brosser les dents deux fois par jour.

Dis-leur de manger des l�gumes s'ils en trouvent.

Je pars avec le Colonel Madden.

- Mais je viens aussi. - C'est hors de question.

De plus, tu dois t'occuper des enfants.

Il m'a promis. Il a dit que je serais �claireur.

C'est vrai, et je voulais te parler...

Tu as d�j� trop jou� � la guerre pour ton �ge. Je pense...

- Je vais �tre �claireur. - Tu ne dois pas...

S'il vous pla�t, Colonel, C'est toujours mon �l�ve.

Sors-toi ces id�es stupides de la t�te.

- Je vais chercher les cours. - Je n'y retourne pas.

Maximo, si tu t'ent�tes,

je devrai partir sans te dire au revoir.

Je pars avec vous.

Maximo, viens ici.

Assieds-toi.

Mlle Barnes t'aime �norm�ment.

Je sais. Pardon, mais je dois y aller.

Tu ne peux pas. D�s demain, les Japs nous poursuivront nuit et jour.

On devra aller tr�s vite.

On dormira dans des marais. On ne mangera pas chaque jour.

�a me va.

Mais tu es trop important pour qu'on risque ta vie.

C'est pour toi que nous faisons cette guerre.

Je pr�f�rerais �tre �claireur.

�a ne durera pas �ternellement. Quand ce sera fini,

tu seras celui qui reconstruira et planifiera.

Tu aideras � la cr�ation d'une grande nation philippine.

Vous m'aviez promis. Vous m'avez appel� "Soldat Cuenca".

Bien.

Voil� ce que je vais faire.

Je vais te nommer colonel.

La premi�re chose qu'un officier apprend c'est � recevoir des ordres et � y ob�ir.

Souviens-toi de ce qu'a dit Mlle Barnes.

Occupe-toi des enfants et fais en sorte qu'ils �tudient.

Fuis les ennuis. Compris ?

- Oui, monsieur. - Bien, Colonel.

- � bient�t. - Oui, monsieur.

Dans quelques instants, nous serons � l'antenne.

En attendant, voici des instructions pour ceux qui sont dans ce parc.

Vous devez ob�ir aux r�gles suivantes.

Un : ne brandissez aucun autre drapeau que le drapeau japonais.

Deux : aux moments opportuns, vous crierez "banza�"

tr�s fort, et avec enthousiasme, trois fois.

Trois : ne faites aucun mouvement suspect.

Nous allons �tre � l'antenne.

Il y aura un silence complet, sauf indication contraire.

Peuple des Philippines,

nous vous parlons de Balintawak, berceau de l'ind�pendance philippine.

Dix-sept millions de Philippins sont r�unis autour de leurs radios dans toutes les �les,

� l'invitation du gouvernement japonais.

Aujourd'hui, les graines de l'amiti� philippine et japonaise fleurissent.

Ce jour restera grav� dans la m�moire de tous les vrais Philippins.

Peuple des Philippines, nous vous pr�sentons

Sa Grandeur lmp�riale, le Prince lto.

Banza� !

La nation philippine sera int�gr�e

dans la Grande Sph�re de Co-Prosp�rit� de l'Asie de l'Est.

Ainsi, en vertu de l'autorit�

de sa Majest� lmp�riale, l'Empereur du Japon,

je proclame devant le monde entier

l'ind�pendance totale et illimit�e de la R�publique des Philippines.

Banza� !

Les habitants de Balintawak poussent des hourras.

Sa Grandeur lmp�riale, le Prince lto, s'est retir�.

Mlle Dolici Dalgado traverse l'estrade

et va hisser le premier drapeau de la R�publique philippine.

La garde d'honneur va tirer une salve pour comm�morer cet �v�nement.

� couvert !

Suivez-moi !

C'est Dolici Dalgado qui vous parle.

Pour la premi�re fois, je peux dire la v�rit�.

Les Japonais nous ont offert ce qu'ils nomment ind�pendance.

Voici notre r�ponse.

� couvert !

Tirez sur la radio. D�truisez-la !

Couvrez Bonifacio.

R�sistez � l'envahisseur. Allez vers les collines.

Partons d'ici.

Cessez le feu !

Lieutenant, r�unissez les hommes, rassemblez les civils.

C'est ainsi qu'on nous remercie pour l'ind�pendance.

J'ai dit � Homma que c'�tait fou. On ne s'y prend pas ainsi avec eux.

Je savais que la fille nous trahirait.

Dor�navant, nous les tuerons avant qu'ils ne r�sistent. Poursuivez-les.

O� dois-je les chercher ?

Partout. Mais trouvez-les, surtout la fille.

Je veux qu'on les poursuive jusqu'� ce qu'ils soient tous devant moi.

L�chez-moi.

Votre Excellence, j'ai vu ce gar�on mener une foule loin du champ.

Je l'ai attrap� alors qu'il tentait de fuir.

O� as-tu eu �a ?

O� est leur Q.G. ? Parle !

O� sont-ils all�s ?

Arr�tez.

Je vais vous montrer.

- Je vais vous montrer o� ils sont. - Bien.

- Vous savez ce que je me dis ? - Quoi ?

Ce serait bien si on �tait sur la route au-dessus

et qu'un groupe de Japs �tait coinc� ici.

�a, oui.

On les tirerait comme des canards au stand de tir.

On les assassinerait.

Arr�tez.

Reprenez votre souffle.

On pourrait prendre cette route et pi�ger les Japs comme des rats.

Ils n'auraient aucune chance.

�a va.

Viens, ch�rie.

Les voil�. Arr�tez-vous au bout du canyon.

- Je sais ce que vous pensez. - Vraiment ? Comment ?

Je sais lire dans les pens�es.

C'est quoi, �a ?

Tous aux abris !

Si on pouvait les tuer.

Arr�tez !

Maximo.

Je ne dirai rien.

- Je ne dirai rien. - C'est Mlle Barnes.

- Ils ne vous ont pas eus, hein ? - Non, mon ch�ri.

Ils m'ont pris mon insigne.

- Mlle Barnes. - Oui, mon ch�ri ?

Pardon de ne pas avoir dit au revoir.

Pardon de ne pas avoir appris � �crire "libert�".

Seigneur Dieu.

Qui l'a jamais aussi bien appris.

Colonel Madden, l'Australie essaie de vous joindre.

- O� est votre radio ? - Par ici.

Environ deux semaines.

Un rasoir, je pense.

Merci.

Bernessa, on continue.

On va devoir vous quitter. J'ai re�u des ordres du Q.G.

- On va avec vous, n'est-ce pas ? - Non. On doit aller vite.

S�parez-vous en petits groupes et rendez-vous au Nord de Leyte.

Les sous-marins am�ricains sont l�-bas.

- Qu'y a-t-il, Joe ? - Je ne sais pas. C'est peut-�tre important.

- Bonne chance. - Au revoir, Colonel.

Au revoir.

- Joe. - Oui ?

Bonne chance.

Merci, Andr�s.

� bient�t.

Pendant les mois qui suivirent,

ils parcoururent la moiti� de la longueur des �les.

Partout o� les Japs �taient pass�s ne restaient que ruines et d�solation.

Mais des rumeurs se r�pandaient - Tokyo avait �t� bombard�e !

Les Ricains avaient atterri � Midway - � Guadalcanal -

Nouvelle-Guin�e - Salamao - Lae - Tarawa - Saipan - Guam !

Et partout r�gnait la m�me foi in�branlable -

et le m�me mot -

un mot qui, en un sens, voulait � pr�sent dire beaucoup -

"Leyte".

- Bernessa. - Santo.

- Pepe. Capitaine. - Bernessa, �a va ?

- On a su que vous veniez. - O� est le Colonel Madden ?

Le Q.G. l'a appel�. Ils l'ont emmen� en Australie.

Mais il sera bient�t de retour.

Il y a un camp devant nous. Pas tr�s loin. Venez, allons-y.

Merci, Bernessa.

Ravi de vous voir. Je suis le Capitaine Bonifacio.

Bienvenue, Capitaine. Contents de vous voir.

- Que font-ils ici ? - Ils attendent le sous-marin.

Ils sont des milliers avec leurs familles dans toute la zone.

Ils ont l'air affam�s.

Pourquoi ne pas vous s�parer et vous disperser ?

On doit rester ensemble. Selon la rumeur, il va y avoir de l'action.

Vous risqueriez ces vies pour une rumeur ?

Les rumeurs que l'on entend sont vraies.

Depuis quand attendez-vous ce sous-marin ?

- Deux semaines. - Deux semaines ?

Combien de nourriture peut apporter un sous-marin, s'il arrive ?

Peu de nourriture, mais beaucoup d'armes.

- Vous avez des nouvelles ? - Pas encore.

On a envoy� deux hommes en bateau.

Ils ont un drapeau am�ricain et attendent qu'un sous-marin les voie.

Et si un avion japonais les voit ?

On enverra deux autres hommes.

Qu'est-ce qui vous ennuie ? Vous n'�tes pas philippin ?

Qui a eu l'id�e de se porter volontaire ?

Vous.

La faim a d� me faire d�lirer.

Je vais peut-�tre r�ver d'un bon steak.

Un pour moi aussi, s'il vous pla�t.

- Vous le voulez comment ? - � point.

�a marche.

Un sous-marin !

Andr�s.

Capitaine Bonifacio.

- Bonjour, Andr�s. - Salut, Joe. Vous avez l'air nu.

Vous �tes fin pr�ts.

Vous partez.

Je ne pars pas.

Je suis d'ici.

Voici le Capitaine de Fr�gate Waite de la Marine am�ricaine.

Il apporte de bonnes nouvelles.

On m'a tant parl� de ce que vous faites ici

que j'ai fini par persuader le Q.G. de me charger de cette mission

pour voir de moi-m�me.

Je ne m�rite pas d'�tre celui qui vous apporte cette nouvelle

mais je suis fier de le faire.

Il y a deux ans et demi, nous avons promis aux Philippins de revenir.

Nous revenons.

Le 20 octobre, � 10 heures du matin,

les soldats de l'Arm�e am�ricaine atterriront en force, ici, � Leyte.

La marine ouvrira la voie.

Deux heures avant le d�barquement,

les zones de d�barquement seront bombard�es par la marine.

Mon r�le est, entre autres, de demander aux civils philippins

d'�vacuer ces zones 9 jours avant le jour J.

Les Japonais sauront o� auront lieu les d�barquements.

On n'a pas le choix. On ne peut risquer la vie des civils.

Il n'y a plus de civils ici depuis la chute du Bataan.

Si �a sauve des vies am�ricaines et si �a s�curise les d�barquements,

- notre peuple n'�vacuera pas ces zones. - Exact.

Je suis ravi que vous soyez de notre c�t�.

Ce ne sera pas n�cessaire. Le Q.G. m'a envoy� ici

pour vous aider � accomplir une mission plus importante, si c'est possible.

Quand le bombardement naval commencera,

les Japs conna�tront les lieux des d�barquements.

Ils tenteront imm�diatement d'y envoyer des renforts.

La seule route capable de supporter des transports lourds

passe par le village de Bolog.

Si l'on peut bloquer cette route et les retenir,

- les Japs n'arriveront pas � temps. - Les retenir combien de temps ?

De 8 heures du matin, au d�but du bombardement, � 11 heures.

Alors, la t�te de pont de MacArthur sera en place.

D'accord.

Mais l'arm�e ne pense pas disposer de forces � Bolog avant 14 h 30,

c'est-�-dire six heures et demie avant qu'on puisse obtenir de l'aide.

D'accord.

- C'est tout, monsieur ? - Je crois que oui.

Vous n'avez pas beaucoup d'�quipement.

On en trouvera � Bolog. Il y a un d�p�t japonais.

C'est en rase campagne, des rizi�res � perte de vue.

On le sait.

�a veut dire une attaque surprise en plein jour,

en rase campagne, o� les Japs s'attendront � quelque chose.

Exact, monsieur. �a ne sera pas facile.

Dites au Q.G. que la mission sera accomplie.

Oui, monsieur.

- Vous savez comment faire ? - Oui.

Pour que je le raconte � mes petits-enfants, quel est le plan ?

La ruse, Capitaine, tout simplement.

En fait, une vieille ruse philippine que j'ai apprise � mes d�pens,

du grand-p�re du Capitaine Bonifacio.

- Le moindre signe ? - Non, Votre excellence.

Avez-vous v�rifi� les sous-bois, l�-bas ?

Oui, Votre Excellence. Rien de suspect.

C'est tr�s �trange. Les civils �vacuent cette zone.

- Doublez le nombre de sentinelles. - Bien.

Baissez-vous, idiot !

Encore un. Je prends le premier.

- Vous avez une grenade ? - Je suis � court.

H�, Bindle !

- Oui ? - Comment va votre bras de lancement ?

Venez. Au travail.

Des mines japonaises.

- Andr�s, des mines. - Bien.

Placez-les assez loin, qu'elles n'ab�ment pas nos pi�ges � tank.

Que Santos se charge du TNT pour le pont.

Santos, venez.

- Bernessa. - Oui, monsieur ?

Prenez 20 hommes. On va choisir des positions de d�fense.

Oui, monsieur.

Qu'avez-vous l� ?

Rien d'assez gros pour arr�ter un tank.

Mlle Barnes,

ils rapportent les livres qu'ils ont cach�s quand les Japs �taient l�.

Nos gars atterrissent, � l'heure qu'il est.

C'est parti.

Tirez sur le parapet.

Capt. Jackson au rapport. Pr�t � prendre la rel�ve.

- Ils sont � vous. - Oui, monsieur.

Vous avez trois minutes de retard.

Je t'ai apport� quelque chose.

De la terre philippine libre.

Va faire bander ton bras. On a encore beaucoup � faire.

Et plus encore, l� d'o� elle vient.

Le sang, la sueur et les larmes n'ont pas �t� vains.

La libert� est � nouveau en marche.

Soldat Jesus Santos, Arm�e am�ricaine Hebbronville, Texas

Lt. r�serviste de la Marine George W. Greene, Auburn, Alabama

Sergent des Marines Kenneth W. Mize Beattie, Kansas

Caporal Max M. Greenberg, Arm�e am�ricaine, Brooklyn, New York

Soldat Alfred C. Jolley, Arm�e am�ricaine San Francisco, Californie

Soldat Virgil H. Greenaway, Arm�e am�ricaine, Old Hickory, Tennessee

Caporal Lawrence C. Hall, Arm�e am�ricaine, Jellico, Tennessee

Caporal des Marines Neil P. lovino Chicago, Illinois

Fin

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