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Respirations haletantes
Claquements de semelles
- Le voil� !
Oh !
- Knock ! - Knock ! Arr�te-toi.
- Attrape-le !
Chope-le.
- Attendez. Attendez. Attendez.
J'ai pas de quoi te payer, Lansky. J'ai pas d'argent.
- Fallait pas jouer aux d�s si tu pouvais pas perdre.
�a va !
T'as 24 heures.
Fr�do.
Musique intrigante
...
- Solde hebdomadaire de 3 000 francs.
Cabine individuelle dans l'infirmerie et deux repas par jour.
C'est pas le P�rou, mais c'est honn�te.
- Vous partez quand ? - Demain matin.
- Je pourrais dire que je suis docteur, mais non.
- Je m'en doute.
Mais � 24 heures du d�part, je suis pas difficile.
Officier de sant� suffira.
- Officier non plus.
Sous-officier, oui. D�s f�vrier 1940.
Et question sant�, tout va bien, ma foi.
- En fait, vous n'avez aucune qualification ?
J'ai pas de pass�, mais j'ai de l'avenir.
Vous ne le regretterez pas, capitaine.
Et vous n'avez pas d'autre candidature.
Donc pas le choix.
- Par� en avant lente ? - Par�, capitaine.
- Alors, messieurs...
En avant !
- Knock !
- Knock !
Knock rit.
- Au revoir, Lansky.
Et va te faire foutre.
- Bon voyage !
- Au revoir !
- Je t'enverrai une carte postale.
Musique intrigante
...
"Urticaire...
"Ecz�ma...
"Pour traiter ces infections,
"on appliquera d'abord un linge tr�s propre et mince
"sur la partie � soigner."
Appliquer un linge propre et mince...
"Afin d'obtenir une l�g�re efflu...
"vation."
D'accord.
Linge propre.
Linge propre et...
Et mince sur la partie � soigner.
Oh l� ! "Dartre...
"Fur... Fur...
"Dartre furfurac�e" ?
Fu...
Fufur...
Turf...
Pas facile � placer, celle-l�. On frappe.
Oui ?
- On vous am�ne le m�canicien Passepoil.
- Qui ? - Il est en salle des machines.
- Qu'est-ce qu'il a ? - Fi�vre, tremblements...
Vous verrez.
- Attention, mes dessins ! - Doucement. Doucement.
Allez, les gars, on y va.
L'homme g�mit.
- Ah !
- �a fait trois jours et �a empire.
Et ce matin, j'ai d�couvert �a.
- Oh l� ! - 30 ans que je navigue,
alors le typhus, je sais ce que c'est.
- Le typhus ?
- �a pourrait �tre pire, le chol�ra.
Le typhus,
�a se soigne.
- Oui, quand m�me.
- Je sais ce que vous allez me dire.
- Voyons si vous savez vraiment.
- C'est amen� par les poux, les puces ou les punaises.
Vous allez demander � ce qu'on me rase.
� ce qu'on d�sinfecte mes v�tements
et mon matelas � l'acide sulfureux et au formol.
- Attendez...
V�tements et matelas, ensuite ?
- Vous me mettrez � l'isolement, pas vrai ?
- Oui.
Avec ceci ?
- Avec ceci...
J'aurai droit � des purges contre la constipation.
Et vous me ferez prendre de la quinine.
- Quinine...
- Dans trois semaines...
Si je suis pas mort, je serai gu�ri.
- Exactement.
- Merci, docteur.
- Je vous en prie.
- Le typhus ?
Pas un mot aux passagers, ce serait la panique.
Dites-moi, vous �tes s�r de ma�triser la situation ?
- Capitaine.
- Bonjour, madame.
- Bonjour, monsieur.
- Belle journ�e.
- Isn't it delicious? I love it.
- Vous devriez prot�ger votre peau.
- C'est trop tard.
Si, si.
�a se voit.
- Je ne vois qu'un visage charmant
sous des dartres furfurac�es.
Mais �a se soigne.
Cris
- Pierrot, va laver les assiettes.
�a se fera pas par l'op�ration du Saint-Esprit.
Louis, prends les petits pains, l�.
Mets les brioches sur la table.
C'est du baleineau. On en mange depuis 3 jours. �a, on mange pas.
- C'est de la graisse ? - Oui.
20 cm d'�paisseur.
- Vous pouvez l'amener � l'infirmerie ? - � l'infirmerie ?
- Merci.
Musique intrigante
...
On frappe.
- Yes?
- Voici un onguent rarissime rapport� d'Orient.
Fait � partir des s�cr�tions du pistil
d'un Ilang-Onlig. - What is that?
- C'est une plante unique qui pousse au pied du Fuji Hama
et ne s'ouvre qu'une fois tous les 7 ans.
- C'est peu.
- Et il faut qu'elle soit butin�e par l'abeille royale.
- Oh my God!
- Je recommande une couche �paisse sur le visage
au coucher.
Suivi d'un grand verre d'eau. - Sur le visage ?
- Non, � boire.
On frappe.
- Docteur ?
Ouh ouh !
Docteur, vous �tes l� ?
- Une seconde, j'arrive.
Tout de suite.
- Je pose la question, docteur.
Vous avez vu ?
- C'est d�j�...
C'est d�j�...
C'est moins rouge.
- C'est beaucoup moins rouge !
- Et voil�. - I can't believe it.
Cette pr�paration est un miracle.
- C'est ce que disait Cl�op�tre.
- Ah bon ?
Cl�op�tre, elle aussi ?
- Oui, madame. - Listen...
Le pot est tout petit.
Vous pouvez m'en avoir plus ? - C'est-�-dire ?
- The double?
- J'en ai le triple.
- Good.
How much?
- Vingt...
Trente mille la cure.
Vous en voulez trois.
Faites le compte.
- Le miracle, ce n'est pas la pommade.
C'est vous.
- Oui, les t�ches s'estompent, elles sont plus claires.
Et la fi�vre baisse.
Comment vous sentez-vous ?
- Mieux.
Et moins �puis�.
- Passepoil est tir� d'affaire.
Je vais le garder � l'isolement par pr�caution.
- Dites donc, vous vous en sortez plut�t bien.
Et vous avez l'air heureux d'�tre en mer.
- Je le suis.
Je crois que ce voyage est la chance de ma vie.
- Et apr�s �a, docteur ?
Qu'est-ce que vous allez faire ?
- M'inscrire en facult� de m�decine.
Musique douce
...
Coup de sifflet
*- Saint-Maurice, 10 minutes d'arr�t.
- Attention, madame.
- C'est lui ! - Hein ?
H� !
Tu ne me l'avais pas dit. - Quoi ?
- Qu'il �tait...
Qu'il �tait...
- Qu'il �tait quoi ?
- Grand.
Tr�s grand.
- Mme Parpalaid, je pr�sume.
- Je suis confus...
- Allons-y.
Mes valises.
Merci.
- Viens m'aider !
- En voiture, messieurs dames !
- Allez !
- D�s cet instant, ma client�le est � vous.
Si un patient me reconnaissait malgr� la vitesse,
je m'effacerais en disant :
"Vous vous trompez, voici le m�decin du pays."
- Mon mari veut finir sa carri�re dans une grande ville.
- Je r�vais de Paris.
Je me contenterai de Lyon.
- Regardez comme c'est ravissant. On se croirait en Suisse.
Les cloches sonnent.
- Ici, vous avez l'�glise.
- La mairie.
Et en face, le caf�.
- L�, c'est la poste.
- Et l�, la pharmacie ?
- Vous �tes d�j� venu ?
Comme convenu, nous vous laissons les meubles d'usage.
Vous vous sentirez chez vous.
La voil�.
- C'est pas grand, mais c'est douillet.
- Sans les rhumatismes de ma femme, nous n'aurions pas quitt� ce nid.
- Il y a beaucoup de rhumatisants ?
- Beaucoup ? Je dirais � peu pr�s tout le monde.
- Int�ressant.
- Oui. Pour qui voudrait �tudier le rhumatisme.
- Je pensais � la client�le.
- Ah non ! Non. Pour �a, non.
Les gens ne vont pas plus chez le m�decin pour un rhumatisme
que vous n'iriez chez le cur� pour faire pleuvoir.
- Vous avez des clients r�guliers ? - C'est-�-dire ?
- Ceux qu'on visite plusieurs fois par mois.
- Des clients comme en a le boulanger ?
Le docteur se fait
des illusions.
- Vos r�ves de jeunesse vous ont tromp�.
- J'ai 40 ans.
Mes r�ves, si j'en ai, ne sont pas de jeunesse.
- D'accord, mais vous n'avez jamais exerc�.
- Autre erreur.
- Ah bon ?
- Mes �tudes sont r�centes.
Mais mon d�but dans la pratique est plus ancien.
- Vous avez pratiqu� sans titre ?
Clandestinement ?
C'est fou, vous avez eu des morts ?
- Non, c'est contraire � mes principes.
Un patient qui meurt est perdu.
- Il y a du vrai dans ce qu'il dit.
- Oui, sauf qu'il n'�tait pas docteur !
Dites, maintenant, vous �tes bien docteur ?
Attention, je ne veux pas d'histoire.
Ici, le titre est exig�.
- Le dipl�me doit �tre expos� au vu de la client�le.
- Je suis bien docteur.
Dipl�m� de la facult� de Marseille.
Bonsoir, je cherche l'H�tel de la Cl�.
- C'est facile. C'est tout droit.
2 ou 3 kilom�tres. �a monte, �a monte...
On le sent bien dans les mulets... Les mollets.
Et puis zou, on y est.
- Vous savez que l'abus d'alcool est dangereux, surtout au volant ?
- Je suis comme les crabes. � jeun, je roule de travers.
D�s que j'ai bu une goutte... C'est l'ap�ro !
Je file droit !
Monsieur.
H� oh !
H� oh, fontaine !
- Et voil�, j'en �tais s�re.
C'est la faute d'Adenauer. De quoi il se m�le ?
Pourquoi vouloir r�concilier la France et l'Allemagne ?
- Pardon ?
- Et l'Am�ricain ? �a lui suffit pas, deux guerres en 50 ans ?
Il fallait pas mettre les Boches au Conseil de l'Europe.
Les salauds restent des salauds. Moi, j'ai le droit de le dire.
M. R�my, mon �poux.
Tomb� au pied du Vercors le 22 janvier 1944.
C'est moi qui porte sa croix de guerre.
- Madame, c'est un honneur d'�tre re�u chez vous.
Je suis le docteur Knock.
Ancien caporal du 42e bataillon d'Infanterie.
Matricule 222.
Je suis attendu au restaurant.
- L'honneur est partag�, caporal.
- Docteur.
- Si vous voulez.
- Mon cher confr�re !
Asseyez-vous.
Vous verrez, la cuisine est simple, mais d�licieuse.
- Saint-Maurice a combien d'habitants ?
- 3 500 dans l'agglom�ration.
Pr�s de 6 000 dans la commune.
Et environ le double dans l'ensemble du canton.
- La population est pauvre ?
- Non, tr�s ais�e, au contraire. M�me riche.
Il y a de grosses fermes.
Les gens vivent de leur rente ou du revenu de leur domaine.
Bon app�tit.
- Y a-t-il des vices ? Opium, coca�ne, messes noires, politique...
- Jamais entendu parler de messe noire.
La politique...
On s'y int�resse, comme partout.
- Mon cher confr�re, vous auriez d� repartir couvert d'or.
Vous avez g�ch� une situation magnifique.
Vous avez fait pousser du chardon
sur un verger plantureux.
- Nous �tions assis sur un verger plantureux et on n'a rien senti.
Surtout toi.
Tu entends, Albert ?
- Tant�t le poste ne vaut pas un clou, tant�t c'est le pactole ! Ridicule.
On verra bien o� en sera Knock quand je reviendrai pour la 1re �ch�ance.
- Saint-Maurice...
Me voil�.
L'�ge de la m�decine peut enfin commencer.
Musique intrigante
Sonnette de v�lo
Ah, bonjour.
- C'�tait un brave homme, Parpalaid.
Mais pas fort. Quand on y allait, il trouvait pas.
- Quoi ?
- Il vous �coutait distraitement en disant :
"Oui, c'est pas grand-chose, je vous conseille une tisane."
Les gens qui paient 40 francs la consultation
n'aiment pas avoir un rem�de � 4 francs.
- Surtout que c'est le prix d'un remontant.
Qui remonte plus qu'une camomille.
- �a, c'est vrai, monsieur.
Salut, Jules !
C'est Jules. - Docteur.
- Non, M. Jules.
- Dites-moi "docteur".
"Oui, docteur" ou "non, docteur".
Quand vous parlerez de moi, dites : "Le docteur a dit..."
ou "le docteur a fait."
C'est important. - Oui, docteur.
- Bien !
Facteur.
- Facteur, docteur.
- J'ai un service � vous demander. - Oui, docteur ?
- Il s'agirait de lire un communiqu� aux gens.
Bien s�r, je vous paierai pour �a.
- "Le Dr Knock,
"successeur du Dr Parpalaid,
"fait savoir qu'il donnera les mardis de 9 h 30 � 11 h 30
"une consultation enti�rement gratuite,
"r�serv�e aux habitants du canton."
- Quand vous aurez fini votre tourn�e, revenez me voir.
Je vous offrirai une consultation.
- Une consultation avant les autres ?
- Le facteur n'est pas comme les autres.
- Ah non ?
- Il cr�e du lien social.
- Il cr�e...
- Du lien social.
- Mais oui.
Il cr�e le...
Il cr�e tout le...
- Lien social. - Le lien social.
C'est... - Pas comme les autres.
- Non, non.
Qui c'est qui cr�e le lien social ?
C'est le facteur. Eh oui !
Musique intrigante
...
- Bonjour.
...
Ronflements
...
- Entrez.
- M. Mousquet ?
Knock, votre nouveau m�decin.
Je voulais vous saluer. - Enchant�.
- Un coup d'oil suffit � constater l'excellence de votre installation.
C'est vraiment...
Vraiment.
Entre nous, vous faites minimum 300 000 francs � l'ann�e ?
- Oh non !
Non, je d�passe p�niblement les 50 000.
- Incroyable ! Vous avez des concurrents ?
- Non. - Ah bon ?
Mon pr�d�cesseur croyait en la m�decine ?
- Au d�but, je faisais mon possible, loyalement.
D�s que �a me paraissait grave, je les lui envoyais.
- Tr�s bien. - Seulement, ils revenaient pas.
- Parpalaid �tait un escroc ou un incapable.
Sans m�dicament, pas de gu�rison.
- �videmment !
Toute question d'argent mise � part,
c'est choquant de gagner moins que le cafetier.
Ma femme ne peut pas s'offrir les chapeaux
que sa femme Ir�ne exhibe le dimanche.
C'est dur.
- C'est comme si j'entendais que la femme d'un grand patron
lavait le linge de sa boulang�re
pour avoir du pain. - Si ma femme vous entendait...
- Elle vous entend, docteur.
Elle vous entend.
Et elle se r�jouit de savoir que Saint-Maurice
a enfin un serviteur de la m�decine.
- Il est vrai qu'� un moment, chacun peut devenir notre client.
Par occasion.
- Par occasion ? Non, pas du tout.
Client r�gulier, client fid�le.
- Encore faut-il qu'ils tombent malades.
- Tomber malade ?
Les gens sont plus ou moins atteints de maladies
plus ou moins nombreuses � �volution plus ou moins rapide.
- Mais que c'est beau ! Que c'est beau !
- Si vous leur dites qu'ils se portent bien, ils vous croient.
Mais vous les trompez. - Ah bon ?
- Votre seule excuse est d'avoir trop de malades pour en prendre d'autres.
- "Le Dr Knock,
"successeur du Dr Parpalaid,
"fait savoir qu'il donnera les mardis de 9 h 30 � 11 h 30
"une consultation enti�rement gratuite
"r�serv�e aux habitants du canton."
Voil�. La bonne journ�e.
- Bonjour, Ir�ne. - Bonjour.
- Et il ressemble � quoi ? - Ben...
Je ne saurais pas dire quoi, mais il a un truc.
- Un truc ? C'est-�-dire ?
- Un truc pas pareil que...
Je saurais pas dire ce que c'est.
Il est tr�s chic.
On n'est pas habitu�s.
Costard de prince.
- Le nouveau, faut qu'il fasse ses preuves.
Parpalaid, on le voyait peu, mais il �tait gentil.
- C'�tait un brave type.
Il avait qu'un seul d�faut.
Sa femme.
- En tout cas, une consultation gratuite
tous les mardis matins, �a sent la gentillesse.
- Un docteur qui consulte gratuitement, �a cache quelque chose.
C'est comme si Charlie
offrait la boisson un jour par semaine.
- Ce serait un miracle.
- On a un cur� qui joue aux dames.
- Tu feras moins le malin � confesse. - Vous vexez pas.
Je disais �a pour la blague.
Ce docteur, on le conna�t pas.
- Et c'est pas normal.
Quand un m�decin s'installe dans un village,
il doit se pr�senter au cur� et au maire.
Est-il venu voir la mairie ?
- Il voit venir � la mairie.
Il doit navire � la r�mi. � la...
- Il n'est pas venu pour le moment.
C'est ce que dit Michalon.
Sonnette de v�lo
- Docteur ! Docteur ! - Oui ?
- J'ai tout bien lu. En disant bien "le docteur dit"
et "le docteur pense que".
- Parfait. Voil� vos 50 francs.
- Facteur !
J'ai une lettre � vous donner.
- Il fallait la mettre � la poste.
Il y avait moins � marcher.
- Mme Cuq m'a dit de vous la donner en main propre.
Bonjour.
Au revoir.
- Qui c'est ?
- La petite Ad�le.
Elle travaille chez les Cuq � la plus grosse ferme de la r�gion.
�a doit pas �tre facile.
Sa patronne est une vraie peau de vache.
Docteur, pour ma consultation...
Rapport au fait que je sois le lien social...
- Oui, suivez-moi.
- Quand j'ai d�n�, des fois, je sens des d�mangeaisons ici.
�a me chatouille.
�a me gratouille.
- Attention.
Ne confondons pas.
�a vous chatouille ou �a vous gratouille ?
- �a me chatouille.
- D'accord.
- Mais �a me gratouille aussi.
- �a vous gratouille.
O� �a ? - Par ici, vous voyez ?
L�.
- �a serait pas plut�t l� ? L� o� je pose mon doigt.
Ici.
L�, comme �a.
- Ah oui !
Oui.
C'est l� que �a fait mal.
- C'est l� que �a fait mal.
- Moi, je sens.
- Vous sentez...
- Quand vous mettez le doigt...
- Vous avez senti ? - Oui. Crac.
Je sens...
�a fait pas mal, mais on sent... �a fait un petit peu mal.
- Ce soir,
couchez-vous de bonne heure. Demain, gardez le lit.
Je passerai vous voir.
Vous fumez ? - Un peu.
- On arr�te.
- Ah.
- Les petits remontants, on arr�te.
Vous �tes mari� ? - Oui.
Ah non ! - Si.
Bicarbonate de soude pendant les repas.
Tisane de fleurs d'anis
le soir.
Demain, on passe aux choses s�rieuses.
- Oh ! J'ai dit pas ici,
le ballon.
Je suis f�ch�. Viens ici.
Viens.
Je suis f�ch�. Allez.
- M. Bernard ? Instituteur principal ?
- Oui.
- Knock. Le nouveau docteur.
Auriez-vous un endroit calme pour parler ?
- Oui, par l�. Je vous en prie.
Pardon.
- Je ne voudrais pas interrompre
la collaboration que vous aviez avec mon pr�d�cesseur.
- Collaboration ?
- Vos horaires seront les miens.
On touchera � rien.
- C'est-�-dire ?
- Vous serez mon guide.
Et je me conformerai.
- Je ne comprends pas du tout ce que vous dites.
- Vous �tiez bien en relation constante avec le Dr Parpalaid ?
- Il nous arrivait de faire un billard. - Non.
Comment vous �tiez-vous r�parti l'enseignement de l'hygi�ne ?
De la pr�vention.
Ce que l'instituteur et le m�decin font main dans la main.
Vous n'avez jamais rien fait ?
Jamais r�pondu � ce devoir citoyen ?
- Je ne savais pas.
- Faites-moi voir la classe. - Oui, M. le directeur.
Docteur.
- Voici une petite conf�rence tr�s agr�able
sur la fi�vre typho�de
et ses v�hicules innombrables.
Eau, pain, lait,
salade, poussi�re, salive...
Vous m'arrangerez tout �a.
Votre expos� doit �tre naturel.
- Je ne sais pas...
- Ici, les illustrations.
D�tails d'excr�ments typhiques,
ganglions infect�s, perforation de l'intestin...
- Oh non, non.
Les enfants sont impressionnables. Avec �a, ils ne dormiront plus.
Et moi non plus.
- M. Bernard, c'�tait un plaisir. Revoyons-nous bient�t.
- Oui...
Musique grave
...
- Faudrait peut-�tre que j'arr�te la r�glisse.
- O� avez-vous mal, madame ? - Nulle part.
Je suis venue parce que c'�tait gratuit.
- Ah ! De la fatigue tout de m�me.
- �a arrive. Lev�e t�t, couch�e tard.
- Vous permettez ?
Respirez.
Soufflez.
Ne respirez plus.
- Oh.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous �tes tomb�e d'une �chelle, petite ?
- Je ne m'en souviens pas.
- Vous n'avez jamais de courbatures, en vous couchant ?
- Si, des fois, surtout pendant la moisson.
- Essayez de vous rappeler.
Ce devait �tre une grande �chelle.
Environ 3,5 m.
Vous �tes tomb�e � la renverse.
Heureusement, c'est la fesse gauche qui a port�.
- C'est pas impossible, on ne peut pas se souvenir.
- Vous vous rendez compte ?
- Non.
- Pardon, Ernest.
Marie-Louise... Merci.
Eh bien !
On est plus calmes ici qu'� la messe.
Que vous a-t-il fait ? - Rien.
On l'a pas encore vu. On l'attend.
- Ah !
Il est avec qui ?
- Avec la Cuq. - Tr�s bien !
Elle va le mater vite fait.
- 3 000 francs ?
C'est le prix de deux cochons gras et deux veaux !
- Oui.
- C'est une d�solation.
- Oui.
Voil� ce qu'on va faire.
Je vais vous mettre en observation. �a vous co�tera presque rien.
Dans quelques jours,
vous verrez comment �a va et vous d�ciderez.
- Oui.
C'est bien, �a me va.
- Au revoir, madame.
- Merci.
- Merde. - Au suivant.
- Merci, Jules.
- Oh ben non !
Ah ben si.
- Je dois venir car vous n'avez pas la correction de venir � Dieu.
- C'est-�-dire � vous ?
Je suis m�decin. Je me dois d'abord � mes clients.
- Vos "clients" ?
Le Dr Parpalaid disait "mes patients".
- Ah.
Je vois une rougeur � l'oil.
- C'est rien. Une simple conjonctivite.
- La conjonctivite n'est pas simple. Elle est multiple.
Est-ce une conjonctivite aigu� due au bacille de Weeks ?
Une conjonctivite subaigu� due au bacille de Morax-Axenfeld ?
Une conjonctivite granuleuse ? Dipht�rique ?
Blennorragique ? Imp�tigineuse ?
Lavage de l'oil avec de l'oxycyanure de mercure
et deux gouttes de collyre au nitrate d'argent trois fois par jour.
Voil�, cur�.
C'est gratuit, ne me remerciez pas.
Le bon Dieu me le rendra.
- Ad�le !
Ad�le !
- Oui, madame ?
- Faut que je sois morte pour que tu r�pondes ?
O� est M. Cuq ?
- Au champ. Il donne du foin aux vaches.
- Va enlever les affaires de M. Cuq de ma chambre. Faut que je me repose.
Tu fermeras les fen�tres et les volets.
Faut que je reste dans le noir.
T'es sourde ?
- O� je mets les affaires de M. Cuq ?
- Dans la chambre mansard�e.
- � c�t� de la mienne ?
- Non, c'est pas une bonne id�e.
D�barrasse le bureau et mets un matelas.
- Bien, madame.
- Et arr�te de tousser, �a m'�nerve !
- Merci.
- Bonjour.
Combien pour celui-ci ? - Il est tout neuf.
- Justement, combien ?
- Venez, on va en parler.
Musique douce
...
- Expirez.
Bien, m�me chose.
Bien, redressez-vous.
Toussez.
Voil�. Nous allons mieux.
On a bien fait de se soigner.
- Vous avez raison.
On ne se soigne pas assez. On se m�ne trop durement.
- Excellent raisonnement.
- Bien s�r que je raisonne.
Si je vous disais qu'un jour, M. le Pr�fet, en personne,
�tait � la mairie dans la salle des mariages. Et...
- Il a vu tout de suite � qui il avait affaire.
Que le facteur raisonnait mieux
que d'autres qui se prennent pour des gens plus forts que lui.
Qui c'est qui n'a plus su quoi dire ?
M. le maire.
- Ben �a...
Vous en avez caus� avec le pr�fet ?
- C'est 40 francs.
- Ah bon ?
- �a peut pas �tre gratuit tous les jours.
- Il �tait aimable ?
- Ni l'un ni l'autre. Il �tait professionnel.
- Alors c'est quoi, le truc ?
- Il est tout en muscles. Vous avez vu ses bras ?
Un ancien boxeur ?
- C'est pas �a. - Extr�mement cultiv�.
- Flair que Parpalus ? Plus que Parpalaid ?
- Rien � voir.
- C'est pas �a.
- Il est beau. Vraiment tr�s beau.
- Dis pas des conneries, Ir�ne.
- Pourquoi des conneries ?
- Qu'est-ce qu'il a de pas comme nous ?
- Je vais vous le dire, moi.
Parce que je le sais.
Il est de la haute. De la famille du pr�fet.
- Non ?
- Si !
�a vous l'enfonce profond.
- Non !
- Pardon, M. le cur�. Je ne vous avais pas vu.
Il a chang� de place ?
- Docteur. - Bonjour.
Cris des marchands
Un probl�me, ch�re madame ?
- Je vous en prie, appelez-moi �lisabeth.
J'ai pens� qu'un c�libataire occup� comme vous
appr�cierait qu'on le g�te un peu.
Voil� !
Un petit panier-repas.
Une tarte aux courgettes que j'ai faite,
un p�t� de volaille, du fromage, des fruits.
Une petite bouteille de vin rouge.
- Merci. Mais il ne fallait pas.
- Il y a, demain soir,
un petit d�ner chez le maire.
Vous y serez le bienvenu.
Il y aura son adjoint, M. Michalon,
la veuve Pons, M. le cur� et nous.
- Merci.
- Et moi.
Et moi.
- C'�tait ennuyeux d'�tre mari�e, �a l'est plus encore d'�tre veuve.
Comme je suis tr�s riche, les hommes s'int�ressent � mon argent.
Ce qui n'est gu�re flatteur.
Je m'ennuie, je m'ennuie.
Alors je joue.
- � quoi ?
- Je place.
� droite, au milieu, rarement � gauche.
- Notre amie vient ainsi
de placer 500 000 francs
en actions de charbonnage.
- 500 000 francs ? C'est �norme.
- Oui.
- Pour vous et moi. Mais pour notre veuve, cela repr�sente...
Le dixi�me de sa fortune ? Le vingti�me ?
- Mme Pons est surtout
la bonne f�e de Saint-Maurice.
Elle ouvre discr�tement pour des causes charitables.
Si, si.
- Je ne vous dirais pas que...
ma fortune est rest�e ce qu'elle �tait.
J'ai d� vendre un domaine de 160 hectares,
la Michouille, qui me venait de ma grand-m�re.
- La "Michouille" ? - Oui.
Que pensez-vous, docteur ?
Ai-je eu raison de me s�parer
de ce domaine ? - �videmment.
Vous avez plac� votre argent. N'en faisons pas un fromage.
- Cette id�e de consultations gratuites le mardi matin...
Excellente !
In�dite, aussi.
- Tout le monde a droit aux soins. M�me les d�munis.
- Oui. Mais vurtout...
Surpout les nuplo...
Il continue de b�gayer.
Surpou les nupo pauvres !
- C'est vrai, mais la population de Saint-Maurice est bien portante.
Votre consultation du mardi, m�me gratuite,
ne tiendra pas.
- Les gens bien portants sont
des malades qui s'ignorent.
- Bravo.
- Le m�decin est philosophe.
- Je ne connais
que trois m�decins.
L'eau, l'exercice et la di�te.
- Gardez-les, cur�. Personne ne vous les disputera.
Je vous invite � la conf�rence que je donnerai dans la classe de M. Bernard
demain � 11 h.
Vous comprendrez mieux.
En somme, mes petits, la maladie se niche partout.
M�me, et surtout, l� o� on ne la soup�onne pas.
Essayons de trouver un exemple.
Toi.
Tu as tir� la langue. C'est bien.
Viens ici.
Bris de verre
Avance.
Comment tu t'appelles ?
- Didier Lacoste.
- Bien, Didier...
Tire la langue, qu'on la voie bien.
L'�tat de la langue
donne des renseignements pour reconna�tre une maladie.
La langue est s�che chez les fumeurs.
Jaune dans les dyspepsies et les indigestions.
Frambois�e dans la scarlatine.
Fendill�e dans la fi�vre typho�de.
Couverte d'ulc�rations dans la fi�vre aphteuse.
Sans compter les millions d'impuret�s qui transitent par la salive
et font de la bouche un milieu favorable au d�veloppement des microbes.
Voyons maintenant ce que dit ta langue.
- Mon Dieu !
- Ouvre bien.
Musique palpitante
...
Ta langue ne dit rien.
Tant mieux.
Referme la bouche.
Par contre, du tartre.
Qui nous apprend
que tu ne te laves pas souvent les dents.
Tu veux avoir des caries ?
Des fistules ? Des abc�s ?
Alors tu te laveras les dents deux fois par jour.
Vu, Didier Lacoste ? - Vu.
- � ta place.
- Bravo. Bravo !
- Bravo.
Bravo.
- Bravo.
- Il est fort. Tr�s fort.
Peut-�tre m�me trop fort. - Oh oui.
- Ce Knock est un grand homme.
Une main de fer dans un gant de velours.
Le savoir et le charme. La science et la po�sie.
- �a va, j'ai compris.
Sa s�duction est artificielle et cache sans doute des vices.
Il a le visage du malin.
- Vous ne seriez pas jaloux ?
- Jaloux ? Ma pauvre, vous �tes idiote.
- L'idiote vient de subventionner votre toiture.
Et elle donne 100 francs � chaque messe.
Elle pourrait bien ne plus rien donner.
- Je m'emporte parce que je sens bien les hommes.
Et celui-ci n'est pas net.
Aidez-moi � faire la lumi�re sur ce docteur miracle.
Ma fille, Dieu se m�fie des miracles.
- �a alors !
- Des miracles qu'il n'a pas faits lui-m�me.
Pourquoi n'a-t-il pas de famille ? D'o� vient-il, sans pass� ?
Que cherche-t-il ?
Faites-le parler. Ouvrez vos oreilles et racontez-moi tout.
Racontez-moi tout !
Aidez-moi � d�masquer les imposteurs qui vident Votre maison
et se remplissent les poches.
Qui d�tournent les p�cheurs de la p�nitence
et qui humilient Votre serviteur
au lieu de l'honorer !
Amen.
Des poules caquettent.
- Bonjour, mademoiselle. - Bonjour.
- Comment va Mme Cuq ?
- Elle est faible.
Elle ne mange plus depuis une semaine. Le contraire serait �tonnant.
- Vous �tes intelligente, Ad�le.
- Oui.
�a ne rend pas toujours service.
Vous connaissez mon pr�nom ?
- Oui, c'est...
C'est le facteur qui m'a...
Que faites-vous avec le panier ?
- Le repas de M. Cuq et de son ouvrier.
Je dois leur porter aux champs.
- Mme Cuq n'est pas une ma�tresse facile.
- Non.
Mais j'imagine qu'il y a pire.
Et vous me l'avez affaiblie, c'est pas mal.
Vous me suivez ? - Oui.
Vous toussez souvent comme �a ? - De temps en temps.
- Passez � ma consultation.
- J'ai pas les moyens, monsieur. - Docteur.
Je ne prendrai pas d'argent.
Vous voulez que je vous examine ?
- Docteur, vous �tes l� ?
Je vous entends, docteur !
- C'est par l�.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Alors ?
Comment vous sentez-vous ? - Mal. Vraiment mal.
J'ai fait comme vous m'avez dit. Eau sal�e,
biscuits...
Un bol de soupe le soir.
- Vous vous �tes lev�e ? - Pas depuis une semaine.
- Pour vos besoins ?
- J'appelle Ad�le. Elle apporte le seau.
- Et votre toilette ? - J'appelle Ad�le.
Elle me frotte avec du savon.
Hein ?
- Debout.
Allez.
On se l�ve, on marche de long en large et d'un bon pas.
- Oh l� l� !
�a me donne le vertige !
- Bien, recouchez-vous.
- Oui.
Oh l� l�...
- Ou vous d�cidez de vraiment vous soigner, ou je m'en vais.
- Non, ne me laissez pas.
Je veux me soigner.
- Je vous pr�viens.
�a va �tre long et co�teux.
- Je sais.
3 000 francs, c'est une abomination.
- 4 000.
- Hein ?
Vous m'aviez dit 3 000.
- C'est plus grave que je pensais.
Qu'est-ce que vous faites ? - Je recommence.
C'est pas plus grave que vous le pensiez.
Pour 1 000 francs, �a vaut le coup.
- Tr�s bien. Arr�tez.
Ne vous rasseyez pas.
Non.
Penchez-vous.
Plus bas.
Plus bas. Touchez vos doigts de pieds.
Levez-vous.
On recommence. Allez.
Plus vite.
Une.
Deux !
Voil�, un, deux...
Un, deux... un, deux... un, deux...
un, deux... un, deux...
Plus vite encore. Un, deux...
Encore. Un, deux... un, deux...
- Oh !
Je vais vomir ou mourir.
Ou alors les deux � la fois.
Elle g�mit.
- 4 000 ?
- D'accord.
- Bonjour.
- Merci.
Et 5 qui font 10.
Bonne journ�e et � bient�t !
- Bonjour, docteur.
- Laissez passer.
Qu'est-ce qui vous am�ne de si bonne heure ?
- Notre rendez-vous mensuel.
- Mais bien s�r.
Mme Mousquet, vous me remplacez ?
- Avec plaisir, M. Mousquet.
- Le docteur et moi avons � parler m�decine.
- Exactement.
Bonne journ�e, messieurs dames.
- Voil�, c'est 2 francs.
- Septembre : 37.
Octobre : 120.
Novembre : 60. Pour la premi�re semaine.
� ce rythme, nous allons vers les 240 ordonnances au mois.
- Et d�cembre sera encore meilleur.
- Ah ? - Oui.
Avec son augmentation des grippes,
sur laquelle nous pouvons compter en janvier et f�vrier,
dans trois mois, nous aurons doubl� ces chiffres.
Et ce n'est qu'un commencement. - Non ?
- Ce n'est pas �norme.
N'oubliez pas que le canton comprend 2 853 foyers.
Et 1 502 qui d�passent 20 000 francs.
- Quel est le rapport ?
- On ne peut pas imposer la charge d'un malade r�gulier
� un foyer au revenu inf�rieur � 20 000 francs.
Ce serait immoral.
- Oui. - D'o�...
Mes quatre �chelons de traitement.
L'�chelon du bas, pour les revenus de 12 � 20 000 francs,
comprend une visite toutes les deux semaines
et 20 francs par mois de pharmacie.
C'est pour vous. - D'accord.
- Au sommet, le traitement de luxe,
pour les revenus sup�rieurs � 50 000 francs.
Entra�ne 4 visites par semaine
et 300 francs par mois environ de frais divers.
Encore pour vous.
Analyses, m�dication courante...
- Docteur, dans votre m�thode,
l'int�r�t du malade n'est pas subordonn� � l'int�r�t du m�decin ?
- Et du pharmacien. - Voil�.
- Le seul int�r�t sup�rieur, c'est celui de la m�decine.
Mon r�le est d'amener les gens � l'existence m�dicale.
Je les mets au lit
et je regarde ce qui va en sortir.
Un n�vropathe, un diab�tique, ce qu'on voudra.
Mais quelqu'un, bon Dieu !
Rien ne m'agace plus que cet �tre ni viande ni poisson
qu'on appelle un homme bien portant.
Pardon.
- Laissez passer le docteur.
- Pardon, excusez-moi.
- Docteur ! Docteur !
Docteur !
Une lettre pour vous. - Plus tard, si �a vous ennuie pas.
- C'est de Mme R�my, �a doit pas tra�ner.
Le 11 novembre, c'est dans 4 jours.
- Et alors ?
- Et alors ?
Deux fois par an, Mme R�my re�oit tout le village.
Le 11 novembre pour f�ter la victoire de 14-18
et le 8 mai pour f�ter celle de 1945.
Et il n'est pas question de refuser. N'est-ce pas ?
- �a, c'est s�r.
- Elle est tr�s claire, vous verrez, 3e paragraphe.
- Vous lisez le courrier que vous distribuez ?
- Dites ! Je suis facteur, tout de m�me.
Et responsable des nouvelles que j'apporte.
Excusez-moi.
- Vous vous demandez s�rement
pourquoi je viens � cette consultation gratuite.
J'ai pens� � ces braves gens d�munis,
je me suis dit que s'ils me voyaient ici,
ils n'auraient plus honte d'y venir.
- C'est tellement g�n�reux, madame.
Alors ?
- Je passe des nuits sans dormir.
- Que vous disait le Dr Parpalaid ?
- De lire chaque soir 3 pages du Code civil.
Il ne m'a jamais prise au s�rieux.
- C'est un tort.
L'insomnie peut �tre due � un trouble de la circulation intrac�r�brale.
Particuli�rement � l'alt�ration des vaisseaux dits en tuyaux de pipe.
Repr�sentez-vous un crabe
ou une grosse araign�e vous d�chiquetant doucement la cervelle.
- C'est une maladie incurable ?
Dites-moi la v�rit�.
- Si on suit scrupuleusement le traitement,
on gu�rit bien.
Je passerai vous voir 4 fois par semaine.
Peut-�tre 5.
- O� exerciez-vous, avant de venir ?
- Sur les oc�ans, madame.
- Les oc�ans ? Comme c'est vague.
Et avant ?
- � Marseille. Mais je ne soignais pas.
- Vous n'�tiez pas m�decin ?
- Pas encore.
Je regrette, mais j'allais fermer.
- Oui, mais l�...
C'est une urgence.
- Bien.
- Docteur...
Comment trouvez-vous mes seins ?
Docteur...
- Je ne les trouve pas. Je ne les cherche m�me pas.
Rhabillez-vous et oublions tout �a.
Musique jazzy
...
- Soyez indulgente, pour une fois qu'il s'exprime.
Continuez, Michalon.
- Moi, je perp�tue...
Je perp�te ce que dit M. le maire.
- Pour un �lu,
il se pose l�, le maire.
- Si la R�publique f�d�rale allemande limite son armement,
il est normal qu'on arr�te de l'occuper.
- Je vais lui faire bouffer sa soutane !
- Vous prenez tout le temps la mouche, Maryse !
- Moi, je prends la mouche ? - La preuve.
- Si la RFA redevenait autonome,
Berlin Ouest resterait soumise � l'occupation.
- Encore heureux !
- C'est toujours la faute d'Adenauer.
- Vous n'�tes pas souple.
- Vive le 11 novembre.
Musique jazzy
...
- Montez, je vous raccompagne.
- Merci.
- Pas de gants, pas d'�charpe ? Vous n'�tes pas raisonnable.
Que faites-vous ?
- Pas de gants, pas d'�charpe et pas envie de remontrances.
- Attendez.
Je suis d�sol�.
Restez, s'il vous pla�t.
- Plus un mot ?
- Plus un mot.
Musique douce
- Pardon, j'�tais un peu �nerv�e.
- � cause du jeune homme ?
- Vous avez vu ?
- Sans faire expr�s.
C'est votre fianc� ?
- Pourquoi je vous r�pondrais ?
Oui, on a �t� fianc�s.
Mais on ne l'est plus.
�a vous va ?
- Moi, vous savez...
...
Grondement du tonnerre
- C'est dr�le, pour tout le monde ici, vous �tes un saint.
Sauf pour le cur�.
Il dit que vous �tes un escroc motiv� par l'argent.
- Et vous ? Vous en pensez quoi ?
- Non, c'est pas l'argent.
Du moment que vous en gagnez beaucoup.
- Qu'est-ce qu'on dit d'autre ?
- On dit aussi que vous �tes diff�rent.
- En quoi ?
- Justement, ils cherchent, mais ils trouvent pas.
- Et vous ?
Vous avez trouv� ?
- Oui.
Le tonnerre gronde.
Rires
Musique jazzy
Cri
- Qui �tes-vous ? - Je suis personne.
- Je connais tout le monde, mais pas vous.
Vous �tes un vagabond ?
Un voleur ?
- J'ai pas mang� depuis 2 jours. J'ai faim.
La charit�, c'est trop vous demander, mon p�re ?
- � l'aide ! Non !
J'allais justement vous la proposer, la charit�.
- �a tombe bien.
J'ai besoin d'un toit pour quelques nuits.
Pour r�cup�rer avant de reprendre la route.
Votre �glise fera l'affaire. On ne me verra pas.
Il faudra aussi me nourrir un peu.
- Je suis l'abb� Lupus, pas l'abb� Pierre.
- J'ai jamais crev� de pr�tre.
M'obligez pas � commencer.
- D'autant que c'est p�cher.
Un chien aboie.
- Ad�le ? Ne restez pas l�. Entrez.
- Non, vous descendez.
Venez !
Mme Cuq a un probl�me ? - Non, Tom.
- Tom ? Qui est-ce ? - S'il vous pla�t !
C'est par l�.
Attention � la dame.
C'est l�.
- O� ? - L� ! Arr�tez.
Venez.
Allez, venez !
G�missements
C'est Tom, le chien de M. Cuq.
�a fait 2 jours qu'il est allong�.
Il va �tre abattu, il faut un chien pour les brebis.
- Il faut un v�t�rinaire.
- Ici, on soigne les b�tes qui rapportent.
Une vache pleine, un cheval de labour. Pas un chien.
Je vous en supplie.
- Tu me laisses faire ?
On va regarder.
Je crois qu'il s'est d�bo�t� l'�paule.
Tenez-le, �a va lui faire mal.
Vous l'avez ?
Allez.
Craquement
Oui.
Je crois que c'est fait.
Hein, Tom ! Allez, debout. On essaie.
Super !
Allez, tu peux y aller.
Tu peux le faire.
Vas-y !
- Merci.
Vous m'observiez quand je dansais avec Lucas.
- Un peu.
- Que je le gifle, �a vous a pas d�plu.
- �a m'a m�me fait plaisir.
- Et pourquoi ?
- Parce que.
Parce qu'il dansait avec vous.
- Et pas vous.
- Non, pas moi.
- Moi, je veux bien danser avec vous.
Invitez-moi.
- Il n'y a pas de musique.
- Ah bon ?
Et �a ? C'est pas de la musique ?
Musique douce
...
- Si.
...
Les cloches sonnent.
- Vous �tes en retard.
Nous allons y aller. En marche.
D�p�chons.
Bienvenue dans la maison du Seigneur.
- Bonjour, Jules.
- Bienvenue dans la maison du Seigneur.
- Mousquet ! Mousquet !
On se r�veille, Mousquet !
Mousquet !
- Qu'est-ce que c'est ? - Faut que je vous parle.
Habillez-vous et rejoignez-moi.
- Un dimanche ?
- Il est temps de passer � la vitesse sup�rieure.
- J'arrive, docteur. J'arrive.
- Je vous attends.
- C'est pas possible.
- Mme R�my, quel plaisir de vous voir.
- Caporal.
- Docteur. - Si vous voulez.
- Ch�re Maryse, auriez-vous un endroit tranquille
afin que nous discutions au calme ?
- Pourquoi ? �a ressemble � un champ de courses ?
- Nous avons un grand projet.
Un projet ambitieux. Votre h�tel serait notre base militaire
et vous...
Le commandant d'escadron.
- J'en suis !
Entrez.
Musique intrigante
...
- Il est o�, ce con ?
- C'est de moi que vous parlez ?
- Tu �tais o� ?
- Pourquoi ? Je vous dois des comptes ?
- Oui.
On a dit "discret et invisible".
- Et alors ? C'est ce que je suis, non ?
- De toute fa�on, tu seras parti demain.
C'est bien. - Non.
- Comment �a, non ?
- Ben non.
J'ai besoin d'une semaine de plus.
On sifflote.
Tu me reconnais ?
- Non, on ne se conna�t pas.
- Mais si, mon p�p�re.
Regarde bien.
L�, tu y es, j'en suis s�r.
- Lansky ?
- Eh oui.
Je suis content pour toi, t'en as fait, du chemin.
Tu demandes pas de nouvelles de Fr�do ? Il est mort il y a 3 ans.
Une bagarre qui a mal tourn�.
Les risques du m�tier.
Tu me devais pas de l'argent ?
- Si.
150 francs, c'est exact. Voil�.
300.
Prends ce que je te dois et d�gage.
- �a parle comme �a, un docteur ?
Ta combine avec ton pharmacien...
C'est du commerce ou de la m�decine ?
La petite qui t'a pos� un lapin aimerait ?
- Lansky !
- Je te retrouve, l�. J'aime mieux �a.
�coute-moi bien.
Tu me devais 150 francs, on est d'accord.
Avec les int�r�ts, �a fait 3 000.
Et la prime de risque, j'ai risqu� de jamais les revoir : 30 000.
On arrondit � 50 000, hein ?
Quand on aime, on ne compte pas.
- Allez !
Allez, ma cocotte, viens.
Voil�, Suzie.
C'est bien !
C'est bien.
- Ad�le n'est pas dans la cuisine.
- Je souffre moins du dos, mais pas d'ailleurs.
C'est curieux, le mal change constamment de place.
Il cherche tout le temps la sortie, vous voyez ?
Qu'est-ce que je dois faire ?
- Un verre d'eau glac�e au lever
et deux suppositoires � la glyc�rine.
Pendant 8 jours.
Voil�.
Et Ad�le ?
- Elle est au lit, soi-disant malade. Paresseuse !
- Depuis quand ?
- Quatre jours ! Si c'est pas de l'abus !
- Vous m'avez pas appel� ? - Pourquoi ? Je vais mieux.
Ad�le tousse.
...
- Docteur ! Pardon, je vous ai pas pr�venu.
- C'est pas grave.
- Vous devriez pas �tre l�.
- Mais si. Vous �tes malade et je suis m�decin.
C'est une bonne raison.
- C'est rien, un peu de fatigue.
Elle tousse.
- Cette toux, elle est s�che ou grasse ?
- Grasse.
- Avec du sang ? - Non.
- Sueurs nocturnes ?
- Oui.
- Respirez � fond.
Ad�le.
Vous allez aller � l'h�pital du chef-lieu du canton
pour un test de d�pistage.
On fera aussi une radiographie pulmonaire.
- J'ai la tuberculose ?
- Ces examens sont des pr�cautions faites pour rassurer.
Pas pour inqui�ter.
Hein ?
Bon...
C'est pas grand-chose. C'est juste...
Une pens�e.
- Pour quoi ?
- Il faut des raisons pour avoir une pens�e ?
Non, non. S'il vous pla�t.
Vous ferez �a quand je serai parti.
C'est mieux.
C'est mieux.
Au revoir, Ad�le. - Au revoir.
Musique douce
...
*- Oui, all� ? - Dr Werner ?
Dr Knock de Saint-Maurice.
Je vous envoie une patiente tuberculeuse.
Je connais la r�putation de votre �tablissement.
Je paierai moi-m�me les soins et la cure.
Mais je vous demande une totale confidentialit�.
*- M�me pas... - Non, elle ne devra jamais rien savoir.
Jamais. *- Bien.
- Non ! - Si.
- C'est trop. - C'est bien, allez.
- Bonjour.
Charlie, un cognac, s'il vous pla�t.
- Je m'�tonne de voir le docteur ailleurs qu'avec ses malades.
Pourtant, ils sont nombreux !
Le fait de soigner les uns donne des maladies aux autres.
C'est dr�le.
- C'est pas tr�s chr�tien, M. le cur�.
- Faut le comprendre, docteur.
Les gens sont pr�occup�s par leur sant� et vont plus � l'�glise.
Dimanche, on �tait 30.
Du temps de Parpalaid, l'�glise �tait pleine.
- � chacun sa paroisse.
Musique douce
...
Le motocycliste crie.
- M. le cur� !
M. le cur� ! Il ronfle.
M. le cur� !
- Quoi ?
- M. le cur� !
M. le cur� !
J'ai vu des choses, mais des choses !
Et ces choses que j'ai vues, �a m'a fait des choses !
- �coutez, �lisabeth...
On parlera de ces choses
quand j'aurai fini mes pri�res.
- Tr�s bien. �a concernait le docteur.
J'ai vu la petite Ad�le et le Dr Knock
dans une posture...
que la d�cence interdit de rapporter.
- Pas du tout, je suis l� pour �a.
Et on ne d�range pas Dieu pour rien.
C'�tait o� ?
- Devant la gare.
En pleine rue. En plein jour.
Il l'a tenue serr�e.
De fa�on...
d�go�tante.
Je suis s�re qu'il avait d� la tripoter dans la voiture
pendant que je ne pouvais pas voir.
Et elle a aim� �a.
- Elle vous l'a dit ?
- Non, mais...
Mais...
�a se voyait.
Oh oui, �a se voyait.
- Continuez.
- C'est tout.
- Cherchez bien, je suis s�r que ce n'est pas tout.
Allez !
- C'est-�-dire que...
Mon p�re... Moi aussi.
- Il vous a tripot�e ?
- Oh non.
Non, mais...
Il aurait bien voulu, vu que j'�tais toute nue.
- Comment �a se fait que vous �tiez nue ?
- Mes migraines, mon p�re.
Vous comprenez...
Il est docteur, quand m�me.
- Il en abuse. - Voil�.
C'est exactement �a.
- C'est bien d'�tre venue me parler.
- Merci, mon p�re. Merci.
- In nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti.
- Amen.
La porte claque.
- Vous n'aimez pas beaucoup ce docteur.
- �a te regarde ?
- �a se pourrait.
- Tu le connais.
- �a se pourrait aussi.
- Parle, cr�tin !
Il crie.
- Et le respect du prochain ?
- �videmment. �videmment.
- Petite nature, hein ? - Oui !
- Ton �glise est froide, ta paillasse est dure et ta conversation m'emmerde.
Je m'en vais.
- Non, attends !
Parle-moi de Knock.
Alors ? - Y a pas assez.
Orgue
- Voil� !
Sifflotement
- M. Jean !
Regardez.
Le 32L, qu'en pensez-vous ?
- Bonjour.
- Bonjour, caporal.
- Docteur. - Si vous voulez.
Le mat�riel est arriv�.
Je l'ai entrepos� dans la salle de restaurant.
Vous voulez bien v�rifier que c'est conforme ?
- Je vous en prie.
- Un de vos amis m'a demand� une chambre pour une ou deux nuits.
- Un ami ?
- J'ai pu lui donner que la 22. Les autres sont en travaux.
- Sois pas timide, entre.
- 50 000. Tu peux compter.
- Tu plaisantes ? Ce serait quoi, l'amiti� sans la confiance ?
- Maintenant, tu quittes Saint-Maurice.
- Tu m'as rembours� les int�r�ts.
- Quoi ?
- Pour que je me tire, faudra plus.
- Salopard !
- Voil�, c'est �a.
� peu pr�s 100 000 de plus.
- C'est �norme, je les ai pas.
- Tu les trouveras, je te fais confiance.
- Tr�s �nerv�. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Il a dit... Voil�...
- Accouchez, j'ai du travail.
- Mais c'est la pur�e Lecuq. La pur�e Lepus.
Le cu... Il...
Urgent.
C'est pour �a ! - Le cur� Lupus ?
Qui est l� ? - Oui.
- Il veut me voir ?
Parce que c'est urgent ? - Oui.
- Fais-le entrer, cr�tin ! - C'est �a.
Pulus !
- M. le maire. C'est tr�s grave.
Nous savons que le secret de la confession m'emp�che de parler,
mais je n'ai pas le choix.
Le Dr Knock a failli violer Mme Mousquet,
venue le voir pour une migraine.
De plus, il a perverti la petite Ad�le,
qui a disparu depuis qu'on l'a vue dans ses bras � la gare.
- Ad�le n'a pas disparu. Elle est hospitalis�e en Suisse.
- En Suisse ?
Il l'aura engross�e et elle y sera all�e se faire avorter.
- Ad�le est poitrinaire. Knock essaie de la sauver.
Quant � Mme Mousquet, je ne peux la prendre au s�rieux.
- Pourquoi ?
- Il y a un an,
elle s'est d�shabill�e devant moi pour prouver que notre air
lui donnait des rougeurs.
- "Mon cher docteur,
"je ne suis pas si malheureuse ici.
"C'est un bel endroit qui me rappelle Saint-Maurice.
"J'ai une chambre grande et confortable. Et chauff�e.
"Quel luxe !
"� ce propos, j'ai une nouvelle incroyable.
"Mon traitement sera enti�rement gratuit.
"Comme il est exp�rimental, ils ne font pas payer, m'a dit le Dr Werner.
"C'est la 1re fois que j'ai de la chance.
"Non, la deuxi�me.
"La premi�re fois, c'est quand je vous ai rencontr�.
"J'esp�re que vous pensez � moi.
"M�me un petit peu.
"Moi, je pense � vous
"et aux lettres que vous allez m'�crire.
"Et j'ai une furieuse envie de vivre.
"Je vous dis � bient�t, Ad�le."
- C'est joli, comme petit nom, Ad�le.
- J'ai pas 100 000 francs sur moi.
J'ai rendez-vous demain � la banque pour les retirer.
Je les d�poserai � ton h�tel.
Et apr�s, tu t'en iras.
D�finitivement.
Comment t'es arriv� � Saint-Maurice ?
- Le hasard, mon vieux.
Saint-Maurice est sur la route de Fombeuge.
C'est � une petite centaine de kilom�tres au nord.
Un de mes oncles y est mort.
Il �tait pas riche, mais il n'a pas d'h�ritier,
il y a peut-�tre du pognon pour moi.
Je savais pas que le gros de l'h�ritage serait ici.
- � ton d�part pour Fombeuge, Lansky.
Clochette
- Docteur, quel plaisir !
- Mme Pons, comment allez-vous ?
- Je dors comme un b�b�. Ces potions sont miraculeuses.
- Tr�s bien.
- Je re�ois un cousin par alliance qui vit � Marseille.
Venez souper.
Vous avez sans doute,
mon cousin Pons et vous,
des relations communes.
- Pourquoi ?
- Vous ne viviez pas � Marseille ?
- Docteur !
Docteur !
On vous cherche partout, Mme R�my est dans tous ses �tats.
Mince.
J'ai fait une b�tise.
- Facteur !
- C'est la chambre 22.
Le gars a chi� comme vache qui pisse.
Il y a de la merde partout.
Pardon, il n'y a pas d'autres mots.
Le gars s'est vid� dans les escaliers.
M�me sur les murs, il a chi� !
Et sa chambre ! Je vous raconte pas. Une vraie fosse septique.
Le gars, il hurle de douleur !
Mme R�my aussi, pour d'autres raisons.
- �a peut �tre grave, une diarrh�e pareille.
La dysenterie, probablement.
- Alors... - Interdisez la chambre.
Aucun visiteur.
- Je les appelle.
Donnez-la-moi.
- Je marche dedans. C'est pas possible. C'est pas possible.
Mes bottes...
Si mon pauvre mari voyait �a...
Et le mur ! M�me le mur.
Oh non.
Enfin...
Comment �a a pu arriver jusque-l� ?
G�missements
Pets
- Qu'est-ce que �a pue chez toi, Lansky.
...
Un petit souci ?
- Aide-moi. Je t'en supplie.
- C'est compliqu�.
- Fais quelque chose.
T'es toubib, merde !
- Tu me crois ?
- J'ai le choix ?
- Si tu le prends comme �a... - Je te crois !
T'es toubib.
- Et toi, t'es quoi ?
Un escroc ?
Un ma�tre-chanteur ? Un assassin ?
Un peu de tout �a ? On est d'accord ?
- D'accord.
Prends mon argent.
Dans ma table de chevet.
- Mon argent.
- Maintenant, aide-moi.
Aide-moi. - Je me t�te.
- Je ferai tout ce que tu veux.
- Commence par signer �a.
- C'est quoi ?
- Ta confession.
Vols � la tire, chantages, meurtres.
Ton ouvre.
Je t'ai m�me coll� le meurtre de Fr�do.
- C'est pas moi !
- Quand m�me.
Je vais te soigner, Lansky.
Mais tu vas te tirer et plus revenir. Sinon, je te balance.
Signe.
- Oh putain !
Pets
Musique intrigante
...
- Charlie, qu'est-ce qui se passe ?
- Pardon ? Oh ! Dr Parpalaid !
Je vous ai pas reconnu.
- Il est arriv� malheur � Mme R�my ?
- Non, Mme R�my va bien.
Je dois r�cup�rer un patient dans l'ambulance. La clinique est pleine.
- Clinique ?
Quelle clinique ?
Vous avez vendu le caf� ? - Non.
Mais le docteur nous a dit qu'il fallait mod�rer la boisson.
On ouvre le matin de 7 h � 10 h pour le caf�.
Et le soir vers 18 h pour l'ap�ro.
Le reste du temps, on travaille l�.
Et on ch�me pas.
Sa devise, c'est : "Travailler plus pour gagner plus."
Ir�ne, regarde qui est l�. - O� ?
- M. Parpalaid, l'ancien docteur.
- Mais oui !
Pardonnez-moi, je vous avais...
- Pas vu ?
- Oubli�.
- C'est aimable.
- Pardonnez-moi, il faut que je vous laisse.
D'accord ?
- Ir�ne !
La demoiselle de Saint-Marcellin
va nous quitter tout � l'heure. La 17.
Je mettrai l� la dame de Livron qui arrive dans la soir�e.
Oh.
M. Parpalaid !
Bonjour.
Quel bon vent vous am�ne ?
- Ce que je vois est insens�.
De mon temps, les gens se portaient mieux.
- Ils n'avaient pas l'id�e de se soigner. Nuance.
Certains s'imaginent
que les cures, les r�gimes, c'est pour les grandes villes
et pas pour les campagnes.
Erreur, M. Parpalaid.
Erreur.
Nous aussi, on veut le meilleur. Et nous aussi, on y a droit.
C'est ce que le Dr Knock appelle le bouclier m�dical.
Excusez-moi, le devoir m'appelle.
M. Mathieu, voulez-vous bien rentrer, s'il vous pla�t ?
Allez.
- Quelle surprise, Dr Parpalaid !
- Je vous remercie de m'avoir reconnu.
- C'est vous qui devez rien reconna�tre.
Tout a bien chang� depuis votre d�part.
- Il y a 8 mois ! - �a me semble une autre �poque.
C'est plus la petite existence paisible d'avant.
J'ai quintupl� mon chiffre d'affaires.
C'est pas le plus important. Je me sens enfin utile.
Pardon, nous sommes d�bord�s. Je dois faire une prise de sang.
Mes hommages � Mme Parpalaid.
- 600 ?
Vous atteignez 600 consultations mensuelles ?
En un mois, il a pu se trouver dans le canton 600 personnes
pour venir faire la queue en payant
� la porte du m�decin ?
- On ne les a pas forc�es.
- Que signifient ces points rouges sur la carte ?
- �a ?
�a, c'est la carte
de la p�n�tration m�dicale.
Chaque point rouge
indique l'emplacement d'un malade r�gulier.
Regardez bien. Il y en a partout.
Si je poss�dais votre m�thode...
Si je l'utilisais comme vous le faites...
J'aurais pas des scrupules ?
- Dans 350 de ces maisons,
il y a 350 chambres
o� quelqu'un vit la m�decine.
Et la nuit, c'est encore plus beau.
Car la nuit, il y a les lumi�res.
Presque toutes ces lumi�res sont � moi.
Les malades ont gard� leur veilleuse ou leur lampe.
Et je parle pas des cloches, qui sont la voix de mes ordonnances.
Dans quelques instants, elles sonneront midi.
Midi, c'est la 2e prise de temp�rature rectale de la journ�e.
Dans quelques instants,
350 thermom�tres vont p�n�trer � la fois
et en m�me temps
dans 350...
Les cloches sonnent.
Voil�.
...
Musique douce
Respiration difficile
Toux
Respirez doucement.
Respirez doucement.
Respirez doucement. Par �-coups.
Voil�.
Voil�.
D�tendez-vous.
D�tendez-vous.
La crise est en train de passer. C'est bien.
Cinq gouttes de sirop d'iode. C'est ce qui est prescrit.
�a va vous soulager.
Vous allez gu�rir.
Le Dr Werner est confiant.
- C'est la premi�re fois que ma vie a de l'importance.
- Elle a beaucoup d'importance.
- On est pareils, tous les deux.
On n'a pas eu d'enfance alors on doit tout rattraper.
- Comment tu sais �a ?
- Je viens du Secours populaire, comme vous.
L'argent, la notori�t�, le pouvoir...
�a vous a donn� une place, je comprends.
Vous avez plus besoin de �a, maintenant.
Promettez-moi d'�tre heureux.
- Ad�le...
Je peux pas, �a.
�a ne se d�cide pas.
�a arrive, c'est tout.
- Alors promettez-moi d'essayer.
Musique douce
...
(Voix du facteur) - "Cher docteur, je vais mieux.
"Beaucoup mieux, je ne tousse presque plus.
"Quand je serai gu�rie, vous me prendrez comme aide-soignante.
"J'apprends vite, vous savez.
"Comme �a, nous serons ensemble.
"Et sans m�me avoir � nous parler,
"nous partagerons bien des choses.
(Ad�le) - "Votre clinique est achev�e.
"Je l'imagine grande, belle, moderne.
"Je la vois bleue, aussi.
"Un beau bleu, comme la mer ou le ciel.
"Je pense � vous et je vous embrasse. Ad�le."
- Doucement. Doucement.
Attention, vous n'�tes pas droit.
C'est magnifique.
Si le pauvre M. R�my avait pu voir �a !
C'est magnifique, n'est-ce pas ?
- Tr�s beau.
J'ai besoin d'une petite retouche.
Je veux des murs bleus.
- Les murs ? Tous les murs ?
- Tous les murs.
- Comment �a, bleu ?
- Un beau bleu, comme le ciel ou la mer. Bleu.
- C'est superbe en blanc.
- Bleu.
- Docteur ! Docteur !
On vous cherche partout. - Comment �a ?
- Le Dr Werner...
�a ne r�pondait pas chez vous. Il a appel� la mairie.
Je ne sais pas comment vous dire �a.
C'est la petite Ad�le.
Elle est morte cette nuit.
Une complication m�ning�e fulgurante.
...
Hurlement de douleur
Cris de rage
Fracas
...
Il crie.
Fracas
...
Il sanglote.
...
- Mes amis,
nous devons accepter ce qui est.
Car c'est dans l'amour
que Dieu donne la vie
et c'est dans l'amour
qu'Il la reprend.
Ad�le,
notre petite Ad�le...
Qui avait su trouver en Mme Cuq
une m�re
ainsi qu'une patronne.
Ad�le est aujourd'hui entr�e dans la paix du Seigneur,
comme tous les innocents.
Car elle �tait innocente.
Oui, mes amis,
m�me si, dans les derniers instants de sa vie,
elle s'est �gar�e
dans des amiti�s coupables,
notre petite Ad�le a donn� sa confiance
� un homme qui ne la m�ritait pas.
Car un menteur reste un menteur, un coupable,
un coupable, tant qu'il n'avoue pas ses fautes
et n'en demande pas pardon
� Dieu.
- Comment osez-vous ?
- Comment j'ose ?
Docteur ?
Ma bont� et ma charit� toutes chr�tiennes
m'ont fait h�berger, tout r�cemment,
au sein de notre �glise,
un escroc nomm� Lansky.
J'ai appris
son pass� criminel.
Cet homme, qui m'interroge,
a �t� en commerce avec ce voyou
venu jusque dans notre village
r�gler ses comptes avec lui !
Quel forfait
cet homme qui m'interroge a-t-il pu commettre ?
Lui qui fut, je le sais,
joueur, noceur, manipulateur et vagabond !
- Quel homme �tes-vous ?
Quel homme �tes-vous pour en insulter un autre sur la d�pouille d'une morte ?
Oui !
Il m'a fallu exercer 1 001 m�tiers pour ne pas mourir de faim. Et alors ?
O� est le crime ?
Quand l'art m�dical
s'est offert � moi, j'ai saisi ma chance.
Et j'ai travaill� avec acharnement, passion et m�thode
pour devenir l'homme et le m�decin que je suis.
Est-ce qu'un seul d'entre vous
peut me reprocher de ne pas l'avoir aid� ?
Soign�.
Aim�.
J'ai honte pour vous, cur�.
Pour votre �glise.
Vos paroissiens.
...
- Dire �a devant la petite
alors qu'elle l'aimait, c'est pas joli.
- C'est tout petit. Et d�gueulasse !
- Indigne !
- On se demande o� est Dieu ?
- Je suis vraiment cur�.
Knock n'est peut-�tre pas m�decin.
- En quoi �a vous regarde ? Vous �tes flic ?
- Mais s'il n'est pas m�decin !
- On s'en fout, il nous soigne bien.
- Je bois moins.
Je p�dale plus droit.
Je suis un autre homme gr�ce � lui.
- Moi aussi ! J'ai arr�t� de fumer. J'ai d�couvert les cures.
C'est merveilleux, on s'amuse, on est en peignoir...
Je ne m'ennuie plus du tout !
- Sans compter
l'�ducation prophylactique.
Le B.A.-BA de l'enseignement.
On s'y est mis.
- C'est pas un mal, chacun vit mieux.
- Docteur ou pas, c'est lui qu'on veut.
Il fait des miracles !
- Ma femme se rase les jambes et elle se maquille le dimanche.
- Quel rapport ? - Je suis content.
- Et mon Charlie
qui avait des probl�mes d'�rection !
Knock me l'a gu�ri
et c'est mieux qu'avant !
- T'es folle ? �a se raconte pas, �a.
- Quoi ? On est entre nous.
- Tout le monde est au courant, on pourra pas le r�p�ter.
La porte claque.
- Il s'en va !
- Qui ?
- Le docteur, il s'en va.
- En avant !
- Attendez !
Attendez !
On peut discuter.
Partez pas comme �a !
- Allez !
Fracas
- Merde !
- Je me suis lav� les dents. Deux fois par jour.
- Attends, Didier.
- Un caporal ne d�serte pas.
- Je suis docteur. - Justement.
- La petite aurait pas aim� vous voir partir.
- Qu'est-ce que vous en savez ? - Elle m'a �crit.
Au cas o� il lui soit arriv� quelque chose de mauvais.
Elle m'a demand� de vous donner Tom.
- Ad�le vous a �crit pour �a ?
C'est vrai ?
- Oui...
- Oui.
Je sais pas pourquoi,
mais je ferai comme elle a dit.
- Partez pas, docteur.
Pour une fois que je suis heureux...
- Qu'est-ce qu'on va devenir ?
- Arr�tez de faire l'enfant, Knock.
Lupus est jaloux
de l'attachement que nous avons pour vous.
C'est stupide, mais c'est humain.
�a lui passera.
- Ben quoi, vous �tes des n�tres !
- Gr�ce �... Gr�ce � vous,
on est devenus importants.
Vous nous �coutez,
vous nous comprenez, vous prenez soin de nous.
Vous soignez nos maladies, vraies ou fausses.
C'est pas donn� � tout le monde.
- Mon Michalon ! Tu as parl� normalement !
Mon Michalon !
Applaudissements
Musique douce
...
- Promettez-moi d'�tre heureux.
- Mais Ad�le, je ne peux pas.
�a ne se d�cide pas.
�a arrive, c'est tout.
- Alors promettez-moi d'essayer.
- Je te le promets, Ad�le.
Oui, je te le promets.
Musique intrigante
...
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