All language subtitles for Until the end of the world Afl.2.Francais

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Original subtitles

JUSQU'AU BOUT DU MONDE

DEUXI�ME PARTIE

C'est en 1999 que le satellite nucl�aire indien devint fou.

Nul ne savait o� il allait tomber.

Il survolait la couche d'ozone comme un oiseau de proie.

Le monde entier s'inqui�tait de la volont� am�ricaine de l'abattre.

Beaucoup d'experts disaient que d�truire un engin nucl�aire...

dans l'espace provoquerait une catastrophe bien plus grande.

Pendant ce temps,

Claire Tourneur poursuivait un nomm� Sam Farber autour du monde.

Je la suivais � distance.

Un matin de novembre 1999, je perdis la trace de Claire.

J'errai pendant des heures dans Tokyo, jusqu'au cr�puscule,

me disant que si Claire avait quitt� ma vie, peut-�tre pour toujours,

je n'avais aucun droit de continuer � la suivre...

Alors, je m'aper�us que moi aussi j'avais �t� suivi.

Ne laissez pas tomber. On va la retrouver.

- "On" ? - Vous et moi.

Ok, moi.

Vous voulez du th� ?

Je ne pourrais pas vous payer, m�me si je le voulais. D�sol�.

Si vous savez conduire, pas besoin de payer.

On irions-nous conduire ?

L� d'o� viennent les opales.

O� est-ce ?

Coober Pedy, sud de l'Australie. 95% des opales viennent de l�.

- Ils ont l'air fatigu�s. - Ils viennent de loin.

Claire et Trevor �taient arriv�s dans un village de montagne, Hakon,

et avaient trouv� une auberge traditionnelle, un ryokan.

Ils dormirent toute la nuit et le jour suivant.

Ils ignoraient que par chance ils �taient venus au bon endroit.

Le propri�taire du ryokan �tait M. Mori,

un homme qui avait la passion des herbes m�dicinales.

Sur les yeux, un sachet par jour.

Merci beaucoup.

J'ai entendu, j'explique.

Chaque nuit.

J'ai compris. Merci beaucoup.

Les herbes ne furent pas le seul cadeau que leur donna M. Mori.

Il montra � Claire son univers de montagnes, d'arbres et de fleurs.

Un jour il lui dit : "J'ai appris une chose :

L'Oeil ne voit pas comme le coeur."

Pour la premi�re fois de sa vie, Claire se sentait en paix.

Elle �tait enfin utile.

J'en connais d�j� beaucoup sur toi.

Je suis au courant pour la cam�ra...

Je sais que tu l'as vol�e.

Mon vrai nom est Samuel Farber.

Je suis le fils du Dr Henry Farber.

Cette cam�ra... est son invention.

Le gouvernement US la voulait,

mais lui se m�fiait des usages qu'on risquait d'en faire.

Eux veulent nous la voler.

Cette cam�ra...

prend des images...

que les aveugles peuvent voir.

Ma m�re est aveugle.

Ce que je fais c'est recueillir des images...

pour qu'elle les voie.

Je veux que ma m�re puisse voir...

et que mon p�re sache que je l'aime.

Tu aurais pu me raconter �a plus t�t.

Je t'aime.

- Tu connais San Francisco ? - C'est l� qu'on va ?

Oui, je dois enregistrer ma soeur Elsa.

J'y suis d�j� all�e. On ira dans mon bar pr�f�r� : Tosca's.

Ils ont du brandy au chocolat chaud.

- �a a l'air dangereux. - Moins que ce que tu as v�cu.

Ce que nous avons v�cu.

Les voyants sont au vert ?

Ils y �taient, mais �a repasse au rouge sans arr�t.

Laisse tes yeux ob�ir � l'ordinateur.

La trame passera au vert. Recommence.

Ta m�re pourrait vraiment voir ce que je vois, Trevor ?

La cam�ra enregistre ce que tu vois,

mais aussi les r�actions de ton cerveau

� ce que voient tes yeux :

le processus biochimique de la vision.

Plus tu te concentres,

mieux l'ordinateur peut lire et transmettre ton exp�rience de la vision.

�a fait un mal atroce. J'ai d�j� les yeux en feu.

Pas �tonnant que tu sois presque devenu aveugle.

La rouge vous plait ? J'y crois pas ! � tous les deux ?

- Les essuie-glace marchent ? - Tout marche.

Et toi, mec, tu marches ?

Allez, sortez le plastique et on en parle plus !

Non, pas de plastique, on a du liquide.

- T'es un encul�, toi. - Le traitez pas d'encul�.

Je le traite de ce que je veux, mademoiselle.

On veut celle-ci et on paie cash.

Personne veut de cash. Bernie veut pas de cash !

- Je veux payer cash. - Avec du cash, vous me mettez en danger.

Non, je risque ma vie. On me poignarde,

je reste les tripes � l'air !

Je crois que vous exag�rez.

Ah, j'exag�re ?

Et �a, alors ? Va-y, encul�.

Rends-moi riche ! Passe � Bernie.

Tu veux jouer ?

Le bon filon !

Bon, je prends tout. Et l�-dedans ?

Cassez-vous de chez moi,

ou j'appelle mes potes les flics ! Vous �tes faits l'un pour l'autre !

Foutez le camp d'ici ! Trouve-toi une carte de cr�dit, encul� !

- Pourquoi pas � la maison ? - Elsa, on ne peut pas.

Si elle est surveill�e, on sera arr�t�s.

J'en ai marre de tous ces plans secrets, "nous contre le monde".

Je me suis fait du souci pendant 3 ans.

Je ne veux pas que �a recommence.

Tu dois le faire, pour Maman ! C'est la derni�re fois.

Tu es mon dernier enregistrement. Sinon, Maman ne te verra jamais.

Je trouverai un endroit s�r. Je te rappellerai. Ce num�ro est s�r ?

Sam, c'est la ligne du comptable.

Je te rappelle.

J'essaie de rappeler Chico.

Selon le Pentagone, une explosion nucl�aire dans l'espace

serait sans danger. Mais est-ce vrai ?

D'apr�s les experts, elle d�clencherait une r�action en cha�ne

entre les satellites de d�fense d�j� d�ploy�s.

Guettez le grand flash dans le ciel ! C'�tait Jim Haywood, en direct des USA.

Il vient.

- C'est terrible. Je me sens si mal. - Pourquoi ?

Il veut �tre mon sponsor.

Une voyante lui a dit que je serais celle qui le m�nera au "Top of the Pops"

Ce n'est pas dr�le.

On a m�me pas assez pour un hamburger.

Alors ?

Regarde, c'est toi !

Toi, debout !

Qu'est-ce que tu as, Miss Am�rique ? Tu me dis ?

- Rien. Je suis pas d'ici. - Je sais, tu es du pays de Merde.

Tu as un truc, je le veux. Tout le monde au trou !

Repartez ! Vite !

Sam se rappela du Tosca's,

le bar dont Claire avait parl�, o� ils servent du brandy au chocolat.

Il v�cut de ce breuvage pendant trois jours et trois nuits,

attendant Claire.

Il avait toujours le sac qui avait servi � transporter l'argent vol�

entre le sud de la France et Paris. Le traceur �tait toujours apr�s.

Chico n'avait eu aucun mal � le retrouver.

- O� �tais-tu ? - Ne demande pas.

Ne demande jamais.

Notre sauveur !

J'ai toujours voulu venir en Am�rique !

Majestueuse, fantastique, bam, ping, l'Am�rique de plastique !

Comment nous avez-vous trouv� ?

J'ai achet� une voiture et j'ai fait tous les bars.

Non, �a ne va pas.

Ne n'arrive pas � me concentrer.

Je suis d�sol�, Elsa.

Allez-y, Elsa.

Quel soulagement.

Je suis furieuse contre vous. On vous croyait morts.

Je finissais par m'y habituer.

Comme c'est �trange, que �a arrive enfin.

Je faisais un r�ve o� Henry te rendait la vue,

comme il l'avait toujours promis.

Tu voyais mon visage, mais quelque chose n'allait pas,

tu disais : "Non, ce n'est pas ma fille."

Je disais : "Mais si, c'est moi."

Quel bonheur, tu vas me voir.

J'aimerais �tre plus belle pour toi.

Il y a 5 ans, j'�tais encore belle.

C'est incroyable.

Regarde mon visage !

Ma m�re va voir mon visage.

Heidi,

viens ici.

- Voici Heidi. - J'ai cinq ans.

Tu t'es enfuie avant sa naissance. Elle a ta bouche, Maman.

- Comment tu t'appelles ? - Luther.

- Tu sais conduire, Luther ? - Bien s�r.

Voil� les cl�s, c'est une automatique.

- Je vois �a. - C'est ton jour de chance !

C'est ma voiture ?

- Elle marche ? - Oui, merci.

Australie, nous voil� ! Les aveugles verront et les infirmes marcheront !

Fais marcher �a, grande gueule !

Merci.

Vous savez conduire ce truc ?

Ce mec m'a donn� une voiture.

Bonne route, Luther !

Je vais essayer ! J'esp�re qu'il y a de l'essence.

L'argent de Chico leur permit de sortir incognito des �tats-Unis.

Sur un navire marchand cor�en � destination de Sydney.

Le voyage dura 3 semaines.

Ce fut un voyage tranquille, une sorte de lune de miel.

Claire ne savait toujours pas o� ils allaient.

Sam ne voulait pas lui dire.

Pour Chico le voyage �tait un peu trop calme, alors il appela un ami.

C'est pas les injecteurs, c'est pas les bougies.

- Peut-�tre la pompe � essence. - Oui, �a doit �tre �a.

- Tu as une... 7/16 ? - C'est �a.

Salut, Claire. Tu sais quoi ? J'ai convaincu l'agence de te vendre l'appartement

au prix d'origine.

Si tu es toujours int�ress�e, l'offre tient jusqu'� vendredi.

Makiko, c'�tait il y a un si�cle.

Tellement de choses ont chang�... Je suis en Australie maintenant. Regarde.

Tu ne veux plus acheter l'appartement ?

Non, je ne sais m�me pas si je reviendrai.

Mais o� que j'aille je te garderai dans mon coeur.

Je cherche. Donnez-moi une minute.

Je la tiens !

Claire Tourneur fait un appel avec sa carte de cr�dit

Depuis Coober Pedy, Australie.

Vous voulez le mien ?

Elle est ici, � Coober Pedy ! Elle vient de t�l�phoner.

Winter, vous �tes g�nial.

J'ai du flair, et je m'en sers.

Alors ? O� allons-nous ? O� trouver Claire ?

C'est un trou perdu. Roulons, on finira par les trouver.

Tout encrass�.

Contre l'avis des Nations Unies, les USA menacent

d'abattre le satellite en plein ciel.

Le monde est horrifi�

par les cons�quences impr�visibles de cet acte.

David, c'est inutile. Les ailettes sont cass�es.

Allons voir Adam. Il aura peut-�tre une autre pompe.

Votre nom ?

Son vrai nom est Farber.

Sam Farber, probablement.

Je voulais en finir avec le mythe de Trevor McPhee.

Cons�quence directe, �a se mit � sonner un peu partout.

� Moscou... et au motel du coin.

- Sam Farber. - Qui c'est ?

� bient�t.

Burt �tait un c�l�bre chasseur de primes,

Parti � la recherche d'un voleur d'opales, Trevor McPhee.

Mais il �tait pass� au bien plus lucratif Sam Farber.

Raconte-moi une autre histoire.

Trouble de l'ordre public.

C'est si �trange, � Coober Pedy ? Pas de quoi les arr�ter.

C'est un �crivain c�l�bre, Eugene Fitzpatrick, un �crivain fran�ais !

Bien s�r, j'ai vu la cam�ra. Je l'ai m�me fait marcher. J'ai enregistr� � San Francisco.

Alors, o� elle est ?

Il usait d'un s�rum de v�rit�. Il adorait la v�rit�,

il la cherchait tout le temps.

En anglais !

Assez !

O� est Sam Farber ?

Au moins l'un de nous est � sa place.

Vous �tes loin du compte !

Encore un peu, il vous pousserait des oreilles sous les bras.

Je ne suis ni un espion ni un voleur.

- Alors ? - Vous ne savez pas ?

Apr�s m'avoir suivi autour du monde ?

Si vous lui faites du mal, je vous tuerai.

Sam voudrait que je m'occupe du sac.

On vous emm�ne ?

�a va ? Il t'a fait du mal ?

Chico... est arriv� � temps.

Tu as cach� le sac ?

David a pris le sac.

Elle va bien. Elle a juste pris des somnif�res.

Qu'est-ce que tu t'es fait � la jambe ?

Tu m'entends ?

C'est toi...

�chelle bris�e.

Dis-moi juste o� tu vas. Je veux y �tre.

Tu l'aimes ?

Ou�.

J'esp�re qu'il t'aime.

O� est ton sac ?

Il voyage � part.

Merci, mon pote.

Je les ai rep�r�s. On y va !

Tr�s bien, Chico! Allons-y.

Tu vas rencontrer ma m�re et mon p�re.

Tu pourras parler fran�ais avec ma m�re.

�a y est.

Ils ont abattu le satellite !

- Mon ordinateur est naze. - Le mien aussi.

Une explosion nucl�aire efface tous les circuits.

Et les m�moires d'ordinateurs. C'est l'effet IEM.

C'est la fin du monde.

Les fils de pute !

Deux ans de ma vie, effac�s !

Qui se soucie de votre oeuvre ? Et celle de Goethe ? Pensez-y.

Goethe. Disparu !

Goethe ! Que savez-vous donc de Goethe ?

Que savez-vous de moi ? Vous me croyez n� de la derni�re pluie ?

Mets ta ceinture. On doit se poser.

C'est le restant.

La r�gion avait �t� abandonn�e il y a des ann�es,

lors des grandes s�cheresses des ann�es 90.

Personne pour confirmer ou d�mentir leurs peurs.

Mais tous les signes, montres arr�t�es, panne du moteur,

des circuits �lectriques,

indiquaient une seule cause : une explosion nucl�aire.

Ils continuaient vers leur destination : la maison,

port�s par la conviction qu'elle �tait toujours l�,

que les parents de Sam �taient toujours vivants.

L'apparition d'un diesel

ne niait pas la certitude de l'explosion,

mais ils savaient au moins qu'ils n'�taient pas seuls sur Terre.

D'ailleurs, tout le monde fut sauv� par les diesels.

C'est David !

Oui, et Buzzer !

Montez � bord !

Bonne chance, Gabriel.

- C'est le satellite nucl�aire. - On sait.

Au moins tu es saine et sauve.

Dieu merci, tu es vivante.

M. Winter... beaucoup de personnes disparues, hein ?

D�p�chons-nous, �a peut devenir radioactif.

Vous avez des relev�s ?

Non, mais rien d'�lectrique ne marche.

Sans manivelle, on �tait coinc�s.

Que chante-t-il ?

Il chante la Nature.

La Nature, c'est comme la Bible.

Cet arbre est Jonas.

Ce rocher, la baleine. Tout a une histoire.

Il est le gardien de ce morceau de Nature,

de cette partie de l'histoire.

S'il ne la maintient pas vivante

en la racontant,

elle mourra.

Et nous avec.

C'est l�, tandis que nous fuyions les vents mortels

qui pouvaient apporter pour de bon la fin du monde,

que je r�alisai que la perte de mon roman m'avait rendu libre,

libre d'en �crire un nouveau.

Non tourn� vers le pass�, mais cette fois vers le futur.

Je recommen�ai donc tout, �crivant un nouveau d�but :

"C'est en 1999 que le satellite nucl�aire indien devint fou.

Nul ne savait o� il allait tomber.

Il survolait la couche d'ozone comme un oiseau de proie..."

Une voiture approche. Maisie !

- Qu'as-tu � la jambe ? - Rien, maman.

Voici Claire.

Et sa soeur, Maisie Mbtjana.

Vous ne devriez pas �tre ici.

C'est ce que je lui dis depuis trois jours. Mais elle avait une intuition.

Tu connais mes intuitions.

On se tire !

Plus on reste ici, plus c'est dangereux.

On sera en s�curit� au Centre !

Maggie, Linda, c'est bon d'�tre rentr�.

Sam, Claire nous suit ?

�a va vous plaire ici. Ce sont de braves gens.

- Tu avais raison, Edith. - Des relev�s ?

Pas encore. Vous �tiez o� ?

- � 400 km. - Aucune trace.

Maman...

Les cas d'irradiation que j'ai lus...

�a me donne des cauchemars.

- Aucune trace, tante. - Merci.

Notre m�decin, Lydia.

- Lydia, voici Claire. - Bonjour, Claire.

Vous n'avez rien.

M. Fitzpatrick...

Pourriez-vous m'aider, s'il vous plait ?

Bon vieux diesel.

Autant de bagages, c'est une erreur !

Il a peur de manquer.

- Magnifique... - Il en reste une.

- Vous �tes d'o� ? - Irlande.

Berlin.

�a fait un bout jusqu'ici ! Vous devriez vous entendre avec le doc.

Farber, un type un peu bizarre, mais ils le sont tous par ici.

- Laissez-moi vous aider. - �a ira.

Fais vite, Sam. Je reste avec Claire.

- Et ta jambe, Sam ? - C'est rien. Je peux marcher.

� gauche, au fond, la porte m�tallique,

c'est l'entr�e du laboratoire de Henry.

Farber !

Je savais qu'il y avait une jolie fille !

C'est un grand plaisir, Claire.

Je vous pardonne de nous avoir retard�s.

Ce que tu attendais.

Enfin !

Incroyable, les ordinateurs du Centre Culturel

balay�s par cette idiotie indienne. 35 langues disparues, comme �a.

Mais nos bandes num�riques sont intactes, Dieu merci.

Content de te voir, p�re.

Sam, pardon. Je deviens comme mon propre p�re.

Voil� ce qui arrive quand on vieillit.

Tu t'es donn� du mal pour nous.

Tu crois qu'on trouve �a normal, mais c'est faux.

Alors repose-toi. La deuxi�me vision attendra.

Non, allons-y !

Sammy, tu es bless�...

- Ne brusque rien. - Non, faisons-le !

Tr�s bien. S'il se sent capable, autant y aller.

Farber, ne lui fais pas �a !

Celle-ci : mon fr�re Anton.

Obsessionnel.

- �a ne va pas ? - Il a toujours �t� comme �a, je l'oublie.

- Je me conduis mal. - Il sait ce que tu as endur� pour lui ?

- Je ne crois pas. - Quelqu'un devrait lui dire.

Toute la famille a souffert.

Mais je suis le seul � t'avoir.

Qu'est-ce qu'on va faire de vous ?

Vous ne pouvez pas rester l� !

- On va vous trouver un endroit o� loger. - Tr�s tr�s beau.

Quand mon p�re s'est cach�, il a construit le laboratoire dans cette caverne.

Seuls les Mbantua la connaissent.

Sans eux, rien n'aurait �t� possible.

P�re est venu ici il y a 40 ans, jeune ophtalmologiste.

Je pourrais emprunter la machine � �crire ?

Bien s�r. Les enfants ne font que jouer avec.

Tu risques d'avoir un choc.

- Karl. - Sam.

C'est le g�nie de l'informatique

qui a suivi mon p�re depuis l'institut de Californie.

Il a transf�r� puis effac� tous ses fichiers sur l'ordinateur de l'institut.

C'�tait le week-end de Thanksgiving 1995.

�a a pris trois jours et trois nuits.

C'est un g�nie. En arrivant, ils n'avaient que 2000 gigas et la cam�ra.

Il leur a fallu quatre ans pour construire ce labo.

Alors attendons un jour de plus.

- Sam, nous sommes �puis�s. - Non. Lydia travaille ici.

Elle suit les aspects m�dicaux.

Peter est le fr�re de peau de mon p�re, mon p�re aborig�ne.

Content de vous avoir avec nous, Claire.

Vid�o, �lectronique, demande � Ned.

Ronda, biochimiste. Elle suit les ondes c�r�brales.

- Qu'est-ce que c'est ? - Tu n'as pas vu ce programme ?

- Non. - On travaille dessus en ce moment.

Henry ? Calme-toi.

Et reste calme.

Embrasse-moi.

Ne le repousse pas cette fois. Je pr�f�re ne voir personne de notre famille.

Vraiment.

Plut�t ne jamais voir un seul visage

que de le perdre encore.

Compris.

C'est son visage que je souhaitais le plus voir.

Et c'est le cadeau que tu n'as pas pens� � me faire.

�a ne nous aide pas, de c�der � l'�motion.

D'accord.

Si tu es calme, je suis calme.

Moi, je suis calme.

Je peux avoir un caf� ?

Oh, non. Pas de caf�ine pour toi.

Un cordial au citron, oui.

- J'ai modifi� le PRZ. - Note, Karl. �chantillon de 2 Mo.

Pr�te, ma m�re ?

Oui, Sammy.

- Alors on y va. - Oui.

- Sois prudent. - Toi aussi. Je t'aime.

Sam a eu � boire ?

Que se passe-t-il ? Pas aujourd'hui !

- Edith est trop fatigu�e ! - Fatigu�e ? Edith Eisner ? Non.

Voici Edith Eisner, je cite sa biographie :

Edith Eisner est infatigable.

Elle a attendu ce jeune homme sur la piste 3 jours et 3 nuits.

Et pendant une catastrophe nucl�aire. Voil� comment elle est. Indestructible.

- Sam, tu veux � boire ? - �a va, maman.

Edith, pourquoi tant de h�te ?

Je vais bien, Maisie. Occupe-toi de Sam !

Tu peux en mourir, ma soeur !

Je pr�f�re mourir de �a que de quoi que ce soit d'autre.

C'est une affaire d'hommes !

C'est l'affaire de Henry et Sam, donc c'est mon affaire.

Je t'en prie, Maisie, laisse-moi.

C'est une erreur. Ce vieillard finira par te voler tes r�ves.

�a ne te regarde pas. Laisse-nous, Henry sait ce qu'il fait !

O� tu vas, Lydia ? Il n'a pas besoin de b�quille maintenant.

Pr�pare-le. 10 milliwatts. Au plus 20.

- Tante Maisie va bien ? - Oui.

Idiot ! Tu ne devrais pas faire �a maintenant !

Je n'en crois pas mes yeux. Je ne les ai pas vus depuis... 14 ans !

Ma belle-soeur, Irina. Une femme extraordinaire.

Et Anton, mon fr�re. Il a 82 ans... C'est ton fr�re aussi, Peter.

- Incroyable. - Il a besoin d'un coiffeur.

Bon Dieu... 14 ans !

Que lui fait-elle ?

Elle le d�tend. Laserponcture.

Pour se concentrer, il faut �liminer l'excitation nerveuse.

- C'est ce qu'il me faut. - Comme tout le monde.

Tic, tic, voil� les radiations !

Quand nous remonterons, elles nous tueront.

Que se passe-t-il ?

On y est presque.

Image primaire r�cup�r�e.

- On la passe en virtuel ? - Oui, faites ! Ronda ?

�a va, ici.

�a tourne !

Vous permettez ?

Venez par ici.

L'ordinateur transf�re l'enregistrement de Berlin

dans mon syst�me.

Sam doit le revoir, et l'ordinateur compare

l'activit� c�r�brale de la deuxi�me vision avec la premi�re,

pour en extraire uniquement ce qui concerne l'image,

qui devrait alors �tre transmise au cerveau r�cepteur.

�a exige une grande discipline des yeux.

J'ai enregistr� un peu.

C'est �puisant.

Scan dans cinq secondes.

- Ned, c'est brouill�. - Non.

Ned, tu te souviens de la derni�re fois ?

C'est ce qu'elle voit en ce moment ?

Avec toute l'information qui doit �tre trait�e...

Ce qu'il regarde a une minute d'avance sur ce que nous voyons.

C'est le temps que met l'ordinateur � r�tablir l'information.

Ce n'est pas tr�s bon.

On ne va pas transmettre �a !

- Pousse � fond, Ned ! - Je l'ai d�j� fait.

�a redevient vert. Il est fatigu�.

Non, �a redevient rouge. C'est insuffisant.

�a a commenc� ?

Toujours en phase de reconnaissance. Patience, Edith.

- Reste calme ! - Je suis toujours calme !

Ce jour est un grand jour dans l'histoire

et ta famille est tr�s fi�re

d'�tre avec toi en ce jour o� tu vois nos visages.

Je sais, je parle trop.

- Anton, c'est pour Edith, pas pour Henry. - J'en arrive � elle.

Bonjour, Edith ch�rie.

Si nous pouvions �tre avec toi pour partager ce moment...

Il ne suffisait pas de lire une bande.

Celui qui avait pris les images devait les revoir.

On avait d'abord enregistr� l'acte de voir,

on lisait � pr�sent l'acte de se souvenir.

Avec ces deux grilles d'information et l'enregistrement vid�o,

l'ordinateur devait retraduire les images en ondes c�r�brales,

et les reproduire dans le cortex visuel de l'aveugle.

R�manence m�diocre. M�me pas 20% !

Impossible d'�mettre �a. �a va la troubler.

Cerveau d�concentr�. Ondes trop faibles.

Il n'est pas en �tat.

J'ai tout v�rifi�. Tout va bien � l'int�rieur.

Sa concentration n'est qu'au rouge. C'est insuffisant. Tu n'es qu'au rouge !

Ne me parle pas !

Tu abuses, Henry !

Tu te sers de ta femme !

tu te sers de ton fils !

tu te sers de mon peuple !

Vide ton esprit ! Ne pense plus !

Henry ! Tu n'aides pas !

Pas de quoi travailler. Ni forme, ni d�finition, ni couleur.

Vide ton esprit, bon Dieu ! Ne regarde que le point focal !

Rien d'autre que le point focal !

Merde !

Eh bien, voil�... C'�tait fou, de faire �a en �tant fatigu� !

Quoi ?

C'est de la folie de faire �a en �tant fatigu� !

Enfin, la science conna�t toujours un lendemain.

Ne me fais pas la le�on, vieillard pitoyable !

Pitoyable ? Tu n'as jamais support� la pression, jeune homme !

Vous �tes des gamins !

Pourquoi est-ce que j'oublie comment tu es ?

Tu as disparu, je t'ai cru mort ou en prison,

et j'ai perdu un an � te chercher !

- Et je n'ai pas dit merci ? - Jamais !

J'ai perdu ma femme et mon enfant � cause de toi !

Sam, que pouvais-je faire ?

Avoir confiance en moi ! Reconna�tre tes torts, pour une fois !

�a suffit. Arr�tez, tous les deux.

Pardon.

Quand je travaille avec lui, j'�choue. Quoi que je fasse, chaque fois.

Pardon.

�a n'a pas march� ? C'est une bonne chose.

Alors ?

Tout ce voyage... pour rien.

Bonsoir.

Charmant, ton nouveau copain.

Tu ne sais pas ce qu'il vit !

C'est ton fils ?

�a me fait mal de voir des enfants.

Dans un a�roport, je regarde un petit gar�on, j'ai les larmes aux yeux.

C'est comme une maladie.

C'est ridicule.

Je voudrais tant l'embrasser,

j'en ai mal aux bras, l� et l�.

Il est mort ?

Non.

Non, il est juste...

Il n'a pas besoin d'�tre comme �a. Il a toujours �t� comme �a, mais...

...autrement aussi.

Il a toujours �t� orgueilleux, mais il a su faire des choses pour les autres.

Ces gens l'aiment.

Il les a aid�s � combattre le trachome.

Il a tout donn� pour r�ussir �a. Et c'�tait d�sint�ress�.

Mais il est �go�ste, et obsessionnel.

Je suis comme lui. Obsessionnel.

J'ai n�glig� ma famille,

ma femme et mon enfant.

On a rompu au t�l�phone, depuis Coober Pedy.

Apr�s, je me foutais de tout.

J'ai retrouv� mes parents, gr�ce � David, presque par accident,

j'�tais tellement f�ch� contre Henry que je lui aurais cass� la figure.

Apr�s un moment j'ai voulu foutre le camp.

C'est pour �a que je me suis propos�... pour les enregistrements.

C'est pas parce que j'�tais gentil.

�a fait longtemps que je ne suis plus gentil.

Je ne comprends pas toute cette agitation.

Dans peu de temps nous serons morts.

Pas dans mon livre.

Dedans je ne meurs pas, ni vous. Je sauve votre peau, Winter !

�a ne sert � rien d'�crire.

Vos histoires ne m'aident pas.

Winter, le futur est toujours une fiction.

Je m'inqui�te plus de...

la r�alit�...

que de la fiction.

Je me soucie du pr�sent, M. Fitzpatrick.

Le pr�sent se suffit � lui-m�me.

Mais c'est notre devoir de r�aliser le futur avec notre imagination.

Mince ! Vous avez l'air d'avoir travers� l'enfer !

�a doit �tre le paradis.

Vous n'avez rien. Pas de radiations.

Venez, on va s'occuper de vous.

No�l passa, inaper�u.

Les nuits de d�cembre 1999 �taient pleines d'angoisse muette.

� la radio, on n'avait que des parasites.

Nous ignorions s'il restait des villes,

si nos parents, nos enfants, nos amis

�taient en vie, br�l�s ou malades.

Nous partagions les m�mes peurs, mais personne n'osait en parler.

FIN DE LA DEUXI�ME PARTIE DE LA TRILOGIE

JUSQU'AU BOUT DU MONDE

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