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AUBERGE
Bonjour, Geppetto.
Je te sers quoi ?
À moi ?
Non, je voulais...
Je voulais une...
Rien, je suis venu me réchauffer.
Il fait un de ces froids, t'as vu ça ?
Je me mets là.
Un moment pour me réchauffer.
- Assieds-toi. - Merci.
La vache !
J'ai failli me tordre le pied. Regarde ça.
Cette chaise peut se casser à tout moment.
Tu parles, elle se cassera pas.
Je la répare en un clin d'œil, pour pas cher.
Elle est solide, elle est très bien comme ça.
D'accord, comme tu voudras.
Dis donc !
Excusez-moi.
Cette table penche complètement à droite.
- La table ? - Elle est inutilisable.
C'est plus sérieux.
Pour ça, faut deux ou trois jours.
Je viens te la prendre demain et je l'arrange.
Geppetto, elle est très bien, t'inquiète pas.
J'y vais. Au revoir.
Cette porte est déglinguée, il faut la jeter.
On a du mal à l'ouvrir et c'est pire pour la fermer.
Écoute,
je te la remets à neuf.
Viens là et laisse cette porte.
- Assieds-toi. - Ça coûte que dalle.
- Je te la répare ? - Non, je te dis.
Viens manger. Cadeau de la maison.
Sinon, tu me démontes toute l'auberge. Assieds-toi.
D'accord, Moreno.
Ta porte, faut la changer.
J'ai compris.
Je te donne aussi du pain et du fromage,
mais tu dois te taire, d'accord ?
C'est pas si urgent, elle tient encore.
D'ailleurs, ta table est très bien.
Elle est d'aplomb.
Même la chaise tient le coup.
Le spectacle est arrivé !
La joie est arrivée !
Pour tous les enfants et toutes les familles !
Le Grand Théâtre de Marionnettes !
On accepte même des choses à manger.
Du divertissement assuré !
Excusez-moi,
quel genre de marionnettes ?
De vraies marionnettes.
En bois ?
Bien sûr, en quoi d'autre ?
Je peux regarder une seconde ?
Dépêchez-vous !
Ce soir, pour seulement quatre sous !
Les plus belles marionnettes du monde !
Un spectacle magnifique garanti !
De vraies marionnettes !
Je vous ai dit de pas regarder.
On distingue pas bien. Je voulais voir...
- Vous venez ce soir ? - Oui.
Dépêchez-vous !
Les enfants, courez le dire à vos mamans !
Un spectacle comme vous n'en avez jamais vu !
Maître Cerise !
Maître Cerise !
Cerise !
Que faites-vous par terre ?
Rien.
C'est moi.
- Tout va bien ? - Oui.
Dites-moi.
Je viens vous demander un service.
Ce matin, j'ai eu une idée merveilleuse.
Vous m'écoutez ? Je vous la dis ?
J'aimerais fabriquer, de mes propres mains,
un pantin de bois.
Mais pas n'importe quel pantin.
Le plus beau pantin du monde !
Les gens diront : "Qui a fait ça ?"
Ils resteront bouche bée en le voyant.
Et avec ce pantin, je parcourrai le monde
et gagnerai ma vie honnêtement.
Je lui ai même trouvé un nom.
J'ai pensé à "Pinocchio".
C'est joli, non ?
Cerise.
Dites-moi la vérité, vous avez bu ?
J'ai pas bu.
Vous avez bu.
Je le sais, vous pouvez me le dire.
Geppetto,
en quoi je peux vous être utile ?
Une petite faveur.
Vous savez que je vous aime bien.
J'ai toujours été gentil avec vous.
Cerise,
j'aurais besoin, si possible, d'un morceau de bois
parce que moi,
en ce moment, j'ai rien.
Vous auriez un morceau de bois ?
J'ai ça !
Prends celui-là.
Cerise, vous êtes vraiment soûl.
C'est trop.
Prends-le !
Non, je me contenterai d'une chute.
Je t'en fais cadeau.
Pas celui-ci, j'en ai besoin.
Je t'offre l'autre.
Celui-ci est...
Voyons voir.
C'est le plus beau morceau de bois que j'aie jamais vu.
Avec ça, je vais fabriquer un pantin magnifique.
Voilà,
j'ai presque fini.
Tu m'entends, Pinocchio ?
Tu m'entends ?
Allez, Pinocchio.
Dis quelque chose.
Remue les lèvres pour ton papa. C'est ça, dis "papa".
"Pa - pa".
Regarde.
Allez !
Papa.
J'ai un fils !
J'ai un fils !
J'ai un petit garçon ! Vous entendez ?
Je suis père !
Je suis père !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Remigio, tu sais ce qui m'arrive ?
J'ai un fils, il vient de naître.
Toutes mes félicitations !
Je suis père.
- Geppetto, que se passe-t-il ? - Barbara !
Écoute, je voulais te le dire :
j'ai un fils, je suis père.
D'un jour à l'autre, comme ça ?
D'une minute à l'autre, plutôt !
Vous me faites marcher.
Je suis contente pour vous, mais allez dormir.
Vous réveillez tout le monde.
C'est pas mon intention, mais je voulais dire que j'avais un fils.
J'ai presque fini, ça y est.
Ça y est.
Regarde.
C'est toi, Pinocchio. Tu t'aimes ?
Tu t'aimes ?
Tu aimes comme je t'ai fait ?
Moi, beaucoup.
Pinocchio, regarde bien, je vais t'apprendre à marcher.
Il faut bien marcher, sinon tu vas tomber
et tu te feras mal, il faut faire attention.
Regarde.
Je te montre : d'abord une jambe, puis l'autre.
Un... et deux.
Regarde-moi.
Si tu fais comme moi, dans trois jours, tu marcheras tout...
T'as déjà appris ?
J'ai à peine fini de te fabriquer
que tu me manques de respect ?
Ça commence mal, mon fils.
Très mal !
Papa, j'y vais !
Écoute ton père,
rentre... à la maison.
Au secours !
C'est qui ?
C'est moi.
Je suis le Grillon parleur.
J'habite ici depuis plus de cent ans.
J'ai vu ton comportement
envers ton père.
J'ai une chose importante à te dire :
gare aux enfants qui désobéissent à leurs parents !
Ils ne seront jamais heureux en ce monde.
Moi, j'ai pas envie d'obéir.
Et quand tu iras à l'école ?
J'ai aucune envie d'aller à l'école.
Pauvre Pinocchio !
Tu me fais pitié.
Pourquoi ?
Parce que tu es un pantin.
Mais surtout, parce que tu es une tête de bois.
Tu me fatigues.
Parce que je t'ai traité de tête de bois ?
Oui, ça m'énerve !
Tu vois ? Tu es une tête de bois.
Ça suffit !
- Tais-toi ! - Tête de bois !
Ras le bol !
C'est qui ?
T'es là ? Des heures que je te cherche !
C'est moi, ton papa. Ouvre-moi.
- Ouvre ! - Papa, j'arrive.
Papa !
Ouvre !
Je peux pas, j'ai plus de jambes !
Comment ça, plus de jambes ?
Ouvre !
J'ai plus de jambes !
Attends, j'arrive.
Papa, dépêche-toi !
Papa arrive, il est là.
T'inquiète pas.
Regarde ça ! Comment tu as fait ton compte ?
Je me suis endormi les pieds au-dessus du feu.
Tu t'es endormi les pieds au-dessus du feu ?
Tu dois faire attention.
Si j'étais pas arrivé,
tu aurais brûlé entièrement.
Regarde ça.
Et moi qui t'avais fait deux jolis pieds,
tellement jolis que je les adorais.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Tu me les refais ?
Tu vas encore te sauver. Ça t'apprendra.
S'il te plaît !
J'ai dit non.
T'as à peine appris à marcher que t'as filé.
Disparu ! Je t'ai cherché partout.
Je t'en refais plus.
S'il te plaît, papounet.
Refais-les-moi, s'il te plaît.
Faut dormir, arrête avec tes jambes.
Reste tranquille.
Reste tranquille, j'ai dit.
Regarde comme elles sont belles.
Arrête, ça suffit !
Elles sont neuves, papa.
Je sais bien, mais tu les dégourdiras demain.
Allez, tu dois te réveiller tôt. Il faut dormir.
Demain matin, on va à l'école.
Toi et les autres enfants,
vous apprendrez à lire et écrire avec l'abécédaire.
C'est quoi, un abécédaire ?
Comment ça, c'est quoi ? C'est un livre.
C'est un livre dans lequel il y a des lettres.
Pour aller à l'école, il faut en acheter un.
Il faut en acheter un.
Cecconi.
Bonjour.
J'ai besoin d'urgence
d'un abécédaire.
- Bien sûr. - Merci.
Écoute, je peux pas te payer tout de suite.
Mais...
j'ai fait des petits boulots, dès qu'on me règle, je te paye.
Et s'ils ne te payent pas ?
On fera quoi ?
Bien sûr qu'ils vont me payer.
- Il me faut ce livre. - Je sais.
- Vraiment. - Je suis désolé.
Il me le faut tout de suite.
Très bien...
Ça te va si je te laisse mon manteau ?
Regarde ce que tu m'obliges à faire.
Regarde ce vêtement. Je te le donne en gage.
Mais ce truc
a plus de 100 ans, il est vieux.
- À qui je vends ça ? - Qu'est-ce que t'as dit ?
Il a 100 ans, à qui je le vends ?
Ce manteau a pas 100 ans, il a 200 ans.
C'est une antiquité, une pièce de collection.
Tu sais à qui c'était ? À l'aïeul de l'aïeul de la marquise.
T'imagines ?
Le gilet aussi
était à l'aïeul de l'aïeul de la marquise ?
Le gilet ?
Tu le veux aussi ?
Ça fera un ensemble gilet et manteau.
Par ce froid, Cecconi ?
Soit. J'ai besoin de cet abécédaire.
Oui, lui aussi était à l'aïeul de l'aïeul de la marquise.
Tiens.
Le pantalon ?
Il était à mon grand-père,
pas à celui de la marquise.
Bonjour, Anna et Albertina. J'amène mon fils à l'école.
Vite, on va être en retard.
Vite, Pinocchio.
Maître Cerise !
Je voulais vous voir.
Regardez, la bûche que vous m'avez donnée.
Bonjour.
Très bien, Pinocchio.
C'est pas un chef-d'œuvre ? Il s'appelle Pinocchio.
C'est mon fils.
Cerise.
C'est mon fils.
Vous avez bu ?
Au revoir, et mollo sur la boisson.
Vite, à l'école.
Le spectacle est arrivé ! La joie est arrivée !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Papa,
c'est quoi, là-bas ?
C'est le théâtre de marionnettes.
Tes frères, des pantins comme toi.
Pas comme toi parce que toi, tu es le plus beau.
Allons-y.
Qu'est-ce qu'ils font ?
Un spectacle de marionnettes.
Ils s'amusent, ils font rire les gens.
Vite, à l'école.
D'abord, tu étudies et ensuite, peut-être, on ira.
Allez, viens.
Au revoir, Pinocchio.
Au revoir, papa.
Tu dois être le premier de la classe.
Tu me le promets ?
Au revoir, mon fils.
J'ai amené mon fils à l'école.
T'es un pantin, toi ?
Où sont tes ficelles ?
Moi, j'ai pas de ficelles.
Tu cherches du boulot ?
Non, je voudrais regarder.
Ça coûte quatre sous, tu les as ?
- Non. - Ouste, alors !
Dépêchez-vous, le spectacle va commencer !
Dépêchez-vous, il ne reste que quelques places !
Tu peux pas entrer.
C'est le dernier spectacle.
- Vous auriez quatre sous ? - Non, désolé.
Excusez-moi.
Vous auriez quatre sous ?
Quatre sous ?
Tu me donnes quoi en échange ?
L'abécédaire de mon papa.
Montre-le-moi, au moins.
Comme je suis fatigué !
Aujourd'hui, j'ai envie de ne rien faire.
Je vais faire semblant d'être sourd,
comme ça, je ne travaillerai pas.
Arlequin, va chercher mon médicament.
Écrire mon testament ?
Mais non, mon médicament.
Va l'acheter à la pharmacie.
Quelle Lucie ? Je connais aucune Lucie.
Vous connaissez une Lucie ?
- T'es devenu marteau ? - Le matou ?
Le matou s'est sauvé !
Quelqu'un l'a vu ?
Minou !
Le matou ? Quel matou ?
Marteau, j'ai dit !
Va au diable !
Le diable !
Qui m'a appelé ?
C'est lui.
Moi ? Espèce de filou !
Maintenant, il entend bien.
Polichinelle, dis-moi la vérité, qui m'a appelé ?
Arlequin !
La bouche de la vérité :
qui a appelé le diable ?
Polichinelle !
C'est Polichinelle !
Décidez-vous. C'est qui ?
C'est lui, le farceur, pas moi.
Dieux du firmament !
Regarde, là-bas, il y a un pantin de bois.
Un pantin comme nous.
C'est vrai.
Comment tu t'appelles ?
Viens voir tes frères de bois. Approche.
Viens dans nos bras, Pinocchio !
Viens.
Attention, Pinocchio. Sauve-toi !
Va-t'en, Pinocchio !
Qu'est-ce qui se passe ?
Sauve-toi !
Pourquoi ?
Sauve-toi !
Viens ici.
Tu es qui, toi ?
Je suis Pinocchio.
Et tes ficelles ?
T'as pas de ficelles ? Suis-moi.
Que le spectacle reprenne.
Colombine !
Plus vite que ça !
Que le spectacle reprenne.
Suis-moi, toi. Allez !
Excusez-moi.
Fermez pas, il manque un enfant.
Si je ferme, c'est qu'il n'y en a plus.
Il manque mon fils. Je l'ai amené ce matin.
Je vous dis que non. Comment est cet enfant ?
C'est un enfant.
Mignon, avec un bonnet rouge, un costume rouge
et un abécédaire que je lui ai acheté.
Il s'appelle Pinocchio et pour tout dire, il est en bois.
En bois ?
Désolé, mais en bois, on n'a que les chaises.
Les chaises ?
Il y a mon fils, je l'ai amené. Vérifiez !
Vu la nature de votre fils, allez au théâtre de marionnettes.
J'ai à faire, je peux rien pour vous.
Désolé.
Le théâtre de marionnettes ?
Cecconi !
Oui, je suis là.
Pardon, y avait pas les marionnettes, ici ?
Si, mais ils sont tous partis.
Ils sont partis où ?
Ça, j'en sais rien.
T'as pas vu ?
T'aurais pas vu un pantin rouge ? C'est mon fils.
Oui, je l'ai vu.
Il est allé au spectacle et après, je sais pas.
Tu sais pas.
Ils me l'ont pris.
Ils me l'ont volé.
Il était trop beau.
Il était trop bien fait, je le savais.
Ils m'ont pris Pinocchio, ils ont pris mon fils.
Je vais le retrouver.
Je vais le retrouver, même si je dois traverser les mers.
Je vais le retrouver.
Le feu s'éteint.
Le feu doit être ranimé !
Gendarmes, apportez-moi le pantin,
le nouveau, pour une belle flambée.
Non, lâchez-moi !
Je veux pas mourir, sauvez-moi ! Je vous en supplie !
Je veux pas mourir !
Il a éternué, bravo !
Continue à l'émouvoir et tu auras la vie sauve.
Continue.
Je veux pas mourir !
Je veux pas laisser tout seul mon pauvre papa.
Il a personne d'autre au monde.
Le mouton est cru !
Il vit que pour moi !
- J'ai faim. - Pitié !
Dans le feu, allez !
Mon papa a que moi !
Me faites pas mourir,
je vous en supplie !
Laissez-le.
C'est sûr, ton pauvre papa
serait pas content si je te jetais dans ces braises.
Le pauvre vieux.
Pourtant...
Si je peux pas te brûler,
il faut me comprendre aussi, j'ai faim.
J'ai horreur du mouton à moitié cru !
À ta place, je dois en brûler un autre.
Apportez-moi Arlequin, plus vite que ça !
Jetez-le au feu !
M. Mangefeu, pourquoi Arlequin ?
C'est comme ça.
Je veux pas mourir !
Pas Arlequin !
Soit toi, soit lui. Vite !
Laissez-le ! Brûlez-moi à la place d'Arlequin.
Lâchez-le !
Arrêtez.
Tu es un gentil pantin.
C'est bien.
Approche. Fais-moi un bisou.
Alors, ça veut dire que je me contenterai...
de manger mon mouton à moitié cru.
Remerciez Pinocchio,
la grâce d'Arlequin est accordée !
Merci, Pinocchio !
On est sauvés !
Approche.
Comment s'appelle ton père ?
Geppetto.
Quel métier il fait ?
Il fait le pauvre.
Il gagne bien ?
À tel point qu'il a jamais un sou en poche.
Comment il t'a fait ce costume ?
Avec ses couvertures.
Ses couvertures ?
Il est pauvre.
Dans ce cas,
tiens.
Prends ces cinq pièces d'or.
Porte-les-lui vite.
Cinq pièces d'or ?
Merci beaucoup,
M. Mangefeu !
À vos souhaits.
File !
Au revoir, Pinocchio.
Au revoir, Pinocchio.
Reviens nous voir.
Bon voyage.
Salue-le pour moi.
Merci beaucoup, M. Mangefeu.
Salue-le bien.
Excusez-moi.
Vous savez où est mon papa ?
Tu la vois ? Là.
Il est par où, le village de Geppetto ?
On pêche. Fiche le camp !
Je dois le retrouver de toute urgence.
J'en ai vu une.
Quel dommage,
je voulais lui donner ces cinq sequins d'or.
Cinq sequins ?
Attends !
Attends une minute.
On va t'aider à retrouver ton père.
Tu as dit "cinq sequins" ?
Il a bien cinq sequins d'or.
Ce sont cinq sequins.
Cinq sequins.
D'or.
Tu vas en faire quoi ?
Acheter un manteau neuf à mon papa
et un abécédaire pour aller à l'école.
Acheter le manteau, c'est bien.
Oui, c'est bien.
Mais l'abécédaire pour étudier...
L'abécédaire pour étudier.
Tu veux que je te dise ?
Moi, à force d'étudier, j'ai failli perdre la jambe.
Oui, c'est vrai.
Et lui, ça l'a rendu à moitié aveugle.
Aveugle.
En revanche, écoute-moi,
je te donne un conseil.
Je te le dis parce que tu es beau.
Enchanté, je suis le Renard.
Très joli nom !
Moi, je suis le Chat.
Très joli nom !
Bref,
ça t'intéresserait,
puisque tu dois acheter un manteau à ton père,
de transformer ces cinq sequins en cinquante ?
En cent.
En cinq cents.
- Cinq cents ? - En mille !
Deux mille. Qu'en dis-tu ?
- Autant ? - Oui, je vais t'expliquer.
On est amis, je peux te le dire,
mais personne ne doit entendre.
Attention.
C'est un secret.
Je connais un champ
appelé le champ des Miracles.
À deux pas d'ici.
On y va, tous les trois ensemble,
on prend le petit sequin,
on fait un trou, on y met le sequin et on rebouche.
Ensuite, on verse un peu d'eau. Non, beaucoup d'eau.
Plein d'eau !
On attend quelques heures.
Que va-t-il se passer ? Le sequin germe.
Il germe, il germe...
Naît alors une petite plante couverte de sequins.
Chaque sequin donne une plante
avec cinq cents sequins.
Qu'en dis-tu ?
Chouette !
On y va ?
En route, suis-nous.
On va faire une chose :
étant donné qu'on doit attendre l'aube,
on s'arrête à l'auberge et on grignote.
On fera connaissance.
Une petite croûte.
On grignote et on attend.
Puis à l'aube, on sèmera les sequins
et la plante, demain matin, fleurira.
Moi, j'ai pas faim.
Pas grave, on grignote quand même.
Et à l'aube, la petite plante aura 500 sequins avec un sequin.
Deux sequins, 1000.
Plein de plantes chargées de sequins.
Et si je replante 1200 sequins,
j'en aurai encore plus ?
T'avais dit une petite croûte.
Cette petite croûte est délicieuse.
Mais...
Mais si...
Là, y a de la moelle.
Si je plante cinq sequins d'or,
j'en obtiendrai combien ?
Avant tout,
parle tout bas, on peut nous entendre.
On nous entend.
Je te l'ai déjà dit, chaque sequin en donne 500.
Cinq sequins, ça fait 2500.
Grignotons. Laisse-nous grignoter.
2500 ?
Autant que ça ?
Je pourrai vous en offrir 500 ?
Alors, on s'est pas compris !
Si tu fais ça, tu nous vexes.
Ces plumes !
Nous, on ne fait pas ça par intérêt.
On le fait par amitié, parce que tu es notre ami.
On est amis ?
Oui.
Alors !
Pourquoi on n'y va pas ce soir, au champ des Miracles ?
On grignote, puis on fera un petit somme
et demain, dès l'aube, on y sera.
Pinocchio, viens.
Viens !
Regarde.
Ça te plaît ?
Tu as vu comme l'arbuste a fleuri ?
C'est beau, non ?
Tu as vu ?
Tu nous croyais pas.
Va cueillir les pièces.
Elles sont toutes à toi. Dépêche-toi.
Cueille-les.
Saute plus haut !
Il n'y arrive pas.
Il est trop petit, notre ami.
Tu veux qu'on t'aide ?
Nous sommes là pour ça.
Nous sommes tes amis.
Cueille celle-ci.
Celle-ci !
Et celle-ci.
- Celle-là, là-bas ! - Laquelle ?
Toutes ces pièces !
Toutes ces pièces pour ton papa !
Celle-là, attends !
Réveille-toi !
Il est minuit.
C'est qui ?
L'aubergiste.
Mes compagnons sont prêts ?
Ils sont déjà partis.
Ils me font te dire
qu'ils t'attendent au bout du bois.
Et que tu dois payer la note.
Ils l'ont pas payée ?
Ils avaient peur de te vexer.
De me vexer ?
Allez !
Dépêche-toi.
Je t'attends en bas.
C'est qui ?
C'est moi.
Je voudrais te donner un conseil.
Rebrousse chemin.
Apporte les quatre sequins restants
à ton pauvre père,
qui pleure et se désespère de ne plus te voir.
Je peux pas rebrousser chemin
parce que demain, papa aura 2000 sequins d'or.
Écoute-moi, Pinocchio,
ne te fie pas à ces gens qui te promettent la richesse
du jour au lendemain.
Ces gens sont soit des fous,
soit des fripouilles.
Fais ce que je te dis, rebrousse chemin.
Moi, je continue.
Souviens-toi :
les enfants qui n'en font qu'à leur tête
finissent par le regretter.
Bonne nuit, le Grillon, et mets-la en veilleuse.
Bonne nuit, Pinocchio.
Et que le ciel te préserve des assassins.
Tais-toi !
Les assassins, ça existe pas.
On est les assassins !
Donne-nous les sequins.
C'est pour mon papa.
Donne-nous les sequins !
Donne-nous les sequins.
Non, je peux pas.
S'il vous plaît, ouvrez-moi !
Vite, ouvrez-moi !
On me poursuit, je sais pas quoi faire !
Dans cette maison, il n'y a personne.
Ils sont tous morts.
Personne ?
Je te vois. Pitié, ouvre-moi !
Moi aussi, je suis morte.
Comment ça, morte ?
Attends, s'il te plaît !
Me laisse pas !
Attrape-le !
File-nous les sequins !
- Prends-les dans sa bouche. - Il mord !
On va le pendre.
Si tu les recraches pas, je te pends au premier arbre !
Il remue encore un pied, légèrement.
On va attendre qu'il meure.
Il nous mordra plus.
On lui ouvrira la bouche
et on prendra les sequins.
Les sequins !
On retournera à l'auberge.
On cassera
une petite croûte.
Voyons...
Encore quelques petits spasmes.
On va patienter.
Mon papounet,
si seulement tu étais là.
Petite Fée,
les médecins sont arrivés.
Le Grillon aussi est là.
Fais-les entrer.
Messieurs !
Messieurs, venez.
Entrez, je vous prie.
Vous avez ciré le sol ?
Je suis désolée, c'est à cause de l'Escargot.
Que voulez-vous !
Voyons ce malade.
Inspire.
À fond.
On est face à un cas très banal
de tronçonnite aiguë.
Tu as une tronçonnite aiguë.
Cessez vos sornettes !
Pourquoi ?
C'est un cas très grave de morbus lignorum,
autrement dit, une boisite.
Tu as un morbus lignotus !
Je te l'avais dit, tu n'écoutes jamais.
Permettez-moi d'examiner la veinure.
Il y a la veinure, mais aussi les craquelures.
Il faut une compresse de pâte à bois.
La boisite est votre rayon, mais c'est une tronçonnite aiguë !
Excusez-moi, messieurs, quel est le diagnostic ?
Ce pantin vivra
ou mourra ?
- Le pantin vivra. - Il mourra !
- Il mourra. - Il vivra !
C'est fini, il mourra. C'est une boisite !
Taisez-vous, c'est une tronçonnose !
Il mourra !
Allons-y !
Je t'avais prévenu.
Tu ne m'écoutes pas.
Je te l'ai dit et répété : tu dois m'écouter.
Tu dois m'écouter !
C'est compris ?
Au revoir, à bientôt.
Dépêche-toi, le pantin est brûlant !
On se calme.
Chaque chose en son temps.
Il faut agir lentement.
Si tu bois ce médicament,
très vite, tu seras guéri.
C'est sucré ou amer ?
C'est amer, mais ça te fera du bien.
Je peux pas boire ça.
Allez, Pinocchio, ce n'est qu'un médicament.
Amer.
Tant d'histoires.
Si tu ne le prends pas, tu ne guériras jamais.
C'est pas vrai.
Si, tu as une grave maladie.
Aucune importance.
Ah bon ? Et si tu meurs ?
Aucune importance.
Aucune importance ?
Tu n'as pas peur de la mort ?
On va voir ça.
Fais-les entrer.
On va voir ça.
Entrez !
Je vous en prie.
Par ici.
Par ici.
Ça glisse.
C'est qui, eux ?
Tu as refusé de te soigner,
alors ils vont t'emmener.
M'emmener ?
Je veux pas mourir. S'il te plaît, Petite Fée !
Je ne peux rien faire.
Donne-moi le médicament, je t'en supplie !
Attendez.
Il va boire le médicament.
Trop tard, vous nous avez appelés.
On peut pas repartir
le cercueil vide.
Je suis navrée, Pinocchio.
Rien à faire.
Il fallait y penser avant.
On s'est déplacés et le cercueil doit être rempli.
Pas vrai ?
Rempli ?
Aidez-moi.
Pitié, je veux pas mourir !
Attendez !
Allez-vous-en.
Quel dommage de repartir à vide.
Allons-y.
À trois...
Ils sont partis ?
Ils s'en vont ?
Et maintenant,
ils sont partis ?
Attention !
Et maintenant ?
Allez.
Dépêche-toi de boire ce médicament.
Maintenant que tu es guéri,
raconte-moi ce qui t'est arrivé.
J'étais au théâtre de marionnettes.
Et pourquoi ?
L'école était fermée.
J'attendais qu'elle ouvre.
Du coup, je suis allé au théâtre de marionnettes.
Tu es entré sans payer ?
Je suis entré à l'œil.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ce n'est rien.
Ne t'en occupe pas.
Et ensuite ? Continue.
Il y a eu Mangefeu.
Il m'a offert cinq sequins d'or.
Après ?
Après, je les ai perdus
et j'ai croisé deux assassins dans le bois.
Dis-moi,
personne ne t'a conseillé
de faire attention et d'écouter ?
J'ai vu personne.
Qu'est-ce que j'ai au nez ?
Ce n'est rien.
Tu dis des mensonges, alors ton nez s'allonge.
Attention où tu le pointes.
Fais quelque chose ! Il va tout casser.
Attention. Ne me fais pas mal.
Ne me fais pas mal !
Fais quelque chose, il va tout casser.
Tu es là ?
Maintenant, tenez-vous bien, je vais accélérer.
Prêts ?
C'est parti !
Regardez comme je fonce.
"Elle allait
"toujours couverte
"de ses cheveux..."
Quand elle s'endormira, on ira jouer.
"Avec, sur la tête,
"une guirlande de fleurs."
Vas-y.
"Et des habits entièrement
"brochés de diamants..."
Va, Pinocchio.
Retrouve ton papa et revenez ici.
Surtout, fais attention.
Promis.
Au revoir, Petite Fée.
Au revoir.
Médor, dis au revoir à Pinocchio.
Un petit bout.
On peut en avoir un bout ?
Les amis !
Comme on est contents de te revoir !
Qu'est-ce que vous faites là ?
On attend qu'une table se libère.
Pour casser une petite croûte, comme on aime.
Où t'étais passé ?
Moi ? C'est vous qui avez disparu.
Nous, on t'a cherché.
On t'a cherché partout.
T'étais où ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Je marchais dans le bois et j'ai croisé des assassins.
Oui. J'ai essayé de fuir...
Désolé de t'interrompre, mais qui étaient ces assassins ?
Tu sais pas ?
Vas-y, continue.
J'ai frappé à une porte, mais on m'a pas ouvert.
Les assassins m'ont attrapé
et ils m'ont pendu à un arbre.
Et le lendemain, la Petite Fée m'a sauvé.
La Petite Fée...
Les assassins m'avaient pendu.
Ils m'avaient attrapé et pendu.
Et la fée t'a sauvé.
Exactement.
Une petite question : tu as toujours tes pièces ?
Oui, je les ai sur moi.
Magnifique. Nous, on est tes amis.
Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est quoi ?
Les restes d'aujourd'hui.
J'en fais quoi ?
Comme l'autre jour, tu les manges.
Excusez-moi...
Pourquoi il me donne les restes ?
Nous, on attendait une table.
Comment ça, des restes ?
Il s'agit d'une erreur !
C'est une erreur.
Il me donne des restes ?
Attends, c'est quoi ?
C'est des restes !
Écoutez bien, nous, on nous donne pas de restes !
Je les mange, mais en signe de protestation.
On attend une table.
Allons au champ des Miracles. Tu as toutes les pièces ?
Allons-y.
Nous y voici.
Le champ des Miracles. Ça te plaît ?
C'est beau.
- Comme ça ? - Oui, très bien.
C'est parfait. Mets-y les sequins.
Rebouche bien.
Camoufle le tout.
Mets de l'herbe.
Ça ira. Maintenant, de l'eau pour arroser.
Je peux pas y aller à cause de ma jambe.
Et lui, il voit pas.
Tu vas y aller. Écoute bien.
Tu vois ces arbres ?
Cours-y et tu trouveras un étang.
Tu y vas et tu ramènes de l'eau, beaucoup d'eau.
On arrosera et la plante fleurira.
Vas-y.
- J'y vais ? - Oui.
Derrière les arbres. Vas-y, Pinocchio.
Vite, Pinocchio, disparais.
Ici ?
Continue, c'est plus loin.
Dépêche-toi, Pinocchio !
Dépasse les arbres, l'étang est derrière.
Disparais et tombe dans l'étang !
Ça y est.
Ça y est !
Les amis, vous êtes où ?
Les amis !
PALAIS DE JUSTICE
Le Chat et le Renard m'ont parlé du champ des Miracles.
C'est le champ où on met des pièces
pour récolter plein de sequins d'or.
Qu'ont-ils fait ? Parle plus fort.
Ils m'ont envoyé chercher de l'eau pour arroser
parce que j'avais fait un trou.
Ensuite,
quand je suis revenu,
parce que je devais arroser...
les sequins que j'avais enterrés...
Tu as arrosé les sequins ?
Oui.
Ils te l'ont demandé ?
Je devais faire un trou et après
le reboucher et arroser, mais...
Quand je suis revenu,
les sequins avaient disparu.
Le trou était vide ?
Pauvre petit.
C'était qui ?
Le Chat et le Renard.
On connaît un chat et un renard ?
On ne connaît ni chat ni renard.
Que veux-tu exactement ?
Que justice soit faite et qu'on me rende mes quatre sequins,
plus celui dépensé à l'auberge de l'Écrevisse rouge
parce que seulement eux ont mangé.
Tu veux...
Donc, tu as été volé.
Tu as été volé, tu es innocent !
Jetez-le en prison !
En prison ?
Je suis innocent !
Les innocents en prison !
Pourquoi ?
Dans ce pays, les innocents vont en prison.
Pourquoi en prison ?
Les innocents vont en prison !
J'ai une chose à dire :
je suis coupable, moi aussi.
Attends, attends.
Que dis-tu ?
Moi aussi, je suis coupable.
Viens ici !
Moi aussi, je suis un voleur.
Qu'as-tu volé ?
J'ai volé un cochon.
C'est pas grand-chose, ça.
Et une poule.
Une poule, un cochon...
Ça ne va pas.
Encore, encore !
J'y pense, j'ai aussi volé un bijou.
Un bijou ?
Oui, d'or et d'argent.
Je préfère ça.
C'est bien !
Libérez-le !
Félicitations !
Franchement,
j'ai volé tellement de choses que je m'en souviens plus.
Papounet !
C'est moi, Pinocchio,
ouvre-moi !
Pinocchio, qu'est-ce que tu fais ?
Ton père n'est plus là.
Il est parti il y a longtemps.
Il est parti te chercher.
Où il est allé me chercher ?
Il a dit qu'il était prêt à parcourir le monde pour te retrouver.
Il était désespéré, il pleurait.
Il a dit : "Je vais au bout du monde le chercher,
"jusqu'aux Amériques.
"Il faut que je le retrouve !"
C'est où, les Amériques ?
C'est là-bas, très loin, les Amériques.
Il faut traverser la mer pour y arriver.
Elle est où, la mer ?
Par là, très loin.
Il te cherchait, mon trésor.
Vas-y et fais attention. Dépêche-toi !
Reviens !
C'est dangereux !
La mer est mauvaise !
Reviens !
Reviens !
Allez !
T'y arriveras jamais !
Reviens !
Tout doucement,
sans se presser.
L'Escargot !
Et la Petite Fée ?
Elle est devenue grande.
Vas-y.
Pourquoi elle est grande ?
C'est elle. Vas-y !
La même robe, les mêmes cheveux.
C'est moi.
Comment tu as fait ?
C'est un secret.
Vas-y.
Comment on fait pour grandir ? Je veux grandir, moi aussi.
Toi, tu ne peux pas grandir.
Pourquoi ?
Les pantins ne grandissent jamais.
Ils naissent pantins,
vivent pantins
et meurent pantins.
Je veux pas être un pantin toute ma vie.
Je veux être un garçon comme les autres.
Tu le deviendras
si tu sais le mériter
et si tu te conduis bien.
Je dois faire quoi pour le mériter ?
Tu dois apprendre à être un gentil pantin.
Dès demain, tu iras à l'école et tu étudieras.
Répète.
Tu iras à l'école et tu étudieras.
À l'école ?
Alors, voyons si tu as appris ta leçon.
Dans un enclos
se trouvent dix-huit moutons.
Sept moutons s'échappent la nuit.
Le paysan, le lendemain matin,
combien en trouve-t-il ?
Huit.
La main.
Sur les pois chiches !
Entrez !
Viens ici, allez !
Mets-toi là.
Découvre-toi devant le maître.
Tu bouges plus d'ici, c'est compris ?
Laissez-le-moi, je m'en occupe.
Voyons si tu as révisé.
Dix-huit poires multipliées par deux.
Tu ne sais pas ?
Je sais pas.
Tu ne sais pas ?
La main !
Sur les pois chiches !
Sur les pois chiches.
Maintenant, copiez
ce que j'écris.
"Le
"maître
"est un...
"second
"père...
"pour
"ses...
"élèves."
Attends-moi, je vais avec toi !
Viens.
Demain, on ira voler dans un endroit
où il y a des saucisses, des jambons, des fromages...
Mais faudra faire gaffe
parce que la dernière fois, je me suis pris un coup de bâton.
Regarde.
C'est qui ?
Qui frappe à une heure pareille ?
C'est moi.
Qui ça, moi ?
Qui ça, Pinocchio ?
Le pantin de bois.
Le pantin qui avait promis à sa Fée d'aller à l'école,
d'étudier
et qui s'est sauvé.
Ce pantin-là ? Tu es sûr ?
Oui, c'est ça.
S'il te plaît, ouvre-moi.
Tu m'ouvres ?
C'est promis, je me sauverai plus.
Tu m'ouvres ?
L'Escargot, ouvre-moi, s'il te plaît !
La Fée a dit
que, cette fois, elle te pardonne.
La prochaine fois, elle ne te fera plus entrer.
Tiens.
Va à l'école et sois sage.
"Celui
"qui ne va pas
"à l'école
"grandit..."
- Il est où, Lucignolo ? - Il vient plus.
"... ignorant."
- Pourquoi il vient plus ? - J'en sais rien.
Il travaille aux champs avec son père.
Pourquoi il travaille avec son père ?
Je sais pas.
- Il revient quand ? - Je sais pas.
On ne parle pas pendant la classe. Les mains !
Ça ne te fait pas mal ?
"Les gentils enfants..."
Deux.
C'est très bien.
"Quand
"le jeune roi...
"eut appris..."
Maintenant, on va faire un tour de magie.
De la magie ?
Fais comme moi.
"Il décida
"d'envoyer
"un magnifique
"carrosse..."
Un berger, dans un enclos, a 300 moutons.
La nuit, 47 s'échappent,
mais 3 reviennent aussitôt.
24 tombent malades,
9 meurent, les autres guérissent.
Puis 2 s'échappent. Ça fait combien ?
245.
C'est ça, Pinocchio.
C'est très bien.
Vous avez vu comme c'est un bon élève ?
Voici un 10 sur 10 bien mérité.
Continue comme ça.
Tu fais une boulette,
puis tu l'aplatis.
On doit en faire beaucoup
parce que demain, ici,
on va faire une belle fête.
Une fête ?
Une très belle fête.
Le maître dit que tu es bon élève.
Par conséquent, demain, tu cesseras d'être un pantin
et tu deviendras
un garçon comme tous les autres.
Qu'attends-tu ?
Dépêche-toi, va inviter tes amis.
Allez !
Lucignolo !
Lucignolo ?
Va-t'en ! On va me découvrir.
Un truc incroyable m'est arrivé !
Je vais arrêter d'être un pantin,
je vais devenir un garçon.
Demain, y a une fête, chez moi. Tu viendras ?
Non, je peux pas.
Pourquoi ?
À minuit, je m'en vais.
Où ça ?
Dans un pays.
Dans un beau pays, très beau.
Le plus beau du monde.
On l'appelle le pays des Jouets.
On joue, on court, on saute du matin au soir.
On fait ce qu'on veut, y a ni règlement ni maîtres.
On s'amuse et c'est tout.
Si tu veux, tu peux venir.
Si je t'attrape, ton compte est bon !
Moi, je veux être un garçon.
Alors, viens pas.
Moi, j'y vais. Salut.
Où tu vas ?
La charrette arrive, t'es sûr ?
Oui, je suis sûr.
Je vois rien.
Elle va pas tarder.
C'est loin, mais après tu vas t'amuser.
Je t'ai dit
que je venais jusqu'ici et qu'après je rentrais.
Allez, viens.
Tu verras, tu t'amuseras.
La voilà.
Salut. J'y vais.
Salut, Lucignolo.
Et toi,
mon mignon, tu viens avec nous ou tu restes ?
Allez,
appelez-le, les enfants.
Tu entends ? Viens.
Viens !
Ils t'appellent tous. Tu entends ?
Dépêche-toi, monte dans la charrette, viens.
Tu t'amuseras, je te le promets.
On est arrivés, mes mignons !
Descendez, mais calmement.
Ne vous faites pas mal. Allez, descendez.
Viens, toi.
Je vais t'aider.
Mon mignon.
Dix-neuf,
vingt,
vingt et un...
Et par là ? Tout est en ordre.
Bonne nuit, mes mignons !
À demain.
Vingt-sept,
vingt-huit...
Demain, on va s'amuser.
Vingt-neuf
et trente.
Bonne nuit.
C'est qui ?
C'est moi, ouvre-moi.
Là, je peux pas.
Toi aussi, tu t'es réveillé avec des oreilles bizarres, ce matin ?
À vrai dire, un peu, oui.
Laisse-moi entrer. Ouvre, dépêche-toi !
J'ai l'impression qu'on a le même problème.
Je crois, oui.
Enlève le sac.
Toi, d'abord.
On va faire un truc : à trois, on l'enlève.
C'est quoi, ces oreilles ?
Et toi, alors ?
Ça fait mal ?
On peut pas sortir comme ça.
C'est vrai.
Je tiens plus debout.
Aide-moi, Pinocchio !
- Qu'est-ce que t'as ? - Qu'est-ce qui se passe ?
Au secours !
Ma main !
Au secours !
Pinocchio, aide-moi !
Aidez-nous !
Mes mignons.
Je vous ai reconnus, mes mignons.
Je vous entends.
Mes mignons,
comme vous brayez bien.
Me voici.
Mes mignons.
Ce bourricot
s'appelle Lucignolo.
Il est très courageux.
Il a une force extraordinaire.
Pour ce que vous voulez en faire,
il me semble parfait.
C'est une belle bête.
Merci.
Attendez un instant.
Cette cicatrice au front.
Pas de cicatrice.
Ça attire la tristesse.
Je ne le prends pas.
Je vous propose un autre bourricot. Le voici.
Il s'appelle Pinocchio.
Il est très intelligent.
Il est obéissant, doux.
Et puis, il apprend très vite.
Vraiment très vite.
Pour les numéros qu'il devra faire,
il sera exceptionnel, c'est mon humble avis.
De retour d'une longue et glorieuse tournée
à travers les Indes et les lointaines Amériques,
cher public, ce soir, il exécutera pour vous
des numéros inégalables,
insurpassables,
jamais vus auparavant !
Voici pour vous, le baudet
Pinocchio !
On l'applaudit !
Le voici !
Avec son clown !
De la joie !
À présent, l'homme le plus grand
et l'homme le plus petit du monde vont nous apporter
le cercle de feu, on les applaudit !
Et maintenant, mesdames et messieurs,
je sais que ce numéro peut vous sembler terrifiant
et très dangereux,
mais nous savons ce que nous faisons.
Nous sommes prêts.
Roulement de tambours !
On l'applaudit pour l'encourager.
Encore ?
Un autre ?
Encore un autre !
Pinocchio n'est pas tombé.
C'est une farce que nous vous faisons
pour rendre ce spectacle exceptionnel.
Pinocchio ne peut pas tomber.
Emmenez-le vite !
Nous appelons maintenant l'homme le plus fort du monde
pour emmener le baudet Pinocchio.
On applaudit l'homme le plus fort du monde !
Les voilà,
tous les deux ensemble !
Voyez le talent de cet animal
et comme il fait semblant de boiter.
On l'applaudit encore, merci !
Malheureusement, tu t'es estropié, mon cher Pinocchio.
Le triste moment de nous séparer est arrivé.
Avec cette peau, on se fera un beau tambour.
À la mer, vas-y.
Maintenant, il faut attendre.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu es qui, toi ?
Où est Pinocchio ?
C'est moi !
- Comment ça ? - Oui, c'est moi.
Le bourricot ?
Oui, je suis Pinocchio.
Comment c'est possible ?
C'est possible.
Tu t'es transformé sous l'eau ?
Vous saviez pas que j'avais ma Petite Fée !
Un pantin qui parle.
Ça peut nous servir, au cirque.
Viens ici.
Viens, je ne vais rien te faire.
Salut !
Viens ici !
Arrête, ne te sauve pas !
Plonge.
Vas-y, toi.
C'est un ordre, plonge !
D'accord.
- Plonge, toi. - Pourquoi moi ?
- Je sais pas nager. - On va te lancer.
J'ai peur de l'eau.
J'en ai rien à faire !
Attrape-le.
- Où tu vas ? - Je sais pas nager.
Viens ici !
Viens ici, salopard !
Salut, Pinocchio !
Au secours !
Au secours !
Inutile d'appeler au secours.
Qui pourrait te sauver ?
Tu es qui ?
Moi ?
Je suis un pauvre thon.
J'ai été avalé par le requin, exactement comme toi.
Et toi, quel poisson es-tu ?
Je suis pas un poisson,
je suis un pantin.
Si tu n'es pas un poisson,
pourquoi t'es-tu fait avaler par le monstre ?
C'est pas ma faute, c'est lui qui m'a avalé.
On fait quoi, maintenant ?
Nous devons nous résigner
et attendre que le requin
nous digère tous les deux.
Nous digère ?
Je veux pas être digéré !
Moi non plus, je ne veux pas être digéré,
mais je me console à l'idée
que lorsqu'on naît thon,
il est plus satisfaisant de mourir dans l'eau
que dans l'huile.
Dans l'huile ?
Moi, je veux m'enfuir d'ici.
Eh bien, enfuis-toi.
Si tu y arrives.
C'est quoi, cette lumière, là-bas ?
Va savoir.
Je veux aller voir.
Adieu, le Thon.
Adieu, pantin.
Je te souhaite bonne chance.
Papa.
Mon fils !
Je t'ai tellement cherché.
Mon fils, je t'ai cherché partout.
Tu sais, on n'est pas si mal, ici.
On dirait pas, mais c'est agréable.
Le requin mange de tout. Il y a du poisson.
J'en ai mangé tellement. Regarde ce filet.
Maintenant que tu es là, on va pouvoir pêcher ensemble.
Toi là-bas, moi ici, on prendra de gros poissons.
Regarde cette table avec les assiettes.
Là, il y a la chambre.
Il y a de la place pour toi.
Papa,
on doit fuir.
Fuir ?
Oui, on doit fuir.
Ça demande réflexion.
Cet endroit est un peu en désordre
parce que t'es arrivé à l'improviste,
mais une fois rangé, il sera parfait.
Tu veux voir ?
Papa, on peut pas rester ici,
il faut qu'on parte.
J'y ai pensé plein de fois, mais c'est impossible.
Suis-moi.
C'est impossible, je te dis.
Viens, dépêche-toi !
Viens !
Pinocchio, il vaut mieux pas.
Faut profiter qu'il a la bouche ouverte !
Il peut la refermer.
Tu es sûr ?
Attends.
Viens, papa.
Je sais pas nager.
T'inquiète pas pour ça,
moi, je nage très bien.
Et je suis en bois, je flotte.
Je le sais, c'est moi qui t'ai fait.
Tu crois qu'un petit pantin comme toi peut me porter sur ses épaules ?
Tu te noieras, on mourra tous les deux.
Je réussirai.
Viens avec moi.
Allons-y !
On se noie !
Je vais y arriver.
Accroche-toi à moi, pantin.
Cramponnez-vous à mes nageoires.
En route !
Vas-y, le Thon !
Merci, mon ami.
Tu n'as pas à me remercier.
Si j'ai réussi à m'enfuir de la bouche du requin,
c'est parce que toi, tu m'en as donné le courage.
Pourquoi tu pleures ?
Parce que personne ne m'avait jamais fait de bisou.
Comment tu t'appelles ?
Je te porterai toujours dans mon cœur.
Adieu, le Thon.
C'est quelqu'un de bien, ce Thon.
Si j'avais su qu'il était aussi dans le requin,
on aurait pu faire un brin de causette ensemble.
Quel dommage.
Regarde.
Il y a une maison, là-bas.
Viens, on va voir.
Si tu veux.
Excusez-moi,
je pourrais avoir un peu de lait ?
Combien tu en veux ?
Un peu, ce que vous pouvez.
Un seau de lait coûte un sou.
J'ai pas d'argent.
Dans ce cas, je peux rien pour toi, désolé.
C'est urgent, c'est pour mon papa.
Mon papa en a besoin, il est malade.
Tu veux tourner la roue ?
Quelle roue ?
T'en es capable ?
Je peux tout faire.
C'est quoi comme roue ?
C'est ce machin.
Viens, Pinocchio.
Bouge pas de là.
Salut, Giangio.
Il y a cinq moutons.
Trois chèvres, bien grasses.
Si tu les voyais. Il y en a une magnifique.
Il y a même une pintade.
Une pintade !
Quand il fera nuit, je sauterai le muret
et on cassera la croûte.
Attends...
Cache-toi, vite !
Tu te souviens ?
Je suis le Renard, ton ami.
Je suis content de te revoir.
Je t'ai cherché partout.
Je voulais te dire, tu sais qui a volé les pièces ?
C'est le Chat, ce traître ! Il est mort.
Moi, je suis ton ami.
Je t'ai cherché.
Je suis vraiment désolé que t'aies perdu tes pièces.
Tu fais quoi, ici ?
Je travaille.
C'est vrai ?
C'est bien ! Tu gagnes beaucoup ?
Dix sous la journée.
Dix sous la journée ?
Excuse-moi, mais alors...
Je suis ton ami.
Le Chat est plus là, il est mort.
On prend les dix sous, on va au champ et on les plante.
Tu te souviens des plantes ?
Non, vous m'aurez pas une deuxième fois.
Regarde qui est derrière toi. Le Chat.
Pourquoi t'es sorti ?
C'est lui, le voleur.
Moi, je suis ton ami.
Pourquoi t'es sorti ?
Adieu à tout jamais.
Je suis ton ami.
Adieu à tout jamais.
Tu te trompes.
Pourquoi t'es sorti ?
Pinocchio, tu te trompes !
Désolé, je me ferai plus avoir.
On va planter les pièces !
Adieu, filous.
Attends !
Petite Fée !
Je savais que tu avais bon cœur.
Je te pardonne toutes les bêtises que tu as faites.
Continue à être sage et, plus tard,
tu seras heureux.
Papa,
je suis devenu un petit garçon !
Papa, je suis un petit garçon !
Je suis un petit garçon !
Je suis devenu un petit garçon !
Je suis un petit garçon !
Papa, je suis un petit garçon !
Mangefeu
Le Chat et le Renard
La Fée
La Petite Fée et l'Escargot
Le Corbeau et la Chouette
Le Grillon
Le Juge
L'Instituteur
Le Cocher
Le Directeur du cirque et ses Artistes
Le Thon
Maître Cerise
L'Aubergiste
Le Vendeur du bazar
Les Marionnettes
Le Crieur
Sous-titres : Pascal Strippoli
Sous-titrage : HIVENTY
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