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...
- Ca va, Manolo ? - Salut, petite souris.
On dit que l'autre jour, à la Moreria,
ta patronne a pissé sur une table.
C'est vrai ?
Qui dit ça ?
Tout de monde. Et qu'elle avait pas de culotte.
Un homme ne participe pas aux commérages.
- Tu veux être un homme ? - Oui, mais elle en portait ?
Tu as vu son cul ?
A Hollywood elles mettent pas de culottes.
Elles ont trop chaud, il leur faut du vent.
Tu en sais quoi ? Tu n'as jamais bougé d'ici.
- Analphabète. - Ferme-la.
Imbécile.
- Tu as aussi vu devant ? - Encore ?
Fiche le camp !
- File-moi au moins une cigarette. - Tiens.
Au revoir, Manolo.
Cette dame ne met pas de culotte pour ne pas perdre de temps.
Elle a d'une dame ce que j'ai d'une marquise.
Je m'en vais. Vous me dégoûtez. Je n'en peux plus.
Voilà pour moi.
Manolo !
Ca va, Ezequiel ?
Je voulais te voir.
Pourquoi ?
Vargas veut te voir.
Tiens, mets-les quelque part.
C'est pour toi.
Tu les veux ? Sinon je les jette, je m'en fiche.
- Tu as vu mes mains ? - Bien. Je les jette.
Jette-les !
Qu'est-ce que je vais faire de quatre oeillets ?
Ecoute.
Vargas nous a invités à la communion de sa fille.
Il m'a invité avec ma femme. C'est toi.
On doit y aller.
- Rends-moi ce service. - Je ne suis pas là pour ça.
Non ?
Pourquoi tu es là ?
Tu me le dis ou je te le dis ?
Ana Mari !
Merci.
Je le mets là pour ne pas le tacher.
Bon sang, Ana Mari !
Sacrée paire d'oeufs.
- Les meilleurs au monde. - Merci.
Ces oeufs sont faits avec amour.
Beaucoup d'amour.
C'est mon travail, Madame. Je fais du mieux que je peux.
Vous avez un beau travail. Vous le faites de votre mieux ?
Rien. Peu importe.
Que fais-tu ?
Tu m'as fait peur !
Arrête et va à la poissonnerie. Il y a des invités ce soir.
J'y vais.
Pas de bêtises. On a rendez-vous avec Soeur Maria.
Déjà ?
Si tôt ?
Le plus tôt sera le mieux.
Allez.
On y est.
Bonté divine !
- Prends mon bras. - Pourquoi ?
Fais-le, merde. Tu es ma femme.
- Bonté divine ! - Bon, voyons.
Ne boite pas tant.
Le voilà.
Manolo !
Ca, alors.
- Je ne t'attendais plus. - Bien sûr que si.
Voici ma femme.
- Vargas. Enchanté. - Ana Maria, enchantée.
- J'ai un cadeau. - Il ne fallait pas. Merci.
C'est normal. C'est sa communion.
Viens dire bonjour.
Ce sont des amis. Dis bonjour.
- Bonjour. - Bonjour, Mairena.
J'ai un cadeau. Ce sont des couverts.
Pourquoi me le dire ?
Qu'est-ce qu'on dit ?
Je n'ai pas été très maligne.
Ca te plaît ? Ils sont jolis.
Je vais en faire quoi ?
Tu as reçu la communion avec joie et espoir ?
Oui. Dieu m'aime. J'y vais.
- Bien. - Elle est intelligente.
- Non ? - Ca se voit.
- Ne restez pas là. - Viens.
Viens, avec tes couverts.
Sers mes amis. Ce sont des gadjé,
mais on les traitera comme des gitans.
Je plaisante, Manolo. On vous traitera bien.
Venez.
Merci.
- Belle part de gâteau ! - C'est beaucoup pour moi.
Asseyez-vous.
Bonjour.
- Tout ça est très beau. - Magnifique.
C'est un beau gadjo, ton mari.
Tu es belle aussi.
Tu as ce problème de jambe, mais ce n'est rien.
Tu es très jolie.
Merci.
- Vous avez des enfants ? - Non. On n'en a pas.
Pas encore.
Bon.
L'homme propose, Dieu dispose.
- Oui. - Ca viendra. N'ayez crainte.
Il faut continuer d'essayer. N'est-ce pas, chérie ?
Que se passe-t-il ?
Il faut qu'on parle.
Où vas-tu ?
Je reviens.
Qui est-ce ?
La fille du dessus qui rapporte le plateau.
Qu'elle m'attende dans la cuisine. J'arrive.
Pourquoi ?
Va savoir.
Entre.
C'est une information merveilleuse.
Castiella peut faire ce qu'il veut.
Seuls ma femme et moi sommes en danger.
- Tu t'es marié ? - Oui, cette semaine.
- A cause de Franco ? - Il fallait le faire, tôt ou tard.
Rosario.
S'il vous plaît, apportez du brandy pour ces messieurs.
Il n'y en a plus.
Comment ça ?
Qui l'a bu ?
Il s'est évaporé.
Je vous sers une cazalla ?
C'est trop fort, ça me perfore l'estomac.
Mais bon, apportez-en.
J'y vais.
Monsieur.
Quoi, "Monsieur" ?
C'est moi, "Monsieur".
- Je le sais. - Alors, dites-le.
- C'est vous, "Monsieur". - Bon. Ca suffit.
Allez chercher la cazalla.
J'y vais.
Et ça boit, et ça fume...
Attends ici, elle doit mettre sa perruque.
Je ne demande qu'un peu de surveillance.
C'est logique, non ?
Avec l'Amerloque du dessus, on ne sait pas qui entre et sort.
- C'est vrai. - Cet immeuble est une passoire.
Je suis un chef d'Etat, ma vie est en danger, merde.
Regarde !
Qui est là, Cannelle ?
Ta chérie !
Bonjour ! Qu'elle est belle !
Qu'est-il arrivé ?
Lucero a trouvé la culotte.
Comment ?
C'est quoi, Vargas ?
Ecoute.
Comment t'expliquer ça ?
- Dis. - C'est à Ava Gardner.
Je te jure que ce n'est pas ce que tu imagines.
Vargas avec l'Américaine ?
- Tu m'as fait ça ? - Lucero, pas ici.
A moi ? Cette ruine dans ma maison ?
Dans ma maison, Vargas ?
- Laisse-moi t'expliquer. - Avec cette Américaine !
Je le savais !
Je suis une idiote.
- Laisse-moi t'expliquer. - Tu n'as rien à expliquer.
Tu n'as pas honte ? Tu as une petite fille.
Je lui mettrai la main dessus Tu vas mourir de honte.
Je le dirai à ta mère et c'est toi qui auras honte.
- C'est toi qui auras honte. - Ecoute-moi.
- Tu ne peux pas me faire ça. - Ecoute, Lucero, s'il te plaît !
Ecoute.
- Ecoute-moi. - Que vais-je faire de toi ?
- Tu lui as dit quoi ? - A ton avis ?
Que tu travailles pour elle et que c'est une blague entre mecs.
Que je ne sais pas comment ça a fini dans ma poche.
- Tu m'as accusé ? - Je n'ai pas eu le choix.
Je suis à la rue depuis trois jours.
Trois jours avec cette chemise.
Sale, à la rue, comme un chien.
Elle ne me laisse pas rentrer.
J'ai pu venir à la communion parce que je l'ai payée.
Que peut-on faire ? Tu veux que je lui parle ?
Non.
- Elle ne peut pas te voir. - Super.
Mais attends, et écoute.
Il y a pire.
Tu ne m'aimes pas.
Tu ne m'aimes pas, Vargas.
Mais Lucero...
Il ne s'est rien passé avec elle.
Je ne la connais même pas.
Comment te prouver que tu es la seule ?
Demande ce que tu voudras. Ce que tu voudras.
Ca.
- Tu veux un collier ? - Non.
Je veux ce collier.
Quoi ?
Je veux le collier de la sale gadji.
Mon amour.
Ce collier est unique. Je ne peux pas te l'offrir.
Je veux le collier de la sale gadji.
Je veux le collier
de la sale gadji.
Je veux le collier de la sale gadji.
Ou je me tue !
Je me tue !
Je me tue.
Tu dois m'aider.
Fais ça pour moi. Je dois l'obtenir coûte que coûte.
Ecoute, Vargas. Je ferai mon possible, mais...
Qu'entends-tu par "l'obtenir" ?
Je l'achète.
Manolo, s'il coûte 50 000, ce sera 50 000.
S'il coûte 100 000, aussi. Tu comprends ?
On n'est pas tous des voleurs de poules.
Je le sais, voyons.
Je sais qui tu es et ce que tu fais, bien sûr, mais...
Je ne le sens pas, honnêtement.
Laisse-moi lui parler, Manolo.
Pour qu'elle me le vende.
Elle ne le vendra pas.
C'est un cadeau de Frank Sinatra.
Tu vois ? Pour elle, Frank Sinatra, c'est...
Mine de rien, c'est une sentimentale.
Elle ne le vendra pas. De plus, ce collier, va savoir...
combien il vaut.
Ecoute. Je ne veux pas le voler.
Les gitans ont assez mauvaise réputation.
Tu sais qu'avant l'arrivée de Charles III,
Dieu bénisse son âme,
qui a interdit l'extermination et l'oppression des gitans,
on nous traitait comme des rats.
Comme des voleurs qui refusaient de travailler.
Non.
Je ne le volerai pas.
Mais il me le faut coûte que coûte.
Oui, Manolo.
Papa ?
Ici, Mairena.
Attention, elle voit tout.
- Ma chérie. - Qu'y a-t-il ?
Rien. Pourquoi ?
Viens, Chino est en train de danser.
On parlera plus tard.
Prends une empanada.
Non, merci.
Elles sont très bonnes.
Tu es maigre, très maigre.
Il faut manger plus.
Ta patronne mange bien, non ?
Elle aime bien manger.
Oui, elle a bonne bouche.
Tu es si drôle ! Tu me fais rire.
Moi ?
Bonne bouche, hein ?
J'aime tirer les cartes, ça me détend.
- Je te les tire ? - Non.
Tu as forcément envie de savoir une chose sur ton avenir.
Non. Enfin si, mais il ne vaut mieux pas.
L'impératrice.
Prudence avec cet arcane.
Il symbolise...
la féminité dans son expression la plus terrestre.
La maternité.
- Je dois partir. - Tu as un petit ami ?
- Je n'en ai plus. - Ne t'en fais pas.
Il y a bien assez d'hommes.
Tu n'es pas très belle, mais peu importe.
Chacune a ses défauts. Pas vrai ?
Regarde, moi. Je suis petite, insignifiante...
Tu veux savoir quelle est mon arme secrète ?
Mes jambes.
Très jolies.
J'ai conquis le général en bougeant ces deux-là.
Dans un cabaret, à Panama.
Tu imagines passer d'un cabaret à la Maison rose ?
C'est fou, non ?
Que fais-tu ici, Cannelle ? Saute la chienne !
Viens ici. Saute-la.
Saute-la.
Tu vas la sauter ?
Ces petits chiens ! Ils sont...
Je crois qu'elle ne veut pas.
Il faut attendre.
Cette chienne a besoin d'être enceinte.
Elle...
Peut-être que non.
Comment savez-vous
si la chienne a besoin d'être enceinte ou pas ?
Mais... Comment savez-vous qu'elle veut des petits ?
Pourquoi tout le monde en est si sûr ?
Tout le monde sait tout, ou quoi ?
Elle sait ce que c'est, avoir des petits ?
Je crois qu'elle ne le sait pas.
Tu...
Ne le dites à personne.
Non. On est amies.
- Comment tu t'appelles ? - Pilar.
Quelle horreur d'être pauvre !
Un jeune homme devrait étudier le droit.
Il y a des débouchés.
Que peut faire un docteur ? Docteur.
Avec le droit, il peut être diplomate, par exemple.
Le jour où tu te lèveras avant 15 h.
Je ne me réveille jamais à cette heure.
Depuis quand ?
Ana Mari,
donne juste une tête de crevette à M. Sicre.
Ricardo, tu sais qu'on envisage ton nom pour l'international ?
Vraiment ?
Tu as bouffé le cul de Franco ?
Ici, on bouffe des culs ou on suce des queues.
Tu te trompes. Il n'y a pas qu'ici que j'ai sucé des queues.
Merci.
Bon appétit.
Il y a des restes ?
Génial.
Il y a des fruits ?
- Tu fais quoi ? - Moi ?
Ils m'ont demandé du tabac.
Rentre, tu as l'air fatiguée.
Comment ça ?
C'est dégoûtant !
Betty !
Rappelez-moi pourquoi je l'ai épousée.
Parce que c'est une merveilleuse petite cochonne.
Une seconde.
Je propose de trinquer à notre chère Ava.
- Elle va revenir au cinéma. - Arrête, Bill.
Il va falloir dire adieu à l'oisiveté pour un temps.
Ignore-le, ma chère.
A Ava !
Santé.
- Quel est le titre du film ? - "Les 55 jours de Pékin".
Raconte-leur un peu, Ava.
Ca ne se refuse pas.
Ben Hur ? C'est un beau mec.
Une cigarette, s'il vous plaît.
Merci. Parfait.
Dites-moi comment ils vont trouver 1 500 Chinois
à Madrid.
Ca fait beaucoup de Chinois.
Ana Mari !
- Quoi ? - C'est ton frère.
Mon frère ?
Qu'est-il arrivé ? Dis-moi.
Les gars de Vargas, ces salauds. Fils de putes.
Qui ça, Ezequiel ?
Aucune idée. Ils faisaient les malins.
J'ai dû insulter leurs morts. Ils s'en sont pris aussi.
Tiens, une autre.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tais-toi. Tout est ta faute.
File, tu en as assez fait. Assieds-toi.
Regarde-moi.
Que t'ont-ils fait ?
Ils m'ont donné un mot pour toi.
"Tu es parti sans dire au revoir.
"Je t'attends demain matin pour poursuivre notre conversation."
Signé Vargas.
Tout était merveilleux.
Bonne nuit.
A demain.
Demandez de me mettre en relation avec M. Hemingway, aux Etats-Unis.
Je le prends à l'intérieur.
Dites à Manolo de sortir la chienne.
Au revoir, Cara.
Vous êtes fâchés ?
Approche.
Quelle racaille !
Ana Mari, je suis fou ?
Tu n'es pas fou.
"Fou" est un vilain mot. Tu fais des choses pas normales.
Tu es mieux quand tu prends ton traitement.
Je ne suis pas fou, pas vrai ?
Les fous font...
Tu es cinglé.
Tu m'as fait peur.
Je vais me coucher, si vous n'avez besoin de rien.
Bonne nuit.
Quelle horreur !
Il ne manquait plus que ça.
Qu'y a-t-il ?
Il a pissé.
Tu vas dormir là ?
Non. Prends mon lit.
Pas question. C'est mon frère, c'est mon problème.
Tout ça, c'est ma faute. Je vais prendre la chaise.
C'est vrai.
Ivann Georges SUBTITULA'M
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