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Ta gueule, la vieille.
Ils sont là.
- Il est quelle heure ? - Je sais pas, j'ai perdu ma montre.
Tu sers vraiment à rien.
Là, on va se marrer.
Ma nouvelle montre !
Avec chrono et tout.
Je me rends.
SALLE D'OPÉRATIONS LONDRES, 1941
Messieurs.
Voici le plan.
Aux grands maux, les grands remèdes.
Capitaine Maes,
le Premier ministre belge vous a choisi
pour mener cette opération.
L'amiral Godfrey a accepté
de nous fournir le soutien logistique britannique.
C'était avant que je connaisse le plan.
Il vous faut un soutien psychologique.
Il se peut que vous ayez d'autres priorités
mais tout ce que nous demandons, c'est le navire et le prisonnier.
Seigneur !
Où allez-vous trouver l'équipage qu'il faut ?
On s'en est occupé.
On a sélectionné un groupe
de soldats belges, loyaux et bien entraînés.
Je veux les Moutons noirs.
L'armée britannique recherche ces cinglés
depuis des mois.
Le statut dans nos fichiers indique
"tirer à vue".
Du calme, amiral.
Personne ne sait où ils sont.
Si vous savez où se trouvent ces gars,
vous passerez en cour martiale.
J'ai davantage de chances de survivre à un peloton d'exécution
qu'à cette mission.
Ils sont peut-être fous,
mais ce foutu plan l'est tout autant.
Aux grands maux,
les grands remèdes.
Demande-lui ce que tu veux mais reste calme.
On a encore besoin de lui.
- Une pomme ? - Pas maintenant, Tamme.
- Et toi, Stan ? - Après.
Allô, Werner ?
Vous m'entendez ?
Oui, nous avons le colis.
Vous pouvez répéter ?
Je répète, on a le colis.
Bien reçu. Le facteur vient le prendre à midi.
Que Stan n'abîme pas le colis, cette fois.
Il pose juste quelques questions au colis.
Je ne plaisante pas.
J'en ai six.
En comptant le gros, ça fait six.
- Avec le gros ? - Oui, le gros.
Rigole pas avec le gros, mec...
Papa, t'es un enfoiré !
T'avais promis que je participerais.
C'était pas prévu.
C'est toujours pareil avec toi.
- Les patates germent déjà. - T'as qu'à faire les courses toi-même !
Non.
Il parlera pas les poumons pleins d'eau.
Ça fait combien ?
Une minute seize.
En fait, on est très gentils.
Oui, on est très gentils.
Un peu d'eau ?
Réponds aux questions et ça sera fini.
Bouge de là.
Donne-moi encore cinq...
Werner, c'était quoi ça ? Tout va bien ?
- La ligne est mauvaise. - Le colis va bien ?
Je n'entends rien.
- J'ai entendu une... - Terminé.
Merde. T'es con, ils viennent le chercher.
Stan.
Il prendra moins de place.
Laissez tomber.
Sans vouloir vous vexer.
Votre fils,
Dieter.
Je vois la ressemblance.
Mort au combat
- Comment ? - Éclats d'obus.
Je n'en sais pas plus.
Pourquoi me dire cela ?
Vous pensez que je vais trahir ma patrie ?
C'est la guerre.
On perd tous des êtres chers.
Il ne s'agit pas des morts,
mais de ceux
que l'on peut encore sauver.
Il s'appelle Franz.
Oui,
c'est le prénom de son grand-père.
- Ça va ? - Non, ça va pas.
J'en ai marre de faire les commissions
et d'extraire des balles de vos corps.
Je veux un autre boulot.
Il doit protéger sa fille chérie, c'est tout.
Fous-moi la paix.
J'ai trouvé quelque chose qui va peut-être t'intéresser.
Regarde.
C'est quoi ?
"B-Patrone", c'était écrit dessus.
J'en ai trouvé toute une caisse.
C'est le bon calibre.
D'abord un bisou.
Voyons voir.
C'est pas des balles pour la chasse.
Allez, Fons.
Le meilleur gaucher d'Europe.
Les rats du Kiel !
Arrête ça. Tu jouais pour le Beerschot ?
Et tu encaisses pas un tacle...
C'est tout ?
Tu ferais mieux de chasser plutôt que de batifoler.
Stan ?
Il y a une voiture allemande dans le bois.
Chéri ?
Votre épouse, je présume ?
Tenez.
Vous pourrez la revendre aux Juifs.
Où sont-ils cachés ?
Günther.
Fais couler le bain.
Je suis allée à la poste.
Toujours rien.
Il a dû arriver quelque chose ? Maman ne...
Laisse tomber, je t'ai déjà expliqué.
Le courrier est retenu à la frontière française.
Je me disais
que le petit Louis
sait peut-être déjà marcher.
On a de la visite.
J'ai besoin de la valise et de l'Allemand.
Tout est là.
Et le Boche ?
Il a des informations cruciales
sur les transferts de troupes en Ardenne.
Il est encore dans son bain.
C'est pas vrai !
Sa tête doit traîner quelque part.
Bordel de merde, ils vont pas aimer ça.
Moi, je me suis bien amusé.
Du nouveau ?
Une mission spéciale, m'a-t-on dit de dire.
Au Congo ?
Enfin fini avec cette foutue forêt !
J'ai des tiques à l'entrejambe.
Y a des Allemands, au Congo ?
Laisse tomber, on est bien ici.
Cette mission est d'un intérêt stratégique capital.
On s'en fout. On bute des Boches, c'est notre stratégie.
Démerdez-vous.
C'est quoi les petits chiffres en bas ?
C'est le salaire.
Van Praag !
Tu pourras acheter le Beerschot.
Comme ça, tu pourras peut-être jouer.
Tant que j'aurai ça autour du cou, Fons, ça n'arrivera pas.
Encore une chose, je devais pas oublier de dire
que la mission fera des tas de nazis morts.
Ce serait plus sûr pour elle.
Non ?
CONGO BELGE
Bordel de merde ! Ça va pas ?
Ça va ?
T'es tout vert.
J'aime pas l'eau.
Je sais pas nager.
Y a peut-être des bouées.
Messieurs,
bienvenue en Afrique.
J'avais dit "mission spéciale", hein ?
Venez.
Ne touchez à rien.
Ça pue.
OK, les gars.
Pour ceux d'entre vous qui ne sont pas bons en géographie,
on se trouve ici,
et notre destination est là.
L'Amérique.
Objectif de la mission :
transport d'une cargaison qui est d'un intérêt capital
pour les alliés.
De l'uranium.
Et c'est quoi ce truc ?
Je connais. C'est pour colorer le verre.
Dans les montres, les aiguilles lumineuses,
c'est aussi de l'uranium.
J'en veux une comme ça. La mienne brille pas dans le noir.
On part en mission secrète dans un sous-marin allemand
pour que Roosevelt lise l'heure la nuit ?
C'est pour fabriquer une bombe.
C'est pas une simple bombe,
elle peut raser une ville entière.
Avec un rayon d'explosion de plusieurs kilomètres.
Les scientifiques allemands y travaillent,
ils ne doivent pas devancer les Américains.
Les mines de Shinkolobwe de l'Union Minière au Congo
sont le plus gros gisement d'uranium au monde.
Et Roosevelt en a acheté quelques tonnes
en accord avec le gouvernement belge.
Il faut les apporter jusque-là.
On va piloter ce truc nous-mêmes ?
Vous allez être formés trois semaines.
Théorie et pratique. C'est très court.
Commencez déjà à bûcher,
l'échec n'est pas une option.
Sur le pont dans quinze minutes.
Nous, on conduit des camions.
Mais là, c'est un putain de camion.
Tu pourrais pas faire ça derrière le rideau ?
Tu rigoles ? Je suis en nage.
Stan.
C'est pas la première fois qu'on la voit nue.
Mais ça n'a rien de sexuel, hein ?
Comme quand elle se lavait dans le ruisseau.
En toute innocence, Stan.
Et de loin.
Oui, très loin.
On voyait rien sans jumelles.
Bande de porcs.
Mon Dieu, et vous tenez ça d'où ?
C'est confidentiel.
Très bien.
Viens ici, toi.
Un frisé,
comme vous l'avez demandé.
C'est qui, ça ?
Franz Jäger, un capitaine allemand. Il va nous former.
Si tu crois que je vais me coltiner un nazi, tu te goures.
Nous former, j'ai dit. Je suis le capitaine.
Il était commandant d'un U-boot en 14-18.
Il connaît ce sous-marin comme sa poche.
Stan...
- Tu penses la même chose que moi ? - Oui.
Mais il n'y a pas de baignoire à bord.
Bonjour, messieurs.
On m'a demandé de vous apprendre
à faire marcher ce U-boot en trois semaines,
ce qui est impossible.
C'est suicidaire.
C'est du suicide.
Pour des officiers allemands intelligents,
cela prend au moins un an.
Mais comme je ne viens pas avec vous,
je m'en contrefous.
Bon, on est à l'avant du navire, la proue.
C'est la salle des torpilles avant.
Il y a quatre tubes lance-torpilles.
Des torpilles très lourdes. Elles pèsent 1 000 kg chacune.
Mais cela ne vous concerne pas,
parce que vous n'en lancerez pas.
C'est une mission de transport, pas une mission d'attaque.
Et si on doit se défendre ?
On plongera.
WC,
cabine du capitaine,
lits des officiers.
Mess des officiers.
Salle radio.
Il y a un émetteur de 200 watts.
La salle de commande, le cœur du navire.
Ici, le capitaine décide de tout sauf des marées.
Votre destin est entre ses mains.
Arrête ça.
Salle des couchettes.
Vous les partagez en deux équipes.
Vous voyez, on ne manque pas d'espace.
La cuisine.
La seconde salle la plus importante.
Soyez ami avec le cuistot.
Tu peux commencer à peler les patates.
La salle des machines.
Diesel ?
Diesel en surface, électrique sous l'eau.
Il fait sûrement 1 200 ch.
3 200 ch.
Des moteurs MWM. Les meilleurs.
Ça change des tracteurs de mon père.
C'est encore loin ?
La salle des torpilles arrière.
Avec deux moteurs électriques,
une torpille
et un tube lance-torpilles.
Voilà pour les bases.
Vous voyez,
c'est un engin très complexe.
Une fausse manœuvre et...
Putain !
Au boulot, les gars.
Vous n'avez que trois semaines.
Répartition des tâches.
Stan, capitaine en second.
Tu t'assures que l'on suit mes ordres.
Tamme, Klisse, moteurs.
Werner, radio et sonar.
Filip et Fons, aux commandes.
Van Praag, aux ballasts.
C'est parti.
Et moi ? Je n'ai pas de poste.
Explique-lui.
Quoi ?
Je me suis arrangé avec Maes.
Quand ils viendront livrer l'uranium,
ils te ramèneront dans une ferme belge pas loin.
Ce sera plus calme.
Je ne reste pas seule en Afrique.
Je ne t'emmènerai pas dans ce cercueil.
L'équipage doit collaborer comme une machine
bien huilée.
Vous connaissez l'expression "un pour tous, tous pour un" ?
Dans un sous-marin, ce n'est pas anodin,
c'est la réalité.
Poulies.
Système de poulies.
C'est le volant de...
L'hydrophone.
Ça, c'est l'émetteur-récepteur.
Ce bouton...
Change la fréquence sur large bande.
Le circuit de réaction.
Tribord 20.
Élévateur de torpille...
C'est trop compliqué, les mecs.
Et en allemand en plus !
Pour plonger, on fait sortir l'air des ballasts
qui se remplissent d'eau.
Et pour remonter, c'est l'inverse.
On pompe l'eau et l'air est comprimé à haute pression.
Compris ?
Et si on doit faire la grosse commission,
et qu'on tire la chasse,
le caca se retrouve dans le ballast ou...
Quoi ?
Non, ce n'est pas une question stupide.
À cause de l'énorme pression sous l'eau...
Tu ne te baignes pas ?
Non.
Demain, peut-être.
Moi, j'y vais.
Court-court-court-long.
Court-court-court-long.
Ça veut dire quoi ?
Tu...
as de très beaux...
nichons.
Idiot.
C'est tout ce que tu as appris ?
C'est tout ce que j'ai retenu.
C'est notre dernière nuit ensemble.
Je peux encore essayer de le convaincre.
Ça ne marchera jamais.
Il a convaincu maman de partir sans moi.
Nous au moins, on peut se faire nos adieux.
C'est vrai.
T'as un truc contre les Noirs ?
Faut pas qu'un macaque me touche.
Il va pas déteindre.
Je veux pas savoir.
Allez, les gars. On y va.
Ce bamboula est trop paresseux pour faire le chemin deux fois.
Nous avons localisé votre position.
Nous approchons de l'ouest.
Qu'y a-t-il ?
Un message radio allemand.
Ici ?
Sur la bande VHF. Dans notre champ de vision.
Ces ondes radio ne passent pas les montagnes ou les arbres,
donc ça vient de la mer. Ce navire est à moins de 100 kilomètres.
Retrouve le signal.
Maes, des navires !
- Où ça ? - Là.
Bon sang,
il faut partir.
En Amérique ?
Ils viennent droit sur nous. Pas le choix.
On n'a eu que la théorie.
On commence la pratique !
Allez, les gars.
Que faites-vous ?
On part pour l'Amérique.
Sans savoir comment plonger ? Et moi ?
Vous venez.
Ce n'était pas le marché.
Le marché a changé.
Réfléchissez.
Vous n'avez aucune chance de survivre.
C'est du suicide et vous le savez.
Je n'ai pas d'autre choix.
Stan.
Vous êtes découverts.
Le sous-marin va plonger, à vous.
Reçu. Portée de tir 20 minutes.
Avec qui parlent-ils ?
OK, bien reçu.
Oui,
tout est à bord.
Merde !
C'est quoi ça ?
Mon Dieu, Maes est mort.
Ce n'était pas mon intention.
Adieu.
Stan, non !
On a encore besoin de lui.
Qui va conduire cet engin ?
Fais-nous partir d'ici.
Je vais garder ça pour grand-papa.
Je viens ou tu préfères me refourguer à un collabo ?
Commence pas.
- Tout le monde est là ? - Non.
Ce nègre va venir ?
Non, Fons, on va le jeter à l'eau.
Emmène-le.
Moteurs !
Parés.
On y va.
Messieurs,
mettez le cap sur 3-10.
Gouvernail tribord à 20.
Les deux moteurs en avant lente.
Il n'y a pas assez de pression.
- La vanne est à moitié ouverte. - Quoi ?
La vanne principale est à moitié ouverte.
Ouvre-la !
Bordel !
Je peux passer, mon ami ?
Ça bouge toujours pas.
Attends.
C'est mieux.
Les jauges bougent.
Tamme,
on a du renfort.
Alors ?
Ils sont encore loin, mais vaut mieux rester hors de portée.
Fais-nous plonger.
Parés à plonger.
Profondeur : 30 mètres.
Devant au-dessus de dix, derrière, cinq.
Cinq degrés vers le bas.
Vers le bas.
Immersion.
Ouvre les vannes.
Toi, ouvre les purges.
Coupez le diesel, mode électrique.
Les deux moteurs en avant lente.
Maintenant !
Retire-les-moi. J'ai besoin de mes mains.
Je les enlèverai quand j'aurai confiance.
Quand tu auras cessé de respirer.
Qu'est-ce qui me garantit que tu ne me tueras pas à New York ?
Qu'est-ce qui me garantit que tu ne vas pas tous nous tuer avant ?
On est dans le même bateau.
Stan ?
Qu'y a-t-il ?
Écoute.
Un ronronnement bizarre.
Ils nous recherchent.
Tant qu'on est immergés, il n'y a pas de problème.
C'était quoi déjà ?
Je sais plus.
Fuite dans les chiottes !
Bon sang.
Je dois tout faire tout seul ?
Imbécile.
Tu veux tous nous tuer ?
L7, B5,
L6.
C3,
B1.
C'est si difficile à retenir ?
Je vais te mettre la tête entre B5 et C3.
Quel compartiment se trouve en dessous ?
Les batteries !
Batteries et eau ne font pas bon ménage.
Mate-moi ça !
Gaz chloré.
Envoyez l'air, on remonte.
L'avion est parti ?
Si on n'aère pas tout de suite, on meurt.
Plus vite !
Fons, le Flak.
Merde, il s'en va.
Pourquoi il attaque pas ?
Il ne prend pas le risque avec ce Flak.
Il va nous survoler en cercles jusqu'à ce qu'on plonge.
À l'entraînement, ils tirent sur des U-boots qui plongent.
Alors, on ne plonge pas.
Il va épuiser son carburant.
Il est déjà sur radio.
D'autres vont arriver.
On se magne !
Trappe fermée.
On se bouge, les gars !
Merde.
Putain, il l'a eu !
Stan.
Il a eu de la chance.
Tu rigoles ou quoi, mec ?
Qui t'a dit qu'il pouvait dormir là ?
Jenga a bossé dix fois plus que toi, mon gros.
Dans la salle des torpilles.
Arrête, Fons.
Et prends ton poisson.
Tonton Kriechbaum va te donner le bain.
Il a l'air d'aimer ça.
S'il vous plaît, ne lui faites rien.
Je crois que papa va te sauver.
N'est-ce pas ?
En haut...
derrière la cheminée.
Allez voir.
Dans la nature, il y a parfois
certaines populations
dont il faut corriger la taille
afin qu'un équilibre stable
soit rétabli
et c'est pour ça qu'on fait cela.
Nous aidons à rétablir l'équilibre
de la nature.
Il est d'une importance cruciale pour lui d'apprendre...
l'équilibre.
Non, je vous en supplie,
partez pas !
Ne le laissez pas là, je vous en supplie !
Louis...
Comment est-ce possible ?
Pourquoi as-tu dévié de 50° ?
On était à 90°.
Quoi ?
Qu'est-ce que j'y peux, mon cochon ?
C'est Filip, ici, d'habitude.
Ton escapade
nous a coûté huit heures.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Je vérifie les axes. Il faut les huiler.
Arrête. Du calme.
Doucement. Calme-toi !
Ouvre le tube 5.
Stan, calme-toi.
Un volontaire pour un test torpille ?
Arrêtez-le.
J'écoute seulement mon capitaine.
Tu vas nager, allez.
Ça suffit. Laisse-moi vivre ma vie.
Il a pas le droit de te toucher.
C'est mon corps. C'est moi qui décide.
Tu es trop jeune.
Et à quel âge j'aurai le droit alors ? À quarante ans ?
Quand tu seras mariée. En attendant, tu m'obéis !
Très bien.
Un capitaine peut marier les gens.
Viens.
Capitaine,
on va se marier.
Venez, les gars.
Messieurs,
la mariée attend.
Pas de bible. On fera avec ça.
Chérie, c'est pas une bonne idée.
Mettez vos mains sur la bible.
Nadine,
veux-tu prendre Filip ici présent comme légitime époux ?
Je le veux.
Filip, veux-tu prendre Nadine ici présente comme légitime épouse ?
Jäger.
Non, c'est rien. Allez.
Bon sang.
On rentre.
Allez, on se bouge.
Vite, il pourrait y avoir un sous-marin.
Vite !
Va-t'en.
Difficile de célébrer un mariage avec un navire ennemi pas loin.
Tu aurais pu dire dix fois "oui".
Il nous surveillait.
Et alors ?
On pourrait attendre d'être en Amérique ?
Je t'aime vraiment, tu sais.
Mais Stan...
C'est un connard.
Maman n'aurait pas réagi comme ça.
Tu ne peux pas savoir à quel point j'ai hâte
de la revoir.
Et de te présenter à elle
comme mon mari.
Elle serait fière de moi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Quoi ?
Elle est morte, Nadine.
Ta maman est morte. Je l'ai vue.
Et Louis aussi.
Qu'est-ce que tu dis ? Ils sont en France.
Non.
Quoi ?
Stan a cherché un million de façons de te le dire,
mais comment un père peut-il dire à sa fille
que sa mère et son petit frère sont morts ?
Il ne pouvait pas supporter de te briser le cœur en mille morceaux.
Désolé.
Torpille !
Alarme !
Torpille, cap 2-2-3, 500 mètres.
On plonge.
15°.
Filip !
Merde.
On plonge.
Préparez-vous à l'impact.
200 mètres.
50 mètres.
Accrochez-vous.
Ils nous ont ratés. Ils ont raté !
Silence.
Les deux moteurs en mode silencieux.
Silence absolu.
Ajuste de 20 à tribord.
Alors ?
Toujours rien.
Il n'arrive pas à le localiser.
Il est quelque part derrière.
Viens avec moi.
Klisse.
Tu as le manuel avec les plans techniques des torpilles ?
- Oui, il est dans... - Parfait.
Prends-le et lis l'annexe C.
Va dans la salle des torpilles arrière et coupe les fils 4 et 5 de la torpille.
Attention,
seulement les 4 et 5. Ne touche pas aux autres.
C'est quoi ça ?
Éteins ce truc !
Moteurs.
Ça avance, la torpille ?
On s'en occupe !
Il est derrière nous.
On charge la torpille arrière.
Allez, les gars.
On y est presque !
Allez !
Je l'ai.
Distance ?
400 mètres.
Position ?
1-8-0, juste derrière nous.
Maintenant ou jamais.
La torpille est chargée ?
C'est bon !
Vite, vite...
Allez !
Attends.
Je suis coincé.
Qu'est-ce que tu fais ? Bordel de merde.
Jenga !
Allez.
Sors-le de là.
Plus haut.
On a besoin de la torpille, tout de suite.
Tube cinq prêt.
Tire sur ces Boches.
Qu'est-ce que t'attends ?
Tirez !
Impact imminent.
Torpille !
100 mètres, vitesse de 40 nœuds.
Vire à bâbord.
C'est trop tard.
50 mètres.
Et maintenant ?
On prie.
10 mètres.
Que s'est-il passé ?
On était trop près.
Ils n'ont pas coupé le mécanisme de distance de sécurité.
Mais nous, oui.
Quels sont les dégâts ?
Les commandes sont cassées.
La barre est bloquée.
On peut remonter ?
Jäger ?
On remonte.
Les gars ?
Van Praag
est en mauvais état.
Bois. Bois encore.
Faut boire, mec.
Il n'y a pas d'autre option.
Je sais...
Quoi ?
T'es fou. Tu peux pas me demander ça !
Tu es le seul à avoir de l'expérience.
Oui, avec des vaches et des porcs.
Fons...
Si tu ne le fais pas, il va mourir.
Tu ne peux pas me demander ça !
Le premier Boche venu, je lui coupe les jambes et les bras,
tout ce que tu veux.
Mais pas à Van Praag, pas lui !
Je pourrai plus le regarder dans les yeux.
Je peux pas.
Non, les gars. C'est pas possible.
Non.
Tamme, laisse passer.
Arrête, je vais vomir.
Bois encore un peu, mon gars.
C'est pour ton bien.
Qu'est-ce que vous faites ?
Tenez-le bien.
C'est pour ton bien.
Faites un garrot au-dessus du genou.
Voilà.
Puis il faut scier sous le genou.
Fons, ici ?
Allez.
Il faut réparer le navire.
Jenga, Tamme.
Allez, tu tiens bien ?
Prêts ?
Allez, les gars.
Je suis prêt.
Allez, continue.
Pour que tu puisses mieux réparer les moteurs.
Je comprends.
C'est ce qu'il fallait faire.
Tu lui as sauvé la vie.
Il ne pourra plus jouer au foot.
Encore un talent de gâché.
Tous les grands clubs se le disputaient.
Il avait l'embarras du choix.
Tu jouais au foot ?
J'ai toujours été un soldat, aussi loin que je me souvienne.
Et un soldat ne choisit pas son équipe.
Werner, radio.
Un destroyer allemand.
- On peut partir ? - On n'a qu'un moteur.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Si on bouge sans s'identifier,
ils ouvriront le feu avec leur canon de pont.
Stan ?
Viens.
Capitaine Max Schultz,
identifiez-vous. À vous.
Allez.
Capitaine Franz Jäger, U-235, 8e flotte.
Qu'y a-t-il ? À vous.
8e flotte ?
Que faites-vous dans cette zone ? À vous.
Nous avons heurté une mine et nous réparons les dégâts.
À vous.
Une mine ?
Je vous envoie des hommes pour vous aider. À vous.
Non, merci. Ce n'est pas la peine.
Ne vous inquiétez pas, tout est sous contrôle. À vous.
Pas de discussion. Nous sommes déjà en route.
Nous arrivons.
À vous.
Très bien. On a du whisky. Terminé.
Merde.
Salaud.
Ils vont se méfier si on ne les laisse pas venir
et s'ils se méfient, ils tirent.
Vous devez vous rendre.
Impossible.
Ils ont mis une chaloupe à l'eau !
OK, les gars. Toi, tu vas avec ton pote. Nadine, dans les WC.
Fons,
à l'arrière.
C'est toi qui vas parler.
Camarades,
c'est pas le meilleur temps pour nous rendre visite.
En effet.
Camarades.
Vous avez heurté une mine ?
Oui, on a pas mal de dégâts.
Mais c'est un U-boot, il y a toujours un truc à réparer.
Mais ça peut attendre.
Pas le whisky.
Par ici.
C'est une bonne idée.
Il y aurait un sous-marin renégat dans la zone.
À destination des États-Unis, chargé d'uranium.
On doit ouvrir l'œil.
De l'uranium, vous dites ?
Je ne sais pas ce que c'est,
mais ça a l'air d'être important.
Important ?
Quoi qu'il en soit, c'est au-dessus de notre solde.
Messieurs, le whisky attend. Par ici.
Fons...
- On est arrivés ? - Il y a des Allemands à bord.
Tu veux bien me gratter le pied droit ? Ça me démange.
Gratte-moi.
J'ai des fourmis.
Comme ça ?
Oui, c'est bien.
Santé.
Un sacré bon whisky, Jäger.
Je vous l'avais dit.
Vous êtes là depuis longtemps ?
Un certain temps. On attend les ordres.
C'est rien. C'est Gerhard.
Il a repris connaissance.
Tais-toi.
Les Boches vont t'entendre.
Il a eu un accident.
On a dû l'opérer en urgence.
Je vais aller voir.
Pas besoin, il est bien soigné.
Mayer est infirmier, il peut aider.
Va voir.
On va reprendre un verre.
Tais-toi.
Vous avez dû amputer les deux jambes ?
Je comprends. Comment est-ce arrivé ?
L'amputation a eu lieu à bord ?
On peut juste le soulager en lui donnant de la morphine.
Je vais en chercher.
Rendez-moi mes jambes !
Où sont mes jambes ?
Alerte, ils ne sont pas allemands !
Une fois,
j'ai vu une expérience scientifique réalisée sur un Juif.
L'homme était attaché dans une baignoire d'eau glacée.
À zéro degré.
Quand il était sur le point de mourir,
après...
cinq heures d'agonie,
ils ont réchauffé son corps
en remplissant son estomac d'eau bouillante,
ses intestins
et sa vessie.
Votre cargaison...
d'uranium.
J'ai entendu des rumeurs là-dessus.
À propos d'une arme de destruction massive.
J'ai vu ce qu'ils peuvent faire avec un bain d'eau froide.
Alors avec une arme de destruction massive...
J'ai fermé les yeux une fois.
Je ne referai pas la même erreur.
Que Dieu nous vienne en aide
si jamais Hitler est le premier à avoir cette arme.
Alors...
on va sortir ce navire de là.
Merde, ils s'impatientent.
Ils veulent que l'équipage revienne.
Leur canon est pointé sur nous.
Dépêchez-vous.
Tu es sûr ?
C'est un coup impossible.
Pas pour toi.
OK, allez.
Ouvrez les vannes.
Vite.
On doit partir, allez.
C'est un fusible.
J'ai besoin de dix secondes.
Pourvu que ce soit un fusible...
Ça refonctionne.
Silence, c'est quoi ce bruit ?
Accrochez-vous !
Nadine !
Il faut sortir de ce compartiment.
Fermez l'écoutille.
Nadine ?
Ferme la trappe ou on va mourir.
Vite.
Klisse ?
On doit fermer.
Je suis coincé.
Allez, Klisse !
Klisse, il faut fermer.
À l'arrière, allez.
Allez, mec.
Venez.
Merde ! Non, non, non...
Pousse vers le haut.
Aidez-moi !
C'est ton foie.
Ça l'a traversé.
On va y arriver.
Il faut faire quelque chose.
Nadine est bloquée.
Calme-toi.
Il ne faut pas paniquer.
Merde, qu'est-ce que je peux faire ?
Du calme.
C'est de la folie, il va mourir.
Que disent-ils ?
Ton père arrive.
Fais pas ça. C'est du suicide.
Je peux pas laisser encore mon enfant se noyer.
Allez.
Doucement.
Calme-toi.
Je le veux.
Allez, vite.
Pas de pouls.
Allez, ma puce.
Vas-y, ma chérie.
Vas-y.
Allez.
Allez, ma puce !
Bats-toi !
Allez, merde !
Écoute-moi pour une fois !
Bats-toi !
Stan, arrête.
Laisse-la partir.
Tu es revenue.
On est presque en Amérique, camarades.
On n'a pas le choix.
C'est un aller simple, tu sais ça ?
Je le sais depuis que je suis monté à bord.
Attends.
Tiens.
Désolé,
on a...
Merci.
Ne la fais pas attendre
aussi longtemps
la prochaine fois.
Promis.
Bon Dieu, il a réussi.
Maman, Louis...
Chut, papa.
Si tu n'as pas pu les sauver, c'est que personne ne pouvait.
4 ANS PLUS TARD
MIAMI, 6 Août 1945
T'as gagné.
Ah merde, oui.
Échec et mat.
Bordel de merde !
Arrête...
Viens, on va nager.
Nous devons interrompre pour un message du président Truman.
Il y a quelques heures, un avion américain
a largué une bombe sur Hiroshima
et détruit cette base militaire ennemie.
La puissance de cette bombe dépasse les 20 000 tonnes de TNT.
Avec cette nouvelle bombe,
nous avons accru notre capacité de destruction.
Sous-titrage : HIVENTY
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