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Original subtitles

Il m'a envoy� des chocolats.

Est-ce une attitude professionnelle pour un juge ?

Je n'ai jamais eu de chocolats. Et vous ?

Jamais de la vie !

De toute fa�on, j'ai perdu le proc�s.

Elle d�barque � l'improviste.

- Qui ? - Mlle Grace.

- Qui est-ce ? - Mon agent de probation.

- Elle est sans g�ne. - Oui.

J'ai dit : l'agent Harrison. Il m'a demand� qui c'�tait.

J'ai r�pondu : la plus charmante des polici�res.

Vous avez dit �a ?

Oui, agent Harrison, j'ai dit �a.

M. Haverbrook est demand�...

Arr�te, ou tu iras en prison.

- C'est un bon gar�on. - Mais oui.

Il ne ferait jamais �a. C'est un bon gar�on.

Je n'en sais rien. Vous le direz au juge ?

J'ignore qui l'a apport� l�, dites-le-lui bien.

Me Morganhall pour M. Fowle, je vous prie.

Fowle... C'est mon... C'est mon...

M. Fowle.

Vous n'essayez pas de vous enfuir ?

- La for�t d'Epping. - Pardon ?

Je peux voir la for�t d'Epping.

J'en suis s�r, mais pourquoi voulez-vous

voir la for�t d'Epping ?

C'est chez moi.

Ah bon ?

Je pensais pouvoir

apercevoir un peu de verdure entre...

les chemin�es du hangar.

Descendez.

Ce n'est pas prudent de rester l�-haut.

Allons, venez.

Il souffle un vent mordant, plut�t tra�tre.

- Tra�tre ? - Oui.

On ne sait � quoi s'attendre avec cette bise.

Je ne veux pas que vous attrapiez froid avant...

Avant quoi ?

Asseyez-vous tranquillement,

bien au chaud, pendant que je me pr�sente.

Je m'appelle Morganhall.

Morganhall, avocat.

- Je suis d�sol�. - Pourquoi ?

Avocat, c'est moche.

Je ne sais pas. En quoi est-ce moche ?

Quand un homme de votre acabit tourne mal...

il tombe de haut.

Pourquoi �a ?

C'est diff�rent pour un homme comme moi.

Je ne tenais qu'une graineterie.

Oui. Je vois.

M. Fowle, nous allons rester calmes.

Nous allons rester lucides et nous arriverons...

Des graines pour oiseaux.

Je vous demande pardon ?

Des graines pour oiseaux.

Par chez moi, les gens ont des oiseaux.

Des perruches et des canaris.

Les perruches parlent.

Il y a beaucoup...

de gens seuls par chez moi.

On les prend pour la conversation.

M. Fowle,

je suis avocat.

C'est tragique.

Je suis l� pour vous aider.

On va s'entraider.

Oui.

Parbleu, je vois, Fowle...

Je vois pourquoi vous �tes perdu.

Vous pensez que j'ai des ennuis.

J'ai une bonne nouvelle pour vous.

Je suis libre. Je peux sortir quand je veux.

Vraiment ?

Bien s�r, quand je veux.

Les policiers sont mes amis.

La famille va bien ?

Je ne suis pas mari�.

Et votre loyer ?

J'ai un terme ou deux de retard.

Un creux dans les affaires, rien de grave.

Cette affaire y mettra fin.

- Quelle affaire ? - La v�tre.

- Mon... - Votre affaire, M. Fowle.

- Ce n'est pas important. - Pardon ?

- Je m'en suis lass�. - Ce n'est que le d�but.

Je n'arrive pas � me sentir concern�.

�a vous concerne.

N'oubliez jamais �a.

Voyez-vous, c'est pour �a que vous �tes ici.

�a ne m'int�resse pas.

Vous semblez avoir adopt� une attitude f�cheusement �go�ste.

- Ego�ste ? - Nombriliste.

Indiff�rent.

- Comment �a, indiff�rent ? - Fowle...

Mes mots ont d�pass� ma pens�e.

Aujourd'hui, on vous offre les distractions sur un plateau.

Le billard, l'Assurance maladie, la t�l�vision.

L'�tat d'esprit a chang�.

Vous croyez ?

Fowle, quoi que j'aie fait,

j'ai toujours �t� passionn� par mon travail.

Je n'ai pas perdu mon id�al, malgr� mes d�convenues.

Je n'ai jamais perdu l'amour du m�tier.

La position que vous avez atteinte.

Pr�cis�ment.

J'ai �tudi� des ann�es. Des ann�es.

�a ne m'est pas tomb� tout cuit dans le bec.

Je n'ai pas fait d'�tudes.

Des ann�es d'�tudes.

Des ann�es d'�tudes.

Les vaches maigres...

Oui.

Je me nourrissais de harengs et de th�.

Wilfred ! Descends !

Vous voulez entendre du latin ?

Si �a ne vous d�range pas.

Pas le moins du monde.

Vous comprenez ?

Je ne suis pas un �rudit.

Il devait l'�tre. Enfin, je devais l'�tre.

Nous devions tous l'�tre, � l'�poque.

Puis nous pass�mes nos examens.

Les examens tant redout�s.

Nous �tions tous f�briles.

Des rugbymen d�faillirent, des rameurs aussi.

Les survivants se confront�rent aux questions.

Elles �taient complexes ?

Des questions complexes.

"D�finissez le viol." "D�crivez le meurtre."

"Que pensez-vous de l'adult�re ?"

"Une demi-page sur l'attentat � la pudeur."

"N'�crivez que sur le recto."

"R�pondez � chaque question."

Ils vous ont coll�s, je vois.

Ils en ont coll� beaucoup.

Et pas de tricherie.

Pas de coup d'�il sur l'antis�che du voisin.

Ni de visite aux toilettes pour feuilleter un livre.

Et quand ce fut fini ?

Nous part�mes en vacances.

Ce fut un bel et long �t�.

Agr�able.

Des matchs de tennis � n'en plus finir.

On tentait de s'�tourdir dans le plaisir, il me semble.

Mais nous �tions sur des charbons ardents.

Enfin, les r�sultats ! Les r�sultats des examens.

- Alors ? - J'ai r�ussi.

Bravo !

Avec mention passable.

Mais vous aviez d�croch� votre dipl�me.

C'est ce que je pensais, M. Fowle,

quand mon nom a �t� peint sur mon cabinet londonien.

Mon cabinet.

Les clients s'y presseraient bient�t.

Des criminels, des financiers, des femmes en d�tresse.

Alors j'�crivis � la femme de ma vie

pour lui dire que peut-�tre dans cinq ans,

quand je serais bien install�,

je lui ferais une certaine demande.

En attendant, je tuais le temps avec les mots crois�s.

Vous vous occupez d'affaires importantes.

"Danse de grand fruit."

E n deux mots de 3 et 5 lettres.

Encore ?

J'attends encore un dossier.

Vous avez d� faire des progr�s en mots crois�s.

Pas vraiment. Avec les ann�es,

les d�finitions ont perdu tout leur sens.

Tout ce travail ?

En vain. On se rouille.

Et la femme ?

Perdue en mer.

C'est tragique.

En effet.

H�las, ma femme n'a pas fait l'arm�e.

Ne dites pas �a. La pauvre femme.

Ne vous souciez pas de moi.

Nous devons nous soucier de vous. Je suis l� pour �a.

- Vous �tes l� pour... - Je suis ici pour vous d�fendre.

- C'est impossible. - Pourquoi ?

Je sais qui l'a tu�e.

Qui ?

Moi.

Vraiment, M. Fowle...

Je respecte �norm�ment vos opinions.

Mais une chose est claire.

- Vous manquez d'�ducation. - Oui.

Un coup d'�il suffit pour voir que vous �tes...

d'une intelligence tr�s limit�e.

J'en conviens. Franchement, vous avez raison.

Vous croyez avoir tu� votre femme.

- Il me semble. - M. Fowle, soyez objectif.

En mati�re de graines,

je ne doute pas que vous soyez infaillible.

Mais sur un point aussi essentiel,

ne pourriez-vous pas vous tromper ? Ne r�pondez pas.

Avant de l�cher votre bombe, pensez aux victimes.

Les innocents doivent-ils souffrir ?

- Je veux �tre honn�te. - Mais vous �tes un criminel.

Vous avez pass� les fronti�res diffuses de l'honn�tet�.

Vous pouvez �tre affable, humain,

et faire le bien.

Oui, mais ce que je lui ai fait...

M. Fowle, elle a disparu de votre vie.

Vous avez nou� de nouvelles relations.

Vous m'avez choisi.

- Choisi ? - Oui, s�lectionn�.

- Je l'ignorais. - Bien s�r.

C'est �a, le plus beau. Vous ne me connaissiez pas.

Vous �tes arriv� � moi par un hasard

invent�, comme le loto sportif,

pour r�duire les dures in�galit�s du monde.

Voyez-vous, mon cher Fowle,

vous �tes mon premier dossier d'aide juridictionnelle.

- Votre dossier ? - D'aide juridictionnelle.

Pourriez-vous...

Vous expliquer ?

Bien s�r que je peux. Voil�.

Les criminels sans ressources et sans amis,

et vous �tes l'un d'eux,

peuvent choisir un avocat pour les repr�senter.

L'avocat re�oit un dossier

et une modeste r�mun�ration.

Les avocats occup�s et riches,

qui encha�nent les proc�s lucratifs,

quittent la salle en toute h�te avant l'attribution de ces cas.

Les habitu�s, les d�s�uvr�s, restent assis.

Je suis un habitu� depuis des ann�es.

On attend et on esp�re.

On esp�re �tre choisi un jour.

Notre d�ontologie nous interdit

de faire signe � l'accus�, de siffler,

ou d'attirer son attention en hissant un petit drapeau.

Je l'ignorais.

Mais vous pouvez choisir la place la plus propice,

la place que tout criminel d�signera d'office.

Sous la fen�tre.

Pendant 10 ans, mon vieil ami Tuppy Morgan

a mis le grappin sur cette place.

Une fois par an, un criminel le d�signait.

- Tuppy s'y accrochait bec et ongles. - Vraiment ?

Mais ce matin, quelque chose,

peut-�tre un rhume, ou la mort,

l'a retenu chez lui.

Et j'ai pris sa place.

Et vous m'avez aper�u,

un intellectuel � lunettes et aux traits tir�s,

devant la fen�tre.

Je n'ai pas fait attention.

Je n'ai pas fait attention.

Mais quand on vous a demand� de choisir un avocat ?

Eh bien...

j'ai ferm� les yeux et lev� le doigt.

M�me vous, M. Fowle, vous ne m'avez pas choisi.

Pas vraiment.

Le droit est tr�s al�atoire.

Oui...

�a semble �tre un peu... hasardeux.

Mais vous, M. Fowle, vous avez beaucoup de chance.

Oui.

Je dois avouer que vous m'avez bless�.

Il aurait mieux valu me laisser dans l'ignorance.

Ce qui est fait est fait.

Fowle...

Gardez � l'esprit que je ne suis qu'un homme

et que j'ai plac� de grands espoirs en vous.

Oui, bien s�r. Bien s�r.

Bon. Allons.

Passons aux choses s�rieuses.

Mettons de l'ordre dans nos id�es.

Tirons les choses au clair.

Alors, votre...

votre femme...

Doris.

Doris.

Une femme am�re, antipathique.

Elle �tait tr�s enjou�e.

Rieuse.

A votre place, je serais tr�s prudent.

Oui, mais vous auriez d� voir Doris...

Elle riait toute la journ�e.

La nuit aussi.

La nuit aussi.

Qu'est-ce qui faisait rire Doris, en particulier ?

Tout.

Des dessins dans le journal.

Les plaisanteries � la radio. Les pochettes-surprises.

Elle les gardait � chaque No�l et les ressortait au mois d'ao�t.

Les plaisanteries � la radio...

Si on avait eu la t�l�... Grand Dieu...

Pas de t�l�.

Vous ne les appr�ciiez pas ?

Eh bien, pas autant qu'elle.

Je ne trouvais pas toujours �a dr�le.

Pas dr�le...

Et ensuite, vous vous disputiez violemment.

Rigole, le ciel va pas te tomber sur la t�te !

Elle disait �a tous les soirs.

Fais donc pas cette t�te !

Oui, vous avez un peu une t�te de dimanche soir.

Tu as perdu ta langue ? Quelle t�te d'enterrement !

Qui est mort ?

- Mon chien n'a pas de nez. - Comment sent-il ?

Il pue.

Qu'est-ce qui a 22 jambes,

2 ailes et est tout jaune ?

- Aucune id�e. - Une �quipe de foot chinoise.

Je ne pouvais pas toujours rire.

Elle �tait pli�e en deux sur la table,

haletant comme si ses poumons �taient pleins d'eau.

Ris donc ! Quel rabat-joie !

Pourquoi tu broies du noir ?

Puis elle s'�croulait, suffoquant comme une noy�e.

Les repas �taient p�nibles.

Indigestes.

J'aurais aim� rire, mais...

les blagues ne m'amusaient pas.

- �a l'amusait ? - Un rien la faisait rire.

Mon m�tier �tait f�cheux.

- F�cheux ? - Oui, elle a fait une blague,

le jour de notre mariage.

Par ici, s'il vous pla�t. Merci.

Par ici, pr�s de l'arbre. Merci, madame.

Ici, monsieur.

Autour des jeunes mari�s.

Vous, monsieur, au bout.

Avec les jeunes, derri�re. Les enfants devant.

Allons, les enfants, d�p�chons.

Venez devant.

- Madame ! - M�re !

La r�ception aura lieu plus tard.

Venez pour la photo, s'il vous pla�t.

A c�t� de votre mari, au bout. Parfait, merci.

Souriez.

�a va, Mme Fowle ?

Nous voil� coq et poule, mon poulet !

Coq et poule !

Elle riait tant

qu'on n'a pas pu la redresser pour la photo.

- Elle aimait les jeux de mots. - Toutes les blagues.

J'avais une petite...

voli�re � l'arri�re.

Elle riait de plus en plus

et je passais plus de temps avec mes oiseaux.

Les perruches sont...

comme de petits perroquets.

Elles ont...

des cercles autour des yeux.

�a leur donne...

un regard triste, fatigu�.

Je les trouvais apaisantes et sympathiques,

jusqu'au jour o� l'une d'elles m'a parl�.

Qu'a-t-elle dit ?

Rigole, le ciel va pas te tomber sur la t�te.

Elle lui avait appris la phrase en mon absence.

C'�tait dit sans malice.

Elle a eu tort de manipuler votre oiseau.

Ce n'est pas �a qui m'a provoqu�. C'est...

Bateson, le locataire.

Un autre homme ?

Enfin.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Je suis bien chez les Fowle ?

- Vous �tes Mme Fowle ? - Oui. Entrez.

Je me pr�sente. Frank Bateson.

J'ai besoin d'une chambre. J'ai vu votre annonce � la confiserie.

"Recherche locataire fac�tieux."

C'est l'annonce ?

- Et j'aime bien rigoler. - Ah oui ?

J'�tais dans la police, et je peux le dire,

j'�tais le boute-en-train du commissariat.

Et pour faire rire un poulet...

N'�tait-ce pas risqu� ?

Peut-�tre, mais �a s'est bien pass�.

Regardez la suite.

- Ils riaient ensemble. - Exasp�rant.

Il connaissait plus de blagues qu'elle.

Il la courtisait sous vos yeux.

C'est ce que je pensais.

Je vois le tableau.

Un crime passionnel.

Une femme infid�le.

In flagrante.

Vous ne comprenez pas.

Ne vous en faites pas. C'est un homicide involontaire.

Un mari tromp�, �a fait pleurer dans les chaumi�res.

Poursuivez.

Regardez ! M�me les blagues fines le laissent de marbre !

C'�tait vexant.

Tr�s vexant.

Je pensais que tout allait bien. Ils s'entendaient � merveille.

Je pensais que je n'aurais plus longtemps � attendre.

"Go, go, go", par Sid Wagner et les Ringers.

Je passais de plus en plus de temps avec mes oiseaux.

Je rentrais tard.

Je faisais crisser le gravier devant la porte

pour qu'ils puissent...

Je me couchais t�t et je les laissais �couter la radio.

Le dimanche, je lui ai sugg�r� de lui apporter le petit d�jeuner.

Ils ont tromp� votre confiance.

- Ils m'ont tromp�. - Avez-vous une preuve ?

J'avais esp�r� qu'ils fassent ce qu'il faut,

surtout apr�s avoir vu

ce que j'avais vu dans la chambre.

Fowle, le faut-il vraiment ?

- Mais la preuve... - Je sais, mais...

Mais s'il le faut...

- Des rognons. - Merci bien.

Regardez.

Elle a de beaux yeux, hein ?

Vous �tes terrible. Lisez-moi l'horoscope.

Installez-vous bien.

Vous �tes n�e quand ?

- Le 1er septembre, je suis... - Vous �tes pas vierge !

Qu'est-ce que �a dit ?

"Le rire m�ne � l'amour.

"Le week-end sera propice � la bonne humeur.

"Une petite idylle � pr�voir dimanche matin."

A les voir comme �a,

on penserait qu'il aurait fait ce qu'il fallait, mais non.

Je ne suis pas s�r de comprendre o� vous voulez en venir.

Quand il a mis son genou sous son post�rieur,

j'ai cru qu'il se conduirait bien.

J'ai pens�...

que j'aurais enfin la paix chez moi.

Que je pourrais m'asseoir en silence.

La fin des �clats de rire.

Rien que le gazouillis des perruches.

Et le couinement de mes chaussures

sur le linol�um.

M. Fowle, vous le vouliez ?

Il faut reconna�tre qu'ils me l'ont fait miroiter.

Et puis, un soir, je suis rentr�.

Bateson !

Bateson !

O� est-il ? O� est Bateson ?

Parti. Je l'ai mis dehors.

Pourquoi ?

Il devenait trop familier. C'�tait inacceptable.

J'aime rire, mais Dieu merci, je suis une femme respectable.

Non, merci bien.

Le mariage, c'est une valeur s�re !

Je sais que je n'aurais pas d�.

Vous auriez pu partir.

Qui aurait nourri les oiseaux ? Je ne pensais qu'� �a.

Ce n'est pas un crime passionnel.

On ne peut pas dire �a.

J'ai travaill� et je vous ai attendu.

Vous �tes ma seule affaire.

- Et la plus difficile. - Je suis d�sol�.

Il y a de quoi se casser la t�te sur votre affaire

sans parvenir � une solution.

Ne voyez-vous pas les douze c�urs se figer

en apprenant que vous avez tu� votre femme

car elle refusait de vous quitter.

Sinon, je n'aurais pas eu � le faire.

Non, en effet, je n'en doute pas.

En vous regardant maintenant,

je vois que vous n'�tes pas sympathique.

Oui, c'est un fait.

Il faut un �clair de g�nie pour vous sauver.

Un �clair de g�nie.

Un retournement de situation.

Un coup de th��tre.

J'ai trouv�.

J'ai trouv�.

C'est ing�nieux.

Le t�moin-surprise.

- Un t�moin ? - Oui, le t�moin-surprise.

Imaginez la sc�ne, M. Fowle.

La cour est silencieuse.

Le jury va an�antir l'accus�.

Le minist�re public savoure sa victoire.

Mais attendez, c'est mon tour.

Regardez-moi, Fowle.

Monsieur... Si Votre Gr�ce le permet...

Que voulez-vous ?

Pour l'amour du ciel, Fowle !

On ne peut improviser sans avoir r�p�t�.

Venez, venez.

Attendez ici. Attendez.

Mettez cette serviette sur votre t�te

en guise de vieille perruque grise.

Vous voil� d�personnalis�

et vaguement inqui�tant. Maintenant, Fowle...

Oubliez qui vous �tes.

Vous �tes le juge.

Vous �tes Sir Tommy Banter,

un petit homme timor�.

Un homme qui s'est distingu� dans la Grande Guerre

en condamnant des soldats � de longues peines de prison.

Amoureux de la peine capitale, du ch�timent corporel,

de toute sorte de peine.

Un homme sans amis.

Etrangement ador�

par une petite-ni�ce de trois ans.

- Ah oui ? - Vous �tes...

lui.

Je vous demande la permission de faire entrer le t�moin-surprise.

- Certainement. - Quoi ?

Certainement.

Dieu du ciel, Fowle.

Je m'entra�ne � la corrida avec un chaton !

La d�fense fait une demande irr�guli�re

qui pourrait changer le cours du proc�s

et vous emp�cher d'attraper votre train.

Votre petit d�jeuner vous reste sur l'estomac.

Un chien vous a mordu le mollet ce matin.

Allons, chargez-vous de rage et de justice aveugle.

Je refuse votre t�moin-surprise !

C'est mieux.

Si Votre Gr�ce veut bien m'�couter...

Non. C'est trop tard. Poursuivons.

Monsieur, la justice doit �tre rendue,

mais elle doit l'�tre en public.

Personne ne sait encore

ce que mon t�moin-surprise dira.

Peut-�tre dira-t-il que l'accus�

est aussi bassement coupable que Votre Gr�ce le pense.

Mais il est possible, messieurs les jur�s,

que nous ayons pi�g� un innocent.

Et devrions-nous lui refuser

la seule porte qui puisse le mener � la libert� ?

�a provoquerait un toll�.

Bien dit.

Bien dit !

Qu'�tait-ce ?

Le toll�.

Oui, excellent. Mais n'oubliez pas que vous �tes le juge.

Silence ou je vous mets dehors !

Tr�s bien, faites entrer votre t�moin. Mais soyez bref.

Faites entrer le t�moin-surprise.

Je jure de dire la v�rit�.

Votre nom ?

Herbert Fowle.

Le t�moin-surprise.

Je dois changer de nom.

Exactement.

On est coinc�s.

Vous allez trouver quelque chose.

Allons, allons.

Martin Jones.

Tr�s bien. Oui, c'est tr�s bien.

Alors, M. Martin Jones,

vous connaissiez M. Fowle ?

Depuis toujours.

Vous l'avez toujours trouv� respectable.

Un homme r�serv�, menant une vie saine.

M. Jones, M. Martin Jones,

o� �tait M. Fowle au moment du crime ?

Il �tait...

Monsieur le juge,

voulez-vous tailler votre crayon pour noter ceci ?

Vous osez lui dire �a ?

L'intr�pidit�, M. Fowle,

est inh�rente � l'avocat.

Vous �tes pr�t � noter ?

Oui. Poursuivez.

O� se trouvait l'accus� ?

Chez vous, peut-�tre ?

Chez moi.

Toute la soir�e ?

On jouait au whist.

Je suis all� le chercher.

Quand nous sommes partis, Mme Fowle allait tr�s bien.

Et m�me, quand je l'ai raccompagn�,

Mme Fowle avait �t� emmen�e � l'h�pital du comt�.

Monsieur, je demande la relaxe de l'accus�.

Certainement. Quelle perte de temps !

L'accus� est relax� et les policiers sont d�grad�s !

Oh l� l�...

Eh bien, Fowle...

Oui ?

Vous ne me remerciez pas ?

Vous n'avez pas la parole facile.

Non, c'est difficile.

Qu'importe...

On a tir� vos marrons du feu.

Il ne nous reste plus

qu'� nous assurer du t�moignage de Jones.

Oui, mais...

Fowle, vous �tes bien brave, mais n'interrompez pas mes pens�es.

- Je voulais vous rappeler... - Quoi ?

On n'a pas de t�moin-surprise.

On l'a invent�.

C'est remarquable.

Sans aucune formation juridique,

vous avez mis le doigt sur la seule faille de notre d�fense.

Je le craignais.

Eh oui.

On ferait mieux de renoncer.

Nous ne renon�ons pas, Fowle.

Pas quand ma vie est dans la balance.

J'avais oubli�. Alors, il faut essayer.

Oui.

Allons. Cerveau, au travail !

�a va venir.

Je vais avoir une illumination.

�a se passe comme �a pour les mots crois�s.

Je ne baisse pas les bras. Une r�flexion intense !

J'ai trouv� !

- Bateson ! - Le locataire ?

Oui, Bateson, le locataire. Je ne l'aime pas.

Lors d'un contre-interrogatoire, qui sait, il pourrait avouer.

Vous voyez l'illumination.

- Vous avez l'air soulag�. - Je suis soulag�.

Quand j'entamerai mon contre-interrogatoire...

Voulez-vous vous lancer ?

Voil� qu'on forme une �quipe du tonnerre !

En route !

- M. Bateson. - Oui.

Otez vos mains de vos poches au tribunal.

M. Bateson.

Je crois que vous �tiez tr�s ami avec la femme de l'accus�.

Oui, on rigolait bien ensemble.

Et �tait-ce une relation totalement innocente ?

Oui, des blagues innocentes.

Des blagues de pochette-surprise. Des plaisanteries inoffensives.

Pour raconter ces blagues,

deviez-vous �tre assis tout pr�s de Mme Fowle ?

- Comment �a ? - Etiez-vous assis sous elle ?

Je comprends pas.

Etait-elle sur vos genoux ?

Qu'�tait-ce ?

Le jury en a le souffle coup�.

R�pondez, Bateson.

- Vous essayez de me pi�ger. - Non, je vous pi�ge.

Elle s'est peut-�tre assise sur mes genoux

une fois ou deux.

Vous l'aimiez.

Peut-�tre.

Vous vouliez vous enfuir avec elle.

Je lui ai demand�.

Et quand elle a refus�...

Un instant. O� voulez-vous en venir ?

Votre Gr�ce me le demande. Monsieur,

nous affirmons que c'est cet homme, Bateson,

furieux que la femme de l'accus� ait refus�

de s'enfuir avec lui, qui a port� le coup fatal.

Vous voyez ?

Oui.

Un coup de ma�tre, reconnaissez-le.

Bien s�r.

Aucune faille, ici.

Aucune faille. Aucune faille, en effet.

A peine un petit accroc.

Un accroc ?

S'il y a un accroc, vous devez me le dire.

- �a ne me pla�t pas. - Allons, dites-le-moi.

Si vous pensez qu'il y a un accroc, je veux savoir.

Je ne peux pas, vous avez �t� si gentil.

Toute ma vie, j'ai �t� confront� � de vives critiques.

J'y suis habitu�. Allez-y, parlez.

D�s qu'il a quitt� ma maison,

Bateson a �t� arr�t� par un policier.

Il m'avait chip� un r�veil

et un fond de bouteille de porto.

On l'a conduit au poste.

Il n'a pas eu le temps.

Pas vraiment.

Deux heures apr�s,

notre voisin a vu Mme Fowle �tendre le linge.

Puis je suis rentr�.

Voulez-vous m'aider ?

Bien s�r. J'esp�re vous l'avoir montr�.

Mais vous me mettez des b�tons dans les roues.

Mon Dieu, mon Dieu...

Mon Dieu... Je savais que vous seriez contrari�.

Non, je ne suis pas contrari�. Mais...

je d�sirerais un peu d'aide,

d'encouragements.

Vous allez gagner ce proc�s.

Un esprit aussi brillant...

Dieu merci, il est encore brillant.

Et toutes ces �tudes.

Oui, de rudes ann�es d'�tudes.

Vous y arriverez.

Tuppy Morgan.

Vous savez ce que Tuppy Morgan m'a dit ?

Wilfred,

si jamais on vous confie une affaire,

attaquez les preuves m�dicales.

Prenez-vous-en au m�decin.

Les jur�s souffrent de rhumatismes, d'arthrite

et de r�voltants ennuis gastriques.

�a leur plaira qu'un m�decin en voie de dures.

Attaquez le m�decin.

Attaquez le m�decin.

Attaquez le m�decin.

Vous voulez essayer ?

Je ne sais pas. Pourquoi moi ?

J'ignore � quoi ressemble un m�decin l�giste.

Il a les doigts jaunis par la nicotine.

Petit, sentant l'�ther et le d�sinfectant.

- Je devrais le faire ? - J'aimerais voir �a.

Entendu.

Mme Fowle est-elle morte d'un arr�t du c�ur ?

Non.

Allons. Son c�ur n'�tait pas normal quand vous l'avez examin�e.

Elle �tait morte.

Il s'�tait arr�t�.

Oui.

Son c�ur avait l�ch�.

Eh bien...

Elle est morte d'un arr�t du c�ur.

Mais...

Un arr�t du c�ur peut-�tre provoqu� par une crise.

Une crise de rire provoqu�e par une blague � la radio.

Vous �tes tr�s gentil, Fowle, vraiment,

mais �a sonne faux.

Je crois que mon attaque n'�tait gu�re convaincante.

Un peu tir�e par les cheveux, mais tr�s maligne.

Trop maligne, trop maligne.

Nous ne gagnerons pas gr�ce � la science.

Il faut jeter la science aux orties.

En posant ces questions, je voyais bien

que je ne vous convainquais pas de votre propre innocence.

Mais on peut vous prendre par les sentiments.

Et moi aussi.

La magie de l'�loquence.

Le merveilleux pouvoir des mots.

Voil� qui est parler.

Et je parlerai.

J'aimerais vous entendre. Des paroles

dignes d'un livre.

Une bouche d'or.

Une voix comme une lyre qui vous sortira des Enfers.

L�, vous m'avez perdu.

Je puisais dans les tr�sors de mon �ducation classique.

�a me r�conforte dans le bus

et dans ce genre de lieux.

Mais je parlerai simplement aux jur�s.

Tr�s simplement.

Je dirai...

Je ne vous d�cevrai pas.

Je parlerai pendant une journ�e.

Voire deux.

Deux jours !

Et � la fin, je dirai simplement...

- La conclusion. - Oui, la conclusion.

L'argument d�cisif.

L'argument d�finitif et irr�futable.

- Si je pouvais l'entendre. - Vous l'entendrez, Fowle.

Vous l'entendrez au tribunal.

Je me rassois, ext�nu�,

et j'essuie les larmes sur mes lunettes.

Le juge r�capitule.

Messieurs...

Messieurs les jur�s...

Il est submerg� par l'�motion.

Messieurs les jur�s.

Je ne peux rien dire de plus

aux dires de la d�fense.

Sortez pour d�lib�rer.

- Ils se sont retir�s. - Une simple formalit�.

Je me demande si ce sera long.

�a fait longtemps.

�a doit vous sembler long, le suspense.

J'esp�re qu'ils seront d'accord.

- Il ne peut en �tre autrement. - Non ?

Messieurs les jur�s, �tes-vous parvenus � un verdict ?

Oui.

L'accus� est-il coupable ou non coupable ?

Non coupable.

On a r�ussi !

Bravo, Wilfred ! Sacr� spectacle !

F�licitations !

Les journalistes se pr�cipitent sur les t�l�phones.

Et maintenant ?

On me ferait bien juge, si j'avais le temps.

Des avocats se pressent sur les marches.

Mon vieux clerc.

Mon vieux clerc note sur mon dossier suivant...

"Mille guin�es pour le divorce d'une duchesse."

Je dois m'acheter de nouveaux v�tements

et des r�serves de porto.

Fowle, gr�ce � vous, ma vie est merveilleuse.

Ce sera le plus beau jour de votre vie.

Oui.

Le plus beau jour de ma vie, oui.

Je l'emm�ne.

Mais je n'ai pas fini.

J'y peux rien, on l'appelle.

Ils doivent vouloir qu'on vienne pour le proc�s.

Le proc�s, oui.

Nous n'avons pas � nous inqui�ter, n'est-ce pas ?

Non, si vous le dites.

Par ici.

Vous ne pouvez pas venir, c'est le box des accus�s.

Quel idiot, j'ai oubli�. Bien s�r.

Veuillez vous lever.

Herbert Fowle, vous �tes accus� d'avoir, le 3 juin dernier,

assassin� Doris Fowle

au Nid, route du Jubil�e, � Epping, dans le comt� d'Essex.

Plaidez-vous coupable ou non coupable ?

Non coupable.

M. Le juge, messieurs les jur�s,

c'est une affaire des plus inhabituelles,

une affaire qui, selon moi...

Me Wilfred Morganhull ?

- Hall, monsieur, hall. - Pardon ?

Morganhall, monsieur.

Ah oui, Me Morganhall.

Vous ne repr�sentez pas l'accusation ?

L'accusation ? Grand Dieu, non !

Alors c'est � Me Perkins d'ouvrir les d�bats, n'est-ce pas ?

Soyez un peu patient.

Oui, bien s�r, Votre Gr�ce. Mes papiers...

Je vous remercie.

M. Le juge, messieurs les jur�s, je repr�sente l'accusation.

Mon distingu� confr�re, Me Morganhall,

j'esp�re qu'il le sait, repr�sente la d�fense.

M. Le juge, messieurs les jur�s,

c'est une affaire effroyable, extr�mement r�voltante.

L'affaire de l'accus�, Fowle,

est d'une nature particuli�rement violente.

Un homme incapable de comprendre la plaisanterie.

Notre histoire commence quand l'accus�, Fowle,

met une annonce pour rechercher un "locataire fac�tieux".

Joe.

Vous avez gagn�, ma�tre ?

Non, j'aurais d� dire...

Votre Gr�ce,

messieurs les jur�s...

J'aurais d� dire...

Ce pauvre homme...

Ce pauvre homme innocent est accus�...

J'aurais pu le faire acquitter.

J'en suis s�r.

Il aurait fallu trouver les mots justes,

les mots qui auraient fait basculer le jury.

Si seulement j'avais dit...

Messieurs les jur�s,

ne d�sirez-vous pas tous la paix ?

Ne r�vez-vous pas tous d'une vie calme, sans plaisanteries ?

Messieurs les jur�s,

mes chers messieurs,

n'avez-vous jamais �t� tent�s,

vous qui �tes mari�s ?

Vous d�sirez ?

Que voulez-vous ?

Un demi.

Tenez. Un shilling.

Messieurs les jur�s,

l'affaire que vous devez juger...

Excusez-moi. Permettez...

Comme d'habitude.

- Puis-je ? - Pardon ?

- Je peux ? - Oui, bien s�r. Gardez-le.

- Du soda ? - Oui, merci, Trixie.

Messieurs les jur�s,

avant cette grossi�re interruption...

Regardez l'accus�, messieurs les jur�s.

Vous a-t-il bless� ?

Vous a-t-il fait le moindre mal ?

N'est-il pas le plus doux des hommes ?

Il s'est charg� personnellement

de r�gler ses affaires domestiques.

Charbonnier est ma�tre chez soi.

Ressentez-vous la pulsion primitive,

messieurs les jur�s, de vous venger sur...

cet aimable amateur d'oiseaux ?

Voulez-vous vraiment condamner ce petit grainetier ?

Un homme qu'en des jours meilleurs, vous n'auriez pas remarqu�.

Son sort est entre vos mains, messieurs les jur�s.

Pourquoi ne pas le relaxer ?

Laissez-le partir

en homme libre.

Pauvre Fowle.

Il doit avoir le c�ur gros.

Bonjour.

Bonjour, Fowle.

Je ne m'attendais pas � vous trouver dehors.

Provisoirement. J'�tais avec le directeur.

Une plainte ?

Non, c'est lui qui a demand� � me voir.

Vous �tiez tremblant d'appr�hension.

"Eh bien, Fowle", m'a-t-il dit,

"cela va vous surprendre.

"La chancellerie m'a appel� � votre sujet ce matin."

- C'est un minist�re, c'est �a ? - Oui.

Apparemment, il leur arrive, selon ses dires,

de le contacter de temps en temps pour le travail, bien s�r,

au bigophone.

Il m'a dit... Franchement, il a reconnu

que �a l'avait choqu� autant que moi, mais...

Somme toute,

pour reprendre ses mots,

je suis graci�.

Graci� ?

Oui, c'est fini.

Je suis libre.

Pourquoi ?

Merci.

Apparemment,

le proc�s n'�tait pas valable.

Pas valable ? Pourquoi ?

- Sans raison particuli�re. - M. Fowle !

Rien n'arrive sans raison dans la justice.

�a ne vous plaira pas.

Pourquoi le directeur, ignorant de la loi,

estime-t-il que notre proc�s n'est pas valable ?

R�pondez-moi. Ma carri�re peut en d�pendre,

je ne veux pas perdre mon temps en proc�s inutiles.

Vous voulez vraiment le savoir ?

Il a dit que...

l'avocat qu'on m'avait choisi �tait incomp�tent,

"un vieux schnoque", pour reprendre ses mots.

Il n'a rien dit pour me d�fendre

et les jur�s n'ont pu entendre mon affaire.

Il a dit que le proc�s �tait

compl�tement invalid�, mais que je devrais �tre prudent.

Ne voyez-vous pas ?

Avec un avocat qui aurait pos� des questions

et fait de beaux discours,

je serais un homme mort.

Votre ing�niosit� a pay�.

Votre habilet� magistrale,

votre mutisme.

�a m'a sauv�.

Je suis vivant.

Vous aussi.

Je suis libre.

De retourner � vos oiseaux.

Me Morganhall,

�a fait un bon moment que la porte est ouverte.

J'imagine qu'il est peu probable que vous vous remariiez.

Peu probable, oui.

Mais il n'est pas impossible que vous commettiez

une infraction plus l�g�re ?

On ne peut pas vivre

sans commettre d'infraction presque quotidiennement.

Oui.

Nous nous reverrons peut-�tre. Vous pourriez avoir besoin de moi.

C'est possible.

L'avenir n'est peut-�tre pas si sombre.

Le soleil brille.

Apr�s vous, Me Morganhall.

Un homme de votre �ducation devrait passer devant.

Non, ouvrez la marche.

Tr�s bien.

Ouvrez la marche.

En tant que conseiller juridique,

je vous suivrai � distance

pour aplanir les difficult�s

que vous laisserez dans votre sillage.

Adaptation : Blandine M�nard

Sous-titrage : DUBBING BROTHERS

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