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Attends, �cureuil.
Mets �a.
Regarde.
Les cigognes bateaux petits volent haut dans la nue,
Il y en a des blancs, des gris, Avec de longs becs pointus...
Regarde !
Et voil�...
Regarde-les tes petits bateaux.
QUAND PASSENT LES CIGOGNES
Sc�nario : V. ROZOV
R�alisateur : Mikha�l KALATOZOV
Directeur de la photographie : S. OUROUSSEVSKI
R�gisseur : B. FRIEDMAN D�cors : E. SVID�T�LEV
Musique de M. WEINBERG Ing�nieur du son : I. MA�OROV
Sous-titres fran�ais : Alexandre Karvovski
Dans les r�les principaux :
V�ronique : T. SAMO�LOVA Boris : A. BATALOV
Fiodor Ivanovitch : V. MERKOURIEV
Marc : A. CHVORINE Ir�ne : S. KHARITONOVA
Vladimir : K. NIKITINE St�pane : V. ZOUBKOV
La grand-m�re : A. BOGDANOVA Tchernov : B. KOKOVKINE
Anna Mikha�lovna : E. KOUPRIANOVA
Une production des Studios Mosfilm de Moscou, 1957
Qui est-ce ?
Attends !
Oh, puis bon.
Et quand ?
Ce jeudi, sur les quais.
C'est trop long, penses-tu !
�cureuil, tu ne m'as pas r�pondu...
Mais quand, alors ? Jeudi � quelle heure ?
Non, je ne peux pas.
Je serai � l'usine.
- Bon, entendu. - Sois � l'heure.
�cureuil !
- Elle lui a tourn� la t�te. - C'est r�ciproque.
L'amour c'est comme �a, ma ch�re.
Pourquoi vous n'allez pas dormir, grand-m�re ?
Mais je suis d�j� debout, Boris.
Ferme la bouche quand tu manges, noctambule...
Tu n'as qu'� pas m'envier.
D�chir� ?
Intact.
� quoi cela ressemble ? Midi et il dort encore.
Il travaille trop. Qu'il se repose un peu le dimanche.
Ce travail va finir par un mariage.
Tu crains de te faire devancer ? Ne sois pas jalouse.
Ir�ne doit penser � sa th�se.
Vous perdez du terrain, oncle Fiodor !
Moins cinq qu'elle soit agr�g�e de m�decine. Et vous... ?
Si les enfants ne surpassent pas leurs parents, cela signifie que
les parents sont des z�ros et les enfants des bons � rien.
Merci, maman.
Tous les �metteurs radio de l'Union sovi�tique retransmettent...
- Qu'y a-t-il ! - Qu'est-ce que �a peut �tre ?
Boris ! La guerre ! La guerre, tu entends !
Et alors ?
Bonjour.
Boris passe ses jours et ses nuits � l'usine. Tu l'attends ?
Je n'attends personne.
V�ronique.
En temps de guerre, le principal est de garder son sang-froid.
Continue de vivre � ton rythme, tu n'as pas � changer tes habitudes.
Tu vois, moi ?
Je veux te d�dier mon concerto pour piano.
Tu viendras l'�couter ?
Et toi, tu vas �tre mobilis� ?
Mobilis� ? J'en doute.
Tu en doutes pourquoi ?
Les gens de valeurs seront exempt�s.
- Tu en fais partie ? - Moi ? Oui.
Quand cesseras-tu de me harceler ? Tu n'as pas de scrupules ?
Si. Et je me suis promis cent fois d'arr�ter.
Je sais bien que Boris est mon cousin.
C'est plus fort que moi.
Attends !
- Attends ! - Ne me raccompagne pas.
Attention � vos pieds.
Au front �a sera une autre musique.
Pourquoi ? On ne vous prendra pas.
Une seule dispense, c'est vous ou moi.
C'est vous, par cons�quent. Vous avez le savoir et l'exp�rience.
Et vous, le talent. Prenez soin de vos dessins.
Ma femme m'a d�j� bricol� un superbe havresac.
Puisqu'il le faut, ba�onnette au canon, comme on dit...
H�, St�pane ! Voyons �a, les gars...
St�pane !
Mes excuses, Satchkov.
- Il vient cet avis de mobilisation ? - Rien en vue. De vrais sadiques...
- Tu rentres chez toi ? - Non, je...
- Compris. Tu lui passes mon bonjour. - Entendu.
- Et ceci encore... - Quoi ?
- Tu lui as dit ? - Non. Pourquoi la bousculer.
- Tu as raison. Allez, � demain. - Salut.
- Laisse-moi. - Je ne te laisserai pas.
- Puisque tu vas tomber. - Non.
- Tu vas d�chirer tout le calfeutrage. - Tu penses, une couverture.
J'appelle la police.
Tu me fatigues avec ta d�fense passive. Rends-moi la couverture.
- Laisse-moi, tu vas tomber. - Je ne tomberai pas.
Cesse, �cureuil. Je te fais �a.
Tu n'�tais pas sur les quais tant�t. Marc, lui, est venu.
- Sais-tu qu'il est beau gar�on ! - Et alors ?
- Tu n'es pas jaloux ? - De quoi ?
- Je dis, tu n'es pas jaloux ? - Pas le temps.
Attends que je passe l'admission en archi...
Ils n'acceptent pas des comme toi.
- Ils m'accepteront. - J'ai des doutes.
Les cigognes bateaux petits Volent haut dans la nue,
Il y en a des blancs, des gris, Avec de longs becs pointus...
- Il te pla�t, mon petit po�me ? - Intellectuellement porteur.
Et vous, grenouilles de l'�tang, O� regardiez-vous, ing�nues ?
Vous sautiez, barbotiez ? �patant, On vous a croqu�es tout crues.
- Eh bien, tu as gagn� ? Championne. - Gagn�, gagn�.
J'ai gagn�.
Bon.
- Tu crois qu'ils peuvent t'appeler ? - �videmment.
- Et toi, tu te serais engag� ? - Chiche !
Allez, raconte !
Et ne cr�ne pas. Tu sais tr�s bien que tu auras ta dispense.
- Pourquoi dis-tu cela ? - Les cerveaux sont exempt�s.
� t'entendre, seuls les cr�tins feront la guerre ?
Je ne te cause plus.
V�ronique, je voudrais te parler.
Et moi je ne veux pas.
Et je te prierai de ne pas m'appeler V�ronique.
- Je suis qui ? - �cureuil.
�coute...
- Quel cadeau tu m'offres demain ? - Mon secret.
Si c'est des chocolats, sit�t mang�s j'aurais tout oubli�.
Fais-moi un cadeau que je garderai longtemps-longtemps.
Embrasse-moi.
Quand tu es pr�s de moi je ne crains rien.
Pas m�me la guerre
Si, la police.
- V�ronique... - Tu sais quoi ?
- Tu sais ? - Non.
Pour notre mariage, je me ferai une robe blanche.
Comme celle de ma grand-m�re.
Avec un voile... Long, long, long.
Toi, tu mettras ton complet noir.
- Et nous prendrons le chemin... - Du bureau des mariages.
- D�cid� ? - D�cid�.
- Le black-out, moi j'aime. - On se demande pourquoi ?
Salut !
- St�pane ! - V�ronique !
- Je vais vous faire go�ter un truc... - Nous sommes pr�ts.
- Qu'est-ce que c'est ? - Un secret.
- Tu l'as re�u ? - Je l'ai re�u.
- Qu'attends-tu ? Raconte. - Bon, avance.
Alors, voil�... Tu verrais ce qui se passe � l'usine !
Abr�ge, veux-tu ?
C'est bien ce que je dis : Tu verrais �a � l'usine !
- � la fin, tu accouches ! - Les tiens m'ont dit que...
- Quel jour tu dois te pr�senter ? - Cet apr�s-midi � cinq heures.
Vous avez vu ces cerises ! Vous en faites des mines...
- Superbes. - J'ai re�u mon avis.
- Pas vrai ? Et toi ? - Moi aussi.
Nous nous sommes engag�s.
Comment ?
- Toi ? De ton propre gr� ? - Puisque j'ai re�u l'avis.
Minute, et moi ? Hein, moi ?
St�pane...
Non, je file. Chez moi aussi ils sont... Allez !
�cureuil !
Je ne voulais pas t'en parler. C'est ton anniversaire demain.
- Voil�, il faut y aller. - S�r.
Boris !
�cureuil, qu'est-ce qui te prend !
Les cigognes petits bateaux... Tu aimes ce vers ?
Mais si, tout ira bien, tu entends ?
Et apr�s, nous serons ensemble, longtemps-longtemps. Cent ans.
Va.
Nous aurons encore le temps de nous dire adieu.
Tu vas te mettre en retard.
Il ne pourrait pas rester jusqu'� demain ?
Ce n'est pas joli de sa part s'il est encore chez V�ronique.
- Boris ! - Papa a t�l�phon� ?
Il n'�tait pas content ! Pourquoi tu ne lui as rien dit ?
Pour �viter tout ce tintouin.
Demain, tu passeras � l'usine et tu leur remettras ceci.
- Tu demanderas l'ing�nieur Kouzmine. - Compte sur moi.
Qu'est-ce que tu fais ?
Il faut bien acheter une bouteille de vin.
Grand-m�re, j'ai une demande � vous faire.
Un instant...
- Vous allez directement au front ? - Je le pense.
Grand-m�re, voici...
Tout de suite.
Demain matin, pas trop tard, portez-lui �a...
- Qu'est-ce que c'est ? - Pour son anniversaire.
Et apr�s, en cas de coup dur...
On ne sait jamais, la guerre, pas ?
Aidez-la.
Et si je ne suis plus l� ?
Vous n'avez pas le droit de faire d�fection,
surtout maintenant, quand vous connaissez tous nos secrets.
- Et si je passe quand m�me ? - Voyons, voyons...
Chut, grand-m�re. V�ronique.
C'est Ir�ne.
Dieu soit lou�, le voil� !
- Boris ! - Oui.
Arrive ici.
Vingt-cinq ans et, je m'excuse, rien dans la cervelle.
Voyons, sommes-nous des enfants pour jouer � cache-cache ?
Monsieur, il lui faut du romantisme...
Quel caract�re !
O� sont Ir�ne, Marc ?
Ir�ne pr�pare le caf�. Marc est all� chercher du vin.
Voil�. Du caf�, du vin. La race d�g�n�re.
Ir�ne ! Apporte ce que tu sais, dans la pharmacie.
Boris, viens voir ici.
- Et V�ronique, o� est-elle ? - Elle arrive dans un instant.
- Que fait-elle, je demande ? - Elle est occup�e.
Elle doit �tre ici. Son fianc� est sur le d�part...
Je ne suis pas son fianc�.
- Qui es-tu ? - Comme �a, personne.
- Voici quelque chose de nouveau... - Papa, ne joue pas sur les mots.
- Je joue sur les mots ? - Tu vas continuer longtemps ?
- Voil� ce que tu demandais. - Pr�pare la mixture dans les r�gles.
Puisque j'apporte du vin cuit...
Garde-le pour toi. Nous, on pr�f�re quelque chose de plus substantiel.
Eh bien, tout le monde est l� ? Asseyons-nous.
V�ronique.
Accueille ta fianc�e, le non-fianc�.
Pas trop t�t !
Nous venons voir Boris Fiodorovitch... De la part de l'usine.
Je vous prie, entrez.
Moi qui pensais que c'est la fianc�e.
- Nous repr�sentons le personnel... - Ce sont nos cadeaux.
- Pardon. Celui-ci. - Oui... Merci.
Et on nous a pri�s de dire... au nom du Comit� d'usine...
En somme, tenez bon, les gars, jusqu'� la derni�re goutte de sang !
Montrez-leur, aux fascistes, de quel bois on se chauffe...
Nous, � l'usine, nous accomplirons le plan et nous le d�passerons !
On conna�t �a par c�ur.
Asseyez-vous plut�t et buvons � la bonne fortune de mon fils.
Ainsi donc...
La vie sur notre globe n'est pas encore aussi bien r�gl�e
que nous l'aimerions.
Tu vois, Boris, tu pars � la guerre...
- Allez, buvons. - � toi.
Ir�ne, et grand-m�re ?
Nous c'est au fr�re qu'on a dit adieu hier. Maman pleurait, pleurait...
- Et vous ? - Moi aussi.
- Au nom du comit� ou en tant que s�ur ? - En tant que s�ur.
Nous, nous n'avons personne � envoyer. Trois s�urs et maman.
On se sent mal � l'aise, tout le monde a quelqu'un qui part...
Oui, et quand ils rentreront, vous serez jalouses.
Ce qui est terrible, c'est qu'ils ne rentreront pas tous.
Ceux-l�, nous leur �l�verons un monument jusqu'au ciel...
Avec leur nom en lettres d'or...
Ir�ne, verse-nous un autre verre au lieu de b�iller aux corneilles.
Alors vous autres, � l'arri�re, vous accomplissez et vous d�passez, hein ?
Grand-m�re, tu n'oublies pas.
Marc, n'y va pas, reste avec ton p�re.
Jusqu'au tram seulement.
La Garde, demi... tour ! En avant, marche !
Tiens �a, grand-m�re.
- Boris ! - Maman !
- Une derni�re fois. - Pardonne-moi.
Pas l'humeur � boire ?
- O� vas-tu ? - Mon service.
Tu y �tais d�j� hier.
Varvara Ivanovna, demandez Boris...
Il est d�j� parti.
- Il est parti ? O� �a ? - Au point de ralliement.
- Comment ? - Mais entrez donc.
- C'est o� ce point de ralliement ? - Je n'en sais ma foi rien.
Qu'est-ce ?
De la part de Boris pour votre anniversaire. Il y a un mot.
- O�, le mot ? - L�. Il n'y est pas ?
Peut-�tre l'a-t-il fait tomber ? Il a d� oublier, avec cette presse.
- Oubli� ? - Il vous �crira.
Allons, il ne faut pas...
- O� est-ce, le point de ralliement ? - Rue de Zv�nigorod, � l'�cole.
Tranquille, elle va venir.
M�me si elle vient, comment veux-tu qu'elle me trouve dans ce bazar ?
O� vas-tu ?
�cris-moi. �cris chaque jour.
Qui a les bordereaux du chou-fleur ?
Dans le ciel tourne un avion, Il survole la toiture,
C'est le salut de mon mignon, �a j'en suis bien s�re !
J'ai f�t� mon cher pilote Au d�but devant ma porte,
Aujourd'hui c'est plus s�rieux, J'viens lui faire mes adieux.
Note le secteur postal, n'oublie pas.
- Sois pas triste, mon petit gars ! - Nous attendrons votre retour !
Boris Fiodorovitch, bonne chance !
� mon ordre...
Elle va venir.
Boris ! Boris !
Alignement... � gauche !
Fixe ! En avant... marche !
Boris !
C'est ma n�nette !
Boris ! Boris !
Rien, grand-m�re ? Moi non plus il ne m'�crit pas.
- Non ? - Non.
Ah, cette guerre...
Pleure tes larmes, mais ne croise pas les bras. Tu as pris ta d�cision ?
Je vais aller travailler dans une usine de guerre.
Attention, alerte a�rienne...
Descends imm�diatement dans le m�tro. J'ai un travail urgent
Va ramasser tes affaires.
- O� est le sac ? - Tu ne vois pas ? L�.
Sans vous je n'irai pas.
Si �a barde vraiment, nous filerons dans l'abri.
Va,
Sois prudente dans le m�tro...
Comme elle a peur, la pauvrette.
Toi tu n'as pas peur ?
Quand V�ronique est en s�curit� et que tu es � mes c�t�s,
Je suis d�j� plus rassur�e.
Ils n'arr�tent pas, les salopards...
On ne s'entend plus ici.
Je me demande pourquoi il ne m'�crit pas.
Que voulez-vous, c'est la guerre. Le courrier n'arrive plus.
Fin de l'alerte. Tout danger d'attaque a�rienne est momentan�ment �cart�...
Venez !
Me voil�, vous voyez.
Quand vous avez pris votre d�cision, appelez-moi � l'usine.
- C'est �a. - Au revoir.
O� allez-vous ! Arri�re !
Qu'est-ce qui vous prend ?
Pardonnez-moi.
Donc, V�ronique, tu restes chez nous. Pour toujours.
La chambre de Boris est vacante, Marc ira dans celle de Fiodor.
Marc, il faut �tre gentil avec elle.
Tu vois qu'avec Ir�ne nous ne sortons plus de l'h�pital.
Je ferai de mon mieux, oncle Fiodor. Boris me l'a demand�.
- �a va ? - �a va.
L'usine ? Le camarade Kouzmine, s'il vous pla�t.
Lui aussi, parti au front ?
Excusez-moi, avez-vous des nouvelles de Boris Borozdine ?
Sans cette maudite guerre,
je serais en train de jouer �a salle Tcha�kovski.
Pour toi.
V�ronique, descendons dans le m�tro.
- Je n'irai pas. - Ne fais pas la sotte. Viens.
- Tu as peur ? - Pour toi.
Viens.
Moi je ne crains rien.
- V�ronique, viens vite ! - Je n'irai pas.
- Ne t'obstine pas ! Tu es folle ! - Je n'irai pas.
Je t'aime.
Non.
- Je t'aime ! - Non ! Non !
- Mon amour ! - Laisse-moi !
- Mon amour ! - Non ! Non ! Non !
C'est fin de se faire encercler comme �a.
- St�pane, ne panique pas. - Quoi, ne panique pas...
Le capitaine dit que ce soir nous ouvrirons un passage.
Enfin !
Satchkov ! D'o� nous arrive ce poussinet ?
De l'incubateur. Le contingent de renfort.
Avec �a, nous sommes s�r de percer.
Quoi, poussinet ? Moi j'suis mari�.
Elle m'a mis le grappin en terminale.
Les fruits de l'instruction, en somme.
Pouvez blaguer. Sans doute comme �a qu'les boches vous ont bais�s.
- Vlad, c'est vrai que tu es mari� ? - Penses-tu, juste pour faire le poids.
- Borozdine ! - Ici !
Vous allez en reconnaissance.
Il faut trouver le bon endroit pour passer.
- Remettez-moi vos pi�ces d'identit�. - � vos ordres.
Satchkov, donne-moi un coup de main.
Eh bien, les gars ? On se repose un brin et on fume une cigarette.
Elle se marre toujours comme �a ?
Elle doit croire qu'on est tous zigouill�s...
Fais voir la pin-up ?
Ouais, pas jojo la vie d'troufion...
- Pendant qu'ici tu d�gustes, elle... - Quoi, elle ?
Passe-moi donc l'accord�on.
- Tiens �a, Satchkov. - Donne.
Pas mal pour un premier b�guin.
Cessez !
- Tu as honte ? - Non.
- Cinq jours d'arr�ts ! - � vos ordres.
- Vous irez en reconnaissance ensemble. - Comment ?
Vos pi�ces d'identit� !
Prends, Boris.
� cause d'elle ?
- Une comme �a, oui. �a vaut le coup. - Tu l'as dit.
On cesse les bavardages ! J'exige de la discipline !
Tu sais o� on l'a, ta discipline ?
Cache �a, St�pane.
Ne la perds pas surtout.
Nous... nous marions, oncle Fiodor.
Compl�tement oubli� qu'il nous reste ce bout de saucisson.
- Fais gaffe, baisse la t�te ! - Commande pas, toi !
Tirons-nous avant qu'il nous coiffent.
- Si t'as la p�toche, mets les bouts. - Le con !
All� ! Musicien, c'est toi ? T'es sourd ?
Tu parles d'un copain...
Qu'as-tu ? R�ponds !
- Rampe tout seul, je souffle un peu. - Tu es bless� ? Tiens-toi � moi.
- Tu me fous la paix ? - Tiens bon.
Tiens bon, je te dis...
Prends-moi aux �paules, �a sera plus facile...
Laisse-moi...
Idiot, tu m'en veux pour le gnon ?
- C'est encore ta chance, parc'que... - Ferme-la, on s'expliquera apr�s.
Comme cela... �a va ?
Patiente encore un peu... Patiente...
Le bois n'est plus loin, l�-bas on est chez les n�tres.
Fatigu�. Une courte pause, c'est plus calme par l�.
Dis, tu es vivant ?
J'ai du mal � respirer...
Tiens bon, Satchkov, on doit encore boire � tes noces toi et moi...
Qu'as-tu, dis ? Qu'as-tu donc !
Pardonne-moi, pardonne !
� cause de moi... Pardonne... ami...
H� ! Quelqu'un ! � l'aide !
� l'aide ! � l'aide !
Qu'as-tu, Boris ? Tu es bless� ?
Je ne suis pas bless�... Je...
Le Sovinformburo communique :
Durant les derni�res 24 heures
un calme relatif est observ� sur tous les fronts...
D�j� bien.
Usine 326 ! Les familles du personnel �vacu�
seront log�es au num�ro 17 de la rue de l'Insurrection.
Pr�sentez-vous ici, camarades.
- Ir�ne, tu as un bless�. - J'envoie les infirmiers.
On d�charge !
La Sib�rie... Tu te rends compte o� on atterrit...
Malheureuse Russie...
Le chef de l'h�pital d�plac� camarade Borozdine
est mand� chez le commandant de la place...
Peut-�tre qu'on sera au calme, ici...
Lib�rez le passage, les �vacu�s !
Il fume, ton engin.
Pardon.
Tu r�veras apr�s la guerre.
O� allez-vous ?
� l'h�pital, je suis de service.
Nerveuse, la petite. Elle erre comme une ombre.
Elle attend je ne sais quelle lettre.
Qui peut lui �crire ? Elle a son mari, j'aimerais bien �tre � sa place.
Elle attend rien du tout.
- Vous faites la classe en apr�s-midi ? - C'est �a.
Les cigognes bateaux petits Volent haut dans la nue...
Ces vers stupides qui m'obs�dent.
Le voil�.
- Qui ? - Le facteur.
Si j'arrive � cinquante, j'ai une lettre.
- Un, deux, trois, quatre... - Arr�te, V�ronique.
- Quinze, seize... - V�ronique, c'est insens�.
- Dix-neuf, vingt... - Mais cessez donc !
Quarante-sept, quarante-huit...
- Bonjour. - Bonjour.
Il n'y a rien pour vous.
Vous, par contre...
- L�b�d�va ? - C'est moi.
- Pauluka�t� ? - Elle est pas l�.
Mon a�n�, quelque part en Ukraine.
Je ne connaissais pas Boris,
mais tout le monde dit que c'�tait un jeune tr�s prometteur.
Pourquoi "�tait" ?
Port� disparu, �a ne veut encore rien dire.
Vous avez raison, je me suis mal exprim�e.
- Qu'avez-vous, V�ronique ? - Je vais mourir, Anna Mikha�lovna.
Mon Dieu, ne dites pas des choses pareilles, mon petit !
J'ai tout perdu.
Vous avez toute la vie devant vous.
Je ne veux plus vivre ! � quoi bon ?
Ne pensez plus au pass�. On arrive � oublier bien des choses.
Non, je ne veux rien oublier ! Dans quel but ?
On ne peux pas se reprocher une faute toute sa vie.
Si. Jusqu'au bout.
Vous enseignez l'histoire, vous �tes une femme intelligente.
Cette vie a un sens, vous pouvez me le dire ?
Si cette vie a un sens ?
Peut-�tre le trouverons-nous dans...
- Tchernov n'est pas venu ? - Non.
Ouf, une faim de loup !
Quand Tchernov viendra, t�che d'�tre un peu plus aimable avec lui.
Il me d�go�te.
Moi aussi, et plus que toi sans doute. Mais c'est mon chef, alors ?
Pourquoi lui fais-tu de la l�che comme �a ?
Voyons, ma ch�re V�ronique ! Tu deviens impossible.
Constamment sur les nerfs, tout t'irrite.
Dis-moi, que puis-je faire pour toi ?
Faire que tu n'aies jamais exist�.
Oui, oui ! Entrez.
Entrez !
Excusez mon intrusion, Marc.
Pensez-vous, nous sommes ravis. D�faites-vous, je vous prie.
Les Allemands ont encore avanc� dans le Caucase. Vous avez lu ?
Oui. Un vrai cauchemar.
�a ne fait rien. Ils ne perdent rien pour attendre.
Voil�, r�chauffez-vous, il fait bon ici.
Oui, tr�s.
Tous les miens sont � Tachkent. Je vis comme un vieux solitaire.
- Le bonjour, V�ronique. - Bonjour.
- O� vas-tu, mon lapin ? - � l'h�pital, prendre mon service.
Couvre-toi bien, �a pince.
J'admire votre �pouse. Elle est si directe...
Je pense qu'elle est heureuse avec vous.
- Je vous cherchais � la Philharmonie... - Qu'y a-t-il ? Un concert ?
Non. Vous venez ce soir, pour la f�te de notre amie ?
Certainement.
- Avez-vous un cadeau ? - Si j'avais quelque chose � lui offrir.
La guerre... Oui, la guerre.
Ce n'est pas le luxe, mais si vous y attachez un petit rien,
notre Antonina sera aux anges.
Ravissant ! Et combien vous dois-je ?
- Laissez, une autre fois. - Un grand merci.
Marc, je voulais vous demander...
- Il n'y a personne en haut ? - Personne.
Vous ne pourriez pas vous procurer quelques m�dicaments
chez Fiodor Ivanovitch ?
Du bon travail, Ir�ne. Il vivra.
Esp�rons.
S'il meurt, ce ne sera pas chic de sa part.
Ah, Ir�ne, il te fallait na�tre gar�on !
Parce que moi, je te dirai, je perds pas mon temps de fille !
Tiens, V�ronique ? Tu es en avance.
C'est ma montre.
Pauvre petite.
Et ce qu'elle a fait � Boris ? Non, je ne lui pardonnerai jamais.
Un nouvel arrivage.
Je leur ai dit qu'ici c'est complet !
Mon h�pital n'est pas une caque aux harengs !
- Ceux-ci viennent de Kalatch ? - De Stalingrad.
Il y en a de la zone des combats et d'autres d'h�pitaux d�bord�s.
Ils savent plus o� nous mettre.
T'en fais pas, ils trouveront.
Je prends une trentaine de personnes.
Vous conduisez les autres ailleurs.
Alors tu �cris...
Mes salutations � l'oncle Sergu�i,
� Fiodor, � Vassiliu, � tante Maria,
� Agraf�ne, � Catherine, � Barbara,
� Nikola�, � Catherine...
- Tu l'as d�j� dit, Catherine. - C'est une autre.
- Ben faudrait l'expliquer. - Ils s'y retrouveront.
Alors... � Zina�de, � Kouzma...
Ma s�ur !
- Qu'y a-t-il, Vorobiov ? - Mais rien. L'infirmi�re !
- Il demande le vase - Ben je le lui donne.
Merci.
Ah ! Excellente chose...
S'il vous pla�t, mettez la radio un peu plus fort.
Arr�te ta musique !
Ferme �a, t'entends ?
Qui a cri� ?
Moi, j'ai cri� ! �a te d�frise ?
- Zakharov, qu'est-ce qui te prend ? - Fous le camp !
Fait sa crise. L'a eu de mauvaises nouvelles ce matin.
Sa promise l'a pas attendu. L'en a mari� un autre, la garce.
Il n'a rien pris de la journ�e. Tu devrais le r�conforter, ma s�ur.
Ces putes sont pires que les nazis, Elles frappent au c�ur.
Il faut manger... Sinon vous ne gu�rirez jamais.
Je ne veux pas gu�rir ! Je veux crever, oui !
Appelle le docteur.
Calmez-vous.
C'est assez, calmez-vous.
Tu parles, � cause d'une nana...
J'te dis d'appeler le docteur ! D�p�che !
T'as fini ton bazar ! Ferme-la donc !
O� nous conduira-t-on maintenant...
Ils trouveront bien un hosto ailleurs.
Les gars, le patron !
Tas de salauds !
Assez !
Un soldat de l'arm�e rouge et tu veux d�serter ?
Tu as peur de devoir retourner au front quand on aura gu�ri tes mains ?
Vous ne devez pas dire �a. Il a re�u une mauvaise lettre.
Je sais. Ce n'est qu'un pr�texte.
Pensez donc, sa promise l'a quitt�... Tu dois t'en r�jouir au contraire.
Elle ne vaut pas tripette
Si � un beau gars comme toi, un h�ros,
elle pr�f�re un planqu� de l'arri�re !
C'est juste, ce qu'il dit.
C'est elle qui perd au change !
Bien fait ! Elle en est pas digne !
Un c�ur d'artichaut, oui !
Comprennent-elles seulement le martyre que vous endurez pour elles ?
Des comme �a, je te les tuerais.
Tu as r�sist� � ce qu'il y a de pire, � la mort.
Tu l'as regard�e dans les yeux, Tu lui a march� sus, et ta nana,
elle ne peux pas supporter une tout petite �preuve, l'�preuve du temps ?
Des filles comme celle-l�, nous les m�prisons, oui.
Elles sont impardonnables !
Refaites-lui son pansement !
Tante Sima, son repas est froid. Faites le n�cessaire.
Ne fais pas le polisson.
V�ronique...
Tu vois cette dr�lesse ! Si que t'as un gosse, surveille-le !
C'est � moi d'en r�pondre ? Et ouvre pas ton clapet comme �a !
- Tu es � qui, toi ? - � m'man.
- D'o� tu nous arrives ? - Vorochilovgrad.
- �a te fait quel �ge ? - Trois mois et trois ans.
- Tu t'appelles ? - Boris.
- Comment ? - Boris.
- O� vas-tu, que tu t'es fait beau ? - Y'a un concert � chez vous...
- Apprends donc � mieux mentir. - Bon, bon.
- Marc Alexandrovitch est chez lui ? - Pour l'instant, oui.
Je vous prie.
Merci beaucoup, Anna Mikha�lovna.
Un cadeau pour un gamin. Pour son anniversaire.
Je vois que vous avez bon c�ur.
La symptomatologie de ce type de l�sions combin�es d�pend
de l'importance des modifications structurelles au niveau des jointures...
- Int�ressant mais incompr�hensible. - �a me para�t parfaitement clair.
Dans la pratique clinique, elles ne sont pas toujours r�pertori�es
ce qui fait qu'en �chappant � l'�tude et ne requ�rant pas...
- Qu'est-ce ? - Quelle est cette fantaisie ?
Quelle fantaisie ? Le bonhomme s'est perdu � la gare.
Je veux ma maman !
Il fallait le conduire � l'accueil.
Vas-y toi-m�me � la queuille !
- Petit mal �lev� ! - C'est toi, mal�lv� !
Du calme. Nous allons la retrouver, ta maman.
Seulement il faut que tu te calmes, oui ?
- Le petit, tout petit gar�on... - La ch�vre cornue traverse la rue...
Arr�te ! Tu nous assommes, quoi !
Tiens, prends �a. Joue avec.
Seigneur ! Te voil� un craquelin.
Calmez-le � la fin. Il me cr�ve les tympans !
Il faut bien lui trouver un jouet, n'importe quoi.
Ir�ne, tiens-le un moment.
Je dois encore le tenir... Mais vocif�re pas comme �a !
Donnez-le voir ici.
Viens, mon petiot, viens... Mon petit Boris...
Que je te d�shabille, que je te couche...
Personne n'aurait vu mon �cureuil, par hasard ?
Marc Alexandrovitch l'a pris.
- Pour quoi faire ? - Il cherchait un cadeau pour un gamin.
Mon �cureuil ? Pour un gamin ?
- O� est Marc ? - Je l'ignore.
- O� est Marc ? - Je ne sais pas.
Vous me cachez quelque chose. O� est-il all� ? Tu le sais ?
O� ?
Chez Antonina Nikolaievna, je suppose.
- Antonina Nikolaievna ? Qui est-ce ? - Demande �a � Marc.
- Tu me le dis ! - Commande pas.
Quoi, ton Marc il la fr�quente cette... C'est clair ?
- Tu dis �a comme �a, pour me faire mal ? - Pour quelle raison ?
Expr�s ! Je suis aim�e, j'ai un mari, et toi tu es toujours vieille fille !
V�ronique, comment pouvez-vous dire !
Elle habite pr�s du grand magasin d'alimentation.
La maison basse d'� c�t�. Tu peux v�rifier.
Calmez-vous.
Je ne peux pas laisser �a comme �a.
Marc va rentrer, vous vous expliquerez. Il ne faut pas pr�cipiter les choses.
Toujours attendre. Je ne fais que �a, attendre.
"Assez !
Tr�ve de paroles ! Que se taisent les l�vres !
Elles sont menteuses trop souvent.
Car seuls les yeux aux yeux ne sauraient dire mensonge,
Comme ne saurait mentir regard d'adieu.
Voici les miens, obscurs et tristes,
� croire qu'en eux quelqu'un e�t souffl� la bougie..."
Des soirs comme celui-l�, � L�ningrad, nous prenions une voiture
et nous partions sillonner la ville.
Un tour en auto ! Faites �a pour moi...
Ce n'est pas le moment, ma ch�re.
Une auto vaut son pesant d'or, chaque litre d'essence nous est compt�.
Je vous en supplie, pour moi !
Un camion de pompiers, une ambulance, une benne, n'importe quoi !
Une grande vir�e, envers et contre tout !
Nous deux, � l'oubli de tout le reste ?
Je vais essayer.
Je vous aime !
Excusez-moi, je ne danse pas.
J'ai tout go�t�, je crois...
Sauf, peut-�tre, ces petites noisettes d'or.
Regarde, un billet !
- Des v�ux pour mon anniversaire. - Ah, oui ?
Et mon �cureuil ? O� est mon �cureuil ?
Ne va pas imaginer que...
Il y a un billet... d'un certain Boris...
Mon unique, je te souhaite un bon anniversaire...
En ce jour tu vins au monde...
C'est dur de te quitter
Mais je dois le faire. La guerre !
Je ne peux pas faire autrement.
On ne peut plus vivre comme avant, on ne peut plus s'amuser
au moment o� la mort d�ferle sur notre terre.
Mais notre heure viendra, nous serons encore heureux avec toi.
Je t'aime, j'ai confiance en toi. Ton Boris.
Mais qu'est-ce que tu as, grande b�te ? Rentre � la maison, je te rejoins.
Qu'est-ce qui te prend ?
- D�barrassez-vous. - Merci.
J'ai besoin d'une voiture pour la Philharmonie.
Quelque chose d'extr�mement urgent.
Vous �tes le grand patron, vous ne me refuserez pas ce petit service...
Vous savez les difficult�s que nous connaissons en ce moment.
Pour moi aussi ce fut un probl�me, j'ai d� ramer.
Mais du moment que vous me le demandiez, n'est-ce pas...
- Qu'est-ce que je vous ai demand� ? - La dispense.
Le d�lai de validit� expire,
et cette fois il me sera infiniment plus difficile de la renouveler.
- De quelle dispense parlez-vous ? - Mais pour Marc Alexandrovitch.
Ne vous alarmez pas, cela restera entre nous.
Est-ce possible ? Il nous aurait tromp�s vous et moi ?
Il m'a m�me parl� d'une enveloppe �ventuelle de votre part...
Vous m'excuserez...
Tr�s bien ! Oncle Fiodor, je demande ton assistance.
Elle fait irruption chez des gens qu'elle ne conna�t pas, elle me gifle !
Ferme la porte.
Peut-�tre penses-tu qu'un p�re envoie
volontiers son fils � la guerre ?
Que veux-tu dire ?
Ou bien tu estimes que c'est � d'autres de perdre les bras, les jambes,
les yeux, la vie enfin, pour ta petite existence tranquille, pour ta vie ?!
Et toi, rien ?
Puisque j'ai ma dispense, oncle Fiodor.
Tiens ? Raconte voir comment tu l'as obtenue ?
V�ronique, pourquoi fais-tu cela ?
Ce n'est pas grave. Je loue un coin, j'emm�ne le petit Boris...
C'est peut-�tre � d'autres de se chercher un autre coin ?
Tr�s bien. J'y songeais depuis un bon moment.
Pourquoi ne m'avoir pas mis � la porte quand il est parti ?
Il t'est arriv� malheur.
Ne pourrait te bl�mer qu'un bien triste individu.
Reste chez nous.
Impossible.
Je ne peux plus vivre � la charge d'autrui. Je ne veux pas.
R�fl�chis... R�fl�chis bien.
S'il vous pla�t, c'est ici les Borozdine ?
- Ici. Qui d�sirez-vous voir ? - Fiodor Ivanovitch.
Il est absent pour le moment.
Vous venez de la part de Boris ?
Quel Boris ? Non, j'ai � parler � Fiodor Ivanovitch.
- Mais asseyez-vous donc. - Merci
Fiodor Ivanovitch ne sera plus long.
- J'peux aller m'promener ? - Va.
- Votre fils ? - Mon fils.
Il vous ressemble.
Vous �tes de la famille ?
Non. Ici je suis personne.
Ah, bon... Moi, voyez, j'ai fini ma guerre.
Vous rentrez chez vous ?
�a m'�tonnerait. L�ningrad reste encercl�e.
- Ouais, une mission p�nible... - De quoi parlez-vous ?
� vous, je peux le dire, vous n'�tes pas de la famille.
Le fils de Fiodor Ivanovitch a trouv� la mort.
- O� cela est arriv� ? - � l'ouest de Smolensk.
Que puis-je vous jouer ?
Ce que vous voudrez.
Mais vous avez vu comment on l'a port� en terre ?
Non.
Moi on m'a allong� sur une civi�re et on m'a emport�.
J'ai juste vu comment son copain St�pane s'est approch� de la civi�re...
St�pane...
Maintenant je dois retrouver sa fianc�e.
Si vous saviez comme il l'aimait.
C'est moi.
Quand tu passes � Moscou, viens nous voir, Vladimir.
Merci. Sans faute.
Plus de guerre. Insolite, pas vrai ?
Mais vous, vous l'attendez toujours...
Je l'attends. Si on d�sesp�re, il ne reste plus rien.
Vous croyez que je vous raconte des histoires ?
Qu'avez-vous vu... Comme il a �t� bless�, comme il est tomb� ?
Comme il est mort vous ne l'avez pas vu...
Pourquoi ne vous �crit-il pas, alors ? Rien, pas le plus petit signe ?
Il arrive tant de choses � la guerre. St�pane non plus n'�crit pas.
Mais � l'usine, ils savent qu'il est dans une unit� sp�ciale.
Quand il rentrera, Dacha a promis de nous le dire.
Boris est vivant. Vivant.
Regardez-les !
Ils ont gagn� la guerre !
Kolia, mon enfant... te voici !
Boris !
V�ronique !
St�pane !
Des fleurs... Pour toi.
Allons... Allons...
Tu comprends...
Voil�.
Ma ch�rie � moi !
Nos ch�res m�res, nos fr�res et s�urs !
Notre bonheur est immense.
Chaque citoyen du pays � le c�ur en f�te.
La joie nous remplit et d�borde...
La joie de la victoire.
Nous avons tellement attendu ces instants �mouvants.
Tant de bonheur nous donnerait presque le vertige,
mais jamais nous n'oublierons ceux qui sont rest�s sur le champ de bataille.
Nous reconstruirons avec le temps nos villes, nos villages,
nos blessures se cicatriseront,
mais ne s'�teindra jamais notre sainte haine de la guerre...
Nous partageons comme la n�tre
la douleur de ceux qui ne peuvent comme nous f�ter le retour des leurs.
Et nous ferons tout
pour que les futures promises ne perdent plus jamais leur promis,
pour que les m�res n'aient plus � trembler pour la vie de leurs enfants,
pour que les p�res ne ravalent plus leurs larmes � la d�rob�e.
Nous avons vaincu, nous sommes rest�s vivants pour bien autre chose
que ces destructions - oui, pour construire la vie nouvelle...
Qu'attends-tu ? Pour qui tes fleurs ? Vas-y, donne-les lui.
Merci, s�urette.
Comme tu es jolie, ma petite-fille, ah !
�a, tu es belle !
Regarde ! Un vol de cigognes dans le ciel de Moscou...
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