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QUI DONC A VU MA BELLE ?
Voici une histoire d'argent...
�A VOUS RAPPELLE QUELQUE CHOSE ?
TARRYTOWN, �TAT DE NY
Fin des ann�es 1920
"Ceci est mon testament par lequel je d�clare :
"Premi�rement, je l�gue � M. Et Mme Charles Blaisdell..."
Avec deux "L".
C'est fait.
"R�sidant � Hilverton, toute ma fortune qui se... "
Je connais la valeur de mon h�ritage.
M. Fulton...
Le Dr Wallace.
Qu'il entre !
- Bonjour, docteur. - Bonjour, Norton.
Sam, comment allons-nous ?
Vous, pas mal. Moi, malade comme un chien.
Vous iriez mieux si vous a�riez.
Non ! Le vent va m'emporter.
Vous sortiriez enfin du lit.
Vous voulez me tuer !
Mon testament est pr�t ?
Oui, M. Fulton.
Ni crudit�s, ni alcool, ni tabac, ni soucis.
Vous vivrez vieux.
Les Blaisdell sont de votre famille ?
Vous savez bien que je n'ai aucune famille.
Alors, pourquoi ce legs ?
Par gratitude. C'est gr�ce � la m�re de Mme Blaisdell que je suis riche.
Je l'aimais, quand j'�tais jeune.
Je vous croyais incapable d'aimer.
Vraiment ?
Temp�rature normale, �videmment.
Qu'est-ce que c'est que �a ?
Huit ? Vous n'avez droit qu'� un cigare par jour !
J'ai 6 mois d'avance.
C'�tait � la biblioth�que, le jour o� je l'ai rencontr�e.
Elle a l'air en bonne sant�.
Ravissante, si j'ose dire.
Oser ? Vous devez le dire !
Elle �tait l'incarnation du mot "adorable".
Il fallait l'�pouser.
J'ai essay�.
Elle m'a pr�f �r� un comptable
qui gagnait 30$ par semaine !
Vous l�guez votre fortune � sa famille
parce qu'elle a dit "non" ?
Parfaitement. Si Millicent m'avait dit "oui",
j'aurais pass� ma vie � Hilverton
� gagner 40$ par semaine.
Elle a dit non, je suis parti.
Chercher du p�trole en Alaska, de l'or au Texas.
C'est comme �a que j'ai fait fortune.
Vous l'avez revue ?
Jamais. Elle est morte il y a quelques ann�es,
peu apr�s son mari.
Sa fille, Harriet, est mari�e � Charles Blaisdell.
Vous devriez faire leur connaissance.
Moi, malade, aller � Hilverton pour enqu�ter ?
Pourquoi pas ? Rasez-vous, vous serez m�connaissable.
Bonne id�e ! Voyagez donc un peu.
Soignez votre moral : Cueillez des fleurs sauvages.
Des fleurs ? Sacr� docteur !
Vous me savez allergique aux fleurs !
Devenez peintre, �crivain, ma�on !
Oubliez vos affaires.
Si elle avait dit oui, �'aurait pu �tre votre famille.
J'y ai souvent pens�.
Et si c'�taient des ivrognes qui dilapident votre h�ritage ?
Lmpossible.
C'est votre argent.
Et comment !
Les enfants de Millie, des ivrognes !
- Beurk ! - Bye !
Pr�t � signer ?
Rien ne presse !
Ce n'est pas vous qui h�ritez. Dehors !
BIBLIOTH�QUE MUNICIPALE
40 ans... et il me semble que c'�tait hier.
Quoi donc ?
La derni�re fois que j'ai emprunt� un livre, c'�tait il y a 40 ans.
40 ans ?
� 2 cents par jour, vous leur devez une fortune !
�a va, Fred ?
Tr�s bien, Miss Blaisdell.
Blaisdell ?
Millie Blaisdell.
Allez, remuez les pieds !
Pour vous en coller un au derri�re !
Bien dit, papy !
Betty veut un chocolat-vanille.
Non, un vanille-chocolat.
Et ma glace, Dan !
Chacun son tour ! D'abord Charlie.
J'arrive, Dan.
- J'esp�re qu'elle gu�rira. - Merci, Charlie.
Tu peux m'emballer des m�dicaments ?
- Monsieur ? - Une bo�te d'aspirine.
- Mal de t�te ? - Quand je vois cette fr�n�sie, oui.
Je n'aime pas �a non plus mais �a rapporte plus que tout.
Pharmacie Blaisdell.
Bonjour, Harriet. Oui, elle est ici.
Je lui dis.
- C'est maman ? - Elle veut que tu rentres.
J'y vais. Au revoir, papa.
�a fait 15 cents.
15 cents ? � New York, je paie �a 14 cents !
Si vous voulez payer 11$ pour aller � New York, faites donc.
Je te vois ce soir ?
Bien s�r. � 20h.
Un double bicarbonate.
- Il y a un bon film, ce soir. - Lequel ?
"Qui de vous a vu Kelly ?"
Il para�t que c'est tr�s dr�le.
Rendez-vous � 20h.
Et mon soda ?
Un double bicarbonate.
Qu'est-ce que c'est ?
Le meilleur bicarbonate de ma vie !
Merci.
Monsieur !
10 cents, le double bicarbonate.
�a les vaut pas.
Ce serait pour une petite annonce.
Maman ! Le journal.
� quelle heure Dan vient-il ?
� 20h, on va au cin�ma.
"Qui de vous a vu Kelly ?"
J'y vais !
Bonsoir, jeune fille. Puis-je savoir ton nom ?
Roberta. Et le v�tre ?
M. Smith. John Smith.
L'amoureux de la reine Pocahontas ?
Ai-je l'air d'avoir 300 ans ? Ne r�ponds pas !
Ta maman est l� ?
Madame Blaisdell ?
Je viens au sujet de votre annonce.
"� louer : Belle chambre, excellents repas."
Vous faites s�rement erreur.
Non, c'est dans "Le Courrier". Regardez.
C'est l�, en toutes lettres.
"� louer : Belle chambre, excellents repas. 8$ la semaine.
302, Maple Street." C'est notre adresse.
C'est peut-�tre papa, il dit qu'on manque d'argent.
Il ne ferait pas �a sans nous le dire.
Veuillez me conduire.
Je ne prends personne en pension.
Alors pourquoi cette annonce ?
Comprenez-vous qu'une fausse annonce
peut vous mener en correctionnelle ?
- Je n'y suis pour rien. - C'est peut-�tre une blague.
Tr�s dr�le, mais montrez-moi ma chambre.
Je n'en ai pas de libre.
Dans une si grande maison, on ne manque pas de chambres.
La pi�ce pr�s du grenier,
o� grand-m�re vivait apr�s la mort de grand-p�re.
Parfait, je la prends.
- Laissez passer. - Je vous y conduis.
Voici une semaine d'avance.
D�posez le re�u dans ma chambre.
- � quelle heure d�ne-t-on ? - 19h.
19h ? D'habitude je d�ne � 18h30.
Mais je survivrai jusque-l�.
Vous vous plairez, ici. La vue est magnifique.
Et le balcon est agr�able.
Grand-m�re adorait s'asseoir ici.
Permettez...
- Arr�te, Penny ! - Pourquoi aboie-t-elle ?
Pas "elle". Il aboie parce que c'est son lit.
Il faudra que je dorme avec lui ?
Non. Il dort seul.
C'est un amour de chien.
Papa dit que c'est un pur corniaud.
C'est quoi ?
Un chevalet. Je suis artiste-peintre.
Pas possible !
Un vrai artiste va vivre chez nous.
Penny, ce n'est pas un journal.
"Comment peindre en 10 le�ons".
�crit par moi, anonymement.
J'�tais professeur � Paris.
Oui, Paris. Figure-toi que...
Grand-m�re. Morte quand j'avais 6 ans.
Superbe. Loin des gar�onnes actuelles.
Je ne tiens pas d'elle.
Mais Millie, ma s�ur, lui ressemble beaucoup.
Je voudrais �tre aussi belle.
�a viendra en grandissant.
Je sens que tu seras captivante.
C'est bon ou mauvais ?
Bon pour toi, mauvais pour les gar�ons.
Il fallait leur demander qui a pass� l'annonce.
Je l'ai fait, mais cette personne est partie.
Que vont penser nos amis ?
Les meilleures familles ne font pas �a.
Tu veux dire "les plus riches" ?
Ne mets pas des poils partout.
Ces poils valent bien tes fausses notes !
C'est ridicule !
Je vais lui dire de partir tout de suite.
Il a d�j� pay�.
- Elle lui a fait un re�u. - Quoi ?
Bon sang !
Je me suis fait une raison.
Cette chambre est vide et pour les �tudes des enfants
ces dollars sont bienvenus, et il me faut un manteau.
Je ne veux pas de pensionnaire.
J'ai toujours gagn� assez pour ma famille.
D'accord pour une semaine. Ensuite, dehors !
Voici mon mari et mon fils, Howard.
Enchant�. Je sens que nous allons bien nous entendre.
Le d�ner est bien � 19h ?
Un peu plus tard, ce soir.
En attendant, je finis de d�faire ma valise.
Soyez assez bons pour m'appeler.
M. Smith est un artiste, un grand artiste !
Il a fait le tour du monde.
Paris, Londres, New York.. Partout !
C'est un sacr� artiste, ton M. Smith...
un grand de la resquille !
Il a chipot� pour 1 penny sur de l'aspirine.
Ensuite, il a essay� de filer sans payer Dan.
Cache l'argenterie, maman.
Il semble si gentil !
Je le pr�f �re aux autres gar�ons.
En tous cas, je vais le surveiller.
Il m'a tout l'air d'un sacr� roublard.
On ne chante pas � table, Roberta.
J'ai oubli� de vous dire : Je dois �viter la nourriture habituelle.
Il me faut uniquement des �ufs, du lait, de la pur�e de bananes...
Veuillez reprendre ceci...
On n'est pas au restaurant.
On mange tous pareil, ou rien.
Go�tez, M. Smith.
Maman fait le meilleur civet d'Hilverton.
- J'aimerais avoir une voiture. - Moi aussi.
Tous mes copains en ont une.
Alors change de copains.
On vient de t'acheter un manteau de raton laveur.
Il est d�j� us�.
Us� � force de le brosser.
Je voudrais qu'on n'ait plus � payer de factures.
Il n'y a aucune honte � �tre pauvre, ne l'oublie pas.
C'est le seul bon c�t� de la chose.
Je r�ponds.
- �a vous pla�t ? - C'est mangeable.
Oui, Carl, elle est l�.
Je vous l'appelle.
Millicent !
C'est Carl.
Que veut-il ?
Puis-je prendre un message pour elle ?
Elle sera ravie de vous voir.
Vers 19h45 ?
Parfait. Elle sera pr�te.
Mais je sors avec Dan !
J'ai oubli�.
Elle n'avait pas oubli�.
Elle veut que ma s�ur fr�quente Carl, qui est riche.
Doit-elle l'�pouser pour �a ?
Quand j'aurai fini �a, je te donnerai mon avis.
- Que fais-tu ? - Je rappelle pour d�commander.
Non, tu le vexerais.
Tu peux accepter, pour une fois.
Elle a rendez-vous avec Dan !
Elle le voit tout le temps. Carl Pennock n'appelle pas souvent.
Tu devrais �tre flatt�e.
Les Pennock sont des notables.
Je m'en moque, je n'irai pas.
Millie, fais �a pour moi.
Tu veux que je passe pour une imb�cile ?
Mais non !
Carl est si gentil, si distingu� !
Tu l'appr�cieras, en le connaissant mieux.
Va vite t'habiller.
Et Dan, dans tout �a ?
Je m'en charge. Tu seras partie avant qu'il n'arrive.
Bon, d'accord.
Mets ta robe du soir.
Celle qui t'arrive aux genoux.
Il faut que tout soit impeccable quand Carl arrivera.
- Bonsoir, m�me. - M�me vous-m�me.
Ton sheikh est l� !
J'arrive.
Entrez donc.
Ta nouvelle auto vaut de l'or.
Je t'emm�nerai, un jour.
M. Smith, voici M. Pennock.
Comment allez-vous ?
M. Smith passe quelques jours ici.
C'est... un vieil ami.
Oui, depuis 3 heures.
Oh l� l�, c'est le chic du chic !
Merci, Carl.
Bonsoir � tous.
Amusez-vous bien.
Ne rentrez pas trop tard.
En 5 minutes, il va l'entortiller.
Il a l'air agr�able,
mais je ne suis pas s�r qu'il me plaise.
Merci.
Je sais ce que je fais.
Ma fille ne fera pas la m�me erreur que ma m�re.
Vous savez quoi ?
Grand-m�re aurait pu �pouser Samuel G. Fulton.
- Qui ? - Le plus riche des hommes.
Elle a choisi le plus pauvre.
Ce n'�tait pas le plus pauvre.
Vraiment ?
Votre m�re aurait pu �pouser le fameux Fulton ?
Oui. Mais elle ne l'aimait pas et elle a choisi mon p�re.
� l'�poque, Fulton n'�tait pas riche.
Mais on voyait bien qu'il r�ussirait.
Mon p�re est rest� comptable toute sa vie.
Je suis contente qu'elle l'ait �pous�.
J'ai vu M. Fulton en photo, il faut voir sa barbe !
Si grand-m�re l'avait �pous�, j'aurais de la barbe.
Roberta, va au lit.
Il n'est m�me pas 20h.
Ta m�re �tait heureuse avec ton p�re m�me s'il gagnait 35$ par semaine.
La vie �tait moins ch�re, alors.
Vois les prix, de nos jours.
La viande, 35 cents la livre. Le bacon, 32. Les �ufs, 33 les douze.
Il faut �tre millionnaire pour joindre les deux bouts.
C'est s�rement Dan !
Bonjour, Millie est pr�te ?
Elle est d�j� partie.
Millie vous prie de l'excuser.
Elle avait d�j� rendez-vous.
- Avec qui ? - Carl Pennock.
Ce mollusque !
Nous devions aller au cin�ma.
J'irai seul.
Gardez espoir, seuls les braves m�ritent les belles.
Et seuls les braves vivent avec certaines belles.
Bonsoir.
Charmante famille, Millicent.
Ce serait la mienne si tu avais �t� moins but�e.
Il me faut donc dormir avec toi.
Peur ?
Non. J'adore me faire �craser.
Et moi, j'adore votre sens de l'humour.
Il lui en faut, avec vous.
Silence, sale gosse.
On va faire un tour.
D�sol�e, maman m'attend.
Non, elle sait que je viens vous chercher.
D'accord.
Je serai � la maison dans une heure.
Elle ne rentrera pas d�ner. Ouste !
O� allez-vous ?
Me promener.
Mais nous devions peindre ensemble. Je sais !
Prenons notre mat�riel et allons sur le Mont Indian.
Pas aujourd'hui.
Je suis fatigu�, je vais rester � la maison.
Tant mieux ! On se mettra sur votre balcon.
La vue est tr�s belle. Venez !
Prenons cette grange.
Commencez, je vous copierai.
Non. Chacun son style. Commence.
Fais � ta fa�on, et moi � la mienne.
Comme vous me manquerez, demain.
Pourquoi, tu pars ?
Pas moi. Vous.
Papa a dit � maman que vous partiez demain, cr�nom.
Qui sait ce que �a veut dire.
Penny aussi vous regrettera.
N'est-ce pas ?
�a vous pla�t, pour l'instant ?
Bravo ! Je n'aurais pas pu faire �a quand j'avais ton �ge.
�videmment, la grange n'est l� que depuis 3 ans.
Voyons le v�tre.
Qu'est-ce que c'est ?
Du surr�alisme.
Une nouvelle �cole, fond�e � Paris.
On peint ce que l'on sent en dedans.
Du moins, c'est ce qu'ils disent.
Et c'est �a que vous sentez ?
Oui.
Vous devez �tre d�boussol� !
Vous allez l'encadrer pour chez vous ?
Non. Je ne peux vraiment pas l'encadrer.
Que fais-tu ?
Il est moche, surtout compar� au v�tre.
Quel g�chis. Ce papier vaut au moins 2 cents.
Tu aurais pu utiliser l'envers.
Papa m'en rach�tera.
Si seulement j'avais un riche papa !
Voil� le cadre dont je vous ai parl�.
Il serait parfait pour votre peinture.
Et �a ne vous co�terait rien.
Il est tr�s joli.
N'est-ce pas ?
Vraiment, tr�s joli cadre.
Tu me donnes le cadre Circ� pour M. Smith ?
Une seconde !
On va devoir attendre encore longtemps ?
D�sol�.
- C'est vraiment un bar ? - Un peu de patience !
Ma derni�re importation.
Papa, tu me le donnes ?
Allons ailleurs !
L� o� on sera servis.
Merci beaucoup, Miss Gates.
Pourquoi Dan n'est-il pas l� ?
Il livre un m�dicament.
Des clients sont entr�s
et je n'ai pu servir au bar.
Engagez un gar�on.
J'ai essay� mais je ne peux payer que 12$ la semaine
et personne n'est int�ress�.
De mon temps, ce n'�tait pas mal.
Et du mien, encore mieux.
Dommage, vous y perdez beaucoup.
Je sais !
Travaillez pour papa.
Moi, barman ?
Je ne connais pas la diff �rence entre un "Parfait" et un soda.
Il y a 5 cents de diff �rence. Dan vous expliquera �a.
Vous aurez 12$ par semaine. �a ira ?
Je vous fais une offre :
Au lieu du salaire, je continue � vivre chez vous
et vous me payez 5$ la semaine.
Cela �quivaut � 13$ par semaine. Un dollar de plus !
� prendre ou � laisser.
Accepte !
Vous ach�terez du papier � dessin et on peindra.
Vous �tes dur en affaires mais j'accepte.
Il faut aussi nettoyer, livrer les clients malades.
Nettoyer et livrer ?
� prendre ou � laisser.
Acceptez, M. Smith.
Bien. J'accepte.
Achetez un autre v�lo, il n'est pas � ma taille.
- Voici notre nouveau barman. - Lui ?
C'est mieux que rien.
Venez, papy.
Dites au revoir au cigare et � votre veste.
Un "D�lice Tutti Frutti". Chaud devant !
Il s'appelle revient.
Tricheuse.
� vous.
Un "D�lice Tutti Frutti". Chaud devant !
Regardez : Une "Fraise-Surprise".
� vous.
Regardez :
Une "Fraise-Surprise".
On recommence. Une "Fraise"...
"Surprise" !
Un "V�suve".
Allez...
Un "V�suve".
- Pour toi, Tony ! - Merci, papy.
Un chocolat malt�. Plein de chocolat, de lait, 4 cuill�r�es de malt,
deux boules vanille, une m�lang�e et l'autre � part.
Venez donc mercredi pour un essayage, merci.
- Dan est l� ? - Il est en cong�.
Allez voir � la biblioth�que.
Merci, M. Smith.
Que lis-tu ?
"Charme".
Ce que je n'ai semble-t-il pas.
Mais si, Dan.
Tu en as plein.
Mais pas autant que Carl.
Quand je pense qu'il proclame que tu es sa nana !
C'est faux ! Enfin, ce n'est plus vrai.
C'est vrai ?
Tu le vois enfin comme il est ?
Et ta m�re ?
Elle en veut aux Pennock qui font une r�ception sans moi.
Silence, c'est une biblioth�que.
D�sol�. Allons dehors.
D�sol�.
Donne-moi un baiser, tu veux bien ?
Il n'y a pas de mal � se faire du bien
�a alors, tu as refus� !
Pourtant tu as tout � y gagner...
Serre-moi fort, tu veux bien ?
Pour toi je suis capable de tout
mais je ne te demande pas la lune
Qu'est-ce qu'un petit baiser entre deux amoureux ?
Donne-moi un baiser, tu veux bien ?
Je te le rendrai sans h�siter...
Merci bien !
Si on �tait riches, ils verraient un peu !
Traiter ma fille comme une...
Devinez !
Je suis fianc�e !
Pour te marier ?
En voil�, une question !
�a va de soi.
Pas d'objection ?
Non, bien s�r ! Mes f �licitations.
C'est merveilleux !
Fianc�e... c'est presque aussi bien que mari�e !
C'est souvent mieux.
- Tous mes v�ux de bonheur. - Merci, papy.
Ton fianc�, c'est Dan ?
N'est-ce pas merveilleux ?
Il me l'a demand� devant la caserne, j'ai couru pour vous le dire.
Pourquoi pleurer ?
J'esp�rais pour elle un mari qui lui donne ce que je n'ai pas eu.
Tu me froisses.
Bon, ma ch�rie.
Ton p�re semble approuver.
Je te souhaite un grand bonheur.
Merci, maman.
Dan peut-il d�ner avec nous ?
Maman t'invite � d�ner. Il y a des hamburgers.
Puisqu'il va devenir mon gendre,
autant m'habituer � le voir ici.
- C'est sans espoir. - Je le crains.
Buvons aux heureux fianc�s !
Howard, baisse les stores ou on nous arr�tera.
� M. Smith !
� l'avenir de Mme Dan Stebbins !
- Bonne chance, vous deux. - Merci, M. Blaisdell.
"Mme Dan Stebbins", c'est merveilleux !
Tous mes v�ux.
Merci, Howard.
Pas mal, hein ? Du bon gin de contrebande.
Qui se boit � contre-c�ur !
J'y vais !
Cache �a, c'est peut-�tre la police.
Bonsoir. Je suis bien chez les Blaisdell ?
Puis-je les voir ?
Oui. Ma s�ur vient de se fiancer en plein d�ner.
J'esp�re ne pas d�ranger.
C'est lui.
Enchant�. Edward Norton, avou� du cabinet Hamilton.
Si c'est pour mon hypoth�que,
je r�glerai dans quelques jours.
Les affaires, en ce moment...
Ce n'est pas du tout cela.
Veuillez vous asseoir.
Ma femme.
Mes hommages, Madame.
Mon fils Howard.
Mes filles, Roberta et Millicent.
Mon futur gendre, Dan Stebbins.
Enchant�, M. Stebbins.
M. Smith. Il habite avec nous.
Quel nom, d�j� ?
S.M.I.T.H.
Pr�nom : John. John Smith.
Et je ne n'ai jamais �t� l'amoureux de Pocahontas.
C'est le barman de papa.
Barman ?
L'un des meilleurs. Si vous restez en ville,
venez go�ter mon "D�lice Tutti Frutti".
Que nous vaut l'honneur ?
J'ai mission de vous remettre ce ch�que.
C'est de la publicit� ?
Je connais : "Avec ce ch�que, le frigidaire passe de 75 � 60$".
Madame, lisez donc.
"Payez � M. Et Mme Blaisdell
100000 dollars.
Hamilton Trust Company."
Je ne comprends pas. De quoi s'agit-il ?
Cet argent est � vous. Vous pouvez en disposer.
Cette signature m'est inconnue.
C'est un ch�que de caisse.
Mais qui nous en fait cadeau ?
Il m'est interdit de le r�v�ler.
Je peux seulement vous dire que c'est un riche excentrique.
Il est... ?
Eh bien, disons que son attitude est pour le moins bizarre.
C'est un dingue.
Pourquoi cet excentrique nous donne-t-il cet argent ?
T�l�phonez � M. Parker, directeur de la banque.
C'est lui qui g�re mon hypoth�que.
C'est notre repr�sentant.
Je viens de chez lui, il sait que ce ch�que sera d�pos�.
Le 396.
Un cigare, M. Norton ?
5 cents les deux. On les appelle "Naus�a Bons".
Le docteur vous d�fend le cigare.
N'�coutez jamais les docteurs. Faites comme moi.
J'ai chez moi un M. Edward Norton.
C'est vrai ?
Je vois. Donc, c'est certifi� ?
Je vous verrai d�s demain matin.
Cent mille dollars...
� nous !
Touchez pas � mon ch�que !
Navr� de vous causer un malaise.
"Navr�", M. Norton ?
Toute ma vie, j'ai esp�r�, j'ai r�v�
que tout � coup je devenais riche,
et voil� que cela arrive !
Maman !
Du caf � ?
� manger ?
Je n'ai pas le temps.
Mme Blaisdell fait un excellent civet.
Il faut le go�ter.
- Du civet ? - Je ne m'en lasse pas.
Prends le champagne
sous mon lit. Rafra�chis-le.
Vous prendrez bien une coupe.
On m'attend � New York demain matin.
Navr� de renoncer � votre "Tutti Frutti".
Dommage !
Remerciez le donateur, quel qu'il soit.
Je vous reconduis.
- Quand repartez-vous ? - Pas tout de suite.
J'ai trouv� le champagne !
Je veux voir un peu ce qu'ils...
Tais-toi, Penny !
Il est � vous ?
Non. Je partage seulement son lit.
Arr�te de nous espionner !
Va-t'en.
Charmante famille. Pourvu que l'argent ne les change pas.
Non, si je suis bon juge.
Vous avez l'air en forme,
malgr� les civets, les cigares et le travail de barman.
Peut-�tre � cause de tout �a ! J'oubliais.
Faites-vous rembourser ces m�dicaments. Je n'en prends plus.
Que va-t-on faire de cet argent ?
D'abord, on quittera cette vieille maison.
On en ach�tera une au sommet de la colline, parmi l'�lite.
On aura une voiture.
- Un chauffeur. - Deux !
Des v�tements neufs, tout sera tout neuf !
Il faut d'abord lever l'hypoth�que sur le magasin.
Tu vas le vendre !
Qu'est-ce que tu dis ?
Il repr�sente 20 ans de ma vie.
Il faut �tablir notre situation mondaine.
C'est impossible, si tu restes commer�ant.
Ils vont voir, les Pennock !
Ma fille ne vaut pas leur Carl ?
Et si Carl ne valait pas ma fille ?
Quoi, Carl ? Elle est fianc�e avec Dan !
C'�tait avant que nous soyons riches.
On va �voluer dans un monde diff �rent.
Dan ne pourrait t'offrir tout cela.
Vous ne voulez pas qu'on dise que c'est un mariage d'argent.
Ne vous en faites pas,
personne ne dira �a de moi.
Ta m�re a raison, ce ch�que a tout chang�.
Je ne puis �pouser une riche !
Tu vois le r�sultat !
Harriet, tu n'as pas le droit...
Si. Je voulais pour elle ce qu'il y a de mieux.
Maintenant, je peux te le donner.
Tu as tout g�ch� !
�a y est, il est bien frais.
Trop tard, ils sont partis.
Je le remets sous le lit.
M. Smith, quel bonheur ! Nous sommes millionnaires.
Pas tout � fait. Vous n'avez que 100000$.
Pour �tre millionnaire, il en faut au moins 200000.
Penny, nous sommes riches !
Tu mangeras toujours du steak.
Tu vas remplacer ce b�tard par deux caniches fran�ais.
Des caniches fran�ais ? Je ne parle pas fran�ais.
Je ne veux pas de caniches fran�ais.
Je ne les aime pas !
Roberta, tous les gens bien en ont.
Je veux garder Penny !
La soir�e a �t� mouvement�e.
Je vais dormir. Bonsoir.
Cherchez une autre pension sans tarder.
Pourquoi ? Je suis tr�s bien ici.
Nous sommes riches, je cesse de tenir pension.
Un bienfaiteur inconnu enrichit les Blaisdell
Splendide ! Je prends.
Une cr�ation de Paris.
Je prends.
Charmant pour ma fille.
- Combien ? - 200 dollars.
C'est donn� ! Je prends.
Il me la faut. Ne suis-je pas sublime en vert ?
On dit qu'il s'agit de 250000 dollars.
Une veine, pour eux ! 500000 dollars.
On m'a dit 750000 dollars.
- Si �a m'arrivait... - Ou � moi !
Un million de dollars en esp�ces.
Imaginez un peu...
1 million de dollars !
� VENDRE
Entrez et regardez-moi �a !
Admirez cette superbe entr�e.
Remarquez l'escalier arrondi.
Et l'architecture !
Vous allez vous plaire, ici.
La plus grande maison de la ville.
Et le plus gros prix.
- Bien plus grand que chez Pennock. - N'est-ce pas ?
Nous la prenons et je sais d�j� comment je meublerai.
- En moderne. - J'aime le Louis XIV.
On en mettra un peu aussi. On peut tout se permettre !
Bonjour.
Ils ont vraiment re�u un million d'un oncle chercheur d'or en Alaska ?
On m'a parl� d'un cousin du Texas et de p�trole.
J'ignore d'o� �a vient,
mais il s'agirait, d'apr�s Howard,
de plusieurs millions de dollars.
Plusieurs millions ?
Votre Carl est si beau gar�on !
Millicent est un ange.
C'est s�rieux ?
Tout Hilverton en parlera...
un mariage Pennock-Blaisdell.
Un cocktail "Pink Lady" ?
J'adore !
Se�or Alvarez, madame.
Faites entrer.
Enchant�, madame.
Quatre dames adorables...
je suis combl� !
Se�or, vous �tes tr�s charmant.
Pouvez-vous dire � vos gens de faire de la place ?
Vous �tes fort aimable.
Musique.
L'essence du tango,
c'est l'aisance, glisser dans un mouvement perp�tuel.
Vous dansez ?
Joue contre joue.
- Facile, n'est-ce pas ? - Si !
C'est fini ! Qu'elle �pouse son Carl.
- Tant mieux pour vous. - Comment �a ?
R�fl�chissez, petit.
Mari�, vous serez clou� ici pour toujours.
Mais sans attaches vous pouvez aller partout,
saisir votre chance, et m�me devenir millionnaire.
Sans attaches, pourquoi n'�tes-vous pas millionnaire ?
Tais-toi, Penny ! Entrez.
�a va, Roberta ?
Penny, mon vieux Penny !
Tu me manques ! Je suis contente de te voir.
M. Smith s'occupe bien de toi ?
Tu as grossi.
Bien s�r ! Il mange n'importe quoi.
Y compris 2 pantalons et mes 3 plus belles chemises.
Cette chambre est un vrai bazar.
Vous ne rangez jamais ?
Si, le dimanche. Millicent va bien ?
Qui sait ? Elle est tout le temps avec Carl.
Ce soir, ils vont "Chez Joe".
Un bar clandestin.
Millie n'en a jamais vu
et Carl dit qu'il est temps.
Sors avec elle.
Elle dit qu'elle te pr�f �re � Carl.
Je me fiche de ce qu'elle dit, fait ou aime.
Retournons au travail.
Je peux donner un bain � Penny ?
Mais oui ! Au revoir, et remercie Howard
pour son vieux manteau.
J'ai un cadeau pour vous.
Deux cigares.
- D'o� viennent-ils ? - De la bo�te � cigares de papa.
On a les moyens, on est millionnaires.
Un "D�lice Tutti Frutti".
Buvez pas mes b�n�fices !
Bien, M. Quinn...
Grippe-sou !
Bonsoir, papy !
Un caf � et un beignet.
O� est Mike ?
Je patrouille tout seul.
Il va encore �tre papa ?
Il fait une rafle dans un bar clandestin.
Les rafles, c'est quand l'alcool est livr� en retard ?
La prohibition, tout le monde en rigole
mais les clients de Joe rigoleront moins, en prison.
Ils le m�ritent. Vous avez dit "Chez Joe" ?
Quel Joe ?
Rue Sutton, � c�t� du coiffeur Joe.
C'est dingue, tous les commerces s'appellent "Joe" !
Je dois partir. Fermez pour moi.
O� allez-vous ?
Je l'envoie livrer.
Alors, vite. Et ne tra�nez pas en route.
Je me demande parfois s'il n'est pas compl�tement toqu� !
- Benny m'envoie. - Connais pas de Benny.
O� est la camelote ? Am�ne-la !
J'ai d�j� d� le diluer 3 fois. Fais vite !
Sam m'envoie.
Connais pas de Sam.
Peu importe ! Je veux entrer.
Ne frappez plus sur cette porte ou je vous assomme avec.
On est amis de Sweeney.
M. Sweeney est mon meilleur ami. Il vous dit bonjour.
Fallait le dire.
J'avais oubli� son nom.
Pardon.
Ouste ! �a peut �tre contagieux.
�a vous g�ne ?
Non, mais vous risquez un rhume.
Il a 2 mois d'�ge.
Filez, la police arrive.
Pas de baratin !
Vous me prendrez pas ma nana !
Vous avez un sacr� culot.
Par cette fen�tre !
Encerclez-les.
Occup�.
Faut que je sorte !
Pas de mal ?
Non. Partez vite !
Vous, papy ?
Allez... en route !
Voil�, j'arrive.
Vous n'avez pas honte ?
Si, Votre Honneur.
Pas �tonnant que notre jeunesse
se baptise "g�n�ration perdue"
quand un homme de votre �ge
transgresse les lois de son pays.
Vous �tes un exemple affreux.
Mais...
30 jours ou 50 dollars.
Affaire suivante.
John Smith, votre amende est pay�e.
Viens, fiston.
Ce salaud de Carl... J'aimerais lui flanquer une racl�e !
Je venais voir si je pouvais vous aider.
Il ne fallait pas venir, il fallait juste payer.
Dan l'a fait.
Combien �tait-ce ?
Millicent, j'ai agi par amiti� pour lui,
pas pour me faire rembourser.
Pas la peine d'�tre m�chant.
Je ne suis pas m�chant mais �tre riche ne te...
Pas de dispute � cause de moi !
J'ai quelques petites �conomies.
Je vous rembourserai � la maison.
Votre m�re ne sait rien ?
Je voulais lui dire mais Carl m'a fait jurer de ne rien dire.
C'est s�rement mieux. Plus de bo�tes de nuit !
Plus je vois ce Pennock et moins il me pla�t.
Il doit avoir une t�te en li�ge
� force de t�ter le goulot d'une bouteille !
Voil� la derni�re brosse � dents.
Pardon.
Je vous la recommande fortement.
M. Batson, laissez-moi encore une semaine...
Demain ?
Je ne suis pas s�r de l'avoir � temps.
Bien, M. Batson.
Je vais essayer.
Howard,
puis-je vous aider ?
Oui, si vous avez 2000 dollars.
2000 dollars ?
Perdus au jeu ?
- Comment le savez-vous ? - Je vous ai entendu.
Vous parliez � Batson, non ?
J'en ai entendu parler.
Il tient un tripot de poker.
Je ne sais que faire.
Je ne pensais pas perdre autant.
Je me suis enfonc� de plus en plus.
J'ai sign� un re�u.
Et votre p�re ?
Je ne veux pas qu'il sache.
Mais Batson me menace d'aller tout lui dire.
Si j'avais �t� avec vous...
Qu'auriez-vous pu faire ?
Je connais le poker.
�tant jeune, je jouais chaque soir, dans le Yukon.
On y joue tous les soirs, l�-bas, car les nuits durent 6 mois.
Je suis devenu un pro.
Une fois, j'ai jou� trois mois sans arr�t.
C'est trop tard.
Oubliez ce que je vous ai dit.
Je n'y connais pas grand-chose.
Excusez-moi si je suis un peu lent.
�a va, prenez votre temps.
Le maire est sinc�re quand il dit qu'il ne se pr�sentera pas ?
Assez parl� politique. On joue, oui ou non ?
Pardon.
�a me fait tout dr�le, de distribuer les cartes.
Rassurez-vous, c'est un jeu honn�te.
N'est-ce pas ?
Voil�.
Il manque une carte.
C'est vrai, on en prend cinq.
Exact.
- Batson, qui est ce vieux ? - Un nouveau pigeon.
Voyons �a, M. Smith.
J'ai mille bombardes.
"Mille bombardes" ? Qu'est-ce que c'est ?
Je croyais que vous connaissiez le poker.
Trois 5 et une paire d'as.
Je n'ai que trois rois.
Gardez-les pour les encadrer.
On continue.
Voil�, 2300$.
Effacez la dette d'Howard et donnez-moi le reste en liquide.
Merci, messieurs. Je me suis rarement autant amus�.
- Je rentre. - Mille bombardes vous attendent ?
- Voici la dette. - Et les dollars ?
- Puis-je vous aider ? - Merci.
Je vous ai d�j� vu ?
J'ai eu le plaisir de vous parler apr�s la rafle de "Chez Joe".
Je m'en souviens.
De toute �vidence, vous �tes un d�linquant endurci.
Dieu seul sait ce que vous ferez encore.
Vous �tes un danger public.
Que je ne vous revoie plus !
100 dollars ou 60 jours.
John Smith !
Votre amende est pay�e.
N'oublie pas ton vison !
Tu vas nous manquer !
Tout le plaisir �tait pour moi.
Papy, si �a continue vous allez me ruiner.
Quinn est au courant. Il vous virerait si je ne partais pas.
- Vous d�missionnez ? - Dans deux semaines.
O� allez-vous ?
N'importe o�, mais loin de Hilverton.
Loin de Millicent.
Quand on a rompu, vous m'avez dit de partir
et que sans attaches, je serais libre de devenir millionnaire.
J'ai d�cid� que vous aviez raison.
J'ai d�cid� que j'avais tort.
Millie �pouserait Carl et vous le regretteriez � jamais.
L'argent n'est pas tout. On peut �tre riche et malheureux.
Au moins, on peut choisir la couleur de son malheur.
J'essaie juste de vous faire part de mon exp�rience.
Vous devez �tre un imposteur.
Comment cela ?
Vous n'�tes pas peintre mais pasteur.
Ah bon...
Bonsoir, jeune homme.
On livre par l'entr�e de service.
Impertinent.
Qu'y a-t-il, M. Smith ?
J'ai rendez-vous avec Millicent et votre laquais m'envoie derri�re !
N'y faites pas attention.
Vous faire passer par derri�re !
Vous vous souvenez de notre conversation au sujet...
des 2000$ que je devais � Batson ?
Celui qui a votre reconnaissance de dette ?
La police y a fait une rafle. Vous saviez ?
Moi ? Non.
J'ignore tout des tripots.
Mon re�u m'est arriv� par lettre le lendemain.
Le re�u �tait d�chir� mais il y avait ce mot.
"Profitez de cette le�on. Un ami."
Curieux... Vous connaissez cet "ami" ?
Je n'en suis pas s�r.
Mais j'aimerais lui dire que j'ai retenu la le�on.
Alors, je suis s�r que cet ami se trouvera pay� de ses peines.
Entrez donc.
Je monte me changer.
Posez-les l�, Fredericks.
C'est absurde de renoncer � cette soir�e
pour M. Smith et son exposition de tableaux grotesques.
Quel vieux monsieur charmant ! Je l'adore.
Et il va gagner.
Il a fait une peinture surr�a... vous voyez ce que je veux dire, hier.
Vous devriez la voir.
Il dit qu'il faut se mettre la t�te en bas pour appr�cier.
- Vous connaissez Mimi et Fifi ? - Pas encore.
Bonsoir, la famille !
Elles vous plaisent ?
- Je pr�f �re Penny. - Moi aussi.
Ne gardez pas Millie trop longtemps.
Fredericks, ouvrez.
Je promets de la ramener t�t.
Vous �tes ravissante, mon petit.
Merci. Nous partons ?
Quinn vous traite bien ?
Ce mot est absent de son vocabulaire.
M. Le Juge Wilkins et Madame.
Harriet, comment allez-vous ?
Que fait cet individu avec Millicent ?
M. Smith est un artiste.
Elle l'aide pour l'exposition du mois prochain.
Pourvu qu'il ne lui montre pas ses estampes !
Non, il ne fait pas d'estampes.
Elle aide ce pauvre vieux.
Ce "vieux" a comparu devant moi deux fois,
suite � des rafles dans un bar clandestin puis dans un tripot.
Smith ? Vous �tes s�r ?
Tr�s s�r. C'est un sacr� noceur !
Je dois vous dire
que je ne participerai pas � l'exposition.
Et pourquoi me demander de l'aide ?
C'�tait une ruse pour que vous sortiez.
Je veux vous rapprocher de Dan. Il a remis sa d�mission
et quitte Hilverton pour toujours.
Je sais que vous vous aimez.
Persuadez-le que vous avez quelque chose � vivre ensemble
et je sens qu'il restera.
Vous savez o� il est ?
� votre avis, que faisons-nous ici ?
ON NE PEUT PAS TRAVAILLER, ICI !
D�sol�.
Baissez-vous.
Baissez-vous !
Je vous ai pris pour quelqu'un d'autre.
Bonsoir, Papy. Venez l�.
- � quoi jouez-vous ? - Elle veut voir ce film.
Tu te rappelles ? On venait souvent.
Oui, je me rappelle.
Tu m'entourais de ton bras.
Tout a chang�.
Pourquoi t'en aller ?
Plus rien ne me retient, ici.
Mais je suis ici !
�coute, on en a d�j� parl�. � quoi bon ?
Ta famille me rejette.
Tu as de l'argent, je n'ai que l'espoir. �a ne fait pas vivre.
Ob�is � ta m�re, �pouse Carl et oublie-moi.
Vous n'auriez pas d� l'amener.
Allons, mon petit, ne pleurez pas.
S'il ne vous aime pas assez pour rester, c'est un idiot.
C'�tait magnifique, non ?
Viens !
Ils �taient l�, � se peloter en plein cin�ma
et tout le monde pouvait les voir. Quelle honte !
Je le savais.
Notre petite Millie, faire �a en public
avec un vieux !
C'est s�r, Clarissa ?
Certain ! Voil� comment ils �taient.
Lester !
Il y a 20 ans que tu n'as pas fait �a.
C'est pour leur montrer.
Cet homme est un vrai danger public !
Il en veut � l'argent de Millie.
C'est �a ! Notre argent.
Mais que Millie voit-elle en lui ?
Grands dieux, elle a m�me dit qu'elle l'adorait.
Certains vieux plaisent aux jeunes filles.
N'est-ce pas, Shirley ?
Prenons le cas de M. Smith,
c'est tr�s facile pour un vieux filou de s�duire une innocente.
Quel veinard...
Que vont dire les gens ?
Moi, je n'aurais peur de personne. Pas m�me de votre m�re.
Je vous enlacerais et je d�fierais le monde !
Les jeunes devraient vous ressembler !
Tu as entendu ?
Bonsoir, mon petit.
Fais quelque chose !
Un instant, M. Smith !
Vous me d�cevez terriblement.
Je vous ai abrit�, donn� du travail
et vous profitez de la candeur
de ma fille !
Tu parles bien doucement � ce vieux Casanova !
Qui pelote ma fille en public.
M. Et Mme Pennock vous ont vus.
Je confirme, c'�tait �c�urant.
Voici ce qu'il lui faisait. Tenez �a.
Allons, Lester, une fois suffit pour ce soir.
Il doit y avoir une loi contre �a
et je vais vous poursuivre.
Vous ne vous en tirerez pas avec une amende !
Quelles sont vos intentions ?
Strictement honorables, M. Blaisdell.
Vous l'�pouseriez ?
J'en serais ravi.
Vous avez 60 ans et elle 20 � peine.
Trois fois son �ge !
Mais dans 20 ans, je n'en aurai que le double.
Plus tard, peut-�tre me rattrapera-t-elle.
- C'est absurde ! - Absurde, d'aimer votre fille ?
- Vous en voulez � son argent ! - Et vous ?
Encouragiez-vous votre fils, avant ?
Comment pouvez-vous imaginer devenir notre gendre ?
M. Smith va �tre mon beau-fr�re ? Vraiment ?
Plut�t mourir !
- Que fais-tu l� ? - J'ai entendu crier.
Vous allez �tre mon beau-fr�re ?
Non, ma ch�rie.
Mettons un terme � ces accusations grotesques.
Mon affection pour Millie est paternelle.
Et le pelotage ?
Je la consolais.
Elle pleurait car Dan quitte Hilverton.
A-t-elle vu Dan ?
Elle ne pr�parait pas votre exposition ?
C'�tait un petit mensonge
pour l'emmener avec moi.
Alors, vous n'exposez pas ?
Non, mon enfant.
Roberta, pour la derni�re fois : Va au lit imm�diatement !
Ob�is, ma ch�rie.
Je ne suis que le p�re mais dites-moi
pourquoi cette rencontre entre ma fille et Dan ?
Parce que vous la mariez avec un homme qu'elle n'aime pas.
�a alors ! Vous, un inconnu, barman � douze dollars...
Treize, madame.
...se m�ler de l'avenir de ma fille ? Quel culot !
Pour une fois, j'approuve ma femme. Ce sont nos affaires.
Cette histoire avec Dan a trop dur�. J'y mets un terme :
Annon�ons les fian�ailles de nos enfants sur-le-champ.
Tout � fait d'accord.
�a n'a plus d'importance.
Je ne reverrai pas Dan.
Merci d'avoir essay�.
Appelez �a "pelotage" si �a vous chante !
J'aurais pr�f �r� qu'on ait jamais cet argent !
L'argent, l'argent....
Il neige ! Il neige !
C'est merveilleux.
De la neige � No�l !
Tout ce vacarme pour jouer "Douce Nuit" !
Quand a-t-il appel� ? Et vous m'appelez de loin pour �a ?
Une lettre aurait moins co�t�.
Vous ne g�rez pas bien mon argent.
Il lui faut l'argent ce soir.
Ce soir, pourquoi ?
Ses actions auraient baiss�.
Il demande que son donateur inconnu
lui pr�te 25000$.
�a m'�tonne, ils avaient l'air d'�tre des gens bien.
Ils le sont ! Ma famille n'aurait pas �t� mieux.
J'arrangerai cela.
Joyeux No�l � vous et votre famille.
Joyeux No�l.
SOIR�E DE FIAN�AILLES
J'ai calcul�.
Vous avez pass� 14 mn au t�l�phone.
Je les retiendrai sur votre paye.
Le temps, c'est de l'argent.
J'ai connu plus d'un grigou dans ma vie.
Vous les enfoncez tous !
Et croyez-moi, je m'y connais !
Je vous vire !
Rendez vos affaires.
Il y a longtemps que j'en avais envie !
Vieil acari�tre !
Il vous faudrait du changement,
une th�rapie du genre peinture, �criture,
ma�onnerie, ou m�me servir des sodas !
Dehors, et sans r�f �rences !
J'ai mon billet. Je pars demain matin � 9 h.
Je vous aide � faire vos bagages.
� plus tard.
Joyeux No�l, M. Quinn !
Des P�res No�l et des rennes, c'est exquis !
Ces belles-m�res...
Vous �tes nerveux, Howard.
On dirait que c'est vous, le fianc�.
Vous permettez ?
Bien s�r. Merci, madame Pennock.
Clarissa, mes compliments.
Vous aurez une bru de choix,
jeune, charmante, et riche.
L'argent n'a rien � y voir.
Nous aimons Millie pour elle-m�me.
Bien. Merci.
C'�tait Norton ?
Il a quitt� la ville
et ne rentrera que demain.
Que vas-tu faire ?
Je vais emprunter � M. Pennock...
� regret.
Lester, pardon...
Charles, tu ne sais pas danser le tango.
Il faut que je parle � Lester.
Bien s�r, Charlie.
Mme Blaisdell, puis-je vous inviter ?
Avec plaisir.
Quel gendre attentionn� !
Tr�s belle soir�e, Charlie !
�a doit co�ter !
- Mais vous avez les moyens. - Lisez ceci.
"...veuillez donc payer 25000$ imm�diatement.
"Sign� : Franklin Parker Cie".
Dommage. Vos actions ont baiss� ?
Je vous conseille de payer.
Le p�trole va remonter bient�t.
Je n'ai pas besoin de conseil, mais d'argent.
Tout le monde sait que vous avez des millions.
On le dit, mais c'est faux.
Si je ne paie pas, nous serons � sec.
Vous blaguez !
H�las, non. Puisque nos familles s'unissent,
avancez-moi cette somme.
Je vous la rendrai d�s la hausse.
Je sais que vous le pouvez.
- 25000$, c'est beaucoup. - Surtout quand on ne les a pas.
Elle est bien bonne !
Alors, Lester ?
Hypoth�quez cette maison.
Elle l'est d�j�.
Alors, Lester ?
Vous n'auriez pas d� faire croire que vous �tiez riche.
C'est oui ou non ?
D�sol� mais demand� comme �a...
c'est non.
M. Pennock, avez-vous un crayon ?
Un crayon ?
Vous �tes invit� ?
Non, mais je dois voir M. Blaisdell. C'est urgent.
Restez l�.
Je le pr�viens.
C'est gentil d'�tre venu !
Je vais pouvoir danser !
Ma robe de bal vous pla�t ?
Si seulement j'�tais plus jeune...
Ou si tu �tais plus �g�e !
J'ai toujours voulu �tre plus �g�e.
Je l'ai pr�venu. Veuillez me suivre.
Vous vouliez me voir ?
J'ai un message important de M. Edward Norton
qui vous avait remis le ch�que.
J'attendais son appel. Pourquoi vous a-t-il appel� ?
Il pensait vous trouver au magasin. J'ai r�pondu.
Il se souvenait de moi. Quelle m�moire !
Il se rappelait notre conversation de ce soir-l�.
Et m�me mon "Tutti Frutti" !
Venez-en au fait !
Vous avez du feu ?
Du feu ? Bien s�r, voil�.
Qu'a-t-il dit ?
Il m'a pri� de vous transmettre un message.
- Combien valent ces cigares ? - 55 cents.
Ils ne valent pas les "Naus�a Bons".
Pour l'amour du ciel...
Qu'a-t-il dit ?
Faites un effort.
Je l'ai �crit pour m'en souvenir.
C'est dans ma poche de manteau.
Howard a �t� chic de m'en faire cadeau.
C'est �a.
Il a dit :
"Si vous avez d�pens� 100000$ en si peu de temps,
"25000 fileront en un quart de ce temps.
"Le client refuse donc votre demande."
C'est tout.
Comme je le comprends !
Moi aussi, si vous le permettez.
Je crois que vous �tiez bien plus heureux avant d'�tre riche.
Maman va annoncer la date du mariage !
Du mariage ?
Les Pennocks ?
Mmes et messieurs, j'ai une grande nouvelle � vous annoncer.
Le mariage de ma fille Millicent
avec Carl Pennock...
...Carl Pennock aura lieu... Qu'y a-t-il, Charles ?
- Les Pennock sont partis. - Partis ?
- O� ? - Chez eux, je suppose.
Pourquoi seraient-ils partis subitement ?
O� est Carl ?
Ils sont partis parce que nous avons tout perdu.
Tout ? Et les actions que tu avais achet�es ?
Elles nous ruinent.
En revendant la maison, je peux � peine racheter un magasin.
Racheter un magasin ?
Mmes et messieurs, j'ai une bonne nouvelle :
Mes fian�ailles avec Carl Pennock sont annul�es !
Joyeux No�l � tous !
F�licitations.
Musique, Toby !
C'est �a, les nouveaux riches.
Leurs p�tisseries sont meilleures que leurs mani�res.
Elle est donc bien entich�e de ce vieux-l�.
Nous ferions mieux de partir.
Buvez un peu d'eau.
Elle ne veut pas d'eau mais de l'argent !
Humilier ma fille en public !
Pas du tout.
C'est bien fait pour nous qui avons humili� Dan,
ce jour-l� dans l'autre maison...
Notre vieille maison... Il faut que j'arr�te la vente !
Dans notre maison, je retrouverai Penny !
Et moi, Dan.
Je suis si contente que j'en danserais !
Ch�rie, ouvre la porte !
Je ne peux pas rester l� � perp�te.
Moi, si !
Bonjour, tout le monde !
M. Smith est l� !
Heureux de vous revoir !
Votre chambre est pr�te.
Je rach�te mon magasin. Il nous faut un serveur.
Il me prend comme associ�.
Bravo ! Vous partagerez le travail et les b�n�fices.
Tout redevient comme � votre arriv�e.
La maison, le magasin...
Millie et Dan fianc�s...
- Sans argent. - Plus jamais.
A priori, mais sait-on jamais...
Ce n'est pas l'argent qui rend heureux
mais ce qu'on en fait.
C'est mieux ainsi. Je n'aimerais pas revivre tout �a.
Monte le bagage de M. Smith.
Non, je suis venu vous dire au revoir.
Vous nous quittez ?
Restez ! Je vous aime comme mon grand-p�re.
Rien ne me rendra jamais plus heureux, je m'en souviendrai.
Roberta, dis bonjour � M. Smith.
Je suis contente de vous voir !
Vous avez le 1er prix de la cat�gorie "Surr�a..." je sais pas quoi.
Mais je n'ai rien expos�.
Moi, si ! J'ai pr�sent� le 1er tableau que nous avons fait.
Celui o� tout est confus a le premier prix !
Nous avons une c�l�brit� !
En plus, des journalistes viennent le voir.
Pourquoi ?
Pour une interview et des photos.
Au revoir. Si nous ne nous revoyons pas,
sachez que je penserai toujours � vous.
- Vous ne les attendez pas ? - Je raterais mon train.
Au revoir. Que Dieu vous b�nisse.
Bonne ann�e !
- M. Smith est l� ? - � l'int�rieur.
Sinon physiquement, du moins par la pens�e.
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