All language subtitles for The Black Tulip (FR-1964)

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian Download
cs Czech
da Danish Download
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian Download
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew Download
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian Download
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian Download
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian Download
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish Download
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish Download
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

-Oui, la Révolution française a eu ses héros,

ses martyrs et ses saints.

Les historiens, qui nous l'ont si bien contée,

ont su, avec perspicacité, découvrir, sortir de l'ombre,

des figures apparemment sans importance

dont nous n'aurions jamais entendu parler sans eux.

Pourtant, par un singulier phénomène, il est un personnage,

essentiel et déterminant,

qu'ils ont unanimement ignoré.

Mais, heureusement, le cinéma est là,

avec sa caméra qui explore le temps,

son objectif, qui perce la nuit des siècles.

Grâce à lui, cette figure méconnue va vous être enfin révélée.

Justice va lui être rendue.

Nous sommes en juin 1789.

En juin.

C'est-à-dire que le 14 juillet n'a pas encore eu lieu.

Non plus d'ailleurs que les massacres de septembre.

Mais déjà, tandis que Paris s'agite et gronde,

la province bouge et soubresaute. Car c'est en province,

quelque part en France,

que souffle la bise de la révolte.

Quelqu'un fomente cette révolte.

Quelqu'un...

Coup de feu

menace les nobles et leurs privilèges.

Quelqu'un agit au nom du peuple,

pour le peuple. Le pouvoir met à prix la tête de ce quelqu'un.

Vainement, car le pouvoir n'a pas la force.

Pris de panique, les aristocrates s'apprêtent à fuir

en emportant avec eux les profits de leurs rapines,

toute leur fortune. "Voilà, au revoir, M. le baron."

Mais l'autre veille. Cet autre

est un homme vaillant, comme son nom l'indique,

la Tulipe noire.

Ce nom va entrer dans l'histoire.

La Tulipe noire

et son cheval Voltaire.

Hennissement

-Allez, vite.

-Merci.

-Tout. Il m'a tout pris.

Ma fortune, mes bijoux, ceux de la comtesse.

-Vous entendez, M. le lieutenant général de police ?

Les exploits de la Tulipe noire ne vous contrarient pas ?

Et pensez-vous, un jour, honorer votre charge,

M. le lieutenant général de police ?

-M. le marquis, mon zèle... -Je veux sa tête.

Je veux la tête de la Tulipe noire sur ce bureau, avant lundi.

-Vous aurez la tête et le reste. -Je n'ai que faire du reste.

La tête suffira.

-Vos diamants vous seront rendus. -Vous semblez sûr de vous.

-Parce que je crois avoir identifié la Tulipe noire.

-Un aventurier de basse origine...

-Non, un homme que vous connaissez. Un familier de votre maison.

-Un domestique ? -Non...

Le comte Guillaume de St Preux n'est pas un domestique.

-Qu'est-ce que vous dites ?

-St Preux ? Impossible, il est de mes amis.

Vous extravaguez, M. La Mouche.

-St Preux ? Personne moins que lui ressemble à une tulipe.

C'est insensé, c'est ridicule.

Connaissez-vous la dernière invention de La Mouche ?

-Non. -Il prétend, ce jocrisse,

que la Tulipe noire est St Preux. -Guillaume ?

-C'est toi qui l'as nommé. -La Mouche n'y connaît rien.

Et sur quoi se base-t-il ? -Son antipathie pour St Preux.

Il est extrêmement jaloux de lui et je le comprends, d'ailleurs.

Quelles preuves avez-vous contre M. de St Preux ?

-Ma conviction. -Tiens...

-Oui, étayée de quelques indices.

Il me faut des arguments plus convaincants,

mais si je le surprends... -Je serais le 1er surpris.

-J'ai mon plan. Un piège.

Elle frappe.

-Ah, enfin.

Un instant, que je termine cette page.

Vous m'avez fait attendre. Chacun son tour.

-Après le mal que je me suis donné pour venir.

-Le plaisir ne s'obtient pas comme ça. Ce n'est pas un droit,

mais une faveur

qui se mérite. Mettez-vous à l'aise.

-Je n'aime pas qu'on me traite comme une fille.

-Et si je vous traitais comme une mère ?

Voilà.

Maintenant, venez sur mes genoux.

Bonjour, Catherine.

-Bonjour, Guillaume.

-Très bien.

-Est-ce une place pour une honnête femme ?

-Bien des honnêtes femmes sont passées par-là avec plaisir.

Combien de temps avez-vous ? -2 h. Ca suffira ?

-2 h ? On aura pas le temps de tout faire, mais ça ira.

-Avant, que je te raconte... Après, je n'y penserai plus.

Imagine-toi que mon mari... -Oh, non.

Ne me parle pas de ton mari. Ou avec dignité, lève-toi.

-Je trompe mon mari avec respect. Mais il s'agit de toi.

-Lève-toi quand même, nous avons soif.

Alors ? Continue. -Mon mari a parlé avec La Mouche.

Devine ce que La Mouche lui a dit. -Une sottise.

-Il prétend savoir qui est la Tulipe noire.

-Quel rapport avec moi ?

-Il pense que tu es la Tulipe noire.

-Non ? Ah, que c'est drôle.

-Il l'a dit. -La Mouche ?

Et qu'en pense ton mari ? -Que ça ne devrait pas t'empêcher

d'être à la réunion de vendredi.

L'envoyé du comte d'Artois vient donner ses consignes.

La reine veut en finir avec le tiers état.

-Elle a raison, ils méritent une correction.

-Plus que 2 h moins 10, mon ange. Y songez-vous ?

-Mais, objet de mon plaisir, je ne pense qu'à cela.

J'ai hâte de vous honorer de mes hautes faveurs.

Oh...

Que tu es belle, ainsi vêtue de ta seule vertu.

Ta seule vertu... Enfin.

Elle crie.

Quoi ? -Par terre, une tulipe noire.

Mon Dieu, que va-t-il nous arriver ?

-Attention.

-Vas-y.

Allez, à toi.

Hé...

Par le masque, M. de St Preux,

montrez votre visage.

Vous êtes marqué. Vous ne m'échapperez plus.

-Voltaire ?

-Il n'ira pas loin.

Alertez les postes de police. Barrez les routes

et arrêtez les individus balafrés.

La Tulipe noire sera bientôt cueillie.

-Charognard, crapule... Non, pas toi, je pense à La Mouche.

Toi, Voltaire, t'es un brave homme, un vrai lion.

Alors, ça va ? -Mal.

-Tenez.

Il rote.

-A tes souhaits. -C'est pas moi, c'est l'estomac.

Alors, on monte sur Paris ? -Quoi ?

-Marqué comme vous l'êtes, il faut partir.

-J'ai quelques comptes à régler.

-Avec cette tête-là ? Dommage que vous n'en ayez pas une 2e.

-Brignolle, prépare-toi à partir.

-Vous voilà devenu raisonnable.

-Pas comme tu l'entends, Brignolle.

J'ai dit prépare-toi à partir. Immédiatement.

-Halte.

-Oh...

Un coq chante.

-Ta feuille de route. -Que se passe-t-il ?

-Ta gueule.

-Ah, police...

-Tiens, ça va.

Vous, descendez.

-Descendre ? Mais pourquoi ?

-Vous êtes balafré. Pas de rébellion.

-Mais... -Ta gueule.

-C'est un comble, vous aurez de mes nouvelles.

-Roulez.

Il frappe.

Il siffle un air joyeux.

Quelqu'un siffle la suite.

-Julien...

C'est merveilleux, tu n'as pas changé.

-Toi non plus.

-Brignolle, que penses-tu de ça ?

-Il vous ressemble encore plus que dans la diligence.

-Comment trouves-tu mon frère ? -C'est un beau garçon.

-Oui, moi, avec ma balafre...

Il t'a raconté ?

-Il a dit que tu étais blessé et que tu avais besoin de moi.

Il a rien dit de plus.

-Alors tu es venu par curiosité.

-Non, je suis venu parce que tu es mon frère et parce que...

-Parce que tu m'aimes bien, vieux lapin, dis-le donc.

Toujours aussi pudique.

Une vraie petite soeur, mon petit frère.

-Tu sais, j'ai beaucoup changé depuis 4 ans.

-Oui, tu as grandi. Tu m'as presque rattrapé.

-Oui, et puis aussi... -Et puis aussi ?

-Je crois que... que j'ai vaincu ma...

-Ma quoi ? On t'a coupé la langue ? Vaincu quoi ?

-Ma timidité. J'aurais voulu être comme toi.

-Ambitieux, va. -Je ne t'enviais pas.

Mais je t'ai toujours admiré.

J'admire ta force, ton courage, ta générosité.

Guillaume, je voulais tellement te ressembler.

-Hé ben si tu me ressembles,

tu dois avoir une sacrée faim. -C'est vrai que j'ai faim.

-Et soif ? -Oui.

-A la fraternité. -A la liberté.

-Aux droits et vive la nation.

-Toi aussi ? -Quoi, moi aussi ?

-Toi aussi tu partages mon idéal ?

-Oui, et cette omelette. Allez, viens t'asseoir.

-Toi que j'ai connu si fier de ton blason,

si indifférent au bonheur du peuple.

-Tu admirais ma hardiesse et moi, ta pureté.

C'est ainsi que nous nous sommes rapprochés.

Ce soir, un et un ne font pas 2, mais un.

-Merveilleux. Tu as lu Rousseau ?

-"Le Contrat social" est l'un de mes livres de chevet.

Sers-toi. -Voilà pourquoi tu vis ici.

Le retour à la nature.

-Non, les circonstances m'ont contraint à vivre ici.

-Quelles circonstances ? -Des circonstances fâcheuses.

As-tu entendu parler de la Tulipe noire ?

-La Tulipe noire ?

Celle qui fait rendre gorge aux profiteurs

et qui lutte contre la tyrannie ?

-Hé bien, Julien, la Tulipe noire, regarde-moi...

C'est elle, enfin, c'est moi.

-Non ?

-Hé oui.

-Guillaume, tu es 2 fois mon frère et tu m'es 2 fois plus cher.

La Tulipe noire... Donc, je suis le frère de la Tulipe noire.

Moi, moi, moi.

Sers-moi de ce vin du Roussillon.

Il est comme toi, jeune, vif, enivrant, chaleureux.

Guillaume Noire de la Tulipe de St Preux.

Comme je voudrais être toi.

-Te voilà exaucé. Tu seras moi pendant quelques jours.

Oui, le temps d'une balafre.

Julien, je suis en danger de mort, ma tête est mise à prix.

Cette marque m'a été faite par le lieutenant général de police

alors que j'attaquais un fermier général.

Or, je dois assister à une réunion, demain, chez le marquis

de Vigogne. Il faut absolument que l'on m'y voie.

Ne pas y être causerait ma perte. M'y montrer me coûterait la vie.

Tu iras.

-Le marquis de Vigogne est du parti de la reine.

-Bien sûr. -Et tu y allais quand même ?

-On apprend des choses très intéressantes chez les Vigogne.

On est au fait des intrigues et des manigances du duc d'Artois.

On peut déjouer des complots.

Tu auras des satisfactions. Nous sommes l'amant de la marquise.

-Quoi ? -Plains-toi.

-Ne m'oblige pas à... -C'est une possibilité.

Tu n'as plus qu'à jouir de ma victoire.

-Tu ne l'aimes pas ?

-Il faut partager ce qu'on aime. -Guillaume, tu es un libertin.

-Il faut me prendre avec mes qualités et mes défauts.

Je compte sur toi pour ne pas la décevoir. Pense à moi.

Il y va de notre réputation.

-J'accomplirai mon devoir.

-Tu as tout retenu ? -Oui, par coeur.

La Mouche, le marquis... La marquise, c'est différent.

-Chez moi, tu trouveras... -Je sais.

-Ne sois pas trop dépaysé. J'espère que ma maison te plaira.

Quant à mes gens...

Hennissement

Ah, voilà Voltaire.

Ne dis rien et voyons s'il va me reconnaître.

-C'est extraordinaire.

-La voix du pur-sang. Ca, c'est un frère, il a des usages.

Non, il ne supporte que moi. On amène ton cheval.

C'est un bon bougre, mais il a peur du bruit.

-Et voilà.

-Il ne me reste plus qu'à... Je suis un peu ému.

-Non, pas d'attendrissement. Allez, méfie-toi de toi-même.

Pas d'enthousiasme excessif ni d'indignation incontrôlée.

On ne me reconnaîtrait pas. Allez.

Adieu, Guillaume.

-Adieu, Julien.

Il siffle un air joyeux.

Il siffle la suite.

-Voltaire ?

Oh...

Il rit.

Musique joyeuse

Cloches

Hennissements

-Regardez ça.

Rires

-Regarde-moi ça, un âne sur un cheval.

-Le comte Guillaume. -Je le croyais bon cavalier.

-Oui, mais quand il monte sur la marquise.

-C'est un cheval patriote.

Il en a assez d'avoir la noblesse sur le dos. Vive les chevaux.

-Les chevaux avec nous.

-Pauvre jeune homme, faites quelque chose.

-On ramassera les morceaux.

Hé, non, Caroline...

Rires

Oh, mais...

-Il se prend pour un lion.

Tiens, Jean-Pierre, attache-le. Rien de cassé ?

Vous pouvez vous lever ? -Comment vous remercier ?

-Mais vous saignez. -C'est une égratignure.

-Vous pouvez pas repartir. Venez. -Oh...

-Je vais vous nettoyer le genou. Appuyez-vous sur moi.

-T'es folle ? Marie-toi d'abord, on verra ça après.

-Dites au curé que j'arrive. -On va manger quand ?

-Aide-moi. -Je peux marcher tout seul.

-Faites-ce qu'elle dit, obéissez.

La noblesse française tient plus debout et je dois la soutenir.

Vive la nation. -Et vive la mariée, monsieur.

-Asseyez-vous là. -Allez plutôt vous marier.

-Faites ce qu'elle vous dit.

-Apporte de l'eau chaude et du sel. -De l'eau chaude et du sel.

-Montrez-moi ce genou. -Aïe.

-Vous souffrez ? -De vous voir perdre votre temps.

Une si belle journée pour vous.

-Tu viens, ma petite reine ? -Donne-moi une serviette.

-A ce train-là, on se mariera jamais. Vivement ce soir.

-Voilà. -Merci.

-Papa, donne à boire à M. de St Preux.

-Ah, tiens... Vous m'avez reconnu ?

-Naturellement, qui ne connaît le comte Guillaume ?

-Si on m'avait dit que je ravigoterais un aristocrate...

Vous avez de la chance d'être tombé sur un vieux soldat.

Un vieux soldat épargne toujours un ennemi blessé.

-Qui dit que je suis votre ennemi ? -Votre nom, votre titre.

Vos amis, monseigneur.

Vous frayez avec le marquis qui nous écrase d'impôts.

Il répand la famine. Vous cabalez contre le peuple.

Je le sais, j'ai pas l'oeil dans la musette.

-Si je vous fais mal, dites-le.

-Au contraire, c'est très agréable.

-Quand j'étais blessé

aux Amériques, je me plaignais moins.

J'ai servi sous La Fayette. On a libéré les Américains des Anglais.

On a vengé Jeanne d'Arc. -Alors, vous venez ?

Le curé a un enterrement, après.

-Dis-lui qu'on arrive. Toi, fais-le patienter.

-A tout de suite, ma reine. -Ma reine...

Chez un républicain... Foutriquet.

-Ma couronne... Gardez-la-moi. -Je peux le faire.

-Restez tranquille.

-Oui, restez tranquille.

C'est elle qui commande. Après moi. Hein, Caro ?

-Oui, papa. -Caro ?

-Caroline. -Mais on l'appelle Caro.

J'avais toujours rêvé d'avoir un garçon.

Sa mère m'a donné une fille et est morte dans la foulée.

Père et veuf le même jour, toutes les chances.

Alors j'ai élevé ma fille comme un garçon. Pas vrai ?

-Oui, papa. -T'as voulu me donner une fille ?

-Merci, madame. Merci, Caroline.

-Il faut aller se marier. Faut penser aux choses sérieuses.

-Le curé a dit que si... -J'arrive, j'arrive.

-A charge de revanche et vive la nation.

-J'allais le dire. -C'est par-là.

-Monsieur, vous êtes content de me voir partir.

-Oui. -Rendez-la heureuse.

-Comptez sur moi. Adieu, M. le comte.

-Vous pouvez m'appeler

par mon prénom. -Adieu, Guillaume.

-Au revoir, et ne tombez plus.

La noce, maintenant. Mettez-vous en rang.

-Ma couronne. -Quoi ?

-Où l'as-tu mise ? -Tu me l'as donnée à moi ?

-A qui l'aurais-je donné ? Va la chercher.

-Où j'ai pu la mettre ? -Allez. Je vous jure...

Comme si on pouvait pas se marier sans ça.

-Monsieur, on se demandait où vous étiez.

Il s'en est passé, des choses. -Je sais.

-Quel est ce costume ? -C'est...

-Frontin, c'est monsieur.

-Monseigneur, on se demandait où vous étiez.

Il s'en est passé, des choses. -Je sais.

-Vous boitez ? -Une chute de cheval.

-Je préfère ça à la joue. -Qui vous a parlé de ma joue ?

-On s'est flatté de vous avoir marqué d'un coup d'épée.

-Qui ça, "on" ? -La Mouche.

Il a envahi la maison pour une perquisition.

Il m'a bousculée, je suis tombée. J'ai les fesses bleues.

Vous ne les reconnaîtrez pas.

-Pourquoi cette perquisition ? -Il prétend que vous êtes

la Tulipe noire. -Non ? Oh, l'imbécile.

Bon, préparez mon habit. -Lequel ?

-Quel habit ? Mais l'autre, voyons. -Le dernier livré ?

-Evidemment.

C'est bien ce que je pensais. Alors, cet habit ?

-Monsieur se sent mal ? -Non.

Mais ces nouvelles m'ont contrarié, je ne sais plus où est ma chambre.

-Oh, monsieur.

-Qu'avez-vous à me regarder comme ça ? Pressons.

Je n'ai besoin de personne pour m'habiller ou me déshabiller.

-Méchant.

-Madame... -Non.

-Mais, pourtant... -Non.

-Mais je vous aime. -N'en parlons plus.

-Je vous aimerai en secret. -Et en silence.

-Puis-je espérer qu'un jour je pourrai espérer ?

-Espérer quoi ?

-Une nuit... avec toi.

-Je vous gifle par 2 fois, par 3 fois, par 5 fois.

-Quelle juste idée vous vous faites de ce que sera cette nuit.

Merci de ne pas sous-estimer les talents

de celui qui vous fera fête.

-Dites-moi... Vous permettez ? -Je vous en prie.

-Qu'attendons-nous pour ouvrir la séance ?

Je veux connaître les intentions du comte d'Artois.

-Moi aussi. -Parlez-lui.

-Monseigneur, nous pourrions commencer. Tout le monde est là.

-Il me semble, M. le lieutenant général de police,

qu'il manque ici quelqu'un dont la présence est nécessaire

et désirée. -Non, monseigneur.

M. de St Preux ne viendra pas.

-Le comte Guillaume de St Preux.

-Quoi ?

-Mon cher, vous arrivez bien.

On commençait à s'inquiéter.

-Désolé, une chute de cheval sans gravité.

-Heureusement que ce n'est pas la joue.

-On aurait pu imaginer des choses. -Vous savez déjà ?

-Ce que tout le monde sait.

-M. La Mouche s'inquiétait de votre absence.

-M. La Mouche qui rêve que je suis la Tulipe noire ?

Qui a pénétré chez moi et malmené mes gens ?

-Excès de zèle.

-Qui se vante de m'avoir marqué ? -Excès d'imagination.

-Qui me calomnie ? -Excès d'excès.

-Et qui m'écoute sans réagir et garde un silence prudent ?

-Excès de modestie. -Non.

Excès de courtoisie. Je n'ai pas voulu vous interrompre.

Vous m'avez insulté... -Voyez-vous ça.

-Vous me rendrez raison, monsieur.

-Allons, messieurs, pas ici.

-Je vous interdis de tuer mes amis sous mon toit.

Vous ne dites rien ? -Vous vous battrez plus tard.

Votre sang appartient au roi. La Mouche, là-bas.

Madame, je vous confie monsieur.

Entre vos mains, il n'a rien que d'agréable à redouter.

Messieurs, prenez place.

Je vais vous lire le message de Son Altesse royale,

le comte d'Artois.

-Pourquoi ne pas m'avoir donné signe de vie ?

J'étais inquiète. -J'avais besoin d'être seul.

-Avec qui ? -Avec moi.

-Moi aussi, j'avais besoin d'être seule avec vous.

Dites-moi que vous m'aimez. -Chut.

-Versailles, enfin, s'est décidé à agir

et à en finir avec les faquins du tiers état.

Si Dieu est avec nous, comme depuis toujours,

le 11 juillet au plus tôt et le 14 juillet au plus tard,

l'Assemblée nationale sera dissoute,

le roi rétabli dans ses prérogatives

et le peuple sera supprimé par décret.

-Tous des jean-foutre.

Qu'on passe cette racaille au fil de l'épée et vive la reine.

-Voici qui nous concerne tout particulièrement.

En ce moment-même....

-Viens dans le petit salon rouge. -Je suis très bien ici.

-Une armée composée d'éléments étrangers

et commandée par le prince de Grasillac,

se porte sur Paris pour étrangler la Révolution dans l'oeuf.

Nous aurons l'insigne privilège

de recevoir et d'héberger le prince de Grasillac

qui, venant du sud

à la tête de ses troupes, s'arrêtera dans notre ville

avant de fondre sur la capitale.

-Ordure. -Aïe.

-C'est ma blessure. -Elle est excusée.

Si vous vous sentez mal,

madame, conduisez-le dans le petit salon rouge.

-Inutile, la douleur est passée. Oh...

-M. de Grasillac sera là après-demain.

Il faudra avant tout assurer sa sécurité

et celle de son régiment.

Vous m'écoutez, M. La Mouche ? C'est l'occasion

de neutraliser les suspects

et d'en finir avec la Tulipe noire.

-Toute la région sera passée au peigne fin.

Quant à la Tulipe noire, je lui arracherai ses derniers pétales.

C'est une image. -Monsieur ?

-Quoi ? -Pour vous.

-Qu'est-ce ? Vous permettez ?

D'ailleurs, la Tulipe noire a disparu de la...

Quoi ? Qui se permet ?

-Qui voulez-vous que ce soit ?

Rires

-Viens. -Non.

-Allez, mon amour chéri, viens.

-Lombard, en route, nous rentrons.

Mais, Lombard, où vas-tu comme ça ? Tu es fou ? Fais demi-tour.

Lombard ? Lombard ?

-Halte, police !

-Où me conduis-tu, imbécile ?

-Au bout de mon épée. Vous y serez sous peu.

-La Tulipe noire. -En garde.

Guillaume crie.

La Mouche crie.

Levez la tête.

La tête, j'ai dit.

Bien droite. Votre joue.

Non, la gauche.

Nous sommes quittes.

Merci.

Lombard gémit.

Guillaume rit.

-Cocher, reconduis ton maître et couche-le avec une bouillotte.

Adieu, La Mouche, séchez-vous bien.

Il éternue.

-Oh...

-Arrêtez, police.

Vous avez brûlé mes feux, tout à l'heure. Hé, toi...

Oh, mais... C'est lui.

Je tiens l'homme à la balafre.

-Pourquoi hurlez-vous ? -Nous avons des ordres.

Vous avez une balafre. -Ces ordres viennent de moi.

Je suis votre lieutenant général. Votre lieutenant général de police.

-Et moi, je suis le cardinal de Rohan.

Emmenez-le. -Mais je suis La Mouche.

-Tu t'expliqueras avec lui. -Je vous briserai.

-Moins fort ou tu vas prendre mon pied au cul.

-Ca suffit, allez.

La Mouche éternue.

-Occupe-toi de Voltaire. Déjà là, toi ?

-J'avais hâte de te voir. -Tu boites ?

-C'est rien. J'ai une mauvaise nouvelle.

-Nous sommes démasqués ? -Non.

-Tu pouvais pas le dire tout de suite ?

Je respire, moi.

Je viens de rendre à la Mouche la balafre qu'il m'a donnée.

Alors, raconte. La marquise, charmante, hein ?

-Oh, la marquise... -Moi, elle m'intéresse.

Elle t'a montré son petit salon rouge ?

T'a-t-elle bien reçu ?

-J'avais pas le coeur à ça après ce que j'ai entendu.

On va supprimer l'Assemblée et massacrer le tiers état.

Grasillac monte sur Paris avec une armée.

-Vraiment ? -Elle bivouaquera ici.

Il faut les en empêcher.

Alors, Guillaume, que comptes-tu faire ?

-Faire sauter le pont. -Bravo. Et puis ?

-Supprimer Grasillac. -Et ensuite ?

-L'armée ainsi décapitée,

il ne me restera plus qu'à la mettre en déroute.

Simple formalité, un jeu d'enfant.

-Comme tout devient facile avec toi.

Avec quel sang-froid tu domines la situation...

-N'est-ce pas ?

Dis-moi, Julien, me prends-tu pour un imbécile ?

Sérieusement,

me vois-tu faire sauter un pont pour retarder un régiment ?

Je ne perdrai pas mon temps

à ces bêtises-là. -Je ne te comprends pas.

-Tu as l'esprit lent et ta jeunesse t'aveugle.

Je me fous du peuple, mon petit. Comme je me fous du roi.

Je me fous du tiers état comme du quart.

La reine, le peuple, le clergé, tous dans le même sac.

Et le sac, à la mer.

Je vis pour moi, moi. Je suis un sage.

-Mais tu disais... -Hier, j'avais besoin de toi.

Tu m'as amusé. Je suis entré dans ton jeu... par jeu.

Tu m'as sauvé la face. Merci. Tu peux t'en retourner.

-Mais quand tu me parlais

de la liberté ?

-C'est un os qu'on jette au peuple pour qu'il s'y casse les dents.

-Mais ce n'est pas vrai. Dis, ce n'est pas vrai ?

Tu ne le penses pas ?

Les exploits qu'on te prête, tu les as bien accomplis ?

-Je travaillais au nom du peuple, mais à mon bénéfice.

-Mais le peuple croit en toi.

-Il croit aussi en Dieu... -Et ta légende ?

-Des histoires

de bonnes femmes. -Misérable imposteur.

Je te déteste, je te méprise !

-Toujours des sentiments excessifs.

Calme-toi, mon petit et ne me casse plus les oreilles.

-Non et non ! Que tu le veuilles ou non, tu es un héros.

-Tu me prends pour un imbécile. -Et tu le resteras.

Tu m'as donné ta place, hé bien, je la garde.

Je sauverai ta légende, tu feras sauter le pont.

Tu supprimeras Grasillac.

Et vive la liberté, et vive la nation.

-Le petit crétin.

Il est capable de se faire tuer pour une tulipe.

-Monsieur ? -Oui ?

-Une jeune personne veut vous voir.

Je la fais entrer ? -Je suis occupé.

-Vous ne la recevez pas ? C'est nouveau.

-Je suis un autre homme. -Je préférais le 1er.

-J'ai d'autres ambitions. Fini, les jeunes personnes...

Fini, fini, fini.

-Les roses que je vous avais cueillies...

-Pardon, vous avez raison.

C'est indigne de moi. -Le mal n'est pas si grand.

Je vous en cueillerai d'autres. -Non.

Plus de roses et plus de jeunes personnes.

-Oh...

Vous ferez bien une exception ?

-Caro ? -Hé, oui.

-Vous ne pouviez pas le dire ?

Caro... Hé bien, laissez-nous.

Elle rit.

-Je vous rapporte vos gants. -Il ne fallait pas.

-Oh... Et comment va votre cheval ?

-Il s'est bien remis de ma chute, merci.

-Vous êtes tombé au bon moment.

Je vous dois mon bonheur. -Heureux de vous savoir heureuse.

-Très heureuse. Je ne suis pas mariée.

-Pas mariée ?

-Je suis telle que vous m'avez quittée.

-Oh... -Vous êtes déçu ?

-Non, mais... un peu surpris.

-Nous nous sommes querellés, mon futur mari et moi,

à propos de ma couronne de fleurs d'oranger.

-De... de... de votre couronne ? -De fleurs d'oranger, oui.

Je la lui avais confiée, mais il l'a égarée.

Il prétendait même ne l'avoir jamais eue.

J'étais furieuse.

Le ton monte, un mot entraîne une injure, puis un soufflet.

Et alors... bref, j'ai rompu.

J'ai renvoyé la noce. Le soir, je me suis retrouvée seule au lit.

Quel espace... Quel soulagement.

Et tout ça grâce à vous. Merci.

-Oh, grâce à moi... C'est beaucoup dire.

-Le lendemain, j'ai eu comme une illumination.

Je me suis souvenu que la couronne qui aurait pu m'être fatale...

-Hé bien ?

-Ecartez-vous. Ecartez-vous et tournez-vous.

Elle n'est pas venue ici toute seule, non ?

-Ben... -Faites comme moi, souriez.

Ca m'a bien arrangé. -Mais ce pauvre garçon...

-Nous sommes restés bons amis. -Il doit me maudire.

-Il ne sait rien et cherche encore ma couronne pour l'honneur.

Il a toute sa vie pour la trouver.

-Et en avez-vous parlé à votre père ?

-S'il savait, vous seriez un homme mort.

S'il me savait chez un suppôt du despotisme...

-Hein ? -Il vous tuerait pour de bon.

-Il aurait tort.

Moi aussi, j'aspire à plus de liberté.

-Non, vous vous moquez ?

La liberté, ça fait partie de vos privilèges.

-Vous vous repentirez de m'avoir méconnu.

Je ne peux rien dire, mais cette épée est loyale.

Oui, loyale. Oh, et puis, tant pis, zut.

Je vous défie de deviner qui je suis. Hé bien, je suis...

-Un maladroit.

-C'est un avertissement, soit.

Je ne dois rien dire, mais ce secret est vôtre.

Je vous le mets de côté.

-Ca me fait une jolie jambe.

-Je vais vous donner un gage de bonne foi.

Votre père mène une action clandestine dans le pays, non ?

Si c'est vrai, un conseil. Qu'il prenne garde.

Vigogne veut faire des exemples. Perquisitions, pièges....

-Un conseil en vaut un autre. Bientôt, la Révolution triomphera.

La chasse aux nobles sera ouverte et vous vous réfugierez chez nous.

Le droit d'asile sera votre dernier privilège.

-Je n'aurai pas à en user, mais merci.

-Je vous sais gré de votre obligeance.

-Nous sommes bien généreux. Qu'est-ce que ça signifie ?

Un échange d'alliance ?

-J'aimerais vous retrouver ruiné, abandonné de tous.

Je pourrais vous recueillir et vous parler d'égal à égal.

-Comme vous le faites maintenant ? -Si je vous disais tout,

vous tomberiez de haut.

-Mais vous me ramasseriez, en robe de mariée.

Caro ?

-Oui, Guillaume ?

-Caro.

-Oui, Guillaume ? Guillaume ?

-Oui, Caro ?

Vous voyez, nous nous sommes tout dit.

Vous pleurez ?

-Moi, non, jamais. Mon père ne m'a pas appris.

Je ne sais pas ce qu'est une larme.

-C'est un moyen de défense. -Je préfère l'épée, c'est plus sûr.

-Contre un homme, une femme ne pèse pas lourd.

-Vraiment ?

Le 1er qui touche l'autre a droit à un gage.

-Vous parlez comme si vous étiez sûre de gagner.

-Que je vous donne un gage, ou que je vous en prenne un,

ce sera toujours le même. En garde.

Il y a longtemps que vous n'avez pas touché une épée.

-Moins longtemps que je ne mettrai à vous toucher.

-Voyez-vous ça...

Trop court.

Ah, trop long.

Attention à vous.

Touché. Voilà.

-Vous avez de ces coups. -C'est une botte de famille.

Elle nous vient d'un aïeul mousquetaire.

Je vais vous l'apprendre. Touchez-moi.

Touché.

A vous, je vais vous attaquer. Attention.

-Touché. -Merveilleux.

On a un gage chacun. Je peux prendre le mien ?

-Prenez ce qu'il vous plaira.

-Alors, je prends le mien, maintenant ?

Hé ben... -Quoi donc ?

-La Révolution est faite, non ? -Pas tout à fait.

-Laissez-moi passer !

-Il n'y a personne. -Tiens.

Caro, toi ici, en pleine féodalité.

J'en étais sûr.

Pendant que j'étais avec le comité, tu trahissais le tiers état.

Toi, une Plantin.

-Mais non. -Je le jure.

-Silence, le corrupteur. -Mais...

-Petit morveux, ton cadavre tout de suite.

Dieu est pressé, allez. Un instant, Seigneur, il arrive.

-Non, papa. -Tu vas voir tes fesses.

En garde.

Mais que... Mais c'est ma botte, ça.

C'est ma botte secrète. Il m'a volé ma botte.

Comment ? -Je la lui ai donnée.

-C'est un bijou de famille. -Elle sort pas de la famille.

On s'aime et vive la liberté.

-Quoi ? -Oui, M. Plantin.

-Moi vivant, jamais. Je te défends de l'aimer.

-Mais l'amour ne se commande pas.

-Puisque tu le prends sur ce ton, tu vas épouser Jean-Pierre.

-Elle épousera qui lui plaira.

Nous naissons libres et égaux devant l'amour.

Fini, les préjugés de classe.

Allez exercer votre tyrannie ailleurs.

Nous sommes émancipés.

-Oh, ça alors...

Venir ici pour entendre ça. Alors la noblesse prend tout ?

Nos filles, nos bottes, nos idées. -Tenez, remettez-vous.

-D'ailleurs, je ne vous crois que d'une oreille.

Je connais vos manigances et vos attaches à Versailles.

-Une question. Si une armée de mercenaires passait par ici

pour aller détruire l'Assemblée, que feriez-vous ?

-Ce que je ferais ?

-Oui, pour arrêter sa marche. -Je ferais...

ce que j'ai toujours fait pendant la guerre de 7 ans.

Je ferais sauter le pont. -Et le prince ?

-Quel prince ? -Le commandant.

-Ben, lui... Lui, pan.

Enfin, j'essaierai. Pan. Si c'est nécessaire, pan, pan, pan.

-Dans quelques heures, ce régiment bivouaquera ici.

-Non, c'est pas vrai ?

-On m'a donné votre botte secrète, voici une nouvelle secrète.

Vous ne perdez pas au change.

-C'est un piège ? -C'est une main tendue.

-Pas encore. La main de Caro ne vous suffit pas ?

-Vous me la donnez ? -Vous l'avez prise.

Mais... Mais...

C'est un... c'est un souvenir de famille ?

-Oui, c'est un souvenir de famille.

-Ouais, non. Non. L'autre t'allait mieux.

Alors, ce régiment, il arrive quand ?

-Il bivouaquera ici cette nuit.

-Le pont sautera, hein ? -Oui, papa.

-Comment ? -Avec de la poudre.

-Vous la prendrez où ? -Où je la trouverai.

-Vous la trouverez où ? -Où je la prendrai.

Huées de la foule

-On veut pas de toi.

-Charmant accueil. Et j'ai horreur des tomates.

-Le prince Alexandre de Grasillac de Morvan Lebro.

-Monseigneur, c'est une joie et un honneur bien grand

de recevoir dans notre ville un prince éminent

en qui le royaume met tant d'espoir.

-C'est une ville très accueillante que la vôtre.

J'ai aimé les manifestations de sympathie dont j'ai été l'objet.

En voici la primeur.

C'est une tomate. Fruit de votre négligence.

Ca aurait pu me coûter la vie. Vous deviez assurer ma sécurité.

-J'y ai veillé. J'ai fait pendre, à titre préventif,

une dizaine de présumés séditieux. Ils ornent la grand'place.

C'est la 1re fois qu'une ville est pavoisée avec des pendus.

-Assurément, cela part d'un fort bon naturel.

Mais je devrai informer la reine de l'anarchie qui règne ici.

-Je n'ai plus de lieutenant général de police. Il a disparu.

-Que me dites-vous là ?

-Peut-être a-t-il été assassiné.

Il avait reçu une tulipe noire de la Tulipe noire.

-Vous y croyez, à la Tulipe noire ? -Je suis bien forcé.

-C'est un mythe. La canaille a créé ce personnage pour piller.

La Tulipe noire, c'est la tomate rouge.

-Chéri, forme un voeu.

-Voilà. -Je crois que tu seras content.

-Vous avez entendu cette sortie ? Mais quel camouflet.

-Vous risquez de perdre votre intendance pour des tomates.

Elles sont d'ailleurs fort belles.

-Venez avec moi pour chasser ce mauvais souvenir de son esprit.

Si vous n'y voyez pas d'inconvénient.

-Je vous en prie, faites. -Merci.

Venez.

Permettez-moi de vous présenter la marquise.

M. le fermier général... -Monseigneur.

Il murmure.

-Méchant, vous ne m'avez pas adressé la parole de la soirée.

N'avez-vous rien à me dire ? -Vous devez être charmante, au lit.

-Comme si vous ne le saviez pas.

-Vous êtes adorable, bel ange.

-Le baron La Mouche.

-M. le lieutenant général de police, d'où sortez-vous ?

-De prison. -De prison ?

-Oui, j'ai des policiers bornés, mais disciplinés.

-Belle balafre. D'où vient-elle ?

La Tulipe noire ?

-Elle n'oserait pas s'attaquer à moi.

J'ai été agressé par 20 bandits que j'ai mis en fuite.

Vous pouvez lire le récit du combat sur mon visage.

-Pendant ce temps-là, monsieur...

Tomates.

-Oui, tomates. Ca ne vous dit rien ?

-Oh, mais je sais. Ma police est bien faite.

J'ai dispersé les fâcheux, l'ordre règne.

Des patrouilles sillonnent la contrée.

Je veille, monseigneur, je veille. -Vous veillez ?

-Oh, chérie. -Adieu, madame, adieu.

-Vous partez déjà ? -Je vous quitte pour toujours.

-Pour toujours ? -Oui, créature perfide.

Vous vous êtes conduite avec ce cuistre comme avec moi.

Même sourire, même complaisance. -Vous êtes jaloux.

Merci, mon Dieu. -Vous m'avez donné cette maladie.

Pourtant j'avais souhaité... -Allons dans le petit salon rouge.

-Dépravée. -Oui, monsieur.

-Créature faible. -Oui.

-Dans le petit salon rouge. -J'y vais.

Ravie d'avoir enfin fait ta connaissance.

Musique joyeuse

-Remettez cela au prince et apportez-moi mon épée.

-Pour moi ? Merci. Vous permettez ?

-Je pense qu'il y a 200 000 habitants de trop à Paris.

-300 000. -200.

-Non, 300. Et si le reste

n'obéit pas, il faudra les passer au fil de l'épée.

Rires

-Ah, vous. Non, merci. Le salon rouge ?

Ah, merci.

-Merci.

-Merci.

D'avance, merci.

Merci pour votre galante sommation.

J'aime les femmes qui savent ce qu'elles veulent.

C'est agréable, pour un militaire, que de se croire une place forte

qui ne demande qu'à se rendre.

Investissez-moi, je capitule.

Vous m'avez conquis. -J'arrive à temps.

Comment osez-vous ? -Qui vous a permis d'entrer ?

-J'attends vos excuses. Et vite.

-Pourquoi des excuses ? De quel droit, des excuses ?

-De quel droit ?

Je ne répondrai pas à cette grossière question, monsieur.

-Je suis ici pour devenir ce que vous vous flattez d'être.

-Vous calomniez madame.

Je ne le souffrirai pas.

Voilà, en garde, monsieur.

-Non, ne vous tuez pas ici, vous allez tout casser.

Allez vous battre dehors.

-St Preux. -Grasillac Morvan Lebro.

-Enchanté. -De même.

-Oh, mon mandarin.

Oh, mon vase chinois.

-OH...

-Que font-ils ? -Ils se battent.

-Pourquoi ?

Messieurs, pas de carnage chez moi.

-St Preux, arrêtez.

Monseigneur, monseigneur...

-C'est une affaire d'honneur. -Laissez-nous.

-J'aurais fait mon devoir.

-Où est le prince ? -Ce n'est pas le moment.

-J'ai une communication importante à lui faire.

Monseigneur ? -Que vient-il faire ici ?

Quand j'en aurai fini avec ce paltoquet.

-On a volé un chariot de poudre. -Quoi ?

-Il a été vidé.

-Y a de quoi faire sauter le château.

-Je ne le permettrai pas. -Nous sommes en danger de mort.

-Ne vous affolez pas.

Le château est bien gardé, y a rien à craindre.

Quant aux voleurs, ils tomberont sur une de nos patrouilles.

-C'est la Tulipe noire.

Avec elle, vous n'avez pas eu beaucoup de chance, La Mouche.

-Elle n'existe pas.

Ne le mettez pas sur une piste inexistante. La Tulipe noire...

Je vous demande un peu...

Une tulipe noire dans ma poche. -M. le lieutenant général ?

M. La Mouche ?

Les 2 sentinelles du pont St Pierre ont été abattues et jetées à l'eau.

On a trouvé leurs corps. -Le pont St Pierre ?

Ils veulent faire sauter le pont.

-Avec ma poudre. -Sûrement.

-La Tulipe noire. Ce ne peut être que la Tulipe noire.

-Mon cheval, vite. Ratissez la forêt.

Je vais cerner le pont et cueillir la Tulipe noire.

-Bon, tenez. A nous 2, M. de St Preux.

M. de St Preux ? Où est-il ?

M. de St Preux ? M. de St Preux ?

-Allons-y, allons-y, pressons.

Allez, ça va. Maintenant, mettez la poudre. Doucement.

Doucement.

Doucement, c'est de la poudre, ça éclate.

Allez, voilà.

-Arrêtez, faites silence.

-Chut.

Pas d'un cheval

-Alerte, un cavalier.

-Caro ? (-Chut, je suis là.)

-Vite. (-Vous avez tué le prince ?)

-Non, pourquoi chuchotez-vous ? -A cause du cavalier.

-Qui ? -Pardon, c'est vous.

Papa, papa, c'est Guillaume.

-Que vient foutre cet aristocrate ici ?

Nous espionner, hein ?

-La Mouche arrive, filez vite. -Il aura pas l'effet de surprise.

Mais est-ce que c'est vrai ? -La confiance règne.

-J'entends une piétinade. -Filez.

-Quoi ? On a pas fait tout ça pour rien.

On sautera peut-être, mais le pont sautera.

-Je m'en charge. -Filez, je reste avec lui.

-Non, toi... Bon, allez, on s'en va.

Rendez-vous au carrefour St Blaise.

-D'accord. -Oui. Ca commence bien, nous 2.

Oh, attention.

-Suivez-moi.

-Bravo, voilà une bonne chose de faite.

Soldats, je suis content de vous.

Et votre prince ? -Je dois encore le tuer.

-Vous ne l'avez pas fait ? -J'ai su que La Mouche venait.

J'ai paré au plus pressé. -Et maintenant ?

-La fête doit être terminée. -Et ?

-Le prince retourne à son bivouac. -Et ?

-Vous manquez d'imagination. Suivez-moi.

-Oh...

-Qu'y a-t-il ? -Là.

Tiens, toi, descends.

Va voir ce que c'est.

-Pourquoi cet arrêt ? -Y a un homme.

-Et alors, vous n'avez qu'à passer dessus.

-C'est une femme.

Il gémit.

Gémissements de lutte

Il crie.

Il crie.

-Ca va durer longtemps ?

Que faites-vous avec mon cocher ?

-Pistolet. -Tiens.

Là, je vous tiens. -M. de St Preux.

Que faites-vous ici ? -Je vous enlève.

-Je refuse. Non, je ne veux personne dans mon carrosse.

-Silence ou je tire.

-Je me tais, mais vous me le paierez.

-On est arrivés.

Allez, tout le monde descend.

T'as la clé ? -Tiens, la voilà.

-Chef, amenez l'aristocrate.

Ici, y a tout ce qu'il faut pour faire un cercueil sur mesure.

-Qu'ai-je à faire dans une scierie ? C'est indécent.

-Par ici.

Je vous en prie, monsieur, après vous.

-Vous, je vous défends d'être poli. Judas.

Sinistre. Un vrai coupe-gorge.

-Je vous le fais pas dire. -Un guet-apens ?

-Non, pas du tout, on vous prend pas en traître.

On va vous condamner à mort. Demain, vous n'y penserez plus.

-Le peuple assassine ses princes ? Quelle époque.

-Oui, c'est le monde renversé.

Mais nous n'allons pas vous garder toute votre vie.

Comment voulez-vous mourir ? Choisissez votre mort.

-C'est une plaisanterie ? Non.

Je ne serai pas votre complice dans mon assassinat.

-J'insiste. -Vous me désobligez.

-On ne peut rien faire pour vous être

agréable ? -Si, j'ai une question.

A quoi correspond cette comédie avec la marquise ?

Le billet était de vous, non ?

-Un prétexte pour vous tuer. -Pour quelle raison ?

-Pour mettre votre régiment hors d'état de nuire.

Une armée sans chef est une nuit sans lune.

-D'où cet imbroglio imbécile ?

-Je voulais vous tuer sans être démasqué.

-Démasqué ? -Oui.

Je peux vous le dire, à vous, maintenant. Je suis...

Non, à elle, d'abord.

-Oh, Guillaume, Guillaume, c'est merveilleux.

Papa, papa,

papa.

-Oui, messieurs, je suis la Tulipe noire.

-Quoi ? C'est la... la Tu...

Mon général. -La Tulipe noire ? Ca change tout.

Le prince de Grasillac assassiné par la Tulipe noire ?

Nous écrirons une page d'histoire. Ma gloire est assurée.

-Buvons à la Tulipe noire et à sa dernière victime.

-Hosanna. Je me souviendrai longtemps de mon dernier jour.

A la vie, à la mort.

Eternuement

-Oh...

-Qui va là ?

-Baron La Mouche, lieutenant général de police.

-Que s'est-il passé ?

-On a fait sauter le pont.

Qu'attendez-vous ? Qu'on me donne un uniforme, une épée.

Allez, et que ça saute.

Non, que ça ne saute pas.

-A terre, vous autres.

-Allez, allez. Vite, vite. Ton pantalon, toi.

-Oui, oui, oui. -Les bottes.

-A mon dernier matin.

Blurp.

Et maintenant, assez bu.

"Mors ultima ratio."

J'ai vécu plus que de raison. Adieu, la vie. Adieu, l'amour.

Adieu, Plantin.

Adieu, Plantinet.

-Adieu, mon bon prince.

Où c'est que vous allez ? -Au supplice.

Je veux mourir comme Marie Stuart, j'emporte mon billot.

N'oubliez pas votre hache.

-Je peux pas. Je peux pas, je peux pas.

Je peux pas vous faire ça à toi.

-On peut pas lui faire ça.

-A lui ? Lui faire ça ? Non, on peut pas.

-Je veux mourir. -Non.

-Sois gentil, prends ta hache.

-Non, pas d'hache.

-Plantin ? -Général ?

-Mon pauvre petit Plantinet. Que t'arrive-t-il ?

-Ca va mieux, ivrogne ? -Oui, mon général.

Allez, ouste, au supplice, Marie Stuart. Allons-y.

-Non, il y a un autre moyen de le sauver.

Signez cette délégation de pouvoir au nom de Plantin.

-Grasillac.

-Qu'ai-je signé, Tulipe ? -Votre grâce, imbécile.

-Ma grâce imbécile ? -Enfermez-le.

-Viens m'enfermer, Plantinet.

-Pas de familiarités. -Plantin ?

Vous lui prendrez son chapeau et sa cape.

-Allez, chapeau et cape.

-Regardez, le carrosse du prince de Grasillac.

-Présentez sabre.

-Le prince. Vite, rassemblement. A cheval. A cheval, à cheval.

Clairon

Garde à vous. Présentez arme.

-Présentez arme.

-Où est l'officier de service ?

-C'est moi, monsieur. -Pas monsieur, colonel.

Délégation de pouvoir signée par le prince de Grasillac.

Vous êtes sous mes ordres. -Mais, monsieur, je...

-Colonel. Les ordres sont formels, vous descendez sur Marseille.

-Mais, monsieur... -Colonel !

Dans le rang !

Non, mais.

Attention...

A mon commandement, demi-tour à droite. Droite.

Direction Marseille.

En avant, marche.

Allez, allez. 1, 2, 1, 2, 1, 2, 1, 2,

1... Allez. Allez, allez.

Ils seront pas à Paris pour le 14 juillet.

Allez, allez.

-Oh...

-Chef, chef, ça a marché.

-Regardez.

-D'une façon extraordinaire.

-C'est mon St Preux. Ah, cette fois, je te tiens.

Ils sont 4. Il me faut du renfort.

Allez-y. On va les encercler.

Faisons 2 groupes de 8 hommes.

-8 hommes avec moi.

-Ils sont partis comme un seul homme.

1, 2, 1, 2, 1, 2.

Et le prince sanguinaire ? Qu'est-ce qu'on va en faire ?

-On le garde comme otage. Personne le cherchera ici.

-Y a pas d'endroit plus tranquille.

Allons casser la croûte. -On arrive.

-C'est pas dommage.

Je commence à avoir soif.

Manzin, attention.

Attention.

Ils crient.

-Chef.

Les policiers crient.

-Plantin. -Merci.

-Allez.

Il gémit.

Ils crient.

-Au nom du roi, ouvrez.

Au nom du roi...

-Repliez-vous vers la cabane.

Les policiers crient.

Allez chercher le prince, il servira d'otage.

-Heureusement qu'on l'a comme monnaie d'échange.

Chef, il est parti.

-Comment, parti ? -Ouais, il...

-Tant pis, bouclez, Plantin.

-Le salaud, il est avec La Mouche.

-J'étais sûr que vous étiez ici. -Je me suis délivré tout seul.

Bravo pour votre tenue et votre service de sécurité.

Après la tomate, j'ai été enlevé, j'ai été séquestré.

Et par M. de St Preux. Savez-vous qui est M. de St Preux ?

La Tulipe noire. Oui, monsieur.

Je dois rejoindre mon régiment.

Je dois être à Paris le 14 juillet. Il me faut une escorte.

-Tout de suite. 4 hommes avec moi.

-Il faut du renfort. -Comment sortir ?

On est bloqués. -Et ça, là-haut ?

-Ca ? Un trou d'aiguille. -Je peux passer par-là.

-Non, Caro, pas vous. -Ici ou dehors, c'est pareil.

Aidez-moi. -C'est pas possible.

-Elle a raison. Autant se faire tuer au grand air.

-Caro, tiens.

-En avant.

Cris

-Guillaume ?

Guillaume ? Guillaume ?

Où est Guillaume ? -Oh, Caro.

Que fais-tu là ? -Où est Guillaume ?

-Ils l'ont emmené avec ton papa.

-On a encoffré votre frère. On l'a interrogé avec Plantin.

Plantin est condamné à la prison perpétuelle.

Votre frère sera pendu demain. -Pendu ?

-Oui, on parle que de ça, en ville.

Quand on a su que la Tulipe noire, c'était vous,

on trébuche dans vos veuves. Pour être regretté, ça...

-Et ils vont le pendre...

-Quand on fait l'andouille, on finit mangé.

Il nous reste plus qu'à décamper. Plus de patrouilles à craindre.

-C'était un enfant. -Faut faire vite, on sait jamais.

S'il se rétracte sous la torture, on serait encrottés tous les 2.

Allez, allez, venez. Vite.

-Un enfant un peu fou, plein de chimères.

-Demain, on sera en Espagne. A nous, les garces.

-On ne part plus, on reste. -Quoi ? Vous êtes fou ?

-On reste. -Pour quoi foutre ?

-Restez, mais moi, je pars. Personne m'en empêchera.

Votre frère pue la charogne. -Brignolle ?

-Non...

Non...

Il siffle les 1res notes d'un air joyeux.

(-Chut.)

Quelqu'un siffle la suite.

(-Je savais...)

(-Plus tard.)

(Scie ce barreau.) (-Je voudrais te dire...)

(-Tais-toi ou je te scie la langue. Tiens.)

Pas de la sentinelle

(Chut.)

(Allez, vas-y.)

(Tire.)

-Alerte

à la garde.

-Va-t'en. -Un prisonnier s'est évadé.

Cloches

-Tu vois, je n'ai pas l'habitude des bonnes actions.

Dieu m'a puni. Allez, fous le camp.

-Je ne te quitterai pas.

-Imbécile. Allez, va.

Un dernier mot, Julien.

Ne te sépare pas de Voltaire. C'est mon meilleur ami.

Veille sur lui, c'est un bon cheval.

Tiens, c'est à toi, maintenant. Allez, fous le camp.

-Non, Guillaume, je reste. -Fous le camp.

Fous le camp, je te dis !

-Adieu, Guillaume.

-Adieu, Voltaire. Ah, la famille.

-Ma balafre.

Il a ma balafre.

-Idiot.

-Allez, emmenez-le.

-N'êtes-vous pas un peu émue ? -Pourquoi le serais-je ?

Un homme qui nous a trompés...

-En ce qui me concerne, je ne le regrette pas.

-Nul n'est irremplaçable.

Cloches

-Vous voyez, il a ma balafre. -Ca lui va très bien.

-Guillaume.

Assassins ! Assassins ! Guillaume.

Je ne veux pas qu'on te tue.

-Mais c'est indécent. Qu'on arrête cette fille.

-Guillaume, je t'aime.

Je t'aime. Guillaume...

-Je ne saurai jamais qui est cette charmante personne.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? -Pendez-le, voyons.

-Pendez-le. -Qu'attend-il ?

-AH...

-Voilà, très bien, très bien.

Ah, enfin, nous voilà tranquilles.

Ah...

-M. le lieutenant général, je vous remercie au nom de tous.

Vous avez accompli un exploit. Quel beau jour pour vous.

-Et pour lui, aussi. Son dernier.

On ne peut s'offrir tous les jours des morts de cette qualité.

-Ce n'est pas tous les jours fête.

A bientôt, comte. -A bientôt.

-On va le voir, hein ? -On va le voir.

La Mouche ricane.

-OH...

-Ton chef-d'oeuvre, mon chéri. -Hé, oui.

-Quand je pense que j'ai...

-Les femmes font des erreurs. Je t'aiderai à oublier.

Comme il se balance bien au bout de sa corde.

-On dirait qu'il a fait ça toute sa vie.

Oh, mon chéri...

-Oui, on a eu tort de ne pas en profiter pour pendre Plantin.

L'arrestation de sa fille constituant un fait nouveau,

on pourrait exécuter les 2.

-Ils n'ont pas hésité, eux, à jeter des tomates sur le prince.

Où est-il ? Mais où êtes-vous ?

-Le prince Alexandre

de Grasillac de Morvan Lebro.

-Mon régiment... Où est mon régiment ?

Personne n'a vu mon régiment ? -Vous l'avez perdu ?

-Non, c'est lui qui m'a perdu. Il s'est évaporé.

-Je vous le retrouverai. -Vous ne retrouverez rien du tout.

Je suis arrivé à Paris seul,

5 minutes après que la Bastille eut été prise.

-Quoi ? Mais qui a pris la Bastille ?

-Les 100 000 Parisiens que je devais massacrer.

C'est votre Tulipe noire qui m'a coupé de mon régiment.

Sans elle, jamais la Bastille n'eut été prise.

Il fallait l'arrêter. -Je l'ai arrêtée et pendue.

Elle est morte.

Coup de feu

-Vive la Tulipe noire.

Que la fête

commence.

-C'est pas possible. Qu'est-ce que vous faites là-haut ?

C'est pas votre place.

Où est ma balafre ?

Non, mais je rêve.

Vous étiez là, ce matin, quand on l'a pendu.

-Allez donc voir là-bas si j'y suis, M. La Mouche.

Rumeurs de la foule

-Ciel, mon mari.

Cloches

-Le tocsin. C'est la Révolution. -Quoi ?

-Croyez-moi, j'en viens. -Elle n'aura pas lieu ici.

La garde, à moi. La garde.

-A lui, la garde.

-A moi, ma garde. Ma garde.

En avant sur la Tulipe noire.

Julien rit.

-Et maintenant, sauve qui peut.

Cris

Cloches

-Mon carrosse ? Où ai-je mis mon carrosse ?

-Vous ne le trouvez pas ? -Le voilà.

-Vous partez déjà ? Où allez-vous ?

-Chez moi. Un pays en guerre n'est pas fait pour les militaires.

-En souvenir du salon rouge, je pars avec vous.

-Vous ne pouvez pas laisser votre mari.

-Le pauvre chéri, nous ne pouvons rien pour lui.

Nous le pleurerons ensemble. -Avec joie. En route.

-La garde, à moi. La garde, à moi.

-Je vous attendais, M. La Mouche.

-Cet homme est le diable.

-Pendez-le !

Pendez-le ! Pendez-le !

Rires

-Non.

Laissez la vengeance aux vaincus. Ils ont fui.

Ne vous acharnez pas et allons délivrer les prisonniers.

En avant. -EN AVANT.

-Vive la Tulipe noire.

La foule crie.

Hennissement

Il reprend son souffle.

-Ah...

Oh...

Hennissement

La Mouche crie.

Musique joyeuse

-Oh, méchant.

-Ah, grande journée. Grande date.

On en reparlera du 19 juillet 1789.

Applaudissements

Dites-moi, ma libellule,

à votre avis, plus tard, dans les livres d'histoire,

on dira "la Tulipe noire et Plantin"

ou "Plantin et la Tulipe noire" ?

Ou, plus modestement, "Plantin" tout seul ?

-Bravo, Plantin. Et vive la Tulipe noire.

Elle rit.

-Quand je pense que tu es encore vivant, toujours vivant.

Guillaume, Guillaume...

-Non, appelle-moi Julien.

-Pourquoi Julien ? Ca ne te va pas du tout.

J'aime mieux Guillaume. J'aime pas Julien.

-Alors, va pour Guillaume, mais moi, j'aimais bien Julien.

Pauvre Julien... -Tu es un peu fou.

-Je ne me lasserai jamais de t'appeler Guillaume.

Tu es mon Guillaume pour la vie.

Tiens, regarde.

Te voilà. D'où sors-tu ?

Petits hennissements

Pourquoi ris-tu ? -Parce que lui, il sait.

-Il sait quoi ? -Demande-lui.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.