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C�R�MONIE SECR�TE
Maman...
A notre fille, Judith Frances Grabowski,
qui s'est noy�e � 10 ans
Attends ici.
Maman !
Tu te trompes, ma petite.
Allez, l�che-moi.
Tu vas me l�cher !
Qu'est-ce que tu me veux ?
Dis quelque chose !
Tu es muette ?
Tu veux ton petit-d�jeuner ?
Oui.
C'est excellent.
Je n'ai jamais mang�...
aussi bien.
Tu n'as pas pr�par� �a toute seule ?
Personne ne t'a aid�e ?
Souviens-toi.
De quoi ?
Tu as renvoy� les bonnes.
Tu les as chass�es.
Tu es toute seule ici ?
Il n'y a personne en bas ?
Personne.
Quelqu'un vient plus tard ?
O� est ton papa ?
Tu le sais bien.
Je ne l'aurais pas demand�.
Sa derni�re carte venait de Philadelphie.
Tu l'as d�chir�e.
Pas le moindre souvenir.
Tu as dit de ne plus prononcer son nom.
Je peux changer d'avis. Je suis chez moi !
Apr�s son odieuse conduite � l'office ?
Comment oses-tu ?
- Qui a lanc� l'encrier ? - Pas d'insolence !
- Qui l'a chass� ? - Tais-toi !
"Ne me parlez plus de lui."
On a ses mauvais jours.
J'ai perdu mon sang-froid.
"Albert..."
Que je n'entende plus ce nom !
Encore jalouse ?
Va dans ta chambre.
Il me caressait.
Je te demande pardon.
Ma pauvre ch�rie...
J'ignore ce qui m'a pris.
J'ai cru que ma t�te �clatait.
Tu veux que je m'installe ici ?
Que je m'occupe de toi ?
Tu t'es toujours occup�e de moi.
Tu as de la fi�vre...
Quand tu allais chez les m�decins,
tu disais : "Je reviendrai", et tu revenais toujours,
sauf le jour o� tu as eu si mal et o� le vent a d�racin� le cerisier.
Je suis de retour.
Je n'ai jamais fait la sieste...
mais j'essaierais bien...
Tu es mignonne.
O� as-tu achet� ces bas affreux ?
Je te savonne le dos ?
Non, merci. J'y arrive toute seule.
Une grande fille comme toi ?
Le dimanche, tu m'autorises � te laver le dos.
On est dimanche ?
En voil� une maman distraite !
Je sors, ou je vais m'endormir.
Et te noyer ?
Se noyer, tu sais ce que c'est ?
Les canards ne se noient pas !
Non ! Ne fais pas �a !
Non ! Ne fais pas �a !
Quelle joie de te revoir ici !
Je peux venir dans le lit ?
Je t'en prie, maman.
On est bien !
Tu disais toujours :
"Ll suffit d'un lit immense, avec tous ceux qu'on aime".
Plus tard, tu appr�cieras l'agr�ment de dormir seule.
J'ai peur de dormir seule.
Il n'y a pas de raison.
Et le monstre ?
Quoi ?
Le monstre.
Toute la nuit, il me surveille.
Un charmant vieux monsieur qui a oubli� de se raser.
Il n'y a pas de vieux charmants.
Parfois, il montre les dents.
Tu n'as qu'� dire : "Sage !"
Il est parti.
Il reviendra.
Pas si tu dis tes pri�res.
Des pri�res, l'apr�s-midi ?
L'apr�s-midi, le bon Dieu a le temps d'�couter.
Pourquoi ? Que fait-il le soir ?
Il est d�bord�.
Je ne connais aucune pri�re.
Seigneur, gr�ce � Votre bont�...
je suis � l'abri pour quelques heures.
Que personne ne m'arrache � ce paradis.
Tu ne comprends pas
que ma virginit� est mon seul bien ?
Je sais que c'est dr�le.
Maman dort.
Je te pr�viens,
je ne ferai rien qui puisse la blesser.
Reste sur cette chaise.
Mange �a.
Maman est maman.
�a compte.
Sur ton passeport, il y a : "professeur".
Moi, qu'est-ce que j'inscris ?
Cenci...
Englehard.
Vierge.
C'est moi.
C'est tout ce que je suis.
Le jour o� nous �tions couch�s sur les feuilles,
�a m'�tait �gal d'�tre mouill�e,
je voyais les nuages au-dessus de toi.
Tu disais : "Je suis trop lourd ?"
�a ou autre chose, tout m'�tait �gal,
tant que nous �tions habill�s.
Je ne me d�shabillerai pas.
Je ne te voudrais pas si pr�s.
Veux-tu me caresser les cheveux ?
Tu peux me caresser
les cheveux.
Eloigne-toi de moi !
Je g�mirai...
si tu t'en vas.
Qu'est-ce que �a a de formidable ?
Pourquoi tu en fais une telle histoire ?
Pas tes mains sur moi !
Retire tes mains !
Pas tes sales mains sur moi !
Maman...
Viens, maman, viens !
Bonjour, maman.
Tu as toujours mal ?
Mal ?
Ce que j'ai bien dormi !
J'en suis ravie !
Le printemps est n� cette nuit.
O� sont mes robes ?
Comment veux-tu t'habiller ?
Choisis, toi, ch�rie,
tu as un go�t si distingu�.
�a, c'est pour quand il pleut comme vache qui pisse.
J'ai dit �a parce que...
quand je prenais le th� au...
la Duchesse a employ� cette expression.
C'est � ne pas croire.
�a vient d'une grande maison !
Mais oui !
Je l'avais oubli�e.
Je l'avais mise pour...
l'anniversaire de la reine.
C'est parfait pour une soir�e habill�e.
Comme l'op�ra.
Ou un ballet.
Ou un souper fin.
Ce que je deviens grosse !
C'est l'eau que je garde. �a me gonfle.
C'est n�cessaire ?
Ne bouge pas.
Tes cheveux sont dans un �tat !
Je ne supporte pas qu'on me les tripote.
�a m'�nerve.
�a me donne la chair de poule.
Arr�te !
On ne peut pas te laisser sortir
avec l'air d'une putain.
Qui c'est ?
Les tantes Anna et Hilda, probablement.
Nous venons du cimeti�re.
Il fait un vent frisquet.
Pas une fleur sur la tombe de ta m�re.
Tu trouves �a bien ?
Les fleurs auraient froid.
Cenci, ta m�re est morte.
Ne la cherche pas dehors.
Tu nous �coutes ?
On ne peut pas en placer une.
Maman taille les rosiers.
Il n'y a personne dans le jardin.
Encore une plaisanterie morbide. A nous deux !
Papa Albert a �t� arr�t� � Philadelphie.
Je ne saisis pas.
D�tournement de mineure.
Allez-vous-en ! Laissez-moi !
Quel paquet de nerfs !
Elle ne nous a rien offert.
- Quelle jeunesse ! - Aucune �ducation.
Tu as pris un bain, r�cemment ?
Nous avons le droit de voir la chambre de ta m�re.
Tu as fait du feu ?
Pourquoi du feu ?
Il fait chaud pour la saison.
Quel gaspillage !
Une chaleur suffocante !
Suffocante !
Regarde !
Toutes ces toilettes !
Les mites vont les manger.
Donne-nous-en une ou deux.
Celle-ci est faite pour moi.
Le renard noir !
Le renard noir !
No�l 55.
Tout le monde �tait so�l.
Et Gustaf vivait encore.
Il d�coupait le r�ti...
Quel fr�re g�n�reux c'�tait !
Il m'avait offert un rasoir �lectrique.
Et il chantait...
Cenci, ce sera pour les mites.
C'est trop "dame" pour toi.
Que ferais-tu d'un truc comme �a ?
Vous n'aurez pas le vison.
Regarde le lit de ta m�re !
Il est chaud !
Et il est pr�s de midi !
C'est inconvenant, un lit chaud !
Tu es toute seule ?
Oui.
Elles sont parties ?
Tu n'as pas parl� de moi ?
Elles te croient morte, maman !
Il n'y a personne ?
Margaret, c'est bien toi ?
Bonjour.
Comment vas-tu ?
Non, ne me le dis pas.
Tu ne me laisses pas entrer ?
A jeun, je suis inoffensif !
Allons, sors !
A plus tard.
D'o� viens-tu ?
Qui t'a donn� cet argent ?
- Je suis all�e � la banque. - Quelle banque ?
On est mardi. Si tu ne veux plus que j'y aille, dis-le !
Inutile de crier.
Tu es all�e ailleurs ?
Tu as...
rencontr� quelqu'un ?
Tu peux me faire confiance.
Je ne te confierais pas mon porte-monnaie.
Quelqu'un... est pass�.
Qui ?
Albert ?
Je ne connais pas d'Albert.
Embrasse maman.
Papa Albert �tait un amant formidable ?
Que veux-tu dire ?
C'�tait un meilleur amant que papa Gustaf ?
Je le crois.
Etait-il...
prodigieux ?
Prodigieusement...
tendre
et brutal ?
Il te faisait...
g�mir ?
G�mir, comment ?
Vas-y, fais-le.
Tous les hommes sont habiles ?
Ce sont... des petits gar�ons...
qui ont besoin...
qu'on leur torche le derri�re.
Je sors.
- Je peux venir ? - Non, ch�rie.
Si, je t'en prie !
Pose ce truc !
C'est le jour de lessive.
�a me d�go�terait de toucher � ton linge.
Tu feras la lessive, ou pas de t�l� cette semaine !
On n'a pas de t�l� !
Tu es impossible aujourd'hui !
Tu reviendras, dis, maman !
Ne sois pas sotte ! Evidemment !
Reviens vite !
Promis.
J'arrive !
Sainte m�re de Dieu !
Hilda !
Qui �tes-vous ?
Je suis L�onora.
L�onora comment ?
La cousine de Margaret.
Toi et tes fant�mes !
J'aurais jur� que c'�tait notre belle-s�ur.
Margaret �tait plus petite.
Elle n'avait pas ces yeux-l�.
- Plus maigre. - Surtout vers la fin.
Elle qui �tait si forte,
� la fin, c'�tait un parapluie.
Comment avez-vous pu vous tromper ?
La robe mauve de Margaret !
Oui. Cenci me l'a donn�e.
Voulez-vous prendre le th� ?
Vous �tes une cousine de Margaret ?
Elle n'a jamais parl� de vous.
�a vous �tonne d'elle ?
C'est quand m�me bizarre.
Apr�s le d�part d'Albert,
elle disait que Cenci et elle �taient seules.
Nous, nous ne comptions pas.
Elle nous en voulait...
d'�tre un peu juives.
Comme notre Sauveur, du c�t� de sa m�re.
On ne s'entendait pas bien.
De simples... malentendus.
A quel sujet ?
Inutile d'en parler.
L'argent ?
Des affaires de famille.
Quel argent ?
Cenci a h�rit� des Engelhard.
Riche � crever !
J'attends encore un cent !
Un quoi ?
Vous n'�tes pas am�ricaine ?
�a vous d�range ?
- Le monde est petit. - On en trouve partout.
J'ai mes propres soucis.
On ne m'a m�me pas avertie...
de la maladie de Margaret.
J'habite loin, mais ce n'est pas une excuse.
On avait mon adresse, on pouvait m'envoyer une carte.
Je ne suis pas rancuni�re mais...
A-t-elle souffert ?
Cenci ne vous l'a pas dit ?
Elle n'a pas donn� de d�tails.
Les 3 derniers mois, elle s'est enferm�e.
Elle a chass� tout le monde...
- Serviteurs... - Infirmi�res...
- M�decin... - "D�cid�s � la tuer".
Elle disait des absurdit�s.
Elle divaguait.
Cenci faisait tout : Les soins, la cuisine, les t�ches m�nag�res...
Elle idol�trait sa m�re.
La nuit qui a pr�c�d� l'enterrement, elle l'a pass�e pr�s du cercueil.
Je vois encore son visage.
C'est depuis ce moment-l� qu'elle ne tourne plus rond.
Elle avait
l'air hagard...
un petit sourire...
On �tait p�trifi�es.
Elle disait n'importe quoi...
que sa m�re �tait all�e chez le coiffeur...
qu'elle devait s'�tre perdue.
Le jour de l'enterrement...
Elle s'est enferm�e dans les toilettes.
La pauvre enfant...
Elle n'a jamais eu la vie facile.
Une m�re toqu�e...
Et Gustaf...
Ce cher Gustaf...
Vous avez rencontr� Gustaf ?
Une seule fois.
Le plus g�n�reux des fr�res.
A sa mort, Cenci avait 9 ans.
Son pauvre corps �tait encore chaud
quand la pauvre Margaret a ramass� cet Albert.
Avec ses pipes qui puaient,
ses costumes, ses livres,
sa d�marche !
Son effrayante d�marche, langoureuse et insinuante.
Ses mains !
- Qu'est-ce qu'elles ont ? - Laissons �a !
Il faut qu'elle sache.
Je sentais �a venir !
N'en parlons plus.
- L'ignoble cochon ! - C'est vrai.
La pauvre Margaret l'a surpris
en train de caresser Cenci.
La pauvre Margaret hurlait : "Albert, hors d'ici !"
Mais Cenci est encore une gosse !
Cenci, une gosse ?
Elle a 22 ans bien sonn�s.
Ce sera...
toujours une enfant pour moi.
Les fous ne font pas leur �ge.
C'est �c�urant !
Vous �tes �c�urantes !
Pourquoi n'avoir rien fait ?
Vous l'avez abandonn�e... tous !
Sa m�re n'avait pas le droit de la laisser seule !
Il fallait appeler un m�decin ou la police.
Qu'y aurions-nous gagn� ?
Vous y auriez perdu.
Comment "perdu" ?
La possibilit� de piller.
Pardon ?
Je ne comprends pas !
Si la petite vous a racont�...
Elle ne m'a rien dit.
Alors, venons-en au fait.
Des objets ont disparu.
Des robes de "la pauvre Margaret".
Des vieilleries !
Cenci se fiche des souvenirs.
Je parle aussi de cette...
poup�e !
Qu'avez-vous fait ?
Criminelles !
Si vous tra�nez vos fesses dans cette maison,
je vous d�nonce aux flics.
Gardez-la.
Ta satan�e m�re est l� ?
Je ne vais pas te manger !
Je peux entrer ?
C'est pour toi.
O� est ta m�re ?
Elle est sortie.
Et la maladie inavouable ?
Elle s'est gu�rie.
Voyez-vous �a !
Apr�s ces simagr�es au sujet
de ses douleurs abdominales !
De simples spasmes du colon,
occasionn�s par son m�pris morbide du sexe.
Elle ne m'a jamais pardonn�...
de l'avoir consid�r�e comme une femme.
Quand j'ai touch� ses cheveux, elle m'a trait� de pervers.
Et elle y prenait plaisir.
"Albert, qu'est-ce que tu fais ?"
Comment va papa Gustaf ?
- Je peux le saluer ? - La porte est ferm�e.
Je sais ouvrir les portes.
N'ayons pas peur des morts.
Ils n'ont plus la majorit�.
Ils �taient plus nombreux que nous.
Mais nous les rattrapons,
nous dansons sur leurs tombes.
J'aime beaucoup la vie, moi.
Regarde-le.
Je sais conjurer les fant�mes.
Salut, Gussie.
R�p�te apr�s moi : "Salut, Gussie !"
Je ne peux pas.
Dis-le : "Salut, Gussie !"
Salut, Gussie !
Ma barbe te pla�t ?
Non.
Alors, coupe-la. Tout de suite.
Allez, coupe-la.
Viens dans la cuisine.
Pourquoi �a te d�pla�t ?
C'est trop rugueux, trop sale.
�a me d�guise en brebis.
Elle trompe tout le monde.
Les gosses me c�dent leur place.
Les flics sont polis.
Les �tudiantes me prennent pour un vieux p�d�
s'adonnant � la cybern�tique,
jusqu'au jour o� je les saute.
Je foule le jardin des arts.
Elles m'appellent le libertin.
Tu es encore vierge, Cenci ?
Oui, p�re.
Moi aussi.
L'abstinence compl�te.
Non.
Pourquoi ne pas �tre franc ?
L'an pass�, il y a eu...
une masseuse, deux femmes de m�decin,
une petite Noire, dipl�m�e de sciences politiques.
Sans compter...
�a ne fait rien.
Sans compter tes portraits...
sur la chemin�e de la cuisine.
Je les contemple la nuit.
C'est mon circuit ferm�.
Je te regarde et je fais un feuilleton sur nous.
�a finit toujours au lit.
J'en ai parl� avec Grabscherd
qui enseigne la psychologie.
Selon lui, l'inceste est un sympt�me
de l'instinct de propri�t�.
Sais-tu
qu'en Australie,
les p�res violent leurs filles ?
Tu as encore des taches de rousseur ?
Oui.
Montre voir.
Veux-tu aller au cirque ?
Au zoo ?
Alors va-t'en.
Je n'ai plus besoin de toi.
Je n'ai plus besoin de toi.
J'habite o� Oscar Wilde a �t� arr�t�.
Je peux devenir p�d�, ou pire !
Dis quelque chose de gentil.
Je refuse.
Esp�ce de mochet� aux jambes en cerceau !
Tu n'as jamais compris
l'extr�me puret� de mes d�sirs.
Non, p�re, je n'ai pas compris.
La premi�re fois que je t'ai vue, tu avais 11 ans.
Tu glissais sur la rampe.
J'ai pens� : "C'est pour moi".
Au moins, veux-tu g�mir ?
Je veux entendre ce r�le.
Je ne suis que ton beau-p�re.
Fais-moi entendre ce r�le !
C'est plus fort que moi.
Il faut que je retourne dans cette maison.
Ce n'est pas pour l'argent.
Ce n'est pas pour l'argent.
Depuis 3 ans, j'ai la vie du Juif errant.
Pensez-vous que �a me pla�t
d'attendre sur un banc
le pauvre type avec qui
personne ne veut coucher ?
J'ai besoin de cette enfant.
Je la ch�rirai.
J'ai d�j� perdu un ange, par n�gligence.
On peut tuer...
en regardant ailleurs, en �tant absente.
Je ne serai plus n�gligente.
Je vous en prie, Seigneur !
Je vous en prie, Seigneur !
Tu es bless�e ?
O� es-tu all�e ?
Qui �tait-ce ?
Albert !
J'en ai les moyens. On m'a nomm� professeur.
Les Am�ricains sont timbr�s !
Qu'enseignez-vous, Albert ?
Dans un amphi de 3000 places,
toutes scientifiquement �quip�es,
on met des cobayes humains,
on leur branche les aisselles, les glandes salivaires
et lacrymales,
on passe des films suggestifs
et on mesure humidit�, salivation, �rection.
Quoi ?
Un des professeurs a invent�...
une cam�ra minuscule, discr�tement plac�e pour photographier le sexe.
L'amour.
Cette tombe, elle est en pierre ponce ?
On aurait pu m'avertir.
Votre derni�re adresse �tait 172 Spring street.
Votre derni�re adresse �tait 172 Spring street.
Et alors ?
Vous n'aviez pas dit la ville.
Elle n'�tait pas si mal, Margaret...
Douceur, cheveux de jais.
Rudement fi�re de ses seins.
D'opulents globes nacr�s.
Je veux du marbre.
Je veux du marbre pour Margaret !
R�veille-toi, flemmarde !
Tu te prends pour la Belle au Bois Dormant ?
Les hommes de m�nage sont l�. L�ve-toi !
Alors, vas-tu te d�p�cher ?
2 sucres ?
4, comme d'habitude.
Mlle Engelhard ?
Qui demandez-vous ?
Mlle Cenci.
Qui �a ?
Quel est votre num�ro ?
�a ne vous regarde pas.
C'est un obstin� !
Vous avez du temps � perdre !
La chambre de Mademoiselle.
Comme c'est gentil. Merci.
Regarde, maman !
C'est � votre convenance ?
C'est parfait. Merci.
Tu es pr�te ?
Oui.
Que la mer est belle, maman !
Tu es heureuse ?
Quelle robe as-tu choisie ?
La verte, en mousseline.
Un petit gar�on
fait un ch�teau de sable.
Ch�rie, on va �tre en retard.
Va devant, maman.
Va devant, maman.
Je veux entrer avec ma fille.
Allez, vas-y. J'ai une surprise � te faire.
- Tu vas bien ? - Oui...
Je t'en prie.
Quelle magnifique cr�ature !
Qu'elle est belle !
- Qui est-ce ? - Oui, elle est tr�s belle.
Excuse-moi, je t'ai fait attendre.
J'ai cru que je n'y arriverais pas.
La chose habituelle ?
La chose habituelle.
Tu as vraiment vomi, ch�rie ?
Je meurs de faim, maintenant.
Je meurs de faim, maintenant.
Nous commandons ?
Je veux un �norme morceau de viande rouge.
Nous voudrions commander
pour trois.
Vous ne ressemblez pas � feu ma femme.
Elle �tait rac�e et fr�le
malgr� ses c�l�bres mamelles.
Pardon, c'est d'un go�t douteux.
Il faut choisir entre le go�t et la v�rit�.
Vous ressemblez � une vache.
Ce n'est pas injurieux, j'adore les vaches.
Elle n'avait pas de cousine.
Si, un cousin : James.
Je doute que ce soit vous. Qu'attendez-vous de ma fille ?
Vous n'avez aucun droit.
Vous �tes folle ? Je suis son tuteur l�gal.
Non, vous ne l'�tes pas !
D'accord, pas encore.
D'accord, pas encore.
Je n'ai pas fait le n�cessaire.
Mais j'entreprendrai tout pour assurer mes droits.
J'ai choisi mes avocats. Quel est le v�tre ?
Vous voulez vous battre ?
Le Code est contre vous.
Cenci, � quinze ans...
relevait ses jupes pour moi.
Salaud ! Vous l'avez viol�e !
Je suis incapable de violer.
J'ai besoin d'encouragement.
Et je l'aime.
Avec moi, elle se sent femme.
Elle se sentait femme � 16 ans.
Avec vous, elle est arri�r�e.
Avec vous, elle est arri�r�e.
Je la prot�ge de...
Esp�ce de garce, esp�ce de vache !
Je n'ai pas de le�on � recevoir de vous.
Quand elle �tait petite je l'emmenais patiner.
Je lui tenais la main chez le dentiste.
Je surveillais ses crises de somnambulisme.
Je la conduisais � l'�cole.
Je la coiffais.
Je prenais son visage entre mes mains.
Avec d�licatesse, comme ceci.
Ne m'approchez pas !
Je me fous de ce qu'elle a dit.
Je suis timide.
C'est elle qui m'encourageait �... p�cher.
P�ch� bleu, p�ch� rouge, fabuleux p�ch� mauve.
P�ch� bleu, p�ch� rouge, fabuleux p�ch� mauve.
Comment r�sister � ses taches de rousseur, � sa peau, � sa bouche ?
Parfois, elle venait dans ma chambre me masser.
Fermez votre sale gueule !
Elle me couchait sur le ventre.
Elle me chevauchait, ses longs cheveux
me caressaient le dos...
quand elle se frottait � moi.
Sa fa�on de me tripoter les orteils me rendait fou.
Et elle me demandait de me retourner,
ses cheveux cachant ma g�ne.
- Mais je ne l'ai jamais touch�e ! - Vous mentez, salaud !
Laissez-la.
Elle a besoin de moi.
En mourant, sa m�re lui a rendu service.
En mourant, sa m�re lui a rendu service.
Laissez-la, ou elle tombera en enfance.
Et � 30 ans,
on la trouvera avec un biberon.
Excusez-moi.
J'avais une fille, autrefois.
Une enfant exceptionnelle.
Qu'est-elle devenue ?
Elle a disparu.
Tu as rat� un excellent d�ner, maman.
Occupe-toi de tes fesses.
La plage n'a pas chang�.
Ici, rien ne change jamais.
Oui, c'est un endroit tr�pidant.
J'ai envie de faire un tour.
Pourquoi n'y vas-tu pas ?
Qu'y a-t-il, maman ?
Je souffre le martyre, du dos.
Tu t'es pench�e dans le bois...
Tu ne voudrais pas me masser ?
Si, avec plaisir.
Pauvre maman... toute raide !
Pauvre maman... toute raide !
D�tends-toi, laisse-toi envahir par la gr�ce.
Je suis une bonne masseuse ?
Dans quel journal fais-tu ta publicit� ?
Laisse-toi aller...
Va-t'en, petite garce !
Ton oreiller est mouill� ?
�a ne te regarde pas.
�a ne te regarde pas.
Je vais aller me coucher.
Je suis �reint�e.
Qu'est-ce qui te fatigue ?
Tu sais, dans mon �tat...
Ton �tat ?
Quel �tat ?
... on est vite fatigu�e !
Quelle foutaise !
Ce soir, je l'ai senti bouger.
Rien ne peut bouger !
En quittant la salle � manger, je l'ai senti bouger.
Cenci, �a a assez dur� !
J'attends mes r�gles depuis deux mois.
Pourquoi ?
Mon enfant !
Otez la robe de ma m�re !
Foutez le camp !
Ne pleure pas b�b�, c�lin
Ne pleure pas b�b�, c�lin
Papa est � la p�che et maman fait l'tapin
Mais pour te prot�ger ils reviendront bient�t
Avec deux sabl�s
et un grand couteau
Oh, que ne suis-je
o� je voudrais �tre
Et voudrais-je �tre
o� je ne suis pas ?
Mais o� je suis
est-ce o� je dois �tre ?
Et o� je voudrais �tre
Je ne puis
Qui est-ce ?
Pardon de vous d�ranger, Mademoiselle.
Bonsoir, L�onora.
J'avais l'intention de vous rendre votre cl�.
Vous allez bien ?
Qu'entendez-vous par l� ?
J'ai t�l�phon� tous les jours.
Dans quel but ?
Vous auriez pu avoir besoin...
de quelque chose.
De quoi, par exemple ?
C'est si grand, ici.
Merci, mais j'ai toute l'aide dont j'ai besoin.
J'aurai peu d'exigence.
Vous cherchez une place ?
Dans un sens.
Vous avez des r�f�rences ?
J'ai de l'exp�rience concernant...
J'ai de l'exp�rience concernant...
Quoi ?
Les enfants.
Concernant le suicide.
Je n'ai essay� qu'une fois.
Expliquez-vous.
Apr�s l'enterrement...
mon enfant...
Je pensais lui montrer...
Quoi ? Quel enterrement ? Quel enfant ?
Montrer � qui ?
Il faut �tre plus pr�cise.
Ayez du c�ur !
J'ai oubli� son visage.
Quand je regarde ses photos,
je vois une petite inconnue.
Bernard s'estompe aussi.
Il s'appelait Bernard.
Pas Bernard, mais Bernard !
"Quand je serai morte, tu le regretteras, Bernard."
"C'est un p�ch� mortel, mais tu en baveras, Bernard."
Je me disais �a.
J'ai mis ma plus belle robe.
Je me suis fait boucler les cheveux.
J'ai mis le couvert pour deux : Bougies...
J'ai mis le couvert pour deux : Bougies...
Tout ce que j'ai trouv�, je l'ai aval� : Aspirine...
quinine, v�ganine, cod�ine, tout.
Je me suis allong�e...
et j'ai mis de la musique.
Une rivi�re m'entra�nait vers la mer.
Si on veut partir,
il faut le faire po�tiquement.
J'ai �t� atrocement malade.
Je suis all�e en titubant aux W.-C.
Je vomissais comme un ivrogne.
Je me suis cass� la hanche en tombant.
C'est ainsi qu'il m'a trouv�e.
Savez-vous ce qu'il m'a dit ?
"Tu aurais pu te tuer, ch�rie !"
Je n'ai rien fait de mal...
Permettez-moi de rester !
Deux souris �taient tomb�es dans un pot de lait.
L'une appela au secours et se noya.
L'autre ne cessa de barboter...
et au matin,
elle se trouva au sommet d'une motte de beurre.
Sous-titrage TITRA FILM Paris
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