All language subtitles for Olivier - S01E05

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Original subtitles

♪ ♪ ♪

- Quand tu seras un adulte, tu feras ce que tu veux.

Mais en attendant, t'es mon esclave.

Puis les esclaves, ça obéit.

- Tu n'auras plus jamais affaire à M. Surprenant.

- (tous): ♪ Bonne fête Olivier ♪

- J'ai porté malchance à Sylvain. - Olivier...

- Tous les enfants seront déplacés

dans d'autres familles d'accueil

ou chez les gens susceptibles de les adopter.

- Mariette Dubreuil.

- Une occasion se présente. C'est un signe.

- On va se retrouver, Paul, je te le promets.

- J'irai te voir dans ta nouvelle maison.

- Pour vrai?

- As-tu soif?

Commences-tu à avoir faim?

- On va s'arrêter bientôt.

Tu le dis, hein, si tu veux quelque chose.

- Arrête de l'achaler avec ça.

S'il a pas faim, il a pas faim.

C'est aussi bien de même, il nous coûtera pas cher.

- Il dort.

- (Mariette): Les yeux fermés.

Depuis qu'on est partis, il a pas dit un mot.

Il a pas mangé.

Ah, j'espère que ça va marcher.

- Pourquoi ça marcherait pas?

(indicatif musical)

- (Mariette): C'est celle-là.

La cuisine.

Ta chambre.

- C'est à moi tout seul?

- (riant): Oui.

Veux-tu qu'on défasse ta valise?

Tu vas connaître mes deux soeurs.

Agathe puis Éva.

Agathe, tu vas la voir souvent

parce qu'elle vit avec notre maman.

Puis Éva, bien, disons que...

bien, elle est de passage.

On la voit pas beaucoup, elle.

- Bien là, dis-lui.

Bien, Éva est ici parce que...

Parce que notre papa, mon papa à moi...

il est décédé la semaine passée.

Il y a une semaine, exactement, on l'enterrait.

- C'est eux autres. Ah, ils arrivent!

Ah, mon doux! Éva, ils sont là!

Ah!

On avait hâte que vous arriviez, qu'on voit ça, ce petit bout-là!

Ah! Olivier. Regarde-le donc.

Ah, mon Kodak! On va prendre des photos.

Hein! On va prendre des photos.

C'est trop spécial, c'est trop extraordinaire.

- Aie pas peur, elle est toujours de même.

C'est Agathe.

- Bien oui, c'est moi Agathe.

Regarde donc ça si c'est beau! Ah, c'est mangeable!

Hein!

- Ah, bonjour, Cécile.

- Ça a bien été, vous autres?

- Ah oui, le beau temps était de notre bord, ça a bien roulé.

- Pas trop de trafic? - Non.

- Maman.

Je vous présente Olivier.

- Je mets mon rôti dans le four, et après,

si ça te tente de venir jouer avec moi dans la terre,

t'es le bienvenu, mon garçon.

- Tu vas voir que le jardin de Cécile,

c'est quelque chose!

- C'est mon autre soeur, Éva.

- Bonjour, Olivier.

- Bonjour.

- T'es un beau grand garçon. - Profites-en.

Elle repart demain, et on la revoit pas avant...

- Noël!

- Noël? - Tu reviens pas avant Noël?

- Elle est pas en prison, mais c'est tout comme.

- Agathe, franchement! Dis pas ça devant...

Éva vit dans un couvent.

Elle vit...

- C'est une soeur?

- Oui.

- Moi aussi, je suis resté dans un couvent.

Deux fois.

- Bon, es-tu prêt? On va aller planter un arbre.

Ça te tente?

- Vas-y.

- Deux minutes, maman, on va prendre des photos avant.

C'est trop fou. Premier enfant de la famille!

Hé, trois filles et il y en a pas une qui a des enfants.

Tu parles d'un méchant karma.

Alors, mon homme, on est contentes,

tu penses, d'avoir un beau grand garçon

qui débarque dans nos vies!

- Puis moi, je suis quoi, moi?

- Toi, tu vas être le photographe, toi.

Tu vas nous prendre en photo. Envoye.

- OK.

OK!

Ah non, non, Cécile, vous pouvez rester là,

c'est bon à côté d'Éva.

OK, bon.

OK! On regarde ici. Cheese!

OK, on va en faire une autre. Cécile avec Olivier.

- OK.

- OK. Un, deux, trois.

Mariette, Mariette.

Avec Éva.

Agathe.

(soupir)

- Elle aime ça, la terre, se faire brasser.

Ça, c'est bon, ça.

Parfait.

Si tu veux que l'arbre prenne racine,

ça lui prend de l'espace pour respirer.

(pépiement d'oiseau)

Te l'ont-ils dit?

J'ai perdu mon mari, mon Édouard.

On l'a enterré la semaine passée.

Toi aussi, ma fille m'a dit que t'avais perdu un ami récemment.

- Oui.

- Il s'appelait comment?

- Sylvain.

- Tu l'aimais?

Tiens...

Ton pommier va prendre racine ici, puis toi avec.

C'est à toi, ça, Olivier. C'est ton arbre.

Pour qu'il pousse, il faut l'arroser.

- Tu penses souvent à ton Édouard?

- Ah, au moins une fois par jour.

Pas toi?

- Quoi?

- Bien, ton ami, Sylvain.

- Ah, Sylvain, Paul. Souvent.

J'espère qu'il a été adopté.

À Francine aussi, j'y pense pas mal.

- Francine?

- Oui, la fille de Micheline et Gilles

chez qui on restait à la maison bleue.

- Ah oui! La belle Francine!

- Elle était supposée venir me voir, elle est jamais venue.

Les promesses...

Il faut faire attention avec les promesses.

- Justement, parlant de promesse,

j'ai une grande faveur à te demander, Olivier Dubreuil.

Un jour,

quand mon heure va être arrivée... - Ah, ah, ah!

- Je suis pas éternelle. - Ça me tente pas.

- Tu vas m'écouter pareil. J'y ai longtemps pensé.

Quand je vais mourir--

- Toi, ça? - Hé! Ça va arriver, Olivier.

- Mais est-ce nécessaire?

- Hé, je te tape sur les nerfs?

- Hmm-hmm. - Bon, regarde.

Le jour où je vais lever les pattes,

c'est ici, à côté de ton arbre,

que je veux qu'on m'enterre.

C'est ici que tu viendras enterrer mes cendres.

Tu me promets?

- OK.

(douce musique)

Dans un an, dix-huit ans.

C'est pourquoi nous sommes en droit

de nous demander un an plus tard

que serait le Québec si les Québécois avaient

majoritairement répondu "oui" à la question référendaire.

Le visage de notre société serait-il différent?

- Pantoute!

C'est quoi, ça?

- J'ai un exposé oral cet après-midi.

- T'as commencé à vider ta chambre?

- Ce soir. - Bien là, ce soir certain!

On commence à peinturer demain matin.

Ça fait une semaine que...

Voyons! Tu déjeunes pas?

- Pas le temps!

Le Parti québécois remporte les élections de 1976

en défaisant le Parti libéral du Québec de Robert Bourassa

sur la promesse de tenir un référendum

sur la souveraineté-association durant son premier mandat.

- Toi là!

- Je te l'avais dit, hein!

- J'haïs ça, ce programme-là, ça m'enrage!

Je ne l'écoute plus.

Et tout ce qu'elle endure, cette femme-là!

Lui, il dépense sa paye à boire.

Je peux pas croire qu'il y a des femmes qui endurent ça.

- Il y en a qui endurent bien plus que ça.

Il boit peut-être et c'est un sans-coeur,

mais au moins il la bat pas.

- Il manquerait juste ça! Que je le voie la fesser!

- C'est quoi? Tu vas rentrer dans la TV pour aller le battre?

- T'es niaiseux quand tu veux.

Il y a un paquet pour toi à l'entrée. - Ah non!

Non, je veux pas, tu le sais.

- C'est pour ta pièce, grand insignifiant.

Des vieilles robes et des postiches.

- Hein! Yes!

- Vous prendrez ce qui fait.

Puis le reste, vous le jetterez aux poubelles. - Merci.

- C'est mieux d'être bon, ton spectacle.

Tiens.

Fais pas comme si tu l'attendais pas, Olivier Dubreuil.

- Merci quand même. - Bon.

Mon bec.

Va rejoindre ta blonde, là.

- Allô!

Je couche ici ce soir. Je déménage au sous-sol demain.

- J'ai pensé faire un pouding chômeur ce soir, pour souper.

- Ah, t'as le tour, hein!

- Ah, comment tu penses que j'ai eu mon mari?

(sonnerie de la cloche)

(bruit des conversations)

- OK, peut-on répéter? Il reste 30 minutes.

Le show est dans deux semaines.

- On a le temps, là!

- Tu sais même pas ton texte.

- Ça s'en vient, capote pas.

- À vos places, vite.

- Qu'est-ce qu'on fait?

- Une maudite vie plate.

Martine!

Qu'est-ce que tu fais? Go! En place!

- Oui.

- OK.

Je vous donne le signal. Trois, deux, un.

- Quintette: une maudite vie plate! Lundi.

- Je reprendrai les mots de René Lévesque:

"Si je vous ai bien compris,

vous êtes en train de me dire à la prochaine fois?"

Eh bien, la prochaine fois,

toi, Manon, Guy, Jean-Pierre, Martine, moi,

nous aurons 18, 20, 28 ans et nous aurons l'âge de voter.

L'âge de voter.

Allô!

- (Georges): Tes mains en dessous.

- (Mariette): Regarde astheure.

- (Georges): On verra.

Bon! Il était temps que t'arrives, toi.

- Tu sais, maman, j'ai fait mon exposé oral

cet après-midi en français.

- Ça a bien été?

- Toute la classe m'a applaudi à la fin.

- Bravo!

- Je suis resté tellement surpris.

Sais-tu combien j'ai eu? - Non.

- 97%.

- 97? - Oui!

- Asatheure, peux-tu nous aider?

- Oui.

- Touche pas à ça.

- Non, je veux bien, mais... - Je m'en occupe.

- Oh boy! Les bébelles, gardes-tu ça?

- (Mariette): Hé, mon Dieu!

- Ah, tu verras.

- Mon toutou.

- Il est magané.

- À la poubelle!

- C'est sa mère qui lui a laissé ça quand il est né.

- C'est le seul souvenir que j'ai d'elle.

- Ah, j'ai rien dit.

(sonnerie de téléphone)

- J'y vais.

(sonnerie de téléphone)

Bonjour.

- Bonjour, est-ce que je suis bien

à la résidence de Georges et Mariette Dubreuil?

- Oui.

- Est-ce que je pourrais parler

à Olivier Dubreuil, s'il vous plaît?

- C'est moi.

- Ah! Olivier!

Ah, je suis contente d'entendre ta voix.

La mienne te dira pas grand-chose.

C'est soeur Noëlla.

J'étais ta directrice.

- Bonjour, soeur Noëlla.

- Oh! Tu te souviens de moi.

- Bien oui! Comment--

- Comment tu vas, mon garçon?

- Bien, ma soeur.

- Ça te fait quel âge, là, maintenant?

- 17 ans.

- Ah! T'as fini ton secondaire?

- L'année prochaine.

- Tu dois te demander pourquoi je t'appelle.

- Un peu.

- Oui. J'ai beaucoup pensé à toi ces derniers jours.

J'imagine que... tu te souviens de M. Surprenant

chez qui tu restais.

- C'est difficile à oublier.

- Oui, c'est ça que j'ai pensé.

Eh bien, il est décédé.

J'ai vu ça, là, dans le journal de la région.

Puis, j'ai pensé qu'il fallait que tu le saches.

- Merci.

- En tout cas, chose certaine,

il ne pourra plus faire de mal à personne.

Je t'invite à faire la paix.

À... à pardonner.

Si c'est possible.

Hein?

Bon, bien, je te retiens pas plus longtemps.

Dieu te garde, mon garçon.

- Merci de votre appel.

(cris)

Je lui ai même pas demandé comment elle allait.

Je suis resté tellement surpris.

Ostifie que c'est bon.

Hé, soeur Noëlla. J'en reviens pas!

Elle m'a sauvé la vie, hein.

- Veux-tu un verre de lait?

- Ah, s'il vous plaît.

J'espère juste qu'elle est... soulagée.

- Qui ça?

- Madame Surprenant.

- Puis toi?

- Moi... je sais pas comment je me sens.

Je devrais être soulagé, mais j'y arrive pas.

On dirait même que ça m'enrage.

C'est weird, hein?

Je prendrais un autre morceau, c'est trop bon.

- Bonne fête, Olivier. 17 ans.

- Comprends-tu pourquoi je suis pas capable de fêter ma fête?

Il arrive toujours de quoi.

- Si tu croises M. Surprenant, remarque que ça devrait pas

parce que c'est sûr qu'il est en enfer,

mais au cas où il a un passe-droit,

peux-tu lui donner une couple de claques

sur la gueule, s'il te plaît?

Gêne-toi pas. OK?

- (Mariette): Comment était Olivier ce matin?

- Il était déjà parti quand je me suis levée.

- Il a 17 ans, il mêle tout, c'est correct.

- J'aimerais ça qu'il arrive à passer à autre chose.

- Ça s'oublie pas, ces affaires-là.

- Juste nous autres, quand papa élevait la voix...

- On n'obstinait plus. - L'autorité venait de parler.

- Votre père était pas un homme violent.

- Je le sais. Il fallait marcher drette pareil.

On avait d'affaire à obéir.

- C'était un homme droit.

- Moi, ça m'a marquée. - Juste.

- On n'a jamais dit le contraire.

- Ça se compare pas du tout,

un homme comme M. Surprenant et ton père.

Fais attention à ce que tu dis, Agathe.

As-tu besoin de quoi à l'épicerie?

- Non, je vous remercie.

Ah, minute, maman,

j'allais oublier.

Je voulais vous demander...

Y a-t-il quelque chose à faire avec ça?

- (filles): Moi, j'aime ça, le bingo.

Moi, j'adore ça, le bingo.

Moi, il y a rien au monde que j'aime plus que le bingo.

Presque tous les mois-- - On reprend!

Martine, es-tu là?

- Oui.

- Je t'entends pas fort et je suis à deux pouces de toi.

Puis ressortez-moi ça, le "moi".

Moi, j'aime ça, le bingo.

Moi, j'adore ça, le bingo. Moi!

Trois, deux, un.

- (filles): Moi, j'aime ça, le bingo.

Moi, j'adore ça, le bingo.

Moi, il y a rien au monde-- - Martine!

Qu'est-ce que tu fais?

- Bien quoi? - T'es pas là.

T'es en retard, tes répliques rentrent pas,

tu finis pas en même temps que les autres.

Ça marche pas à cause de toi.

- Bien voyons, lui.

- Regarde, j'ai envie que le show soit bon.

Si j'étais toi, je fumerais un pétard de moins avant de venir.

- Hé, va chier.

- Oui, c'est ça.

- Mais... Oliv!

- Arrangez-vous avec vos troubles.

(ouverture de porte)

- Qu'est-ce qui lui pogne?

(fermeture de porte)

(pépiement d'oiseau)

(♪♪♪)

- Chère maman!

Chaque fois qu'on parle de papa, elle se ferme,

elle est sur la défensive tout de suite.

- C'est pas nouveau, ça.

- On peut pas attaquer son Édouard.

- Non. Pour le défendre, elle le défend.

Hé, c'est quand même bizarre de faire sa chambre dans la cave

s'il est pour partir l'année prochaine.

- Oui, c'est pas fait, ça.

- Il arrête pas de nous casser les oreilles avec ses 18 ans.

- Voir si on est si libre que ça à 18 ans.

- Moi, je dirais que, au contraire,

c'est là que les problèmes commencent.

- Ha! ha! ha!

Il a quand même fait du chemin depuis qu'il est arrivé.

C'était pas facile au début.

Mon Dieu qu'il était fermé.

Parler à ça ou à un mur...

Il y a juste avec maman que ça a cliqué tout de suite.

Mais bon, ça s'est amélioré.

- Salut!

- Allô.

- Sais-tu s'ils ont fini ma chambre?

- Agathe est pas revenue ce matin.

- Ah.

Ça fait du bien d'être ici.

- T'es parti tôt ce matin, toi.

- Oui, il fallait que j'étudie.

Je suis allé à la bibliothèque.

- J'imagine que c'est à toi.

J'ai trouvé ça dans ton toutou.

- Dans Bébé Blue?

- Oui.

Je l'ai pas lu.

- "Mon beau bébé d'amour."

"Au moment où cette lettre sera découverte,

"j'espère que ce sera toi qui la liras."

"J'ai tellement de peine.

"Je voudrais te garder avec moi,

"mais ça ne se peut pas, ça a l'air.

"Je veux que tu saches que j'ai été

"follement amoureuse de ton père.

"C'est un bel homme. Il est grand et très fort."

"Mais il a une autre vie ailleurs.

"Notre amour secret a duré pendant un an.

"Jusqu'au jour où je t'ai senti dans mon ventre."

"J'ai dû quitter ma famille."

"J'ai 17 ans."

"Je ne sais pas si je vais me pardonner un jour

"de t'avoir laissé partir."

"J'espère que tu vas trouver de bonnes personnes sur ta route

"et que ta vie sera belle."

"Je t'aime et te demande pardon, mon ange."

"Ta maman."

Qu'est-ce qui se passe?

C'est quoi, là?

Tout arrive en même temps: M. Surprenant, ma mère.

Qu'est-ce que ça veut dire?

Qu'est-ce que je suis supposé faire avec tout ça?

Je veux pas que tu le dises à personne, OK?

- C'est entre nous.

Il faut que tu saches tout accueillir, Olivier.

- Quand t'arrives à 40 ans et que tu t'aperçois

que t'as rien en arrière de toi

et que t'as rien en avant de toi,

ça te donne envie de tout crisser là

et de recommencer en neuf.

Mais les femmes, elles peuvent pas faire ça.

Les femmes sont pognées à la gorge

et elles vont rester de même jusqu'au bout.

- (filles): Mais les femmes, elles peuvent pas faire ça.

Les femmes sont pognées à la gorge

et elles vont rester de même jusqu'au bout.

Jusqu'au bout.

Jusqu'au bout! Jusqu'au bout!

- C'est beau. C'est bien beau.

- Il niaise.

- Il était temps! Enfin, il se passe de quoi.

Ça commence à avoir de l'allure!

- Hé, bravo, Esther, t'es vraiment bonne.

Tu devrais sérieusement penser à t'en aller en théâtre.

- Oui, c'est vrai.

- C'est tellement pognant, ton monologue.

- C'est surtout déprimant.

- Regarde l'autre.

- Je trouve ça profondément misérabiliste, ce monde-là.

Je peux pas croire que ça existe pour vrai.

En tout cas, moi, j'en connais pas, des femmes comme ça.

- C'est sûr.

- Qu'est-ce que tu veux dire là?

- Nos pères sont pas tous médecins.

- Ça existe pas, des femmes comme Rose Ouimet.

- Dans quel monde tu vis, toi?

- Oui, pas certaine, moi.

- Moi, j'en ai connu. J'en connais.

Quelque part, c'est ma mère, ma tante.

Elles jouent au bingo à la télévision

tous les mardis soirs.

C'est elles mais pas elles, en même temps.

- Quand je pense qu'il y a des femmes qui endurent ça.

Quand le mari de Rose Ouimet demande son dû, là,

elle fait pas ça de son plein gré par amour, là, c'est sûr.

- Si tu veux pas que ton mari te touche, là,

bien, tu t'arranges pour.

Que j'en voie un, moi, s'essayer.

- Je pense qu'il y en a beaucoup

qui font l'amour avec leur mari par devoir.

Surtout les femmes de la génération

de ma mère et de ma grand-mère

parce que c'est de même qu'elles ont été élevées.

T'as pas envie, mais ton mari, lui,

il faut qu'il le fasse, alors t'as pas le choix.

Puis il y en a qui le font parce que sinon

leur gros cochon de mari va les battre,

alors elles ferment leur gueule et elles endurent!

C'est comme Lise Paquette dans la pièce.

Est-ce de sa faute si elle tombe enceinte?

Ah non! Non, elle a fait exprès, je suppose.

Elle, elle est en amour par-dessus la tête,

elle couche avec son chum et elle tombe enceinte.

Vous autres, là, qu'est-ce que vous feriez si ça vous arrivait?

Vous le garderiez, le bébé, ou vous vous feriez avorter?

- Je sais pas ce que t'as ces temps-ci, Oliv,

mais t'es pas mal pénible.

(ouverture et fermeture de porte)

- (Mariette): Je suis inquiète.

C'est pas le Olivier que je connais.

Il y a de quoi qui le tracasse.

- Il en fait trop, je trouve.

- Les vacances d'été approchent.

- Il aime toujours ça, sa petite job au cinéma?

- Laissez-lui ses films, ça lui sauve la vie.

- Même les films 18 ans et plus.

- Il a besoin de s'évader, cet enfant-là,

c'est pas dur à comprendre.

Pourquoi il en fait tant, vous pensez, qu'il est dans tout?

Il a besoin d'exister aux yeux de quelqu'un.

Il a besoin de reconnaissance.

Quand on sait pas d'où on vient, ça laisse un vide profond.

Tu viens de nulle part. Tu réagis comme tu peux.

- Il vous parle de ça?

Je veux dire, il... aimerait-il ça connaître ses vrais parents?

D'où il vient?

- Ça commence à le travailler.

- S'il voulait les retrouver, toi...

- Bien... on l'aiderait.

Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse d'autre?

C'est "comprenable".

- Ça a l'air que c'est pas évident.

Attelle-toi de bonne heure si tu veux retrouver ta famille.

Je dis ça parce que, tu sais, à la job,

Manon Boudreault, bien, sa fille, elle l'a adoptée.

- Je savais pas.

- Elle veut savoir c'est qui

son père et sa mère, mais c'est compliqué.

La seule place pour adopter dans les années 1960,

c'est la crèche de la Miséricorde, à Montréal.

Saint-Vincent-de-Paul, à Québec.

Puis sur les certificats de naissance,

c'est assez niaiseux!,

c'est pas marqué le nom de la mère naturelle.

- C'est sûr!

Les filles qui accouchaient là-bas

voulaient jamais que ça se sache.

- Elle dit n'importe quoi, Chantal, des fois.

Ostifie qu'elle est niaiseuse.

- Elle vient pas du même monde que...

C'est une réalité, une classe sociale qu'elle...

connaît pas, je pense, c'est tout.

- Elle devrait réfléchir avant de parler et de juger le monde.

- T'es dur, là.

- T'es vraiment bonne, hein.

- Merci.

- T'as du talent, je suis sûr. Ça a l'air vrai.

- Bien là!

- C'est toi la meilleure.

- Bien, t'es bien fin.

- Bye.

- Hmm, tu finis bien de bonne heure ce soir.

Le film est plate cette semaine? - Oui.

Il faut que j'étudie, j'ai un examen de maths demain.

Bonne nuit!

- À demain.

- Hmm! Euh...

C'est le fun, ma chambre.

C'est clean, ça fait du bien.

Merci.

(♪♪♪)

Maman? - Ah!

Ah, tu m'as fait peur.

- Ah, excuse.

J'ai de quoi.

Lis ça.

- C'est quoi? Une lettre de l'école?

- Non.

- T'as reçu une réponse-- - Non.

(bruissement du papier)

C'est quelque chose, hein?

- Ça vient d'où?

- Du toutou que ma mère m'a laissé à ma naissance.

En voulant le rembourrer, grand- maman a trouvé ça à l'intérieur.

- Ça se peut pas.

Comment...

Ta grand-mère est au courant?

C'est vrai que, dans ces années-là,

c'était pas rare que...

- Quoi?

- Bien, que les filles qui se faisaient...

- Qui tombaient enceintes?

- C'était mal vu.

Qu'est-ce que ça te fait?

- Bizarre.

Il y a plein d'affaires qui me passent par la tête.

Est-elle vivante?

Est-elle morte?

Puis si elle vit, elle est où?

- Tu veux la connaître?

- Je sais pas trop.

Pas sûr.

- Pourquoi?

- Je pense pas qu'elle veut me ravoir.

Elle s'est jamais manifestée fort, fort.

- Si tu l'avais devant toi,

tu lui dirais quoi?

Dans sa lettre, elle te demande pardon.

- Le pardon...

C'est quoi, ça, le pardon?

Pardonner.

Je suis pas capable de pardonner

à quelqu'un que je connais même pas, et je m'en veux.

Il faudrait?

Que je pardonne à ma mère qui a pas voulu me garder?

À un homme qui m'a détruit, qui m'a dit que j'étais rien,

un moins que rien, un minable?

Le pardon.

- Tu lui en veux.

Beaucoup?

- Si elle m'avait pas abandonné,

j'aurais pas connu M. Surprenant.

J'aurais pas fêté mes huit ans avec Sylvain et Paul

Puis Sylvain, il serait vivant.

Si ma vraie mère m'avait gardé, j'aurais peut-être connu pire.

- Non, je pense pas.

- C'est toi, ma vraie mère.

(soupir)

Bonne nuit.

- Coudon, Olivier va-t-il avec toi

pour la collecte de l'Armée du Salut dimanche?

- Penses-tu!

- J'avais cru comprendre...

- Faire de quoi avec ou pour moi, c'est trop lui demander.

Plus de carreau?

- Ah, bravo.

Bravo.

Je vais te préparer ton café?

- Oui.

Puis après, si ça te dérange pas,

je vais prendre le bord du lit, moi.

- Georges?

- Quand tu m'appelles Georges, c'est parce que c'est sérieux.

- Oui.

(soupir)

- Esther!

- Hé, Oliv!

Tu reviens du cinéma?

- Oui, oui. Je peux faire un bout avec toi?

Tu sais, j'en ai connu, une femme comme ton personnage

que tu joues dans Les Belles-soeurs.

Bien, pas pareil, pareil. Pas le même genre.

Quand son gros épais de mari avait envie de baiser,

elle, elle avait vraiment pas le choix.

Qu'elle ait envie ou non, ça avait aucune importance.

Lui, il fallait qu'il se mette.

Puis, je suis sûr qu'elle aimait pas ça.

Je savais pas, dans le temps, ce qui se passait,

j'étais trop petit.

- De qui, mais... de quoi tu parles?

- Du madame chez qui je restais.

- Chez qui tu restais?

Quand ça?

- Quand j'avais... sept, huit ans.

- Je comprends pas.

- J'ai été adopté.

- Toi?

Bien, tes parents... Mariette--

- C'est mes parents adoptifs.

- Puis...

- Quoi...

- Bien, pourquoi tu me dis ça là?

- Je sais pas.

- C'est ce soir que tu me dis ça.

- Hé, t'es "rushante", je trouve.

- Non, mais...

Tu viens d'où?

- Je le sais pas.

Ma mère m'a abandonné à ma naissance.

Jusqu'à l'âge de cinq ans, j'étais dans un orphelinat.

La première famille que j'ai connue,

c'était un couple extraordinaire.

Je les aimais tellement.

Mais ils ont été obligés de me placer dans une autre famille

parce que Mme Bilodeau était malade.

Ils pouvaient pas me garder.

Elle a dû mourir pas longtemps après mon départ.

Puis c'est après...

Je suis tombé dans une famille où l'homme...

C'était un monstre.

(pleurs)

(sanglots)

- C'est pour ça, astheure, me retrouver assis à une table

pour bouffer, bien, j'haïs ça à mort.

Je suis pas capable.

Il me prenait en otage.

Il fallait que je regarde Mme Surprenant se faire battre.

Et me sentir... coincé

puis pogné.

La nuit, il piquait des crises, c'était un fou.

J'ai toujours peur qu'il revienne.

- Mais c'est fini, là.

- Non.

C'est là.

En dedans.

(♪♪♪)

- Ça va, maman?

- T'as jamais eu de nouvelles de Paul?

Tu sais pas où il est?

- Je lui ai promis qu'on allait se retrouver un jour.

Quand je vais avoir 18 ans.

Aie pas peur. Je vais le trouver.

- (Mariette): Qu'est-ce que tu fais?

- J'ai pas envie d'être là quand tu vas lui dire.

- Mais voyons!

- Excuse-moi, je suis pas capable.

- Où tu vas?

- Prendre une bière à la brasserie.

- Georges.

(fermeture de porte)

Georges!

- Ça me touche

que tu m'aies raconté tout ça.

- Il y a juste à toi que je pouvais.

- Merci.

- Même si je lui en veux,

je pense que je veux savoir d'où je viens.

Connaître mes vrais parents.

Au moins ma mère biologique.

- Je comprends.

Si je peux t'aider, là...

- Peut-être.

- Tu sais...

T'es mon meilleur ami.

C'est vrai.

- Toi aussi.

(♪♪♪)

(rires)

(rires)

(rires)

(♪♪♪)

SOUS-TITRAGE PMT

- Un jour ou l'autre, il va falloir que ça se sache.

(bips réguliers)

C'est pas moi qui vais aller dire quoi que ce soit.

- Merci.

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