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Vers la fin du siècle dernier,
les ouvriers quittaient la campagne appauvrie pour la ville.
Ils espéraient y trouver du pain et de l'argent...
Va voir ce que fout ton père.
Le doigt dans le cul.
Tourne !
Amour sacré de la patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
A bord !
Donnez-moi la main madame.
Soyez prudente.
- Où est-il ? On monte à bord. - Du calme.
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Il chante.
On monte à bord, tout le monde se dépêche.
- C'est haut. J'ose pas. - Vas-y.
Viens chez moi ma belle.
Par ici madame. Bien au chaud.
Capitaine.
- Où allez-vous ? - Dans la cabine.
Non, vous ne payez pas. Allez dans la soute.
A l'avant les enfants, à l'avant.
KATIE TIPPEL
- Qu'est-ce qu'il a ce chien ? - Je sais pas.
Qu'est-ce que tu as là ? Montre-moi.
Où tu as trouvé ça ?
C'est mon petit chien.
Un autre qui veut bouffer.
- Sinon il serait sûrement mort. - Et alors ?
Mina...
Où est Mina ?
Mon Dieu, elle ne sait pas nager.
- Je vais voir. - Laisse, j'y vais.
Salaud, laisse ma sœur.
Casse-toi ou je te prends aussi.
- Salope. Fous le camp aussi toi. - C'est pas de ma faute.
Va voir ta garce de sœur. Fous le camp.
Vous êtes bonnes à rien.
Il m'avait promis deux sandwiches pour ça. Avec du lard.
Pétasse.
Merci, hein.
Bon vent Oldema.
Oui, et sois riche vite, mais pas trop quand même !
N'ayez pas peur. On va avoir la belle vie.
Allez, on va voir la maison.
On verra bien.
C'est quoi ?
C'est juste un rat.
Bienvenue dans notre maison. Alors ?
- On était mieux en Frise. - Elle n'est jamais contente.
C'est que temporaire, on partira vite d'ici.
- Une porcherie. - Caca.
Range ça.
Je vais t'aider.
Reste assise, hein ?
On pousse ça à côté les enfants.
Attention à tes pieds.
- Pour toi et Mina. - Des paillasses !
Vous dans le lit-armoire.
Fini.
- Toi tu dors avec nous. - Bien au chaud.
Et quoi encore ? Pas de chien au lit, il a des puces.
A cause de nous.
Voilà ton petit panier.
Arrête.
Arrête.
Arrêtez de vous chamailler, allez dormir.
J'éteins la lampe. Bonne nuit les enfants.
- Bonne nuit papa. - Bonne nuit papa, maman.
- Qu'est-ce que tu as ? - J'ai froid.
Papa, papa, je me sens pas très bien.
Et quoi encore ?
Mais j'ai... j'ai tellement froid.
Il n'y a rien à brûler. Rien.
Juste un peu de chaleur.
- Ils n'ont rien d'autre ! - Ils ont froid, non ?
Voilà du bois.
- Ils n'ont plus de sabots. - M'en fous.
Voilà, il fera bientôt chaud.
- Bien au chaud les enfants ? - C'est délicieux.
C'est bon maman ?
J'aimerais que ce soit toujours comme ça.
Un poêle qui chauffe et à manger à chaque heure.
Quand on sera riche...
Raconte-nous.
D'abord à 8 heures je mange du pain grillé.
Ensuite une pomme au four.
A 10 heures une tartine avec de l'anguille.
Et un chocolat chaud.
Vers 11 heures des cornichons avec un œuf.
A la fin de la journée j'ai rien mangé de consistant.
Arrête avec tes amuse-gueules ! Je veux un estomac plein.
C'est si bon !
Mais ça nourrit pas.
Du boudin noir avec des patates ça nourrit.
C'est la pitance des pauvres !
Ecoutez la princesse ! Tu veux picorer comme les riches.
Arrêtez de vous disputer.
Toi tu sais pas gérer l'argent.
Y en a jamais !
Il refait froid.
Y a plus de bois.
Tais-toi ! Couché !
De l'eau ! De l'eau partout !
Il manquait plus que ça.
Tiens, viens m'aider.
Moi aussi papa.
Petit emmerdeur.
Nom de Dieu !
Arrêtez.
On a bientôt fini, vous pouvez sortir.
Où est Fikkie mon chien ?
Il est sorti, il va revenir.
Qu'est-ce que c'est ?
Noyé !
Le voilà ton Fikkie.
Et il va au trou.
Mina !
Sale garce !
Arrêtez. Sale garce.
Enlève tes pattes.
Tu oses parce qu'il est petit. Essaye avec moi.
Voilà un joli tableau.
J'adore voir ça. Poussez-vous.
Du pain...
et des sous.
- En bonne santé ? - Oui monsieur.
Fais comme ça.
En effet,
pas mal.
J'ai du travail pour toi dans une écurie, mais...
coupe ta moustache. Le patron n'aime pas ça.
Monsieur.
- Vous êtes qui exactement ? - De l'assistance.
J'ai aussi quelque chose pour toi.
Un travail agréable.
Bonjour.
Bonjour.
Elle souhaite une bonne journée !
Venez mesdames, à vous l'honneur.
Bonjour, bien dormi ?
Parfait, je n'ai pas rêvé de vous.
Il est le plus drôle de tous.
Bonjour.
Bonjour monsieur.
- Monsieur. - Bonjour.
Bonjour monsieur.
- Tu es la nouvelle ? - Oui monsieur.
Viens avec moi.
- Ton nom ? - Katie monsieur.
- Tu sais écrire ? - Oui.
Evidemment elle sait écrire.
- Ici ton nom. - Mlle Hermans !
C'est de 6 à 19 heures, avec trois fois 30 minutes pour manger.
C'est long travailler 12 heures !
Ah, tu trouves ?
Oui, certainement.
On s'y fait mon petit, viens avec moi.
A toi d'initier la nouvelle.
Je fais que ça, ça me coûte du pèze.
Dépêche-toi !
Vas-y petit.
Tu retiens la pointe, tu écartes les bras.
Voilà, on y va.
Allez, dépêche-toi !
Pousse-toi.
- Regarde-moi ses tifs. - Elle est tombée dans de la javel.
Elle a été coiffée par des mains en or.
Acheté sur le marché ?
Un cadeau d'un oncle très aimable ?
La ferme ! Au boulot !
Attention les filles, le voilà.
Attention.
C'est fini.
Fais gaffe à tes petites mains.
Tu ne pourras plus jouer du piano...
Du sang ! Sur mes ongles...
C'est rien. Ça dure pas.
Tout va être sale.
Pour tout linge bousillé tu auras une amende.
Pas facile, hein ?
Tu es morte de fatigue aussi.
Le pire est encore à venir l'après-midi.
Parlons de choses plus drôles. Qui chante ?
''Chères mesdames, chers messieurs,
''je suis la bruyante...''
C'est ton tour.
La nouvelle doit chanter, c'est une habitude ici.
C'est toujours comme ça.
Vas-y, monte dessus.
Je chante quoi ?
- Peu importe, chante ! - Chante !
Mon père chante toujours cet air.
Amour sacré de la patrie
Conduis, soutiens nos bras vengeurs !
Liberté, liberté chérie Combats avec tes défenseurs!
Vive l'Orange, vive la famille royale d'Orange
Vive le Roi Guillaume III
Vive l'Orange, vive la famille royale d'Orange
Vive le Roi Guillaume III
Vive l'Orange, vive la famille royale d'Orange
Vive le Roi Guillaume III
Ici on n'aime pas les rebelles.
Ni les Rouges.
Ça a l'air bon.
Rends-le-moi !
Tiens.
Sale mégère !
C'est mon pain pour toute la journée.
Je suis aveugle !
- Non, tu ne seras pas aveugle. - Laisse-moi !
Pompez. Pompez !
La prochaine qui fout la merde
je la jette dehors moi-même sans la payer.
Vous m'avez compris ?
Paye la nouvelle, elle est virée.
C'est une saloperie ça.
Viens au bureau toi.
Un problème ?
C'est injuste, je n'y suis pour rien.
Viens mon petit, on trouvera une solution.
- Ne va pas avec lui. - Pourquoi pas ?
Ce salaud veut ta fente.
- Ma quoi ? - Ta zézette. Le voilà.
Viens avec moi mon petit.
Salaud, vieux dégueulasse.
N'y touche pas.
Les enfants, je suis de retour.
Fini le cirque, passe la tourbe.
- Je veux le porter. - Laisse-moi.
Je peux enfin continuer.
Où tu as trouvé ce cigare ?
Cadeau d'un client.
Tu l'as acheté ! Avec mes sous !
Mon argent ne sert pas à ça !
Alors la bouffe, ça vient ?
Dépêchez-vous, enlevez tout ça et mettez la table.
- Salut. - Salut.
- Je t'attendais pour ce soir. - Ça sent bon.
Rajoute une assiette.
Du lard. Des pourboires ?
Des pourboires, tu parles, pas une pièce.
A table les enfants, on mange.
Poussez-vous.
Je m'assois près du poêle.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Du lard !
- Je veux la grosse pomme de terre. - Non, moi.
Attendez un peu, il y a encore du gras.
On a dit deux tranches pour moi.
Pourquoi deux pour elle ?
Parce que ! N'est-ce pas papa ?
Elle va travailler. Prends un morceau de ma tranche.
Enlève ce chapeau.
Voilà pour toi.
Dépêchez-vous, je dois partir.
Pourquoi t'es rentrée ?
On m'a virée.
Ça convenait pas à madame ?
Querelle entre femmes.
Pourquoi ?
Plonger les mains dans le vitriol ça les abîme.
Il faut pas abandonner tout de suite.
Facile à dire pour toi.
Regarde, je peux plus rien faire.
- On s'y fait. - Comme marcher sans jambes.
Mes chaussures papa.
J'arrive.
- Tu dois aller où ? - J'ai un travail agréable.
Vite.
Dépêche-toi un peu.
Voilà, c'est fait.
La madame ne veut pas que j'aie du retard.
Où tu vas Mina ?
Vous débarrassez la table.
Je reviens tout de suite.
Tu es folle ou quoi ?
Les clients vont attraper tes poux.
Tiens, nettoie le tapis.
Dépêche-toi un peu.
Regarde donc.
Un grand choix.
Celui-ci. Qu'il est mignon.
C'est pas trop cher ?
Ne t'en fais pas.
Les petits chapeaux sont mieux.
Sinon je ne verrai plus tes cheveux.
- Bonjour madame, monsieur. - Bonjour.
Ça va pas non ? Balayer en présence des clients.
Excusez-moi. De nos jours le personnel...
Quel connard.
Du calme ou je le dirai à monsieur.
Monsieur et ses mains baladeuses.
Tu as vu le client chic ?
Chic lui ? Mon œil.
Je parie qu'il prend le moins cher.
Tu vois, le plus petit.
Du feu cher monsieur ?
Lèche-bottes.
Le chapeau le moins cher.
Ne reste pas quand les clients viennent.
- Bien monsieur. - Lies lui avait dit.
C'est fini maintenant !
Et les chapeaux du pensionnat ?
Le pensionnat.
Je vous les montre ?
Très joli. Qu'en pensez-vous ?
C'est nous qui l'avons fait.
- Et toi ? - Je ne l'aime pas.
- Lequel ? - Celui-ci est mieux sans ruban.
C'est moi qui ai fait ce chapeau.
- C'est plus beau comme ça. - En effet.
Veuillez passer au salon.
Marche un peu plus vite.
Dépêche-toi un peu.
Doucement.
Bonjour à vous.
C'est carrément un bordel ici.
Nous on appelle ça un pensionnat.
- Il me va ? - Il est pour moi.
Rends-le. Le plus beau est pour moi. Touche pas.
C'est moi qui l'ai fait.
Je ne paierai pas 12 florins pour le chapeau d'une bonne.
Tiens.
- Il vous plaisait. - Faites pas attention.
La ferme. Sinon on ne vendra rien.
Tout est fait...
J'avais imaginé autre chose.
Mais la dernière fois vous étiez très heureux.
C'est de la routine, c'est pas de l'amour.
Montrez-nous un peu, mes filles.
Elles m'ennuient atrocement.
Vous avez autre chose ?
Mais qu'est-ce que vous voulez alors ?
Je ne sais pas... Autre chose...
Quelque chose de jeune.
Viens... viens donc.
Katie, c'est toi qu'il veut.
Ce sale vieux. C'est ça ton travail ?
Il paie. Il te paie pour ça.
Avec lui ? Jamais !
Sinon ils me virent.
Me touche pas. C'est ton problème.
S'il te plaît.
Fais-le pour moi. Je suis ta petite sœur.
Et alors ?
Ça nous donne à manger.
Fais-le.
Tu le fais, d'accord ? Ce vieux il est capable de rien.
Viens donc.
Deux douces petites sœurs. C'est bon.
Viens.
Monte ta jupe mon cher petit.
Et moi je fais quoi ?
Amuse-toi, fais un jeu qui me plaira.
Rapproche-toi un peu mon petit.
Plus haut la jupe.
Plus haut.
C'est doux.
C'est bon.
Et alors ?
Un, deux, trois, quatre, cinq,
six, sept, huit.
Vendus tous les huit.
Sapristi, on va boire un coup pour fêter ça.
Alors mon petit, ça t'a plu le pensionnat ?
Toi la feignasse, viens avec nous.
Voilà.
- Santé. - Santé.
Un autre tout de suite. Ça aide. Et toi ?
- Non merci. - Et toi ?
Non, sinon je serai soûle.
Alors plus que nous deux. A la tienne petit.
Et maintenant on range tout.
C'est à elles de ranger. Je rentre. A demain monsieur.
A demain.
Rangez tout.
Tu peux rentrer, toi.
Katie rangera le reste.
D'accord, à lundi.
Au revoir.
- Au revoir monsieur. - Au revoir.
Roucou, roucou, roucou...
Non ! Non !
En plus j'étais le premier.
Qui l'aurait cru ?
Vive l'Orange, Vive la famille royale d'Orange
Vive le Roi Guillaume III
Qu'est-ce que tu as ?
J'ai faim.
Tiens, voilà un beau drapeau.
M'en fous du drapeau. Je veux manger.
Voilà du pain.
Allez, dégage toi.
Va-t'en. Ne touche pas à ça !
La police !
Il faut te laver mon enfant. Le médecin va venir.
Ça va ?
J'ai la tête qui tourne.
Qu'est-ce qui t'arrive ?
Un pain dans la gueule je crois.
Je ne vois rien.
Et je ne sens rien.
- Heureusement. - Je le fais pour toi ?
Du savon au goudron ! Dégoûtant.
Contre la gale. Je suis Antoinette.
Moi c'est Katie.
- Et le reste ? - Quel reste ?
Tu dois être propre pour le médecin.
Non, ne l'enlève pas. C'est interdit ici.
- Comment je me lave ? - En dessous.
Les sœurs ne veulent pas de nudité.
Qu'est-ce que tu fais ?
Tu as vu le médecin ?
- Il est gentil ? - Oui, ça va.
Tout le monde au lit, plus vite. Au lit.
- Bonjour mesdames. - Bonjour monsieur le docteur.
Alors ma petite dame...
Mettez-la près de la fenêtre.
Rideau infirmière.
Voilà la nouvelle.
Alors mon petit.
Respire profondément.
Ecoutez ça avec moi.
Ça crépite. Maxime in lobo sinistro pulimones.
- Diagnostic ? - Infectionem pulimonis.
Forsitan tuberculosem.
Qu'est-ce que vous dites ?
C'est du latin. Du latin.
Praecipe in parte sinistra.
Hoc loco et hic et hic.
Je vais le dessiner en détail.
Infectio dormitans. Illi loco.
Et maintenant côté face.
Tu m'as l'air bien mignonne.
Respire encore.
Et encore une fois.
Nous avons ici exactement la même chose.
On continue messieurs.
Rhabillez-vous, vite.
Seigneur, pour ce repas nous te bénissons. Amen.
Tenez.
Merci beaucoup.
On m'a dit que tu étais ici.
Bonjour maman.
- Ça te plaît ? - La soupe était bonne.
Tu n'es ici que pour ton plaisir.
Non, je suis malade.
N'importe quoi. Tu rentres.
Laisse-moi, je suis malade.
Le docteur me l'a dit, en latin. Va lui demander.
Malheur à toi si c'est faux !
Tu as compris ?
J'ai gardé ça pour toi.
Non, merci.
Tu dois bien manger mon enfant.
Viens toi. Viens regarder.
Oui, dansons, dansons.
On danse toutes les trois.
Quoi ?
Mal...
- Viens danser toi. - Elle meurt.
Si tu penses à ça, tu ne t'amuseras jamais.
Mal, mal.
Tu as froid.
- Viens dans mon lit. - Laisse-moi tranquille !
Garce.
Mains...
Je te connais.
La laverie.
Fente.
Zézette.
Vous voulez me voir.
Pour t'examiner.
- Déshabille-toi. - Non.
Pas d'histoires.
Tu es malade, je suis ton docteur.
Tu es même très malade.
Tu as déjà pris des médicaments ?
Jamais. Avec quel argent ?
- La fenêtre te gêne ? - Oui.
Dans ce cas je la ferme.
J'ai la même chose que l'autre ?
Pas encore, je peux encore te guérir.
Avec des médicaments.
Viens t'asseoir avec moi.
C'est donc ça ?
Tu es très belle.
Et tu seras encore plus belle.
Il y a déjà tant de morts totalement inutiles.
- Ce sont les médicaments ? - Oui.
Ça coûte combien ?
Tu me trouves gentil ?
Ça changerait quoi ?
De vieux chiffons, haillons...
De vieux chiffons, haillons...
Une pièce madame. Je n'ai encore rien mangé.
Une pièce madame ? Juste une seule.
Monsieur !
Une petite pièce pour du pain.
- J'en ai même 10 pour toi. - Ah bon ?
Tu viens avec moi ?
Montre-moi ton zizi.
- Salaud. - Garce, sale garce.
Il m'avait promis 10 pièces.
Crève !
De retour ?
Oui.
Je suis guérie.
Tu as eu un bon médecin alors ?
Comment tu as deviné ?
Tu ne travailles pas ?
Je ne travaille plus. Je suis libre.
Ils l'ont virée. Elle buvait comme un trou.
- Et toi ? - Viré.
J'ai vu le petit, il fait des cochonneries.
Il doit arrêter ça.
Comment s'y prendre ?
Katie, regarde !
Pour toi.
Je n'en ai plus besoin moi.
Laisse !
En voilà un.
Vas-y.
Je n'ose pas.
Trouillarde !
En voilà un autre qui s'amène.
- Qu'est-ce que je fais ? - Demande un florin.
Pourquoi tu traînes ?
C'est ta première fois ?
Tu n'as pas de maladies j'espère ?
Ecarte tes jambes.
Alors !
Voilà une belle petite rose.
Katie.
Et alors ?
Je me sens sale.
Il t'a donné combien ?
Seulement 50 centimes ?
Il m'a dit que j'étais nulle.
Bon, il en faut un autre.
Vite, donne-moi une petite saucisse.
Monsieur !
Je peux venir avec vous ?
- D'accord. - C'est un florin.
- C'est d'accord. - Un florin et cinquante centimes.
Voici un florin, je te donnerai le reste après.
Tu viens ?
Assieds-toi.
C'est quoi ça ?
- Tu rentres ta tête là. - Je ne fais pas ça.
Tu ne dois pas bouger.
- Je fais une photo. - Je ne suis pas venue pour ça.
Tu préfères que nous... ?
Tu n'en as pas vraiment envie non plus.
Je te veux comme modèle pour une peinture.
Fais comme ça.
Plus haut.
Oui, c'est bon comme ça.
Pourquoi des photos si vous êtes peintre ?
Immobile.
Je fais des photos, comme ça je n'ai rien à inventer.
Tu veux poser ?
- C'est difficile ? - Non, pas du tout.
A demain. C'est fini pour ce soir.
Et l'autre chose ?
Non.
- Je sais bien le faire. - Non.
Vous me devez encore 50 centimes comme convenu.
Où t'étais passée ?
Regarde.
Comment tu as fait ?
Attrape, attrape.
Donne-les.
Attrape, attrape...
Tu t'ennuies ?
Non, pas du tout.
- Sommeil ou faim? - Faim.
Attends encore un peu.
''Entrez''. Je suis de trop ici ?
Bien sûr.
Parfait.
Encore ''La ronde de nuit'' ?
Rembrandt a fait faillite.
C'est tout ce que tu sais d'un artiste,
qu'il a fait faillite.
Ta muse ?
Mes hommages.
Salut.
Tiens André,
- ça fait longtemps. - J'ai travaillé.
Tu as travaillé pour la Révolution ?
Regarde donc ça.
Tu lui sers la main, pas à moi. On sait qui va payer ce soir.
Qui paie quoi ?
Je t'invite à dîner.
C'est chic de ta part, elle peut venir aussi ?
Elle est la bienvenue.
Tu entends ? Enlève cette friperie.
Ton ''cher Oncle'' va payer.
Ça va être bon monsieur.
Ça t'intéresse ? C'est à vendre.
Donc...
c'est le destin des riches ?
Evidemment, à ton avis ?
André, c'est ton tour.
- Ces ouvriers sont bien. - Ah bon ?
Ils sont beaux et fiers.
Ils ont faim, c'est tout.
Moi aussi d'ailleurs.
Et maintenant : ''Il faut se plier pour l'argent''
L'argent se trouve dans la rue
Pliez-vous
L'argent se trouve dans la rue
Ramassez-le
L'argent se trouve dans la rue
Ne l'oubliez pas et laissez parler ces moralisateurs
Ce sont des minus
Les garçons, pourquoi rester pauvres ?
Tu sais plier ?
La fille qui ne veut pas avoir froid
Elle plie beaucoup
Tout ce qui est beau dans la vie
L'argent te le donne
Celui qui veut de l'argent
Il se plie
Des pièces en cuivre
Des billets, tout est bon
Peu importe, tant que c'est de l'argent
C'est ça qui compte
L'argent règle tous les problèmes, dit-on
Car sans argent on a seulement des problèmes
Je vais me laisser aller.
Je commanderai une charrette.
- Le meilleur ? - Le poisson.
Poisson pour moi.
Votre choix ?
Je veux ça, et ça, et ça aussi,
ça m'a l'air bon aussi.
Tu en es sûre ?
C'est la carte des vins.
Je ne comprends pas le français. Choisissez pour moi.
Pour mademoiselle... une Petite Marmite.
Merci à vous.
Messieurs, des bonbons ?
C'est si bon.
Voilà.
C'est monsieur qui paie ce soir. Parfait.
Quel voleur !
C'est quoi ?
Un potage léger.
Bon appétit.
J'étais encore vierge
Je n'avais jamais rien fait
De ce que le pasteur et la décence m'avaient interdit
Il faut garder sa vertu pour Dieu
Ça te rendra heureuse à ta mort seulement
Puis un jour une belle dame passa, habillée en rouge
Avec un énorme bijou qui brillait autour de son cou
Ça m'a quand même fait réfléchir
Le péché donne des avantages
Et même si je blesse les pieux
Je préfère m'amuser...
Tu aimes cet endroit ?
Tout est tellement beau ici.
C'est un peu ordinaire.
Ne l'écoute pas.
Tu es modèle depuis longtemps ?
Je viens de commencer pour lui.
On s'est croisés dans la rue.
Tu aimes poser ?
Ça donne froid. Je porte des choses légères.
Pour voir à travers.
Je bois à tout le monde.
Santé.
Les garçons, pourquoi rester pauvre ?
Tu sais plier ?
La fille qui ne veut pas avoir froid
Elle plie beaucoup
Tout ce qui est beau dans la vie l'argent te le donne
Celui qui veut avoir de l'argent il se plie
Des pièces, des billets
Il est fort !
Tout est bon.
L'argent règle tous les problèmes. Vive le pèze !
André, je la ramène à la maison.
Merci.
Allez-y.
- Ça te convient ? - J'ai un peu froid.
J'ai un bon remède.
Attention à tes pieds.
Soulève tes fesses.
Ne les brûle pas.
On est mieux comme ça.
Qu'on est riches !
Si c'est ça que t'appelles être riche.
Un peu étroit.
Oui, c'était pas prévu.
Tu n'aimes pas ?
Fini.
Nom de Dieu !
Dépêche-toi, merde.
J'ai raté le réveil.
Plus vite que ça.
Je serai en retard au bureau.
Je ne suis pas venue pour ça.
Ce n'est pas pour te payer, j'ai envie de t'offrir...
Achète-toi une belle robe.
Mais personne ne me regarde.
Nous y voilà.
Si j'achète une robe, tu viendras m'admirer ?
- Garde-les alors. - Non.
- Tiens. - Bon, arrête maintenant.
Tiens.
Je viendrai t'admirer. A midi devant le kiosque.
Vraiment ?
Allez-y.
Voilà.
La température ?
- C'est bon. - C'est encore bouillant.
Pour moi c'est bon.
- Et vos cheveux ? - C'est cher ?
Aux herbes c'est une pièce de 25.
Et une pièce pour moi aussi si c'est moi qui lave.
Tu es belle.
Personne ne te l'a encore dit ?
Katie.
Je ne t'avais pas reconnue.
Magnifique.
- Moi ou le chapeau ? - Comment ?
Tu en offres un à toutes tes amies.
Oui, c'est vrai.
Moi ou le chapeau ?
Les deux mais surtout toi.
Même quand on habille joliment un singe
ça restera toujours un sale animal.
- Tu connais ce monsieur ? - Non.
Je l'ai connue quand elle coûtait deux pièces.
Ce sera mon tour quand il aura fini.
Vous vous êtes trompé de personne.
Tu rentres avec moi ?
Pour une seule nuit encore ?
Si tu veux tu peux rester.
Pour toujours ?
Jusqu'à ce que j'en aie assez de toi.
Ou moi de toi.
C'est entendu !
Tout le monde rentre, vite.
D'où tu sors ? Où tu as trouvé ces habits ?
- Un cadeau. - De qui ?
De quelqu'un qui m'aime.
- Qu'est-ce que tu vas faire ? - Je pars.
Comment ça ?
Je pars pour toujours.
- C'est pas vrai. - Ah bon ?
Et les enfants ? Tout allait mieux.
Ce sont vos enfants. Fallait moins baiser.
- Tu ne pars pas. - Penses-tu !
Tu restes ici ! Tu restes ici !
André !
Si tu la regardes trop...
Elle monte bien.
Beaucoup de cours, et du talent.
Elle te rend heureux ?
- Les raisins sont trop verts ? - Arrête.
Même pas un peu ?
Absolument pas.
A tout à l'heure.
Salut.
Viens là.
Quel temps de chien.
- Autre chose ? - Enlève ma veste.
Voilà.
Trempé ce pantalon.
- Je t'en cherche un autre ? - Non,
reste assise.
Du thé ?
Tu aurais dû prendre une calèche.
Oui...
Tiens, c'est déjà touillé.
Un peu sucré.
Moi-même j'adore le sucre.
Qu'est-ce qu'on est riches nous deux.
Usé.
Abîmé. Je n'avais pas un sou pour une calèche.
Pour toi, tout ceci est riche, pas pour moi.
Qu'est-ce que tu veux ?
De l'argent.
Enormément d'argent.
Tout commerçant a besoin d'argent,
pour se développer, s'élargir, pour de nouveaux stocks.
Ils empruntent les sous à la banque.
La banque voit si elle peut prêter des sous.
Mais c'est moi qui décide.
Ils ont de la chance !
Je te montre.
Légumes, clientèle stable.
Sans aucun risque.
Bijoutier, aucun commentaire.
Celui-là, trop vieux, pas un sou.
Celle-là, trop feignante, rien.
Boucherie moderne, c'est toujours bien.
Veuve, trop risqué.
Si elle crève, adieu ton emprunt.
Je t'aime.
Veuve van de Hal, terminé.
- Pas d'emprunt pour elle ? - Non.
- Qu'est-ce qu'elle deviendra ? - Elle fera faillite.
Les temps sont durs pour nous aussi.
Je m'étais dit, et si on collaborait nous deux ?
Moi à la banque, toi tu te promènes en ville.
Tu vérifies un peu.
- Je vérifie quoi ? - L'état des commerces.
C'est facile pour toi.
Tu as l'air si propre sur toi.
Ça inspire confiance.
Je déteste cette idée.
S'il te plaît.
Fais-le pour moi.
On fera plein d'argent.
Un chocolat chaud.
- Je voudrais savoir... - Quoi ?
La boutique de corsets en face, ça marche ?
Tiens Gees.
- Ça marche ta boutique ? - Pourquoi ?
Madame voudrait savoir.
Tenez, votre chocolat.
- Alors petite ? - Bonjour madame.
- Tu me prends pour une cloche ? - Non, pas du tout.
Comme tout le monde ?
Alors.
- Une gorgée ? - Non.
Qu'est-ce que tu veux savoir ?
Des corsets d'Allemagne, de mon frère.
- Des corsets ? - Oui.
- D'Allemagne ? - Oui.
- De ton frère ? - Oui.
Pourquoi ne pas dire que tu espionnes ?
- Jans ? - Oui.
Viens voir.
Tu la connais, non ? Faillite à cause de toi.
C'est la gonzesse de la banque.
Assise !
Judas !
Tu t'en fous, non ? Tu nous détruis.
Sale garce !
Et tes corsets d'Allemagne ?
J'arrête l'espionnage.
Pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé ?
Une dispute. C'était vraiment atroce.
On monte et on en discutera là-haut.
Je suis si heureuse que tu sois là.
- Un accident ? - Tu n'aimes pas ?
C'est affreux.
Beaucoup de femmes adorent.
Une en particulier.
Moi pas du tout.
Qui t'aime comme ça ?
La fille du banquier. Elle est amoureuse.
Elle veut m'épouser.
Et toi ?
Tu l'aimes ?
C'est une question d'affaires.
Elle est très riche.
Mais moi je suis d'une bonne famille.
Tu vas te marier.
Pas tout de suite, tu peux rester encore un peu.
C'était convenu comme ça.
C'est vrai.
Rien ne change entre nous.
Tu gardes toutes les affaires.
Même le lit.
- C'est pratique quand je passerai. - Tu seras marié !
C'est normal, non,
d'avoir une maîtresse.
Où vas-tu ?
Dans la cuisine, il faut manger.
Katie ?
Tu es raisonnable.
NOUS VOULONS DU TRAVAIL
Reculez !
Dégagez la voie !
Ne m'obligez pas à utiliser la force. Reculez !
- On recule ! - On avance !
Dans la ruelle !
Viens.
Rentre ici.
Il est touché. Soulève-le. Vite.
Voici l'adresse. Amenez-les.
- Tu ne viens pas ? - Non.
Au revoir Cendrillon.
Où est Hugo ?
Aucune idée. Chez lui.
Il va épouser une riche.
L'argent rend les gens dégueulasses.
- Monsieur... - Mettez le bras autour.
Mademoiselle,
l'endroit te plaît ?
Je cherche André madame.
Mon fils est au premier.
On le rend présentable pour le médecin.
Je peux le voir madame ?
Où mon fils t'a trouvée ?
Dans le caniveau ?
Je m'appelle Katie madame.
Et je vous ai rendu votre fils.
Allez le voir.
Mal ?
Difficile de me ramener.
Je te trouve gentil.
Tu es le premier homme qui ne m'embête pas.
Si c'est tout ce que j'ai à t'offrir...
Tu es riche aussi, non ?
Très riche, oui.
Je dois donc être dégueulasse, non ?
Tu saignes encore.
Il faut sucer. J'ai fait ça enfant.
Voilà, c'est fini.
Cette histoire est vraie.
Son vrai nom est Neel Doff.
Ses mémoires ont obtenu le Prix Nobel.
Tout dans ce film est réel.
Du caniveau à la vie bourgeoise.
Neel Doff est morte à Bruxelles le 14 juillet 1942.
Son esprit indomptable continue à vivre dans ce film.
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