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OUVERTURE
Au dernier si�cle avant la naissance...
de la nouvelle foi appel�e chr�tient�...
qui allait renverser la tyrannie pa�enne de Rome...
et fonder une nouvelle soci�t�...
la r�publique romaine �tait le centre de la civilisation.
"De toutes les choses, la plus belle, a dit le po�te...
la premi�re des cit�s et la demeure des dieux, telle est Rome la dor�e."
Pourtant, m�me au fa�te de sa puissance...
la r�publique �tait rong�e par une maladie qui allait...
lui �tre fatale, l'esclavage.
L'�re du dictateur �tait proche...
attendant dans l'ombre qu'un �v�nement l'instaure.
Le m�me si�cle...
dans la province grecque de Thrace, possession romaine...
une esclave enrichit la fortune de son ma�tre...
en donnant naissance � un fils qu'elle appela Spartacus.
Un fils fier et rebelle...
qui fut vendu pour travailler dans les mines de la Libye...
avant son treizi�me anniversaire.
L�, sous le fouet, les cha�nes et le soleil...
il v�cut son adolescence et ses premi�res ann�es d'homme...
en r�vant de libert�...
2000 ans avant l'abolition de l'esclavage.
Au travail !
Debout, Spartacus, sale chien thrace !
Allez, l�ve-toi !
Ma cheville, ma cheville !
Ma cheville !
Spartacus encore ? Cette fois, il mourra.
Au travail, vous tous !
- Bienvenue, Lentulus Batiatus. - Bien dit, mon cher capitaine.
Dix-sept kilom�tres par cette chaleur torride...
et les frais d'une escorte... C'est ruineux.
Et je parie que vous n'avez rien de convenable � me vendre, capitaine ?
J'ai perdu mon temps et mon argent. Dites-moi la v�rit�.
Je pense en avoir quelques-uns qui pourraient vous int�resser.
Quoi, ceux-ci ? Charogne ! De la chair � vautours.
Celui-ci n'est pas mal. Il est Gaulois.
Je n'aime pas les Gaulois. Poilus.
- Peut-il descendre sans aide ? - Descends, toi !
Descends !
Ayez la gentillesse de me faire voir ses dents.
- Ouvre la bouche ! - Merci.
Oui. Comme vont les dents vont les os.
Cette bouche est vraiment affreuse.
- Il est fait de craie. - On en a d'autres. Bien d'autres !
Le soleil est par l�. Je dois payer ces gens.
Qui est-ce ?
C'est un Thrace. J'en fais un exemple.
- Comment ? - Je le laisse crever de faim.
C'est tout ce qui les impressionne.
Quel dommage !
Il r�agit. Bon tonus musculaire. Puis-je voir ses dents ?
Ouvre la bouche, Spartacus !
Tu sens le rhinoc�ros.
Capitaine, vous lui avez dit d'ouvrir la bouche. Ne vous ob�it-il pas ?
Ses dents sont ce qu'il a de plus sain.
Il a coup� le jarret d'un garde il n'y a pas plus d'une heure.
Coup� le jarret ? Merveilleux ! J'aurais voulu voir �a.
Je le prends. Regardons-en quelques autres.
Allez !
Malgr� la maladie et la mort, nous ferons un profit de 11000 sesterces !
Incluant ta commission, bien entendu.
Non, seigneur. Sans ma commission.
Marcellus, les voil�.
Ils sont crasseux, mais c'est ce que j'ai trouv� de mieux.
Personne d'autre n'aurait pu faire un aussi bon choix.
Esclaves...
vous �tes arriv�s � l'�cole de gladiateurs de Lentulus Batiatus.
Vous serez form�s par des sp�cialistes � combattre en duel jusqu'� la mort.
Bien s�r, vous n'aurez pas � vous battre � mort ici.
Vous ne le ferez qu'apr�s avoir �t� vendus...
et alors pour des dames et des messieurs de qualit�...
qui savent appr�cier une mort glorieuse.
Le gladiateur est une sorte d'�talon. Il doit �tre dorlot�.
Vous serez huil�s, baign�s...
ras�s, mass�s et vous apprendrez � vous servir de votre t�te.
Un bon corps sans intelligence ne vaut gu�re plus que la vie !
Vous aurez droit � la boucle des gladiateurs.
Marcellus, montre. Voil�.
Soyez-en fiers.
En certaines occasions sp�ciales, ceux qui me plaisent...
pourront m�me savourer la compagnie d'une femme.
Environ la moiti� de nos �l�ves...
vivent de cinq � dix... � dix ans.
Quelques-uns obtiennent m�me leur libert�...
et deviennent � leur tour entra�neurs.
Tel Marcellus.
Je vous f�licite. Puisse la fortune vous sourire.
Marcellus, surveille le deuxi�me de droite.
Il est Thrace. On allait le tuer pour avoir mordu un garde.
- Nous lui ferons passer cette envie. - Pas trop fort. Il a de la valeur.
Suivant.
Suivant.
Je n'ai rien contre vous.
Je veux que vous deveniez mes amis.
Je veux �tre votre ami aussi.
Tout ce que je demande, c'est que vous ob�issiez.
Comment t'appelles-tu, esclave ?
Spartacus.
Tu ne sembles pas m'aimer.
Donne-lui ton glaive.
Prends-le !
J'ai le sentiment que tu veux me tuer.
C'est la seule chance que tu auras de le faire.
Tue-moi !
N'aie pas peur, esclave.
Tu as le glaive.
Je n'ai que ce morceau de bois !
Vas-tu me d�sob�ir ?
Prends son glaive.
Tu n'es pas aussi stupide que je pensais.
Tu es peut-�tre m�me intelligent.
C'est dangereux pour un esclave.
Rappelle-toi...
d�sormais, je surveillerai tout ce que tu fais.
Tu as fait ce qu'il fallait.
De temps � autre, Marcellus aime tuer un homme � titre d'exemple.
Je pense qu'il t'a choisi. M�fie-toi de lui.
- Depuis combien de temps es-tu ici ? - Six mois.
Je voudrais bien qu'il me choisisse.
Je voudrais bien tuer ce fumier avant de mourir � mon tour !
Silence ! Il est interdit de parler.
Tu vas encore tous nous faire punir, comme dans les mines.
Quel est ton nom ?
Tu ne veux pas savoir mon nom.
Je ne veux pas savoir ton nom.
C'�tait une question amicale.
Les gladiateurs n'ont pas d'amis.
Si nous devons nous faire face dans l'ar�ne...
je devrai te tuer.
Helena...
avec Galino.
Patricia...
Crixus.
Priscilla...
David.
Claudia...
Pharox.
Varinia...
- Dionysius. - Non, non. Spartacus.
Spartacus.
Felicia...
Je n'ai jamais eu de femme.
Tu en as une maintenant, Spartacus. Tu dois la prendre.
- Allez-vous-en. - Que pensera-t-elle de toi ?
Surtout, que penserai-je de toi ?
Allez-vous-en.
Va, va. Sois g�n�reux. Il faut savoir partager ses plaisirs.
Je ne suis pas un animal !
Tu n'essaies pas de t'�chapper, par hasard ?
Porte ton courage sur la fille, Spartacus.
Je ne suis pas un animal !
- Je ne suis pas un animal. - Ni moi.
Quel est ton nom ?
Varinia.
Fais-la sortir d'ici, Marcellus.
Tu n'es peut-�tre pas un animal, Spartacus...
mais ce triste spectacle me laisse tr�s peu d'espoir...
que tu deviennes un homme.
Premi�re r�gle :
Dans le rouge, vous tuez instantan�ment votre adversaire.
Ici. Ici.
Rappelez-vous : Visez d'abord le rouge...
sinon, votre adversaire le fera.
Dans le bleu, vous l'estropiez.
Ici, ici...
ici et ici.
Deuxi�me r�gle :
Visez � l'estropier au lieu de le faire mourir lentement.
La mort lente, c'est le jaune.
Ici, ici...
et ici.
Rappelez-vous.
Le moribond peut r�unir assez de force pour vous tuer avant de mourir.
L'estropi�, vous savez que vous le tenez...
si vous restez � distance et que vous l'�puisez.
Le reste peut aller pour un spectacle public � Rome...
mais ici � Capoue, nous attendons davantage qu'une simple boucherie...
et nous l'obtenons.
Spartacus, pourquoi regardes-tu cette fille ?
Varinia ! Ne bouge pas.
Puisqu'il ne peut rien faire d'autre que regarder les filles...
allez, esclave, regarde.
J'ai dit de regarder !
Non. Non, elle ira avec l'Espagnol.
Bonne nuit, Spartacus.
Entre l�.
Femme !
Je t'ai d�j� dit de ne pas laisser tra�ner �a.
D'accord, fais-les entrer.
Silence ! Avancez.
T'ont-ils maltrait�e ?
Non.
Touch� � mort.
Un, deux...
trois, quatre, cinq.
Un, deux, trois, quatre.
Nous avons des visiteurs. De tr�s grands visiteurs !
Deux nobles seigneurs romains, ils sont sur la colline.
Tu te laisses impressionner facilement, Ramon.
Du seul fait qu'ils sont Romains, tu supposes qu'ils sont nobles.
Dis-leur de m'attendre lorsqu'ils arriveront.
- Ma�tre, vous ne comprenez pas ! - Quelle importance ont-ils ?
L'un d'eux est Marcus Licinius Crassus.
Quoi ? Un instant.
Crassus ici ? Varinia, ma toge rouge avec les glands.
Et des chaises dans l'atrium. Le vin de tous les jours.
Non, le meilleur, mais de petits gobelets.
Gracchus ! Tu sais comme Crassus le hait.
Emporte-le.
- Je ne peux pas le soulever. - Trouve un moyen ! Couvre-le.
Dis � Marcellus de pr�parer des gladiateurs.
Crassus a des go�ts de luxe. Il voudra un spectacle.
Pardonne-moi, Gracchus.
Marcus Licinius Crassus...
tr�s noble seigneur...
premier g�n�ral de la r�publique...
p�re et d�fenseur de Rome...
honorez ma demeure. B�nissez-la par votre pr�sence.
Vin ! Friandises ! Ne voyez-vous pas que Leurs Grandeurs sont �puis�es ?
Ayez la bont� de vous asseoir.
Y a-t-il quelque chose qui ne va pas, Votre Excellence ?
Non.
Bienvenue � la noble Claudia Maria...
veuve de Lucius Caius Marius...
dont l'ex�cution r�cente nous a tous profond�ment �mus.
Mes hommages � la noble Helena...
fille du regrett� Septimus Optimus Glabrus...
dont la gloire vivra � jamais dans la personne de son fils...
votre fr�re, Marcus Publius Glabrus...
h�ros des guerres du Levant.
Cet homme est bien renseign�.
Permettez-moi de vous �clairer.
Nous venons c�l�brer le mariage de mon fr�re � la noble Claudia.
Un mariage d'aigles, Votre Saintet� !
�ventez Son Excellence. Il a chaud.
Mes jeunes amis d�sirent voir deux paires de gladiateurs.
Deux paires. Oh, oui.
Je pense avoir quelque chose qui leur plaira.
- Deux paires jusqu'� la mort. - Jusqu'� la mort, madame ?
Nous ne sommes s�rement pas venus � Capoue pour voir de la gymnastique.
Mais je prie Vos Excellences.
Nous formons � Capoue les meilleurs gladiateurs de l'Italie.
On peut vous donner une d�monstration du maniement de l'�p�e...
sup�rieure � tout ce que vous pouvez voir � Rome.
Lorsqu'ils seront vendus, leur ma�tre pourra faire d'eux ce qu'il veut...
mais ici, nous ne les faisons jamais se battre � mort.
Crassus.
Tu feras une exception.
Mais cela peut cause du malaise dans l'�cole.
Et le co�t. Le co�t !
Ton prix sera le n�tre.
25000 sesterces.
Faites.
�tes-vous s�rieux ?
Donne l'ordre de commencer.
Bien s�r, nous voudrons les choisir nous-m�mes.
Vous avez sans doute un grand choix, n'est-ce pas ?
Oui. In�puisable.
Spartacus, il y aura un combat � mort.
- � mort ? - Comment le sais-tu ?
J'ai entendu Marcellus le dire � un garde.
- Qui se battra ? - Je ne sais pas.
� mort.
Et s'ils nous opposaient l'un � l'autre ?
Ils ne le feront pas.
Mais s'ils le faisaient ?
Te battrais-tu ?
J'y serais forc�. Toi aussi.
Essaierais-tu de me tuer ?
Oui, je te tuerais.
J'essaierais de sauver...
J'essaierais de rester en vie et toi aussi.
Tous les gladiateurs dans l'aire d'entra�nement.
Des visiteurs veulent vous admirer.
Formez une ligne ici devant moi.
Vos Excellences veulent-elles proc�der � leur choix ?
Claudia.
Ils sont magnifiques.
Pour vous, noble Helena...
puis-je sugg�rer Praxus ?
Un v�ritable tigre.
Il ne me pla�t pas.
- Je pr�f�re celui-ci. - Lequel ?
David ?
Crixus, oui.
Marcellus, Crixus pour le glaive court.
Avez-vous d�j� vu une telle paire d'�paules ? Dionysius !
J'avoue qu'il est petit, mais il est extr�mement fort.
En fait, il a l'air...
Il a l'air plus petit ici que dans l'ar�ne.
Illusion d'optique.
- Donnez-moi celui-l�. - Galino.
Oui, oui. Galino.
Vous avez bon �il, Votre Splendeur, si je puis me permettre...
Presque tous les hommes de l'�cole ma�trisent l'�p�e thrace...
mais le trident est une arme tr�s rare ces jours-ci.
Puis-je sugg�rer...
l'�thiopien ?
Il y a tr�s peu d'�thiopiens dans le pays.
Les �thiopiens sont reconnus comme des ma�tres du trident.
Je choisis celui-ci.
Draba ? Oh, non. Pour vous, je veux le meilleur...
Moi, je veux le plus beau.
Je prendrai le grand Noir.
Tr�s bien.
Il n'y a qu'un homme dans toute l'�cole...
qui peut tenir son bout avec l'�p�e thrace contre le trident.
L�.
- L�-bas, noble Helena. - Il est impertinent !
- Je vais le prendre. - Impertinent, et l�che en plus.
Faites-le fouetter !
L�-bas, noble Helena. La b�te de la Libye.
Je pr�f�re le l�che.
Si les deux hommes sont au sol et refusent de continuer � se battre...
votre entra�neur leur tranchera la gorge comme � des poulets.
- Nous ne voulons pas de trucages. - Des trucages ? � l'�cole de Batiatus ?
Tu as entendu l'instruction, Marcellus ? Souviens-t'en.
Ces pauvres me font piti� par cette chaleur.
Ne leur laissez pas ces tuniques �touffantes.
Faites-leur porter juste ce que commande la modestie.
Quel que soit leur v�tement, madame, ils b�niront votre nom.
Arri�re, tous les autres !
- Notre choix vous a ennuy� ? - Non.
Tr�s palpitant. Je fr�mis.
Allons-nous-en � l'ombre.
Puis-je escorter Vos Splendeurs � la galerie maintenant ?
Un indiscret. Oh, mon Dieu !
Combien loin de Rome dois-je aller pour �viter ce visage fourbe ?
Crassus, ne parle pas de Gracchus. Il est si odieux.
Pour Gracchus, la haine de la classe patricienne est une profession...
et pas mauvaise non plus.
Comment peut-on autrement devenir ma�tre de la racaille...
et premier s�nateur de Rome ?
Crassus, c'est mortel.
Je crois que cette fille sent le parfum.
Je ne sais ce que c'est, mais son odeur est d�lectable.
On ne peut emp�cher les esclaves de voler qu'en les encha�nant.
Une esclave aussi mignonne qu'elle n'a pas besoin de voler.
Il y a un arrangement.
Si ses chevilles sont bonnes...
tu peux �tre certaine qu'il y a eu un arrangement !
- Ma�tre ! - Ciel, une catastrophe !
- J'ai �t� purifi� ! - Putain !
- Je crois que tu l'as fait expr�s. - C'�tait un accident. Viens, fille.
N'aie pas peur.
- De quel pays es-tu ? - De la Bretagne.
Depuis quand es-tu esclave ?
Depuis l'�ge de treize ans.
Tu as une certaine �ducation.
Mon premier ma�tre m'a fait instruire pour enseigner � ses enfants.
Elle me pla�t. Elle a du caract�re.
- Je veux l'acheter. - L'acheter, Votre Excellence ?
J'ai d�pens� beaucoup d'argent pour elle.
Oui, je n'en doute pas. Deux mille sesterces.
Deux mille... Elle attendra � votre liti�re.
Non, je ne veux pas qu'elle ruine ses pieds en marchant.
Envoie-la avec ton intendant la prochaine fois qu'il ira � Rome.
Il part demain et la fille avec lui.
Encore du vin. Et remercie tes dieux !
Tu me provoques, Crassus. Je ne serai plus gentille avec toi !
- Pourquoi me faire tant de peine ? - Tu es affreusement riche.
Pourtant tu es le seul des amis de mon fr�re...
qui ne lui aies pas donn� un cadeau de mariage.
Je le gardais pour un moment plus propice.
Tiens. Donne-le-lui, mon enfant.
Qu'est-ce que c'est ?
� partir de maintenant, ton mari est commandant de la garnison de Rome.
Merveilleux !
Je ne sais pas comment je pourrai te remercier.
Le temps �claircira ce myst�re.
- La garnison de Rome. - Oui.
Le seul pouvoir de Rome capable de tenir en �chec Gracchus et son s�nat.
Tu es malin !
Ouvrez.
Par cette porte.
Mais tu devras le surveiller, Claudia.
P�re l'a presque d�sh�rit� � cause des filles esclaves.
Le contrat de mariage interdit un harem.
Et les porteurs de liti�re ?
Apr�s tout, ils ont tous moins de 20 ans et sont tous...
plus grands que de besoin.
Elle est tr�s exigeante avec toi, n'est-ce pas ?
Votre plaisir, Altesse.
� toi, ma ch�re, l'honneur d'amorcer ce drame po�tique.
Ouvrez !
Premi�re paire : Crixus et Galino !
Ceux qui vont mourir vous saluent.
Crixus.
Paire suivante !
Ceux qui vont mourir vous saluent.
Ton Thrace se d�fend bien.
Comment as-tu pu me faire nommer � l'insu de Gracchus ?
J'ai jet� de l'huile sur le feu. J'ai achet� le s�nat dans son dos.
Je pense toujours que le trident gagnera.
- Pourquoi ne le tue-t-il pas ? - Tue-le.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- Tue-le ! - Tue-le, imb�cile !
Il restera pendu jusqu'� pourrir.
Regarde une derni�re fois, Spartacus.
Elle va � Rome. Elle a �t� vendue.
Elle a �t� vendue ?
Ne parle pas dans la cuisine, esclave.
Il y a du d�sordre dans la cuisine. On a tu� Marcellus et d'autres.
Appelle la garde !
Bougez, bougez !
� la r�flexion, je la livrerai moi-m�me.
Va � Capoue. Appelle la garnison. Je ne leur fais pas confiance.
- Je t'en tiens responsable. - Oui, monsieur.
Autour de Capoue, ils ont d�vast� la campagne et forc� les autres...
esclaves � se joindre � eux.
Pillant, saccageant, br�lant tout...
puis, ils se sont barricad�s sur le V�suve.
Leur nombre augmente de jour en jour.
La situation est maintenant entre les mains...
de cette auguste assembl�e.
O� est le puissant Crassus ?
- En dehors de la ville. - Au moins, vous �tes ici.
Il n'y a rien � craindre pour Rome aussi longtemps que Glabrus est l�.
J'ajoute que plus de 100 propri�t�s ont �t� br�l�es...
parmi lesquelles, messieurs, la mienne...
ras�e au sol, une perte de trois millions de sesterces.
Je propose le rappel imm�diat de Pomp�e et de ses l�gions d'Espagne.
- Il me suffirait de 500 hommes ! - Ne dis pas de b�tises.
Pourquoi rappeler les l�gions...
quand la garnison de Rome n'a rien d'autre � faire...
que de nous prot�ger des charcutiers ?
Envoyons Glabrus contre ces coquins !
Faites-leur go�ter l'acier romain.
Je proteste. Je proteste �nergiquement.
Il y a plus d'esclaves � Rome que de Romains.
Si la garnison s'absente, qu'est-ce qui les emp�chera de se soulever aussi ?
Je n'ai pas dit toute la garnison.
Six cohortes suffiront amplement � la t�che.
Le reste peut rester � Rome pour vous prot�ger de vos servantes.
Veux-tu accepter cette mission, Glabrus ?
J'accepte la mission du s�nat...
si le s�nat m'en charge vraiment.
La garnison de Rome est pr�te.
C'est un sale boulot.
Il faut un brave commandant pour y consentir.
Je propose que les citoyens sortent acclamer Glabrus...
quand ses troupes d�fileront dans les rues demain.
Et...
pour le commandement temporaire de la garnison en son absence...
je propose Caius Julius C�sar.
Tu n'as pas l'air tr�s heureux de ta nouvelle fonction.
Ce ne sont pas des troubles graves. Glabrus sera de retour.
Peut-�tre.
Au moins, cela me permet...
de s�parer Glabrus de Crassus pour un moment.
Tu sais, notre r�publique est un peu comme une riche veuve.
La plupart des Romains l'aiment comme leur m�re.
Mais Crassus r�ve d'�pouser la vieille, pour le dire poliment.
Salut � toi, Glabrus ! Salut � toi, Glabrus !
- Honneur � Glabrus. - Et vous aussi.
J'esp�re qu'il sera digne de ces acclamations.
Une bien en chair, Fimbria !
Non, garde la monnaie. Donne-la � ta femme.
- Que les dieux vous adorent ! - Seulement dans tes pri�res.
Offrons un bon vieux sacrifice pour le succ�s de Glabrus.
Je croyais que vous aviez des r�serves � propos des dieux.
En priv�, je ne crois � aucun. Toi non plus, d'ailleurs.
En public, je crois � tous.
Salut, Marcus Clodius Flavius !
Marcus Glabrus est-il arriv� ?
- Il vous attend dans l'atrium. - Excellent.
Qu'avons-nous l� ?
Un cadeau du gouverneur de la Sicile, seigneur.
Antoninus.
Sicilien, �g� de 26 ans.
Chanteur et po�te.
Pour qui as-tu exerc� tes pr�cieux talents ?
Pour les enfants de mon ma�tre...
� qui j'ai aussi appris les classiques.
Les classiques, en effet.
Quelle position avons-nous pour un gar�on aux dons aussi vari�s ?
Tu seras mon serviteur personnel. Forme-le.
Suivez-moi.
Tu montes la garde ?
Mon cher Crassus, f�licite-moi.
Ou mieux encore, f�licitons-nous.
Je nous f�licite.
Demain je commande six cohortes de la garnison...
contre les esclaves sur le V�suve.
Toute la cit� sortira pour nous acclamer.
Grands dieux ensanglant�s !
Je te demande pardon.
J'invoque toujours le ciel dans les moments de triomphe.
Gracchus a-t-il eu � voir avec cette brillante id�e ?
Oui, il l'a m�me propos�e. Plut�t d�cemment aussi.
Et toi ? Crois-tu que je t'ai fait commandant de la garnison...
pour aller te promener sur V�suve ?
C'�tait pour contr�ler les rues de Rome !
Je n'emm�ne que six cohortes. Le reste de la garnison demeure.
- Sous quel commandement ? - Sous C�sar.
Excellent, excellent !
Gracchus dominait d�j� la populace et le s�nat...
et tu t'es senti forc� de lui donner aussi la garnison.
Je vois.
Je refuserai. Je me retirerai de l'exp�dition.
L'un des d�savantages d'�tre patricien...
c'est que tu es forc� d'agir comme tel � l'occasion.
Tu as promis au s�nat d'y aller, tu dois y aller.
Si Gracchus d�cidait d'agir contre toi...
Il ne le fera pas ! Il n'a pas besoin de le faire.
Avec ton concours, il m'a immobilis�.
Tes l�gions bivouaquent encore en dehors des murs de la ville ?
Mes l�gions ?
Crois-tu que j'ordonnerais � mes l�gions d'entrer � Rome ?
Je te signale simplement que tu peux au besoin.
N'es-tu pas au courant de la plus ancienne loi de Rome ?
Aucun g�n�ral ne peut entrer � Rome � la t�te de ses l�gions arm�es ?
- Sulla l'a fait. - Sulla ? Pour l'infamie de son nom !
Et la damnation de sa lign�e !
Non, mon jeune ami.
Un jour, je purgerai cette Rome que mes p�res m'ont l�gu�e.
Je r�tablirai les traditions qui ont fait sa grandeur.
Il s'ensuit donc que je ne peux saisir le pouvoir ni me d�fendre...
par un acte qui trahit la tradition la plus sacr�e de toutes.
Je ne ferai pas entrer mes l�gions � l'int�rieur de ces murs.
Je ne violerai pas Rome...
au moment de la poss�der.
Va.
Pr�pare tes troupes tout de suite.
Quitte Rome ce soir, mais l'hommage de la ville est impossible.
Nous sommes d�j� ridiculis�s. �vitons de faire les clowns.
Sors par des rues d�sertes, sans bruit, sans m�me un tambour !
Sors � pas feutr�s.
Comme tu veux.
Et pour l'amour du ciel, mon jeune ami...
veille � ce que tu n'aies pas � revenir discr�tement.
Adieu.
Allez, mon gros !
Nobles Romains...
vous vous battez comme des animaux !
Vos nouveaux ma�tres parient sur qui mourra le premier.
Jetez vos glaives.
Je veux voir leur sang couler o� Draba est mort !
Quand je combats en paire, nous nous battons � mort.
J'ai fait une promesse, Crixus.
J'ai jur� que si je sortais d'ici...
je mourrais avant de revoir deux hommes se battre � mort.
Draba a aussi fait cette promesse.
Il l'a tenue.
Je la tiendrai aussi.
Allez. Sortez !
Que sommes-nous, Crixus ?
Que devenons-nous ? Des Romains ?
N'avons-nous rien appris ? Que nous arrive-t-il ?
Nous cherchons du vin quand il nous faudrait du pain.
Quand on a du vin, on n'a pas besoin de pain !
Vous ne pouvez pas �tre qu'une bande de pillards ivres.
- Quoi d'autre pouvons-nous �tre ? - Des gladiateurs !
Une arm�e de gladiateurs.
Il n'y a jamais eu d'arm�e pareille.
Un gladiateur vaut mieux que deux soldats romains.
Nous battons les gardes romains, mais l'arm�e romaine est autre chose.
Ils combattent diff�remment de nous aussi.
Nous pouvons vaincre quiconque on nous opposera si nous le voulons.
- Il faut une grande arm�e pour �a. - Nous aurons une grande arm�e.
Une fois en marche...
nous lib�rerons les esclaves de partout.
Peut-on avoir une plus grosse arm�e ?
De l'autre c�t� des Alpes, nous serons en s�curit� !
Personne ne peut franchir les Alpes. Chaque col est d�fendu par une l�gion.
Il n'y a qu'une fa�on de sortir de ce pays.
La mer.
� quoi sert la mer si nous n'avons pas de bateaux ?
Les pirates ciliciens en ont.
Ils sont en guerre avec Rome.
Chaque gal�re romaine qui part de Brindes leur paye un tribut.
Ils ont la plus grosse flotte au monde.
J'ai �t� gal�rien avec eux. Ils vous emm�nent o� vous voulez pour de l'or.
Nous n'avons pas d'or.
Prends chaque Romain que nous capturons et r�chauffe-lui un peu le dos.
- Nous en aurons de l'or. - Spartacus a raison !
Engageons ces pirates et marchons sur Brindes !
Joignez-vous � nous. Venez avec nous.
Suivez-nous !
Vers le V�suve !
Varinia.
Je pensais ne jamais te revoir.
Tout est si diff�rent.
La derni�re fois que je t'ai vu...
tu attendais dans l'ar�ne...
Je croyais que tu �tais � Rome.
Comment t'es-tu �chapp�e ?
J'ai saut� du chariot...
et Batiatus est si gros...
J'ai saut� du chariot...
et Batiatus est si gros...
qu'il n'a pas pu me rattraper.
Il n'a pas pu me rattraper.
Tu te rends compte...
que personne ne pourra plus te vendre ?
Personne ne pourra plus te vendre.
- Ni te donner. - Ni te donner.
Personne ne te forcera plus � rester avec personne.
Je t'aime, Spartacus.
Je t'aime.
J'ai peine � y croire.
Interdis-moi de t'abandonner encore.
Je te l'interdis.
Je te l'interdis.
C'�tait dr�le � l'�poque. J'aurais aim� qu'il l'entende.
Comme vous �tes bon pour moi, si je peux me permettre.
- Tu peux. - Merci.
Ne fais pas que regarder ces oiseaux, mange-les.
Tu n'as pas � te soucier de tes mani�res ici.
Puis-je te rappeler...
que tu as �t� tr�s bon pour moi dans le pass� ?
J'ai �t� bon pour vous ?
Oui. Tu m'as vendu des esclaves � des prix fort raisonnables.
Et tu as organis� des joutes de gladiateurs aux frais ou presque.
Dans l'ensemble, tu as �t� � la fois moral en affaires...
et socialement pr�voyant.
Z�nobie a pris un peu de poids depuis que je l'ai vue.
- Oui, n'est-ce pas ? �a me pla�t. - Moi aussi.
Toi et moi avons tendance � la corpulence.
La corpulence rend l'homme agr�able, raisonnable et philosophe.
As-tu remarqu� que les pires tyrans sont invariablement maigres ?
Malgr� vos vices, vous �tes le plus g�n�reux des Romains de notre �poque.
Vices ?
Les femmes.
Les femmes ! Depuis quand sont-elles un vice ?
Peut-�tre ai-je employ� le mauvais mot. Une excentricit�, une faiblesse.
J'esp�re l'avoir mieux dit...
C'est bien connu que m�me votre valet et votre majordome sont des femmes.
Je suis le plus vertueux de Rome.
Je garde ces femmes par respect pour la moralit� romaine.
Cette moralit�, qui a donn� � Rome la force de voler...
les deux tiers du monde � leurs ma�tres l�gitimes...
est fond�e sur la saintet� du mariage et de la famille.
Il s'av�re que j'aime les femmes.
Je suis port� sur le sexe...
et, contrairement � ces aristocrates, je ne ferai pas un v�u de mariage...
que ma nature m'emp�chera de tenir.
Vous avez un trop grand respect pour la puret� des femmes.
Exactement.
Ce doit �tre tentant d'�tre entour� d'autant de puret�.
Ce l'est.
Joignons l'utile � l'agr�able. Comment puis-je t'aider ?
Grand Gracchus, il m'est difficile de ha�r...
mais il est un homme auquel je ne peux penser sans rager.
- Qui est-ce ? - Crassus.
- Ta haine a de l'ambition. - Me bl�mez-vous ?
Je suis pass� du jour au lendemain...
de l'�tat de millionnaire � celui de r�fugi� sans le sou...
ne poss�dant que ces loques et mon pauvre corps.
Tout cela parce que Crassus a d�cid� de faire escale � Capoue...
avec deux nymphes capricieuses et trop maquill�es !
Ces deux filles de V�nus ont raill� les gladiateurs...
les ont forc�s � se battre � mort et avant que je cligne de l'�il...
j'avais une r�volution sur les bras !
Quelle vengeance mijotes-tu ?
J'ai vendu � Crassus cette femme, Varinia.
- Qui ? - Varinia. Les dieux l'enlaidissent !
Il n'y a pas eu de contrat, mais elle est devenue son esclave...
d�s que le march� a �t� conclu.
Elle cavale maintenant avec Spartacus tuant les gens dans leur lit.
Et Crassus... pas question d'argent, non !
Tu ne m'as jamais offert cette femme. Pourquoi pas ?
Elle n'est pas du tout votre genre, Gracchus.
- Elle est tr�s maigre et... - Regarde autour de toi.
Tu verras des femmes de toute taille.
Cinq cents sesterces en acompte sur Varinia.
Puisqu'il n'a pas pay�, cela me donne pr�s�ance sur Crassus...
le jour o� elle sera captur�e.
Puissent les dieux vous adorer !
Pourquoi ach�teriez-vous une femme que vous n'avez jamais vue ?
Pour ennuyer Crassus, bien s�r, et pour t'aider.
Un tabouret, Antoninus.
Apporte-le ici.
Tr�s bien.
Voles-tu, Antoninus ?
Non, ma�tre.
Est-ce que tu mens ?
Pas si je peux l'�viter.
As-tu d�j� d�shonor� les dieux ?
Non, ma�tre.
T'abstiens-tu de ces vices par respect pour les vertus morales ?
Oui, ma�tre.
Manges-tu des hu�tres ?
Lorsque j'en ai, ma�tre.
Manges-tu des escargots ?
Non, ma�tre.
Crois-tu que c'est moral de manger des hu�tres...
et immoral de manger des escargots ?
Non, ma�tre.
Bien s�r que non.
Tout est affaire de go�t, n'est-ce pas ?
Oui, ma�tre.
Et le go�t n'a rien � voir avec l'app�tit...
et n'est donc pas une question de morale, n'est-ce pas ?
On peut le dire, ma�tre.
Suffit. Ma robe, Antoninus.
Mon go�t englobe...
les escargots et les hu�tres.
Antoninus, regarde.
De l'autre c�t� du fleuve.
Il y a quelque chose que tu dois voir.
L�, mon gar�on, c'est Rome !
La puissance, la majest�...
la terreur de Rome.
L� est la puissance qui domine le monde connu comme un colosse.
Nul ne peut r�sister � Rome.
Aucune nation ne peut lui r�sister.
Encore moins...
un jeune gar�on !
Il n'y a qu'une fa�on de traiter avec Rome, Antoninus.
Il faut la servir.
Il faut courber la t�te devant elle.
Il faut ramper � ses pieds.
Il faut...
l'aimer.
Ai-je raison, Antoninus ?
- Prenez votre temps ! - Comment vont-ils ?
Bien. Donne-m'en mille autres et nous pourrons marcher sur Rome.
Allez, encore une fois.
Ici sur le V�suve, nous sommes � l'abri d'une attaque...
et nous pouvons organiser notre arm�e.
Cela peut prendre six mois. Ou un an. Nous ne le savons pas.
Quand nous serons assez forts, nous nous fraierons un chemin vers la mer.
Nous obtiendrons des bateaux des pirates ciliciens.
Et la mer nous permettra de rentrer chez nous.
Si �a vous va, joignez-vous � nous.
Sinon, retournez avant qu'on d�couvre votre �vasion.
Trop de femmes.
Qu'y a-t-il de mal aux femmes ?
O� serais-tu maintenant, voyou...
si une femme n'avait pas subi toutes les douleurs de l'enfer...
pour t'amener dans ce monde maudit ?
Je peux manier un couteau aussi bien que n'importe qui.
Je peux jeter des sorts et pr�parer des poisons.
J'ai fait des linceuls pour sept ma�tres romains.
- Voyou ! Je veux voir Spartacus. - D'accord, grand-m�re.
Je suis Spartacus. Reste avec nous.
Nous aurons besoin d'un million de linceuls romains avant la fin.
D'o� venez-vous ?
La plupart d'entre nous venons du domaine de Lillius.
- Quel travail y faisiez-vous ? - J'�tais charpentier et ma�on.
Bien. Ton m�tier nous sera utile.
- Et toi, que faisais-tu ? - J'�tais premier intendant.
Tu aideras au ravitaillement. Tu te pr�senteras � Patullus.
Toi, que faisais-tu ?
Chanteur et po�te.
Chanteur et po�te ? Mais quel travail faisais-tu ?
C'�tait mon travail. Je suis jongleur aussi.
Jongleur. Que sais-tu faire d'autre ?
Je peux faire de la magie.
De la magie ?
Peut-�tre sait-il faire dispara�tre les Romains.
J'aurai besoin d'un volontaire, homme ou femme. Toi peut-�tre ?
Voici un bon sujet.
Tu vois qu'il n'y a rien dans ma main, n'est-ce pas ?
- Combien de doigts vois-tu ? - Trois.
- Combien de doigts vois-tu ? - Trois !
Je ferme le poing.
Ma main est renvers�e et je te demande de souffler dessus.
Non, pas assez fort. Plus fort !
Merci.
Aimerais-tu essayer ?
Casse-le sur la pierre, doucement.
Po�te, il y a des jours que je n'ai pas eu d'�uf.
Ah, oui ?
- Tiens. - Merci.
Je ne laisserai pas le mien s'�chapper.
- Dis-nous un po�me. - Chante, Antoninus.
Chante, Antoninus.
Lorsque le soleil br�lant descend sur l'horizon...
Iorsque le vent meurt sur la montagne...
Iorsque la chanson de l'alouette s'�teint...
Iorsque le grillon ne fait plus cricri...
Iorsque l'�cume de la mer est au repos...
que le cr�puscule caresse le sol...
je rentre chez moi.
Dans les ombres bleues et la for�t empourpr�e...
je rentre chez moi.
Je vais vers la maison qui m'a vu na�tre...
vers la m�re qui m'a port� et le p�re qui m'a �lev�...
il y a longtemps, longtemps...
si longtemps.
Je suis maintenant seul et perdu dans un monde �tranger et lointain.
Pourtant lorsque le soleil br�lant descend sur l'horizon...
Iorsque le vent se meurt et que l'�cume est au repos...
que le cr�puscule caresse le sol...
je rentre chez moi.
O� as-tu appris ce po�me ?
Mon p�re me l'a enseign�.
J'avais tort � ton sujet, po�te.
Tu n'apprendras pas � tuer. Tu nous apprendras des chansons.
Je suis venu ici pour me battre.
Il est facile d'apprendre � se battre.
Je suis venu me battre !
- Comment t'appelles-tu ? - Antoninus.
Il y a un temps pour se battre et un temps pour chanter.
Apprends-nous � chanter.
Chante, Antoninus.
Lorsque le soleil br�lant descend sur l'horizon...
Tu l'aimes, n'est-ce pas ?
Qui veut se battre ?
Une b�te peut apprendre � se battre.
Mais pour chanter de belles choses...
et les faire croire aux gens...
� quoi penses-tu ?
Je suis libre.
Et je suis ignorant.
Je ne sais m�me pas lire.
Tu sais des choses qu'on n'apprend bas.
Je ne sais rien.
Rien !
Et je veux savoir.
Je veux...
Je veux savoir.
Savoir quoi ?
Tout.
Pourquoi une �toile tombe du ciel et pas les oiseaux.
O� le soleil se cache la nuit ?
Pourquoi la lune change de forme ?
Je veux savoir d'o� vient le vent.
Le vent se l�ve dans une caverne.
Loin au nord, un jeune dieu dort dans cette caverne.
Il r�ve d'une fille...
et il soupire...
et la brise de la nuit s'agite avec son souffle.
Je veux tout savoir de toi.
Chaque ligne...
chaque courbe.
Je veux tout conna�tre de toi.
Chaque battement de ton c�ur.
Continue � propos de la ville de M�taponte.
Quelles garnisons y trouverons-nous ?
Il y a deux l�gions dans la garnison. Certaines ont �t� envoy�es au sud...
Posez la liti�re l�.
O� est ce g�n�ral des esclaves ?
Dionysius, conduis les porteurs au sec.
Donne-leur du pain et leur libert�.
- D'accord, suivez-moi. - Nous vous les paierons.
Nous n'avons pas d'esclaves dans ce camp.
Tigranes Levantus � votre service.
Mes papiers.
Entrez.
"Au g�n�ral des esclaves italiens appel� Spartacus...
d'Ibar M'hali, gouverneur cilicien de l'�le de Delos."
- Asseyez-vous. - "Salut.
Nous avons appris que vous voulez embarquer vos arm�es...
sur des navires ciliciens au port italien de Brindes.
- Accueillez mon agent, Tigranes..." - Levantus.
"Qui marchande en mon nom.
Qu'Isis et S�rapis fassent triompher votre cause. Le gouverneur de Delos."
- Qui sont Isis et S�rapis ? - Des dieux du Levant.
Pourquoi veulent-ils notre victoire ?
Parce qu'ils favorisent la Cilicie...
et la Cilicie, comme vous, lutte contre les Romains.
Prendriez-vous du vin ?
Je ne bois qu'une fois que les affaires sont r�gl�es...
jamais avant.
Combien de navires ont ces Ciliciens ?
Cinq cent au moins.
Mais aucune affaire n'est trop petite, je vous assure.
Nous les prendrons tous.
- Tous ? - Quel est le prix ?
Le prix est de 100 000 sesterces par navire.
Pour 500 navires, �a ferait...
50 millions de sesterces.
- Vous avez une telle somme ? - Nous l'aurons.
Voyez vous-m�me.
- Magnifique. - Quand les navires seront-ils pr�ts ?
Magnifique. J'aime voir une telle beaut�.
Quand les navires seront-ils pr�ts ?
Mon ami...
quand serez-vous pr�ts ?
Combien de temps vous faudra-t-il...
pour traverser le tiers de l'Italie...
en livrant bataille dans chaque ville ?
Un an ? Deux ans ?
Si nous ne sommes pas � Brindes dans sept mois au plus tard...
nous n'y serons jamais.
Et si nous r�unissons les navires...
et qu'il n'y a plus d'arm�e d'esclaves pour y monter ?
Nous vous donnons ce coffre maintenant et le reste � notre arriv�e � Brindes.
- Celui-ci ? - Oui.
Entendu ! Dans sept mois, les navires seront r�unis.
Fais charger le coffre.
Avec votre permission, je prendrai le vin que vous m'avez offert.
- Vous vous joindrez � moi ? - Avec plaisir.
Excellent travail.
�a vient du domaine d'un riche noble.
On me dit que vous �tes vous-m�me de noble extraction.
Je suis fils et petit-fils d'esclaves.
Je l'ai compris quand j'ai vu que vous ne saviez pas lire.
Il pla�t � la vanit� des Romains de croire que vous �tes noble.
L'id�e de combattre de simples esclaves leur r�pugne...
surtout � un homme comme Crassus.
- Vous le connaissez ? - Je l'ai diverti un apr�s-midi.
- Vous ? - Dans l'ar�ne.
Excellent vin.
- Puis-je vous poser une question ? - Vous pouvez.
Vous savez s�rement que vous serez vaincus, n'est-ce pas ?
Vous n'avez aucune chance.
En ce moment m�me, six cohortes de la garnison de Rome...
approchent de votre camp.
Qu'allez-vous faire ?
Nous en d�ciderons quand elles arriveront.
Je vous le pr�senterai autrement.
Si vous regardiez dans une boule de cristal...
et voyiez votre arm�e en d�route et vous mort...
si vous pouviez voir l'avenir...
comme vous le voyez maintenant, j'en suis s�r...
continueriez-vous � vous battre ?
- Oui. - Sachant que vous perdrez ?
Nous perdrons quoi ?
Tous les hommes perdent en mourant et nous mourrons tous.
Mais un esclave et un homme libre ne perdent pas la m�me chose.
Ils perdent tous deux la vie.
Quand l'homme libre meurt, il perd les plaisirs de la vie.
L'esclave perd sa mis�re.
La mort est la seule libert� que connaisse l'esclave.
C'est pourquoi il ne la craint pas.
C'est pourquoi nous vaincrons.
Spartacus, ce pirate avait raison.
La garnison de Rome installe son campement.
- Combien sont-ils ? - Environ six cohortes.
- O� ? - � l'entr�e de la vall�e...
au pied des falaises.
- Un camp fort ? - Ils n'ont pas de palissade.
Pas de palissade ? Tu en es s�r ?
- J'en suis s�r. - Cette campagne est un jeu pour eux.
Les Romains sont s�rs de la victoire.
- Vous ont-ils vus ? - Non ! Nous �tions cach�s.
Peut-�tre devrions-nous interrompre leur partie de campagne.
Rassemblez vos hommes.
Six cohortes.
Beaucoup d'armes...
avec lesquelles b�tir notre arm�e.
Crixus a toujours voulu marcher sur Rome.
Maintenant il n'a pas � le faire.
Rome vient � nous.
La moiti� par ici ! Le reste par l�.
Debout, comme il sied � un noble Romain !
C'est l'orgueil romain pour toi !
C'est mieux.
Quel est ton nom ?
Marcus Glabrus.
Commandant de la garnison de Rome !
Commandant ?
Il la commandait sur le ventre quand on l'a trouv�, faisant le mort !
Tu me d�sappointes, Marcus Glabrus.
Faire le mort.
As-tu peur de mourir ?
C'est facile de mourir.
N'as-tu pas vu assez de gladiateurs dans l'ar�ne pour savoir...
comme c'est facile de mourir ?
Bien s�r que si.
Qu'allez-vous faire de moi ?
Je ne sais pas.
- Que devrions-nous faire de lui ? - Faisons la paire, lui et moi.
Je ne me battrai pas en gladiateur !
Tu ne cesses pas de le regarder.
Reconnais-tu ce b�ton ?
- Oui ! - Tu devrais ! Il �tait dans ta tente.
Le symbole du s�nat.
Tout le pouvoir de Rome !
Voil� le pouvoir de Rome !
Rapporte-le � ton s�nat.
Dis-lui que toi et ce b�ton sont ce qui reste de la garnison de Rome !
Dis-leur que nous ne voulons rien de Rome.
Rien d'autre que notre libert� !
Tout ce que nous voulons, c'est quitter ce pays de malheur !
Nous marchons vers le sud en direction de la mer.
Et nous �craserons toute arm�e qu'on enverra contre nous.
Mettez-le � cheval !
ENTR'ACTE
Leur chef a dit que leur haine de Rome est telle...
qu'ils ne veulent rien d'autre qu'�chapper � son joug.
Si on ne leur r�siste pas, il promet de marcher en paix jusqu'� la mer.
Sinon, il menace de d�vaster la campagne...
et de d�truire les l�gions que nous enverrons contre lui.
Et lorsqu'ils arriveront � la mer ?
Ils s'embarqueront sur les navires ciliciens et rentreront chez eux.
Dans quel port comptent-ils s'embarquer ?
Je ne sais pas.
Mais les garnisons locales ne peuvent leur tenir t�te.
Si on veut les intercepter, il faut envoyer les l�gions !
Quelle sorte d'homme est ce chef des esclaves ?
Je ne sais pas.
Je pense qu'ils l'appelaient Spartacus.
Ce nom vous est-il familier ?
Oui, il me semble l'�tre.
Je ne peux le placer.
Apr�s qu'il vous eut parl�, que s'est-il pass� ?
J'ai �t� attach� � un cheval et chass� du camp.
Combien de vos hommes ont r�ussi � s'�chapper ?
Quatorze se sont rapport�s jusqu'ici.
J'ai �t� fait prisonnier dans ma tente de commandement.
Le camp a �t� compl�tement infiltr� avant qu'on puisse sonner l'alerte.
Avez-vous entour� votre camp d'un foss� et d'une palissade ?
Non.
Nous sommes arriv�s dans la nuit et avons post� des sentinelles aux 10 pas.
Il n'y avait pas de raison de craindre une attaque de nuit.
Et puis, ils...
Continuez.
Ce ne sont que des esclaves.
Je vois.
Selon moi, Publius Marcus Glabrus a d�shonor� les armes de Rome.
Il appartient au s�nat de prononcer le ch�timent.
S'il fallait punir tous les commandants qui se ridiculisent...
il ne resterait personne de plus haut rang que centurion.
Mais c'est un cas de n�gligence criminelle !
Six cohortes ont �t� massacr�es.
Crassus a parrain� ce jeune homme.
Qu'il prononce la sentence.
Le ch�timent est bien connu !
Que Publius Marcus Glabrus soit priv�...
de feu, d'eau, de nourriture et de logement...
dans un rayon de 640 kilom�tres autour de la cit� de Rome.
Autre chose.
Glabrus est mon ami et j'entends partager sa disgr�ce.
J'abandonne le commandement de mes l�gions...
et je me retire de la vie publique.
Au revoir, Crassus.
Un homme d'honneur ne se retire pas � tel moment des affaires publiques !
- Honte ! Honte ! - Asseyez-vous.
Ce genre de comportement public h�ro�que n'est pas nouveau !
Je l'ai d�j� vu... et vous aussi... et je sais ce qu'il veut dire !
- Crassus a agi en homme d'honneur ! - D'honneur patricien !
Quelque noble qu'il y paraisse de l'ext�rieur...
je n'en aime pas la couleur.
Crassus est le seul homme � Rome...
qui n'ait pas c�d� ni ne c�dera jamais � la corruption r�publicaine !
Je prendrai un peu de corruption avec la libert� r�publicaine...
mais je ne prendrai pas...
la dictature de Crassus et aucune libert� du tout !
C'est pourquoi il est sorti...
et c'est pourquoi il reviendra.
� la m�re qui m'a enfant�e...
au p�re qui m'a tant appris...
et au dieu...
� travers les for�ts bleues et les ombres empourpr�es...
� travers les ombres bleues et les for�ts empourpr�es.
- Spartacus, tu m'as fait peur ! - Je suis d�sol�.
- Depuis quand es-tu l� ? - Un petit moment.
Pourquoi n'as-tu rien dit ?
Tu semblais si heureuse. Je ne voulais pas te d�ranger.
Je suis heureuse.
Spartacus, j'essayais de me rappeler les mots qu'Antoninus a r�cit�s.
C'�taient les ombres bleues et les for�ts empourpr�es ?
Ou les for�ts empourpr�es et les ombres bleues ?
Je veux faire l'amour � ma femme !
Spartacus, pose-moi. Je...
�a m'est �gal.
- Tu dois, tu as... - Oui ?
- Tu dois �tre gentil avec moi. - Pourquoi ?
Pourquoi, ch�rie ?
J'attends un enfant. Pose-moi par terre.
Quoi ?
Un enfant.
Un enfant ? Quand ?
Au printemps.
- Comment ? Comment le sais-tu ? - Je le sais.
Un enfant au printemps.
- J'aurai un fils. - Peut-�tre une fille.
- Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ? - Je viens de te le dire.
Tu as froid. Tiens, couvre-toi.
- T'ai-je fait mal ? - Non, tu ne m'as pas fait mal.
- Je ne voulais pas �tre si rude. - Pourquoi tu ne m'embrasses pas ?
C'est la premi�re fois que j'aurai un enfant.
Un enfant.
Je suis la m�me qu'avant, Spartacus.
Je ne briserai pas.
Ces esclaves nous ont d�j� co�t� mille millions de sesterces.
S'ils veulent nous d�barrasser de leur pr�sence encombrante...
par tous les dieux, laissez-les aller !
Impossible ! Leur soul�vement a d�j� infect� la moiti� de l'Italie.
Si nous leur permettons de s'�chapper...
cet esprit de r�volte se propagera � tout l'empire.
La R�publique...
ne s'est pas encore relev�e de 20 ans de guerre civile.
Nous sommes engag�s dans deux guerres :
Une en Espagne et l'autre en Orient.
Nos approvisionnements de bl� d'�gypte sont coup�s par des pirates...
et Spartacus d�valise le commerce du sud de l'Italie.
La moiti� des quartiers de Rome est priv�e de pain !
La ville est au bord de la panique.
Il y a deux choses que nous devons faire imm�diatement !
Confier � C�sar le commandement permanent de la garnison...
et envoyer deux l�gions...
pour intercepter et d�truire Spartacus devant la ville de M�taponte !
M�TAPONTE
Si seulement nous avions Batiatus dans l'autre pot !
- Tu parles ! - Varinia, d�licieux repas.
Un petit lopin de terre avec quelques ch�vres.
Le meilleur vin du monde.
Il faut aller en Aquitaine pour le vin. Les raisins les plus doux sur terre.
Venez en Lydie pour le vin. C'est le meilleur.
Le meilleur vin vient de la Gr�ce. M�me les Romains le reconnaissent !
Non, en Lydie !
Vous avez tous tort !
Le meilleur vin est celui qui vient de sa patrie.
Je suis d'accord avec toi.
Salut � vous.
- Y a-t-il des nouvelles de M�taponte ? - Les h�rauts annoncent la nouvelle.
Nous avons perdu 19000 hommes, dont Commodius et ses officiers.
Dix-neuf mille ?
Avez-vous des propri�t�s � M�taponte ?
Non. Un fils avec Commodius.
Avec votre permission, je me retire.
Nous mettons cinq ans � entra�ner une l�gion.
Comment ce Spartacus peut-il entra�ner une arm�e en sept mois ?
Il y a un probl�me, un gros probl�me.
- Nous devrions faire enqu�te. - Certainement, une enqu�te.
- O� est Spartacus maintenant ? - Il approche du port de Brindes.
Je dois parler un moment au commandant.
Vous voulez nous excuser ?
On me dit que tu as �lu domicile dans un quartier modeste.
Et dans une maison modeste aussi.
Et tu as donn� un festin � 11000 pl�b�iens au champ de Mars.
C'�tait loin d'�tre un festin.
Depuis 200 ans, ta famille et la mienne sont membres...
de l'Ordre �questre et de la classe patricienne.
Ma�tres et serviteurs de Rome.
Pourquoi nous as-tu abandonn�s pour Gracchus et la populace ?
Je n'ai abandonn� personne et encore moins Rome.
Mais j'ai appris ceci de Gracchus : Rome, c'est la pl�be.
Non !
Rome est une pens�e �ternelle dans l'esprit de Dieu.
Je n'avais pas id�e que tu �tais devenu religieux.
C'est sans importance.
S'il n'y avait pas de dieux du tout, je les v�n�rerais.
S'il n'y avait pas de Rome, j'en r�verais...
comme je veux que tu fasses.
Je veux que tu reviennes au monde de ton rang.
Je t'en supplie.
Est-ce moi que tu veux ou est-ce la garnison ?
Les deux. Dis-moi franchement.
Si tu �tais � ma place, irais-tu en campagne contre Spartacus ?
- Bien s�r. - Pourquoi ?
Nous n'avons pas le choix si nous voulons sauver Rome.
C�sar !
Quelle Rome ?
La leur...
ou la n�tre ?
Tu sais que Gracchus est mon ami.
Je ne le trahirai pas.
C�sar.
Lequel est le pire : Trahir un ami ou trahir Rome ?
Mon cher Crassus, je ne fais pas face � un tel choix.
Tu devras, plus t�t que tu ne crois.
Bon apr�s-midi, Crassus. Je t'ai cherch� partout.
Ton nouveau ma�tre.
Le s�nat a si�g� toute la journ�e sur cette affaire de Spartacus.
Huit l�gions vont marcher contre lui et il n'y a personne pour les mener.
D�s qu'on en offre le commandement aux g�n�raux...
ils se mettent � respirer fort comme des mulets � bout de souffle.
J'ai d�j� vu de telles �pid�mies, pas toi ?
- Comment va ta sant� ? - Excellente, comme vous savez.
Je suppose que le s�nat m'offre le commandement des l�gions.
- Tu t'y attendais. - Oui.
Mais avez-vous pens� � ce que mes services pourraient co�ter ?
Nous achetons tout le reste ces jours-ci.
Il n'y a pas de raison qu'on ne charge pas le patriotisme. Quel est ton prix ?
Mon �lection comme premier consul, commandant des l�gions d'Italie...
et l'abolition de l'autorit� du s�nat sur les cours de justice.
La dictature.
L'ordre.
- Dis-moi si on accepte mes conditions. - Je peux te le dire maintenant.
- Elles ne le seront pas. - Oui, je sais.
Maintenant peut-�tre, mais les temps changent et le s�nat aussi.
Quand ce jour viendra, je serai pr�t.
- Transmets mes respects � ta femme. - Avec plaisir.
Il a raison, vous savez.
Si rien n'est fait contre Spartacus, le s�nat changera.
Et Crassus interviendra pour sauver Rome des esclaves...
en instituant la dictature.
Mais cela, comme le reste, d�pend de ce que fera Spartacus.
Pour l'instant, il tente de sortir de l'Italie.
S'il r�ussit, la crise est r�gl�e...
et Crassus peut rester � la retraite ind�finiment.
J'ai arrang� le d�part de Spartacus de l'Italie.
Vous avez fait quoi ?
J'ai fait un petit march� avec les pirates ciliciens.
Je les ai assur�s que nous n'interviendrons pas...
s'ils transportent Spartacus et ses esclaves hors de l'Italie.
Nous traitons avec les pirates. Nous composons avec des criminels !
Ne fais pas l'ent�t�. La politique est l'art du pratique.
Si un criminel a ce que tu veux, tu fais affaire avec lui.
� quelle distance est Brindes ?
Environ 30 kilom�tres.
L'arm�e devra camper ici ce soir. Elle est six heures derri�re nous.
Patullus, va � Brindes. Ram�ne Tigranes ici.
Marco, rejoins Spartacus.
Dis-lui que nous campons au bord de la mer ce soir !
Si tout va bien, j'estime qu'on peut charger 150 navires par jour.
C'est ton travail, Dionysius. Travaille avec les pirates ciliciens.
- �a devrait le tenir occup�. - Je n'aurai pas � trouver o� dormir.
Crixus, donne-moi des nouvelles de Pomp�e.
Il n'y aura pas de surprises.
Je veux quand m�me qu'on patrouille l'arri�re-pays jusqu'� l'embarquement.
Je vais les rassembler maintenant.
Spartacus, le quartier du port � Brindes a des entrep�ts de vivres...
mais pas assez pour approvisionner toute la flotte.
La campagne est pleine de bestiaux.
Et nous avons assez de sel pour conserver la viande.
Je m'en occupe.
Vois combien d'hommes au camp ont �t� gal�riens ou marins.
Tigranes Levantus.
- Mon cher g�n�ral. - Bienvenue, Tigranes !
Non, non. Ne cherchez pas de porteurs � �manciper.
Je suis venu � cheval.
Vos dieux Isis et S�rapis ont �t� bons pour nous.
Le reste des 50 millions de sesterces que nous vous devons.
G�n�ral...
Je suis porteur de mauvaises nouvelles.
Qu'y a-t-il ?
Pomp�e et son arm�e sont d�barqu�s en Italie.
Au port de Regium il y a trois jours.
Nous avons des rapports complets sur leurs mouvements.
Mais savez-vous aussi...
qu'une flotte romaine transportant Lucullus et son arm�e...
arrive demain � Brindes ?
- Lucullus ici ? - Vous n'aurez pas de navires.
Je les ai vus hier dans le port.
La flotte cilicienne a d� effectuer un repli strat�gique...
et s'est retir�e.
- Retir�e ? - Il n'y a plus aucun navire ?
Les pirates ciliciens peuvent d�truire n'importe quelle flotte romaine.
S'ils s'enfuient maintenant, ce n'est pas qu'ils ont peur !
Vous feriez bien de me donner une meilleure raison.
Je suis aussi d�sol� que vous, g�n�ral.
Debout. Debout !
Sur la pointe des pieds.
- Vous allez me percer la peau. - Pourquoi les Ciliciens ont-ils fui ?
Ils ont �t� pay�s.
Qui les a pay�s ?
Qui ?
Crassus.
Crassus ne nous combattra pas.
Les rapports disent qu'il refuse le commandement d'une arm�e.
Pourquoi paierait-il vos pirates pour nous emp�cher de nous �chapper ?
Je ne sais pas. Comment puis-je r�pondre s'il n'y a pas de r�ponse ?
J'ai �t� trahi, comme vous !
Il y a une r�ponse.
Il doit y avoir une r�ponse � tout.
Nous sommes � huit kilom�tres de Brindes.
Voici Regium.
La marche de Pomp�e doit l'avoir men� � peu pr�s ici.
Il est � quatre jours d'ici, peut-�tre davantage.
Lucullus d�barque � Brindes demain.
Si nous engageons Lucullus...
Pomp�e aura assez de temps pour attaquer nos arri�res.
Si nous bifurquons vers l'ouest pour affronter Pomp�e...
Lucullus attaquera nos arri�res.
La seule autre arm�e en Italie est ici !
Rome.
Oui, bien s�r !
Crassus nous invite � marcher sur Rome...
pour pouvoir nous affronter sur le terrain.
Tu crois que Crassus veut que nous marchions sur Rome ?
Il nous y force. Il sait que je ne me laisserai pas coincer...
entre deux arm�es en faisant dos � la mer.
Il sait que mon seul choix est de marcher sur Rome.
Quelque part en route, nous nous affronterons.
S'il nous vainc, il devient le sauveur de Rome...
et c'est sa victoire finale sur le s�nat.
G�n�ral, permettez-moi de me racheter � vos yeux.
Pour une petite somme...
je peux m'arranger pour que vous, votre famille et vos lieutenants...
puissiez quitter l'Italie en secret et aller dans un pays oriental...
o� les hommes de votre substance sont bienvenus et appr�ci�s.
Vous pourrez y vivre en rois le reste de vos jours.
Qu'en pensez-vous, g�n�ral ?
Allez-vous-en.
Quoi ?
Dis aux trompettes de sonner le rassemblement.
Une arm�e romaine d�barque ce soir dans le port de Brindes.
Une autre arm�e marche sur nous venant de l'ouest.
� elles deux, elles esp�rent nous coincer ici...
le dos � la mer.
Les pirates ciliciens nous ont trahis. Nous n'avons pas de navires.
"Par ordre du s�nat...
qu'il soit connu que nous avons �lu aujourd'hui...
Marcus Licinius Crassus...
premier consul de la R�publique...
et commandant en chef des arm�es de Rome."
Vive Crassus !
Rome ne nous permettra pas de nous �chapper de l'Italie.
Nous n'avons pas d'autre choix que de marcher sur Rome...
et de terminer cette guerre de la seule fa�on possible :
En lib�rant tous les esclaves d'Italie.
Je vous promets...
une nouvelle Rome...
une nouvelle Italie et un nouvel empire.
Je promets d'an�antir l'arm�e des esclaves...
et de r�tablir l'ordre...
dans tous nos territoires.
Je pr�f�re �tre ici, homme libre entre fr�res...
affrontant une longue marche et un dur combat...
qu'�tre le plus riche citoyen de Rome...
gav� de nourriture par le travail des autres...
et entour� d'esclaves.
Je promets de ramener Spartacus vivant...
pour subir le ch�timent que vous jugerez opportun.
Lui ou sa t�te.
Je le jure sur la t�te de tous mes anc�tres.
Je l'ai jur�...
dans le temple qui abrite leurs ossements.
Vive Crassus !
Nous avons fait un long chemin ensemble.
Nous avons livr� nombre de batailles et remport� de grandes victoires.
Maintenant, au lieu de nous embarquer vers nos foyers au-del� de la mer...
nous devons combattre encore.
Peut-�tre n'y a-t-il pas de paix dans ce monde...
ni pour nous ni pour les autres. Je ne sais pas.
Mais je sais...
qu'aussi longtemps que nous vivrons...
nous devons �tre fid�les � nous-m�mes.
Je sais que nous sommes fr�res et je sais que nous sommes libres.
Nous partons ce soir !
Vive Crassus !
Salut � toi, Crassus.
Caius. � vous.
Avez-vous pris vos dispositions ?
Chaque manipule conna�t sa position et ce qu'on attend de lui, g�n�ral.
Chaque commandant de l�gion a re�u ses ordres de bataille.
Excellent. Toutes les positions seront d�sormais chang�es.
Chang�es ?
Spartacus est sans doute renseign� sur nos plans, je crains.
De nouveaux ordres de bataille seront �mis sous peu.
Spartacus a toute raison de croire qu'il a distanc�...
les arm�es de Pomp�e et de Lucullus.
Toutefois, il y a des cols dans les monts Apennins...
qui ne figurent sur aucune carte.
�a peut fortifier votre courage de savoir...
que Pomp�e bivouaque � quelque 30 kilom�tres � l'ouest de nous...
et que l'arm�e de Lucullus approche du sud...
par marche forc�e de nuit.
Permettez-nous de vous souhaiter votre plus glorieuse victoire.
Ce n'est pas la gloire que je cherche !
Je cherche Spartacus.
Et j'ai la ferme intention de l'avoir.
Le but de cette campagne n'est pas que de tuer Spartacus.
Nous devons tuer la l�gende de Spartacus.
Repos, messieurs.
Vive Crassus.
Lentulus Batiatus attend Votre Excellence.
- Qui ? - Le laniste, monsieur.
Faites-le entrer.
Votre Altesse, d�s que j'ai re�u votre message...
je me suis empress� de courir aupr�s de vous.
Je suis heureux que tu aies pu disposer de temps. Assieds-toi.
Quelle bont� !
Je comprends... On me dit...
que Spartacus a �t� entra�n� sous tes auspices.
Oui ! En fait...
si ce n'est pas trop subversif de le dire...
j'en ai fait ce qu'il est aujourd'hui.
Il y a lieu de t'en f�liciter.
Et, de ce fait, tu es bien qualifi� pour me donner...
ce que j'ai �t� incapable d'obtenir jusqu'ici :
Une description physique de Spartacus.
Oui.
Mais vous l'avez vu.
- Quoi ? - Dans l'ar�ne.
Quand ?
Quand vous avez visit� mon �cole avec ces deux charmantes dames.
Quoi ?
Je compte qu'elles sont toutes deux en bonne sant�.
Elles l'ont choisi pour affronter Draba, le Noir.
- Je me souviens du Noir. - Pour cause, si je me...
Si je puis dire, Votre Excellence.
Un brillant coup de dague. D'un angle difficile.
- Spartacus �tait son adversaire ? - Oui.
De quoi avait-il l'air ?
Est-ce une question de quelque importance pour Votre Altesse ?
Oui, pour quiconque aime Rome et veut qu'elle soit forte.
Nous sommes tous deux patriotes.
Vous, un grand. Moi, �videmment, plus petit.
Mais nous croyons tous deux � la justice romaine.
Si vous voulez quelque chose de moi...
je manquerais de respect pour ma propre conscience...
si je n'exigeais en retour quelque chose de vous.
Quel est ton prix ?
Si... non...
quand... vous remporterez la victoire demain...
les survivants seront sans doute mis aux ench�res...
pour payer les d�penses de cette exp�dition h�ro�que.
Se pourrait-il que l'agent de cette vente soit...
celui qui partage cet infime moment d'histoire avec Votre Excellence ?
Je t'autoriserai � �tre l'agent de la vente de tous les survivants.
En retour, tu resteras avec nous jusqu'apr�s la bataille...
et tu m'aideras � identifier Spartacus.
Apr�s la bataille ?
Vous me comprenez mal. Je suis un civil.
Je suis m�me plus civil que la plupart des civils.
Si tu veux le demeurer...
je te conseille fortement de rester ici � titre d'invit�.
Garde !
Mon cher grand conqu�rant Marcus Licinius Crassus...
si c'�tait Spartacus qui traversait le champ de bataille...
en vous cherchant ?
Dans ce cas, je n'ai aucun doute...
que tu l'aiderais.
Cet homme reste avec nous jusqu'apr�s la bataille.
Installez-le confortablement. Ne le laissez pas seul.
Maman ? Maman ?
Quand rentrons-nous chez nous ?
Dors, ma petite.
Pas de douleurs encore ?
Il est m�chant, cependant. Il me frappe de son poing.
Il veut voir sa m�re. Peux-tu l'en bl�mer ?
Peux-tu le sentir ?
Non, je ne le sens pas.
J'esp�re qu'il attendra qu'on arrive � Rome.
Rome !
Ils ne nous ont pas encore vaincus.
Non.
Peu importe le nombre de fois que nous les battons...
ils ont toujours une autre arm�e � envoyer contre nous.
Et une autre.
Varinia, nous semblons avoir commenc� quelque chose...
qui n'a pas de fin !
Si �a finissait demain, ne serait-ce pas une r�compense ?
Varinia, ne me rends pas faible.
Tu es assez fort pour �tre faible.
Je t'aime plus que ma vie.
Des fois, m�me quand tu es l� dormant � mes c�t�s...
je me sens si seul.
J'imagine un dieu pour les esclaves...
et je prie.
Pour quoi pries-tu ?
Je prie pour un fils qui na�tra libre.
Je prie pour la m�me chose.
Prends soin de mon fils, Varinia.
S'il ne me conna�t jamais...
dis-lui qui j'�tais et ce dont je r�vais.
Dis-lui la v�rit�. Il y en aura plein d'autres pour lui mentir.
Je ne peux vivre sans toi, Spartacus !
Pour toi et moi, il ne peut y avoir d'adieux.
Tant que l'un de nous vivra...
nous vivrons tous les deux.
Je l'ai senti ! L'as-tu senti ?
- Oui, je l'ai senti. - C'�tait si fort. �a t'a fait mal ?
C'�tait si fort.
Lucullus et Pomp�e.
Avons-nous le compte des prisonniers ?
Nous n'avons pas fait le compte final, g�n�ral.
J'apporte un message de votre ma�tre...
Marcus Licinius Crassus...
commandant de l'Italie.
Par ordre de Sa Tr�s Cl�mente Excellence...
vos vies seront �pargn�es.
Esclaves vous �tiez...
et esclaves vous demeurerez.
Mais le terrible ch�timent de la crucifixion...
n'est suspendu...
qu'� la condition d'identifier le corps...
mort ou vif de l'esclave appel� Spartacus.
- Je suis Spartacus ! - Je suis Spartacus !
Pardonnez-moi d'�tre l'un des derniers � vous f�liciter, Votre Grandeur.
Une terrible rumeur circule dans le camp...
voulant que les prisonniers soient crucifi�s.
C'est vrai.
Peut-�tre est-ce le moment de rappeler � Votre Altesse...
que vous m'avez promis de me faire agent de leur vente aux ench�res.
Hier soir, tu m'as promis Spartacus ! O� est-il ?
En retour, je t'ai promis la vente des survivants...
mais il n'y en aura aucun !
- C'est Varinia. - Oui, je me rappelle.
Tu es la femme de Spartacus ?
Je suis sa femme.
Et c'est son enfant ?
Oui.
O� est Spartacus ?
Mort.
L'as-tu vu se faire tuer ?
Oui.
Tu mens. O� est-il ?
Voici au moins quelqu'un valant la peine d'�tre vendu, Votre Excellence.
Je prendrai m�me l'enfant par-dessus le march�.
- Combien de femmes ont �t� captur�es ? - Moins de quarante, g�n�ral.
Celles qui n'ont pas �t� tu�es ont fui dans la montagne avec leurs enfants.
Tu peux vendre les autres, mais pas celle-ci.
Mais vous n'avez pas vu les autres, Votre Grandeur.
Elle sont d'une �pouvantable laideur ! Un g�nie ne saurait les vendre !
Chassez ce vaurien � coups de fouet.
Cette femme et cet enfant doivent �tre conduits chez moi � Rome.
- Halte ! - Halte !
Antoninus ?
Tribun !
Les esclaves seront crucifi�s des deux c�t�s de la voie.
Je veux que cette route soit bord�e de croix d'ici aux portes de Rome.
Gardez cet homme pour la fin.
Et cet homme aussi.
- En avant. - En avant !
J'ai plus de rayures au dos qu'un z�bre !
Quand je touche mes blessures...
elles chantent comme des alouettes.
Malgr� cela, je crois avoir trouv� quelque chose...
- que ma fortune ne m'offrait pas. - Qu'est-ce ?
Ne riez pas de moi, mais je crois que c'est la dignit�.
� Rome, la dignit� abr�ge la vie...
plus s�rement que la maladie.
Les dieux doivent t'�pargner pour quelque grande entreprise.
Vous croyez ?
Quiconque croit que je deviendrai informateur pour rien est idiot.
J'ai support� le fouet sans un g�missement.
Ce semble en effet �tre une grave attaque de dignit�.
J'esp�re qu'elle ne te d�tournera pas...
de l'id�e d'exercer ta revanche contre Crassus.
Non, au contraire. Elle ne fait que la renforcer.
Je suis ravi de l'apprendre.
Cette femme Varinia est chez lui. Tout Rome le sait.
Les mauvaises langues disent m�me...
qu'il est amoureux pour la premi�re fois de sa vie.
J'ai observ� une lueur �trange dans ses yeux lorsqu'il l'a vue.
Il faudrait une grande femme...
pour amener Crassus � cesser d'�tre amoureux de lui-m�me.
Je serai franc avec vous, Gracchus.
Elle n'est pas aussi laide que je vous ai fait croire.
Dignit� et franchise en un jour ! Je te reconnais � peine.
- Mais elle est impossible. - Belle ?
Belle ? Eh bien, belle.
Plus on lui met de cha�nes, moins elle a l'air esclave.
- Fi�re ? - Fi�re, fi�re.
On sent qu'elle se donne � l'homme qu'elle aime...
ce qui est irritant.
J'aime Crassus. Sauvons-le de son agonie.
Ravissons cette femme.
La ravir ? Pourquoi ?
Je ne puis plus faire de mal � Crassus au s�nat...
mais je peux le blesser o� il en souffrira le plus : Dans son orgueil.
Attaquons notre ennemi de l'int�rieur.
L'id�e est excellente...
mais j'esp�re que vous ne sugg�rez pas que je la ravisse !
Oui.
Ach�te des chevaux et un chariot couvert.
Emm�ne-la ici avant la nuit.
Ajoute le courage � tes nouvelles vertus.
Est-ce qu'un demi-million de sesterces te rendrait brave ?
Un demi-million ?
Crassus semble avoir l'esprit diminu�, mais...
R�duisons-le davantage. Un million net !
Un million.
Pour une telle somme, je pourrais corrompre Jupiter lui-m�me !
Pour une moindre somme, je l'ai fait.
Pardonnez l'intrusion.
Vous savez que je n'ai pas l'habitude d'entrer chez vous sans y �tre invit�.
Tu as toujours �t� bienvenu ici...
Comme �l�ve.
- Tu n'es pas seul. - Non.
Cette fois, tu es venu en ma�tre.
Tu t'es ralli� � Crassus ?
- Suis-je en �tat d'arrestation ? - Non.
Mais je dois vous demander de m'accompagner au s�nat.
Ce que je fais, je ne le fais pas pour moi...
mais pour Rome.
Pauvre Rome sans d�fense !
Allons entendre parler de Rome par Crassus !
Est-ce que vous pensiez vraiment que 500 ans de Rome...
pouvaient �tre livr�s si ais�ment aux griffes de la populace ?
D�j� les corps crucifi�s de 6000 esclaves...
bordent la voie Appienne.
Les derniers de leurs compagnons se battront � mort demain...
dans le temple de mes p�res en sacrifice pour eux.
Comme sont morts ces esclaves, ainsi mourra votre racaille...
si elle manque un instant de loyaut� envers le nouvel ordre �tabli.
Les ennemis de l'�tat sont connus.
Des arrestations sont en cours. Les prisons commencent � se remplir.
Dans chaque ville et province sont dress�es des listes de tra�tres.
Demain ils apprendront le prix de leur terrible folie...
leur trahison.
O� figure mon nom...
sur la liste des ennemis de l'�tat ?
En t�te.
Pourtant, contre vous, je n'ai aucun d�sir de vengeance.
Votre propri�t� ne sera pas touch�e.
Vous conserverez le rang et le titre de s�nateur romain.
Une maison...
une maison de ferme dans le Picenum vous est r�serv�e pour votre exil.
Vous pouvez emmener vos femmes avec vous.
Pourquoi suis-je laiss� si ostensiblement en vie ?
Vos disciples sont assez na�fs pour vous faire confiance.
Je compte que vous leur parlerez demain pour leur propre bien...
leur avenir paisible et prosp�re.
De temps � autre par la suite, je pourrais trouver utile...
de vous ramener � Rome pour continuer votre devoir envers elle...
calmer les envieux...
et les esprits troubl�s.
Vous les persuaderez d'accepter le destin et l'ordre...
en honorant les dieux !
Vous pouvez partir.
Halte !
Pourquoi te caches-tu sous cette �tole ?
C'est mieux.
Cette robe a requis des semaines de la vie d'une femme.
Tu devrais respecter le travail des esclaves et la porter fi�rement.
Approche.
Il a appartenu � une reine...
la reine de Perse.
Il est lourd.
Avec le temps, tu le trouveras plut�t l�ger.
Assieds-toi.
Tu veux du pigeonneau et du miel ?
Non.
�a te plaira.
Et une pointe de melon ?
Et du vin, bien s�r.
Mange.
Je ne t'ai pas ordonn� de manger.
Je t'ai invit�e � le faire.
Trouves-tu que le luxe qui t'entoure...
rend la conversation difficile ?
Pourquoi suis-je ici ?
Bonne question.
Une question de femme.
J'aimerais que la r�ponse puisse �tre aussi simple.
- Le b�b�... il grandit ? - Il grandit.
J'ai achet� une nourrice pour lui hier.
J'esp�re qu'il dig�rera son lait.
Je l'ai renvoy�e.
Je pr�f�re allaiter l'enfant moi-m�me.
Je ne suis pas s�r d'�tre d'accord.
�a te lie � ton ancienne vie.
Je veux que tu commences � appr�cier ta nouvelle vie.
Je me moque de ma nouvelle vie.
Tu tiens � la vie de ton enfant, n'est-ce pas ?
Pourquoi me menacez-vous avec mon b�b� ?
Je vous appartiens. Vous pouvez me prendre quand vous voulez.
Je ne veux pas te prendre.
Je veux que tu te donnes.
Je veux ton amour, Varinia.
Vous pensez que menacer de tuer mon enfant...
me rendra amoureuse de vous ?
Je n'ai pas menac� de tuer ton enfant.
Je suis d�sol�, Varinia.
On ne doit pas pleurer � jamais.
Je ne pleure pas.
Je me rappelle.
Est-ce que je suis pr�sent dans tes souvenirs ?
Non.
Tu marches sur la cr�te entre la franchise et l'insulte...
avec l'adresse d'une ch�vre de montagne !
Qu'est-ce que tu te rappelles quand tu penses � Spartacus ?
Est-ce que �a t'est p�nible de parler de lui ?
Non.
Eh bien, alors...
quelle sorte d'homme �tait-il...
vraiment ?
C'�tait un homme qui a commenc� seul...
comme un animal.
Et le jour o� il est mort...
des milliers et des milliers seraient volontiers morts � sa place.
Qu'�tait-il ? �tait-il un dieu ?
Il n'�tait pas dieu.
C'�tait un homme simple.
Un esclave.
Je l'aimais.
Il �tait hors-la-loi ! Un assassin !
Un ennemi de tout ce que Rome a fait de bien et de d�cent !
Bon sang ! Dis-moi.
- Pourquoi l'aimais-tu ? - Je ne peux pas vous le dire.
Je ne peux vous dire des choses que vous ne comprendrez jamais.
Mais je veux comprendre.
Tu ne vois pas ? Je dois comprendre.
Vous avez peur de lui, n'est-ce pas ?
C'est pourquoi vous voulez sa femme...
poss�der ce qu'il avait de plus cher pour apaiser votre angoisse.
Quand on a si peur, rien ne peut aider.
Rien.
Nous verrons.
Aurait-on pu triompher, Spartacus ?
Aurait-on pu triompher ?
Juste en les combattant, nous avons gagn� quelque chose.
Si un seul homme dit, "Non, je refuse"...
Rome commence � craindre.
Et des dizaines de milliers ont dit non.
C'est ce qui a �t� merveilleux.
De voir des esclaves relever la t�te...
de les voir se tenir debout...
la t�te haute...
une chanson aux l�vres...
de les entendre...
prendre la montagne d'assaut en criant...
de les entendre chanter dans la plaine.
Et maintenant ils sont morts.
Morts.
Varinia...
morte.
Et le b�b�.
Ils sont tous morts.
As-tu peur de mourir, Spartacus ?
Pas plus que je n'ai eu peur de na�tre.
Toi, as-tu peur ?
Oui.
Salut, consul !
Gardes, � vos rangs.
- O� sont les gladiateurs ? - L�-bas, monsieur.
Antoninus, la nuit est longue, n'est-ce pas ?
Tu es Spartacus...
n'est-ce pas ?
Gladiateur, je suis Marcus Licinius Crassus.
Tu dois r�pondre lorsque je te parle.
Centurion !
Qu'ils se battent tout de suite. Enl�ve leurs cha�nes.
Tu avais promis aux Romains qu'ils se battraient demain...
dans le temple de tes anc�tres.
Ils se battront maintenant, pour moi. Ici !
Et jusqu'� la mort.
Le vainqueur sera crucifi�.
Nous mettrons � l'�preuve le mythe de la fraternit� des esclaves.
Enlevez leurs cha�nes !
Formez un cercle.
Ne leur donnons pas le plaisir d'un combat.
Abaisse ta garde. Je te tuerai au premier coup.
- Je ne les laisserai pas te crucifier ! - C'est mon dernier ordre. Ob�is !
Qu'ils commencent.
Je ne les laisserai pas te crucifier.
Te rends-tu compte du temps qu'il faut pour mourir sur une croix ?
�a m'est �gal !
Pardonne-moi, Antoninus.
Je t'aime, Spartacus, comme mon propre p�re.
Je t'aime...
comme mon fils que je ne verrai jamais.
Dors en paix.
Voil� ta victoire.
Nous reviendrons.
Nous reviendrons et nous serons des millions !
Je me demande ce que Spartacus dirait...
s'il savait que la femme, Varinia, et son enfant...
sont esclaves dans ma maison ?
Oui.
Crucifiez-le !
Je ne veux pas de tombe pour lui. Aucune trace.
Je veux que son corps soit br�l� et ses cendres dispers�es en secret.
Avais-tu peur de lui, Crassus ?
Pas lorsque je le combattais.
Je savais que je le vaincrais.
Mais maintenant je le crains, je le crains m�me plus que toi.
- Moi ? - Oui, mon cher C�sar.
Toi !
O� est la lettre que j'ai adress�e au s�nat ?
Julia, je n'aime pas entendre pleurer.
Cette maison est heureuse. Arr�te, je t'en prie.
Te voil�. Va-t'en, Julia ! O� �tais-tu tout ce temps-l� ?
La cit� est pleine des l�gions de Crassus. Nous nous cachions.
Je ne connais pas Rome aussi bien que Capoue.
On arr�te tout le monde !
C'est donc toi, la femme...
qui a oblig� Crassus � lever huit l�gions romaines pour la conqu�rir !
J'aimerais bien avoir le temps de faire ta connaissance, ma ch�re.
Dommage qu'il faille partir en voyage...
dans des directions diff�rentes.
- O� allons-nous ? - Vous allez en Aquitaine.
Le gouverneur est l'un de mes innombrables cousins.
Voici un sauf-conduit du s�nat valable sur tous nos territoires.
Pourquoi dois-je aller en Aquitaine ?
Parce que je te le demande.
Tu es tr�s bon, Gracchus, mais je pr�f�rerais...
Voici le double de ce que je t'ai promis, deux millions de sesterces.
Deux millions ?
Tiens. Voici un document qui �tablit que la femme est libre.
Et un autre plus petit que j'ai fait pr�parer...
pour l'enfant � la mesure de son �ge et de sa taille.
Et toi, o� vas-tu ?
Dans le Picenum.
Le Picenum ? C'est la r�gion la plus triste de l'Italie.
Veux-tu me laisser ?
Viens avec nous.
Tu pourras veiller � ce que je fasse bon usage de l'argent.
Ne sois pas ridicule. Je suis s�nateur.
Partez maintenant avant que les soldats ne viennent ?
Cela rendrait vraiment Crassus jaloux.
Va et ne trouble pas ma joie.
Garde tes larmes. Garde-les pour le voyage.
Bon, nous partons.
Halte !
Quel est ton nom et o� vas-tu ?
- Lentulus Batiatus. - Descends, fais voir ton sauf-conduit.
- Je n'aime pas ce ton. - Je suis mes ordres.
Descends et montre-moi ton sauf-conduit.
Je suis Lentulus Batiatus, ma�tre de gladiateurs � Capoue.
Elle... c'est ma belle-s�ur.
Descends s'il te pla�t.
Elle s'en va...
avec son enfant en Aquitaine et voici son laissez-passer.
- Regarde ses bagages. - Pas un mot, je t'en prie.
Qu'est-ce que tu as dit ?
- Dis � cette femme de revenir. - Oui, tout de suite.
Allez !
C'est ton fils.
Il est libre, Spartacus !
Libre !
Il est libre.
Il se souviendra de toi, Spartacus.
Parce que je le lui dirai.
Je lui dirai qui son p�re �tait et ce dont il r�vait !
Varinia, aie piti� de nous. Monte dans le chariot.
Mon amour, ma vie.
Meurs, je t'en supplie. Meurs.
Je t'en supplie, mon amour, meurs.
Oh ! Pourquoi ne peux-tu mourir ?
Viens.
Au revoir, mon amour, ma vie.
Au revoir, au revoir.
FIN
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