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Zulu
Bien.
Je suis ému et très fier de vous annoncer l'acquisition
par les Éditions Angstrom
du tome final de la trilogie Dedalus,
"L'Homme qui ne voulait pas mourir".
La traduction en simultané
débutera en décembre prochain
et le roman sera en vente
dans toutes les bonnes librairies dès mars.
Quand on écrit, on bosse chez soi.
Je t'ai épousée pour ça.
Ça tombe très mal.
Carl, tout va bientôt changer.
Comment ?
Fais-moi confiance.
Dégagez, dégagez !
Laissez-moi passer !
Merci.
Non, je viens pas. Je pars travailler en France.
Deux mois.
Tu te fous de moi ?
L'enfoiré.
C'est la merde, j'ai été virée.
Et le travail en France ?
Depuis quand un seul travail suffit pour vivre ?
A Paris, à la rencontre de mon ami Oscar Brach.
Ça va, mon pote ?
Etre enterré pour traduire une merde, c'est ça, l'apocalypse.
Qu'est-ce que tu racontes ?
"Rebecca.
"Ou le fantôme qu'il avait fait d'elle.
"Franck les distinguait de moins en moins bien.
"Rebecca était devenue vaporeuse
"et lui rappelait..."
"... la culpabilité de ce moment lourd de conséquences."
"Une sensation de plus en plus prégnante, faite d'images fugaces..."
"... de la tragédie qui se rappelait sans cesse à lui."
"Rebecca.
"Ses longs cheveux bruns ondulaient sur la Seine.
"Dans ses boucles se reflétaient les lanternes des barques.
"Sa robe ondoyait autour d'elle
"telle une paire d'ailes blanches."
Qu'elle devienne critique, si elle n'a plus rien à dire.
Oui, voilà.
Exactement !
Très bien.
Non, je ne l'ai pas lu. J'ai mieux à faire.
Comment ?
Oui, sans doute. On en discutera.
Non, l'idée, ce serait une histoire dérivée.
Pas un nouvel opus de Dedalus.
C'est ça. Sur le personnage de la journaliste.
On en discutera.
Voilà, le mois prochain.
Je n'ai pas beaucoup de temps.
Je suis navré.
Mais je tiens à poursuivre cette discussion.
Est-ce qu'on peut...
Oui, voyons-nous la semaine prochaine.
Bien sûr.
D'accord.
A bientôt, alors.
Au revoir.
Katerina se prépare pour le grand match.
Ça va être une partie d'anthologie.
Elle s'élance, elle tire...
et strike !
- Excuse-moi. - T'excuser ?
On est venus pour jouer, alors on joue ou pas ?
Visiblement, on joue pas.
Ce qu'il faut au monde aujourd'hui
C'est de l'amour, ce doux amour
C'est la seule chose dont on manque toujours
Ce qu'il faut au monde aujourd'hui
C'est de l'amour, ce doux amour
Pas réservé à quelques nantis
Mais pour chacun d'entre nous...
Qu'est-ce qui se passe, putain ?
"Ce qu'il faut au monde aujourd'hui, c'est de l'amour, ce doux...
"amour."
Arrêtez ça tout de suite !
Ras le cul, je me casse.
Arrêtez !
Fils de pute !
Touchez pas à mes affaires !
Lâchez-moi !
Vous avez un style affreux.
Je n'ai pas fini.
C'est mon premier roman.
Je vous écoute.
On n'a rien obtenu.
Il ne veut parler qu'à Oscar Brach.
Et qu'on lui paye ses traductions illégales ?
Donnez-moi le dossier, qu'on en finisse.
Vous voulez vraiment aller au procès ?
Poursuivre un fan, ça peut nuire à l'image de Dedalus.
Vous jouez un jeu dangereux, jeune homme.
La violation de propriété littéraire, en France, c'est 5 ans de prison
et 300 000 euros d'amende, si vous avez de la chance.
Et en Angleterre, 10. Je ne suis pas réputé clément.
Vous avez montré mes traductions à Oscar Brach ?
Les vôtres sont moins bien, pour les fans.
Les vrais fans achètent l'œuvre.
De vrais fans ont téléchargé ma version 10 millions de fois en 15 jours.
Et vous, ça marche ?
Vous vous croyez malin,
mais vous vous êtes fait attraper.
C'est peut-être ce que je voulais.
Jamais vous ne rencontrerez Oscar Brach.
Même si vous l'intéressiez, je ne vous ferais pas cette faveur.
Engagez-moi.
Pour traduire le tome III. Officiellement.
Tu te fous de nous.
- En l'honneur de M. Brach. - J'ai déjà quelqu'un.
Aaron Troy. Il fait de la merde.
Etre son traducteur ne vous permettra pas de le rencontrer.
Ça peut pas faire de mal.
Vous avez tout à gagner
et rien à perdre.
Je travaillerai gratuitement.
Je connais parfaitement son œuvre, bordel de merde !
Ça suffit. Ramenez-le en cellule.
Facile !
Qu'est-ce qu'il dit ?
Vous voulez bien nous laisser, s'il vous plaît ?
Venez.
Les 10 premières pages de Dedalus téléchargées des millions de fois
Je reste pas enfermé à cause de toi !
Sale conne !
Génial !
Pourquoi il fait noir ?
- Ils font exprès, ces bâtards ! - Allumez !
Ne te moque pas de moi !
Dégage, putain !
Qu'est-ce qu'il fout ?
Saloperie !
Connard !
Putain de bordel de merde !
A toi l'honneur.
Au secours !
Il faut qu'on fasse quelque chose.
Il pige pas.
Si on s'organise, on peut se défendre.
On fait quoi ?
On se divise en deux groupes.
Le premier distrait les gardes,
l'autre s'occupe de lui.
Putain !
Je comprends pas l'espagnol.
Moi, si.
Continuez, je traduis.
Il faut agir ensemble.
Telma, Chen et Javier.
Occupez-vous des gardes.
Ingrid et moi, on se jette sur cet enfoiré !
Telma, Chen et Javier.
Occupez-vous des gardes.
Ingrid et moi, on se jette
sur cet enfoiré !
Je ne parle ni l'espagnol ni le mandarin.
On y va !
A trois !
Attendez !
Tout le monde sait compter en espagnol.
Même lui.
En mandarin.
Un, deux...
Trois !
1415.
Appelez une putain d'ambulance !
Pardon.
Arrête ! C'est bon !
C'est bon.
Angstrom vient de perdre son boulot.
Nous aussi.
Allez !
Mesdames et messieurs, je suis ému
et très fier d'annoncer l'acquisition par les Éditions Angstrom
du tome final de la trilogie Dedalus,
"L'Homme qui ne voulait pas mourir".
Croyez-moi, entre Oscar Brach et moi, les négociations ont été âpres
mais je peux vous assurer
que j'ai eu le dessus.
On protège ce qui est à soi et on ne s'arrête pas.
Oscar Brach ne le regrettera pas.
La traduction en simultané débutera en décembre prochain
et le roman sera en vente dans toutes les bonnes librairies
dès mars.
Mesdames et messieurs, vous allez faire un deuxième trimestre d'enfer !
La véritable traduction anglaise de Dedalus I & II
Sous-titres : Vanessa Azoulay & Simon John
Sous-titrage : HIVENTY
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