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On t'enlève le sac ?
Non, merci.
Tu respirerais mieux.
- Ça va. - Comme tu voudras.
On attend quoi ?
- Le coup de fil. - Appelons.
Faut attendre.
- Sans rien faire ? - Exact.
Butons-le maintenant et ce sera réglé.
Et si on nous dit : "Il y a eu erreur,
"changement de programme", on fait quoi ?
Ce sera la faute à pas de chance.
- T'es inquiet. - Et alors ?
Stan, t'es inquiet, toi ?
Pas vraiment.
Stan est pas inquiet.
Je suis inquiet, et alors ?
C'est pas bon.
J'ai pas envie que ça traîne.
Fais marcher le juke-box, coupe-toi les ongles,
occupe-toi, merde !
Bon Dieu...
T'as une bonne blague ?
Pas en ce moment, non.
J'en ai une.
T'en as une ?
Un barman dit à un perroquet :
"Une boisson porte votre nom."
Le perroquet répond : "Y a une boisson appelée Kevin ?"
J'ai pas pigé.
Il s'appelle Kevin, excellent.
C'est nul, butons-le.
- J'en ai une autre. - On t'écoute.
Un type consulte avec un canard sur la tête.
Le médecin dit : "Que puis-je pour vous ?"
Le canard répond : "Virez ce type de mon cul."
"Ce type de mon cul !"
C'est nul ! "Ce type de mon cul ?" À chier !
Une autre, je suis écroulé.
Un pingouin entre dans un bar...
- Un pingouin ? - Oui, un pingouin.
Ça pourrait pas, sans te vexer, être un Polonais ?
Non, ce jour-là, c'est un pingouin qui est entré dans le bar.
Vas-y, on t'écoute.
Toujours est-il que le pingouin entre dans le bar
et commande un scotch glace.
Le barman est sidéré.
Il va voir son patron et lui dit
qu'un pingouin vient de lui commander un scotch.
- Comment il va le boire ? - Doucement.
Avec quelles mains ? Les canards causent pas
et les perroquets ont pas de prénom.
- C'est une blague, merde. - J'ai bien compris !
Mais une blague doit posséder un semblant de vérité.
Il peut boire avec ses nageoires.
Ses nageoires ?
Continue.
Donc, le barman va voir son patron et lui dit :
"Un pingouin vient de me commander un scotch glace."
Le patron répond : "Compte-lui 4 dollars."
Le barman revient, sert le verre et annonce : "4 dollars."
- Le pingouin paye... - Avec quel fric ?
Celui de son porte-monnaie !
D'accord, si tu le dis.
Le pingouin est assis et sirote son scotch
doucement, avec ses nageoires,
quand le barman dit...
- Je la connais. - Tu la connais ?
Oui, je la connais.
Le téléphone.
Je la termine ?
Tu réponds ?
- Tu veux que je réponde ? - Je prends.
Réponds.
- Je la termine ? - Oublie ta blague à la con !
Réponds, Tom.
Décroche le téléphone, bordel !
Dix ans plus tôt
Kovachy Motors. Qui est à l'appareil ?
- Je suis pas là. - Bruce ?
Je suis pas là.
Il est pas là actuellement.
Où sont ces titres, bordel ?
C'est pas lui, c'est quelqu'un dehors.
Actuellement il est sorti.
Dis-lui que je le rappelle.
Il dit qu'il vous rappelle. À son retour.
Il vous appelle dès qu'il revient.
Entendu.
Je lui dirai, promis.
Les voilà.
Ils étaient devant ma tronche.
Il m'a dit de te dire de l'appeler à propos d'un truc.
- Quoi ? - Il a pas dit.
T'as pas demandé ?
Quand un type veut que je le rappelle pour un truc,
débrouille-toi pour savoir ce que c'est.
Je pensais que tu savais.
Je suis pas voyante. T'as qu'à demander.
La prochaine fois, je le ferai.
Que Tom m'appelle chez moi quand il aura fini avec le truc.
- Quel truc ? - Le truc.
Arrête avec tes questions, petit.
Dis-lui, il saura ce que c'est.
Autre chose : tu tiens à ce job ?
Va chez le coiffeur.
Tom ?
Dis, Tom...
Merci, je paierai le prochain.
Oui, Carl.
Tu te souviens de mon neveu, Franky ?
J'étais en classe avec son frangin.
- Franky... - Budicowski.
Il t'aimait bien, il te suivait partout.
Il attirait les emmerdes. Je me souviens de lui.
Il m'obligeait à porter une brique. Si j'oubliais,
il me giflait et me piquait mon fric, cet enfoiré.
Franky ?
Son frangin était dans ma classe.
Franky a un bar en ville et a des problèmes avec des mecs.
Un soir, ils le chopent et l'emmènent dehors,
juste devant l'entrée. Des mecs du Sud.
Ils viennent de Lansing ou Harvey,
quasiment de l'Indiana, bon Dieu. Ils respectent rien.
Ils débarquent...
Où vous m'emmenez, connards ?
Tu veux ma photo, ducon ?
Deux types le tiennent plaqué au sol
et le 3e lui arrache le nez avec ses dents.
Il lui arrache le nez ?
Tout juste.
Ça se fait pas, un truc pareil !
T'imagines l'ambiance dans ma famille,
le fils de ma sœur est mutilé. Mutilé à vie !
Qu'est devenu son nez ?
Ma sœur...
Tu conduis.
Ma sœur m'appelle jour et nuit. Jour et nuit !
Franky est toujours à l'hosto.
Et le médecin...
Putain de médecins ! Tombez jamais malades !
Qu'est devenu son nez ?
Il l'a recraché,
les flics l'ont récupéré sur le trottoir,
l'ont apporté à l'hosto, ils l'ont recousu...
- Ils ont réussi ? - Ça n'a pas pris.
- Comment ça ? - Les terminaisons nerveuses.
Il a viré au vert, au noir, et il a fallu l'enlever.
- Il respire par où ? - Les trous.
- Quels trous ? - Les passages des sinus.
Il va rester avec deux trous toute sa vie ?
Ils vont lui faire un nez.
Quoi, en plastique ?
- Avec la peau du cul. - Tu déconnes !
Ils prennent de la peau des fesses,
et ils font un nez avec.
Comment ?
Est-ce que je sais ? Ils vont lui en refaire un.
Avec un bout de son cul ?
Nom de Dieu...
Ça se remarquera ?
Comment peut-on savoir d'avance ?
Il aura des cicatrices ?
Faudra que ce soit nickel, sinon qui pourra le regarder en face ?
On va se foutre de sa gueule.
Arracher un nez avec les dents, et le recracher ?
Ça n'existe pas.
- Qui plus est : devant. - Devant ?
- Son bar. - Quel rapport ?
C'est déjà dingue en soi,
mais si on doit absolument le faire,
autant le faire derrière.
Devant, derrière, jamais je ferais ça.
Mordre un type, n'importe quoi.
Ma sœur est bouleversée, elle est sous calmants.
- Je m'en occupe ? - Sérieux ?
- Merci. - Pas de quoi.
C'est quoi ?
Faudra que je fasse le ménage.
Tu finis les frites ?
Non, vas-y, petit.
- T'as pas mangé ? - Si. Merci.
T'aurais dû rester au bureau.
Ça va, j'y ai déjà passé la journée.
Billy va pas apprécier.
Que je vienne avec vous ?
Oui, il va pas apprécier.
Pourquoi ça, Tom ?
- Il est mal luné. - Dommage.
Je vais lui apporter un shake à la fraise, il adore.
J'ai comme un pressentiment.
À propos de quoi ?
Quoi ?
Mâche en fermant... la bouche, tu veux ?
Tout d'un coup j'ai un pressentiment.
Tu vois, Tom ?
Oui, je vois, Carl.
On en parle ?
Non, vaut mieux pas.
Parlons-en, Tom.
- On est amis, réglons ça. - Je crois pas.
Écoute-moi au moins une minute.
Écoute ma version de l'histoire, tu veux ?
Désolé, Carl.
On joue au bowling, nos femmes sont amies,
on a un passé ensemble.
C'est vrai. Que veux-tu que je te dise ?
Bon Dieu !
Seigneur, Tommy, c'est pas vrai.
Je déteste quand ils voient venir.
Ça va ?
Regarde-moi.
Ça va aller ?
C'est seulement...
Seulement quoi ?
Je crois que je vais gerber.
Pas de problème, mais sors d'abord de la bagnole.
Je dois sortir ?
Si tu dois gerber, je préfère que ce soit dehors.
Tu veux que je te tienne la tête ?
Non, ça va aller.
T'as voulu venir. J'ai essayé de t'en dissuader.
- Je sais. - Je t'aurais apporté à bouffer.
Ça va.
Billy va me faire la gueule.
T'as essayé de me dissuader, je t'ai pas écouté.
Enfonce les doigts dans la gorge s'il faut.
Je vais faire ça.
- Tu te sentiras mieux. - Je veux !
John Hinckley, accusé d'avoir tiré sur Reagan
et 3 autres en 1981,
a été déclaré non coupable pour folie
par la cour de Washington aujourd'hui.
Hinckley va être interné
à l'hôpital psychiatrique fédéral de Bethesda...
Salut, Billy !
Pas d'appels ?
Si, Stan a appelé.
Hinckley a été déclaré non coupable pour folie.
C'est des conneries.
Tiens, Billy.
C'était aux nouvelles.
Faut être fou pour pas tirer sur Reagan.
C'est le Président !
Me cherche pas, petit.
T'as mis les autocollants sur la Diplomat ?
Va les mettre.
Il se débrouille bien ?
Oui, c'est un brave gosse.
Il me tape sur le système.
Tu sais ce qui va pas chez toi ?
T'as aucune patience avec les jeunes.
T'as peut-être raison.
N'empêche qu'il me tape sur le système.
Chouette.
Oui, c'est un bijou.
Jetons un œil au Charger là-bas.
Le Charger ? Tu plaisantes ?
Non, pas le Charger.
Pourquoi ? Il fait sport.
Vous voulez du sportif ?
Visez un peu ça.
Regardez comme ce moteur est nickel.
- Votre nom déjà ? - Sandra.
Sandra, bien sûr. Vous permettez que j'emprunte votre main ?
Brad, si vous me demandiez mon avis, je dirais :
primo, que Sandra a de superbes mains,
et secundo...
que ce moteur est nickel. Vous êtes d'accord, pas vrai ?
- Je dirais ça. - On est bien d'accord !
Allons au bureau et voyons ce qu'on peut faire.
Allez-y mollo avec mon patron, Billy,
c'est un vrai trésor.
- Hé, Tom ! - Oui, Jerry ?
La Firebird était pour moi.
À mon avis, elle est trop belle pour toi.
Vois plutôt la vieille Pinto qui est derrière.
La Firebird est pour Jerry.
Alors, faudra en découdre avec Brad.
On est venus dans ce trou pour voir un film ?
- Sûrement pas. - Quoi ?
Sûrement pas. Je déteste bosser à l'extérieur.
On vient pas voir un film ?
Je t'ai dit quoi ?
- On attend quelqu'un ? - Exact.
Quelqu'un en particulier ?
Qui ?
C'est un interrogatoire ?
Simple curiosité.
Tu connais le proverbe : "La curiosité est toujours punie" ?
Je croyais qu'on disait : "Un vilain défaut".
- Dieu est partout. - Quoi ?
Vire ton casque fourré, t'entendras mieux.
Tom...
Tu permets une question ?
Laquelle ?
Tu fais combien... de boulots en moyenne, dans l'année ?
Je sais pas, un, deux,
voire trois, les grosses années.
C'est tout ?
C'est beaucoup, crois-moi.
Reste ici.
Je peux pas voir le film ?
On n'est pas venus voir un film.
J'ai compris, mais j'aimerais venir avec toi.
Il fait froid dehors.
Réchauffe-toi dans la voiture.
Comme tu voudras.
Mais j'aimerais venir.
Tu réalises ce que tu demandes ?
Tu feras pas d'embrouilles ?
Je le jure.
On va pas voir un film.
Je sais.
T'as du sucre plein la bouche.
On y va.
Ne me regarde pas comme ça.
- On s'est disputés avec Susan. - Classique.
- Méchamment. - Genre ?
Elle m'a balancé le téléphone.
- Elle t'a eu ? - Ça a failli.
Faut s'inquiéter quand elles jettent plus rien.
- Tu crois ? - Sûr.
- T'as fait quoi ? - Quand ?
- Quand elle te l'a balancé. - J'ai plongé.
Et après ?
Je suis allé faire un tour.
Tu lui en as collé une ?
Non.
Bien.
Je me suis tiré, j'ai fait un tour.
T'as bien fait.
La ferme !
Tu veux mon avis ?
Quoi ?
Épouse-la.
Vous êtes complémentaires :
elle lance, tu plonges.
C'est ça, la vraie passion.
Vraiment ?
Roméo et Juliette se disputaient sans arrêt.
Je la demande en mariage ?
Fais-en une femme honnête, fonde une famille, ta vie changera.
Vous allez bientôt la fermer ?
Excusez-moi.
Vous voyez cette femme ?
Pardon ?
Celle qui est à l'écran.
La rousse ?
Non, la blonde, Vicki Corners.
- Séduisante. - C'est ma Vicki.
Elle a le premier rôle.
Regardez ce qu'elle lui met.
Quelle actrice !
Et elle est pas doublée.
Vous la connaissez ?
Elle a été ma fiancée.
Qu'est-ce qui est arrivé ?
On est tombés amoureux.
On allait se marier quand on a connu ces types,
peu recommandables.
On a déraillé, avec ces types.
On a prévenu les flics mais ils l'ont eue.
Vicki, c'est à toi.
Merci, David.
Il y a eu un accident sur le plateau
de "Sudden Extreme Justice 2".
Ils ont mis un vrai lance-flammes à la place du faux.
Accessoiriste, apporte le lance-flammes.
Préparez-vous pour la répète.
Amène le lance-flammes.
Vise plus haut.
Voilà.
Vas-y.
C'est coincé.
Je vous raconte pas.
Ils m'ont filé une nouvelle identité
et un nouveau job, comme ils ont fait avec Elvis.
Il s'était acoquiné avec des voyous,
comme Vicki et moi.
Mais lui, il s'est retrouvé à Pétaouchnock.
Résultat des courses :
la vie sans le King...
La vie sans ma Vicki.
Ils finiront bien par me retrouver.
Ça peut même être vous.
Vous savez quoi ? Je m'en tape.
Regardez-la.
C'est son dernier film. Je l'ai vu 37 fois.
Parfois, en le regardant j'arrive à oublier.
Comme si elle était en vie.
Dans sa scène avec le lance-roquettes,
mon cœur fait des bonds dans ma poitrine.
Je n'ai plus que ça d'elle.
Vous savez ce qui me fait mal ?
Pas la scène sous la douche.
Et elle est pas doublée.
C'est sa cicatrice, ses grains de beauté.
Ce qui me fait mal, c'est la scène du sous-sol.
Quand elle est assise et nettoie son Uzi.
Il y a ce gros plan
où elle lève la main pour s'essuyer le front.
On voit le duvet sur la peau de son bras.
Ça me fait mal à chaque fois.
C'était l'amour de ma vie.
Elle me manque.
J'en ai plus rien à foutre de quoi que ce soit désormais.
Tom, tu seras mon témoin ?
- Tu me le demandes ? - C'est ton idée.
- Je serais honoré. - Tu acceptes ?
Ce serait un putain d'honneur.
Faisons-le ce soir.
Bien.
Fichons le camp.
T'as un problème ?
Je sais pas.
En principe, c'est pas bon
de discuter avec un type qu'on connaît pas.
On peut pas écouter les malheurs de tout le monde.
Faut pas approfondir,
sinon, tu risques d'hésiter et de finir par t'apitoyer.
Ça peut finir par être gênant.
Tâche d'y penser
la prochaine fois.
Ça va ?
Je le trouvais sympa.
La première fois, c'est toujours fortuit.
T'es là quand ça se passe.
C'est peut-être dû à ta jeunesse.
T'es jeune, quoi.
Billy entre dans son bureau avec Vic et...
un autre type.
Un type inconnu, que t'as jamais vu.
Quand tu les vois emmener ce type vers le parking,
naturellement, tu bondis pour les suivre.
Billy dit quelque chose, genre :
"Non, Tom, reste ici.
"On fait juste un tour là-bas pour voir une voiture.
"Reste ici et répare ces odomètres."
Comme t'es curieux, tu les suis quand même.
Tu les vois s'approcher
de la vieille Chevy Impala 59,
noire, intérieur rouge.
La rouille commence à véroler la carrosserie.
Tu vas adorer cette caisse.
Billy est pas emballé de te voir là.
Tu sais ce que j'ai pensé en la voyant ?
"C'est une bagnole pour Eddie."
Curieusement, ta présence ne gêne pas Vic.
Attends de voir l'intérieur.
Il est pas marron, pas bleu...
il est rouge.
Tu observes Billy et l'autre qui tchatchent.
Branche la radio.
Tom, je t'ai dit...
Puis, Vic sort son pétard,
sans crier gare.
Eddie, viens voir.
Et il l'assaisonne.
Vic se tourne vers toi
pour voir comment tu réagis.
Et c'est tout, l'affaire est classée.
Je t'ai dit de rester au bureau !
Laisse-le tranquille.
- Pauvre Eddie. - T'inquiète.
- Il était réglo en général. - Oui, en général.
- Mon estomac me brûle. - Prends du bromure.
T'es pas couvert, rentre à l'intérieur.
T'es bien, petit.
Fortuit...
Tu te trouves simplement là.
La 2e fois, c'est une coïncidence.
La 3e fois,
c'est que tu l'as voulu.
Après ça, t'es sur le coup avec les autres types.
T'observes, t'écoutes, t'apprends les ficelles.
T'apprends un métier.
- Reprends du riz. - Non.
- Reprends du riz. - J'en veux plus, bordel.
- Un biscuit chinois. - Non, merci.
Ton avenir t'intéresse pas ?
T'as peur de lire : "Mauvais jour pour buter un type" ?
J'ai pas peur des biscuits. J'ai la tête ailleurs, c'est tout.
Regarde-moi.
T'es nerveux, c'est pas bien.
Pense plus à ce truc ou va m'attendre dans la bagnole.
Ça dit quoi ?
- "L'amour va te sourire." - Super !
Garde-le et ramène-le à Debbie. Ça peut servir.
Ce type là-bas,
tu penses que c'est un flic ?
Lui ? C'est pas un flic, c'est le serveur.
Il a pas l'air d'un serveur.
Il s'appelle Jimmy, c'est un demeuré.
Pas demeuré, il a l'air futé, comme un flic.
Tellement futé qu'il est pas foutu de lacer ses pompes.
N'empêche...
- Vise ses pompes. - Et alors ?
T'as déjà vu un flic avec des mocassins ?
C'est une couverture.
Il joue au débile pour mieux te coincer.
- Et alors ? - Rien.
Tu vas dans la bagnole ?
T'as l'air secoué. Je te ramène chez toi ?
- J'ai rien dit. - T'es pas prêt.
Je suis juste un peu secoué.
T'es sûr ?
- T'as demandé à le faire. - Oui.
Je vais le faire à ta place. Tu feras le prochain.
- Je le fais. - T'es sûr ?
D'accord, ça marche.
Tout va bien, Jimmy ?
Ça va.
Tant mieux. Assure-toi qu'on te fait pas payer ça.
C'est fini, ton tic avec la tête ?
- Quel tic ? - Comme en ce moment.
Tu la secoues de haut en bas comme ça.
Comme Reagan. Tu l'as jamais vu ?
Il a la paralysie agitante.
- Trouble nerveux. - Je connais.
C'est les nerfs. Un grand type comme lui,
qui ment effrontément, ça finit par le secouer.
C'est la paralysie agitante.
- Tu connais son dernier film ? - Grease ?
À bout portant. Et il jouait quoi ?
Je sais pas... le shérif ?
- Un tueur. - Tu déconnes.
Je te jure.
Il gifle Angie Dickinson à tout va, vole un fourgon blindé,
double John Cassavetes,
sort son pétard équipé d'un silencieux,
le plombe et, pour parachever le tout,
dégomme Gulager et Marvin à la carabine.
Lee Marvin, à la carabine ?
- C'est dingue. - Il est de quand ?
Début des années 60. Puis il est passé à la politique.
Y a-t-il un lien ? Va savoir.
J'ai pas la paralysie agitante.
Peut-être pas encore, mais...
si j'étais toi, je ferais gaffe. Ton tic, c'est pas normal.
- Tu le surveilles ? - Qui ?
Le type, notre type.
Il s'en va ?
Tenez.
Excusez-moi.
Tu te lèves, tu vas aux toilettes...
passe par la cuisine, va au parking,
et quand il se pointe, pique-lui ses clés.
Un pruneau dans la tête.
Prends ses clés,
mets-le dans le coffre,
et reviens par le même chemin.
La bagnole, on verra après. Ça te va ?
Oui, ça baigne.
T'es sûr ?
C'est parti.
Tout a bien marché ?
Au poil.
Pas de problème ?
Que dalle.
T'as envie d'un dessert ?
Pas vraiment.
- Mais tu vas bien ? - Oui, ça va.
Montre ta main.
- T'es super. - Merci.
On s'occupe de la bagnole et on en finit ?
Ça me va.
Saloperie !
Salope !
- Y a de l'essence ? - Oui.
- T'as vérifié ? - Y a un demi-plein.
Merde !
- Vérifie le réservoir. - Y a plein d'essence.
- L'huile ? - C'est bon.
- T'as vérifié ? - Oui.
C'était pour dire.
Fallait la Black & Decker.
Black & Decker peuvent venir me la sucer.
Quelle merde !
Black & Decker, c'est pas des types, c'est une boîte.
J'en ai rien à foutre.
T'as le reçu ?
Je dois l'avoir quelque part.
Tu l'as ou tu l'as pas ?
J'ai pu le balancer.
T'as pu le balancer...
Oui, avec la boîte.
Fallait aller chez Sears.
J'y suis allé, mais elle valait 6 $ de moins chez Big Buy.
L'intérêt avec Sears...
C'est quoi ?
- T'as pas besoin de reçu. - J'emmerde Sears !
Il peut venir se faire taper ici.
C'est pas un type, Jerry.
Sears est une société, comme Black & Decker.
Bien qu'il y ait eu un type qui s'appelait Sears,
et un autre, Roebuck.
Mais ils se sont pas entendus.
Et Sears a voulu racheter Roebuck.
Mais Roebuck voulait pas vendre.
Sears a engagé deux types...
Adam attendait quelque chose d'Ève.
Il voulait qu'elle peuple la terre.
- Pour une pomme ! - Oui, une pomme.
Tu l'aurais fait pour un peu de gin.
- C'est pas arrivé. - Ça aurait pu.
- Sois patient. - Merde !
Qu'on en finisse avec ça et qu'on se tire !
Ça a été pareil avec Tom junior et la tondeuse à gazon.
Jerry,
t'es énervé et tu tiens une tronçonneuse.
Fais gaffe, c'est écrit sur la boîte :
"Ne pas utiliser sous l'emprise de l'alcool,
"ou de la colère."
- Y a pas écrit ça. - Mais si.
Sur le côté, en petit.
Je te l'aurais lu, si t'avais pas
balancé la boîte avec le reçu.
Tas de merde à la con !
T'as vérifié la bougie ?
La bougie ?
Parfois, sur ces modèles bas de gamme,
elles sont pas bien vissées.
Faut prendre son temps.
Inutile de s'énerver et de se bagarrer avec.
Faut lire la notice et s'assurer
que tout est en bon état de marche.
Tu dois faire corps avec ta tronçonneuse.
Voilà.
Et au cas où t'aurais acheté une machine défectueuse,
il faut toujours garder le reçu.
La bougie ?
Elle était mal vissée.
Mets tes lunettes, Jerry.
Au boulot !
Voilà, vous êtes bien installée.
Allez-y, démarrez.
Recommencez.
Ce gosse est idiot.
- Debbie est enceinte. - Tu déconnes ?
Le test a viré au bleu. Sauf erreur, elle attend un enfant.
C'est génial !
- Je ferai un bon père ? - T'es inquiet ?
- À mort. - C'est bon signe.
C'est vrai ?
Junior va avoir 13 ans. J'ai de l'expérience, non ?
- On peut dire ça. - Tu seras formidable !
Billy va m'augmenter ?
Si tu demandes gentiment et que Vic est pas là.
Pourquoi Vic m'aime pas ?
T'inquiète, il aime personne.
Vic est un con.
T'as quoi ?
- Prends-le. - T'es sûr ?
J'essaie de maigrir.
Merci, Tom.
Je vais te dire un truc sur Vic.
De son temps, il était le meilleur dans notre partie.
Ce que je sais, il me l'a appris.
- Il avait aussi du cœur. - Qu'est-il arrivé ?
Il a arrêté. Billy l'a mis à la gestion,
et il a perdu le goût pour les choses.
Ça l'a débranché, si on peut dire.
Vic était une pointure.
Mais encore ?
Deux mots...
Je l'avais encore jamais dit à personne.
Deux petits mots, deux petits mots énormes.
Lesquels ?
Deuxième tireur.
Va chier !
- Si tu veux, mais il y était. - Sérieux ?
Dallas, novembre 1963, il y était.
Comment tu sais ça ?
- T'as vu le film amateur ? - Et alors ?
Il y a un plan de Vic, plus jeune,
qui court sur l'herbe avec ce qui ressemble
à un carton de fleurs.
Sans déconner ?
- Tu sais pourquoi ? - Pour un contrat ?
Pour se venger, putain.
De quoi ?
Marilyn Monroe.
- Ils ont été intimes. - Vic et Marilyn ?
Vic devait la rectifier.
La rectifier, elle ?
Oui, mais quand il était sur le point de le faire...
il a pas pu.
Pire, ils sont tombés amoureux.
Ce con de Vic et Marilyn Monroe ?
JFK a engagé un autre "suicideur".
Du coup, Vic a pété les plombs.
JFK a engagé Vic ?
- Sur le bateau de Frank. - "Frank" ?
- T'en connais d'autres ? - Sans déconner ?
D'après Vic, ils allaient se marier.
Mais quelqu'un l'a farcie de pilules.
Vic, c'est clair, savait qui.
Il a pris le train pour Dallas...
et voilà.
Deux ans après, il a rectifié Bobby.
- Bobby ? - Il a voulu buter Ted aussi.
Mais la balle a éclaté le pneu et la bagnole a versé.
Vic a une sérieuse dent contre cette famille.
Il suffit d'en parler
pour que les veines de son cou saillissent.
Bon Dieu !
C'était le meilleur dans notre partie.
Voilà notre type.
Je m'en occupe ?
T'en as envie ?
J'aimerais bien.
À pile ou face.
Annonce la couleur.
C'est bon, occupe-t'en.
Je peux vous aider ?
Qu'est-ce qui se passe ? Que faites-vous là, messieurs ?
On vous a engagés ?
Un peu de sérieux. Tu vas filmer comme ça ?
Je dois jouer au Père Noël ?
Nesbett, amène-toi et mets-lui un peu d'ombre.
C'est agréable.
Tu me passes le miroir ?
Trop de rouge.
Le dernier pare-brise a mal éclaté,
ce n'était pas parlant.
Il gaspille notre bon argent avec ses foutues pubs.
Je vois, absolument.
À mon avis...
Ça n'intéresse personne.
Je comprends votre inquiétude.
Un flingue dans le casier de mon fils,
c'est inquiétant, c'est vrai.
Mais ça pourrait être pire.
Il aurait pu faire un carnage dans la cafétéria.
Ou dégommer tous les gens présents dans votre bureau.
Lucille Ball, morte à 77 ans ?
Je vous assure, je ne prends pas ça à la légère.
Elle était vachement sexy. Tu sais ce qui la rendait sexy ?
Oui, il est à mon nom.
Pas ses jambes, bien qu'on puisse le penser.
Le quartier est dangereux.
Je vais te dire quoi.
C'est la zone.
Elle était drôle.
Quartier ouest, vous connaissez ?
Ça t'étonnera peut-être, mais je trouve ça sexy.
Je suis dans la vente chez Kovachy Motors.
Billy Kovachy, oui. Vous connaissez ?
Vraiment ?
Alors, c'est que vous avez acheté une voiture chez nous
par le passé, non ?
Chez Kovachy, on reprend aussi les voitures étrangères.
Pourquoi ?
Change de panneau, bon Dieu.
Parce qu'on aime les voitures étrangères.
Oui, c'est un brave petit, mais...
les hormones le travaillent en ce moment.
À qui le dites-vous !
Sa pub à la con passera qu'à 4 h du mat'.
Pire encore,
il est pas photogénique.
Je le prendrai en rentrant.
À mon avis...
Non, j'ai été enchanté.
Mais tout le monde s'en fout.
Des problèmes à l'école ?
Le plus jeune, rien de grave.
Oui, Vic.
N'oublie pas que la ceinture, ça sert pas que pour le pantalon.
Les coups sur les fesses, ça aide à réfléchir.
- T'entends ? - Oui, j'entends.
À Chicago, j'ai bossé dans un magasin
Pour toi.
À Chicago, j'ai bossé jusqu'à un beau matin
Une cliente est entrée pour acheter un sautoir
Je l'ai sautée et je suis allé me faire voir
Tiens, prends ça.
Avec du fromage.
U n peu d'oignon et du paprika.
Vic est le roi des boulettes.
À propos, Vic...
Billy dit que tu veux écrire un bouquin ?
Je vais pas l'écrire moi-même, j'ai un agent.
Elle va trouver quelqu'un qui va m'aider.
T'as un agent ?
Une petite arriviste de New York.
Ton histoire de bouquin panique un peu Billy.
Il s'en remettra.
Il a aucune raison de paniquer.
Ce sera pas une confession.
Quand même.
- On est fermés ! - La porte, bordel !
Je citerai pas de noms.
Pas ceux des gens qu'on connaît.
Juste quelques célébrités défuntes
avec lesquelles il m'est arrivé, pour diverses raisons,
d'être en relation intime.
Tom dit que t'as buté JFK.
Tu lui as dit ça ?
Il se peut...
que j'aie dit ça, en passant.
C'est pas vraiment le genre de truc
à dire en passant.
Pas à n'importe qui.
Je l'ai pas dit à n'importe qui, mais à Jerry.
C'est vrai ?
Peut-être que oui, peut-être que non.
Faudra que t'attendes de lire mon bouquin.
Super.
Tu connais le titre ?
"L'homme de l'ombre, portrait d'un tueur."
Pas mal, non ?
- Tu signeras mon exemplaire ? - Sûrement pas !
Je signerai X. Idée de mon agent pour éviter les problèmes.
On appelle ça comment déjà ? Un pseudonyme.
Quant à moi, j'avais trouvé "Tony Goulet".
Parce que je suis fou de Robert Goulet et de Tony Bennett.
Mais elle a refusé. Trop ethnique.
Billy trouve que c'est une mauvaise idée,
même avec ton X.
Je l'emmerde !
C'est l'histoire de ma vie.
On a le droit de raconter sa vie, non ?
Je sais pas, Vic.
Dis-moi...
t'as rectifié d'autres célébrités ?
J'en ai deux ou trois à l'esprit.
Qui, Jimmy Hoffa ?
Non, pas Jimmy Hoffa.
Pourtant, je connais un type...
Qui ? Quelle autre célébrité en dehors de JFK ?
Quatre mots, quatre petits mots.
T'achèteras le bouquin ?
Tu rigoles ? Dès qu'il sera publié.
Quatre petits mots à la con.
"Hunka, hunka, burning love"
Arrête, je te crois pas ! T'as rectifié Elvis ?
Peut-être que oui, peut-être que non.
Il est mort d'overdose aux chiottes en se cognant la tête.
Ça se peut.
Ça se peut aussi... que ce soit bidon.
Et qu'il ait été un témoin protégé.
Parce qu'il bossait pour Nixon
et que ça chauffait un peu.
Ça se peut aussi qu'il ait refait surface récemment
du côté de Pétaouchnock.
Vivant sous un nom d'emprunt...
Ça se peut aussi
que j'aie fait un tour dans le Michigan,
il y a quelques années,
sans raison valable.
Tout est possible.
T'as buté Elvis ?
Peut-être que oui, peut-être que non.
T'as qu'à attendre...
Ton bouquin à la con.
Ou peut-être pas.
J'en parlerai peut-être chez Oprah.
Pardon ?
On m'a demandé de participer à son émission.
Avec d'autres tueurs à gage
qui ont écrit des bouquins.
C'est dément.
C'est pas une bonne idée.
Mon agent la trouve excellente.
Pour l'avance sur les ventes et ça fera peut-être un film.
On sera cagoulés. Où est le problème ?
Ça inquiète Billy.
Qu'il prenne des calmants !
Tu sais qui je vois dans mon rôle ?
Ernst Borgnine.
Il est super ! C'est un bon acteur. Il est mort ?
J'espère que non.
Il a pas intérêt à être mort, je te le dis.
Il doit jouer dans le film de ma vie.
Qui jouera Tom ?
Mon rôle ?
Dans le film de Vic.
Y aura pas de film.
Charlton Heston.
Trop vieux.
Trop vieux ? Tu dis n'importe quoi.
En ce qui me concerne, je verrais bien Burt Reynolds.
Burt Reynolds ?
- Je l'aime bien. - Il serait parfait.
Je suis pas contre.
Peu importe, y aura pas de film.
Et moi ?
Ton rôle dans le film ? Aucune idée.
Qui te dit que t'y seras ? C'est mon film !
Attendez, je sais qui.
- Qui ? - Don Knots !
Don Knots de mes deux ?
C'est ton portrait craché.
Tu te fous de moi ?
Don Knots, jeune.
Tu me vexes. Je t'en ai trouvé un bon, fais pareil.
Don Knots est génial.
Génial !
Il a pas de menton.
Il est quand même génial.
Peu importe, trouves-en un jeune, et avec menton.
Je connais pas les jeunes acteurs.
C'est mon film et t'es pas dedans. On s'en tape !
Écoute, Vic...
- Pas moyen que tu changes d'avis ? - Jamais.
Va pas te faire des idées, Tom.
Tu vois ce que je veux dire.
- C'est quoi ? - Mon insuline.
T'es diabétique ? Depuis quand ?
Depuis que je suis gamin.
Tu peux pas faire ça ailleurs qu'ici ?
Ça urge.
Ton aiguille est énorme.
C'est que je suis gravement atteint.
J'ai horreur des aiguilles.
Ce sera vite fait, y a qu'à trouver le bon endroit.
Va le trouver aux toilettes.
C'est pas grand-chose.
On fait coulisser le piston comme ça...
Va te faire foutre,
petit enfoiré !
J'ai oublié de vider l'air de la seringue.
C'est pas bien.
Tom ! Aide-moi !
Aide-moi !
Qu'est-ce que t'as foutu ?
L'air circule dans le sang jusqu'au cœur,
et fait péter le ventricule.
Ça passera pour une attaque cardiaque.
Tu devais attendre qu'on soit au parking.
Qu'on l'ait emmené là-bas.
J'ai voulu changer pour une fois.
La prochaine fois, parle-m'en d'abord.
D'accord, comme tu voudras.
Regarde-moi !
C'est Vic que t'as refroidi. Un ami à moi.
Un ami intime. Il mérite du respect.
Pas une aiguille plantée dans le cou
alors qu'il est en train de manger.
Désolé, Tom.
Appelle une ambulance.
Faut maquiller ça bien.
Il a refroidi Elvis avec ça ?
C'est pas bon, hein ?
C'est mieux comme ça ?
C'est réglé.
- Bon Dieu, Jerry... - Quoi ?
On n'est pas venus pour elle.
Ah bon ?
Le type qu'on doit buter n'est pas là.
Elle était là. J'aurais dû faire quoi ?
Fallait attendre que j'arrive.
On pouvait partir et revenir plus tard.
On fait quoi maintenant ?
On attend.
On attend le type.
J'avais jamais buté une femme.
Moi non plus.
Elle est belle, tu trouves pas ?
Tu veux la baiser ? Belle ou pas, c'est pas le problème.
Je constate, point.
J'y vois aussi. La beauté entre en ligne de compte ?
Alors, écrase sur sa beauté !
Elle devait pas être là, t'as merdé,
alors, ta gueule !
- T'es fâché ? - Oui, je suis un peu fâché !
J'ai fait mon boulot.
La prochaine fois, laisse-moi faire !
- Elle était là. - Elle y est plus, bordel !
Je suis désolé.
Désolé, Tom. Je suis vraiment désolé.
Tu m'en veux pas trop ?
Te prends pas la tête.
Ce qui est fait est fait.
Je me suis toujours demandé ce que je ferais si...
quelqu'un d'innocent se trouvait impliqué.
Tu sais maintenant.
Hier soir, quand on s'est couchés,
j'arrivais pas à dormir et Deb s'est mise à ronfler.
Une machine à scier du bois.
Puis le bébé s'est mis à crier dans son berceau.
Deb était dans les vapes comme si on l'avait assommée.
Je me suis levé,
c'était mon tour. J'ai donné le biberon
et je l'ai promené dans la maison.
J'ai chanté, mais pas moyen de l'arrêter.
J'ai fini par le poser, je suis allé à la bagnole,
j'étais en caleçon,
j'ai pris mon pétard et je l'ai braqué contre sa tête.
Je suis resté là quelques secondes,
m'imaginant que je butais mon fils.
Tout le monde se voit, à un moment ou un autre,
tuant sa femme et son propre gosse.
Mais c'est qu'une pensée.
Y a de la marge entre la pensée et l'acte.
Je sais.
Mais j'étais là, mon arme braquée sur la tête du petit,
figé dans cette putain de zone grise
où on sait pas si on est dans le rêve ou la réalité.
Franchement...
je savais pas.
Quand tout d'un coup...
il s'est endormi.
J'ai remis le pétard dans la bagnole
et je me suis recouché.
Il ne faut jamais, jamais,
jamais...
braquer une arme sur quelqu'un qu'on aime.
Jamais, quoi qu'il arrive.
Faut laisser son boulot au bureau.
Ou, dans ton cas,
dans le coffre de ta bagnole.
J'ai besoin de vacances.
Des vacances, c'est pas assez.
Ça veut dire quoi ?
Merde !
Ça y est ?
Maintenant, oui.
Tout va bien ?
Ça va.
J'aimerais qu'il se pointe vite fait.
Cette chaleur en décembre, j'adore !
- Deb apprécie l'hôtel ? - Oui.
Peg aussi.
Elles vont cramer à la piscine et on pourra plus les approcher.
Oui, comme des écrevisses.
Tu te souviens du type qu'on a buté à Wakigan ?
- Celui du parking ? - Exact.
J'étais dans le parc naturel,
en train de verser de la chaux sur le type.
J'allais finir,
je lève les yeux...
et je vois un daim.
Un daim ?
À 15 mètres. Tout jeune,
avec des taches blanches, tout tremblant.
- Comme Bambi. - Exact.
Et pendant un moment interminable,
on est restés là... à se regarder.
Tu l'as abattu ?
Non, c'était un moment privilégié.
Puis soudain, il a bondi vers les arbres,
et il a disparu.
Il était entier ou en morceaux ?
Le type ?
Jambes et bras coupés.
C'est beau, Tom.
T'as rien compris.
Comment ? T'es dans les bois, tu couvres le type de chaux,
il est en morceaux,
et tu te retrouves face à Bambi. C'est beau.
J'essaie de t'expliquer un truc.
Je me fais trop vieux pour ça.
J'en peux plus de ce boulot.
T'es sérieux ?
Je pense à la retraite.
J'ai du mal à l'imaginer.
Je rumine, c'est tout.
Si tu le dis...
- Voilà notre type. - Il est là ?
Là-bas.
Je viens de le repérer.
Gardez la monnaie.
Le type en costard ?
À gauche du type en costard.
Avec les lunettes de soleil ?
À côté du type à lunettes.
Avec la... casquette de golf ?
Oui, il parle au chauve.
- T'es sûr ? - C'est lui.
- Il a l'air plus vieux. - Comment ça ?
- On dirait pas lui. - C'est lui.
- T'es sûr ? - Oui !
On le bute quand il va aux toilettes.
Essayons autre chose pour une fois.
Autre chose ?
C'est-à-dire ?
Butons-le ici, dans la cafète.
Y a trop de gens.
Ils dégageront vite.
C'est pas une bonne idée, on nous identifiera.
Crois-moi, personne ne nous identifiera.
Attendons les toilettes.
Faisons ça ici, en plein jour.
Au soleil de la Floride.
Non, Jerry !
Pas question, merde !
Tu fais quoi ?
Tu fais quoi ? L'ouvre pas.
Je vais le faire.
Arrête, je suis trop vieux pour ça.
Tu vas rajeunir, garanti.
Le bute pas comme ça.
Je t'ai jamais donné de meilleur conseil.
T'es un pro, agis comme un pro.
Relax, Tom.
Décoince !
Kovachy Motors.
Qui est à l'appareil ?
Je suis pas là.
Lou ?
Dis-lui que je le rappelle dans la soirée.
Il vous rappelle dans la soirée.
Où sont ces cartes grises, bordel ?
Non, c'est pas lui, c'est quelqu'un dehors.
Il vous appelle dès qu'il arrive.
Les voilà.
Elles étaient devant ma tronche.
Il veut que tu rappelles à propos d'un truc
dont vous avez parlé l'autre soir.
Quel truc ?
- Il a pas dit. - T'as pas demandé ?
Je pensais que tu savais.
Tu me prends pour une voyante ?
T'as idée de tout ce dont on a parlé ?
Aucune.
De tas de trucs.
Je parle de tas de trucs à des tas de gens, toute la semaine.
À propos, toi et moi on a discuté d'un certain truc
ce matin, je me trompe ?
Exact.
Bien, je veux que tu règles ça cette semaine.
Je m'en occupe.
Le truc avec Stan.
D'accord.
La prochaine fois qu'on appelle, pose des questions.
Entendu, je demanderai.
Parce que je me fais vieux
et j'ai du mal à me souvenir de tout.
Réponds, Tom.
Réponds, bordel !
Oui, il est là.
Je comprends.
C'était Billy ?
- Oui. - Il a dit quoi ?
À ton avis ?
Je m'en doutais.
Stan...
tu finis ta blague avant ?
Le pingouin est assis, il boit son scotch...
Le barman lui dit qu'il voit rarement des pingouins.
Le pingouin le regarde et dit :
"À 4 $ le verre, ils vont pas se bousculer."
C'est la chute ?
Exact.
Désolé, ta blague est à chier.
Ferme-la et fais-le.
Une seconde, Jerry.
Quoi ?
Désolé. J'ai rien contre toi.
Détache-moi, merde !
Va te faire foutre ! Pauvre con !
Désolé d'avoir dû serrer si fort. Fallait que ça fasse vrai.
Je t'emmerde !
On aurait dû faire ça depuis longtemps.
Je sais.
Je me fais vraiment trop vieux.
Moi aussi.
Je vais peut-être emmener Peg au lac.
On va se chercher un appart.
Si ça se trouve, Billy...
va me confier la gestion.
Désolé, Tom, l'ordre vient de Billy.
Je t'en veux pas.
T'as pas une blague ?
Un gorille entre dans un bar
et commande une bière.
Il va s'asseoir au fond.
30 min plus tard, un ours le rejoint.
Un ours ?
Un ours comment ?
Comment on dit déjà... un ours brun.
Continue.
Le gorille et l'ours sont assis.
30 min plus tard, un écureuil les rejoint.
Ils passent la soirée ensemble,
et, environ 10 minutes avant la fermeture,
Noé arrive.
Il commande un cocktail et s'installe au bar...
La meilleure équipe, les meilleures affaires
Sous-titres : Alain Delalande
Sous-titrage vidéo : C.M.C.
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