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Musique dramatique
Musique inqui�tante
- Eh ben, tu veux nous tuer ?
- Vous avez vu ces vaches ? Apr�s on s'�tonne qu'il y ait des accidents.
- C'est vite arriv�, hein ?
Surtout de ce temps-l�.
�a glisse.
Je vais redormir un peu, moi. J'ai encore du temps.
Musique inqui�tante
- Je suis chez moi.
- Tu as quelque chose ? - Un colis.
- Je le donnerai. Tu as vu ma caisse ?
- Non. Demain, peut-�tre.
- Dis-lui que je viens dimanche prendre la goutte.
Si elle est pas l�, dis-le moi demain.
- H� ! Les journaux !
On fera la commission.
- O� �a va pas ?
- Je sais pas. Chez toi, �a va mieux ?
- Le docteur dit qu'elle se remettra.
- Dis-lui bonsoir de ma part. - Merci.
- Bien s�r, avec le temps, tout se remet. Ne t'en fais pas.
Musique dramatique
- C'est le seul h�tel ouvert toute l'ann�e.
- Merci.
- Il n'est pas mal. Bon s�jour ! En cette saison, �a sera pas gai.
- Non. S�rement.
- Vous verrez, le pays est joli.
- Bonjour, monsieur. - Bonjour. Vous auriez une chambre ?
- Oui. Certainement.
- Vous venez vous baigner ? - Arthur !
Nous avons peu de monde.
- Je pense rester.
- Vous prendrez les repas ? - Oui.
- Parfait. On va faire une petite fiche.
C'est toujours mieux d'�tre...
...en r�gle avec la police. - Bien s�r.
Quelle est la date ? - Jeudi 20.
- Merci.
- Vous venez de Paris ?
- Oui.
- Vous �tes venu par le train ? - Oui. Pourquoi ?
- Pour savoir. Je suis cheminot.
- Laissez-le �crire.
- J'adore les rails, mais c'est les chemins de fer.
- Vous voulez une autre plume ? - Non. �a va. Merci.
- Vous venez pour affaires ?
- Non. Pour me reposer.
On m'a conseill� l'air d'ici.
- Moi, j'irais ailleurs. Il pleut tout le temps.
- Possible, mais l'air est meilleur qu'� Berck.
Et en �t�, c'est une si jolie plage.
Mais vous devez �tre fatigu�.
Marthe, conduisez monsieur.
C'est les poumons ?
- Comment ? - Les poumons sont atteints ?
- Non. Seulement les nerfs.
- Heureusement. Les poumons, c'est affreux.
- Et c'est contagieux.
- Monsieur ! Vous avez oubli� de mettre la profession.
- Etudiant.
- Je vais le noter.
- Merci. Je suis fatigu�. Je pr�f�re ne pas d�ner.
- Comme vous voudrez. Bonsoir.
G�missements
- Attention � la marche ab�m�e.
- Merci.
- En vous penchant un peu, vous verrez la mer.
Le bouton est pr�s de la porte. Je vous monte de l'eau.
- Merci.
- Si vous avez besoin de quelque chose, appelez par l'escalier.
Horloge
- Je ne pouvais pas deviner, moi.
- Bien s�r.
Bonsoir, M. Georges. - Salut.
Filez-moi un coup de blanc.
J'ai amen� un client.
- Il ne rapporte pas. Il s'est couch� sans d�ner.
- Il d�jeunera. - Il est malade.
- Le pauvre ! Il serait mieux � Berck.
- Vous me faites rire avec Berck !
- Ne vous f�chez pas. - Vous n'avez que �a � la bouche.
Il est malade des nerfs.
- Mais qu'est-ce qu'il a, le vieux ?
- Il est malade.
- Lui ? Il a mang� comme 4. Il se rend int�ressant.
- C'est Mars qui l'excite.
- On va le coucher.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? On voudrait dire quelque chose.
On a compris. Plus la peine de te fatiguer.
Maintenant, on va dormir. Et on va faire de beaux r�ves.
On se demande ce qu'il pense.
- Quand on pense � l'homme que c'�tait il y a 3 ans.
Il nous en donne, du travail ! Marthe, emmenez-le au lit.
- On va faire pareil. A demain. Tu viens ?
- A demain. - Bonsoir, messieurs.
Grincements
Grincements de la pompe
Grincement de la lampe
- Entrez.
Les pas s'�loignent
Le volet grince et claque
Sanglots
- Cette plage serait super pour les courses.
- �a sentirait l'essence.
- Vous et l'air pur !
- Tu sais pas l'utiliser.
- C'est de partout qu'on rappliquerait.
Des palaces, on construirait. Des garages.
- Ce serait beau. - Aussi beau que vos hostos.
- �a durerait toute l'ann�e ? - Il y aurait des saisons.
- Avec les malades, c'est toute l'ann�e.
Surtout avec la tuberculose. Elle dure.
Et les familles viennent. �a fait de la client�le.
L'affection, c'est �t� comme hiver.
Pas vrai ? Quand on aime, on ne compte pas. La tuberculose...
...se r�pand. Plein de gens l'attrapent.
- Vous misez sur le malheur des gens.
- S'il existe, autant qu'il profite � d'autres.
Vous �tes d'accord ?
- Moi, je m'en fous. Plus il y aura de trains, plus j'aurai de boulot.
- Et �a n'emp�che pas de construire un casino.
Les tuberculeux, tant qu'ils tiennent...
- Vous savez, vous me me faites penser � une hy�ne.
C'est un chien qui bouffe que des cadavres.
- Bonjour. Bien dormi ?
- Tr�s bien.
- Le journal ?
- Non. Je suis ici pour me reposer. Je pr�f�re ne rien savoir.
Bonjour.
- Bonjour, monsieur.
- Frotte. �a te fera de beaux bras. Ils sont d�j� beaux.
- Qui c'est, celui-l� ?
- Pourriez-vous m'indiquer un garage ?
- Du boulot.
- Une r�paration ? - Pour la laisser.
- Il y en a qu'un et c'est chez moi. Venez. A droite.
Si vous restez, je pourrai laver la bagnole.
- Je ne sais pas encore.
- Parisien ?
- Oui. Il y a beaucoup d'h�tels dans le pays ?
- En �t�, oui. L�, il n'y en a qu'un.
- Il y aurait une chambre ?
- 2 si vous voulez. Il n'y a pas foule.
En hiver, c'est pas gai. En �t� non plus.
Alors, je m'y mets ?
- L'h�tel est compl�tement libre ?
- Vous avez peur de vous emb�ter ? Vous devriez aller plus loin.
- Au contraire. Je voudrais dormir. Je pr�f�re un h�tel calme.
- Pour le calme, vous serez servi. Il y a juste un autre Parisien.
Il n'a pas l'air remuant. Il est du genre sinistre.
Il est malade des nerfs.
- Tiens ! Eh bien, je crois que je vais essayer votre h�tel.
- Je lave votre tacot ?
- Allez-y, mon vieux. Lavez.
- Pour l'h�tel, c'est l�-bas.
- Merci. Au revoir.
- Au revoir, monsieur.
Le vent souffle fort
Il siffle
Le vent souffle fort
- Attention � la marche ab�m�e.
- Merci, mais il vaudrait mieux pr�venir plus t�t.
- Voil� la chambre.
- Elle est ravissante.
Est-ce que la vue est aussi gaie ?
Joli coin de vue !
Ah ! Enfin une oeuvre d'art !
Un sourire de femme et tout s'illumine !
- Tout va bien ?
- Parfait. - On mange � 12h30.
- On pourrait me monter mes repas ?
- Je demanderai.
- Tenez.
Vous avez peu de clients, juste un jeune ?
- Oui. Pourquoi ? - Car j'aime le calme.
Il descend manger, lui ?
- Bien s�r.
- Alors �a ne vous d�rangera pas de me servir ici. Il est malade ?
- Je crois. Oui.
- Ce qu'il y a comme malades depuis... - J'apporte de l'eau.
Musique dramatique
- Alors toi aussi ?
H� ! H� ! Viens un peu !
Pri�res
- Excusez-la, monsieur.
Allons, avance !
Pri�res
Musique dramatique
- Petit voyou ! Voil� ce que tu es !
Regardez cet air sournois !
R�ponds quand je te parle ! O� �tais-tu encore ?
Tu vas me r�pondre, oui ou non ?
Ne me regarde pas comme �a ! Baisse les yeux !
Insolent !
Tiens ! Attrape ! Baisse la t�te !
- Pourrais-je d�jeuner ? - Oui.
Ce gosse pousserait � bout une sainte.
Marthe, servez monsieur. Et toi, file !
- Du vin ? - Oui.
- Une demie ? - Oui.
- Une demie rouge.
- Vous avez vu la mer ?
- Oui.
- C'est une jolie plage, mais en �t�...
- Avec le soleil, c'est plus joli. - Bien s�r. Vous en voulez plus ?
- Non, merci.
- Il faut que vous mangiez. Un corps comme �a !
- Vous �tes tr�s aimable. - Mais pas du tout.
- Qui est-ce ? - Pas grand chose.
Un orphelin. - Vous l'avez depuis quand ?
- 2 ans. On en a toujours employ� ici. Tu n'as pas bient�t fini ?
�a revient moins cher qu'un domestique. - C'est plus pratique.
- C'est �conomique.
Il faut faire attention. On ne sait pas d'o� �a vient.
C'est un b�tard. Je suis trop bonne avec eux.
C'est voleur. Pourtant, on s'occupe d'eux.
Rien � faire !
C'est pourri d�s la naissance. Le poids du p�ch�.
�a finirait sur l'�chafaud que �a ne m'�tonnerait pas.
Horloge
Elle frappe
Elle refrappe
- Entrez.
- Poussez-vous.
�a pique. Oui. Je sais.
- Merci.
- Mais il n'y a pas de quoi.
Chanson m�lancolique
- Ne pouvant...
...m'apporter qu'amertume...
- Vous d�sirez quelque chose ?
Une porte claque
- Il y a m�me des apr�s-midi musicaux ici.
- J'ai vu dans tes yeux, la raison de ma vie.
Croyant � ton amour...
- Tu attends quoi ?
C'est un beau disque, non ?
- Un tr�s beau disque. - Que reste-t-il aujourd'hui...
...du bonheur de mes nuits ?
Rien qu'un atroce...
...ennui, des souvenirs salis...
...et nos corps d�sunis.
- J'ai voulu...
...effacer au son de sa voix...
...doit-on oublier, la douceur...
...de tes doigts ?
Musique dramatique
- Bonsoir. Votre couvert est mis.
Marthe, servez monsieur. Vous n'�tes pas sorti cet apr�s-midi ?
- Non. J'ai dormi.
- C'est bien, mais il faut aussi profiter du bon air.
Vous aimez le potage ? - Oui. Beaucoup.
- Vous avez raison. C'est tr�s sain.
Marthe !
Mettez 2 couverts pour les Curlier.
- Je commence � le savoir.
- C'est un couple d'industriels.
Ils viennent tous les vendredis. M�me en hiver.
Petit cr�tin !
Fais attention !
Tu es maladroit. Tu attends quoi ?
Que ce soit moi qui essuie peut-�tre ?
Apr�s, tu monteras le plateau � M. Dutoit.
Il frappe
- Qu'est-ce que c'est ? - Le d�ner.
- Une seconde.
Entrez.
Je ne t'avais pas encore vu. Tu es l'enfant de la maison ?
- �a me ferait mal.
- Alors d'o� sors-tu ? Tu travailles ici ?
- Je suis de l'assistance.
- Ne t'en va pas comme �a.
Tu fumes ?
- Des fois.
- Tiens Tu as raison. Il n'est jamais trop t�t pour mal faire.
Quel �ge as-tu ?
- 15 ans.
- 15 ans ? Ainsi, tu es de l'assistance.
Et qu'est-ce qu'on te fait faire ici ? Hein ? Dis.
- Un peu de tout.
- Les sales boulots.
- Oui.
- Bien s�r. Ils sont durs avec toi ?
Tr�s durs ?
- Quand �a lui prend, elle me tape.
- Ben, il faut partir.
- Ceux qui se sont barr�s se sont fait piquer.
- Pas toujours. Moi, je dis �a pour toi.
Mais si tu n'as pas de cran, tu moisiras ici.
Et ce serait dommage.
Non ?
- Si, bien s�r.
- Tu as 15 ans. Tu es... tu es joli gar�on. On ne te l'a jamais dit ?
- Non. Jamais.
- Je te le dis. Avec �a, tu dois r�ussir.
Il y en a des choses � faire dans la vie.
Des choses agr�ables qui rapportent.
Tu as de beaux yeux, il faut t'en servir. Non ?
Je n'ai pas raison ?
- Je ne sais pas, monsieur.
- Tu dois descendre.
- Oui.
- Viens me voir quand tu auras un moment. On bavardera.
Je donne toujours de bons conseils.
Dis-moi.
Tu es copain avec le type d'en face ?
- J'aimerais qu'il se barre.
- Qu'est-ce qu'il t'a fait ?
- Oh, rien.
- C'est parfait.
Prends �a. Lorsqu'il sortira, viens me pr�venir.
- D'accord.
Horloge
- Marthe, nous mourrons de faim.
Ah ! Merci.
- Qu'est-ce qui vous am�ne ?
- Les affaires comme toujours.
Et juste l'anniversaire de mon petit qui est demain.
- Marthe, un peu de pain.
- On ne vous avait jamais vu.
- Je n'�tais jamais venu.
- Comment trouvez-vous le pays ? Joli, hein ?
- Oui. Tr�s joli.
Bon app�tit.
- Merci.
Merci bien.
Musique dramatique
Des chiens aboient
- Il y a quelqu'un ?
Bobby, tais-toi !
Le chien aboie
Piano
Le chien aboie
Chanson m�lancolique
- Rechercher pr�s de toi...
...un �cho triste et sourd...
- Quelle voix elle avait ! - De ce qui tue l'amour.
- �a me fout le cafard.
- Vous �tes tremp�. Prenez donc un petit alcool.
- Oui. Donnez-moi une fine.
- J'ai sommeil.
- Va te coucher.
- Tu viens ? - Non. Je reste.
Laisse-le-moi.
- Et mes mots crois�s ? - �a attendra.
- Bonsoir.
- C'�tait pour la voler. Tous les bijoux ont disparu.
- Je l'aurais jur�.
- En bas de la page.
- Vous, vous avez l'air triste.
Il ne faut pas.
Vous avez la vie devant vous. - Elle n'a pas souffert.
- Vous parlez de votre chanteuse ? - Oui.
- Tenez. La photo de mon petit.
C'est ma femme � c�t�.
Il aura 8 ans demain soir, je ne serai pas l�.
Pour son anniversaire, je ne serai pas l�.
- C'est atroce. J'aurais pr�f�r� que ce soit un crime passionnel.
- Je comprends.
- Moi, j'aime la vie de famille, et je suis voyageur de commerce.
Il est comme sa m�re, il n'a pas une bonne sant�.
- Il est grand.
- Tout le monde lui donne 10 ans. - Monsieur. Monsieur.
Vous venez de Paris. Vous avez d� l'entendre souvent.
Peut-�tre que vous l'avez vue ?
- Oui. Je l'ai vue.
- Souvent ?
- Quelques fois.
- Pourquoi vous �tes triste ?
- Je ne le suis pas.
- On ne voit rien ici.
- Heureusement qu'il nous reste les disques.
- �a devient des documents.
- Comme elle est morte, �a a de la valeur.
- Je vais t�l�phoner � ma femme.
Chanson m�lancolique
- Quand c'est la voix de quelqu'un qu'on aimait, �a doit faire dr�le.
- Excusez-moi.
- All� ? All� ?
- Il est bizarre.
- Les nerfs.
- Je voudrais Roubaix.
- C'est pas un reproche.
Chanson m�lancolique
- Vous sortez ? - Je reviens.
- All� ? Donnez-moi le 54412 � Roubaix.
Chanson m�lancolique
- Vous n'avez jamais d� travailler bien dur.
- Si. Autrefois.
- Il y a longtemps ?
- Oui.
- �a vous a tant fatigu� que depuis vous vous reposez.
- Oui. C'est � peu pr�s �a.
- C'est dur, les �tudes ?
- Je ne suis pas �tudiant.
- Vous ne faites rien ? - Non.
- C'est dr�le. Moi, je n'ai jamais arr�t�.
Des fois, je me demande pourquoi.
- Vous en avez marre ?
- Des fois, oui, mais �a passe.
Marre ou pas, on est bien forc�s de continuer.
Avant de travailler ici, j'�tais � la mine, en Belgique.
Alors maintenant, je ne me plains pas.
Si j'avais un homme et des gosses, j'aurais autant de travail.
Et je n'aurais m�me pas le dimanche apr�s-midi.
J'ai vu ma m�re. La pauvre femme !
Il vaut encore mieux travailler chez les autres.
Il faut en prendre son parti.
On ne peut rien changer, rien.
Alors...
- Vous avez raison. On ne peut rien changer.
- Quel sale temps ! Ici, quand �a commence, il y en a pour des jours.
- Et des semaines.
- Tu es d�j� venu ?
- En �t�, quand j'�tais m�me.
- Et il a plu ?
- Tout le temps.
- C'est toujours comme �a.
Pour des vacances, c'est moche.
- Pour des vacances, oui.
- Une fois ne t'a pas suffi, tu es revenu.
Tu devais �tre mignon quand tu �tais gosse.
- Je ne sais pas.
- Maintenant, tu es beau. On a d�j� d� te le dire.
- Oui. �a ne m'a pas r�ussi.
- O� est-ce que...
Je ne vais pas me mettre � te questionner.
Non. Tu vois. De temps en temps, �tre l�, comme �a...
...on sait qu'on est pas seul. Et puis, c'est tout.
Qu'est-ce qu'il tombe ! T'entends ?
- Oui. �a fait du bien d'�tre l�.
- Je sais. Vous �tes tous pareils.
Tu n'as pas � avoir honte, tu sais.
J'en ai vu d'autres et des plus costauds que toi.
C'est comme de la fatigue. On ne peut pas lutter contre.
Peut-�tre m�me que c'en est.
C'est dur, de vivre.
Sanglots
- Pleure. Va. �a aussi, �a fait du bien.
Les hommes aussi peuvent pleurer.
Ils ont souvent des raisons pour.
Tu n'as pas froid ? Avec cette humidit�, le mal est vite arriv�.
- Je te remercie.
- Non.
Tu n'as pas � me remercier.
Vous consoler, c'est ma fa�on � moi, de ne pas �tre seule.
Pourtant, avec toi, ce n'est pas tout � fait la m�me chose. Toi...
...tu es comme un vrai gosse.
Mais d'�tre l�, avec une femme...
...�a donne des id�es. Il faut faire ce qu'ils veulent.
En Belgique d�j�, c'�tait comme �a.
Qu'ils soient belges, fran�ais ou polonais...
Il n'y a que �a pour leur faire oublier.
- Peut-�tre.
- Toi aussi ?
- Non.
- J'aime mieux �a.
Avec toi, c'est b�te, mais �a m'aurait g�n�e.
Si �a peut te soulager de me raconter ce que tu as. Vas-y. Parle.
C'est si difficile ?
- Non. Rien. Je n'ai rien.
Je suis foutu. Pas la peine d'en parler.
On ne peut rien y faire. - Mais...
- Non. Tais-toi. Tais-toi.
- Il faut rentrer.
- Oui.
- Profitons-en pendant qu'il ne pleut plus.
Rires
- Oh, ben, c'est humide parterre.
- Attendez. J'ai apport� une b�che.
- Ben, tu la trouves ? - Oui. La voil�.
- Viens. - On va...
- Viens. Je te dis.
Rires
G�missements
Musique dramatique
- �a t'a fait quelque chose de les avoir vus ?
- Oui. �a m'a fait quelque chose.
- Ce que tu es compliqu�.
Musique dramatique
- A nous.
- Faites comme �a. Au 2e rang, tout � l'endroit.
- J'essaierai.
- Et �a ne se d�forme pas.
- Vous auriez le journal ?
- Il faut attendre ce soir pour du nouveau.
J'ai celui de ce matin.
Je vous en garderai un tous les soirs.
- Oui. - On va retrouver l'assassin.
- Peut-�tre. Oui.
Musique dramatique
- Tu cherches des coques ? Tu en as d�j� pas mal.
C'est bon, les coques, m�mes crues.
A ton �ge, j'allais aussi en chercher sur une plage comme �a.
Une si jolie petite plage.
Quand j'en avais beaucoup, je les faisais ouvrir sur le feu.
C'est bon quand on a faim. Je faisais cuire des patates aussi.
Pas toi ?
R�ponds. Je fauchais les patates pour les jours o� on me privait de d�ner.
�a doit t'arriver aussi. C'est dans une cabane que je faisais du feu.
Elle ressemblait beaucoup � la tienne.
Je travaillais dur aussi. Aussi dur que toi...
...peut-�tre plus. C'�tait un homme qui me commandait. Il ne m'aimait pas.
Je tirais de l'eau � une pompe, comme toi.
C'est p�nible en hiver, hein ? Le matin, � 5h.
Tu ne veux pas parler ?
Quand je pouvais, j'allais � la cabane.
On est bien. On est seul.
Il n'a jamais eu l'id�e de venir l�.
Mais quand je rentrais, qu'est-ce que je prenais ! Comme toi.
Tu ne veux vraiment rien dire ?
Moi aussi, j'�tais sauvage. �a se comprend.
Tiens L�, il y en a une.
Mais le meilleur endroit, c'est l�-bas.
Aux grandes mar�es, on y trouvait m�me des...
Le gamin siffle
- H� !
Entre.
Tu connais bien cet endroit. - Moi ?
- Oui. Toi. Tu y viens quelques fois en compagnie.
Ne dis pas le contraire, je t'ai vu.
N'aies pas peur. D�s que je vois de l'amour quelque part, je suis ravi.
Dis donc, j'esp�re qu'elle te d�dommage de tes fatigues.
- Qu'elle quoi ?
- Qu'elle te donne parfois un petit billet.
- Non.
- Non ? Ayez confiance en la bourgeoisie apr�s �a.
Il faut lui demander, mon petit.
- Pourquoi ?
- Parce qu'il y a des choses qui se payent � un certain �ge, tu sais.
Tu saisis. Je savais que tu �tais dou�. - Pourquoi vous me dites �a ?
- Car j'aime bien les co�ncidences. Tu ne peux pas comprendre.
Tu lui demanderas ?
- Peut-�tre.
- Il faut. Je vais te dire une chose.
Souviens-t'en. �a te servira.
L'amour, �a n'existe pas. Tu entends ? N'y crois jamais.
Mais profites-en tant que tu pourras.
Tu t'en rappelleras ?
- Oui.
- Un bon �l�ve, un tr�s bon �l�ve. Quelqu'un siffle
- Tu sais qu'il t'a vu aussi ?
- Lui ? - Oui.
Il �tait dans le hangar avec la serveuse.
- Avec Marthe ?
- Oui. Justement.
Tu ne l'aimes pas.
- Non. Je ne l'aime pas.
- Tu veux pas me dire pourquoi ?
- Je ne sais pas. Comme �a.
Il m'espionne. Hier, il �tait dans ma cabane.
- Quelle cabane ? Hein ?
Quelle cabane ?
Ben, vas-y. Dis-le. Je suis un copain, moi.
La cabane que j'ai l�-bas, dans le fortin.
- Il y �tait seul ?
- Oui. Il fouillait.
- Va m'acheter des cigarettes. Prends-en pour toi aussi. Garde la monnaie.
- Quelle marque ? - N'importe quoi. Si. Des bleues.
- Grand-m�re est venue aussi malgr� sa sciatique.
Une panoplie de facteur. Non. All� ? All� ?
Je n'entends plus.
- O� allez-vous ?
- C'est mon jour de repos.
- Bien. - Il n'est pas trop fatigu� ?
- Vous avez lu les journaux ?
- Pas encore.
- �a se complique.
- Louise ! Tu m'entends ?
�a y est, tu m'entends. Moi aussi, je t'entends.
- C'est passionnant d'�tre d�tective.
- Et Edouard, il est l� ?
Et Vovonne, qu'est-ce qu'elle lui a apport� ?
Non !
Disque de la chanteuse d�c�d�e
- Vous n'aimez pas ce disque ?
- Mais si.
- Oh, ne mentez pas. Je le sens.
�a vous rappelle des souvenirs ?
- �a... - Je vous plains.
Pour les souvenirs, c'est terrible, la musique.
Pour moi, c'est La valse triste. Vous connaissez ?
Sibelius.
- Euh...
- �a me rappelle quelqu'un que j'ai connu avant mon mariage.
La vie ne s'arrange pas toujours comme elle devrait. Non ?
- Non. Au contraire.
- Que reste-t-il du bonheur...
- Il a �teint toutes les bougies d'un seul coup.
- A force de l'entendre, on la conna�t. Ne sortez pas !
- Je voudrais marcher.
- Non. On ne fait pas bande � part � votre �ge.
- Vous n'�tes pas bien pr�s de nous ?
- Du cognac ! On va boire aux 8 ans du petit.
- Pauvre femme !
- Oui. Quand on pense qu'elle est venue ici.
Parce qu'elle est venue.
- Ah oui ?
- C'�tait mon oncle qui tenait l'h�tel.
Il allait encore bien. - J'aurais voulu la voir.
- Oh, elle n'�tait pas belle.
Et pas toute jeune.
- C'est curieux, la vie.
- Elle avait eu un accident de voiture, je crois.
- Aux 8 ans de mon petit !
- Ce sont des choses qui marquent une maison.
Le jour de son d�part, un petit de l'assistance qu'on employait a disparu.
- Elle l'a enlev�.
- Elle ?
Elle �tait vieille.
- Ce n'est pas une raison. - Elle �tait �g�e.
T�l�phone
- C'est honteux, quand on pense � la vie qu'elle menait.
- C'est peut-�tre ma femme.
- Elle �tait toujours entour�e de jeunes. - All� ?
C'est pour vous. - C'est Louise.
- Ces femmes-l� ont 2 m�tiers.
Quand on l'a trouv�e, elle �tait nue sous son peignoir, � 15h.
- Elles pensent qu'� leur corps. - On voit o� �a les m�ne.
- L'assassin a peut-�tre... - Ne dites pas �a !
- Ils sont effroyables, dans ce milieu.
C'�tait peut-�tre un sadique. - Mourir sans pouvoir se d�fendre !
- On ne nous donnera jamais les d�tails !
Je suis s�re que c'�tait un sadique.
Peut-�tre qu'elle l'aimait. Qu'est-ce qu'on sait ?
- Pauvre femme ! - Oui. La pauvre !
Je remets son disque une derni�re fois, en souvenir d'elle.
Ce n'est pas la faute des femmes. C'est eux qui sont monstrueux.
Ces petits voyous ! Elles aiment ! Disque de la chanteuse
- Ce qu'elles cherchent, c'est l'amour, et rien d'autre.
Disque de la chanteuse d�c�d�e
- Ce n'est pas inexcusable d'aimer. Toujours.
Si on le retrouve, il faut le tuer, le guillotiner !
- Vos gueules !
Vos gueules !
Quelqu'un pompe de l'eau au puit
- Allez. Viens. Ne fais pas l'idiot.
Tu as d�j� vu un pays o� il pleut autant ?
Oh, je suis b�te ! J'ai oubli� que tu es presque de la r�gion.
Il y a bien un bistrot d'ouvert dans ce pays. Viens.
- Comment as-tu su que j'�tais l� ?
- Parce que je suis intelligent.
- C'est-�-dire ?
- Je me suis souvenu de ce que tu avais racont� de ton enfance.
De cet endroit o� elle t'avait ramass� quand tu avais 16 ans.
Tu es un sentimental.
- Pourquoi es-tu venu ?
- Pour voir de pr�s comment r�agit un monsieur qui a tu� une dame.
Et pour te remercier. Moi, je n'avais pas le courage de le faire.
Tu m'as rendu service.
- Tu l'aimais tant ?
- Ah non ! Pas de psychologie.
Il siffle
- Siffle pas �a.
- C'est la 1re chanson que je lui ai �crit.
- Je sais.
- O� sont les bijoux ? - Quoi ?
- O� sont les bijoux ?
- Je sais pas. - Fais pas l'idiot.
- Je suis parti sans toucher � rien.
- Et ils ont disparu ? A qui veux-tu faire croire �a ?
- Je les ai pas.
- Il me faut de l'argent. Donne-m'en quelques uns.
- Je ne les ai pas. - Si !
Tu pouvais pas faire autrement. - Tais-toi !
- Tu veux tout garder ? - Tu vas te taire !
Tu vas te taire !
Tu es fou ! Je ne les ai pas pris ! !
Je ne les ai pas pris !
C'est pour �a que tu es venu. - Il faut bien vivre.
Tu vas faire quoi, maintenant ?
- Oublier.
- Tu n'oublieras pas.
- Si.
- Mais non. Tu es fichu, comme moi.
Pourquoi l'as-tu tu�e ?
- Oh ! Je n'en pouvais plus.
- C'est une raison.
Maintenant, tu crois que tu es d�barrass� d'elle.
- Oui.
- Je le croyais aussi. Elle, morte, c'est encore pire qu'elle vivante.
- Ce n'est pas vrai !
- Si. Et tu le sais d�j�.
Sonnette
- Tu rentres � Paris ?
- Je crois bien.
- Et toi, que vas-tu faire ?
- Je ne sais pas.
- Je descends !
- Bonne chance.
- Bonne chance.
Et crois-moi, nous sommes foutus.
Il siffle l'air du disque de la chanteuse
- Il est tard, mais je dois partir. La voiture est pr�te ?
- Oui. Oui.
- D'o� peut-on t�l�phoner ?
- T�l�phonez d'ici.
- Merci.
Sortez ma voiture en attendant. �a m'avancera.
All� ? Donnez-moi la gendarmerie d'Arras.
All� ?
All�, la gendarmerie ?
Musique dramatique
- Pr�viens-le.
- Je vais y aller.
Musique dramatique
- Pierre !
Pierre !
Pierre !
Pierre !
Pierre !
Pierre ! Pierre !
Pierre !
Musique dramatique
- Pierre !
Pierre !
- Crois-moi...
...il ne faut jamais se laisser piquer par eux.
Une fois en Belgique, tu te d�brouilleras. Tu fileras ailleurs.
- Tu referas ta vie.
C'est d'accord ? Dis-nous que tu pars.
- Mon copain passe l� vers 6h. Il t'emm�nera � la fronti�re.
Apr�s, tu as moyen de passer. C'est un pote. Tu crains rien.
Alors c'est oui ?
- Bon. Je partirai tout � l'heure.
- Tout se passera bien.
- Reste l�. Je file � l'h�tel. Je reviendrai pour le d�part.
- A tout � l'heure.
- Fais ce que tu veux. Moi, je vais en profiter pour bosser un peu.
- Je peux t'aider ?
- Si tu veux, mais tu vas te salir.
Passe-moi la cl� � molette.
Il y a un sacr� boulot sur cette bagnole.
Ils attendent qu'elles soient dans cet �tat-l� pour les faire r�viser.
Tu vas bien, mon gars ? - Oui.
Mais j'ai mal dans le dos.
- Manque d'habitude. T'en fais pas. �a viendra.
C'est mal foutu, la vie.
- Oui. C'est mal foutu.
- T'as �t� b�te de revenir ici. Tu aurais d� te douter qu'il viendrait l�.
- C'�tait plus fort que moi. Je devais revenir.
- Le vieux aurait pu te reconna�tre.
- J'y avais pens�. Lui aussi, j'avais envie de le revoir.
Il pouvait parler, �a faisait rien. Il fallait que je revienne.
Et j'ai tout retrouv�.
Tout. L'h�tel, la pompe...
...la pluie...
...la cabane. M�me le disque.
- Le jour o� il sera cass� celui-l�, je serai content.
- Il y a un gosse aussi, un gosse comme j'�tais.
Il fait le m�me travail, il a les m�mes habitudes, il est aussi malheureux.
- Allez. Ne pense plus � tout �a. Demain, tu seras en Belgique.
Tu n'es pas le 1er qui croit que tout est fini.
J'en ai aid� d'autres � passer.
- Tu les as revus ?
- Parfois, j'en rencontre.
- Ils sont plus heureux ?
- Bien s�r qu'ils le sont.
Ils se sont refait une vie. Ils sont bien.
- Tu vois...
- Mais il y a les souvenirs.
- Oui. Il y en a.
- T'as pas le choix. C'est la taule ou la Belgique. Il vaut mieux la Belgique.
Tu devrais manger un peu.
Tu risques d'attendre le ventre vide.
- Oui.
- �a ne passe pas vite quand on attend.
- Encore 3 heures.
- A peu pr�s.
Il est quelques fois en retard, quelques fois en avance.
Je vais m'allonger un peu.
�a me reposera. Si tu veux en faire autant.
- Je ne suis pas fatigu�.
- Ne te g�ne pas. Le lit est large.
- C'est chic, ce que tu fais.
- Georges.
Il pleut � verse
- Salut, mon vieux.
Musique dramatique
Clocher
Pompe du puit
- Que voulez-vous ?
- Viens.
Moi aussi, je dormais l�. Ce que j'avais froid.
- Qu'est-ce que vous me voulez ?
- Ecoute-moi bien. Je n'ai plus beaucoup de temps.
Tout � l'heure, tu vas les entendre parler de moi.
Ne crois pas ce qu'on racontera.
Je pr�f�re tout te dire avant. C'est moi qui ai tu� la femme.
�a, c'est vrai.
Mais je ne suis pas un salaud. Toi, je veux que tu le saches.
C'est ici que je travaillais avant.
Tout ce que tu fais, je le faisais.
Le plus dur, c'�tait en hiver.
Et puis, elle est venue.
Et je suis parti avec elle.
Je serais parti avec n'importe qui.
Elle, je ne pouvais pas la voir comme elle �tait.
Elle, c'�tait...
Tu sais, la voix du disque. C'�tait...
On en imagine des choses avec une voix de femme.
5 ans, �a a dur�. 5 ans de saloperies.
Tu peux pas t'imaginer la vie qu'elle m'a fait mener.
Tous les autres autour d'elle, toute la bande.
J'en pouvais plus. Je n'avais aucun moyen de m'en sortir.
C'est pour �a que je l'ai tu�e.
Je ne le regrette pas.
Mais maintenant, c'est encore pire.
Tu vois, moi, j'ai tout rat�. Pour toi, je ne veux pas que ce soit pareil.
Ne t'en va pas. Ne fais jamais rien contre eux.
Si tu partais, tu n'as pas id�e de ce que ce serait.
Il te faudra beaucoup de courage, pendant des ann�es.
Mais attends. Un jour, �a finira.
Tiens Prends �a.
Ne la montre pas.
Pense � moi parfois, quand tu n'en pourras plus.
Souviens-toi ce que j'ai fait.
Il faut que je m'en aille maintenant. T�che d'avoir du cran, mon petit.
Ne fais pas de blagues, hein ?
C'est tout ce que je peux te dire.
La cabane, c'est moi qui l'avait faite quand j'�tais ici.
C'est pour �a, ne m'en veux pas.
- Vous l'avez bien eue, la vieille.
Musique dramatique
- Qu'est-ce que tu as ?
- Rien.
- Ben alors, rentre les brocs.
Mais qu'est-ce qu'il y a ?
- Il vient de venir.
- Il y a longtemps ?
- Non.
Marthe ! - Quoi ?
- Il va revenir ?
- Est-ce que je sais, moi ?
Musique dramatique
- Tu l'as vu ? - Il est pas l� ?
- Non. Il a fil� quand je dormais. - H� !
Je dois partir.
- 5 minutes.
- Vous pouvez partir. - S�re ?
- Oui. Il s'est arrang� autrement.
- Ben, tant mieux pour lui. C'�tait de bon coeur.
- Je me doutais qu'il partirait pas.
- Qu'est-ce qu'il va faire ?
- Il y avait une autre solution. Il y a pens�.
- C'est peut-�tre mieux comme �a.
- Peut-�tre. Il faut que j'aille travailler.
- Tiens
Regarde-les.
- Pourvu qu'ils arrivent trop tard.
Musique dramatique
Clocher
- Allons voir la mer.
- C'est une bonne id�e.
- Mon petit collectionne les cartes avec des monuments aux morts.
- C'est charmant.
- Il a des go�ts si s�rieux pour son �ge.
- Bonjour.
- Bonjour.
Clocher
- Ah ! C'est vraiment une tr�s jolie petite plage.
Musique dramatique
Sous-titrage: C.M.C.
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