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Original subtitles

Madame.

Mme Curie ?

Une ambulance !

Que s'est-il pass� ?

Vite, elle est tr�s faible !

Mais c'est Mme Curie !

Duclaux ?

Oui.

La microbiologie vous int�resse ?

Comme toute science faisant �voluer les mentalit�s.

Pierre Curie.

Bonjour, M. Curie.

Au revoir.

Vous n'�tes pas seul.

Je vous d�range.

En effet.

Peut-�tre nous direz-vous pourquoi vous nous d�rangez ?

Professeur Lippmann !

Je proteste avec virulence !

Mon mat�riel a encore �t� d�plac� hier.

La raison est simple.

Quel irrespect de la part de ceux

qui partagent le laboratoire avec moi !

Puis-je �mettre une hypoth�se, Mlle Sklodowska ?

Votre mat�riel prend trop de place !

Si notre mat�riel ne reste pas en place...

C'est barbare, j'en conviens.

Alors assurez-moi que...

Dans ce cas, il faut quitter mon laboratoire.

Pardon ?

On ne saurait vous satisfaire.

O� irais-je ?

Montez votre propre laboratoire.

Il faut des fonds.

Alors il faut r�fl�chir avant de faire, sans cesse, des requ�tes,

cela nous servira de le�on � tous.

Parce que je suis polonaise ?

Mais non !

Que je ne suis pas un homme ?

Possible, Maria, mais...

On est � Paris, appelle-moi Marie.

- Ton enfant pleure. - Je sais.

Et si tu faisais preuve d'un peu d'instinct maternel ?

- Pardon, madame. - Merci !

Merci.

Si tu le revois,

excuse-toi.

Je viens tout droit de Pologne pour �tudier !

Pas d'excuses. Adieu, la science !

Je finirai professeur !

Tu es vraiment impossible !

Ton enfant est impossible.

Maria...

- Excuse-toi. - Non, jamais.

Je me d�brouillerai.

Non.

Ne d�duisez rien de ma pr�sence � vos c�t�s.

La femme avec le Duclaux ?

Bonjour.

Je suis l� parce que vous �tes aussi gauche que moi, et...

Moi, gauche ?

On a l'air moins gauches ensemble...

- Je ne me sens pas gauche. - ... que s�par�s.

Voil� une th�orie int�ressante.

Pierre Curie.

Vous aimez votre nom, c'est la deuxi�me fois.

Vous �tes Maria Sklodowska.

Vous aurais-je dit mon nom ?

Elle est merveilleuse.

La danseuse.

Elle s'appelle Lo�e Fuller. Vous aimeriez la revoir ?

Savoir le nom de chacun, c'est votre truc ?

Elle l'appelle "la danse du feu".

Pourquoi ?

Le mouvement des flammes l'int�resse.

En fait, je sais votre nom,

pour trois raisons.

Vous �tes l'une des 23

femmes scientifiques de l'unit�.

Un nombre premier.

J'ai eu vent de vos bisbilles avec Lippmann.

Gare � l'infamie !

Enfin...

j'ai lu votre article sur le magn�tisme de l'acier.

D'une grande valeur scientifique.

Merci.

Puisque vous �tes aimable,

j'avoue avoir lu votre article sur la cristallisation.

Qui m'a plu, vraiment.

Merci.

Lippmann vous a expuls�e, para�t-il. Navr�.

Pas de piti�, M. Curie.

- Si je peux �tre utile... - �a ira.

Pour le local, je ne suis pas redevable. Entre pairs, c'est normal.

Je suis comp�tente et...

Votre ingratitude est l�gitime.

Et, cela va de soi, je ne serai pas votre ma�tresse.

Cela ne m'avait pas effleur�.

Je ne tol�rerai aucune ing�rence.

Ni qu'on me dise comment optimiser mon...

J'aime partager la science, et ensemble...

Je ne le tol�rerai pas.

Il faudra apprendre � le faire. J'appr�cie la collaboration.

Je m'int�resserai � votre travail

et jugerais int�ressant que le mien vous int�resse.

Mlle Sklodowska !

Avant de refuser l'unique lieu qu'on vous propose,

venez au moins voir o� je travaille.

Basique.

Marcel, Andr�, Maurice et Paul,

je vous pr�sente Mlle Marie Sklodowska.

Enchant�, Mlle Sklodowska.

- On a tant entendu parler de vous. - Ah bon ?

Je d�plais sans doute � l'Acad�mie autant que vous.

On m'a refus� des promotions importantes,

chaires, cr�dits.

Pourquoi ? Peut-�tre que je les ennuie,

ou les effraie. Mais ils ne me g�tent gu�re.

Vous �tes plut�t r�put�.

Je vous demande de partager ce lieu r�put�,

quoique basique, avec moi.

Pourquoi le demander ?

J'ob�is � mon instinct.

L'instinct n'a rien de scientifique.

Il existe cependant.

Oui.

Oui, �a me conviendra parfaitement.

Bien.

- Vous faites ce test depuis une semaine. - J'observe.

- Vous cherchez quoi ? - J'observe mieux en silence.

Je mesure l'uranium et y d�couvre

moins de radiations que dans son minerai.

Le minerai est plus puissant que l'�l�ment ?

Exactement.

- Et je ne peux... - Simple anomalie.

J'ai fait l'analyse six fois,

le r�sultat est identique.

Mon instinct me dit qu'il y a un autre �l�ment

qui fausse le r�sultat.

Vous auriez trouv� un nouvel �l�ment ?

- Si vous vous moquez, je... - Non, pas du tout.

C'est exaltant.

- Vos appareils sont inefficaces. - Ils fonctionnent.

Pour des chiffres fiables,

il nous faut une pr�cision extr�me.

Pas de "nous".

Il faut mesurer l'aspect microscopique de l'�nergie.

- Non, s'il vous pla�t ! - J'ai une id�e.

Suivez-moi.

M. Curie.

Pardon, c'est un peu loin.

La longueur de notre trajet m'importe peu.

La destination, oui.

Ce fleuron des h�pitaux parisiens poss�de un...

Je pr�f�re ne pas aller dans les h�pitaux.

Mais vous �tes une scientifique !

Maria...

Tu as peur ?

De quoi ?

De ma maladie.

Non.

Bien.

Il n'y a pas � avoir peur.

Tu vas mourir ?

Pas si tu me gu�ris.

Comment je te gu�rirais ?

En m'embrassant.

Si tu m'embrasses encore, promis, je ne mourrai pas.

Bronia dit que...

Ta s�ur ne sait pas tout.

Embrasse-moi.

Tu as senti ?

Non.

C'�tait le son du monde

qui prend une nouvelle direction.

Celle de Maria Sklodowska.

Je ne le sens pas.

Embrasse-moi encore.

Et maintenant,

tu le sens ?

Oui.

Je crois que oui.

Tu m'as gu�rie.

Pardon, �a a �t� long.

Vous allez mieux ?

J'ai d�cid� de me passer de votre mat�riel.

Quand on s'occupait de cristaux,

il fallait mesurer des charges microscopiques.

Et rien ne fonctionnait.

Jusqu'� ce que je fasse ceci.

Un �lectrom�tre � quadrants.

Il peut mesurer

avec pr�cision

les infimes charges �lectriques d'une mati�re.

Le potentiel �lectrique aussi ?

Votre mat�riel est limit�.

Le mien, non.

Votre science est g�niale.

La mienne aussi.

Vous proposez qu'on s'associe ?

Exactement.

Au fond, il s'agit de dissolution.

Mon mari me lance un regard d�sapprobateur.

Aucunement.

Je pose des questions idiotes � tes �minents amis.

Elles sont tout sauf idiotes.

Ma m�re disait : "Pas de mari intelligent."

Tu le d�cevras et il te d�cevra.

Comment je te d�cevrais ?

En l'emp�chant de se sentir � la hauteur.

Cette femme peut rester.

Je d�barrasse et tu poses les questions.

Donc, vous...

prenez

le minerai

et entamez la dissolution.

On prend la pechblende,

un minerai sp�cial

provenant d'une lointaine mine de Boh�me,

et via un processus scientifique,

on retire les �l�ments connus

et on voit ce qui reste.

Quel est ce processus scientifique ?

Excellente question !

On le broie.

Un travail harassant.

On le porte � �bullition,

ce qui entra�ne le d�tachement de la substance.

On ajoute

des solutions acides et alcalines

jusqu'� obtention

d'�l�ments purs.

Et il y a moult substances � extraire.

Un d�fi !

C'est exaltant !

Pourquoi l'uranium, d'abord ?

- Becquerel. - Un scientifique d'envergure.

Il a d�couvert par hasard

que les sels d'uranium envelopp�s d'un tissu noir

impressionnaient une plaque photographique.

Il a pens�

que l'uranium interagissait avec un �l�ment de l'atmosph�re.

J'affirme, moi, que c'est l'�l�ment en soi.

- Th�orie tr�s radicale. - �a reste obscur.

Prenons le raisin. Comment fait-on du vin ?

On le presse et il fermente.

Imaginons qu'il se presse et fermente tout seul,

change de nature propre.

Et si je vous disais

qu'en muant de lui-m�me en vin,

il lib�re une montagne d'�nergie,

et que tout peut arriver.

Vous seriez exalt�e, non ?

Et comment !

En fait, la science change.

Et ceux-l� m�mes qui la dirigent

sont ceux qui croyaient la Terre plate, et je prouverai qu'ils ont tort.

Comme Newton l'a fait.

- Nous le prouverons. - Merci.

Je vois comment vous me regardez.

Comment donc ?

Comme du raisin qui fermente ?

- L'analogie me pla�t. - Elle n'est pas mal.

Vous avez raison.

Je vous regarde d'une certaine fa�on.

Et parfois...

j'ai l'impression que vous faites de m�me.

� la mort de ma m�re, je suis rest�e muette une semaine.

De chagrin, a-t-on pens�. Erreur !

J'�tais incapable de comprendre

pourquoi on m'avait pris une chose si vitale.

Je suis �go�ste depuis toujours, n'esp�rez pas...

Vous n'�tes pas �go�ste. Mais plut�t...

�gocentrique.

Ce qui est � vous est � vous.

Je ne serai jamais la femme que vous attendez.

Vous riez de moi.

J'ai �t� pr�somptueuse.

Je sais, on se conna�t � peine.

Je ris parce que...

vous ne me laissez pas vous demander votre main.

Oui, ma foi.

N'est-ce pas ?

D'un point de vue scientifique, en aviez-vous l'intention ?

D'un point de vue scientifique, la chose m�rissait dans ma t�te.

De fait, on se conna�t � peine.

Mais oui, l'intention �tait l�.

Marie Sklodowska.

Vous surpassez toute femme

� laquelle j'aurais pu aspirer.

Et jamais je ne vous consid�rerai comme mienne.

J'aimerais partager ma vie avec vous.

Merci beaucoup.

Par ici.

On ne bouge plus.

Rappelle-moi qu'il faut quitter Paris

aussi souvent qu'il est humainement possible.

D�couvrons les merveilles du monde.

Rappelle-moi

de r�fr�ner ton glorieux besoin de tout exag�rer.

Je pensais en avoir fini avec les femmes.

Quoi ?

� t'entendre, tu avais � peine commenc�.

En fait,

je pensais m'absorber dans la science.

Tu adores ces tournures pompeuses, pas vrai ?

Mais tu m'as transform�.

Tu m'as drogu�e pour que je c�de.

Jamais de la vie !

Tu es extraordinaire.

C'est ridicule !

Je te porte jusqu'au seuil.

Non, tu me bandes les yeux,

c'est plus d'efforts pour moi que pour toi.

L'Acad�mie, pour notre union...

Et notre travail !

... nous octroie un nouveau logement o� l'on pourra � loisir

travailler sur la pechblende.

- Pourquoi ces yeux band�s ? - C'est exaltant.

Pr�te ?

Bonjour, Paul.

Bienvenue � Versailles.

- C'est... - Loin de nos attentes.

C'est un appentis.

Tu n'as encore rien vu.

C'est...

Fou, non ?

Venez.

Ils se sont surpass�s.

Tu l'as dit.

Bonjour.

J'ai une livraison. Marie Sklodowska ?

C'est Marie Curie, mais vous �tes � bon port.

- Je mets �a dans la cour. - Merci.

C'est la pechblende ?

- Sois prudente. - Bien s�r.

Encore.

Ir�ne ?

Ir�ne.

Oui.

Voici.

Doucement, Paul.

C'est du radium.

Du radium ?

Une once de radium.

Obtenue avec 4 tonnes de pechblende.

C'est un d�but, mais...

n'est-ce pas la plus belle chose qui soit ?

Vous �tes s�re ? Vraiment ?

Certaine.

Oui.

Je n'ai jamais rien vu d'aussi beau.

�a change tout, non ?

Oui.

Nous pensions trouver un nouvel �l�ment.

Erreur.

Il nous a fallu 4 ans,

4 tonnes de pechblende,

40 tonnes de produits chimiques corrosifs,

et 400 tonnes d'eau.

Nous venons vous pr�senter

deux nouveaux �l�ments.

Le polonium

et le radium.

Nous pensions les atomes finis et stables.

Mais certains ne le sont pas,

et dans leur instabilit�,

ils �mettent des rayons.

Ce que j'ai appel�

radioactivit�.

On est venus vous dire que vous aviez fondamentalement

mal compris l'atome.

On ne bouge plus !

Les Curie d�couvrent la radioactivit�

Madame Curie acclam�e

D�couverte du polonium et du radium

"mal compris l'atome"

Le radium viole les lois fondamentales...

atomes instables

Radioactivit�. Vie. Mort.

Femme ou homme ?

Femme, bien s�r.

Bonsoir.

Tu as command� ?

Champagne !

- Quoi ? - Je l'ai.

- Quoi ? - Je suis professeur.

- C'est vrai ? - Oui !

Ils mesurent enfin mon potentiel !

Doucement.

Pourquoi ?

Si.

Je suis le professeur Curie et je vais avoir un deuxi�me enfant !

F�licitations, professeur Curie.

On va o� ?

Dans un endroit qui te plaira.

Je suis fatigu�e, enceinte.

Et il fait froid.

Lo�e Fuller nous invite � une s�ance.

Lo�e Fuller ?

Du spiritisme ? Un peu de s�rieux !

C'est une science comme une autre.

Arr�te tes sornettes. Il n'y a rien � voir ni � analyser.

La radioactivit� ne se voit pas.

Aucun rapport !

Bonsoir, Lo�e.

Nous vivons dans un monde

o� la lumi�re invisible

peut traverser la chair

et d�voiler les os en dessous.

Gr�ce aux "regards X",

je convoquerai

la pr�sence de Beethoven

� mesure qu'elle m'appara�tra.

Des "regards X" ?

- Comme dans les rayons d'uranium ? - Oui.

Dans un court instant,

le portrait

de Beethoven

appara�tra

sur cette plaque photographique.

Beethoven revient d'entre les morts, maintenant !

Elle utilise notre science pour son travail.

Tout scientifique s'appuie sur des travaux ant�rieurs.

Tu appelles �a de la science ?

�a pourrait bouleverser la science.

Nous avons d�j� boulevers� la science.

C'est plus marqu� sur l'autre.

Plus trait�, en tout cas.

On a eu une autre offre.

Ils veulent quoi ?

Des sels radioactifs.

Contre la calvitie.

Tu as r�pondu quoi ?

"On n'a d�pos� aucun brevet pour le radium, usez-en � votre guise."

Avec un brevet, on agrandirait le labo.

La port�e scientifique prime...

Si on en �tait propri�taires, personne n'en jouirait.

Je doute que les gens en voient la port�e.

Les gens en voient la port�e, crois-moi.

Allumettes radioactives.

Cigarettes radioactives.

Chocolat radioactif.

Dentifrice radioactif.

Il y a l� une lettre

pour de la poudre de riz radioactive.

Lo�e Fuller veut qu'on lui fasse une tenue radioactive.

J'ai r�pondu qu'on ne faisait pas de couture.

Sais-tu qu'on danse � Broadway, sur notre travail ?

Le "Piff, Paff, Pouf" !

Quelle folie...

C'est quoi ?

Rien.

Danlos, le dermatologue, est venu me voir la semaine derni�re, exalt�.

Il a mis du chlorure de radium sur une tumeur.

Et elle a consid�rablement diminu�.

Diminu� ?

Deux mille ans,

le cancer, la maladie incurable.

Tu imagines ?

Ils forment un groupe de travail.

Notre radium soignerait le cancer ?

Danlos n'est qu'un d�but.

Je sens notre travail rayonner.

Je le sens changer le monde.

M. Warner ? Docteur Jenkins.

Et toi, tu es Peter.

Bonjour.

Tu sais qui c'est ?

Le docteur gr�ce � qui tu iras bien mieux.

Ensuite, on rentrera tous � la maison.

On utilisera un acc�l�rateur lin�aire.

Un quoi ?

C'est le summum de la science.

Vous en avez d�j� utilis� ?

Dans cet h�pital, votre fils sera le premier.

Dans le monde, c'est la 5e machine de ce type.

Mon fils n'est pas un singe pour vos recherches.

Si on ne trouve pas de traitement,

son cancer attaquera tous ses organes vitaux.

Cette machine r�duira sa tumeur, je le garantis.

Suffisamment ? Je l'ignore.

Mais elle augmentera sensiblement ses chances de survie.

Je veux la voir.

Naturellement.

Je ne la voyais pas si grosse.

C'est une machine d'une puissance incroyable.

D'o� sa taille.

Il sera � l'int�rieur ?

Non.

Il sera sangl� l�.

Sangl� ?

Pour �viter qu'il ne bouge.

Il faut �tre tr�s pr�cis

avec les rayons.

Cela lui fera mal ?

M. Warner, cette machine am�liorera la vie de votre fils.

Voire le sauvera.

Ne bouge pas, fiston.

Mauvaises nouvelles ?

Non, pas du tout, �a s'est bien pass�.

�a a march� ? Il va mieux ?

La route est longue, mais c'est un bon d�but.

Voulez-vous le voir ?

C'est la derni�re fois que je viens !

Attends de voir.

L'ectoplasme n'appara�t que dans le silence.

Comment ?

- Le radium te fait mal ? - Je l'ai enlev�.

Il a chauff� la chair,

l'a rendue grise.

Il y a une l�sion.

Fascinant.

Quelle mystificatrice !

Et ils ont nou� une myst�rieuse amiti�.

Il a promis de la peser avant, pendant et apr�s ses sessions

pour voir s'il y a un esprit...

qui appara�t.

Tu es jalouse, je crois.

Certainement pas.

Je suis indign�e, il devrait prendre ce qu'on fait au s�rieux.

Bon Dieu...

Il m'a reconnue.

On est � la une.

Il m'a reconnue.

�a surprend les gens que la c�l�bre Mme Curie soit ma s�ur.

La c�l�brit� pla�t aux idiots.

Et elle donne � Pierre des id�es tr�s �tranges.

Laisse-le �tre �trange.

Profite de sa joie.

Et le spiritisme ?

La foi n'est pas un mal.

J'ai foi, et dans l'humanit�, et dans le progr�s.

Mais la vie apr�s la mort est sans fondement scientifique.

Tu ne t'es jamais dit que m�re �tait...

quelque part ailleurs ?

Si.

Dans un trou, dans la terre, en Pologne.

Lieu bien sup�rieur � Paris.

Maria,

tu es d'un cynisme...

Non, seulement r�aliste.

� qui �cris-tu ?

Ils me proposent la L�gion d'honneur.

Alors je r�ponds.

Mais encore ?

Qu'ils remercient le ministre, mais je n'ai nul besoin d'�tre d�cor�.

En revanche,

j'ai grand besoin d'un vrai laboratoire.

Tu tousses beaucoup.

Ah bon ?

Marie...

Ne m'emm�ne pas � l'h�pital, je n'irai pas.

Attends l�.

Forceps, s'il vous pla�t.

Allez, poussez.

- J'y arrive pas. - Respirez.

C'est presque fini.

J'ai cru qu'on l'avait perdue.

La grande Marie Curie avait besoin d'aide et tout le monde a accouru.

Elle aurait d� mourir.

Mais ils l'ont sauv�e.

Et toi aussi.

�ve.

Ir�ne.

Tu penses � quoi ?

Je sais pas.

Tu ne penses � rien ?

Je ne sais pas.

Tu dois toujours penser � quelque chose.

� quoi tu penses, toi ?

Tu es trop jeune pour comprendre.

Notre travail est en lice pour le Nobel.

Pour notre d�couverte de la radioactivit�.

L'�loge

ne mentionne que mon nom.

Et...

Et ?

Je leur ai dit que si Nobel il y avait,

il serait pour nous deux.

Paul, il me faut une chaise.

Quelle heure est-il ?

Midi dix.

Quelle heure est-il en Su�de ?

Midi dix.

Vous �tes s�re de vouloir �tre ici ?

�a me semble

�tre le bon endroit.

Que l'humanit� en tire profit...

Pr�t, M. Curie ?

Non.

On peut concevoir

que le radium soit tr�s dangereux dans des mains criminelles.

Colonel Tibbets, � bord de l'Enola Gay.

Me recevez-vous, Washington ?

Oui, colonel Tibbets. Termin�.

Le capitaine Robert Lewis m'informe que Little Boy est arm�e.

Autorisation de larguer.

Accord�e.

On peut se demander

si l'humanit� a avantage � conna�tre les secrets de la nature,

si elle est m�re pour en profiter

et si cette connaissance ne lui sera pas nuisible.

� mon signal,

trois,

deux,

un.

L'exemple des d�couvertes de Nobel est caract�ristique.

Les explosifs puissants ont permis � l'homme

de faire des travaux admirables.

Ils sont aussi un moyen terrible de destruction

aux mains des grands criminels

qui entra�nent les peuples vers la guerre.

Je suis de ceux qui pensent, avec Nobel,

que l'humanit� tirera plus de bien que de mal

des d�couvertes nouvelles.

Te voil� !

Oui.

Tout s'est pass� comme pr�vu ?

Oui.

As-tu eu l'ovation que tu pensais m�riter ?

Mon discours ne parlait que de toi et ton travail.

Moi, la simple �pouse.

- T'ai-je trait�e ainsi ? - L'�pouse de Pierre Curie.

Tu disais te soucier uniquement de ce que tu accomplissais.

Je me suis battu pour...

En bonne �pouse, je te donne des enfants,

et je tiens ta maison.

Sortons de Paris, qui nous pollue.

Tu oses t'attribuer mon g�nie, leur ovation !

Changeons d'air.

"Je suis de ceux, avec Nobel, qui..."

Non, j'ai �t� clair.

- "croient que l'humanit�..." - J'ai dit que c'�tait notre travail !

Tu as vol� mon g�nie, tu n'aurais jamais d� y aller sans moi !

Tu venais d'accoucher.

Tu �tais trop faible pour voyager, et tu ne voulais pas venir !

J'�tais cens� faire quoi ?

L'enjeu nous d�passe !

Il fallait quelqu'un pour pr�senter notre �uvre !

Tu �tais en col�re car ils ne voyaient pas un pair en toi.

Tu me comprends si bien.

J'�tais en col�re car ils se trompaient.

Tout ce qui m'int�ressait, c'�tait la science !

N'ai-je pas fait de toi une meilleure scientifique ?

N'est-on pas meilleurs ensemble ?

Bien s�r.

Car tu es particuli�rement intelligent. Seulement voil�, je te surpasse.

Ton probl�me, c'est ton arrogance.

Mon probl�me, c'est toi,

et le fait que je t'aime tant.

Je comprends bien ce qui nous lie.

Mais je ne comprends pas ce qu'�tait ma vie sans toi.

M�me quand je me revois enfant,

tu es pr�sente.

J'aurais aim� que tu m'accompagnes en Su�de.

Qu'on y soit ensemble.

Je suis malade, Marie.

Malade.

Je tousse du sang.

Quittons Paris,

reposons-nous et remettons-nous.

Et le laboratoire ?

Il attendra.

- Pr�servons-nous. - Il y a tant � faire.

S'il te pla�t, Marie.

Pierre, ne t'�loigne pas !

Maria !

O� es-tu ?

Attention !

Bonsoir, mon vieil ami.

Bonsoir.

A-t-on une liste de candidats ?

Bien, vous en avez un exemplaire ?

Bienvenue, Mme Curie.

J'ignore pourquoi je suis l�.

Le panel a pens� � vous

pour la chaire du professeur Curie.

Vous me c�dez la place de Pierre ?

On ne vous c�de rien.

On re�oit des candidats

et on vous consid�re �ligible � ce poste.

Et si je n'en veux pas ?

�a nous fera un candidat de moins.

Je souhaite qu'on consid�re mon m�rite personnel.

S'il s'agit de piti�, non merci.

S'il s'agit l� de quelque ordre du jour,

non merci.

- Bien, et si... - Je n'ai rien � ajouter.

Je ne veux pas de ce travail, mais je le prendrai.

Et si ma science ne suffit pas, eu �gard � ma qualit�,

alors vous avez mal compris ma science.

Mes excuses, messieurs.

Attitude caract�ristique, h�las.

C'est un accomplissement.

Une femme professeur � la Sorbonne ?

Promotion bien tardive

pour la 1re femme prix Nobel de France et du monde.

Nobel ? Je n'�tais m�me pas s�lectionn�e.

Pierre s'est battu pour moi, pour que notre travail soit reconnu.

Sans lui, je ne l'aurais pas.

Il �tait tout pour moi, et maintenant il a disparu.

Et je...

je suis perdue.

�a passera, Marie.

Non.

- Vous �tes tr�s forte. - Mais lasse de l'�tre.

Je ne le veux pas, je veux �tre faible.

Pierre serait contre.

Vous parlez pour lui ?

Il me manque aussi.

La voil� !

Parlons du radium.

Singulier

et remarquable �l�ment

car

il ne se comporte pas comme il le devrait.

Assistez � l'explosion. 50 cents par personne

On l'appelle "la ville condamn�e".

Sacr� boulot, dites donc !

JCPenney habille les mannequins.

Ils sont plus chics que nous, �a nous fait marrer.

Pourquoi ce souci du d�tail ?

Belle b�te !

Pardon � tous.

- C'est pas grave. - Mes excuses.

Lunettes.

Certains disent que mon radium les rend malades.

Vous l'�tes ?

Vous ?

An�mie.

Mais il n'y a pas de preuve, non...

Certains disent

que c'est �a qui a affaibli mon Pierre et l'a emp�ch� d'en r�chapper.

Son cr�ne a �t� �cras�.

Le radium n'a rien � voir l�-dedans.

Je ne peux rien faire sans lui.

- Il l'aurait voulu. - Je sais.

Il aurait eu des attentes.

Moi aussi, j'ai des attentes.

Vous �tes la femme la plus admirable

que j'aie rencontr�e.

La plus belle personne.

Je sais ce que vous avez perdu.

Il m'a dit un jour qu'il n'imaginait pas la vie sans moi.

Et je n'ai jamais rien r�pondu.

J'aurais d�.

Besoin de manger ?

Alors sauve-toi.

La radioactivit�

est l'�mission spontan�e

de radiations, ou de particules, apr�s la d�sint�gration

des noyaux qui, du fait d'une structure particuli�re,

sont bien plus instables.

Elle concerne des particules �mises par les noyaux

du fait de l'instabilit�.

C'est tout, merci.

Ce n'est pas si grave.

- Qui est-ce ? - Ils sont deux.

Marcel Demalander et Maurice D�m�nitroux.

Ils isolaient du thorium X.

Pour qui ?

Une usine hors de Paris.

- Maurice �tait malade. - De quoi ?

- Leuc�mie. - Et Marcel ?

An�mie.

An�mie s�v�re.

- Le lien est direct ? - Bien s�r.

Radiations et complications sont li�es.

On rencontre ces cas de plus en plus souvent.

On en �tait conscients.

Il faudra l'�tre davantage.

Elle perd son mari et prend le mien !

La grande Marie Curie.

R�duite � voler.

Non.

Tu n'es pas Marie Curie.

Tu ne m�rites m�me pas ce nom.

Ton nom

est Maria Sklodowska et tu es polonaise.

Une sale Polonaise.

La sale Polonaise qui a invent� un poison

que le monde trouve merveilleux !

Mais je sais ce que tu es !

Je l'ai entendue.

Et tu es rest� ici !

�a aurait �t� pire.

Le plus logique �tait de rester ici, ce que j'ai fait.

Navr� qu'elle ait dit tout �a.

Inutile.

Marie.

Quoi ?

Que fait-on ?

4 pages dans ce torchon nationaliste !

Sa femme a engag� un d�tective priv�.

Ils ont vol� nos lettres.

La presse les a imprim�es.

Je lui conseillais de ne pas donner de plaisir � sa femme.

La presse s'indigne que des femmes aient du plaisir.

Ces plaisirs intimes...

- Tu parles de... - Sexe, oui !

Je t'ai choqu�e.

Et tous les autres.

Tu ne m'as pas choqu�e.

Tu ne devrais pas �crire l�-dessus.

C'est intime.

On n'�crit pas l�-dessus.

Les gens regardent.

Ils l'ont toujours fait.

Pas ainsi, pas avec haine.

Quitte la France, sale immigr�e !

"ne pas lui donner de plaisir"

Sale Polonaise !

Le minist�re r��tudie la candidature de Mme Curie

Marie, je peux te parler ?

�a peut attendre ?

Non.

Elle dit que �a cessera si je rentre.

�a ne cessera jamais, je crois.

Je refuse qu'elle te nuise encore.

Je crois les d�g�ts d�finitifs, quoi que tu fasses.

Tu as dit que tu ne m'aimerais jamais.

Pierre...

Citer son nom ici serait une erreur.

Tu ne m'abandonnes pas.

Je ne suis pas un chien perdu. Je trouverai mon chemin.

Va, sois vaillant.

Mais n'attends pas ma piti�.

C'est ferm�.

Elle est morte.

Alors c'est ferm�.

Je n'ai jamais pens� que ce lieu...

Que ce qu'elle faisait comptait.

Vous �tes scientifique.

Elle �tait artiste.

Ou autre chose.

Je ne sais pas, au juste.

Elle est morte ?

Lo�e, voulez-vous m'aider ?

Je ne comprenais pas cet endroit, vous oui, et je...

Vous avez ses dons ?

Faites appara�tre mon mari.

M�me elle ne l'aurait pas promis.

Faites appara�tre mon mari.

Tenez !

Respirez !

Allez !

Tout droit !

Alors il te quitte ?

Il n'�tait... pas assez fort.

En tout cas, pas pour la presse.

Ces nationalistes te traitent de sale juive.

J'ai voulu leur expliquer que j'�tais une sale catholique.

Ils s'en moquent.

Maria...

Je rentre.

En Pologne.

- Tu viens ? - Ma place est ici.

Eux ne le pensent pas.

C'est le pays d'Ir�ne et d'�ve.

Ir�ne et �ve adoreraient la Pologne.

Mon travail est ici.

La Pologne a chang�.

Tu serais v�n�r�e, f�t�e.

Pierre est enterr� ici.

Ils stationnent devant ta maison,

te hurlent de partir.

L'opinion d'autrui n'a jamais dict� mes actes.

Rentre chez toi !

Racaille polonaise !

Sale pute !

Ta croissance ralentit, �ve.

Ah bon ?

Ir�ne pousse plus vite que jamais.

J'ai de grandes dents.

C'est exact.

T�l�gramme, madame.

Int�ressant ?

L'Acad�mie des sciences de Su�de juge bon de...

On me d�cerne

de nouveau le prix Nobel.

En chimie, cette fois.

Pour quoi ?

Pour l'extraction des �l�ments

radium et polonium.

F�licitations, m�re.

Ils m'invitent � ne pas venir pour �viter toute controverse.

Eh bien...

Je te mesure le cr�ne, �ve.

Approche, tr�sor.

Nous sommes ravis que vous ayez pu venir.

Vraiment ?

Oui.

Le mouvement f�ministe

vous a soutenue avec ferveur.

Vous avez tout ce qu'il faut ?

Oui...

tout ce qu'il faut.

Ils ne t'aiment pas, ici.

Ridicule !

Simplement ils peinent � s�parer vie scientifique

et vie personnelle.

Pourquoi ils n'aiment pas la personnelle ?

Tu parleras de quoi dans ton discours ?

De choses personnelles ?

Non.

De la chimie de l'impond�rable.

Il y a de cela 15 ans,

Henri Becquerel d�couvre le rayonnement de l'uranium.

2 ans plus tard, l'�tude de ce ph�nom�ne

est �tendue aux autres substances.

Par moi d'abord,

par Pierre Curie...

et moi ensuite.

Peu apr�s, nous d�couvrons

des corps nouveaux

dont le rayonnement, analogue � celui de l'uranium,

est consid�rablement plus intense.

Gr�ce � la d�couverte

de nouvelles et puissantes substances radioactives,

l'�tude de la radioactivit�

progresse � une rapidit� merveilleuse.

Ir�ne, o� m'emm�nes-tu ?

Sois patiente.

Arr�tez-vous.

- Ir�ne, je ne... - Je sais.

- Alors je suis l� pour quoi ? - Voir.

La guerre t'est �trang�re ?

Naturellement.

�tre utile, tu peux ?

Je suis malade, et une femme.

� qui je serais utile ? Mais arme-moi et j'essaierai.

Ce pays est en guerre,

et les soins, d�sastreux.

Je n'irai pas dans ton h�pital.

Je sais, m�re.

Alors je l'am�ne � toi.

Voici Franck.

Amput� des deux jambes.

Voici Pascal.

Amput� des deux bras.

Et voici Gabriel.

Ir�ne.

Je ne suis pas au mus�e.

Ils les coupent en morceaux. Faute de mieux.

C'est tragique.

Mais que puis-je y faire ?

Tu es Marie Curie.

Fais de cette guerre ta guerre.

S'il te pla�t.

En qualit� de ministre,

je dois dire...

De jeunes hommes meurent.

Un ministre...

Des Sciences.

Mes excuses. Ministre des sciences.

Vivace, votre complexe de sup�riorit�.

Vous ne m'avez jamais appr�ci�e.

La question n'est pas l�.

Certes, c'est une question de respect.

Une radiographie mobile permettrait de d�cider

s'il faut amputer ou non. Vous voyez...

Je vois simplement

qu'une femme r�aliste se montre irr�aliste.

J'ai besoin de fonds, de laissez-passer,

je veux aller sur le front, vous devez me l'accorder.

Pourquoi diable ?

Car c'est une cause juste, car j'en ai besoin.

Mais surtout, je suis malade,

fatigu�e, je tousse du sang

et c'est mon dernier combat.

Et je le gagnerai.

On est tous deux fatigu�s.

M�re, ne le regarde pas comme s'il t'avait fait un affront.

- �a ne m'ennuie pas. - Mais si !

Seulement, tu es d'un naturel doux.

Mais toute but�e qu'elle soit, m�re saura s'adoucir.

- Avez-vous un doctorat ? - Tu embauches ?

Un doctorat ?

Tais-toi, �ve !

Oui, j'ai un doctorat.

- La th�se porte sur... - M�re !

M. Joliot, des remarques � faire sur la m�t�o,

la politique, les transports ?

Aimez-vous la science ?

Bien �videmment.

J'aime votre fille,

et j'aime la science.

Il aime ta fille.

Laissons l'amour et parlons science.

Bien volontiers.

Tu es impossible.

Sur quoi travaillez-vous, M. Joliot ?

Je travaille avec Ir�ne.

Nous sommes convaincus que la radioactivit�

peut conna�tre des avanc�es.

Tiens donc !

Poursuivez.

Dans les atomes exempts de radioactivit� naturelle,

on pourrait peut-�tre la provoquer.

Avec quoi travaillez-vous ?

Des �l�ments plus l�gers, bore et aluminium.

On bombarde de rayons alpha

et on interpr�te apr�s avoir arr�t�.

Si on prouve la r�action...

Vous aurez prouv� la radiation artificielle.

Exaltant, ma foi.

Je trouve aussi.

Il nous pla�t, non ?

J'obtiendrai ces ambulances.

Je les ferai �quiper et pr�parer.

Mais je ne serai pas � bord.

Je ne veux pas non plus que tu y sois.

� ton �ge, on ne doit pas voir la mort.

Ne t'implique pas dans le travail de Fr�d�ric.

La radiation est exaltante, mais pas sans danger.

Tu vas t'�loigner de lui.

Tu as pass� ta vie...

... cern�e par la mort et la radiation, certes.

Cela m'a apport� peu de bonheur.

J'aspire � mieux pour toi.

Bonne nuit.

Oui, parfait.

Mme Curie.

Mlle Curie.

Quel honneur d'�tre gratifi�

de votre pr�sence.

Vos exploits servent la France.

On vient demander des fonds.

Le professeur Lippmann m'a parl� de votre situation.

H�las,

votre requ�te ne peut �tre accord�e.

Prenez-les comme des arrhes.

Fondez-les pour l'effort de guerre.

- Ce sont l� vos prix Nobel. - C'est de l'or pur.

Bon d�but, non ?

Ils sont la fiert� de la France...

Ils sont le fruit de souffrances et ils ont caus� des souffrances.

Autant qu'ils servent � gu�rir ceux qui sont dans la souffrance.

Je crois...

Des gar�ons se font amputer une jambe

pour une entorse � la cheville.

Ma machine � rayons X, bien install�e, sauvera des vies.

On utilisera aussi le radon pour caut�riser les plaies.

Rapide, efficace,

il stoppe les h�morragies.

Vous aurez plus d'hommes

pour aller au front.

Le radon est un gaz.

Absolument.

C'est pourquoi on prendra des ampoules.

Des ampoules de radon.

Le ministre de la Guerre a �t� clair.

Je le serai moi aussi.

Je vais voir la presse.

Je vais leur proposer mes Nobel.

Leur donner le m�me ultimatum.

- La presse ? - Je sais de quoi elle est capable.

Je crois savoir l'utiliser � mon profit.

Maintenant,

me donnez-vous mes machines � rayons X et mes ambulances ?

Tu conduis bien.

Qui t'a montr� ?

J'ai appris.

J'ai �t� une pi�tre m�re, n'est-ce pas ?

Quel rapport avec maintenant ?

Je suis tr�s fi�re de toi.

Merci.

Je suis fi�re de toi aussi.

�a a d� �tre si difficile.

�tre une femme et faire tout �a.

Crois-moi, ma ch�rie, j'ai bien plus souffert

du manque de ressources que d'�tre une femme.

Tu travailles toujours avec Fr�d�ric sur sa th�orie ?

Ce n'est pas sa th�orie.

Mais la n�tre.

Bien s�r que je travaille toujours avec lui.

Revenons � nos moutons.

Absolument.

M�re.

Aide-moi, c'est tr�s lourd.

V�rifie l'ampoule.

Doucement, c'est fragile.

Il y a eu un incendie, on a besoin de renfort.

On �quipe cette ambulance.

Vous ne comprenez pas, on a besoin de renfort. Allez !

M�re, le moment est venu.

Ruban rouge ?

Ils privil�gient ceux qu'on peut sauver.

Ils le disent perdu.

Tu en penses quoi ?

Quoi ?

� 18 ans, tu es le m�decin le plus comp�tent ici.

Tu en penses quoi ?

Direction l'h�pital.

Maria...

Tu as peur ?

De l'eau.

Pardon ?

Tu veux de l'eau ?

Je d�teste l'h�pital.

Je sais.

J'ai dit adieu � ma m�re dans un h�pital.

Je sais.

Alors j'ai trouv� une fa�on d'aider les gens hors de l'h�pital.

Tu as r�ussi.

J'ai r�ussi, non ?

Non ?

On devrait partir d'ici.

Non, il y a tant � faire.

Commen�ons par quitter l'h�pital.

J'avais de si belles mains.

Les radiations t'ont rong� les os.

Ce qui nous rend faible nous rend fort.

- Je ne t'ai pas rendue faible. - Oh que si.

Mais on n'aurait pas fait ce qu'on a fait l'un sans l'autre.

Tu as accompli l'extraordinaire.

Tu as chang� le monde.

En bien.

Autant esp�rer un monde plein de lumi�re

plut�t que redouter les t�n�bres, non ?

Tu as jet� une pierre dans l'eau.

Comment contr�ler les ondulations ?

Il est des choses qu'il faut craindre.

Mais il y a tant � f�ter.

Pourvu que tu aies raison.

Pourvu que tu aies raison.

Marie Curie est morte le 4 juillet 1934

et a �t� enterr�e

aux c�t�s de son Pierre bien-aim�.

Ir�ne Curie a re�u le prix Nobel

avec son mari Fr�d�ric Joliot

pour leur d�couverte

de la radioactivit� artificielle.

Plus d'un million d'hommes seront radiographi�s

par les unit�s mobiles de Mme Curie durant la guerre,

et d'innombrables vies seront sauv�es.

Les d�couvertes des Curie ont permis un traitement efficace du cancer,

encore utilis� � ce jour.

En France, on l'appelle la curieth�rapie.

Le congr�s Solvay - 1927

Adaptation : Guillaume Tricot

Sous-titrage TITRAFILM

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