All language subtitles for La.Caja.(2006).DVDRiP.XviD-KG.FR

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Original subtitles

CANARIES, ANN�ES 1960

Vous �tes de la famille ?

C'est sa femme.

Vivra-t-il, docteur ?

Ici, je ne peux plus rien pour lui.

J'ai fait appeler une ambulance, il sera mieux ailleurs.

Ayez confiance.

�a va aller.

SERVICES FUN�RAIRES

Vous ne venez pas ?

Je viendrai plus tard, en bus.

Merci beaucoup. Qu'aurais-je fait sans vous ?

De rien. Les voisins sont l� pour �a.

-Toutes mes condol�ances, do�a Eloisa. -Merci, Perico.

Toutes mes condol�ances.

J'ai angoiss� toute la matin�e dans l'attente de cette nouvelle.

Madame, venez une seconde !

�a ne rentre pas, do�a Eloisa.

Je peux monter le corps mais le cercueil ne passera jamais.

Que faire ? O� peut-on le mettre ?

Je ne sais pas, Eloisa.

Ramenez-le donc au centre de soin.

Y a pas d'endroit pour le veiller.

La seule salle libre, ils en font un bar.

Et l�, dans la cour ?

II fait chaud. �a va vite empester.

Alors, chez vous, do�a Isabel.

-II y a de la place, non ? -Tu es fou, Perico ?

En tant que bonne voisine et bonne chr�tienne...

Et vous ?

De quoi je me m�le ?

D�sol�e, Eloisa, mais comprenez-moi...

Je comprends, Isabel.

Et pourquoi pas ?

II va se taire, lui !

Sortez-le, je vais voir o� je le mets.

D'accord.

Mettez-le chez moi.

C'est uniquement pour vous tirer de l'embarras.

�a ne vous d�range pas ?

C'est bizarre. L�, sur votre lit...

Bien s�r que �a me d�range.

Mais c'est fait.

Je suis tr�s occup�e,

j'ai pas de temps pour les visites.

Eloisa, toutes mes condol�ances.

Quel dommage.

Je ne sais quoi dire.

Il faut s'occuper du cercueil, maintenant.

Vous m'avez entendue ?

Oui. Quoi ?

-Le cercueil, pour le mettre dedans. -Oui.

Bien s�r, le cercueil.

Il faut que j'aille en ville m'en occuper.

Mais comment faire, sans argent ?

C'est lui qui g�rait tout.

Regardez chez vous.

Il doit y avoir de l'argent.

C'�tait impr�visible.

D�p�chez-vous.

Le bus passe dans 15 minutes.

Merci beaucoup, Isabel.

Sinc�rement.

Sans vous...

Qu'est-ce qui vous a pris de le mettre l� ?

Je n'ai pas eu le choix. �a rentrait pas en haut.

Perico et l'autre m'ont forc� la main.

J'y vais, je dois faire manger ma m�re.

Si vous avez besoin de moi...

Leonora !

-Oui ? -Couvre-le, tu veux ?

Mon petit, viens l�.

Mets-toi l�.

C'est pas bon pour toi d'�tre pr�s d'un mort.

Surtout de celui-l�.

Leonora,

passe-moi le matelas du petit.

�a, c'est fait.

Isabel, j'y vais.

Si vous avez besoin de moi, n'h�sitez pas. Au revoir.

Au revoir, et merci.

Ne t'approche pas du lit, compris ?

Allonge-toi, tu as �t� trop au soleil.

Ce soir, tu dors dans le petit lit avec Beni.

Il s'est aval� la langue, hein ?

Les mouchards s'avalent la langue, c'est grand-p�re qui l'a dit.

Les id�es de ton grand-p�re...

Non, il n'a rien aval� du tout.

C'�tait l'heure de rendre ses comptes � Dieu.

Et pour lui, la liste est longue.

�a va �tre une grosse journ�e.

Tu sais quoi ?

Don Lucio est mort.

Tu peux sortir.

Tu ne me crois pas ? Vois par toi-m�me.

-II est chez Isabel. -Isabel ?

Ah, c'est vous. Oui, �a ne rentrait pas chez elle.

-Apr�s, j'irai veiller le mort. -Non, maman.

-Cet enfoir� me cherche. -Metodio !

N'insulte pas les morts.

Leur blessure � l'�me s'infecte encore plus.

Sors de l�, va prendre l'air.

Il est mort, je l'ai vu.

Alors, envoie chercher ton fr�re. Qu'il revienne !

Vous croyez ? Attendons qu'il soit enterr�, non ?

Non, il a assez attendu comme �a.

Mon Dieu !

II va �tre content d'apprendre la nouvelle.

Concha !

Tu as vu Eloisa ? Tu es au courant ?

-De quoi ? -II se trouve...

-Leonora ! -J'arrive.

-Viens prier ! -Eloisa ne t'a pas dit ?

J'arrive, maman. Ce matin...

J'arrive. Don Lucio... Il est chez toi.

J'arrive, maman. J'arrive.

T'�tais pas cens� rester dehors ?

Ah, te voil�.

Tant mieux.

Je dois sortir. Garde ton fr�re.

-Combien de temps ? -Un instant.

Combien de temps va-t-il rester l� ?

On l'enterre demain.

Que s'est-il pass� ?

J'en sais rien et je m'en fiche.

Pourvu que la mar�e

retienne ton p�re jusqu'� demain.

J'aurais voulu me reposer.

Je suis morte.

Ce travail de nuit m'ach�vera.

Repose-toi sur le lit de grand-p�re.

Devine qui vient me voir !

"Le Cousu".

Il est libre jusqu'� mardi. Il passe le week-end ici.

Je suis impatiente !

-Bonjour, madame. -Bonjour.

Je voudrais quelque chose de simple.

J'ai peu d'argent.

Vous n'avez rien en promotion ?

On n'est pas au march�. Asseyez-vous.

On va voir ce qu'on peut trouver.

Regardez le catalogue, commencez par la fin.

C'est pour vous ? Pour un proche ?

Pour mon mari. Il est mort ce matin.

Nom ?

Eloisa Peralta.

Celui du d�funt, madame.

Sans vouloir �tre malpolie,

donnez-moi le moins cher, je suis press�e.

Je dois d'abord remplir ce papier, sans quoi

je ne peux vous vendre de cercueil, m�me bon march�.

Ayez donc l'amabilit� de me dire le nom de votre d�funt �poux.

Lucio.

Lucio Falc�n.

Le contr�leur des prix ?

Oui.

-Vous le connaissez ? -Qui ne l'a pas connu ?

Pardon, j'ignorais que vous �tiez sa femme.

Enfin, sa veuve.

Toutes mes condol�ances.

C'est une grande perte.

Pour tout le monde.

C'est �trange.

-II est venu ici r�cemment. -Le coeur, �a pr�vient pas.

Ne cherchez plus.

Votre mari �tait un excellent client.

Don Lucio �tait pr�voyant.

Suivez-moi, je vous prie.

Il a fait �a pour vous �viter des tracas.

C'�tait un homme bien.

C'est une grande perte.

Et voil� !

Bois noble.

Vernis.

Excellente finition. Et tr�s confortable.

-D�sol�e, je ne comprends rien. -C'est simple.

Votre mari a d�j� pay� ce cercueil.

Il passait souvent s'assurer qu'il n'�tait pas vendu.

Il en �tait enchant�.

Donc, je ne vous dois rien ?

Rien du tout.

Dites-moi juste o� on vous l'apporte.

Pour l'instant, le corps est chez ma voisine.

Il ira s�rement au ciel : c'�tait un ami du cur�.

Et il d�testait les communistes.

J'y vais.

Au revoir, Benigna.

-C'est donc vrai. -Quoi ?

Le mort est l�.

Oui.

-O� est ta m�re ? -AIl�e faire une course, elle arrive.

�a, c'est � cause de la craie : tu crayonnes partout !

Passe-moi la cr�me.

Beni.

Quoi ?

II faut avoir quel �ge ?

Pour quoi faire ?

Pour mourir.

C'est nous qui le d�cidons.

Et on a d�cid� de vivre longtemps.

Ne t'en fais pas, mon coeur,

il nous reste beaucoup de temps.

� l'�cole, il y a des enfants qui disent...

N'�coute pas ces idiots.

Ne les �coute pas !

Qui a touch� au mort ?

Qui l'a d�couvert ?

Benigna.

Pourquoi moi ? S�rement le chat.

Couvre-le.

-Une minute, mes ongles s�chent. -O� est Eloisa ?

�a tombe mal.

Sans doute en train de pleurer, la pauvre.

Donne-moi un coup de main.

Avec tout �a, le repas n'est pas pr�t.

Toi, va chercher grand-p�re.

Cousine,

pourquoi as-tu pris un beau drap ?

Apr�s, faudra le laver et il jaunira.

Comme si j'allais le garder !

Lave-toi les mains.

Il faut qu'on parle.

Pile-moi l'ail.

De lui.

-Buvons, j'ai la gorge nou�e. -Mais jamais tu ne...

Aujourd'hui, si.

Nom de Dieu !

-Quoi encore ? -II faut l'habiller.

Eh bien, habillons-le et n'en parlons plus.

Tu sais qui j'ai vu � l"'Azul Nocturno" hier ?

Oui.

Le pire, c'est qu'il voulait que je...

Elle me laisse parler toute seule !

T'aimes �a ?

T'aimes �a, fils de pute ?

T'aimes �a ?

Prends �a, fils de pute !

Excusez-moi,

ce bus s'arr�te au phare ?

Non, il faut en prendre un autre, au march�.

Vous vous sentez bien ?

Oui, merci.

Vous aimez le cin�ma ?

J'ai pas l'habitude...

Moi, �a m'a toujours plu.

Mais je n'y �tais pas all�e depuis mon mariage.

Mon mari dit que le cin�ma, �a pervertit les femmes.

Mais moi,

je pleure en voyant Jorge Negrete chanter des chansons d'amour.

Une vraie merveille.

J'en ai presque oubli�...

Quoi donc ?

Mon mari.

Que lui direz-vous ?

Rien, ne vous en faites pas.

Il est dans le lit de ma voisine.

Non, ce n'est pas �a...

Je suis veuve.

Depuis aujourd'hui.

J'esp�re que �a lui ira.

C'est la 1 �re que j'ai vue.

Si Eloisa n'aime pas, elle n'avait qu'� �tre l�.

Beni.

Tiens.

Mets-la-lui comme un bavoir.

Leonora, aide-la.

� boutons ?

Je ne l'avais jamais vue.

Mets-toi de ce c�t�.

Soul�ve-lui la t�te.

Quelle horrible tache !

Aujourd'hui, j'avais envie de manger du requin aux oignons.

C'est idiot.

�a oui.

D'ailleurs, en parlant de requin...

Si elle m'entendait !

Hier, Adolfina "Le Poisson Sec" l'a encore fait avec un proche.

Encore ? �a ne la m�nera nulle part.

Pourquoi "Le Poisson Sec" ?

Elle est toute maigre !

La pauvre... Et c'est qu'elle est jolie.

-M�me son haleine sent bon. -Normal, qu'elle soit maigre.

Elle compte m�me soulager son p�re,

lui qui est vieux et veuf...

Elle l'a d�j� soulag�.

Son grand-p�re aussi, et son oncle,

et son fr�re ! Le pire, c'est qu'elle fait �a gratuitement.

Comme c'est la famille...

�a m'�coeure, ils abusent d'elle.

Je dois y aller.

Je vais chercher Pepita.

Tu ne manges pas ?

J'ai l'estomac d�range depuis hier soir.

Et tu voulais manger du requin !

Tu ne restes pas � cause de lui.

Non, c'est pas �a.

J'ai toujours adore le requin aux oignons.

Et c'est pas maintenant qu'il va me r�pugner !

Je ne peux pas le sortir, il fait trop chaud.

Tu crois que �a me pla�t ?

Si tu lui tournes le dos, c'est comme s'il �tait pas l�.

C'est pas �a.

Je dois aller travailler et chercher les filles.

C'est pas croyable.

Passe-moi un bout de chiffon.

Tiens.

Prends �a.

Il y a du coton dans le tiroir.

C'est bient�t pr�t, papa.

Ne t'inqui�te pas, ma fille.

J'ai grignot� au bar, j'ai pas tr�s faim.

Toi non plus ?

Tu savais que c'�tait l'heure du repas.

Comme si on avait trop d'argent !

J'aurais honte de mourir riche.

Isabel, c'est quoi ?

Quoi encore ?

Une cl� tomb�e de sa veste.

On la remet au m�me endroit ?

Non, donne-la-moi.

Je la donnerai � Eloisa.

Quand je mourrai, personne ne le saura.

Papa, je ne veux plus entendre ces b�tises.

-Toujours la m�me histoire. -Je n'aime pas d�ranger les gens.

Si vous pouviez, vous ne mourriez pas pour ne pas d�ranger la mort.

Je vais me changer.

Incroyable, il a presque l'air gentil.

Non, Leonora. Et il ne l'�tait pas.

On le sait tous.

C'est bien vrai.

J'y vais, ma m�re m'attend.

Si vous avez besoin de moi, n'h�sitez pas.

Au fait, ma m�re passera veiller le d�funt.

Au revoir.

Ta fille va finir par se lever ?

Elle vient juste de rentrer.

Faut qu'elle trouve ailleurs. Elle ira pas loin avec le m�nage.

-Tu ne manges pas l� ? -Non, je ne suis pas d'humeur.

-Je fais quoi de ces sardines ? -Aucune id�e.

O� j'ai pu mettre ce pilon ?

-Bonjour. -Bonjour.

Do�a Eloisa.

-Do�a Eloisa ! -Oui ?

Do�a Eloisa,

je voulais vous exprimer mes condol�ances

pour le d�c�s de votre �poux.

Merci, Jer�nimo, mais Dieu l'a voulu ainsi.

-Tout va bien ? -Oui, merci.

-Do�a Eloisa. -Oui, Jer�nimo.

Do�a Eloisa,

excusez mon indiscr�tion,

mais �tes-vous au courant des comptes de votre mari ?

Je ne vous comprends pas.

Votre mari avait-il de l'argent � la banque ?

Je ne suis au courant de rien.

Surtout, ne vous m�prenez pas.

Je ne veux en rien m'immiscer dans vos affaires

mais juste vous aider, en bon voisin.

Je connais bien ces choses-l�.

Or, connaissant votre mari et ses activit�s,

avec tout mon respect,

je jurerais qu'il a laisse une jolie somme.

Sinc�rement, en tant que voisin et ami de la famille,

je trouverais injuste que la banque garde tout.

J'ignore de quoi vous parlez, Jer�nimo.

Sachez que je pourrais

vous aider � r�cup�rer cet argent.

Quel argent ?

Savez-vous o� votre mari rangeait ses papiers ?

Dans une bo�te en m�tal au-dessus de la penderie.

Eh bien, il faut faire vite.

-Je ne vous comprends pas. -Je vous expliquerai.

L�, je dois y aller. J'ai � faire.

Plus tard, je viendrai veiller un moment.

Pr�parez-moi la boite, d'accord ?

Don Jer�nimo !

Oui ?

Pourquoi portez-vous des lunettes sans verres ?

Eh bien... � tout � l'heure !

Et le Portugais ?

Pourvu qu'il ne rentre pas aujourd'hui !

-Je croyais qu'il rentrait hier. -Moi aussi.

Plus ton p�re est en mer,

moins il veut passer de temps avec sa famille,

� cause de ce mal de terre.

Papa,

ne commencez pas.

Il a le mal de terre. Il n'y peut rien.

-Je peux entrer ? -Eloisa !

Entrez.

Bon app�tit.

On a termin�.

Si vous voulez, il reste de d�licieuses sardines.

Non, merci. J'ai mang� en ville.

-D'ailleurs... -Comment va-t-il ?

II n'a pas boug� d'un pouce, il est sage comme une image.

Asseyez-vous, je fais du caf�.

Eloisa,

vous vous �tes occup�e du cercueil ?

Oui. Mais c'est assez �trange.

Comment �a ?

Tout est arrang�. On nous l'envoie.

Il est habill� ?

Oui.

Vous avez fait �a seule ?

Benigna et Leonora m'ont aid�e.

Vous n'�tiez pas l�...

J'ai fouill� dans l'armoire, vous ne m'en voulez pas ?

Bien s�r que non.

Eloisa, vous r�alisez le temps que vous avez pass� dehors ?

Au fait, Eloisa,

avez-vous pr�venu sa famille ?

Sa famille ?

Ils habitent loin.

Comment les pr�venir ? Ils n'ont pas le t�l�phone.

Faites une annonce � la radio, ils l'entendront.

Je n'y avais pas pens�.

Je m'en occupe, si vous voulez.

Ainsi, vous pourrez rester � ses c�t�s.

Merci, don Ignacio,

mais vous en avez assez fait.

Je vais m'en occuper, �a me distraira.

C'est �a.

J'y vais tout de suite,

je verrai si c'est ouvert le samedi.

Je ne serai pas longue.

C'est pas croyable.

Elle s'est fait faire une beaut�.

Tu es sale et maigrichon !

Tu vas pouvoir te laver et te raser.

�a, on en fera des chiffons.

Eloisa !

Tout arrive, mon fils.

Dieu merci.

J'allais t'apporter du linge propre, lundi.

C'est �a en moins � faire.

Eloisa.

Entrez.

Mon fr�re, Jorge.

Do�a Eloisa, la veuve de...

Je sais.

Pr�sente-lui tes condol�ances.

Mon fils, elle n'y est pour rien.

Laissez, Josefa. J'�tais venue remercier Leonora.

Au revoir, enchant�e.

Elle n'y est pour rien, la pauvre !

-Pourquoi �tait-elle avec lui ? -Parle moins fort.

-Excusez-moi, savez-vous o�...? -L�-bas.

Bonjour. Pompes fun�bres.

Entrez. Il est l�.

Tu ferais bien de dire un rosaire pour lui.

Son �pouse n'en fera pas tant.

La 1 �re fois que j'ai vu la mer,

c'est en arrivant ici, jeune mari�e.

Il faut que j'y aille.

Sa terre l'a rendu vil. Il n'�tait pas comme �a avant.

Arriv� ici, il a rev�tu ce fichu uniforme

et s'est montr� abominable.

Il est n� mauvais, madame.

Vous l'auriez vu si vous l'aviez voulu.

-Metodio, que fais-tu ? -II va t'attraper,

va-t'en !

II ne reviendra pas, calme-toi.

Beaucoup de fant�mes, madame. Donnez-nous du temps.

Quel grand chagrin, n'est-ce pas ?

D�sol�e, mesdames, mais...

On a appris la nouvelle et �t� envoy�es par M. le cur�.

C'est gentil de sa part.

Mais il n'est pas pr�t. Revenez plus tard.

-Nous ne sommes rien sur terre. -Ah ! Rien...

Quand peut-on revenir ?

Disons dans une heure.

Etes-vous l'endeuill�e ?

Non, l'endeuill�e n'est pas l�.

Vous �tes de la famille ?

Non, pas du tout.

Allons faire un tour au foyer social.

Sainte Marie, M�re de Dieu, priez pour nous, pauvres p�cheurs...

Je vous salue Marie, pleine de gr�ce...

Vous �tes b�nie entre toutes les femmes et J�sus, le fruit de vos entrailles...

Non !

N'insistez pas. Je ne le referai pas.

C'est pour le bien de ton fr�re.

�a l'apaisera et on pourra prier en paix.

Non. Il n'a qu'� se le faire !

C'est pas pareil, il faut que ce soit une tierce personne.

Allez, mets fin � ses souffrances.

Je jure que c'est la derni�re fois.

Et ce n'est plus la peine qu'il se cache.

C'est compris ?

On va y aller.

On ne le ferme pas ?

�a ne se fait pas, � moins qu'il soit accident�.

-Mais si vous voulez... -Non, laissez.

Si �a ne se fait pas...

Une question.

Combien co�te ce cercueil ?

Nous, on livre. Les prix, on ne conna�t pas.

Mais c'est un des plus beaux qu'on ait livr�s, non ?

Sans aucun doute.

Bien...

Dans ce cas, on va y aller.

Toutes nos condol�ances pour votre mari.

Mon mari est en mer. C'est celui de la voisine.

Au revoir.

Au revoir.

Ma soeur m'envoie.

Oui, entre.

Je n'atteins pas le haut de la penderie.

Entre.

Je suis mont�e sur le tabouret, en vain.

Je suis trop petite.

Je vais r�essayer.

Laissez-moi faire.

Essayons avec la table.

C'est une bo�te en m�tal.

Tu la vois ?

Non, pas celle-l�.

Que se passe-t-il ?

Jorge !

-Que faites-vous ? -Je vais veiller le mort.

-Vous �tes folle ? -Jorge !

Avez-vous oublie qui est dans ce cercueil ?

Pour moi, un mort reste un mort.

Maman le fait pour la voisine.

Faites-le au moins pour Pedro.

Ne salissez pas sa m�moire.

Non, mon fils. Je vais la purifier.

Cet homme souffre de froid et de solitude.

Les pri�res lui apporteront chaleur et compagnie.

Ne lui gardez-vous pas rancoeur ?

Loin de moi une telle chose.

Bonjour, Isabel.

Je viens veiller, si �a ne vous d�range pas.

Bien s�r que non.

Entrez, Josefa.

Comment va le petit ?

Comme il peut.

Il n'�tait pas cens� passer l'ann�e.

Il faut �tre prudent, il grandit vite.

Il faut s'attendre � tout.

Je ne sais plus quoi faire.

Sois patiente.

Il est entre les mains de Dieu.

En tous cas, tu l'as encore avec toi.

Faible, mais bel et bien l�.

Je prie tous les jours pour lui.

Je prie pour tout le monde.

Je sais, Josefa.

Ma m�re est all�e veiller votre mort. Vous �tes contente ?

Oui.

Vous ignorez ce qu'on a v�cu, hein ?

J'�tais incapable de voir au-del� de ces quatre murs.

Pourquoi �tes-vous contente ?

Je peux ouvrir la fen�tre sans qu'il me la claque au nez.

-Et toi ? -Qu'attendez-vous de moi ?

Mon mari �tait-il pire � l'ext�rieur ?

-Vous ne le savez pas ? -Non.

Je l'ignore.

Tous les jours, j'ai pri� Dieu que �a finisse.

Mon fr�re Pedro ne m�ritait pas ce qu'on lui a fait.

Pedro ?

Non, laissez.

� quoi bon, maintenant ?

C'�tait avant votre arriv�e.

Je veux savoir.

Raconte-moi, s'il te pla�t.

Pourquoi ?

J'ai besoin de comprendre tant de choses.

-Je ne peux pas, d�sol�. -Pardon.

J'ignorais que tu avais un fr�re.

Pedro tra�nait souvent

avec ceux que d�testait votre mari.

Les rouges.

Un soir, on avait bu,

quand on a vu arriver le cur�.

-Don Viviano ? -Non, le pr�c�dent.

Les filles se confessaient � lui

puis il faisait frapper leurs petits amis.

On avait bu un verre de trop.

Quand Pedro vit le cur�, il perdit la t�te.

Il lui fon�a dessus, l'attrapa,

le souleva et le fit voler dans le fumier.

On s'est piss�s dessus en voyant le cure

se d�battre comme un porc dans le fumier.

Votre mari �tait derri�re nous.

Votre d�funt mari.

Il nous observait, cach�, comme � son habitude.

Puis il demanda � ma m�re

de l'argent pour convaincre le pr�tre de ne pas nous d�noncer.

Ma m�re lui donna tout.

La police est quand m�me venue.

Je me suis enfui dans la montagne.

Mon petit fr�re, lui,

a eu si peur qu'il ne cesse de se cacher depuis.

Et Pedro ?

Ils l'ont eu.

Ils l'ont jet� de la falaise.

Et vous pouvez me croire,

mon fr�re n'a pas �t� le seul.

Cherchez bien dans vos papiers.

Votre mari avait beaucoup d'argent.

Jorge, je suis d�sol�e.

Aide-moi � retrouver l'argent. Je te rendrai ce que je vous dois,

je te le jure.

Et mon fr�re ?

Vous me le rendrez ?

Josefa, je voulais vous demander un service.

Je dois aller � la pharmacie.

Vous me surveillez le petit ?

-Concha dort... -Sans probl�me. Allez-y.

Je reviens vite.

Bonjour, nous revoil�. On peut entrer ?

-Vous venez veiller ? -Oui, le cur� nous envoie.

Il dit que cet homme a besoin de compagnie.

-Vous �tes de la famille ? -Non.

-Entrez et faites votre devoir. -Merci.

Inutile de soupirer pour moi.

Celle qui vous paiera viendra plus tard.

-D�sol�e pour le retard. -Ne vous en faites pas.

Le cur� a envoy� ces dames pour prier.

Oui. Bonjour.

Concha, l�ve-toi, on a de la visite. Et habille-toi !

J'ai vu "Le Cousu" descendre du bus.

"Le Cousu" ?

Apparemment, un cur� l'aurait viol�, petit,

et fait une grosse d�chirure.

Depuis, il marche comme s'il avait l'entrejambe cousu.

Josefa !

Bonjour, Josefa.

Bonjour, Concha.

Offre � ces dames une anisette.

Je vous sers, Josefa ?

Non, je ne peux pas, � cause de la tension.

Et vous ?

On ne refuse pas.

-Tu as r�serv� l'�glise ? -C'est une enfant !

Si je lui parle d'�glise, je le revois plus.

-Pourquoi ? -II a horreur des cur�s.

C'est reparti !

Les livres le rendent cingl�.

Il dit qu'en lisant, on voit ce que sont les cur�s.

Et comme il lit beaucoup...

C'est lui.

Bonjour.

Pardon, Juan.

Tiens-toi bien.

C'est pas le moment.

Respecte nos invit�s. Et va te peigner.

Le mort n'est m�me pas le sien !

Entrez, Juan.

Il n'est de la famille de personne, ici.

Ma fille vous expliquera.

Jer�nimo, merci d'�tre venu.

Je vous avais dit que je passerais.

Oui, mais il n'est pas l�. �a ne rentrait pas.

Il est en bas, chez Isabel.

Je l'ignorais.

Dans ce cas, je descends.

D'ailleurs, dites-moi,

avez-vous trouv� la bo�te ? Avez-vous pu l'ouvrir ?

Je l'ai trouv�e.

Mais il n'y a pas d'argent, que des papiers que je ne comprends pas.

Ne vous en faites pas.

-Je ne vous avais pas vu arriver. -Bonjour.

Je suis venu veiller le d�funt,

mais Eloisa m'apprend que c'est en bas.

Descendez, je vous l'apporte.

Je finis de me pr�parer.

-Je peux vous le descendre. -Non, merci. De simples papiers...

Eh bien, je vous laisse.

� plus tard.

Au revoir, Leonora.

Bon, eh bien...

Je vous attends en bas.

Mieux vaut que personne ne sache rien.

Les gens parlent.

Autant �viter �a.

Ne vous inqui�tez pas. Descendez, j'arrive.

� ce qu'on raconte, quand il est arriv� avec sa femme,

elle �tait sur le point d'accoucher :

quelques jours plus tard,

est n� un petit gar�on avec une t�te �norme.

Peu de temps apr�s, le b�b� mourut.

C'est lui qui l'aurait tue

en l'absence de sa femme.

Il l'aurait fracass� par terre,

�nerv� par les pleurs incessants du b�b�.

Jer�nimo !

Je vous en prie...

Pardonnez-moi, do�a Isabel, je ne voulais contrarier personne.

Depuis, sa femme est un peu d�rang�e.

Nom de Dieu !

Cinqui�me myst�re.

C'est un bon cercueil.

Je me demande combien il a co�t�.

Moi aussi.

-Je peux dire mon rosaire ? -Faites donc.

Cinqui�me myst�re de l'enfant perdu...

Il fait chaud.

Eloisa.

�a alors !

Vous en mettez du temps !

Je suis d�sol�e. Qu'allez-vous penser ?

Mais j'ai des tas de papiers.

Des tas de papiers ?

Avez-vous oublie que c'est votre cadavre ?

Je suis navr�e. Essayez de me comprendre.

C'est pour Jer�nimo.

Oui,

une histoire de livret de famille.

Mais parlons-en dehors, Eloisa, pour ne pas

perturber la paix du d�funt.

Veuillez m'excuser.

Voil� un carnet de ch�ques.

Le livret d'�pargne.

Voyons un peu...

�a alors !

Quoi ?

Apparemment, don Lucio n'avait pas tant que �a.

N'est-il pas cens� avoir plus ?

Je ne comprends pas.

Je sais quelles affaires faisait votre mari.

Et ce n'est pas de cet ordre, pas du tout.

C'est une couverture.

Je ne vous suis pas.

Avez-vous cherch� partout ?

N'y a-t-il rien d'autre ?

Je n'ai trouv� que cette bo�te

et une autre en carton, pleine de m�dailles.

Non, je pensais � un coffre.

Non.

En �tes-vous s�re ?

De toutes fa�ons, continuez � chercher.

Demandez-vous o� il a pu cacher argent ou papiers.

Si vous trouvez, pr�venez-moi imm�diatement.

Le gouvernement s'�tonnerait

si vous deveniez riche du jour au lendemain.

Il faut blanchir cet argent.

Nous savons bien

qu'il n'a pas �t� gagn� proprement.

Comment ?

J'ignore dans quelles affaires trempait mon mari.

Enfin,

plus maintenant.

� ce propos, je suis terriblement navr�,

mais je ne pourrai venir � l'enterrement demain, j'ai � faire.

Ce n'est rien. Vous en avez d�j� beaucoup fait pour moi.

- � quelle heure est l'enterrement ? - � 10 heures.

C'est vrai ! Je perds la t�te...

Do�a Eloisa, do�a Isabel,

veuillez m'excuser, j'ai � faire.

-� demain. -Non, vous ne pouvez pas.

C'est exact.

� plus tard, donc.

-Tout va bien ? -Oui.

Jer�nimo va mettre de l'ordre dans les papiers.

-C'est vous, l'endeuill�e ? -Oui.

On doit partir.

� un enterrement.

Eh bien, merci beaucoup.

C'est combien ?

Soixante pesetas.

On a fourni un service restreint : rien que des soupirs.

Excusez-nous

mais c'est difficile de pleurer un tel d�funt.

Dix.

Et voil� soixante.

Merci beaucoup.

Le plaisir �tait pour nous.

Enfin, vous me comprenez. Au revoir.

Au revoir.

Le d�funt vous a laiss� de l'argent.

Apparemment,

vous n'avez pas sollicite de corbillard pour demain.

Ce n'�tait pas inclus.

Je n'avais pas assez.

Ah non ?

Parlons-en autour d'un caf� !

Je dois me teindre une robe en noir,

je n'ai rien � me mettre.

Eloisa !

�a suffit.

�a suffit.

Ne me laissez pas seule avec le mort,

-compris ? -Isabel,

je dois y aller.

Vous vous en allez ?

Oui, j'ai fait mon devoir.

Un instant !

Pourquoi avez-vous tenu � venir ?

Pour mon fils, Pedro.

S'ils venaient � se revoir, l'autre ne pourra plus moucharder.

Concha,

allume la lumi�re.

On va croire que je couds � l'aveuglette.

Vous n'avez pas l'air bien.

Je suis un peu fatigu�.

Je vais y aller.

-D�j� ? -Laisse-le partir, s'il le veut.

Bonsoir.

Juan, attends !

Juan !

Que m'as-tu fait ? J'ai mal !

Parce que j'ai pas termin�. Viens.

Quoi, devant le cadavre et ta m�re !

-Marcher me fera du bien. -Mais Juan...

-Dis-lui de se mettre de la glace. -Merci.

Juan, attends !

Bonsoir.

Alors ?

Pas beaucoup de boulot ?

Normal,

par cette chaleur, faut avoir envie.

Non, c'est pas �a.

Je me sentais mal.

Et te savoir seule avec lui...

C'est bien que tu sois venue.

Je peux v�rifier les manches.

Allez, l�ve-toi.

Mon coeur, va t'acheter quelque chose.

Pourquoi l'envoies-tu dehors si tard ?

Je peux y aller ?

N'ach�te pas trop de bonbons et mets ton chapeau.

Maman, il fait nuit.

Ferme la porte.

Je dois te dire quelque chose.

Je suis tr�s inqui�te.

Tu vas tout me dire.

Je crois que je l'ai tu�.

Tu m'as piqu�e !

Quoi ?

Don Lucio.

Il est venu au club, hier.

Qu'est-ce que tu racontes ?

J'en revenais pas de le voir.

Il est venu droit vers moi.

Il y avait pourtant de plus jolies putes.

C'est moi qu'il voulait, je le sais.

J'ai suppli� do�a Lucrecia de lui donner une autre fille,

mais il l'a menac�e de fermer le club.

J'ai donc d� me coltiner ce porc saoul comme un trou.

D'accord, j'ai l'habitude.

J'encaisse, je suis professionnelle.

J'ai couch� avec pire que �a.

Mais il y a des limites.

Quand on touche � un proche,

l�, je n'accepte pas.

J'avais la naus�e

rien qu'� penser � ce que ce b�tard t'a fait.

J'avais envie de le lyncher.

Beni, tu as perdu la t�te ?

C'�tait une occasion unique.

Rien ne pouvait m'arr�ter. Je devais le faire pour nous.

Tu te souviens de Cenicita Cameja ?

-Qui ? -Cenicita Cameja,

la vieille dont je m'occupais.

-Tu te souviens ? -Oui.

Elle m'a dit de ne pas oublier deux choses. Non, trois !

1 . Je peux coucher avec tous les hommes que je veux

et les faire payer

sans en avoir honte.

2. Ne jamais tomber amoureuse d'eux

et surtout, ne jamais me laisser humilier par eux.

Lui, il m'a humili�e.

Et il t'a humili�e.

Je ne lui ai jamais pardonn�.

Toi, peut-�tre. Mais pas moi.

Donc pour ces hommes-l�, elle m'a parl� d'une solution.

Elle m'a donn� �a.

C'est quoi ?

La solution.

Un produit chimique. Quelques gouttes suffisent � tuer.

Le mieux, c'est que �a passe inaper�u.

Hier, la coupe �tait pleine.

J'en ai mis dans son verre.

J'ai vers� tout le flacon.

Il a bu, il a bu...

Ensuite, il m'a...

Mais je savais

que ce serait la derni�re fois.

Pendant un moment, m�me,

j'y ai pris du plaisir.

Sais-tu

si le docteur soup�onne quelque chose ?

-Tu es s�re ? J'ai peur. -Non, rien du tout.

Ils ne l'ont pas gard� longtemps.

Entrez.

On est quel jour ?

Samedi.

Il serait all� aux putes.

Et heureusement,

car s'il avait vu �a, j'aurais pris une racl�e.

Que faisiez-vous avec lui ?

J'ai vu en lui ce que j'ai voulu voir.

Pendant tout ce temps, il n'a eu qu'un ami.

Saint Dimas, l�-haut.

Un saint original.

Jusqu'� l'heure de sa mort,

�a a �t� un malfaiteur,

un bandit qui n'a fait

aucun

miracle.

Le coffre !

Jorge, l'argent !

-Je vous l'avais dit. -Ouvre-le.

-C'est ferm�. -La cl�.

La fichue cl�.

Maman !

Maman !

Quoi ?

Qu'y a-t-il ?

Que veux-tu, Concha ?

�a alors !

-Et cette odeur ? -Le petit.

Que s'est-il pass� ?

-Quelle odeur ! -J'ai rien fait.

T'en fais pas, mon petit, on va nettoyer.

C'est le maigre d'en face. Il a fait caca sur le mort.

Qui �a ?

Celui qui se cache !

Qui �a, Metodio ?

II ne sort jamais de sa cachette.

Il a soulev� le couvercle et baiss� son pantalon.

-C'est pas vrai ! -II lui a fait sur la t�te.

Mon Dieu !

C'est d�go�tant.

Il lui a fait sur la t�te ?

Je n'en peux plus.

Benigna, Concha, aidez-moi � le sortir.

Tu l'as vu et tu n'as rien dit ?

-Que va-t-on faire ? -Comment est-il mont� l�-dessus ?

Concha !

-Je montre � Benigna. -C'est d�go�tant, ferme �a.

Allez, d�p�chons-nous.

Ouvre la porte.

Ne dites rien � personne.

Compris ? � personne.

Josefina serait bien emb�t�e.

Allez-y, je vais nettoyer.

Inutile. Demain, on l'enterre.

-Do�a Eloisa. -Bonjour, don Jer�nimo.

Que puis-je pour vous ?

J'�tais sur le point de sortir, j'ai � faire.

Je ne peux donc pas venir � votre enterrement.

Je veux dire, � celui de votre mari.

Je ne suis pas venue pour �a.

Rendez-moi un petit service.

-Bien s�r. -Rendez-moi la bo�te en m�tal.

La bo�te ? Pour quoi faire ?

Je veux dire, c'est moi qui sais lire les papiers.

Comme je vous l'ai dit hier,

il n'y a rien dans cette bo�te.

� moins que vous sachiez quelque chose que j'ignore.

Non, rien de sp�cial.

Il faut que je regarde si j'y trouve mon...

extrait de naissance,

pour ma pension de veuve. Je vous la rends tout de suite.

Un dimanche ?

Les bureaux sont ferm�s.

Oui, mais je passais par l�, donc je me suis arr�t�e.

Demain, je serai tr�s prise et les bureaux sont loin.

Bien.

Attendez-moi l�.

-Merde, il n'est pas l�. -Que se passe-t-il ?

Foutu livret de famille !

-C'�tait pas l'extrait de naissance ? -Si, si.

Bonjour, le Portugais.

On t'attendait vendredi.

Maudite mar�e. C'est toujours pareil � cette �poque.

Je me sens mal, �a tourne autour de moi.

J'ai m�me des hallucinations.

Non, ce n'en est pas.

Allez, repose-toi, je te pr�pare un caf�.

Aucun proche ne vient � l'enterrement.

Perico, �a va �tre aux voisins de s'en occuper.

J'arrive. Je finis de remplir �a.

Bonjour, mes fid�les.

Ne tra�nons pas, je suis attendu apr�s l'enterrement.

O� est do�a Eloisa ?

-Je ne l'ai pas vue depuis hier. -Comment �a ?

-Elle doit dormir, je vais la r�veiller. -C'est �a.

Bonjour, Perico.

Restez l�.

Entrez, je vous pr�pare un caf�.

O� vas-tu ?

Pr�venir Pepita. Je suis pas d'humeur � travailler.

�a non.

�a fait longtemps que tu n'es pas venue � la messe.

Vous n'�tes pas venu non plus.

Nom de Dieu !

C'est l� comme une caisse � bananes !

II ronflait, on l'a mis dehors.

Eloisa.

Mon Dieu !

Que s'est-il pass� ?

Elle n'est pas l�.

Elle a d� aller � la messe � la cath�drale.

Putain de...!

Elle devrait �tre rentr�e.

Il faut � tout prix

�viter la chaleur de midi.

Je vais rater ma partie de cartes.

On manque d'hommes pour porter le cercueil.

Toi aussi ?

-O� vas-tu ? -� la plage.

-Avec tout �a, tu vas � la plage ? -"Le Cousu" m'attend.

Pas un seul t�l�phone pour appeler les pompes fun�bres !

Qui va me trouver un corbillard ?

J'ai vu Otilio passer avec sa charrette, ce matin...

Bien s�r !

La charrette d'Otilio.

Perico,

emprunte sa charrette � Otilio, pour une urgence.

Prends les enfants de coeur, �a fera solennel.

Oui, d�s que j'ai fini.

Tout de suite. Et arr�te avec cette eau.

Quel cr�tin !

Attention � ce que tu fais, Viviano.

Massues ?

J'en ai pas.

C'est pour toi.

Allez, le Portugais.

Voil� la charrette. Vite !

Une coupe...

-Don Viviano, la charrette ! -II �tait temps.

Viens avec moi.

Combien de fois t'ai-je dit de ne pas courir ?

-Bois de l'eau et va t'allonger. -Mais maman...

Allonge-toi.

Mais cette charrette est pleine de merde !

II a transport� du guano.

Il aurait pas pu y jeter un seau d'eau ?

C'�tait pas tr�s sale

mais quand il a su le nom du mort,

il a rajout� une pellet�e de fumier !

Quel fils de...!

C'est pas possible.

On fera avec. Dieu sait qu'on a fait notre possible.

Gabriel, allons chercher le d�funt.

Et toi, Perico. Allez !

Prions pour son �me.

-Gabriel, soul�ve le couvercle. -Non !

Non !

II a d�j� commenc� � sentir.

-C'est pour �a qu'on l'a sorti, hier. -Oui !

D�p�chons-nous, on a perdu du temps.

Il fait chaud. L'odeur sera bient�t insoutenable.

-J'appelle les enfants de choeur ? -Non, c'est inutile.

Beau cercueil !

Allez, hue !

Et toi, remue-toi. �a empeste !

Allez !

Je vais rater ma partie de cartes.

Quelle heure est-il ?

1 1 h30 environ.

-Je vais le louper. -Comme dimanche dernier.

Non ! J'ai m�me rempli deux cartons.

Isabel.

Il est d�j� parti ?

Eh bien, oui.

En courant, vous pourrez rattraper la charrette.

Non, merci.

Je veux dire,

si Dieu l'a voulu ainsi, il y a une raison.

J'ai vu le cercueil dehors, t�t, ce matin.

On a d� le sortir, � cause du petit.

Je suis d�sol�e pour tout le d�rangement.

-O� �tiez-vous ? -Moi ?

Je suis all�e...

Nulle part, Isabel.

Nulle part.

Mon Dieu, tu transpires encore.

Qu'est-ce que je t'ai dit ?

Plus tard, je serai joueur de foot professionnel.

Bien s�r, mon ch�ri.

Et ton grand-p�re pr�sidera ton fan club.

Tu transpires. Enl�ve-moi �a.

Beni,

lave le petit et change-le.

Viens.

Si j'avais parl�, mon mari y serait pass�.

Il l'aurait fait fusiller. Sans sourciller.

Et croyez-moi, je me serais �corch�e vive.

Je n'ai rien pu faire.

Je suis tomb�e malade et j'ai su pour le b�b�.

Gabriel croit qu'il est de lui.

Les dates, c'est pas son fort.

Pourquoi me l'avez-vous cach� ?

Comment vous l'aurais-je dit ?

Maintenant, j'y tiens plus que tout.

C'est mon fils.

Il n'a de lui que cette tache de naissance.

Rien d'autre.

Et si j'avais pu l'enlever...

Seule Benigna est au courant.

Eloisa.

Oui ?

On a trouv� �a sur lui.

Vous en aurez peut-�tre besoin.

Merci, Isabel.

Merci pour tout.

Isabel.

Cette cl�, c'est pour...

Je le sais, Eloisa.

Je me sens mal.

Que t'arrive-t-il ?

Tu es malade ?

Tu n'as pas bu ton anisette ce matin !

Tu devrais �tre en blanc, au lieu d'�tre enceinte.

Tu fais tout � l'envers. Tu ne m'as pas �cout�e.

Vive les mari�s !

Emm�ne-moi quelque part.

Tout de suite.

Vive les mari�s !

-Que fais-tu ? -Tais-toi, viens.

Ma grand-m�re disait que l'amertume ass�che.

Mais que si un jour, j'�tais s�re d'�tre heureuse � jamais,

je devais boire plein d'eau.

Parce que le bonheur, c'est une source de joie qui a besoin

de place pour s'�couler.

Et l'eau l'aide � circuler.

J'ai bu de l'eau toute la nuit.

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