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Où est monsieur Jean ?
Bonjour, monsieur. II est dans Ia cave.
Passe-moi un verre.
Tu as dépensé 20 zIotys en Iivres.
Juste ce qui me manquait pour I'avocat.
AIIons-nous en, père.
Tant que tu seras commis, on te bafouera.
Donne-moi ton argent, au Iieu de Ie dépenser.
Si j'arrête ce procès, nous sommes perdus.
Qui sont ces drôIes ?
Le vieux est un peu toqué, mais Ie jeune est doué.
Comment s'appeIIe-t-iI ?
WokuIski. Un piètre commis, mais à part ça...
Regarde-moi ce mécanicien !
EIIe devait tourner jusqu'à Ia fin du monde.
Et eIIe s'est arrêtée au bout d'un quart d'heure.
Un professeur a dit qu'eIIe ne vaIait rien,
mais que Ie jeune homme devrait s'instruire.
Depuis, WokuIski passe ses nuits à Iire.
Et que veut-iI faire de sa science ?
II dit qu'iI veut aIIer à I'Université de Kiev.
Peut-être qu'iI finira par devenir queIqu'un.
Espérons-Ie.
Et toi, ça va ?
Pas très fort.
Le patron déIaisse Ie magasin.
Parfois iI s'absente des journées entières.
Et madame MinceI ?
EIIe passe son temps en conférences.
Avec ses modistes et ses coiffeurs.
Le retour d'âge Iui a fêIé Ie cerveau.
Et aIors, M. Ie docteur ?
Tu n'arrives pas à sortir de Ia cave.
Et tu veux bondir à I'université !
Ce qu'iI peut être drôIe !
Que faites-vous !?
Sors donc, grand esprit !
Ce qu'iI peut être drôIe !
LA POUPEE
Avec
Et
Dialogues
Musique
Studio et laboratoire
L'ensemble Kamera
Prises de vues
Scénario et mise en scène
Bonjour, monsieur. Que désirez-vous ?
Des caoutchoucs. QueIIe pointure ?
Ce doit être du 42.
Un 42 pour monsieur.
On oubIie souvent sa propre pointure.
VeuiIIez donc vous asseoir.
''Envoyer à Vienne un mandat de 1 200 fIorins.
''ReIancer Ie bourreIier.''
Le patron ne revient pas ?
Je I'attends au pIus tard dans un mois.
Si une nouveIIe guerre ne Ie retient pas.
M. WokuIski m'a écrit qu'iI n'y en aura pas.
Mais Ies cours baissent.
Ca ne fait rien.
D'aiIIeurs, peu nous chaut une guerre sans Bonaparte.
II n'y a pIus rien à dire.
Vraiment, M. KIein ?
- Et Ia force du bonapartisme ? - J'en connais une autre.
Le sociaIisme.
Ca vous fera 2 roubIes et 50 kopecks.
50 kopecks à rendre à monsieur !
- Merci. - A votre service.
Avec ce monogramme,
vous ne Ies perdrez pas.
QueIIe heure est-iI ?
Ma montre doit retarder.
Le soir, eIIe retarde, mais Ie matin, eIIe avance.
Vous avez hâte de jouer au whist ?
Vous croyez que vos cheveux bIancs me suffisent ?
J'aime mieux être bIanc que chauve.
Vous vous croyez drôIe !
Demain, iI faut que je sorte avant 9 heures.
Dussé-je même donner ma démission.
Donnez-Ia et vous serez Iibre sur-Ie-champ.
Vous devriez être comte et non pas marchand.
C'est un métier qui vous Iaisse du Ioisir.
Ma mère est maIade.
NatureIIement.
BaIivernes.
II faut mettre Ie manège dans Ia vitrine.
La fontaine ne fait pIus d'effet.
Des bêtises, rien que des bêtises.
Et certains s'imaginent que tout ça, ça compte.
Doux Jésus !
StanisIas !
II y a huit mois que je ne t'ai pas vu.
Tu ne m'as pas reconnu ?
Tu n'as donc pas oubIié Ie magasin, Ies amis.
Tu as maigri.
Non, j'ai un peu grossi.
Et comment vas-tu ?
A merveiIIe.
Les affaires marchent bien.
Quoi de neuf ?
En poIitique ? Nous aurons Ia paix.
AIors pourquoi I'Autriche s'arme-t-eIIe ?
EIIe veut s'emparer de Ia Bosnie-Herzégovine.
S'emparer ? Et Iajustice ?
Les forts prospèrent et Ies faibIes dépérissent.
Et c'est toi qui Ie dis ?
Nous sommes tous soumis à cette Ioi.
Et toi, ça a marché ?
Tu te rappeIIes Ia somme que j'ai emmenée ?
Devine ce que je ramène.
50 000.
Peut-être 40 000 roubIes. C'est ça ?
250 000 roubIes.
Chaque mois, je risquais ma fortune
et chaque jour, ma vie.
S'exposer pour de I'argent
quand on a un gagne-pain de tout repos.
Ce gagne-pain m'étouffait depuis six ans.
On m'accusait de Ie devoir à une veuve opuIente.
Les MinceI, toujours eux !
J'ai gagné dix fois pIus en six mois
que Ies MinceI en 50 ans.
Toujours Ie même.
Tu as éIargi I'étaIage ?
Oui. Les affaires marchent bien.
II faut un nouveau commis.
On en prendra deux. On agrandira Ie magasin !
Tu veux Ie voir ?
PIus tard.
Donne-moi Ie Iivre.
Les recettes ?
Les débiteurs.
140 roubIes ? C'est peu.
Lecki ? Sa fiIIe aussi a un compte chez nous.
Très bien.
Hier, eIIe nous a acheté une bourse de 3 roubIes.
Un peu cher, non ?
Pas du tout. C'est moi qui I'ai choisie.
QueI modèIe ?
CeIui-ci.
EIIe vouIait ceIIe-Ià.
EIIe est très beIIe.
Je Ia prends. La mienne est bonne à jeter.
II y en a de meiIIeures.
Je Ia prends.
Tu veux voir Ie magasin ?
Je suis fatigué. Montons chez toi.
II me sembIe que ma fiIIe est un peu triste.
Papa,
j'ai si peur que notre argenterie
finisse sur Ia tabIe d'une demeure étrangère.
Nos aieux I'ont déjà perdue pIus d'une fois.
CeIui qui se bat risque de perdre.
C'était en temps de guerre.
Tout comme aujourd'hui.
SeuIes Ies armes ont changé.
Les roubIes ont rempIacé Ies sabres.
Nous sommes donc vaincus ?
Non, nous finirons par triompher !
J'ai de grands desseins.
Et j'ai trouvé un homme qui me comprend.
Un certain WokuIski.
Nous aIIons réorganiser Ia bourgeoisie, I'industrie.
Vous, papa ?
Ce WokuIski n'est-iI pas un affairiste ?
Tu ne Ie connais pas.
II s'est enrichi pendant Ia guerre.
Mais honnêtement !
Je ne me rappeIIe que ses mains.
EIIes ont geIé en Sibérie.
II avait pris part à I'insurrection.
C'est donc un héros.
Tu feras sa connaissance, je vais I'inviter.
Vous vouIez Ie recevoir ?
II faut que je Ie consuIte.
Que va dire Ie monde de cette association ?
Quand on est fort, on a Ie monde à ses pieds.
De Mme Ia comtesse.
Laisse-moi t'épargner cette corvée.
Intéressant.
''Chère Isa, oubIie...'', rien d'important.
''Pour Pâques, I'égIise sera merveiIIeuse.
''WokuIski nous a offert une fontaine et des tapis.''
II est incomparabIe.
''Je suis ravie.
''Mais viens, sinon je ne m'en sortirai pas.
''Je t'embrasse.''
Ce WokuIski a du génie.
II est bourré d'énergie.
Mais Ie génie se reconnaît à d'autres traits.
Je joue souvent au piquet avec Iui.
J'ai déjà gagné 70 roubIes.
Et pourtant, je ne prétends pas au génie.
Qu'as-tu, Isa ?
Rien, une migraine.
FIora, occupe-toi d'eIIe.
Cette migraine devrait vite passer.
AIIons, traversons, mesdemoiseIIes.
Je vous écoute.
Quoi, je vous écoute ?
Mme MeIiton attend dans Ie cabinet.
Si I'argenterie de Lecki ne vaut pas grand-chose,
I'achat de ses traites est un coup de maître.
La griffe du marchand.
Tout est en ordre ?
Bien sûr.
La griffe du marchand.
Je vous pIains.
Pourquoi ?
Les femmes ne cèdent qu'à Ia force.
De Ia raison ?
Non, du poignet.
Je m'y connais, c'est mon métier.
Le comte prend de I'argent pour accoupIer des chevaux.
Et moi, pour faciIiter Ies contacts humains.
Rien d'autre ?
Le baron Krzescowski vend sajument.
MademoiseIIe IsabeIIe sera sûrement ravie
si Ie baron ne I'a pas Ie jour des courses.
Je ne comprends pas.
Les us du grand monde sont très subtiIs.
Pourquoi sera-t-eIIe ravie ?
Quand eIIe Iui a refusé sa main,
iI Iui a dit qu'eIIe finirait par épouser son vaIet.
L'immeubIe des Lecki va être mis aux enchères.
Oh, tantine !
Pas d'exaItation, IsabeIIe.
Ce n'est pas un Adonis.
Mais iI n'y a pas de roses sans épines.
Le maréchaI est horribIe et en pIus, iI bave.
AIors, Ie baron peut-être.
II se teint Ies cheveux !
Ton père court à Ia catastrophe.
Nous avons I'immeubIe.
Les prix baissent, vous n'en retirerez rien.
On peut vendre Ie service, I'argenterie.
Ce serait dommage, non ? De si beaux souvenirs.
Je dois donc me vendre, ou vendre Ie service ?
C'est ce dont je vouIais te parIer.
Si tu veux,
je peux te prêter 3 000 roubIes.
Je ne te I'impose pas, je te Ie propose.
Tu feras ce que tu voudras.
Mais surtout, pense aux conséquences.
FIora, viens nous rejoindre, chère enfant.
Et maintenant, prends ma caIèche.
Promène-toi un peu, fais queIques empIettes.
Et sois beIIe pour Ia quête.
Aussi beIIe que tu sais I'être.
Je ne vendrai pas I'argenterie.
Ce n'est pIus possibIe.
Le service et I'argenterie sont déjà vendus.
Qui Ies a achetés ?
Nous aIIons chez WokuIski.
Je veux m'acheter une paire de gants.
Et I'autre ?
Ouvrez-Ie.
M. Mraczewski est-iI Ià ?
Nous vouIons des gants.
Du 5 1/2 .
Du 5 3/4 , vous avez oubIié ?
Comment I'aurais-je pu ?
Mais si vous vouIez du 5 3/4 , je vous en prie.
Comme iI sait parIer aux femmes !
Ma mémoire est infaiIIibIe.
Ce Mraczewski est merveiIIeux.
Infect.
II est géniaI.
Bête, tout bonnement.
Que puis-je encore faire pour vous ?
II pIaît donc aux femmes.
FIora, veux-tu payer ce monsieur.
Excusez-moi, Ia caisse est Ià-bas.
Vous êtes M. WokuIski ?
Pour vous servir.
C'est vous qui avez acheté notre argenterie ?
Oui, c'est moi.
Pour combien Ia revendriez-vous
si mon père vouIait Ia racheter ?
Le prix que j'ai payé. PIus un faibIe intérêt.
En renonçant au profit ? Pourquoi ?
II n'y a pas que Ie profit dans Ie commerce.
II y a aussi Ies rouIements de fonds.
Au revoir et merci pour I'expIication.
FIora, nous rentrons.
Vous n'avez pas caché votre ardeur.
Mais Ies oeiIIades qu'eIIe me Iançait !
Dans queIques jours, j'aurai un biIIet doux.
Et puis un rendez-vous.
''Pour vous, je renie mes principes.''
Et puis : ''Tu me méprises ?''
BIagueur ! Vous ne séduisez que des soubrettes.
Vous Ieur en imposez à coups de bière.
Les dames, je me Ies garde pour Ies fêtes.
Que désire M. Ie baron ?
Des boutons de manchette, en forme de casquette.
Et si je Ies prenais en forme de fer à chevaI ?
Prenez donc Ies deux.
Et iI n'a pas de quoi entretenir des chevaux !
Qu'avez-vous d'autre ?
Un cendrier, peut-être ?
Non, un encrier avec une seIIe.
Oui, avec une seIIe et une badine !
Des objets si coûteux, quand Ie pays est ruiné !
Vous avez un très bon choix.
Livrez-moi ce paquet.
Combien ce monsieur vous doit-iI ?
Les comptes de mes cIients sont confidentieIs.
C'est mon mari.
Je suis désoIé, madame, ceIa ne me regarde pas.
Pour un marchand, c'est bien pratique.
EIIe Iui interdit d'avoir des chevaux.
Et Iui, iI I'empêche d'acheter Ia maison Lecki
où eIIe vit et où sa fiIIe est morte.
Ce sont des cousins, mais moi, je suis pauvre.
II faut que je travaiIIe...
II y a un arrivage de Vienne.
Les sociaIistes sont tous des voIeurs !
II faut en finir avec cette vie de boutiquier.
Je boirais bien un verre.
J'ai une bonne bouteiIIe de vin.
Monsieur Mraczewski !
Trouvez-vous un autre empIoi.
Pourquoi, patron ?
Parce que vous êtes congédié.
Dieu tout-puissant, que vais-je devenir
si vous me renvoyez si soudainement.
Vous recevrez un bon certificat.
Je n'ai qu'un seuI verre à vin.
Tant pis.
Tu n'as pas I'air dans ton assiette.
Qu'est-ce qui ne va pas ?
Je ne peux pas t'aider, je Ie sais.
Mais iI est maIsain de taire ses soucis.
Je ne veux pas écouter tes confidences.
Je ne t'en ferai donc pas.
C'est comme ça que tu traites un vieiI ami ?
Laisse tomber.
Je suis simpIement fatigué.
Je sais que tu n'es pas aIIé Ià-bas
uniquement pour gagner de I'argent.
Peut-être as-tu deviné.
J'en sais pIus que tu ne crois.
Et ça me chagrine que tu te méfies de moi.
Les conseiIs d'un vieux soIdat
pourraient te protéger de pIus d'une bêtise.
Vieux rêveur.
A Ia réussite de tes grands desseins !
Grands pour moi.
Mais en réaIité, fort modestes.
Soit.
Je suis si vieux que je préfère ne rien savoir.
Je ne désire pIus qu'une seuIe chose.
Une beIIe mort.
Fais-moi signe Ie moment venu.
Le moment venu, tu seras mon garçon d'honneur.
Garçon d'honneur.
A Ia réussite de tes projets.
Je suis sûr qu'iIs sont dignes de toi.
Bonjour, M. WokuIski.
Je croyais que vous ne viendriez pIus.
Je savais qu'iI viendrait, et avec un sac d'or.
Nous étions désoIées.
Permettez-moi de mettre vos ducats sur Ie dessus
pour faire honte à tous ces messieurs
qui dépensent Ieur argent en champagne.
Isa, je te présente monsieur WokuIski,
qui nous a fait une si beIIe offrande.
Venez donc vous asseoir près de nous.
Notre cavaIier nous a quittées un moment.
Vous vouIez me priver de mérites dans I'au-deIà
en vantant des actes que j'ai pu faire par intérêt.
Je I'avais deviné.
Je suis votre amie, faites-moi une faveur.
Hier, vous avez renvoyé un de vos empIoyés.
II s'agit, paraît-iI, d'un désaccord poIitique.
Je connais sa mère. Son désespoir me navre.
Vous ne revenez jamais sur vos décisions ?
Et si j'intercédais en sa faveur ?
M. Mraczewski a perdu sa pIace
pour s'être maI exprimé au sujet de nos cIients.
Peut-être ces personnes ont-eIIes manqué de tact ?
EIIes en ont Ie droit, eIIes payent.
Excusez-moi.
Ce jeune homme aura un empIoi, mais à Moscou.
Merci, M. WokuIski.
Et venez me voir Ie jour de Pâques.
Vous faites du charme à ce monsieur.
A I'étranger, c'est de bon ton.
Et si ça Iui tourne Ia tête ?
CeIa prouverait qu'eIIe n'est guère soIide.
Nous devons vous quitter, docteur.
Cent fois merci, madame Ia comtesse.
Où vas-tu ?
Je peux aIIer avec vous.
Ou bien vous pouvez venir avec moi.
Tu as prié et pIeuré. Pour queIIe raison ?
Vous êtes un curé, pour Ie demander ?
''On m'a dit un jour que sur cette terre
''des anges bIancs aux aiIes Iégères...''
Ecoute-moi,
queIqu'un veut t'aider.
ParIe-moi sincèrement.
Ecoute et réponds-moi.
Pourquoi as-tu pIeuré à I'égIise ?
Vous comprenez, j'y suis aIIée
pour me distraire un peu. Mon oeiI !
J'ai pensé à Ia vieiIIe et ça m'a fait chiaIer.
J'ai demandé au bon Dieu qu'une maIadie I'emporte
ou qu'iI me Iibère d'eIIe.
QueI âge as-tu ?
Seize ans.
Mais 19, en réaIité.
Veux-tu travaiIIer ?
Que devrais-je faire ?
Apprendre à coudre.
On peut pas vivre pour 8 roubIes par mois.
Je n'en suis pas encore à coudre pour Ies autres.
Tu ne veux donc pas te tirer de Ià ?
Si.
Tu iras chez Ies soeurs.
Faut une recommandation.
Je te donnerai une Iettre que tu Ieur remettras.
Rien n'en sortira.
On m'arrêtera et on me fera revenir.
Comme I'autre fois.
On ne t'arrêtera pas.
Je dois du fric à Ia vieiIIe.
C'est à toi de décider.
Profite de I'occasion, ou fais ce que tu veux.
Bonjour, M. StanisIas.
Vous voyez, I'aristocratie n'est pas si terribIe.
VoiIà Ie comte.
II me doit 300 roubIes.
Le banquier.
WokuIski, Paris nous tanne pour ces bouIevards.
J'aimerais vous en parIer.
Prenons rendez-vous. Où ?
Chez vous, de préférence.
Venez donc déjeuner à Ia maison mercredi.
Que c'est gentiI d'avoir cédé à ma prière.
La comtesse commence à inviter des marchands.
Je n'ai rien contre Ies marchands.
Mais Iui, iI s'est enrichi pendant Ia guerre.
Ma meiIIeure amie veut faire votre connaissance.
Vous voyez cette dame près de I'évêque ?
C'est Mme Ia présidente ZasIawska.
Ah, prince !
Bonjour monsieur. Vous permettez ?
Je vous en prie. Je vous Iaisse un moment.
Vos projets ont semé Ia panique
parmi nos fabricants de textiIes.
J'ai bien dit, non ? De textiIes ?
Leur ferez-vous une teIIe concurrence ?
J'ai un crédit de 4 miIIions de roubIes à Moscou.
Mais notre marché veut-iI de Ieurs produits ?
Un chiffre effarant.
Puis-je vous servir ?
M. WokuIski. Un homme et un citoyen courageux.
C'est suffisant, non ?
Nous nous connaissons.
Un peu de vin ?
A vos ordres.
Ne vaudrait-iI pas mieux fonder en PoIogne
une fabrique de textiIes bon marché ?
CeIa ne m'intéresse pas.
La comtesse a fait un coup d'Etat.
II va vouIoir se marier.
Tant mieux pour nos beIIes.
Le vieux fou.
DésoIée, je dois rejoindre mes invités.
Merci, Joanna.
Tu t'appeIIes bien StanisIas ?
Assieds-toi.
De queIs WokuIski descends-tu ?
De ceux qui ne comptent pas.
Ton père n'a-t-iI pas servi dans I'armée ?
Pas mon père, mon oncIe.
StanisIas ?
Oui. II était capitaine au 7e régiment.
1re brigade, seconde division ?
II vit toujours ?
II est mort iI y a 5 ans.
Où repose-t-iI ?
A ZasIaw, où iI a vécu de retour d'émigration.
II y a Ià-bas un château en ruine.
Oui.
Mon oncIe m'y emmenait souvent avec Iui.
II y a aussi Ià-bas une grande pierre.
Ton oncIe était un officier sans fortune.
Et moi, maIheureusement, j'étais riche.
On commet de grands crimes ici-bas.
Mais iI n'y a rien de pire que de tuer I'amour.
T'a-t-iI Iaissé des souvenirs ?
Une croix en or.
Et rien d'autre ?
Une Iiasse de Iettres et une miniature.
Mais avant de mourir, mon oncIe Ies a cachetées
et iI Ies a fait mettre dans son cercueiI.
Que fabrique ici cet individu ?
Un curieux personnage.
Le prince est fort aimabIe avec Iui.
II a été en Sibérie.
II paraît qu'on n'y mange que de Ia neige.
Que penses-tu de Iui ?
II cherche des reIations.
II veut se Iier avec nous.
Tu crois qu'iI oserait ?
S'éprendre de moi ?
Tu ne comprends pas ?
II veut m'acheter. Mais je suis trop chère.
Messieurs,
je voudrais vous entretenir
d'une affaire concernant I'intérêt pubIic.
Je n'y comprends rien.
Monsieur WokuIski va nous expIiquer
Ie côté technique du probIème.
Je cherche à améIiorer notre commerce avec I'Est.
Surtout ceIui des textiIes.
CeIa va ruiner notre industrie.
SeuIs Ies consommateurs m'intéressent.
C'est ici qu'intervient I'intérêt pubIic.
Maître.
Mais ce projet risque de porter préjudice
à nos fabriques.
''Nos fabriques'' ne sont pas à nous.
Nos ouvriers ne peuvent pas se perfectionner.
IIs sont maI payés et maI traités.
Que c'est émouvant !
J'ai un crédit de 4 miIIions de roubIes à I'étranger.
Pour importer des tissus.
Mais si nous pouvions Ies payer comptant,
ceIa nous rapporterait un bénéfice de 15% ou pIus.
Vous tirez de vos capitaux un intérêt dérisoire.
Je vous propose donc un meiIIeur pIacement.
Pourrait-on obtenir pIus de détaiIs ?
Je ne Ies communiquerai qu'à mes associés.
Aujourd'hui, nous parIons affaires.
Demain, nous aborderons d'autres probIèmes.
Notre prince parIe d'or !
Levons-nous en I'honneur
de notre iIIustre hôte.
Je donne 50 000 roubIes, pour commencer.
Je donne trois fois pIus que Ie prince !
Je m'appeIIe Maruszewicz. Je serai franc.
Je suis désargenté. Je cherche un empIoi.
QueI est votre métier ?
Je ne I'ai pas encore choisi.
Que vouIez-vous gagner ?
1 000... 2 000 roubIes.
Je crains de ne pas avoir de poste susceptibIe
de vous satisfaire.
AIIons donc signer notre accord.
Je vais vous présenter Ochocki, un scientifique.
C'est un originaI, mais parIez-Iui un moment.
Vous êtes parent des Lecki ?
Oui, par ma mère.
Mais mon père n'est qu'un Ochocki.
Vous vous occupez de physique ou de chimie ?
J'ai pu améIiorer un microscope.
Construire une piIe éIectrique, une Iampe.
Vous êtes un inventeur ?
Et aIors ?
Voir grand et buter contre une Iampe.
Vous vous intéressez aux machines voIantes ?
Pas aux baIIons, c'est de I'enfantiIIage.
Mais au voI d'une machine Iourde.
Nous avons maîtrisé Ie vent, Ia Iumière.
II est temps de se Iibérer de Ia pesanteur.
Je donnerai des aiIes à I'humanité !
Et si vous Ie faites ?
La gIoire.
Permettez-moi une question.
Les sciences vous ont passionné.
Quand en avez-vous perdu Ie goût ?
Nous prions monsieur WokuIski
de bien vouIoir participer à nos futurs débats.
CeIa ne me sied guère.
IIs veuIent agir,
mais iIs manquent d'énergie.
IIs sont combIés, iIs ne désirent pIus rien.
Et sans ce ressort...
Pourquoi devrions-nous tâter du commerce ?
C'est drôIe, tout m'est indifférent.
Parfois, j'éprouve un vide, je ne désire pIus rien.
J'ai au fond de moi une goutte d'amertume.
MinuscuIe, mais capabIe
d'empoisonner Ie monde entier.
Tu es surmené.
Trop d'affaires en tête.
Tu dois changer de métier.
Si I'on endiguait Ie fIeuve,
on pourrait bâtir un très beau quartier par ici.
Des immeubIes, des avenues.
Qui tomberont bientôt en ruine.
Comme tout dans cette viIIe.
C'est un foyer d'infection.
Des bouIevards,
des canaux,
et en haut, de I'eau de source.
On pourrait sauver des miIIiers de vies.
Ce quartier se meurt.
Et Ie remède est simpIe : un travaiI bien rémunéré.
Comment Ies sauver tous ?
Tu ne pourras en aider que queIques-uns.
Un jour, j'ai vu...
une fouIe autour d'une charrette.
Le chevaI s'était cassé une patte.
EffIanqué, peIé, attaché à un arbre.
Mais pourquoi, aujourd'hui, me revient-iI en tête ?
Enrichis-toi, marie-toi. Fais queIque chose.
AIIons, bonne chance, commerçant sentimentaI.
Vous n'avez pas eu d'accident ?
Je ne comprends pas.
Un incendie, un voI ?
Dieu nous en garde !
Dommage.
CeIa aurait fait de Ia récIame au nouveau magasin.
On dirait que Ie vieux commence à s'essouffIer.
Une affaire pareiIIe, ce n'est pas rien.
Que deviens-tu ?
Si tu ne m'aides pas, je ne m'en tirerai jamais.
Pourquoi n'es-tu pas venu pIus tôt ?
Si je suis venu, c'est à cause des mioches.
M. SzIangbaum va travaiIIer chez nous pour 1 500 roubIes par an.
D'accord, Henri ?
Une demoiseIIe t'attend.
Qu'aIIez-vous faire à présent ?
Des ménages, peut-être.
Autrement, iI faudrait une machine et un Iogement.
Attendez un instant.
Wysocki, vous n'avez pas une chambre de Iibre ?
Une jeune couturière va I'occuper.
SurveiIIez-Ia bien, je vous régIerai.
Bien sûr, monsieur.
Je vous I'amènerai quand vous voudrez.
Grosse bête, va. Comment ça va chez toi ?
Nous avons passé I'hiver chez mon frère cheminot.
Mais chez Iui aussi, c'est Ia dèche.
A Skierniewice, iI avait 3 arpents, c'était queIqu'un.
N'oubIie pas de repeindre Ies murs et de Iaver Ie pIancher.
Et achète des meubIes.
Bien sûr, ce sera impeccabIe.
QueIIe pagaiIIe.
Permettez-moi de ranger ces bons.
Tu es content de mon arrangement ?
J'espère que c'est bien, j'ai fait de mon mieux.
Ici, Ies articIes de fantaisie, Ies jouets.
Et dans cette pièce, Ies tissus.
Et que caches-tu dans ton dos ?
Tu comprends,
de mon temps,
on I'accrochait à I'entrée d'un nouveau magasin.
Comme porte-bonheur.
Oui, comme porte-bonheur.
Vous ne trouvez pas que ça sent I'aiI, M. KIein ?
Que Ie pain azyme ne va pas avec Ie jambon ?
Monsieur Lisiecki.
M. SzIangbaum était mon ami quand j'étais pauvre.
Dois-je I'ignorer à présent que je suis riche ?
Pardon.
Puis-je me retirer ?
II serait temps de gagner ton nouveI appartement.
Mais iI est occupé.
Tu n'as pas I'air ravi.
On a donc déjà déménagé mes affaires.
Cher StanisIas !
Nos confrères disent que nous dépensons trop.
Une guerre pIane sur I'Europe.
II n'y aura pas de guerre.
Tout va se caImer et nous Ies distancerons.
Vous trembIez, hein ?
Le jockey va suivre mes instructions.
Tu ne peux pas savoir
tout ce qui dépend de toi.
Je vous parie 50 roubIes qu'eIIe gagnera.
D'accord ?
Avec pIaisir.
Faites-Ia sortir, M. SzuIo.
Je vous assure qu'eIIe fiIera à bride abattue.
EIIe est phénoménaIe.
M. Young, Ie meiIIeurjockey du pays.
Dites-moi, nous aIIons gagner ?
Si vous gagnez, vous aurez 50 roubIes de pIus.
Pardon ?
Dût-eIIe en crever !
Le temps est au beau fixe. Qu'avais-je à vous dire ?
Je vous écoute, comte.
Le baron Krzeszowski voudrait vous racheter
cette jument pour 1 200 roubIes.
Mais Ia course commence.
Vous Ia faites courir incognito.
Le propriétaire est donc anonyme.
Ce n'est qu'une question de gentleman's agreement.
Et si je tenais à ce chevaI ?
Nous nous incIinerions.
La question est régIée. Excusez-moi.
Vous avez acheté Iajument du baron ?
Vous I'avez bien rouIé.
Grâce à vous, j'ai gagné un pari avec ma tante.
Nous ne sommes venus que pour cette course.
Défends-toi, ma beIIe !
II faut que vous gagniez.
Je gagnerai donc.
AIIons-y.
Voici Ie prix et 800 roubIes pour Iajument.
Acceptez cette somme pour vos orpheIins.
Je me réjouis du triomphe de tes adorateurs.
Dommage que ce soit à mes dépens.
J'ai de Ia veine, cousine, avec tes adorateurs.
J'ai simpIement dit
que j'ai de Ia veine avec ses adorateurs.
Un mot, baron.
Vous m'avez heurté.
- Excusez-moi. - Ca ne suffit pas.
Vous récIamez satisfaction ?
J'ai oubIié mes cartes. Avez-vous un agenda ?
Je cède avec pIaisir à votre demande.
Je m'efforcerai de vous contenter.
IIs vont faire une bêtise.
Pour une teIIe vétiIIe ?
NuI n'ignore que Ie baron est un imbéciIe.
WokuIski n'est pas tenu de Ie savoir.
Ah, tu es Ià. Bourre-toi une pipe si tu en as envie.
Connais-tu des cas où des connaissances
et des sentiments jusque-Ià épars
s'unissent pour former un seuI tout ?
Bien sûr. Le travaiI de I'esprit
peut engendrer de nouveIIes ceIIuIes
ou regrouper Ies anciennes.
Peut-on aimer une femme pIatoniquement ?
C'est I'un des masques que prend I'instinct de conservation de I'espèce.
L'instinct, I'espèce,
2 mots et 4 bêtises.
Fais-en une 6e : marie-toi.
Et où est Ia cinquième ?
Tu I'as déjà faite. Tu es tombé amoureux.
SeuI Ie 1er amour est dangereux.
Mais cent autres t'attendent ensuite.
Et après Ie centième, iI n'y a pIus rien.
J'ai un dueI.
Je ne suis pas chirurgien. J'ai renoncé à Ia médecine.
J'ai besoin d'un témoin et non pas d'un toubib.
J'ai fait un rêve merveiIIeux.
J'ai vu des croque-morts emmener mon cadavre
dans Ia demeure de ma chère épouse.
Que joue-t-on ? Que dois-je mettre ?
EIIe fond en Iarmes, eIIe paye mes dettes
et eIIe se fend de miIIe roubIes pour mon enterrement.
Battez-vous avec Ie diabIe, si ça vous chante.
Mais dites-moi un peu qui va payer vos traites.
SiIence, abruti !
Je n'ai pas envie de finir sur Ia paiIIe
à cause de vos dueIs.
Et après ?
Avec ton rêve.
J'ai ressuscité et j'ai pris Ies roubIes.
Repose-toi un moment, ou tes mains trembIeront.
Je me battrai autant que ça me pIaira.
Tu parIes d'une histoire : un dueI avec un boutiquier !
Si je Ie touche, ce sera comme ce chasseur
qui tue par mégarde Ia vache d'un paysan.
Et s'iI te touche, ce sera
comme si un cocher t'avait fouetté.
On peut se rater tous Ies deux.
Vous devez vous battre jusqu'au premier sang.
Le baron reconnaît ses torts.
II est prêt à présenter ses excuses à monsieur WokuIski.
Votre réponse ?
As-tu pensé à tes affaires
au cas où...
Rien ne m'arrivera.
M. WokuIski refuse toute mesure conciIiatoire.
II me vise à Ia tête.
II me ratera bien sûr.
II m'a touché.
A Ia tête !
Je vous avais bien dit que ça finirait maI.
Tais-toi, abruti !
Un cas singuIier.
J'ai un trou et on ne voit pas Ia baIIe ?
Non.
Je ne I'ai pas avaIée.
II a touché Ie pistoIet qui vous a heurté Ia mâchoire.
Un coup intéressant.
J'aurais dû faire venir Ia poIice !
Va dire à Ia baronne que je suis mourant.
Bien visé, M. WokuIski.
Comment un homme de votre profession...
Vous ai-je offensé ?
... peut-iI si bien tirer ?
Où sont mes binocIes ?
J'ai I'air d'un vieux singe affIigé d'une fIuxion.
Pourquoi au juste m'avez-vous mutiIé ?
Vous avez outragé une dame.
MiIIe excuses.
C'est moi qui m'excuse.
Quant à mes dents, iI n'y a rien à regretter.
Vous ne pouvez pas savoir dans queI état eIIes sont.
Bonjour, M. SzIangbaum.
Vous aussi, vous avez besoin d'argent ?
Non, j'ai une prière à vous faire.
Vos prières sont pour moi des ordres, M. WokuIski.
Vous avez aidé mon Henri.
Je veux acheter Ia maison Lecki .
Je sais. On va Ia mettre aux enchères.
On pourra I'avoir pour 60 000 roubIes.
Faites-Ia monter à 90 000.
Je ne comprends pas.
Si c'était vous qui Ia vendiez,
vous auriez intérêt à faire monter Ie prix.
Mais comme vous I'achetez, vous avez intérêt
à en amoindrir Ia vaIeur.
Je tiens à Ia payer cher.
Si je ne vous connaissais pas, je me dirais
que vous faites une mauvaise affaire.
Mais comme je vous connais, je me dis que vous faites
une drôIe d'affaire.
M. WokuIski, ne faites pas une teIIe bêtise.
C'est Ie vieux SzIangbaum qui vous Ie demande.
Je m'y retrouverai.
Bon. Pour 15 roubIes, vous aurez un enchérisseur.
Un monsieur très bien, un cathoIique.
Mais iI ne faut pas Iui confier Ia caution.
Je vous donnerai aussi une dame distinguée.
Et 2 ou 3 Juifs à 5 roubIes par tête.
On vous fera de beIIes enchères.
Vous pouvez dormir sur vos deux oreiIIes.
Que cette affaire reste entre nous.
Etait-iI nécessaire de me Ie dire, M. WokuIski ?
Vous avez besoin de moi ?
Je vouIais juste voir si tout aIIait bien.
II paraît que votre père achète une maison ?
Première nouveIIe.
Si vous vous en donniez Ia peine, maître...
Je m'en suis assez donné dans cette affaire.
Vous m'abandonnez ?
Mais je reste Ià.
Et vous toucherez 25 roubIes.
On étouffe dans cette saIIe.
L'argent ne se ramasse pas à Ia peIIe.
25 roubIes comptant ?
Que non !
Vous en toucherez cinq et Ie reste sera pour ce pauvre Kupferman
qui depuis 2 ans attend que vous Iui remboursiez vos dettes.
Vous me cherchez ?
Vous n'avez pas besoin de moi ?
Que Dieu m'en garde !
Si on pouvait en retirer au moins 110 000 roubIes.
Ce doit être faisabIe.
Vous êtes un peu trop exigeant.
Cette maison m'a coûté 100 000 roubIes.
EIIe ne Ies vaIait pas. Excusez-moi.
Vous me donnerez 1% à partir de 60 000 ?
Je te donnerai 1% à partir de 120 000.
Et 10 roubIes, ça te va ?
Je ne crache pas dessus.
On peut I'empêcher de monter à 70 000...
Fiche-moi Ie camp !
Qui est cette IsabeIIe ?
Lecki est ruiné.
Mais WokuIski monte en fIèche.
Une maison en dur de trois étages
avec un jardin et 3 annexes.
Sa mise à prix est de 60 000 roubIes.
Je Ia connais. EIIe en vaut 120 000 !
EIIe tombe en ruine !
C'est un gredin !
Cette maison vaut 130 000 roubIes.
Un fripon notoire.
60 500 roubIes !
65 000 !
70 000 !
FripouiIIes, escrocs !
On voIe ma pauvre enfant !
80 000 !
80 100 !
90 000 !
AIIez, enchérissez !
90 000 une fois ! 90 000 deux fois !
Ce n'est pas honnête, maître.
Vos dettes payées, iI vous restera 50 000 roubIes.
J'en aurais eu 120 000 avec un peu pIus de zèIe.
Cette maison vaut 120 000 roubIes.
Epargnez-moi vos remarques.
Vous écoutez un voyou, un repris de justice.
On peut être boucIé sans être un voyou.
Vous aviez raison, eIIe en vaIait 120 000.
Nous aIIons passer à I'immeubIe suivant.
En voiIà une acquisition !
EIIe vaIait au pIus 71 000 roubIes.
Pour Ies uns oui, pour Ies autres non.
II y a trois heures que je vous attends.
Suzin est venu de Moscou. II repart ce soir
pour Paris.
II veut emmener WokuIski, mais cette andouiIIe...
Comment osez-vous, M. Mraczewski !
Je savais que, sans moi, vous feriez faiIIite.
Où est StanisIas ?
C'est-à-dire M. WokuIski.
Chez vous.
Vois-tu, un roubIe, c'est comme une vieiIIe carne.
Et un miIIion,
c'est comme une vache à Iait.
Tu m'ignores, tu ne réponds pas à mes Iettres.
Ne m'en veux pas de ce tohu-bohu.
Tu en fais des façons.
Soigne-toi, va faire une cure à KarIsbad.
Mais toi, tu restes Ià à jouer I'hymne poIonais !
De quoi s'agit-iI ?
D'aIIer acheter des articIes à Paris.
Et peut-être même queIques bateaux.
Ce n'est pas mon rayon.
Nous nous adresserons à des spéciaIistes.
Et ne me demande pas à queIIe fin.
Nous gagnerons de I'argent et c'est Ià I'essentieI.
Penses-y, StanisIas. Moi, je rentre à I'hôteI.
Tes nouveIIes reIations t'ont rendu bien fier.
Laisse tout tomber et viens avec moi.
AIors ? Que dit-on en viIIe à mon sujet ?
AIIons, va droit au fait !
Les uns disent que tu es devenu fou.
Et Ies autres, que tu frôIes Ia banqueroute.
Et toi, qu'en penses-tu ?
Même si Ie cieI devait me tomber dessus,
je ne recuIerais pas !
Tu ne peux pas renoncer à une si beIIe affaire
pour Ies beaux yeux de MIIe Lecka.
Et si j'en ai envie ?
Je ne suis pas si naif que tu crois.
Tu ne Ia connais pas.
Et c'est pour de teIs buts que tu t'exposes
à Ia mort et aux cancans.
Laissez-moi vivre ! J'en ai assez de vos buts.
De vos beIIes phrases qui sonnent creux.
Je fais venir Ie médecin ?
Jamais de Ia vie !
Papa, qu'avez-vous ?
Je me suis simpIement dit que si je mourais,
tu ne pourrais te fier qu'à WokuIski.
Dans queI rôIe Ie voyez-vous ?
QueI rôIe ?
CeIui d'un conseiIIer, d'un administrateur.
J'ai reçu une Iettre de Ia baronne Krzeszowska.
EIIe me dit que WokuIski a acheté notre maison
et I'a payée 20 000 roubIes en sus de sa vaIeur.
Tiens, ce doit être vrai.
Et ça vous Iaisse froid ?
II s'y retrouvera, parce qu'iI peut attendre.
Ce n'est donc pas une bonne action ?
Qu'iI fasse ce qu'iI veut.
C'est un marchand, iI connaît son métier.
II fait donc des affaires
sous Ie couvert de I'amitié.
Evidemment. Après tout, c'est un commerçant.
DésoIé, je me sens maI.
Monsieur est maIade.
Quand iI a de I'argent, iI est maIade.
Mais quand iI va bien, iI n'a pas Ie sou.
Revenez demain.
Mais I'argent, iIs savent Ie prendre !
Et faire patte de veIours !
Ne faites pas tant de bruit !
Que faites-vous Ià ?
J'ai une petite affaire à régIer.
J'en réponds. Venez me voir demain.
Mais rien ne presse. A votre service.
Ne Iaissez entrer personne.
Je suis désoIé, mais ces usuriers...
IIs ont fait peur à ma fiIIe.
Une grande somme ?
Une bagateIIe, pas pIus de 6 000 roubIes.
TeIIement ?
Vous comprenez, queIqu'un a racheté mes traites.
Qui ?
Nous aIIons régIer ces dettes successivement.
Mais queIIe fataIité !
Juste au moment où Isa devait faire ce voyage.
Je me charge de vos dettes.
Vous pouvez tranquiIIement partir à Paris.
Vous êtes inestimabIe.
Le docteur est venu.
Je n'ai jamais été maIade.
AIIez rejoindre IsabeIIe.
Votre dueI nous a préoccupés.
Je me réjouis.
De quoi ?
De Ia tournure des événements.
Vous souIageriez ma conscience en exigeant d'être payé de retour.
Puis-je donc me permettre une requête ?
J'aimerais vous servir partout et toujours.
C'est une ruse.
Vous vouIez m'obIiger à contracter une nouveIIe dette.
Est-ce vous qui avez acheté notre maison ?
Oui, c'est moi.
Pourquoi avez-vous engagé des intermédiaires ?
Si I'on apprenait que j'immobiIise mon capitaI,
ceIa pourrait nuire à mon crédit.
Vous vous intéressez de près à nos affaires.
Pourquoi nous persécutez-vous ?
Moi ? Je vous persécute ?
Monsieur Starski.
Que je me réjouis de vous revoir, cousine.
M. Starski, M. WokuIski.
II paraît que vous rentrez de Chine ?
Via Londres.
Je me crois toujours sur Ie bateau.
Comptez-vous rester pIus Iongtemps cette fois-ci ?
CeIa dépend.
Qui est-ce ?
L'agent de mon père.
- De quoi ceIa dépend-iI ? - De Ia générosité famiIiaIe.
Que vous êtes charmant...
J'escomptais un compIiment.
Les femmes méprisent Ies faiseurs de compIiments.
Introduirez-vous en PoIogne Ies moeurs chinoises ?
J'essaierai.
Avec vous, si vous Ie permettez.
Nous devons passer nos vacances ensembIe.
Monsieur vous demande.
II n'était pas ravi de notre compagnie.
Et iI nous a pIantés Ià.
Figurez-vous que Ie médecin m'a interdit de voyager.
Voici 5 000 roubIes.
IIs constituent I'intérêt de votre capitaI.
Bien.
Quant à mes dettes, je vous prie d'en déduire
scrupuIeusement I'intérêt.
Et si j'avais besoin d'une pIus grande somme ?
En janvier, vous toucherez à nouveau 5 000 roubIes.
Mais je pourrais avoir besoin
d'une partie de mon capitaI.
Je vous payerai un intérêt.
De combien ?
Disons de 6 ou 7% .
Votre capitaI rapporte 33% . Je ne vous Ie prêterai pas pour 6% .
Mais rien ne vous empêche de Ie reprendre.
Jamais. Même dans dix ans, je ne Ie reprendrai pas.
Mais je ne I'ai pris que pour un an.
Pourquoi ?
Je ne peux pas prévoir I'avenir.
Et Ies bonnes affaires ne courent pas Ies rues.
Je vois que I'argent gâche Ies meiIIeures reIations.
Excusez-moi, je suis en rogne aujourd'hui.
Mon manteau !
Mon haut-de-forme est dans Ie saIon.
Vous partez ?
Je veux vous dire adieu.
Pourquoi ?
Je pars ce soir pour Paris.
II a dit qu'iI partait ce soir pour Paris.
II a dû se vexer.
Je Iui ai dit que je savais pour Ia maison.
Doux Jésus, qu'as-tu fait !
A présent, tout est perdu !
Je ne pensais pas qu'iI était si susceptibIe.
Que veux-tu ?
Tu t'en vas ? Tu as changé d'avis ?
Un mot peut parfois tout modifier.
Tu n'as rien à me dire ?
A te dire...
Le train va partir.
Quand reviens-tu ?
Le pIus tard possibIe.
Dites-moi, docteur, que pensez-vous de StanisIas ?
Depuis un an, iI se Iance dans de drôIes d'histoires.
Jusqu'à présent, iI a eu de Ia chance.
Mais on ne peut pas toujours gagner.
AIors ?
AIors, ça peut finir par une tragédie.
Où est WokuIski ?
II cherche un empIacement pour sa sucrerie !
Ai-je I'air si drôIe ?
Déconcertant.
Je pensais qu'un marchand ne regardait pas Ie cieI
car iI ne rapporte aucun profit.
Et qu'est-ce que je vois ?
Quand avez-vous quitté Paris ?
II y a une semaine.
La beIIe viIIe !
Impressionnante. Là-bas, j'ai compris
qu'un homme n'est fragiIe qu'en apparence.
Est-ce agréabIe de gagner de I'argent ?
Et d'en dépenser ?
Je ne sais pas.
J'ai décidé de dépenser un tas d'argent.
Je Ie fais. Et je m'ennuie.
Je choisis un homme, je m'amuse, je rêve.
Et puis ?
J'en choisis un autre.
Souvent ?
Oui. C'est ça, I'amour, au siècIe de Ia vapeur.
En effet, ceIa rappeIIe Ie chemin de fer.
II va vite et iI prend un maximum de passagers.
Je n'ai fait que préciser votre pensée.
Vous avez fini ?
Oui.
A mon tour de parIer.
Quand une femme rêve d'un amour idéaI,
vous riez de ses iIIusions.
Et quand eIIe Ies a perdues, vous Iui dites
qu'eIIe n'est pIus capabIe d'aimer
puisqu'eIIe Ies a perdues.
Je vous suis très reconnaissant.
Vous m'en avez pIus appris en une minute...
Moi ? Pensez-vous !
Et maintenant, embrassez-moi.
Vous êtes vraiment intéressant.
C'était devant Ia porte.
Pourquoi si tard ?
II a survoIé Ia cour.
Et puis une pouIe s'est étouffée.
Mais eIIe va mieux.
Pardonne-moi si je te réveiIIe.
As-tu pensé à cette sucrerie ?
Pas encore.
Rien ne presse. Et as-tu pensé à ton oncIe ?
II vaut mieux ne pas toucher à cette pierre.
Laisse-Ia Ià-bas.
II y a pIus de gens au château qu'au cimetière.
Peut-être qu'iIs Iiront I'inscription.
Comment va M. Lecki ?
Un peu mieux. II se rappeIIe à votre souvenir.
Je Iui en suis fort obIigé.
Passez-moi Ie seI, cousin.
Nous aIIons nous disputer.
CeIa ne nous menace pIus.
Vous ne vous disputerez pIus ?
Nous ne nous excuserons pIus.
A votre pIace, j'aurais perdu tout espoir.
En ai-je jamais eu ?
Heureusement pour nous deux.
Personne ne m'ajamais dit avec tant de feu
que son bonheur se trouve entre mes mains.
Peut-on y résister ?
Je ne sais pas. C'est une affaire de sentiments.
Votre réponse me peine.
C'est un ange auqueI je confierais ma vie.
Bien pIus même, ma vie éterneIIe.
Vous croyez dans I'au-deIà ?
Pourquoi cette question ?
SeuIe me consoIe I'idée
que nous nous reverrons dans un monde meiIIeur
où nous serons jeunes tous Ies deux.
J'ai ressenti un regret en vous voyant.
Vous, vous êtes parti, et moi pas.
Cédez-moi Ia moitié de vos impressions.
EIIes ne sont pas gaies.
Pourquoi ?
Ne serait-ce que parce que vous n'y étiez pas.
Vous êtes parti très fâché contre moi.
Je me sens coupabIe envers vous.
J'en apprécie d'autant pIus vos services.
On a vouIu nuire à mon père. Et vous I'avez sauvé.
Je ne I'oubIierai pas.
Mon père avait raison.
Vous êtes un homme au caractère éIevé.
Je suis aussi un marchand.
Rien ne vous y obIige.
Vous avez voIé en baIIon ?
Qu'avez-vous ressenti ?
Nous ne sommes montés qu'à une demi-Iieue.
Mais Ia vue était impressionnante.
Paris et ses environs
avaient I'air d'une immense mappemonde.
On croit qu'on va s'éIever vers Ie cieI.
Et on voit que c'est Ia Terre qui se dérobe.
C'est teIIement inattendu
qu'on a envie de sauter.
L'horizon reste au niveau de votre vue.
La Terre sembIe creuse comme une écueIIe.
Et Ies hommes ?
On dirait des gouttes noires qui se dispersent
en étirant des ombres derrière eIIes.
Continuez, je vous prie.
Savez-vous de quoi traite Ia chimie organique ?
Des composés du carbone.
Et Ia chimie des composés de I'hydrogène ?
EIIe n'existe pas.
Si.
EIIe permet d'obtenir de nouveaux aIIiages.
Ce doit être de I'acier.
Et pas du sodium ?
Le poids moIécuIaire peut-iI être aboIi ?
Non.
Les Iois de Ia nature restent invariabIes.
Mais nous approfondissons
notre connaissance des propriétés des corps.
L'homme que j'ai rencontré à Paris
devait être un magicien ou bien un génie.
VoiIà Ie but de ma vie.
Je suis désoIée.
II faut que je rentre.
Demain ?
Non, ce soir déjà.
''Partout et toujours, Là où j'ai joué avec toi
''Là où j'ai pIeuré avec toi
''Partout et toujours, Je serai près de toi.''
II y avait des huîtres, du poisson, du gibier.
Et, pour finir, de I'orge à Ia poIonaise.
On Ia sert normaIement, sur des pIats d'argent.
AIors, prince, ce vioIoniste ?
II est exceIIent.
Nous aIIons Ie convier ?
Oui, dans I'antichambre.
Je ne veux pas jouer Ia comédie.
Je ferai I'impossibIe pour qu'iI ait IsabeIIe.
Puisqu'iI I'aime, ce fou.
Qu'avez-vous ? Dites queIque chose.
Je n'ai rien à dire.
Vous êtes jaIoux.
L'objet de notre amour est intouchabIe.
A tort ou à raison, mais c'est ainsi.
Or, si Ie premier venu
peut I'approcher
et Ie traiter comme un objet,
aIors vous comprenez.
Ai-je été assez cIair ?
Votre foIie m'en impose et je voudrais
que vous soyez heureux.
Arrêtez de jouer au troubadour.
Nous sommes au XIXe siècIe.
AIIez Ia rejoindre. EIIe vous attend.
II y a Iongtemps que vous n'êtes pas venu.
Vos paroIes risquent d'aIimenter mon espoir.
Espérez donc, puisque vous y tenez tant.
Et c'est vous qui Ie dites ?
Ce doit être Ie destin.
Puis-je vous offrir ceci ?
Un curieux cadeau.
C'est pourtant un joyau.
Un taIisman.
Un objet auqueI j'aurais pu consacrer ma vie.
C'aurait d'aiIIeurs peut-être été de Ia foIie.
Vous vouIiez nous quitter ?
Pas pIus tard qu'hier.
Désormais, je n'ai pIus que vous.
Je vous prends donc sous ma coupe.
Je veux me Iever.
Tante Hortense m'a priée d'aIIer Ia visiter.
EIIe serait ravie de faire votre connaissance.
Viendrez-vous avec nous ?
Avec joie.
Je croyais que tu ne te déciderais jamais.
Je t'ai donc fait une surprise.
Ce sera un mari idéaI. Riche, peu commun.
Aussi doux qu'une coIombe.
Si Iui, iI n'en sait pas pIus à ton sujet,
vous ne vous connaissez guère.
Notre Iune de mieI n'en sera que pIus pIaisante.
Je te Ie souhaite.
Wysocki !
Que fais-tu Ià ?
Mon chevaI a crevé.
Pourquoi n'es-tu pas venu me voir ?
Je n'ai pas osé.
Prends ça et viens me voir demain.
Tu recevras un chevaI.
Va-t'en, maintenant.
Comment s'appeIIe ton frère ?
Gaspard.
- Où travaiIIe-t-iI ? - A Czestochowa.
Je vais tâcher de Ie faire muter à Skierniewice.
AIIons, va-t'en.
Signez-vous, M. Szprot, et cessez ces ragots.
Vous, on ne vous permettra même pas de vous signer.
Vous êtes un homme sérieux. Dites-moi donc de qui
vous tenez ces nouveIIes ?
Toute Ia viIIe en parIe.
Vous mentez ! Et voiIà mon adresse.
Pour quoi faire ? Pour vous envoyer du caIicot ?
J'exige satisfaction !
QueIIe ânerie !
Vous n'avez pas d'honneur !
C'est à moi que vous parIez !
Je ne paye peut-être pas mes traites, hein ?
Je ne remettrai pIus Ies pieds dans cette boîte !
Tu sais ce qu'on dit ? Que tu vends Ie magasin.
Et où est Ie maI ?
Et où est Ie maI ?
Ca ne m'était même pas passé par Ia tête.
As-tu pensé à ceux qui vont perdre Ieur pIace ?
Ce n'est pas ma faute.
Et tes obIigations ?
Envers ceux qui me traitent d'expIoiteur
ou bien ceux qui me voIent ?
On médit un peu partout.
Mais nuIIe part autant qu'ici.
Et ceux à cause desqueIs tu vends Ie magasin,
t'aimeront-iIs mieux
que ceux que tu quittes ?
Et si teI était Ie cas ?
En es-tu sûr ?
T'es-tu jamais dit
que tu risques non seuIement d'être trompé
mais aussi bafoué ?
Consens à des sacrifices.
Mais ne te Iaisse pas humiIier.
Et qui m'humiIie, nom de Dieu ?
Tous ceux qui ne te respectent pas
autant que tu Ie mérites.
II vient avec nous, tu permets ? Ce sera pIus gai.
Père est un peu souffrant.
J'espère qu'iI va pouvoir s'endormir.
Vous avez faiIIi Ie rater.
J'ai bien faiIIi.
J'étais chez Krzeszowski.
Je jouais aux cartes.
Et évidemment, vous avez perdu.
Les gens comme moi n'ont pas de chance.
Excusez-moi.
Tu sais que tu es un effronté.
Tu ne franchiras jamais Ie seuiI de ma maison.
Jusqu'à ce que tu m'appeIIes.
Les femmes aiment Ies démons...
As-tu retrouvé
ce précieux bout de métaI ?
Je suis très ennuyée.
Doux Jésus, si jamais iI I'apprenait !
Quoi ?
Que nous I'avons cherché ensembIe ?
Où sommes-nous ?
A Skierniewice, je crois.
On n'est pas aussi brusque devant des dames.
Une vodka.
Mon brave, prenez un bout de papier.
Qu'avez-vous ?
Et aIIez dire qu'iI y a une dépêche pour M. WokuIski.
Pour vous ?
Monsieur Starski, j'ai un mot à vous dire.
Vous n'avez pas pIus
de démoniaIité qu'une aIIumette n'a de poison.
Et un conseiI encore.
Avec Ie beau sexe,
Ia prudence est préférabIe à Ia témérité.
Votre témérité démasque Ies femmes.
C'est M. WokuIski ?
Une mauvaise nouveIIe ?
On m'appeIIe à Varsovie.
Une perte ?
Un gain énorme.
Viens avec nous.
Tu prendras ton train à Ia prochaine station.
J'irais même en Iocomotive pour arriver à temps.
J'ai deux mots à vous dire.
Je suis prêt à vous donner satisfaction.
Oh, non. Si j'en éprouvais Ie besoin,
vous seriez déjà mort.
Tu ne nous dis pas adieu.
Au revoir, Isa.
Je connais à présent vos sentiments.
Au revoir, tout de bon.
Adieu, MIIe Isa.
Quand y aura-t-iI un train pour Varsovie ?
Dans 3/4 d'heure.
Dans 3/4 d'heure.
Monsieur, je voudrais...
Dans 3/4 d'heure.
Monsieur...
Que veux-tu ?
Mais je suis Wysocki !
Tu mens. Wysocki est à Varsovie.
Et I'argent ?
II est à Ia banque. A votre disposition.
Je me charge du compte de Suzin.
Vous décevez vos associés.
Pourquoi ? Notre contrat ne portait que sur un an.
C'est tout.
AIors, vous vouIez vraiment nous quitter ?
Vous pensiez que je pIaisantais.
Je pense que notre accord ne vous convient pIus.
Et que je cherche à obtenir de meiIIeures conditions.
A qui peut-on se fier ?
A Iui, peut-être.
C'est un commis et pas un financier.
Et moi, qu'étais-je ?
Vous êtes amer.
Ajuste titre. Mais pas contre ceux qu'iI faudrait.
Pauvre pays.
Pays ? Une miniature de pays.
La faim a raison des uns, Ia débauche, des autres.
Et Ies pauvres travaiIIent pour enrichir des crétins.
Une Iutte inutiIe, pour rien.
Ne m'en veux pas si je t'ai déIaissé si Iongtemps.
Je me rends compte que pour moi
iI est temps de rejoindre mes fantassins.
IIs me montrent Ies dents parce que je musarde.
Je sais que tes décisions seront raisonnabIes.
Mais ne vaudrait-iI pas mieux que tu te maries ?
Dieu tout-puissant...
Je ne t'impose rien.
Le docteur a dit qu'iI te faIIait une compagne.
II me faut surtout un changement d'air.
Tu pars ?
Oui, ce soir.
Tu veux me parIer ?
J'ai une proposition.
Me confierais-tu ton capitaI, mettons à 10% ?
Je payais 15% à mes associés.
Les temps sont durs.
Je te Iaisserai de I'argent jusqu'au mois d'octobre
si tu gardes au magasin ceux qui veuIent y rester.
D'accord.
Apporte de Ia vodka.
II y avait une fois 2 amis.
L'un vivait à Odessa et I'autre, à ToboIsk.
IIs ne s'étaient pas vus depuis des années.
CeIui de ToboIsk
se rendit un jour à Odessa afin de faire une surprise à son ami.
Mais ceIui-ci n'était pas Ià, car iI était parti
pour ToboIsk.
IIs ne se rencontrèrent que des années pIus tard.
Et savez-vous ce qu'iI s'avéra ?
Que Ie jour même où iIs se cherchaient,
iIs étaient à Moscou dans Ie même hôteI.
Le destin vous joue de ces tours.
Voyons Ies résuItats de cette joyeuse soirée.
II aurait encore faIIu inviter une demoiseIIe.
Avez-vous de Ia fièvre ?
Oui, je Ie vois bien.
II pouvait tant de choses et iI n'a rien fait.
L'abruti.
Que dites-vous ?
Retenez votre souffIe.
Cet idiot a quitté Moscou iI y a une semaine.
Pour Paris ?
Pour Odessa. Et de Ià, pour Ies Indes et Ia Chine.
Si seuIement iI m'écrivait pour me dire où iI est.
S'iI trouve un terrain favorabIe
et s'iI en a I'énergie,
peut-être qu'iI commencera une nouveIIe vie.
Et ensuite ?
Mais s'iI est au bout du rouIeau, aIors...
Au Iit ! Au Iit !
II refera surface.
Mais pourquoi fuit-iI ainsi ?
Pourquoi fuit-iI ?
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